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mardi 29 avril 2025

Le Canada sous les libéraux : cancre de la croissance économique depuis 10 ans


 

Chiffres légèrement différents ci-dessous (pas en parité de pouvoir d'achat et sur 9 ans et demi)


Et toute cette croissance « malgré l'immigration record » au Canada. 



lundi 16 septembre 2024

Immigration — Le peuple demande quelque chose de simple : le principe de précaution

Immigration : Et maintenant les Pays-Bas… : « Le peuple demande quelque chose de basique, que nos politiques ne veulent pas encore comprendre, c’est le principe de précaution ».

« Il y a un changement de l’air du temps chez nos élites. L’insécurité est le cœur du problème, on a dépassé la capacité de tolérance des peuples. »

jeudi 16 mai 2024

Pays-Bas : la nouvelle coalition veut politique d’asile « la plus stricte », numerus clausus pour étudiants étrangers et renforcement de la connaissance du néerlandais

La coalition de gouvernement de droite et de centre-droite nouvellement formée aux Pays-Bas a proposé jeudi une politique d’asile « la plus stricte » jamais adoptée, avec possibilité de sortir des règles européennes. 
 
Geert Wilders (PVV), Dilan Yesilgoz (VVD), Caroline van der Plas (BBB) et Pieter Omtzigt (NSC) à la conférence de presse de présentation de leur nouvel accord

La coalition annoncée mercredi par le chef de file de la droite néerlandaise Geert Wilders expose la politique migratoire « la plus stricte » jamais adoptée. Elle évoque la possibilité de sortir des règles européennes en la matière. L’accord de coalition de 26 pages a été validé tôt dans la matinée après six mois de difficiles tractations entre quatre partis, à la suite de la victoire électorale du dirigeant de droite Geert Wilders.

« Des dispositions concrètes seront prises pour aller vers des règles les plus strictes jamais adoptées en matière d’asile, et un paquet de mesures le plus large jamais pris pour contrôler les migrations », stipule le texte. Les signataires indiquent qu’ils transmettront « le plus tôt possible » à la Commission européenne une demande pour dérogation à la politique européenne d’asile. Les personnes sans permis de résidence valide seront expulsées « par la force si nécessaire », ajoute l’accord.

L’accord a été trouvé entre quatre partis, le Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders de droite, le parti pro-agriculteurs BBB, le parti libéral VVD et le nouveau parti de centre-droit NSC. On ignore encore l’identité du prochain Premier ministre qui dirigera le gouvernement de coalition et remplacera Mark Rutte, candidat au poste de secrétaire général de l’OTAN. La coalition proposée bénéficie de 88 sièges sur 150 à la Seconde chambre.

Le nom de l’ancien ministre de l’Éducation et de l’Intérieur, Ronald Plasterk, qui a également joué un rôle clé dans la supervision des premières négociations, est celui qui circule le plus. Un haut fonctionnaire, Richard van Zwol, a été désigné comme « formateur » chargé de constituer un cabinet, mais sans vocation à être candidat pour diriger le gouvernement.

Résumé du plan de gouvernement
 
« Espoir, courage et fierté », tel est l'intitulé de l’accord de coalition entre le PVV, le VVD, le NSC et le BBB. En 26 pages, ils expliquent ce qu’ils ont l’intention de faire.

« Qu’il s’agisse de la sécurité de l’existence, des soins ou de l’argent dans le portefeuille, ou encore de la disponibilité de logements en suffisance, notre ambition est grande », écrivent les quatre partis dans l’introduction de ce qu’ils appellent eux-mêmes un accord-cadre. « Nous voulons également inverser l’afflux beaucoup trop important de demandeurs d’asile et d’immigrants. Nous voulons que les agriculteurs, les maraîchers et les pêcheurs aient à nouveau un avenir ».

La nouvelle coalition a divisé en dix chapitres les politiques proposées, dont beaucoup doivent encore être élaborées par le futur cabinet. Voici les points clés de chaque chapitre :

Sécurité des moyens de subsistance et pouvoir d’achat

Les quatre parties ont convenu de réduire de plus de moitié la part payée par les citoyens dans les soins de santé. Cela ne se fera qu’en 2027, car il ne serait pas possible de le faire plus tôt. Actuellement, il existe encore une franchise obligatoire de 385 euros par an. Elle passerait alors à 165 euros par an.

En outre, la coalition souhaite réduire la charge pesant sur le travail « par exemple en introduisant une tranche supplémentaire dans l’impôt sur le revenu ». Enfin, les quatre partis veulent renforcer la sécurité de l’emploi, améliorer le désendettement et rendre les services de garde d’enfants presque gratuits pour les parents.

Maîtrise de l’asile et de l’immigration

Comme annoncé, la coalition se dirige vers le dispositif le plus strict jamais mis en place en matière d’asile. Il s’agit notamment d’une loi temporaire sur la crise de l’asile, assortie de mesures de crise. En cas de « crise », des mesures de grande envergure pourront être prises.

Le permis d’asile à durée indéterminée sera supprimé et le permis de séjour temporaire sera modifié. Les demandeurs d’asile déboutés seront « expulsés chaque fois que possible, y compris par la force ». Par ailleurs, les détenteurs de statut ne seront plus prioritaires dans l’attribution des logements sociaux. Le regroupement familial automatique sera également supprimé et le nombre de personnes autorisées à voyager sera « sévèrement limité ».

L’accord stipule également que la loi sur la répartition des réfugiés doit être annulée (au grand dam de son auteur).  La nouvelle coalition veut abroger la loi, qui a déjà été adoptée par la Chambre des représentants et le Sénat.

En outre, la coalition veut demander à la Commission européenne la permission de ne pas participer à la politique européenne en matière d’asile et de migration, et souhaite renforcer les contrôles aux frontières et l’introduction du système de double statut.

L’asile n’est pas la seule forme de migration que la coalition veut contrer. Des exigences supplémentaires seront imposées aux travailleurs migrants originaires de pays tiers et les « agences de recrutement malhonnêtes » seront réprimées.

L’immigration à des fins d’études sera freinée, notamment en proposant davantage de cours en néerlandais, en fixant un numerus clausus pour les étudiants étrangers et en augmentant les frais de scolarité pour les étudiants non ressortissants de l’UE.

En ce qui concerne l’intégration civique, les quatre candidats souhaitent que la connaissance de l’Holocauste devienne obligatoire et que les exigences linguistiques soient relevées. Dans le même ordre d’idées, ils proposent de réglementer les appels à la prière par haut-parleur.

Logement et logements sociaux, infrastructures, transports publics et aviation


Sur le plan structurel, 100 000 nouveaux logements devraient être construits chaque année. Cela se fera en partie par la mise à disposition de plus de terrains à bâtir. L’accord stipule qu’il faut « ajouter des rues » dans les centres-villes et les banlieues. Les procédures de construction devraient également être accélérées.

Pour les personnes déjà titulaires d’un logement, la coalition veut freiner les augmentations de loyer (dans les logements sociaux). En moyenne, au moins 30 % des nouvelles constructions doivent être destinées à la location sociale. Pour les propriétaires, les augmentations de l’impôt foncier seront plafonnées. Autre point important pour ce groupe : « il n’y aura pas de modification de la déduction des intérêts hypothécaires ».

En ce qui concerne l’infrastructure, il sera possible de rouler à nouveau à 130 kilomètres à l’heure « partout où c’est possible », y compris pendant la journée.

En outre, l’accessibilité des zones rurales devrait être améliorée « en renforçant le transport par bus entre les centres des villages ruraux » et la construction du Lelylijn, une liaison ferroviaire entre Lelystad et Groningen, se poursuivra.

Agriculture et pêche, sécurité alimentaire et nature

Dans le domaine de l’agriculture, fer de lance du BBB, la coalition veut « mettre le paquet » pour adapter les directives européennes. L’adaptation de la directive Nitrates et le « recalibrage » des zones Natura 2000 sont à l’ordre du jour. L’accent est mis sur une structure principale de zones naturelles robustes, et non sur une « nature parcellaire », précise l’accord.

L’accord stipule également que les Pays-Bas ne doivent plus mener une politique plus ambitieuse que le reste de l’Europe en matière de protection de la nature.

La coalition ne veut pas d’une réduction forcée du cheptel. Il ne doit pas non plus y avoir d’expropriation forcée. En revanche, il faut des rachats volontaires généreux et un engagement total en faveur de l’innovation dans l’agriculture.

À noter : le « diesel rouge », moins cher, revient pour les agriculteurs, les horticulteurs et les travailleurs contractuels. En 2013, ce faible taux d’accise sur le diesel a été supprimé.
Énergie, sécurité de l’approvisionnement et adaptation au climat

En matière de politique climatique, la coalition souhaite s’en tenir aux objectifs existants, selon l’accord. « Ce n’est que si nous ne parvenons pas à atteindre ces objectifs que nous mettrons en place des politiques alternatives », précise l’accord.

Le fonds pour le climat reste également intact. Ce fonds d’un milliard de dollars, mis en place par l’actuel gouvernement, finance des mesures climatiques. Il finance également le développement de l’énergie nucléaire. La nouvelle coalition s’oriente vers quatre nouvelles grandes centrales nucléaires, au lieu de deux, comme on le pensait auparavant.

Les partis veulent mettre l’accent sur une plus grande indépendance énergétique et sur une production d’énergie durable. Par ailleurs, la pompe à chaleur ne sera finalement pas obligatoire. Le cabinet actuel y avait songé, mais cette idée a été abandonnée. Les subventions pour les voitures électriques seront supprimées d’ici 2025.

Équipements publics, soins et éducation

Les quatre partis veulent renforcer les soins primaires, y compris les médecins généralistes, les infirmières de district et les soins informels. En outre, le travail dans le secteur des soins (qui souffre d’une grave pénurie de personnel) devrait devenir plus attrayant. Cela devrait se faire « par le biais d’une plus grande autonomie, de perspectives de carrière, de bonnes conditions de travail et d’une réduction des charges réglementaires et administratives ». Les soins aux personnes âgées devraient également être améliorés.

En termes d’éducation, les méthodes d’enseignement utilisées devraient être « d’une efficacité prouvée et politiquement neutres » et l’« anglicisation » devrait être réduite.

En ce qui concerne l’éthique médicale, tout reste inchangé. « Les cadres juridiques restent inchangés en ce qui concerne les embryons, l’avortement et l’euthanasie. »

Bonne gouvernance et État de droit fort

La coalition est en train de mettre au point un nouveau système électoral pour la Chambre basse. La forme exacte de ce système reste à déterminer. En tout état de cause, il devrait « renforcer le lien régional entre les électeurs et les représentants élus ». L’objectif est de mettre en place le système pour les prochaines élections.

En outre, des mesures doivent être prises en vue d’une révision constitutionnelle afin que les lois puissent être testées à l’aune de la Constitution. Et par extension, des mesures doivent également être prises pour la formation d’une cour constitutionnelle chargée de la révision constitutionnelle (un souhait fervent du leader du NSC, M. Omtzigt).

Il y aura également un « droit à l’erreur ». « Une seule erreur ne peut plus plonger un citoyen dans les ennuis », estime la nouvelle coalition. Les frais de relance et de recouvrement [pour créances dues] du gouvernement doivent être fortement réduits.

Le nombre de fonctionnaires et de consultants au sein du gouvernement doit également être réduit, et une réduction de 100 millions d’euros a été prévue pour la radiodiffusion publique. Les séjours à l’hôtel deviendront plus chers, car le taux de TVA repasse à 21 %. La TVA sur les biens et services culturels augmente également, mais pas celle sur les cinémas et les loisirs de jour.

Sécurité nationale

Dans le domaine de la sécurité aux Pays-Bas, les quatre ministres veulent renforcer la lutte contre le crime organisé. « Des efforts accrus seront déployés pour confisquer les avoirs et la lutte contre le blanchiment d’argent sera intensifiée.

Les peines seront également plus sévères pour les crimes graves tels que le terrorisme et les infractions violentes et sexuelles graves. Le système de justice pour mineurs sera rendu plus sévère, notamment en augmentant les peines maximales.

Sécurité internationale

“Les Pays-Bas continuent de soutenir l’Ukraine politiquement, militairement, financièrement et moralement contre l’agression russe”, indique l’accord. La norme de l’OTAN de 2 % pour la défense doit être rendue légale.

Et, ce qui est controversé, le pays devrait examiner “quand le transfert de l’ambassade à Jérusalem pourra avoir lieu à un moment approprié”. La plupart des pays ont leur ambassade à Tel-Aviv en raison du statut complexe de Jérusalem.

Finances publiques, économie et climat des affaires

La nouvelle coalition estime que le climat des affaires doit être amélioré. C’est pourquoi les récentes augmentations d’impôts pour les entrepreneurs seront partiellement annulées. Il s’agit notamment d’une augmentation de la taxe sur l’énergie.

Les partis en formation se sont mis d’accord pour réduire les taxes de 14,7 milliards d’euros par an. Cette réduction sera compensée par le même montant de dépenses supplémentaires (allègements fiscaux et investissements). Globalement, les dépenses diminueront de 4,7 milliards d’euros par an.



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dimanche 28 janvier 2024

Aux Pays-Bas, chaque réfugié africain coûterait en moyenne 600 000 euros à la société

Une étude néerlandaise sur la contribution nette de l’immigration à la société démontre qu’un réfugié africain coûte en moyenne 600 000 euros aux Pays-Bas sur toute sa vie.

Publié en avril 2023, le rapport n’avait été repris qu’en Allemagne et en Belgique : il faut dire que tout le monde en Europe ne parle pas le néerlandais. Pourtant, les calculs obtenus à partir de microdonnées uniques de la part de quatre chercheurs expérimentés sont formels : l’immigration en soi coûte de l’argent, mais tandis que certaines immigrations peuvent être bénéfiques pour les Pays-Bas, d’autres se traduisent par un important coût pour la société. Par exemple, un réfugié africain coûterait en moyenne, sur le cours de sa vie, 600 000 euros à la société.

Le coût de l'immigration pourrait augmenter de 17 à 50 milliards par an

« Les immigrés contribuent-ils plus aux finances publiques qu'ils n'en tirent profit ? Ou bien notre État-providence attire-t-il des immigrés qui en font un usage supérieur à la moyenne ? L'immigration est-elle nécessaire pour aider à couvrir les coûts du vieillissement ? Quel est le rôle de l'éducation et des facteurs culturels dans tout cela ? Et qu'en est-il de la deuxième génération ? » C’est un peu à toutes ces questions qu’a tenté de répondre le rapport produit par la renommée Université d’Amsterdam en avril 2023, dans une enquête menée par quatre économistes.

17 milliards par an. C’est le premier chiffre choc diffusé par ces économistes, qui représenterait « l’impact net » de l’immigration sur l’économie néerlandaise, porté dans son immense majorité par l’immigration « non-occidentale ». Toujours selon l’étude, ce coût pourrait, à terme et sans changement conséquent de politique, passer à 50 milliards d’euros annuels, de quoi leur faire dire que « l’État-providence ne survivrait probablement pas ». Le problème est en effet structurel : ainsi que le démontrait une autre étude allemande, la charge de l’immigration se fera particulièrement sentir lorsque les immigrés prendront leur retraite et que de nouveaux immigrés seront chargés de payer les cotisations.

De même, l’une des conclusions majeures de l’étude est que « Si les immigrés travaillent, cela ne signifie pas qu'ils versent automatiquement une contribution nette positive au Trésor, comme le montre l'émigration en provenance d'Europe centrale et orientale. Cela contredit l'opinion parfois entendue selon laquelle « tout va bien tant que l'immigré travaille » » De fait, il s’avère que l’immigration étant généralement peu qualifiée, sa contribution à la société sera globalement faible, voire négative la plupart du temps.

La chose est d’abord liée au niveau d’études originel : « du point de vue des finances publiques, l'immigration n'est avantageuse que si, en moyenne, les immigrants ont au moins un niveau d'études collégiales ou des compétences équivalentes », mais persiste même au bout de la troisième génération. Toujours selon le rapport : « L'adage « les prochaines générations iront bien » ne s'applique pas : si l'immigration a un impact budgétaire négatif important, les générations suivantes compensent rarement dans la pratique ». Au total, sur la période 1995-2040, l’immigration pourrait même coûter la somme faramineuse de 1 000 milliards d’euros.

Une différence importante selon le type d’immigration

Comme on pouvait s’en douter, le coût de l’immigration dépend largement de deux facteurs : le type d’immigration et la région d’origine des immigrés. De fait, si l’immigration provenant du Japon, du Royaume-Uni, d’Irlande ou d’Amérique du Nord rapporte en moyenne 200 000 euros par individu, l’immigration d’asile en provenance d’Afrique, elle, coûte en moyenne 625 000 euros par personne. La différence est colossale et s’explique largement par le capital apporté et le niveau d’études, distingués dans le langage par la différence entre la notion « d’expatrié » et celle de « migrant » : « il existe une très forte corrélation entre la contribution nette et le niveau d'instruction » expliquent les chercheurs.

Le rapport écrit ainsi noir sur blanc que « quels que soient les motifs migratoires, les immigrants occidentaux « s'en sortent mieux » que les immigrants non occidentaux ».

Un problème majeur est d’ailleurs souligné dans le rapport : « ce sont précisément les groupes ayant une faible contribution nette au Trésor néerlandais et une grande distance culturelle des Pays-Bas qui ont tendance à rester longtemps aux Pays-Bas. Ce sont aussi les immigrés qui obtiennent de mauvais résultats sur toutes sortes d'indicateurs d'intégration : faible revenu, faible niveau d'éducation et idem pour les cotes cito, forte dépendance à l'aide sociale et criminalité, etc. De cette manière, l'État-providence néerlandais agit comme un « aimant à prospérité inversé » qui « retient » souvent les immigrés ayant une contribution nette négative, tandis que les immigrants qui obtiennent de bons résultats aux indicateurs d'intégration partent souvent rapidement. » Concrètement, moins l’immigré est intégré, riche et éduqué, moins il a de chances de rester. Pour la faire plus simple, ce sont les pires immigrés qui restent sur le sol néerlandais pour profiter de ses avantages.


Alors, pratiquement, combien coûte, combien rapporte un immigré ?

Durant sa vie, les immigrés occidentaux, selon qu’ils viennent de régions plus ou moins développées (écart significatif entre l’Albanie et le Japon par exemple), rapportent en moyenne 25 000 euros (200 000 euros pour les Japonais, -150 000 pour l’ex-Yougoslavie). En revanche, les immigrés non-occidentaux coûtent en moyenne 275 000 euros, avec à nouveau un écart entre l’Afrique du Sud (+ 150 000) [souvent des Blancs qui parlent afrikaans qui retournent en quelque sorte à la métropole] et la Corne de l’Afrique (-600 000). Les immigrés les plus chers sont alors les exilés africains : 625 000 euros chacun. Même chez les étudiants, le coût se fait ressentir : +75 000 euros pour un étudiant venant de l’UE, -250 000 euros pour un étudiant africain.

La question démographique

Ainsi que l’affirment régulièrement les dirigeants européens, l’immigration aurait un effet positif sur la démographie française en raison de leur taux de fécondité supérieur. Le rapport s’attaque également à cette épineuse question en alléguant que « en moyenne, les immigrés ont également un taux de fécondité inférieur au seuil de remplacement. Cela s'explique en partie par le fait que les groupes ethniques ayant un nombre élevé d'enfants finiront par ajuster leur fécondité à la baisse et que les immigrés de nombreux pays d'Amérique du Nord et du Sud, d'Europe et d'Asie de l'Est ont déjà une faible fécondité. À long terme, l'espérance de vie se rapprochera également du niveau néerlandais. » Alors, l’immigration peut certes enrayer le phénomène propre de la baisse démographique, sans être capable toutefois de l’arrêter et en tiers-mondisant allègrement le pays au passage.

Pour faire face à cette question dont l’impact se retrouve plus particulièrement au niveau du système de retraites, l’étude assure que « essentiellement, le vieillissement est principalement dû à une faible fertilité. La seule solution structurelle à ce problème est d'augmenter le nombre moyen d'enfants par femme aux Pays-Bas à environ 2,1 ». De fait, si l’immigration non-occidentale (et donc plus fertile) aggrave les problèmes au lieu de les résoudre, alors la solution se retrouve bien plus dans une politique nataliste capable de faire remonter le problème conjoncturel du nombre d’enfants par femme.

Il convient de rappeler que les chiffres avancés ne s’appliquent qu’aux Pays-Bas, et dans une moindre mesure, à en croire le journal Bild, à l’Allemagne, car les deux pays ont un système social similaire. Il pourrait néanmoins être intéressant de réaliser la même étude en France, à toutes fins utiles.

Source : Le Livre noir 

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samedi 28 octobre 2023

Euthanasie — Québec, champion du monde

Le Québec répond désormais à plus de demandes d'euthanasie, nommée du doux euphémisme d'aide médicale à mourir (AMM), que la Belgique et les Pays-Bas.

Hausse fulgurante

Plus largement, la tendance à la hausse depuis l’adoption de la loi sur les soins de fin de vie en 2014 ne fléchit pas encore cette année, alors que le nombre de cas a bondi de 42 % entre le 1er avril 2022 et le 31 mars 2023.

La ministre Bélanger compte mandater une équipe de recherche afin de se pencher sur la situation et obtenir un avis scientifique détaillé. 

Champion du monde

L’euthanasie est devenue la cause de décès de 6,6% de la population québécoise en 2022, un taux inégalé dans les autres provinces. La moyenne canadienne s’établit plutôt à 4,1% des décès attribuables à l’euthanasie.

À titre de comparaison, selon l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), moins de Québécois ont succombé à une maladie du système nerveux comme l’alzheimer ou le Parkinson (4031) qu’il y a eu d’AMM pratiquées dans la province. Pris individuellement, aucun cancer ne s’approche non plus du nombre d’AMM pratiquées, exception faite de celui des poumons qui a tué plus de 6000 patients l’an dernier.

La Belle Province représente, à elle seule, un peu plus de 36% des 13 241 euthanasies qui ont été pratiquées au Canada en 2022, même si les Québécois ne forment que 22% de la population canadienne.

Si, en 2022, 6,6 % des décès dans la province ont découlé de la procédure légalisée en 2015, aux Pays-Bas, elle représente 4,8 % des décès alors qu'en Belgique, c'est 2,3 %.

D’autres augmentations à prévoir ?

La ministre responsable des Aînés convient que l’élargissement de l’AMM plus tôt cette année pourrait avoir des impacts importants sur le nombre de demandes. Aucune analyse précise n’a été effectuée à ce sujet. « Clairement, on s’attendait à ce qu’en élargissant les critères, il y ait [une augmentation] », a-t-elle convenu.

mardi 8 août 2023

Les Pays nordiques veulent limiter la place de l’anglais à l’université

De nombreux citoyens du Danemark, de la Finlande, des Pays-Bas, de la Norvège et de la Suède parlent couramment l’anglais et impressionnent souvent les touristes par leur maîtrise de la langue. Toutefois, cette aptitude a également suscité des controverses, car les universités sont devenues d’excellentes institutions internationales proposant des cours dispensés principalement, voire entièrement, en anglais.

Certains citoyens des Pays-Bas et des pays nordiques s’interrogent sur la place qui sera dévolue à leur langue nationale si leurs universités phares dispensent de moins en moins de cours dans cette langue. Les linguistes parlent de « perte de domaine ». La langue ne disparaît pas, puisque de nouvelles générations d’enfants continuent d’être élevées dans cette langue, mais les locuteurs l’utilisent dans moins de contextes éducatifs.

En juin, Robbert Dijkgraaf, ministre de l’Éducation des Pays-Bas, a annoncé qu’au moins deux tiers de l’enseignement dans les programmes de premier cycle devraient être dispensés en néerlandais. Les dirigeants des universités ont mal pris cette décision. Le directeur de l’université technologique d’Eindhoven a déclaré que « pour un certain nombre de cours, nous ne pouvons même pas trouver de professeurs qui parlent néerlandais », citant l’exemple de l’intelligence artificielle. (Le gouvernement néerlandais est tombé par la suite, laissant la politique dans les limbes.)
 
On craint qu’une langue comme le néerlandais, si elle est négligée dans les contextes éducatifs, finisse par manquer du vocabulaire nécessaire pour les sujets les plus pointus. Les personnes discutant de ces sujets devront agrémenter leur néerlandais de mots anglais, jusqu’à ce que cette façon de parler devienne si encombrante qu’ils passeront entièrement à l’anglais. Cela risque de laisser l’impression que le néerlandais est en quelque sorte indigne, ce qui alimente un cercle vicieux.

Les préoccupations linguistiques ont été renforcées par les problèmes économiques. Les universités européennes sont largement ou entièrement financées par l’État. Dans certains pays, les étudiants étrangers exercent une pression sur des ressources rares telles que le logement. (Quelque 120 000 étudiants vivent aux Pays-Bas, l’un des pays les plus densément peuplés d’Europe). Dans d’autres pays, comme le Danemark, ils peuvent même recevoir des bourses pour couvrir leurs frais de subsistance. Si les étudiants terminent leur cursus sans jamais avoir appris la langue locale, ils risquent de partir au lieu de rester et de contribuer à l’économie. Pourquoi les pays devraient-ils subventionner ces diplômes sans aucun bénéfice pour le pays d’accueil ?
 
La cause réside en partie dans les efforts nécessaires pour attirer des enseignants et des étudiants de qualité [selon les classements très discutables des universités] — et pourrait être une conséquence involontaire de ces efforts. Michele Gazzola, de l’université d’Ulster à Belfast, note que les classements mondiaux des universités, tels que celui réalisé par le Times Higher Education, prennent en compte le nombre d’étudiants et d’enseignants internationaux dans le cadre de leur évaluation. Cela incite les universités à tenter de les attirer afin de progresser dans les classements et, par conséquent, à proposer toujours plus de cours en anglais. [À ce sujet : « Les classements évaluent très peu la qualité de l'enseignement » de déclarer Matthieu Gillabert, professeur d'histoire à l'Université de Fribourg dans Que valent les classement des universités ?]

Comme les Pays-Bas, le Danemark a suscité la controverse. En 2021, dans le but de stimuler l’apprentissage du danois à l’université, le gouvernement a limité le nombre de places dans les cours dispensés uniquement en anglais. Cette année, il semble qu’il ait encore changé d’avis, en augmentant le nombre de places dans les programmes de maîtrise en anglais. Janus Mortensen, de l’université de Copenhague, explique que la récente politique linguistique de son établissement prévoit que les enseignants titulaires devront « contribuer » à l’enseignement en danois dans un délai de six ans. L’université doit mettre à disposition du temps et des cours — les professeurs ne sont pas censés apprendre la langue pendant leur temps libre — mais on ne sait pas exactement ce qu’il adviendra de ceux qui ne respecteront pas ce délai.

L’université d’Oslo prescrit également un « parallélisme linguistique ». Le norvégien doit être la principale langue d’enseignement, l’anglais étant utilisé « lorsque c’est approprié ou nécessaire » ; tous les étudiants et enseignants doivent se voir proposer des cours d’apprentissage du norvégien ; les résumés des publications doivent être rédigés dans les deux langues ; l’université doit donner la priorité au développement de la terminologie technique en norvégien, et ainsi de suite. C’est le genre de politique que l’on peut attendre de riches et raisonnables Scandinaves. Elle est aussi potentiellement redondante, coûteuse et vague. Qui, par exemple, décidera quand l’anglais est « approprié » ?
 
Dans le passé, la résistance à l’anglais s’est surtout manifestée en France, qui n’appréciait pas la primauté de l’anglophone (et le déclin de la domination du français). Il s’agissait d’une simple question de concurrence entre les langues. Aujourd’hui, certains des pays les plus libéraux et les plus polyglottes du monde commencent à s’inquiéter de la domination de l’anglais. C’est une conséquence de leur succès. Si tous les habitants peuvent passer d’une langue à l’autre, la nature à somme nulle de la concurrence est réduite, mais elle n’est pas éliminée. Les Européens du Nord apprennent que leurs langues ont aussi besoin d’être entretenues. 

Source : The Economist

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dimanche 6 août 2023

Les Pays-Bas veulent décourager les étudiants internationaux d'y étudier

Destination de choix pour de nombreux étrangers, au premier rang desquels se placent les jeunes Allemands, les Pays-Bas réfléchissent à des mesures pour limiter le nombre des étudiants internationaux dans leurs universités. L’hebdomadaire allemand Der Spiegel analyse la situation.

L’université d’Utrecht


Les Pays-Bas sont la première destination des jeunes Allemands désireux d’étudier à l’étranger. Ils sont près de 25 000 à y être inscrits à l’université (contre environ 3 000 Français), principalement attirés par des diplômes internationaux et en anglais, et des cursus axés sur le monde contemporain. Selon Der Spiegel, qui cite l’agence néerlandaise de statistiques CBS, « de plus en plus de jeunes étrangers décident d’étudier aux Pays-Bas : alors que 28 % des étudiants de première année étaient internationaux en 2015, leur part dans les universités était déjà de 40 % selon les derniers chiffres de l’automne 2021 ».

Les universités ont d’ailleurs tout fait pour attirer les étudiants internationaux. Certains y voient la volonté de combler une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, d’autres l’appât du gain, car les établissements reçoivent des aides de l’État proportionnelles au nombre d’étudiants étrangers.

Le ministre de l’Éducation prépare une loi pour l’automne 2023

Quoi qu’il en soit, cette situation pourrait bientôt changer. En effet, note l’hebdomadaire allemand, « au cours des derniers mois, le débat s’est vraiment accéléré — car le ministre de l’Éducation néerlandais, Robbert Dijkgraaf, s’est impliqué. En avril, il expliquait dans une lettre au Parlement comment il souhaitait “piloter” l’internationalisation des universités à l’avenir. Car, dans de nombreux endroits, “la capacité d’absorption a été atteinte”. » Force est de constater que les « amphis sont surpeuplés et les conférenciers débordés », sans parler du marché immobilier saturé.

Dans l’ouest du pays notamment, à Amsterdam, mais aussi dans les petites villes universitaires comme Utrecht, il est devenu quasiment impossible pour les étudiants de se loger. Le Spiegel a même constaté que sur le groupe Facebook « Kamer in Utrecht » (« une chambre à Utrecht »), presque toutes les annonces stipulent : « Néerlandais uniquement », « PAS D’INTERNATIONAUX », « pas d’international, désolé ». Certains étudiants étrangers se retrouvent obligés de loger dans des campings ou dans des résidences étudiantes privées aussi coûteuses qu’insalubres.

Le ministre de l’Éducation envisage d’imposer le néerlandais comme langue d’enseignement au moins en licence, sauf si le cursus le justifie. L’accès à des cursus en anglais pourrait également être restreint par des tests de niveau à l’entrée. Il est aussi question d’obliger les étudiants internationaux à apprendre le néerlandais. Une loi en ce sens sera en préparation à l’automne 2023. On verra alors, prévient le Spiegel, « si le rêve européen [en anglais…], que les jeunes en particulier vivent déjà, est en danger ».


Source : Le Courrier Expat et Der Spiegel

dimanche 9 juillet 2023

Un homme qui se dit femme élu Miss Pays-Bas 2023

Rikkie Kollé, un jeune homme de 22 ans résidant à Amsterdam, a été élu Miss Pays-Bas 2023, devenant ainsi le premier transgenre à décrocher ce titre, rapporte la radio-publique néerlandaise NOS.


Le lauréat est loin d’être un inconnu aux Pays-Bas. En 2018, il avait pris part aux émissions de télévision « Holland Next Top Model » (le titre est bien en anglais...) où Rikkie était allé jusqu’en finale. Il était alors le deuxième transgenre à participer à ce programme télé populaire. Rikkie Kollé se définit comme d'ascendance moluquoise (indonésienne) et néerlandaise.

Très sérieux, le jury de Miss Pays-Bas justifie sa décision en affirme que Kollé « a rayonné pendant tout le spectacle et a fait le plus de progrès parmi toutes les candidates ». Les candidates à Miss Pays-Bas ont suivi un programme de formation au préalable au cours duquel elles se sont notamment rendues à Curaçao dans les Antilles néerlandaises.

« Elle [Il, Rikkie] a un récit fort avec une mission claire », a déclaré le jury lors de la finale. « Le jury est convaincu que l’organisation [de Miss Pays-Bas] aura plaisir à travailler avec cette jeune femme [homme]. »

Dans le règlement Miss France, il est écrit noir sur blanc que les candidates ne doivent pas « avoir eu recours à la chirurgie plastique (exception faite d’une chirurgie uniquement réparatrice) ». En revanche, celle-ci est totalement autorisée lors des concours Miss Monde et Miss Univers. Rikkie Kollé a bénéficié de nombreuses chirurgies. Il représentera les Pays-Bas au prochain concours de Miss Univers.

Cette élection n’est-elle que le fruit de l’excentricité batave ou s’inscrit-elle dans une stratégie plus large étant donné que les concours de Miss Univers, de Miss USA et de Miss Teen USA sont désormais détenus par un richissime Thaïlandais transsexuel ? 
 
Dégoûtant

Sur les réseaux sociaux, les critiques pleuvent. « Un homme est devenu Miss Pays-Bas 2023. C’est dégoûtant. Le message est que les hommes sont meilleurs pour être des femmes que les femmes elles-mêmes, que les hommes sont plus beaux que les femmes. Sous couvert de progressisme, les femmes sont effacées. Mais nous ne nous laisserons pas faire », déclare Raisa Blommestijn, philosophe du droit.

La commentatrice Eva Vlaardingerbroek (ci-contre) ne s’attendait pas à autre chose. « C’est tellement prévisible et peu original maintenant », dit-elle.
 
Eva Vlaardingerbroek
« S’agit-il de la plus belle femme des Pays-Bas en 2023 ? Ou cette personne a-t-elle été choisie en raison de son ADN masculin ? C’est une insulte à toutes les femmes », estime le médecin généraliste Frank Peeters.
Où est la limite ?


« Les hommes biologiques remportent des compétitions sportives dans la catégorie des femmes. Effacement du mot “femme”. Permettre aux hommes qui se sentent femmes d’entrer dans les vestiaires des femmes. Où est la limite ? » s’interroge l’avocate Kim Boon.

« En ce qui me concerne, d’ailleurs, nous avons atteint cette limite depuis longtemps, ce qui entraîne une concurrence déloyale, de l’insécurité et de la précarité pour les femmes », ajoute-t-elle.

Aveuglement idéologique

Le scientifique Ferdinand Meeuws n’en revient pas : « Que les transgenres gagnent toutes les compétitions sportives féminines, je peux le comprendre. Mais maintenant, qu’il remporte aussi une Miss Pays-Bas, cela dépasse mon entendement ».

« Quiconque ne voit pas que l’idéologie “woke” efface les femmes est idéologiquement aveugle », note le député Harm Beertema (PVV).

jeudi 11 mai 2023

Pays-Bas — Plus les non-Occidentaux y vivent depuis longtemps, plus leur confiance envers autrui diminue

Conclusion des auteurs (Hans Schmeets, Jerome Conceiçao, Costanza Marcellino) d’une étude du Bureau central pour la statistique des Pays-Bas de 2021 :

Une étude précédente (Schmeets et Exel, 2021) avait déjà montré que les personnes issues de l’immigration font moins confiance à leurs semblables, mais ont souvent plus confiance aux institutions. La théorie des attentes et de l’assimilation a permis de déterminer si la durée du séjour jouait un rôle à cet égard. Selon ces perspectives, les immigrants ont de grandes attentes à leur arrivée quant au niveau de confiance du pays où ils immigrent, mais plus ils y restent longtemps, plus ils ajustent leur position sur l’échelle de confiance. Et cela s’applique plus fortement aux immigrants venant de pays, pour la plupart non occidentaux, dont les indicateurs de démocratie sont faibles.

Cette étude a montré que la théorie des attentes ne s’applique pas à la confiance dans autrui. Les immigrants n’ont pas plus, mais plutôt moins confiance dans les autres personnes que le groupe d’origine néerlandaise. Du point de vue de l’assimilation, on s’attend à ce qu’ils deviennent plus proches du groupe néerlandais au fur et à mesure qu’ils restent aux Pays-Bas. Là encore, cela ne correspond pas aux résultats.  

La confiance sociale, chez les immigrés qui restent plus longtemps aux Pays-Bas, n’augmente que légèrement pour le groupe occidental, alors qu’elle diminue en fait pour le groupe non occidental. Ainsi, alors que la distance de confiance sociale par rapport au groupe néerlandais diminue pour le groupe occidental, elle augmente pour le groupe non occidental.

Les deux perspectives théoriques semblent s’appliquer davantage à la confiance dans les institutions : les immigrants, en particulier, ont une plus grande confiance fiduciaire dans les institutions au cours de la première période de vie aux Pays-Bas que le groupe d’origine néerlandaise. Il semble également que cette confiance diminue au fur et à mesure que les immigrés restent aux Pays-Bas. Là encore, la distinction entre Occidentaux et non-Occidentaux est importante.

Pour l’immigré non occidental, dans presque tous les aspects de la confiance, celle-ci diminue au fur et à mesure qu’il vit aux Pays-Bas. Ce n’est pas le cas pour le groupe occidental. Soit il n’y a pas d’effet de la durée du séjour (police, médias, chambre basse, banques, églises), soit la corrélation est positive : un séjour plus long est associé à une plus grande confiance (armée, juges, UE, grandes entreprises). Ces résultats sont cohérents avec les études de Röder et Mühlau (2011, pp. 382-383 ; 2012, p. 12) et d’Adman et Strömblad (2015, p. 112) qui constatent une plus grande confiance [initiale] dans la police et dans les juges, en particulier chez les immigrés venant de pays où le niveau de corruption est élevé, confiance qui diminue toutefois plus ils restent longtemps dans le pays.

[Idéalisation initiale des institutions de la part des non-Occidentaux ?]

 Ainsi, au moins en ce qui concerne la confiance institutionnelle, les résultats soutiennent à la fois la théorie des attentes et la théorie de l’assimilation. Mais cela ne s’applique qu’au groupe non occidental. Cette convergence des immigrants vers le groupe néerlandais indique l’assimilation et entraîne l’intégration. Étant donné que cette évolution diffère entre le groupe occidental et le groupe non occidental, il s’agit d’une assimilation segmentée (Portes, Fernandez-Kelly et Haller, 2005). Les mécanismes qui jouent un rôle à cet égard n’ont pas été démontrés dans cet article. Du point de vue de la théorie de l’expectative, les attentes élevées à l’égard des institutions s’adaptent à une durée de résidence plus longue. Mais il est également concevable que la discrimination joue un rôle (supplémentaire) : plus les immigrés vivent longtemps aux Pays-Bas, plus ils sont [seraient ?] victimes de discrimination, ce qui entraîne une diminution de la confiance dans les institutions.

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mardi 9 mai 2023

Vaste étude confirme que la diversité ethnique a des effets négatifs sur la cohésion sociale

Sans confiance, la vie politique est fracturée et les nations divisées. La crise de la démocratie traversée par la France et plusieurs pays en Europe témoigne d’un affaiblissement inquiétant du politique. Un article du sociologue allemand Ruud Koopmans permet d’éclairer sous un jour nouveau les fondements de la confiance politique. Une recension de l’article « Statistical and Perceived Diversity and Their Impacts on Neighborhood Social Cohesion in Germany, France and the Netherlands » (2016).
 
Selon les chercheurs, cette étude est à leur connaissance la première à avoir étudié la relation entre la diversité ethnique et la cohésion sociale à travers les localités de trois pays d’immigration différents, tout en comparant systématiquement les natifs et les personnes d’origine immigrée.

Les chercheurs affirment qu’en montrant que les mécanismes de base reliant la diversité à la cohésion sociale dans les quartiers sont très similaires d’un pays à l’autre, ainsi que pour les natifs et les personnes d’origine immigrée, leurs résultats ont un plus grand potentiel de généralisation que les études antérieures.

Conformément à la majorité des études précédentes, nous constatons que la diversité ethnique statistique a des effets négatifs sur chacune de nos cinq mesures de la cohésion sociale de quartier :
  • la confiance,
  • l’efficacité collective,
  • l’interconnexion,
  • les problèmes sociaux signalés et 
  • la satisfaction générale à l’égard de la vie de quartier. 
À quelques exceptions près, ces effets sont statistiquement significatifs dans les trois pays et s’appliquent aussi bien aux natifs qu’aux personnes âgées. À quelques exceptions près, ces effets sont statistiquement significatifs dans les trois pays et s’appliquent de la même manière aux natifs et aux personnes d’origine immigrée.

L’Observatoire de l’immigration et de la démographie résume ainsi l’article :

Professeur de sociologie à l’université Humboldt de Berlin, Ruud Koopmans est un chercheur de renommée internationale1 pourtant peu relayé en France, alors même que son champ d’études englobe généralement plusieurs pays européens et en particulier l’Allemagne, la France et les Pays-Bas. Ses travaux les plus notables concernent trois domaines en lien avec l’immigration à l’échelle européenne : l’analyse comparative des différentes politiques d’intégration ; les comportements politiques des immigrés et des minorités ethniques et l’incidence de la diversité ethnique sur la confiance sociale. C’est à ce dernier champ d’étude que s’intéresse le présent article. Il se fonde, pour l’essentiel, sur une étude publiée par R. Koopmans et M. Schaeffer en 2016 dans la revue Social Indicators Research. 
 
Une méthodologie robuste et minutieuse 
 
Pour conduire leur analyse, les auteurs utilisent les résultats de l’« Ethnic Diversity and Collective Action Survey » (EDCAS), une enquête menée entre 2009 et 2010 à partir de 10 200 appels téléphoniques standardisés. M. Schaeffer et R. Koopmans se concentrent sur une sélection de 4 600 répondants correspondant aux 938 quartiers d’Allemagne, de France et des Pays-Bas retenus pour l’étude. Pour la France, ces quartiers sont issus des villes de Lille, Strasbourg, Lyon, Marseille et Rennes, ainsi que de Paris et ses départements limitrophes (Hauts-de-Seine, Seine–Saint-Denis et Val-de-Marne). 
 
L’étude développe en outre une double approche des effets de la diversité ethnique sur la cohésion sociale. Elle évalue dans un premier temps les effets de la diversité ethnique « statistique », objectivée par le pourcentage de personnes d’origine immigrée (personnes immigrées ou ayant au moins un parent immigré) dans chaque quartier considéré.
 
Dans un second temps, elle s’intéresse aux effets de la diversité ethnique « perçue » par les habitants, mesurée à l’aide de quatre indicateurs du questionnaire : l’existence de conflits intergroupes, l’existence de groupes caractérisés par des valeurs ou une langue différente et l’estimation par chaque répondant de la proportion de personnes d’origine immigrée vivant dans le quartier.
 
En ce qui concerne la diversité « statistique », l’étude démontre une nette corrélation entre l’augmentation de la diversité ethnique et la baisse de la cohésion sociale dans les quartiers considérés. En particulier, les auteurs trouvent qu’en France, la diversité ethnique conduit à une augmentation des problèmes sociaux, ainsi qu’à une baisse significative de la confiance, du lien social et de la satisfaction dans la vie en général.
 
Ces résultats sont particulièrement robustes dans la mesure où ils prennent en compte une multitude de facteurs sociaux pour évaluer l’incidence de la seule « diversité ethnique », selon une démarche expérimentale. Chaque indicateur de confiance est ainsi testé et ajusté pour tenir compte, dans chaque quartier, du taux de chômage, de la densité de population, du nombre d’années vécues dans le quartier, du statut de locataire ou de propriétaire, du niveau d’éducation, de l’âge, du sexe, de l'état matrimonial, du type d’emploi occupé, de l’origine immigrée ou non et même des croyances religieuses. 
 
Cette différenciation des facteurs pouvant avoir une incidence sur le niveau de confiance sociale mesuré permet d’éviter les biais liés à la condition socio-économique des habitants des quartiers retenus pour l’étude, et d’examiner de la manière la plus précise possible la seule incidence de la diversité ethnique. 
 
En ce qui concerne la diversité perçue, l’étude arrive aux mêmes conclusions que pour la diversité statistique. Ces résultats ont en outre pour intérêt de tester de manière indépendante l’effet de la diversité perçue chez les répondants natifs et chez les répondants d’origine immigrée. Or dans ces deux catégories de répondants, une baisse similaire de la confiance sociale est observée, pour des niveaux de diversité perçue équivalents. Ceci tend à montrer que la baisse de la cohésion sociale n’est pas liée qu’à un rejet des immigrés par les natifs, mais résulte aussi d’un rejet analogue des natifs par les immigrés, ainsi que de l’existence de groupes hétérogènes au sein même des populations immigrées.

Source

Liens connexes 

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mardi 22 juin 2021

Plus de travail, moins de bébés ? Carriérisme contre familisme

Les taux de natalité ont atteint des niveaux extrêmement bas dans de nombreux pays du monde, notamment dans pratiquement tous les pays riches.

Les attitudes des gens envers le travail — en particulier la grande place prise par l’avancement de leur carrière parmi leurs priorités personnelles — peuvent influencer la fécondité.

Le dernier rapport de l’Institute for Family Studies (IFS) analyse deux théories rivales proposées pour expliquer la faible fécondité dans les pays développés :

  1. La théorie de la « deuxième transition démographique » met l’accent sur la montée d’attitudes individualistes comme principale cause de la baisse de la fécondité. 
  2. En revanche, la théorie de la « révolution sexuelle en deux temps » suggère que le changement en matière d’égalité entre les sexes a d’abord eu lieu dans des contextes publics (juridique, éducatif, professionnel) et, dans un second temps, dans des contextes privés (garde d’enfants partagée et travail domestique). Ce retard entraînerait la persistance d’inégalités au sein des couples, laquelle expliquerait, selon cette théorie, la réduction de la fécondité, car les femmes assument une part disproportionnée du travail à domicile. Si les hommes partageaient une part égale de ce fardeau, la baisse de la fécondité serait moindre.

L’IFS soutient que l’importance que les gens accordent au travail et à la famille est un facteur important pour la fécondité. Pour démontrer les implications de ces valeurs, que l’institut appelle le « carriérisme » et « familisme », le rapport explore la relation entre le travail, la famille, les attitudes envers les rôles sexuels et la fécondité à travers quatre ensembles de données différents.

L’étude utilise les données de l’Enquête mondiale sur les valeurs et de l’Enquête européenne sur les valeurs. Elles permettent d’évaluer l’impact de l’importance accordée à la famille et à la carrière, ainsi que les rôles sexuels au sein du couple, sur la fécondité au niveau national et individuel dans de nombreuses sociétés et à des époques différentes. L’IFS constate que les pays à revenu élevé qui deviennent plus carriéristes connaissent de fortes baisses de fécondité. Plus précisément, l’IFS affirme que :

  • Les valeurs et les attitudes sociales fortement axées sur le travail chez les hommes et les femmes sont fortement associées à des taux de natalité plus faibles dans les pays riches.
  • La baisse des taux de natalité au cours de la dernière décennie dans de nombreux pays à revenu élevé, y compris certains pays nordiques, peut s’expliquer en partie par l’importance croissante que les individus accordent au travail en tant que source de sens et de valeurs dans leur vie.
  • Les politiques gouvernementales qui tentent d’augmenter la fécondité en offrant plus d’avantages destinés aux travailleurs, tels que les programmes universels de garde d’enfants ou de congé parental, peuvent saper leurs efforts de redressement démographique, car elles renforcent l’idée que la vie idéale est « carriériste » plutôt que « familiste ».

Cette forte relation entre la priorité donnée ou non à la carrière et la démographie est une constatation importante pour les pays à faible fécondité. Pour les gouvernements, il met en lumière la difficulté de tenter d’augmenter la fécondité en réconciliant la carrière et la vie de famille. Dans la mesure où la politique familiale contribue à favoriser l’augmentation du temps de travail, les politiques visant à atteindre « l’équilibre travail/vie personnelle » peuvent être vouées à l’échec. Pour l’IFS, les réformes qui réduisent considérablement la charge de travail sur les familles sont plus susceptibles de produire des avantages démographiques à long terme.

Ces dernières années, le taux de fécondité a fortement chuté dans de nombreux pays progressistes que l’on croyait naguère à l’abri d’une fécondité très faible. On avait auparavant attribué à des valeurs égalitaires et à un État-providence généreux la natalité moins désastreuse des pays nordiques, mais depuis 2008, les taux de natalité dans ces pays ont néanmoins chuté.

Ces dernières années, des universitaires ont avancé une théorie séduisante pour les progressistes : une « courbe en U » décrirait la relation entre l’égalité des sexes et la fécondité. Au fur et à mesure que les sociétés deviennent plus égalitaires, la fécondité chute d’abord, probablement parce que les femmes ne sont plus enfermées dans leurs rôles domestiques traditionnels. Mais finalement, la relation s’inverse et les progrès en matière d’égalité des sexes augmentent à nouveau la fécondité. Selon cette théorie, cela s’expliquerait par le fait que les femmes seraient prêtes à avoir plus d’enfants dans une société qui les aide et où les pères partagent mieux les tâches ménagères. En d’autres termes, à ce stade de l’histoire du monde développé, le féminisme et un fort État-providence qui aide les femmes sont censés être les seules manières pour augmenter la fécondité. Une étude récente du sociologue Martin Kolk, publiée en 2018 dans la série Stockholm Research Reports in Demography, remet toutefois cette théorie en question. La courbe en U apparaît quand on effectue une comparaison simple entre les pays. Mais une analyse historique au sein des pays mêmes dément cette théorie : il n’y a pas de redressement peu importe si le pays devient plus égalitaire.

La baisse récente et rapide de la fécondité dans de nombreux pays, y compris dans des sociétés très égalitaires comme la Finlande et la Suède, a remis en question les paradigmes de recherche existants. Peu importe l’égalitarisme ou le post-matérialiste d’un couple, si la priorité absolue de ce couple est leurs carrières dans un environnement de plus en plus compétitif et instable, et si aucun des partenaires ne considère que l’élément domestique doit primer, alors la fécondité de ce couple sera vraisemblablement faible.

Certes, les femmes confrontées à un « deuxième quart » de travail, la « charge mentale » supplémentaire des femmes, en raison de responsabilités domestiques inégales peuvent être découragées d’avoir des enfants.De plus, les conflits nés d’une révolution sexuelle incomplète peuvent renforcer le « carriérisme » parce que le milieu de travail paraît relativement pacifique comparé aux conflits dans la sphère privée liés aux rôles sexuels parfois encore mal définis. Néanmoins, il est frappant de constater qu’une attitude carriériste dans les pays hautement développés a nettement plus d’effet sur la fécondité que l’égalité des sexes. 

L’IFS a testé l’impact de la théorie de la « révolution sexuelle en deux temps » en utilisant les résultats d’une enquête menée auprès de femmes américaines. En tenant compte des femmes qui signalent que leur partenaire les aide peu à la maison, le carriérisme demeure, indépendamment du peu d’aide conjugal, hautement prédictif du nombre d’enfants du couple et de leurs préférences en matière de fécondité. L’étude affirme également que concept de carriérisme est prédictif des résultats et des préférences en matière de fécondité parmi de nombreux autres ensembles de données. Le carriérisme est un phénomène social clairement identifiable fortement corrélé à la fécondité. Le désir d’un emploi porteur de sens ou important, pas simplement d’un poste bien rémunéré, a des implications significatives et négatives sur la procréation.

Les décideurs politiques sont confrontés à nombre de défis face à une faible fécondité. Les efforts visant à atteindre la pleine égalité des sexes entre les partenaires dans la sphère privée ne sont pas susceptibles de rétablir la fécondité, surtout si ces efforts consistent à valoriser davantage la carrière. Par exemple, la composante féminine des « Abenomics » prônée par le Japon, loin de stimuler l’égalité des sexes et les taux de natalité, peut avoir pour effet d’accroître l’importance de la carrière comme norme sociale, mais cette fois à la fois pour les femmes et les hommes. De même, la campagne en Corée du Sud pour amener les hommes à faire plus de tâches ménagères ou les efforts de nombreux pays pour développer les garderies subventionnées sont également susceptibles d’échouer, car ils ne remettent pas fondamentalement en cause la primauté de la vie professionnelle sur la famille.

Alors que les efforts qui visent à l’égalité des sexes sont, pour de nombreuses raisons, souhaitables pour les gouvernements, l’égalité des sexes qui repose principalement sur la promotion de la primauté de la carrière, désormais partagée par les hommes et es femmes, peut avoir des conséquences néfastes, notamment de faibles taux de fécondité. Pour l’IFS, une meilleure solution vers l’égalité des sexes, en particulier dans les pays avec des marchés du travail très rigides et à deux vitesses comme la Corée du Sud ou l’Italie, serait de permettre aux hommes de travailler moins, plutôt que de chercher à faire travailler davantage les femmes. Ceci est particulièrement important, car dans de nombreux pays à très faible fécondité comme le Japon et la Corée, le nombre total d’heures de travail rémunérées et non rémunérées des hommes est similaire ou supérieur à celui des femmes ; les hommes n’ont pas beaucoup de temps libre pour les loisirs par rapport aux femmes, ce qui suggère que le problème est le travail en soi et non la division de ce travail au sein du ménage.

La dynamique décrite par l’IFS peut expliquer pourquoi la plupart des études empiriques ont montré que les allocations en espèces augmentent davantage la fécondité pour chaque dollar dépensé par l’État que le financement gouvernemental de la garde d’enfants. (Évidemment, le Québec a fait l’inverse : aide massive aux garderies alors que natalité ne faisant pourtant que descendre…) Les allocations en espèces permettent aux familles de réduire le travail, tandis que les politiques universelles de garde d’enfants normalisent encore plus la norme sociale où la carrière prime. Plus généralement, pour l’IFS, l’assouplissement des modalités de travail, l’élimination de règles tatillonnes d’autorisation ou de certification pour exercer certains emplois pourraient être des stratégies natalistes bénéfiques, parce qu’elles permettraient de rétablir l’importance de la vie familiale par rapport à la vie professionnelle et ceci pour tous les parents.

 
Voir aussi
 
 

Un pays à très faible fécondité peut-il jamais renouer avec le taux de renouvellement des générations ?

 
 
 

  
 

Québec — Indice de fécondité pour 2020 est tombé à 1,52 enfant/femme, il était de 1,57 en 2019 

Radiographie des Français 

Canada — Faire passer l’immigration de 300 000 personnes par an à un million 

Un fort recul des naissances en janvier à travers le monde développé (m-à-j pour le Québec)  

Implosion démographique : y remédier en renouant avec des valeurs qui privilégient descendance et transmission  

Covid — nombre de naissances en France en janvier 2021 a chuté de 13 % par rapport à janvier 2020

Politiques familiales — hausse des naissances de 9 % en Hongrie, nombre des mariages double (janvier 2020) 

Hongrie — vers un remboursement intégral de la fécondation in vitro  

Hongrie — 20 % de mariages en plus en 2019 à la suite de la politique pro famille  

La politique nataliste hongroise 


 Orban : la procréation plutôt que l’immigration
 

jeudi 11 mars 2021

Silos raciaux ou chasses gardées ?

L'écrivain catalan Victor Obiols ne traduira finalement pas la poète noire Amanda Gorman, vedette, auprès des médias progressistes, de l'investiture du président américain Joe Biden en janvier dernier. Son profil a été jugé inadéquat. 

Il y a un mois, c’était aux Pays-Bas qu’une controverse a éclaté sur la personne choisie pour traduire la jeune poète américaine. On m'a dit que je ne convenais pas [...]. Ils n'ont pas mis en doute mes capacités, mais ils cherchaient un profil différent, celui d'une femme, jeune, activiste, et de préférence noire, a expliqué mercredi Victor Obiols à l'Agence France-Presse (AFP).


Billet originel du 2 mars 2021

Aux Pays-Bas, Marieke Lucas Rijneveld (en cravate ci-contre), la traductrice blanche de la récente coqueluche progressiste noire qui avait fait sensation auprès des médias pro-Biden lors de l’investiture de Joe Biden, a préféré jeter l’éponge après de nombreuses critiques sur sa capacité à comprendre l’œuvre d’une auteur de couleur. Pourtant, Marieke Lucas Rijeneveld se dit non binaire et a un pedigree progressiste impeccable. [Plus de détails sur cette polémique ci-dessous.]

Il est juste de déplorer cette compartimentation ethnique, cette création de silos de l’expérience humaine selon la race. C’est une critique libérale classique (assez juste dans ce cas). Selon la logique essentialiste qui a mené à l’abandon de Mlle Rijnveld, l’œuvre d’une poétesse noire ne saurait être traduite que par une autre noire, fût-elle d’un autre continent, d’un autre milieu social et d’une autre génération. Quand on atteint un tel point d’incommunicabilité avec des traducteurs blancs pourquoi même traduire dans ces circonstances pour un public blanc comme celui qui lit le néerlandais ? Ou l’incommunicabilité n’existe-t-elle que pour les emplois rémunérés, mais pas chez les lecteurs blancs qui eux paient pour acheter l’œuvre magistrale qui ne pouvait être comprise par une traductrice blanche ? Peu importe si le lecteur blanc comprend pour peu qu’il paie, se taise ou se repente ?

Il faut, en effet, se demander si ces hauts cris ne sont pas aussi une ruse pour jalousement se constituer des chasses gardées : tout ce qui parle des noirs ou a été créé par des noirs ne sera traduit, interprété et analysé que par des noirs (par ici les boulots de traducteurs, critiques et acteurs noirs) afin d’éviter « toute appropriation culturelle ». Quant aux œuvres écrites par des blancs ou mettant en scène des personnages blancs à l’origine, elles devront accueillir plus de diversité : on aura donc une reine viking noire, une reine d’Angleterre noire et Achille le blond sera noir (par ici les boulots de traducteurs, critiques et acteurs noirs).

Le beurre et l’argent du beurre tout en culpabilisant les méchants blancs qui ne se soumettraient pas en frappant avec force leur poitrine pour tous les péchés de leurs ancêtres, bien au-delà de quatre générations.

Le dieu woke est bien plus implacable que celui de l’Exode qui « puni[t] l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération ». 

 


Marieke Lucas Rijneveld, plus jeune lauréate du prix international Booker pour son roman L’inconfort du soir regrette d’avoir dû abandonner son travail. Elle aurait aimé « garder la force, le ton et le style » d’Amanda Gormans.

Marieke Lucas Rijneveld, devenue l’an dernier à 29 ans, la plus jeune lauréate du prix international Booker pour son roman L’inconfort du soir, avait été choisie pour cet emploi de traducteur par l’éditeur néerlandais Meulenhoff.

Mais après des critiques aux Pays-Bas sur le choix d’une traductrice blanche, Marieke Lucas Rijneveld a annoncé sa démission de son emploi de traducteur du poème de Gorman, The Hill We Climb.

« Mon cœur et mon esprit sont toujours remplis des événements de ces derniers jours », a déclaré Marieke Lucas Rijneveld, lundi soir sur Twitter, ajoutant vouloir publier un poème sur la polémique de ces derniers jours, intitulé « La poésie unit, réconcilie et guérit ».

Le choix en tant que traducteur de Marie Lucas Rijneveld — dont le roman décrit les effets d’une tragédie sur une famille religieuse d’éleveurs bovins, du point de vue d’une jeune fille — avait déclenché de vives réactions sur les réseaux sociaux des Pays-Bas.

La militante Janice Deul, qui est noire, a déclaré qu’il s’agissait d’« un choix incompréhensible », ajoutant comprendre les personnes « qui ont exprimé leur douleur, leur frustration, leur colère et leur déception sur les médias sociaux ». Selon elle, la maison d’édition a manqué une « occasion » en n’employant pas une personne noire pour traduire l’œuvre d’Amanda Gorman. Marieke Lucas Rijneveld est « blanche, non-binaire et n’a aucune expérience dans ce domaine », a-t-elle affirmé.

Vendredi, Marieke Lucas Rijneveld s’est déclarée choquée « par le tollé » autour de son « implication dans la diffusion du message d’Amanda Gorman ». Je comprends les gens qui se sentent blessés par le choix de Meulenhoff, avait-elle déclaré sur Twitter.

Marieke Lucas Rijneveld a affirmé toujours bénéficier du soutien de l’équipe d’Amanda Gorman, ajoutant que cela aurait été une « mission formidable et honorable » de traduire sa poésie. « J’aurais mis tout mon amour dans la traduction du travail d’Amanda, considérant que la plus grande tâche est de garder sa force, son ton et son style », a-t-elle ajouté.

Amanda Gorman, 22 ans (ci-contre), est devenue une célébrité auprès des médias pro-Biden après avoir récité, lors de l’inauguration du président américain Joe Biden, The Hill We Climb, un poème de son cru inspiré par l’émeute du Capitole américain et dans lequel elle déclare avec grandiloquence que la démocratie « ne peut jamais être vaincue définitivement ». La militante Gorman est une sociologue diplômée de Harvard.

La traduction française de l’œuvre d’Amanda Gorman est réalisée par la chanteuse belgo-congolaise Marie-Pierra Kakoma, qui porte le nom de scène [en anglais bien sûr] Lous and the Yakuza.

 

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