mercredi 29 avril 2026

Passage controversé anti-famille et anti-nataliste à Radio-Canada (contrôle de l'utérus, rôle de reproduction capitaliste, etc.)

« PRODUIRE des enfants ??? J’ai DONNÉ la vie ! » 

Marwah Rizqy répond aux détracteurs (dont les radioteurs de la SRC, voir ci-dessous) des politiques proposées par le Parti Québécois (elle est élue indépendante)


Billet du 26 avril 2026

Le chef du Parti Québécois promet des mesures dans les domaines du logement, du coût de la vie et de la lutte contre l'infertilité pour contrer la baisse des naissances au Québec lors des prochaines élections cet automne. Le Parti Québécois mène dans les sondages.

Ces mesures d'aide aux familles ont attiré la critique du diffuseur gouvernemental lors de l’émission Tout peut arriver diffusée le 25 avril et animée par Marie-Louise Arseneault. Xavier Brouillette, professeur de philosophie, y critique sévèrement les mesures pro-familles, y voyant un risque pour la planète et un impératif productiviste capitaliste. L'animatrice acquiesce aux propos en sortant une scie surannée (« contrôle des utérus »).  Pour Brouillette, le Parti Québécois qui propose de telles mesures « devra préciser ce qu'il entend par politiques natalistes ». 

Notons que Guillaume Rousseau, également présent dans le studio, tente d'apporter une nuance : il faut distinguer les politiques qui poussent à avoir plus d'enfants qu'ils n'en auraient voulu et celles qui permettent aux gens d'avoir simplement le nombre d'enfants qu'ils désirent. On sait, par ailleurs, que les gens veulent plus d'enfants qu'ils n'en auront.

Mais Xavier Brouillette campe sur ses positions : il faut se demander ce qui motive ce désir d’augmenter la population. M. Brouillette ne semble pas envisager que ces mesures ne sont pas conçues pour augmenter la population, mais qu'il s'agit de satisfaire des désirs légitimes et d'éviter l'implosion démographique des « natifs » (l'indice de fécondité est de 1,33 enfant/femme au Québec). 

Notons la timidité de Rousseau face à l’affirmation décomplexée de Brouillette. Rousseau ne cherche pas à changer les mentalités : il se contente de suggérer que chacun puisse avoir le petit nombre d’enfants qu’il souhaite (un peu plus de 2 enfants/femme). Brouillette, en revanche, n’a pas ces scrupules : il prône l’acceptation de la décroissance démographique. La gauche ne rechigne pas à transformer les mentalités, ce qui constitue d’ailleurs une part essentielle de ce qu'elle considère comme son ministère moral. C'est la nouvelle prélature, les médias subventionnés leur chaire d'où ils prêchent et sermonnent leurs ouailles tentées ici d'avoir des enfants. C'est pécher contre la Terre.

On aimerait également savoir si M. Brouillette est contre toute immigration pour éviter l'augmentation de la population et ainsi sauver la planète (les immigrés consomment nettement plus d'énergie au Québec boréal que dans leur pays d'origine : souvent entre 2 et 10 fois plus, selon le pays de départ et le mode de vie.)



Les propos de Xavier Brouillette et consorts ont attiré une réponse unanime : aider les familles à ne pas renoncer aux enfants qu'elles désirent ce n'est pas être extrémiste.

C'est le cas de Marwah Rizqy, députée de Saint-Laurent :


Comme Mme Rizqy l'indique, ce souci est transpartisan : le ministre Bernard Drainville de la CAQ au pouvoir, Éric Duhaime du Parti conservateur du Québec et M. Paul St-Pierre Plamondon du Parti Québécois sont également sensibles à cette question cruciale.

Le chroniqueur Mathieu Bock-Côté a lancé depuis Paris :

« ti-clin » c'est un « petit ahuri » ou « petit insignifiant »


Réaction intéressante du directeur de Cardus pour le Québec :
Rappelons que les féministes de gauche québécoises ont soutenu l'abandon en 1998 d'une politique d'aide universelle à la naissance pour la remplacer par une politique nettement plus chère et sélective de garderies subventionnées.  La ministre de la Famille et de l'Enfance de l'époque, Nicole Léger (PQ), avait alors qualifié ce programme d'allocation à la naissance « d'échec lamentable ». Le diagnostic peu nuancé de la ministre Léger s'expliquait sans doute par des réticences fréquentes exprimées par le Conseil de la femme à toute politique nataliste efficace. En 1982, Claire Bonenfant, la très féministe présidente du Conseil de la Femme, s'était ainsi interrogée, au sujet d'une politique avec de timides conséquences natalistes : « Cette politique sera-t-elle une politique nataliste déguisée cherchant à nous retourner aux berceaux et aux fourneaux ou bien se présente-t-elle comme une politique de justice sociale ? »
 
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Menacé, le cinéma Cartier de Québec annule la première de Génération Trans


La soirée spéciale prévue le 30 avril prochain n’aura pas lieu à Québec

La première d’un film portant sur le phénomène trans a été annulée au cinéma Cartier, à Québec.

Après une soirée sans anicroche devant une centaine de personnes à Montréal, la projection du documentaire Génération Trans, prévue le 30 avril, n’aura pas lieu dans la capitale.

Menace

Le réalisateur indépendant se dit profondément ébranlé par cette décision. « J’avais réussi à louer une salle, mais le cinéma Cartier m’a confirmé qu’on ne veut plus projeter mon documentaire. Le propriétaire m’a confirmé officiellement la mauvaise nouvelle. Je l’ai appris[e] lundi », a expliqué Jean-Pierre Roy.

L’activité avait notamment été annoncée sur les réseaux sociaux. « C’était une erreur. Je me retrouve le bec à l’eau », déplore le cinéaste.

Selon lui, le cinéma aurait reçu des messages désobligeants et des menaces de membres de la communauté trans qui dénonçaient la projection du film. Il affirme aussi que des employés de l’établissement auraient également menacé de démissionner.

La face cachée

Génération Trans est décrit comme un documentaire indépendant sur la face cachée de la transidentité chez les jeunes.

Le point de départ est le suivant : au Québec, avant l’âge de 18 ans, on ne peut ni voter, ni acheter de l’alcool, ni faire un tas d’autres choses, parce que la loi présume qu’une personne mineure n’a pas encore la maturité requise.

Cependant, dès l’âge de 14 ans, un enfant peut décider qu’il appartient au « mauvais sexe » et entreprendre seul une transition de genre. Bienveillance ou négligence ?

« Je questionne [le fait] que les jeunes, des mineurs, à partir de 14 ans, ont l’autonomie décisionnelle pour avoir des traitements hormonaux, et plus tard, à 16 ans, pour [subir] des interventions chirurgicales, comme la mastectomie. Je le questionne comme citoyen, comme papa, comme réalisateur et comme Québécois », ajoute M. Roy.


Ce dernier a recueilli des témoignages de parents, d’experts et de membres du Comité de sages sur l’identité de genre. Des séquences ont même été tournées en Europe. Le projet a duré un an.

Des révélations

« Je me demande seulement comment le Québec a pu en arriver là. Il y a une zone grise que les cliniques de transition utilisent. Le film est troublant parce qu’il y a des révélations », termine-t-il.
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Le Journal n’a pas pu visionner le documentaire. Le propriétaire du cinéma, qui refuse de le présenter en salle, ne l’a pas vu non plus.

Le patron du cinéma Cartier ne reviendra pas sur sa décision d’annuler la projection. Il confirme avoir reçu des menaces.

« Des choses vraiment pas sympathiques. On voulait présenter le film avec une discussion, mais ça n’aura pas lieu. Les gens nous ont associés au film et ce n’est pas le cas. Ça s’est emballé de façon négative », précise Yvan Fontaine.

L’homme d’affaires aurait aimé se faire une idée du film. « J’aurais pu me faire ma propre opinion sur le contenu et peut-être calmer le jeu. C’est la première fois que je vis ça. »

Source : Journal de Québec
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L'IA est-elle plus intelligente que les gens ? C'est compliqué...

Un texte de la neuroscientifique Vivienne Ming invite à revoir la manière d’aborder l’intelligence artificielle. Plutôt que d’opposer l’humain et la machine, ou de supposer que l’IA se limitera aux tâches répétitives pendant que l’humain conservera le jugement et la créativité, ses travaux suggèrent que l’enjeu réel réside dans la qualité de leur interaction.



Pour étayer cette idée, elle a mené une expérience simple : des groupes de participants devaient prédire des événements réels (élections, décisions publiques, évolutions économiques) en un temps limité. Certains travaillaient seuls, d’autres avec une IA, et les résultats étaient comparés à ceux d’un marché de prédiction comme Polymarket.

Un marché de prédiction agrège les anticipations de milliers de participants qui misent financièrement sur l’issue d’événements. Le prix qui en résulte correspond à une probabilité collective, souvent relativement fiable, car elle combine informations dispersées et incitations à l’exactitude. Ce n’est pas une vérité absolue, mais un point de référence robuste pour évaluer la qualité des prévisions.

Les résultats sont instructifs. Les participants humains seuls se montrent peu performants, s’appuyant surtout sur l’intuition ou des informations récentes. Les modèles d’IA font mieux, sans atteindre systématiquement le niveau du marché. Les équipes hybrides, quant à elles, se divisent en trois groupes :
  • la majorité se contente de reprendre la réponse de l’IA, sans amélioration notable ;
  • d’autres s’appuient sur l’IA pour conforter leurs intuitions, dans un contexte où ces systèmes sont conçus pour produire des réponses convaincantes et peu contradictoires (c'est leur côté flatteur) si on ne les sollicite pas explicitement en sens inverse, ce qui accentue les biais et dégrade les résultats;
  • une minorité, enfin, engage un véritable dialogue critique avec l’IA.
C’est dans ce dernier cas que les performances deviennent remarquables. Les participants questionnent les réponses, demandent des preuves, explorent des contre-arguments. Cette interaction produit des analyses que ni l’humain ni la machine n’auraient générées seuls, atteignant parfois, voire dépassant, la qualité du marché de référence.

La différence ne tient pas à des capacités cognitives supérieures, mais principalement à deux dispositions : la capacité à adopter d’autres perspectives et l’humilité intellectuelle. Autrement dit, accepter l’incertitude, reconnaître les limites de son savoir et résister à la tentation de valider trop vite une réponse.

Ces qualités vont à contre-courant des usages dominants de l’IA, qui privilégient la rapidité et la fluidité. Or, l’apprentissage humain dépend en partie de la friction : l’erreur, l’hésitation, l’effort de compréhension. En éliminant ces étapes, on améliore la performance immédiate, mais on risque d’affaiblir la capacité de raisonnement à long terme.

C’est ce que Ming décrit comme un paradoxe : à mesure que l’accès à l’information devient quasi instantané, l’exploration intellectuelle tend à diminuer. Progressivement, un déplacement s’opère : certains utilisent l’IA comme un partenaire exigeant qui affine leur pensée ; d’autres s’habituent à obtenir des réponses rapides, au prix d’une moindre capacité à poser les bonnes questions.

La conclusion est pratique. L’usage pertinent de l’IA ne consiste pas à aller plus vite, mais à mieux comprendre ce qui manque. Cela implique de tester les réponses, de demander des arguments opposés, de prêter attention aux zones d’incertitude. L’IA devient alors un outil de confrontation intellectuelle plutôt qu’un simple fournisseur de solutions.

En définitive, la question centrale n’est pas technologique, mais culturelle : les outils développent-ils les capacités humaines, ou les remplacent-ils progressivement ? L’enjeu réside dans cette orientation, et dans les pratiques quotidiennes qui en découlent.

Source : Wall Street Journal

[Note du carnet:

Transposée au cadre éducatif, cette analyse suggère que l’enjeu ne se limite pas à valoriser l’humilité intellectuelle ou l’acceptation de l’incertitude. L’école devrait viser un équilibre plus exigeant entre connaissances, méthodes et posture intellectuelle.

D’une part, un socle solide de culture générale demeure indispensable. Il fournit des repères, des ordres de grandeur, une mémoire des faits et des concepts qui permettent de détecter des incohérences, de contextualiser une information et d’éviter de se laisser convaincre par un discours simplement plausible. Sans ce socle, l’esprit critique manque de prise.

D’autre part, ce socle doit être activé par des compétences méthodologiques explicites : savoir interroger une réponse, formuler des hypothèses alternatives, chercher des contre-arguments, distinguer un niveau de confiance d’un niveau de preuve. Il ne s’agit pas seulement de « douter », mais de structurer le doute.

Enfin, la posture intellectuelle reste déterminante : capacité à suspendre un jugement, à reconnaître les limites de son savoir, mais aussi à maintenir une exigence de cohérence et de rigueur face à des réponses fluides et assurées.

Dans un environnement où les outils produisent des réponses immédiates et convaincantes, l’objectif de l’école ne peut plus être uniquement la restitution de connaissances, ni même leur simple compréhension. Il devient double :

  • construire des esprits informés, capables de mobiliser des repères solides ;
  • former des esprits actifs animés d'une dose d'humilité intellectuelle, capables de mettre à l’épreuve ce qui leur est présenté, y compris lorsque cela paraît crédible.

Autrement dit, il ne s’agit pas d’opposer savoir et esprit critique, mais de les articuler. La culture générale sans méthode reste inerte ; la méthode sans connaissances devient aveugle. C’est leur combinaison, exercée de manière consciente et régulière, qui permet un usage réellement éclairé des outils contemporains.]