En 2021, une étudiante en droit, devenue avocate depuis, montre de l’intérêt pour un poste d’agente à la sensibilisation de la nature chez QuébecOiseaux (ça existe).
Le poste est cependant réservé aux gens de moins de 30 ans issus des minorités visibles.
L’étudiante a moins de 30 ans, mais elle a eu la mauvaise idée de naître désespérément blanche.
Elle dépose donc une plainte pour discrimination auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec (CDPDJ).
Elle réclame 7500 $ en dommages moraux et punitifs.
Exclusion
Pourquoi de tels critères d’exclusion dans l’offre d’emploi ?
Parce que le poste est financé par le programme fédéral Travailler pour prospérer, administré par Nature Canada, qui relève de Parcs Canada et qui impose ces critères pour, supposément, lutter contre le racisme et la discrimination systémiques au Canada.
À l’échelle de tout le Canada, Nature Canada veut que 40 % de ses postes soient attribués à des gens allant des minorités visibles aux communautés LGBTQ2+ en passant par les personnes handicapées.
On comprend donc que cet objectif global de 40 % devenait une barrière d’exclusion de 100 % pour ce poste précis.
Redresser de scandaleuses injustices ? Euh, on parle ici d’un seul poste, à temps partiel, d’une durée de 20 semaines.
La CDPDJ examine le dossier et trouve qu’il y a une atteinte aux droits de la plaignante.
En langage clair, il y a bel et bien de la discrimination fondée sur la couleur, la race et l’âge.
Elle estime aussi que le formulaire d’embauche à remplir demande des renseignements personnels qui n’ont rien à voir avec les compétences, ce qui contrevient à la Charte canadienne.
Ça tombe un peu sous le sens : en quoi avoir la peau noire ou blanche vous qualifie-t-il plus ou moins pour comprendre les petits oiseaux ?
La CDPJQ propose qu’on dédommage modestement la plaignante, mais l’organisme se retire ensuite du dossier, n’y voyant pas d’intérêt public suffisant pour s’y associer.
Si la plaignante veut continuer, dit la CDPDJ, elle peut toujours introduire un recours en son nom personnel devant le Tribunal des droits de la personne.
C’est ce que fait la plaignante.
Elle fait donc du judo avec la rhétorique habituelle, alléguant que c’est elle qui est victime de « discrimination systémique ».
Idéologie
Le jugement du Tribunal [des droits de la personne] est tombé le mois dernier.
L’offre d’emploi était bien discriminatoire, mais le recours de la plaignante est néanmoins rejeté.
Pourquoi ? Parce qu’elle ne voulait pas vraiment le poste.
Elle avait une « position idéologique » et voulait en réalité attaquer le principe même de la discrimination positive.
Amusant, non ? Discriminer pour la « bonne cause » n’est pas de l’idéologie, mais protester contre cette pratique, c’est de l’idéologie.
Au Canada, la discrimination est à sens unique.
La fièvre idéologique pourrit les petites comme les grandes choses.

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