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mercredi 4 décembre 2024

France — Éducation à la sexualité à l'école : de quoi parle-t-on ?

Charlotte d'Ornellas fait le point sur le programme d'Éducation à la sexualité en France dans l'émission Face à l'info du 02/12/2024 sur CNews.

 

 Éducation à la sexualité : l’Enseignement catholique émet à son tour des réserves

L’Enseignement catholique et l’Association de parents d’élèves de l’enseignement libre (Appel) ont à leur tour exprimé leurs « sérieuses réserves » face au projet de programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle. La ministre de l’Éducation nationale refuse toujours toute modification du texte.

Plus de détails.


samedi 1 juin 2024

Ce qui ne va pas dans la formation des futurs profs

Extraits d'un long texte de Joseph Facal publié dans le Journal de Montréal cette semaine : 

Le 21 mai, dans nos pages, une chargée de cours à l’UQAM, Pascale Bourgeois, a fait sauter une bombe.

Elle s’en prenait à la faible qualité de la formation des futurs enseignants dans nos facultés d’éducation, à la faible qualité moyenne des étudiants aussi, et à leurs effets combinés sur tout notre système scolaire.


On trouve deux niveaux dans ce propos de Mme Bourgeois qui a soulevé l’ire du milieu.

À un premier niveau, elle ne fait que constater.

Il y a certes de formidables exceptions, mais les étudiants qui deviendront professeurs dans nos écoles primaires et secondaires sont, dans l’ensemble, de faible niveau, remarquablement peu curieux, et agissent en enfants gâtés plus qu’en adultes responsables.

C’est ainsi parce que les critères d’admission sont très bas et parce que ces jeunes sont eux-mêmes les produits du système éducatif et de la société tels qu’ils sont.

Les facultés d’éducation, dit-elle, réagissent en abaissant leurs exigences et en offrant des formations pauvres en contenu intellectuel, surtout axées sur des techniques de gestion de classe.

Comment en sommes-nous arrivés là? C’est le deuxième niveau de sa charge.

Dans sa lettre-coup de poing du 21 mai, Pascale Bourgeois ne se contente pas de montrer du doigt le peu de motivation et de curiosité intellectuelle de beaucoup d’étudiants qui se destinent à la profession d’enseignant.

Elle met aussi en cause la doctrine dominante dans les facultés qui les forment, ici comme ailleurs.

Les deux aspects sont liés dans un cercle autoreproducteur: ces étudiants sont partiellement le produit de cette doctrine éducative, qu’ils apprennent maintenant, et qui fondera leur pratique professionnelle ultérieure.

Doctrine

Je vous ai parlé samedi de la façon assez traditionnelle dont j’enseignais, qui était celle que j’avais connue comme écolier. Nous sommes rendus ailleurs et je n’y vois pas un progrès.

Que mange en hiver cette doctrine – appelée constructivisme, et dont il existe plusieurs variantes – qui domine désormais dans les facultés d’éducation? Voici en gros.

Chacun construit ses connaissances. L’enseignant est donc moins là pour transmettre un savoir objectif et préexistant, mais davantage pour accompagner l’enfant dans sa quête personnelle.

Tout est centré sur l’enfant et ses besoins. Tout devient personnel, donc subjectif et relatif, d’autant plus qu’il n’y a pas deux enfants pareils. C’est l’environnement scolaire qui doit s’ajuster à lui et non l’inverse.

Forcément, si les désirs ou les «besoins» de l’enfant priment, on marginalise, voire on évacue souvent, des notions comme l’efficacité, les moyennes de groupe, la validation par l’expérimentation, les évaluations comparées, etc.

Quand il arrive à l’université, ce jeune est tout étonné de voir qu’on n’y fonctionne pas comme à l’école qu’il connaît depuis la maternelle. Il se met alors à exiger que l’environnement s’adapte à lui... et obtient souvent gain de cause.

Cette doctrine prédomine non seulement dans les facultés d’éducation, mais au ministère, chez les conseillers pédagogiques, les syndicats, les organismes chargés de conseiller les élus, etc.

Dans le monde universitaire, ceux qui ne la partagent pas auront du mal à trouver des postes ou à obtenir du financement pour leurs recherches.

S’y opposer, c’est évidemment être «nostalgique», «réactionnaire», de «droite», «élitiste», adepte du «bourrage de crâne», etc.

On comprend donc la levée de boucliers suscitée par la décision de Bernard Drainville de créer un institut d’excellence qui recenserait les pratiques éducatives les plus efficaces en se fondant sur des données probantes.

Suites

Incidemment, pour ce qui est des résultats impressionnants des enfants québécois aux tests PISA, ils sont à prendre avec un grain de sel de gros calibre en raison des hauts taux de non-participation de beaucoup d’écoles publiques et de la difficulté à réconcilier ces scores avec des taux de diplomation beaucoup moins spectaculaires.

[Voir aussi:
 
PISA évaluerait-il plus l'intelligence que les acquis ?

  
 

 ]

Espérons que la sortie de Mme Bourgeois déliera les langues, secouera cette orthodoxie, permettra de faire entrer de l’air frais.

Il faut aussi souhaiter qu’elle ne subisse pas de conséquences fâcheuses pour avoir dit le fond de sa pensée.

La liberté académique et la loi 32, il faut que cela veuille dire quelque chose pour vrai.

lundi 11 septembre 2023

Programme Culture et citoyenneté québécoise (CCQ) contient des notions de « discrimination systémique », un concept rejeté par Legault...

Le cours Culture et citoyenneté québécoise (CCQ), qui remplacera l’an prochain celui d’Éthique et culture religieuse (ECR), contient des notions de « discrimination systémique », un concept longuement rejeté par le gouvernement de François Legault.

Selon des documents pédagogiques fournis aux enseignants cet été, cette idée fera partie des notions qui pourront être enseignées dans les classes de 4e secondaire lorsque se mettra en branle l’année 2024-2025. Même chose pour l’« appropriation culturelle », l’« ethnocentrisme », ou encore le « profilage racial », des notions qui apparaissent toutes dans le cursus de cinquième secondaire du Programme de formation de l’école québécoise.

Le premier ministre François Legault n’a jamais reconnu les termes « racisme systémique » et « discrimination systémique ».

Appelé à le faire à plusieurs reprises en 2020, il s’est contenté de répéter comme un leitmotiv qu’« il y a du racisme au Québec », mais que « la majorité des Québécois ne sont pas racistes ». Et surtout : « on ne peut pas prétendre que le système dans son ensemble est raciste », a-t-il maintes fois affirmé.
 
« Développer l'esprit critique face à ses concepts »  ?

Jeudi, la porte-parole [du parti d'extrême gauche] Québec solidaire en matière d’éducation et candidate au poste de co-porte-parole du parti, Ruba Ghazal, a incité le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, à ne pas s’immiscer dans le dossier, même si la discrimination systémique n’a pas été reconnue par son gouvernement.

« Le programme a été pensé par des experts, des spécialistes de ces enjeux qui vont être enseignés aux élèves. S’ils trouvent que c’est pertinent de l’enseigner, c’est important que ça reste », a-t-elle dit en entrevue au Devoir.

Lancé à ce sujet, le cabinet de M. Drainville a assuré qu’aucun changement ne serait apporté au cours. « Les concepts présentés font partie du débat public et sont donc sujets à la discussion et à la réflexion critique. Il est donc souhaité que de tels concepts soient abordés afin que les élèves puissent en discuter et en débattre, développer un esprit critique face à ces concepts, et en bout de ligne, se faire une tête par eux-mêmes », a indiqué dans une réponse écrite l’attachée de presse du ministre, Florence Plourde.

Selon le porte-parole du Parti québécois en matière d’éducation, Pascal Bérubé, le gouvernement doit à tout prix « faire en sorte que le nouveau cours de Culture et citoyenneté ne soit pas empreint d’une idéologie particulière ». « On peut certes enseigner le débat autour de ce terme, mais pas le présenter comme notion éducative, alors que plusieurs sont d’avis que cette théorie n’est pas du tout applicable au Québec », a affirmé l’élu péquiste dans une déclaration écrite.

La présidente de l’Association québécoise en éthique et culture religieuse, Line Dubé, rappelle que les concepts enseignés dans le cadre du nouveau cours de CCQ seront « objectivés ».

« Ce qui est demandé à l’enseignant, c’est que, peu importe le sujet à l’étude, il a une obligation de neutralité. On tend le plus possible à rester dans ces paramètres. Parce que presque tout le programme porte sur des questions socialement vives ou sensibles », a-t-elle souligné au Devoir. « Donc, comme prof, on ne doit pas exprimer son opinion. »

Les écoles du Québec dispenseront le cours de CCQ à partir de la prochaine rentrée automnale. Quoique dès cette année, une période de transition offre aux enseignants le choix de donner l’ancien cours d’ECR ou le nouveau. Il vise à transmettre aux élèves des aptitudes pour « participer de manière éclairée et active à la discussion collective ». Les sujets abordés vont des violences sexuelles aux institutions démocratiques et juridiques, en passant par la diversité de genre et l’écocitoyenneté.

Source : Le Devoir

lundi 4 septembre 2023

Jean-Paul Brighelli sur l'école

Si l’interdiction de l’abaya est un pas dans la bonne direction, l’Éducation nationale a encore besoin de réformes d’ampleur, argumente Jean-Paul Brighelli, professeur agrégé de lettres modernes*. Parmi elles, l’imposition de l’uniforme et le recentrage sur les savoirs fondamentaux sont indispensables, estime-t-il.

Gabriel Attal, tout juste nommé à l’Éducation, a réussi un joli coup. En promettant un décret interdisant le port des abayas, il s’impose en se démarquant de son prédécesseur, trop woke pour prendre clairement position sur un sujet qui empoisonne depuis longtemps la vie des chefs d’établissement. Il divise profondément la gauche, qui hésite entre soutien (Fabien Roussel) et rejet (Clémentine Autain et LFI en général).

Il prend ses marques vis-à-vis des syndicats, eux aussi partagés entre soutien et suspicion. Il réjouit les vrais laïques, auxquels Pap Ndiaye avait porté des coups sensibles pendant un an. Et il s’offre même le luxe de paraître féministe — du moins un féminisme à la Badinter, qui s’est toujours prononcée contre le voile et autres oripeaux d’aliénation. Parce que l’abaya, comme le voile, stigmatise les femmes, que l’islam n’a de cesse de dégrader.

Interdire les défroques religieuses, dans les faits, ne sera pas facile. Le plus simple est d’instaurer l’uniforme, comme cela se fait aux Antilles, et sans que les adolescents là-bas protestent. Jupe pour les filles, blazer pour les garçons. Avec des contraintes fortes sur la chevelure, les chaussures, les tatouages: on doit s’habiller pour venir à l’école comme on s’habille pour être chirurgien ou homme d’affaires.

L’uniforme, qui relancerait une industrie du vêtement aujourd’hui moribonde, est un bon moyen d’égaliser les conditions, afin que la seule distinction soit celle du travail et du talent. C’est cela, l’élitisme républicain. Ce n’est pas être d’extrême droite que de dire cela — n’en déplaise aux aveugles qui traitent de fascistes tous ceux qui voient trop bien.

Réformer en profondeur

Évidemment, l’abaya est le petit doigt qui cache la forêt des vraies préoccupations. Il faut repenser tout le système éducatif, si l’on veut arrêter la glissade de la France, ininterrompue depuis vingt ans, vers les abysses des classements internationaux. Revenir sur le collège unique, dont le plus bel effet fut de descendre automatiquement le niveau.

Réformer en profondeur la loi Jospin, grâce à laquelle ce ministre de gauche, trois mois plus tard, n’avait pas osé interdire les voiles de Creil, et s’en était remis au Conseil constitutionnel, manœuvre dilatoire qui donna de l’espoir à tous les extrémismes religieux. Il faut repenser la formation des maîtres, et ne pas confier les clés des écoles normales, que le ministre pense aujourd’hui à ressusciter, aux pédagogues qui ont massacré trois générations de néoprofs via les IUFM, ESPE et INSPE: recruter les candidats à bac +1, par exemple, et les former à fond jusqu’à la fin de la licence, sans reculer indéfiniment l’entrée dans le métier.

Mais l’essentiel est de reprendre les programmes, en donnant aux établissements une vraie souplesse pour augmenter, quand c’est nécessaire, la part du français (40 % de quasi-analphabètes en sixième est un record dont aucun ministre ne devrait se satisfaire) et des sciences. Et de l’histoire, qu’il faut arracher aux lubies des idéologues pour qui narrer l’histoire de France, c’est exalter le colonialisme cocardier.

Et il faut faire ces réformes vite, et concurremment. Si tout change en même temps, les adversaires du savoir et de l’intelligence n’auront pas le temps de protester. Peut-être faut-il aller jusqu’à permettre un recrutement régional, et donner aux chefs d’établissement le pouvoir de raisonner les partisans du moindre effort — ou celui de les révoquer. Il faut dégraisser le mammouth en réformant les habitudes jacobines qui permettent effectivement de prendre des décisions, mais ralentissent leur mise en exécution.

Ce qui est sûr, c’est que chaque école, chaque collège, chaque lycée doit pouvoir gérer les emplois du temps, en donnant plus à ceux qui en ont le plus besoin, et en cessant de disperser l’énergie à étudier des matières annexes et des «sensibilisations» qui ne font plaisir qu’à ceux qui les colportent: les élèves ont bien le temps d’apprendre à conduire, de régler leur alimentation, de se soucier des problèmes écologiques ou d’étudier à fond la sexualité de leur prochain. Il faut leur apprendre à lire, écrire, compter — et savoir d’où vient ce « vieux pays», comme disait de Gaulle.

Relever le niveau

Oui, Gabriel Attal a réussi un joli coup, mais il n’a pas gagné la partie. Il doit savoir que son ministère est infiltré, depuis trente ans, de forces négatives qui dénaturent le moindre décret pour préserver, disent-ils, la sacro-sainte liberté pédagogique. Il est temps que des consignes claires disent aux professeurs, à tous niveaux, ce qu’ils doivent faire et comment ils doivent le faire: apprendre à lire et à écrire en méthode alpha-syllabique, par exemple.

Dernier point, il faut penser à une vraie mixité scolaire, qui ne consiste pas à saupoudrer les classes des riches de quelques pauvres, mais à confronter les intelligences, de quelque milieu qu’elles viennent. La France qui sombre a besoin de tous les talents pour être à nouveau l’exemple des nations.

Parce que c’est par l’Éducation que le combat économique se gagne — voir la Chine ou le Japon. Il fut un temps où les industriels étrangers (Toyota à Valenciennes par exemple) s’installaient en France parce que l’ouvrier français avait un niveau très supérieur à celui de ses homologues européens. Ils partent aujourd’hui à Singapour ou à Shanghaï, pour des raisons similaires. Il faut remonter le niveau d’un pays qui se croit intelligent parce qu’il le fut jadis — et qui peut le redevenir demain.

*Auteur notamment de La Fabrique du crétin — Vers l’apocalypse scolaire (Éditions de l’Archipel, 2022).

mercredi 18 mai 2022

Éthique et culture religieuse (toujours pas abrogé) — certains profs disent marcher sur des oeufs

Les enseignants ont parfois du fil à retordre avec des sujets abordés dans le cadre du cours d’éthique et culture religieuse (ECR). Face à des contenus jugés plus « délicats », notamment la religion, certains ont « l’impression de marcher sur des œufs », révèle un rapport produit par le ministère de l’Éducation dans la foulée de la refonte de ce cours.

À la rentrée 2023, le cours d’ECR sera remplacé par le cours Culture et citoyenneté québécoise. Dans le cadre de cette refonte, le ministère de l’Éducation a mené une consultation dans les écoles et en a tiré un rapport daté de mars 2021, mais rendu public récemment à la suite d’une demande d’accès à l’information.


Le document lève le voile sur certaines difficultés rencontrées par les enseignants qui ont à aborder en classe des « sujets complexes et sensibles », parfois « source de tension », lit-on dans ce rapport, qui cite une dizaine d’enseignants tout en préservant leur anonymat.

Parmi ces sujets délicats figure « le thème de la tolérance, où la problématique du racisme est abordée avec la tension que le mot en N peut engendrer… », observe un enseignant.

Un autre estime que parler de tolérance « relève de la prouesse ». « […] Plusieurs élèves et leurs parents sont carrément racistes ou xénophobes et cela transparaît dans les réponses de plusieurs élèves… D’autre part, aborder l’intimidation est difficile quand dans les classes mêmes se retrouvent les agresseurs et les victimes », témoigne-t-il dans le document.

Un certain « malaise »

Si le programme ECR est obligatoire de la 1re année du primaire à la 5e année du secondaire, le rapport gouvernemental montre que la perception de la culture religieuse est fort différente selon le niveau auquel on l’enseigne.

Au primaire, des instituteurs jugent que la culture religieuse est « trop abstraite » pour les élèves et une majorité estime qu’elle ne « contribue pas au rôle de l’école ».

La majorité des élèves n’ayant pas d’appartenance religieuse, ou ne sachant même pas qu’ils en ont une, ne sont pas prêts à recevoir ces connaissances. [Rien d’étonnant : on leur enseigne une myriade de petits faits religieux alors qu’ils ne connaissent même pas leur tradition religieuse, ils ont 6 ans en 1re année..]

Une conseillère pédagogique estime pour sa part que le « malaise » de certains enseignants par rapport à l’enseignement de la culture religieuse est « comparable à celui suscité par l’éducation à la sexualité ».  [Un autre sujet « moderne » de l’État qui ne se limite plus à enseigner les matières de bases, mais veut façonner la morale des enfants. Entretemps, le français et la culture générale des enfants sont lacunaires.]

Certains ont « très peu de culture religieuse et ne se sentent pas compétents pour le faire ; d’autres se font une fausse idée de ce volet ; d’autres encore le comprennent mal. Certains ont eu un vécu personnel négatif en lien avec une religion. Certains craignent les religions et même les haïssent », a confié cette conseillère.

Des enseignants craignent de « heurter certaines sensibilités », note-t-on aussi dans le rapport de Québec.

« En ce sens, le contexte social et familial est pour certains un obstacle : soit on craint que le discours de l’école sur le phénomène religieux confronte la vie religieuse familiale ; soit l’absence de dimension religieuse dans la vie familiale rend le sujet caduc », y lit-on. [Mais qui a eu l’idée d’imposer une seule formation identique pour tous dans ce domaine ?]

Un cours peu valorisé

Parmi les autres difficultés rencontrées dans l’enseignement de ce cours, des professeurs du secondaire citent un trop grand nombre d’élèves, la lourdeur de la tâche et le manque de temps pour bien enseigner.

Un enseignant de Montréal note que certains de ses collègues du secondaire ont jusqu’à 14 groupes à suivre. « Comment mettre de l’avant, mettre en application un programme, quand tu as plus de 450 élèves avec qui faire des suivis ? C’est impossible », a confié l’enseignant.

Un autre considère que le manque de temps consacré à ce cours fait que la matière est « garrochée ».

La moitié des enseignants du secondaire qui ont répondu au questionnaire du ministère de l’Éducation ont indiqué ne pas avoir de formation initiale en éthique et culture religieuse.

Le cours d’éthique et culture religieuse est dévalorisé, notent les auteurs du rapport, qui font état de « frustration » à cet égard chez les enseignants. Un enseignant mentionne un « mépris » par rapport au cours, tandis que d’autres déplorent que ce soit perçu comme une « matière douce », une « matière fourre-tout dans laquelle on envoie tous les intervenants [des associations politiquement correctes] de l’école faire leur petit numéro ».

Le nouveau cours de culture et citoyenneté québécoise sera consacré à la culture et à la citoyenneté québécoises, comme son nom l’indique, ainsi qu’au dialogue et à la pensée critique. Le ministère de l’Éducation entend y inclure des notions d’éducation aux médias et d’éducation à la sexualité. L’élève sera aussi amené « à aborder des dilemmes moraux ainsi qu’à examiner des repères culturels, moraux, religieux, scientifiques et sociaux ». [Fin du volet religieux, donc moins d’informations factuelles, mais toujours autant de « dialogue » et d’éthique… les volets que condamnaient le Collège Loyola.]

Le ministère de l’Éducation indique qu’« un ensemble d’éléments et considérations ont été pris en compte dans le processus de révision du programme d’Éthique et culture religieuse ».

Source : La Presse

Voir aussi
 
 
  

Joëlle Quérin répond à ses détracteurs chez Denise Bombardier 

Joëlle Quérin et « La face cachée du cours Éthique et culture religieuse »  

En 2012, la CAQ votait pour l’abolition du programme ECR au primaire (Éric Caire avait été suivi par les militants, le futur ministre Roberge avait plaidé devant eux qu’il fallait conserver ECR)

La CAQ veut continuer d’imposer le controversé programme ECR (2018) 

Québec — le programme ECR serait là pour de bon selon le ministre Roberge (janvier 2019)

Livre sur le cours ECR : Au-delà des apparences (Guy Durand)

Livre Regards sur le cours ECR : La Religion sans confession 

L’ex-ministre Jacques Brassard sur Pauline Marois et ses réformes scolaires  

Mme Marois exigeait en 2009 une révision du cours d’éthique et de culture religieuse, l’ADQ un moratoire. En 2008, Pauline Marois soutenait le cours ECR…

Mario Dumont : pour Pauline Marois, l’État comme parent du berceau à l’université ? 

ECR : Visite voilée dans des « lieux de culte » sinon zéro…

ECR — Marie s’est fait violer, elle a inventé l’histoire du Saint-Esprit, Joseph a gobé son histoire

Sortir le religieux de l’école pour y laisser entrer l’ésotérisme et les gourous

Pas de classiques de la littérature, mais la lutte contre l’hétérosexisme en classe d’ECR, de français, d’anglais, d’histoire et de mathématiques

Cours d’ECR : les enseignants « marchent sur des œufs »

Après « Youpi, ma religion ! », « Ma religion de rêve »

Table ronde sur le matériel pédagogique ECR

Cahier ECR : « je suis un garçon, une fille, je ne sais pas encore »

Formateur de formateurs en ECR à L’ACFAS : beaucoup de résistances, faible réceptivité, obstacles

mercredi 17 novembre 2021

« Culture et citoyenneté québécoise », de quelle culture parle-t-on ? (m à j)

À la suite de cette lettre ouverte, le ministère de l'Éducation (la Direction de la formation générale des jeunes) a voulu rassurer les Québécois catholiques :

Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez aux travaux entourant l’élaboration du programme d’études Culture et citoyenneté québécoise. Nous prenons note de vos commentaires et suggestions. Il est important de vous préciser que la réalité religieuse continuera d’être abordée comme un fait social, mais dans un ensemble plus vaste de phénomènes culturels et sociaux importants au Québec. La place prépondérante prise par la religion catholique dans l’histoire du Québec sera également considérée dans le programme en élaboration.


Billet originel du 9/XI/2021

Lettre ouverte de Monique Khouzam Gendron publiée dans le Journal de Montréal sur le nouveau programme « Culture et citoyenneté québécoise ». Notons d'abord que le « québécoise » est au singulier et ne s'applique donc grammaticalement qu'à la citoyenneté. Bien que le site du Monopole de l'Éducation du Québec souligne que : « Cet axe amènera l'élève à s’intéresser à la culture et à la comprendre, en mettant de l’avant la culture québécoise, celle qui définit notre société. »

M. le ministre de l’Éducation,

Permettez-moi de vous demander que, lorsque vous avez décidé de remplacer le cours « d’Éthique et culture religieuse » par celui de « Culture et citoyenneté québécoise », à quel type de culture vous faites référence? Pensez-vous réellement pouvoir faire abstraction de la culture intrinsèque d’un peuple en niant ses croyances d’origine religieuse?

Comment peut-on aborder les fondements de la société québécoise sans aborder sa croyance religieuse d’origine judéo-chrétienne, ses mœurs et coutumes, et les traditions qui y sont rattachées? Les valeurs que vous souhaitez implanter soit: le respect, la liberté d’expression, la liberté de conscience, les droits, les libertés et les responsabilités de chacun sont pertinentes en soi, mais elles émanent d’une certaine croyance religieuse que nous avons reçue en héritage et de laquelle on ne peut pas se dissocier.

Rejeter tout ce qui est religieux

Il existe présentement une certaine tendance, ou plutôt une tendance certaine, de rejeter tout ce qui est religieux. Il y a quelques années, on a supprimé de nos écoles les cours d’éducation religieuse pour les remplacer par des cours d’éthique et de culture religieuse, et maintenant, on cherche à faire disparaître le terme religieux de notre culture. Peut-on exclure réellement la culture des religions, tout au moins de ses origines? Peut-on exclure les religions d’une société, alors que les deux « Culture et Religion » témoignent de ce que nous sommes.

Au risque de vous contredire, monsieur Roberge, le dogme n’est pas une erreur en soi. L’erreur est de vouloir remplacer le dogme existant par un autre dogme sans repère qui s’appelle « dogme du relativisme » et qui peut favoriser l’individualisme et l’anarchie, aux dépens de valeurs et pratiques communes.

Oui, chacun a droit à son opinion, mais est-ce que toutes les opinions se valent, même celles qui manquent de raisonnement logique et de cohérence? N’est-ce pas contradictoire de vouloir promouvoir la liberté d’expression tout en censurant l’enseignement religieux et en étouffant à petites doses les connaissances religieuses?

Il y aurait lieu de se demander si le Québec est prêt à se défaire petit à petit de ses croyances, de ses valeurs sûres, de ses mœurs et coutumes, et de ses traditions basées sur ses origines judéo-chrétiennes et faire table rase de son histoire depuis des siècles au nom de la laïcité et la neutralité? À moins que ce soit intentionnel de vouloir redonner une autre image du Québec et de reconstruire une image basée sur une variété de « je pense que et je sais que », sur une vision à portée politique, en pensant ainsi régler les problèmes existants, car on n’a pas su les régler à la base.

Le respect des croyances

La vraie laïcité et la neutralité, ce n'est pas le rejet de tout ce qui est religieux, c'est au contraire le respect de la diversité des croyances des hommes et de la nécessité de les unir pour assurer leur coexistence, en établissant des règles communes visant l'intérêt général.

Pour ce qui est du dialogue et de la pensée critique, vous avez tout à fait raison. Ils devraient effectivement faire partie de toute formation de base d’un individu, mais pourquoi faut-il remplacer un cours par un autre au lieu de les juxtaposer?

Vouloir supprimer la culture religieuse des écoles est, à mon humble avis, une erreur en soi, car quelles que soient notre religion, nos origines, nos croyances, l’homme cherchera toujours un sens à la vie qu’il mène et se questionnera toujours sur le « d’où je viens et où je vais? » et aucun individu, ni programme, ni état, ni pays ne pourra l’en empêcher.

Monique Khouzam Gendron, Gestionnaire et bibliothécaire professionnelle