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jeudi 1 octobre 2026

Carney souhaite relancer l'immigration après une brève accalmie


Le Premier ministre Mark Carney évoque une « augmentation contrôlée » de la population canadienne, alors qu'il avait auparavant déclaré que l'immigration était « bien trop élevée » et qu'Ottawa avait « perdu le contrôle » des arrivées temporaires.


Le Premier ministre Mark Carney affirme que le Canada pourrait recommencer à augmenter l'immigration après que des années de forte croissance démographique ont poussé Ottawa à réduire considérablement ses objectifs au début de son mandat.

Dans une récente interview accordée au New York Times, M. Carney a déclaré que le système d’immigration canadien était à nouveau sous contrôle et a laissé entendre que la question était désormais de savoir quand entamer une « augmentation contrôlée » de la population.

Il s’agit d’un changement de ton par rapport à ses précédentes mises en garde concernant les niveaux d’immigration sous l’ère Trudeau.

Avant de devenir Premier ministre, M. Carney avait déclaré que le Canada avait accueilli « des niveaux bien plus élevés de travailleurs étrangers, d’étudiants et de nouveaux Canadiens » qu’il ne pouvait en absorber, ce qui mettait à rude épreuve le logement, les soins de santé et les services sociaux.

Puis, en juillet, M. Carney avait déclaré que l’immigration avait été « bien trop élevée » et que le Canada avait « perdu le contrôle » des effectifs d’étudiants internationaux et de travailleurs étrangers temporaires.

« Les niveaux globaux continuent d’exercer une pression sur le logement ; nous avons donc encore besoin de quelques années supplémentaires de modération », a-t-il déclaré, tout en affirmant que son gouvernement avait « repris le contrôle ».

L’ancien Premier ministre Justin Trudeau a également reconnu que son gouvernement était allé trop loin après la forte hausse de l’immigration pendant et après la pandémie.

« Nous n’avons pas tout à fait trouvé le bon équilibre », a déclaré M. Trudeau en octobre 2024, alors que son gouvernement s’apprêtait à revoir ses objectifs à la baisse.

Le Canada a accueilli environ 437 600 résidents permanents en 2022, puis environ 471 800 en 2023 — des années qui ont successivement établi des records à l’époque.

Dans le même temps, la population de résidents non permanents au Canada est passée d’environ 1,5 million en juillet 2022 à 2,2 millions en juillet 2023 — soit une augmentation de 46 % en un an — avant de dépasser les trois millions en 2024.

Le gouvernement Trudeau augmentait également progressivement ses objectifs en matière d’immigration permanente. Son plan pour 2023-2025 prévoyait 465 000 résidents permanents en 2023, 485 000 en 2024 et 500 000 d’ici 2025.

En revanche, l’immigration temporaire n’était pratiquement pas plafonnée, le nombre de titulaires de permis d’études étant passé de 550 000 en 2022 à 683 000 en 2023, tandis que celui des titulaires de permis de travail a bondi de 606 000 à 949 000.

Ottawa a depuis réduit les arrivées prévues

Sous la direction de Carney, le plan actuel fixe le nombre d’admissions de résidents permanents à 380 000 par an jusqu’en 2028.

Les objectifs concernant les arrivées de nouveaux résidents temporaires sont également revus à la baisse, passant de 673 650 en 2025 à 385 000 cette année, puis à 370 000 en 2027 et 2028.

Ces objectifs d’arrivée sont distincts du nombre total de résidents non permanents vivant déjà au Canada.

Le gouvernement fédéral indique que la proportion de résidents non permanents a atteint un pic de 7,6 % de la population avant de redescendre à 6,5 %, l’objectif étant de passer sous la barre des 5 % d’ici fin 2027.

Mais Ottawa élabore déjà son prochain plan d’immigration pour la période 2027-2029, qui devrait être présenté cet automne, ce qui met en avant le discours de Carney sur une « augmentation contrôlée ».

L’Institut C.D. Howe préconise des réductions supplémentaires, recommandant que le nombre d’admissions permanentes passe de 380 000 en 2027 à 340 000 d’ici 2029 et que la proportion de résidents temporaires soit ramenée à terme à 3 % de la population.

Le chef conservateur Pierre Poilièvre souhaite des réductions encore plus importantes ; il a déclaré que le Canada devrait revenir aux niveaux de l’ère Harper, soit environ 200 000 à 250 000 résidents permanents par an.

« Nous ne pouvons pas accueillir des personnes plus vite que nous ne construisons de logements », a-t-il déclaré.

M. Poilièvre s’est également engagé à accélérer les expulsions des résidents temporaires ayant commis des infractions pénales et des demandeurs d’asile déboutés, tout en autorisant certains résidents temporaires à rester sur la base de leurs mérites.

Voir aussi

Sondage de 2025 : les Canadiens non blancs sont plus critiques à l’égard de l’immigration de masse que les Canadiens blancs.  Le sondage a révélé que 57 % des immigrés estiment également qu’il y a trop d’immigrés, contre 60 % des non-immigrés. Ce sont les personnes non blanches interrogées qui expriment le plus fortement ce sentiment : 61 % d’entre elles estiment qu’il y a trop d’immigrés, contre 58 % des personnes blanches.


mercredi 9 septembre 2026

Travailleurs temporaires et services publics : l’Alberta se prépare à un référendum sur l’immigration

Le 19 octobre 2026, les électeurs albertains seront appelés aux urnes pour un référendum provincial hors du commun. Parmi la dizaine de questions qui leur seront soumises, cinq portent directement sur l’immigration et l’accès aux services publics. La première ministre Danielle Smith présente ce scrutin comme une réponse à une pression financière qu’elle juge devenue insoutenable. Selon elle, pour chaque dollar d’impôt généré par un travailleur temporaire, les contribuables albertains assumeraient environ dix dollars en services de santé, d’éducation et d’aide sociale.

Elle a notamment évoqué quelque 282 000 travailleurs temporaires dont les coûts de santé atteindraient environ 1,9 milliard de dollars, auxquels s’ajouteraient près de 600 millions pour les quelque 45 000 enfants de ces travailleurs inscrits dans le système scolaire.

En mars 2026, le ministre de l’Éducation, Demetrios Nicolaides, a notamment déclaré en comité budgétaire qu’il y avait 45 554 élèves « résidents temporaires » dans le système scolaire, à un coût d’environ 12 000 $ par élève, soit 544 millions $ pour 2026.

 La facture totale approcherait ainsi 2,5 milliards de dollars pour des personnes qui, selon le gouvernement provincial, n’ont pas encore pris d’engagement permanent envers l’Alberta. La première ministre compare régulièrement cette situation à celle d’un visiteur à l’étranger, qui devrait généralement souscrire une assurance plutôt que de compter immédiatement sur les régimes publics du pays d’accueil.

Ces questions sont issues des consultations menées par le panel Alberta Next en 2025. Les électeurs devront notamment se prononcer sur la possibilité pour le gouvernement provincial d’exercer un maîtrise accrue sur les seuils d’immigration, de privilégier les migrants économiques et de donner la priorité aux Albertains pour les nouveaux emplois. D’autres propositions visent à restreindre l’accès immédiat à certains programmes provinciaux aux citoyens, aux résidents permanents et aux personnes titulaires d’un statut d’immigration approuvé par l’Alberta; à imposer un délai de résidence de douze mois avant l’accès à certains programmes; et à faire payer aux titulaires d’un statut temporaire une contribution pour l’utilisation des systèmes de santé et d’éducation. Ces questions n’auront toutefois pas de force juridique contraignante.

Les sondages récents montrent néanmoins un appui majoritaire à ces propositions. Une enquête de Research Co., réalisée à la fin août 2026 auprès d’électeurs probables, fait état d’un soutien compris entre 58 % et 66 % selon les différentes questions relatives à l’immigration. Environ 65 % des répondants se disent notamment favorables à un contrôle provincial accru afin de ramener l’immigration à des niveaux jugés plus soutenables. Ces résultats contrastent avec la question de la séparation : une nette majorité d’Albertains continue de préférer que la province demeure au sein du Canada.

Le débat est toutefois loin d’être tranché. Certaines analyses soulignent que la forte croissance démographique a également accru les recettes fiscales. Entre 2022 et 2026, la population albertaine a augmenté d’environ 11 %, tandis que les revenus provenant de l’impôt des particuliers et des sociétés ont progressé davantage que les dépenses consacrées à la santé et à l’éducation. Les travailleurs temporaires contribuent par ailleurs à combler des pénuries de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, la restauration, la construction et les soins. Le Programme des travailleurs étrangers temporaires du gouvernement fédéral exige généralement une étude d’impact sur le marché du travail destinée à démontrer qu’aucun résident canadien n’est disponible pour occuper le poste. Pour les critiques, le ratio avancé par Mme Smith — un dollar de recettes pour dix dollars de dépenses — donne donc une image trop simplifiée de la réalité, puisque les cotisations, la consommation et la production de ces travailleurs doivent également être prises en compte.

Sur le plan constitutionnel, l’immigration relève principalement de la compétence fédérale, même si les provinces disposent de certains pouvoirs de sélection, notamment pour les immigrants économiques. Le Québec bénéficie déjà, en vertu de l’Accord Canada-Québec de 1991, d’un pouvoir de sélection beaucoup plus étendu que celui des autres provinces. L’Alberta cherche à obtenir un levier comparable. Il ne s’agirait pas, affirme Edmonton, de fermer la porte à l’immigration, mais de pouvoir en déterminer davantage le rythme et le profil, ainsi que les conditions d’accès aux services financés par les contribuables provinciaux. Pour le gouvernement Smith, l’objectif est de protéger des systèmes mis sous pression par la forte croissance démographique et de recentrer l’immigration sur des personnes susceptibles de s’établir durablement dans la province.

Le référendum d’octobre ne modifiera évidemment pas, à lui seul, le partage constitutionnel des compétences. Il pourrait néanmoins fournir au gouvernement albertain un mandat politique difficile à ignorer. Si les propositions relatives à l’immigration recueillent une majorité, Edmonton pourra s’en prévaloir dans ses négociations avec Ottawa, dans l’élaboration de mesures relevant de sa compétence et dans la mise en place éventuelle de frais ou de délais d’accès aux services pour les titulaires de statuts temporaires.

Au-delà de leur portée juridique limitée, les questions posées aux Albertains auront donc une portée politique considérable. Le scrutin permettra de mesurer leur degré d’acceptation du modèle actuel — croissance démographique rapide, accueil important de travailleurs temporaires, accès relativement immédiat aux services publics et prise en charge collective des coûts — ou leur volonté d’établir un contrat plus explicite entre ceux qui s’installent temporairement dans la province et la collectivité qui les accueille.

jeudi 6 août 2026

Comment l'inflation des diplômes est devenue un problème économique… et politique

Pendant des décennies, un principe a guidé les politiques éducatives de la plupart des pays développés : plus une société compte de diplômés universitaires, plus elle sera prospère. L'idée semblait aller de soi. 

Les statistiques montraient que les titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur gagnaient davantage que les autres, connaissaient moins souvent le chômage et contribuaient davantage à la croissance économique. Dès lors, il suffisait d'élargir l'accès à l'université pour élever le niveau de vie de toute la population.

Cette logique n'était pas absurde. Elle a accompagné l'essor des économies fondées sur la connaissance et contribué à démocratiser des études autrefois réservées à une minorité. Mais une hypothèse implicite s'est progressivement imposée : si un peu d'université est bénéfique, davantage d'université le sera nécessairement.

Or cette hypothèse est aujourd'hui remise en question par des travaux provenant de domaines très différents. Des économistes observent un affaiblissement du rendement de certains diplômes ; des politologues constatent que les diplômés les plus qualifiés mais les moins favorisés constituent désormais le noyau électoral de la gauche américaine ; l'historien Peter Turchin voit dans cette évolution l'un des moteurs récurrents des crises politiques ; enfin, la Chine elle-même cherche désormais à réorienter une partie de sa jeunesse vers les formations techniques. Ces analyses ne disent pas exactement la même chose. Ensemble, elles dessinent toutefois un tableau étonnamment cohérent.

vendredi 24 juillet 2026

Études en sciences de l'éducation : des résultats souvent impossibles à vérifier

Une étude de 7 ans sur 3 900 articles en sciences sociales a révélé que seulement ~50 % d’entre eux pouvaient être reproduits.

Il y avait toutefois une variation significative entre les disciplines.

Alors que plus de 60 % des articles en sciences politiques & en économie ont été reproduits, seulement ~25 % des articles en sociologie et 0 % des articles en éducation l’ont été.

Reproductibilité en sciences sociales

Une vaste étude menée pendant sept ans et publiée dans Nature a évalué la possibilité de reproduire les résultats de près de 3 900 articles en sciences sociales. Un chiffre a particulièrement retenu l'attention : seules environ la moitié des études examinées ont pu être répliquées avec succès sur de nouvelles données. Les résultats variaient toutefois fortement selon les disciplines. Les taux de reproductibilité étaient élevés en science politique et en économie, nettement plus faibles en sociologie et, surtout, extrêmement limités en sciences de l'éducation. Ces constats, largement relayés, méritent cependant d’être lus en gardant à l'esprit la distinction essentielle entre reproductibilité et réplicabilité.

Le projet SCORE et les trois dimensions de la fiabilité scientifique


Le projet Systematizing Confidence in Open Research and Evidence (SCORE) — que l'on pourrait traduire par « Systématiser la confiance dans la recherche ouverte et les données probantes » —, financé par la DARPA et conduit par plusieurs centaines de chercheurs, a analysé des articles publiés entre 2009 et 2018 dans 62 revues scientifiques.

L'un de ses principaux apports est de distinguer trois notions souvent confondues :
  • La reproductibilité : obtenir les mêmes résultats en réexécutant les mêmes analyses sur les mêmes données.
  • La robustesse : vérifier que les conclusions résistent à des modifications raisonnables des méthodes d'analyse.
  • La réplicabilité : tester les mêmes hypothèses à partir de nouvelles données indépendantes.
Les premiers résultats ont été publiés en avril 2026 dans un numéro spécial de Nature.

Une reproductibilité limitée avant tout par le manque de données

Dans l'étude de Miske et al. (Nature, 2026 ; doi:10.1038/s41586-026-10203-5), les chercheurs ont sélectionné un échantillon stratifié de 600 articles. Seuls 24 % mettaient leurs données à la disposition du public. En conséquence, une évaluation de la reproductibilité n'a pu être menée que pour 143 articles.

Parmi ces articles, 53,6 % étaient précisément reproductibles et 73,5 % au moins approximativement reproductibles, c'est-à-dire que la nouvelle analyse aboutissait à des résultats très proches de ceux de l'étude originale, sans exiger une concordance parfaite.

Le principal enseignement est donc moins l'existence d'erreurs que l'impossibilité, dans de nombreux cas, de vérifier les résultats faute d'accès aux données et au code d'analyse.

Des écarts très marqués entre disciplines

La science politique et l'économie obtiennent les meilleurs résultats. Lorsque des tentatives de reproduction ont pu être réalisées, 66 à 72 % des études étaient précisément reproductibles (attention pas nécessairement réplicables!), et plus de 77 % étaient au moins approximativement reproductibles. Ces disciplines bénéficient depuis plusieurs années de politiques éditoriales favorisant le partage des données et des scripts d'analyse.

La situation est tout autre en sciences de l'éducation. À peine 2,9 % des articles rendent leurs données accessibles. Autrement dit, dans l'immense majorité des cas, il est impossible de vérifier les analyses publiées. Les graphiques montrant 0 % de reproductibilité ne signifient donc pas que toutes les études sont erronées, mais que presque aucune tentative de reproduction n'a pu être entreprise. Cette absence de transparence constitue, à elle seule, un résultat préoccupant : une discipline dont les travaux ne peuvent être contrôlés offre nécessairement un niveau de confiance plus faible.

La sociologie occupe une position intermédiaire, avec des taux de reproductibilité sensiblement inférieurs à ceux observés en économie et en science politique.

Réplicabilité et reproductibilité : deux résultats différents

Une autre étude issue du projet SCORE s'est intéressée non plus à la reproductibilité, mais à la réplicabilité, c'est-à-dire à la capacité d'obtenir des résultats comparables sur de nouvelles données. Son taux de succès global est d'environ 49 %. C'est ce chiffre, proche de 50 %, qui a été largement repris dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Ce qu'il faut retenir

Ces travaux ne remettent pas en cause l'ensemble des sciences sociales. Ils montrent avant tout que la transparence — mise à disposition des données, du code et de la documentation — constitue un facteur déterminant de la qualité scientifique. Lorsque ces éléments sont accessibles, les taux de reproductibilité augmentent fortement, atteignant dans certains cas près de 90 % de reproductibilité approximative.

Depuis 2018, de nombreuses revues ont renforcé leurs exigences en matière de partage des données, en particulier en économie et en science politique. Les sciences de l'éducation, en revanche, apparaissent encore très en retrait sur ce point, ce qui limite fortement la possibilité de contrôler et de consolider leurs résultats.

Le partage des données et du code est une condition nécessaire de la transparence scientifique, mais il ne garantit nullement la validité des conclusions. Une étude peut être parfaitement reproductible tout en reposant sur des données biaisées, un protocole défaillant ou des hypothèses erronées. Le test le plus exigeant demeure la réplicabilité, c'est-à-dire la capacité à retrouver les mêmes résultats sur de nouvelles données. Or, sur ce point, le projet SCORE n'observe qu'un taux de succès d'environ 49 %. La transparence facilite donc le contrôle scientifique ; elle ne saurait s'y substituer.

Voir aussi

Une nouvelle étude nous apprend par ailleurs, la même semaine, qu’il n’y aurait aucun lien entre la dépression et la sérotonine. Cette découverte remet en cause l’efficacité de nombreux antidépresseurs.

Comment la science se trompe.... Dans The Economist du 26 octobre, un dossier sur l’évolution du système mondial de recherche scientifique : « How science goes wrong ». On y apprend notamment qu’un nombre important et croissant de publications souffrent de biais statistiques ou défauts méthodologiques qui devraient inciter à la prudence sur les conclusions, quand il ne s’agit pas d’erreurs pures et simples. 

« Des coraux plus résistants à la chaleur » ou des études précédentes peu fiables et alarmistes ?  La menace stéréotypée n’expliquerait pas la différence de résultats entre les sexes en mathématiques (suite) 

Mythe : le traitement de l’« hystérie » féminine à l’époque victorienne 

Recherche — Failles dans le mécanisme de relecture par des pairs

Comment publier un article scientifique en 2020 

Reproduction d’études marketing — Jusqu’à présent (2022), seules 3 tentatives de réplication sur 34 (8,8 %) en marketing ont réussi sans ambiguïté.

Canulars embarrassants : revues « savantes » dupées par de fausses études adoptant des mots clés à la mode

Association mondiale pour la santé des personnes transgenres « coupable » d’une « fraude scientifique majeure et inqualifiable »

Les études de McKinsey sur la relation entre la diversité et la performance des entreprises ne sont pas reproductibles

La plaque commémorant la première Britannique noire a été retirée parce qu’elle « venait de Chypre »

« Racisme systémique » — Professeur congédié après des soupçons de falsification de données dans de nombreuses études

Le président de l’université de Stanford a été démasqué pour falsification de données. Les preuves sont choquantes et il est déprimant de voir que Marc Tessier-Lavigne, ancien éminent neuroscientifique, n’ait pas été sanctionné comme il se doit pour sa faute professionnelle. (Voir les articles qui ont dévoilé ces scandales 1re partie, 2nde partie). 

Médecins admettent le lien entre hormonothérapie transgenre et le cancer dans des courriels fuités

La langue des thèses universitaires devient de plus en plus impénétrable (surtout dans les sciences humaines et sociales)

Selon une étude universitaire, une bonne partie des études universitaires ne seraient pas fiables…

 
 
 

vendredi 10 juillet 2026

L'écart de natalité a explosé pour atteindre presque 4 contre 1 entre les jeunes Républicains blancs et les jeunes Démocrates blancs

L'écart de fécondité entre les jeunes Blancs républicains et les jeunes Blancs démocrates a atteint des proportions spectaculaires : les premiers ont désormais près de quatre fois plus d'enfants que les seconds.

Cela tendrait, selon certains observateurs, à montrer que les racines de la crise de la faible natalité — et, par conséquent, les moyens d'y remédier — relèveraient bien davantage de facteurs culturels que des seules conditions économiques.



Ces données sont cohérentes avec une littérature assez abondante montrant que, dans les pays occidentaux, les variables culturelles (religion, mariage, normes familiales, désir d'enfants, âge au premier enfant, études courtes et vivant principalement dans de petites villes ou à la campagne) expliquent souvent une part importante des écarts de fécondité, parfois davantage que le revenu. 

Les politiques économiques (allocations, fiscalité, logement, garde d'enfants) influencent aussi la natalité, mais leurs effets observés sont généralement modestes comparés aux différences de comportements et de valeurs.

Sans constituer une preuve, le cas des juifs hassidiques illustre que des facteurs culturels peuvent, dans certaines circonstances, l'emporter largement sur les contraintes économiques. Malgré un niveau de vie souvent modeste et des un mode de vie essentiellement urbain, leur fécondité demeure exceptionnellement élevée. Cela suggère que les normes familiales, les convictions religieuses et l'organisation communautaire peuvent exercer une influence déterminante sur le nombre d'enfants.

Les travaux classiques de science politique américaine (notamment The American Voter et les études ultérieures de l'ANES) trouvent généralement que :
  • Si les deux parents sont républicains :
≈ 60 à 75 % des enfants deviennent eux-mêmes républicains à l'âge adulte.
  • Si les deux parents sont démocrates :
≈ 60 à 75 % des enfants deviennent démocrates.
  • Si les parents sont mixtes (un de chaque parti) :
les enfants sont beaucoup plus partagés et plus nombreux à devenir indépendants.

Le chiffre exact varie selon les périodes et les méthodes, mais l'idée importante est que la transmission est forte, sans être totale.

jeudi 21 mai 2026

L'anglais demeure la lingua franca de la science, mais d'autres langues s'imposent

Une étude bibliométrique de l'Université de Montréal portant sur 88 millions d'articles scientifiques retrace, à l'échelle mondiale, l'évolution des langues dans la science de 1990 à 2023. En italique nos commentaires qui font suite au communiqué de presse de l'Université de Montréal.

En 2023, 85 % des quelque cinq millions d'articles scientifiques indexés dans les grandes bases de données mondiales étaient rédigés en anglais. En 1990, cette proportion atteignait 94 %. Une baisse de neuf points en 30 ans qui, bien que modeste, traduit une transformation du paysage de la communication savante qui soulève des questions sur l'équité, la diversité et l’inclusion dans la production mondiale des connaissances. 

C'est l'une des conclusions d'une étude bibliométrique publiée en anglais [...] réalisée par Carolina Pradier et Lucía Céspedes à l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information (EBSI) de l'Université de Montréal, sous la direction du professeur Vincent Larivière, et dont les résultats sont parus dans le Journal of the Association for Information Science and Technology.

L’équipe a analysé près de 88 millions d'articles et d'actes de conférences publiés entre 1990 et 2023, ainsi que plus de 1,48 milliard de liens de citations. 


lundi 27 avril 2026

Mathieu Bock-Côté de A à Z


Petit abécédaire rédigé par Valeurs actuelles sur Mathieu Bock-Côté qualifié d'homme incarné, nuancé et subtil, adversaire résolu du politiquement correct, tel qu'il se donne à voir dans ses échanges passionnants avec Laurent Dandrieu dans le livre d'entretien récemment publié Le Pessimiste joyeux (Fayard, 272 pages).
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30 octobre 1995

Pour moi, l'indépendance [du Québec] allait de soi. La journée du référendum, nous sommes persuadés de l'emporter - les sondages des derniers jours le laissaient croire. Et quand on perd, le soir, après une longue soirée référendaire, je ressens une forme d'effondrement mental : ce qui devait arriver n'était pas advenu, le Québec ne devenait pas un pays.

Banquet

​J'ai toujours aimé la figure du banquet. J'aime tout ce qui est excessif, ce qui déborde, ce qui ne rentre pas dans les cases. J'aime que partout la vie déborde, or le régime n'aime pas ce qui déborde. C'est pourquoi il y a aujourd'hui une guerre contre l'alcool, une guerre contre ci, une guerre contre ça. Plus que la santé publique, ce qui guide cela implicitement, c'est l'idéal d'une existence normalisée. Toute forme de spiritualité un tant soit peu radicale va être traitée sur le mode sectaire. Tout tempérament plus conquérant va être vu comme extrémiste [… ]. Le banquet est l'ultime forme de résistance, parce que ça rassemble tout : l'excès, la fête, la conversation brillante et, en même temps, les chants paillards. Et aussi cette relation égalitaire, exceptionnelle, qu'est l'amitié. Et encore aussi la figure du désir pour l'autre sexe.

Dieu

Sur le plan politique, il n'importe pas de savoir si on croit en Dieu ou non, il importe de savoir si on se prend pour Dieu ou non. Or, les modernes ont la tentation de se prendre pour Dieu. Mais l'homme n'est pas créateur du monde. Il peut l'aménager, l'améliorer, le transformer, le magnifier, le détruire, mais il ne le crée pas. S'il veut le créer, ou le recréer, il est condamné à l'anéantir : c'est la malédiction de l'homme-démiurge.

Diversité

La diversité, avant d'être une richesse, comme ils disent (et c'en est une pour le patronat qui cherche une main-d'œuvre à bas salaire, c'en est une pour les partis de gauche qui croient trouver là un électorat de substitution, c'en est une pour les racistes anti-blancs qui rêvent d'un multiculturalisme agressif pour débarrasser l'Occident de ses vieux peuples), est un projet. Le progressisme tel qu'il se transforme au cours des années 1950 et 1960 entend détraditionaliser les sociétés occidentales, les décoloniser de l'intérieur, si l'on veut, en faisant tomber la figure de l'homme blanc hétérosexuel, et tout l'univers symbolique qu'on lui associait.

Do you speak English ?

​On ne m'entendra jamais dire un mot d'anglais au Québec. Et si on insiste vraiment : « But don't you speak English ? » « Never at home ! » Je parle anglais, je le lis chaque jour, je l'écris correctement, mais je refuse de le parler au Québec. Jamais, vous ne m'entendrez parler anglais dans mon propre pays - c'est une belle langue, c'en est une grande, mais chez moi, c'en est d'abord une qui s'impose dans un rapport néocolonial.

Droite/gauche

Je ne sens pas le besoin de me dire de droite comme la gauche se dit de gauche. La gauche s'autoproclame gauche, puis renvoie à droite tout ce qu'elle n'aime pas. Je n'ai pas vraiment envie de rentrer dans son jeu. Ceux qui se couchent, elle les assimile au centre. Ceux qui chouinent sans la combattre vraiment, elle les nomme droite. Ceux qui lui tiennent vraiment tête, elle les nomme extrême droite. Et ceux qui se retrouvent à droite sont généralement malheureux de l'être. Ils auraient préféré être ailleurs. De là la droite complexée, la seule tolérée, à la différence de la droite décomplexée, qui est une droite désinhibée, ayant oublié d'être honteuse.

​Finkielkraut (Alain)

J'ai une admiration infinie pour Alain Finkielkraut, et beaucoup d'affection aussi ; je lui dois énormément - nous sommes nombreux dans cette position, d'ailleurs. Fink a une belle formule : « On ne pense pas par soi-même de soi-même. » Je dirais, de ce point de vue, que j'ai appris à penser par moi-même en bonne partie grâce à lui, à la fois parce qu'il traduisait philosophiquement certaines de mes intuitions les plus profondes, mais aussi parce qu'il nous mettait sur la piste d'auteurs appelés à marquer profondément l'esprit de ceux qui les lisaient vraiment.

​Flaque

Le progressisme prétend nous délivrer de tout, couche après couche, couche culturelle, couche sociale, couche ethnique, couche religieuse, pour faire de nous des individus absolument libres, sans détermination. À terme, nous condamnant au modèle de l'identité fluide, il nous conduit à la flaque finale.


Le père de MBC, Serge Côté est décédé le 28 avril 2026 à l’âge de 84 ans

Fraise

​Je me souviens d'une balade, aux îles de la Madeleine, dans le golfe du Saint-Laurent [à 915 km à l'est de Montréal à vol d'oiseau]. Au loin, je vois une grande croix plantée dans le sol, au sommet d'une colline. Je décide de m'y rendre, je marche une trentaine de minutes, j'y arrive. Et d'un coup, je m'agenouille, et à ce moment, je me sens terriblement ridicule. Parce qu'une part de moi dit : "Tu fais ce que tu as à faire, devant la Croix, on s'agenouille, c'est d'ailleurs dans cette position qu'il faut la contempler. " Mais l'autre partie dit : "Arrête de te faire croire des choses ; tu sais très bien que tu as la densité spirituelle d'une fraise!"

lundi 22 décembre 2025

Qui veut la tête d’Anne Coffinier ?

Figure de l’école libre en France, Anne Coffinier est aujourd’hui la cible d’une campagne de presse d’une grande violence, orchestrée par une extrême gauche prête à tout pour éviter que son monopole scolaire lui échappe complètement. Texte de Mickaël Fonton dans Valeurs actuelles.

Cinq pages dans L’Humanité (communiste, gauche radicale), au matin du 8 décembre. On imagine facilement des lundis plus plaisants. Et la couverture, en outre, qui présente Anne Coffinier en joueuse de flûte de Hamelin, entraînant à sa suite une ribambelle de personnages enfantins : une figurine des Républicains, une petite fille blonde arborant la flamme du Rassemblement national (de qui s’agit-il ?), une autre enfin au tee-shirt siglé UDR. Petit détail graphique : la flûte est taillée dans le bois d’une croix catholique. Le message est clair. On ne sait pas en revanche s’il s’agit de rallier tout ce petit monde à sa cause ou de le perdre. Au moins le journaliste, Thomas Lemahieu, connaît-il ce conte allemand popularisé par les frères Grimm. Sans doute parce que son âge lui a permis de bénéficier d’une instruction qui tenait encore le coup. Une chance ! 

« Fondation Kairos : à l’école du pire », voilà pour le titre. Précisions : « Derrière la vitrine prestigieuse d’Anne Coffinier, c’est tout un écosystème réactionnaire qui s’agite à l’extrême droite. Avec, dans l’ombre [forcément dans l’ombre, NDLR], deux milliardaires en pointe dans cette bataille idéologique : Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin. » Tout y est. Comme diraient les jeunes : un combo parfait. Une matière tellement idéale que L’Humanité n’est pas le seul journal à s’être penché sur la vie et l’œuvre d’Anne Coffinier. 

Le site du Monde lui a consacré deux articles conséquents le lendemain et, au printemps, Libération ou Mediapart avaient commencé à labourer le terrain. « Je me trouve à la convergence de tout ce qui obsède la gauche, reconnaît l’intéressée. L’école libre, parfois même l’école libre catholique, la droite, Bolloré, Stérin… » Thomas Lemahieu le dit autrement ; Anne Coffinier se situe « au point nodal […] “là où l’or, la boue et le sang s’entremêlent” ». Rien que ça. C’est une phrase de Marx — c’est aussi le titre d’un ouvrage d’Édouard Drumont, l’auteur de la France juive, ce qui ne manque pas de sel, quand on y songe.

Des réseaux, quelle horreur !
Il n’y a qu’à droite que l’on trouve ça


Qu’apprend-on dans ces différents papiers ? À la fois tout et rien, comme souvent. Beaucoup de noms, mais aucune idée, aucune « preuve » de quoi que ce soit. Derrière la fondation Kairos, derrière « Créer son école », derrière la « vitrine prestigieuse », il y a des gens, figurez-vous. Des gens extrêmement de droite et extrêmement catholiques (ou traditionalistes, intégristes, au choix) ; il y a des gens fortunés ; il y a des gens malintentionnés (dit-on) ; il y a des gens qui se voient, qui s’invitent, qu’on retrouve tantôt chez les uns, tantôt chez les autres, qui ont des projets, qui se rendent des services. Des réseaux, quelle horreur ! Il n’y a vraiment qu’à droite que l’on trouve ça. Il y a un peu de Hongrie, ça ne mange pas de pain. Des anciens de chez Fillon (pourquoi lui ?), un zeste de « Manif pour tous », ça marche toujours très bien. Bref : on comprend très vite que L’Humanité ou Le Monde n’aiment pas, mais alors pas du tout, cette droite qui n’est pas de gauche.

Mais au-delà de ça ? Sur la liberté scolaire ? Sur les écoles indépendantes ? Il n’y a rien. Ce qui est saisissant, encore une fois, c’est que jamais le journaliste ne se demande si le constat que pose Anne Coffinier sur l’école publique, constat qui l’a poussée à consacrer sa vie à soutenir l’essor des écoles libres, est fondé, rationnel, pertinent. Il n’est pas là pour ça. Comme nous l’écrivions la semaine dernière dans le dossier que nous lui consacrions, la gauche sait. Vincent Bolloré n’a pas d’idées, il est le mal. Ses projets ne se discutent pas, ils se combattent.

Un exemple parmi d’autres de cette volonté de ne pas comprendre. Quand Anne Coffinier rétorque au journaliste de L’Humanité, qui l’accusait de disposer de « fiches » sur certains opposants à la liberté scolaire, que « s’il fallait recenser tous les hommes et les femmes politiques de gauche qui scolarisent leur enfant dans le privé, ce n’est pas une fiche qu’il faudrait, mais un bottin ! », précision plutôt amusante, Lemahieu estime qu’Anne Coffinier « persifle ». Pourquoi « persifle » ? Il faudrait plutôt se demander si c’est vrai, ou pas. C’est là le sujet et la seule question qu’un journaliste devrait se poser. S’il se la posait, il découvrirait très vite que ce n’est pas du « persiflage », mais la stricte réalité. Énormément d’élus ou de responsables de gauche évitent soigneusement à leur progéniture les joies de l’école publique version XXIe siècle.

Les personnes soucieuses de leur carrière peuvent passer leur chemin

La raison, connue des lecteurs de Valeurs actuelles depuis longtemps, est désormais un secret de Polichinelle. Les familles désertent l’école publique parce qu’elle n’a plus d’école que le nom. Parce que le temple de Jules Ferry est devenu un moulin ouvert à tous les vents d’une société violente, déconstruite, absurde. Beaucoup de familles font ce choix. Toutes celles qui le peuvent, ou presque. Et les autres le feraient si elles en avaient les moyens, moyens que, précisément, on leur refuse.

Lors d’un de nos premiers échanges, voilà des années, Anne Coffinier m’avait fait l’aveu suivant : « Je préférerais évidemment que l’on restaure le bel édifice de l’instruction publique, mais je pense que, pour tout un tas de raisons, ce n’est pas possible. Donc plutôt que d’attendre un hypothétique sauveur, je mets tout en œuvre pour qu’un maximum d’enfants puisse échapper à un système hors de contrôle. » C’était il y a quinze ans. Le système en question, l’Éducation nationale, est moins sous contrôle que jamais tandis que les écoles libres n’ont jamais été si nombreuses ni si diverses — n’en déplaise aux journalistes de gauche qui voient des catholiques d’extrême droite partout et qui, fidèles à leurs réflexes, s’évertuent à casser ou à salir ce qu’ils ne comprennent pas.

Par chance, la patronne de Créer son école, normalienne de formation, énarque, diplomate (d’où ses fameux réseaux internationaux !), a le cuir épais. Les joyeusetés balancées sur son compte par une ancienne collaboratrice, qui ont abondamment nourri la presse ces derniers temps, ne lui font pas plaisir, mais elles sont en quelque sorte digérées. « Je subissais déjà tout ça en interne, soupire-t-elle. Maintenant, c’est public, ce n’est pas agréable, mais c’est comme ça. J’attends sereinement que la justice rétablisse la vérité. » Une justice qu’une certaine presse ne prend jamais la peine d’attendre — mais ceci aussi fait partie du « job ». Sauver l’instruction, permettre aux enfants de France de disposer encore d’une école, ne saurait être une sinécure. C’est une vocation, un sacerdoce. Les personnes soucieuses de leur carrière ou de leur confort intellectuel peuvent passer leur chemin.

Le problème est que c’est souvent le cas des responsables de droite ! De ce point de vue là les « révélations » promises par L’Humanité sont à la fois éloquentes — et contradictoires. Il y a de riches donateurs partout dans l’entourage d’Anne Coffinier, mais les écoles libres continuent de tirer le diable par la queue — cherchez l’erreur ! « La vérité est que la droite a toujours roupillé sur l’éducation, regrette Anne Coffinier. On parle à l’envi de fondamentaux, d’autorité, d’autonomie, mais on ne fait que réagir aux offensives de la gauche, mollement et avec un temps de retard. Cela ne constitue pas une vision politique. »

L’école libre qui est simplement le nouveau nom de l’école de toujours

La fondatrice de Kairos ne le dira pas, mais elle soupçonne un certain nombre de gens de droite de ne voir dans l’école privée qu’un moyen de mettre leurs propres enfants à l’abri, tout en défiscalisant tout ce qui peut l’être. Une attitude qui peut se comprendre, mais qui laisse intact le problème de l’école, de toute l’école, donc de la société de demain. Nul ne peut se contenter de créer des isolats. Anne Coffinier le demande avec une détermination intacte : pour elle, la droite doit passer à l’offensive en matière d’éducation, au lieu de subir. « Il lui faut donner une dimension sociale qui manque à son action, en se battant pour que toutes les familles qui le veulent puissent scolariser leur enfant dans l’école privée », insiste-t-elle, avant de préciser en outre que cette réforme « serait source d’énormes économies pour la nation ».

Mais la question est : qui aurait le courage de se saisir de ce sujet ? « François-Xavier Bellamy est très présent sur ces questions d’éducation, qu’il place toujours au premier rang de ses préoccupations, avance Matthieu Grimpret. Mais il est un peu empêtré dans un milieu politique où les gens sont largement déconnectés de la réalité profonde du problème. » De manière surprenante, l’auteur de Bullshit bienveillance (Magnus) imagine que le salut pourrait venir… des milieux d’affaires. « Je fonde un certain espoir dans la prise de conscience des chefs d’entreprise, explique-t-il. Par le biais du recrutement, ils sont directement confrontés à l’effondrement de l’école, non seulement pour ce qui est des savoirs, mais aussi et surtout par la question comportementale. » Et si certains patrons, conscients du caractère « ingérable » de la génération née après l’an 2000, avouent froidement « attendre les robots », d’autres ne veulent pas renoncer à la beauté de la transmission, de la formation, de la chaîne intergénérationnelle.

« L’éducation nationale demeure dominée par le gauchisme culturel, mais le rapport de force bouge, observe de son côté Joachim Le Floch-Imad. Certaines propositions conservatrices gagnent de l’audience et 20 % des enseignants en viennent à voter pour le Rassemblement national. » Les professeurs, longtemps inféodés à ces idées de gauche qui ont creusé leur tombe, pourraient-ils devenir les acteurs de leur propre sauvetage ? « L’hégémonie de la gauche s’est fracassée sur le mur de la réalité. Elle conserve toutefois une forte capacité d’influence au sein de la technostructure du ministère », tempère l’auteur de Main basse sur l’éducation nationale (les Éditions du Cerf). Le prof évolue, mais la salle des profs continue d’afficher son hostilité à toute réforme, tout projet, toute idée qui semblerait « de droite ». Cette dernière n’est pas près de reprendre pied sur ce terrain-là — pour ne rien dire du monde syndical ! « Les professeurs sont — au moins pour un temps encore — attachés à la discipline qu’ils enseignent, insiste Matthieu Grimpret. Ils veulent transmettre du savoir, or ils ont bien conscience que, sans autorité, sans exigence, leur métier n’est pas possible. C’est une question d’efficacité. »

On retrouve l’intuition d’Anne Coffinier, celle qui l’a portée vingt ans durant : tout le monde veut l’école privée, l’école libre, qui est simplement le nouveau nom de l’école de toujours. Les enfants, leurs parents, les professeurs. Surtout : tout le monde mérite cette école et seuls les amis du désastre en cours peuvent vouloir torpiller ceux qui veulent la construire ou la reconstruire. « Le mal, pour triompher, n’a besoin que de l’inaction des gens de bien », dit la très célèbre formule attribuée à Edmund Burke. Anne Coffinier l’a bien compris. Mais qui avec elle ? 

vendredi 19 décembre 2025

Natalité : taxe sur les préservatifs et contraceptifs en Chine

La Chine impose une taxe à la vente de 13 % sur les préservatifs et contraceptifs à partir de janvier 2026, finissant une exonération en vigueur depuis 1993, pour contrer le déclin démographique avec un taux de natalité en chute de 50 % depuis 2000.

Ce segment de l'émission "Le Monde à la Carte" sur LCI analyse les causes du faible taux de fécondité chinois (1,09 enfant par femme en 2024) et les mesures incitatives du gouvernement, comme des subventions pour naissances multiples.

Une mère se plaint du coût lié à l'éducation des enfants, son enfant serait en CM2 (10-11 ans) et elle a « dû » lui payer un tuteur particulier d'anglais.

Des experts doutent de l'efficacité de cette taxe, soulignant que les facteurs socio-économiques (coût de la vie, urbanisation) pèsent plus que l'accès à la contraception, selon des études de l'ONU sur les dynamiques démographiques.

 

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samedi 13 décembre 2025

Relancer la natalité en France : une prime de 40 000 € au 3e enfant.

Contexte et Objectif de l’Étude
 
L’étude intitulée « Pour un renouveau démographique : la stratégie du troisième enfant », publiée en novembre 2025 par la Fondation Res Publica et rédigée par Oscar Bockel et Tristan Claret-Trentelivres, s’inscrit dans un contexte de préoccupante baisse de la fécondité en France.  

Avec un taux de fécondité tombé à 1,66 enfant par femme en 2024 (selon les données provisoires de l’Insee), loin du seuil de renouvellement des générations fixé à 2,1, les auteurs alertent sur les risques démographiques et économiques à long terme. 



L’objectif principal est de proposer une stratégie ambitieuse pour relancer la natalité, en mettant l’accent sur l’encouragement du troisième enfant comme levier clé.

mardi 28 octobre 2025

Les Québécoises ont moins d’enfants qu’elles le désirent, que fait le gouvernement ?

S’il réduit l’immigration au nom de la protection du français, Québec doit stimuler la natalité, plaident des experts. Pour éviter le déclin démographique, le gouvernement devrait encourager les Québécoises qui désirent de grandes familles à avoir autant d’enfants qu’elles le veulent. 

François Legault se dirige vers une baisse des seuils d’immigration. Pendant ce temps, la fécondité atteint un creux historique au Québec, à 1,33 enfant par femme.

Selon le professeur de droit Guillaume Rousseau, si on débat d’immigration par peur du déclin du français, on ne peut occulter l’autre composante de la démographie: les naissances.

Guillaume Rousseau, avocat,
professeur de droit à
l’Université de Sherbrooke et
directeur scientifique de
l’Institut de recherche sur le Québec.
 

«Si on diminue l’immigration, il faudrait hausser la natalité si on veut éviter une diminution de la population», plaide-t-il, en entrevue avec notre Bureau parlementaire. Mais attention: il n’est pas ici question d’inciter les femmes à vouloir plus de bébés.

« L’objectif, ce serait que le nombre d’enfants conçus rattrape le nombre d’enfants voulus, (...) mettre en place des conditions qui permettent [aux femmes] d’avoir le nombre d’enfants qu’elles souhaitent. »

Désirs de grandes tablées

Une étude de l’institut Cardus, dévoilée il y a quelques semaines à peine, met en lumière le fossé qui existe entre le rêve et la réalité chez les Canadiennes et Québécoises en matière de famille. 

La moitié des femmes ont moins de bambins qu’elles en voudraient. Malgré le faible taux de natalité (1,33), elles désirent pourtant avoir deux bébés et plus (entre 2 et 2,4 bébés selon leur âge).

« Les données nous montrent qu’il y a beaucoup de familles qui ne réussissent pas à combler leur désir de fécondité », constate elle aussi Sophie Mathieu, professeure à la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Sherbrooke et spécialiste des politiques familiales.

Elle y voit une occasion en or pour le gouvernement de François Legault de stimuler la natalité, lui qui n’a pas fait des familles une de ses priorités. «Il faudrait un changement au niveau de la volonté politique», insiste-t-elle.

L’universitaire rappelle qu’une baisse significative de la fécondité observée à la fin des années 1980 avait convaincu les autorités d’agir. Le Québec avait adopté des incitatifs aux naissances – des «bébés bonus» –, des chèques pour chaque naissance, dont le montant augmentait considérablement à partir du troisième rejeton.

Angle mort du gouvernement

«Mais là, on n’entend pas du tout parler [de la chute de natalité], alors que c’est assez préoccupant, surtout quand on regarde parallèlement à ça les données sur le fait que le français au Québec est en perte de vitesse.»

Pour encourager des comportements, il faut souvent des incitatifs financiers qui se traduisent par un impact concret dans le portefeuille. Mais ce n’est pas suffisant. Il doit aussi y avoir un discours politique, une «ambiance» favorable à la famille, qui doit être davantage valorisée dans la société, croit le professeur Rousseau.

«Si on avait un débat là-dessus, puis une espèce de consensus transpartisan sur l’intérêt collectif d’avoir ça, est-ce que ça ne pourrait pas changer les comportements?»

Voici quelques pistes de solutions

Profiter du surplus record au fonds d’assurance parentale

Moins de bébés, moins de prestations versées par l’État! La cagnotte du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) atteint 896 millions $ cette année, un record, révèlent les plus récentes données. Une occasion de bonifier le programme afin que les parents puissent compter sur des congés payés jusqu’à l’obtention d’une place en garderie pour leur enfant, croit le professeur Guillaume Rousseau. Sophie Mathieu signale que le RQAP peut paraître généreux comparativement au reste du Canada ou aux États-Unis, mais pas lorsqu’on regarde vers l’Europe. «Les pays où la conciliation emploi-famille est la mieux soutenue sont les pays où la fécondité chute le moins», renchérit l’universitaire, citant les exemples de la Suède ou l’Islande. Dans ces deux endroits, «la fécondité n’a pas chuté de la même façon, et dans ces pays-là, la venue d’un enfant est moins associée à une perte de revenus à long terme». En Suède, les parents peuvent utiliser les prestations jusqu’à ce que leurs bambins aient atteint l’âge de 12 ans. Ils peuvent par exemple s’en servir lors d’un épisode de gastro à l’école.

Plus de places en garderie

Et si les parents québécois peuvent bénéficier d’au maximum une année de congés payés lors de la naissance d’un enfant, le manque de places en garderie complique souvent le retour des parents sur le marché du travail. Une réalité qui en rebute plusieurs à réaliser leur rêve de grande famille, plaide Sophie Mathieu. Mère de trois enfants, la professeure est personnellement passée par là. Elle était «très insatisfaite» de la qualité des soins accordés à ses petits, un angle mort de la CAQ. «Si on en parle pourtant si peu, c’est parce que les familles ne font plus partie de la préoccupation centrale du gouvernement actuel, déplore-t-elle. Il y a moins 30 000 familles qui sont en attente d'un service de garde ou d'un meilleur service de garde, il y a des mères qui sont à bout de souffle, des papas qui sont à bout de souffle!»

La gratuité pour les parents-étudiants?

Tendance lourde ces dernières années, les Québécoises donnent désormais naissance à leur progéniture à un âge plus avancé. L’âge moyen des femmes à la maternité est passé de 27,4 ans en 1980 à 31,3 ans en 2023 au Québec. Une réalité qui contribue possiblement à la baisse de la natalité. «Quand on a un premier enfant à 30 ou 35 ans, c’est plus difficile d’avoir un deuxième, puis un troisième, que lorsqu’on a le premier à 22 ans», illustre Guillaume Rousseau. De plus en plus de femmes font des études universitaires, notamment à la maîtrise ou au doctorat. Selon le professeur de droit, on se doit d’agir à ce niveau. «Est-ce que ça prendrait la gratuité des frais de scolarité pour les jeunes parents?» suggère-t-il.

«RAPper» sa deuxième maison

Devenir propriétaire relève pratiquement de l’exploit pour la génération actuelle de jeunes, alors que le prix médian d’une maison unifamiliale au Québec a explosé de 76% depuis cinq ans. L’accès d’autant plus difficile à un domicile suffisamment grand pour accueillir plusieurs bambins freine le désir des couples d’avoir une famille nombreuse, souligne le professeur Guillaume Rousseau. «L’enjeu, ce n’est pas la première maison, c’est la deuxième qui vient avec le deuxième puis le troisième enfant.» Il souligne que plusieurs politiques publiques existent pour une première hypothèque, mais pas pour l’achat d’une seconde résidence. «On devrait pouvoir “RAPper” puis avoir le CELIAPP [Compte d'épargne libre d'impôt pour l'achat d'une première propriété] pour la deuxième ou la troisième maison, quand elle est liée à un enfant né ou à naître.»

Taux de fécondité au Québec à travers le temps

1970: 2,09 [voilà donc 55 ans que le Québec ne fait plus assez d'enfants pour remplacer ses générations]
1987: 1,36
2000: 1,45
2008: 1,73
2024: 1,33

Source: Institut de la statistique du Québec


Démographie du Québec

La population du Québec estimée au 1er janvier 2024: 8 984 900
Elle a augmenté de près de 218 000 habitants au cours de l’année 2023, ce qui correspond à un taux d’accroissement démographique de 2,45%, un record.

L’accroissement naturel, soit la différence entre les naissances et les décès, n’a été que de 400 personnes.

L’accroissement dû aux migrations internationales et interprovinciales a été de 217 600 personnes.

Source: Institut de la statistique du Québec


États financiers du Fonds d’assurance parentale

2024: surplus de 896 millions $
2020: surplus de 511 millions $
2015: déficit de 270 millions $
2014: déficit de 358 millions $
2010: déficit de 591 millions $

Source: Rapports annuels du Fonds d’assurance parentale 2010-2024


 Source : TVA

 

 

lundi 1 septembre 2025

États-Unis — La révolution de l'IA va-t-elle d'abord pénaliser les États démocrates ?

Texte de Joel Kotkin, chercheur présidentiel en urbanisme futuriste à l'université Chapman et chercheur principal au Civitas Institute de l'université du Texas à Austin, paru sur Unherd.

« La première marche de la vie professionnelle est en train de disparaître pour de nombreux nouveaux diplômés », affirme un récent rapport du magazine Fortune. En conséquence, les PDG avertissent que les emplois de débutants sont en voie d'extinction, les stages et les débouchés pour les diplômés universitaires se raréfiant.

Bien sûr, tout le monde ne ressentira pas cet impact de la même manière. Au sommet de la pyramide se trouvent les investisseurs, les entrepreneurs et les programmeurs d'élite qui touchent désormais des salaires équivalents à ceux des athlètes professionnels. Mais l'intelligence artificielle, alimentée par d'énormes injections de capitaux provenant de Wall Street, menace de supprimer de nombreux emplois dans le domaine des logiciels, ainsi que des postes professionnels haut de gamme impliquant des analyses routinières.

Les jeunes en sont parfaitement conscients. Dans le cours que je donne avec Marshall Koplansky à l'université Chapman, plusieurs étudiants ont prédit que les emplois qu'ils occupent actuellement disparaîtront bientôt. Parmi eux se trouvaient un concepteur de jeux, deux responsables des ressources humaines et un responsable de la fabrication et de l'entreposage. Mes collègues ingénieurs font état d'une tendance similaire. Si les perspectives restent bonnes pour les ingénieurs en mécanique et en chimie, ainsi que pour ceux qui conçoivent des robots, elles sont beaucoup moins certaines pour les étudiants en informatique.

Malgré les profits colossaux des plus grandes entreprises technologiques, les outils de programmation IA ont permis des licenciements massifs dans des entreprises telles qu'Amazon, Intel, Meta et Microsoft. Malgré les profits en forte hausse des plus grandes entreprises technologiques, les outils de programmation IA ont permis des licenciements massifs dans des entreprises telles qu'Amazon, Intel, Meta et Microsoft. 

Aujourd'hui, parmi les diplômés universitaires âgés de 22 à 27 ans, les diplômés en informatique et en génie informatique connaissent certains des taux de chômage les plus élevés, selon un rapport de la Banque fédérale de réserve de New York.

En réponse, de nombreuses entreprises se concentrent désormais sur la création de produits tangibles plutôt que sur le simple transfert d'algorithmes à des fins commerciales ou la génération de davantage de médias sociaux. Dans les secteurs de l'aérospatiale et de la défense, par exemple, l'IA n'est pas considérée comme une fin en soi, mais comme un outil. Elle est un moyen d'améliorer la créativité et la productivité humaines plutôt que de les remplacer. « Le logiciel n'est pas dans une position idéale avec l'IA », m'a confié Delian Asparouhov, qui dirige une entreprise spécialisée dans la fabrication spatiale. « Aujourd'hui, les gens se tournent vers les techniques lourdes. La conception et la construction de vaisseaux spatiaux ont toujours besoin de main-d'œuvre humaine. »

Cela pourrait poser des problèmes aux universités d'élite, mais représente un avantage majeur pour les écoles qui enseignent les compétences pratiques dont les entreprises ont réellement besoin. Jusqu'à présent, ces débouchés sont largement concentrées dans les États rouges [républicains] et mauves [États indécis] du Midwest et du Sud, les régions les plus axées sur la relocalisation de la fabrication et d'autres industries depuis l'étranger.

Les mentalités évoluent parallèlement à ces changements économiques. Une enquête récente a révélé qu'environ 83 % de la génération Z [nés entre la fin des années 1990 et le début des années 2010] estime qu'apprendre un métier technique spécialisé peut être un meilleur moyen d'assurer sa sécurité économique que d'aller à l'université, y compris 90 % de ceux qui possèdent déjà un diplôme universitaire. En effet, alors que les inscriptions à l'université ont chuté entre 2020 et 2023, celles dans les écoles techniques ont augmenté de 10 %. Ces changements suggèrent que, à mesure que les compétences pratiques gagnent en valeur, les régions qui les proposent sont susceptibles d'attirer à la     fois des talents et des emplois.

La Californie perd déjà des emplois dans le secteur des technologies de pointe au profit de nouveaux acteurs au Texas et dans le sud des États-Unis. Entre 2022 et 2023, le Texas a été en tête du pays en termes de création d'emplois dans le secteur des technologies, tandis que la Californie est restée largement stable. La Floride arrive en deuxième position, la Géorgie, le Tennessee et la Caroline du Nord enregistrant également des gains importants. Pour l'avenir, la CompTIA (Computing Technology Association) prévoit que le Texas, le Mississippi, le Tennessee et la Caroline du Sud connaîtront la croissance la plus rapide dans le secteur des technologies au cours de la prochaine décennie.

Le fossé entre les États bleus [démocrates] et rouges [républicains] pourrait se creuser avec l'IA, compte tenu de sa demande croissante en électricité abordable. Les prix élevés de l'énergie en Californie, les plus élevés du pays, sont l'une des raisons pour lesquelles les entreprises qui construisent des serveurs d'IA, des puces avancées et du matériel quantique, telles que Nvidia, Samsung et Taiwan Semiconductor, sont implantées dans des États riches en énergie comme le Texas. Parallèlement, le nouvel essor énergétique de la Pennsylvanie est largement considéré comme une occasion idéale d'étendre à la fois sa base technologique et industrielle. Par exemple, en 2022, Shell a investi 6 milliards de dollars dans un craqueur d'éthane à Monaca, en Pennsylvanie, afin de convertir le gaz naturel abondant de la région en plastiques.

L'intelligence artificielle remodèle le paysage économique, récompensant les régions qui disposent d'une énergie abordable, de compétences pratiques et d'une volonté de fabriquer des produits tangibles. Alors que les coûts élevés et la croissance stagnante de la Californie poussent les emplois technologiques vers le Texas, le Sud et la Pennsylvanie, les gagnants seront probablement les États qui combinent infrastructures, talents et approche pragmatique de l'industrie. La question ne porte plus seulement sur l'innovation, mais aussi sur les endroits où cette innovation peut prospérer et sur les États qui sont prêts à saisir les opportunités créées par l'IA.

vendredi 29 août 2025

Tabou — Tous les partis politiques (sauf l'AfD) à Cologne s'engagent à ne parler de l'immigration qu'en termes positifs

COLOGNE : accord électoral insolite ! Les partis s'engagent à ne parler que positivement de l'immigration On ne parle pas d'immigration. Et si on en parle, c'est uniquement de manière positive. Du moins, dans le cadre de la campagne électorale municipale actuelle à Cologne. Sept partis y ont signé un accord dit « d'équité ». Ils souhaitent éviter de mener une campagne électorale aux dépens des migrants et de les dénigrer, selon les termes de l'accord. Des observateurs politiques critiquent le fait que les préoccupations de la population, notamment en ce qui concerne la criminalité des étrangers, soient tout simplement ignorées. Selon eux, rendre le sujet tabou ne profite qu'à l'AfD.

De la CDU à Die Linke (ex-communistes) : sept partis politiques de Cologne ont convenu de ne pas rendre les migrants responsables « des évolutions sociales négatives » dans le cadre de la campagne électorale municipale. L'AfD en a été exclue.

Avant les élections municipales du 14 septembre en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, sept partis ont signé un « accord d'équité » pour la campagne électorale. À l'initiative de l'association Kölner Runder Tisch für Integration (Table ronde de Cologne pour l'intégration), la CDU, le SPD, le FDP, les Verts, Die Linke, Die Partei et Volt se sont associés pour s'engager à lutter contre le racisme et l'antisémitisme et à ne pas instrumentaliser le thème de la migration, comme le rapporte RTL.

Les partis s'engagent également en faveur de « la tolérance et d'une coexistence pacifique » et acceptent de « ne pas rendre les migrants et les réfugiés responsables des évolutions sociales négatives telles que le chômage ou la menace pour la sécurité intérieure », selon la déclaration.

L'AfD a été délibérément exclue de l'accord, comme l'explique Wolfgang Uellenberg van Dawen, porte-parole de l'association à l'origine de l'initiative. « Nous n'avons expressément pas envoyé cet accord d'équité à l'AfD, car le programme fondamental de l'AfD va à l'encontre de ce que nous défendons. »

Christer Cremer, porte-parole de l'AfD pour la région de Cologne, conteste l'équité même de l'accord. « Je suis plutôt critique à l'égard de cet accord d'équité, car je pense qu'il vise à étouffer les débats », a déclaré le politicien à RTL. « En période électorale, tout devrait pouvoir être abordé, y compris les questions de migration, mais aussi bien d'autres sujets. C'est à cela que servent les campagnes électorales, et il ne faut pas essayer d'instaurer une sorte de démocratie contrôlée. »


Source : Die Welt

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Douglas Murray sur les gangs musulmans violeurs, Tommy Robinson et ce qui cloche en Grande-Bretagne (aussi incident de la Saint-Sylvestre à Cologne sur le parvis de la gare)

Quand la femme était vénérée... (féministes et incident de la Saint-Sylvestre à Cologne)

Allemagne — Parents inquiets protestent contre l'imposition de la théorie du genre 

Allemagne — Dix ans après, le bilan amer de l’ouverture des frontières par Angela Merkel

 

vendredi 2 mai 2025

Vance et Rubio condamnent l'établishment politique allemand qui peut désormais écouter les communications privées de l'AfD (m à j)

L'appareil « démocratique » au pouvoir s'explique:

Même en mettant de côté la question de savoir si l'Office fédéral de protection de la constitution (Bundesamt für Verfassungsschutz) puisse réellement être considéré comme « indépendant » plutôt que l'émanation d'une certaine culture et parti-pris en place, il est frappant de constater que, si l'on suit la logique sous-jacente avancée ci-dessus, toute décision d’un tribunal serait acceptable — même une condamnation à mort pour avoir porté un béret rouge disons — dès lors que ce tribunal serait indépendant et appliquerait des règles, aussi absurdes soient-elles. Ce raisonnement ne relève plus de la démocratie, mais d’une bureaucratie aveugle. Rappelons que l'interprétation des règles est sujette à une large dose de partialité et d'inventivité quand les magistrats veulent obtenir un verdict précis.

« Le droit est la plus puissante des écoles de l’imagination. Jamais poète n’a interprété la nature aussi librement qu’un juriste la réalité. » (Giraudoux, 1935)

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Principe de « fraternité » [aider des immigrants illégaux] et le gouvernement des juges qui interprètent les lois et la Constitution selon leur bon vouloir

Les élites républicaines françaises n’ont jamais été libérales ni d’esprit démocratique

Allemagne — La police d'État se pointe à l'aube et saisit un ordi et un téléphone à cause d'une caricature (m à j)

« Nous évoluons vers une démocratie [sic] anti-majoritaire »

 Dicastocratie — « La réinvention du despotisme éclairé »

État de droit (gouvernement des juges) contre démocratie ?

Canada/Québec — Un gouvernement des juges de plus en plus autoritaire

Les juges-prêtres (sur le livre L’emprise contemporaine des juges)

La Cour suprême du Canada : décideur politique de l’année 2014

Cour suprême du Canada — limites aux propos chrétiens « haineux » « homophobes » ?

Cour suprême : « toutes les déclarations véridiques » ne doivent pas « être à l’abri de toute restriction » (la vérité n’est plus une défense !)

La trahison des juges et des experts


 
Selon Le Monde, l’Office fédéral allemand de protection de la Constitution a annoncé ce vendredi 2 mai 2025 avoir classé l’ensemble du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) comme un mouvement « extrémiste de droite avéré ». Cette décision, prise après la percée historique de l’AfD aux législatives du 23 février (plus de 20 % des voix), permet désormais une surveillance renforcée, y compris des communications privées. Depuis ces élections, l'AfD est en progression dans les sondages, prenant même la tête dans plusieurs grands sondages, voir ci-dessous.

Le parti, mené par Alice Weidel et Tino Chrupalla, a dénoncé un « coup dur pour la démocratie allemande » et une décision « motivée politiquement ». Le service de renseignement estime que l’idéologie de l’AfD « dévalorise des groupes entiers de la population » et n’est « pas compatible avec l’ordre démocratique fondamental ».

Il est notamment reproché à l’AfD son hostilité « globale » envers les migrants et les musulmans, et sa « propagation continue de préjugés » à leur encontre. Déjà, plusieurs branches locales et l’organisation de jeunesse du parti étaient classées comme extrémistes. Cette nouvelle classification pourrait relancer le débat sur une éventuelle interdiction du parti.

Il est frappant de voir à quel point la justification de cette décision est explicitement politique, sans doute le Service du renseignement et l'Office fédéral de la protection de la constitution ne s'en rendent simplement pas compte parce qu'ils croient sincèrement que quiconque n'est pas d'accord avec eux sur l'immigration est une personne foncièrement mauvaise. Mais ces mêmes personnes se permettent de donner des leçons au monde entier sur la « démocratie ».




Le ministre des Affaires étrangères américain, Marco Rubio,  a condamné ces mesures:
L'Allemagne vient de donner à son agence d'espionnage de nouveaux pouvoirs pour surveiller l'opposition.  Ce n'est pas de la démocratie, c'est de la tyrannie déguisée.

Ce qui est vraiment extrémiste, ce n'est pas la populaire AfD - qui est arrivée en deuxième position lors des dernières élections - mais plutôt les politiques d'immigration à frontières ouvertes de l'establishment, auxquelles l'AfD s'oppose.

L'Allemagne devrait faire marche arrière.


 Le vice-président américain a ajouté: 
L'AfD est le parti le plus populaire d'Allemagne, et de loin le plus représentatif de l'Allemagne de l'Est. Aujourd'hui, les bureaucrates tentent de le détruire.

L'Ouest a abattu le mur de Berlin ensemble. Il a été reconstruit, non pas par les Soviétiques ou les Russes, mais par la classe politique allemande.

 


 

vendredi 14 février 2025

Saint-Josse (Bruxelles), son communautarisme, son enrichissement culturel et politique

On a revoté le 10 février dernier dans la commune [bruxelloise] de Saint Josse et le résultat  est encore pire [pour Alain Destexhe] qu'en octobre !

La gauche obtient  28 sièges sur ... 29. (Liste du bourgmestre turc Emir Kir exclu du PS).

Le cartel [des autres partis] (MR - Engagés - CDV - VLD) : 1 siège seulement (7,7%), alors qu’en 2006, les mêmes obtenaient encore ... 32% des voix !

Sur la liste PS, les 6 élus sont d'origine étrangère. Écolo se distingue également, sa tête de liste Ahmed Mouhssin avait œuvré pour la libération des geôles irakiennes d'Oussama Atar, l'organisateur des attentats de Paris et de Bruxelles. Qu'à cela ne tienne !

Rappelons aussi qu’il y a quelques mois Emir Kir
(ci-contre)  s'était illustré en tenant d'interdire une conférence avec le premier ministre hongrois Viktor Orban, Nigel Farage et Éric Zemmour.

Appelez-cela comme vous voulez : « Grand remplacement » (Cohn-Bendit) ou encore « submersion migratoire » (Bayrou), il est notable que l'avenir de Bruxelles (et de la Belgique ?) est inscrit dans ces chiffres.

Soulignons par ailleurs  qu'aucun média belge ne semble se soucier de cette dérive. Pour le Soir qui s’en réjouissait il y 20 ans déjà (article de 2003 !) : «  80 % de la population de Saint-Josse ont des grands-parents non belges. Le mouvement, irréversible, est une source d'enrichissement pour la société ».

Source : PAN

samedi 11 janvier 2025

Les démocrates et les progressistes avaient fait de Twitter un objet de censure

Fabrice Epelboin, entrepreneur du numérique et spécialiste des médias sociaux, lors d'une émission de C ce soir de France 5, jeudi 9 janvier, s'exprime sur la censure des démocrates et progressistes sur Twitter.

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Le patron de Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp), Mark Zuckerberg, relate (dans la vidéo ci-dessous) :

  • « Le moment le plus extrême [de censure] fut quand ils ont décidé de déployer le programme de vaccination Covid ! »
  • « Ils ont alors censuré tous ceux qui argumentaient contre ce programme ! »
  • « Ils ont poussé la censure très loin contre des gens qui en réalité disaient vrai ! »
  • « Dès que vous disiez qu’il pouvait y avoir des effets secondaires, on vous censurait ! »

 « Pete Hegseth va probablement défendre sa nomination au poste de secrétaire à la défense devant le Sénat, et l'un des points qu'il a soulevés est qu'il pense que les femmes ne devraient pas pouvoir jouer certains rôles au combat », a déclaré Mark Zuckerberg. Et de poursuivre : « Jusqu'à ce que nous ayons mis à jour nos politiques, vous n'auriez pas pu dire cela sur nos plateformes parce que cela appelle à l'exclusion d'une catégorie particulière de personnes ». Zuckerberg a expliqué qu'à première vue, cette catégorisation semble correcte, mais « si vous êtes capable de le dire au Sénat, vous devriez probablement être capable de le dire sur les médias sociaux ».

Mark Zuckerberg annonce la fin de la censure sur Facebook et Instagram. Le patron de Meta décide de copier Elon Musk et « de se débarrasser des vérificateurs de faits pour les remplacer par des notes de la communauté ».

Selon le New York Times, Mark Zuckerberg a demandé à ses responsables de retirer les serviettes hygiéniques pour femmes des toilettes pour hommes dans les bureaux de Meta dans la Silicon Valley, au Texas et à New York.


Fabrice Epelboin revient sur la censure et les réseaux sociaux: