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vendredi 5 juin 2026

Libye : un front uni contre l’installation des migrants illégaux

Les manifestants se disent opposés à tout accord avec l’Italie sur l’installation des réfugiés en Libye.


Libye : un front uni contre l’installation des migrants irréguliers – Le Grand Mufti, les institutions politiques et la société exigent des expulsions. 

Dans un rare élan de convergence politique et religieuse, les principales autorités libyennes affichent une position ferme contre toute forme d’installation durable des migrants subsahariens sur leur territoire. À la veille de l’été 2026, période traditionnellement marquée par une hausse des départs vers l’Europe, ce durcissement du climat anti-migrants en Libye mérite une attention particulière. 

Le message du Grand Mufti Sadiq al-Gharyani

Le déclencheur le plus visible de cette mobilisation est l’intervention, le 3 juin 2026, du Grand Mufti de Libye, le cheikh Sadiq al-Gharyani (ou al-Ghariani), lors de l’émission « L’Islam et la Vie » diffusée sur la chaîne Tanasuh TV, sur laquelle il exerce une forte influence. Dans un discours clair et détaillé, le plus haut dignitaire religieux sunnite du pays a dénoncé sans ambages l’action de la Commission des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). 

Selon lui, cette organisation opère illégalement en Libye, son objectif réel étant de sédentariser les migrants irréguliers sur place afin de protéger l’Europe des flux migratoires. Il a appelé l’État libyen à l’expulser « immédiatement ». Le mufti a également exhorté les ministères de l’Intérieur et du Travail à appliquer strictement les lois sur la main-d’œuvre étrangère : obligation pour chaque travailleur de détenir une carte d’enregistrement, des certificats médicaux et des documents légaux en règle. Il a mis en garde contre le laxisme aux frontières, qui constitue, selon lui, une menace directe pour la sécurité et la stabilité du pays. 

Tout en affichant sa fermeté, le Grand Mufti a toutefois condamné les appels à la violence et les actes de « voyoucratie » contre les migrants, les jugeant illicites d’un point de vue religieux et susceptibles d’être exploités par la communauté internationale.

Un consensus institutionnel rare

Cette prise de position religieuse s’inscrit dans un mouvement plus large. Le Conseil d’État supérieur a explicitement rejeté tout projet d’installation de migrants en Libye. La Chambre des représentants (basée à l’est) et le ministre des Affaires étrangères partagent cette ligne, créant un front inhabituel entre des acteurs souvent rivaux. 

Sur le terrain, la pression sociale s’intensifie. À Zuwara, ville côtière de l’ouest libyen historiquement liée aux réseaux de passeurs, les autorités municipales ont imposé un couvre-feu nocturne aux étrangers. Des manifestations ont également eu lieu à Tripoli devant les locaux de l’UNHCR, reflétant un mécontentement populaire croissant face à une présence migrante perçue comme imposée. 

Contexte et implications pour l’Europe

Ces développements interviennent alors que les débarquements irréguliers en Italie ont diminué d’environ 50 % ces derniers mois, grâce notamment à la coopération italo-libyenne et aux efforts des autorités libyennes pour contrôler les départs. Cependant, la Libye, qui abriterait, selon certaines estimations, plus de trois millions d’étrangers (migrants, travailleurs, réfugiés), refuse de devenir une « zone tampon » ou un pays d’accueil permanent. 

Les autorités libyennes accusent les pays européens de vouloir exporter leur problème migratoire en exploitant l’instabilité libyenne postérieure à 2011. Le Grand Mufti évoque explicitement d’une stratégie visant à créer une « crise chronique » en Libye pour soulager l’Europe. 


Un signal à surveiller

Ce climat hostile pourrait se traduire par une intensification des opérations d’expulsion, des contrôles renforcés et une réduction des tolérances accordées aux migrants en transit. Pour l’Europe et l’Italie en particulier, cela représente à la fois une opportunité (baisse potentielle des départs) et un risque humanitaire accru, avec la perspective de tensions locales ou de mouvements de population vers les frontières tunisienne ou algérienne. 

mercredi 13 mai 2026

« Jamais autant d'immigration en France »

L’immigration est-elle une fatalité ? C'est le sujet abordé par Le Club Le Figaro Idées présenté par Eugénie Bastié. Elle reçoit Didier Leschi et Nicolas Pouvreau-Monti.

mercredi 26 mars 2025

Immigration : l’Autriche devient le premier pays de l’UE à suspendre le regroupement familial ( m à j)


 
Billet du 26 mars

L’Autriche a annoncé son intention de suspendre le regroupement familial des réfugiés. Le but est de « protéger » le pays des afflux de migrants.

L’Autriche enclenche un tour de vis migratoire. Le nouveau gouvernement autrichien de Christian Stocker a annoncé, ce mercredi 26 mars, son intention de mettre fin au regroupement familial des réfugiés.

Lors d’un Conseil des ministres à Vienne, la ministre de l’Intégration, Claudia Plakolm (ci-contre), a fait savoir qu’il s’agissait ainsi de « protéger les systèmes » de santé, d’emploi et d’éducation du pays alpin des flux massifs de migrants auxquels il fait face ces dernières années. « Nous avons atteint les limites de nos capacités d’accueil », a déclaré Claudia Plakolm. Un décret va être prochainement publié. « D’ici mai, dans quelques semaines à peine, cet arrêt deviendra réalité », a-t-elle précisé. La suspension sera en vigueur pour six mois et pourra être prolongée jusqu’en mai 2027.

Des problèmes d’intégration

L’élue conservatrice a d’ailleurs déploré la tâche « titanesque » de l’intégration en Autriche, étant donné que de nombreux étrangers peinent à apprendre l’allemand et à trouver un travail ou une place dans les écoles : « La probabilité d’une intégration réussie diminue à chaque nouvelle arrivée. »

Cette décision intervient alors que plusieurs pays européens choisissent de durcir leur politique migratoire. À la fin du mois de septembre, le parti nationaliste FPÖ a remporté les élections législatives. Au pouvoir depuis début mars aux côtés des sociaux-démocrates et des libéraux, le chancelier conservateur Christian Stocker doit ainsi maintenir la pression face aux flux migratoires.
Le premier dans l’UE à suspendre le regroupement familial

L’Autriche devient ainsi le premier pays de l’Union européenne à suspendre le regroupement familial. Depuis la crise migratoire de 2015, et l’arrivée massive de réfugiés venus principalement de Syrie, le pays a constaté « une nette hausse » des arrivées des membres de la famille de personnes ayant obtenu l’asile ou ayant bénéficié d’une protection en raison de la dangerosité de leur pays d’origine. En 2023, leur nombre était de près de 9 300 contre 7 800 l’année précédente dans cet État comptant 9,2 millions d’habitants.

Source : JDD

jeudi 16 janvier 2025

Le Vatican renforce ses frontières tout en prêchant l'ouverture en grand de celles des autres

Le Vatican sévit contre ceux qui entrent sur le territoire du Vatican sous de faux prétextes. Mais prône l’ouverture des portes pour les autres pays.


Le Vatican « défend » aussi ses frontières. Il le fait par un décret du 19 décembre qui prévoit une peine de 1 à 4 ans et une amende de 10 000 à 25 000 euros pour « quiconque entre sur le territoire de l’État de la Cité du Vatican par la violence, la menace ou la tromperie ». Le paragraphe 2 de l’article 1 du décret entre dans les détails en précisant que « l’entrée est considérée comme ayant eu lieu par tromperie lorsque l’on se soustrait frauduleusement aux systèmes de sécurité et de protection de l’État ou que l’on se soustrait aux contrôles frontaliers ». La dernière partie concernant les contrôles aux frontières est, selon le quotidien Il Giornale, exactement ce que font les migrants illégaux lorsqu’ils arrivent à pied par la route des Balkans. Et aussi ceux qui embarquent en Tunisie et en Libye en débarquant sans autorisation et souvent sans aucun document sur les côtes italiennes, qui plus est après avoir payé les trafiquants. Le pape François défend tous ces migrants prêchant une politique radicale des portes ouvertes et de l’accueil, mais, nouveau décret en main, si un migrant tentait d’entrer dans l’État du Vatican, il devrait être arrêté ou en tout cas lourdement poursuivi avec une amende. L’article 6 prévoit l’entrée par la violence, la menace ou la tromperie « l’arrestation de toute personne prise en flagrant délit ».

Cette critique avait déjà été formulée dans le passé par divers représentants de la Lega Nord, à commencer par Umberto Bossi, et la réponse du monde catholique pro-migrants a toujours été qu’il s’agissait d’une « polémique spécieuse ». Le décret ne mentionne jamais l’immigration illégale, mais il ne l’exclut pas non plus en parlant de ceux qui se soustraient aux contrôles frontaliers. L’entrée dans le minuscule État du Vatican est réglementée par des permis, même pour se rendre à la célèbre pharmacie du Saint-Siège. Ceux qui n’ont pas de permis n’entrent pas et il devrait en être de même pour les immigrés clandestins, qui entrent en Europe à la recherche d’un illusoire Eldorado occidental. Le décret a été signé par le président de la Commission pontificale pour l’État de la Cité du Vatican, un organe doté de fonctions législatives, le cardinal espagnol Fernando Vergez Alzaga. Il était probablement nécessaire en raison du Jubilé et de la possibilité d’infiltration terroriste ou d’envahisseurs.

Des circonstances aggravantes indiquent « l’utilisation d’armes à feu et d’instruments offensifs » pour s’introduire au Vatican. Ou si l’accès au « territoire de l’État » se fait « au volant d’un véhicule, en évitant ou en forçant un contrôle frontalier ou en n’obtempérant pas à une invitation à s’arrêter émise par la force publique ». On peut penser à la voiture bélier ou piégée d’un terroriste, mais on peut aussi penser aux véhicules des passeurs de la frontière Nord-Est, qui transportent des immigrés clandestins en se soustrayant aux contrôles. Et parfois, s’ils sont interceptés, ils se lancent dans une course-poursuite avec la police.

Le décret n’était peut-être pas destiné à l’immigration clandestine, mais il réaffirme en fait un principe simple et commun à toutes les nations : la défense des frontières, qui n’est pas reconnue par le Vatican si ceux qui veulent entrer illégalement dans les États d’autrui sont des migrants sans papiers et sans permis, comme l’envisage le Saint-Siège.

Source : Il Giornale

mardi 7 janvier 2025

Canada — Près de 5 millions de visas temporaires vont expirer en 2025. Combien de leurs détenteurs partiront ?


Ottawa peut-il résoudre le problème des millions de visas canadiens qui expirent ?

La moitié des Canadiens pensent désormais que des « déportations massives » sont nécessaires pour mettre fin à l’immigration clandestine. Que faire des nombreux résidents temporaires ?

Selon des documents gouvernementaux obtenus par l’opposition conservatrice, près de cinq millions de visas temporaires expireront en 2025, soit environ un résident sur dix du Canada.

« Nous n’avons pas fermé les robinets assez rapidement », a déclaré le mois dernier le ministre de l’Immigration, Marc Miller.

Il admettait ainsi que le gouvernement libéral, après avoir accru les taux d’immigration à des niveaux extraordinaires, avait mis trop de temps à ralentir la récente vague de nouveaux arrivants : trois millions en l’espace de trois ans seulement.

Et certains de ces nouveaux arrivants ont traversé la frontière américaine, à la grande indignation du nouveau président Donald Trump, qui menace d’imposer des droits de douane élevés si le Canada ne fait pas le ménage à sa frontière.

Bien qu’il ait admis son erreur et suggéré que des hélicoptères commencent à patrouiller le long des frontières internationales du Canada, M. Miller est loin de reconnaître que le Canada a colmaté les brèches de son système.

Les infrastructures ne parviennent pas à répondre à la demande de la population. Et, malgré les avertissements, de nombreux travailleurs invités et étudiants étrangers montrent à bien des égards qu’ils n’ont pas l’intention de partir à l’expiration de leur visa.

L’opinion publique canadienne est clairement dépassée. Selon un sondage de l’institut Angus Reid, la moitié des Canadiens pensent désormais que des « déportations massives » sont nécessaires pour mettre un terme à l’immigration clandestine. Et le soutien aux objectifs en matière d’immigration a diminué de moitié depuis 2019.

De nombreux Canadiens estiment que les logements, les soins de santé universels, les commissions des réfugiés, le marché du travail et les services sociaux du pays ne sont pas en mesure de faire face au stress démographique. Trump ajoute une pression politique externe depuis qu’il a été réélu.

Il faut faire quelque chose au Canada, mais M. Miller a déclaré qu’il comptait sur le départ volontaire des gens. En attendant, le nombre de personnes impliquées est stupéfiant, ahurissant.

En décembre, les conservateurs ont obtenu du ministère de l’Immigration des informations selon lesquelles le nombre de visas temporaires qui expireront en 2025 s’élève à 4,9 millions, soit plus d’un pour dix résidents du Canada.

Le gouvernement fédéral n’admet pas ce chiffre énorme, mais il a reconnu que les visas de 500 000 migrants temporaires avaient déjà expiré. Et ils n’ont pas quitté le pays.

Pendant ce temps, on ne sait pas où se trouvent 30 000 de ceux qui sont tenus de partir. Ils figurent sur la liste des personnes recherchées par l’Agence des services frontaliers du Canada.

Le chef de l’opposition, Pierre Poilievre, a déclaré sur les réseaux sociaux qu’il était scandaleux que les libéraux ne sachent pas combien de migrants restaient illégalement dans le pays.

Quant à M. Miller, qui tente de réparer les dégâts causés par les ministres de l’Immigration John McCallum, Ahmed Hussen et Sean Fraser, il patauge.

Au printemps dernier, M. Miller s’est engagé à réduire le nombre de travailleurs invités et d’étudiants étrangers dans le pays à 2,1 millions.

L’économiste Mike Moffatt, que le Premier ministre Justin Trudeau a fait venir à l’automne dernier pour présenter à son cabinet une mise à jour spéciale sur l’immigration, est l’une des nombreuses voix qui affirment que ce chiffre est encore trop élevé.

M. Moffatt estime que le nombre de personnes titulaires d’un visa temporaire devrait être progressivement ramené à un million. Cela permettrait de ramener lentement à zéro le taux de croissance démographique du Canada, qui s’élève à plus de 3 % par an.

Si l’on tient compte du fait que le taux de natalité des Canadiens n’est pas suffisant pour remplacer ceux qui meurent, M. Moffatt a déclaré que cela signifierait quand même que le Canada aurait une « approche favorable à l’immigration ». En effet, le pays accepterait environ 300 000 nouveaux résidents permanents chaque année.

Comment en sommes-nous arrivés à cette situation confuse, où le gouvernement admet que les chiffres sont incontrôlables et qu’il ne peut même pas retracer, et encore moins contrôler, les mouvements de centaines de milliers, voire de millions, de travailleurs invités et d’étudiants étrangers du pays ?

En 2019, Douglas Todd du Vancouver Sun avait écrit une chronique optimiste sur la façon dont l’Agence des services frontaliers du Canada allait mettre en place des « contrôles de sortie » pour remédier à la perméabilité tristement célèbre de nos frontières.

L’idée était que des contrôles de sortie appropriés augmenteraient la probabilité que les fonctionnaires attrapent des terroristes locaux, des individus qui profitent illicitement des soins de santé financés par les contribuables et, en particulier, des personnes qui dépassent la durée de validité de leur visa.

Le plan consistait à mieux suivre les personnes qui quittent le pays par voie terrestre, maritime ou aérienne, en utilisant des techniques déjà en place en Australie, aux États-Unis et dans l’Union européenne. Mais même si des contrôles de sortie améliorés ont été institués en 2019, ils n’ont pas permis d’obliger les gens à respecter les règles relatives à la durée de leur séjour dans le pays.

Le nombre de résidents non permanents (orange) entrant au Canada a grimpé en flèche ces dernières années. Nombre d’entre eux dépassent la durée de validité de leur visa. Source : Mike Moffatt

Pour ajouter au désordre, l’année 2024 a été marquée par une augmentation considérable du nombre de résidents temporaires - 130 000 — qui ont tenté de dépasser la durée de validité de leurs visas de travail et d’études en demandant le statut de réfugié. Ils n’étaient que 10 000 il y a moins de dix ans. La procédure de demande d’asile peut durer plusieurs années.

En réponse aux questions de la rédaction de Postmedia, l’ASFC (Agence des services frontaliers du Canada) a déclaré qu’elle faisait ce qu’elle pouvait pour contrôler et pénaliser les personnes qui dépassent la durée de validité de leur visa. Plus précisément, les fonctionnaires ont déclaré que, pour diverses raisons, ils ont émis plus de 3 700 « mesures de renvoi » en 2024, contre 1 517 en 2020.

Sam Hyman, avocat à la retraite spécialisé dans les questions d’immigration à Vancouver, a déclaré que le Canada, contrairement à de nombreux pays, n’a pas de contrôles d’immigration à la sortie qui exigent que tous les voyageurs qui partent fassent l’objet d’un contrôle et que leur départ soit confirmé. Cependant, il a ajouté qu’il y avait un certain degré de surveillance au passage de la frontière.

Richard Kurland, avocat de Vancouver et éditeur d’une lettre d’information mensuelle sur les migrations appelée Lexbase, estime que des contrôles d’entrée et de sortie plus rigoureux, bien qu’utiles, ne résoudront pas à eux seuls la crise frontalière du Canada.

Il s’inquiète plutôt du fait que le gouvernement déploie un certain nombre de stratégies pour éviter d’être tenu pour responsable de la crise migratoire, d’abord en la « niant », puis en faisant « diversion » et maintenant en la « reconditionnant », tout en faisant de nouvelles promesses.

Après que M. Trudeau a passé des années à accuser les détracteurs de ses politiques migratoires élevées d’être xénophobes ou racistes, M. Kurland a déclaré que M. Miller et lui-même avaient fait un virage à 180 degrés l’année dernière et avaient présenté un mea culpa, admettant qu’ils avaient dépassé les limites.

Cependant, ils ont ensuite aggravé leur maladresse en promettant une amnistie générale aux résidents temporaires qui dépassent la durée de validité de leur visa.

« Mais lorsque vous bénéficiez d’amnisties en matière d’immigration, pourquoi obéir aux règles, alors que tout ce que vous avez à faire est de vous cacher et d’attendre la prochaine amnistie ? », a déclaré M. Kurland. Après les critiques exprimées par le public, M. Kurland a déclaré que les libéraux ont dû retirer leur projet.

« Nous nous retrouvons avec la poule dans le python, a déclaré M. Kurland, et cette situation constituera une bombe à retardement en matière d’immigration pour celui qui remplacera le gouvernement Trudeau ».

Source : Vancouver Sun

mardi 24 septembre 2024

Ministre de l'immigration Marc Miller : oui, de nombreux étudiants étrangers sollicitent le statut de réfugié

Le ministre de l'Immigration du Canada, Marc Miller, confirme qu'un grand nombre d'étudiants étrangers demandent l'asile souvent au cours de leur première année au Canada. Il accuse les universités et les établissements d'enseignement supérieur d'avoir mis en place des procédures de sélection inadéquates.

Cela ne serait pas en partie de la faute de son ministère qui devrait veiller à ce que cela ne se produise pas, qui doit procéder à des inspections, à des contrôles, limiter le nombre de visas étudiants ?

mardi 3 septembre 2024

Italie — Les arrivées par la mer des immigrants ont diminué d’environ 63% en un an

Le ministre de l’Intérieur italien s’en félicite : « Les arrivées par la mer des migrants ont fortement diminué, d’environ 63% cette année par rapport à la même période en 2023 », a lancé il y a quelques jours Matteo Piantedosi. Lorsque Giorgia Meloni, présidente du parti d’extrême droite Fratelli d'italia, remporta les élections législatives en octobre 2022, elle promit en premier lieu de « lutter contre l’immigration clandestine, de gérer les flux migratoires et de défendre les frontières nationales et européennes ».

Deux ans plus tard, la présidente du Conseil revendique le maintien de sa promesse de campagne. Elle avait alors posé «un principe simple : en Italie, comme dans n’importe quel autre État sérieux, on n’entre pas illégalement ». Au 31 août 2024, 41.530 personnes sont arrivées en Italie après avoir traversé la mer Méditerranée, contre 114.513 lors des huit premiers mois de 2023. Le ministère de l’Intérieur met à jour quotidiennement sur son site les chiffres de l’immigration illégale dans son pays.


Pour limiter les flux migratoires, Giorgia Meloni a négocié des accords avec des pays de départ et de transit, comme la Tunisie, la Libye et l’Albanie. Objectif : faire traiter les demandes d’asile hors du territoire italien et de l’Union européenne, et faciliter les rapatriements des demandeurs d’asile arrivés clandestinement. Ainsi, en mars dernier, Bruxelles a passé un accord avec l’Égypte, promettant à ce pays une aide de 7,4 milliards d’euros d’ici à 2027 - principalement sous forme de prêts - contre un contrôle renforcé de ses frontières.

L’Union européenne et certains États membres ont multiplié les accords bilatéraux avec Tunis pour lutter contre l’immigration irrégulière, suscitant la consternation des organisations qui se disent en faveur de la défense des droits de l'homme. L’an dernier, un mémorandum d’entente sur un « partenariat stratégique » entre Bruxelles et Tunis prévoyait des aides financières d’un montant total de 255 millions d’euros à ce pays d’Afrique du Nord, en partie pour lutter contre l’immigration irrégulière. « Une grande partie des migrants venus d’Afrique subsaharienne, qui se trouvaient en Tunisie et étaient prêts à partir, ont été freinés dans leur démarche, selon le chercheur Matteo Villa, de l’Institut pour les études de politiques internationales. Les intermédiaires et les trafiquants ont été mis en prison. Nous ne nous attendions pas à ce que le président tunisien, Kaïs Saïed, mène une répression si sévère. La question maintenant est de savoir combien de temps cela durera. »

Dans le même temps, Giorgia Meloni a mis en place une stratégie visant à entraver le travail des ONG qui disent « sauver » les  migrants qui traversent illégalement la Méditerranée. Ports de débarquement à des milliers de kilomètres des lieux de sauvetage (ce qui rallonge d’environ une semaine le temps de navigation, et diminue donc la fréquence des missions), interdiction d’effectuer plus d’un sauvetage à la fois même si le navire des militants a la capacité d’embarquer davantage de personnes, amendes voire immobilisation des navires contrevenant aux nouveaux décrets… Une politique vantée par le gouvernement comme ayant aidé à atteindre les « bons » chiffres de l’immigration clandestine. Mais, selon les estimations des experts, ces organisations récupèrent moins de 10 % des personnes arrivant en Italie.

Conséquences de cette politique migratoire européenne imaginée et promue par Giorgia Meloni : une explosion des arrivées en Espagne et en Grèce. Et une augmentation des décès dans le désert du Sahara de migrants qui décident de changer de route. Près de 160 personnes y auraient disparu cette année selon le projet Missing Migrants de l’Organisation mondiale pour les migrations (OIM).