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samedi 8 août 2026

Québec — Pour la ministre de l’Enseignement supérieur, « Débattre… est troublant et inquiétant »



« Débattre… est troublant et inquiétant » : une phrase indigne d’une ministre de l’Enseignement supérieur.

C’est pourtant ce qu’a écrit Mme Biron, l’actuelle ministre de l’Enseignement supérieur du Québec.

Une ministre de l’Enseignement supérieur devrait être particulièrement attachée au débat d’idées, à la confrontation des arguments et à la liberté de discussion. Or, Mme Biron présente comme « troublant et inquiétant » le simple fait de vouloir débattre d’une question controversée.

Le Canada a décriminalisé l’avortement jusqu’à la naissance, une situation exceptionnelle en Occident, où la quasi-totalité des pays fixent une limite, généralement au cours du deuxième trimestre ou à son issue.

Au Canada, il est donc théoriquement possible d’avorter jusqu’au terme, y compris après que le fœtus est viable.  C’est un fait. Rappelons que la viabilité fœtale est généralement atteinte vers 24 semaines de grossesse.

Dans une société démocratique, on doit pouvoir débattre de tout, y compris de sujets qui déplaisent à la gauche et à la CAQ — que d’aucuns ont, non sans ironie, qualifiée de parti de droite.

Rappelons d’ailleurs que l’interdiction de l’avortement au troisième trimestre, sauf lorsque la santé de la mère est en jeu, recueillait l’appui de 49 % des Canadiens et de 41 % des Québécois dans un sondage de l’Angus Reid Institute réalisé en 2020.

Et pourtant, on voudrait nous expliquer qu’il ne faudrait même pas en discuter.

En août 2025, un sondage de Research Co. indiquait que 49 % des Canadiens et 58 % des Québécois estimaient que l’avortement devrait être légal « en toutes circonstances ». Autrement dit, cette position ne recueille pas l’adhésion d’une majorité au Canada, et elle est loin de faire l’unanimité au Québec.

Ces chiffres, provenant de deux firmes de sondages sérieuses et régulièrement citées dans les médias, montrent que le débat n’est ni marginal ni « extrême ».

Lorsqu’une proportion aussi importante de la population — y compris au Québec — se montre favorable à l’instauration d’une limite comme il en existe dans la plupart des pays occidentaux, qualifier l’ouverture d’une discussion de « troublante et inquiétante » en dit peut-être davantage sur la fragilité du prétendu « consensus » que sur le débat lui-même.

Une autre question, tout aussi légitime, reste taboue : faut-il que le Trésor public rembourse tous les avortements, y compris ceux pratiqués alors que la vie de la mère n’est pas en danger et que l’enfant est déjà viable ? Et que faire lorsque l’« indication médicale » invoquée repose sur la santé mentale de la mère, au risque de transformer une notion aussi large en justification de convenance pour un avortement qui répond en réalité au simple choix de ne pas poursuivre une grossesse non désirée ? Pourquoi faire peser sur le budget de la santé le coût de tels avortements électifs ?

Pourquoi la ministre refuse-t-elle que ces questions soient discutées ? Pourquoi ce tabou ?

On assiste à une sacralisation de décisions vieilles de près de quarante ans — arrêt Morgentaler, 1988 — alors que la société québécoise a profondément changé. Avec un indice de fécondité tombé à un creux historique de 1,35 enfant par femme en 2024 (1,36 en 2025), le plus bas jamais enregistré, on pourrait au moins s’interroger sur la place que nous accordons à l’enfant. Et, plus fondamentalement, se demander si l’avortement, lorsqu’il est érigé en droit pratiquement intouchable, ne finit pas par dévaloriser l'enfant et la vie elle-même. Pourquoi cette question devrait-elle être soustraite au débat ?

Ces questions sont légitimes et devraient être ouvertes au débat.

Et pourtant : la crispation persiste, le débat  « inquiète » la ministre.

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samedi 18 avril 2026

« Trans genre » : Le triomphe de l’amour et de la patience

Un texte de Joseph Facal paru dans le Journal de Montréal. 

Une vraie belle histoire, ça vous dirait, pour faire changement ?

Je vous parlais l’autre jour du documentaire de Jean-Pierre Roy intitulé Génération trans. [Dès 14 ans, au Québec, un enfant peut décider qu’il appartient au « mauvais sexe » et entreprendre seul une transition de genre. Nul besoin de consentement parental, sous prétexte que certains parents pourraient fort mal réagir. Le documentaire met en lumière l’omerta (ou le silence/refus de s’exprimer) d’une partie du corps médical et des ordres professionnels : le réalisateur a tenté d’interviewer le Collège des médecins, l’Ordre des psychologues et d’autres, qui ont refusé ou sont restés très discrets. Il est centré sur les témoignages de parents (surtout des mères) démunis face à la rapidité du processus, aux discours d’« affirmation de genre » immédiate, et aux risques d’irréversibilité. Il questionne le modèle d’affirmation rapide, l’influence des lignes directrices comme celles de WPATH, et le manque de réelle évaluation psychologique approfondie dans certains cas..]



Le film est centré sur les témoignages de parents d’enfants d’âge mineur qui disent vouloir « changer de sexe » parce qu’ils seraient nés « dans le mauvais corps ».

Ces parents racontent comment notre système psycho médical et légal s’emballe dès que l’enfant émet ce souhait.

Angoisse

Dans la foulée, une mère qui avait pris contact avec moi il y a trois ans m’a écrit de nouveau.

Elle avait alors une fille de 14 ans qui avait commencé à se dire garçon.

À l’époque, elle écrivait :

« Jamais ma fille n’avait démontré de malaise face à son corps. Ma fille s’est liée avec une fille qui se disait garçon et quelques mois après, ma fille se disait aussi garçon [...]. Nous sommes tellement angoissés par cette situation. Cela occupe toutes nos pensées ».

Elle ajoutait :

« Je discute avec énormément de parents de partout dans le monde qui sont touchés par la situation. Ces enfants ont pas mal tous le même profil. Ils n’ont jamais ressenti de malaise face à leur corps, sont anxieux, manquent de confiance en eux, [ont des] difficultés à se faire des amis, en pleine puberté, ils sont mal à l’aise dans leur corps, à la recherche d’un sentiment d’appartenance à quelque chose. »

Trois ans plus tard, elle m’écrit :

« Aujourd’hui, j’ai eu envie de vous donner des nouvelles, car le dénouement de notre histoire peut être porteur d’espoir pour des parents qui vivent ce que nous avons vécu. [...] Celle qui était alors sombre, anxieuse, peu sûre d’elle et victime d’intimidation est devenue une jeune fille lumineuse et épanouie. Elle a dorénavant un grand cercle d’amies, elle est appréciée de ses pairs et elle a retrouvé une immense confiance en elle. Nous sommes d’ailleurs plus proches que jamais, nous passons énormément de temps ensemble. »

Elle dit ensuite :

« Nous ne pouvons nous empêcher de nous demander : où en serait-elle si nous l’avions encouragée dans un changement de nom et de genre à l’école ? Où en serait-elle si nous avions couru chez le médecin pour obtenir des bloqueurs de puberté ? Nous savons qu’elle n’aurait pas ce bien-être actuel et que sa vie serait inutilement complexifiée par des décisions médicales irréversibles ».
Espoir

Je la laisse conclure :

« Notre fille traversait une forme de crise d’adolescence – une crise qui, si elle est encouragée plutôt que simplement accompagnée, peut avoir des répercussions sur une vie entière. Aujourd’hui, que ce soit dans son attitude, sa personnalité ou sa présentation, c’est comme si cet épisode n’avait jamais existé. Nous n’en reparlons jamais, car nous savons que cela la gênerait et ce n’est tout simplement pas nécessaire. »

La dysphorie de genre existe, mais elle est rarissime, sans commune mesure avec les troubles communs de l’adolescence.

L’amour et la patience ont triomphé.

jeudi 16 avril 2026

Défaite électorale des nationalistes québécois dans un ancien bastion proche de Montréal

Mathieu Bock-Côté revient dans une chronique publiée dans le Journal de Montréal sur la défaite du Bloc Québécois à Terrebonne lors des élections du 15 avril 2026, une circonscription autrefois vue comme une forteresse nationaliste.  Terrebonne est à vol d'oiseau à environ 25 km du centre-ville de Montréal, 30 km par la route.

Les limites de Terrebonne sont accentuées d'un trait gras, au nord-est de Montréal.

L'auteur explique cette chute par les changements démographiques causés par l'immigration massive, les communautés issues de l'immigration votant majoritairement pour le Parti libéral du Canada. Bock-Côté conclut que les nationalistes doivent stopper l'immigration élevée pour éviter une transformation structurelle défavorable au projet souverainiste au Québec.

L'auteur n'adresse pas la très faible natalité des Québécois y compris des natalistes (faites le tour vous verrez, souvent, ils ont pas ou peu d'enfants). Serait-il temps d'une autocritique des nationalistes sur ce sujet ?

Position du Québec dans les pays occidentaux / OCDE quant à la natalité

Dans les pays de l’OCDE (les pays occidentaux développés), l'Indice synthétique de fécondité (ISF) du Québec 1,33 enfant/femme se situe dans la partie basse du classement, mais pas parmi les tout derniers.  La moyenne OCDE est autour de 1,40-1,51 selon les années récentes (2022-2024), en forte baisse continue depuis des décennies. 

Plusieurs pays sont nettement plus bas : Corée du Sud (0,7), Italie, Espagne, Japon, Pologne, Lituanie (1,1-1,3).  Ce sont des pays constitués (pas une province non autonome) avec un véritable unilinguisme au pays (ce n'est pas le cas du Québec où tout est fait pour pouvoir vivre en anglais).

Le Canada dans son ensemble est autour de 1,25-1,33 selon les dernières données.  

La France reste l’un des plus élevés en Europe (~1,6), tout comme certains pays nordiques ou Israël (de loin le leader).

En résumé : 1,33 est typique des pays occidentaux à faible fécondité (Canada, une bonne partie de l’Europe du Sud et de l’Est), bien en dessous du seuil de remplacement des générations (2,1). C’est un niveau qui entraîne un déclin naturel de la population sans immigration. 

Comparaison avec Israël

Israël est l’exception absolue parmi les pays de l’OCDE : son ISF est d’environ 2,9 enfants par femme (données 2023-2024), le plus élevé du groupe et stable depuis des décennies (jamais descendu sous 2,8). 

C’est plus du double du Québec ou de la moyenne OCDE. Cette fécondité élevée est portée en grande partie par les communautés ultra-orthodoxes (haredim), dont l’ISF dépasse 6 enfants par femme, et par les juifs religieux en général. Les juifs séculiers ont un ISF plus bas (~2,0-2,4), mais toujours supérieur à la moyenne occidentale. 



Minorités nationales, ethniques ou religieuses qui croissent

Les minorités qui « savent que leur avenir est hypothéqué » sans une forte natalité ont une forte natalité:

Haredim (juifs ultra-orthodoxes) en Israël : TFR 6-7 ; ils doublent leur population tous les 18-20 ans grâce à une culture religieuse qui valorise explicitement les familles nombreuses comme devoir de survie du peuple juif. 
  
Amish aux États-Unis : TFR historiquement autour de 6-7 ; communauté fermée qui voit la grande famille comme garantie de perpétuation culturelle face à la modernité.

Certaines communautés musulmanes en Europe ou en Israël (même si en baisse récente) : taux initialement plus élevés que les populations natives, souvent liés à des normes religieuses et à un sentiment de préservation identitaire en contexte minoritaire. 
  
D’autres exemples : sikhs, mormons pratiquants, ou certaines minorités ethniques en Occident qui maintiennent des taux supérieurs à 2,5-3,5 pour des raisons culturelles/religieuses similaires.

Le mécanisme est le même partout : quand un groupe perçoit son identité ou sa survie comme menacée (histoire, environnement hostile, dilution démographique), la fécondité reste élevée ou même augmente chez les plus religieux/pratiquants. 

C’est un phénomène empirique bien documenté en démographie : les minorités « conscientes de l’enjeu » investissent dans la natalité comme stratégie de pérennité. 

À l’inverse, les populations majoritaires sécularisées et sans ce sentiment d’urgence (comme une large partie des Québécois francophones) voient leur ISF chuter sans réagir. Le sujet est presque tabou. C’est exactement le débat soulevé dans la chronique que vous relayiez : une fécondité structurellement basse (1,33) combinée à une immigration massive transforme le rapport de forces démographique, même si les minorités immigrantes finissent souvent par converger vers des taux plus bas à la 2e génération. Israël montre qu’une forte identité collective peut maintenir une fécondité élevée même dans un pays moderne et développé.

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Le taux de natalité chute plus fortement parmi les progressistes que chez les conservateurs

Progressisme — Les femmes enceintes, ça me dérange

 
 
 
 

jeudi 22 janvier 2026

Une école davantage faite pour assurer la paix sociale que pour instruire

Si la dégradation de notre système scolaire [français] n’a pas été directement causée par l’immigration de masse, celle-ci en aggrave tous les aspects : communautarisme conquérant, violence débridée, niveau en chute libre. Et puisqu’il est encore interdit d’en faire le constat, il paraît difficile d’envisager ne serait-ce que l’ébauche d’une solution.

Le récent retour du débat sur les “temps scolaires”, à l’occasion de la publication du rapport de la convention citoyenne sur le temps de l’enfant, prouve, s’il était encore besoin d’une preuve en la matière, le refus définitif de nos gouvernants de s’attaquer aux véritables maux de l’école. Quand le niveau des élèves s’effondre, quand la violence se banalise dans les établissements et quand il devient impossible de pourvoir tous les postes d’enseignants, on ergote sur l’organisation des journées et sur la durée des vacances… Naturellement, le nombre d’heures de cours et leur répartition resteront des données accessoires tant que le professeur devra passer la majeure partie de son temps en classe à faire la discipline et tant qu’aucune forme d’exigence ou de sélection ne viendra pousser les élèves à travailler.



Chacun en a bien conscience désormais, notre école est malade et notre système éducatif au bord de l’effondrement. La raison en est d’abord la disparition de l’autorité du professeur et de toute l’échelle des sanctions sous l’effet de l’idéologie post-soixante-huitarde, ainsi qu’une orientation pédagogique délirante, qui fait encore dire à des inspecteurs aujourd’hui que l’enseignant ne doit pas incarner une “posture de savoir” face aux élèves ni leur transmettre ce savoir de manière “descendante”. La plupart des acteurs du système sont encore partie prenante de cette idéologie et ce faisant, ils ont largement contribué à creuser leur propre tombe depuis des années.

Cependant, à côté de ces dérèglements propres au système éducatif, d’autres facteurs extérieurs sont venus dans le même temps peser sur lui et aggraver son délitement depuis les années 1980 ; il s’agit en particulier de l’immigration massive de personnes issues du monde arabo-musulman et de l’Afrique subsaharienne. Certes, excepté quelques hypocrites ou fanatiques, chacun reconnaît désormais le poids de cette immigration dans différents domaines, comme la délinquance, le trafic de drogue, l’insécurité ou le terrorisme. On commence également à prendre conscience du poids de ce phénomène sur notre système social et notre système de santé, même si le sujet est rarement abordé de manière directe.

C’est par le biais de questions comme celle du financement de l’aide médicale de l’État, de la dette des étrangers dans nos hôpitaux, des visas accordés pour soins ou encore de la pénurie d’organes pour les greffes que le rôle joué par l’immigration dans l’effondrement de notre hôpital parvient à se frayer une place dans le débat public.

Mais s’agissant de l’école, le mot n’est pratiquement jamais prononcé et, pourtant, il est notoire que les établissements difficiles, classés en “réseau d’éducation prioritaire” (Rep ou Rep+), sont fréquentés en très grande majorité par des élèves issus de l’immigration. « C’est l’éléphant dans la pièce », écrivait dans un article du Figaro Joachim Le Floch-Imad, l’un des rares à aborder la question, notamment dans son dernier livre, Main basse sur l’éducation nationale (Les Éditions du Cerf), mais également dans une récente note pour l’Observatoire de l’immigration et de la démographie.

Le déni de la société sur ce sujet reste aujourd’hui presque total et n’a d’égal que le déni des acteurs sur le terrain. Ainsi, une étude de l’association Le choix de l’école, sortie le 15 octobre 2025, stipulait que « sept professeurs sur dix travaillant en Rep l’ont fait par choix », et que « deux professeurs sur trois disent vouloir rester dans les cinq prochaines années » à leur poste. Le président de l’association insistait encore sur la « fierté d’enseigner en Rep », procédant chez ces enseignants d’un « fort sentiment d’utilité sociale ». Ce type d’enfumage est classique concernant des zones et des établissements où, en réalité, personne n’a envie d’aller travailler, comme en témoignent on ne peut plus clairement les “barres” de mutation de l’éducation nationale, qui indiquent le nombre de points qu’un professeur doit avoir gagné, par ancienneté ou par sa situation familiale, pour obtenir sa mutation dans un établissement. Évidemment, plus un établissement est demandé, plus il faut de points pour l’obtenir. Dans une matière comme le français, il faut 14 points pour enseigner dans un collège de Seine-Saint-Denis, et il en faut entre 700 et 1000 pour enseigner dans un bon établissement de Paris intra-muros. On trouvera donc toujours pléthore de ces enseignants qui clament leur amour pour les élèves de ces établissements et affirmeront mordicus qu’ils sont heureux d’y travailler ; cependant, presque aucun n’y reste une fois les fameux points acquis, comme en témoigne le jeune âge des équipes travaillant en Rep et Rep+.

lundi 8 décembre 2025

La (dé)natalité, un sujet tabou au Québec ?

En 2024, l'indice de fécondité au Québec était tombé à 1,33 enfant/femme. Pour que les générations se renouvellent il faut 2,1 enfants/femme. L'indice de fécondité des francophones est sans doute plus proche de 1,2 enfant/femme puisque de nombreux immigrants et amérindiens ont plus d'enfants que la moyenne.

On prévoit le même taux désastreux pour 2025, voire même un peu plus bas (1,32 enfant/femme selon les prédictions de BirthGauge).

Aucun parti politique n'a de politiques natalistes ni ne remet en cause les valeurs ou priorités qui pourraient déprimer la natalité. (Tous les pays n'ont pas les mêmes indices désastreux, Israël a même une natalité en plein essor.)

Pour le chercheur Étienne-A. Beauregard la famille ne peut plus être un tabou pour nos élus:

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Lien croissant entre mariage, fécondité et appartenance politique

Pourquoi les Français font moins d’enfants qu’ils n’en voudraient

Des « seuils astronomiques » d’immigration peuvent nuire à la natalité

« Faire des bébés, c’est payant... mais personne au Québec n’en veut! »

Quelle majorité assimile quelle minorité dans les écoles montréalaises ?

Le projet de constitution québécoise inquiète les pro-avortements (et les pro-vie) [Ah, l'avortement ça c'est important pour les partis politiques au Québec, la natalité...]

lundi 8 septembre 2025

États-Unis — une réfugiée ukrainienne poignardée à mort dans le tramway, lourd silence médiatique

Le meurtre d'une réfugiée ukrainienne de 23 ans, poignardée dans le tramway, suscite une vive polémique aux États-Unis. De nombreuses voix dénoncent le silence des grands médias nationaux. Elon Musk et plusieurs figures conservatrices accusent la presse et les responsables démocrates de minimiser le drame.

 

Iryna Zarutska (à gauche), 23 ans, réfugiée ukrainienne installée en Caroline du Nord, a été attaquée par derrière, égorgée et tuée lors d'une attaque au couteau dans le tramway de Charlotte par un homme au lourd dossier judiciaire.

Iryna Zarutska avait fui la guerre en Ukraine pour trouver refuge aux États-Unis. La jeune femme de 23 ans a été poignardée à mort le 22 août dernier dans un train à Charlotte, en Caroline du Nord, par un sans-abri au lourd passé judiciaire. La diffusion d’images de vidéosurveillance de l’agression a suscité une vague d’indignation, doublée d’une polémique sur l’absence de relais par les grands médias américains.

Selon The Telegraph, Iryna Zarutska venait de terminer son service dans une pizzeria lorsqu’elle a pris le tram ce soir-là. Sur les images rendues publiques par la régie locale des transports, on la voit s’installer en uniforme de travail, assise devant l’agresseur présumé, Decarlos Brown Jr., 34 ans. Quelques minutes plus tard, l’homme, décrit comme souffrant de troubles psychiatriques et déjà condamné à plusieurs (14 apparemment) reprises, sort un couteau pliant et lui assène trois coups à la gorge. La victime s’effondre sur son siège .La vidéosurveillance de la Charlotte Area Transit System (CATS) a montré qu'il n'y avait aucune interaction préalable entre Brown et Iryna avant l'attaque, ce qui renforce l'hypothèse d'un acte « aléatoire ».

Toujours d’après le quotidien, l’assaillant a été filmé en train d’errer ensuite dans la rame, retirant son coton ouaté (sweat/kangourou) à capuche ensanglanté avant de quitter le train. Le couteau a été retrouvé près du quai. Brown a été inculpé pour meurtre au premier degré. D’après la chaîne WSOC-TV, il avait déjà purgé une peine de cinq ans de prison pour vol à main armée et faisait l’objet de multiples arrestations depuis 2011.

Affaire similaire passée sous silence, la victime et le tueur ne cochant pas les bonnes cases ?

Occultation dans les médias de grand chemin

Si le drame a été largement couvert par les médias locaux, plusieurs personnalités conservatrices dénoncent le silence des grands titres nationaux. « Si Iryna était noire et son tueur blanc, les médias parleraient sans arrêt », a écrit sur X le podcasteur Benny Johnson.

Même ton du côté du New York Post, qui parle d’un « silence assourdissant » de la part des dirigeants démocrates et de la presse nationale. Elon Musk a partagé un message affirmant qu’aucun article n’avait été publié sur ce sujet par des médias comme le New York Times, le Washington Post, CNN ou la BBC. Le président du Salvador Nayib Bukele a également réagi en écrivant : « Vous ne détestez pas assez les médias ».
   

Capture d'écran de la vidéo de la mise à mort d'Iryna Zarutska

Certains internautes ont comparé l’affaire au meurtre de George Floyd. Pour rappel, cet Afro-Américain au lourd casier judiciaire de 46 ans est mort en mai 2020 à Minneapolis après qu’un policier a maintenu son genou sur son cou pendant plus de neuf minutes, un drame qui avait déclenché des manifestations mondiales contre les violences policières et le racisme. « George Floyd a eu un cercueil doré et une indignation internationale pendant des années. Iryna Zarutska sera oubliée en quelques jours », s'est indigné le youtubeur conservateur Kangmin Lee.


Iryna Zarutska aurait compris le silence médiatique entourant sa mort violente. Dans son modeste logement, elle avait consciencieusement griffonné « Black Lives Matter » et « I can't breathe » sur son tableau blanc. Elle faisait partie de ces immigrants à l'ancienne qui s'assimilaient tellement qu'ils en adoptaient vite les délires bien-pensants de l'Amérique libérale. Aujourd'hui, nombre d'immigrants modernes (non européens) semblent plutôt vouloir que de leur pays d'accueil s'assimile à eux.

« Je l'ai eue cette blanche »

Hommages et recueillement à Charlotte

À Charlotte, l’émotion reste vive. « Nous avons perdu non seulement une employée exceptionnelle, mais une véritable amie », a écrit la pizzeria Zepeddie’s, où travaillait la victime, sur Instagram. Une cagnotte en ligne lancée par ses proches a déjà permis de collecter près de 46 000 dollars pour sa famille.

La maire démocrate Vi Lyles a salué « les médias et membres de la communauté » qui ont choisi de ne pas relayer les images du meurtre, par respect pour la famille. Une prise de position critiquée par plusieurs élus républicains locaux, qui y voient un manque de fermeté face à l’insécurité.

Iryna Zarutska était née le 22 mai 2002 à Kyiv, en Ukraine. Elle a fui la guerre en Ukraine en août 2022 avec sa mère Anna, sa sœur Valeriia et son frère Bohdan, pour chercher une vie plus sûre aux États-Unis. Installée à Charlotte, en Caroline du Nord, elle s'était rapidement adaptée à sa nouvelle vie, devenant fluent en anglais en peu de temps. Iryna était une artiste talentueuse, diplômée du Synergy College de Kyiv en art et restauration. Elle aimait sculpter, concevoir des vêtements originaux et partager ses créations avec ses proches. Passionnée par les animaux, elle s’occupait souvent des animaux de ses voisins et rêvait de devenir assistante vétérinaire. Elle travaillait également dans une pizzeria, Zepeddie’s, où elle était appréciée comme une employée et amie précieuse.

Une campagne GoFundMe a été lancée par sa famille, recueillant près de 96 000 dollars pour aider à couvrir les frais imprévus. Sa mort a suscité une vague d’émotion, avec des hommages soulignant sa gentillesse, son sourire rayonnant et son esprit créatif. Iryna laisse derrière elle ses parents, sa sœur, son frère, son partenaire Stas Nikulytsia, ainsi que de nombreux proches et amis.

Statistiques

Selon le rapport unifié sur les crimes du FBI en 2019, parmi les victimes d’homicides, 54,7 % étaient noires, 42,3 % blanches et les homicides de blancs par des noirs étaient effectivement 2,3 fois plus fréquents que l’inverse (566 contre 246) alors que les Noirs sont une petit minorité de la population (environ 13%). Le taux d’infraction par habitant (per capita offending rates) qui mesure le nombre d’infractions commises par des membres d’un groupe par 1 000 personnes de ce groupe (contre un groupe cible) est de 11,6 (pour les Noirs contre Blancs) par rapport à 0,38 (Blancs contre Noirs) ce qui donne un taux d’environ 31 contre 1.

Source : JDD

Images très dures de l'attaque. La jeune femme est stupéfaite, porte ses mains à son visage, sanglote, se vide lentement de son sang, puis s'effondre silencieusement de son siège vers le sol tandis que personne ne se soucie d'elle.

La dérive du Royaume-uni vers une police politique

Texte de Mathieu Bock-Côté dans le Figaro.

L’histoire des derniers siècles nous a amenés à croire que les Britanniques avaient une passion particulière pour les libertés. Mais l’histoire des dernières années, et plus encore des derniers mois, nous oblige à constater qu’ils y sont devenus indifférents, peut-être même hostiles.

La séquence hallucinante mettant en scène bien malgré lui Graham Linehan nous en convaincra. Le 1er septembre, l’humoriste irlandais, s’est posé à Heathrow, au Royaume-uni, et fut à sa grande surprise accueilli par cinq policiers armés, qui l’amenèrent au poste, avant de l’emprisonner et de l’interroger plusieurs heures. On lui reprochait trois tweets, parus en avril, et décrétés haineux, où il s’en prenait vertement, avec un humour « trash », à l’idéologie transgenre, postulant qu’il suffit pour un individu de se proclamer d’un genre, sans égard pour son sexe biologique, pour être reconnu ainsi.

Cette autoproclamation serait même à inscrire dans le registre de la vérité - qui s’opposera à cette thèse sera dans le « faux ». Il conjuguera donc la haine et la désinformation, en plus de mettre en danger la vie des trans, qui seraient pour cela condamnés à évoluer dans un environnement toxique, il inciterait à l’agression contre eux, ou les pousserait au suicide. Au cœur de cette théorie, on trouve une révolution anthropologique, vécue comme une révélation religieuse, absolument indiscutable. Au terme de son interrogatoire, Linehan fut remis en liberté, à condition toutefois de ne pas publier sur X. Comment ne pas y voir une censure ?


Plusieurs ont vu le Royaume-uni confirmer là sa dérive vers l’état policier. Cette impression n’est pas sans lien avec le plus vaste contexte qui a vu les autorités britanniques, à l’automne 2024, réprimer férocement des hommes ordinaires coupables eux aussi d’avoir publié des tweets trop virulents contre l’immigration massive et ses conséquences. Le Royaume-uni marquait là sa volonté de punir sévèrement ceux qu’il faut bien considérer comme des délinquants idéologiques transgressant les principes que le régime diversitaire juge non négociables.

L’épisode est à bien des égards indissociable de la récente polémique autour du drapeau dans ce pays. On l’a vu, de nombreux Britanniques revendiquent le droit de hisser les couleurs du Royaume-uni, et même de l’Angleterre, sous le signe de la protestation patriotique, et même nationaliste, pour peu qu’on ne connote pas négativement ce terme. Encore une fois, les forces de l’ordre sont intervenues pour sanctionner cette manifestation politique que le régime diversitaire assimile de plus en plus à la haine.

Naturellement, l’état de droit, comme il aime se présenter, formule ces interdictions et ces sanctions dans des termes généraux, indirects, qui lui permettent de sanctionner les déviants en laissant croire qu’il a seulement le souci de l’ordre public. Ce qui permet ensuite d’affirmer publiquement que tel homme ou telle femme n’ont pas été arrêtés parce qu’ils brandissaient le drapeau du pays mais parce qu’ils manifestaient sans en avoir le droit, par exemple. De même, les manifestations d’opposition à l’immigration massive sont systématiquement caractérisées par la plupart des grands médias comme racistes et haineuses.

Nos sociétés, et le Royaume-uni ne fait pas exception, sont aujourd’hui marqués par une criminalité conquérante, et il peut sembler étonnant de consacrer les ressources de la police et de la justice à la lutte contre les mauvaises pensées des uns et des autres, alors que la sécurité au quotidien de la population est compromise. Mais ce ne l’est qu’à condition d’oublier ce qui est le propre d’un régime idéocratique, d’abord occupé à maintenir le dogme sur lequel il repose. Quand la diabolisation et la peur de la mort sociale ne suffisent plus, il n’hésite pas à se radicaliser, à pénaliser tout simplement les propos qu’il réprouve, le délit d’opinion se présentant ici comme un délit de blasphème.

Il n’hésite même pas à se couvrir de ridicule, comme on l’a vu en avril 2005, quand le gouvernement britannique a refusé de laisser entrer sur son territoire Renaud Camus. Sa présence avait été déclarée « non propice à l’intérêt public ». On pensera ce qu’on veut de l’écrivain, associé pour le grand public au thème du « grand remplacement », mais on pourra difficilement ne pas s’amuser de ce refus quand on sait que le même pays accueille régulièrement, et sans souci, les prêcheurs islamistes les plus fanatiques.

Le régime diversitaire se sait contesté, et se radicalise. Ce n’est plus l’immigration massive qui fait scandale, mais le fait de s’y opposer, et le régime diversitaire, partout, se donne les moyens de mater les rebelles qui le défient, lui et ses dogmes. Le Royaume-uni n’est peut-être que le miroir grossissant de ce qui arrive partout en Europe occidentale où la police se voit assigner une fonction de plus en plus ouvertement politique.



vendredi 29 août 2025

Tabou — Tous les partis politiques (sauf l'AfD) à Cologne s'engagent à ne parler de l'immigration qu'en termes positifs

COLOGNE : accord électoral insolite ! Les partis s'engagent à ne parler que positivement de l'immigration On ne parle pas d'immigration. Et si on en parle, c'est uniquement de manière positive. Du moins, dans le cadre de la campagne électorale municipale actuelle à Cologne. Sept partis y ont signé un accord dit « d'équité ». Ils souhaitent éviter de mener une campagne électorale aux dépens des migrants et de les dénigrer, selon les termes de l'accord. Des observateurs politiques critiquent le fait que les préoccupations de la population, notamment en ce qui concerne la criminalité des étrangers, soient tout simplement ignorées. Selon eux, rendre le sujet tabou ne profite qu'à l'AfD.

De la CDU à Die Linke (ex-communistes) : sept partis politiques de Cologne ont convenu de ne pas rendre les migrants responsables « des évolutions sociales négatives » dans le cadre de la campagne électorale municipale. L'AfD en a été exclue.

Avant les élections municipales du 14 septembre en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, sept partis ont signé un « accord d'équité » pour la campagne électorale. À l'initiative de l'association Kölner Runder Tisch für Integration (Table ronde de Cologne pour l'intégration), la CDU, le SPD, le FDP, les Verts, Die Linke, Die Partei et Volt se sont associés pour s'engager à lutter contre le racisme et l'antisémitisme et à ne pas instrumentaliser le thème de la migration, comme le rapporte RTL.

Les partis s'engagent également en faveur de « la tolérance et d'une coexistence pacifique » et acceptent de « ne pas rendre les migrants et les réfugiés responsables des évolutions sociales négatives telles que le chômage ou la menace pour la sécurité intérieure », selon la déclaration.

L'AfD a été délibérément exclue de l'accord, comme l'explique Wolfgang Uellenberg van Dawen, porte-parole de l'association à l'origine de l'initiative. « Nous n'avons expressément pas envoyé cet accord d'équité à l'AfD, car le programme fondamental de l'AfD va à l'encontre de ce que nous défendons. »

Christer Cremer, porte-parole de l'AfD pour la région de Cologne, conteste l'équité même de l'accord. « Je suis plutôt critique à l'égard de cet accord d'équité, car je pense qu'il vise à étouffer les débats », a déclaré le politicien à RTL. « En période électorale, tout devrait pouvoir être abordé, y compris les questions de migration, mais aussi bien d'autres sujets. C'est à cela que servent les campagnes électorales, et il ne faut pas essayer d'instaurer une sorte de démocratie contrôlée. »


Source : Die Welt

Voir aussi

Douglas Murray sur les gangs musulmans violeurs, Tommy Robinson et ce qui cloche en Grande-Bretagne (aussi incident de la Saint-Sylvestre à Cologne sur le parvis de la gare)

Quand la femme était vénérée... (féministes et incident de la Saint-Sylvestre à Cologne)

Allemagne — Parents inquiets protestent contre l'imposition de la théorie du genre 

Allemagne — Dix ans après, le bilan amer de l’ouverture des frontières par Angela Merkel

 

mercredi 13 août 2025

Anne Coffinier : « La passion égalitariste et la peur de discriminer ont conduit à mettre à mal l’école »

Le taux de réussite au Baccalauréat 2025 est de 91,8 %, une hausse de 0,4 % selon le ministère de l’Éducation nationale. Cependant, divers experts et commentateurs ont déploré un « examen dévalorisé » et « donné à tout le monde ».

Anne Coffinier (ci-contre) est fondatrice de la Fondation Kairos pour l’innovation éducative-Institut de France et présidente de Créer son école. Le rejet de la méritocratie a entraîné une dévalorisation de l’examen passé chaque année par environ 700.000 candidats, explique-t-elle dans un entretien avec l'Epoch Times.


— Quelle est votre analyse sur le baccalauréat d’aujourd’hui ?

Anne Coffinier.Aujourd’hui, le baccalauréat n’a plus sa fonction historique. Le niveau a tellement baissé qu’il ne sélectionne plus les élèves et ainsi ne permet plus d’organiser l’entrée à l’université.

Par ailleurs, l’introduction de 40 % de contrôle continu n’a rien arrangé. Ce dernier a conduit les jeunes à la négociation permanente avec les professeurs pour avoir des bonnes notes tout au long de l’année. Les notes de contrôle continu ont une valeur qui change du tout au tout selon l’établissement scolaire d’origine, ce que savent les recruteurs du supérieur. C’est le caractère national du diplôme qui est ainsi remis en cause.

En réalité, le baccalauréat repose désormais sur un mensonge social : chaque année, élèves et parents expriment leur joie et leur satisfaction lors de la publication des résultats alors que l’examen n’a plus de valeur.

Maintenant, il y a deux solutions face à ce désastre : soit on supprime totalement l’examen – d’autant qu’il coûte 1,5 milliard par an -,soit on le refonde totalement en le revalorisant par le retour de la sélection des élèves et la fin du contrôle continu, en revenant vers un taux de réussite au bac inférieur à 70 %.

Mais cela demande du courage. La revalorisation du bac ne sera pas populaire dans l’opinion.

Pourriez- vous revenir en détails sur l’impact du contrôle continu dans la dévalorisation du bac ?

Il fait perdre de la valeur à cet examen parce que les notes ne peuvent être harmonisées sur l’ensemble du territoire. On sait très bien qu’un 14 / 20 n’a pas la même valeur dans un lycée public de REP+ [en gros les quartiers dits « populaires », c'est-à-dire immigrés] qu’à Louis-le-Grand.

Par conséquent, les universités, lorsqu’elles examinent les candidatures, ne regardent plus les résultats des élèves, mais leur établissement d’origine. C’est-à-dire que quand vous êtes un élève moyen scolarisé dans un lycée prestigieux, vous avez plus de chance d’être admis dans un établissement supérieur qu’un jeune brillant en provenance d’un lycée provincial quelconque sans renommée particulière. Ce qui est grave en termes de justice sociale et de renouvellement des élites.

Je vis cette problématique de manière assez personnelle parce que j’ai passé mon baccalauréat dans un lycée public provincial à Manosque dans les Alpes et si j’ai été admise à Louis-le-Grand, c’est bien parce que les notes valaient encore quelque chose. Autrement, je serais restée invisible et n’aurais pu effectuer mon parcours d’excellence républicain intégralement public : ENS [École normale supérieure] puis ENA.

C’est la raison pour laquelle je me suis battue pour soutenir et financer la création du test de mathématiques avancées TeSciA, en 2022, qui permet d’évaluer objectivement le niveau des élèves de terminale dans cette discipline. C’est un outil méritocratique digne d’intérêt.

Il faut redonner à la méritocratie toute sa place, et cela passe par une sélection assumée.

À partir de quand la méritocratie a-t-elle été mal vue ?

Dès 1985, notamment quand Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’Éducation nationale, avait fixé l’objectif d’amener 80 % des jeunes « au niveau du bac ». Puis, la loi d’orientation sur l’éducation de 1989 portée par Lionel Jospin a enfoncé le clou.

À chaque réforme, ceux qui nous dirigent se demandent ce qui avantage le plus les jeunes bourgeois et ce qui défavorise le plus les jeunes issus de l’immigration. Et à partir de là, au nom d’un égalitarisme pathologique, ils ont supprimé les éléments « discriminants » comme la culture classique ou les règles d’orthographe.

Cette passion égalitariste et cette peur de discriminer ont conduit à mettre à mal l’école, pourtant autrefois voie d’ascension sociale pour les jeunes.

Vous dénoncez depuis plusieurs années la dévalorisation des examens et la baisse du niveau scolaire. Que vous disent les enseignants que vous rencontrez ? Sont-ils réceptifs à votre discours ?

Les enseignants sont réceptifs depuis longtemps. Ils ont conscience de travailler dans des conditions absurdes.

Maintenant, il y a cette idée chez la plupart des professeurs qu’il vaut mieux faire confiance à l’école publique qu’à une autre solution. Ils considèrent que l’État est toujours plus efficace que n’importe quelle autre solution non-étatique. Nous sommes en plein dans l’idéologie. Aujourd’hui, l’école publique est tellement dégradée qu’elle défait la République, dans la plupart du territoire français.

Les enseignants n’osent pas faire remonter leurs observations au ministère de l’Éducation nationale ?

Ils savent que leurs démarches seront vaines et se sont résignés. Ils n’ont plus du tout de capacité d’indignation. Les plus passionnés font de leur mieux localement, discrètement, et ont renoncé à peser sur la justice et l’efficacité d’ensemble.

Pour ma part, je constate qu’il y a une grande souffrance psychologique chez les enseignants parce que leur intelligence leur fait voir cruellement tout ce qui dysfonctionne dans l’Éducation nationale, mais qu’ils sont en même temps pris dans une sorte de collaboration anesthésiante avec ce système inefficient.

Dans la mesure où ils sont en première ligne de ce désastre, je pense qu’ils devraient être davantage écoutés. Les solutions éducatives solides ne peuvent venir que du terrain, c’est-à-dire des salles de classe.

C’est la raison pour laquelle la solution passe, à mon sens, par la subsidiarité. Redonner aux établissements scolaires la capacité d’agir : recruter leurs enseignants, les gérer, avoir la main sur les admissions, les départs, les éventuels redoublements ou programmes de renforcement académique des élèves. C’est essentiel si nous voulons mettre fin à l’expérience quotidienne de l’impuissance.


jeudi 22 mai 2025

L'état de santé de Joe Biden et l'étrange manque de curiosité des médias, si peu diserts à l'époque



Mathieu Bock-Côté revient sur cette occultation et se demande qui gouvernait à la Maison Blanche ? Pas l'État profond, qui n'est qu'une thèse complotiste d'extrême droite...


Maintenant, il faut croire que le cancer de la prostate (et ses métastases) vient de surgir et n'aurait pas non plus été caché...

lundi 12 mai 2025

L'écart salarial entre les minorités ethniques et les Blancs a été surestimé d'environ 10 %, selon étude

En 2016, des chercheurs ont constaté que l'écart salarial entre les minorités et les Blancs était surestimé d'environ 10 % parce que, au travail, les non-Blancs avaient tendance à s'adonner davantage aux loisirs, à l'attente, etc.

Ils ont retardé la publication de l'étude de peur que Trump ne l'utilise comme un élément de propagande.

L'écart salarial entre la minorité et les Blancs a été surestimé d'environ 10 % parce que, au travail, les non-Blancs ont tendance à s'adonner davantage aux loisirs, à l'attente et à la recherche d'un emploi.


Toute étude présentant les hommes noirs et hispaniques comme plus paresseux que les Blancs et les Asiatiques ne manquera pas de susciter la controverse.

Un article provocateur des économistes Daniel Hamermesh, Katie Genadek et Michael Burda s'aventure dans ces eaux troubles. Ils suggèrent que l'écart salarial racial bien documenté aux États-Unis est surestimé de 10
% parce que les minorités, en particulier les hommes, passent une plus grande partie de leur journée de travail à ne pas travailler. Après avoir rejeté un certain nombre d'explications plausibles, les auteurs attribuent finalement l'écart à des « différences culturelles » inexpliquées.

Conscients de la sensibilité de ces résultats, les professeurs ont retardé la publication jusqu'à la fin de l'élection présidentielle (en 2017). «
Je savais pertinemment que Trump et ses sbires s'en serviraient à des fins de propagande », explique M. Hamermesh, un économiste du travail haut en couleur et respecté. Le document pourrait toutefois être utilisé par ceux qui sont désireux d'éradiquer le « politiquement correct » et qui sont toujours mécontents des lois antidiscriminatoires actuelles.

La méthode de l'étude est simple. Les données proviennent de près de 36
000 « agendas quotidiens », c'est-à-dire d'autodéclarations sur la façon dont les Américains passent leurs heures de travail, recueillies entre 2003 et 2012. Partant du principe que les travailleurs sont tout aussi honnêtes lorsqu'ils admettent leur paresse, les auteurs calculent la fraction du temps passé hors travail - à se détendre ou à manger, par exemple - et constatent qu'elle varie en fonction de la race dans une mesure faible mais statistiquement significative. L'écart subsiste, bien que sous une forme plus faible, même après l'ajout de contrôles étendus pour la géographie, l'industrie et le statut syndical, entre autres. Les travailleurs masculins non blancs passent 1,1 % de plus de leur journée à ne pas travailler, soit cinq minutes supplémentaires par jour. En supposant que les contrôles soient adéquats, il resterait 90 % de la différence de salaire entre les travailleurs blancs et les minorités ethniques, estimée récemment à 14 %, qui n'est pas expliquée. Il est concevable que cette différence soit le fruit d'une discrimination ou d'un autre facteur.

Il reste périlleux de trouver la cause de ce curieux écart. Selon Philip Cohen, sociologue à l'université du Maryland, le fait que les cadres traitent moins bien les travailleurs issus des minorités peut en soi encourager le relâchement. Les auteurs affirment que ce point est discutable, car les travailleurs indépendants appartenant à une minorité ont un comportement similaire, mais la différence n'est pas statistiquement significative. Une approche expérimentale récente, dans laquelle des caissières de magasins d'alimentation français ont été affectées au hasard à des supérieurs plus ou moins biaisés, a révélé des absences plus nombreuses et un balayage plus lent lorsqu'elles travaillaient sous les ordres des patrons les plus injustes. L'étude aurait démontré que l'élimination des préjugés des supérieurs augmenterait le temps passé au travail par les minorités d'environ 2,5
%.

Malgré l'inconfort du sujet, les auteurs ont tenté une analyse rigoureuse. Les dénonciations n'ont cependant pas tardé. Quelques heures après la publication, M. Hamermesh a reçu des messages vitrioliques et a été qualifié de raciste dans un forum en ligne populaire parmi les économistes. M.
Hamermesh, un progressiste avoué, qui ne fait référence à Donald Trump que par des surnoms amusants et qui a démissionné d'un poste à l'université du Texas en raison d'une loi de l'État autorisant le port d'armes à feu en public, trouve cela injuste. Il note que les Américains travaillent trop. La solution qu'il préfère ne serait pas que certains groupes travaillent plus, mais que d'autres travaillent moins.

Voir aussi
 
 
 
 
 
 

mercredi 2 avril 2025

Toutes les fictions historiques ne consistent pas à transformer des blancs en noirs... (m à j)

La série à succès de Netflix « Adolescence », qui explorerait l’influence des contenus toxiques et misogynes auxquels sont exposés les jeunes en ligne et suscite des débats de société dans plusieurs pays, va être diffusée dans les écoles secondaires du Royaume-Uni.

« C’est une initiative importante pour encourager le plus grand nombre possible d’élèves à regarder ce programme », a déclaré lundi le Premier ministre britannique Keir Starmer, qui a lui-même vu la série avec son fils et sa fille, tous deux adolescents.

La série Adolescence de Netflix ne se fonde pas sur un seul cas réel, mais le co-créateur Stephen Graham a révélé que le feuilleton avait été inspiré par l’épidémie croissante de crimes au couteau au Royaume-Uni.

« Il y a eu un incident au cours duquel un jeune garçon a [prétendument] poignardé une fille », a déclaré M. Graham à l’émission Tudum de Netflix.

Selon l’Office des statistiques nationales (ONS), 83 % des homicides d’adolescents en 2023-2024 ont été commis à l’aide d’une lame. Au cours de l’année se terminant en mars 2024, environ 50 500 infractions liées à des instruments tranchants ont été enregistrées en Angleterre et au Pays de Galles (à l’exclusion du Grand Manchester), soit une augmentation de 4,4 % par rapport à 2022-23, mais une diminution de 2,8 % par rapport à 2019-20. Les mineurs âgés de 10 à 17 ans étaient responsables d’environ 17,3 % de ces infractions.

La diffusion d’Adolescence fait suite à la condamnation du tueur de Southport, Axel Rudakubana, qui a écopé d’un minimum de 52 ans pour avoir assassiné trois jeunes filles lors d’un atelier de danse sur le thème de Taylor Swift en juillet 2024. Entertainment Weekly a indiqué que le spectacle aurait été conçu et écrit plusieurs mois avant l’attentat, mais le moment choisi semble particulièrement pertinent. Mais il existe des cas antérieurs de coups de couteau mortels très médiatisés, comme le meurtre en 2023 d’Elianne Andam, 15 ans, à Croydon, par un adolescent noir.

Les données indiquent une surreprésentation des individus non blancs dans les infractions liées aux armes blanches, en particulier à Londres. En 2017, environ deux tiers des auteurs de crimes au couteau âgés de moins de 25 ans à Londres étaient issus de minorités ethniques. À l’échelle nationale, cette proportion était de 38 % pour la même tranche d’âge.​ ​En 2011, selon le recensement de l’Angleterre et du Pays de Galles, environ 19 % des individus âgés de 16 à 24 ans appartenaient à des minorités ethniques, les 80,5 % restants s’identifiant comme Blancs.

Dans certaines communautés, le port d’un couteau est associé à une démonstration de virilité ou de force, renforçant ainsi une culture de la violence. La surreprésentation des jeunes hommes noirs dans les statistiques de crimes au couteau a encore été soulignée récemment par la police. Étrangement, ces réalités sont passées sous silence dans la série Netflix.

Les crimes au couteau commis par les jeunes sont majoritairement liés à la culture des gangs, aux foyers brisés et au désespoir socio-économique, et non au mouvement de la « pilule rouge » ou aux chaînes YouTube antiféministes. Il faut se demander si en faisant d’un garçon blanc le méchant, Adolescence ne se livre pas à un « transfert de race » flagrant, réécrivant la réalité pour l’adapter à un discours politique à la mode dans certains cercles qui met en accusation les hommes blancs.

Il y a bien des personnages importants noirs dans Adolescence. Par exemple, celui valorisant d’inspecteur de police Luke Bascombe qui arrête le jeune Jamie Miller, âgé de 13 ans, soupçonné d’avoir poignardé une jeune fille.



Billet du 20 mars

Non, méchantes langues, toutes les fictions historiques modernes ne consistent pas à transformer des blancs en noirs… comme dans le cas d’Anne Boleyn :


Anne Boleyn (vers 1501 – 19 mai 1536) est la deuxième épouse du roi Henri VIII d’Angleterre et reine consort de 1533 à 1536. Elle est la mère de la reine Élisabeth Ire


« Adolescence » est un feuilleton inspiré par le meurtre de l’écolière Elianne Andam aux mains de Hassan Sentamu à Croydon, en 2023. À l’écran, le rôle du meurtrier est bizarrement joué par un jeune blanc.

Les créateurs de la série Netflix « Adolescence » ont déclaré qu’ils souhaitaient qu’elle soit diffusée au Parlement et dans les écoles afin qu’elle « provoque des discussions et des changements »

La série met en lumière l’influence toxique des médias sociaux et des influenceurs misogynes sur les adolescents. 

Martin Daubney, présentateur à GBNews, a répondu :



mercredi 22 janvier 2025

« Des milliers de femmes souffrent du syndrome post-IVG en France », alerte Marie Sentis

Avorter, en particulier sous la contrainte, peut laisser d'importantes blessures psychiques, déplore Marie Sentis, qui recueille les témoignages de femmes en détresse depuis des années.

En ce mois de janvier, on célèbre les cinquante ans de la loi Veil en France. La posture actuelle vis-à-vis de l’avortement, en particulier depuis son inscription dans la Constitution, est d’en faire un totem et un tabou. Pourtant Simone Veil elle-même reconnaissait que cet acte était toujours un drame. Et ce drame laisse des séquelles chez des milliers de femmes. Marie Sentis le constate depuis des années, à travers son association d’écoute, IVG, vous hésitez ? Venez en parler !. Omerta sur la souffrance, avortement sous contraintes ou faute de moyens financiers, syndrome post-IVG : on réalise que l’avortement n’est pas vraiment l’acte libérateur vendu par une partie des féministes.



Entretien paru dans Valeurs actuelles.

​Valeurs actuelles.— Pourquoi avoir choisi de consacrer un ouvrage à la question du post-avortement ?

Marie Sentis.— Depuis 2008, nous recevons beaucoup d’appels et de messages de femmes avant ou après une IVG. Elles sont des milliers à nous confier une détresse et un mal-être survenus après un avortement. Or, personne ne parle de ce problème en France, surtout dans les milieux hospitaliers et médicaux. Cette souffrance a un nom : le syndrome post-IVG, qui recouvre beaucoup de symptômes très différents, qui se déclarent plus ou moins rapidement. Chez certaines femmes, la souffrance est immédiate, chez d’autres, elle se révèle au bout de cinq, dix, voire vingt ans. Ce qui est certain, c’est que même lorsque la femme dit ne pas regretter son avortement, sa déclaration est généralement toujours suivie de cette phrase terrible : « Je n’avais pas le choix… » Qui plus est, je remarque qu’aucune femme n’oublie son avortement. Certaines disent d’ailleurs : « J’ai eu deux enfants mais j’en ai perdu/avorté un. »

L’acte est vraiment inscrit dans la mémoire de son corps et de son esprit. J’ai la conviction que ces femmes doivent s’exprimer. Qu’elles puissent dire leur douleur, expliquer les circonstances, les raisons de leur avortement. Car cela constitue, pour elles, un chemin d’apaisement. Pour certaines, cela leur fait aussi du bien de pouvoir se dire que leur témoignage douloureux pourra dissuader une femme qui se pose la question de l’IVG.

—  Quel est ce “syndrome post-avortement” exactement ?

— Tabou en France, ce syndrome regroupe un ensemble de symptômes qui surgissent après un avortement, soit juste après, soit parfois au bout de quelques mois ou même quelques années. Le premier de ces symptômes, le plus fréquent, est des troubles du sommeil : insomnies, réveils la nuit, difficultés à se rendormir… Beaucoup ont recours à une consommation de somnifères et d’anxiolytiques. Une partie des femmes développe aussi des angoisses, parfois sur des choses anodines, qu’elles n’avaient pas auparavant. Dans certains cas plus importants, elles font même des crises de pleurs le matin ou plus encore le soir. Les appels de détresse que nous recevons après un avortement sont passés entre 20 heures et minuit. D’autres n’arrivent plus à aller travailler le matin. Elles ont des blocages qu’elles n’expliquent pas. Une sorte de dégoût de la vie, qu’elles finissent à un moment par relier à leur avortement. Dans certains cas, dont personne ne parle, il y a des tentatives de suicide. Il est très net que ces femmes-là vivent dans un climat de mort.

Dans un autre registre, une bonne partie de ces femmes qui souffrent de leur avortement deviennent agressives et souffrent de voir des femmes enceintes qui leur rappellent leur début de grossesse et leur avortement. Je suis frappée de voir qu’avant l’avortement, ce fœtus est une « chose, un amas de cellules », voire d’autres termes plus dépréciatifs. Et systématiquement, après l’avortement, le fœtus acquiert un statut de personne. Elles ne parlent plus de l’embryon ou du fœtus, mais de leur bébé… Les femmes posent ces deux mêmes questions : « C’était qui ? », « Il aurait été comment ?». Cette souffrance est encore plus grande pour celles ayant déjà des enfants. Parce qu’elles savent ce qu’est un enfant et de le porter. Et elles peuvent souffrir de l’image de la chaise vide : fêter l’anniversaire de l’un des enfants et se dire que sur une des chaises vides autour de la table, il aurait dû y avoir quelqu’un… L’avortement, quelque part, c’est parfois la raison qui a gagné contre l’amour, car il y a plein de raisons qui y poussent. Mais par contre, il reste les émotions, le cœur et le psychisme en peine…

— Comment expliquer que certaines femmes avortent plusieurs fois si une telle douleur est présente ?

—Tout d’abord, très souvent, les situations n’ont pas changé : ces femmes sont blessées dans l’amour que ce soit par rapport au conjoint, à la maman ou à leur famille. Elles recommencent car la situation se renouvelle. Le conjoint ne va pas vouloir assumer et faire pression ou se dérober en désertant, les familles vont faire bloc contre la grossesse. Ensuite, il y a l’engrenage : pour des femmes qui ont avorté trois ou quatre fois, il est très dur de garder le quatrième ou le cinquième. Parce qu’elles repensent à l’avortement et elles se disent, même si la situation est plus stable ou que le conjoint a changé, « il n’y a pas de raison que je garde celui-là plus que ceux que j’ai supprimés ». Elles se sentent mal et disent qu’elles « n’ont pas ce droit ». Une grossesse après un ou plusieurs avortements n’est jamais facile…

— Qu’est-ce qui vous marque le plus dans tous les témoignages que vous recevez ?

— Ce qui est terrible, c’est le nombre de femmes qui actuellement aimeraient garder leur bébé mais n’ont aucun soutien autour d’elles pour le faire. Or, notre service d’écoute est de plus en plus attaqué et dénigré. Une des écoutantes de l’équipe se désolait et me disait : « Marie, c’est terrible, toutes ces femmes qui aimeraient être soutenues pour garder leur bébé, comment vont-elles nous trouver ? » Ce qui me frappe aussi, et qui m’inquiète, c’est que nous avons des appels de femmes qui ont pris le premier comprimé pour l’IVG médicamenteuse, qui rentrent chez elles et qui se disent : « Qu’est-ce que j’ai fait ! » et qui veulent désespérément faire demi-tour.

Une grande partie agit par panique, poussée par leur conjoint et avale le comprimé sans avoir eu le temps de réfléchir.

C’est un phénomène en pleine expansion. Car désormais, on peut avorter en une journée et bien trop de sages-femmes et de médecins ne prennent pas le temps de discuter avec les femmes pour comprendre les raisons de leur démarche. Ils leur font juste avaler le comprimé et les renvoient chez elles. Une grande partie agit par panique, poussée par leur conjoint et avale le comprimé sans avoir eu le temps de réfléchir. Or, au lieu d’être soutenues, écoutées, je constate que bien souvent, on les enfonce. Nous recevons nombre de témoignages dans lesquelles des femmes nous disent : « Ma sage-femme/mon médecin m’a dit qu’il n’y avait pas d’autre solution que d’avorter. »

— Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de générer une culpabilité, une douleur chez les femmes ayant avorté ?

— On est souvent attaqué sur ce sujet. Les femmes qui sont décidées à avorter ne nous contactent pas. Par contre, nous sommes contactées par toutes celles qui hésitent, sont en détresse, sous pression et abandonnées. Pourtant, c’est quand nous avons fini par être au top dans les moteurs de recherche pour le mot-clé IVG que nous nous sommes retrouvés malgré nous dans le viseur des féministes et des politiques. À la fin du quinquennat Hollande, une campagne de presse inouïe a provoqué une loi sur le « délit d’entrave numérique à l’IVG ». La ministre de la Santé de l’époque, Marisol Touraine, m’a dit en face que cette loi sur le délit d’entrave avait été établie surtout contre nous… C’est terrible, car nous sommes là pour écouter ces femmes, accueillir leurs douleurs ou leurs interrogations. On est loin du délit d’entrave ! Elles se culpabilisent elles-mêmes et c’est pour cela qu’elles nous appellent… Nous les aidons comme nous pouvons. On leur propose d’aller lire des témoignages sur notre site, qui sont tous évidemment véridiques.

On nous accuse de mensonges, mais étonnamment, aucun journaliste n’a souhaité pousser une investigation sur ces témoignages ! L’une des grandes satisfactions de notre engagement réside dans les retours que nous recevons après avoir soutenu des femmes en quête d’aide. Il s’agit souvent de femmes qui, bien que tentées par l’IVG ont renoncé et “gardé le bébé”. Leur gratitude, exprimée à travers des messages de remerciement, est précieuse. Elles nous confient leur soulagement de nous avoir trouvé et nous partagent leur joie lors de la naissance de leur enfant. Les voir heureuses et épanouies nous rappelle l’importance de notre action et nous conforte dans l’idée que notre soutien est utile. Dans une partie de notre société, la maternité est parfois perçue comme un obstacle à la liberté et à l’épanouissement personnel. Cette vision contribue à une pression sociétale qui pousse de nombreuses femmes vers l’avortement. Nous, au contraire, proposons une perspective différente, en valorisant le choix de la maternité et en offrant une vision d’espérance.

—  On entend qu’il faut protéger l’avortement, car il reste encore entravé en France ; qu’en pensez-vous ?

— Maintenant, sur Doctolib, on peut programmer un avortement sans aucune difficulté. Les sages-femmes peuvent pratiquer les avortements. On peut désormais avorter très vite, en particulier pour les avortements médicamenteux. Peu de temps est laissé à la réflexion. Donc on est loin de l’entrave… Pour l’avortement entre quatorze et seize semaines, il y a peut-être un peu plus de difficultés, car de moins en moins de médecins ont envie de le pratiquer. Mais d’autres n’hésitent même pas à dépasser les délais légaux…

On se réfère à la loi Veil comme à un totem mais elle est désuète: on l’a dépassée depuis longtemps.

— Avorter, est-ce un choix libre ?

— Beaucoup de femmes qui y ont recours se trouvent dans une situation désespérée. Psychologiquement et/ou matériellement. Elles avortent souvent parce qu’elles sont abandonnées, seules et que personne ne les soutient dans cette aventure d’une future maternité. Ou pire, elles sont contraintes d’avorter par leurs conjoints ou leur famille qui les menacent de les quitter. Certains usent de violence physique ou psychologique pour qu’elles se “débarrassent” de leur grossesse : chantage, coups, menaces… ces femmes sont dans une telle désespérance qu’elles n’osent pas s’éloigner de ces proches maltraitants. On se demande d’ailleurs où sont nos féministes habituelles. Quand ces femmes nous appellent, nous leur conseillons de se réfugier dans des maisons d’accueil. Et nous recevons ensuite des messages : « Comme cela m’a fait du bien, j’ai pu écouter mon cœur ! ». Elles nous disent que nous avons été les seuls à leur dire qu’elles pouvaient “garder le bébé”. Hélas, trop n’ont pas eu cette possibilité de soutien et finissent justement par recourir à l’avortement. Ce sont ces femmes-là qui risquent d’avoir ce syndrome post-avortement. Clairement la liberté n’est pas entière.

—  Cinquante ans après, quel regard portez-vous sur la loi Veil ? Que préconisez-vous ?

— On se réfère à la loi Veil comme à un totem, mais elle est complètement obsolète : on l’a dépassée depuis longtemps.

​Rappelons-nous qu’elle disait que l’avortement était toujours un drame, une exception, que ce n’était pas un droit, etc. Et qu’il fallait tout faire pour le dissuader. On en est loin maintenant. La grossesse n’est désormais acceptée et acceptable que si l’enfant est désiré. Je préconise au moins ce qui se fait en Italie. Dans chaque hôpital a été instaurée une petite cellule d’écoute pour les femmes. Elle doit leur dire qu’il y a des possibilités pour qu’elles puissent garder leur bébé. Il faudrait en France beaucoup de lieux d’écoute et de conseils avec des psychologues formés au syndrome post-IVG.

Après l’IVG, des femmes témoignent,
de Marie Philippe,
aux éditions Artège,
208 pages
ISBN-13: 979-1033603740