Affichage des articles dont le libellé est islamisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est islamisme. Afficher tous les articles

lundi 27 juillet 2026

À Ber­lin, défilé LGBTQ ciblé par un atten­tat isla­miste

Une femme a été tuée et seize autres per­sonnes ont été bles­sées lors d’une attaque à la voi­ture-bélier diri­gée contre la Marche des fier­tés, samedi soir, à Ber­lin. Le ter­ro­riste, connu de la police pour son appar­te­nance aux milieux isla­mistes, est en fuite. La police alle­mande a publié un avis de recherche dimanche matin. Ce sus­pect d’ori­gine liba­naise, âgé de 21 ans, s’appelle Abdul Ballout. Les ser­vices d’enquête ont publié sa photo. Il s’agit d’un homme d’envi­ron 1,90 m qui, selon les auto­ri­tés, pour­rait être armé et dan­ge­reux. Au moment de l’atten­tat, selon les témoi­gnages recueillis sur place, il était vêtu d’un sweat à capuche noir et d’un pan­ta­lon blanc.

Selon l’agence de presse DPA, Abdul Ballout avait été libéré d’un centre de déten­tion pour mineurs en mai der­nier. Le jour­nal Bild pré­cise qu’il est connu des ser­vices de police, notam­ment pour coups et bles­sures graves et extor­sion avec vio­lence. Tou­jours selon Bild, Abdul B. serait un par­ti­san de l’état isla­mique. Il aurait tenté de rejoindre le groupe dji­ha­diste en 2025, avant d’être arrêté au Liban puis ren­voyé en Alle­magne, où il fut condamné en 2026 dans un autre dos­sier. Les diri­geants français et ita­liens, ainsi que la pré­si­dente de la Com­mis­sion euro­péenne, ont exprimé dimanche leur soli­da­rité aux vic­times.

Femme cheveux roses accuse les « hommes blancs » après l'attentat perpétré par un terroriste islamiste à Berlin : « Vous n’allez pas faire porter le chapeau à la communauté musulmane comme s’ils étaient les violents, alors que c’est en fait vous (hommes blancs). »

Samedi soir, il était aux alen­tours de 22 heures quand la camion­nette blanche a per­cuté un groupe de par­ti­ci­pants à cette 48e Marche des fier­tés. Les pom­piers ont d'abord dénom­bré 11 bles­sés graves, dont trois se trou­vaient dimanche entre la vie et la mort. Trente témoins des évé­ne­ments, sous le choc, ont été pris en charge sur place. Les témoins inter­viewés par la presse alle­mande racontent la vio­lence de l’attaque et les cris d’hor­reur, à quelques mètres d’eux.

La four­gon­nette-bélier a fini sa course contre un arbre du Tier­gar­ten, le grand parc du centre de Ber­lin situé à proxi­mité de la porte de Bran­de­bourg, où se dérou­lait la fête réunis­sant des cen­taines de mil­liers de per­sonnes. L’homme s’est extrait de l’habi­tacle encom­bré par les coussins gonflables et aurait menacé les gens avec un cou­teau avant de prendre la fuite. Son domi­cile, dans le quar­tier de Schöneberg, a été per­qui­si­tionné, sans résul­tat. La chasse à l’homme mobi­lise plu­sieurs cen­taines d’agents. Des héli­co­ptères équi­pés de pro­jec­teurs ont sur­volé dans la nuit de samedi à dimanche la capi­tale alle­mande.

Dimanche soir, la police a annoncé avoir tué le suspect Abdul Ballout.  Plus tôt dimanche matin, le ministre de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, avait revu à la hausse le bilan des blessés à 29, affirmant que tout ce que nous voyons ici indique que nous avons affaire à un attentat terroriste islamiste.

Lors d’un hommage aux victimes de l’attentat terroriste islamiste de Berlin, une militante LGBTQ+ métissée a déclaré qu’elle espérait que l’auteur soit « une personne blanche chrétienne ».

Ce drame a sus­cité beau­coup de réac­tions indi­gnées de la part de la classe poli­tique alle­mande. Il a été qua­li­fié d’abo­mi­nable par le chan­ce­lier, Frie­drich Merz. Le ministre de l’inté­rieur, Alexan­der Dobrindt, a réagi dans un com­mu­ni­qué : « Cette attaque lâche et odieuse contre des per­sonnes qui fai­saient la fête paci­fi­que­ment (me) bou­le­verse pro­fon­dé­ment. »

Enfin le maire conser­va­teur (CDU) de Ber­lin, Kai Wegner, a dénoncé sur le réseau social X «une attaque contre notre société libre et ouverte sur le monde ». « Le ras­sem­ble­ment pour un Ber­lin tolé­rant et paci­fique a été pris pour cible de la manière la plus bru­tale qui soit. Ber­lin est la ville de la liberté - et notre liberté a été atta­quée aujourd’hui de la façon la plus ter­rible. » La ville, dont beau­coup de bâti­ments sont parés du dra­peau arc-en-ciel, défend avec vigueur les droits trans et homo­sexuels. 

Des homo­sexuels et trans­genres du monde entier viennent se réfu­gier dans ce qui était jusqu’à pré­sent un sanc­tuaire, mais leurs droits et liber­tés sont régu­liè­re­ment, ces der­niers temps, atta­qués. Des lieux de la com­mu­nauté LGBT sont régu­liè­re­ment pris pour cible. C’est le cas de Das Hoven, un café-res­tau­rant ins­tallé en plein coeur du quar­tier d’immi­gra­tion de Neukölln. Son patron Dan­jel Zarte avait détaillé, lorsque nous l’avions ren­con­tré à l’été 2025, les attaques subies : « Un extinc­teur balancé dans les vitres, des coups don­nés aux ser­veuses, des menaces de mort par mail, les pneus cre­vés de ma voi­ture…» En six mois, il avait déposé 45 plaintes au com­mis­sa­riat.

« Au début, les poli­ciers ne nous pre­naient pas trop au sérieux. Main­te­nant, leurs voi­tures passent par ici lors de leurs rondes. » Faute de preuves ou de fla­grance, la plu­part des plaintes sont clas­sées. Les sus­pects habi­tuels, de l’extrême droite à la mou­vance isla­miste, sont à l’oeuvre, selon les asso­cia­tions mili­tantes, dans un retour de balan­cier de l’his­toire.

La cam­pagne alle­mande est aussi concer­née. Par­fois orga­ni­sées dans des vil­lages recu­lés, des mani­fes­ta­tions en faveur des droits des mino­ri­tés sexuelles sont régu­liè­re­ment prises pour cible. « 55 parades pour le Chris­to­pher Street Day (en mémoire du pre­mier sou­lè­ve­ment à New York contre les agres­sions poli­cières subies par les homo­sexuels, NDLR) ont été atta­quées en 2024 dans toute l’Alle­magne », recen­sait Lorenz Blu­men­tha­ler, de la Fon­da­tion Ama­deu Anto­nio qui lutte contre les dis­cri­mi­na­tions. « Cela allait des cra­chats à la cas­se­role d’eau bouillante jetée sur la mani­fes­ta­tion. » 

jeudi 9 juillet 2026

Maire français au sujet d' une école catholique : « Je l'aurais fermée deux fois plus » [qu'une école musulmane]

En assistant à une réunion publique au Grand Orient de France, consacrée à l'éducation, Anne Coffinier a pu constater la vigueur de l'anticléricalisme qui y persiste.

Le maire de Raismes (dans le département du Nord) y expliquait, non sans fierté, avoir fait fermer une école musulmane qu'il jugeait islamiste. Lorsqu'une personne de l'assemblée lui a demandé ce qu'il aurait fait s'il s'était agi d'une école catholique, sa réponse a fusé : « Je l'aurais fermée deux fois plus. » Et toute la salle applaudit.

Une scène édifiante, qui en dit long sur le rapport très inégal de certaines institutions à la religion : autant (voire plus) de zèle à traquer l'influence catholique qu'à combattre un certain islamisme.


dimanche 29 mars 2026

Le nombre d’écoles islamiques au Canada augmente rapidement

« Nous serions tous prêts à nous battre et à mourir pour le Canada », déclare Abraham Abougouche tandis que la neige s’abat sur la fenêtre de son bureau. Le « nous » dont parle M. Abougouche désigne le personnel et les élèves de l’Edmonton Islamic Academy (EIA), la plus grande école de ce type sur le continent américain. Il en est le directeur. Son bureau arbore les symboles d’une double identité : des gants de boxe ornés du drapeau palestinien sont accrochés en face d’une vitrine remplie de souvenirs de hockey sur glace. Cet équilibre est délicat. « L’assimilation », dit-il, peut être « dangereuse si elle se fait aveuglément… Vous allez perdre votre identité personnelle, votre lien avec vos ancêtres. »

L'entrée de la Edmonton Islamic Academy

De nombreux parents musulmans à travers le Canada partagent son inquiétude. Ils craignent que le système scolaire public du pays — qui sépare généralement la religion de l’éducation, tout en autorisant les écoles religieuses à fonctionner de manière privée — n’éloigne leurs enfants des valeurs islamiques ou ne les expose à l’islamophobie. La plupart des élèves musulmans fréquentent le système public, mais les données de l’Association des écoles islamiques du Canada montrent une augmentation des inscriptions dans les écoles islamiques privées. Il y a de longues listes d’attente pour les écoles existantes et de nouvelles s’ouvrent rapidement.

L’EIA est une source d’inspiration pour bon nombre de ces nouvelles écoles. Fondée en 1987, elle compte aujourd’hui 1 400 élèves. Son grand hall central a été conçu pour servir également de mosquée. Elle construit actuellement une extension de 80 millions de dollars canadiens (60 millions de dollars américains) pour accueillir sa liste d’attente, qui dépasse les 1 500 noms. Elle devra faire face à une certaine concurrence, car le Centre Omar Ibn Al Khattab, une mosquée située au sud de la ville, construit également une école islamique sur une terrain de plus de 16 hectares.

Les inquiétudes liées à une éventuelle islamophobie jouent un rôle dans cette expansion. Mohamed Abdallah, qui préside le conseil d’administration de la N.L. Islamic School, un réseau d’enseignement à domicile à St Johns, la capitale de la province de Terre-Neuve-et-Labrador, rapporte qu’un enseignant d’une école publique locale a dit à des enfants musulmans « de retourner dans leur pays ». Il prévoit d’ouvrir bientôt une école physique dans la région et espère que cela aidera à persuader les parents musulmans de rester dans la province.

Fuite du public

Les systèmes scolaires publics réagissent à ces critiques. Les conseils scolaires de l’Ontario, du Manitoba et de la Colombie-Britannique ont adopté des politiques contre l’islamophobie. Certains vont plus loin. Le Waterloo Region District School Board, en Ontario, aurait fait la promotion d’un « magasin de vêtements islamiques », vendant des articles arborant des slogans tels que « One Ummah, One Love » (l'Oummah signifie « nation » ou « communauté » en arabe).


Les écoles privées canadiennes doivent suivre le programme scolaire établi par leur province [Ce n'est pas rigoureusement exact, voir encadré ci-dessous]. Cela vise à maintenir le niveau en mathématiques, en sciences et en sciences sociales. M. Abougouche explique que les écoles islamiques doivent faire preuve d’« un peu de créativité » pour intégrer des cours sur l’islam. À l’école primaire Tarbiyah, près de Toronto, l’étude du cycle de l’eau en cours de sciences est ponctuée de discussions sur l’eau en tant que bénédiction d’Allah. Les cours de mathématiques dans la plupart des écoles islamiques mettent en avant l’influence des mathématiciens musulmans. À l’école Albushra d’Ottawa, les cours de sciences sociales promettent de « mettre en valeur la riche mosaïque de la civilisation islamique » à travers « la littérature, la poésie et la narration ». M. Abougouche explique que les cours de sciences sociales cherchent à comparer le sort des Autochtones canadiens à l’expérience des musulmans d’aujourd’hui.

De nombreuses écoles islamiques prolongent la journée scolaire afin que les élèves puissent apprendre à réciter le Coran. Souvent, ces séances ne sont pas facultatives. À l’École Ibn Batouta, également à Ottawa, les élèves doivent s’efforcer de mémoriser au moins un sourate (chapitre) du Coran par an, et sont encouragés à en apprendre davantage.

Ahmed (nom d’emprunt), un Ghanéen de 17 ans scolarisé à l’école ICE Islamia de Toronto, arbore fièrement une large djellaba marocaine. « J’aime être perçu comme musulman » dit-il. Fréquenter l’Islamia lui permet de conserver un cercle d’amis restreint ; il a constaté que les adolescents non musulmans sont souvent déconcertés par sa foi et le font se sentir exclu. Ses camarades de classe se lancent des défis pour lire l’intégralité du Coran pendant le ramadan. Les éducateurs publics et les sociologues craignent que le fait de céder à cette préférence pour des groupes d’amis exclusivement musulmans ne nuise à la cohésion sociale.

Tous les élèves ne sont pas comme Ahmed, note Ali Khan, son directeur. Il s’occupe d’enfants qui sont « obligés » d’être à l’école par leurs parents. « Nous essayons d’en tirer le meilleur parti », dit-il. Il en persuade certains des avantages de l’éducation islamique ; d’autres retournent vers le système public.

Les parents n’obtiennent pas tout ce qu’ils veulent. À Edmonton, M. Abougouche note qu’il s’est opposé à la demande de classes séparées par sexe. Certaines écoles laissent les parents décider si leurs filles portent le hijab. D’autres imposent cette tenue. Une école de Winnipeg exige que les filles portent le hijab dès l’âge de dix ans. L’éducation à la sexualité et au genre est un autre sujet de friction.

Certains programmes scolaires imposent désormais aux établissements d’enseigner aux élèves ce que sont les personnes homosexuelles et transgenres. De nombreuses écoles musulmanes ignorent cette directive.

La ségrégation n’est pas absolue. M. Abougouche affirme que les liens tissés avec des écoles non musulmanes permettent aux élèves de côtoyer des enfants différents d’eux. « Nous créons une bulle destinée à les protéger », explique-t-il. « Mais nous reconnaissons également que si on ne leur permet pas de sortir de cette bulle, c’est tout aussi dangereux. » Le déjeuner est composé de poutine, un plat canadien [québécois en réalité] classique. Les élèves se rendent en file indienne à la mosquée pour prier, les garçons séparés des filles. M. Abougouche souhaite qu’ils profitent de tout : la prière et la poutine.

Source : The Economist 


La liberté pédagogique des écoles privées au Canada : une mosaïque provinciale

Au Canada, l’éducation relève exclusivement des provinces, ce qui crée une grande diversité dans la régulation des écoles privées (subventionnées ou non). Contrairement à une idée répandue, toutes les écoles privées ne sont pas tenues de suivre strictement le programme provincial. La liberté pédagogique — c’est-à-dire la capacité de choisir les contenus, méthodes et approches (y compris confessionnelles) — varie énormément selon la province, le statut de financement et le type d’établissement. Les écoles juives, huttérites ou mennonites illustrent bien ces différences.

Québec : le moins de liberté pédagogique

Le Québec est la province où les écoles privées disposent de la plus faible marge de manœuvre. Toutes les écoles privées, qu’elles soient subventionnées ou entièrement financées par les parents, doivent détenir un permis et offrir le Programme de formation de l’école québécoise (PFEQ) dans son intégralité. Les enseignants sont généralement certifiés par la province, et les écoles participent souvent aux évaluations provinciales. Même les établissements religieux (juifs, catholiques ou autres) ne peuvent déroger au cadre laïque : les cours comme l’ancien Éthique et culture religieuse (aujourd’hui Culture et citoyenneté québécoise) devaient être enseignés de manière « neutre » partout y compris dans des écoles catholiques privées comme Loyola qui s'est opposée à cette contrainte et a gagné en Cour Suprême. Les éléments confessionnels ne sont autorisés qu’en supplément, jamais en remplacement. [Québec : la guerre contre l'école privée est une guerre injuste,  Loi 9 sur la laïcité (lutte à l'entrisme islamiste à l'école publique) : école privée protestante menacée de fermeture]

Résultat : très peu de liberté pédagogique, même pour les écoles non subventionnées.

Provinces de l’Ouest : flexibilité variable selon le financement

En Alberta, Saskatchewan et Manitoba, les écoles privées financées (ou accréditées) doivent généralement suivre le curriculum provincial et employer des enseignants certifiés.

En revanche, les écoles indépendantes non financées bénéficient d’une plus grande autonomie sur les contenus et méthodes. Les communautés huttérites et mennonites profitent souvent d’un statut hybride : leurs écoles sur colonie sont généralement gérées par les divisions scolaires publiques (donc financées), mais adaptées culturellement. Les enseignants provinciaux certifiés dispensent le curriculum de base, avec des exemptions limitées et des cours de religion ou d’allemand hors horaire scolaire.

Les écoles mennonites privées suivent un modèle similaire, avec plus ou moins de liberté selon qu’elles demandent ou non du financement.

En Colombie-Britannique, les écoles indépendantes sont classées en groupes : les plus financées doivent respecter le curriculum provincial, tandis que les écoles non financées ont une plus grande latitude.

Ontario : une des plus grandes libertés

L’Ontario offre l’un des cadres les plus souples. Les écoles privées élémentaires (et les secondaires non inspectées) ne sont pas obligées de suivre le curriculum provincial. Elles doivent simplement enseigner des matières générales et respecter les lois sur la fréquentation scolaire.

Seules les écoles secondaires inspectées qui délivrent des crédits officiels doivent s’aligner sur le programme.

Cela profite particulièrement aux écoles juives, chrétiennes ou autres confessionnelles non financées, qui peuvent intégrer librement leurs valeurs et approches pédagogiques.

Les provinces maritimes et le reste du pays

Dans les provinces de l’Est (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, etc.), les écoles privées reçoivent rarement du financement public et jouissent donc d’une grande autonomie pédagogique, à condition de respecter les exigences minimales de fréquentation et de sécurité.

En résumé

La liberté pédagogique des écoles privées au Canada n’est pas uniforme : elle est maximale dans les écoles non financées en Ontario et dans certaines provinces de l’Ouest, et minimale au Québec, où même les établissements indépendants doivent s’aligner strictement sur le PFEQ et le cadre laïque. Les communautés religieuses tirent parti de ces variations provinciales pour maintenir leur identité éducative.

jeudi 5 février 2026

Loi 9 sur la laïcité (lutte à l'entrisme islamiste à l'école publique) : école privée protestante menacée de fermeture

Le projet de loi 9 sur la laïcité dans le milieu scolaire, déposé par le gouvernement Legault, trouve directement son origine dans une série de controverses survenues au cours des dernières années dans certaines écoles publiques, où des cas d’entrisme islamiste ont été dénoncés par des enseignants, des parents et des organismes citoyens. Des établissements primaires publiques de Montréal — notamment Bedford, Saint-Pascal-Baylon (Côte-des-Neiges) et Bienville (Saint-Michel) — ainsi que l’école secondaire La Voie, à Côte-des-Neiges, ont fait l’objet de plaintes, d’enquêtes administratives ou de signalements concernant l'entrisme islamique, à savoir des pressions religieuses, la contestation de contenus pédagogiques (égalité hommes-femmes, sexualité, sciences) et des atteintes au principe de neutralité religieuse de l’État.

Selon le gouvernement, ces dérives observées dans le réseau public, associées à des courants islamistes militants, justifient un resserrement du cadre légal afin de réaffirmer le caractère strictement laïque de l’école québécoise.

Une école privée protestante de Québec, L’École L’Eau‑Vive, pourrait devoir fermer ses portes si le projet de loi 9, qui renforce les exigences de la laïcité dans le système éducatif québécois, la prive de ses subventions provinciales. Établie depuis 25 ans sur l’avenue Chauveau, l’école accueille environ 580 élèves et est, selon sa direction, la seule de la grande région de Québec dans une situation aussi précaire. La direction a présenté un mémoire de 70 pages à l’Assemblée nationale pour tenter de convaincre les législateurs de l’exclure des nouvelles règles.

Le projet de loi, défendu par le gouvernement, conditionne désormais le financement public à l’absence de toute pratique ou enseignement religieux pendant les heures de cours et interdit la sélection d’élèves ou d’enseignants selon leur foi. Les écoles visées auraient trois ans pour se conformer à ces nouvelles exigences. L’École L’Eau‑Vive affirme déjà ne pas offrir d’enseignement religieux pendant les matières obligatoires et ne pas faire de sélection selon la religion de ses élèves, mais elle consacre une petite portion de son horaire à un enseignement chrétien évangélique facultatif.

Actuellement, la subvention provinciale couvre près de la moitié des frais de scolarité. Si elle était supprimée, la direction estime que les coûts pour les familles — aujourd’hui d’environ 3 800 $ par élève — pourraient tripler, rendant l’école économiquement intenable et excluant de facto la majorité des parents. L’école soutient que sa mission éducative et sa cohérence avec les valeurs familiales et québécoises légitimes justifient sa survie.

Dans son mémoire, l’établissement souligne qu’il respecte déjà le régime pédagogique et qu’aucune plainte ni dérive n’a été signalée. Il déplore que le projet de loi risque d’exclure des écoles confessionnelles qui respectent les règles, faute de distinction claire entre pratiques religieuses coercitives et activités spirituelles facultatives.

Comme souvent dans ces débats sur la laïcité au Québec, ce sont une fois de plus les établissements chrétiens qui écopent en premier : écoles privées protestantes comme L’Eau-Vive aujourd’hui, ou auparavant l’école catholique anglophone Loyola à Montréal, lourdement affectée par les réformes liées au programme Éthique et culture religieuse (ECR) imposé par l’État. Cette approche semble frapper plus durement les communautés chrétiennes historiques, bien intégrées et peu prosélytes dans le cadre scolaire, alors qu’elle change peu de chose à la dynamique plus large d’islamisation perçue de la société québécoise. Celle-ci relève avant tout d’une réalité migratoire et démographique : l’immigration massive combinée au faible taux de natalité chez les Québécois de souche (parents nés au Québec) modifie progressivement le paysage culturel et religieux, indépendamment des règles appliquées aux écoles privées confessionnelles chrétiennes.

jeudi 27 novembre 2025

Menaces contre l'IFOP et son commanditaire pour l'étude sur les musulmans de France

« Avec cette étude sur les musulmans de France, nous sommes attaqués, car nous avons touché à un sujet tabou dans l’intelligentsia de gauche », analyse François Kraus de l’IFOP Opinion dans « Le Club Le Figaro Idées ».


Une étude de l’IFOP publiée le 18 novembre 2025, examinant les pratiques religieuses et les attitudes des musulmans en France, a révélé une augmentation significative des pratiques religieuses, avec 62 % des musulmans déclarant prier quotidiennement, contre 41 % en 1989, et 31 % des femmes musulmanes portant le voile. 

Ces résultats, interprétés comme indiquant un rigorisme croissant, notamment chez les jeunes, ont suscité des réactions virulentes de la part de l’extrême gauche. Pour François Kraus, directeur du pôle politique et actualités de l’IFOP, l’étude touche à un sujet tabou dans certains milieux intellectuels, notamment à l’extrême gauche, contrairement aux sondages sur d’autres religions qui passent inaperçus. 



Kraus a mentionné des menaces directes contre lui-même, le commanditaire de l’étude et même le directeur de l’IFOP, Frédéric Dabi. Ces menaces, incluant des plaintes déposées contre X, illustrent un climat d’intimidation qui entoure l’étude. La controverse s’est intensifiée avec des actions concrètes de la part de députés du parti extrémiste La France Insoumise (LFI), qui ont déposé des plaintes contre l’étude, la qualifiant de biaisée et potentiellement islamophobe

Des associations musulmanes, comme le conseil départemental du culte musulman de plusieurs régions, ont également contesté la méthodologie, arguant que l’enquête pourrait contribuer à produire de la peur. 

Les menaces contre les acteurs de l’étude soulignent un climat d’intimidation qui risque d’entraver les discussions nécessaires sur la place de l’islam en France, tout en révélant les fractures profondes de la société française autour de la laïcité, de l’intégration et de la sécurité.

Émission en entier :



On notera que François Kraus, qui semble un progressiste de bon ton, explique que le 7 % de musulmans en France exclut toutes les personnes âgées de moins de 15 ans.  Il se félicite de ce bas chiffre qui infirmerait la théorie du grand remplacement. Or, le nombre d’enfants nés de parents musulmans est proportionnellement plus important que ceux nés de parents d’autres religions et ce remplacement se fait en grande partie par les jeunes… Un tiers des naissances en France seraient extraeuropéennes. L’INSEE affirmait pour 2019-2020 : « Si le catholicisme reste la première religion (29 % de la population se déclare catholique), l’islam est déclaré par un nombre croissant de fidèles (10 %) et confirme sa place de deuxième religion de France. »

Voir aussi

France — 59 % des jeunes musulmans souhaitent l’application de la charia, selon un sondage 

>Enquête Kantar (2023) : Parmi les 18-30 ans en France, 12 % se déclarent musulmans

, contre 22 % chrétiens (dont 18 % catholiques) et une majorité sans religion.

mardi 18 novembre 2025

France — 59 % des jeunes musulmans souhaitent l'application de la charia, selon un sondage

Contexte : en France, 30 % des musulmans auraient entre 15 et 24 ans alors que 3 % auraient plus de 65 ans (IFOP). Enquête Kantar (2023) : Parmi les 18-30 ans en France, 12 % se déclarent musulmans, contre 22 % chrétiens (dont 18 % catholiques) et une majorité sans religion.

 Les jeunes musulmans de plus en plus rigoristes en France.

Selon un sondage IFOP, 57 % des musulmans âgés de 15 à 24 ans pensent que les lois françaises passent après les règles de l’islam. Et 42 % éprouvent de la sympathie pour une mouvance islamiste. 

Non-mixité, port du voile, fréquentation assidue de la mosquée, respect strict du ramadan, préférence marquée pour la charia plutôt que pour les lois de la République… Un sondage de l’IFOP pour la revue Écran de veille tend à démontrer que la pratique d’un islam rigoriste et la bienveillance pour certaines de ses mouvances radicales gagnent du terrain auprès de la jeune génération musulmane. Ainsi, 42 % des moins de 25 ans éprouvent de la sympathie pour l’islamisme, alors que 33 % de l’ensemble des musulmans voient les radicaux d’un bon œil. « Cette enquête dessine très nettement le portrait d’une population musulmane traversée par un processus de réislamisation, structurée autour de normes rigoristes et tentée de plus en plus par un projet politique islamiste », analyse François Kraus, directeur du pôle politique et actualité de l’IFOP.

« De plus en plus radicalisés, les jeunes musulmans constituent un vivier électoral pour La France insoumise autour de normes religieuses rigoristes et tentés de plus en plus par un projet politique islamiste », selon François Kraus.

L’art du sondage en matière religieuse est délicat. Les croyants ne livrent pas forcément aux sondeurs ce qu’ils ont de plus intime. Mais les résultats sont parfois sans appel. Ainsi du sondage de l’IFOP pour la revue Écran de veille, publié ce mardi 18 novembre, qui tend à démontrer que la pratique stricte de l’islam et la sympathie pour sa forme radicale ont gagné près de la moitié de la jeune génération musulmane depuis 1989.

François Kraus, directeur du pôle politique et actualité de cet institut de sondage, insiste sur le comportement notable « des plus jeunes musulmans », pour qui cette « forte réaffirmation identitaire » s’exprime en trois points : « L’intensification des pratiques cultuelles, la rigidification des rapports de genre, l’adhésion croissante aux thèses islamistes. »

Quelques chiffres significatifs appuient son propos : en 36 ans, la fréquentation de la mosquée par les moins de 25 ans est passée de 7 % à 40 %. Dans cette classe d’âge, le respect strict du ramadan a bondi, grimpant de 51 % à 83 %. Quant au port du voile, il a progressé de 16 % à 45 % chez les filles de cette génération, soit trois fois plus qu’en 2003, une année de fortes polémiques sur le sujet.

Les Frères musulmans recueillent le plus de soutien

jeudi 13 novembre 2025

Mali — Suspension des cours dans les écoles et universités pour cause de pénurie d'essence (m à j)


Billet du 27 octobre

Le ministre malien de l’Éducation a annoncé la suspension des cours dans les écoles et universités de tout le pays pour une durée de deux semaines.

Trente-huit mois après le départ des troupes françaises du Mali et l'arrivée au pouvoir d'un junte militaire hostile à la France, la situation se détériore.

Cette mesure intervient alors que des militants djihadistes ont imposé un blocus des importations de carburant à destination de Ouagadougou, provoquant une pénurie d’essence.

« Les cours seront suspendus sur l’ensemble du territoire national du lundi 27 octobre 2025 au dimanche 9 novembre 2025. Les cours reprendront le 10 novembre 2025. 

Cette décision est motivée par des perturbations dans l’approvisionnement en carburant, qui ont affecté les déplacements du personnel scolaire. Afin d’assurer la continuité de l’enseignement et l’achèvement des programmes d’études, des dispositions sont prises pour ajuster les calendriers scolaires et universitaires », a déclaré Amadou Sy Savané, ministre malien de l’Éducation, à la télévision nationale.

Les militants du groupe Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, soutenu par Al-Qaïda, ont annoncé début septembre l’interdiction des importations de carburant en provenance des pays voisins vers le Mali, mettant à mal l’économie fragile du pays enclavé et laissant des centaines de camions-citernes bloqués à la frontière.

Le Mali, tout comme ses voisins le Burkina Faso et le Niger, lutte contre l’insurrection menée par des groupes armés, dont certains sont alliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ainsi que par des rebelles locaux.

Le départ des troupes françaises du Mali s'est achevé le 15 août 2022 après plus de neuf ans d'intervention, suite à la décision d'Emmanuel Macron du 17 février 2022. Ce retrait a été motivé par la dégradation des relations avec la junte malienne au pouvoir.

 

dimanche 22 juin 2025

Syrie — Au moins 20 morts dans un attentat contre une église grecque-orthodoxe

Un attentat suicide a visé l’église grecque-orthodoxe Saint-Élie (Mar Elias) dans le quartier de Dweila, à Damas, pendant la messe du dimanche soir. 

Un assaillant, identifié par le ministère syrien de l’Intérieur comme membre de l’État islamique (EI), est entré dans l’église, a ouvert le feu sur les fidèles, puis a déclenché une ceinture explosive.

Certaines sources mentionnent un possible second assaillant ayant pris la fuite, mais cela n’est pas confirmé officiellement.

L’attaque a eu lieu lors d’une liturgie, avec environ 400 personnes présentes, selon un prêtre sur place.

Au moins 20 à 22 morts et 52 à 63 blessés, selon le ministère syrien de la Santé, l’Observatoire syrien des droits de l’homme et des médias comme Reuters, The Guardian et AP.

Des rapports initiaux mentionnaient 9 à 15 morts, mais le bilan a été revu à la hausse.


Des enfants figureraient parmi les victimes, selon certains médias locaux.

L’église a subi d’importants dégâts : autel endommagé, bancs détruits, sol couvert de sang et débris.

Il s'agit du premier attentat suicide à Damas depuis la chute de Bachar el-Assad en décembre 2024, renversé par une insurrection menée par des rebelles islamistes.

L’EI a revendiqué l’attaque via ses canaux médiatiques, exploitant le vide sécuritaire post-Assad pour cibler les minorités chrétiennes.

Le gouvernement intérimaire syrien, dirigé par Ahmed al-Charâ (issu du groupe Hayat Tahrir al-Sham soit l'Organisation pour la Libération du Levant), promet de protéger les minorités. Depuis la prise de pouvoir par HTS, des rapports font état d’actes de violence ciblée contre les Alaouites, particulièrement dans les régions côtières comme Lattaquié et Tartous, bastions alaouites sous l’ancien régime. Ces actes incluent des assassinats, des enlèvements et des pillages, souvent attribués à des factions rebelles ou à des règlements de compte locaux,

Le Patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche a condamné l’attaque, qualifiant les victimes de « martyrs » et exigeant des autorités syriennes qu’elles protègent les lieux de culte.

La France, la Grèce, les Émirats arabes unis, la Turquie et l’ONU (via l’envoyé spécial Geir Pedersen) ont dénoncé cet acte terroriste, appelant à la justice et à la protection des civils.

Le ministre syrien de l’Intérieur, Anas Khattab, a qualifié l’attaque de « crime répréhensible » et annoncé une enquête.

Cet attentat souligne les tensions sectaires persistantes en Syrie, malgré les déclarations du gouvernement dit intérimaire pour stabiliser le pays.

Les chrétiens, minorité visée, sont particulièrement vulnérables face à la résurgence de l’EI, qui a déjà ciblé des sites religieux par le passé, exemples:

  • 2013 - attentats contre le village chrétien de Maaloula (20 morts);2015 Enlèvements de 200 à 300 chrétiens assyriens dans la vallée du Khabour;
  • 2015 Destruction de l’église de l’Immaculée Conception, Qaryatayn (160 chrétiens enlevés, plusieurs décapitations);
  • 2016 - Attentat-suicide à Qamishli, quartier chrétien 9au moins 44 morts);
  • 2016 près du sanctuaire chiite Sayyida Zeinab.

Plus de détails dans L'Orient-Le Jour de Beyrouth.

Réaction de l'Œuvre d'Orient

L’Œuvre d’Orient est horrifiée et condamne l'attentat perpétré dans l'église grecque orthodoxe Saint-Elie, à Damas, au cours de la messe du dimanche 22 juin. Cette attaque, dans un lieu de foi et de paix, a fait selon un bilan encore provisoire 25 morts et 63 blessés. L'Œuvre d'Orient présente ses condoléances aux familles des victimes et à toute la communauté chrétienne de Syrie. 

Assurer la sécurité de toutes les communautés religieuses est un élément indispensable pour la reconstruction du pays. Les autorités syriennes et internationales doivent prendre immédiatement les mesures nécessaires. Une enquête doit être diligentée.

Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de L'Œuvre d'Orient, a déclaré : « Cet attentat est dramatique, il nous rappelle l’attentat de la cathédrale Sayedat al-Najat de Bagdad, il y a 15 ans. C’est un événement effroyable qui fragilise complètement la communauté chrétienne en Syrie, et plus largement au Moyen-Orient. Cela risque de se traduire par un exode des chrétiens. Nous déplorons l’absence de mesures de sécurité autour des lieux de culte, en particulier des églises, que nous savons sous menace constante. Nous ne voulons pas simplement des paroles de la part des autorités syriennes, il convient absolument de mettre en œuvre des mesures de sécurité auxquelles la communauté chrétienne a le droit. » 

Vidéo du kamikaze (avec sac à dos) qui s'est fait exploser 

vendredi 6 juin 2025

En 2020, Macron promettait la guerre à l’islamisme… il l'a fait contre l'instruction à la maison sans lien avec l'islamisme

En 2020, Macron promettait la guerre à l’islamisme… En 2021, il s’en prend à l’école à la maison, sans aucun lien prouvé avec une instrumentalisation islamiste. 

Pendant ce temps, l’islamisme gagne du terrain dans l’école publique. Mais là : on tergiverse…



jeudi 22 mai 2025

Éric Zemmour : on découvre l'eau chaude quand on s'étonne que les Frères musulmans veulent imposer l'islam

Éric Zemmour, président de Reconquête, était l’invité de Christine Kelly dans Face à l'Info sur Cnews le jeudi 22 mai 2025.

Face aux mousquetaires de Face à l'Info, Éric Zemmour est revenu sur le rapport sur les Frères musulmans. Il s'est dit étonné de voir la France entière découvrir l'eau chaude en lisant que cette confrérie voulait conquérir le monde, alors qu'ils reprennent seulement les écriture du coran.

Éric Zemmour se dit favorable à l'interdiction de cette confrérie mais la juge très insuffisante car l'islam n'a pas besoin des Frères musulmans pour faire de l'entrisme. Le premier problème étant le nombre et l'islam.
Il a cité en exemple l’Égypte qui a interdit ce courant religieux mais qui reste un pays du l'islam est religion d’État et où les femmes sont toutes voilées.

Pour finir, Éric Zemmour a affirmé qu'il ne voulait pas combattre l'islam en tant que tel mais qu'il voulait combattre l'islamisation de la France.

 
Voir aussi
 
“Les Frères musulmans ont trouvé en Europe un incubateur sûr”

En marge du Qatargate, Abdelrahim Ali, président du Centre d'études du Moyen-Orient (Cemo) et ancien député égyptien, tire une nouvelle fois le signal d'alarme contre la stratégie d'entrisme des Frères musulmans dans nos institutions. (Source : Spectacle du monde)
 

lundi 24 mars 2025

Voyage en Belgiquistan

La coalition dirigée par le conservateur flamand Bart de Wever, nommé premier ministre en janvier, a promis de changer la donne mais la société belge, coincée entre la pression woke et l’islamisme, semble toujours tétanisée face à cette idéologie qui avance en fissurant le principe de neutralité, censé garantir la cohésion du pays.

En ce vendredi matin, près de la Gare du Nord, érigée au milieu de la commune de Schaerbeek, au coeur de la capitale belge, deux artères parallèles se toisent en abritant deux univers, tout aussi parallèles. Le contraste est d’abord saisissant, puis déroutant. Les deux mondes se font face, mais ils s’ignorent. Malgré la proximité, ils sont aux antipodes l’un de l’autre. La rue d’Aerschot déploie son théâtre d’ombres et de néons. Ici, les corps des prostituées s’exposent derrière des vitrines comme autant de marchandises offertes aux regards avides des passants. La nuit ne tombe jamais vraiment sur le « quartier rouge » de la capitale belge. Elle se consume sous le ballet mécanique des désirs tarifés.

À quelques mètres à peine, séparée par un souffle et un monde d’écart, la rue de Brabant affiche une tout autre ambiance, où le « sacré » est omniprésent. Là, une enfilade de vitrines et d’échoppes faisant commerce d’un autre genre. Les horloges y scandent, avec une précision helvétique, l’appel à la prière. C’est ce qui rythme le temps. Les tapis, empilés comme des sentinelles du rite, attendent d’être déroulés en direction de La Mecque. Derrière les vitrines, livres coraniques et autres ouvrages religieux sont à disposition. Et, suspendues sur des cintres, des étoffes austères, déclinées jusqu’aux tailles enfantines, préparent les petites filles à disparaître sous le voile d’une « pudeur » imposée, avant même que leur corps ait eu le temps d’atteindre la puberté.

“ÉCONOMIE ISLAMIQUE”

Une réalité à laquelle Fadila Maaroufi refuse de s’habituer. Pour cette ancienne travailleuse sociale, fervent défenseur des valeurs de neutralité qui prévalent au sein du royaume belge, la Belgique n’est certainement pas cette bigoterie vulgairement exposée. Lauréate 2024 du prix de la Laïcité remis à Paris par le Comité Laïcité République (CLR), son engagement et ses prises de position sans concession pour dénoncer l’emprise islamiste dans son pays lui valent d’être taxée par certains de ses concitoyens de racisme et d’« islamophobie ». Toujours ce fameux mot-valise qui permet de pointer le doigt indistinctement, pour mieux entretenir la confusion, aussi bien en direction de ceux qui dessinent le Prophète au nom de la liberté d’expression que des militants de l’extrême droite, des défenseurs de la laïcité et des pourfendeurs de l’islam politique.

« Il y a quelque chose de schizophrène dans ce quartier en particulier, confie-t-elle. D’un côté, l’exploitation d’êtres humains et de sexe à outrance et de l’autre les tabous et le fanatisme religieux. Les deux s’expriment avec violences dans des lieux délabrés et sales. »

“On remarque que les filles sont voilées de plus en plus jeunes”

mercredi 12 mars 2025

Plus de 500 civils alaouites ont été tués depuis jeudi 6 mars par les « forces de sécurité » syriennes (m à j)


 
Billet du 9 mars
 
L'ancien Premier ministre français, François Fillon indique qu'il vient de parler au téléphone avec la mère supérieure du couvent carmélite de Maaloula en Syrie Elle appelle la France au secours devant les massacres de civils Alaouites et chrétiens en cours en Syrie. Ces massacres sont perpétrés par des factions djihadistes qui agissent avec la complicité du nouveau pouvoir syrien.

Billet du matin du 9 mars 

Plus de 500 civils alaouites ont été tués depuis jeudi 6 mars par les forces de sécurité syriennes et des groupes alliés dans l’ouest du pays, selon le très lourd bilan communiqué par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Ces exactions ont été commises par les troupes dépêchées par Damas pour combattre des partisans de l’ancien régime syrien.

Déclaration commune des patriarches d’Antioche sur l’escalade de violence en Syrie :

« La Syrie est témoin ces derniers jours d’une dangereuse escalade d’actes de violence, de torture et de meurtres, qui ont entraîné des agressions contre des citoyens civils innocents, dont des femmes et des enfants, ainsi que des attaques contre des domiciles, leur violation et le vol de biens, dans des scènes qui reflètent l’ampleur des souffrances endurées par le peuple syrien.

Les Églises chrétiennes, tout en condamnant fermement toute agression portant atteinte à la paix civile, dénoncent et rejettent les massacres qui ciblent les citoyens innocents, et insistent sur la nécessité de mettre fin à ces actes horribles qui sont contraires à toutes les valeurs humaines et morales.

Les Églises appellent également à accélérer la mise en place de conditions propices à la réconciliation nationale entre les membres du peuple syrien, et à œuvrer pour assurer un climat permettant la transition vers un État qui respecte tous ses citoyens et établit une société fondée sur une citoyenneté égale et un véritable partenariat, loin de la logique de vengeance et d’exclusion. En même temps, elles réaffirment l’unité du territoire syrien, rejetant toute tentative de division.

Les Églises exhortent toutes les parties concernées, à l’intérieur de la Syrie, à assumer leurs responsabilités pour mettre fin au cycle de violence et rechercher des solutions pacifiques qui préservent la dignité humaine et maintiennent l’unité de la nation.

Nous prions pour que Dieu protège la Syrie et son peuple, et pour que la paix règne sur son territoire”.

Jean X, Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient pour les Grecs orthodoxes

Ignace Ephrem II, Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient pour les Syriens orthodoxes et Chef suprême de l’Église syriaque orthodoxe dans le monde

Joseph Absi, Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient pour les Grecs melkites catholiques »

Damas, 8 mars 2025

 Entretemps l'Union européenne publiait (en anglais bien sûr, langue maternelle d'une infime partie de sa population), ce communiqué peu diplomatique, partial ou lâche, selon le point de vue:


Vidéos





jeudi 23 janvier 2025

« En Belgique, la RTBF censure Trump mais invite les islamistes »

La chaîne publique belge a décidé de ne pas diffuser en direct le discours d’investiture du président américain, se défendant a posteriori de toute censure. Ce choix révèle la persistance du «cordon sanitaire» en Wallonie, déplore le sénateur honoraire belge Alain Destexhe dans les colonnes du Figaro.

Alain Destexhe est chercheur au Gatestone Institute, un laboratoire de réflexion conservateur américain, sénateur honoraire belge et ex-président de l’International Crisis Group.

Une femme voilée devant une affiche publicitaire de la RTBF moquant Donald Trump, à Bruxelles, en 2016.

Les Français ont parfois l’occasion de découvrir la désolation du paysage médiatique belge francophone. Sur CNews, Pascal Praud s’est ainsi récemment moqué de la RTBF, la chaîne publique belge. Seule au monde, celle-ci avait diffusé le discours inaugural de Donald Trump avec un «léger décalage pour prendre le temps de l’analyse» car, selon la jeune directrice éditoriale adjointe, Trump avait «tenu des propos racistes, d’extrême droite, xénophobes et d’incitation à la haine» . Cette annonce, faite sur un ton empreint d’évidence et de bonne conscience, fut suivie sans aucun humour par la précision qu’il «n’était pas question de censure» !

En réalité, la censure est bel et bien pratiquée par les médias francophones belges, qui s’arrogent ce droit dès qu’il s’agit de combattre ce qu’ils désignent comme «l’extrême droite» – un concept flou et jamais défini. Ce terme semble englober toute critique de l’immigration massive, de l’islam, du droit à l’avortement, du réchauffement climatique, ou encore tout soutien à Donald Trump. Récemment, le journal Le Soir titrait tout en nuances : «Trump : premier criminel à la Maison-Blanche» . Cette censure n’a aucun fondement juridique et elle est anticonstitutionnelle. Le cordon sanitaire est né en 1989 après une victoire électorale du Vlaams Blok (devenu Vlaams Belang), un parti nationaliste flamand proche du Rassemblement national. Depuis, il est strictement appliqué du côté francophone du pays, où les médias invisibilisent tout ce qui est, selon eux, un peu trop marqué à droite.

Alors qu’en Flandre, comme dans les pays voisins (France, Allemagne, Pays-Bas), les partis nationalistes progressent partout, en Wallonie, le parti Chez Nous, qui avait bénéficié de la venue de Jordan Bardella lors de son lancement – sans aucune couverture médiatique, cela va de soi – n’a obtenu aucun siège aux élections européennes et législatives de l’année dernière. Une preuve s’il en fallait que les médias traditionnels [de grand chemin] jouent encore un rôle déterminant dans le formatage de l’opinion publique.

Dans un contexte d’absence de pluralisme, ces médias combattent vaillamment un fascisme imaginaire, tandis que l’islamisation de Bruxelles et d’autres villes wallonnes progresse à un rythme inquiétant, sans susciter leur alarme. Récemment, deux écoles d’Anderlecht ont refusé de participer à une commémoration de la Shoah. Aux dernières élections, un nouveau parti islamiste, Team Fouad Ahidar, a obtenu des élus au Parlement bruxellois et dans plusieurs communes. Par sa présence, ce parti, qui déconseille le divorce aux femmes, a déclenché une surenchère entre les partis de gauche pour séduire l’électorat musulman sur des thèmes tels que Gaza, le port du voile ou l’abattage rituel.

En 2024, en plein cœur de l’Europe, des meetings politiques se sont tenus où les femmes étaient séparées des hommes par un rideau ! Mais ni cette islamisation visible de tous, ni la percée d’un parti d’extrême gauche comme le PTB [Parti des travailleurs], qui se revendique ouvertement du communisme, n’émeuvent les médias. Les représentants du parti islamiste, tout comme ceux du PTB, sont même régulièrement invités sur les plateaux. En réalité, ce cordon sanitaire et cette censure sont indispensables pour maintenir l’hégémonie culturelle et politique de la gauche belge francophone, qui s’effrite partout ailleurs. Aux dernières élections de juin 2024, c’est le Mouvement réformateur (MR) de Georges-Louis Bouchez qui est arrivé en tête en Wallonie, mettant fin à 70 ans de domination socialiste.

Bien que située au cœur de la prospérité de l’Europe, la Wallonie reste une région pauvre, avec un bilan économique, éducatif et social désastreux, quels que soient les indicateurs utilisés. Pour masquer cet échec, la gauche doit se montrer à l’avant-garde de la lutte contre une extrême droite fantasmée, ce qui lui permet, à bon compte, d’affirmer sa supériorité morale. Dans cette perspective, une connivence tacite existe entre les médias belges, tous marqués à gauche, et les partis de gauche. Si le cordon sanitaire venait à tomber, ces derniers seraient les premiers à en subir les conséquences électorales, comme on l’a vu partout ailleurs en Europe.

Le maintien de la censure n’est donc pas seulement une question démocratique, mais un enjeu vital pour ceux qui n’ont aucun intérêt à remettre en cause ce système confortable. Ainsi, de micro-événements sans réelle signification politique sont montés en épingle pour alimenter ce fantasme. En France, le passage d’un obscur militant du RN à LR passerait inaperçu. Mais en Belgique, le ralliement d’un membre de Chez Nous, suivi par une centaine de personnes sur 𝕏, au Mouvement réformateur, a fait la une des médias pendant plusieurs jours, dans une tentative manifeste de déstabiliser Georges-Louis Bouchez. Dans le cadre très contraint de la «démocratie» belge, le jeune leader du MR tente courageusement de briser le monopole de la gauche dans les médias, les associations et le système éducatif. À Bruxelles, Liège, Namur ou Charleroi, en attendant le Prophète, nous sommes toujours en 1936 : No pasaran !

Voir aussi
 
 

jeudi 9 janvier 2025

Novlangue : « atteinte à la laïcité »

Anne Coffinier-Barry de Créer son école revient à l'antenne de CNews sur le terme « atteinte à la laïcité » souvent employé tant en France, en Belgique qu'au Québec quand il s'agit de parler d'entrisme islamisme dans les écoles publiques.

Voir aussi
 
 
Démographie et l'islam dans école publique québécoise (Sainte-Maxime à Laval) [où il semble que parler une langue étrangère (l'arabe) ou être contre la normalisation de l'homosexualité serait contre la laïcité qui a bon dos.
 
 
 
 
 
 
 

mercredi 30 octobre 2024

Il faut cesser de parler « des religions » et oser parler de l’islam et de l’islamisme

Extraits d'un texte de Mathieu Bock-Côté paru dans le Journal de Montréal.


On parle beaucoup de «religion», des «religions» et du «religieux» au Québec en ce moment.

Le discours est à peu près le suivant: l’envahissement du religieux dans nos sociétés serait très inquiétant, et il faudrait aujourd’hui aller jusqu’au bout de son refoulement hors de la vie publique, notamment en cessant de financer les écoles «religieuses».

[...]

La sécularisation de nos sociétés semble achevée, elles sont plus que jamais indifférentes à leur religion historique, le christianisme, et préfèrent se lover dans des spiritualités contrefaites, comme le new age, lorsqu’elles ont le souci de l’au-delà.

Résumons le tout d’une formule: ce n’est pas la religion qui revient, c’est l’islam qui arrive. Il arrive dans notre société, et dans toutes les autres sociétés occidentales.

Je le dis tout de suite pour qu’on ne me comprenne pas mal: l’islam est une religion parfaitement honorable, et il est en droit de se sentir chez lui dans ce qu’on pourrait appeler sa zone historique ou naturelle. J’ajoute, sur une base bien personnelle, que je ne suis pas de ceux qui exècrent le phénomène religieux en lui-même.

La chose devient toutefois plus complexe quand l’islam s’implante massivement en Occident, dans la suite des grands courants migratoires de notre temps.

[...]

 Il cherche moins à s’adapter aux sociétés où il s’installe qu’il n’entend les forcer à s’adapter à lui.

Il arrive dans nos sociétés porté par une dynamique idéologique, culturelle, démographique, qui déstabilise profondément les sociétés occidentales.

On ajoutera, car ce n’est pas un détail, et parce qu’il nous faut penser sur la longue durée si on veut comprendre la dynamique des sociétés humaines, que l’islam est animé à certains égards par une forme de revanchisme historique.

[...]

L’islam a connu un grand réveil au XXe siècle, dans une forme assez radicale. La fondation des Frères musulmans, en 1928, qui porte explicitement le projet d’une conquête islamique de l’Europe, comme l’a remarquablement démontré Florence Bergeaud-Blackler dans son livre Le frérisme, paru en 2023, ou la révolution khomeyniste en Iran, en 1979, qui entendait ramener l’islam à sa définition fondamentaliste, autrement dit, qui le convertissait à l’islamisme, en témoignent.

Les Occidentaux, longtemps, ne sont pas parvenus à le comprendre puisqu’ils s’imaginaient le monde entier engagé dans une dynamique de sécularisation semblable à la leur. L’islam, de leur point de vue, était appelé à connaître le même mouvement que le christianisme – ses manifestations intégristes étaient ainsi perçues comme les derniers spasmes d’un traditionalisme religieux agonisant.

[...]

Cela dit, l’islamisme est indissociable de l’islam – il en représente la radicalisation pathologique. Et une société qui s’islamise progressivement verra inévitablement l’islamisme croitre chez elle. Elle lui fournira le terreau nécessaire à cela.

Surtout, comme je l’ai dit un peu plus haut, l’islam ne s’est implanté dans le monde occidental, où il n’avait jusqu’ici qu’une présence marginale, qu’avec l’immigration massive des dernières décennies.

Qui a sérieusement cru un jour qu’on pouvait permettre et même encourager l’immigration massive de millions de personnes porteuses de cultures et d’une civilisation profondément étrangères au monde occidental en pensant que tout cela pourrait se passer sans le moindre souci? La question du nombre demeure ici la plus fondamentale.

C’est une leçon élémentaire d’anthropologie: les cultures, et on devrait plutôt parler des peuples, qui cohabitent sur un territoire ne le font pas paisiblement et sont inévitablement appelées à connaitre des frictions, pour savoir laquelle se posera comme culture de référence. C’est pour cela qu’elles sont normalement portées chacune à se constituer en État et à réclamer des frontières, pour clairement marquer le pays où elles s’institutionnalisent comme normes.

L’histoire de la différenciation des cultures et des nations se confond avec celle de la multiplication des frontières et des États.

Car une culture n’est pas seulement une série de préférences personnelles, ce n’est pas qu’un folklore familial privé, n’ayant pas vocation à déborder dans la vie publique: elle structure les rapports sociaux fondamentaux, les rapports entre les sexes, la conception de la pudeur, du sacré, de la violence, de la propriété. Cette vérité est encore plus évidente quand on parle de civilisations.

On ne saurait par ailleurs assimiler la résistance des Occidentaux à l’islamisation de leur société et des mœurs de leurs pays respectifs à de l’islamophobie. Philippe d’Iribarne a démontré dans un ouvrage déterminant que l’accusation d’islamophobie n’avait aucun fondement à propos des sociétés occidentales. Il avait justement pour titre Islamophobie : intoxication idéologique. Il décortiquait ce concept de fine manière en montrant que les Occidentaux acceptent aisément la pratique personnelle d’une foi, mais ne s’enthousiasment guère lorsqu’une religion-civilisation cherche à redéfinir de manière unilatérale le fonctionnement de leur société.

On pourrait ajouter que ce concept cherche à mettre dans le même sac la critique de l’islam, celle de l’islamisme, ainsi que le simple constat de la très difficile intégration de l’islam en Occident.

La bêtise intellectuelle, conjuguée à l’inculture, et à une naïveté d’enfant d’école qui se prend pour de la bienveillance, pousse les sociétés à l’autodestruction. Seuls les théoriciens et idéologues du multiculturalisme ont pu croire un instant que le vivre-ensemble diversitaire, paisible et fructueux, était possible, et même probable.

Dans leur esprit, l’État devait devenir culturellement neutre, et s’ouvrir à la diversité des identités en traitant la culture du pays d’accueil comme une identité parmi d’autres, sans droits spécifiques. Le seul obstacle à cette grande conversion multiculturaliste se trouvait dans l’intolérance prêtée aux sociétés occidentales, refusant le pari diversitaire, en refusant justement de devenir chacune chez elle une culture optionnelle. Au Québec, de ce point de vue, le rapport Bouchard-Taylor, paru il y a un peu plus de quinze ans, fut d’une bêtise himalayesque.

C’était une logique à la fois aliénante et déracinante, contraire à un principe élémentaire, sans lequel aucune paix civile n’est possible: à Rome, on fait comme les Romains. Les peuples historiques occidentaux redoutent désormais, avec raison, de devenir étrangers et minoritaires dans leurs propres pays. Le sort de Londres, de Bruxelles, de Malmö, de la Seine-Saint-Denis, en France, et de tant d’autres territoires dans le monde occidental laisse présager un triste avenir.

Si le Maroc et l’Algérie devenaient des pays majoritairement catholiques, ils ne seraient plus marocains et algériens que de nom. Ils auraient alors perdu leur identité. Nul ne leur souhaitera cela. De même, il faut convenir qu’une société occidentale qui deviendrait majoritairement musulmane, même si elle ne devenait pas islamiste pour autant, ne serait plus elle-même, et est en droit de ne pas souhaiter le devenir.

Voir aussi

« Toutes les religions ne se valent pas »

« Un Dieu, trois religions »

Rémi Brague sur l'islam, la culture classique et l'Europe

Rémi Brague : « Dans les gènes de l'islam, l'intolérance »

Rémi Brague : Y a-t-il un islam des Lumières ?  

L’idée banale selon laquelle il suffirait d’oublier ce qui sépare ne mène à rien…

Le dialogue, au sens strict, entre les religions est impossible


 page 85 de Métamorphoses françaises de Jérôme Fourquet

samedi 26 octobre 2024

L'entrisme islamiste dans les écoles publiques détourné en remise en question des écoles privées catholiques au Québec

Texte de Mathieu Bock-Côté paru ce samedi dans le Journal de Québec. Entre crochets, les commentaires de ce carnet.

Le scandale de l’entrisme islamiste dans les écoles [PUBLIQUES] québécoises, inséparable de l’immigration massive, a été détourné en quelques jours par les gardiens de l’idéologie dominante.

Selon eux, il pose surtout la question du financement des écoles [semi-privées] religieuses, et apparemment, des écoles catholiques.

[Les écoles publiques primaires Bedford (Côte-des-Neiges), Saint-Pascal-Baylon (Côte-des-Neiges) et Bienville (Saint-Michel) ainsi que l’école publique secondaire La Voie (Côte-des-Neiges) font l’objet d’une enquête du Monopole de l’Éducation du Québec dans le cadre du scandale lié à l’entrisme islamiste. Selon le nouveau reportage du 98,5, qui était déjà à l’origine des révélations sur le climat toxique à l’école Bedford, des parents ont retiré leur fils de l’école publique Alphonse-Pesant (Saint-Léonard) en raison de ce qu’ils jugent comme étant de l’endoctrinement islamiste de la part de son enseignante de 6e année du primaire.

]

Quel retournement digne des plus grands acrobates ! On commence par lutter contre l’islamisme, et on finit par faire le procès d’un marqueur culturel inscrit profondément dans l’identité québécoise.

Écoles

C’est ce qui arrive quand on met toutes les religions dans le même sac, comme si elles étaient interchangeables, comme si chacune d’elle n’était qu’une manifestation d’une grande entité mystérieuse, « la religion », à bannir de nos vies.

Alors, rappelons-le : le catholicisme, au Québec, n’est pas une religion comme une autre. C’est une matrice culturelle.

Avec la Révolution tranquille, nous l’avons heureusement refoulé à l’arrière-plan de la vie collective, mais il n’a jamais été convenu que nous changerions cet arrière-plan pour un autre.

Notre calendrier, nos fêtes, nos paysages portent la marque du catholicisme. Croyants et incroyants l’ont en partage. C’est un héritage culturel.

Qui voudrait l’arracher voudrait arracher une part vitale de l’identité québécoise.

C’est, hélas, ce que souhaite la gauche multiculturaliste, qui a aussi souvent une franche aversion pour l’école privée, pourtant essentielle, surtout quand l’école publique se disloque.

Redisons-le simplement : l’école catholique ne pose aucun problème.

Convenons aussi que la question de la compatibilité de l’islam avec l’Occident se pose partout. Elle ne se pose pas à cause du racisme supposé de nos sociétés, mais simplement parce que deux civilisations cohabitent difficilement sur le même territoire sans qu’une ne prenne le dessus sur l’autre.

On stoppera d’abord l’islamisme à la frontière, en choisissant mieux notre immigration.

Et on le combattra chez nous, puisqu’il s’est implanté, en allant jusqu’au bout de la loi 21, plus nécessaire que jamais, pour contenir la poussée des communautarismes religieux conquérants.



[Le cas de l’école Sainte-Famille, visée par Pascal Bérubé du PQ

École privée catholique conservatrice Sainte-Famille à Lévis, école dans la ligne de Pascal Bérubé, député du Parti québécois

Dans son point de presse du 24 octobre 2024 :

« M. Bérubé : Une école de Lévis qui s’appelle Sainte-Famille, pour ne pas la nommer. Et j’aimerais beaucoup avoir le résultat de la vérification, parce que cette église-là, qui est catholique, de ce que j’ai entendu avec des experts depuis hier, ça va au-delà de tout ce que je pouvais imaginer.

Journaliste :… on coupe le financement à ces écoles-là…

M. Bérubé : En étapes. »

Il semble que M. Bérubé, fort investi dans sa lutte contre le catholicisme conservateur, veuille aller plus loin que la fin du financement des écoles privées, puisque l’école Sainte-Famille ne reçoit aucun financement du Trésor public québécois… Il s’agit donc plutôt de vouloir la fermer.

L’élu péquiste de l’Est de la province se base notamment sur les recherches de Martin Geoffroy, fondateur du Centre d’expertise et de formation sur les intégrismes religieux et la radicalisation (CEFIR) dont la thèse de doctorat avait porté sur l’intégrisme catholique au Québec. Ce qui expliquerait peut-être ce tropisme progressiste désuet contre les catholiques traditionalistes (somme tout très marginaux) et la discrétion envers les islamistes (en nette progression) ?

Lorsque Martin Geoffroy a étudié le cas de l’établissement de Lévis, il a remarqué « qu’on ne suit peu ou pas le cursus scolaire québécois, on prône des valeurs catholiques intégristes ». C’est-à-dire ? Pas assez LGBTQ2SAI+ ? Selon lui, cette école, comme les autres du même genre, ne devrait pas détenir de brevet d’enseignement.

Notons au passage que M. Bérubé prétend que l’école de Lévis est dirigée par une « congrégation religieuse excommuniée par l’Église catholique ». La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) n’est pas actuellement en état d’excommunication, mais elle n’est pas en pleine communion avec l’Église catholique non plus en raison de désaccords concernant les enseignements du Concile Vatican II.]