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mercredi 3 juillet 2024

Ontario — Tribunal des droits de la personne accorde 35 K$ pour refus d'épiler un homme se disant femme

Le plaignant a déclaré qu'il avait dit au propriétaire de l'entreprise que celle-ci fournissait des services "à toutes les femmes, quelle que soit leur identité sexuelle".

Jason Carruthers, propriétaire du salon d'épilation Mad Wax, sur les lieux à Windsor, en Ontario, en 2018.

Un amérindien qui s'identifie comme une femme, qui aurait tenté de se suicider à la suite du tollé provoqué par le refus d'un service d'épilation à la cire dans un salon de Windsor, s'est vu accorder 35 000 dollars de dommages-intérêts par le Tribunal des droits de la personne de l'Ontario.

L'incident a eu lieu en 2018, mais la décision n'a été publiée que le mois dernier.

Le 17 mars 2018, la requérante anonyme a téléphoné à Mad Max Windsor Inc, un salon d'épilation à la cire, et a demandé s'il offrait des services d'épilation à la cire aux « femmes transgenres » (c-à-d aux hommes biologiques qui se disent femmes). L'employée qui a répondu au téléphone lui a d'abord dit "non", puis "je ne sais pas", selon le demandeur. L'employée elle-même a déclaré qu'elle ne savait pas ce que signifiait le terme "transgenre" et a dit au demandeur que le propriétaire du salon le rappellerait.

Le litige porte essentiellement sur l'appel téléphonique entre la propriétaire et la requérante anonyme, désignée uniquement sous le nom d'AB dans les documents du tribunal.

Les souvenirs qu'ils ont de cette conversation téléphonique diffèrent considérablement.

Le propriétaire a déclaré qu'il avait supposé que le requérant demandait une épilation brésilienne et non une épilation des jambes. Le requérant a déclaré que le propriétaire l'avait également qualifié à plusieurs reprises d'homme ou avec de "parties du corps masculines", bien qu'il ne lui ait jamais dit qu'il avait des organes génitaux masculins. Le propriétaire a nié avoir « mégenré » le requérant, mais après avoir nié avoir posé des questions sur ses organes génitaux, il a admis qu'il "l'avait peut-être fait".

Le plaignant a déclaré que le défendeur lui avait dit qu'il n'y avait personne dans le personnel qui serait à l'aise pour fournir des services à "quelqu'un comme vous"", peut-on lire dans la décision du tribunal.

Le propriétaire a contesté cette affirmation, rappelant qu'il avait dit qu'il "n'avait personne dans son personnel à ce moment-là qui pouvait fournir des services d'épilation à la cire pour hommes". Le requérant a déclaré qu'il avait dit au propriétaire de l'entreprise qu'il avait pour mission de fournir des services "à toutes les femmes de manière égale, quelle que soit leur identité sexuelle" et qu'il avait proposé de le rencontrer pour l'"éduquer" sur les obligations légales. (L'homme s'identifiant comme une femme, selon la décision du tribunal, travaillait comme directeur exécutif d'une organisation locale de Windsor qui fournit des services et un soutien à la communauté transgenre).

Le propriétaire a également déclaré que le demandeur l'avait menacé de "problèmes avec le tribunal" et d'un "cirque médiatique". Le demandeur a nié avoir proféré de telles menaces et le tribunal a convenu qu'il ne l'avait pas fait. Cependant, le requérant a publié sur Facebook une vidéo sur sa rencontre avec Mad Max. Le propriétaire a contacté les médias pour "rétablir la vérité" et a fourni le nom et les coordonnées du trublion aux journalistes. Aucun article n'a été publié à ce moment-là.

Mais le 11 mai 2018, après que le plaignant a déposé une plainte pour violation des droits de l'homme, le propriétaire de Mad Max a publié un communiqué de presse, affirmant que le salon n'avait pas de personnel disponible pour effectuer des services d'épilation à la cire pour hommes ou des services d'épilation à la cire sur les organes génitaux masculins, affirmant que le personnel avait des objections culturelles et religieuses à la réalisation de tels services. Ce communiqué a donné lieu à une couverture médiatique du désaccord et à des plaintes pour discrimination.

En fin de compte, le tribunal [Mark Steyn a déjà déclaré ces « tribunaux des droits de la personne » de parodie de justice] a estimé que la mention répétée des organes génitaux d'AB et les questions posées à ce sujet, ainsi que l'erreur de genre commise par le demandeur, suggéraient que la discrimination avait joué un rôle dans le refus d'offrir des services d'épilation des jambes. Karen Dawson, vice-présidente du Tribunal des droits de la personne de l'Ontario, a également estimé que le communiqué de presse et les entretiens avec les médias étaient "destinés à mettre le requérant dans l'embarras et à saper ses plaintes" plutôt qu'à donner aux médias les deux versions de l'histoire.

En particulier, l'utilisation de mots tels que "menace" et "attaque" en relation avec la vidéo du requérant sur Facebook, ainsi que les références au "sentiment de sécurité" du personnel, ont joué sur les stéréotypes néfastes des femmes transgenres [des hommes disant qu'ils sont des femmes]", a déclaré le tribunal dans sa décision.

Le communiqué, bien qu'il ne nommait pas AB directement, citait son employeur et le propriétaire de l'entreprise a fourni son nom et ses coordonnées aux médias qui l'ont demandé. (Il est coutumier dans le journalistique de rechercher de telles informations afin d'obtenir les commentaires des deux parties à un litige). Dans l'ensemble, Mme Dawson a estimé que le communiqué de presse constituait des "représailles" parce que le requérant avait déposé une plainte auprès du Tribunal des droits de la personne de l'Ontario.

Le plaignant a affirmé que les commentaires des médias "l'avait poussé[e] à se cacher et même à se déplacer, parce qu'elle [il] craignait pour sa sécurité". Bien qu'il soit un militant transgenre bien connu à Windsor, il n'avait jamais parlé de ses organes génitaux en public et les commentaires du salon "ont ouvert une conversation publique non consensuelle" à ce sujet.

"Elle [il] a déclaré que ces commentaires étaient incroyablement traumatisants pour elle [lui] et, à un moment donné, elle [il] a tenté de se suicider", peut-on lire dans la décision.

Le plaignant se serait également tourné vers des drogues, perdu son emploi et rompu son mariage (selon le National Post) et aurait dû déménager dans une nouvelle communauté à sept heures de route pour s'en sortir.

"J'estime que les actions des défendeurs ont touché le cœur de l'identité de la requérante, et ce de manière très publique", écrit Mme Dawson.

Le plaignant s'est vu ordonner une indemnisation de 35 000 dollars et le personnel du salon a dû suivre une formation « au code des droits de la personne ».

dimanche 16 juillet 2023

Complotisme — Pour Trudeau, si les musulmans s'opposent à l'agenda LGBTQ, c'est la faute à la droite américaine (m à j)

M. Trudeau ne semble pas avoir convaincu les parents musulmans qui s'opposent aux cours inspiré de la théorie du genre qu'ils ne sont que des marionnettes désinformés par la méchante droite américaine. 


Le 15 juillet, un grand groupe de musulmans s'est rassemblé à Mississauga, en Ontario, pour protester contre les cours sur les questions transgenres et LGBTQ2SI+ dans les écoles. Au Canada et aux États-Unis, des musulmans ont organisé des manifestations similaires, provoquant la stupeur et le silence des libéraux et progressistes.


Billet du 14 juillet
 
Le Premier ministre Justin Trudeau a déclaré que les parents musulmans qui s’opposent à ce que leurs enfants reçoivent un enseignement sur les questions d’identité de genre à l’école sont victimes de « désinformation » de la part de la « droite américaine » et de « l’extrême droite ». Une sombre manipulation, un complot ourdi par cette droite islamophobe pour désinformer les musulmans dont l'allié naturel est le Parti libéral du Canada.
 

« Je suis conscient de cette préoccupation dont j’ai souvent entendu parler, je sais qu’il s’agit d’un problème très réel », a déclaré M. Trudeau à un parent musulman inquiet à Calgary, lors d’un échange de huit minutes enregistré sur vidéo et mis en ligne mercredi soir.

samedi 22 avril 2023

Bud Light — Nouvelle pub patriotique pour contrer effondrement des ventes et perte de 6 milliards de $ US en bourse (Homme qui se dit femme ambassadeur de la marque)

Le 22 avril

Alissa Heinerscheid, vice-présidente chargée du marketing de Bud Light, prend un congé. Elle est remplacée par Todd Allen, vice-président chargé du marketing mondial de Budweiser.

Le 16 avril : diffusion d’une publicité patriotique

Budweiser a publié une nouvelle publicité patriotique alors que sa maison mère est confrontée à la controverse sur son partenariat avec l’influenceur transgenre Dylan Mulvaney.

La publicité, diffusée vendredi sur les réseaux sociaux et vue plus de 12 millions de fois sur Twitter, met en scène un des célèbres chevaux Clydesdale de Budweiser traversant le pays de New York au Grand Canyon, en passant par des scènes du cœur de l’Amérique, tandis qu’un narrateur délivre un message patriotique.

« Il s’agit d’une histoire plus importante que celle de la bière », déclare le narrateur de la publicité. « C’est l’histoire de l’esprit américain.

Pendant la diffusion de l’annonce, le cheval Clydesdale passe devant certains des sites américains les plus célèbres, comme l’horizon de la ville de New York, le Lincoln Memorial à Washington D.C., des petites villes et des terres agricoles. À un moment donné, la publicité montre deux personnes hissant un drapeau américain, l’une d’entre elles plaçant la main sur son cœur.

Le narrateur de la publicité déclare : « Brassé pour ceux qui considèrent les défis comme une chance et le lendemain comme un espoir », alors que le cheval passe devant les deux personnes qui hissent le drapeau américain et le Lincoln Memorial.

Cette publicité patriotique est diffusée alors qu’Anheuser-Busch, propriétaire de Budweiser, continue de faire face aux réactions négatives suscitées par un partenariat entre une autre de ses marques populaires, Bud Light, et M. Mulvaney.

Un propriétaire de bar du Missouri a déclaré la semaine dernière à Fox Business que les ventes de Bud Light en bouteille avaient chuté de 30 %, tandis que les ventes de bière pression avaient baissé de 50 %.

Le 14 avril : Anheuser-Busch perd de 6 G$ US en bourse

 

La société mère de Bud Light, Anheuser-Busch Inbev, a perdu plus de 6 milliards de dollars de capitalisation boursière depuis l’annonce de son partenariat avec Dylan Mulvaney, un « influenceur » transgenre de 26 ans, le 2 avril, alors que les propriétaires de bars et les distributeurs signalent une forte baisse des ventes de Bud Light au cours de la semaine dernière. Pendant ce temps, le concurrent de Budweiser, Molson Coors (TAP), a vu 350 millions de dollars ajoutés à sa capitalisation boursière au cours de la semaine dernière.


Mise à jour du 13 avril:  Anheuser-Busch perd de 5 G$ US

Un partenariat noué avec une influenceuse transgenre pour promouvoir la bière Bud Light a fait perdre environ 5 milliards $ US ($6.7 milliards CAN) au géant brassicole Anheuser-Busch. Depuis la fin mars, l’action de l’entreprise possédant la marque Budweiser a chuté de plus de 4 %, faisant s’envoler plus de 5 milliards $ US en capitalisation boursière, a rapporté le New York Post mercredi.

Ventes s’effondrent

jeudi 13 avril 2023

Ontario — Une députée de gauche dépose un projet de loi pour protéger les "événement travelos"

Une politicienne de l’Ontario propose de délimiter des zones entières de villes canadiennes dans lesquelles faire des « remarques offensantes » à l’encontre de la communauté homosexuelle serait un crime.

Le projet de loi « Keeping 2SLGBTQI+ Communities Safe Act », déposé à Queen’s Park (le parlement provincial) la semaine dernière par la députée néo-démocrate Kristyn Wong-Tam, permettrait au gouvernement de l’Ontario de délimiter des « zones de sécurité pour les communautés 2SLGBTQI+ » dans lesquelles la plupart des formes de dissidence publique seraient criminalisées.

Les « remarques offensantes » seraient interdites, même par écrit. Il en va de même pour la distribution de tracts, ainsi que pour tout rassemblement considéré comme « favorisant les objectifs de l’homophobie et de la transphobie ».

Toute infraction serait passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 25 000 dollars et d’une condamnation en vertu de l’article du Code pénal relatif au « tapage dans un lieu public ou à proximité ».

Bien que le projet de loi stipule que les zones existeront pendant une « période déterminée », aucune limite de temps n’est précisée. Les zones se composent d’une zone tampon de 100 mètres de part et d’autre d’une propriété précise. En fonction de la taille du lieu en question, cela pourrait représenter une surface équivalente à plusieurs hectares.
 
La députée Wong-Tam entourée des travelos Scarlett Bobo et Crystal Quartz lors de la conférence présentant ce projet de loi.


Lors d’une conférence de presse organisée cette semaine et à laquelle participaient les travelos Scarlett Bobo et Crystal Quartz, Marit Stiles, chef du NPD de l’Ontario, a déclaré que la loi était nécessaire pour freiner une « dangereuse tendance à la hausse » des « crimes haineux » contre les « drag-queens ».

Le projet de loi intervient dans un contexte de recrudescence l’activisme des travestis, en particulier ceux qui sont commercialisés spécifiquement à l’intention des enfants.

La semaine dernière, un « camp de travestis » pour enfants financé par le gouvernement du Canada à Vancouver a été critiqué dans un gazouillis viral par le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier. « Des camps endoctrinant des enfants de sept ans à l’idéologie du genre et à la confusion sexuelle sont maintenant encouragés et subventionnés par tous les niveaux de gouvernement », a-t-il écrit.

Au début du mois de mars, une « heure du conte drag queen » organisée à la bibliothèque publique de Nelson (Colombie-Britannique) a été annulée à la suite de ce que les bibliothécaires ont qualifié de « menaces et de tactiques d’intimidation » à l’encontre du personnel.

En décembre, 14 personnes se sont présentées pour protester contre une heure du conte drag queen à la bibliothèque publique de Brockville (Ontario), et la police locale a déclaré qu’une « vague menace » avait été signalée après l’événement, ce qui a entraîné une recherche d’explosifs sur les lieux, mais aucun n’a été trouvé.

Le 17 mars, 10 manifestants ont été dénombrés à l’extérieur d’un « d’une lecture de contes par un travelo » à Midland (Ontario). La veille, une manifestation organisée pour s’opposer à d’un événement semblable à Woodstock (Ontario) a été dépassée par le nombre de contre-manifestants.

La seule arrestation à ce jour semble provenir de Calgary où, en février, un habitant de la ville, Derek Reimer, s’est introduit dans une bibliothèque locale à l’occasion d’un événement de travestis intitulé « Reading with Royalty [Lecture avec Leurs Majestés… excusez du peu] » et a crié des slogans aux participants jusqu’à l’arrivée de la police.

Le projet de loi de Mme Wong-Tam a été déposé devant une assemblée législative dominée par le gouvernement majoritaire du Premier ministre progressiste-conservateur Doug Ford. Il est donc peu probable qu’elle aboutisse.

Cependant, le projet de loi ontarien est la deuxième fois au cours des dernières semaines qu’un politicien canadien propose d’interdire les manifestations autour des événements de drague.

Une proposition de règlement rédigée le mois dernier par le conseil municipal de Calgary interdirait toute « manifestation spécifique » dans un rayon de 100 mètres autour des bibliothèques et des centres de loisirs de la ville.

Pour ce qui est de ce qu’implique une « protestation spécifique », le projet de règlement la définit comme une « objection ou une désapprobation à l’égard d’une idée ou d’une action liée à la race, aux croyances religieuses, à la couleur, au sexe, à l’identité sexuelle, à l’expression sexuelle, au handicap physique, au handicap mental, à l’âge, à l’ascendance, au lieu d’origine, à l’état matrimonial, à la source de revenus, à la situation familiale ou à l’orientation sexuelle ».

Voir aussi
 
 
Nageuse étoile agressée par des activistes trans dont un homme vétu d'une robe (vidéo)
 
 

vendredi 8 octobre 2021

Trudeau défendra toujours les enfants LGDP... LGT... LBT, ....LGBTQ2+

Intrépide, le Premier ministre Justin Trudeau va encore plus loin... Il mentionne par écrit des « personnes 2ELGBTQQIA+ » qui partout au pays agiraient.

Il n'a, cependant, pas encore osé placer cet acronyme très progressiste dans la conversation. Il est vrai qu'il a déjà assez de difficultés avec LGBTQ2+...

Billet originel du 15 septembre 2021

Samedi, Trudeau s’est exprimé clairement sur le fait qu’il lutterait contre la « haine » et qu’il ne s’excuserait donc jamais parce que « je défends les droits des enfants LGDP… LGT… LBT,.... [on lui souffle] LGBTQ2+ de ne pas devoir subir une thérapie de conversion »…


Une thérapie de conversion, parfois appelée thérapie de réorientation sexuelle ou bien encore thérapie réparatrice par ses défenseurs, est un ensemble de traitements d’origines diverses utilisés dans le but controversé de tenter de changer l’orientation sexuelle d’une personne de l’homosexualité ou de la bisexualité à l’hétérosexualité.

Trudeau ne défend pas le droit des enfants de ne pas subir de telles thérapies, il interdit ces thérapies même pour des enfants qui voudraient en bénéficier… Bref, un enfant qui serait dégoûté par son attirance pour le même sexe ne pourra plus demander à ce que l’on aide afin de corriger ce qu’il considère comme indésirable.

vendredi 1 novembre 2019

Non, la France n'a pas toujours été terre d'immigration

Un entretien avec Michèle Tribalat dans les colonnes du Figaro. La démographe juge que le président de la République a une vision erronée de l’histoire de l’immigration en France. Son dernier ouvrage paru est « Statistiques ethniques, une querelle bien française », L’Artilleur, 2016.

LE FIGARO. —Dans Valeurs actuelles, Emmanuel Macron juge que « nous avons toujours été une terre d’immigration ». Partagez-vous cette appréciation ?

Michèle TRIBALAT. – S’il est vrai que des étrangers ont de tout temps voyagé en Europe, on ne peut en déduire que la France a été de tout temps une terre d’immigration. En 1851 on ne compte que 381 000 étrangers en France, soit 1 % de la population. Il s’agit de voisins européens installés en France, des Belges en grand nombre, notamment. C’est vrai que la France a connu une immigration étrangère précoce par rapport à la plupart de ses voisins, où celle-ci s’est surtout développée dans les années 1960 ou après. La grande vague migratoire des années 1920 a amené en France de nombreux Italiens et Polonais. En 1931, la proportion d’immigrés (nés étrangers à l’étranger) était de 6,6 %. Je suis donc sidérée par les erreurs du président qui déclare, dans Valeurs actuelles, après avoir affirmé que « nous avons toujours été une terre d’immigration », qu’« on a toujours eu 10 à 14 % de la population qui était d’origine étrangère ». En réalité, la France a connu trois grandes vagues migratoires, celle des années 1920, interrompue par la récession et la guerre ; celle des Trente Glorieuses, suivie d’une décrue lors du dernier quart du XXe siècle ; et la vague qui a démarré avec le XXIe siècle et qui est d’intensité comparable, pour l’instant, à celle des Trente Glorieuses. Comment pourrait-on avoir eu une population d’origine étrangère d’une grande stabilité, ne serait-ce que sur cette longue période ? Et qu’entend le président par population d’origine étrangère ? D’après les dernières données diffusées par l’Insee, nous aurions un peu plus de 14 millions de personnes d’origine étrangère sur deux générations en 2018, soit 21 % de la population. J’avais déjà été frappée par la bévue de Gérard Collomb, qui, devant la commission des Affaires étrangères, « évaluait » à 200 000 la population d’origine étrangère en Île-de-France, ce qui lui paraissait déjà beaucoup, sans choquer personne dans l’assistance. Pourtant, ça ne représenterait que 1,7 % de la population de la région ! Le président n’a pas d’idées plus claires sur les tendances de l’immigration étrangère et ses effets démographiques.




– Quels enseignements tirer de la comparaison des vagues d’immigration ?

– La composition par origine de la population immigrée a beaucoup changé. En 1982, en France métropolitaine, 56 % des immigrés étaient d’origine européenne et 33 % étaient originaires d’Afrique. Dans l’ensemble de la France hors Mayotte en 2018, ces proportions sont respectivement de 33 % et 46 %. Le courant migratoire qui a le plus augmenté est celui en provenance de l’Afrique hors Maghreb (près de 18 % dans l’ensemble de la France hors Mayotte en 2018, contre 4,3 % en 1982 en métropole). L’effacement de la contribution européenne est encore plus visible sur les jeunes d’origine étrangère de moins de 18 ans : en France métropolitaine, en 2017, seulement 22 % de ceux-ci sont d’origine européenne, 40 % d’origine maghrébine et 20 % originaires du reste de l’Afrique. Ce qui a beaucoup changé aussi, c’est l’intensité des concentrations, que nous avons mesurée avec Bernard Aubry, pour les jeunes d’origine étrangère de moins de 18 ans. À la fin des années 1960, la proportion de jeunes d’origine étrangère dans les communes d’au moins 5000 habitants était proche de 15 %. Elle s’est beaucoup accrue, notamment dans les communes d’au moins 30 000 habitants, où elle dépasse 37 % en 2015. On ne peut guère comparer les immigrés européens venus après la guerre à ceux d’aujourd’hui. Les premiers étaient chrétiens et l’endogamie religieuse a favorisé la mixité des unions avec des Français d’origine. Pour les musulmans venus du Maghreb ou du Sahel, l’endogamie religieuse est un obstacle à cette mixité. Par ailleurs, la manière dont était envisagée l’intégration dans les années 1960 n’a rien à voir avec la conception multiculturaliste à laquelle la France souscrit désormais.

– Le président Macron évoque ces citoyens qui font « sécession » avec la République…

– Emmanuel Macron parle de sécession, mais n’a pas l’air de prendre très au sérieux la ferveur religieuse qui se développe notamment chez les jeunes musulmans. Il y voit une compensation, une provocation de la part de personnes qui « se moquent de la religion » qu’elles « utilisent pour provoquer la République », laquelle n’aimerait pas les musulmans. Constat qu’il semble partager. C’est une manière d’accréditer la posture grief. Le président place la responsabilité du côté de la France, qui n’en aurait pas fait assez pour intégrer économiquement les pères et les frères des filles qui se voilent. On retrouve ici la priorité qu’il accorde aux conditions matérielles. D’ailleurs, c’est à la fin de « la fabrique de l’intégration par le modèle économique » des Trente Glorieuses qu’il attribue les problèmes actuels. Manifestement, la fracture culturelle ne l’intéresse pas ou il la juge suffisamment superficielle pour disparaître avec la prospérité. Je ne vois pas de grand changement par rapport à sa déclaration de campagne niant l’existence d’une culture française.

– Macron souligne l’échec des politiques d’assimilation. Qu’en penser ?

– Le mot « assimilation » n’a pas franchi ses lèvres. Il parle de « l’échec de notre modèle » (sans autre précision) qui, conjugué à « la crise que vit l’islam », expliquerait que des filles ou petites-filles d’immigrés se voilent. C’est un peu court ! De quel modèle parle-t-il ? J’ai bien peur que ce soit du modèle économique plus inclusif qu’il appelle de ses vœux. Le modèle d’assimilation français est mort. Il a été abandonné par les élites et officiellement par l’État, sous Jacques Chirac en 2004, lorsqu’il a souscrit au modèle d’intégration multiculturaliste ainsi défini par la Commission européenne : « L’intégration est un processus dynamique à double sens d’acceptation mutuelle de la part de tous les immigrants et résidents des États membres. » L’assimilation, au contraire, est un modèle asymétrique qui privilégie la continuité historique en accordant un privilège à la culture du pays d’accueil. Elle n’a pas tant besoin de politiques particulières que d’un engagement du corps social dans son entier, élites comprises. 



jeudi 5 septembre 2019

Victoire pour les enfants et les parents: l'Alberta abroge la loi 24

Texte de l’avocat John Carpay, président du Centre de justice pour les libertés constitutionnelles (JCCF.ca). Ili a représenté les parents et les écoles lorsqu’ils ont contesté avec succès la loi albertaine 24.

En 2017, le gouvernement néo-démocrate de l’Alberta a adopté une loi obligeant les enseignants et les directeurs d’école à ne pas divulguer les secrets de leurs enfants à leurs parents — parfois pour des enfants âgés d’à peine cinq ans.

Connue sous le nom de loi 24, la nouvelle loi privait les enseignants et les directeurs d’école de la discrétion d’informer — ou non — les parents de la participation de leurs enfants aux activités d’une Alliance Homo-Hétéro (A2H) ou d’activités liées à la A2H.

Plus de deux douzaines de parents et d’écoles ont contesté la validité constitutionnelle de la loi 24 devant les tribunaux. La procédure judiciaire a mis au jour des faits troublants. En effet, des militants profitaient des A2H pour la promotion du transgendérisme. Dans un cas, une fille autiste vulnérable de Calgary a été encouragée par l’A2H de l’école à s’habiller, à vivre et à se comporter comme un garçon à l’école, le tout sans informer ses parents. Ce n’est que lorsque la fille a tenté de se suicider que l’école a finalement informé ses parents qui l’élevait pourtant avec amour et tendresse de ce qui se tramait dans leur dos.

Dans un autre cas, un garçon de 15 ans a été encouragé à sécher des cours afin d’assister à une conférence de la A2H dans le centre de l’Alberta, le tout sans en informer sa mère. « Ne vous inquiétez pas, elle ne le saura pas », avait dit une enseignante activiste au garçon. Bien sûr, la mère a fini par le découvrir ; les mères le savent presque toujours en fin de compte. La mère a donc appris que son fils avait séché des cours. Elle a également appris que la conférence de la A2H avait distribué à son fils et à d’autres enfants un manuel qui détaillait de façon crue et pas à pas comment effectuer une sodomie, le tout illustré en couleur avec deux hommes nus impliqués dans cet acte.

La loi 24 permettait de jeter un voile secret sur les activités des A2H. Secret dont les adultes parlent lors des réunions de la A2H et ont accès aux enfants, à l’insu de leurs parents. Secret sur le matériel sexuel et politique auquel les enfants sont exposés lors d’activités et d’événements liés à la A2H. Le site Web officiel de la A2H du gouvernement de l’Alberta, destiné aux enfants de la maternelle à la 12e année, comportait des liens vers de la pornographie ignoble, ce qui a amené les parents raisonnables à s’inquiéter de la teneur de ce à quoi leurs enfants seraient exposés lors des réunions et des activités de la A2H de leur école.

Pour toute personne raisonnable, dissimuler des secrets aux parents est un signal d’alarme. Souhaiteriez-vous inscrire votre enfant dans une classe d’arts martiaux si l’on vous disait qu’une partie de la classe se tiendrait en secret et que les parents ne seraient pas informés de ce qui s’est passé pendant ce temps ? Permettriez-vous à votre enfant de jouer au hockey si l’entraîneur vous informait que des inconnus anonymes lui parleraient de sujets liés à la sexualité ? Seriez-vous d’accord pour ne pas connaître le contenu sexuel et politique de ce à quoi votre enfant sera exposé lors de la pratique du football ou lors d’une réunion d’éclaireurs ? Telle était pourtant la réalité secrète des écoles albertaines en vertu du projet de loi 24.

Le NPD décrivait la loi 24 comme nécessaire pour empêcher que  l’homosexualité des enfants ne soit divulguée contre leur gré à leurs propres parents. Mais avant cette nouvelle loi, les écoles n’étaient pas obligées de fournir des informations aux parents si cela risquait de mettre en péril les enfants. Avant le projet de loi 24, la loi invitait les enseignants à faire preuve de jugement et à faire la distinction entre une très petite minorité de parents violents et la grande majorité des parents qui aiment et acceptent leurs enfants comme ils sont. La loi 24 a anéanti ce pouvoir discrétionnaire des enseignants, rendant illégale la communication aux parents d’informations sur leurs propres enfants — âgés parfois de cinq ans à peine — engagés dans des activités A2H ou liées à des activités A2H dans les écoles.

La loi 24 partait du principe que les parents sont les ennemis de leurs propres enfants ou qu’ils sont en quelque sorte moins dignes de confiance que le personnel de l’école et les militants politiques. La loi 24 omettait non seulement de distinguer entre bons et mauvais parents, mais elle ignorait de faire la distinction entre un jeune de 17 ans en 12e année et un enfant de cinq ans à la maternelle. En vertu de la loi 24, il n’y avait pas de distinction légale entre un enfant de la maternelle et un adolescent attiré par un adolescent de même sexe qui ne souhaite pas discuter de sujets sexuels avec ses parents.

La procédure judiciaire contre la loi 24 a rassemblé des parents et des écoles de toute l’Alberta, créant ainsi un réseau de citoyens informés qui ont été en mesure d’informer le public — et les politiciens — sur cette loi néfaste. La procédure judiciaire a également fait en sorte que le projet de loi 24 reste d’actualité, jusqu’à son abrogation ultime en 2019 par un nouveau gouvernement [conservateur].

La procédure judiciaire a permis aux écoles de résister aux pressions incessantes du gouvernement [de gauche/NPD] de l’Alberta. C’est ainsi qu’en septembre 201, le ministre néo-démocrate de l’Éducation, David Eggen, a menacé de fermer les écoles confessionnelles si elles refusaient de supprimer le contenu religieux de leurs propres politiques scolaires. Cela a causé énormément de stress et d’inquiétude à des milliers de parents, directeurs d’école, enseignants et enfants en Alberta. Dans le cadre de l’action en justice, les écoles ont tenu bon et ont refusé de reculer. Le ministre de l’Éducation a hésité et aucune école n’a perdu son financement.

En cette rentrée scolaire en septembre 2019, la loi 24 et ses dispositions qui la dissimulation d’information aux parents ne sont plus en vigueur. Les conseils scolaires sont libres d’adopter des politiques en vertu desquelles les enseignants et les directeurs peuvent à nouveau exercer leur pouvoir discrétionnaire en informant les parents au besoin.


mardi 28 février 2017

Devoir d'allemand, vous reprendrez bien un peu de culpabilisation pour aider les migrants ?

Un parent dont un des enfants suit les cours par correspondance du CNED français nous a envoyé ce devoir d’allemand de 4e (13 à 14 ans). Nous le laissons décrire sa réaction face à ce devoir et, plus généralement, face au programme du CNED en allemand.

Ce devoir sert principalement, dirait-on, à mobiliser la jeunesse en faveur de l'accueil des immigrants de Syrie. Il n'hésite pas pour ce faire à tracer un parallèle entre la crise migratoire et le sort des juifs sous le Troisième Reich et plus particulièrement d'Anne Frank.

 

Scène de récréation dans une école allemande moderne...


Anne Frank est cette adolescente allemande juive qui écrivit un journal intime, rapporté dans le livre Le Journal d’Anne Frank, alors qu’elle se cachait avec sa famille et quatre amis à Amsterdam pendant l’occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale. Elle mourut en 1945 à Bergen-Belsen.





Le cours d’allemand qui précède ce devoir a consacré deux leçons (des pages 154 à 163) à l’histoire d’Anne Frank, puis une leçon contenant d’autres mentions à Anne Frank, à la solidarité en classe et un voyage scolaire à Amsterdam pour y visiter le musée d’Anne Frank.

Page 175 : questions autour du voyage à Amsterdam pour y visiter le musée Anne Frank

Notons que le matériel du CNED insiste très peu sur la culture allemande. Les premières leçons parlent surtout de musique rock'n roll, de former un orchestre de musique rock et maintenant de parler de la Deuxième Guerre mondiale et de l’horreur nazie. Exit Goethe, les frères Grimm, la Lorelei de Heine (un juif au passage) comme les anciens manuels d’allemand le faisaient.

Complètement évacuée du cours du CNED, la culture classique allemande

La première question du devoir ci-dessous signale aux écoliers qu’il existe des choses injustes et inhumaines (bien sûr), mais qu’il ne faut pas uniquement se concentrer sur le passé et penser à Anne Frank (« Aber wir sollen nicht alle von Anne Frank sprechen »). « Il existe aussi aujourd’hui des choses injustes et inhumaines. Pensez aux enfants qui, par exemple, viennent chez nous de Syrie ! » (« Es gibt auch heute Dinge, die ungerecht und unmenschlich sind. Denkt an die Kinder, die zum Beispiel aus Syrien zu uns kommen!»)

Le CNED n’hésite pas à faire le parallèle donc entre le sort d’Anne Frank et celui des enfants syriens qui viennent en Allemagne, comme si les enfants syriens étaient menacés de mort dans les camps de réfugiés ou les appartements du Liban, de Turquie ou de Jordanie où ils sont passés avant de venir en Allemagne... Comme si la responsabilité de l'Allemagne était aussi engagée envers Anne Frank qu'aujourd'hui envers les Syriens... Pas d'amalgame, n'est-ce pas ?

Tout le devoir qui suit parle du merveilleux professeur Baumann qui s’implique bénévolement au sein de l’organisation (MiKiBu) qui donne des cours d’allemand aux jeunes immigrants syriens. Il faut émouvoir les écoliers alors on leur dit que beaucoup de jeunes Syriens seraient orphelins (« Viele Kinder bei MiKibU haben ihre Eltern verloren, und zwar die Kinder aus Syrien »). Nous ne connaissons pas la source de cette affirmation du CNED, il est vrai qu’il y a de nombreux Syriens et Afghans qui se disent mineurs (14 000 en Bavière ici, pas de mention à des orphelins...) et qui ne sont pas accompagnés, mais ce n’est pas la même chose. Notons qu'il s'agit surtout de jeunes hommes et qu’il existe d’excellentes raisons pour que de jeunes hommes se rajeunissent, voir cet article sur ces réfugiés comme Saad Alsaud le plus rapide ado de « quatorze ans  » en Suède qui dépassait la concurrence d’une bonne tête. Voir aussi cet article autrichien sur de jeunes Afghans qui auraient menti sur leur âge pour bénéficier d’allocations généreuses destinées aux mineurs. Enfin, en Allemagne, chaque réfugié mineur coûte chaque mois entre 3000 et 5000 euros. Évidemment, le coût économique et social pour l’Allemagne lié à l’immigration de plus d’un million d’immigrants (réfugiés) en 2015 n’est pas abordé ni dans le devoir ni dans le manuel... D’abord, les émotions.

Le devoir se termine avec une lettre à écrire en allemand sur les Restaurants du cœur. Une œuvre respectable, mais surtout bien laïque ce qui est important pour l’école de la République. Le devoir sera donc directif : on ne laisse pas l’enfant choisir son œuvre de bienfaisance, on lui demande de bien connaître celle de Coluche et de vanter les efforts de l’école qui organise une « foire à tout » pour leur envoyer de l’argent.



Complètement absente du cours allemand de 4e, la culture allemande. Reste la culpabilisation, les amourettes, la « solidarité » et le rock'n roll.



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Voir aussi

Allemagne — difficultés d'intégration des immigrés

mercredi 21 septembre 2016

Les juges-prêtres

Extrait du dernier livre d’Éric Zemmour, Un Quinquennat pour rien :

Depuis l’arrêt GISTI [du Conseil d’État], en 1978, empêchant le Premier ministre, Raymond Barre, d’interdire le regroupement familial des immigrés, au nom du « droit à la vie familiale normale », jusqu’au rapport Tuot de 2013, brocardant avec un mépris gourmé notre chère et vieille assimilation au profit d’une « inclusion » multiculturaliste, le Conseil d’État a été aux premières loges de la trahison des élites françaises.

Les droits de l’homme sont la nouvelle religion de ces grands juristes qui se sont arrogé, selon la belle expression du professeur de droit Georges Lavau, une « fonction de type prophétique ». Les juges-prêtres forgent des principes généraux du droit, tirés d’une Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 que ses auteurs n’avaient jamais eu l’intention d’introduire dans le droit positif. Pendant cent cinquante ans, l’intention des auteurs de la Déclaration des droits de l’homme fut respectée. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale, et le grand traumatisme nazi, que les rédacteurs de la Convention européenne des droits de l’homme de 1950 eurent l’ambition de pénétrer de force ou de gré dans le droit positif des États.

Les droits de l’homme relevaient du droit naturel, qui avait pour fonction traditionnelle de protéger les individus contre un pouvoir trop fort, voire tyrannique. Nos modernes droits de l’homme ont dévié de cette route traditionnelle en faisant du principe de « non-discrimination » la doxa de nos juges-prêtres. Or, la légitimité de la nation réside dans la différence entre nationaux et étrangers. La non-discrimination entre Français et étrangers est la négation de la nation. S’il ne reste de différence entre Français et étrangers que le seul droit de vote — que certains exigent même d’accorder aux étrangers ! —, il n’y a plus de nation française.

p. 40

Cet extrait du livre de Zemmour n’est pas sans rappeler le diagnostic non seulement de Georges Lavaux, mais également du professeur Jacques Krynen.



En effet, l’éminent professeur de droit Jacques Krynen dans le second volume de la remarquable étude qu’il consacre à la magistrature française avait déjà souligné que le juge parvient à « se substituer en quelque sorte au législateur » en interprétant très librement les lois, voire en les ignorant superbement quand elles sont gênantes pour lui ! Cet aveu d’un premier président de la Cour de cassation est emblématique de la désinvolture extrême des juges envers la loi.

Par le moyen des principes généraux du droit, qu’ils prétendent au besoin découvrir « dans le ciel des valeurs essentielles dont nos sociétés seraient porteuses », les hauts magistrats se sont, comme l’observait voici déjà un demi-siècle Georges Lavau, arrogé « une fonction de type prophétique ». Si bien que, pour caractériser la magistrature d’aujourd’hui, Jacques Krynen n’hésite pas à parler d’une « nouvelle prêtrise judiciaire », qui renoue paradoxalement avec celle d’avant la Révolution.

« Incarner l’ancre et la boussole de l’État »

En effet, dans un premier volume, il avait montré comment les grands juges de l’ancien Régime avaient construit une idéologie selon laquelle ils auraient reçu leur mission de Dieu, dont ils se disaient les vicaires. Autoproclamés « prêtres de la justice », les hauts magistrats s’en autorisaient pour manifester la plus grande indépendance envers la loi, n’hésitant pas à l’ignorer ou à la contredire, se posant en créateurs suprêmes du droit et multipliant les épreuves de force avec le pouvoir politique. Or, étrangement, ces mêmes attitudes se retrouvent chez les juges d’aujourd’hui. Bien que la « magistrature professionnelle contemporaine » ne soit plus composée de grands notables seigneurs de fiefs comme celle des parlements de l’époque de Louis XV et de Louis XVI, mais de « fonctionnaires comme les autres », elle « ressemble à s’y méprendre à la magistrature ancienne ».

Pourtant, entre-temps, la Révolution avait voulu détruire le pouvoir des juges et les enfermer dans un rôle de simples exécutants de la loi, expression de la volonté générale. La loi étant par définition parfaite et claire, la mission du juge se bornait à son application purement mécanique, sans la moindre latitude d’interprétation ni de création de règles de droit supplétives. Ce que résumait la fameuse formule de Duport : « Le jugement est la conclusion d’un syllogisme dont la majeure est le fait et la mineure est la loi. »

Cette « expérience révolutionnaire de rabaissement maximal de l’office du juge » n’a cependant constitué qu’une « brève parenthèse ». Les grands magistrats du XIXe siècle ont en effet « conçu la fonction juridictionnelle dans le droit-fil des grands juges et des grands jurisconsultes du passé », le juge devant continuer à « incarner l’ancre et la boussole de l’État ». Siégeant d’ailleurs « sous le crucifix », cette magistrature a continué à voir dans le juge « un prêtre de la justice et du droit ». Depuis 1905, le crucifix a quitté les salles d’audience, mais la « prêtrise judiciaire » est restée. Et elle est même plus présente que jamais. Aussi bien les valeurs de la modernité démocratique, sur lesquelles le juge-prêtre — aussi bien judiciaire qu’administratif et constitutionnel — fonde son « pouvoir législatif immanent », ne sont-elles bien souvent, comme l’observe Luc Ferry, que « du christianisme laïcisé et rationalisé » . Le crucifix n’est pas si loin que cela dans l’actuel antagonisme entre la magistrature et le pouvoir, qui pourrait être lu comme un avatar des rapports conflictuels entre le temporel et le spirituel, lequel prendrait ici la figure d’une quasi-divinisation du droit produit par le juge-pontife.


L’État de justice (France, XIIIᵉ-XXᵉ siècle), II :
L’emprise contemporaine des juges
par Jacques Krynen
paru aux éditions Gallimard
Collection : Bibliothèque des histoires
à Paris
publié le 16 février 2012
448 pages
ISBN-13 : 978-2070124985

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Notons que la juge Deschamps a tout le long de l’audience dans la cause de Drummondville en Cour suprême marqué son peu de respect pour les arguments des parents québécois. Pour elle, « dès qu’il y a comparaison, il y a un peu de relativisme », d’où ses haussements d’épaules et son sourire narquois en salle d’audience. À notre avis, l’opinion de Deschamps était faite avant l’audience, elle n’a fait qu’enrober son haussement d’épaules en langage juridique par ses clercs et auxiliaires juridiques en reprenant largement les arguments du gouvernement québécois et en passant sous silence ceux de la partie adverse. Les journalistes étant des travailleurs surmenés ne rapportent que les arguments qu’elle a retenus et ne retournent pas au dossier pour voir ceux de la partie adverse. Dans la saga judiciaire du cours ECR (6 procès), aucun journaliste n'a couvert les débats en y assistant patiemment dans la salle (quelques journalistes se trouvaient dans les couloirs et quelques-uns furent brièvement convoqués comme témoins).

La juge Deschamps a démissionné de la Cour suprême du Canada peu de temps (le 7 août 2012) après sa décision dans l’affaire de Drummondville rendue le 17 février 2012, à l’âge de 59 ans. Les juges de la Cour suprême peuvent siéger jusqu’à l’âge de 75 ans.