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jeudi 31 octobre 2024

Lumière sur une légende noire

Un historien argentin rappelle que si la colonisation de l’Amérique du Sud par l’Espagne n’a pas été exemplaire, elle a notamment mis fin aux pratiques sanguinaires des autochtones.

Est-il possible que des événements survenus au XVIe siècle provoquent une crise diplomatique au XXIe siècle ? 

On l’a vu récemment entre l’Espagne et le Mexique, deux nations qui ont pourtant beaucoup d’intérêts communs. Le 1er octobre avait lieu la cérémonie d’investiture de la nouvelle présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum. Mais le roi d’Espagne n’avait pas été invité, poussant le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, qui, lui, avait reçu une invitation, à refuser de se rendre au Mexique en signe de solidarité avec Felipe VI. Raison de cet incident ? 

En 2019, l’ancien président du Mexique, Andrés Manuel López Obrador, avait écrit au pape François et au roi d’Espagne pour leur demander de reconnaître « de manière publique et officielle » les « dommages » provoqués sur les peuples indigènes par la conquête puis par la colonisation espagnole, entre 1521 et 1821, et de s’excuser. Si le pape avait fait savoir qu’il reconnaissait une « faute historique », la lettre du président mexicain était restée sans réponse du côté espagnol, entraînant, cinq ans plus tard, une mesure de rétorsion de la part de Mexico. 

En Espagne, le président du Parti populaire (droite centriste et conservatrice), Alberto Núñez Feijóo, a affirmé que la présidente mexicaine ferait mieux de s’instruire en lisant Ceux qui devraient demander pardon, un ouvrage de l’historien argentin Marcelo Gullo Omodeo. Ce livre, qui a été un important succès de librairie en Espagne (plus de 100 000 exemplaires vendus), le voici traduit en français.

Professeur d’histoire dans des universités sud-américaines, l’auteur rappelle que l’Amérique précolombienne était un enfer voué au cannibalisme, aux sacrifices humains et à l’esclavage. En faisant de la protection des Amérindiens une affaire personnelle, le dominicain Bartolomé de Las Casas a puissamment contribué à changer le regard des Européens sur les peuples indigènes. La légende noire de l’Amérique espagnole, explique Marcelo Gullo Omodeo, a été imposée par des Anglais et des Hollandais, dont les empires coloniaux virent le règne de l’esclavage, ou des Américains qui semblent oublier les massacres de la conquête de l’Ouest… Les 30 pages de références bibliographiques qui terminent l’ouvrage apportent une caution scientifique à un discours antiwoke assez polémique, mais roboratif.

Présentation de l'éditeur

Un livre qui a rencontré un énorme succès en Espagne : plus de 100 000 exemplaires vendus !

oici le premier ouvrage qui met en lumière l'importance de l'héritage espagnol face aux atrocités commises par les ennemis de l'Espagne. Dans ce livre exceptionnel, Marcelo Gullo démontre que, devant le "Tribunal de l'histoire", l'Espagne a été jugée par des juges partiaux et de faux témoins. 

Et il affirme, preuves à l’appui, que l'Amérique, avant 1492, ressemblait plus à l'enfer qu'au paradis, car les sacrifices humains, le cannibalisme, l'esclavage, le machisme et la prostitution régnaient partout. Il rappelle que, pendant des siècles, des pays comme la Grande-Bretagne, la Hollande ou les États-Unis ont exigé de l'Espagne qu'elle s'excuse pour les prétendus péchés commis lors de la conquête de l'Amérique, alors qu'en réalité, ce sont ces mêmes nations qui devraient le faire car leurs mains sont tachées de sang. 

L'Espagne n'a pas à s'excuser car la conquête de l'Amérique a été une tentative unique de faire prévaloir la justice et les valeurs chrétiennes à une époque brutale et sanguinaire. Et c'est précisément cette tentative réussie qui a fait de l'Espagne une exception dans l'histoire de l'humanité, car jamais auparavant ou depuis, une nation ne s'est comportée de la sorte. 

Marcelo Gullo Omodeo est professeur d’Histoire à l’Université de Buenos Aires et à l’Université Fluminense de Rio de Janeiro.

Ceux qui devraient demander pardon
La légende noire espagnole et l’hégémonie anglo-saxonne
de Marcelo Gullo Omodeo,
paru le 16 octobre 2024,
chez L’Artilleur,
à Paris,
494 pp.,
ISBN-13 : 978-2810012312

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27 novembre 1095 — Appel lancé pour porter secours aux chrétiens d’Orient et aux pèlerins
 
 
 
 
 

dimanche 22 octobre 2023

Étudiants anglophones résidents hors Québec — La hausse de leurs frais de scolarité se ferait déjà sentir

La décision du Québec d’augmenter les frais de scolarité universitaires pour les étudiants venant de l’extérieur de la province à partir de l’année prochaine pèserait [nous usons du conditionnel] déjà sur les élèves du secondaire et leurs familles.

Des centaines d’adolescents et leurs familles se sont rassemblés samedi sur le campus du centre-ville de l’Université Concordia pour assister à la journée portes ouvertes d’automne de l’école.

Malgré la forte participation, la directrice du recrutement étudiant de Concordia, Savvy Papayiannis, a eu l’impression que la foule était plus petite que les années précédentes.

« Il n’y a pas plus de monde, c’est sûr », a affirmé Mme Papayiannis [membre sans aucun doute de la communauté « historique anglophone »] au téléphone depuis l’évènement. Elle n’a pas pu confirmer les chiffres de fréquentation, mais a conclu qu’elle avait l’impression qu’il y avait une baisse de fréquentation.

Mme Papayiannis soutient que son bureau constate déjà les effets de la hausse des frais de scolarité qui devrait entrer en vigueur l’année prochaine, alors que de nombreux candidats potentiels annulent leur visite du campus et se retirent des évènements de recrutement.

Et depuis l’annonce du 13 octobre par le gouvernement provincial, des appels et des courriels ont afflué d’étudiants potentiels inquiets, a-t-elle fait savoir, dont beaucoup affirment que la hausse des frais de scolarité – de 8992 $ à environ 17 000 $ par an pour les Canadiens hors Québec – est une barrière financière insurmontable.

« Nous sommes de plus en plus critiqués chaque jour, a indiqué Mme Papayiannis.

Plusieurs élèves présents à la journée portes ouvertes ont déclaré que cette augmentation influencerait leurs décisions concernant l’université. Pour Gage Crouchman, 17 ans et originaire d’Ottawa, cela pourrait signifier renoncer à aller à l’école au Québec.

« C’est dommage, a-t-il déploré. [Pour] beaucoup d’étudiants, cela va enlever Montréal comme option. »

M. Crouchman envisageait Concordia et l’Université McGill voisine pour ses études de premier cycle. Il a dit que si le gouvernement revenait sur sa décision d’imposer une hausse des frais de scolarité, ce serait une toujours une possibilité. Autrement, « c’est définitivement non », a assuré son père, Cameron.

Coco Clément, une jeune de 17 ans qui a voyagé de Vancouver à Montréal pour visiter l’Université Concordia, soutient que les nouveaux frais de scolarité la rendent moins intéressée par le Québec en raison du fardeau financier supplémentaire.

« C’est extrêmement cher et cela fait que je ne veux pas autant venir ici simplement parce que c’est une autre chose que je dois surmonter », a raconté Mme Clément.

Bien que Kees Lokker, 16 ans, et son père originaires de Grimsby, en Ontario, disent que leur famille serait en mesure de payer les nouveaux frais de scolarité, d’environ 17 000 $, Kees Lokker craint que cette somme élimine des occasions pour ses amis.

« Cela va simplement rendre la tâche encore plus difficile pour eux d’obtenir suffisamment d’argent pour aller à Concordia, ou même dans une université comme McGill », a déclaré le jeune homme de 16 ans.

Il envisage les programmes renommés d’ingénierie et d’aérospatiale de la province, mais son père affirme que cette augmentation les encouragera à explorer plus sérieusement les options en Ontario, aux États-Unis et en Europe.

Déclin du français au Québec


Selon les données préliminaires de Statistique Canada pour l’année scolaire 2023-2024, les frais de scolarité de premier cycle d’environ 17 000 $ seraient parmi les plus élevés au pays pour les étudiants nationaux et les plus élevés en dehors des programmes spécialisés de premier cycle en droit, en gestion, en dentisterie, en médecine, en médecine vétérinaire et en pharmacie.

« Je ne pense pas que ce soit juste », a mentionné Jaco Lokker, pointant du doigt les frais de scolarité dans d’autres provinces.

Québec a fait valoir que cette augmentation lui permettrait de récupérer le coût de l’éducation des non-résidents du Québec. Le gouvernement provincial prévoit également de facturer aux universités 20 000 $ pour chaque étudiant international qu’elles recrutent. Le premier ministre François Legault a défendu cette décision, insistant sur le fait que les contribuables québécois ne devraient pas avoir à subventionner les étudiants de l’extérieur de la province.

Cette mesure devrait toucher principalement les trois universités anglophones du Québec – Concordia, McGill et Bishop’s – qui accueillent plus de non-Québécois que les écoles francophones. Des membres du gouvernement ont évoqué ce qu’ils affirment être un déclin du français dans la province dans leur décision d’augmenter les frais de scolarité. M. Legault a soutenu mardi que l’afflux d’étudiants anglophones « menace la survie du français ».

Le Québec s’est engagé à réinvestir ses fonds récupérés dans le réseau universitaire francophone.


mardi 21 décembre 2021

Titania, le compte woke parodique

« La parodie n’est qu’un wokisme avec un peu d’avance. »

En publiant des gazouillis woke parodiques, le compte Titania McGrath, tenu par le comédien Andrew Doyle, a prédit une quinzaine de réelles polémiques.

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Parodier le vocabulaire des études de genre : un nouveau genre à succès ? 

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dimanche 17 octobre 2021

Une « nouvelle tradition » : le mensonge sur Montréal, terre ancestrale des Agniers non cédée

Dans un communiqué, l’équipe cosmopolite de hockey nommée ironiquement en français « les Canadiens » (dans le sens de Franco-Canadiens) indique souhaiter reconnaître les « Kanien'keha:ka », connus en français comme les Agniers et en anglais comme les Mohawks, pour leur hospitalité sur le territoire traditionnel non cédé où se trouve le Centre Bell.

Cette génuflexion devrait avoir lieu avant chaque joute à domicile. C’est ce que la direction des Canadiens appelle une nouvelle « tradition ». Cette équipe de sport a été formée en 1909 pour regrouper des joueurs francophones capables de rivaliser avec les Wanderers, anglophones, du quartier McGill College. Aujourd’hui, l’équipe est massivement anglophone et appartient à la famille anglophone Molson.

Ainsi, les Canadiens français feraient désormais partie des « autres peuples de la communauté » alors qu'ils étaient, naguère encore, un des deux peuples fondateurs, après avoir été LE peuple fondateur. Merci les politiciens et leurs politiques migratoires, éducatives et linguistiques.

 
Frédéric Bastien, historien et professeur, a réagi à cette annonce :

MONTRÉAL TERRITOIRE NON-CÉDÉ : MENSONGES ET PROPAGANDE POLITIQUEMENT CORRECTE DU CLUB DE HOCKEY CANADIEN

Pour les amateurs de hockey dont je suis, ce 16 octobre est la journée du premier match du Canadien à la maison, un moment pour retrouver notre équipe favorite, un moment de réjouissance. Or, voilà que la direction nous annonce qu’elle reconnaîtra lors des matchs que l’équipe joue en territoire mohawk non cédé (voir le lien vers l’annonce du club dans les commentaires).

Premièrement, Montréal n’a jamais été un territoire mohawk. JAMAIS ! Des fouilles archéologiques aussi récentes que 2014 l’ont prouvé une nouvelle fois. Seul le leadership politique mohawk prétend une telle chose. Cette revendication est très récente et s’appuie uniquement sur la tradition orale des Mohawks. Tous les spécialistes sont d’accord pour dire qu’il n’y avait pas et qu’il n’y a jamais eu de Mohawk à Montréal avant l’arrivée des Français. Quand les Français ont pris possession de Montréal, il ne s’y trouvait absolument personne, ni sur l’île, ni dans ce qui est aujourd’hui la région métropolitaine de Montréal.

Par ailleurs, et c’est le deuxième mensonge, les Français étaient alliés des autochtones et ne leur demandaient jamais de céder leur territoire en vertu d’un traité. Cette pratique de cession de territoire était celle des Anglais, qui sont arrivés plus tard, et ensuite la pratique des fédéraux.

Les Mohawks du Québec sont en fait sur le territoire de nos ancêtres français. Ils vivaient au départ dans l’actuel État de New York, à qui ils devraient adresser leurs doléances. Les premiers d’entre eux à venir chez nous ont été invités par Louis XIV. Les Mohawks dont il est question s’étaient convertis au christianisme et étaient persécutés par leurs coreligionnaires. C’est pour les protéger que nous les avons accueillis ici, à Oka pour être plus précis. Par la suite d’autres Mohawks sont arrivés sur la rive sud de Montréal, suite à l’indépendance américaine, à l’invitation cette fois des autorités britanniques. Ils s’étaient battus pour la couronne anglaise contre les États-Unis et risquaient le pire en restant sur leur territoire ancestral, la région de la rivière Mohawk proche d’Albany. L’accueil des Britanniques a permis au peuple mohawk d’éviter l’extermination. Historiquement parlant donc, les Mohawks doivent beaucoup à la France et à l’Angleterre.

Le club de hockey Canadien écrit que « la reconnaissance et le respect sont indispensables à l’établissement de relations saines et réciproques avec les populations autochtones et à la poursuite du processus de réconciliation ». Tout le monde sera d’accord avec ça. Mais quand on utilise le mensonge au nom d’une bonne cause, cela veut dire qu’il n’y a plus de cause en fait. Mentir c’est alimenter la discorde et le ressentiment. Le Canadien verse aujourd’hui dans la propagande politiquement correcte. Au lieu d’apaiser les relations avec les Premières Nations, il jette de l’huile sur le feu, creuse le fossé qui nous sépare des Premières Nations et empêche la réconciliation.

Quant à l’historien Alain Beaulieu, professeur d’histoire à l’Université du Québec à Montréal voici ce qu’il en dit :

L’île de Montréal fait-elle partie, comme l’affirment les Mohawks [Agniers en français], de leur territoire traditionnel ? Les évidences en faveur d’une telle thèse sont très minces, voire inexistantes.

À l’arrivée des Français dans la vallée du Saint-Laurent, le territoire de la confédération iroquoise, dont faisaient partie les Mohawks, se trouvait au sud du lac Ontario et du Saint-Laurent, à l’ouest de l’axe formé par le lac Champlain et le Richelieu. Il n’y avait alors aucune occupation mohawk (ou iroquoise) le long du fleuve, qui était fréquenté par les Innus [Montagnais en français] et les Algonquins, dont le contrôle sur cette région restait toutefois fragile.

En 1603, Champlain décrivait la zone comme une sorte de no man’s land, où personne n’osait s’établir en permanence, en raison des incursions iroquoises. Les motivations politiques des [Agniers] restent impossibles à cerner avec certitude, mais elles découlaient probablement de leur volonté d’y établir leur domination dans le contexte du développement de la traite des fourrures. Si c’était le cas, leur projet échoua, car les Français s’allièrent plutôt à leurs ennemis ([Montagnais], Algonquins et Wendats [Hurons en français]) et parvinrent, après une offensive militaire en 1666, à leur imposer une « paix universelle » englobant tous les alliés autochtones de la Nouvelle-France.

Cette paix, qui dura une vingtaine d’années, marque d’ailleurs le début de l’installation des [Agniers] dans la vallée du Saint-Laurent. À l’invitation des autorités françaises, plusieurs Iroquois y migrent dans les années suivantes, attirés notamment par la religion catholique. Provenant principalement de la nation [agnière], ils s’installent, sous la direction des Jésuites, sur une terre octroyée par Louis XIV en 1680 : la terre du Sault–Saint-Louis, qui deviendra Kahnawake. À la même époque, les Sulpiciens fondent une autre mission iroquoise sur l’île de Montréal. Déplacée à quelques reprises, cette mission aboutit finalement au lac des Deux-Montagnes, donnant naissance à la communauté de Kanesatake.

L’installation des Mohawks dans le secteur de Montréal se fait donc dans un contexte colonial particulier, qui n’a certainement pas pour effet de transformer la région, contrôlée par les Français, en territoire [agnier].

D’où vient alors l’idée que l’île de Montréal faisait partie du territoire des [Agniers] ? Essentiellement des liens que les Mohawks établissent depuis quelques décennies entre leurs ancêtres et les Iroquoiens rencontrés en 1535 par Jacques Cartier dans la vallée du Saint-Laurent.

Ces autochtones, qui abandonnèrent la région dans la seconde moitié du XVIe siècle, sans doute à la suite de guerres avec d’autres nations amérindiennes, étaient, affirme-t-on à Kahnawake, des Mohawks [Agniers]. L’installation de leurs ancêtres dans la région de Montréal après 1666 ne serait, en somme, que la réoccupation d’un territoire traditionnel.

Les recherches des dernières années, notamment archéologiques, contredisent une telle interprétation. Elles montrent plutôt que les Iroquoiens de la vallée du Saint-Laurent formaient un groupe distinct, qui disparut en tant qu’entité politique dans la seconde moitié du XVIe siècle. Cette interprétation ne cadre pas non plus avec la tradition orale des Mohawks [Agniers] recueillies au XVIIIe siècle. Cette tradition n’associe jamais leur présence dans ce secteur à une occupation antérieure.

À cette époque, les [Agniers] ne se considéraient pas non plus comme les occupants originaux des lieux. Ils concédaient ce droit aux Algonquins qui, de leur côté, continuaient à les percevoir comme des étrangers venus s’établir sur leurs terres, comme des « empruntés » pour reprendre la formule péjorative qu’ils employaient parfois à leur égard : « Nous sommes les premiers qui avons habité cette terre », affirmaient-ils en 1756 en présence des Mohawks ; « vous autres […] êtes venus ensuite, les Français vous ont aussi bien reçus et vous vous êtes déclarés leurs enfants ».

Au lendemain de la Conquête, les Britanniques, qui connaissaient l’histoire de la communauté [agnière], partageaient globalement cette vision des choses. Dans leur logique juridique, les Mohawks ne pouvaient espérer des compensations pour leurs terres de chasse, comme le prévoyait la Proclamation royale de 1763, car ils avaient abandonné leur territoire ancestral pour venir se placer sous la protection des Français.

L’île de Montréal doit-elle alors être considérée comme un territoire autochtone non cédé ? La question mérite d’être posée dans le contexte plus large de la politique anglaise à l’égard des terres autochtones au lendemain de la Conquête. Les Mohawks [Agniers], en raison de leur histoire, ne semblent pas répondre aux critères établis par les Britanniques, mais d’autres nations ou communautés pourraient éventuellement se prévaloir d’une telle reconnaissance.

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