dimanche 31 janvier 2021

La fin du mandat présidentiel de Donald Trump rappelle le déclin de la République romaine

De David Engels sur le site de Valeurs Actuelles :

La fin du mandat présidentiel de Donald Trump rappelle le déclin de la République romaine, au Ier siècle avant Jésus-Christ, estime l’historien et essayiste belge.

Cicéron (debout) dénonce Catilina (assis, isolé) du parti des populares au Sénat
 
Déjà au début de la présidence de Trump, j’avais comparé son mandat aux dernières années de la République romaine, quand des tribuns de la plèbe tels que Catilina ou Clodius s’étaient rebellés contre l’oligarchie sénatoriale romaine (et ses liens étroits avec l’élite financière), dans un mélange de démagogie, de réformisme et de véritable préoccupation sociale — et échouèrent lamentablement. La fin de la présidence de Trump confirme cette hypothèse. La terreur des émeutes de Black Lives Matter, la chaotique prise d’assaut du Capitole, le 6 janvier 2021, et le contrôle total que son adversaire vient d’obtenir sur toutes les institutions de la République rappellent de manière dramatique ces affrontements sanglants entre Clodius, l’enfant terrible du patriciat romain, et son adversaire Milon, dont la terreur fut systématiquement promue par l’oligarchie sénatoriale afin d’éliminer Clodius et ses partisans.

De Rome à Washington

Certes, le populiste Clodius, contrairement à Trump, était loin de poursuivre un programme culturel conservateur et l’optimas [les optimates étaient le parti de l’établissement, de l’élite en place] Milon n’aurait probablement jamais tourné en dérision sa propre histoire culturelle comme le fait la cancel culture. Mais les parallèles morphologiques entre hier et aujourd’hui restent stupéfiants : l’érosion des antagonismes idéologiques entre les partis traditionnels par la formation de cartels ; l’exclusion systématique et donc la radicalisation politique de toute opposition interne ; l’incapacité d’un système caractérisé par une polarisation sociale inouïe à se réformer par lui-même ; et enfin l’instrumentalisation politique de la rue — et ce précisément non seulement par les populistes, mais aussi par les partis établis, qu’il s’agisse des voyous de Milon ou de l’antifa.

Mais ce qui est encore plus éclairant, c’est la conséquence politique ultime de la brève aventure populiste romaine, à savoir la volonté croissante d’une élite politique menacée de réaliser exactement ce dont elle accuse ses adversaires : l’instrumentalisation de l’état d’urgence. Ainsi, l’assassinat de Clodius, en 52 avant Jésus-Christ, fut suivi par la nomination de Pompée comme consul unique, fait inédit dans l’histoire de Rome, car négligeant un élément central de la séparation des pouvoirs et anticipant l’Empire. Pompée, bien qu’il ait secrètement alimenté le conflit entre Clodius et Milon, se présente comme un « médiateur » impartial entre populares et optimates ; mais sous prétexte de combattre les « fauteurs de troubles » par des forces de police spéciales et des tribunaux extraordinaires, il se débarrasse rapidement de ses propres adversaires. Et il faut s’attendre à ce que Joe Biden, lui aussi, sache tirer bon parti de ces sinistres listes des « trumpistes » compilées par ses supporters, tout comme il est à supposer qu’en Europe également, nous assisterons bientôt à une répression politique croissante du populisme conservateur.

Le cadavre de Publius Clodius Pulcher (mort en -52) retrouvé sur la via Appia à Rome

 Un flou idéologique salvateur ?

Cependant, quiconque croit que la victoire imminente de l’établissement politique sera définitive se trompe : les « déplorables » américains ainsi que les « gilets jaunes » français ou les « Wutbürger » allemands continueront à représenter un puissant capital politique précisément en raison de leur flou idéologique ; capital qui sera facilement accessible à tous ceux qui auront compris que la lutte politique de l’avenir ne sera plus décidée par des élections et des institutions, mais, tout comme dans la Rome républicaine tardive, par le charisme, le contrôle de l’opinion publique, le pouvoir financier et la pression de la rue. Dans la Rome antique, le bref calme imposé par Pompée fut rapidement suivi par la révolte de César, qui, en 49, entraîna le début de plus de vingt ans de guerre civile ouverte ou larvée, jusqu’à ce que les antagonistes fatigués se soumettent finalement au compromis impérial d’Auguste. D’où viendra le César européen ?

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Pro renovatione occidentis 

Michel Houellebecq : le suicide de l'Occident résultat de deux déclins, l'un démographique, l'autre religieux

Dans Le Déclin, à travers une étude comparative simple et factuelle, Davis Engels fait le récit de la situation, troublante de ressemblances, vécue par la République romaine tardive. De la question de la citoyenneté et des flux migratoires à celle de l'art ou des frontières, cette époque antique apparaît stupéfiante d'actualité et de modernité. 

 

Le martyre actuel des chrétiens d'Orient

Ce vendredi 29 janvier, l’AED (Aide à l’Eglise en détresse) a organisé à la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre en huis clos la « Nuit des témoins » pour rendre hommage aux chrétiens persécutés dans le monde.

Le père Charbel Eid Rizkallah, moine maronite et coordinateur de l’AED au Moyen-Orient, revient sur la terrible situation des chrétiens d’Orient en Syrie et en Irak.


Radio-Canada renvoie dos-à-dos histoire factuelle « blanche » et tradition orale indienne

Radio-Canada (vos impôts à l’œuvre) s’est sentie obligée d’écrire un article pour défendre la théorie récente selon laquelle Montréal serait un territoire agnier non concédé. Défense, car elle met sur un même pied les prétentions des Agniers et les études des historiens « blancs », en présentant d’abord la tradition orale des Mohawks. (Agnier est le nom français des Kanien'kehá:ka, littéralement les Gens du Silex, Mohawk étant leur nom en anglais.)

Denis Coderre et Valérie Plante avaient déjà pris position en 2017 en déclarant que la métropole était un territoire autochtone, voire Mohawk, non cédé. La calamiteuse Valérie Plante avait fait la promotion de l’agnier en 2019 quand elle a fait rebaptiser la rue Amherst du nom d’Atateken (frères et sœurs, fraternité en agnier). Choix pour le moins étonnant : les odonymes inspirés de noms communs devraient être en français au Québec. Ce nom commun étranger a été préféré à Pontiac (chef indien ennemi d’Amherst) dont le nom a été souvent suggéré pour remplacer celui d’Amherst. Ajoutons que des Mohawks étaient les alliés d’Amherst contre les Français lors de la conquête de Montréal en 1760…

Plus récemment, cette prétention à une occupation de Montréal par les Agniers a refait surface lors du dévoilement du nouveau logo, fraîchement accueilli, de l’Impact de Montréal.  Justin Kingsley, ancien homme de confiance de Paul Martin, ancien premier ministre libéral du Canada et homme fort de Power, a voulu réinventer l’image de l’Impact de Montréal. La fleur de lys a donc été réduite à un discret signe de ponctuation. Le bleu et tout ce qui faisait le symbole du Québec et de Montréal ont reçu le traitement « diversitaire » : la dominante bleue du logo est devenue le noir, le blanc a été remplacé par le gris. Dans ce même esprit, le club a fait un court métrage mettant la ville en vedette « dans les trois langues présentes lors de sa fondation », soit d’abord l’agnier (mohawk), puis l’anglais et enfin le français. Voir ci-dessous.

 

« Les trois langues présentes lors de sa fondation ». Cette phrase nous paraît incompréhensible. À la fondation de Montréal, en 1642, il n’y a pas de Mohawk présent sur l’île. Pas plus que d’Anglais. Si l’on veut parler des gens dans la région, il faudrait inclure le néerlandais dans la vidéo. En effet, les Européens les plus proches de Montréal par voie fluviale étaient les Néerlandais (souvent francophones d’ailleurs, des Wallons) de la Nouvelle-Néerlande (ou Nouvelle-Belgique). Ils se trouvaient au bout de l’axe de pénétration de la rivière Hudson, du lac Champlain et de la rivière Richelieu. Les Mohawks furent d’ailleurs en contact régulier avec les Hollandais. Les Anglais de la Nouvelle-Angleterre (Boston) n’avaient pas un accès aussi direct à la région de Montréal. La Nouvelle-Néerlande capitule en 1664 devant les attaques des Britanniques.

 


C’est dans ce contexte que l’ancien ministre Joseph Facal a écrit un texte intitulé « Montréal n’a jamais été un territoire mohawk ». Nous en reproduisons un extrait ci-dessous :

C’est simple : il n’y a pas un seul historien sérieux qui soutient cette idée d’une présence mohawk sur l’île de Montréal lors de la fondation de la ville.

Cette ritournelle est celle de militants.

Paul Chomedey de Maisonneuve fonde Montréal en 1642.

Quels autochtones habitent sur l’île à ce moment ? Aucun, bien que certains y venaient pour chasser… mais pas les Mohawks.

Des autochtones avaient-ils déjà vécu sur l’île ? Oui, puisque Jacques Cartier, environ un siècle avant, en parle.

Mais c’étaient des Iroquoïens.

Que s’est-il passé entre Cartier et Maisonneuve qui expliquerait leur disparition de l’île ? Les historiens ont des hypothèses, mais aucune certitude.

Les Mohawks d’aujourd’hui disent que ces Iroquoïens sont leurs ancêtres, mais ces Iroquoïens ne parlaient pas la même langue. Hmm. . .

Où sont les Mohawks pendant ce temps ?

Ils sont chez eux, dans le nord de ce qui allait devenir l’État de New York [en Nouvelle-Néerlande/Nouvelle-Belgique], là où se trouve aujourd’hui la ville d’Albany [alors Fort-Orange].

Ils font la guerre à d’autres nations amérindiennes pour garder leur monopole sur la traite des fourrures avec les Hollandais, arrivés à New York [la Nouvelle-Amsterdam, Manhattan a été acheté par un Wallon protestant, Pierre Minuit] bien avant les Britanniques.

Pendant ces guerres livrées aux Mohicans, aux Algonquins, aux Attikameks, aux Innus, ils feront certes des incursions ici, mais rentrent chez eux après.

Forcément, quelques-uns étaient capturés. Ils devenaient des esclaves ou, s’ils étaient enfants, pouvaient être « adoptés » par des parents d’une autre nation.

Parmi eux, plusieurs furent convertis au christianisme par les missionnaires.

Ce sont des missionnaires venus de France qui fondent Kahnawake en 1667 et Kanesatake en 1705, bien après la fondation de Montréal.

Akwesasne ne voit pas le jour avant 1750.

Arrive ensuite la guerre d’Indépendance des États-Unis, qui commence en 1775 et se termine en 1783.

Les Mohawks choisissent le mauvais camp : celui de la Grande-Bretagne.

Après la victoire des Américains, leur position devient très inconfortable.

Ils quittent carrément le territoire. Beaucoup vendent leurs terres et viennent s’installer ici.

Montréal existe alors depuis plus d’un siècle. [140 ans]

Bref, les Mohawks du Québec d’aujourd’hui sont les descendants de ces Mohawks venus d’ailleurs, chassés par les guerres entre autochtones et entre Blancs.

La société de diffusion gouvernementale a donc cru devoir opposer à cette version, celle des Agniers : « Des points de vue opposés sur Montréal en tant que territoire mohawk ». Dans le titre comme dans l’article, Radio-Canada présente les deux points de vue comme égaux, aucun ne serait vrai ni erroné.

Radio-Canada affirme en introduction que « Selon lui [Joseph Facal], “il n’y a pas un seul historien sérieux qui soutient cette idée d’une présence mohawk sur l’île de Montréal lors de la fondation de la ville”. » 
 
L’article radio-canadien présente d’abord les prétentions des Agniers :
La réponse du Conseil Mohawk de Kahnawake [MCK en anglais] ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué de presse, il explique que cet article « ne réussit qu’à donner aux lecteurs du journal un faux sens de l’histoire qui vise, tout simplement, à discréditer une fois de plus notre peuple et notre histoire ». Encore une fois, le MCK affirme que « la région de Montréal a longtemps été le territoire des Kanien'kehá:ka et le restera, que certains écrivains veuillent l’accepter ou non ».

On suppose que ces « certains écrivains » désigne tous les historiens qui s’appuient sur des faits et qui réfutent les prétentions agnières.

L’article de la SRC se poursuit :

En entrevue, le chef Ross Montour de Kahnawake a détaillé la position mohawk qui se base selon lui sur des « faits et non pas des opinions ». Il rappelle d’entrée de jeu que son peuple était sur le territoire bien avant l’arrivée des Européens.

En effet, les Mohawks expliquent que leurs ancêtres, qui ont un moment vécu à Montréal, l’ont ensuite quittée, avant d’y revenir. Leur arrivée dans les missions catholiques était finalement un retour au bercail, ce que documente leur tradition orale.

Nous n’avons pas compris la raison du « En effet » placé par l’auteur de la SRC. Car quel est donc ce fait qui prouve que le territoire était occupé par les Mohawks ou leur appartenait quand les Français s’y sont installés ? La tradition orale…? C’est cela le fait probant ? Mais la tradition orale ne peut pas être une preuve en soi, sinon il faudrait croire à toutes les légendes et mythes. Cette histoire orale ne peut au mieux qu'indiquer des pistes possibles, éclairer des interpétations qui doivent être étayées par des preuves plus probantes.

Le Chef Montour sort alors la grosse artillerie (critiquer les prétentions mohawks c’est être raciste) :

Les propos de M. Facal sont l’une des premières manifestations de racisme systémique.

Chef Ross Montour

Et la fameuse « théorie iroquoise » sur laquelle s’appuie M. Facal est fondée sur de minces preuves archéologiques, d’après le chef Montour.

Le chef poursuit :

Par ailleurs, il estime que les Européens ont écrit l’histoire en se basant sur « leur propre ethnocentrisme » et qu’elle a été utilisée pour justifier leur présence sur ces terres.

On peut facilement retourner cet argument cousu de fils blancs : les Agniers utilisent leur « tradition orale » (qui remonte à quand, au fait ?) pour justifier leurs revendications territoriales.

Le grand chef Simon de Kanesatake (Oka) déclare :

Les Mohawks de l’État de New York ont conquis les Iroquois du Saint-Laurent et les ont absorbés. Si c’est le cas, nous sommes des descendants des Iroquois, donc nous avons le droit de revendiquer les terres qu’ils occupaient.

Cet argument est très intéressant : il légitime la propriété par le droit de conquête et le métissage avec les peuples conquis, à moins que ce soit la communauté de race (avant le métissage) des conquérants (Mohawks) et des vaincus (Iroquoiens). Mais les Français ont conquis (dans la vision des Mohawks) Montréal et se sont métissés avec les rares occupants des environs. Ils peuvent donc légitimement revendiquer Montréal ? Ou cela ne peut-il jamais s’appliquer à des Blancs ? Des Amérindiens qui conquièrent, massacrent et assimilent des peuples amérindiens, pas de problème; des Européens alliés à des Amérindiens qui conquièrent et assimilent des Amérindiens très mal. Ce ne serait pas cela le racialisme ?

L’article se poursuit par des historiens qui confirment les affirmations de Joseph Facal :

Pour ce qui est des occupations ancestrales, la revendication mohawk sur l’île de Montréal est fausse. On ne peut pas faire le lien entre les Mohawks de Kahnawake et les Iroquois d’Hochelaga.

Serge Bouchard, anthropologue

Il rappelle qu’à l’arrivée de Jacques Cartier sur le continent, deux nations iroquoïennes occupaient le territoire. « Malheureusement, Jacques Cartier n’a pas noté l’ethnonyme de ces peuples. »

M. Bouchard explique que deux appellations pour les populations autochtones ont été retenues à l’arrivée des Européens : les Canadiens iroquoïens et, à Montréal, les habitants du pays d’Hochelaga.

Cette théorie est partagée par l’historien de l’UQAM Alain Beaulieu qui souligne que, même si l’article de M. Facal peut sembler polémique, il n’en reste pas moins qu’il n’y a pas de preuve d’une présence mohawk à proprement parler à Montréal avant l’arrivée de Jacques Cartier.

« La création de villages mohawks dans la vallée du Saint-Laurent date d’après 1667, soit environ un demi-siècle après l’installation des Français. Avant, personne n’occupait Montréal de manière permanente », dit-il.

L’article du diffuseur gouvernemental se termine avec un brin de chantage émotionnel (ne pas accepter les demandes mohawks c’est être contre la réconciliation) et les propos vagues d'un historien prudent et conciliant qui ne veut pas se prononcer sur «les revendications» autochtones. De quelles revendications parle-t-il ? Des agnières ? Autour de Montréal ? Pas celles fondées sur une prétendue présence mohawk sur l’île de Montréal en tout cas.

Pour le MCK, soutenir la thèse de M. Facal remet en cause le travail de réconciliation entamé entre Autochtones et allochtones, et nie la responsabilité de la population québécoise quant à la dépossession du territoire mohawk.

[…]

Il insiste : « Je ne prends pas position contre les revendications autochtones. Je laisse les tribunaux trancher. À ce sujet, je pense qu’il faudrait d’ailleurs travailler sur les critères de la jurisprudence en ce qui a trait aux revendications territoriales ».

Mais voilà, on a la nette impression qu’il fallait finir l’article sur un ex-æquo et laisser croire aux lecteurs de cette plateforme massivement subventionnée que deux thèses d’égales valeurs s’affrontent, que les prétentions mohawks sur Montréal sont légitimes en faisant dire à un historien que les revendications autochtones ne doivent pas être rejetées, mais sans dire lesquelles. Ex-æquo historique pour déplacer la discussion sur le terrain émotif : remettre en cause les prétentions des Mohawk, c’est vouloir envenimer les choses, « remet[tre] en cause le travail de réconciliation ». C'est très vilain. Le début du racisme systémique, même.

Bref, si M. Joseph Facal n’a pas tort sur les faits historiques, ces faits sont de peu d’importance puisque issus de la science « blanche » et que M. Facal est une personne irresponsable qui attise les tensions.

Voir aussi

« La blanchité multiraciale » : comment les wokes expliquent que des non blancs votent pour Trump

La théorie de la « fragilité blanche » (une nouvelle ordalie de l’eau utilisée pour découvrir les sorcières)

samedi 30 janvier 2021

Sondage : les Canadiens n'approuvent pas l'intention d'augmenter le nombre d'immigrants

Une étude commandée par le ministère de l’Immigration a révélé que la majorité des Canadiens ne sont pas d’accord avec le plan du gouvernement d’augmenter le nombre d’immigrants.

L’étude obtenue par Blacklock’s Reporter a révélé que 50 % des Canadiens sont d’accord avec cette affirmation : « Il sera difficile pour notre économie d’absorber de nombreux immigrants au cours de l’année prochaine. »

« Il y avait un certain nombre de participants qui étaient plus susceptibles de souligner les effets néfastes potentiels de l’immigration pendant la reprise économique du COVID-19 », ont écrit les chercheurs.

« Cela incluait un petit nombre de participants qui se déclaraient généralement pro-immigration, mais qui étaient incertains ou hésitants dans le contexte du COVID-19. »

Sur les 1 500 personnes interrogées, 57 % ont déclaré que le Canada devrait restreindre le nombre d’immigrants qui arrivent au Canada, et « très peu » pensent qu’il n’y a pas assez d’immigrants.

En octobre, le ministre libéral de l’Immigration, Marco Mendicino, a annoncé que le quota annuel d’immigration passait de 341 000 à 401 000 en 2021. Alors que les Canadiens sont confrontés à des niveaux de chômage sans précédent, Mendicino affirme que le Canada avait besoin de plus de travailleurs.

« En termes simples, nous avons besoin de plus de travailleurs et l’immigration est le moyen d’y parvenir », avait-il affirmé lors d’une conférence de presse.

« Les immigrants créent des emplois. À aucun moment de l’histoire récente, cela n’a été plus important. », ajoutait-il. M. Mendicino ne se demandait pas s’il augmentait la richesse réelle par habitant (et pas seulement la hausse du PIB brut, des loyers et des prix).

En juin, un sondage de la société ONE, nous apprenait que 77 % des Québécois désiraient pour suspendre l’immigration jusqu’à un vaccin COVID-19 et la résorption du chômage.

Une majorité de Canadiens, de toutes les régions, de tous les âges et de toutes les préférences des partis politiques — y compris 67 % des électeurs libéraux, soutient une pause totale de l’immigration.

Le chef de l’opposition du Parti dit conservateur canadien, le centriste Erin O’Toole, n’a pas commenté ce dossier ces dernières semaines (il parle des vaccins, des restrictions de voyage, d’Auschwitz, de l’attaque de la mosquée de Québec et de l’économie sur son fil Twitter). 

Voir aussi

La démographie vouerait la Loi 21 à l’échec à long terme selon Idil Issa

Québec — Plus de 30 % des naissances issues d’au moins un parent né à l’étranger

Sondage en baisse pour O’Toole (Pour Pierre-Paul Hus, le conservatisme n’est que la gestion rigoureuse des deniers publics)

Les immigrés coûtent de plus en plus cher au Canada : ils coûtent plus de 16 milliards de dollars par an aux contribuables

 

Pologne : solde démographique négatif de 129.000 personnes en 2020

Les statistiques officielles polonaises pour 2020 montrent que les décès ont atteint un niveau jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale et que les naissances y ont fortement diminué — des tendances attribuées à la pandémie de COVID-19 et décrites par certains comme une crise démographique. Les données publiées mardi par le quotidien Dziennik Gazeta Prawna (la une du journal ci-dessous) provenaient de statistiques officielles qui reprennent les naissances et les décès hebdomadaires.

La Pologne, une nation de plus de 38 millions d’habitants, a enregistré 357 400 naissances l’année dernière, le nombre le plus bas depuis 2005, et quelque 486 200 décès de causes diverses, le nombre le plus élevé enregistré depuis la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle la Pologne a perdu des millions de citoyens. Les données globales ont montré une perte de population de 129 000 personnes en 2020, contre une baisse de 36 400 l’année précédente. La population polonaise a connu un lent déclin au cours des deux dernières décennies, principalement en raison de l’émigration de jeunes à la recherche de meilleures conditions de vie.


 

Selon l’Associated Press (AP), le faible taux de natalité a surpris les observateurs, car certains experts prédisaient que les mesures de confinement que le gouvernement polonais avait imposées de façon intermittente depuis la mi-mars entraîneraient un regain de la natalité. Les restrictions de la loi martiale de l’ère communiste en Pologne au début des années 1980 avaient produit une telle augmentation des naissances.

L’expert en démographie Piotr Szukalski a déclaré à Dziennik Gazeta Prawna qu’il pensait que de profondes préoccupations (la psychose) concernant la propagation du COVID-19 en étaient la cause. La ministre de la Famille et de la Politique sociale, Marlena Malag, a attribué le taux de mortalité élevé à la pandémie et a déclaré qu’il faudrait beaucoup de temps pour que le programme gouvernemental actuel de prestations familiales destiné à augmenter le taux de natalité puisse inverser la tendance négative.

Commentant les données publiées par l’agence d’État Statistiques Pologne en décembre pour les onze premiers mois de 2020, l’économiste Rafal Mundry a déclaré que le nombre de décès était le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale et que le nombre de naissances était le plus bas en 15 ans.

« Nous avons une énorme crise démographique », a déclaré Mundry sur Twitter. En 2019, quelque 30.000 personnes sont mortes en Pologne chaque mois en moyenne. En novembre, lorsque les cas de COVID-19 ont augmenté, le pays a enregistré près de 60 400 décès.

Le taux de mortalité élevé s’est poursuivi au cours des trois premières semaines de 2021, avec près de 29 000 décès, contre quelque 24 800 décès au cours des trois premières semaines de 2020, avant la pandémie.


La population russe diminue d’un demi-million pour la première fois en 15 ans

Les chiffres du bureau national russe des statistiques Rosstat montrent que la population du pays a diminué de plus d’un demi-million au cours de l’année écoulée, la plus forte baisse depuis le milieu des années 2000.

Au 1er janvier 2021, la population russe s’élevait à 146,2 millions d’habitants, 510 000 de moins que l’année précédente et la plus forte baisse en 15 ans, a calculé Rosstat jeudi.

Photo d'une famille de colons russes dans la Russie impériale (entre 1905 et 1915). De 1840 à 1914, le taux de fécondité russe était parmi les plus hauts au monde, proche de 7 enfants/femme. La population de l'Empire russe passa de 129 millions en 1897 à 178 millions en 1914.


 Bien que l’agence n’ait pas fourni d’explication, la Russie, comme de nombreux autres pays, souffre actuellement d’une surmortalité en raison de la pandémie de coronavirus. La Russie a lutté au cours de la pandémie, établissant de nouveaux records quotidiens, et jusqu’à présent, le pays a enregistré un total de 71.651 décès dans lesquels le COVID-19 a été répertorié comme la principale cause de décès après une autopsie.

Mais à la fin du mois de décembre, le gouvernement a admis que le nombre de morts était en fait trois fois plus élevé selon une définition plus large de la cause du décès, comme l’a rapporté l’Agence France-Presse (AFP).

La population russe a été en déclin constant depuis l’effondrement de l’Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS) en 1991 jusqu'en 2013 quand le solde naturel est redevenu positif. Voir Démographie russe — le solde naturel est redevenu positif. Le solde naturel  (la différence entre les morts et les naissances) a été positive jusqu'en 2017.

La population russe a également augmenté de plus de 2,5 millions d’habitants, un an plus tard, en 2014 lorsque la Crimée a rejoint la Russie à la suite d'un référendum contesté par les pays occidentaux.

Si la Russie avait réussi à rehausser sa natalité pendant les années 2010 pour atteindre 1,8 enfant par femme (le niveau français actuel), il est récemment retombé parce que c’est désormais la génération peu nombreuse qui a suivi la chute de l’URSS qui commence à avoir des enfants. En effet, à la fin de l’Union soviétique et à l’avènement de Boris Eltsine, l’État russe peinait à payer ses pensions, l’économie se contractait, la corruption augmentait et la natalité s’écroulait. La fécondité atteignit un nadir de 1,19 enfant/femme en 1999, dernière année de la présidence calamiteuse d’Eltsine, sympathique ivrogne très apprécié par l’Occident.

En 2019, il était né 1 481 074 enfants en Russie alors que 1 798 307 personnes étaient mortes, soit un solde naturel de -317 233, partiellement comblé par une immigration positive de 285 103. 


100 millions pour Dawson College, l'anglicisation grâce à la CAQ

L’agrandissement du cégep Dawson coûtera finalement 100 millions de dollars. Comment interpréter cette décision de financement encore plus massivement qu’on ne le croyait ce cégep anglophone, qui confirme son statut de plus gros cégep au Québec? Mathieu Bock-Côté s'en entretient avec le chercheur indépendant Frédéric Lacroix.

Mathieu Bock-Côté: Radio-Canada nous apprenait il y a quelques jours que l’agrandissement du Collège Dawson coûtera finalement 100 millions de dollars. Que vous inspire cette nouvelle?

Frédéric Lacroix: Un reportage-choc de Radio-Canada nous révélait le 28 janvier dernier que Dawson College, cégep dont l’agrandissement a été priorisé par la CAQ dans le cadre de la loi 66 adoptée en décembre dernier, était en train de planifier une expansion majeure; alors que le coût était censé être chiffré à 50 millions de dollars, nous apprenons que l’agrandissement coûtera plutôt «plus de 100 millions de dollars». Une somme très importante donc.

Qu’une telle somme soit investie pour agrandir ce qui constitue déjà le plus gros cégep au Québec, alors que les besoins sont criants ailleurs, dépasse l’entendement. Manifestement, Dawson constitue, aux yeux du gouvernement du Québec, le joyau du réseau collégial québécois.

Le Collège anglophone Dawson a acquis les bâtiments de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal (institution francophone) fondée en 1659 à Montréal

 On apprend aussi dans le même reportage que la direction de Dawson travaille avec le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) pour faire augmenter son «devis», c’est-à-dire faire augmenter les effectifs étudiants autorisés. Ce devis devrait passer de 7075 étudiants temps plein (excluant la formation continue) à 7800 étudiants temps plein. La direction de Dawson évoquait même la possibilité de se rendre à 8580 étudiants, en profitant d’un mécanisme d’exception qui permet d’excéder le devis de 10% sans pénalités financières. En évoquant cette augmentation d’effectifs ouvertement, la nouvelle directrice de Dawson s’est mis les pieds dans les plats et nous a confirmé ce que plusieurs soupçonnaient, malgré le déni de l’ancien directeur («Dawson rectifie le tir. Il n'y aura pas de hausse du nombre d'étudiants», JdeM, 12 juin 2020); le but réel de l’agrandissement est d’augmenter la clientèle. Au détriment des cégeps francophones qui subissent une érosion de leurs effectifs à Montréal.

Au cours d’une entrevue plus tard dans la même journée, la ministre Danielle McCann a tenté de remettre le couvercle sur la marmite en affirmant qu’il n’y aurait pas d’augmentation de devis pour Dawson, malgré l’agrandissement prévu.

S’il n’y a pas d’augmentation d’effectifs, pourquoi payer pour un agrandissement? La direction de Dawson affirme être «tassée» et manquer d’espace depuis longtemps. Mais du même souffle, on apprend que Dawson accueille environ 7900 étudiants temps plein et plus depuis de nombreuses années (8285 étudiants temps plein et temps partiel en 2018). Peut-être que l’espace ne manquerait pas si Dawson respectait son devis actuel? Il tombe sous le sens qu’il n’y aurait nul besoin de procéder à un agrandissement de 100 millions de dollars pour accueillir 725 étudiants de plus si Dawson respectait son devis et accueillait 7075 étudiants au lieu de 7900 (soit 825 étudiants de moins!).

Il y a de nombreuses places d’études inoccupées dans les cégeps français, institutions qui subissent à Montréal, depuis des années, une érosion de leur clientèle au profit des cégeps anglophones. On pourrait donc accueillir ces 725 étudiants dans le réseau français et ce, à coût supplémentaire nul. Pris globalement, cet agrandissement de Dawson n’est donc absolument pas nécessaire. Au fond, ce que le gouvernement du Québec souhaite, c’est d’éviter à 725 élèves de devoir se scolariser en français au collégial. Pour cela, il est prêt à débourser de l’argent. Beaucoup d’argent.

Mathieu Bock-Côté: Quelles sont les conséquences concrètes de ces investissements pour la qualité de la formation collégiale?

Frédéric Lacroix: Dawson dépasse son devis de plus de 10% depuis 2011 (12% en 2011, 13% en 2012, etc.). Or, la règle du MEES spécifie que le dépassement peut être de «10% sous certaines conditions». Dawson enfreint donc cette règle du MEES depuis une décennie. Sans, semble-t-il, que le MEES n’intervienne. À la noblesse, ses privilèges?

Le bâtiment de six étages prévu dans le projet d’agrandissement doit regrouper des techniques dans le domaine de la santé et accueillir de nouveaux programmes en santé, comme par exemple, «Medical Ultrasound Technology». Dawson veut mettre sur pied l’équivalent du Michener Institute de Toronto, un centre de formation ultramoderne en santé. Les étudiants de Dawson auront accès à des conditions d’études, des programmes, des technologies, sans équivalents ailleurs au Québec. On ne trouve ou ne trouvera nul rival à ce futur centre dans le réseau collégial de langue française au Québec.

Les conditions offertes à un étudiant qui choisit de se scolariser en anglais au collégial seront supérieures aux conditions offertes à ceux qui se scolarisent en français. Le gouvernement voudrait lancer le message que le français est déclassé à Montréal, qu’un diplôme collégial en français est un diplôme de second rang, qu’il n’agirait pas autrement. Cela est tout de même ahurissant.

Ces programmes techniques, donnés en anglais, préparent les étudiants à travailler en anglais à Montréal. Or, le français comme langue de travail recule à Montréal. Cela est plus qu’une malheureuse coïncidence; le gouvernement du Québec lui-même finance massivement le recul du français au Québec.

Dans le dossier de l’agrandissement de Dawson, on assiste à un festival d’incohérences. Le MEES n’a manifestement aucune vision claire du développement du réseau collégial pris dans son ensemble et de l’arrimage à faire entre le développement de ce réseau et la vitalité du français au Québec et à Montréal. Et pour ajouter l’insulte à l’injure, la direction de Dawson nous a menti sur les fins visées par l’agrandissement.

Ce projet de Dawson est une sérieuse épine au pied du gouvernement de François Legault qui, d’un côté, aime se poser en défenseur du français et qui, de l’autre, travaille à miner le statut du français dans la métropole de par ses investissements gargantuesques dans le postsecondaire anglophone (rappelons le projet de faire don du Royal Victoria à McGill, un projet qui ira sûrement chercher dans le milliard de dollars). Qu’est-ce qui pousse François Legault à aller de l’avant avec des projets conçus par le PLQ de Philippe Couillard pour favoriser sa base électorale? Pourquoi la CAQ choisit-elle de prolonger l’ère libérale, du moins en ce qui a trait à la façon de concevoir et de financer le postsecondaire? Mystère.

En entrevue pour la dernière des Francs-tireurs avec Benoit Dutrizac en décembre dernière, François Legault a affirmé que pour ce qui était de la fréquentation du collégial anglophone par les francophones et les allophones, «ça commençait à exagérer». À l’heure où la moitié des places au préuniversitaire à Montréal sont maintenant dans les cégeps anglais et où les étudiants terminant un DEC s’inscrivent ensuite à 90% à McGill et à Concordia, c’est le moins qu’on puisse dire.

Dans une chronique surréaliste au 98,5 FM, l’ex-vice première ministre du Québec Nathalie Normandeau a affirmé le 29 janvier qu’il n’y avait aucun lien à faire entre la fréquentation grandissante des cégeps anglais et le recul du français à Montréal. Rappelons qu’une très importante étude réalisée par l’IRFA en 2010 avait prouvé noir sur blanc que les cégeps anglais étaient des foyers d’anglicisation pour les francophones et les allophones. Sans doute Mme Normandeau n’a-t-elle jamais eu le temps de la lire et de se mettre à jour sur ce sujet, ce qui ne semble nullement l’empêcher de nous dispenser ses «opinions».

Mais il faut inverser, toujours inverser; si la fréquentation du cégep anglais n’a pas d’incidence sur le français, alors l’inverse est aussi vrai. En suivant cette logique, on peut affirmer que l’abolition des cégeps anglais et la fréquentation du collégial français par les anglophones n’aurait pas non plus d’incidence sur l’anglais à Montréal. Mme Normandeau, vous êtes d’accord? Logiquement vous n’avez pas le choix de l’être.

Mathieu Bock-Côté: Ce discours n’est-il pas en complète rupture avec la réalité?

Frédéric Lacroix: Il faut comprendre que ce discours complètement décalé de la réalité est celui qui est servi aux francophones. En anglais, l’on dit autre chose. La journée d’avant, par exemple, The Gazette livrait en éditorial un vibrant plaidoyer sur l’importance des institutions d’enseignement anglophones, insistant sur l’importance vitale des institutions d’enseignement de la maternelle à l’université «A strong English-language education system, from kindergarten to university, is essential to the vitality of Quebec’s English-speaking community». The Gazette écrivait aussi que ces institutions fournissent des emplois en anglais aux anglophones et aident à préserver l’identité de la communauté. Ce dont The Gazette fait état ici, c’est de la «complétude institutionnelle» nécessaire à la préservation de l’identité linguistique d’un groupe. Il s’agit là du même prisme d’analyse que j’ai utilisé dans mon livre Pourquoi la loi 101 est un échec. Je constate avec satisfaction que The Gazette est d’accord à 100% avec moi sur l’importance vitale de la complétude institutionnelle pour une communauté linguistique. Encore un pas et The Gazette admettra, comme je l’ai démontré dans mon livre, que le réseau collégial et universitaire, de même que le réseau de la santé anglophone, est dimensionné environ au triple du poids démographique de la communauté anglophone. Ce sont les francophones qui, au Québec, sont privés en partie du réseau institutionnel «de la maternelle à l’université» nécessaire à leur vitalité, ce qui force des dizaines de milliers de francophones et d’anglophones à travailler en anglais à Montréal.

Mathieu Bock-Côté: Quelles solutions sont actuellement envisagées par le gouvernement pour contrer cette tendance?

Frédéric Lacroix: Mais tout en convenant que «ça exagérait», François Legault a aussi écarté brutalement, suite à la conférence de presse de son ministre responsable de la Charte de la langue française tenue en novembre dernier, Simon Jolin-Barrette, l’extension des clauses scolaires de la charte au niveau collégial, soit la fameuse «loi 101 au collégial». M. Legault ne veut pas cesser de financer, avec les fonds publics, le choix que font une grande proportion d’allophones et aussi beaucoup de francophones de s’angliciser ou de s’assimiler à la communauté anglophone à partir du collégial. Fort bien. Quelles autres solutions reste-t-il? Il reste deux mesures potentielles: 1) des mesures incitatives et 2) une forme de contingentement des places au collégial anglais. Examinons-les (on trouve un examen plus complet de ces mesures ici).

Les mesures incitatives

Ce qui conduit les étudiants à s’inscrire massivement au cégep anglais, c’est la «dynamique linguistique», c’est la plus grande valeur accordée au diplôme collégial anglophone au Québec comparativement au diplôme francophone. C’est le statut supérieur de l’anglais relativement au français au Québec qui est en train d’éroder l’attractivité des cégeps français. Et l’attractivité supérieure des cégeps anglais est financée et soutenue par le gouvernement du Québec lui-même (et aussi par Ottawa), comme le démontre éloquemment le projet d’expansion de Dawson. Ainsi, la seule mesure incitative susceptible de fonctionner serait de carrément payer les étudiants pour qu’ils choisissent de se scolariser en français au collégial, ce qui serait humiliant et ne contribuerait nullement à rehausser le prestige du français.

Les mesures incitatives sont vouées à l’échec. Camille Laurin écrivait déjà en 1977 «Les francophones, comme leur langue, sont dominés et menacés dans leur existence; les correctifs qui reposent uniquement sur la bonne foi, la bonne volonté sont impuissants à enrayer le danger» (p.21, Pourquoi la loi 101 est un échec). Ceci est encore vrai aujourd’hui.

Le contingentement

Le gouvernement pourrait aussi décider de limiter le nombre de places offertes dans les cégeps anglais avec une forme de contingentement (via une application stricte des devis par exemple). Cette idée semble à première vue être une solution «pragmatique» comme les aime François Legault. Mais le diable se cache dans les détails. Loin d’être une solution simple, le contingentement pourrait se révéler un cauchemar de relations publiques pour la CAQ, un peu comme les fameux «tests linguistiques» pour avoir accès à l’école anglaise de la loi 22 (l’ancêtre de la loi 101). Rappelons que ces «tests linguistiques» censés réserver l’école anglaise aux enfants ayant déjà une connaissance de l’anglais s’étaient révélés être une fausse bonne idée et avaient mené à la division des fratries, à la tricherie et à la falsification des résultats pour essayer d’obtenir une place. Pourquoi? Parce que la scolarisation en anglais avait un prestige supérieur à la scolarisation en français; ceux qui réussissaient à obtenir une place en anglais étaient avantagés. La seule solution équitable était d’imposer à tout le monde (sauf aux anglophones) le même «handicap», soit la scolarisation en français. On en est donc venu à formuler les clauses scolaires de la charte en 1977, une solution basée sur la fréquentation scolaire des parents, donc, en gros, l’appartenance à une «communauté anglophone» ou non. Ce fut une solution équitable qui préservait du même coup les droits des anglophones. Au collégial, nous sommes face à la même situation: celle qui prévalait au primaire et au secondaire avant la Charte de la langue française de 1977. La solution proposée par le gouvernement du Québec pour éviter l’effondrement du réseau collégial francophone à Montréal doit être du même type que celle retenue pour le primaire et le secondaire, c’est-à-dire équitable et transparente.

Mathieu Bock-Côté: Dawson ne devient-il pas, à travers tout cela, le cégep d’une élite qui se désaffilie du Québec français, ou marque son refus d’y lier son destin?

Frédéric Lacroix: Rappelons que le problème au collégial est de deux ordres: il est à la fois quantitatif et qualitatif. La fréquentation des cégeps français est en baisse (absolue et relative) et la qualité des étudiants qui s’inscrivent au collégial français est aussi en baisse. L’énorme volume de demandes d’admission dans les cégeps anglais (Dawson reçoit 11 500 demandes d’admission par année par exemple et refuse environ 6000 étudiants) fait en sorte que les cégeps anglais sélectionnent seulement les meilleurs étudiants, ceux qui ont la meilleure moyenne générale au secondaire. En sciences de la nature, par exemple, il faut avoir 85% et plus au secondaire pour pouvoir entrer à Dawson. Le collégial anglais est donc un réseau réservé à l’élite académique. Cette élite académique est majoritairement issue des écoles privées de Montréal et des écoles à programmes particuliers, donc les étudiants qui s’inscrivent au collégial anglais proviennent majoritairement de milieux socioéconomiquement favorisés (note: cela explique pourquoi une partie de notre élite n’appuie pas la loi 101 au cégep; ce sont les enfants de cette élite qui bénéficient du système inéquitable actuel au détriment des plus pauvres). Régler le problème quantitatif avec un contingentement ne réglera en rien le problème qualitatif; au contraire, il va l’exacerber. La sélection pour entrer à Dawson sera encore plus drastique; les cégeps anglais seront réservés à une «super élite»; le diplôme anglophone au collégial va gagner encore plus en valeur; on se bousculera encore plus pour y entrer. Le contingentement revient à sélectionner les élèves sur une base inéquitable, soit la moyenne générale au secondaire qui, en définitive, est étroitement corrélée au milieu socio-économique d’où provient l’élève. Pour le dire plus brutalement, le contingentement se fera, grosso modo, selon le revenu des parents. Il s’agit donc d’une mesure inéquitable. Il est prévisible qu’elle n’aura pas un large appui populaire.

De plus, pour avoir un impact sur la vitalité du français à Montréal, le contingentement devrait être très sévère. De simplement geler les places au niveau actuel signifierait que l’on concède au collégial anglais la moitié des places au préuniversitaire sur l’île de Montréal. Cela signifie que le français va continuer à reculer à grande vitesse dans toute la région de Montréal. Cette forme de contingentement serait donc inutile en plus d’être inéquitable et politiquement coûteuse. Pour être effectif et donner vraiment de l’oxygène au Québec français, un contingentement devrait viser à couper au moins de moitié les places dans les cégeps anglais (les anglophones représentent seulement 35% des élèves au collégial anglais). Un contingentement aussi fort pousserait sérieusement à la hausse la valeur du diplôme anglais, tel que discuté plus haut.

De plus, il faut se demander si nous considérons que les anglophones ont le droit de s’inscrire au collégial anglais. Actuellement, ce droit n’existe pas. Il y a des indications à l’effet que certains anglophones qui ont des moyennes académiques plus faibles au secondaire sont refusés dans le réseau anglais, car ils n’arrivent pas à compétitionner avec des francophones et allophones plus forts. Un contingentement sévère voudrait donc dire que de nombreux anglophones seraient forcés de s’inscrire dans des cégeps français suite à un refus par les cégeps anglais. Toute forme de contingentement devra donc incorporer des clauses pour prioriser les «ayants droit».

Politiquement, un contingentement qui vise réellement à rehausser la vitalité du français à Montréal sera donc une mesure inéquitable et aura un faible appui populaire. C’est une fausse bonne idée et une solution qui manque de pragmatisme et d’équité. Pour régler la question de la langue au cégep, il n’existe qu’une seule solution. Nous la connaissons tous.

Source

La biologie, une science « patriarcale » et « viriliste » ?

Pour le philosophe Jean-François Braunstein, les discours qui prétendent déconstruire le genre engendrent des conséquences non négligeables sur le monde réel.

Le 3 janvier, lors de la session d'ouverture du nouveau Congrès américain, la prière traditionnelle s'est conclue sur un « A-women (A-femmes) » pour équilibrer un « A-men (A-hommes) » que le pasteur et élu démocrate ne trouvait sans doute pas assez inclusif… oubliant que « Amen » est un mot hébreu traditionnellement traduit par « Ainsi soit-il », et qui n'a rien à voir avec le genre. Le 4 janvier, le texte des « règles de la Chambre des représentants » a été réécrit en en supprimant les marques de genre. Depuis le 20 janvier, lorsqu'on veut écrire à la Maison-Blanche, il est possible de choisir entre un pronom masculin, féminin, neutre ou « autre ».

Il s'agit dans tous ces cas de satisfaire les revendications des militants pro-gender qui ont à cœur d'effacer toute différence des sexes. Ces absurdités sont l'un des résultats les plus visibles d'une théorie du genre qui fait son chemin dans les universités américaines depuis une soixantaine d'années. Mais d'autres conséquences plus graves, en France aussi, ne prêtent pas à sourire.

« Gender Identity Clinic »

C'est en 1955 que le terme de « genre » fut pour la première fois utilisé pour désigner le sentiment que l'on a d'être un homme ou une femme, indépendamment de son sexe biologique. L'inventeur de cet usage est un psychologue, John Money, qui estime que le genre est culturel plus que biologique. En éduquant un garçon comme une fille, il devrait être possible de le transformer en fille : Money se fondera sur le cas d'un garçon amputé très tôt de son sexe à la suite d'un accident opératoire qu'il aurait réussi, à la demande de ses parents, à transformer en fille. On apprendra par la suite que Money avait menti et que son jeune patient avait toujours résisté à ses tentatives de le transformer en fille, et avait fini par se suicider : c'est un double scandale, à la fois scientifique et déontologique. Mais, entre-temps, la « Gender Identity Clinic » de Johns-Hopkins où travaillait Money était devenue un modèle pour toutes les questions de traitement des « dysphories de genre » aux États-Unis : lorsque des patients ne se sentent pas bien dans leur sexe de naissance et veulent en changer, plutôt que d'essayer d'adapter leurs croyances à leur corps, on les encourage à transformer leur corps pour le faire correspondre à leur identité ressentie.

Documentaire britannique sur la théorie de John Money et sa fatale mise en application sur Bruce/Brenda/David Reimer. Nous n'avons pas trouvé de documentaire en français (rien dans les archives de Radio Canada)

Money n'est que l'initiateur de cette révolution du genre, qui va aboutir progressivement à une véritable évaporation du corps. La professeur d'études de genre Anne Fausto-Sterling va ensuite estimer qu'il y a une infinité de sexes et que l'« assignation » d'un sexe à la naissance est une décision arbitraire, produit d'un « mode de pensée binaire ». La biologie, qui constate qu'il existe deux sexes dans l'espèce humaine, est disqualifiée comme « patriarcale » et « viriliste ». Avec la très influente Judith Butler, on ira encore plus loin : ce n'est pas seulement le sexe qui n'a pas d'existence matérielle objective, mais aussi le corps. Pour Butler les corps ne sont que des discours et des pouvoirs, conformément à une lecture très biaisée de Foucault. Et il est au surplus souhaitable pour elle que les genres deviennent « fluides », qu'il soit possible de « dériver » d'une identité de genre à une autre. Le développement actuel des départements d'étude de genre, partout dans le monde, et notamment en France, se fait sur la base de cette vision très radicale d'identités de genre déconnectées de toute référence au sexe biologique.

La théorie du genre ressemble alors beaucoup à la gnose, cette hérésie chrétienne du IIe siècle qui considérait que le corps c’est le mal, dont il faut nous libérer.

La libération des déterminations corporelles aura alors été menée à son terme : nous ne sommes plus que de simples consciences, totalement indépendantes de la réalité de notre corps. La théorie du genre ressemble alors beaucoup à la gnose, cette hérésie chrétienne du IIe siècle qui considérait que le corps, c'est le mal, dont il faut nous libérer. Ce mépris du corps se retrouve chez les transhumanistes qui méprisent notre corps périssable : seule compte pour eux la conscience, qu'il devrait être possible de télécharger sur des puces de silicium.

Le transgenre ou le transsexuel, ou plus encore le genderfluid, celui qui glisse d'un genre à l'autre, est aujourd'hui idéalisé par la théorie du genre, car passer d'un genre ou d'un sexe à l'autre serait la marque d'une humanité enfin libérée de toute détermination corporelle, considérée comme inessentielle. C'est ce que souligne le philosophe américain Matthew Crawford : la différence sexuelle et le corps sont le « principal obstacle au grand projet d'autonomie qu'on appelle la construction de soi. La liberté requiert une page totalement vierge ».

« Dysphorie de genre »

Si tout cela n'était que rêveries ou performances d'adultes consentants, il n'y aurait rien à redire. Mais aujourd'hui, c'est à des enfants de six ans, en Écosse ou ailleurs, que l'on enseigne : « ton genre, c'est toi qui le décides ». On imagine sans mal leur perplexité face à un tel choix. Pourtant, ce sont des enfants de six ou huit ans qui sont aujourd'hui héroïsés dans de nombreuses émissions télévisées ou films parce qu'ils veulent changer de sexe. Certains psychiatres, au lieu de prendre le temps d'écouter l'enfant et ses parents, diagnostiquent immédiatement une « dysphorie de genre » et font entrer ces enfants dans un parcours de « transition de genre », avec bloqueurs de puberté, hormones pour changer de sexe et opération à leur majorité. Au Royaume-Uni, la multiplication des cas de dysphorie de genre est impressionnante : de 77 cas en 2009-2010 à 2 590 en 2017-2018. On sait aussi que des « dysphories de genre à déclenchement rapide » se déclarent chez des adolescents influencés par leurs groupes d'amis sur les réseaux sociaux. Mais la chercheuse américaine Lisa Littman, qui avait publié une étude sur ce sujet en 2018, a été accusée de transphobie. Comme l'a été l'auteur de Harry Potter, J. K. Rowling, qui avait eu le malheur de tweeter : « Les hommes ne peuvent pas se changer en femmes. »

 Mais aujourd'hui, des jeunes gens qui ont subi ces transitions commencent à vouloir « détransitionner » et retrouver leur sexe d'origine. En Angleterre, une jeune femme de 23 ans, Keira Bell, a porté plainte contre la très réputée Tavistock Clinic, qui l'avait engagée à 14 ans dans un parcours de transition, avec bloqueurs de puberté, prise d'hormones masculines puis ablation des seins. Dans son jugement la Haute Cour de Londres a estimé « très douteux » qu'un enfant de moins de treize ans, et « douteux » qu'un enfant de 14 ou 15 ans puisse comprendre les effets et les risques à long terme de la prise de bloqueurs de puberté et d'hormones, qui les mettent sur la voie d'une « opération bien plus importante ». La cour a conclu que pour les enfants de moins de seize ans, il est nécessaire que la justice soit consultée. Une telle prudence devrait évidemment s'imposer aussi en France, où les mêmes dérives sont patentes, qui s'apparentent à des mauvais traitements à enfants.

Idées folles

Il faut en effet se rappeler que les catégories des sciences humaines sont « interactives » : lorsqu'on décrit une nouvelle catégorie nosographique, comme celle de trans, il se trouve toujours des personnes pour s'identifier à celle-ci. Les réseaux sociaux encouragent bien sûr ces hésitations sur l'identité sexuelle, par exemple lorsque Facebook offre plus de 70 « identifications de genres » à ses abonnés. Comme le dit le philosophe Ian Hacking, les catégories des sciences humaines « fabriquent des gens ». Les idées ont des conséquences et les idées folles ont des conséquences ravageuses.


Jean-François Braunstein est professeur de philosophie à l'université de Paris-1. Dernier ouvrage paru : « La Philosophie devenue folle : le genre, l'animal, la mort » (Grasset).

Cet article est issu des travaux de l'Observatoire du Décolonialisme et des idéologies identitaires, un collectif d'universitaires qui se sont donné pour mission d'analyser les thèses dites « décoloniales » et intersectionnelles. Ces discours, qui s'ancrent dans des courants militants, favorisent les lectures essentialisantes et racialistes des rapports sociaux. Ces idéologies pénètrent peu à peu le monde universitaire, entravant divers travaux et controverses académiques.


vendredi 29 janvier 2021

La démographie vouerait la Loi 21 à l'échec à long terme selon Idil Issa

Nous le disons depuis de nombreux mois : la « laïcité » (et plus particulièrement la récente Loi 21) s’attaque à la mauvaise cible et n’aura à long terme permis que d’éliminer un peu plus le christianisme et le catholicisme de l’espace public du Québec. Il suffit de penser au crucifix décroché du salon bleu de l’Assemblée nationale et remiser dans un coin muséal du bâtiment.

Pourquoi la mauvaise cible ? Parce que ce n’est pas la religion en général qui pose problème au Québec, mais bien l’islam militant et le communautarisme de celui-ci.

Pourquoi la Loi 21 n’atteindra-t-elle pas sa cible à long terme ? D’une part, parce qu’elle est très timide : elle ne s’adresse qu’à une partie des fonctionnaires et, d’autre part, parce qu’elle peut facilement être abrogée dès que la population musulmane sera suffisamment importante pour être un facteur important aux élections locales. L’islam n’aura pas besoin d’être majoritaire dans la population pour avoir ce poids décisif, loin de là. Voir l’exemple de la Belgique francophone : Les signes religieux autorisés dans toutes les hautes écoles de la fédération (WBE).

Il est rafraîchissant de noter que l’avocate Idil Issa, dans un webinaire organisé par Amnistie internationale Canada francophone, partage notre analyse à long terme. Madame Issa vit au Québec, est diplômée de McGill, son français est donc hésitant. La voici sur le sujet : « parfois, c’est les demographics qui vont gagner, finalement. Le Québec de Mathieu Bock-Côté, c’est le Québec du passé. Ils essaient de prendre un photo et de figer le Québec de l’ancienne manière. Mais nous sommes diverses, le Québec est différent maintenant. On doit être inclusifs. On doit pas aliéner les “jeunes”, on doit leur donner une place. […] Ne soyez pas peur. La loi 21 ça restera pas au Québec. Ça c’est certain. Comme j’ai dise : que ce soit l’année 2300, on irait jusqu’au bout. »

On notera l’emploi de « jeunes » pour désigner les jeunes immigrés. Il est vrai que la jeunesse est de plus en plus composée d’immigrés notamment parce que les Canadiens français au Québec ont en moyenne 1,5 enfant/femme. À ce taux, huit (8) parents canadiens-français ont donc six (6) enfants et 4,5 petits-enfants. Une contraction de 25 % par génération. La natalité des immigrés au Québec est en moyenne un peu supérieure à celle des Canadiens français, mais c'est surtout l'immigration qui fait contrepoids à cette contraction sur le moyen et long terme de la population québécoise de souche.

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Québec — Plus de 30 % des naissances issues d'au moins un parent né à l’étranger

Le taux de natalité du Québec devrait atteindre son niveau le plus bas historique en 2020

Seul un quart des habitants de Bruxelles sont des Belges d'origine belge

Démographie : Le gouvernement bruxellois lève en partie l’interdiction du port de signes religieux dans l’enseignement (article de 2019)

jeudi 28 janvier 2021

Trois fois plus d'élèves avec des symptômes d'anxiété ou de dépression qu'en 2020

Trois fois plus de jeunes du secondaire rapportent une santé mentale passable ou mauvaise qu’en janvier 2020. C’est le constat d’une enquête sur la santé psychologique des 12 à 25 ans de l’Université de Sherbrooke, menée auprès de 16 500 élèves et étudiants de l’Estrie et de la Mauricie — Centre-du-Québec.

En 2020, 11 % des jeunes du secondaire interrogés rapportaient ainsi une santé mentale passable ou mauvaise ; cette année, ce nombre a grimpé à 30 %.

De plus, près de 60 % des cégépiens et universitaires et la moitié des élèves de secondaire 3 à 5 rapportent des symptômes d’anxiété ou de dépression. Ces résultats confirment ceux ayant été publiés en décembre 2020, qui rapportaient que 46 % des répondants âgés de 18 à 24 ans montraient des symptômes compatibles avec un trouble d’anxiété ou une dépression.

Évidemment, c’est énorme, remarque Dre Mélissa Généreux, professeure-chercheuse à la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke et médecin-conseil à la Direction de santé publique.

« On s’y attendait un peu, de voir que les jeunes de 12 à 25 ans allaient être les plus touchés, car des études qui ont été réalisées jusqu’à maintenant chez des adultes montraient clairement qu’au Québec, et un peu partout dans le monde, c’est les jeunes de 18 à 24 qui sont les plus affectés », de déclarer Mélissa Généreux, professeure-chercheuse à la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke.

Son étude vient ainsi confirmer que les adolescents sont aussi très marqués par la pandémie. Les élèves de première et deuxième secondaire sont encore relativement épargnés, note-t-elle, mais à partir du troisième secondaire, leur santé mentale se détériore.

Solitude et temps d’écran

Dans le cadre de l’enquête, la principale raison évoquée par les jeunes pour la détérioration de leur santé mentale est la réduction de leurs activités sociales, sportives et culturelles, suivie de l’augmentation de leur temps passé devant un écran.

Pour améliorer leur moral, ils demandent notamment de maintenir les cours en personne et de pouvoir participer à des activités sportives. Moins de 10 % d’entre eux considèrent que les activités sociales en ligne sont une solution viable pour améliorer leur santé mentale.

« Ce n’est pas le fait d’avoir été mis en quarantaine ou en isolement qui inquiétait les jeunes ni les problèmes financiers. C’est vraiment le sentiment de solitude, d’être privés de ces activités-là […] en présentiel [en personne] », ajoute Dre Généreux.

Elle salue la réouverture des écoles, mais rappelle qu’à partir de la troisième secondaire, les élèves et les étudiants ne sont pas toujours en classe. Il y a encore du chemin à faire, à mon avis.

Mme Généreux croit aussi qu’il faut normaliser le fait d’avoir différentes réactions psychologiques face à certains événements plus difficiles, tout comme il est important d’encourager les jeunes à demander de l’aide si nécessaire, et à les pousser à être bienveillants les uns envers les autres.

Méthodologie

Le sondage a été mené en ligne du 18 au 26 janvier 2021 dans 47 écoles de l’Estrie et de la Mauricie–Centre-du-Québec. Au total, 16 500 jeunes âgés de 12 à 25 ans y ont répondu. En janvier 2020, soit avant la pandémie, 6000 jeunes du secondaire avaient aussi été sondés.


Voir aussi 

Vague de suicides dans le Nevada force une ouverture partielle des écoles

mercredi 27 janvier 2021

Passé historique blanc : San Francisco débaptise 44 écoles

Les présidents George Washington et Abraham Lincoln ou le missionnaire espagnol Junipero Serra ne sont plus en odeur de sainteté à San Francisco : le conseil des écoles de la ville a décidé de débaptiser quarante-quatre établissements (un tiers des 114 écoles publiques de la ville) portant le nom de personnalités selon lui associées au racisme, à l’esclavage ou à la colonisation blanche.

Cette mesure, qui a suscité une vive controverse localement, remonte à la création d’une commission chargée de réviser les noms des écoles publiques en mai 2018, avant que des statues de Christophe Colomb et des monuments confédérés ne soient mis à bas par des manifestants dans la foulée des rassemblements dénonçant le meurtre de l’Afro-Américain George Floyd.

La commission en question a produit une liste de quarante-quatre établissements à rebaptiser. Parmi eux figurent des écoles aux noms des présidents Washington et Jefferson, qui possédaient tous deux des esclaves. Outre Washington et Thomas Jefferson — anciens présidents liés à l’esclavage ou à « l’oppression » — la liste comprend le naturaliste John Muir, le prêtre espagnol Junipero Serra, le patriote de la révolution américaine Paul Revere (descendant de huguenots français) et Francis Scott Key, le compositeur de l’hymne national, le « Star Spangled Banner ». Également banni, Balboa le conquistador qui découvrit le Pacifique. Doivent changer de nom la Mission High School (les missions espagnoles c’est mal) et la Presidio Middle School (les forts espagnols c’est mal). La liste complète est ici.

Lutter contre « le racisme »

Selon le San Francisco Chronicle, 6 commissaires scolaires ont voté en faveur de cette résolution contre un seul qui s’y est opposé. La majorité a noté que l’effort de changement de nom « est opportun et important, compte tenu du passé raciste du pays ». Mark Sanchez, membre du conseil d’administration de l’école, a ajouté : « C’est un message pour nos familles, nos élèves et notre communauté. Ce n’est pas seulement symbolique. C’est un message moral ». 

Liste bâclée

Des critiques ont déclaré que le Comité consultatif des noms d’écoles n’était « pas minutieux », utilisant des sites tels que Wikipédia et des sources sélectionnées de manière orientée au lieu d’« universitaires, de documents historiques ou de recherches approfondies ». Le comité n’aurait même pas su si le collège Roosevelt avait été nommé en l’honneur du 26e président (Theodore Roosevelt)… ou de son cousin le 32e (Franklin Delano Roosevelt) Lors de la réunion de mardi, le conseil scolaire a également présenté des excuses officielles aux Amérindiens pour le « vol de terres » et la « douleur et le traumatisme causés par les images racistes, les manuels scolaires racistes et les mascottes racistes ». 

Abraham Lincoln visé

Plus surprenant, Abraham Lincoln, pourtant symbole de l’abolition de l’esclavage dans le pays, est aussi visé, car il est accusé par certains d’avoir joué un rôle dans le massacre de tribus amérindiennes. La sénatrice démocrate Dianne Feinstein, 87 ans, se retrouve sur la liste adoptée par six voix contre une : la commission lui reproche d’avoir fait remettre un drapeau confédéré qui faisait partie d’une vingtaine d’autres étendards flottant traditionnellement devant l’hôtel de ville et qui avait été vandalisé lorsqu’elle était maire de San Francisco, en 1986. Le drapeau sudiste est désormais devenu pour les progressistes un symbole des discriminations raciales et de ceux qui prônent la suprématie de la « race blanche ».

Critiques

La décision de rebaptiser ces écoles a provoqué de nombreuses critiques, parmi lesquelles l’actuelle maire de San Francisco, London Breed, qui est noire. En octobre dernier, London Breed avait jugé « insultant » pour les parents d’enfants privés d’écoles à cause de la pandémie que les autorités scolaires consacrent leur énergie à changer le nom des établissements plutôt que de les rouvrir. Notons cependant que London Breed ne s’oppose pas à ce que ces noms soient changés à l’avenir.

Des critiques ont souligné le coût du changement de nom, estimé à au moins 1 million de dollars et « potentiellement beaucoup plus ». Le district est déjà confronté à un déficit budgétaire de 75 millions de dollars.

Écoles publiques désertées par les blancs

À San Francisco, 40,0% de la population totale est blanche non hispanique, selon l’estimation du recensement de 2018. Seuls 28 % des jeunes  âgés de 19 ans et moins de la ville sont blancs (les blancs sont vieux et ont peu d'enfants, voirDes grandes villes progressistes sans enfants aux États-Unis ?) On pourrait donc s'attendre à ce que les élèves blancs représentent environ 28 à 30% du réseau scolaire public. Mais, au cours de l'année scolaire 2013-2014, seuls 12,9% des élèves des écoles publiques de San Francisco étaient blancs.

 Données démographiques

Selon les estimations du Bureau du recensement américain de 2018, la population du comté de San Francisco était à 45,4% blanche (40,0% de Blancs non hispaniques et 5,4% de Blancs hispaniques), 5,2% de Noirs ou Afro-Américains, 34,3% d'Asie, 8,1% d'une autre race, 0,3% d'Autochtones Amérindien et originaire d'Alaska, 0,2% d'île du Pacifique et 6,5% de deux races ou plus.

Proportion des blancs à San Francisco au cours des 80 dernières années

201820102000199019701940
  45,4%    48,5%    49,7%    53,6%    71,4%    95,0%

 La population de San Francisco était de 634.536 habitants en 1940, elle est aujourd'hui de 881.549.

Voir aussi

Les nouveaux talibans à l’école californienne
 
 
 
 
  
 
  
   
 
 
 

Sondage en baisse pour O’Toole (Pour Pierre-Paul Hus, le conservatisme n’est que la gestion rigoureuse des deniers publics)

Il y a une semaine, le 20 janvier, Derek Sloan a été expulsé du Parti conservateur du Canada. Derek Sloan est un conservateur social, chrétien engagé, père de trois enfants métissés.

Mario Dumont, journaliste de Québecor, a salué avec enthousiasme cette éviction : « O’Toole a l’étoffe d’un Premier ministre […] Le chef du Parti conservateur du Canada vient de poser un geste fort en montrant la porte à son député associé aux mouvances complotistes. » L’article de Mario pointait toujours vers ce prétexte ridicule d’un don de 131 $ de la part de quelqu’un qui serait un suprématiste blanc. Le don, sous un nom légèrement modifié, fut accepté par la campagne de Derek Sloan et le parti conservateur (car une partie de l’argent va au parti). Le même donateur sulfureux avait été accepté comme membre du parti sans que cela ne provoque la moindre inquiétude.

Le 20 janvier, même O’Toole n’utilisait plus le paravent du don de 131 $, mais invoqua un « manque de respect envers l’équipe conservatrice [d’O’Toole] pendant plus d’un an » pour expulser Derek Sloan.

Il ne semble pas que cette élimination d’un concurrent conservateur ait augmenté la popularité d’Erin O’Toole. En effet, le chef conservateur a vu son image se dégrader selon le dernier sondage Angus Reid daté de ce jour (Federal Politics: Liberals hold lead in vote intention as unfavourable views of CPC leader intensify).

Erin O’Toole à gauche (« centriste »), Derek Sloan à droite

L’enquête a été menée du 20 janvier au 24 janvier. Sloan a été expulsé comme on le sait le 20. Pendant la semaine du 20 janvier, les députés respectables du PCC (voir Pierre-Paul Hus ci-dessous, le 18 janvier) avaient clairement adhéré au message centriste, O’Toole passant rapidement du message de sa campagne à la chefferie où il se déclarait « vrai bleu » au rôle de « centriste et modéré ».

Quel est le résultat ?

Erin O’Toole est le chef fédéral le plus impopulaire.

Seuls 32 % des électeurs ont une opinion favorable de lui, contre 47 % qui en ont une opinion défavorable.

Depuis le dernier sondage Angus Reid en novembre 2020, les opinions favorables d’O’Toole sont en baisse de 4 points, tandis que les défavorables sont en hausse de 5 points.

Plus inquiétant pour les conservateurs : en septembre 2020, 30 % des électeurs avaient alors une opinion favorable, tandis que 31 % avaient une opinion défavorable. Il semble donc que plus les Canadiens voient et apprennent à connaître O’Toole, plus les gens se font une mauvaise opinion de lui.

Également préoccupant pour le PCC : seuls 6 % des sondés ont une opinion « très favorable » d’Erin O'Toole « très favorablement », alors que 23 % en ont une opinion « très défavorable ». Quand on se penche donc dans le détail, on note que les opinions nettement tranchées sont celles qui sont défavorables.

O’Toole a la pire cote de popularité à -15 (la différence entre les opinions favorables et défavorables). Alors que Jagmeet Singh (NPD) est à +8, Yves-François Blanchet (Bloc québécois) est à +5 et Annamie Paul (Parti vert) est à -1.

Justin Trudeau est à +2, avec 50 % d’approbation et 48 % de désapprobation.

O’Toole a des problèmes au sein du Parti conservateur

Comme beaucoup de gens l’avaient prédit, la destitution par O’Toole de Derek Sloan (et en particulier la façon dont elle a eu lieu) pourrait causer des dissensions au sein du Parti conservateur. Les sondages montrent en effet qu’Erin O’Tool est celui qui bénéficie du soutien interne le plus faible de tous les autres chefs de parti.

Ainsi, 63 % de ceux qui ont voté conservateur lors des dernières élections approuvent O’Toole, tandis que 23 % en ont une opinion négative. Alors que 14 % n’ont toujours pas d’opinion.

Pour O’Toole, avoir moins des 2/3 de l’approbation des électeurs du PCC à ce stade est une source de soucis.

En revanche, 89 % des électeurs néo-démocrates et 83 % des électeurs bloquistes appuient leurs chefs de parti respectifs. Même la nouvelle dirigeante verte Annamie Paul a un soutien de 65 % parmi les anciens électeurs verts.

Et parmi les électeurs libéraux, 85 % approuvent Trudeau, contre 13 % qui ne le font pas.

O’Toole moins populaire que Scheer

Erin O’Toole est également moins populaire qu’Andrew Scheer ne l’était au même moment. Scheer était approuvé par 35 % des Canadiens à ce stade de son leadership, alors que 36 % en avaient une opinion défavorable.

En revanche, Erin O’Toole est à la fois moins populaire (avec 32 % d’approbation) et nettement plus impopulaire (avec 47 % d’opinion négative).

Pendant la campagne à la direction du parti, Erin O’Toole avait accusé son concurrent malheureux Peter MacKay d’être un « libéral allégé » alors que lui être un vrai conservateur, un « vrai bleu ».

Recentrage qui pourrait savérer contreproductif

Si cette tendance devait se confirmer, il est permis de penser que le tour de passe-passe d’O’Toole qui se transforme en un tour de main de « vrai bleu » en « libéral allégé » à « l’étoffe d’un Premier ministre » n’aboutira qu’à aliéner les conservateurs tout en échouant de convaincre de nouveaux électeurs.

Il faut se rappeler que les conservateurs désabusés peuvent s’abstenir de voter, voter pour le Parti populaire ou voter pour le Bloc québécois au Québec (rappelons qu’Erin O’Toole avait réussi à s’attirer de nombreuses voix du Québec en promettant davantage de pouvoirs aux provinces y compris dans le domaine de l’immigration et de la culture). Quant aux centristes déçus par Trudeau, ils n’ont pas besoin du PCC, de nombreux autres choix électoraux s’offrent à eux.

Le dernier sondage de l’Institut Angus Reid donne aux libéraux une longueur d’avance sur les conservateurs à l’échelle nationale — 35 % de soutien pour les libéraux à 30 % pour les conservateurs. Le NPD a un appui de 20 %, les Verts un soutien de 5 % et le Bloc est compétitif au Québec où il rallie 26 % de soutien. 
 

Billet originel du 18 janvier

Le Parti conservateur du Canada (PCC) d’Erin O’Toole, élu à la tête du parti avec le report des voix de la droite identitaire et religieuse (40 % des voix au premier tour), ne veut plus de ces électeurs ou du moins qu’ils ne se fassent plus entendre. C’est ce qu’affirme Pierre-Paul Hus à l’antenne de Mario Dumont. Le conservatisme ne se résumerait qu’à la gestion rigoureuse des deniers publics. Davantage que cela, c’est de l’extrémisme. Et les extrémistes n’ont pas leur place dans le nouveau PCC.

Il s’agit sans doute, dans un premier temps, de décourager des conservateurs sociaux ou identitaires de se présenter comme délégués à la convention du Parti conservateur du Canada qui se tiendra de manière virtuelle le 18 mars 2021. Les candidatures à la délégation étaient admises jusqu’à vendredi dernier.

Le PCC d’Erin O’Toole fait sans doute le pari qu’il pourra obtenir une majorité de députés en se concentrant sur le vote centriste qui aspirerait simplement à une meilleure gestion des fonds publics. Cet espoir pourrait être mal placé : le fort endettement actuel n’a pas d’impact évident sur le pays (les taux d’intérêt étant tellement bas), les libéraux pourront facilement dire qu’il est vrai qu’ils ont beaucoup dépensé, mais que c’était la chose à faire alors que tant de Canadiens étaient sans ressources à cause de la pandémie (plus précisément à cause des mesures gouvernementales instaurées lors de la pandémie) et que, désormais, ils reviendront bien sûr à une gestion plus saine du Trésor public, etc.

Enfin, le PCC se dit que sans doute les conservateurs sociaux, identitaires anti-immigration, moraux ou religieux voteront pour lui parce qu’ils n’ont nulle part où aller. Ce calcul pourrait aussi s’avérer infondé : ils se pourraient bien que ces conservateurs « extrémistes » s’abstiennent ou aillent vers le Parti populaire du Canada ou, même, le Bloc québécois pour les conservateurs identitaires du Québec. Rappelons qu’Erin O’Toole avait développé une plateforme spécifique pour le Québec : appui à GNL Québec et « plus d’autonomie en culture, en immigration, et je vais avoir une approche qui respecte les champs de compétences [des provinces] », avait-il expliqué. Tout cela est bien beau sur le papier ou en paroles, le temps de la course à la chefferie. Après tout, « Les promesses politiques sont semblables à un feu, ça tient chaud un moment, puis ça finit en fumée » comme le disait déjà Jean-Jacques de Lingrée en 1814. Pourquoi croire que le PCC tiendra ces promesses faites aux Québécois s’il devient majoritaire au parlement ? Ne pourrait-il pas traiter les Québécois comme il traite actuellement les 40 % de conservateurs sociaux qui ont voté Leslyn Lewis ou Derek Sloan dans la course à la chefferie ?

En paroles, M. O’Toole a aussi déclaré être pour la liberté d’expression. Le Globe and Mail annonce (derrière un mur payant, plus de détails ci-dessous) que « le Cabinet [de Trudeau] examinera de nouvelles règles dans les semaines à venir et [qu’] une nouvelle loi pourrait être introduite dès février ou mars […] Le gouvernement fédéral procède à des révisions finales de ses plans pour lutter contre la haine en ligne ». Mais c’est le silence radio de la part du parti de M. O’Toole sur le dossier de la liberté d’expression. Gageons qu’au-delà de mots convenus (liberté d’expression importante), aucune opposition sérieuse à ce projet n’est à attendre : comment M. O’Toole pourrait-il être contre la « haine » ? Comment s’y opposer puisque le parti se veut « centriste », à savoir soumis à la doxa dominante, dont les règles sont fixées par la gauche progressiste ? Le PCC sera tétanisé dès qu’on dira qu’il veut défendre l’inacceptable, l’extrémisme, la haine, etc. Après tout, un conservateur canadien de l’étoffe de M. Pierre-Paul Hus ou M. O’Toole n’est-il pas simplement un progressiste avec 10 ou 20 ans de retard quand il s’agit de définir le mal et la « haine » ?

Voir aussi

Leslyn Lewis plus de voix, mais moins de points que MacKay et O’Toole au 2e tour, 12 % refusent de choisir entre Mackay et O’Toole



Extraits de l’article du Globe and Mail :

Le gouvernement fédéral est en train de finaliser ses plans d’action contre la haine et le harcèlement en ligne sur les plateformes de médias sociaux à la lumière des émeutes meurtrières [style impersonnel à dessein : la police a en effet tué une manifestante désarmée] du Capitole aux États-Unis, et ses mesures proposées seront présentées au cabinet dans les semaines à venir.

[…]

Si elle est approuvée par le Cabinet, la législation canadienne pourrait être présentée au Parlement dès février ou mars. La législation devrait être influencée par les mesures déjà en place dans d’autres pays, comme l’Allemagne, qui oblige les plateformes de médias sociaux à supprimer les contenus illégaux dans des délais serrés et la menace de sanctions financières. Dans un contexte canadien, cela impliquera probablement la création d’un nouvel organisme de réglementation gouvernemental.

Les efforts pour mettre à jour le plan avant une décision du Cabinet ont été confirmés au Globe and Mail par un haut fonctionnaire du gouvernement. Le Globe n’identifie pas le fonctionnaire parce qu’il n’était pas autorisé à commenter publiquement la question.

Les entreprises de médias sociaux ont suspendu une série de comptes à la suite des raids du 6 janvier à Washington par les partisans du président américain sortant Donald Trump, qui a été destitué [c’est inexact, la demande partisane de destitution doit être approuvée par le Sénat ce qui n’a pas eu lieu] une semaine plus tard pour incitation à l’insurrection. Twitter et Facebook ont ​​interdit indéfiniment M. Trump de leurs plates-formes pour ses tweets incitatifs [rappelons que le dernier tweet de Trump disait simplement qu’il ne serait pas présent à la cérémonie investiture de M. Biden et que Twitter a considéré cela comme une provocation voilée…] et ses publications à l’époque des émeutes [plusieurs demandant le retour au calme furent censurées] et craignant que ses publications ne provoquent de nouvelles violences à l’approche de l’inauguration de son successeur mercredi. D’autres plateformes de médias sociaux ont suivi avec des restrictions similaires. YouTube de Google a temporairement suspendu la chaîne de M. Trump.

Les responsables de Google, Facebook et Twitter ont tous déclaré au Globe qu’ils se félicitaient des règles claires d’Ottawa en matière de contenu illégal.

L’attention sur le pouvoir des entreprises de médias sociaux s’intensifie alors que le gouvernement fédéral finalise des mesures découlant d’un engagement de la campagne de 2019 pour réglementer le contenu illégal des médias sociaux. La promesse initiale était axée sur le discours de haine, mais le gouvernement a déclaré qu’elle inclurait également des questions telles que le partage d’images intimes sans consentement.

Le responsable a déclaré que ces propositions sont actuellement examinées à la lumière des événements récents aux États-Unis pour voir si d’autres changements sont nécessaires avant d’être présentés au cabinet.

Le ministre du Patrimoine Steven Guilbeault et le ministre de la Justice David Lametti mènent le dossier, avec la participation d’autres membres du Cabinet comme le ministre de la Sécurité publique Bill Blair. Le Premier ministre Justin Trudeau a réitéré les plans du gouvernement dans des lettres de mandat mises à jour à son cabinet, qui ont été rendues publiques vendredi. La lettre de M. Trudeau à M. Guilbeault disait qu’il devrait travailler avec d’autres ministres « pour lutter contre les groupes haineux, la haine et le harcèlement en ligne, l’extrémisme violent à motivation idéologique et les organisations terroristes ».

Le député libéral Arif Virani, qui est secrétaire parlementaire du ministre de la Justice et qui a tenu des consultations sur les propositions, a déclaré que la pression pour réglementer les médias sociaux prend une plus grande importance. [Toujours ce style impersonnel, la pression venant de qui ?]

 

Le prétendu « coup d’État » du 17 nivôse de l’an 229 à Washington par des « terroristes nationaux ».