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vendredi 8 avril 2022

Elon Musk a décidé d’acquérir 9% du capital de Twitter, Boutcha : génocide ou intox ?

Sommaire de l'émission I-Média, le décryptage de l'information diffusée par les médias de grands chemins.

L’image de la semaine

Elon Musk, l’excentrique milliardaire dirigeant de Tesla, a décidé d’acquérir 9% du capital de Twitter. Va-t-il livrer bataille contre les censeurs pour rendre la plateforme plus libre ?

Jérémy Cohen : les médias cachent le corps

Il y a des victimes de l’ensauvagement que les médias ne sauraient voir. Jérémy Cohen se promenait tranquillement à Bobigny avant d’être violemment agressé et tué par une quinzaine de “jeunes”. Alors que l’affaire était délaissée par la police et étouffée par les médias, le père de la victime a dû se tourner vers un candidat pour obtenir justice. L’affaire Jérémy Cohen relève-t-elle plus d’une récupération politique ou d’une omerta médiatique ?

Revue de presse

Le Parquet national financier ouvre une enquête pour blanchiment de fraude fiscale sur le cabinet de conseil McKinsey. Les liens d’intérêts évidents entre le président Macron et le cabinet ne sont cependant pas mis en cause… Voir aussi : le documentaire de propagande remplaciste sur LCP, Biden esseulé à la Maison Blanche et le déroulé du colloque annuel de l’Institut Illiade.

Boutcha : génocide ou intox ?

Les médias sombrent dans l’hystérie devant la découverte d’un grand nombre de corps civils dans la ville de Boutcha en Ukraine. Génocide ukrainien par les russes, Poutine criminel de guerre ou simple mise en scène ?

Voir aussi

Le Figaro : « Ukraine Des images montrent des soldats ukrainiens achevant des militaires russes» — L'unité à laquelle appartiennent les soldats ukrainiens n'a pas encore été clairement identifiée. Ces événements sont constitutifs de crimes de guerre.»

« Massacre de Boutcha – Quand images satellite et vidéos sont manipulées pour raconter une fausse histoire »

Plusieurs incohérences dans le narratif officiel du massacre de Boutcha

« Mamouka Mamoulachvili, commandant de la "Légion nationale géorgienne" en Ukraine : « Oui, on leur attache parfois les mains et les pieds.

Je parle au nom de la Légion géorgienne, nous ne ferons jamais de prisonniers russes. Pas un seul d'entre eux ne sera fait prisonnier . »

« Tard dans la nuit, Sergey "Batelier" Korotkikh, tristement célèbre néo-nazi et membre d'Azov, a posté une vidéo intitulée "LES GARS DU BATELIER à Boucha". Au bout de 6 secondes, vous pouvez clairement entendre le dialogue :

— Il y a des gars sans brassard bleu [pro-ukrainien, les victimes de Boutcha en avaient de blancs], je peux leur tirer dessus ?
— Putain ouais »

jeudi 25 février 2021

J'ai essayé la formation sur les « préjugés inconscients ». Une arnaque.

Un texte de Douglas Murray paru dans le Daily Telegraph du 14 février 2021.

J’ai essayé la formation sur les « préjugés inconscients ». Étonnamment, c’est du pipeau.

C’est un exercice inutile et diviseur qui doit son existence à une collaboration entre les faibles d’esprit, les opportunistes et les facilement intimidés.

Cette semaine, le patron de KPMG, Bill Michaels, a fait la une des journaux pour avoir déclaré que les formations sur les préjugés inconscients étaient « de la m**e complète ». Ou, devrais-je plutôt dire « l’ancien patron de KPMG Bill Michaels » ? Car moins d’un jour après ce commentaire, l’Australien de 52 ans a été contraint de se retirer. Après tout, où irait-on si les dirigeants des entreprises du Fortune 500 allaient à l’encontre de la doxa anticapitaliste contemporaine ? Et aucun élément de la doxa n’est aussi dogmatique que l’imposture connue sous le nom de « formation aux préjugés inconscients ».

Beaucoup de personnes lisant ces lignes auront entendu parler de cet exercice. Certains pourraient même y avoir été soumis. Au cours de la dernière année, cet exercice non scientifique a été déployé dans toute une série d’entreprises. M. Michaels était trop indulgent. La formation sur les préjugés inconscients est plus que de la m**e. C’est un tissu d’inepties. Il n’a pu être mis en place que par une collaboration entre les faibles d’esprit, les opportunistes et les facilement intimidés.

Le tout a commencé il y a 20 ans grâce à une expérience réalisée par trois universitaires de Harvard. Les universitaires ont essayé de voir si l’on pouvait observer et quantifier les préjugés inconscients que les gens ont les uns envers les autres. Au cours des deux dernières décennies, ce test rudimentaire a été effectué en ligne par des millions de personnes. Avec le temps, il est devenu la base d’une industrie, propulsé par des gens qui avancent des idées de discorde au niveau de la politique identitaire. Ces personnes croyaient ou professaient croire que l’exercice était scientifique et pouvait en fait corriger le cerveau et le comportement de quiconque avait des croyances avec lesquelles ils n’étaient pas d’accord.

Cette théorie s’est répandue comme une traînée de poudre à un tel point que, lorsque ses inventeurs ont compris quel monstre ils avaient créé, ils ont essayé de le tuer. Deux des trois universitaires responsables de Harvard ont déclaré publiquement que l’exercice ne pouvait pas être utilisé de la manière dont il était utilisé. Il y a trop de variables dans le comportement des gens au cours d’une journée, sans parler d’une période plus longue, pour quantifier ou cerner — encore moins « corriger » — les « préjugés » de quiconque.

Mais c’est là que les opportunistes interviennent. Car ces dernières années, un autre groupe a décidé de prétendre que ces tests avaient une précision millimétrique. Ils ont commencé à facturer des centaines de dollars aux gens pour leur dire qu’ils avaient des préjugés. Une arnaque juteuse. Car si quelqu’un s’y opposait, c’était simplement une preuve supplémentaire de préjugé inconscient. Le camarade Staline aurait admiré le tour de passe-passe. [Voir à ce sujet La théorie de la « fragilité blanche ».]

Mais pour que l’arnaque fonctionne, les opportunistes avaient besoin de clients : ils en trouvèrent beaucoup parmi les lâches. Car dans tout le pays, les chefs d’entreprise et les fonctionnaires, intimidés par leurs employés subalternes, se dirent que donner à chacun une formation sur les préjugés inconscients était un moyen de montrer qu’il « faisait quelque chose ». Des militants peu sincères et ignorants ont réussi à lancer un programme qui se propose non seulement d’identifier les préjugés humains, mais également de recâbler le cerveau de tout un chacun. Prétention inouïe.

J’ai moi-même passé l’un de ces tests l’année dernière. Mon cours de « formation à grande vitesse » n’a duré que quelques heures. Pour mon argent, j’ai obtenu un certificat, j’ai subi quelques heures de tentatives de reprogrammation et j’en ai beaucoup appris sur cette supercherie.

L’objectif affiché était de montrer que les préjugés et les stéréotypes existent, que nous n’en sommes pas toujours conscients et qu’il faut briser « les vieilles habitudes ». Par exemple, on nous dit que nous sommes susceptibles de promouvoir des personnes avec lesquelles nous ressentons une plus grande sympathie et que cela est mal. Une étude de cas est proposée : une personne qualifiée pour un poste et une autre personne qui est un de vos amis et n’est pas qualifiée pour postuler au même emploi. Qui devriez-vous promouvoir ? Vous serez étonné d’apprendre que la bonne réponse n’est pas « votre copain ».

Mais l’essentiel est de promouvoir l’ordre du jour diversitaire. On nous dit que les préjugés inconscients « portent atteinte à la diversité » et qu’« une main-d’œuvre diversifiée et inclusive est essentielle pour recruter les meilleurs talents, favoriser la créativité et guider les stratégies commerciales. » Ce qui devrait faire de l’ONU l’organisation la plus efficace du monde.

Tout cela est simplement affirmé, jamais prouvé. Parce qu’en faisant le test, il devient de plus en plus clair qu’il ne s’agit pas d’éducation, mais de rééducation.

On m’a averti qu’en ce qui concerne la promotion des femmes, je peux faire le mauvais choix, car « dans votre culture et lors de votre éducation, vous avez appris que la femme est la figure maternelle. » Ailleurs, on nous avertit que nous pourrions avoir un parti pris antijeune en supposant que les personnes âgées en savent plus que les jeunes. Heureusement, il existe un éventail de façons de surmonter toutes ces notions scandaleuses.

Vous serez surpris d’apprendre que la première façon est d’« investir dans la formation ». « Tous les membres du personnel devraient recevoir une formation sur les préjugés inconscients afin de savoir ce qu’il faut surveiller. » Cette formation devrait être « pour tous ». Les « valeurs fondamentales » que chacun aura alors seront claires. Nous sommes encouragés à les réciter à haute voix. Une des incantations est « Je désire une main-d’œuvre où tout le monde est égal et diversifié. »

Et voilà. Une idéologie toute faite avec des slogans prêts à l’emploi pour vous préparer à notre époque. Tout ce que cela vous coûte, c’est du travail, du temps, de l’argent et toute l’estime de soi que vous auriez pu avoir avant d’être obligé de vous y soumettre.

Voir aussi 

 La théorie de la « fragilité blanche » et des extraits du test idoine 

« La blanchité multiraciale » : comment les wokes expliquent que des non blancs votent pour Trump

Coca-Cola accusé d’avoir dit à des employés d’être «  MOINS BLANC  » pendant une formation donnée par DiAngelo, auteure/autrice/autoresse de la Fragilité blanche.

La psychologue organisationnelle Karlyn Borysenko, une militante contre la théorie critique raciale, a déclaré vendredi qu’elle avait obtenu des copies du matériel de formation d’un dénonciateur de Coca-Cola qui avait reçu un courriel  de la direction annonçant le cours. Le cours est donné en ligne, via la plateforme Linkedin Learning. Il est intitulé «Confronter le racisme, avec Robin DiAngelo», une des principales partisanes de la théorie critique de la race qui propose des séminaires d’entreprise sur la « blanchité/blanchitude et la fragilité blanche » et la «Justice raciale». Elle est connue pour facturer jusqu’à 40 000 $ pour une conférence d’une demi-journée.

 



lundi 14 décembre 2020

Sondage : La religion ne s’est pas effondrée dans notre société. Elle a seulement changé de visage

Baromètre de ce que les Québécois déclarent trouver le plus immoral (1990 comparé à 2020)

À VOTRE AVIS, EST-CE QUE LES ACTIONS SUIVANTES SONT IMMORALES OU NON (2020) ?

1. Le harcèlement psychologique : 96 %

2. Faire des commentaires racistes : 95 %

3. Faire des commentaires homophobes : 94 %

4. Insulter quelqu’un sur les médias sociaux : 91 %

5. Être sexiste : 88 %

6. Ne pas payer d’impôts : 88 %

7. Ne pas faire attention à l’environnement : 87 %

8. Ne pas payer ses dettes : 83 %

9. Les punitions corporelles aux enfants : 81 %

10. La consommation de drogues dures : 78 %

11. Être contre le port du masque : 75 %

12. Les relations extraconjugales : 69 %


13. Croire à des théories du complot : 63 %

14. L’excès d’alcool : 60 %

15. Rire des religions : 59 %

16. Le travail au noir : 53 %

17. La prostitution : 46 %

18. Posséder une ou des armes à feu : 41 %

19. Les couples ouverts : 41 %

20. Les relations sexuelles avant 16 ans : 35 %

21. Aller sur des sites pornographiques : 26 %

22. La consommation de la marijuana : 25 %

23. L’avortement : 11 %

24. Avoir une relation homosexuelle : 9 %

25. Le divorce : 5 %

LE BAROMÈTRE DE L’IMMORALITÉ QUÉBÉCOISE EN 1990

1. Excès de boisson : 92 %

2. Relations amoureuses avant 16 ans : 80 %

3. Prostitution : 68 %

4. Relations extraconjugales : 66 %

5. Blasphème : 63 %

6. Avoir une relation homosexuelle : 46 %

7. Avortement : 43 %

8. Divorce : 37 %


► Méthodologie

Une question ouverte a été posée aux panélistes LEO (Léger Opinion) pour qu’ils soumettent ce qu’ils jugent immoral. Ensuite, un sondage scientifique a été réalisé auprès de 1000 Québécoises et Québécois représentatifs, du 13 au 15 novembre 2020, sur la base de 35 actions immorales. Seules les 30 premières sont présentées dans ce baromètre. 

[Malheureusement, le sondage de 1990 semble ne pas avoir porté sur de nombreux sujets : est-ce que, par exemple, faire des commentaires racistes ou faire du harcèlement psychologique était mal vu à l’époque ? Et à quel point ? Et qu’est-ce que ces notions veulent dire dans la pratique quand on sait la facilité avec laquelle d’aucuns crient au racisme aujourd’hui ?]

Le constat pour le Journal de Montréal

En 1990, Léger sondait les Québécois sur leurs principaux tabous. 30 ans plus tard, les résultats sont éloquents. En 1990, 46 % jugeaient l’homosexualité immorale. Ce taux est maintenant de 9 %. La perception quant à l’avortement est passée de 43 % à 11 %, le divorce, de 37 % à 5 %, la prostitution, de 68 % à 46 % et les relations sexuelles avant l’âge de 16 ans, de 80 % à 35 %. De 1990 à 2020, nos interdits se sont complètement effondrés, au profit d’une société « plus ouverte et plus inclusive » [sic]. 

La surprise

Le Québec a de nouveaux péchés capitaux : le harcèlement psychologique, les commentaires racistes, homophobes ou sexistes et les insultes sur les médias sociaux sont devenus les 5 actions les plus immorales, selon une grande majorité de Québécois. Ce sont les nouveaux interdits de notre époque et ils sont, pour la plupart, liés aux médias sociaux.


La tendance

Les Québécois sont de plus en plus permissifs sur les questions de sexualité. Les relations sexuelles avant 16 ans sont plus acceptées qu’auparavant, tout comme la fréquentation de sites pornographiques. Il faut dire aussi que le couple ouvert est immoral pour 41 % d’entre nous seulement. Même chose pour les relations sexuelles avant le mariage qui apparaît maintenant comme une chose plus qu’acceptable. Les Québécois, niveau sexualité, sont moins dans le jugement et plus dans l’ouverture [sic]. 

[Cette « ouverture » est bien évidemment orientée (antiracisme, LGBTQ, écologisme, liberté d’avorter) et ce n’est souvent qu’une fermeture envers d’autres valeurs, celles de la famille traditionnelle, de la valeur de la vie à naître, du sens de la lignée, etc. Il serait intéressant de se pencher sur les mécanismes de remplacement des valeurs de jadis. Dans quelle mesure l’école québécoise participe-t-elle à l’établissement de la nouvelle morale, de la nouvelle religion.]

QUAND LA MORALE CHANGE DE DÉFINITION

par Mathieu Bock-Côté, Le Journal de Montréal

Le monde et les temps changent, c’est bien connu. Et notre définition de ce qui est moral et immoral aussi, comme en témoignent les résultats de ce sondage Léger.

On le voit, en 1990, le bien et le mal sont encore marqués par la vieille morale chrétienne concernant la vie sexuelle. Il n’en est plus ainsi. Les interdits d’hier se sont effondrés.

Les hommes et les femmes ont gagné en liberté dans leur vie privée. Mais de nouveaux interdits sont apparus.

Ils touchent à la question du racisme, généralement considéré comme le plus grand mal, ce qui n’est nullement contestable. Nous savons à quelles horreurs il a poussé dans l’histoire.

Le visage du diable

Le racisme prend même le visage du diable, et ceux qu’on imagine possédés par l’intolérance doivent être exorcisés. À la tempête d’eau bénite succède la tempête médiatique.

On ne méfie d’ailleurs des tentateurs et des esprits mauvais qui pousseraient nos concitoyens à commettre ce nouveau péché ! Pour cela, on les diabolise.

Mais toute époque a ses problèmes théologiques ! Comment définir le fameux racisme ? Ce n’est pas toujours clair. Comment définir l’intolérance ? Est-ce que certains proposent une définition exagérément élargie de ce nouveau péché ?

Disons-le autrement.

La religion ne s’est pas effondrée dans notre société. Elle a seulement changé de visage. Elle se réclamait autrefois de la figure du Christ, elle se réclame aujourd’hui de la « Diversité ». Elle réclame aussi qu’on l’adore et traite d’hérétiques ceux qui posent trop de questions.

Curés

L’Église catholique a été remplacée comme productrice de morale par les mouvements qui prétendent incarner la diversité. Eux aussi connaissent leurs fanatiques. Ils ont même leurs mots tabous, comme on l’a vu récemment.

Questionnons-nous : dans trente ans, comment verrons-nous la morale qui nous semble aujourd’hui aller de soi ? Et que penserons-nous de ceux qui, même s’ils ne portent pas de soutanes, se comportent pratiquement comme de nouveaux curés ?

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« On a basculé dans l’antiscience »

Cours d’éducation à la sexualité, l’imposition de la théorie du genre est cruciale…

lundi 30 novembre 2020

La théorie de la « fragilité blanche »

Greenpeace — que d’aucuns pourraient croire une association purement vouée à la défense de l’environnement — donne encore raison à un de ses fondateurs (voir Patrick Moore et son livre Pour une écologie scientifique et non politique), il s’agit d’une organisation très en pointe dans le correctivisme politique. C’est une organisation qui fait la promotion du racialisme et d’un concept aussi tordu que celui de la fragilité blanche.


« Le test »

La « fragilité blanche » serait une « entrave » à la lutte contre le racisme qui afflige les blancs. Cette fragilité touche les blancs qui osent demander des excuses quand ils se sentent injustement accusés de racisme (point 6). Si vous n’êtes pas d’accord ou posez une question dans les commentaires (point 13) sur cette conclusion, c’est une preuve de votre « fragilité blanche ». Comment toujours avoir raison.




 

 


Greenpeace Québec revendique cette « lutte intersectionnelle »

À la suite de la publication de ce « test », Greenpeace a été assaillie de critiques et a tenu à s’expliquer. L’Association revendique son soutien aux théories fumeuses de Robin (une femme) DiAngelo :

Bonjour à toutes et à tous, à celles et ceux qui nous demandent pourquoi nous ne nous concentrons pas sur l’environnement au lieu de dévier sur des sujets de justice sociale, voici un billet de blogue de notre directrice Christy Ferguson qui, nous l’espérons, vous permettra de mieux comprendre notre positionnement ! Ne rien dire, c’est être complice. Voilà pourquoi Greenpeace Canada parle du racisme.

La « fragilité blanche », un concept fumeux raciste

Robin DiAngelo
Pour Matt Taibbi :

Il est ahurissant de voir La Fragilité blanche célébrée ces dernières semaines. Quand ce livre a dépassé un livre de Hunger Games sur les palmarès des meilleures ventes, USA Today a applaudi : « Les lecteurs américains sont plus intéressés par la lutte contre le racisme que par l’évasion littéraire. Lorsque DiAngelo est apparu sur The Tonight Show, Jimmy Fallon s’est exclamé : « Je sais… tout le monde veut vous parler maintenant ! » La Fragilité blanche a été présentée comme une solution incontestée pour lutter contre le racisme, à un moment où, après le meurtre de George Floyd, les Américains souhaitent soudainement (et à juste titre) lutter contre celui-ci. Sauf que ce n’est pas simplement un livre qui nous invite à nous pencher sur nos propres préjugés. Les gens qui aiment ce livre incroyablement insensé l’ont-ils vraiment lu ?

DiAngelo n’est pas la première personne à faire de l’argent en relayant de la foutaise pseudo-intellectuelle comme étant de la sagesse d’entreprise, mais elle pourrait être la première à le faire en vendant une théorie raciste digne de l’Allemagne nazie. La Fragilité blanche colporte un message simple : il n’existe pas d’expérience humaine universelle et nous ne sommes pas définis par nos personnalités individuelles ou nos choix moraux, mais uniquement par notre catégorie raciale.

Si votre catégorie est « blanche », mauvaise nouvelle : vous n’avez aucune identité en dehors de votre participation à la suprématie blanche (“L’anti-négritude est à la base même de nos identités… La blanchitude [ou blanchité] a toujours été fondée sur la négritude”), ce qui signifie pour DiAngelo que naturellement « une identité blanche positive est un objectif impossible ».

DiAngelo nous dit qu’on n’y peut rien sauf « s’efforcer d’être moins blanc ». Nier cette théorie ou avoir l’effronterie de vouloir échapper à l’ennui d’une conférence de DiAngelo — ce qu’elle décrit comme « sortir d’une situation stressante » — revient à confirmer sa conception de la suprématie blanche. Cet équivalent intellectuel de « l’épreuve de l’eau » (si vous flottez, vous êtes une sorcière [épreuve interdite dès 1601 par le Parlement de Paris]) est devenu l’orthodoxie dans une grande partie du monde universitaire.

Le style de DiAngelo est pure souffrance. Le lexique privilégié par les théoriciens intersectionnels de ce type est construit autour des mêmes principes que la novlangue d’Orwell : il bannit l’ambiguïté, la nuance et le sentiment et se structure autour de paires de mots stériles, comme raciste et antiraciste, accorder ou refuser une tribune [à un orateur], centre et silence, qui réduisent toute pensée à une série de choix binaires.

« La Fragilité blanche » un négoce très juteux

 Comme le révèle Douglas Murray dans le Spectator (Londres), la fragilité blanche est un filon très juteux qui se nourrit de contrats très rentables tant dans les entreprises privées que dans la fonction publique.

Parmi toutes les personnes qui ont gagné de l’argent au cours du mois dernier, peu d’entre elles peuvent en avoir amassé autant que Robin diAngelo. Depuis la mort de George Floyd, le thème du racisme systémique est devenu la vache à lait de cette universitaire américaine blanche et auteur de La Fragilité blanche. Un terme que je ne devrais probablement pas utiliser, puisque PETA a déclaré la semaine dernière que le lait était un symbole de la suprématie blanche. DiAngelo fait son beurre avec ses thèses, bien qu’au moment où vous lirez ces lignes, l’idée de « beurre » pourrait aussi être devenue un concept raciste. Dans ce cas, le beurre rejoindra la campagne britannique, qualifiée de raciste par l’émission Countryfile de la BBC la semaine dernière. Un fait que j’ai appris après l’ouverture de ma page d’accueil de recherche Google, où Google m’a informé sur la défunte travestie américaine noire Marsha P. Johnson.

La recherche Google fait la promotion de l’activiste noire travestie (LGBTQ)

Quoi qu’il en soit, je mentionne diAngelo parce que, même avant sa récente célébrité, quiconque souhaitait l’employer pour être rééduqué devait débourser 6000 $ de l’heure. Ou 12 000 $ pour deux heures. C’est ce que diAngelo a facturé l’année dernière à l’Université du Kentucky pour une session de deux heures sur l’injustice raciale. J’imagine qu’elle fait payer plus cher tous ces PDG qui font maintenant la queue pour embaucher la Dominatrix de l’antiracisme, la faire venir dans leurs bureaux et passer un après-midi à leur répéter à quel point ils sont des salauds de vaut-rien.

Ensuite, il y a les ventes de livres. Depuis qu’un flic du Minnesota a tué M. Floyd, d’innombrables entreprises et individus ont envoyé des « listes de lecture » pour nous dire à tous ce qu’il faut lire. Chaque fois que l’ouvrage de diAngelo publié en 2018 figure en tête.

Prenons un document qui vient d’être divulgué provenant du bureau du directeur général du Birmingham and Solihull National Health Service Mental Health Trust [une partie du système de la santé publique du Royaume-Uni]. Daté du 5 juin et intitulé « Inégalités et discrimination raciale », il commence par affirmer que les événements récents en Amérique “ont mis en évidence une fois de plus la discrimination et l’inégalité vécues chaque jour par les personnes issues des minorités ethniques, notamment noires et asiatiques (MENA)”. La lettre de trois pages continue : « Ce n’est pas à nos collègues des minorités ethniques de corriger cela. Ils en ont assez honnêtement et naturellement de raconter leurs histoires à plusieurs reprises et de ne pas être compris. »

L’auteur de cette lettre est un Roisin Fallon-Williams, qui en ces temps antiracistes, je dois le signaler, est blanche. Elle sait quoi faire. « Je nous écris cela alors que je sais et comprends désormais que ma position ignorante et incompétente », dit-elle. « Bien que je reste ignorante et incompétente, je comprends maintenant mieux que je suis coupable, j’ai été complice. » Elle poursuit en exhortant ses collègues tout aussi incompétents et ignorants à prendre le temps d’aller voir leurs collègues issus des minorités (MENA) et de leur dire : « Comment allez-vous ? » et « Ça va ? » et « écouter vraiment » ce qu’ils disent. Tout cela pose la question — comme le font toujours les « antiracistes » — de ce qu’ils ont fait jusqu’à avant-hier.

Sur la troisième page de son auto-flagellation, Mme Fallon-Williams propose quatre ouvrages que ses collègues ignorants et incompétents devraient lire. C’est la liste habituelle, bien que Fallon-Williams ignore peut-être que la moitié de ses textes suggérés sont écrits par des auteurs blancs. L’un de ces textes est un article de Peggy McIntosh, du Wellesley College, « Les privilèges des Blancs : Au-delà des apparences ». Il est si souvent cité depuis sa parution il y a trente ans que, jusqu’à ce que je le lise récemment, j’avais cru qu’il contenait quelque chose d’intéressant.

Peggy McIntosh

J’avais tort. L’ensemble du « travail » se compose simplement de quelques pages d’affirmations destinées à démontrer les effets quotidiens du « privilège blanc ». La première est : « Je peux, si je le désire, m’arranger pour être en compagnie de gens de ma race la plupart du temps. » L’affirmation numéro 33 [supprimée du site de l’Alliance de la fonction publique du Canada, mais bien présente ailleurs :] est : « Je ne suis pas pleinement conscient que ma silhouette, mon allure ou mon odeur corporelle seront interprétées comme une réflexion de ma race. » Une affirmation qui évoque toute une série de réflexions sur la silhouette, l’allure et l’odeur corporelle des universitaires blanches de Wellesley.

Mais en tête de la liste de lecture de Fallon-Williams se trouve cet ouvrage qui, bien que plus long que celui de McIntosh, est à bien des égards encore plus déficient. L’affirmation centrale de la fragilité blanche est que tous les blancs sont racistes. DiAngelo dit que les Blancs qui sont mécontents qu’on leur apprenne qu’ils sont racistes font preuve de « fragilité blanche ». Ce qui est une nouvelle démonstration de leur racisme. Tout cela laisse tous les Blancs dans le dilemme qui se posait aux sorcières condamnées à l’ordalie de l’eau [si elles flottent dans l’eau, elles sont sorcières et brûlées, si elles coulent à pic et se noient, c’est une regrettable erreur judiciaire.]  DiAngelo a inventé un jeu de sa façon, auquel nul ne gagne. Sauf elle, bien évidemment.

 

L'ancêtre du test de la fragilité blanche

 [La chasse aux sorcières était une spécialité protestante, en plein XVIe et XVIIe siècles – et pas typique de l’époque médiévale, a fortiori pas de l'époque du roi Arthur comme dans ce film de Monty Python]

Bien sûr, de bonnes personnes se laissent avoir — des personnes de toutes les couleurs de peau qui croient que notre société est intrinsèquement raciste et qu’en conséquence tout doit être compris à travers le prisme de la couleur de la peau. D’autres parmi nous, également de toutes les couleurs de peau, ne sont pas d’accord. Non pas parce que nous sommes racistes ou parce que nous pensons que nos sociétés ne peuvent pas être meilleures, mais parce que nous pensons que ce qui est exigé de nous par les professeurs « antiracistes » est un enfer racialiste d’un nouveau type.

À l’instar du mouvement Black Lives Matter lui-même, la « justice sociale », caractérisée par les travaux de McIntosh et de diAngelo, est conçue pour qu'il soit en pratique impossible de s’y opposer. À l’instar de ces départements « d’études de la paix » qui ont mystérieusement surgi pendant la guerre froide, ce front apparemment impossible à réfuter a des racines et des objectifs profonds, destructeurs et, oui, marxistes.

Aujourd’hui, cela se présente comme si c’était éminemment simple à assimiler. Nous devons simplement lire les bons livres, corriger notre langage, suivre les instructions et exécuter le programme autrement.

Eh bien, vous pouvez le faire. Ou vous pouvez vous y refuser. Et je recommanderais fortement cette dernière option. Car ce que les bonimenteurs de la race proposent n’est pas une mise à niveau de notre logiciel sociétal. Leur programme vise plutôt à déformer et à détruire tout le système : un système qui peut avoir ses défauts, mais qui ne mérite pas l’introduction de leur logiciel sociétal malveillant. Des salles de conseil d’administration au Service national de la santé et partout ailleurs dans la société, je suggère aux gens de s’assurer qu’ils comprennent les conséquences de ce qu’ils acceptent. Soyez très, très prudent avant de cliquer sur « Tout accepter ».

Voir aussi

Extraits de La Grande Déraison ; Race, genre, identité de Douglas Murray

Race, genre, identité, les ferments de la violence qui vient (le titre et la couverture ont depuis changé)

Le Canada vu par Douglas Murray : un pays avec un singulier manque d’adultes

Un diplôme universitaire en lettres et sciences humaines en vaut-il encore la peine ?

Un historien canadien, « expert en études du genre », avoue avoir falsifié ses recherches

L’Université Evergreen (États-Unis) et les dérives du progressisme militant 

Australie — Recrutement sur base de CV anonymisés augmente nombre d’hommes blancs sélectionnés 

Canada — Projet-pilote de recrutement anonyme : pas de biais détecté 

Angleterre : enfants blancs défavorisés moins aidés que ceux des minorités ethniques

Ministère de la Justice accuse Yale de discrimination raciale contre blancs et asiatiques