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jeudi 27 août 2026

Synthèse de la démographie mondiale (nouvelles récentes)

Voici une synthèse des mises à jour démographiques les plus marquantes récemment diffusées par Birth Gauge, chacune portant sur un pays distinct. Les chiffres sont ceux compilés à partir de sources nationales, d’estimations provisoires et de corrections démographiques. 

L'indice synthétique de fécondité (ISF), ou nombre moyen d'enfants par femme, mesure le nombre d'enfants qu'une femme aurait au cours de sa vie si elle connaissait à chaque âge les taux de fécondité observés une année précise. Le seuil de renouvellement des générations est fixé à environ 2,1 enfants par femme (ce nombre peut être plus grand dans les pays où la mortalité avant l'âge adulte est élevée).

1. Corée du Sud (légère hausse)

L'indice de fécondité a rebondi à 0,799 enfant par femme en 2025 (contre 0,748 en 2024), porté par une hausse de 6,7 % des naissances et surtout de 8,6 % des premiers enfants. Le nombre moyen d’enfants par mère continue toutefois de reculer (1,60), et la part des premiers-nés a encore augmenté au premier semestre 2026 (63,1 %).

2. Tunisie (baisse)

Les données définitives confirment un ISF de 1,54 en 2024, en recul par rapport à 1,58 en 2023. Le Maghreb urbain poursuit ainsi sa transition accélérée vers un non-remplacement des générations.

3. Jordanie

L'ISF en 2025 s’établit à 2,21 enfants par femme, légèrement au-dessus du seuil de renouvellement.

4. Israël (hausse)

Sur la base des naissances de janvier à juin, l'ISF 2026 atteint 2,94 (2,88 en 2025). Les Juifs se situent à 3,16, les musulmans à 2,75, les chrétiens à 1,63 et les « personnes sans religion » à 1,05.

En Israël, les personnes enregistrées officiellement comme « sans religion » (חסרי דת, hasrei dat) représentent un groupe juridique et social spécifique, souvent constitué d'immigrés non-juifs venus d'ex-URSS ou de personnes ne rentrant pas dans les cases du rabbinat orthodoxe.  Une grande partie de la population juive israélienne se définit comme laïque (חִלּוֹנִי, hiloni) dans son mode de vie, mais reste juridiquement rattachée au judaïsme par le biais de la loi du retour ou de l'ascendance, ce qui diffère du statut officiel de « sans religion » attribué à ceux qui n'ont aucune judéité reconnue par l'orthodoxie. Aussi paradoxalement que cela paraisse, on peut être un juif laïc/hiloni et athée quand sa judéité est définie à travers l'histoire, la culture, la langue et la nationalité plutôt qu'à travers la religion.

5. Iran

Les estimations provinciales pour 2025 révèlent de forts contrastes : le Sistan-Baloutchistan (ISF de 3,34) dépasse largement la moyenne nationale de 1,47, tandis que trois provinces sont déjà sous 1,0 enfant/femme. L’agglomération de Téhéran (Téhéran + Alborz) n’est plus qu’à 1,02.

6. Singapour (baisse)

L'ISF est tombé à 0,87 en 2025. Le gouvernement a annoncé un vaste train de mesures (soutien financier d’environ 70 000 $S par enfant, congés allongés, logement et crèches subventionnés). En comparaison des politiques familiales européennes, elles semblent cependant modestes.

7. Allemagne (baisse)

La population a reculé de 110 000 personnes en 2025, sous l’effet combiné d’une immigration moindre et d’un ISF de 1,31. Le nombre de nouveaux retraités approche un record historique.

8. Portugal (correction à la baisse)

Après une révision massive à la hausse de la population, l'ISF 2025 a été corrigé de 1,44 à 1,30.

9. Palestine (hausse)

L'ISF est remonté à 2,92 en 2025 (2,82 en 2024, année déprimée par la guerre). Les naissances ont reculé de 7,4 % en Cisjordanie mais ont fortement augmenté à Gaza.

10. El Salvador

Selon les dernières estimations, l'ISF 2025 s’établit à 1,12 enfant par femme.

11. États-Unis (légère baisse)

Les naissances 2025 ont légèrement diminué ; l'ISF se situe à 1,574 enfant par femme. Les naissances ont un peu baissé ; l’ISF aussi, d’environ 0,03 point. Seul le Dakota du Sud demeure proche du seuil de renouvellement.

Ventilation 2025

  • ISF national : 1,574 (1,60 en 2024).  
  • Hispaniques : 1,86 (1,93 en 2024)  
  • Blancs non hispaniques : 1,54 (1,53)  
  • Noirs non hispaniques : 1,44 (1,50)

Les Hispaniques restent au-dessus de la moyenne, mais baissent ; les Noirs non hispaniques passent sous les Blancs non hispaniques. L’ISF asiatique est encore plus bas, il était à 1,31 en 2023. 

12. Thaïlande (baisse)

Le recul des naissances s’est accéléré : l'ISF 2026 est estimé autour de 0,76-0,77, contre 0,87 en 2025. 

Selon le Financial Times : « L'endettement des ménages thaïlandais s'élève à 86 % du PIB, soit le niveau le plus élevé parmi les pays à revenu intermédiaire supérieur dans le monde, selon la HSBC. Les consommateurs ont en effet recours à des emprunts pour financer leurs dépenses quotidiennes dans un contexte de ralentissement de la croissance économique et salariale. »

Cet endettement très élevé des ménages n'est qu'un élément supplémentaire qui expliquerait l'indice synthétique de fécondité (ISF) extrêmement bas de la Thaïlande.

13. Taïwan (baisse)

Sur six mois de 2026, l'ISF moyen mobile annuel glissant tombe à 0,62, après 0,70 en 2025. C’est l’un des niveaux les plus bas du monde.

14. Chine (légère baisse)

L'ISF 2026 est estimé à 0,70, dans la continuité de la baisse observée depuis plusieurs années (0,73 en 2025).

15. France (léger recul)

L'ISF 2026 s’établit à 1,54, en léger recul par rapport à 1,56 en 2025.

On constate que la fécondité des immigrés musulmans varie fortement selon le pays d’accueil. Elle est en général plus élevée en France qu’en Europe du Nord (Suède, pays nordiques). Birth Gauge l’attribue en partie à la manière dont les politiques familiales sont conçues et appliquées : le système français, plus généreux et plus universel, irait de pair avec une fécondité immigrée plus haute, alors que les systèmes nordiques, plus conditionnels ou moins favorables aux familles nombreuses, s’accompagnent d’une fécondité immigrée plus basse. En 2021, l'ISF des migrantes autour de 2,85 en France contre 1,86 en Suède, alors que les ISF des natives étaient proches. L’origine géographique des immigrants joue également un rôle important : la France reçoit davantage de populations d’Afrique du Nord et d’Afrique sahélienne que l’Islande ou la Suède. 

16. Congo-Brazzaville (République du Congo)

L’enquête DHS donne un ISF de 3,5 enfants par femme en 2023-2025 (urbain 3,0, rural 5,3), contre 5,1 treize ans plus tôt. C'est désormais l’un des ISF les plus bas d’Afrique subsaharienne, probablement parce que le pays est très urbanisé : plus de la moitié de la population vit à Brazzaville et à Pointe-Noire. 

17. Islande

En 2025, l’ISF national est de 1,56. La ventilation par citoyenneté, nouvellement publiée, inverse le schéma habituel d’Europe de l’Ouest : 1,78 pour les citoyennes islandaises et seulement 1,09 pour les étrangères. On note que l’Islande atteint ce niveau sans groupes à très forte fécondité : les familles nombreuses y restent rares. 

18. Paraguay

D’après les naissances enregistrées, on estime l’ISF 2025 autour de 1,65.   

Selon Birth Gauge : à terme, ce seraient surtout les Autochtones et les Mennonites (souvent germanophones) qui resteraient les plus féconds, tandis que les « Latinos » émigreraient davantage vers l’Espagne ou les États-Unis:

  •  Le recensement 2022 donne un ISF autochtone de 3,77. 
  • Les Mennonites (relativement) « modernes » du Chaco (Menno, Fernheim, Neuland) : souvent 3 à 4 enfants, déjà urbanisés, scolarisés, parfois installés à Asunción.

  • Mennonites traditionalistes d’Orient (Sommerfeld, Bergthal, etc.) : familles beaucoup plus nombreuses (on cite souvent 6 à 8 enfants). 

19. Afrique du Sud : passage sous le seuil de renouvellement

Stats SA prévoit l’ISF du pays en 2026 à 2,12 enfants par femme. Dans le contexte sud-africain, le seuil de renouvellement n’est pas 2,10 mais 2,16, à cause d’une mortalité plus élevée qu'en Occident. L’Afrique du Sud passe donc sous le remplacement. Il s'agirait du premier pays d’Afrique subsaharienne continentale dans ce cas.

Le recul est net : 2,78 en 2008 → 2,21 en 2025 → 2,12 en 2026.

Ventilation par groupe de population.

Stats SA ne publie pas, dans le rapport public 2026, l’ISF officiel par groupe de population. Cependant en utilisant la dernière enquête démographique (SADHS 2016) qui le faisait, on obtient ces ordres de grandeur, cohérents avec les pyramides des âges de Stats SA, sont :

Afrique du Sud — ISF par groupe de population Ordres de grandeur
Groupe Ordre de grandeur de l’ISF Commentaire
Noirs africains ≈ 2,2 – 2,3
Encore au-dessus du renouvellement, mais déjà bas pour l’Afrique
Coloured (métis) ≈ 2,0 – 2,1
Autour du seuil, peut-être juste en dessous
Indiens / Asiatiques ≈ 1,3 – 1,5
Nettement sous le renouvellement, proche des Blancs
Blancs ≈ 1,4 – 1,5
Nettement sous le renouvellement,  émigration des plus jeunes

Le Gauteng (Johannesburg–Pretoria et Soweto) aurait un ISF autour de 1,8. Même le groupe majoritaire n’est plus dans une fécondité « africaine classique », et les minorités blanches et indiennes sont depuis longtemps au niveau européen. 



vendredi 9 décembre 2016

La CAQ veut que la DPJ puisse sévir contre les parents rétifs au Monopole de l'Éducation du Québec

Sébastien Schneeberger
La Coalition avenir Québec (CAQ) propose de donner plus de pouvoirs à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), pour qu’elle puisse débarquer dans les écoles dites clandestines ou illégales et contraindre les enfants qui y sont à fréquenter une école qui respecte le programme scolaire du Monopole de l’Éducation du Québec.

Les députés Jean-François Roberge (ex-instituteur et partisan du programme ECR) et Sébastien Schneeberger ont demandé à l’Assemblée nationale mercredi de profiter du projet de loi 99, qui modifiera la Loi sur la protection de la jeunesse, pour donner des armes supplémentaires à la DPJ. Celle-ci pourrait s’assurer que tous les petits Québécois fréquentent une école conforme aux critères du Ministère (ce que ne vérifie pas en ce moment le ministère de l’Éducation), et mieux enquêter sur ce qu’ils pensent être des cas de « négligence éducationnelle ».

Selon M. Roberge, il faut qu’au Québec, le droit à l’éducation soit traité « sur le même pied que le droit à un toit, le droit d’être vêtu, le droit d’être nourri, le droit d’avoir des soins de santé ».

Nous sommes d’accord avec M. Roberge quant au devoir d’éduquer ses enfants, le problème c’est qui décide du type de l’éducation de ses propres enfants ? Les parents ont-ils encore leur mot à dire ou le gouvernement sera-t-il juge et partie, et même seul juge et partie ? Les parents ont-ils encore le droit à ne pas suivre le programme étatique unique ?

Pour ces deux députés, deux problèmes persistent au Québec depuis plusieurs années :

— Un manque d’encadrement pédagogique pour les jeunes qui font l’école à la maison, comme le soulignait la Protectrice du citoyen dans son rapport de 2015 [M. Roberge ne semble n’en avoir retenu que ce que la presse avait souligné : il faut plus surveiller ces parents originaux, ce rapport était nettement plus riche, on peut par exemple aider les parents avec des ressources supplémentaires sans vouloir à tout prix qu’ils se conforment à une méthodologie ou à une idéologie particulière] ;

— Le statut des écoles clandestines et illégales, où les élèves ne suivent pas le cursus approuvé par le gouvernement.

Selon eux, il est temps de remplir le trou béant qui figure dans la Loi sur la protection de la jeunesse de manière à ce que tout jeune au Québec reçoive une éducation de qualité.

À nouveau, nous sommes d’accord, mais ces deux députés prétendent-ils que les élèves des écoles publiques québécoises reçoivent une éducation de qualité ? Selon quels critères ? Pourquoi tant d’élèves vont-ils au privé ? Pourquoi tant d’élèves finissent-ils leur secondaire avec un si faible bagage culturel ? Qu’en est-il des parents de décrocheurs ? La DPJ interviendra-t-elle aussi ? Ou ces députés ont-ils choisi une cible facile avec les écoles « clandestines » parce qu’elles sont surtout religieuses ?

M. Roberge a affirmé : « En juin dernier, nombre de Québécois [Note du carnet : M. Roberge devrait parler en son nom] espéraient que le problème se réglerait quand la DPJ est débarquée dans une école clandestine [juive] à Montréal. Malheureusement, ils ont été déçus, car rien ne s’est passé. »

En réalité, rien ne prouve que cette école (en fait deux) soit illégale... En effet, les yéchivas — comme les séminaires catholiques — ne sont pas soumises à la loi de l’enseignement... (Lire la décision du juge Dugré.) Le reste fait partie du sensationnalisme facile des médias dès qu’on parle d’écoles dites illégales ou clandestines, ouvertes pourtant depuis plus de 50 ans dans certains cas ! La DPJ est intervenue avec fracas et un intérêt médiatique prévisible dans deux écoles juives de Montréal pour enquêter sur des signalements de négligence. Signalements de la part de qui ? On ne le sait. Quelques semaines plus tard, les dossiers ont été fermés comme à l’accoutumée parce que les enfants n’avaient subi aucuns sévices physiques et se développaient normalement. Les acquis éducationnels des enfants n’ont pas été évalués, les parents ayant certifié que leurs enfants bénéficient de l’école à la maison et qu’ils sont suivis par la commission English Montréal... Ce que les médias avaient déjà rapporté auparavant.

Les juifs hassidiques ont des écoles talmudiques pour les garçons depuis plus de 50 ans à Montréal. Où est le problème ? Quelle est la raison de cette crispation soudaine de la part des politiciens québécois ? Notons que les juifs ne sont pas contre une bonne éducation (certaines de leurs écoles pour filles sont parmi les meilleures au Québec, Beth Rivkah notamment), mais ils sont pour une éducation particulière dont ils veulent conserver l’essence et l’originalité. Qui est M. Roberge pour décider de l’éducation des jeunes garçons juifs ?

Actuellement, la DPJ intervient seulement si un jeune est victime de négligence. Pour M. Roberge, « malheureusement, une scolarisation qui ne respecte pas le programme, qui ne mène pas à un diplôme, ce n’est pas considéré comme de la négligence. On a un problème. En 2016, la non-scolarisation devrait être considérée comme de la négligence. »

Des solutions simples et non liberticides : permettre facilement l’obtention de diplômes par équivalence de compétences, permettre d’autres programmes scolaires que celui du gouvernement ou encore réduire singulièrement les aspects obligatoires dans la scolarité au Québec (en abrogeant par exemple l’obligation de donner le cours ECR). C’est le manque de souplesse du Québec qui crée les écoles « illégales ». C’est ainsi que la Belle Province est l’unique juridiction en Amérique du Nord qui interdise les écoles mennonites conservatrices (principalement pour une question de qualification des enseignants qui doivent être membres de cette église), tous les autres États ou provinces ont réussi à trouver des aménagements qui ne mettent en rien en danger la qualité des écoles de leur ressort. Mais, au Québec, c’est la raideur administrative (aucune dispense !) soutenue par une presse et des députés qui font goulûment la chasse aux écoles « illégales » avec constance.

Que veut la CAQ en faisant intervenir la DPJ ? Que l’État québécois enlève les enfants des juifs hassidiques parce que ceux-ci ont une scolarité qui ne se conforme pas assez au programme pédagogique unique du Québec ?

Ce qui est neuf ce n’est évidemment pas l’éducation des enfants à la maison (des générations de fils de nobles et de bourgeois avaient des précepteurs) ou les écoles non soumises aux diktats de l’État, mais la mainmise croissante de l’État sur l’éducation des enfants. Mainmise qui ne garantit pas la qualité de l’enseignement. Notons que cet État est de plus en plus juge et partie­. Quels parents isolés pourront résister à des contrôles arbitraires, à des pressions de la part des commissions scolaires, de la DPJ armée de pouvoirs répressifs supplémentaires et qui bénéficie d’une certaine immunité ?

Rappelons une évidence : l’immense majorité des parents dans la ligne de mire de la CAQ ne cherchent pas à ce que leurs enfants ne sachent ni lire, ni écrire, ni compter. Ils ne sont pas négligents. Ils font ce choix parce qu’ils considèrent que l’éducation « dans les clous » tracés par le Monopole ou dans une école particulière n’est pas adaptée à leur enfant et cela pour des raisons diverses : parfois parce que l’enfant se sent mal à l’école, il s’en sent exclu ; parfois parce que les parents considèrent que l’éducation de l’école du coin n’est pas de qualité, n’offre pas un programme particulier ; que les enfants y feraient de mauvaises fréquentations (violence, drogues, élèves turbulents, etc.) ou encore que l’école ne respecte pas leurs convictions philosophiques ou religieuses.

Le problème du manque de diplomation est la conséquence même du monopole de l’éducation au Québec : seul l’État diplôme, un seul programme obligatoire est permis. Le monopole crée lui-même cette « négligence » que serait l’absence de diplôme québécois.

Mais, il faudrait d’abord à M. Roberge qu’il démontre que ne pas suivre le programme gouvernemental constitue une négligence : en quoi les garçons juifs orthodoxes ou les enfants mennonites qui n’ont pas de diplômes quand ils sortent de leurs écoles sont-ils victimes de négligence ? Sont-ils en général plus malheureux que les jeunes Québécois qui suivent le programme scolaire ? Seront-ils moins heureux par la suite ? Pour les enfants mennonites, par exemple, M. Roberge, sait-il quoi que ce soit ? A-t-il déjà rendu visite à ceux-ci ? Visiter les fermes de ces parents non munis d’un diplôme dûment estampillé par l’État ? Ces parents ne sont pas pauvres, il risque d’ailleurs d’être surpris... Quels sont les critères objectifs au-delà de préjugés corporatistes qui permettent à M. Roberge, instituteur au primaire jusqu’en 2014, de parler de négligence ?

Certains enfants instruits à la maison s’inscrivent dans des collèges ou universités hors Québec et en sortent diplômés. Ils sont parfois forcés à cet exil par le rigorisme et le manque d’ouverture des établissements québécois. Voir cette liste de 25 collèges ou universités anglophones qui acceptent des enfants instruits à la maison. Notons que le mouvement de l’instruction à domicile aux États-Unis connaît un succès croissant et que les jeunes instruits de la sorte s’en sortent bien, mieux en moyenne que les enfants de l’école publique américaine. Et il n’y a pas d’écart de résultats scolaires notables entre les États américains qui pratiquent le laissez-faire et ceux plus tatillons et autoritaires, pardon ceux qui « offrent [sic] un encadrement pédagogique pour les jeunes qui font l’école à la maison »... (Sur le mot « offrir » qui, en novlangue pédagogique, veut souvent dire plus clairement « imposer sans exception », lire notre lexique.)

Enfin, notons que ne pas suivre le programme du gouvernement québécois au primaire ou au secondaire ne signifie pas aujourd’hui qu’il soit impossible d’être diplômé, même au Québec et malgré les difficultés faites par les administrations scolaires, notamment les cégeps, aux enfants instruits à la maison. D’une part, il est possible de passer certains examens en tant qu’étudiant libre, c’est le cas du baccalauréat français, c’est l’équivalent du DEC québécois. On peut donc étudier à la maison comme on veut et passer l’examen quand on est prêt. Évidemment, à la fin on se conforme au programme choisi pour passer l’examen, mais ce n’est pas le cas pour toutes les années de la scolarisation à domicile. D’autre part, on peut ne pas suivre le programme du gouvernement, passer un examen très facile comme le TENS ou le GED reconnu au niveau international puis s’inscrire à une formation de type technique au Québec pour devenir électricien, mécanicien, etc. Nous connaissons de nombreux exemples de ce type. En quoi les parents de ces jeunes ont-ils été négligents ? Parce qu’ils n’ont pas suivi la voie que privilégie M. Roberge ?

À la lumière de ces éléments, le reste de l’intervention de M. Roberge à l’Assemblée nationale peut mieux se savourer : « On parle de milliers d’enfants qui n’auront jamais un diplôme, parce qu’ils sont victimes de la négligence du gouvernement libéral. À la CAQ, nous avons une solution audacieuse à proposer. Il faut changer la définition de négligence dans la Loi sur la protection de la jeunesse pour que tous les élèves québécois aient accès à une éducation qui respecte le programme et qui mène à l’obtention d’un diplôme ».

De son côté, Sébastien Schneeberger exhorte la ministre responsable de la DPJ à faire preuve de « courage » et à défendre cette idée auprès de ses collègues. Tout comme le ministre de l’Éducation, elle doit s’assurer qu’aucun enfant n’échappe au monopole gouvernemental scolaire québécois. « Nous avons à notre disposition des outils [répressifs], comme la DPJ, mais elle n’a pas toute la latitude pour intervenir. Le gouvernement n’est pas capable d’identifier ni de repérer les jeunes qui ne suivent pas une éducation appropriée [euh, disons plutôt approuvée par le gouvernement]. Résultat : on les laisse tomber. [Une preuve ?] Il faut mettre fin à cette triste réalité. Actuellement, avec le projet de loi 99, la Loi sur la protection de la jeunesse est ouverte. La ministre doit saisir cette occasion et accepter notre proposition », estime le député de Drummond–Bois-Francs.


En chambre, le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx s’est montré ouvert à donner plus de pouvoirs répressifs soit à la DPJ ou au ministère de l’Éducation pour « cibler et intervenir » auprès des enfants qui ne fréquentent pas une école reconnue par le ministère de l’Éducation et à « revoir l’encadrement » de l’école à la maison. « Il y a d’ailleurs un projet de loi qui est en rédaction à cet effet-là. »

La ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, a quant à elle affirmé qu’il « y aura des amendements » au projet de loi 99. Nous adresserons [sic : aborderons, répondrons à] cette question-là. »


Source : Journal des débats à l’Assemblée nationale

Voir aussi

La CAQ n’est pas la seule à faire dans la surenchère dans ce dossier, lire les propos ahurissants d’Agnès Maltais (PQ) : École clandestine « où 22 jeunes filles y recevraient l’enseignement de travaux ménagers »

Aux États-Unis par contre, l’administration Trump sera pour une liberté scolaire renforcée et plus autonome : États-Unis — Trump nomme Betsy Devos à l’éducation

Un État tatillon en éducation est-ce mieux ?


Radio-Canada écrit : « Québec donne plus d’argent pour l’école à la maison », mais ce n’est pas pour aider les parents dans leurs frais, mais pour les surveiller de plus près et payer des fonctionnaires.

Socialisation — Les écoles montréalaises plus violentes que le métro

L’école, havre de socialisation — 13 % des crimes des adolescents y sont commis

L’école infantilise-t-elle les adolescents ?

Canada — De plus en plus d’enfants instruits à la maison

Tribunal reconnaît deux intervenantes de la DPJ coupables, mais la DPJ échappe à toute condamnation, car une clause d’immunité la protège

Le rapport du protecteur du citoyen sur la scolarisation à la maison

Instruction à la maison : comment faire évaluer vos enfants


mardi 12 juillet 2016

« Québec donne plus d'argent pour l'école à la maison »

Radio-Canada titre ce matin « Québec donne plus d’argent pour l’école à la maison ».

On pourrait croire qu’il s’agit d’aider les parents en couvrant des frais liés à l’instruction à domicile (achats de fourniture, de livres, rétribution du travail des parents éducateurs qui épargnent de l'argent à l'État, déduction pour l’inscription dans des activités sportives ou culturelles prises en charge par les écoles publiques pour les autres enfants).

Non, en vérité, il s’agit de donner plus d’argent aux commissions scolaires pour qu’elles surveillent davantage les parents qui exercent le droit d’instruire leurs propres enfants. Rappelons que, dans l'esprit originel et libéral du Code civil, l’État doit avoir un rôle de soutien dans cette instruction et non de gendarme sourcilleux.

Le gouvernement Couillard va doubler le budget octroyé aux commissions scolaires pour l’enseignement à la maison. Le ministère de l’Éducation va accorder un million de dollars de plus pour la prochaine rentrée scolaire. Dès septembre, le montant qu’accorde le ministère de l’Éducation pour chaque élève scolarisé à la maison va passer de 616 $ à 1000 $ par année.

Notons qu’on assiste à une forte augmentation du nombre d’enfants instruits à domicile au Québec parce que le Monopole de l’Éducation du Québec refuse de tolérer les écoles de nombreuses communautés religieuses (catholiques rigoristes, protestantes et juives). On ne voit pas en quoi ces fermetures aident quiconque, mais elles semblent faire plaisir aux militants laïques et sans doute aux syndicats d’enseignants (selon un ancien député de nos connaissances) qui n’aiment pas que ces petites écoles emploient des institutrices qui n’ont pas les diplômes requis par le Monopole de l’Éducation (et qu'ils délivrent lui-même).

Depuis plusieurs années, les parents d’une communauté catholique de Joliette, La Mission de L’Esprit-Saint, inscrivent leurs enfants auprès d’une commission scolaire et font l’école à la maison, après que le gouvernement a forcé la fermeture de leur propre école. Une initiative copiée par les communautés juives hassidiques de Montréal à la suite d’années de reportages alarmistes dans la presse et de pressions gouvernementales. La fermeté du Québec en la matière est une exception en Amérique du Nord. C’est ainsi que tous les États et provinces en Amérique du Nord permettent aux mennonites conservateurs d’avoir leurs propres écoles, sauf Québec.

Pour l’année scolaire 2014-2015, on comptait officiellement environ 1300 enfants scolarisés à la maison. Avec l’inscription des enfants des communautés juives hassidiques de Montréal, ce sont donc près de 2000 enfants qui recevront l’école à la maison à la prochaine rentrée scolaire.


Dans un rapport d’enquête d’avril 2015, le « Protecteur du citoyen » recommandait au ministère « d’examiner les pratiques d’évaluation des projets éducatifs et des différentes méthodes qui pourraient être utilisées pour un meilleur suivi des apprentissages de ces enfants. » Bref, de surveiller davantage et plus rigoureusement les parents et les enfants qui pratiquent l’instruction à domicile.

Nous dénonçons ici le rôle de juge et partie du gouvernement dans cette « protection des enfants » : il impose en réalité son unique programme d’éducation par ce biais (prétendre protéger les enfants). Pour ce carnet, les parents devraient pouvoir réellement exercer leur droit dans le choix de l’éducation et l’instruction de leurs enfants. Dans ce sens, ils devraient avoir plus de choix dans l’évaluateur de l’apprentissage des enfants, ces évaluateurs pourraient, par exemple, être des organismes autres que ceux du gouvernement québécois. On pourrait penser à d'autres organismes homologués par d'autres pays par exemple. Nous pensons également que le rôle de l’État devrait être de soutenir les parents et d'être moins intrusif et moins soupçonneux à l’égard des parents.


jeudi 2 juin 2016

Marronnier — Les écoles juives « illégales »

C’est un marronnier au Québec comme on dit dans le jargon du journalisme. C’est-à-dire un sujet d’information meublant une période creuse et consacré à un événement récurrent et prévisible.

Voici donc revenue la saison des articles et reportages sur les « écoles juives illégales ».

D’emblée, notons que ces « écoles » ne sont ni clandestines ni nécessairement illégales. Ces établissements n’ont peut-être pas de permis d’enseigner au sens de la Loi sur l’école privée, mais certains établissements sont dispensés de tel permis : les écoles religieuses comme les séminaires catholiques ou les yéchivas (écoles talmudiques) et les centres de soutien scolaire.

Québec a d’ailleurs préféré régler à l’amiable (hors cour) une affaire dans ce dossier le jour même où les parties devaient comparaître devant le tribunal. Le Monopole de l’Éducation avait auparavant essuyé un échec quand il avait demandé la fermeture en urgence d’une yéchiva ouverte depuis près de 60 ans... Voir Québec ne cherchera plus à fermer une école hassidique considérée auparavant comme illégale, École orthodoxe juive en procès contre Québec pour éviter sa fermeture d’autorité.

Perquisition des « services de la protection de l’enfance » sous protection policière dans un établissement hassidique


D’ailleurs, le Monopole de l’éducation le reconnaît quand il dit par la voix de son ministre, l’inénarrable girouette Sébastien Proulx : « Il n’y a pas eu de demande de permis, il n’y a pas de demande de permis en cours, il n’y en a pas eu dans le passé. Ce n’est pas un endroit où il se donnait un programme éducatif [comprendre: c'est une yéchiva qui enseigne surtout des sujets religieux], donc ce n’est pas une école au sens du ministère de l’Éducation », a confirmé Sébastien Proulx. S’il n’y a pas d’école au sens du ministère de l’Éducation, les journalistes devraient arrêter de dire « école illégale » ou « école clandestine »... Mais on comprend que cela fait sensationnel et joue sur une fibre « laïciste » intolérante.

Nous comprenons parfaitement que l’immigration massive au Québec (55 000 personnes/an) de personnes parfois très éloignées culturellement et linguistiquement soit une cause d’angoisse pour de nombreux Québécois, mais c’est un débat différent. C’est l’immigration alors qu’il faut mieux cibler, sans doute limiter ; il ne faut pas restreindre la liberté scolaire de tous les Québécois (y compris donc les chrétiens ou agnostiques conservateurs pour parler franchement) afin de lutter contre ce bouleversement migratoire.

N’oublions pas que ce monopole éducatif s’est retourné contre les parents conservateurs depuis plus de 40 ans. Hier, c’était encore l’imposition d’un cours d’ECR qui allait faire des merveilles au niveau du vivre ensemble (nous n’en croyons rien). Aujourd’hui ce sera l’imposition d’une éducation à la sexualité qui, prétextant une lutte contre les maladies vénériennes (en fait ces programmes ont peu d’effets sur le taux de MST), inculquera une philosophie sexuelle permissive, la lutte aux « stéréotypes genrés », la théorie du genre et autres modes qui plaisent aux groupes de pression LGBT. (Voir Le cours d’éducation sexuelle ontarien évite-t-il l’augmentation du nombre de maladies vénériennes ? et Malgré l’éducation sexuelle, recrudescence des maladies vénériennes en Suède.)


Ce que les parents juifs, comme tous les autres, doivent faire, par contre, c’est d’assurer une éducation généraliste à leurs enfants. Mais rappelons que le premier responsable de l’éducation de l’enfant n’est pas l’État : c’est le parent. Selon le Code civil du Québec, l’éducation est un attribut de l’autorité parentale. En droit civil, l’éducation est à la fois un droit et un devoir pour le parent : art. 599 et 605 Code Civil du Québec (CCQ). L’enfant n’est pas sous l’autorité de l’État, mais sous l’autorité de ses parents : art. 598 CCQ. Au Québec, le parent n’a pas l’obligation de déléguer l’éducation de son enfant à un tiers (art. 601 CCQ et art. 51 de la Loi d’interprétation). C’est pourquoi le parent peut donner un enseignement à la maison, ce que l’État doit faire c’est d’aider le parent à réaliser cette obligation. Aide et non répression. On en est loin. (Pour plus de détails.) Nous n’avons pas d’objection à ce que les parents doivent informer l’État où leurs enfants reçoivent cette éducation généraliste pour peu qu’il existe une véritable liberté parentale en matière scolaire au Québec.

Pour ce carnet, le parent pourrait choisir n’importe quelle école de son choix du moment qu’elle répond à quelques exigences de base : enseignement des matières de base (certainement le français au Québec), dans des locaux sûrs et hygiéniques, sans maltraitance physique patente, sans propagande incitant à la violence, avec des évaluations des élèves dans les matières de base par un ou plusieurs organismes indépendants du gouvernement, mais reconnus par le Québec (y compris des organismes étrangers par exemple suisses, français ou belges). Les écoles ou les parents devraient pouvoir choisir l’organisme d’évaluation homologué qui les satisfait.

Pour le reste, nous sommes très réservés, par contre, sur l’imposition de pédagogie particulière aux parents ou aux écoles, sur une obligation de choisir du matériel « approuvé » par le Monopole et sur l’imposition (en partie syndicale) des seuls enseignants formés au pédagogisme québécois. Cela pour plusieurs raisons. L’une est philosophique : nous pensons qu’il est bon d’avoir plusieurs modèles d’éducation, un marché de l’éducation qui répond à des aspirations différentes, à des élèves différents, à des méthodes différentes. C’est ce que notre société accepte dans l’alimentation ou le transport, d’autres domaines aussi cruciaux que l’enseignement. Pourquoi dans le domaine de l’éducation devrait-il y avoir un monopole, si ce n’est pour modeler les enfants des autres selon le désir des gens au pouvoir ? Une autre raison est pratique : l’école québécoise forme souvent des élèves à la culture générale médiocre, c’est une école de facilité, elle place la « pédagogie dûment diplômée » au-dessus du talent confirmé des enseignants. Le monopole n’a pas débouché sur l’excellence, c’est une litote de le constater. On aboutit aussi à des cas kafkaïens comme ce professeur de latin apprécié de tous, mais qui n’ayant pas les heures de pédagogie requises se vit obligé de quitter la profession, non sans avoir d’abord appris le latin à sa remplaçante qui ne connaissait pas la matière, mais elle avait le diplôme québécois reconnu... (Voir Le nombre d’enseignants « non qualifiés » continue d’augmenter dans les écoles québécoises.)

Il y a aussi les écoles acceptées partout au Canada sauf au Québec comme l’école mennonite (surtout primaire) de Roxton Falls, mais qui ne peuvent fonctionner en tant qu’école « au sens du ministère de l’Éducation » principalement parce que, dans ce cas-ci, l’école n’accepte pas les enseignants qui ne sont pas mennonites. Or ces mennonites n’envoient plus (depuis une quarantaine d’années) leurs jeunes aux collèges et universités de formation d’enseignants, car ils désapprouvent, notamment, le climat antichrétien, selon eux, qui règne dans ces établissements. Est-ce que cela veut dire que ces écoles forment de mauvais citoyens, incultes, improductifs ? Rien n’est en fait moins sûr : les jeunes Québécois sont peu cultivés, les mennonites sont relativement prospères, leurs jeunes passent sans difficulté les épreuves du Monopole de l’Éducation, adultes ils répugnent à toucher le chômage. Notons enfin que la meilleure école primaire en Colombie-Britannique 2011 était une école des mormons polygames qui aurait très probablement été déclarée illégale (chair de poule) et clandestine (frissons dans le dos) au Québec.

Qu’est-ce que le Québec gagne à être aussi peu souple ?

La question n’est pas pour nous que les écoles juives doivent respecter la loi (de toute façon, aucun juge n’a dit que ces écoles religieuses étaient illégales), mais plutôt d’assouplir la loi et les règlements en la matière alors que cette rigidité ne comporte guère d’avantages et prive ainsi le Québec d’une plus grande diversité d’écoles, de pédagogies et d’enseignants. Bref, ce que nous choyons habituellement dans d’autres domaines : la concurrence, la liberté de choix et la souplesse.

Voir aussi

École clandestine « où 22 jeunes filles y recevraient l’enseignement de travaux ménagers » (Agnès Maltais se fonde sur un article de presse indigent et des rumeurs et laisse ses préjugés s’exprimer)

Les règles imposées à l’école privée sont responsables de la sélection pratiquée

Les écoles juives et la liberté du choix d’éducation des parents québécois

Le Ministère prétend « accompagner » les mennonites

Compulsory Education in the United States

Histoire du premier réseau d’écoles publiques aux É.-U. (L’Éducation publique est-elle nécessaire ? de Samuel Blumenfeld)

La DPJ recule après plus 3 ans d’interrogatoires, de tests et de procès : une famille recouvre sa liberté

Cour suprême : Enfant envoyé par un juge en garderie pour le « socialiser » après que seuls les experts de la DPJ ont pu témoigner

La DPJ intervient, dans l’intérêt supérieur de l’enfant, vraiment ?

Ne pas trop parler des dysfonctionnements de la DPJ afin de garder la foi dans le système

Tribunal reconnaît deux intervenantes de la DPJ coupables, mais la DPJ échappe à toute condamnation, car une clause d’immunité la protège

Un enfant de la DPJ créé par procréation assistée au frais du gouvernement



Droits parentaux amoindris — Des parents en furie contre le DPJ

Menacée par l’école de faire appel à la DPJ, la mère renvoie sa fille à l’école où elle vit le martyre, la fille se suicide

L’obligation de scolarisation par l’État est-elle toujours bénéfique ?

jeudi 6 novembre 2014

École clandestine « où 22 jeunes filles y recevraient l'enseignement de travaux ménagers »

Agnès Maltais
Propos ahurissants de Mme Agnès Maltais (Parti québécois) qui accusait ce matin à l’Assemblée nationale le gouvernement de complaisance envers une école « illégale » qui apprend « le ménage, le lavage, le tissage, à l’école, au lieu d’apprendre les sciences, les mathématiques, le français ». L’Agence QMI (Québécor) parle d’école « clandestine ».

Reprenons ses paroles tirées du Journal des débats :

Mme Maltais : Au moins une école illégale utilise déjà l’échappatoire du ministre de l’Éducation [Note du carnet : l'école à la maison] pour ne pas enseigner le programme obligatoire du Québec. Dans La Presse du 11 juin dernier, concernant l’école mennonite de Roxton Falls, on peut lire ceci : « Ignorant notre métier de journaliste, l’un des enseignants nous a informés que 22 [jeunes filles] fréquentaient l’école et qu’auprès du ministère ils étaient en fait enregistrés comme faisant l’école à la maison. [...] Selon nos informations, l’école privilégierait l’enseignement des travaux ménagers. »

La ministre de la Condition féminine peut-elle nous dire si elle savait que ces 22 jeunes filles apprennent le ménage, le lavage, le tissage, à l’école, au lieu d’apprendre les sciences, les mathématiques, le français ? Va-t-elle intervenir ? Est-ce que l’obscurantisme et le sexisme sont maintenant la formation de base dans nos écoles du Québec ? Puisque l’avenir de ces 22 jeunes filles n’est pas important pour le ministre de l’Éducation, est-ce que la ministre de la Condition féminine va se lever ? Qu’est-ce qu’elle va faire pour arrêter cela ?

[Réponse langue de bois du ministre Bolduc : un « comité interministériel » a été mis en place « pour arriver avec des solutions structurantes ».]

Mme Maltais : C’est parce que maintenant que le gouvernement libéral a créé un précédent et légalise les écoles illégales c’est un bar ouvert en éducation pour les extrémistes religieux.

Si le ministre de l’Éducation refuse de protéger les garçons de l’école Yeshiva Torath [sic] Moishe [sic], est-ce que la ministre de l’Éducation... la ministre de la Condition féminine va protéger les jeunes filles de l’école mennonite ? C’est ça, la question. Maintenant que la recette est connue et avalisée par le gouvernement, est-ce qu’on ne réalise pas qu’on ouvre la porte aux écoles intégristes ?

[Réponse du ministre M. Bolduc : soyez tolérante Mme Maltais, un comité interministériel a été mis en place, etc.]

Mme Maltais : M. le Président, le ministre a accepté de rendre légal le fait que le jour à l’école les garçons et les filles n’apprennent pas les notions de base, mais qu’on apprenne des concepts qui sont liés au sexisme et à l’obscurantisme. C’est de ça dont [sic] je parle. Et on se fie que le soir, à la maison, des parents qui parlent seulement anglais vont enseigner le français, que des parents qui croient au créationnisme vont aller enseigner les sciences. C’est ça qui est le problème, ce n’est pas : On est contre, contre...

Tout tourne autour de cette affirmation : « La ministre de la Condition féminine peut-elle nous dire si elle savait que ces 22 jeunes filles apprennent le ménage, le lavage, le tissage, à l’école, au lieu d’apprendre les sciences, les mathématiques, le français ? »

Or :
  • Il n’y a pas 22 jeunes filles, mais 22 élèves (l’an passé) ;
  • les jeunes filles (comme les jeunes garçons) mennonites apprennent notamment l’anglais, les sciences, les mathématiques, l’histoire et un peu de français (c’est principalement une école primaire) ;
  • les élèves de l’école mennonite de Roxton Falls passent chaque année plusieurs jours à effectuer des examens à la commission scolaire pour vérifier leur acquis scolaire ;
  • les jeunes filles n’y apprennent que fort peu le ménage et à notre connaissance pas du tout le tissage, ces activités d’économie ménagère sont données en fin de journée (après les classes !) les vendredis pendant quelques semaines de l’année en alternance avec des classes d’artisanat (pour garçons et filles) ;
  • la journaliste d’où est tirée cette rumeur aurait dû demander ouvertement ce qu’apprenaient les enfants ou assister à des classes plutôt que de se fonder elle-même sur un racontar (« Selon nos informations, ») ;
  • l’intrépide journaliste avait feint d’avoir récemment déménagé dans le village pour entamer sa dangereuse enquête auprès de ces scrupuleux pacifistes que sont les mennonites, lesquels n’avaient rien à cacher, elle aurait mieux fait de se renseigner ouvertement ;
  • l’école n’est pas clandestine, les mennonites ont même invité le ministre Bolduc à leur rendre visite pour justement abattre certains préjugés ;
  • reste une chose vraie : des enfants mennonites reçoivent des cours dans des matières de base du programme de la part de tuteurs dans un bâtiment qui leur sert de centre d’étude. 

On est loin des fantasmes et des préjugés hystériques de Mme Agnès Maltais qui devrait vérifier les rumeurs des journalistes avant de les prendre pour argent comptant et de s’insurger ainsi en pleine chambre sur la base d’on-dit. Et cela de la part d'une ancienne ministre à trois reprises !

Quant à cette objection : « Et on se fie que [...] des parents qui parlent seulement anglais vont enseigner le français, que des parents qui croient au créationnisme vont aller enseigner les sciences. C’est ça qui est le problème, ce n’est pas : On est contre, contre... » Cette objection s’applique à tous les parents qui font « l’école à la maison ». D’une part, les sciences c’est nettement plus que la théorie de l’évolution : c’est la chimie, la physique, la biologie, la mécanique, l’électricité, l’optique, la génétique, etc. D’autre part, doit-on comprendre que Mme Maltais voudrait limiter le droit de tous les parents à éduquer leurs enfants à la maison ou que ces parents doivent affirmer ne pas être créationnistes pour pouvoir le faire ?

Voir aussi

Québec ne cherchera plus à fermer une école hassidique considérée auparavant comme illégale (m. à j.)

L’école infantilise-t-elle les adolescents ?

Oh, non ! J'ai oublié de socialiser les enfants !

Suède — Cour d'appel retire les droits parentaux de parents coupables d'instruction à la maison

Allemagne — Mère de douze enfants emprisonnée : elle refuse pour ses enfants le cours d'éducation sexuelle au primaire

Allemagne — juge refuse la garde des enfants pour empêcher l'émigration des parents

Police allemande enlève les enfants d'une famille instruits à la maison

École à la maison en Allemagne —  Accompagnez-nous maintenant de gré ou plus tard de force »

Québec — Enfant envoyé par un juge en garderie pour le « socialiser » après que seuls les experts de la DPJ ont pu témoigner (suite : La DPJ recule après plus 3 ans d'interrogatoires, de tests et de procès : une famille recouvre sa liberté).

Des parents professionnels certifiés et diplômés

L'école, havre de socialisation — 13 % des crimes des adolescents y sont commis (plus à Montréal, voir ci-dessous.)

Socialisation — Les écoles montréalaises plus violentes que le métro

L'instruction à la maison serait « antidémocratique » selon un éditorialiste du Devoir

Les enfants instruits à la maison aux États-Unis réussissent mieux que ceux des écoles publiques

A+ pour l’enseignement à la maison selon une étude des universités Concordia et Mount Allison


vendredi 14 décembre 2012

Les plus religieux hériteront-ils de la Terre ?

Les nouveaux athées comme Dawkins et Hitchens ont convaincu de nombreux intellectuels occidentaux que l’athéisme — ou sa version plus douce la « laïcité » agnostique — représente le sens de l’Histoire. Mais la plupart des gens ne lisent pas les livres de ces auteurs avant de décider d'être religieux. Ils héritent plutôt leur foi de leurs parents. Pour Eric Kaufmann, un professeur de l'Université de Birkbeck de Londres, ce que personne ne semble avoir remarqué c'est que loin de diminuer, la proportion de croyants dans le monde augmente. D'ailleurs, plus ils sont religieux, plus ils ont d’enfants. Pour le professeur londonien, l'effet cumulatif de l’immigration en provenance de pays religieux et la fécondité des croyants inversera le processus de sécularisation en Occident. Non seulement la religion finira par triompher de l’irréligion, mais ce sont les croyants les plus convaincus qui ont les plus grandes familles. L’effet de cette différence dans la natalité des groupes en présence aura plus d’effet en Occident que dans le Tiers-Monde puisque celui-ci est plus généralement homogène et religieux. C’est là la thèse du dernier livre d’Eric Kaufmann au titre quelque peu provocateur : Les Religieux hériteront-ils de la Terre ? (Shall the Religious Inherit the Earth?)

Contraction démographique à venir

Le monde connaît un changement démographique sans précédent. L'Europe montre la voie, mais l'Asie de l'Est vieillit plus rapidement que celle-ci et pourrait bientôt être plus vieille, alors que d'autres régions du monde — en particulier l'Inde, l'Asie du Sud et l’Amérique latine — empruntent le même chemin. Ces bouleversements sont imputables à une prospérité croissante, à l’éducation des femmes (enfin une certaine éducation), à l'urbanisation et à la régulation des naissances.

Le taux de fécondité en Occident — c'est-à-dire le nombre moyen d'enfants qu’une femme a durant sa vie — est inférieur au seuil de remplacement depuis près de quarante ans. La seule exception importante est les États-Unis. En conséquence, la population autochtone a commencé à baisser en termes absolus – un déclin qui va s’accélérer dans les années à venir. L’indice de fécondité mondiale devrait passer sous le taux de remplacement vers 2040. La population mondiale, elle, commencerait à diminuer quelques décennies plus tard, de plus en plus rapidement. Seuls les États-Unis maintiennent encore une natalité saine, mais celle-ci s’explique par une fécondité importante des Latinos et le fait que les États-Unis sont encore une société religieuse quand on la compare à l’Europe ou au Québec.

L'importance numérique de l'Occident laïque dans le monde est en plein déclin. Alors que 35 % de la population mondiale en 1900 étaient d'origine européenne (en Europe, en Russie, en Amérique), la population de l'Occident (qui comprend désormais de nombreux immigrés) ne représente plus que 17 % de la population mondiale. Elle devrait atteindre 10 % vers 2050.

Eric Kaufmann cite l’anthropologue Scott Atran qui rappelle qu’aucune civilisation n’a survécu sans une certaine forme de religion pendant plus de deux générations. Ceux qui prédisent que la religion disparaîtra vaincue par les Lumières qu’ils incarnent (bien sûr) devraient se pencher sur les faits. En chiffres bruts, le monde devient plus religieux de par l'effondrement démographique relatif de l'Occident. Qui aurait également cru il y a soixante ans alors que les juifs ultra-orthodoxes disparaissaient virtuellement en Europe où ils étaient les plus nombreux qu’ils deviendraient si importants en Israël et même ailleurs en Occident ?

dimanche 3 juin 2012

Manitoba — Aucune exemption, peu importe le cours, recommande un syndicat d'enseignants

La Société des enseignants du Manitoba (MTS) a décidé samedi 26 mai que les parents n'ont pas le droit de retirer leurs enfants des classes d’éducation sexuelle.

Le syndicat fera également pression sur le gouvernement provincial pour empêcher les parents « de retirer leurs enfants de toute partie du programme d'études du Manitoba. » « Bien que l'intention originelle de la résolution fût que les parents ne puissent pas retirer leurs enfants des cours d’éducation sexuelle, les délégués ont voté pour que cette politique s’applique à tout le programme en une démonstration de soutien à l'égard du programme dans son intégralité », de souligner un communiqué de presse du syndicat.

Les détracteurs de l'initiative ont fustigé cette décision qui s’interpose entre les parents et leurs enfants. « Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants », a déclaré Maria Slykerman, présidente de la Campagne de la coalition pour la vie au Manitoba. « Ces enseignants du Manitoba violent de manière répréhensible ce devoir sacré quand ils votent en faveur d’une interdiction du droit des parents de retirer leurs enfants de certaines classes et ensuite déclare vouloir faire pression sur le gouvernement pour finalement s'opposer à ces droits parentaux par la force législative. »

Le Winnipeg Free Press nous apprend que les délégués à l'assemblée annuelle de la Société étaient d'abord divisés sur la question de la présence obligatoire aux classes d’éducation sexuelle, certains d’entre eux affirmaient, en effet, que la suppression du droit de retrait conduirait de nombreuses familles à inscrire leurs enfants dans les écoles privées ou à les instruire à domicile. Un enseignant de la division scolaire Frontier aurait déclaré que cette décision équivaudrait à intimider les parents à accepter des points de vue controversés sur des sujets tels que l'orientation sexuelle.

Le directeur d'une école huttérite a exprimé par le truchement d’un des délégués à la réunion que si les écoles étaient contraintes d'enseigner l’éducation sexuelle, son école n'aurait d'autre choix que de quitter le système public.

Le surintendant de la division scolaire de Seven Oaks, Brian O'Leary, a déclaré « Si vous voulez surveillez de près l’influence à laquelle vos enfants sont soumis, les parents devraient instruire eux-mêmes leurs enfants ou les inscrire dans une école confessionnelle indépendante ou quelque chose dans ce genre. »

Cependant, le choix est limité pour les parents manitobains. Le Manitoba n’a pas un secteur d’écoles publiques catholiques contrairement à l'Ontario, l'Alberta et la Saskatchewan. Certaines écoles indépendantes peuvent se qualifier pour un financement provincial si elles suivent fidèlement le programme d'études du Manitoba. Toutefois, même dans ces écoles, les parents doivent encore débourser de l’argent, a ajouté au National Post M. O'Leary. Le défi est plus important pour les enfants qui fréquentent les écoles des colonies huttérites, écoles qui font également partie du système scolaire public du Manitoba.

Jody Parsonage, secrétaire-trésorière de la division scolaire Prairie Spirit, qui comprend 14 écoles huttérites, a déclaré que si les enfants huttérites devaient désormais fréquenter des écoles indépendantes, elles devraient sans doute se rendre en ville parce qu'il y a très peu d'écoles indépendantes à la campagne. Ce commentaire surprend toutefois ce carnet puisque certains mennonites ont leurs propres écoles indépendantes (non subventionnées) dans la campagne manitobaine ; les huttérites devraient pouvoir faire de même.

Paul Olson, président de la MTS
Paul Olson, président de la MTS, a déclaré qu’environ les trois quarts environ des quelque 290 délégués ont voté en faveur de la résolution. La Société représente environ 15.000 enseignants de la province.

Ceux qui ont voté en faveur de la proposition prétendent dans un communiqué de la MTS que, pour ce qui a trait à l’éducation sexuelle, ils laisseraient « les jugements de valeur et le contexte [aux] parents afin qu’ils en discutent avec leurs enfants ».

Mais les défenseurs de la famille prétendent pour leur part que le programme scolaire à la santé du Manitoba dans sa composante d’éducation sexuelle est loin d’être neutre.

Les jeunes enfants de la maternelle commencent leur voyage vers la « santé sexuelle » en apprenant à identifier les parties du corps humain par leur nom : « le pénis, le vagin, les seins ». En 2e année, les enfants sauront que l'« union de l'ovule et du sperme forme des bébés ». En 5e année du primaire, entre 10 et 11 ans, les enfants seront en mesure de « décrire [la] structure et la fonction des systèmes reproducteurs et endocriniens », y compris « la fécondation [et] les rapports sexuels ». Ils seront en mesure d'identifier « les changements physiques associés à la puberté », y compris « la menstruation, l'érection, l'éjaculation, [et] les émissions nocturnes ». En 7e année, à 12 ans, les enfants apprendront des descriptions plus détaillées des « systèmes de reproduction de l'homme en ce qui concerne à la fertilisation et du développement du fœtus ».

Ils apprendront également comment « expliquer le processus de la reproduction humaine» et y mettre fin par le biais de la contraception. En fin de 10e année, entre 15 et 16 ans, ils seront en mesure de décrire les facteurs sociaux qui influent sur « ...l'orientation sexuelle » et ils seront en mesure d'« identifier et d'évaluer les avantages et les inconvénients ou de différentes méthodes de contraception ».

Ce n’est qu’en 10e année que les élèves apprennent que les relations sexuelles peuvent être avoir lieu au sein d'un « mariage », tout aussi légitime pour le programme que la « cohabitation ». L’imposition de cette philosophie n’est guère appréciée par les parents conservateurs sociaux du Manitoba : « Cet enseignement immoral, s’il est imposé à tous les enfants du Manitoba, aura de graves répercussions pour leur développement physique, psychologique et leur bien-être spirituel », a déclaré Slykerman.

Mais président le président Paul Olson a fait valoir que cette imposition contre le gré des parents permettra de « créer une école inclusive pour tout le monde ».

Illustration faisant la promotion des écoles « non sectaires »
(mais uniquement anglaises) au Manitoba après 1890

Une école inclusive a déjà été le prétexte au Manitoba pour interdire les écoles catholiques francophones et les écoles mennonites germanophones… On parlait alors d'écoles « non sectaires, gratuites pour tous ».






Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

mardi 5 avril 2011

« Unir plutôt que diviser » ou comment imposer un monopole en jouant sur les sentiments

Illustration faisant la promotion des écoles non confessionnelles anglaises au Manitoba après 1890

L'imposition d'une solution unique et du monopole étatique en matière scolaire ont déjà été défendus par les partisans de ce monopole sous le prétexte de rassembler les élèves, de ne pas les diviser, d'apprendre à « vivre ensemble » au-delà des barrières confessionnelles. (Pas de bon point pour ceux qui tracent un parallèle avec l'imposition du cours d'éthique et de culture religieuse, même la Coalition laïcité Québec s'en est aperçu)

Ce fut déjà le cas au Manitoba quand les écoles catholiques et francophones furent fermées et remplacées par des écoles anglophones et non catholiques.

En 1890, le Manitoba vota la Loi sur les écoles du Manitoba, abolissant le français comme langue officielle de la province, et retirant le financement pour les écoles catholiques. Ceci était en contradiction à la Loi sur le Manitoba de 1870. Les catholiques du Manitoba, encouragés par le premier ministre John A. Macdonald, en appelèrent à la Cour suprême de la province, mais la Loi sur les écoles fut soutenue. Ils portèrent l'affaire en appel à la Cour suprême du Canada, qui trancha en faveur de la Loi sur le Manitoba d'origine. Toutefois, le Comité judiciaire du Conseil privé au Royaume-Uni annula la décision, favorisant la Loi sur les écoles. Pendant ce temps, en 1892, les Territoires du Nord-Ouest abolirent également le français comme langue officielle.

L’élection fédérale de 1896 portera sur la question des écoles au Manitoba. Le Parti libéral dirigé par Wilrid Laurier prône l’autonomie provinciale en matière d’éducation et gagne l’élection. Laurier négocie avec le gouvernement provincial un accord appelé le compromis Laurier-Greenway qui autorise l’enseignement bilingue (anglais-français, anglais-allemand, anglais-polonais, anglais-ukrainien, etc.) alors que l’enseignement de la religion se fera en dehors des heures normales de classe.

En 1916, le Manitoba revient sur le compromis-Greenway : l'anglais sera la seule langue d'enseignement.

Les écoles bilingues étaient interdites. En ce faisant, il supprimait les écoles protestantes bilingues allemandes de la communauté pacifiste mennonite, reniant de la sorte ses promesses faites quelque 40 ans plus tôt. Bien que germanophones, les mennonites se voulaient strictement neutres et pacifiques. Ajoutons qu'ils étaient venus de Russie où ils s'étaient établis depuis de nombreuses générations et que la Russie était l'alliée du Canada à l'époque.


Le point 10 de cette entente solennelle stipule clairement que les écoles mennonites jouiraient d'une autonomie pleine et entière. C'est munis de cette promesse que les mennonites décidèrent de quitter l'Ukraine et la Russie pour s'établir au Manitoba. À la suite du reniement de cette promesse, de nombreux mennonites émigrèrent au Mexique ainsi que d'autres pays d'Amérique latine.

Les écoles bilingues anglais-ukrainien, anglais-polonais furent également abolies au Manitoba en 1916 alors que l'Empire Russe qui comprenait la Pologne et l'Ukraine était l'allié du Canada.

Il faudra attendre l'adoption par le gouvernement Schreyer de la loi 113 du Manitoba pour que le français soit  à nouveau reconnu en droit comme langue d’enseignement sur un pied d’égalité avec l’anglais.




mardi 2 octobre 2007

Le pédagogisme envahissant du Monopole

Petite réaction pour faire suite à un article de M. Jean-François Lisée publié dans L'Actualité du 15 avril 2007 :
On sait où va la réforme qui révolutionne le système scolaire: dans le mur. Une suggestion pour éviter le désastre.

Les « compétences transversales » et l’enseignement par projets, implantés dans nos écoles primaires, figureront l’an prochain dans une école secondaire près de chez vous. Il est vrai que ces concepts apparaissaient dans les documents issus des États généraux sur l’éducation, en 1996, qui ont aussi conduit aux garderies à cinq dollars, à la maternelle à cinq ans pour tous et à bien d’autres améliorations.
M. Lisée paie ici un hommage au prêt-à-penser des « élites » québécoises. Les garderies fortement subventionnées par l’État ne sont pas des améliorations, mais constituent une mesure de subventions destinées à la classe moyenne dont la mère est salariée. Elle ne touche que 50 % des familles avec enfants en bas âge, prive le Québec d’importantes ressources pour une politique universelle (quid des autres 50 % ?) efficace. On rappellera que l'allocation universelle naissance a été dénoncée par les féministes québécoises, car il aurait s'agit d'une mesure « cherchant à nous retourner aux berceaux et aux fourneaux » . Ces garderies ont encore grossi le rôle de l’État, alors qu’il était nettement plus simple et juste d’accorder un crédit d’impôt équivalent à la subvention des garderies à tous les parents. Cette politique est inique et inefficace pour ce qui est de la natalité surtout en comparaison avec les allocations de naissances et sans effets bénéfiques éducatifs notables, mais elle pourrait avoir des effets comportementaux et sanitaires néfastes.
Mais ceux qui, comme moi, ont suivi la gestation de la réforme en spectateurs intéressés, même au sein du gouvernement, furent extrêmement surpris de l’importance prise par ces aspects-là en particulier. Nous étions un certain nombre, Lucien Bouchard en tête, à avoir plutôt compris que le but de la réforme était de recentrer l’enseignement sur les matières de base, pas d’opérer une révolution pédagogique totale et unique au monde.

En prenant le pouvoir, en 2003, les libéraux auraient pu tout jeter aux orties, blâmant les péquistes. Au contraire, ils s’en sont fait les défenseurs. On connaissait la force d’inertie. On découvre la force réformiste. Venue de nulle part, elle est de celles que rien ne peut arrêter.
On remarque ici un autre méfait du Monopole amorphe : on ne sait pas très bien qui décide de cette révolution imposée à toutes les écoles, mais on ne peut y échapper au Québec ! Rappelons que même les écoles qualifiées de privées au Québec doivent subir les diktats des gnomes anonymes de Québec en matière de programme et de régime pédagogique.
[...]
j’ai été frappé par le recul des résultats de nos marmots, l’an dernier, dans la première épreuve internationale tenue depuis la réforme. Je suis sensible à ce que disent les enseignants. Ils sont plus de 60 % à noter une détérioration de la réussite des enfants. Cela dit, beaucoup croient qu’il faut persévérer, du moins au primaire.

La situation est plus problématique au secondaire, où la résistance à l’introduction de la réforme est forte chez les enseignants.

C’est majeur, surtout que, à la faveur des mises à la retraite en 1996-1997, plus de 9 000 jeunes profs ont intégré le réseau. Nous ne sommes pas face à de vieux croûtons réfractaires au changement. De plus, on ne souligne jamais assez que le système actuel a permis à nos élèves de 15 ans de se classer premiers en sciences et en mathématiques dans les trois épreuves subies par un million d’enfants dans 45 pays depuis 1994. Aucune autre société n’obtient des résultats aussi élevés, avec aussi peu de différences entre les élèves des milieux favorisés et défavorisés. Ces résultats placent le Québec devant l’Ontario et très loin devant les États-Unis. Le taux de décrochage chez les jeunes est toujours problématique dans l’est de Montréal, mais il a régressé au Québec de 1975 (46 %) à 2005 (30 %). Et le nombre de raccrocheurs augmente sans cesse, ce qui réduit de moitié le nombre de sans-diplôme.
Oui, nous connaissons même des mennonites conservateurs dont l’école ne plaît pas au Monopole et qui, à leur arrivée au Québec, pour avoir accès à certains métiers règlementés ont passé en un jour leur secondaire V, malgré ce que peuvent penser des journalistes médiocres du Journal de Montréal des écoles mennonites en Ontario où on enseignerait, selon eux, « n’importe quoi ». Et ceci, sans que l'instruction de ces mennonites ait coûté un sou aux contribuables, alors que ces mennonites ont payé deux fois pour ce « privilège » : leurs impôts qui paient les écoles publiques et leurs contributions pour financer leurs propres écoles.
Ainsi, selon les derniers chiffres de l’OCDE, le taux d’obtention d’un diplôme secondaire au Québec est supérieur à la moyenne des pays industrialisés, devançant la France, la Suède et les États-Unis.
Amusant. Monsieur Lisée sait-il que le baccalauréat français, qui sanctionne en France la fin des études secondaires, est équivalent au diplôme collégial du Québec et non au diplôme secondaire ? En d’autres termes, le DES ne sanctionne pas le même niveau d’étude que le bachot. Et M. Lisée fait-il semblant d’ignorer la volonté politique d’augmenter sans cesse le taux d’obtention quitte à ajuster les barèmes de correction et à surcoter les copies pour atteindre les objectifs ?

Ce train file droit dans le mur. Comment les partisans de la réforme ne le voient-ils pas ? À quelques jours des élections, les chefs des partis devraient opérer un repli. Si j’étais eux, je déclarerais un moratoire de 10 ans sur l’introduction de la réforme au secondaire, pour appliquer celle-ci seulement dans des écoles-pilotes volontaires et représentatives des milieux fortunés et défavorisés. Cela donnerait le temps à la fois d’évaluer à fond ses effets au primaire et de comparer les résultats des écoles-pilotes avec ceux du secteur non réformé, afin de prendre une décision définitive en connaissance de cause. Si les réformistes sont certains de la valeur de leurs propositions, ils n’ont qu’à se dire que les résultats leur donneront raison. Mais l’enjeu est trop grand pour qu’on leur signe, aujourd’hui, un chèque en blanc.
Beaucoup plus simple et plus définitif : libérer l’école et permettre aux écoles devenues libres de ne plus être soumises aux diktats du Monopole, ni en matière de programme, ni en ce qui a trait à la pédagogie ou même la qualification des enseignants. Ce dernier élément peut surprendre, et pourtant ! En effet, la qualification universitaire de plus en plus longue exigée par le Monopole des enseignants au Québec n'a pas démontré qu'elle augmentait la qualité de l'enseignement (voir « Si j'aurais su »). En revanche, elle renchérit la formation subventionnée de ces futurs enseignants et justifie une rénumération croissante, le tout au frais des contribuables captifs.

vendredi 28 septembre 2007

Priorité du ministère de l’Éducation : sévir et serrer la vis...

Contre le décrochage des garçons ? La violence à l’école ? Non ! Contre l’illettrisme fonctionnel de tant de jeunes ? Que nenni ! Contre la sexualité précoce qui ravage les écoles québécoises ? Nullement ! La drogue que fument au moins occasionnellement quarante pour cent des élèves du secondaire ? Eh, bien, non.

L’urgence est ailleurs. Car, comme nous l’apprend un article médiocre du Devoir publié le 22 septembre, des informations « pour le moins dérangeantes ont éclaté au grand jour ». Imaginez : les jeunes juifs hassidiques passeraient la majeure partie de leur journée à étudier la Torah à partir de 12 ans. La grande nouvelle !
Pourtant établies depuis une centaine d'années au Québec, les écoles privées juives ont créé de grands remous dernièrement. [N.D.L.R : Ah ?] « Certaines écoles juives ont un permis du ministère de l'Éducation même si, au secondaire, elles n'enseignent pratiquement que les livres religieux aux adolescents. Si, en tant que société multiculturelle, il est souhaitable de ne pas imposer un modèle unique d'enseignement, il est toutefois de notre devoir de se demander jusqu'où on doit aller », indique Mme Garand.
La réponse suit dans le titre suivant...
Les écoles juives devront se conformer
Et voilà : « ne pas imposer un modèle unique » et pourtant il n’y aura qu’un programme unique permis, qu’un régime pédagogique unique, que des professeurs certifiés par Québec. Et on ose vanter la diversité, le tolérance et le « métissage culturel » dans ce même journal, alors qu'on fait tout pour que tous les jeunes Québécois passent par le même moule !
Selon la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, il n'y a pas de doute. Les écoles juives doivent se conformer rapidement. Au début de l'été, elle a réuni les directeurs autour d'une même table pour dégager un terrain d'entente.

La difficulté est que, dans la religion juive, tout garçon doit, dès l'âge de 13 ans et jusqu'à ce qu'il devienne chef de famille, passer la majorité de sa journée à étudier la Torah. L'enseignement d'autres matières n'est pas exclu, mais le partage du temps est problématique.
Les Juifs hassidim sont au Québec depuis plus de 60 ans... Qu’est-ce qui pousse le ministère à vouloir corriger la situation subitement ? Pourquoi faut-il même corriger quelque chose, si ce n’est l’application aveugle de règles monopolistiques ? Les enfants hassidim soulèvent-ils des difficultés ? Ou la véritable raison ne serait-elle pas, comme l’a avoué à l’Assemblée nationale l’année passée, le ministre de l'Éducation de l'époque, M. Fournier, que les enfants juifs doivent adopter les valeurs de la société québécoise (définies par le Ministère) : « il est important pour [les enfants juifs] de faire partie de la société, de connaître l'ensemble des valeurs de cette société-là et de les partager avec tout le monde. » De les assimiler donc ? Parce qu’on ne les aime pas comme ils sont actuellement ?
« Les directeurs d'école comprennent toutefois que, au Québec, la loi oblige les enfants à fréquenter l'école jusqu'à 16 ans, et ils devront la respecter. Ce ne sera pas facile, mais le processus de consultation et de transition a été établi. Toutefois, les écoles juives existent au Québec depuis très longtemps et il faut en tenir compte. Il y aura une période de transition, d'environ un an ou deux, au maximum trois ans, mais si jamais des écoles rejetaient tout simplement nos exigences, elles seraient informées que nous entreprendrions les procédures judiciaires appropriées », affirme la ministre Courchesne, toutefois confiante en la bonne volonté de la communauté.
On aimerait bien savoir ce que pensent vraiment ces communautés orthodoxes juives et ne pas seulement entendre la version de la ministre du Monopole. Car, enfin, voilà des paroles ministérielles bien autoritaires... Il ne faut pas compter sur le Devoir semble-t-il.
D'autres groupes religieux, plus petits et plus reclus, exploitent légalement ou non des écoles au Québec, alors qu'on ne sait pas toujours ce qui y est enseigné. Prenons l'Académie des petits phénix de Longueuil. « Cette école, dirigée par l'Église de la scientologie, a un permis du ministère de l'Éducation. Pourtant, on ne sait pas vraiment ce qui y est enseigné. On entend seulement des ouï-dire. Le ministère devrait faire enquête. On ne devrait pas donner de permis sans savoir ce qui est enseigné dans un établissement et avec quelles techniques », soutient Mme Garand, qui, par le CINR, vient en aide aux personnes fragilisées à la suite d'une expérience de croyance.
Article médiocre et inquiétant comme nous l’avions dit :
  1. La journaliste ne semble interroger qu’une personne pour le moins partiale en matière religieuse.
  2. Ces « révélations » du Devoir – qui utilise les dénonciations d’une personne peu sympathique envers les religions – semblent surtout faire partie d’une volonté de voir le Ministère prendre des mesures sévères devant les « dérives » des « groupes nébuleux » et des « nouvelles religions » — spécialité de la seule dénonciatrice — comme le judaïsme (!).
  3. Au fait, qui finance le CINR ? La journaliste ne nous en dit mot alors qu’elle dénonce ceux qui seraient derrière certaines écoles.
  4. La journaliste ne semble pas chercher à vérifier les faits présentés par son interlocutrice en demandant l’avis des personnes incriminées... Très étranges procédés, mais bon c’est la presse francophone du Québec.
Ces procédés ne pouvaient manquer bien sûr d’attirer les foudres d’un des rares lecteurs du Devoir en la personne de Gilles Léonard, président et directeur général de l’Académie des petits Phénix dont il est question ci-dessus qui dénonce vertement le paragraphe cité dans sa lettre au Devoir :
« Dans votre article du 22 septembre 2007, les seules informations véridiques que vous ayez mentionnées au sujet de l'Académie des petits Phénix sont qu'elle est bel et bien située à Longueuil et qu'elle détient un permis du Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Le reste est faux et même diffamatoire dans certains cas. On vous a vraiment très mal informé !

Il n'existe aucune école scientologue au Québec, aucune école où l'on fait l'enseignement de la religion de la Scientologie dans un cadre scolaire.

L'Académie des petits Phénix est une école tout ce qu'il y a de plus laïque qui ne fait aucun enseignement religieux, seulement de l'enseignement moral. Ni la directrice pédagogique, ni les enseignantes‑titulaires ne sont scientologues. Par contre, elles utilisent la technique d'étude Applied Scholatics avec les élèves pour leur permettre de mieux réussir leurs études et obtiennent d'excellents résultats. »
Le ministère de l'Éducation se défend bien d'accorder des permis sans s'assurer que les écoles répondent bien aux critères prescrits, notamment en ce qui a trait au régime pédagogique et à l'évaluation. « Les règles sont claires. Plusieurs demandes de permis sont refusées, d'autres sont accordées, mais des suivis sont faits. Certaines écoles se voient accorder leur permis sous conditions, alors nous les suivons de plus près. De plus, les permis peuvent toujours être révoqués si les critères ne sont pas respectés. D'ailleurs, en ce moment, il y a un gros resserrement qui se fait », précise Michelle Courchesne.
Pourquoi ? Quelle est l’urgence ? Pourquoi le Monopole tolère-t-il de moins en moins les écoles différentes ? Y a-t-il vraiment la moindre menace faite aux enfants ? Qui peut le penser sérieusement par exemple dans le cas des Juifs ou des mennonites qui pratiquent depuis des décennies, si ce n’est des siècles, leur forme d’enseignement bien à eux...
Du côté de Gatineau maintenant, l'école évangélique pentecôtiste illégale de l'Église Nouvelle Alliance, dénoncée dans les médias l'année dernière, semble toujours bien opérationnelle. « Nous n'avons vu aucune action du ministère dans ce dossier », déplore Mme Garand.
Euh, Mme Garand déplore, elle admet donc qu’elle souhaite qu’elle ne soit plus opérationnelle, qu’on la ferme. Sous quel prétexte alors que le Ministère n’a pas statué ? Un excès de zèle intolérant ?
Au ministère de l'Éducation, on précise que cette école a déposé une demande de permis qui fait toujours l'objet d'une analyse.
Voir notre autre billet sur le sujet.
Enfin, le ministère de l'Éducation a récemment exigé la fermeture de la petite école mennonite de Roxton Falls, en Estrie,
Stricto sensu en Montérégie, mais bon c’est le Devoir.
qui enseignait le créationnisme.
Ceci n’a jamais été attesté, voir la source du mythe et comment des universitaires, tolérants bien sûr, et conseillers du Monopole, expliquent ensuite que c’est une excellente raison pour fermer l’école mennonite et pour menacer les parents et les enfants d’actions de la part de la Direction de la « protection » de la jeunesse.
Refusant de se conformer aux exigences du gouvernement, l'établissement se retrouvait dans l'illégalité.
Nous en avons déjà parlé, ces exigences sont uniques au Québec. D’ailleurs, l’école et la plupart des enfants ont simplement déménagé en Ontario (d’autres au Nouveau-Brunswick).
Toutefois, devant la menace de poursuites judiciaires si la communauté rouvrait l'école cette année, les membres ont affirmé qu'ils déménageaient en Ontario,
À nouveau, la travail bâclé de la journaliste apparaît au grand jour, elle qui n’a pas vérifié ses infos :
  1. les mennonites ont dit que les parents d’enfants scolarisés à l’école de Roxton Falls (note pour journalistes du Devoir : donc pas tous les membres, car tous ne sont pas dans ce cas-là) déménageraient avant la rentrée et la mise en action de la dimension « protectrice » de la DPJ.

  2. Tous ces parents ont déménagé (suffit d’un petit coup de fil au maire, au pasteur, une visite, etc.) à grands frais, car pour l’instant plusieurs ont encore leur ferme à Roxton Falls et louent en sus des appartements dans d’autres provinces.
où le gouvernement est moins strict.
Non, plus tolérant et moins obnubilé dans sa volonté d’imposer un monopole inutile, intolérant et néfaste.

Notez qu'il est paradoxal de voir tout à coup ces grands libertaires du Devoir qui ne condamnent ni les « identités sexuelles floues », ni les mariages homosexuels, ni l'usage de drogues récréatives soient subitement en faveur de mesures strictes ! Bien sûr il s’agit ici de lutter contre l’infâme comme aurait dit Voltaire : la religion.

Entre-temps, ce genre de dogmatisme a fait fuir des citoyens modèles de Roxton Falls comme le regrettent les habitants de ce village. Et cela dans une région qui commence à manquer de bras ! Bravo MM. les fonctionnaires de Québec qui serrez subitement et à mauvais escient la vis !