lundi 8 décembre 2025

La Stratégie de Sécurité Nationale de Trump 2025 : un virage isolationniste et conservateur

La Maison Blanche a publié le 4 décembre un document intitulé National Security Strategy of the United States of America (novembre 2025). Il s'agit d'un fichier PDF officiel de 33 pages, disponible publiquement sur le site de la Maison Blanche. Ce document expose les priorités de l'administration Trump pour la politique étrangère et la sécurité nationale, en mettant l'accent sur une approche "America First" (Les États-Unis d'abord) qui se veut pragmatique, un recentrage sur l'hémisphère occidental (les Amériques), et des critiques acerbes envers les alliés européens.

Ce texte marque un virage isolationniste et transactionnel par rapport aux stratégies précédentes (y compris celle de Trump en 2017), et il a suscité des réactions vives en Europe. Voici un décryptage des thèmes principaux, qui mêlent rejet de l'hégémonie globale, promotion d'un conservatisme social et une rhétorique lucide sur la démographie et l'immigration.

Les critiques contre l'Europe ont été fraîchement accueillies dans les médias traditionnels (subventionnés) en Europe


Un abandon du rôle de "gendarme du monde"

Le document rejette explicitement l'hégémonie globale post-Guerre froide, qualifiée d'"indésirable et impossible". Il prône un "corollaire Trump" à la Doctrine Monroe, recentrant les efforts militaires sur l'hémisphère occidental pour contrer la migration, les cartels et l'influence chinoise en Amérique latine.

Le texte énonce que « Tous les pays, toutes les régions, toutes les questions ou toutes les causes, aussi louables soient-elles, ne peuvent pas être au centre de la stratégie américaine. L'objectif de la politique étrangère est la protection des intérêts nationaux fondamentaux ; c'est le seul objectif de cette stratégie.

Les stratégies américaines depuis la fin de la guerre froide ont échoué : elles se sont résumées à des listes de vœux pieux ou d'objectifs souhaités ; elles n'ont pas clairement défini ce que nous voulons, mais ont plutôt énoncé des banalités vagues ; et elles ont souvent mal évalué ce que nous devrions vouloir.

Après la fin de la guerre froide, les décideurs de la politique étrangère américaine se sont convaincus que la domination permanente des États-Unis sur le monde entier était dans l'intérêt supérieur de notre pays. Pourtant, les affaires des autres pays ne nous concernent que si leurs activités menacent directement nos intérêts.»

Fierté nationale et promotion des familles "traditionnelles"

Le renouveau patriotique et interne est au cœur du document, avec un appel à une "renaissance américaine" via la réindustrialisation (de 30 000 à 40 000 milliards de dollars d'ici les années 2030), la fin de la "discrimination positive" (affirmative action), et une sécurité des frontières comme "élément principal de la sécurité nationale", y compris l'usage de force létale contre les cartels.

Le document insiste sur un retour aux valeurs fondamentales :  
« Nous voulons une Amérique qui chérit ses gloires passées et ses héros, et qui aspire à un nouvel âge d'or. Nous voulons un peuple fier, heureux et optimiste, convaincu qu'il laissera à la prochaine génération un pays meilleur que celui qu'il a trouvé. Nous voulons des citoyens qui ont un emploi rémunérateur, sans que personne ne soit laissé pour compte, et qui tirent satisfaction de savoir que leur travail est essentiel à la prospérité de notre nation et au bien-être des individus et des familles. Cela ne peut se faire sans un nombre croissant de familles traditionnelles solides qui élèvent des enfants en bonne santé. »

La primauté des nations souveraines

Dans une vision résolument anti-globaliste, le document affirme la centralité de l'État-nation. Il affirme:

« L'unité politique fondamentale du monde est et restera l'État-nation. Il est naturel et juste que toutes les nations accordent la priorité à leurs intérêts et préservent leur souveraineté. Le monde fonctionne mieux lorsque les nations accordent la priorité à leurs intérêts. Les États-Unis accorderont la priorité à leurs propres intérêts et, dans leurs relations avec les autres nations, les encourageront à faire de même.

Nous défendons les droits souverains des nations, Nous défendons les droits souverains des nations, nous nous opposons aux incursions des organisations transnationales les plus intrusives qui sapent la souveraineté, et nous sommes favorables à la réforme de ces institutions afin qu'elles soutiennent plutôt qu'elles n'entravent la souveraineté individuelle et qu'elles favorisent les intérêts américains. »


La discrimination positive, une "idéologie radicale" à combattre

La méritocratie est érigée en pilier de la prospérité américaine, avec une attaque frontale contre les politiques d'égalité raciale:

« La prospérité et la sécurité des États-Unis dépendent du développement et de la promotion des compétences. La compétence et le mérite comptent parmi les plus grands atouts de notre civilisation : lorsque les meilleurs Américains sont embauchés, promus et honorés, l'innovation et la prospérité suivent. Si la compétence était détruite ou systématiquement découragée, les systèmes complexes que nous tenons pour acquis – des infrastructures à la sécurité nationale en passant par l'éducation et la recherche – cesseraient de fonctionner. Si le mérite était étouffé, les avantages historiques des États-Unis dans les domaines de la science, de la technologie, de l'industrie, de la défense et de l'innovation s'évaporeraient. Le succès des idéologies radicales qui cherchent à remplacer la compétence et le mérite par le statut de groupe favorisé rendrait l'Amérique méconnaissable et incapable de se défendre. Dans le même temps, nous ne pouvons pas permettre que la méritocratie soit utilisée comme justification pour ouvrir le marché du travail américain au monde entier au nom de la recherche de « talents mondiaux » qui sapent les travailleurs américains. Dans chacun de nos principes et de nos actions, l'Amérique et les Américains doivent toujours passer en premier.

"L'ère de la migration de masse doit prendre fin"

L'immigration de masse est présentée comme une menace existentielle, liée à la sécurité nationale: 

« Dans tous les pays du monde, les migrations massives ont mis à rude épreuve les ressources nationales, accru la violence et la criminalité, affaibli la cohésion sociale, faussé les marchés du travail et compromis la sécurité nationale. L'ère des migrations massives doit prendre fin. La sécurité des frontières est l'élément primordial de la sécurité nationale. Nous devons protéger notre pays contre les invasions, non seulement contre les migrations incontrôlées, mais aussi contre les menaces transfrontalières telles que le terrorisme, le trafic de drogue, l'espionnage et la traite des êtres humains. Une frontière contrôlée par la volonté du peuple américain et mise en œuvre par son gouvernement est fondamentale pour la survie des États-Unis en tant que république souveraine. »

Équilibre (ou endiguement ?) avec le rival chinois : statu quo à Taïwan

Sur le front asiatique, l'approche est pragmatique : équilibre avec la Chine via une dissuasion sur Taïwan sans découplage total. 

« Étant donné qu’un tiers du trafic maritime mondial transite chaque année par la mer de Chine méridionale, cela a des implications majeures pour l'économie américaine. Il est donc prioritaire de dissuader tout conflit autour de Taïwan, idéalement en préservant la supériorité militaire. Nous maintiendrons également notre politique déclaratoire de longue date sur Taïwan, ce qui signifie que les États-Unis ne soutiennent aucun changement unilatéral du statu quo dans le détroit de Taïwan.  

Nous construirons une armée capable de contrer toute agression n’importe où dans la première chaîne d'îles. Mais […] nos alliés doivent se mobiliser et dépenser – et surtout agir – beaucoup plus pour la défense collective. »

La "décadence" de l'Union européenne

Les critiques les plus vives visent l'Europe, décrite comme en "déclin civilisationnel":

« L'Europe continentale a perdu des parts du PIB mondial, passant de 25 % en 1990 à 14 % aujourd'hui, en partie à cause des réglementations nationales et transnationales qui sapent la créativité et l'ardeur au travail.

Mais ce déclin économique est éclipsé par la perspective réelle et plus sombre d'un effacement civilisationnel. Parmi les problèmes majeurs auxquels l'Europe est confrontée, citons les activités de l'Union européenne et d'autres organismes transnationaux qui sapent la liberté politique et la souveraineté, les politiques migratoires qui transforment le continent et créent des conflits, la censure de la liberté d'expression et la répression de l'opposition politique, l'effondrement des taux de natalité et la perte des identités nationales et de la confiance en soi.

Si les tendances actuelles se poursuivent, le continent sera méconnaissable d'ici 20 ans, voire moins. Dans ces conditions, il est loin d'être évident que certains pays européens disposeront d'une économie et d'une armée suffisamment solides pour rester des alliés fiables. Bon nombre de ces nations redoublent actuellement d'efforts dans la voie qu'elles ont empruntée. Nous voulons que l'Europe reste européenne, qu'elle retrouve sa confiance en sa civilisation et qu'elle abandonne sa stratégie infructueuse de suffocation réglementaire.»

 

Analyse géo-stratégique de ce document par le colonel Jacques Baud (officier à la retraite du renseignement suisse) 

La (dé)natalité, un sujet tabou au Québec ?

En 2024, l'indice de fécondité au Québec était tombé à 1,33 enfant/femme. Pour que les générations se renouvellent il faut 2,1 enfants/femme. L'indice de fécondité des francophones est sans doute plus proche de 1,2 enfant/femme puisque de nombreux immigrants et amérindiens ont plus d'enfants que la moyenne.

On prévoit le même taux désastreux pour 2025, voire même un peu plus bas (1,32 enfant/femme selon les prédictions de BirthGauge).

Aucun parti politique n'a de politiques natalistes ni ne remet en cause les valeurs ou priorités qui pourraient déprimer la natalité. (Tous les pays n'ont pas les mêmes indices désastreux, Israël a même une natalité en plein essor.)

Pour le chercheur Étienne-A. Beauregard la famille ne peut plus être un tabou pour nos élus:

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Des « seuils astronomiques » d’immigration peuvent nuire à la natalité

« Faire des bébés, c’est payant... mais personne au Québec n’en veut! »

Quelle majorité assimile quelle minorité dans les écoles montréalaises ?

Le projet de constitution québécoise inquiète les pro-avortements (et les pro-vie) [Ah, l'avortement ça c'est important pour les partis politiques au Québec, la natalité...]

dimanche 7 décembre 2025

Évêques catholiques du Canada s'opposent aux restrictions supplémentaires imposés aux discours religieux (loi C-9)

Lettre des évêques catholiques du Canada au Premier ministre Mark Carney.


Le 4 décembre 2025 


Au très honorable Mark Carney, C.P., député
Premier ministre du Canada 
Cabinet du Premier ministre Ottawa (ON) 
mark.carney@parl.gc.ca 

Objet : Restrictions proposées à la liberté religieuse – Projet de loi C-9


Monsieur le Premier ministre, 

    Au nom du Conseil permanent de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), nous vous écrivons aujourd'hui pour exprimer notre profonde inquiétude concernant des reportages récents voulant que votre gouvernement, en collaboration avec le Bloc Québécois, envisage d’abolir l’exemption religieuse qui existe depuis de nombreuses années et qui est prévue à l’article 319(3)(b) du Code criminel dans le cadre des modifications du projet de loi C-9: Code criminel, L.R.C. 1985, ch. C-46, art. 319(3)(b) :

Nul ne peut être déclaré coupable d’une infraction prévue au paragraphe (2) […] (b) il a, de bonne foi, exprimé une opinion sur un sujet religieux ou une opinion fondée sur un texte religieux auquel il croit, ou a tenté d’en établir le bien-fondé par argument.

    Nous reconnaissons et affirmons sans équivoque l’importance de condamner la haine, de protéger les personnes et les communautés en situation de vulnérabilité et de favoriser une société dans laquelle chaque Canadien et Canadienne peut vivre libre de toute discrimination, intimidation et violence. L’Église a constamment favorisé des mesures appropriées visant à combattre l’extrémisme et la promotion de la haine. Nous sommes également conscients des graves défis qui ont émergé ces dernières années, notamment la hausse d’antisémitisme ou d’autres formes de discours ou de comportements haineux, dont plusieurs ont visé la communauté chrétienne. Ces actes laissent une blessure profonde dans le tissu de notre pays.

     En même temps, l’abrogation proposée de la défense fondée sur la croyance de bonne foi dans un texte religieux soulève d’importantes préoccupations. Cette exemption, formulée de manière restrictive, constitue depuis de nombreuses années une garantie essentielle permettant de s’assurer que les Canadiens et Canadiennes ne soient pas poursuivis au criminel pour avoir exprimé sincèrement et sans animosité des croyances fondées sur des traditions religieuses établies. Les tribunaux ont clairement affirmé que seules les formes d’expression les plus extrêmes constituent des infractions de propagande haineuse. 

    Toutefois, l’abolition de cette disposition risque de créer de l’incertitude parmi les communautés de croyants, le clergé, les éducateurs et éducatrices, et d’autres qui pourraient craindre que l’expression d’enseignements moraux ou doctrinaux traditionnels puisse être interprétée à tort comme des discours haineux et exposer une personne à des poursuites pouvant entraîner une peine d’emprisonnement allant jusqu’à deux ans. Comme des experts juridiques l’ont signalé, la perception du public au sujet des discours haineux et de leurs implications juridiques dépasse souvent largement ce qui est réellement visé par le Code criminel. L’abolition d’une garantie légale claire aura donc probablement un effet néfaste sur la liberté d’expression religieuse, même si les poursuites demeurent peu probables en pratique.

    Nous sommes également conscients que le moyen de défense en vigueur est soutenu non seulement par les organismes chrétiens, mais aussi par les organismes de défense des libertés civiles, qui le considèrent comme un élément important de l’engagement constitutionnel du Canada en matière de liberté de religion, de liberté d’expression et de pluralisme. Le respect de ces libertés n’est pas seulement une obligation constitutionnelle, mais encore un élément fondamental de notre identité nationale. La Charte canadienne des droits et libertés déclare que le Canada est « une société libre et démocratique ». Pour ces raisons, nous exhortons respectueusement le gouvernement du Canada à :

  • s’assurer que le projet de loi C-9 ne supprime pas la défense fondée sur des textes religieux du Code criminel. Ou encore, à :
  • offrir une assurance claire, faisant l’objet d’une déclaration publique – y compris dans un dossier législatif ou un débat parlementaire –, que l’expression, l’enseignement et la prédication religieuses de bonne foi ne feront pas l’objet de poursuites criminelles en vertu de dispositions sur la propagande haineuse; et
  • s’engager à mener une consultation auprès des leaders religieux, des experts du droit et des organisations de défense des libertés civiles avant d’apporter des modifications au projet de loi C-9 qui seraient susceptibles d’affecter la liberté religieuse.

    Nous croyons qu’il est possible d’atteindre l’objectif commun de promouvoir une société exempte de haine tout en respectant les droits constitutionnels de millions de Canadiens et Canadiennes qui trouvent leur inspiration morale et spirituelle dans leurs traditions religieuses. C’est dans un esprit de dialogue et de respect mutuel que nous exprimons ces préoccupations, tout en réaffirmant notre engagement à collaborer de manière constructive avec le gouvernement afin que la législation destinée à combattre la haine ne porte pas, même involontairement, atteinte aux libertés qui permettent à notre pays de demeurer sain, diversifié et démocratique.

Sincèrement vôtre,

    Mgr Pierre Goudreault 
    Évêque de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada 

C.c. : - L’hon. Sean Fraser, ministre de la Justice et procureur général du Canada (mcu@justice.gc.ca / sean.fraser@parl.gc.ca)
 - Patricia Lattanzio, secrétaire parlementaire du ministre de la Justice et procureur général du Canada (Patricia.Lattanzio@parl.gc.ca)
 - Larry Brock, ministre du Cabinet fantôme conservateur, responsable de la Justice (larry.brock@parl.gc.ca) 
- Lori Idlout, porte-parole NPD pour la Justice (lori.idlout@parl.gc.ca) 
- Rhéal Éloi Fortin, porte-parole du Bloc Québécois pour la Justice (rheal.fortin@parl.gc.ca) 
- Elizabeth May, cheffe du Parti vert du Canada (elizabeth.may@parl.gc.ca) 
- Pierre Poilièvre, chef du Parti conservateur du Canada et chef de l’opposition (pierre.poilievre@parl.gc.ca) 
- Don Davies, chef intérimaire du NPD (don.davies@parl.gc.ca) 
- Yves-François Blanchet, chef du Bloc Québécois (Yves-Francois.Blanchet@parl.gc.ca)


Jean-Luc Mélenchon : «L’esprit des Lumières doit à l’Islam» (et à Averroès)

Cette version très islamo-compatible de l'histoire philosophique n'est pas sans rappeler ce qu'affirmait Luc Ferry, corrigé par Rémi Brague. Voir ci-dessous.

Usage de la raison : Rémi Brague sur la prétendue primauté Averroès sur Saint Anselme, Saint Thomas d'Aquin

Rémi Brague corrige les propos de Luc Ferry sur Averroès (°1126 - †1198) qui aurait appris aux Occidentaux que l’usage de la raison est un devoir pour les Occidentaux. Pour Luc Ferry, « ce message d’Averroès c’est le message Saint-Thomas d’Aquin, c’est que Saint-Thomas (° 1224 - †1274) va reprendre d’Averroès. [...] C’est ce qui va passer aujourd’hui quasiment mot pour mot dans l’encyclique de Jean-Paul II Fides et Ratio. »

Rémi Brague souligne que Luc Ferry se réfère à un unique texte d’Averroès qui correspond à environ 0,5 % de son œuvre totale. Dans ce texte, Averroès distingue trois types d’hommes : le vulgaire tout en bas, les philosophes tout en haut et au milieu, pour simplifier, ce qu’on pourrait appeler « des théologiens ». Pour Averroès, explique Rémi Brague, la raison n’est obligatoire que pour les seuls philosophes, pour les autres elle est interdite.

Non seulement ce texte d’Averroès auquel Luc Ferry fait allusion ne va pas dans le même sens que Saint-Thomas d’Aquin, mais il va très exactement dans le sens contraire. Pour Rémi Brague, « les mettre dans le même panier c’est simplement avouer son incompétence ». Le philosophe ajoute qu’« oser dire que le problème de la raison et de la foi serait venu d’Averroès à Thomas d’Aquin, c’est d’une insolence : comme si Saint-Anselme (°1033 - †1109) — bien avant l’entrée du savoir arabe et traduit en arabe en Occident — n’avait posé la question d’une manière très lucide. Comme si Saint-Anselme n’était lui-même pas l’héritier de Saint-Augustin (°354 - †430) qui a posé la question ! Mais qu’est-ce que c’est que cette façon de vouloir nous faire croire — sans doute pour se dédouaner de je ne sais quel racisme intellectuel ou non — que les Arabes nous auraient tout apporté, que l’Europe n’aurait rien inventé ! »

Voir aussi

Au moins 75 % des classiques grecs connus aujourd'hui proviennent de copies byzantines

Rémi Brague : Y a-t-il un islam des Lumières ?

La conservation du savoir grec à Constantinople et sa diffusion dans l'Europe romane (avec Extrait relatif à l’enseignement classique conservé sous l'Empire romain d'Orient).

Histoire — « On a trop souvent mythifié el-Andalous »  

Contes, légendes, clichés et réalité de l'Espagne musulmane

La liberté moderne vue par Rémi Brague

Rémi Brague — Sur le « vrai » islam

Rémi Brague sur l’islam, la culture classique et l’Europe

Rémi Brague : « Dans les gènes de l’islam, l’intolérance »

Manuel d’histoire (1) — chrétiens intolérants, Saint Louis précurseur des nazis, pas de critique de l’islam tolérant pour sa part

Manuel d’histoire — Chrétiens tuent les hérétiques, musulmans apportent culture raffinée, pacifique et prospère en Espagne

Meilleur « vivre-ensemble » grâce à la connaissance ? 

Les chrétiens et les juifs dans l’Occident musulman

La conservation du savoir grec à Constantinople et sa diffusion dans l’Europe romane 

Espagne d'el-Andalous : certaines dynasties ont-elles été plus tolérantes que d'autres ?

Zemmour sur les condamnations pour discours haineux et l'histoire protégée par les tribunaux



samedi 6 décembre 2025

Le 6 décembre, la Saint-Nicolas, début de la saison de Noël

Pour célébrer la Saint-Nicolas, le début de cette saison de Noël, nous vous offrons cette vidéo originale où des Américains n'ont cure du prétendu devoir de réserve des croyants dans l'espace public qui se doit d'être « neutre » (faire plaisir uniquement aux athées) afin de garantir le « vivre-ensemble » et autres calembredaines pour intellectuels de pacotille atteints de psittacisme. 

Cela se passe en Californie dans une foule multiculturelle chère à nos têtes pensantes. Comme on le verra ci-dessous, la voix des croyants (ils font partie de Journey of Faith) a du bon et le public semble ravi.


Dans le Nord et l'Est de la France, ainsi qu'en Belgique, la Saint-Nicolas est l'occasion de donner des cadeaux aux enfants. Saint Nicolas jouant le rôle du Père Noël, le Père fouettard lui est une figure antimoderne : il corrige les enfants qui n'ont pas été sages.

Dans les petites classes, on apprend parfois encore cette chanson :


Ô grand Saint Nicolas,
Patron des écoliers,
Apporte-moi des pommes
Dans mon petit panier.
Je serai toujours sage
Comme une petite image.
J'apprendrai mes leçons
Pour avoir des bonbons.
Venez, venez, Saint Nicolas,
Venez, venez, Saint Nicolas,
Venez, venez, Saint Nicolas, et tra la la...


ou

Ô grand Saint Nicolas,
Patron des écoliers,
Apportez-moi du sucre
 Dans mes petits souliers.
Je serai toujours sage
Comme un petit mouton,
Je dirai mes prières
Pour avoir des bonbons
Venez, venez, Saint Nicolas
Venez, venez, Saint Nicolas
Venez, venez, Saint Nicolas,
 tralalala.



(Jeunes écoliers flamands)




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

6 décembre, la Saint-Nicolas



Faits troublants autour du massacre de la Polytechnique (rediff)



André Arthur parle de la tuerie de la Polytechnique et de faits troublants à ce propos, concernant l’intervention policière. Sept des 14 victimes sont mortes après l’arrivée des policiers. Treize familles sur quatorze ont demandé une enquête publique, seule la famille d’un policier dont la fille a été tuée sur place se serait opposée à une enquête. Un extrait de l’émission « Le Midi avec André Arthur » (2008-2009) sur les ondes de TQS.




Polytechnique

Chronique de Mark Steyn sur le film Polytechnique republiée aujourd’hui

Il y a une dizaine d’années [près de 20 maintenant], j’ai entendu la présentatrice québécoise Marie-France Bazzo remarquer qu’il était étrange que, après toutes ces années, personne n’ait réalisé une œuvre d’art sur ce qui s’était passé ce jour-là [à l’École polytechnique de Montréal, le 6 décembre 1989]. Peu de temps après, quelqu’un l’a fait.

Les femmes abandonnées dans Polytechnique

Il s’agit d’un film intitulé Polytechnique, qui a été bien accueilli dans le monde francophone en 2009. Il n’est pas nécessaire de connaître beaucoup de français pour le regarder, pour les raisons que j’évoquerai plus loin. Cet article contient certaines des réflexions plus générales sur l’événement, et sur le Titanic de James Cameron, que j’ai faites dans mon livre After America.

Commençons par la perplexité de Mme Bazzo : en y réfléchissant, je me suis demandé combien de romanciers, de dramaturges, de cinéastes ont tenté d’aborder le massacre de Montréal et se sont retrouvés bloqués à la première question : « de quoi s’agit-il ?»

Pour ceux qui ont réussi à imposer le récit officiel, Marc Lépine incarne la rage misogyne meurtrière qui est inhérente à tous les hommes et que tous doivent reconnaître.

jeudi 4 décembre 2025

IA : Ne faites plus d’études - Olivier Babeau

Olivier Babeau - essayiste, économiste, président du think tank Sapiens - déploie une réflexion ambitieuse sur le monde qui vient, dans la continuité de ses ouvrages La tyrannie du divertissement et Ne faites plus d’études. D’entrée de jeu, il raconte comment la révolution technologique bouleverse la hiérarchie traditionnelle des valeurs : « L’intelligence, qui était le truc le plus rare, est devenue une commodité », résume-t-il. Cette bascule affecte profondément l’école, le travail, l’accès à la compétence et la structuration des élites.

Babeau avance une thèse dérangeante : l’IA ne bouleverse pas seulement l’économie, elle menace de transformer l’humain lui-même. Héritiers d’un « cerveau de chasseur-cueilleur » mal adapté au déluge technologique moderne, nous sommes vulnérables à la sédentarité cognitive et à l’économie de l’attention, qui « fabrique des crétins » en exploitant nos réflexes neurobiologiques les plus archaïques. Entre ceux qui utiliseront les technologies comme levier d’ascension et ceux qui s’y abandonnent comme à une prothèse, il voit se dessiner « deux humanités » : l’une disciplinée, l’autre happée par l’immédiateté.

Enfin, l’auteur pointe la fragilisation des sociétés démocratiques, notamment par la surproduction d’élites diplômées mais sans débouchés, source d’amertume et de tensions explosives. L’université, selon lui, traverse une crise existentielle : massifiée, coûteuse, déconnectée. « Il n’y a plus d’excuse au fait de ne pas savoir », dit-il, rappelant que la connaissance est désormais à un clic de distance. Face à ce monde où les machines feront toujours mieux que nous, Babeau plaide pour un retour aux humanités, à l’esprit critique et à la formation d’un individu capable non seulement d’apprendre, mais de juger : car « la vraie valeur ajoutée, demain, ce sera de savoir aller plus loin que la machine ».

Voir aussi

À l'ère de l'IA, faut-il encore faire des études ? 

Usines dans le noir chinoises, la solution au manque de main d'œuvre ?

Quand l’intelligence artificielle défie l’intégrité universitaire : les scandales de l’ULB et du concours médical belge

Pourquoi, malgré les prédictions, l'IA n'a pas remplacé les radiologues (pour l'instant ?)

États-Unis — Guerre contre l'IA woke

L'aube d'une société post-alphabétisation et post-mémorisation ?

Ces étudiants des universités d'élite qui ne savent plus lire des livres...

Chute de l'alphabétisation. Les adultes oublient-ils comment lire ?

Méta-analyse : le quotient intellectuel des étudiants de premier cycle est tombé à 102 en moyenne 

La Chine compte trop de diplômés universitaires et souhaite orienter les jeunes vers les écoles professionnelles

Mentionné dans la conversationLe Chaos qui vient. Élites, contre-élites, et la voie de la désintégration politique de Peter TURCHIN. Résumé de l'éditeur : Comment et pourquoi les systèmes politiques chutent-ils ? L'analyse à la fois historique et contemporaine du plus passionnant des chercheurs américains. Un livre essentiel pour comprendre l'instabilité du monde actuel. Les sociétés démocratiques sont aujourd'hui mises à mal, contestées et parfois réprouvées par des citoyens qui ont toujours eu le droit de vote. Elles sont jugées de plus en plus inégalitaires et génèrent toujours plus de frustrations, de colère, de ressentiment. Alors, à quel moment un système qui nous paraissait indestructible touche-t-il à sa fin ? Comment les turbulences politiques à même de conduire à une guerre civile s'expliquent-elles ? Pourquoi les dirigeants d'une société peuvent-ils subitement perdre pied ? Qu'est-ce qui, en un mot, mène à l'effondrement ? A ces questions de plus en plus saillantes et urgentes, Peter Turchin offre des analyses et des réponses proprement révolutionnaires : les données à partir desquelles il travaille retracent pas moins de 10 000 ans d'histoire et rassemblent plus de 700 sociétés, de l’Égypte ancienne à l'Amérique contemporaine, en passant par la Chine impériale et la France médiévale. Sa méthode combine le court terme de l'actualité à la profondeur de l'histoire humaine avec, quelles sont les époques, la rigueur d'un scientifique de la complexité. Les leçons qu'il invite à tirer sont claires. Lorsque l'équilibre du pouvoir entre peuple et élites penche trop sévèrement en faveur de ces dernières, la chute s'avère imminente. Les riches s'enrichissent aux dépens de pauvres qui s'appauvrissent, et à un sommet surpeuplé répondent des masses toujours plus fiévreuses. Ainsi va la mécanique de la surproduction d'élites, premier rouage de l'effondrement social. Ouvrage essentiel pour comprendre en profondeur les temps troublés que nous vivons, Le Chaos qui vient indique également la voie vers un avenir plus stable. Par l'autopsie des crises du passé, Turchin avance un possible remède à nos maux futurs. » Le meilleur essai de l'année. » The Times Turchin analyse avec lucidité l'instabilité des systèmes, même les plus solides. New York Times « Le grand récit collectif des échecs et des réussites de l'Humanité ». The Observer