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vendredi 21 novembre 2025

Beethoven sous la loupe de la génétique : santé fragile, ascendance européenne, et fin d’un mythe « mauresque » tenace

Ludwig van Beethoven reste l’un des compositeurs les plus étudiés de l’histoire. Mais depuis 2023, il l’est avec des certitudes nouvelles. Cette année-là, une équipe internationale publiait dans Current Biology le séquençage presque complet de son génome, reconstitué à partir de mèches de cheveux authentifiées.

Les résultats sont d’une clarté rare : ils éclairent les raisons probables de sa mort, apportent des précisions sur ses fragilités médicales et dissipent au passage des théories identitaires qui s’étaient récemment invitée dans le débat public.

Un génome enfin lisible

Huit mèches de cheveux attribuées au compositeur ont été analysées. Parmi elles, la “mèche Stumpff”, soigneusement conservée depuis 1827, a livré la plupart des données.

Grâce à une profondeur de séquençage exceptionnelle, les chercheurs sont parvenus à reconstruire la quasi-totalité du génome de Beethoven, un exploit pour un matériau aussi ancien.

La conclusion la plus simple est aussi la plus solide : Beethoven avait une ascendance entièrement nord-ouest européenne, conforme à ce que l’on sait de ses origines familiales en Flandres et en Allemagne. L’analyse ne détecte aucun apport génétique d’origine africaine ou maure.

Un autre élément intrigue les généalogistes : un “événement de non-paternité” survenu entre le XVIᵉ et le XVIIIᵉ siècle. Rien de surprenant pour une lignée ancienne, mais un rappel utile sur la fragilité des arbres généalogiques reconstitués.

Les causes probables de sa mort

Le séquençage apporte aussi un éclairage décisif sur la fin de Beethoven, un sujet longtemps controversé.

Le compositeur portait plusieurs variants associés aux maladies du foie, dont une mutation du gène PNPLA3, aujourd’hui bien connue pour favoriser la stéatose et la cirrhose.

Les lettres, les témoignages et les carnets de l’époque s’accordent : Beethoven buvait régulièrement, parfois beaucoup.

Les analyses de kératine des mèches les plus tardives montrent des fragments d’hépatite B, signe d’une infection récente ou réactivée.

La combinaison de ces trois facteurs compose un tableau médical cohérent : une cirrhose avancée, aggravée par une infection virale et un terrain génétique défavorable.

En d’autres termes, la science actuelle offre une explication bien plus solide que les hypothèses anciennes d’empoisonnement.

Une zone d’ombre persistante : la surdité

Les chercheurs espéraient peut-être trouver un variant rare expliquant sa surdité progressive.

Il n’en est rien : aucun gène connu responsable de perte auditive n’a été repéré. Les causes probables restent multifactorielle — otosclérose, infection, maladie auto-immune — sans certitude définitive.

Le mythe du “Beethoven noir” : un récit à la mode infondé

Depuis une dizaine d’années, une théorie, surtout relayée sur les réseaux sociaux, prétend que Beethoven aurait eu des ancêtres maures ou africains. Elle repose principalement sur quelques descriptions anciennes évoquant un teint “sombre” — descriptions ambiguës et peu fiables.

L’étude ADN de 2023 règle la question d’un point de vue strictement factuel : aucun marqueur génétique ne va dans ce sens.

L’épisode Bozar : l’insinuation par l’image

En 2020, le Centre des Beaux-Arts de Bruxelles (Bozar) proposait pour le 250ᵉ anniversaire du compositeur l’exposition Hotel Beethoven. Parmi les œuvres figuraient des pièces contemporaines, dont la vidéo Synapse de Terence V. Adkins.

Cette vidéo appartient à sa série Black Beethoven, et le texte d’accompagnement officiel (en anglais!) était tout sauf ambigu:

La vidéo “Synapse” d’Adkins a été développée dans le cadre de sa série “Black Beethoven”, qui explore le mythe de Ludwig von Beethoven étant noir, car il avait une ascendance maure. Dans l’œuvre, Adkins présente un portrait du compositeur emblématique qui se transforme lentement en celui d’un jeune homme noir avec des dreadlocks courts et inversement. La transformation répétée de l’image traduit la réticence d’Adkins à régler le débat sur la race de Beethoven. Il a expliqué : “J’espère générer un sentiment de recherche dans le public… Vous pourrez alors combler les lacunes et participer à l’histoire à votre manière”. 

Autrement dit, l’œuvre entretient délibérément l’idée d’un “débat” sur l’identité raciale de Beethoven, débat qui n’a jamais reposé sur des preuves historiques — et dont l’ADN confirme aujourd’hui l’inanité.

Bozar n’affirme pas frontalement que Beethoven était d’ascendance africaine, mais en intégrant cette œuvre et son commentaire, l’institution laisse clairement entendre que la question pourrait rester ouverte, du moins sur le plan symbolique.

Le séquençage de 2023 accomplit deux choses à la fois simples et essentielles :

  • Il documente précisément les maladies, les risques génétiques et la fin de Beethoven, replacés désormais dans un cadre médical cohérent.
  • Il met un terme scientifique aux spéculations sur une ascendance africaine, révélations qui n’avaient aucun soutien historique ou génétique.

Il subsiste des mystères — la surdité notamment — mais la génétique a rendu un Beethoven plus humain, plus concret.

Voir aussi

Belgique : le Musée des beaux-arts (« Bozar ») célèbre la naissance de Ludwig van Beethoven avec un Beethoven noir...

mercredi 8 octobre 2025

Plus on explique le coût induit par les éoliennes, plus le soutien à l’éolien chute

«Les Français ont globalement une image positive de l’éolien. Mais dès que l’on explique le coût que cela induit sur la facture énergétique[, la manière dont elle sont fabriquée, l'intermittence de cette énergie,] ce soutien à l’éolien chute complètement», observe Paul Cébille dans «Terre des Hommes». Une baisse de 46 points au soutien des éoliens après une explication de ce type d'énergie.

Le sondage IFOP en question est intitulé "L’image de l’énergie éolienne auprès des Français", publié en novembre 2021. Il met en évidence une baisse du soutien à l'éolien lorsque les répondants sont informés des aspects critiques comme son intermittence, son inefficacité perçue pour lutter contre le réchauffement climatique, et les surcoûts associés (par exemple, seulement 25 % des Français sont prêts à payer plus cher pour des énergies intermittentes).  

Dans cette enquête, après présentation des conclusions du rapport GIEC (insistant sur le besoin de multiplier les capacités nucléaires par six pour la neutralité carbone) et du rapport parlementaire sur les énergies renouvelables (soulignant l'incapacité des énergies intermittentes comme l'éolien à combattre efficacement le climat), l'image de l'éolien se dégrade : 44 % des Français ont une mauvaise opinion (contre 34 % une bonne), avec une défiance accrue sur les impacts environnementaux (pollution visuelle/sonore à 72 %, dégradation des paysages à 68 %) et son manque d'efficacité (67 %).  

Cela illustre la versatilité de l'opinion publique sur le sujet : habituellement bienveillante (c'est la bonne opinion, dans l'air du temps), elle bascule vers l'opposition face à ces explications et arguments critiques.

Un sondage connexe, "Les connaissances des Français en matière d’énergie éolienne" (février 2021), montre aussi que plus les personnes sont informées (surtout les sceptiques), plus leur opposition grandit, avec un score de connaissances plus élevé chez les opposants.  

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samedi 9 août 2025

Le nombre d'articles scientifiques considérés comme frauduleux double tous les 18 mois

Selon un article publié dans PNAS (Actes de l'Académie nationale des sciences) le 4 août, la fraude scientifique est très répandue et se développe rapidement. En effet, alors que le nombre d'articles scientifiques double tous les 15 ans environ, le nombre d'articles considérés comme frauduleux double tous les 18 mois (voir graphique ci-dessous).

Cette situation est extrêmement préjudiciable à la science, affirme Luís Nuñes Amaral, physicien à l'université Northwestern de Chicago et auteur principal de l'étude. Sans meilleures mesures de protection, les chercheurs ne pourront plus se fier à la littérature scientifique et risquent de perdre leur temps et de gaspiller des subventions en essayant de reproduire des expériences frauduleuses. Si rien n'est fait, « l'entreprise scientifique telle qu'elle existe aujourd'hui sera détruite », affirme-t-il.


Il est clair depuis longtemps que la fraude en matière de publication provient rarement de fraudeurs isolés. Au contraire, des entreprises appelées « usines à articles » préparent de faux articles scientifiques remplis d'expériences inventées et de données bidon, souvent à l'aide de modèles d'intelligence artificielle (IA), et vendent la paternité de ces articles à des universitaires qui cherchent à augmenter leur nombre de publications. Mais l'analyse menée par le Dr Amaral et ses collègues suggère que certains rédacteurs en chef de revues pourraient sciemment accepter ces articles. Leur article suggère qu'une partie des rédacteurs en chef de revues sont responsables de la majorité des articles douteux publiés dans leurs revues.

Pour parvenir à cette conclusion, les auteurs ont examiné les articles publiés par PLOS ONE, une revue très importante et généralement bien considérée qui identifie lequel de ses 18 329 rédacteurs en chef est responsable de chaque article. (La plupart des rédacteurs sont des universitaires qui acceptent de superviser l'évaluation par les pairs en parallèle de leurs recherches.) Depuis 2006, la revue a publié 276 956 articles, dont 702 ont été retirés et 2 241 ont fait l'objet de commentaires sur PubPeer, un site qui permet à d'autres universitaires et à des enquêteurs en ligne de faire part de leurs préoccupations.

Lorsque l'équipe a analysé les données, elle a découvert que 45 rédacteurs en chef avaient facilité l'acceptation d'articles retirés ou signalés beaucoup plus fréquemment que ce à quoi on aurait pu s'attendre par hasard. Bien qu'ils n'aient été responsables du processus d'évaluation par les pairs que pour 1,3 % des soumissions à PLOS ONE, ils étaient responsables de 30,2 % des articles retirés.

Les données ont révélé des tendances encore plus inquiétantes. D'une part, plus de la moitié de ces rédacteurs étaient eux-mêmes auteurs d'articles retirés par la suite par PLOS ONE. D'autre part, lorsqu'ils soumettaient leurs propres articles à la revue, ils se recommandaient régulièrement les uns les autres comme rédacteurs. Bien que les articles puissent être retirés pour de nombreuses raisons, y compris des erreurs honnêtes, le Dr Amaral estime que ces tendances indiquent l'existence d'un réseau de rédacteurs qui coopèrent pour contourner les normes habituelles de la revue.

Le Dr Amaral ne nomme pas les éditeurs dans son article, mais le magazine scientifique Nature s'est ensuite appuyé sur son analyse pour identifier cinq des éditeurs concernés. PLOS ONE affirme que ces cinq personnes ont fait l'objet d'une enquête et ont été licenciées entre 2020 et 2022. Ceux qui ont répondu aux questions de Nature ont nié toute malversation.

Bien que l'analyse du Dr Amaral soit convaincante, elle ne prouve pas de manière concluante un comportement malhonnête. Néanmoins, ces conclusions s'ajoutent à un nombre croissant de preuves suggérant que certains rédacteurs en chef jouent un rôle actif dans la publication de recherches de qualité inférieure. Une enquête menée en 2024 par RetractionWatch, une organisation qui surveille les articles rétractés, et Science, un autre magazine, a révélé que des usines à articles avaient soudoyé des rédacteurs en chef dans le passé. Les rédacteurs en chef pourraient également utiliser leurs pouvoirs pour faire avancer leur propre carrière universitaire. Les enquêteurs de PubPeer ont signalé des articles dans plusieurs revues qui semblent avoir été co-rédigés soit par le rédacteur en chef supervisant l'évaluation par les pairs, soit par l'un de ses proches collaborateurs, ce qui constitue un conflit d'intérêts évident.

Détecter les réseaux de rédacteurs en chef comme l'a fait l'équipe du Dr Amaral « est tout à fait nouveau », explique Alberto Ruano Raviña de l'université de Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne, qui mène des recherches sur la fraude scientifique et n'a pas participé à l'étude. Il s'inquiète particulièrement du fait que de faux articles continuent de figurer dans les archives scientifiques dans le domaine médical, où leurs conclusions erronées pourraient être utilisées pour mener des évaluations qui servent de base aux directives cliniques. Un article récent publié dans la revue médicale BMJ a révélé que 8 à 16 % des conclusions des revues systématiques incluant des preuves retirées par la suite s'avéraient fausses. « C'est un vrai problème », déclare le Dr Ruano Raviña.

Pourtant, les incitations à la fraude continuent de l'emporter sur les conséquences. Des mesures telles que le nombre de publications d'un chercheur et le nombre de références vers celles-ci sont devenues des indicateurs puissants de la réussite universitaire et sont considérées comme nécessaires pour construire une carrière. « Nous nous sommes concentrés sur les chiffres », explique le Dr Amaral. Cela est parfois explicite : le personnel des facultés de médecine indiennes est tenu de publier un certain nombre d'articles pour obtenir une promotion. De leur côté, certaines revues scientifiques génèrent d'autant plus de revenus qu'elles acceptent d'articles.  Il faudra du temps pour inverser ces deux tendances. En attendant, les éditeurs déploient de nouveaux outils de filtrage des contenus suspects, notamment certains qui repèrent les « phrases alambiquées » (des paraphrases absurdes générées par des modèles d'IA pour échapper au plagiat, comme « informations colossales » au lieu de « mégadonnées ») ou les références mal placées.

Les éditeurs subissent également une pression croissante pour éliminer les mauvais articles. Les bases de données de revues réputées, telles que Scopus ou Web of Science, peuvent « retirer de la liste » des revues, ruinant ainsi leur réputation. Il appartient aux éditeurs de demander leur réinscription, ce qui implique de faire le ménage dans la revue. « Si nous constatons la présence de contenus non fiables que vous ne retirez pas, vous ne serez pas réintégrés », déclare Nandita Quaderi, rédactrice en chef de Web of Science. Mais il reste à voir si les éditeurs et les nombreux rédacteurs qui travaillent dur pour empêcher les mauvaises publications scientifiques d'apparaître dans leurs revues pourront suivre le rythme des usines à articles.

Source : The Economist
 
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mardi 11 février 2025

Études manipulées autour de la maladie d'Alzheimer

Tromperie dans la recherche sur la maladie d’Alzheimer.

La maladie d’Alzheimer touche plus de 30 millions de personnes dans le monde, principalement des personnes âgées. Après 65 ans, le risque de développer la maladie double tous les cinq ans. À 85 ans, ce risque est d’un sur trois. Ses symptômes, qui comprennent la perte de mémoire, la difficulté à accomplir des tâches élémentaires et la dépression, s’aggravent progressivement. L’augmentation de l’espérance de vie dans le monde s’accompagne d’une augmentation du nombre de cas d’Alzheimer, ce qui en fait l’un des grands défis de santé publique d’un monde vieillissant.

Il n’existe pas de traitement curatif. Entre 1995 et 2021, environ 42 milliards de dollars ont été investis dans plus de 1 000 essais cliniques. Pourtant, seule une poignée de médicaments a été mise sur le marché. Et même ceux-là traitent les symptômes de la maladie plutôt que de l’arrêter.

La principale explication de la maladie d’Alzheimer est l’« hypothèse amyloïde », qui suggère que des dépôts de bêta-amyloïde, un type de protéine, s’accumulent entre les neurones et perturbent leur fonctionnement. Mais cette théorie reste controversée : tous les cerveaux atteints de la maladie d’Alzheimer présentent des plaques de bêta-amyloïde, mais toutes les personnes présentant ces plaques ne connaissent pas de déclin cognitif. La question de savoir si l’accumulation d’amyloïde est à l’origine de la maladie d’Alzheimer ou n’en est qu’un symptôme n’est toujours pas résolue.

Dans « Doctored » (Trafiqué), Charles Piller, journaliste scientifique, explique comment la pensée de groupe et la malhonnêteté ont détourné la recherche sur la maladie d’Alzheimer de son objectif. En 2006, un article publié dans Nature par des chercheurs de l’université du Minnesota semblait constituer une avancée majeure. L’étude affirmait qu’un sous-type de bêta-amyloïde était à l’origine des troubles de la mémoire. Elle est rapidement devenue l’un des articles les plus cités et a inspiré des centaines de millions de dollars de subventions publiques à la recherche. Un autre article influent publié en 2012 par des scientifiques associés à Cassava Sciences, une société de biotechnologie, a renforcé la théorie amyloïde en établissant un lien entre la résistance à l’insuline et la formation de plaques amyloïdes. Cette découverte a alimenté une vague de recherches sur l’idée que la maladie d’Alzheimer est un « diabète du cerveau » qui pourrait être traité par des médicaments. Il n’y avait qu’un seul problème : les deux études étaient basées sur des données falsifiées.

« Doctored » suit l’enquête de M. Piller sur cette supercherie. Au centre de l’histoire se trouve un groupe de limiers de l’image, avec un œil aiguisé pour les pixels manipulés des buvardages de western (une technique de laboratoire utilisée pour étudier les protéines, qui ont été trafiquées dans les études). Certains chapitres se lisent comme un polar scientifique. Dans l’un d’eux, M. Piller doit travailler dur pour gagner la confiance d’un dénonciateur réticent. Dans un autre, il se rend à Prague pour une réunion privée avec un groupe de détectives de l’image aux pseudonymes énigmatiques.

Malgré les preuves évidentes de manipulation des résultats de recherche, les revues érudites et les autorités de réglementation ont été lentes à agir. M. Piller accuse les puissants défenseurs de l’hypothèse amyloïde d’avoir ignoré les signaux d’alarme. Ce n’est qu’en juin 2024 — deux ans après les premières allégations — que l’article de Nature a été rétracté par ses auteurs. Cassava Sciences, tout en niant avoir commis des actes répréhensibles, a interrompu les essais de son médicament contre la maladie d’Alzheimer, le Simufilam, en novembre, après avoir constaté l’absence d’effets bénéfiques sur le plan clinique.

Les conséquences de ces articles dépassent le cadre du laboratoire. Pour les patients et leurs familles, les traitements expérimentaux représentent souvent une ultime bouée de sauvetage. Encourager les gens à placer leurs espoirs dans des médicaments inefficaces, voire dangereux, est une trahison. La fixation sur une théorie dont les essais sur l’homme n’ont donné que des résultats limités peut également avoir détourné des ressources précieuses au détriment d’autres thérapies plus prometteuses.

Depuis 2023, la Food and Drug Administration, l’organisme américain de réglementation des médicaments, a approuvé deux nouveaux médicaments qui ralentissent modestement le déclin cognitif en s’attaquant aux plaques amyloïdes. Ils s’accompagnent également d’effets secondaires dangereux pour certains, notamment des gonflements et des hémorragies cérébrales. M. Piller reste sceptique quant à ces traitements. Il en va de même pour nombre de ses lecteurs, après son histoire captivante de la pensée de groupe médicale et des incitations biaisées. 

Source : The Economist

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Les études de McKinsey sur la relation entre la diversité et la performance des entreprises ne sont pas reproductibles

La plaque commémorant la première Britannique noire a été retirée parce qu’elle « venait de Chypre »

« Racisme systémique » — Professeur congédié après des soupçons de falsification de données dans de nombreuses études

Le président de l’université de Stanford a été démasqué pour falsification de données. Les preuves sont choquantes et il est déprimant de voir que Marc Tessier-Lavigne, ancien éminent neuroscientifique, n’ait pas été sanctionné comme il se doit pour sa faute professionnelle. (Voir les articles qui ont dévoilé ces scandales 1re partie, 2nde partie). 

Médecins admettent le lien entre hormonothérapie transgenre et le cancer dans des courriels fuités

La langue des thèses universitaires devient de plus en plus impénétrable (surtout dans les sciences humaines et sociales)

Selon une étude universitaire, une bonne partie des études universitaires ne seraient pas fiables…

dimanche 6 octobre 2024

Les religions font-elles plus de bien que de mal ?

Les religions sont-elles à l’origine des conflits ? Mènent-elles à la violence, ou bien pacifient-elles les rapports humains ? Font-elles plus de bien que de mal ?

Ce débat oppose Pierre Conesa, historien, ancien administrateur civil au ministère de la Défense, auteur de nombreux essais sur les fondamentalismes religieux, et Rémi Brague philosophe et historien de la philosophie, membre de l'Institut de France.


mercredi 6 mars 2024

Médecins admettent le lien entre hormonothérapie transgenre et le cancer dans des courriels fuités


Les dossiers de l’Association professionnelle mondiale pour la santé des transgenres (WPATH) montrent que les patients ne comprenaient pas toujours les conséquences du changement de sexe.

Des médecins d’un organisme de soins de santé transgenre de premier plan ont admis que des patients ont développé un cancer en raison des effets du traitement hormonal [risque du cancer du sein multiplié par 46 après le traitement hormonal]

Les fichiers fuités de l’Association professionnelle mondiale pour la santé des transgenres, qui établit des lignes directrices en matière de « soins » transgenres, montre que des médecins pratiquent des opérations chirurgicales qui changent la vie et prescrivent des bloqueurs de puberté alors qu’ils savent que les adultes et les enfants ne comprennent pas toujours pleinement les ramifications à long terme de ces opérations.

Un médecin a parlé d’une personne transgenre décédée d’un cancer à la suite de son traitement hormonal.

« J’ai un ami/collègue transgenre qui, après huit à dix ans de [testostérone], a développé un hépatocarcinome [une forme de cancer du foie] », a écrit le médecin.

« À ma connaissance, ce cancer était lié à son traitement hormonal… il était si avancé qu’il a opté pour des soins palliatifs et est décédé quelques mois plus tard. »

Les documents n’indiquent pas clairement si la personne décédée a été informée ou si elle était au courant de l’effet secondaire.

Vivre (vraisemblablement) heureux jusqu’à la fin de ses jours

Un autre médecin a déclaré qu’il allait procéder à une double mastectomie (appelée « chirurgie du haut ») sur une jeune fille de 16 ans, même si les hormones lui avaient probablement donné un cancer du foie.

« L’oncologue et le chirurgien ont tous deux indiqué que les hormones étaient probablement le(s) agent(s) incriminé(s) », a écrit le médecin. « Nous sommes prêts à soutenir la patiente par tous les moyens possibles (par exemple, une opération du haut lorsque l’état de santé est stable, etc.) »

Un thérapeute spécialisé dans les questions de genre a déclaré qu’il n’avait refusé de traiter qu’une seule personne en 15 ans.

« Je suis également intervenu en faveur de personnes chez qui on avait diagnostiqué un trouble dépressif majeur, un syndrome de stress post-traumatique complexe, qui étaient sans domicile fixe et qui avaient subi au moins une orchidectomie [ablation des testicules] », a déclaré le thérapeute.

« Au cours des 15 dernières années, j’ai dû malheureusement renoncer à écrire une seule lettre, principalement parce que la personne évaluée était en état de psychose active et avait des hallucinations pendant la séance d’évaluation. »

« À part cela, rien, tout le monde a reçu sa lettre d’évaluation, l’approbation de l’assurance et vit (vraisemblablement) heureux jusqu’à la fin de ses jours. »

Un certain nombre de médecins ont admis que leurs patients ne comprenaient souvent pas les conséquences d’un traitement hormonal ou d’une intervention chirurgicale, comme l’apparition d’une pilosité faciale.

Un psychologue pour enfants a déclaré dans un courriel divulgué dans le rapport : « [C’est] hors de leur portée » : « Ils ne sont pas en mesure de comprendre l’impact de certaines de ces interventions médicales sur leur développement. »

« Ils diront qu’ils comprennent, mais ensuite ils diront quelque chose d’autre qui vous fera penser qu’ils n’ont pas vraiment compris qu’ils allaient avoir des poils sur le visage. »

Pour la fameuse romancière J. K. Rowling (« Harry Potter »), les « soins » de transition risquent d’être l’un des pires scandales médicaux de l’histoire

Ni science ni médecine

Le contenu du forum a été divulgué à Michael Shellenberger, essayiste et journaliste américain.

« Les dossiers WPATH montrent que ce que l’on appelle la “médecine du genre” n’est ni de la science ni de la médecine », a-t-il déclaré.

lundi 19 février 2024

Le « lait humain », aussi bon que le lait maternel ?

Une lettre du directeur médical de l’University Hospitals Sussex NHS Foundation Trust, qui a fait l’objet d’une fuite, décrit le lait hormoné d’hommes qui se disent femmes transgenres et le lait de femmes biologiques comme du « lait humain », et affirme qu’ils constituent tous deux, et à proportion égale, « un aliment idéal pour les nourrissons ».

La lettre où ces indications apparaissent a été envoyée au nom du directeur général de l’établissement en réponse à la plainte d’un groupe militant concernant les politiques de l’établissement en matière d’égalité des sexes, rapporte le Daily Mail.

Selon le directeur médical, « il existe des preuves claires et sans équivoque que le lait humain est un aliment idéal pour les nourrissons », faisant ainsi référence à la fois au lait maternel et à la « lactation induite » chez des hommes qui se disent femmes. Il défend également le terme de « lait humain » « censé être neutre » et qui « n’est pas sexiste ».

Des études scientifiques ?


Pour étayer son propos, le directeur mentionne une étude scientifique de cinq mois réalisée en 2022. Cette recherche a mesuré « les concentrations de testostérone dans le lait des nourrissons » et n’a identifié « aucun effet secondaire observable chez les bébés » nourris par des hommes qui se disent femmes transgenres.

Contrairement à ces affirmations, des experts déplorent que le manque d’études empêche de tirer des conclusions sur d’éventuels effets secondaires de la lactation induite. « Il y a eu très peu de publications et la grande majorité d’entre elles n’ont pas examiné ce qui se trouve dans le lait lui-même. »

Des nourrissons « cobayes » ?

« Les bébés ne peuvent pas servir de cobayes pour le choix de vie de quelqu’un », dénonce la députée travailliste Rosie Duffield. En outre, elle estime que « l’utilisation par le NHS Trust du terme “lait humain” pour désigner le lait des mères et des femmes transgenres risque d’effacer les femmes ».

Le University Hospitals Sussex Trust est membre du programme « Diversity Champions » de Stonewall. Il a admis que sa politique découlait des conseils d’« organisations externes », mais a refusé de préciser lesquelles (cf. Des militants trans dans un groupe de travail de la HAS ?).

En 2018 déjà, des doses massives et très peu de lait

En 2018 déjà, six ans de traitement féminisant et 3 mois d’hormones à haute dose avaient permis à un homme qui se dit femme (une femme transgenre dans le jargon) d’allaiter six semaines le bébé de sa compagne.

« Ce cas montre que, dans certaines circonstances, une lactation modeste, mais fonctionnelle peut concerner les femmes transgenres », affirment les auteurs d’une étude parue dans le dernier numéro de la revue Transgender Health [1]. La « femme » — née homme — a pris un traitement à base d’estradiol et de progestérone pendant les trois derniers mois de grossesse, couplé à la dompéridone, qui augmente la quantité de lait, et à un usage intensif du tire-lait pour stimuler. La montée de lait n’a permis d’allaiter exclusivement le bébé que pendant six semaines, les biberons ont alors pallié l’insuffisance.

 « Il faut vraiment qu’elle ait pris de grosses doses pour avoir des montées de lait », s’étonnait la Dr Sandrine Brambilla, endocrinologue à Paris, « prendre des hormones en si grosse quantité est loin d’être anodin ».

Si l’enfant a grandi normalement et est en bonne santé, les chercheurs ajoutent tout de même qu’il faudrait faire une étude pour vérifier les apports nutritifs d’un lait « maternel » obtenu avec de tels traitements.

Dompéridone interdite aux États-Unis

La dompéridone est interdite aux États-Unis en raison des problèmes cardiaques qu’elle pourrait provoquer.

Le NHS le propose parfois aux femmes qui allaitent et qui ont du mal à produire du lait, à condition que ni la mère ni le bébé n’aient de problèmes cardiaques, et avec des instructions claires pour signaler tout changement dans le comportement du bébé.

En outre, on ne sait pas du tout ce que contient le « lait » d’un homme qui se dit femme transgenre. Étant donné que ces hommes sont susceptibles de prendre d’autres médicaments sur ordonnance dans le cadre de leur transition, tels que des anti-androgènes pour réduire leur production de testostérone, ainsi que des estrogènes et de la progestérone pour les aider à donner une apparence moins « masculine », les critiques affirment que le lait est potentiellement dangereux pour un nouveau-né, ou qu’il devrait à tout le moins faire l’objet de tests rigoureux.

Les féministes marmonnent qu’il y a encore deux poids deux mesures de la part de l’establishment médical — après tout, on dit aux femmes d’éviter l’aspirine pendant l’allaitement et de s’abstenir même de boire un verre de vin, car personne ne sait quelle quantité de produit passe dans le lait.
 
Les accusations de transphobie étouffent le débat et la recherche

« Nous ne disposons tout simplement pas d’études », a déclaré au Daily Mail la professeur Jenny Gamble, spécialiste des sages-femmes à l’université de Coventry.

En fin de compte, nous devons déplacer le centre de la question et nous demander pourquoi cette pratique a lieu en premier lieu. Quels sont les avantages pour le bébé ou la mère biologique ?

Cependant, à l’instar d’une grande partie du débat sur les questions transgenres, il est plus difficile qu’il n’y paraît de soulever ces questions. Pourtant, comme les personnes qui émettent des doutes sur le fait que des hommes se faisant appeler femmes transgenres induisent la lactation sont immédiatement accusées de transphobie, il est presque impossible de trouver des experts disposés à s’exprimer sur la question.

Plusieurs d’entre eux ont déclaré au Daily Mail : « Je ne peux pas associer mon nom à cette affaire, cela pourrait me coûter mon inscription ».

De nombreux professionnels de l’allaitement ont déjà été menacés de mesures disciplinaires ou éjectés de groupes de médias sociaux pour avoir exprimé leurs préoccupations.

Un grand nombre d’entre eux appartiennent à des groupes WhatsApp ou Facebook secrets, mais ne peuvent pas exprimer publiquement leur point de vue. « Si je suis expulsée de mon organisation, ce sont finalement les mères et leurs bébés qui en pâtiront », m’a dit l’une d’entre elles. Pour l’instant, je dois donc garder le silence.

Le lait maternel, une substance vivante

Ce que de nombreux experts disent en privé semble toutefois tout à fait incontestable pour la plupart d’entre nous : le lait maternel féminin est une substance biologique miraculeuse dont les propriétés ne peuvent être reproduites par l’équivalent masculin.

Après tout, le lait maternel est une substance « vivante » qui s’adapte aux besoins du bébé avec une précision remarquable.

Beaucoup d’entre nous connaissent le colostrum, « l’or liquide » produit dans les premiers jours de l’allaitement. Il contient des anticorps, des antioxydants, des vitamines et des nutriments en quantités bien plus importantes que le lait maternel.

La production de colostrum n’a jamais été observée chez les hommes.

Environ trois jours après la naissance, le lait de la femme « monte », mais change constamment pendant environ deux semaines, jusqu’à ce qu’il s’établisse en tant que lait maternel mature.

Ensuite, il continue à se modifier, souvent de manière très subtile, en fonction des besoins du bébé.

Si le bébé tète pendant une courte période, il reçoit un lait plus aqueux et désaltérant, connu sous le nom de premier lait. S’il continue à téter, il recevra du lait de fin de tétée, plus riche et plus calorique.

Le lait maternel évolue également au fur et à mesure que le bébé grandit, s’adaptant parfaitement à son âge et à son développement. Le lait des prématurés est spécifiquement plus riche en graisses, en calories et en protéines, tandis que le lait des bébés plus âgés est plus abondant en substances qui renforcent l’immunité.

En fait, nous découvrons constamment des façons étonnantes dont ce liquide remarquable sert le nouveau-né.

Lorsqu’une mère embrasse son bébé, par exemple, elle prélève des agents pathogènes sur son visage, qui se déplacent ensuite vers son système lymphatique et provoquent la création d’anticorps, que le bébé reçoit par l’intermédiaire de son lait.

On pense également qu’il existe une boucle de rétroaction complexe entre la salive du bébé et le mamelon de la mère, qui « informe » le sein des besoins du bébé en matière de santé, provoquant à nouveau une augmentation des anticorps en cas de virus, par exemple.

Le lait produit par les femmes est une usine à système immunitaire en temps réel. Rien ne prouve que la lactation induite chez les hommes puisse avoir l’un ou l’autre de ces effets.

Pénurie de moyens pour aider les femmes à allaiter, détournés par la cause trans ?

Bien entendu, il n’est pas toujours facile pour les nouvelles mères d’allaiter. Pourtant, l’aide du NHS et des organisations indépendantes est déjà très limitée, et de nombreux professionnels me disent qu’ils sont déconcertés et exaspérés par les ressources consacrées à la promotion de l’idée que les hommes essaient d’allaiter alors que tant de femmes luttent pour trouver un soutien adéquat. L’association La Leche League, qui milite pour l’allaitement, consacre par exemple un long espace à cette question sur son site web.

« Environ 85 % des mères commencent à allaiter au Royaume-Uni, mais ce chiffre chute d’environ 50 % au cours des six premières semaines, et neuf sur dix disent qu’elles ne voulaient pas arrêter, mais qu’elles ne trouvaient pas l’aide nécessaire », a dit au Daily Mail une femme qui ne souhaite pas être nommée, mais qui est impliquée dans l’éducation à l’allaitement.

Nous devrions nous efforcer de faire évoluer ces chiffres plutôt que détourner des moyens pour que des hommes allaitent.

Narcissisme ?

Une grande partie des discussions autour de l’allaitement par les hommes qui se disent femmes transgenres porte sur comment le rendre possible, sur la nature exacte du liquide et sur la question de savoir si c’est sûr ou non.

Ces questions sont toutes intéressantes, mais elles n’abordent pas le véritable problème : pourquoi est-ce nécessaire ?

Les femmes transgenres affirment que l’expérience de l’allaitement est une « affirmation de genre ». En d’autres termes, elles se sentent plus « féminines ». Mais « affirmer » les sentiments d’un adulte n’est pas la raison d’être de l’allaitement. Il s’agit d’abord d’alimenter un nourrisson le mieux possible.

[1] http://online.liebertpub.com/doi/full/10.1089/trgh.2017.0044

Source : Daily Mail

mercredi 4 octobre 2023

Canada — cinq femmes anthropologues bannies d'un colloque pour « transphobie »

Nous reproduisons ci-dessous une tribune libre écrite par des anthropologues et publiée dans l'hebdomadaire Marianne. Cinq anthropologues ont été bannies d'un colloque qui se déroulera à Toronto, au Canada, du 15 au 19 novembre, au motif que leurs travaux ne sont pas conformes à l'idéologie transgenre. 70 personnalités signent ci-dessous une tribune, lancée à l'initiative de plusieurs universitaires, afin de rappeler les principes de la liberté scientifique.

Cinq collègues anthropologues se voient interdites de colloque au Canada. Leur panel s’intitulait « Parlons sexe et procréation : pourquoi le sexe biologique demeure une catégorie analytique nécessaire en anthropologie » – et devait se tenir en novembre à Toronto. Il s’agit du Congrès annuel 2023 de l’American Anthropological Association (AAA) et de la Société Canadienne d’Anthropologie (CASCA) sur le thème des « Transitions ». Mais les conseils d’administration de ces deux instances les ont « déprogrammées » au motif que « l’expression des idées avancées pouvait nuire aux membres trans et LGBTQI de la communauté anthropologique et au-delà ».

Ce panel mettrait en cause « le respect pour les valeurs, la sécurité et la dignité » de la communauté anthropologique, ainsi que « l’intégrité scientifique du programme ». La censure s’exerce sur Kathleen Lowrey, Elizabeth Weiss, Silvia Carrasco, Kathleen Richardson et Michèle Sirois [auteur de Cette nouvelle idéologie qui efface les filles et les femmes].

La liberté scientifique compromise

Le raisonnement visant à interdire de parole les anthropologues est fallacieux. Ce panel réunit des femmes anthropologues de quatre pays, de trois langues différentes et trois domaines d'anthropologie. Elles s’interrogent sur l'effacement des femmes à la fois dans la vie sociale et dans la recherche. Dans son argumentaire, Kathleen Lowrey, reconnaît que les anthropologues n'ont pas tous besoin de différencier sexe et genre. Mais l’AAA adopte quant à elle la position officielle selon laquelle le fait de soutenir l'utilisation des catégories de sexe biologique (par exemple, mâle et femelle, homme et femme) mettrait en péril la sécurité de la communauté LGBTQI. Dans sa présentation intitulée « Pas de doute : les squelettes sont binaires ; peut-être pas les gens », Elizabeth Weiss écrit : « En médecine légale, cependant [??], les anthropologues devraient travailler (et travaillent) sur les moyens de s'assurer que les découvertes de squelettes sont identifiées à la fois par le sexe et l'identité de genre. » 
 
L’anthropologue espagnole Silvia Carrasco prévoyait de présenter des données sur « l'oppression, la violence et l'exploitation basées sur le sexe » et la difficulté de résoudre ces problèmes lorsque le sexe biologique est désavoué. Le résumé de l’anthropologue britannique Kathleen Richardson mettait en évidence les problématiques liées aux disparités matérielles entre les hommes et les femmes dans l'industrie des technologies et qui sont effacées par le fait de compter les hommes qui s'identifient comme trans, plutôt que par le fait d’avoir plus de femmes qui entrent dans la profession. L'anthropologue québécoise Michèle Sirois a proposé un compte rendu ethnographique des moyens mis en place par les féministes du Québec pour documenter, clarifier et s'opposer à l'industrie de maternité de substitution qui se cache sous couvert « d’équité » et « d’inclusion » et dont les politiques d’exploitation des femmes pauvres sont cyniquement formulées comme libératoires.

La décision de jeter l’anathème sur certains participants de ce colloque relève d’une décision fondée sur l’idéologie plutôt que sur la rationalité. Ainsi les données scientifiques et biologiques incontestables sont effacées au profit de l’idéologie du genre issue d’une sociologie dénaturée. La censure subie par nos collègues anthropologues est l’illustration même que la liberté scientifique est compromise au profit d’une idéologie politiquement correcte.
 
Les germes du totalitarisme ?

Non seulement cette décision interdit d’emblée le débat d’idées, mais ce processus d’exclusion ressemble fort au phénomène Lyssenko (ce biologiste et généticien de l'URSS qui s'est acharné jusqu'à l'aberration à faire coller la science aux principes du régime stalinien), exemple de perversion de la science par l’idéologie avec le blanc-seing de la communauté scientifique. Plus grave encore, l’intention affichée pour l'AAA et la CASCA de « se renforcer et s’unifier » en introduisant dans le futur « une évaluation approfondie des processus d’évaluation des soumissions aux colloques annuels, avec la participation des conseils d’administration » ressemble plus aux pratiques totalitaires que nous avons connues lors des dictatures communistes ou fascistes.

La soumission de sociétés savantes à l’idéologie du genre, du wokisme ou de l’intersectionnisme, est consternante. Pour mémoire, les totalitarismes prospèrent grâce aux lâches, aux opportunistes et aux faibles d’esprit, ce qui doit nous faire comprendre que l’heure est grave.

Certains anthropologues parmi les signataires ont grandi et vécu dans les pays communistes d’Europe de l’Est, et sont profondément outrés et choqués par ce type de censure et d’exclusion. Ils se rappellent avoir reçu de telles lettres durant le totalitarisme, les accusant de « non-respect pour les valeurs, la sécurité et la dignité des membres » du Peuple ou d’attenter à « l’intégrité scientifique du programme » du Parti.

Nous, signataires de cette lettre, vous adjurons, pour la liberté scientifique, de réintégrer nos cinq collègues dans votre colloque.

Premiers signataires :

1. Albert Doja, Professeur d’Anthropologie, Université de Lille

2. Claudio Rubiliani, Physiologiste de la Reproduction, Docteur d’État.

3. Céline Masson, psychanalyste, Professeur des universités

4. Caroline Eliacheff, pédopsychiatre, psychanalyste

5. François Rastier, directeur de recherche honoraire au CNRS

6. Pierre-André Taguieff, philosophe et historien des idées, CNRS

7. Martine Benoit, Professeur d’études germaniques, Université de Lille

8. Isabelle de Mecquenem, Professeur agrégée de philosophie

9. Bernard Ferry, psychanalyste

10. Laurence Croix, Enseignant-chercheur, CRPMS / IHSS, université Paris-Cité, France

11. Luis Fernando Macias García, Psicoanalista, profesor Universidad de Guanajuato, Mexico

12. Laure Caille, présidente Libres MarianneS

13. Jean Szlamowicz, linguiste, Professeur des universités

14. Nathalie Heinich, sociologue, Directrice de recherche

15. Patrick Miller, psychiatre, psychanalyste

16. Brigitte Poitrenaud-Lamesi, Maître de conférences émérite en Études italiennes, université de Caen Normandie

17. Luc Vandecasteele, médecin généraliste

18. Samuel Veissière, PhD, Anthropologist, psychosocial clinician

19. Michèle Vianès, Présidente de Regards de Femmes

20. Eva-Marie Golder, psychologue, psychanalyste

21. Didier Sicard, médecin interniste

22. Daniel Halpérin, Pédiatre, Genève (Suisse)

23. Wiktor Stoczkowski, anthropologue, École des hautes études en sciences sociales

24. Pierre Lévy-Soussan, psychiatre, psychanalyste (SPP., IPA).

25. Dominique Schnapper, sociologue

26. Maurice Berger, pédopsychiatre, professeur associé de psychologie de l'enfant

27. Louise L. Lambrichs, écrivain, chercheuse indépendante CRPMS

28. Béryl Koener, Pédopsychiatre, MD PhD

29. Jean-Daniel Lalau, Professeur d’endocrinologie et praticien hospitalier

30. Claude Habib, Professeur honoraire université Sorbonne nouvelle

31. Jean-François Braunstein, philosophe, Professeur des universités

32. Hubert Heckmann, maître de conférences en littérature, Université de Rouen

33. Joël Kotek, Professeur de Sciences Politiques (ULB)

34. Sonia Timsit, psychiatre, psychanalyste

35. Philip Carl Salzman, Emeritus Professor of Anthropology, McGill University

36. Roy Eappen, Endocrinologist

37. Marie Myriam Boutillier, Chef d'établissement

38. Frances Widdowson, Professor

39. Barbara Kay, journaliste

40. Guillaume Gillet, Psychologue clinicien, psychothérapeute, chargé de cours

41. Caroline Valentin, avocate

42. Luana Maroja, Professor of biology

43. Valeria Martucci Psychologue clinicienne, Psychothérapeute

44. Gilles Falavigna, essayiste et éditeur

45. Jacqueline Schaeffer, psychanalyste, Société psychanalytique de Paris

46. Jean-Pierre Lebrun, psychiatre, psychanalyste

47. Jean-Paul Leclercq, Psychologue

48. Anne Brun, Professeur de Psychopathologie et psychologie clinique, université Lyon 2

49. Jean-Marie Lacroix, Professeur des Universités, génétique, Université de Lille

50. Belinda Cannone, comparatiste, Université de Caen

51. Véronique Segonne, Psychanalyste, Ancienne attachée de l'AP-HP

52. Annie Sugier, Présidente de la Ligue du Droit International des Femmes

53. Jean Giot, professeur émérite, Université de Namur (Belgique)

54. Marianne Baudin, Professeur émériteUniversité Paris-Sorbonne, psychanalyste

55. Nora Markman, psychanalyste

56. Xavier-Laurent Salvador, Maître De Conférences

57. Eric Suire, Professeur des universités

58. Philippe de Lara, Maître de Conférences

59. Gilbert Abergel, psychanalyste

60. Michel Fichant, Professeur émérite des universités

61. Anne-Laure Boch, neurochirurgien

62. Laurent Le Vaguerèse, Psychiatre-psychanalyste

63. Isabelle Denys médecin gynécologue médicale

64. Wilfried Gontran, psychologue, psychanalyste

65. Claire Squires, psychiatre, Maître de conférences honoraire des universités

66. Gérard Rabinovitch, sociologue, chercheur honoraire CNRS

67. Joseph Ciccolini, Pharmacologue, Aix Marseille Univ & Assistance Publique Hôpitaux de Marseille

68. Monette Vacquin, psychanalyste

69. Paul Denis, Psychiatre, psychanalyste, Membre de la Société psychanalytique de Paris.

dimanche 16 juillet 2023

Aucune étude fondée sur les preuves démontre le bénéfice d’affirmer la transition de genre d’un mineur sur l’argument du risque suicidaire

Publié dans le Wall Street Journal du 13 juillet 2023:

En tant que professionnels expérimentés impliqués dans la prise en charge directe d'un nombre croissant de jeunes de diverses origines, dans l'évaluation des preuves médicales, ou dans les deux, nous avons été surpris par les affirmations de l'Endocrine Society concernant l'état des preuves en matière de soins affirmatifs pour les jeunes (Lettres, 5 juillet). Stephen Hammes, président de l'Endocrine Society, écrit : « Plus de 2 000 études publiées depuis 1975 brossent un tableau clair : les soins tenant compte du genre améliorent le bien-être des personnes transgenres et de diverses identités de genre et réduisent le risque de suicide ». Cette affirmation n'est pas étayée par les meilleures preuves disponibles.

Tous les examens systématiques réalisés à ce jour, y compris ceux publiés dans le Journal of the Endocrine Society, ont révélé que les preuves des avantages pour la santé mentale des interventions hormonales chez les mineurs étaient peu ou très peu certaines. En revanche, les risques sont importants et incluent la stérilité, la dépendance permanente aux médicaments et l'angoisse du regret. C'est pour cette raison que de plus en plus de pays européens et d'organisations professionnelles internationales recommandent désormais la psychothérapie plutôt que les hormones et les chirurgies comme traitement de première intention pour les jeunes dysphoriques de genre

L'affirmation du Dr Hammes selon laquelle la transition entre les sexes réduit le nombre de suicides est contredite par toutes les revues systématiques, y compris la revue publiée par l'Endocrine Society, qui déclare : « Nous n'avons pu tirer aucune conclusion sur le décès par suicide ». Aucune preuve fiable ne suggère que la transition hormonale soit une mesure efficace de prévention du suicide.

La politisation des soins de santé pour les personnes transgenres aux États-Unis est malheureuse. Pour y remédier, les sociétés médicales doivent aligner leurs recommandations sur les meilleures preuves disponibles, plutôt que d'exagérer les avantages et de minimiser les risques.

Cette lettre est signée par 21 cliniciens et chercheurs de neuf pays.

jeudi 6 juillet 2023

Texas — Professeur de biologie licencié pour avoir dit que le sexe était lié aux chromosomes

Un professeur de biologie du Texas demande sa réintégration après avoir été licencié pour avoir dit à des étudiants que le sexe était lié aux chromosomes.  
 

Selon une lettre du First Liberty Legal Group, publiée le 20 juin, le professeur de biologie Johnson Varkey a été licencié du St Philip’s College à San Antonio après que quatre étudiants ont quitté son cours lorsque Varkey a déclaré que le sexe était déterminé par les chromosomes en novembre 2023. Le collège St Philip’s est une école publique fondée à l’origine par des anglicans.

Le 10 janvier, un courriel de Randall Dawson, vice-président de la réussite scolaire à St. Philip’s, indiquait : « Je vous informe que le service des ressources humaines du district d’Alamo Colleges a reçu une plainte pour violation de l’éthique de la part de JBSA-Lackland, en rapport avec votre animation du cours BIOL 2402, pendant le trimestre de l’automne 2022 (Flex II). » 

Varkey, qui avait enseigné à l’université pendant 20 ans, a répondu pour demander de préciser la nature exacte de l’infraction, mais Dawson n’a pas répondu. Plus tard, le 27 janvier, M. Varkey a reçu un avis l’informant de son licenciement. 

Selon l’avis de licenciement, plusieurs plaintes avaient été déposées au sujet de ses prétendus « prêches religieux, commentaires discriminatoires sur les homosexuels et les transsexuels, rhétorique anti-avortement et badinage misogyne ».

Cependant, la lettre de First Liberty affirme que bien que Varkey soit un « fervent chrétien », il ne l’a jamais « mentionné en classe » et n’a « prêché aucune de ses croyances ».  

En outre, Varkey a enseigné aux étudiants la biologie du sexe pendant toute la durée de son séjour à St.  Philip's. « Aucun autre étudiant ne s’est jamais plaint » de cet enseignement scientifique de base.  

Philip’s College a violé le titre VII du Civil Rights Act (loi sur les droits civils) de 1964 contre la discrimination en licenciant le Dr Varkey en raison de ses convictions religieuses et de la protection de son droit à la liberté d’expression. La seule raison invoquée par le collège pour le licencier était la plainte d’étudiants concernant des « prêches religieux, des commentaires discriminatoires sur les homosexuels et les transsexuels, une rhétorique anti-avortement et des propos misogynes » ».  

« Bien que le Dr Varkey n’ait pas prêché ni fait de prosélytisme en classe, l’accusation de prédication religieuse était clairement liée au fait qu’il est pasteur associé », poursuit la lettre.

First Liberty promet d’intenter une action en justice si M. Varkey n’est pas réintégré.

L’opposition apparente de ce collège à enseigner que le sexe est basé sur les chromosomes est en contradiction avec la biologie de base. La Bibliothèque nationale de médecine indique que « deux des chromosomes (le chromosome X et le chromosome Y) déterminent votre sexe en tant qu’homme ou femme à la naissance. Ils sont appelés chromosomes sexuels : les femmes ont 2 chromosomes X. Les hommes ont 1 chromosome X et 1 chromosome Y. Les hommes ont 1 chromosome X et 1 chromosome Y. » 

mardi 27 juin 2023

Le génie du christianisme

Recension de l’ouvrage Ces Idées chrétiennes qui ont bouleversé l’histoire de Jean-François Chemain, diplômé de l’IEP de Paris, agrégé et docteur en histoire, docteur en histoire du droit.

L’une des questions sur lesquelles on nous a demandé de nous pencher était ce qui expliquait le succès, en fait la prééminence de l’Occident dans le monde entier. Nous avons étudié tout ce que nous pouvions des points de vue historique, politique, économique et culturel (…), nous nous sommes rendu compte que le cœur de votre culture, c’est votre religion : le christianisme. C’est pour cette raison que l’Occident est aussi puissant. » : ainsi témoignait un membre de l’Académie chinoise des sciences (cité par David Aikman dans Jesus in Beijing). C’est une évidence, reconnue par le monde entier, que seul l’Occident s’évertue à nier : celle d’une marque chrétienne qui a donné forme, âme, force et durée à notre civilisation.

C’est cette empreinte chrétienne que Jean-François Chemain, professeur d’histoire dans des établissements supérieurs catho­liques, entreprend de démêler dans son livre, Ces idées chrétiennes qui ont bouleversé le monde. Des sermons de saint Augustin à ceux de Bossuet, des harangues de Savonarole aux sonnets de Louise de La Vallière, cette synthèse érudite expose de façon lumineuse et vivante les grandes idées qui charpentent la cathédrale européenne depuis la bataille du pont Milvius (312), date de la conversion de Constantin, jusqu’à nos jours.

Jean-François Chemain bouscule les poncifs véhiculés par la légende noire qu’ont fabriquée les ennemis de l’Église : non, celle-ci n’a pas justifié l’esclavage, elle n’a pas asservi les femmes, elle n’a pas entravé la science, bien au contraire ! C’est dans les pays de marque chrétienne qu’a été abolie la servitude, rendue possible l’émancipation féminine et sont nées les plus grandes révolutions scientifiques qui ont donné lieu au monde moderne…

Bien sûr, il y a toujours eu des écarts entre l’idéal et la pratique. Les Européens ont fait la guerre, commis des massacres, asservi leur prochain. « Que des chrétiens aient commis des horreurs, c’est incontestable. Qu’ils les aient commises en tant que chrétiens, et au nom du christianisme, c’est à nuancer fortement », écrit l’auteur. Car toujours l’Église, malgré ses contradictions, tenait le flambeau d’une morale circonvenant le pouvoir politique à des obligations supérieures. D’Ambroise de Milan tançant Théodose à la pénitence de Canossa, les exemples sont nombreux d’un pouvoir spirituel imposant sa limite à l’hubris des puissants.

Jean-François Chemain insiste sur cette séparation entre le pouvoir politique et l’autorité religieuse, qu’il prend soin de ne pas appeler « laïcité », le terme aujourd’hui galvaudé n’ayant rien à voir avec la distinction établie par saint Augustin entre les deux cités, forgeant l’architecture spirituelle de l’Europe. L’auteur fait un détour intéressant par la Russie, sorte de contre-exemple où des siècles de césaropapisme, où autorité spirituelle et politique n’ont jamais été séparées, ont forgé un tout autre modèle civilisationnel.

La simonie est un danger, mais le spirituel détaché de tout enracinement n’en est-il pas un autre ? « L’Évangile sans l’Église est un poison », écrivait Joseph de Maistre. Sans aller jusque-là, on ne peut que souscrire au constat de Chesterton sur ces « vertus chrétiennes devenues folles » qui emplissent la modernité. Jean-François Chemain n’élude pas le sujet et aborde dans les derniers chapitres de son livre la « mauvaise conscience et le sentiment de culpabilité » qui habitent notre continent, trace évidente d’une mentalité chrétienne qu’aucune autre civilisation ne partage (ni les pays musulmans, ni les pays asiatiques ne se repentent jamais pour la litanie de massacres qui émaillent leur histoire). De même pour l’ouverture migratoire inconditionnelle, propre de notre civilisation.

L’application du christianisme conduit-elle à son effacement ? C’était la thèse formulée par Marcel Gauchet dans Le Désenchantement du monde. C’est un défi permanent que lance le christianisme à la chrétienté, nous rappelle Jean-François Chemain : « Être en cohérence avec son origine (…) au péril même de sa survie en tant que civi­lisation chrétienne et donc terre de liberté. » La question n’a pas fini de hanter l’Europe : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra », ce commandement vaut-il pour une civilisation ? Ce livre nous plonge dans ce vertigineux dilemme.

Source : Figaro Histoire

Ces idées chrétiennes qui ont bouleversé le monde 
de Jean-François Chemain,
publié le 10 mai 2023,
aux éditions Artège,
à Paris,
280 pages,
ISBN-13 : 979-1033614036

Voir aussi

Histoire — Aux origines de la légende noire espagnole 

« La légende noire du clérico-natalisme »

Histoire — Le Moyen Âge, une imposture. (Notamment l’Inquisition au Moyen âge n’a pas fait brûler de sorcières).

Le côté sombre des Lumières

Mythe — Le Moyen Âge n’a pas cru que la Terre était plate

Instruction au Moyen Age ou comment les écoles primaires étaient déjà légion en France

Idée reçue : « Au Moyen-Âge, les paysans sont accablés d’impôts »

La femme au temps des cathédrales (m-à-j vidéo Apostrophes avec Regine Pernoud)

Les gens travaillaient-ils tout le temps au Moyen Âge ?

La place des femmes au Moyen-Âge : elles votaient, elles ouvraient boutique sans autorisation maritale   

Livre de Rodney Stark : Faux Témoignages. Pour en finir avec les préjugés anticatholiques

La vérité sur l’affaire Galilée, l’hypothèse sans preuve

Histoire — les Français sous l’Ancien Régime payaient 18 jours de travail en impôts

Les manuels scolaires québécois d’histoire…

Manuel d’histoire [1] — chrétiens intolérants, Saint-Louis précurseur des nazis, pas de critique de l’islam tolérant pour sa part

Manuel d’histoire [2] — Chrétiens tuent les hérétiques, musulmans apportent culture raffinée, pacifique et prospère en Espagne

27 novembre 1095 — Appel lancé pour porter secours aux chrétiens d’Orient et aux pèlerins
 


 

lundi 17 avril 2023

France — Cri d’alarme contre les « absurdités scientifiques » du Planning familial

« La diffusion subventionnée de [..] contre-vérités scientifiques auprès d’adolescents en souffrance, en attente d’aide, est un véritable scandale ». Dans une tribune publiée par le journal Le Point, un collectif d’intellectuels et de médecins [1] pousse un « cri d’alarme » et dénonce les dérives du Planning familial.

« Le dogme antiscientifique de l’intersectionnalité »

« C’est avec le plus grand sérieux que le Planning familial, organisme d’éducation populaire, nous assène des absurdités scientifiques » s’indignent les signataires de la tribune.

Campagne d’affichage montrant deux hommes et titrant : « au Planning, on sait que des hommes aussi peuvent être enceints » (cf.
Campagne publicitaire [subventionnée] de l’homme « enceint » dénoncée par des féministes), lexique trans présentant une liste de « termes à ne pas utiliser » parmi lesquels « mâle/femelle » ou « masculin/féminin ». C’est à partir de « ce dogme antiscientifique de l’intersectionnalité » que le planning familial prétend « éduquer » les enfants et les jeunes.

« Nos enfants, nos adolescents sont en danger » alertent les signataires. L’adolescence est une « période critique, l’adolescent est fragilisé, en proie au doute », rappellent-ils. L’adolescent « recherche des appuis auprès de ses pairs, mais aussi auprès de sources diverses, malheureusement pas forcément fiables ou bien intentionnées » (cf. Genre : 140 médecins et intellectuels appellent à informer les jeunes objectivement).

« Danger pour la santé publique »


Les réseaux sociaux exploitent cette fragilité. Ils véhiculent des messages incitant les jeunes à changer de sexe (cf. Changement de sexe chez les enfants : « C’est comme si mon fils était sous emprise » d’une secte). D’où la multiplication de demandes de transition dans les pays occidentaux, surtout chez les filles, depuis quelques années. Certains pays font marche arrière (cf. Genre : deux projets de loi pour protéger les mineurs américains), mais la France pas plus que le Québec ne semblent pas encore prendre conscience de « ce nouveau scandale sanitaire » (cf. Changement de sexe chez les enfants : « un des plus grands scandales sanitaire et éthique »).

Elon Musk s’oppose véhémentement aux « thérapies » de transition de genre chez les mineurs

« Comment peut-on laisser un organisme tel que le Planning familial se fourvoyer dans une politique qui est à l’opposé de sa vocation originelle ? » s’indignent les signataires. « Depuis 2018 et sa conversion à l’intersectionnalité, ce n’est plus une dérive, mais un naufrage. Le Planning est devenu le refuge de militants transactivistes ». « Les formations du Planning familial constituent un danger pour la santé publique » déplorent-ils.

« Le Planning familial s’est disqualifié et ne devrait plus être autorisé à intervenir auprès des écoliers, des collégiens et des lycéens », « tout du moins tant que l’organisme ne pourra pas garantir la scientificité rigoureuse de ses propos » considèrent les signataires

À ce scandale social s’ajoute également un scandale financier selon le collectif d’intellectuels et de médecins. Le Planning est un organisme financé chaque année à hauteur de 2,8 millions d’euros par l’État et diverses collectivités rappellent-ils. « Il est urgent de conditionner les subventions du Planning familial au respect strict de ses orientations et finalités originelles » clament-ils.

 

[1] Liste des signataires :

Claudio Rubiliani  (physiologiste de la reproduction, docteur d’État et ancien inspecteur de l’Éducation nationale), Céline Masson (professeur des universités en psychopathologie clinique), Caroline Eliacheff (pédopsychiatre), Élisabeth Badinter (philosophe), Jean-François Braunstein (professeur émérite de philosophie à la Sorbonne), Nathalie Heinich (sociologue), Xavier-Laurent Salvador (maître de conférences HDR, président du LAIC), Pierre Vermeren (historien et président du conseil scientifique du LAIC), Pierre-André Taguieff, (philosophe et politiste, CNRS), Jean Szlamowicz (linguiste et professeur des universités), Claude Habib (professeur émérite de littérature), Marie-Jo Bonnet (historienne, féministe, écrivaine), Nicole Athea (gynécologue endocrinologue), Gérard Rabinovitch (philosophe, essayiste), Leonardo Orlando (docteur en science politique), Jean-Pierre Winter (psychanalyste, essayiste), Béatrice Guilbault Finet (enseignant chercheur), Caroline Valentin (avocat), Israël Nisand (professeur émérite de gynécologie obstétrique), François Richard (professeur émérite à l’université Paris Cité, psychanalyste membre formateur de la Société psychanalytique de Paris), Patrick De Neuter (professeur émérite de l’université de Louvain), Marianne Baudin (professeur émérite de psychopathologie), Nicole FARGES (psychologue, psychanalyste), Christian Godin (philosophe), Louise L. Lambrichs (écrivain), Nadia Geerts (militante laïque et auteur belge), Stanislas Korczynski (assistant spécialiste en psychiatrie au CPN Nancy), Catherine Jongen (thérapeute de couple et sexothérapeute), Caroline Calba (professeur agrégé), Robert Naeije (médecin, ancien professeur des universités), Maurice Berger (pédopsychiatre, ex-professeur associé de psychopathologie de l’enfant), Fadila Maaroufi (directrice de l’Observatoire des fondamentalismes à Bruxelles), Hala Oukili (journaliste), Paul Denis (neuropsychiatre, membre de la Société psychanalytique de Paris), Véronique Segonne (psychanalyste, ancienne attachée des hôpitaux de l’AP-HP), Michaël Saada (psychiatre, psychothérapeute), Jean-Marie Lacroix (professeur des universités ,microbiologiste), Monette Vacquin (psychanalyste), Nora Markman (psychanalyste-psychologue clinicienne), Sonia TIMSIT (psychiatre et psychanalyste), Anne-Laure Boch (neurochirurgien), Beryl Koener (pédopsychiatre, MD PhD), Isabelle Denys (gynécologue médical, praticien hospitalier hôpital de Valenciennes), Michel Bruno (psychologue-psychanalyste), Laurent Le Vaguerèse (psychiatre-psychanalyste), Celine Pina (journaliste), Guillaume Gillet (psychologue clinicien, psychothérapeute), Jacqueline Schaeffer (membre titulaire formateur honoraire de la Société psychanalytique de Paris), Fabienne Ankaoua (psychanalyste-dramaturge), Dominique Hof Mouzin (psychanalyste), Jean-Daniel Lalau (PU-PH au CHU d’Amiens, endocrinologie-nutrition), Marie-Laure Léandri (psychanalyste membre titulaire de la SPP), Annie Sugier (présidente de la Ligue du droit international des femmes), Anne Paulsen (pédiatre endocrinologue), Yana Grinshpun (maître de conférences en sciences du langage), Georges Lecoq (psychologue), Anne Verheggen-Lecoq (psychologue), Houria Abdelouahed (psychanalyste), Geneviève Bourdellon (psychiatre, psychanalyste, membre formateur de la SPP), Assaf Gérard Fitoussi (psychologue médical et psychanalyste), Olivier Halimi (psychologue, psychanalyste, Membre de la Société psychanalytique de Paris), Rhadija Lamrani Tissot (psychanalyste), Caroline Calba (professeur certifié et agrégé d’anglais), Christian Mosbah (psychiatre, psychanalyste), Monique Lauret (psychiatre, psychanalyste, Membre de la SPF), Anne Santagostini (psychiatre et psychanalyste), Catherine Jongen (thérapeute de couple et sexothérapeute) , Sophie Audugé (déléguée générale et porte-parole SOS Éducation), Kérel Proust (psychologue), Michel Tibayrenc (généticien, directeur de recherche émérite institut de recherche pour le développement), Irène Nigolian (psychiatre, psychanalyste), Anna Cognet (psychologue clinicienne), Laetitia Petit (MCF-HDR Aix-Marseille université), Dany-Robert Dufour (philosophe), Marie-Pierre Sicard Devillard (psychanalyste – SPF), Frédéric Jongen (philosophe, thérapeute de couples et sexothérapeute), Dominique A. Crestinu (gynécologue), J-Y Chagnon (psychologue et professeur des universités), Joseph Ciccolini (professeur de pharmacocinétique), Patrice Lévy (psychologue clinicien), Jean Marie Brohm (professeur émérite des universités), Brice Couturier (journaliste), Brigitte Letombe (gynécologue médicale), Georges Lecoq (psychologue), Ghada Hatem-Gantzer (praticien hospitalier médecin-chef de la Maison des Femmes), François Roudaut (professeur des universités), Gilbert Abergel (Comité Laïcité République), Mikhaïl Kostylev (journaliste), Emmanuelle Hénin, Renée Fregosi (philosophe et politologue), Gilles J. Guglielmi (professeur de droit public), Pierre-Henri Tavoillot (philosophe), André Tira (professeur de sciences économiques émérite), Michel Fichant (professeur émérite, Sorbonne Université), Albert Dojan (professeur d’anthropologie, université de Lille), Mireille Quivy (universitaire), Michel Messu (sociologue, professeur honoraire des universités), Alain Silvestre (médecin), Catherine Louveau (sociologue, professeure émérite), Guylain Chevrier (formateur et enseignant à l’université. Ancien travailleur social), Frank Muller (professeur des universités émérite), Catherine Louveau (sociologue, professeure émérite), François Vazeille (directeur de recherche émérite), Dominique Triaire (professeur émérite, université de Montpellier), Jean-François Mattei (médecin, anc. ministre de la Santé), Anne-Marie Le Pourhiet (professeur émérite de droit public) François Rastier (linguiste, directeur de recherche, CNRS), Vincent Tournier (maître de conférences de science politique), Michèle Tribalat (démographe), Aurélien Marq (haut fonctionnaire), Jean-Pierre Sakoun (Unité Laïque), Michèle Vianès (présidente de Regards de Femmes), Pascale Belot Fourcade (psychiatre), Sophie Dechêne (psychiatre infanto-juvénile), Luis Fernando Macias Garcia (professeur de sciences sociales et de philosophie), Ypomoni (collectif de parents d’ados en questionnement de genre), Liliane Kandel (sociologue et essayiste féministe), Sylvie Zucca (psychiatre), Didier Sicard (médecin, ancien chef de service de médecine interne), Gilles Falavigna (auteur), Patrick Miller (psychiatre et psychanalyste), Laurent Jolissaint (physicien, PhD), Fabien Ollier (directeur des éditions QS et de la revue Quel Sport ?)

Source : Le Point