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dimanche 26 avril 2026

Les immigrants consomment nettement plus d'énergie au Québec et au Canada que dans leur pays d'origine

Lorsqu’une personne s’installe au Canada ou au Québec, sa consommation d’énergie augmente généralement par rapport à celle qu’elle avait dans son pays d’origine. Cette hausse peut être significative : souvent entre 2 et 10 fois plus, selon le pays de départ et le mode de vie.

Plusieurs facteurs expliquent cette augmentation : le climat froid, qui nécessite un chauffage important, la grande superficie du pays, qui implique des déplacements plus longs, et un niveau de vie globalement élevé, avec une utilisation plus intensive de l’électricité et des appareils ménagers.

Comparaison par pays d’origine

Voici quelques exemples de consommation d’énergie par habitant, en kWh par an, pour le pays d’origine et pour le Canada/Québec. Les données proviennent de Our World in Data et de l'Energy Institute.

Pays d’origine Consommation moyenne (kWh/an) Consommation au Canada/Québec (kWh/an) Facteur multiplicateur
Inde ~7 700 ~83 000 ×10,8
Chine ~34 100 ~83 000 ×2,4
France ~36 800 ~83 000 ×2,25
Philippines ~10 000 ~83 000 ×8,3
Algérie ~15 000 ~83 000 ×5,5
Haïti ~5 000 ~83 000 ×16,6

Analyse

Ces chiffres montrent que l’augmentation de consommation énergétique n’est pas liée à l’origine culturelle ou ethnique des immigrants, mais résulte avant tout du climat, de la taille du pays et des habitudes locales de consommation. Même pour des pays à consommation déjà élevée, comme la France ou la Chine, l’augmentation reste notable.

Il est également important de souligner que le mix énergétique québécois, principalement basé sur l’hydroélectricité, atténue l’impact environnemental de cette consommation plus élevée.

En résumé, l’installation d’un immigrant au Canada ou au Québec implique généralement une consommation d’énergie beaucoup plus importante qu’au pays d’origine, souvent plusieurs dizaines de milliers de kWh supplémentaires par an.


mardi 16 septembre 2025

Enfin la fin de l'écologisme et le retour de l'écologie ?

Une enquête de l’institut Verian analysée par la Fondapol fait état d’une demande grandissante, dans l’opinion publique, d’une écologie enfin débarrassée de son carcan idéologique. Une mise au point bienvenue qu’il convient cependant d’approfondir.


L’étude publiée à la fin du mois d’août par l’institut Verian (ex-Kantar) et qui porte sur la perception qu’ont les Français de la religion des temps modernes : l’écologie ? Il faut l’espérer car les résultats qu’elle met en avant pourraient dessiller bien des yeux chez nos élites dirigeantes. « La principale leçon de cette étude, observe Dominique Reynié, directeur général de la Fondapol, qui en a assuré le commentaire, est de mettre en lumière un fait dont on sait l’existence mais qui reste pourtant négligé et peu traité : dans l’opinion publique française, une large adhésion à l’écologie cohabite avec un rejet massif de l’écologisme. » La nature, oui ; ceux qui s’en font les porte-parole, non.

Regardons le détail. L’étude devant être présentée à l’occasion des Rencontres des entrepreneurs de France (Ref), un accent particulier est mis sur le lien entre l’écologie et les entreprises. Lien passablement dégradé, les écologistes n’ayant que mépris pour l’entreprise, l’industrie, l’agriculture et pour tout ce qui, de manière générale, fonctionne et soutient une société. Bonne surprise, cette triste réalité est connue ! Ainsi, 66 % des personnes interrogées pensent qu’il y a “trop de normes environnementales pour les entreprises” et que ces normes, “révélatrices d’une bureaucratie trop importante” (75 %), “fragilisent la compétitivité de l’industrie française” (67 %).

Autre point intéressant, et très actuel : la fiscalité verte [penser taxe carbone]. Les “gilets jaunes” sont passés par là, et la fin du monde ne fait plus le poids face aux fins de mois. Cette fiscalité à but écologique est considérée par 62 % des sondés comme “un outil injuste qui pèse d’abord sur les classes moyennes, rurales ou défavorisées”. Revenus des grands discours catastrophistes, les Français sont également 62 % à voir dans l’écologie politique “un prétexte pour créer un nouvel impôt” et pas du tout “une nécessité face à l’urgence environnementale”, qui est pourtant l’un des arguments massues du discours écologiste sur l’air du “c’est pour le climat, c’est pour la planète”. Conclusion de l’étude : ça ne marche plus.

« J’avoue que je n’espérais pas un tel soutien populaire à nos entreprises, ni une telle défiance envers les excès écologistes », s’enthousiasme Benoît Rittaud, président de l’Association des climato-réalistes. Bertrand Alliot, porte-parole d’Action Écologie, abonde dans son sens : « Cette étude montre de manière éclatante qu’une grande majorité de Français estime que l’excès d’écologisme est un puissant facteur de désorganisation. » Plus important encore, selon lui, en estimant à 78 % que “l’écologie devrait davantage s’adapter aux réalités économiques et industrielles”, les Français « réfutent l’idée d’une “crise existentielle” pour l’humanité liée aux enjeux écologiques car, dans le cas contraire, ils diraient que c’est l’économie qui doit s’adapter aux réalités écologiques ».

Plus encourageant encore (quoique de manière moins nette), plus d’un Français sur deux (55 %) considère “la fiscalité verte” comme “une contrainte inefficace qui culpabilise sans offrir d’alternatives concrètes”. Les mots sont importants : “inefficace”, “culpabilise”. On touche ici à la nature même de l’écologisme : une construction essentiellement théorique, dogmatique, dont le but — changer la société — est sans rapport avec l’objet concerné (pesticides, bassines, plastique, etc.).

Résultat notable également: les sondés sont 84 % à estimer que “les mouvements écologistes tentent souvent d’imposer leurs convictions par la pression médiatique et judiciaire, sans passer par le débat démocratique”. Un chiffre qui n’est pas étonnant quand on sait que les écologistes ne se soucient du peuple que lorsqu’il pense comme eux ou pour prétendre le corriger. Le peuple en question n’étant pas dupe, cela explique aussi bien ce résultat écrasant que les scores misérables des candidatures écologistes à l’élection présidentielle (3,26 % des suffrages en moyenne depuis 1974), que l’étude rappelle. « On sait depuis longtemps qu’il y a une distorsion énorme entre la visibilité médiatique de l’écologisme et son poids réel dans l’opinion, mais ce rapport qui quantifie les choses est tout à fait bienvenu », poursuit Benoît Rittaud.

Parlant à ce propos d’une « illustration de la théorie de la tyrannie des minorités », Dominique Reynié pose la question essentielle : « Pourquoi, ou à quel titre, un courant électoralement insignifiant, et depuis si longtemps, parvient-il à bénéficier d’une considération politique et médiatique que l’on pensait réservée à de grands partis ou à de grands électorats? »

La réponse est peut-être dans la question (et aurait mérité de ce fait de figurer dans le sondage) : il s’agit du rôle crucial joué par les médias, où le traitement des questions environnementales relève quasiment exclusivement de l’écologisme et non de l’écologie. Une mainmise décisive qui explique d’ailleurs quelques résultats étonnants, présents dans l’étude; ainsi 57 % des sondés ont “une bonne image des associations ou mouvements écologistes”, 49 % considèrent que les associations environnementales constituent un “contre-pouvoir constructif” et 45 % les jugent plus “responsables” que “radicales”. « Ils sont très majoritairement assez sévères et lucides, en les considérant comme des organisations idéologiques, déconnectées du terrain, mais, paradoxalement, ils en ont majoritairement une bonne image, alors que la mise en œuvre de l’écologie punitive sur le territoire français et européen leur doit beaucoup », commente Bertrand Alliot. Preuve que la propagande a bien travaillé, les Français semblent considérer l’écologisme non comme un système intrinsèquement pervers, une erreur anthropologique, mais comme la regrettable dérive d’une idée demeurée malgré tout positive. Or la vérité oblige à dire que l’écologisme a tout envahi, ne laissant rien d’intact dans ce qu’on appelle aujourd’hui, en France, l’écologie. Tout est à reprendre. Par chance, et c’est le grand mérite de cette étude que de le démontrer, pour la grande révolution intellectuelle dont elle a besoin, l’écologie pourra compter sur le soutien populaire. 

Source : Valeurs actuelles

jeudi 27 mars 2025

Sondage (n=1500) — Près des 2/3 des Canadiens contre le triplement de la population du Canada d'ici 2100

L'organisme Les Canadiens pour une société durable ont demandé à Léger Opinion de réaliser un vaste sondage approfondi sur les attentes du public canadien et sur les résultats des politiques actuelles. Les résultats sont frappants. Nous présentons ci-dessous un résumé des résultats du sondage et quelques graphiques issus de ce rapport.

  • Les Canadiens accordent de l'importance à l'accès à la nature, à l'égalité et à l'État de droit.
  • Les Canadiens privilégient la qualité de vie plutôt qu'une économie plus importante.
  • Ces résultats sont diamétralement opposés à la croissance sans fin, aux politiques de développement et de financement actuellement en place, qui vont à l'encontre des exigences d'équilibre environnemental et de résilience alimentaire et énergétique, et maintenant, comme le révèle ce sondage, même des principes démocratiques de base.

Selon l'organisme, il s'agit du plus grand sondage sur les souhaits des Canadiens et sur leur perception des tendances passées et futures. Ce sondage a été réalisé auprès de 1 500 personnes qui ont répondu à plus de 25 questions sur ces sujets.

D'autres résultats:

  • 25 % des jeunes adultes ont été contraints de déménager en raison de l'inflation des loyers. (« appréciation des actifs »)
  • Moins de 20 % sont favorables au recours à l'immigration pour modifier la culture et la composition ethnique du Canada.
  • Moins de 15 % sont favorables à l'importation de main-d'œuvre bon marché.
  • Qualité de vie : Plus de 50 % pensent qu'elle s'est dégradée contre 20 % qui pensent qu'elle s'est améliorée.
  • En ce qui concerne la politique actuelle du gouvernement (Initiative du siècle) visant à faire passer la population du Canada de 40 à 100 millions d'habitants, seuls 13% pensent que c'est une bonne idée, tandis que 60 % pensent que c'est une mauvaise idée, soit un rapport de près de 5 contre 1.
  • En ce qui concerne le meilleur endroit où vivre : pour 82 % des personnes interrogées, il ne s'agit pas d'une grande ville.
  • Concernant l'augmentation de la population dans les grandes villes : La qualité de vie est moins bonne pour 66 % des personnes interrogées, alors qu'elle est meilleure pour 8 % d'entre elles ; un rapport de 8:1 s'oppose à l'agrandissement des villes (en particulier sur les terres agricoles).
  • Taux d'immigration : 49 % des personnes interrogées souhaitent une diminution de l'immigration, contre 36 % qui souhaitent une augmentation, soit un rapport de 3:2.
  • Pour la main-d'œuvre qualifiée : 36 % disent investir dans les Canadiens contre 4 % qui disent compter sur l'immigration ; un rapport de 9:1.
  • Domaines d'inquiétude. La plupart des répondants souhaitent des résultats compatibles avec une population stable.
  • Les questions qui fâchent. La plupart s'alignent sur les résultats d'une économie basée sur le développement et la croissance de la population.
  • Un plus grand nombre de répondants pensent que le Canada fait un mauvais travail plutôt qu'un bon travail sur diverses questions clés liées à la qualité de vie et à l'environnement, ainsi que sur la résolution des problèmes liés à la croissance de la population.
  • En ce qui concerne la corruption et les conflits d'intérêts des hommes politiques : 44% affirment que les hommes politiques ne devraient pas être impliqués dans des entreprises qu'ils ont réglementées au cours de leur carrière post-politique.
  • Corruption. En ce qui concerne la corruption et les liens des politiciens avec les promoteurs, 59% soutiennent la création d'un groupe de travail de la GRC sur le crime organisé.
  • Résultats des questions démographiques. Une population stable (qui n'augmente pas) serait soutenue par 38 % contre 35 % qui souhaitent une croissance continue. 
  • 31 % souhaitent une réduction de l'immigration contre 30 % qui ne souhaitent pas une réduction de l'immigration.
  • 63 % pensent que notre politique d'immigration devrait avoir pour objectif de profiter aux Canadiens, contre 7 % qui pensent qu'elle devrait résoudre les problèmes des autres pays : un rapport de 9:1 contre la tentative d'absorber les problèmes du monde. 


Plus de la moitié des Canadiens (54 %) pensent que la qualité de vie a diminué dans les villes canadiennes au cours des quarante dernières années.

Les femmes (par rapport aux hommes) et les personnes âgées de 55 ans et plus (par rapport aux personnes âgées de 18 à 54 ans) sont particulièrement enclines à être de cet avis. Cependant, deux personnes sur dix (20 %) pensent que la qualité de vie dans les villes canadiennes s'est améliorée au cours des 40 dernières années, en particulier les hommes (24 % contre 17 % des femmes) et les personnes vivant au Québec (29 % contre 18 % dans le reste du Canada). 17 % ne croient pas que la qualité de vie dans les villes canadiennes a changé.


60 % des Canadiens qualifient de « mauvaise » idée le triplement la population du Canada d'ici 2100.

Six personnes sur dix (60 %) qualifient cette idée de « mauvaise », mais les avis sont partagés quant au degré de cette mauvaise idée : 32 % pensent qu'il s'agit d'une mauvaise idée, tandis qu'un peu moins (28 %) pensent qu'il s'agit d'une très mauvaise idée. Environ une personne sur dix (13 %) pense qu'il s'agit d'une bonne idée, mais seulement 2 % pensent qu'il s'agit d'une très bonne idée. Près de trois personnes sur dix (27 %) sont neutres ou ne savent pas quoi penser de cette idée. Les Canadiens âgés de 35 ans et plus sont plus enclins à penser qu'il s'agit d'une mauvaise idée (64 %) que la plus jeune cohorte mesurée (51 % des 18-34 ans), tout comme ceux qui vivent dans une zone rurale (68 % contre 58 % de ceux qui vivent dans un environnement urbain/suburbain). Les hommes sont plus nombreux à penser qu'il s'agit d'une bonne idée (15 % contre 10 % des femmes), tandis que les femmes sont plus nombreuses à ne pas savoir ce qu'elles pensent de cette idée.

Au moins la moitié des Canadiens pensent qu'une augmentation de la population dans la région du Grand Toronto, à Vancouver et à Montréal aggraverait la situation.

Plus des trois quarts pensent qu'une augmentation de la population nuirait à la préservation des terres agricoles (78 %), à l'accès à la nature (76 %) et à l'accessibilité du logement (76 %), tandis qu'environ deux tiers estiment qu'elle nuirait à un environnement sain (73 %), à la qualité de vie (66 %) et aux efforts déployés pour lutter contre le changement climatique (66 %).

Six personnes sur dix pensent qu'elle aggraverait l'extinction des espèces (64 %) et la santé personnelle (60 %), tandis qu'un peu plus de la moitié estiment qu'elle détériorerait la qualité de l'emploi (55 %), les salaires (54 %) et la cohésion sociale (53 %). 
 
Dans presque tous les cas ci-dessous, les personnes âgées de 35 ans et plus sont plus susceptibles de croire qu'une augmentation de la population détériorerait chaque situation que les Canadiens plus jeunes. Notamment, alors que ceux qui vivent dans des zones rurales sont plus enclins à penser qu'une augmentation de la population aggraverait plusieurs des situations ci-dessous, ceux qui vivent déjà dans ces villes (c'est-à-dire ceux qui vivent dans des zones urbaines et/ou suburbaines) sont plus enclins à penser qu'une augmentation de la population améliorerait plusieurs des situations ci-dessous.

mercredi 27 décembre 2023

Canada — les verts (écolos) de l'île du Prince-Édouard pensent qu’il faut faire une pause sur l’immigration

L'Île-du-Prince-Édouard continue de voir sa population augmenter par le fait de l'immigration. Avec un système de santé qui semble à bout de souffle et une crise qui dure dans le secteur du logement, de nouvelles voix s'élèvent pour demander au gouvernement provincial de ralentir l'immigration afin de pouvoir régler ces problèmes.

L'Île-du-Prince-Édouard a beau être la plus petite province du Canada, elle figure dans le trio de tête de la croissance démographique. Selon les derniers chiffres publiés par Statistique Canada le 19 décembre, la province comptait 175 853 habitants au 1er octobre 2023, 4 % de plus en un an. L'Alberta et l'Ontario sont les deux autres provinces où la croissance de la population dépasse la moyenne nationale.



Cette situation met les soins de santé sous pression, de l'aveu même du ministre de la Santé Mark MacLane, qui déclarait à l'Assemblée législative le mois dernier que la santé provinciale "lutte contre le courant de la croissance démographique".

Du côté du logement, la situation n'est pas meilleure. La province a le marché locatif le plus tendu du pays, avec moins de 1 % des logements inoccupés.

Alors qu'il faudrait mettre en chantier 2000 logements chaque année pour suivre la hausse de la population, seuls 886 ont été lancés sur les trois premiers trimestres de 2023 étant donné la hausse des taux d'intérêts pour juguler l'inflation, selon les chiffres de la Société canadienne d'hypothèques et de logement.

 
 
Dans ce contexte, certains se demandent pourquoi la province a mis en place des programmes d'immigration offensifs.

Les données démographiques montrent en effet que la hausse de la population de la province est presque exclusivement due à l'immigration internationale, une immigration qui s'accélère : 1070 nouveaux résidents permanents étaient comptabilisés à l'Île-du-Prince-Édouard en 2018; ils sont 2050 en 2023.

La cheffe par intérim du Parti vert, Karla Bernard, pense qu'il est temps de faire une pause. "Nous invitons des gens dans notre province alors qu'il n'y a pas de logement pour les personnes qui sont ici ou qui arrivent. Il n'y a pas de soins de santé pour celles qui sont ici ou qui arrivent", argue-t-elle.

Source : Radio-Canada

mercredi 9 août 2023

Feux de forêt en Nouvelle-Écosse — prévision de récoltes de bleuets plus importantes dans les années à venir

Les feux de forêt qui ont ravagé certaines parties de la Nouvelle-Écosse au cours des derniers mois ont été dévastateurs pour la plupart des agriculteurs, mais pour les producteurs de bleuets sauvages, cela pourrait signifier de grosses récoltes dans les années à venir.

De nouveaux plants de bleuets repoussent un peu plus de deux mois après qu'un incendie de forêt a brulé le champ de Peter Sutherland, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

L’agriculteur Peter Sutherland a perdu une partie de son équipement et environ 20 % de ses plants lors des incendies du mois de juin.

Il sait toutefois que pour les plants de bleuets qui ont survécu, les incendies stimulent l’apparition de nouvelles pousses.

"C'est la raison pour laquelle on a des bleuets sauvages ici ", explique-t-il. "Ce sont des terres qui ont été ravagées par le feu il y a à peu près 100 ans."

Le Centre de recherche sur les bleuets sauvages de l'Université Dalhousie est en mesure d’expliquer pourquoi les bleuets poussent davantage après un feu de forêt : c'est parce que leurs racines sont différentes de celles des autres espèces fruitières.


La plus grande partie d'un plant de bleuets se trouve sous la terre, explique David Percival, directeur du Centre de recherche sur les bleuets sauvages de l'Université Dalhousie.

"Les pommiers, par exemple, ont des racines qui représentent 20 % à 25 % de la plante, mais avec les bleuets, on parle de 75 % à 85 %", explique le directeur du Centre, David Percival.

Après un feu, les plants de bleuets se servent des réserves entreposées dans leurs racines et dans leurs tiges.

Source : Radio-Canada

mardi 20 juin 2023

Crise climatique — Le Sahel reverdit

Le sahel

Climatiquement sinistrée dans les années 1980, la zone enregistre depuis plusieurs années des pluies abondantes et des récoltes records.

Le 10 mai 2023, le ministère malien de l’Agriculture a mis en ligne un communiqué très positif sur la récolte de céréales en 2023-2024. Cette saison encore, elle devrait battre celle de l’année précédente (de 6 % exactement), « sous l’effet d’une expansion des superficies plantées, d’une météorologie favorable et d’une distribution améliorée des engrais aux producteurs ». Le Mali exporte désormais 10 à 15 % de ses céréales vers les pays voisins. En décembre 2022, le gouvernement a même décidé de les bloquer dans l’espoir de ralentir la hausse des prix en interne !

Les disettes subsistent au Sahel, mais beaucoup moins désormais à cause du climat qu’en raison de l’insécurité, qui gêne le travail des agriculteurs. C’est le cas au Niger. Dans ce pays, classé parmi les plus pauvres d’Afrique, les récoltes battent des records : + 69 % pour les céréales en 2022 par rapport à l’année précédente, avec une hausse d’un tiers de la superficie totale des cultures emblavées. L’insécurité alimentaire est causée par les islamistes et le manque d’engrais, bien plus que par la sécheresse.

L’anomalie climatique des années 1970 et 1980

Pour les spécialistes, ces informations n’ont rien de surprenant. Le grand public a gardé du Sahel une image surannée, fixée dans les années 1980 : une immense zone subsaharienne inexorablement grignotée par le sable et les dunes, faute de précipitations. « L’Afrique de l’Ouest a effectivement connu un épisode de sécheresse brutal de 1968 à 1993 », explique Luc Descroix, hydrologue à l’Institut de recherche pour le développement. « C’est du passé. Nous avons désormais des données robustes qui nous permettent de dire que la pluviométrie est revenue à son niveau moyen de long terme. »

Bonne nouvelle supplémentaire, le retour de la pluie au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Tchad va se pérenniser, sous l’effet du changement climatique. « Les terres se réchauffent plus vite que l’eau dans le golfe de Guinée, explique Luc Descroix. Cela rend la mousson plus puissante. »

Le phénomène est comparable à ce que les météorologues appellent un « épisode cévenol », ou les marins un « thermique », mais à l’échelle d’un continent. Schématiquement, l’air surchauffé du Sahel monte, ce qui pompe vers l’intérieur de l’Afrique des masses d’air océanique, relativement plus fraîches et surtout chargées d’humidité. « On est parti pour des moussons efficaces au moins jusqu’en 2100 », résume Luc Descroix. À tel point que le Sahel connaît parfois maintenant des inondations !

L’analyse des séries de photos satellites confirme « une tendance au reverdissement à l’échelle régionale comme résultat de l’amélioration des conditions pluviométriques à partir des années 1990 », expliquent des chercheurs français et africains dans une étude parue en 2021 dans la revue Physio-Géo. La période 1968-1994 était « une anomalie sèche », aux causes encore mal comprises.

Quand la surpopulation fait reculer la famine

Luc Descroix fait beaucoup de terrain. Il se trouvait en Guinée lorsque Le Point l’a interrogé. Il explore sur place un autre phénomène, encore plus contre-intuitif qu’un reverdissement lié au réchauffement climatique. Le recul de la famine serait parfois la conséquence, et pas seulement la cause, de la hausse de la population au Sahel. « On observe un reverdissement accéléré dans les régions les plus peuplées », relève l’hydrologue.

Il a une hypothèse, assise sur ses observations, à confirmer : « Les paysans, plus nombreux, ont les moyens de passer d’une agriculture extensive à une agriculture intensive réfléchie. Rien de nouveau. On pourrait comparer certains secteurs du Sahel aux zones de culture en terrasses de Toscane. La terre est ingrate, mais, avec un travail important, elle peut nourrir beaucoup de monde. »

En deux décennies, dans de nombreuses zones rurales du Sahel, la population a doublé et les rendements ont triplé, amorçant une boucle vertueuse. « Il y a de la main-d’œuvre pour travailler, de la pluie pour faire pousser des acacias qui fixent l’azote et de l’argent pour acheter des intrants. Résultat, la sécurité alimentaire s’améliore. Les terres sont très médiocres, mais, avec un travail intensif, elles nourrissent 400 habitants par kilomètre carré », soit une densité quatre fois supérieure à celle de la France, plus proche de celle des Pays-Bas.

La surpopulation n’épuiserait-elle donc pas forcément une terre spontanément nourricière ? « L’idée fait son chemin, mais elle ne fait pas encore consensus, sourit Luc Descroix. Disons que je fais figure d’afro-optimiste… »

Source : Le Point

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dimanche 12 février 2023

Écologie — Le Reich était vert de gris

Dans un étonnant livre enquête, Philippe Simonnot explique comment le nazisme se fit le champion de l’écologie politique en puisant au même antihumanisme qu’elle.

Carte postale des années 30, « Le Führer, l’ami des animaux »

 À défaut de l’avoir jamais su, on l’avait oublié. Moins par inattention qu’à cause d’un chaînon manquant, qui avait comme interrompu le fil de l’histoire. Entre la naissance de l’écologie comme science en 1866, sous la houlette du biologiste allemand Ernst Haeckel, et sa mutation en idéologie de la contre-culture en 1968, la page serait restée blanche. Il a fallu Luc Ferry et son Nouvel ordre écologique, qui dénonçait, en 1992, les dangers de la écologie profonde et son refus de tout anthropocentrisme, pour rappeler qu’entre ces deux dates, le nazisme avait fait franchir à l’écologie une étape décisive en en faisant une réalité politique. C’est la genèse de cette filiation que retrace et démêle d’abord Philippe Simonnot, récemment disparu, dans Le Brun et le Vert. Avant de scruter le corpus législatif et réglementaire pléthorique dont les nazis dotèrent le IIIe Reich en matière d’écologie, dès l’accession de Hitler au pouvoir en 1933.

À l’origine était donc Haeckel. Inconnu du public français, ce spécialiste des invertébrés marins fut le promoteur de Darwin en Allemagne, mais surtout l’inventeur du darwinisme social, soit l’application aux sociétés des théories du naturaliste britannique, et parmi elles la sélection naturelle et l’élimination des plus faibles. De la théorie évolutive, Haeckel, farouchement antichrétien et anti­sémite, déduisit d’une part le caractère insignifiant de l’humanité et l’absence de frontière entre celle-ci et le monde animal, de l’autre une classification des races humaines. Et c’est sous le patronage d’un Darwin revu et corrigé qu’il plaça son concept d’Ökologie, en le définissant comme « le corps du savoir concernant l’économie de la nature (…), l’étude de ces interrelations complexes auxquelles Darwin se réfère par l’expression de conditions de la lutte pour l’existence ».

Après Haeckel, mort en 1919, son disciple Walther Schoenichen reprit le flambeau de la science écologique naissante. Directeur de l’Office d’État pour la préservation de la nature en Prusse sous la république de Weimar, il adhéra au Parti nazi en 1932 et salua l’arrivée de Hitler au pouvoir l’année suivante en affirmant dans son journal : « Le peuple allemand doit être nettoyé, et de même la campagne allemande. » Un programme que le IIIe Reich naissant allait suivre à la lettre. Car pour les théoriciens nazis, le peuple allemand puise sa force de l’union du sang et du sol (Blut und Boden), menacée par les forces adverses de la démocratie, du capitalisme, du libéralisme, qu’il importe donc de combattre pour protéger l’un et l’autre.

Cette religion de la nature plus ou moins baignée de romantisme agraire et d’anti-urbanisme imprégnait déjà en réalité un appareil nazi hostile à tout anthropocentrisme. Membre du parti, le biologiste Paul Brohmer affirmait ainsi : « Selon notre conception de la nature, l’homme est un chaînon dans la chaîne naturelle comme n’importe quel organisme. » De 1933 à 1942, près de vingt-cinq lois et règlements donnèrent corps à cette croyance. Expression d’un souhait personnel de Hitler, la grande loi sur la protection de la nature de 1935 imposa l’idée d’une nature reine à protéger contre le capitalisme destructeur des paysages. Votée deux ans plus tôt, la loi sur la protection des animaux, qui ne faisait pas de différence entre animaux domestiques et sauvages, utiles et nuisibles pour l’homme, la surclassait pourtant. Elle fut encore renforcée par une loi sur l’abattage des animaux — qui visait en réalité le rituel des Juifs, accusés d’insensibilité — et d’autres lois et décrets sur leur transport, l’éclairage et la ventilation des stalles, le ferrage des chevaux, mais aussi l’interdiction aux Juifs de détenir des animaux domestiques. On alla jusqu’à prohiber l’application d’œillères aux chevaux !

Tous les barons du régime se mobilisèrent pour défendre cet arsenal législatif. Hitler apparut nourrissant des biches dans la forêt sur des cartes postales légendées « Le Führer, ami des animaux ». Apôtre du Blut und Boden, Richard Walther Darré, ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture, justifia l’extension du Reich vers l’est en affirmant que seule la race germanique était apte à tirer le meilleur profit de ses terres, et promut une exploitation agricole permettant de « garder la terre en bonne santé ». Mais c’est Göring qui fut le champion absolu de l’écologie nazie. Comme « grand veneur du Reich », il inspira en 1934 une loi qui encadrait sévèrement la chasse et, note Simonnot, faisait du chasseur « le responsable d’un état originel sauvage ». Comme maître des forêts du Reich, il s’appliqua à sanctuariser ce berceau mystique de la race germa­nique, lieu de son enracinement et de son unicité, à l’opposé du désert des Juifs, réputés un peuple d’errants, ennemi des forêts.

C’est encore le régime nazi qui construisit, sous la houlette du ministre Fritz Todt et de son adjoint Alwin Seifert, nommé « avocat du Reich pour le paysage », des milliers de kilomètres d’autoroutes présentées comme respectueuses de l’environnement, le tout technologique devant s’allier au tout naturel. Et qui promut l’agriculture biodynamique, soutenue par la SS de Himmler dans les territoires conquis à l’est. Là, Seifert entendait « germaniser » le paysage en plantant de forêts la steppe polonaise. À nouveau, l’écologie nazie se faisait l’alliée du nationalisme raciste du régime.

Le IIIe Reich disparu, les thuriféraires de sa politique écologique ne furent pas inquiétés après la guerre. Leur défense consista à affirmer, comme Seifert, qu’ils avaient

« été plus verts que bruns ». Les décennies passèrent et il fallut attendre le milieu des années 1980 pour voir un écologiste allemand membre du parti des Verts, Rudolf Bahro, revendiquer l’héritage écologique du nazisme, jusqu’à souhaiter l’avènement d’un « Adolf vert ». Alors que l’écologie est devenue une sorte de dogme officiel dans le monde occidental depuis les années 2000, lequel de ses militants s’associerait à ce vœu ? Elle n’en formule pas moins, particulièrement dans ses ramifications qui ont pour noms l’animalisme, l’antispécisme et le culte de la nature, des propositions politiques identiques à celles que vota le IIIe Reich, au nom d’un même refus de l’humanisme judéo-chrétien. Cette passionnante enquête refermée, ce sont les conséquences vertigineuses de ce refus qu’elle invite encore à méditer. 

Source : Figaro Histoire

Le brun et le vert
Quand les nazis étaient écologistes
par Philippe Simonnot,
publié le 17 novembre 2022
aux éditions du Cerf,
à Paris,
229 pp,
ISBN-10 : 2 204 152 404
ISBN-13 : 978-2204152402

mercredi 25 janvier 2023

Stratégie climatique de la Caisse des dépôts du Québec : un demi-milliard de $ dégringole à 189 millions

Quand l'idéologie écologiste, pardon la « stratégie climatique », appauvrit les Québécois.


Une autre tuile s’abat sur un producteur indien d’énergie renouvelable soutenu à hauteur d’environ un demi-milliard par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) – un investissement qui a fondu comme neige au soleil. Le risque de défaillance chez Azure Power Global est désormais élevé, estiment deux des principales agences de notation.

Cette récente mise en garde de Moody’s et de Fitch Ratings s’accompagne d’une décote à l’endroit de la société, une décision qui fait grimper ses coûts d’emprunt. Une série d’irrégularités en matière de gouvernance ont éclaboussé Azure l’été dernier, ce qui a provoqué une dégringolade de son action à la Bourse de New York.

« La décote reflète nos inquiétudes en matière de gouvernance en raison de l’incapacité de la direction à divulguer de l’information financière dans les délais, observe Fitch. Il existe toujours un flou sur les contrôles internes non résolus chez Azure […] sur sa performance globale et la flexibilité financière de ses entités. »

Selon Fitch, une note de crédit de « BB » – qui a été attribuée à Azure – signifie une « vulnérabilité élevée au risque de défaillance », particulièrement si le contexte économique continue à se détériorer. À court terme, la société est en principe capable de faire face à ses engagements financiers.

Principal actionnaire d’Azure avec une participation de 53,4 %, le bas de laine des Québécois n’est pas le seul à souffrir de la débâcle du producteur d’énergie renouvelable fondé en 2008 et qui développe notamment une plateforme d’énergie solaire en Inde. Le Régime de retraite des employés municipaux de l’Ontario (OMERS), deuxième actionnaire en importance (21,5 %), a aussi des centaines de millions en jeu. Les deux institutions comptent chacune un représentant au conseil d’administration.

Squelettes dans le placard

La débâcle boursière d’Azure a pris de l’ampleur le 29 août dernier avec un plongeon de 44 %. Le départ surprise du président-directeur général – qui n’était en poste que depuis deux mois – avait été annoncé dans des circonstances toujours nébuleuses. La société avait aussi révélé avoir reçu, quelques mois auparavant, une plainte d’un lanceur d’alerte à propos de potentielles irrégularités et inconduites de la part de certains employés.

On ignore toujours le fond de l’histoire, qui a néanmoins provoqué une dégringolade du titre sur Wall Street. Au cours actuel de l’action (4,15 $ US), le placement de la CDPQ ne vaut plus que 189 millions US. À son sommet en janvier 2021, le titre de l’entreprise valait plus de 50 $ US sur Wall Street.

Après une analyse qui s’est amorcée fin août, Moody’s a également décidé d’abaisser, la semaine dernière, les notes de crédit des entités d’Azure, qui varient entre Ba2 et Ba3 – une catégorie jugée très spéculative par l’agence new-yorkaise. Celle-ci partage les inquiétudes de Fitch.

« Les risques de gouvernance pèsent lourd dans la balance, écrit Moody’s. La décote […] est attribuable à des problèmes de gouvernance interne qui ont retardé le dépôt des états financiers audités, à des plaintes qui n’ont pas été traitées et à du roulement de personnel chez les cadres supérieurs. »

Source : La Presse


lundi 5 décembre 2022

Regain du nombre de monarques au Mexique

Chaque année, les papillons monarques migrateurs parcourent jusqu’à 3 000 km depuis le Québec et l’Est de l’Amérique du Nord pour passer l’hiver dans les forêts du centre et de l’ouest du Mexique.

Les fins de semaine hivernales amènent des centaines de visiteurs dans la Sierra Chincua, un sanctuaire idyllique pour les monarques dans l’État occidental de Michoacán, à environ trois heures de route de Mexico.

La Sierra Chincua est un site du patrimoine mondial de l’UNESCO s’étendant sur quelque 56 000 hectares.

« Le tourisme aide à conserver la forêt, c’est ainsi que nous soutenons nos familles », a déclaré Juan Vidal, l’un des trois douzaines de gardes du parc qui patrouillent dans la forêt et travaillent comme guides.

Les papillons monarques virevoltent dans le sanctuaire de papillons de la Sierra Chincua à Angangeo, dans l’État du Michoacán, au Mexique. 3 décembre 2022

 Aujourd’hui, Vidal, 54 ans, dit qu’il y a moins de monarques que lorsqu’il est arrivé enfant.

La population de monarques migrateurs a chuté entre 22 % et 72 % au cours de la dernière décennie, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, qui a déclaré l’espèce en voie de disparition en juillet.

Certains scientifiques attribuent cette chute au changement climatique, aux pesticides et à l’exploitation forestière illégale pour le déclin de la population.

La présence des monarques dans les États où ils passent l’hiver, le Michoacán et l’État voisin de Mexico, s’étendait sur 18 hectares au milieu des années 1990. Mais l’hiver dernier, la superficie était tombée à seulement 3 hectares.

La migration de l’année dernière, cependant, a offert une lueur d’espoir pour l’avenir du monarque. Leur présence au Mexique a en fait augmenté de plus d’un tiers par rapport à 2020.

Luis Martinez, l’un des rangers de Sierra Chincua, s’attend à une nouvelle amélioration cette année. « Nous avons plus de papillons cette année, plus sont arrivés ici parce que la colonie est plus grande », a-t-il déclaré.

Source : Reuters


mardi 15 novembre 2022

Une fois en Amérique Nord, l'empreinte carbone d'un immigré est multipliée par plus de trois (3)

M. Trudeau veut importer un demi-million d’immigrés par an au Canada, très peu provenant d’Europe. Il se dit aussi très soucieux du bilan carbone du Canada. Comment ces deux buts sont-ils conciliables alors que chaque habitant en Amérique du Nord a une empreinte carbone très largement supérieure à celle des pays d’où proviennent les immigrés ?

Même le Québec aurait une véritable empreinte carbone de 15 tonnes de gaz à effet de serre par habitant (et non 10 tonnes selon d’autres calculs). C’est bien plus que les moins de 2 tonnes par personne en Afrique subsaharienne, les 2 à 3 tonnes en Asie du Sud-Est et près de 4 tonnes pour l’Amérique du Sud. 

Chaque personne qui immigre au Canada en provenance du Sud détériore donc le bilan carbone de la planète, il aurait eu une empreinte carbone nettement moindre s’il était resté dans son pays ou avait immigré dans un pays avec une moindre empreinte carbone (soit quasiment tous les pays du monde).

Il existe sans doute une solution pour concilier à la fois la mégalomanie immigrationniste du fils Trudeau et diminuer le bilan carbone du Canada : réduire considérablement notre niveau de vie en augmentant sensiblement le prix de l’énergie. Le confort, le transport, l’industrie et l’automatisation ne sont qu’énergie transformée. En réduisant sensiblement notre niveau de vie, l’État pourra imposer la simplicité « involontaire » à tous et accueillir plus d’immigrants tout en baissant le bilan carbone du pays. Quel avenir radieux ! Est-ce là la voie ensoleillée dont nous parlait Trudeau en 2015 ?

 La hauteur correspond aux émissions moyennes exprimées en tonnes de CO2 par personne et par an. La largeur désigne la taille de la population. Le Canada est à 15,2 tonnes (tout en haut en vert) alors que l’Inde est à 1,7 tonne…

Les calculs d’un groupe d’économistes de l’École d’économie de Paris (PSE) sont légèrement différents avec des données de 2019 et en comptabilisant les importations nettes de biens et services. En moyenne, chaque être humain émet 6,6 tonnes de CO2 par an. Comme l’indique notre carte, cette moyenne varie de 1,6 tonne par personne en Afrique subsaharienne, à 20,8 tonnes par habitant en Amérique du Nord. Sur le Vieux Continent, le niveau d’émissions de CO2, qui inclut l’impact des biens et services importés d’autres régions, se situe actuellement à 9,7 tonnes par Européen.

 

Pour ce qui est de l'impact de la hausse des coûts de l'énergie sur l'économie, il suffit de considérer ce qui se passe en Europe actuellement.


mardi 9 août 2022

« Écologie » — Forêt millénaire allemande détruite pour faire place à des éoliennes

Chêne centenaire de la forêt du Reinhardswald
 
 Dans le quotidien suisse NZZ, la Neue Zürcher Zeitung, Christian Saehrendt écrit sur « l’absurdité » de l’abattage d’une des dernières forêts intactes d’Europe pour faire place à de monstrueux parcs éoliens.

Le Reinhardswald couvre une superficie d’environ 200 kilomètres carrés, on trouve des chênes séculaires, une biodiversité naturelle très développée qui abrite par exemple des chats sauvages rares et des populations de cerfs blancs — un équilibre qui a mis 1000 ans à s’établir. Cette forêt est le cadre de nombreuses légendes populaires. S’y trouve le château de Sababourg, dont les frères Grimm on fait le château de la Belle au bois dormant dans leurs Contes de l’enfance et du foyer.

La NZZ rapporte : « À l’automne, la direction de la Documenta [une grande exposition de Cassel] a planté des chênes dans le féérique Reinhardswald près de Cassel pour sauver le climat. Maintenant, la forêt va céder la place aux éoliennes, ce qui sauvera encore mieux le climat. Un bel exemple de l’absurdité de la transition énergétique allemande.

Dans le nord de la Hesse, au centre de l’Allemagne, se trouve l’une des plus grandes zones forestières contiguës d’Europe centrale, le Reinhardswald, surnommé la “forêt féérique”. Les Allemands et leur forêt — c’est un sujet chargé d’histoire, dans lequel l’identité nationale, les mythes historiques et le romantisme politisé jouent des rôles importants. »

« Pour libérer l’Allemagne des importations d’énergie russe »

Le quotidien suisse ajoute : « Ce printemps, les autorités du nord de la Hesse ont approuvé la construction d’un parc éolien avec au moins dix-huit éoliennes de 240 mètres de haut au milieu de cette zone forestière, ce qui a semé la consternation générale.. »

La forêt-relique sur la place des Frères Grimm à Cassel

La région rurale et densément boisée autour de Cassel, où se tient cette année encore l’exposition artistique mondiale Documenta, a en fait traditionnellement misé sur le tourisme au « pays des contes de fées » et est desservie par la « Route allemande des contes de fées ». « Par le passé, cette stratégie a également été couronnée de succès auprès des touristes étrangers, notamment asiatiques », écrit la NZZ.

Les partisans des usines éoliennes défendent la déforestation de l’une des dernières forêts vierges d’Europe en affirmant que seules des zones malades de la forêt sont déboisées et que les turbines « libéreront l’Allemagne de l’emprise des importations d’énergie russes ».... et sauveront notre climat pour les générations à venir. « Le ministère fédéral allemand de l’Environnement a récemment autorisé la construction de parcs éoliens dans les aires naturelles protégées. En outre, la protection des espèces sera affaiblie », rapporte avec précision la NZZ. L’initiative « Windpark-Reinhardswald-against » a déclaré : « Le prétendu trésor des forêts européennes — est en ruine depuis des décennies. Nous sommes consternés. »

La haie d’épines du Monde de Grimm
 
 
Pas de souci, qu’ils se promènent dans des forêts succédanées

« Alors que la vraie forêt féérique, historiquement enracinée, à l’extérieur de la ville, est en train d’être abattue, on en crée des ersatz artificiels à l’intérieur de la ville. Ainsi, la société civile de Cassel se bat depuis des mois pour le réaménagement de la place des Frères Grimm, qui est conçue sous la forme d’une » forêt de conte de fées », composée de pins et d’arbustes — ce qui permet au mieux d’illustrer une forêt miniature sur un ilot de circulation. »

La NZZ ajoute : « Dans le musée Grimm de Cassel — le Grimmwelt, — qui sera à nouveau un site de la Documenta cet été, on a déjà aménagé une forêt artificielle, une “haie d’épines” créée par ces brosses vertes verticales que l’on rencontre dans les lave-autos. Même dans ces événements locaux, une tendance de notre époque devient visible : la désensibilisation et le filtrage médiatique de notre expérience. La nature est de plus en plus mise en scène et irréelle. Des bosquets urbains au lieu de forêts vierges, des mondes artificiels au lieu de la nature, tandis que le paysage extérieur devient de plus en plus inhospitalier et perd son visage. »


« Les voix qui sortent des haut-parleurs de la haie de la Belle au bois dormant créent un agréable effet effrayant. »

samedi 18 juin 2022

L’Ontario perd des terres agricoles à un rythme effréné à cause de la croissance démographique

La Fédération de l'agriculture de l'Ontario affirme que la province fait face à une augmentation des pertes de terres agricoles alors que l'étalement urbain engloutit des zones auparavant utilisées pour la production.

Les données du Recensement de l'agriculture de 2021 suggèrent que l'Ontario perd 319 acres (130 hectares) de terres agricoles par jour, ce qui équivaut à la perte d'une ferme familiale moyenne par jour ou encore 180 terrains de football (soccer) par jour.

Le vice-président de la Fédération de l'agriculture de l'Ontario, Mark Reusser, affirme que l'étalement urbain et les nouveaux quartiers d'habitation sont des facteurs majeurs contribuant à la perte de terres agricoles en Ontario, où seulement 5 % de la superficie terrestre constitue des terres agricoles exploitables.

Il ajoute que la COVID-19 et la guerre en Ukraine ont montré à quel point les chaînes d'approvisionnement peuvent être facilement perturbées et ont souligné l'importance d'une production alimentaire canadienne indépendante.

Son organisation, dirigée par des agriculteurs, demande aux gouvernements municipaux et à la province de mieux protéger les terres agricoles et la production alimentaire au cours de la planification de nouveaux secteurs résidentiels pour atténuer la crise du logement née de la croissance démographique très rapide née d'une immigration massive.

Selon M. Reusser, les terres agricoles ont des limites, mais elles peuvent constituer une ressource alimentaire perpétuelle lorsqu'elles sont bien traitées.


samedi 25 septembre 2021

Zemmour c. Mélenchon : débat, florilège, fausses vérifications de BFMTV

Le débat en entier

La vérif des vérificateurs de BFMTV

1) Charles Prats remet la pendule à l’heure après le «#factchecking» [c'est Paris anglomane] de BFMTV sur la fraude sociale dont parlait Éric Zemmour lors du son débat avec Jean-Luc Mélenchon.

2) La vérificatrice de BFMTV et les chiffres de la déliquance

 

3) pour Hervé le Bras (l'« expert » militant cité par BFMTV) ceux qui quittent la France sont principalement des immigrés, les chiffres démontrent le contraire 



Un succès d'audience qui laisse dans la poussière un débat entre droite classique et ministre

20 heures. Place au direct. BFM TV interrompt son programme pour filmer l’arrivée dans ses studios des deux bretteurs : Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon. Ces images rappellent les débats présidentiels d’entre-deux-tours. La mise en scène est travaillée. Mélenchon arrive avec des notes, Zemmour, quant à lui, avec son allant naturel. 21 heures. Le match s’engage. C’est parti pour deux heures de débat.

Immigration, insécurité, fracture sociale et écologie, les deux débatteurs campent sur leurs positions. Elles sont connues. Malgré quelques envolées et un ton parfois élevé, Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour proposent un échange de qualité. Le leader de La France insoumise se montre parfois agressif et aux antipodes de son adversaire. Toutefois, une certaine complicité se dégage entre les deux protagonistes, qui, jadis, se fréquentaient.

Sur Twitter, l’avant-garde des deux parties s’écharpe. Les deux camps veulent savoir si leur champion triomphe ou gît à terre. Égalité parfaite. Le niveau de l’émission fait l’unanimité. « On peut critiquer le débat #ZemmourVsMelenchon, mais les débats ne sont pas si fréquents où sont cités Talleyrand, Rabelais, Bainville, Marx, Glissant, Montesquieu, Rousseau, de Gaulle… », commente Jean-Christophe Buisson, directeur-adjoint du Figaro Magazine.

L’audience est assez éloquente : 3 810 000 téléspectateurs, 18,7 % de part de marché, selon Médiamétrie. Le débat Zemmour-Mélenchon est une réussite. Devançant le programme de TF1, il a totalement occulté celui de France 2. Le face-à-face entre la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, et le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, n’a attiré que 5,1 % d’audience. Un très faible résultat pour l’émission Élysée 2022 animée par Léa Salamé et Thomas Sotto. Entre Zemmour et Mélenchon, le match pour la présidentielle est lancé.


jeudi 20 août 2020

Pour une écologie scientifique et non politique

Patrick Moore est l’un des cofondateurs de Greenpeace. Il raconte son parcours d’écologiste militant précoce, marqué par des expériences réussies, mais aussi de gros échecs.

Il décrit, en termes sans équivoque et appuyés sur de nombreux documents, comment Greenpeace est passée de défis courageux et avant-gardistes (notamment la lutte contre la chasse à la baleine industrielle ou les essais nucléaires atmosphériques), à des engagements anti-scientifiques essentiellement construits autour des inégalités Nord-Sud, structurés de façon dogmatique par les questions climatiques.

Selon Moore, l’Humanité fait partie de la nature et nous devons tenir compte de notre présence et de nos besoins dans l’utilisation des ressources. Le but ne peut pas être de marginaliser l’homme par respect pour la nature. La bonne question est plutôt de savoir comment affiner et renforcer un « développement durable » respectueux de l’environnement tout en répondant aux besoins humains.

Moore se bat pour que les décisions politiques soient fondées sur la science et non sur des convictions absolutistes et utopistes, comme le souhaitent les écologistes radicaux. Il déconstruit en particulier les positions antichlore de Greenpeace ainsi que l’utilisation aveugle du terme « toxique » dans leurs campagnes. Pour lui, les dangers des produits chimiques sont avant tout liés à la durée d’exposition et au dosage. Bien utilisés, ils ont prouvé dans le monde entier leur utilité pour la santé et la nutrition de millions d’êtres humains.

Un récit personnel et un exposé rationnel sur les grands défis environnementaux qui nous attendent.

CONFESSIONS D’UN REPENTI DE GREENPEACE
Pour une écologie scientifique et non politique
par Patrick Moore,
à paraître le 21 Octobre 2020,
aux éditions du Toucan,
collection de l’Artilleur,
à Paris,
556 pages 
Genre : Essais 
ISBN : 9 782 810 009 138

Voir aussi
 

dimanche 9 août 2020

Zemmour : La gauche au pouvoir, Macron, l'endoctrinement de l'école, aux médias, en passant par les chansons

Entretien-fleuve avec Éric Zemmour, paru dans Valeurs actuelles (double numéro d’été).

— Il y a un paradoxe d’apparence dans votre succès sur CNews : la télévision n’est-elle pas le média qui incarne l’inverse des valeurs que vous défendez ? N’est-elle pas le lieu privilégié de la superficialité et de l’immédiateté ?

— La télévision n’a pas toujours été au service de la superficialité. Dans les années 1970, j’ai été nourri par les débats politiques d’une grande qualité entre Mitterrand, Giscard, Couve de Murville, Lecanuet, Barre, Michel Debré ou encore le truculent Georges Marchais. Je me souviens de FR3 qui opposait des intellectuels brillantissimes comme Steiner et Boutang. Pivot recevait Soljenitsyne et opposait BHL à Maurice Bardèche. Les adaptations télévisées des grandes œuvres littéraires comme Illusions perdues m’ont poussé à les lire, de même que les séries historiques comme les Rois maudits ou Jacquou le Croquant ou Schulmeister, l’espion de l’empereur m’ont donné le goût de l’histoire. À l’époque, la télévision tenait son rôle d’instituteur du peuple. Et l’instituteur enseignait l’histoire de France et les grands écrivains, pas la théorie du genre.

— La télévision est-elle le seul moyen de s’adresser à tout le monde ?

— Cela reste en tout cas le média de masse par excellence. Mais j’ai découvert qu’elle était devenue un instrument de propagande au service des minorités et du politiquement correct. C’était un peu par hasard que je suis tombé chez Laurent Ruquier le samedi soir. J’ai compris alors que les émissions dites de divertissement — comme la fiction d’ailleurs — sont devenues des machines de propagande. Guy Lux ne faisait pas la promotion du mariage homosexuel et ne comptait pas les Noirs dans la salle. Alors, chez Ruquier, j’ai retourné la machine contre elle-même. Les gens étaient aux anges et on faisait des audiences énormes. Au bout de cinq ans, ils s’en sont rendu compte, et ils m’ont viré.


— Comment définiriez-vous la recette de Face à l’info ? S’agit-il d’une forme de contre-programmation ?

— Double contre-programmation, à la fois dans la forme et dans le fond. Dans la forme, on n’ouvre pas le robinet à info maison privilégie l’analyse, le débat contradictoire, le recul historique, voire la confrontation idéologique. Sur le fond, j’oppose au politiquement correct macronien de BFM un discours conservateur et patriotique, bref ce que le système médiatique appelle « populiste ». Je fais ce que je sais faire. Je n’ai jamais été un journaliste d’information. Quand j’étais jeune, mon chef du service politique au Quotidien de Paris me taquinait toujours : « Zemmour, il connaît le XYZ du journalisme, mais pas l’ABC. » Cela n’a pas changé. L’information ne m’intéresse pas par elle-même. Ce qui m’intéresse, c’est l’analyse et la bataille idéologique et politique. Mais il me faut donner une dernière précision : ceux qui prétendent ne faire que de l’information sont les plus grands idéologues. Simplement, ils se dissimulent hypocritement derrière le paravent de l’info.

mercredi 1 juillet 2020

Le climat change mais ce n'est pas la fin du monde, ni même le principal problème écologique

Michael Shellenberger est un « héros de l’environnement » pour l’hebdomadaire Time et président de Environmental Progress, une organisation indépendante de recherche et de politique. Il vient de publier Apocalypse Never : Why Environmental Alarmism Hurts Us All qui dénonce le catastrophisme climatique.

Michael Shellenberger se bat depuis des décennies pour une planète plus verte. Il a participé à sauver les derniers séquoias non protégés du monde.  Il a également dirigé avec succès les efforts des climatologues et des militants pour maintenir les centrales nucléaires en fonctionnement, pour limiter une augmentation des émissions de CO2.




Nous proposons ci-dessous la traduction d’un article dans Quillette où il explique ce qui l’a mené à écrire ce livre.

Au nom des écologistes du monde entier, je voudrais présenter mes excuses officielles pour la peur climatique que nous avons créée au cours des 30 dernières années.

Le climat change. Ce n’est pas la fin du monde. Ce n’est même pas le problème environnemental le plus grave. Je peux paraître étrange quand je dis cela. Pourtant, je suis un activiste climatique depuis 20 ans et un écologiste depuis 30 ans.

Mais en tant qu’expert en énergie auquel le Congrès a demandé de témoigner à titre d’expert objectif et invité par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) à servir de réviseur expert pour son prochain rapport d’évaluation, je me sens obligé de présenter mes excuses pour la façon dont nous, écologistes, avons induit le public en erreur.

Voici quelques faits que peu de gens connaissent :
  • Les humains ne provoquent pas une « sixième extinction de masse » ;
  • L’Amazonie n’est pas « le poumon de la planète » ;
  • Le changement climatique n’aggrave pas les catastrophes naturelles ;
  • Les incendies ont diminué de 25 % dans le monde depuis 2003 ;
  • La quantité de terres que nous utilisons pour produire la viande — la plus grande utilisation des terres par l’humanité — a diminué d’une superficie presque aussi grande que l’Alaska ;
  • L’accumulation de combustible ligneux (la broussaille) et davantage de maisons construites près des forêts, et non le changement climatique, explique pourquoi il y a davantage d’incendies plus dangereux en Australie et en Californie ;
  • Les émissions de carbone diminuent dans la plupart des pays riches et diminuent en Grande-Bretagne, en Allemagne et en France depuis le milieu des années 1970 [Ces émissions ont été déplacées avec les emplois industriels associés vers l’Asie.] ;
  • Les Pays-Bas sont devenus riches, pas pauvres tout en s’adaptant à la vie sous le niveau de la mer ;
  • Nous produisons 25 % de nourriture en plus que ce dont nous avons besoin et les excédents alimentaires continueront d’augmenter à mesure que le monde se réchauffera ;
  • La perte d’habitat et la mise à mort directe d’animaux sauvages sont des menaces plus importantes pour les espèces que le changement climatique ;
  • Utiliser du combustible ligneux (du bois) est bien pire pour les humains et la faune que les combustibles fossiles ;
  • La prévention de futures pandémies nécessite une agriculture qui sera davantage « industrielle » et non le contraire.
Je sais que les faits énoncés ci-dessus sonneront comme du « déni climatique » pour beaucoup de gens.

Mais cela ne démontre que la puissance de l’alarmisme climatique.

En réalité, les faits ci-dessus proviennent des meilleures études scientifiques disponibles, y compris celles menées par le GIEC ou acceptées par le GIEC, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et d’autres organismes scientifiques de premier plan.

Certaines personnes s’imagineront, en lisant ceci, que je suis un anti-environnementaliste de droite. Je ne le suis pas. À 17 ans, j’ai vécu au Nicaragua pour montrer ma solidarité avec la révolution socialiste sandiniste. À 23 ans, j’ai recueilli des fonds pour les coopératives de femmes guatémaltèques. Au début de la vingtaine, je vivais dans la semi-Amazonie, faisant des recherches avec de petits agriculteurs luttant contre les invasions de leurs terres. À 26 ans, j’ai participé à la dénonciation les mauvaises conditions de travail dans les usines Nike en Asie.

Je suis devenu environnementaliste à 16 ans lorsque j’ai organisé une collecte de fonds pour Rainforest Action Network. À 27 ans, j’ai aidé à sauver les derniers séquoias séculaires non protégés de Californie. Dans la trentaine, j’ai défendu les énergies renouvelables et j’ai réussi à persuader l’administration Obama d’y investir 90 milliards de dollars. Au cours des dernières années, j’ai aidé à éviter de remplacer suffisamment de centrales nucléaires par des combustibles fossiles pour éviter une forte augmentation des émissions de gaz à effets de serre.

Mais jusqu’à l’année dernière, j’ai surtout évité de dénoncer la peur du climat. En partie parce que j’étais gêné. Après tout, je suis aussi coupable d’alarmisme que n’importe quel autre environnementaliste. Pendant des années, j’ai qualifié le changement climatique de menace « existentielle » pour la civilisation humaine et l’ai parlé de « crise ».

Mais surtout, j’avais peur. Je suis resté silencieux au sujet de la campagne de désinformation climatique parce que j’avais peur de perdre des amis et du financement. Les quelques fois où j’ai appelé le courage de défendre la science du climat contre ceux qui la dénaturent, j’ai subi des conséquences sévères. Et donc je me suis surtout tenu à côté et je n’ai pratiquement rien fait alors que mes collègues environnementalistes terrifiaient le public.

Je suis même resté les bras croisés alors que des gens à la Maison-Blanche et de nombreux médias ont tenté de détruire la réputation et la carrière d’un scientifique exceptionnel, d’un homme bon et d’un de mes amis, Roger Pielke, Jr., un démocrate et environnementaliste progressiste de longue date qui a témoigné en faveur d’une réglementation carbone. Pourquoi ont-ils fait ça ? Parce que ses recherches prouvent que les catastrophes naturelles n’empirent pas.

Mais, l’année dernière, les choses sont devenues incontrôlables.

Alexandria Ocasio-Cortez a déclaré : « Le monde prendra fin dans 12 ans si nous ne nous attaquons pas au changement climatique. » Le groupe environnemental le plus en vue de Grande-Bretagne a déclaré que « le changement climatique tue les enfants ».

Le journaliste écologiste le plus influent du monde, Bill McKibben, a qualifié le changement climatique de « plus grand défi auquel les humains aient jamais été confrontés » et a déclaré qu’il « anéantirait les civilisations ». Les journalistes traditionnels ont rapporté à plusieurs reprises que l’Amazonie était « le poumon de la planète » et que la déforestation s’apparentait à l’explosion d’une bombe nucléaire.

En conséquence, la moitié des personnes interrogées dans le monde l’année dernière ont déclaré qu’elles pensaient que le changement climatique entraînerait l’extinction de l’humanité. Et en janvier, un enfant britannique sur cinq a déclaré aux sondeurs qu’il faisait des cauchemars sur le changement climatique. Que vous ayez ou non des enfants, vous devez savoir à quel point c’est faux.

J’avoue que cela me touche probablement parce que j’ai une fille adolescente. Après lui avoir parlé des faits scientifiques, elle a été rassurée. Mais ses amis sont profondément mal informés et donc, naturellement, effrayés. J’ai donc décidé que je devais parler. Je savais qu’écrire quelques articles ne serait pas suffisant. J’avais besoin d’un livre pour présenter correctement toutes les preuves.

Et donc mes excuses formelles pour notre alarmisme viennent sous la forme de mon nouveau livre, Apocalypse Never : Why Environmental Alarmism Hurts Us All All. Il est basé sur deux décennies de recherche et trois décennies d’activisme environnemental. Avec 400 pages, dont 100 de notes et références, Apocalypse Never couvre le changement climatique, la déforestation, les déchets plastiques, l’extinction des espèces, l’industrialisation, la viande, l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables.

Quelques faits saillants du livre :
  • Les usines et l’agriculture moderne sont les clés de la libération humaine et du progrès environnemental ;
  • La chose la plus importante pour sauver l’environnement est de produire plus de nourriture, en particulier de la viande, sur moins de terres ;
  • La chose la plus importante pour réduire la pollution atmosphérique et les émissions de carbone est de passer du chauffage au bois à celui au charbon, puis au pétrole, puis au gaz naturel et finalement l’uranium ;
  • 100 % d’énergies renouvelables nécessiteraient d’augmenter la superficie utilisée pour l’énergie de 0,5 % aujourd’hui à 50 % ;
  • Nous devrions demander que les villes, les fermes et les centrales électriques aient des densités de puissance plus élevées, et non plus faibles ;
  • Le végétarisme réduit nos émissions de moins de 4 % ;
  • Greenpeace n’a pas sauvé les baleines, le passage de l’huile de baleine au pétrole et à l’huile de palme ;
  • Le bœuf « fermier » nécessiterait 20 fois plus de terres et produirait 300 % d’émissions en plus ;
  • Le dogmatisme de Greenpeace a aggravé la fragmentation des forêts de l’Amazonie ;
  • L’approche colonialiste de la conservation des gorilles au Congo a produit un contrecoup qui pourrait avoir entraîné la mort de 250 éléphants.
Pourquoi avons-nous tous été induits en erreur ?

Dans les trois derniers chapitres d’Apocalypse Never, je dénonce les motivations financières, politiques et idéologiques. Les groupes environnementaux ont accepté des centaines de millions de dollars provenant du lobby des combustibles fossiles. Des groupes motivés par des croyances anti-humanistes ont forcé la Banque mondiale à cesser d’essayer de mettre fin à la pauvreté et de rendre la pauvreté « durable ». La peur du déclassement social, la dépression et l’hostilité à la civilisation moderne sont à l’origine d’une grande partie de l’alarmisme.

Une fois que vous vous rendez compte à quel point nous avons été mal informés, souvent par des personnes aux motivations manifestement peu recommandables ou malsaines, il est difficile de ne pas se sentir dupé. Apocalypse Never changera-t-il quelque chose ? Il y a certainement des raisons d’en douter.

Les médias font des déclarations apocalyptiques sur le changement climatique depuis la fin des années 80 et ne semblent pas disposés à s’arrêter. L’idéologie derrière l’alarmisme environnemental — le malthusianisme — a été démystifiée à plusieurs reprises pendant 200 ans et pourtant elle est plus puissante que jamais.

Mais il y a aussi des raisons de croire que l’alarmisme environnemental, s’il ne prend pas fin, verra sa puissance culturelle s’émousser. La pandémie de coronavirus est une véritable crise qui met en perspective la « crise » climatique. Même si vous pensez que nous avons réagi de manière excessive, COVID-19 a tué près de 500 000 personnes et bouleversé les économies du monde entier.

Les institutions scientifiques, parmi lesquelles l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le GIEC, ont sapé leur crédibilité par leur instrumentalisation politicienne répétée de la science. Leur existence et leur pertinence futures dépendent de nouveaux dirigeants et de réformes sérieuses. Les faits ont encore de l’importance et les médias sociaux permettent à un plus large éventail de voix nouvelles et indépendantes de contourner les journalistes environnementaux alarmistes dans les médias traditionnels.

Les nations reconsidèrent ouvertement leur intérêt propre et s’éloignent du malthusianisme et du néolibéralisme, ce qui est bon pour le nucléaire et mauvais pour les énergies renouvelables. Les preuves sont accablantes que notre civilisation fortement consommatrice d’énergie est bien meilleure pour les gens et la nature qu’une civilisation faiblement consommatrice d’énergie vers laquelle les alarmistes climatiques veulent nous ramener.

Les invitations du GIEC et du Congrès que j’ai reçues sont des signes d’une ouverture croissante à une nouvelle réflexion sur le changement climatique et l’environnement. Un autre signe encourageant a été la réponse à la publication de mon livre de la part de climatologues, d’écologistes et de spécialistes de l’environnement. « Apocalypse Never est un livre extrêmement important », écrit Richard Rhodes, auteur primé par le prix  Pulitzer pour The Making of the Atomic Bomb. « Il s’agit peut-être du livre le plus important jamais écrit sur l’environnement », déclare l’un des pères de la science climatique moderne, Tom Wigley.

[...] L’ancien chef de The Nature Conservancy, Steve McCormick [a écrit au sujet d’Apocalypse Never]:  « Shellenberger nous livre une dose d’“amour vache” : il remet en cause nos croyances orthodoxes bien ancrées, nos mentalités rigides et autodestructrices. Apocalypse Never lance à l’occasion des piques, mais elles sont fondées sur des preuves,  elles sont bien argumentées qui aideront à développer le “muscle mental” dont nous avons besoin pour envisager et concevoir non seulement un avenir plein d’espoir, mais réalisable. »

Voilà ce que j’espérais accomplir en écrivant ce livre. Si vous êtes arrivé jusqu’ici, j’espère que vous conviendrez que ce n’est peut-être pas aussi bizarre qu’un écologiste de longue date, progressiste et militant pour le climat ait ressenti le besoin de dénoncer l’alarmisme.

J’espère en outre que vous accepterez mes excuses.

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