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jeudi 4 juin 2026

Les femmes ne chas­saient pas le mam­mouth

Véra Nikolski et Nicolas Pichot montrent que la division sexuelle du travail ne fut pas d’abord une idéologie, mais une réponse tragique aux nécessités de la survie. Un essai passionnant qui oblige le féminisme contemporain à regarder le réel en face. Recension d'Eugénie Bastié dans Le Figaro.

Les femmes ont-elles été un jour les égales voire les supérieures des hommes? C’est ce qu’aiment à croire de nombreuses féministes, qui imaginent un âge d’or lointain où les femmes auraient été les maîtresses des sociétés, chassant le mammouth et maniant la sagaie aussi bien que leurs homologues masculins. Tout aurait changé ensuite : le patriarcat serait advenu avec la sédentarisation, le christianisme ou le capitalisme, renvoyant ces femmes puissantes à la marmite et aux marmots.

Cet imaginaire a profondément imprégné les mentalités. On ne compte plus les articles de vulgarisation évoquant les chasseresses de la préhistoire, les Lady sapiens toutes-puissantes ou les guerrières vikings qui, à en croire certaines séries Netflix, auraient figuré au premier rang du champ de bataille. On comprend la fonction idéologique d’un tel récit : se convaincre de l’existence d’un matriarcat primitif permet d’affirmer que le patriarcat n’est qu’un choix politique, une idéologie, une bifurcation malheureuse, donc arbitraire et réversible, sur laquelle l’humanité se serait malencontreusement engagée.

Les Amazones, les femmes vikings, les chasseuses préhistoriques ou les guerrières du Dahomey servent ainsi de figures consolatrices : la domination masculine ne serait qu’un accident historique. Certaines chercheuses, comme Priscille Touraille, vont même jusqu’à soutenir que les hommes préhistoriques auraient privé les femmes de protéines, ce qui aurait abouti au dimorphisme sexuel.

C’est pour contrer ce lieu commun du progressisme que Véra Nikolski et Nicolas Pichot ont écrit Pourquoi les Amazones n’existent pas (Fayard), essai passionnant qui remonte aux origines de l’humanité pour démonter les usages simplificateurs de l’histoire. La première est normalienne et docteur en sciences politiques, le second est docteur en physique et ingénieur. On ne trouvera pas chez eux d’affabulations militantes, mais une démonstration rigoureuse et scientifique.

Le mythe du matriarcat primitif est universel : on le retrouve sous des formes diverses dans toutes les civilisations. Mais les Amazones, ce peuple de guerrières cité par la mythologie grecque, n’ont jamais existé comme modèle social généralisable. Aucune société humaine connue n’a fait de la chasse ou de la guerre une activité féminine régulière. Partout dans le monde, pendant des centaines de milliers d’années, les deux sexes ont été affectés à des fonctions différentes : liées à la sphère domestique pour les femmes, à l’extérieur pour les hommes. Pourquoi ?

Au commencement était la différence biologique. L’homme engendre dans le corps d’autrui, la femme engendre dans son propre corps. De cette différence primordiale naît toute une série de conséquences. D’abord, la femme est immobilisée par la grossesse et devient, pendant plusieurs années, la principale source d’alimentation de l’enfant (le lait en poudre n’existant pas au paléolithique), ce qui limite son éloignement du foyer. Ensuite, le nombre d’enfants qu’une femme peut engendrer au cours de sa période de fertilité est strictement limité, quand un homme peut, en théorie, féconder un très grand nombre de femmes. Dans un groupe humain, la perte d’une femme en âge de procréer a donc des conséquences démographiques bien plus lourdes que celle d’un homme.

Dans un contexte de survie - contexte que nous avons largement oublié, nous autres Sapiens installés dans le confort et la sécurité -, la vie d’un homme avait ainsi une valeur moindre que celle d’une femme. Les deux auteurs modélisent l’hypothèse d’une société qui aurait confié les tâches les plus risquées - chasse, guerre, travaux physiques dangereux - aux femmes : celle-ci aurait mécaniquement vu sa population décroître. «Nous sommes probablement tous les descendants de groupes humains ayant choisi une organisation sociale dans laquelle les activités dangereuses sont l’apanage des hommes », écrivent-ils.

La division sexuelle du travail a donc contribué à préserver l’humanité de l’extinction. Le patriarcat n’est pas un complot millénaire de mâles dominants ayant organisé la sujétion des femmes pour leur seul bon plaisir. Il s’agit plutôt, nous disent les auteurs, d’une « transaction », d’un compromis forgé par la nécessité de survivre : les hommes avaient le monopole de la violence, mais ils la subissaient aussi davantage. Le patriarcat est, à cet égard, un curieux système de domination dans lequel les dominants endurent plus de dommages corporels et connaissent une mortalité plus forte que les dominées.

Il s’enracine donc à la fois dans la biologie et dans un contexte environnemental : celui d’un monde dangereux où la survie constitue l’impératif premier de l’humanité. Des centaines de milliers d’années d’évolution ne s’effacent pas d’un trait de plume. C’est pourquoi l’on retrouve encore aujourd’hui des rapports au risque et à l’agressivité différents chez les hommes et chez les femmes : sans doute parce que la sélection naturelle a favorisé la reproduction des hommes les plus capables d’affronter le danger, répandant certains traits devenus avantageux.

Faut-il rappeler que 99,9% des morts de la Grande Guerre furent des hommes ? Aujourd’hui encore, les hommes sont majoritaires dans les métiers pénibles et dangereux, parmi les victimes d’homicide, les morts au travail ou les morts à la guerre. La valorisation de la virilité peut alors se comprendre aussi comme la compensation symbolique accordée à ceux que la société expose davantage.

Quelle est la grande leçon de ce livre ? D’abord, qu’il faut cesser de confondre recherche et militantisme, et regarder le réel en face. La gauche culturaliste veut croire que tous les comportements humains, toutes les différences, toutes les inégalités sont forgés par la culture, avec l’idée implicite que ce qui est culturel serait aisément déconstruit. Cette idéologie constructiviste est scientifiquement fragile. Nous savons que la culture et la biologie sont imbriquées. Parfois même, la nature est plus facile à changer que la culture : la contraception, qui modifie profondément le rôle procréateur des femmes, a inversé une fatalité biologique bien plus efficacement qu’aucun discours sur l’idéologie.

D’ailleurs aujourd’hui, tout a changé. La loi universelle de la division sexuelle du travail a été rendue caduque par la transformation profonde de nos conditions matérielles d’existence. La mécanisation permise par la révolution industrielle a annulé l’importance décisive de la force physique. La baisse de la mortalité infantile a allégé la charge reproductive des femmes. La disparition progressive des risques liés à l’éloignement du foyer a affaibli l’impératif de survie. Dès lors, les conditions s’égalisent.

Comme Véra Nikolski l’avait déjà brillamment montré dans Féminicène, ce n’est pas seulement le féminisme qui a émancipé les femmes, mais la science, la technique et la transformation matérielle du monde. On pourrait même dire que le féminisme n’est pas tant la cause de la fin du patriarcat que l’une de ses conséquences.

Nous sommes passés de sociétés de la survie à des sociétés de l’abondance. Ce basculement a des conséquences vertigineuses. C’est aussi ainsi qu’il faut lire la chute mondiale de la natalité : non comme une simple évolution sociologique, mais comme un bouleversement anthropologique sans précédent. L’absence d’impératif de survie conduira-t-elle notre espèce à l’extinction ?


Pourquoi les Amazones n'existent pas
de Véra Nikolski et Nicolas Pichoff,
publié le 22 avril 2026,
aux éditions Fayard,
à Paris,
400 pp,
ISBN-10 ‏ : ‎ 2213733392
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2213733395
Source : Le Figaro
 
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vendredi 23 janvier 2026

Marguerite Stern : « Comment je suis passée de gauche à droite »

La militante Marguerite Stern (ci-contre), ex-membre des Femen, fait le récit de sa « transition politique » dans un livre récemment paru. 

Depuis que ses positions à rebours de la cause trans lui ont valu d’être une paria dans le milieu féministe, Marguerite Stern a effectué une « transition politique ». Cette ex-femen jadis proche de « Charlie Hebdo » raconte dans un livre intime et survolté comment elle s’est convertie à l’amour de la France et ouverte à la transcendance.

Jeune étudiante venue de province, Marguerite Stern a découvert à Paris l’expérience quotidienne du harcèlement sexiste dans les rues du nord de la capitale, puis la libération jubilatoire que lui procure l’aventure militante au sein des Femen. Cette pasionaria du mouvement féministe a épousé toutes les causes, pris tous les risques : de la jungle de Calais aux commissariats ukrainiens en passant par les geôles de Tunis, elle se fait tour à tour furie dépoitraillée dans des actions coup-de-poing visant à renverser le patriarcat, bénévole dans un foyer de mineurs clandestins, colleuse de messages de protestation contre les féminicides… Avant de subir l’intolérance et le sectarisme qui étouffent trop souvent la liberté de penser au sein des groupuscules d’extrême gauche aux côtés desquels elle combat. Quand elle refuse de voir ses modes d’action récupérés par les activistes de la cause trans, ses alliées d’autrefois deviennent d’impitoyables ennemies qui s’acharnent à la détruire. Marguerite Stern prend alors ses distances avec le féminisme radical, écoute d’autres voix, rencontre d’autres personnes.
Les Rives contraires est le récit de cette émancipation progressive.

mercredi 14 janvier 2026

Diffusion et effets de l’idéologie de la « justice sociale critique » dans les écoles américaines

Publié en février 2023 par le Manhattan Institute, un laboratoire d'idées américain d’orientation conservatrice, le rapport intitulé School Choice Is Not Enough: The Impact of Critical Social Justice Ideology in American Education a été rédigé par Zach Goldberg, analyste politique, et Eric Kaufmann, chercheur associé.

Cette étude analyse la diffusion et les effets de ce que les auteurs désignent comme l’idéologie de la « justice sociale critique » (Critical Social Justice, CSJ) dans l’enseignement primaire et secondaire aux États-Unis.


La CSJ regroupe un ensemble de concepts issus principalement de la théorie critique de la race (Critical Race Theory, CRT) et de certaines approches radicales de l’idéologie du genre : privilège blanc, racisme systémique, patriarcat, ou encore l’idée selon laquelle l’identité de genre serait indépendante du sexe biologique.

Le rapport conteste l’affirmation selon laquelle ces notions seraient marginales ou cantonnées à quelques établissements militants. Il soutient au contraire qu’elles sont largement diffusées dans le système éducatif américain, y compris dans les écoles privées et religieuses, et qu’elles exercent une influence durable sur les attitudes politiques, raciales et civiques des élèves.

Méthodologie

L’étude repose sur une enquête menée auprès d’un échantillon national représentatif de 1 505 jeunes Américains âgés de 18 à 20 ans. Les participants ont été interrogés sur :

  • leur exposition à huit concepts centraux de la CSJ ;
  • la manière dont ces idées leur ont été présentées (comme des vérités établies ou comme des points de vue parmi d’autres) ;
  • leurs opinions politiques, leurs attitudes à l’égard des relations raciales et leur vécu scolaire.

Les données ont été croisées avec des variables démographiques (origine ethnique, sexe, région, type d’établissement fréquenté) et contextuelles (orientation politique du comté, niveau de revenu familial).
Les auteurs soulignent que l’école constitue la deuxième source d’exposition initiale à ces idées (23 %), derrière les réseaux sociaux (40 %), ce qui relativise sans l’annuler la responsabilité du cadre scolaire.

Ampleur de l’exposition aux concepts de justice sociale critique

Les résultats font apparaître une diffusion très large de ces notions.

Ainsi, 93 % des répondants déclarent avoir été exposés à au moins l’un des huit concepts par un enseignant ou un adulte dans le cadre scolaire. La proportion atteint 90 % pour les concepts liés à la théorie critique de la race et 74 % pour ceux associés à l’idéologie de genre.

En moyenne, les jeunes interrogés ont été confrontés à plus de la moitié de ces concepts. Cette exposition concerne tous les types d’établissements :

  • 73 % dans les écoles paroissiales,
  • 82 % dans les écoles privées non confessionnelles,
  • 83 % parmi les élèves instruits à domicile.

Les écoles publiques se distinguent par une présence plus marquée des thématiques liées au genre. Des variations démographiques apparaissent également : les élèves noirs et hispaniques sont davantage exposés aux concepts issus de la CRT, tandis que les zones urbaines et les comtés à majorité démocrate présentent des taux plus élevés concernant les questions de genre.

Point particulièrement préoccupant pour les auteurs : dans près de 70 % des cas, ces idées sont perçues comme ayant été présentées sans contre-discours, non comme des hypothèses discutables, mais comme des vérités allant de soi.

Effets sur les opinions politiques et idéologiques

L’un des constats centraux du rapport est l’existence d’une corrélation forte entre l’exposition à la CSJ et un déplacement des opinions politiques vers la gauche.

Chez les jeunes n’ayant été exposés à aucun de ces enseignements, l’identification partisane reste relativement équilibrée (27 % se déclarent républicains, contre 20 % démocrates). À l’inverse, chez ceux ayant connu une exposition maximale, l’écart devient très marqué : 53 % se déclarent démocrates, contre seulement 7 % républicains.

L’auto-identification comme « libéral » progresse également de manière significative, passant de 28 % en l’absence d’exposition à plus de 50 % chez les individus fortement exposés.

Le soutien à des politiques explicitement différenciées selon l’origine ethnique, telles que l’embauche préférentielle en faveur des Noirs, augmente de 17 % à 44 % avec l’intensité de l’exposition.

Ces effets persistent après prise en compte de l’environnement familial et géographique, ce qui suggère que l’école joue un rôle propre dans la formation des convictions, parfois en tension avec les valeurs transmises par la famille.

Attitudes raciales, culpabilité collective et rapport à la nation

Le rapport met également en lumière un renforcement des croyances selon lesquelles les Blancs porteraient une responsabilité spécifique dans la persistance des inégalités raciales. Parmi les élèves exposés à cinq concepts relevant de la CRT, 75 % adhèrent à cette idée.

Chez les répondants blancs, le sentiment de culpabilité lié à l’appartenance raciale progresse sensiblement, passant de 39 % à 58 % en cas de forte exposition. Les auteurs observent parallèlement une augmentation du sentiment de honte à l’égard de l’histoire et de l’identité nationales.

Sans nier la nécessité d’un regard lucide sur le passé, le rapport s’inquiète d’une pédagogie qui tendrait à substituer l’examen critique à une mise en accusation morale durable, au risque de fragiliser le lien civique.

Climat scolaire et liberté d’expression

Un autre résultat préoccupant concerne le climat de discussion dans les établissements. Les élèves exposés aux concepts de la CSJ déclarent se sentir nettement moins libres d’exprimer un désaccord.
La crainte d’être sanctionné, humilié ou mis à l’écart augmente fortement, passant de 38 % à près de 70 %, et jusqu’à 74 % chez les élèves se déclarant républicains.

L’exposition aux concepts de la CRT réduit également la disposition à critiquer un camarade noir, même de manière constructive. La proportion d’élèves se disant mal à l’aise dans une telle situation passe de 32 % à 50 %. Les auteurs soulignent le risque paradoxal que cette retenue excessive fasse obstacle à l’exigence académique et à l’égalité réelle des attentes.

Conclusions et implications

Les auteurs concluent que la promotion du libre choix de l’école — qu’il s’agisse de l’enseignement privé, des écoles à charte ou de l’instruction à domicile — ne suffit pas à elle seule à protéger les élèves de l’influence de cette idéologie, dès lors qu’elle imprègne l’ensemble du paysage éducatif et culturel.

Ils plaident en conséquence pour une intervention des pouvoirs publics visant à :

  • interdire la présentation de ces doctrines comme des vérités indiscutables ;
  • renforcer la transparence des programmes et des supports pédagogiques ;
  • garantir un véritable pluralisme intellectuel, incluant les traditions libérales classiques ;
  • réaffirmer l’enseignement des principes du Premier Amendement ;
  • mettre en place des mécanismes de recours pour les élèves et les familles.

Faute de telles réformes, préviennent-ils, ces approches continueront de façonner durablement les préférences politiques et la vision du monde des générations futures, au détriment du pluralisme, de la liberté de pensée et de la cohésion nationale.

Fondé sur un ensemble de données empiriques substantiel, ce rapport contribue utilement au débat sur la neutralité idéologique de l’école américaine. Sans verser dans l’alarmisme, il met en évidence des tendances profondes qui interrogent le rôle de l’institution scolaire : former des citoyens capables de juger par eux-mêmes, ou orienter implicitement leurs convictions au nom d’une morale présentée comme indiscutable.


mercredi 28 mai 2025

Le « patriarcat blanc » à la belle époque

Tiré de Qu'elle était verte ma vallée (1941), cette vignette avec un chant gallois et les hommes qui se sont échinés dans la mine qui remettent leurs gages à la matriarche qui les attend à l'entrée de la maison.



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Zemmour à la ministre féministe : De quoi vous mêlez-vous ? Vous culpabilisez les hommes, vous victimisez et infantilisez les femmes

jeudi 13 février 2025

Bruxelles, sculpture classique remplacée par une œuvre plus féministe sublimant « des déchets de chantiers »

 

La sculpture en marbre de Carrare de l’artiste Victor Rousseau (ci-dessus) sera déplacée du square où elle trône depuis un siècle, près la gare Centrale, après le refus du gouvernement bruxellois de la classer en tant que patrimoine protégé. Une nouvelle œuvre sera placée sur le site.

La polémique qui entoure le déplacement prochain de la Maturité n’est pas près de s’éteindre.

Cette sculpture du célèbre sculpteur Victor Rousseau trône depuis un siècle dans un square proche de la place Marché au Bois, au cœur de Bruxelles. L’œuvre est menacée par le réaménagement du site et, en septembre, la Commission Royale des Monuments et Sites avait demandé le classement de « la Maturité » en tant que patrimoine protégé.

Le gouvernement bruxellois avait refusé et s’était contenté d’inscrire cette œuvre sur la liste de sauvegarde, ouvrant ainsi la porte à son transfert en direction du square Gutenberg [plus éloigné du centre-ville].

La Ville de Bruxelles a refusé de classer l’œuvre de Victor Rousseau parce qu’« elle véhicule des valeurs qui ne sont plus en phase avec celles de la société actuelle ». Le monument se compose de six figures en marbre, représentées totalement nues ou presque, et reliées entre elles par une guirlande de fleurs et de fruits. Au centre, un homme barbu se tient assis sur un drap blanc ; il est entouré à gauche d’une femme qui porte une corbeille de fleurs et d’une jeune fille agenouillée qui en hume le parfum ; à droite, un jeune couple se tient la main tandis qu’un jeune homme assis tourne le dos aux autres personnages.

La Commission Royale des Monuments et des Sites (CRMS) avait alerté la Ville sur l’état de ce groupe sculpté, encrassé par la pollution et par le temps, dégradé par le vandalisme, mais aussi par les travaux de rénovation de la station de métro voisine qui ont provoqué le démontage d’une partie de la balustrade originale. Des engins et barrières de chantier obstruent régulièrement l’espace (ill. 2) ; les parterres sont dénudés, les pelouses pelées, les plantations non entretenues ont laissé place à une végétation sauvage, si bien que le monument n’est presque plus visible. Son état est alarmant et sa conservation menacée, la CRMS a donc proposé de classer la totalité du square en raison de son intérêt artistique, esthétique, historique, urbanistique et paysager.

Les différentes raisons pour lesquelles le classement n’est pas souhaitable sont sidérantes : la sculpture de Rousseau ne correspond pas aux « valeurs contemporaines d’égalité des genres, de pouvoir et de famille  » bien au contraire, elle offre « une vision patriarcale des rapports sociaux et familiaux […], avec des stéréotypes figés sur la famille et le pouvoir masculin ». Cette œuvre qui n’est pas adaptée au plan d’action de « gender mainstreaming [l’anglais fait chic à Bruxelles] et d’égalité entre les femmes et les hommes, […] met en lumière l’importance d’éliminer les stéréotypes de genre hérités du passé, et de rendre visible la contribution des femmes à la culture matérielle et à l’histoire urbaine. Cette réévaluation des œuvres publiques est nécessaire pour favoriser une représentation plus inclusive et équilibrée de l’histoire de notre ville. »

Remplacée par une œuvre réalisée à partir de débris de chantiers

On y apprend ainsi qu’une nouvelle œuvre d’art, réalisée par l’artiste plasticienne Aglaïa Konrad, une artiste née en Autriche qui vit à Bruxelles, sera installée sur la partie sud du Marché au Bois, proche de l’endroit où trône actuellement la Maturité.

Le style de l’œuvre « Rückbaukristalle : un Monument pour la ville », dont un aperçu a été donné par l’architecte Bas Smets dans l’enquête publique (via une œuvre déjà existante) tranche assez franchement avec le néo classicisme de la sculpture en marbre blanc de Carrare de Victor Rousseau.

« La sculpture se présente comme deux colonnes fabriquées à partir de débris provenant de divers chantiers de démolition dans la ville. L’artiste sublime ces déchets de chantiers pour leur rendre hommage sous une forme tendre et sculpturale », peut-on lire dans la note explicative de l’enquête publique.

Style de l’œuvre qui devrait remplacer le monument « La Maturité »


Sources : La Dernière Heure, La Tribune de l'Art

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jeudi 23 mai 2024

Les femmes asiatiques gagnent plus que les hommes blancs aux États-Unis

Au cours de 5 des 6 derniers trimestres et de 9 des 11 derniers trimestres, les femmes asiatiques ont gagné plus que les hommes blancs. Au cours des deux derniers trimestres, les hommes blancs ont gagné 93 cents pour chaque dollar gagné par les femmes asiatiques aux États-Unis.

Patriarcat blanc ?

(Les hommes asiatiques gagnent encore plus, à 1 679 $ par semaine en moyenne, que les femmes asiatiques et donc que les hommes blancs, tous les chiffres ici)


samedi 17 juin 2023

« Le patriarcat au sens strict n’a jamais existé en Occident »

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Patrick Buisson : « Le [prétendu] patriarcat protégeait les femmes » [de la phallocratie, du patron exploiteur, de la solitude et de l'État tatillon]

 
 
 
 

Iseul Turan et Anne Trewby, fondatrices du collectif Antigones et auteurs de « Femmes, réveillez-vous ! - Pour en finir avec les mensonges du féminisme » sur le sujet de  « Le patriarcat a-t-il vraiment sauvé les femmes du capitalisme ? » (vidéo ci-dessous) : 

lundi 17 avril 2023

Patrick Buisson : « Le patriarcat protégeait les femmes » [de la phallocratie, du patron exploiteur, de la solitude et de l'État tatillon]

Patrick Buisson sur CNews (avec Mathieu Bock-Côté) :

Version Odysee

Version Rumble (censurée dans la France de Macron)


 
 
Patrick Buisson est essayiste, journaliste, politologue, conseiller politique, sociologue et même anthropologue : il est un grand observateur des mutations sociales dans notre pays. Son dernier livre s’intitule Décadanse, comme le titre d’une chanson de Jane Birkin et Serge Gainsbourg, un couple emblématique de l’époque.


Après La Fin d’un monde, il poursuit sa déconstruction des déconstructeurs. « C’est au début des années 60 que commença à s’opérer une déliaison irrésistible entre le monde holiste du catholicisme et la culture moderne de l’autonomie individuelle qui allait tenir le haut du pavé à partir de mai 68. » Advient alors la société de consommation, du sexe comme des marchandises.

Dans La Fin d’un monde, il dépeignait le démontage, pierre par pierre, de la clé de voûte catholique, en France, en particulier dans sa dimension populaire. Dans Décadanse, il analyse le détricotage d’une autre clé de voûte : la femme. Détricotage de la femme en tant que mère, épouse, poutre maîtresse du foyer et femme tout court ; puisqu’on voit aujourd’hui, après cinquante ans de combat pour la libération de la femme, que les femmes sont invisibilisées par les trans. La libération sexuelle a libéré l’homme, et pas la femme, avec l’aide de l’idiot utile féminisme.

Un livre passionnant, et décapant, dont il n’est pas certain que le magazine Marie-Claire lui décerne la mention « solaire » et « inspirant »…

00:00 Intro
02:40 La libération des femmes : une entourloupe du patriarcat ?
6 h 22 Réforme des retraites : la natalité diabolisée
08:36 #BalanceTonPorc et le patriarcat : analyse
11:46 Les femmes des milieux populaires trahies par les bourgeoises
14:23 Le salariat, une fausse bonne idée pour les femmes ?
15:34 Une complicité de fait entre le féminisme et le capitalisme ?
18:50 Le fiasco des lois sur la contraception et l’avortement
21:44 La culture moderne, une « anthropofacture » ?
24:24 L’autonomie, ultime stade de la dépendance
26:59 Un nouveau patriarcat : le patriarcat d’État
29:21 Une lutte à l’intérieur du foyer ?
32:08 Les boomers : une génération maudite ?
36:45 Un rejet de l’héritage des boomers ?
38:57 La réussite de l’Occident liée à l’austérité de ses mœurs ?
43:11 L’immigration et le Grand Remplacement
46:40 Y a-t-il des raisons d’espérer ?
49:22 Reconstruire Notre-Dame : un motif d’espérance ?
52:06 Remerciements

Voir aussi
 
 
 
 
 

Iseul Turan et Anne Trewby, fondatrices du collectif Antigones et auteurs de « Femmes, réveillez-vous ! - Pour en finir avec les mensonges du féminisme » sur le sujet de  « Le patriarcat a-t-il vraiment sauvé les femmes du capitalisme ? » (vidéo ci-dessous) :