jeudi 15 octobre 2026

OpenAI affirme avoir résolu des centaines de problèmes mathématiques anciens

Le mardi 6 octobre 2026 restera peut-être dans l’histoire comme l’une des journées les plus marquantes des mathématiques. Ce jour-là, OpenAI, une entreprise américaine spécialisée dans l’intelligence artificielle, a annoncé que ses agents d’IA, propulsés par un modèle qui n’a pas encore été rendu public, avaient résolu au moins 372 problèmes mathématiques anciens en l’espace de quelques semaines. 

Ces résultats, détaillés dans plus de 700 articles de recherche rédigés par l'IA, donnent une idée de l'échelle : rien de tel n'avait jamais été produit, ni à cette vitesse. De quoi déranger plus d'un. Beaucoup de chercheurs se réjouissent à l'idée de vérités mathématiques nouvelles, mais ils s'inquiètent aussi pour leur discipline. Si l'on n'y prend pas garde, préviennent-ils, ces mathématiques produites en série vont multiplier les solutions sans faire progresser la compréhension.

Les progrès de l’IA en mathématiques ont été rapides. Le mois dernier, OpenAI affirmait déjà que ce même modèle interne avait résolu le problème de Navier-Stokes, l’un des célèbres problèmes problèmes du Prix du millénaire, en seulement 88 heures. Des centaines d’autres problèmes majeurs auraient désormais été résolus. Ils couvrent l’ensemble du champ mathématique, de l’algèbre et de la géométrie aux probabilités et à la logique, et comprennent de nombreux problèmes qui résistaient aux spécialistes depuis des décennies. En moyenne, les ressources de calcul nécessaires à ces mathématiciens autonomes pour parvenir à une solution correspondaient à environ trois heures de raisonnement avec les modèles qu’OpenAI met à la disposition du public.

Les autres problèmes du Prix du millénaire restent irrésolus, mais des avancées semblent avoir été réalisées sur un ou deux d’entre eux. La plus notable concerne l’hypothèse de Riemann, qui porte sur la répartition des nombres premiers. Parmi cette avalanche de travaux figure également une démonstration dont les auteurs affirment qu’elle résout une conjecture particulièrement difficile : la conjecture de Kakeya maximale en dimension trois. En juillet, Hong Wang, mathématicienne à l’Institut Courant de l’université de New York, a reçu la médaille Fields, l’équivalent du prix Nobel en mathématiques, pour ses travaux sur un problème étroitement lié.

Il faudra probablement des années aux mathématiciens pour déterminer précisément quelles avancées ont été réalisées et par quels moyens. Nombre des articles dépassent les 100 pages. Seuls 127 des problèmes résolus sont accompagnés d’un code permettant de vérifier la cohérence logique des démonstrations, une pratique courante dans la discipline. Le raisonnement interne des agents n’a, quant à lui, été rendu public que pour dix de ces problèmes. Les 372 problèmes résolus ne constituent par ailleurs qu’un sous-ensemble des 4 000 problèmes soumis aux agents d’OpenAI. L’entreprise n’a pas publié les données permettant de savoir lesquels ont dépassé les capacités de ses systèmes. Une telle transparence permettrait de mieux évaluer les capacités de cette technologie, mais aussi ses limites.

Certains chercheurs craignent qu’une telle approche ne favorise pas les progrès mathématiques à long terme. Peu après l’annonce, le mois dernier, de la résolution du problème de Navier-Stokes par OpenAI, 28 médaillés Fields ont publié une lettre ouverte dans laquelle ils avertissaient que l’approche des laboratoires d’IA était en contradiction avec les objectifs de la discipline. En utilisant des problèmes mathématiques non résolus comme critères d’évaluation des capacités de leurs nouveaux modèles, expliquaient-ils, les concepteurs de ces systèmes risquent de clore prématurément certaines voies de recherche sans faire émerger de nouvelles techniques, de nouvelles questions ni, en définitive, une compréhension plus profonde. Depuis, plus de 8 000 de leurs collègues ont également signé cette lettre.

OpenAI affirme avoir pris ces avertissements en considération. Pour déterminer comment rendre publiques ses nouvelles découvertes, l’entreprise dit s’être appuyée sur les recommandations d’un groupe consultatif indépendant composé de neuf mathématiciens réputés, constitué à la suite de l’annonce concernant Navier-Stokes. Outre la publication de certains éléments du raisonnement interne de ses modèles, OpenAI a promis de financer une série de conférences destinées à favoriser la compréhension et l’évaluation des résultats.

En définitive, l’ampleur de cette publication signifie que son véritable impact ne pourra être apprécié qu’avec le recul. « L’importance réelle d’un problème se mesure finalement aux nouvelles pistes de recherche qu’il ouvre et à ce que sa démonstration permet de comprendre d’autres problèmes », explique Martin Hairer, de l’EPFL, une université suisse. Membre du groupe consultatif d’OpenAI, il a également signé la lettre des médaillés Fields. Pour l’heure, les questions que l’IA pose aux mathématiques sont davantage existentielles que numériques.

Source : The Economist

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mardi 13 octobre 2026

Le patriar­cat ancien, bouc émis­saire du liber­ti­nage moderne

Laurent Dan­drieu  dans Valeurs actuelles à l'occasion du décès de Catherine Ringer sur le nou­veau monde qui se défausse de ses propres tur­pi­tudes sur l’ancien monde qu’il a ren­versé. Pour lui, en jetant aux orties la morale tra­di­tion­nelle, on a laissé le champ libre à la loi du plus fort, qui triomphe quand les règles sont lettre morte.

La mort de Cathe­rine Rin­ger, talen­tueuse chan­teuse des Rita Mit­souko, empor­tée à 68 ans par un can­cer fou­droyant, a été l’occa­sion pour les médias de retra­cer un par­cours qui fut par­fois chao­tique. Avant de connaître le suc­cès dans la musique, la chan­teuse, qui avait quitté sa famille à 13 ans, devint à 17 ans actrice de porno — une ving­taine de films en une dizaine d’années. Après avoir d’abord reven­di­qué fiè­re­ment cette expé­rience, à sa manière bra­vache, elle vint sur le tard à l’impu­ter à l’emprise qu’avait exer­cée sur elle, depuis ses 13 ans, « un per­vers nar­cis­sique qui m’a entraî­née vers les zones por­no­gra­phiques, vers le viol ».

Por­tant un regard cri­tique sur ce milieu où la femme est réduite à « un paquet de viande », elle incri­mina le cli­mat liber­taire des années 1970, qui fut sou­vent le paravent de nou­velles formes d’escla­vage : « On disait: […] “Vive l’amour libre.” Donc, vas-y, t’as 15 ans […] on va faire comme dans Emma­nuelle, tu vas deve­nir l’esclave d’un mec qui a 45 ans […]. Moi, je me suis laissé faire aussi, et j’en ai beau­coup souf­fert. J’ai beau­coup pleuré. J’ai eu beau­coup de séquelles. » Ces pro­pos, tenus en 2017, ont été plus tard com­men­tés par l’actrice Judith Godrèche, en met­tant elle aussi en cause « cette période où, sous pré­texte […] de secouer le vieux monde […], on a été pas mal de petites jeunes filles […] qui ne se sont pas enfuies, qui n’ont pas dit non […]. J’en fais par­tie ».
 
 “Sous pré­texte de secouer le vieux monde”: la phrase est révé­la­trice, car c’est jus­te­ment le vieux monde qui, sous le nom infa­mant de patriar­cat, est jugé par les fémi­nistes, Judith Godrèche en tête, cou­pable de toutes les vio­lences faites aux femmes. Or le point com­mun entre Cathe­rine Rin­ger et Judith Godrèche, comme entre beau­coup de vic­times d’abus sexuels, c’est que ces vio­lences n’ont pas été com­mises par le vieux monde, mais par le nou­veau, celui-là même qui pré­ten­dait mettre à bas toutes les valeurs morales et ce patriar­cat censé résu­mer à lui seul toutes les ini­qui­tés et les oppres­sions du “monde d’avant”.

Ce n’est pas du patriar­cat que Judith Godrèche a été vic­time, mais d’un cinéaste liber­tin qui l’a prise sous sa coupe à l’âge de 14 ans, et du laxisme de parents qui l’ont laissé faire. Ce n’est pas du patriar­cat que fut vic­time à 14 ans Vanessa Sprin­gora, l’auteur du Consen­te­ment, mais de la pédo­phi­lie d’un écri­vain qui pré­ten­dait qu’il n’y avait plus d’autre morale que son bon plai­sir. Ce n’est pas le patriar­cat qui est res­pon­sable des incestes dénon­cés par Camille Kouch­ner dans la Fami­lia grande, mais l’état d’esprit d’un milieu où l’on trou­vait nor­mal d’ini­tier sexuel­le­ment les enfants dès le plus jeune âge, fût-ce en famille. Et si un sys­tème a cou­vert ces abus, ce n’est pas au nom du vieux monde et de la morale, mais du nou­veau et de sa règle d’or: “Jouir sans entraves.”
 
Il ne s’agit pas ici de défendre aveu­glé­ment le patriar­cat, s’il est le nom qu’on veut don­ner à la société déchris­tia­ni­sée qui, depuis le XIXᵉ siècle, avait trop sou­vent placé les femmes dans une situa­tion de sujé­tion. Mais à tra­vers lui, les fémi­nistes ont voulu jeter aux orties la morale tra­di­tion­nelle, celle qui assu­rait la soli­dité de la famille et jetait l’opprobre sur cer­tains com­por­te­ments sexuels dégra­dants. Or la morale n’est pas un ins­tru­ment d’oppres­sion, le joug imposé par une caste de pri­vi­lé­giés pour défendre ses pré­ro­ga­tives, un obs­cu­ran­tisme qui vise à main­te­nir le bas peuple dans un état de subor­di­na­tion. C’est avant tout une bar­rière, un garde-fou, la tra­duc­tion dans la loi ou les mœurs de cette maxime de Camus: « Un homme, ça s’empêche. » Par les inter­dits qu’elle pose, elle bâtit un rem­part contre la loi du plus fort qui s’impose dès que les règles deviennent lettre morte.

La libé­ra­tion sexuelle a cru voir dans la mort de la morale un gage de liberté: pour bien des femmes, cette liberté a fait d’elles les jouets des liber­tins, ces “paquets de viande” dont des hommes sans scru­pules ont pu user comme bon leur sem­blait. Il serait temps de le réap­prendre: la liberté sans morale n’est bien sou­vent que le pré­lude à l’escla­vage.

Lecture imposée dans les écoles chinoises : Jane Eyre

Certains s'opposent à ce que les adolescents lisent Jane Eyre. Mais le Parti adore ce roman. Lire le bon genre de roman d'amour ?

« Lectrice, je l'ai épousé » : c'est par cette phrase que s'ouvre le dernier chapitre de Jane Eyre.

Cette célèbre phrase est une douce musique aux oreilles des responsables chinois. Depuis septembre, le roman de formation victorien de Charlotte Brontë est devenu une lecture obligatoire pour tous les collégiens et lycéens chinois. Le gouvernement, qui veut justement inciter les Chinois à se marier et à faire des enfants, s'inquiète de voir les femmes demander de plus en plus le divorce. Cette héroïne indépendante, Mlle Eyre, qui refuse deux demandes en mariage avant de finir par se marier et d'avoir un fils, a, selon le Parti communiste, une ou deux leçons à donner à la jeunesse chinoise.

Selon certaines estimations, la Chine pourrait compter 250 millions d'habitants de moins en 2050 qu'aujourd'hui. Après avoir autrefois imposé une stricte limitation des naissances, le Parti intensifie désormais ses efforts pour bâtir une « société favorable à la natalité ». Sans grand succès : au premier semestre 2026, le taux de nuptialité a reculé de 7,5 %, tandis que le taux de divorce progressait de 3,9 %. L'an dernier, les naissances sont tombées à un niveau historiquement bas : moins de la moitié du nombre enregistré dix ans plus tôt.

En juin, le gouvernement a lancé une campagne de deux mois pour sévir contre les mini-séries qui font l'apologie du « culte de l'argent » et de « conceptions dévoyées du mariage ». Ces vidéos très courtes, extrêmement populaires, racontent souvent des histoires absurdes ou fantastiques. Parmi les genres en vogue figure celui du « PDG despotique », où de riches patrons autoritaires font tomber les femmes pauvres sous leur charme. Ce genre séduit tout particulièrement ceux qui estiment que les possibilités de progression sociale se réduisent en Chine.

Pourquoi promouvoir Jane Eyre ? Sur les réseaux sociaux, certains internautes voient dans le roman un prototype de ces fictions mettant en scène des « PDG despotiques ». Mlle Eyre, gouvernante issue d'un milieu modeste, conquiert le cœur de son riche employeur, Edward Rochester. Son caractère autoritaire et ombrageux correspond à celui des PDG stéréotypés de ces vidéos. Mais une récente chronique du Quotidien de Pékin, journal officiel, souligne clairement le message : « Jane est convaincue que l'amour doit reposer sur l'égalité des âmes plutôt que sur le rang social, la richesse ou l'apparence. Ce n'est que lorsque deux personnes s'aiment sincèrement qu'elles peuvent accéder au véritable bonheur. »

Le Quotidien de Pékin concède que certains parents s'opposent à l'idée d'imposer aux adolescents d'une quinzaine d'années l'étude d'un roman aussi centré sur l'amour. Mais Jane Eyre est profondément ancré dans l'imaginaire littéraire chinois : la première traduction est parue en 1917. Une adaptation du roman figurait parmi les premiers films occidentaux projetés en Chine après la mort de Mao, en 1976. Le président Xi Jinping a évoqué le livre en 2015, lors d'une visite en Grande-Bretagne. Une comédie musicale adaptée du roman a été présentée cette semaine à Pékin. Aux yeux des Victoriens, Mlle Eyre pouvait passer pour une effrontée. Mais elle est aux antipodes des féministes chinoises d'aujourd'hui, que M. Xi considère comme une menace pour la procréation.



Source : The Economist

lundi 12 octobre 2026

L'immigration et sa descendance représenterait près d'un quart de la population actuelle de l'Espagne

Quelle serait la population de l'Espagne si l'immigration nette avait été nulle de 1995 à 2026 ?

Pour bâtir ce scénario, on part de la structure par âge de la population en 1995 et l'on suppose que la fécondité et la mortalité à chaque âge auraient évolué comme elles l'ont fait en réalité. Cette hypothèse n'est pas nécessairement réaliste, mais elle fournit, semble-t-il, des résultats sur lequel la réflexion peut s'appuyer. 

Chacun peut corriger mentalement la fécondité à la hausse (avec moins d'immigration, le prix du logement aurait presque certainement été plus bas) ou à la baisse (certains groupes d'immigrants ont une fécondité supérieure à la moyenne). Il n'est pas certain que l'impact hypothétique retenu sur la fécondité globale change grand-chose en pratique : quelques centaines de milliers de personnes tout au plus, dans un sens ou dans l'autre.

Côté mortalité, aucun ajustement n'est nécessaire : les calculs se fondent sur les tranches d'âge, et rien n'indique que les taux auraient différé dans mon scénario.

Le plus frappant est ailleurs. L'immigration a ajouté 11,1 millions d'habitants par rapport au scénario de référence — les immigrants eux-mêmes et leurs enfants nés en Espagne — et pourtant, la part de la population âgée de 15 à 64 ans à peine bougé : 66,3 % contre 64,2 %.

Or ce passage de 64,2 % à 66,3 % ne résout rien ; il aggrave le problème. Dans un État-providence fortement redistributif, et alors que l'immigration a été majoritairement peu qualifiée — autrement dit des personnes dont la valeur actualisée nette pour les finances publiques est négative, oui, même en équilibre général —, il est presque certain que la soutenabilité des comptes à long terme s'en trouve dégradée. 

Les données espagnoles invitent à examiner sérieusement le coût budgétaire de l'immigration, plutôt qu'à en présumer les effets positifs. En 2024, le salaire annuel moyen pondéré des salariés de 18 à 65 ans s'élevait à environ 26 065 € pour les Espagnols, contre 18 530 € pour les étrangers, soit un écart de près de 29 % et, par conséquent, une assiette fiscale et sociale sensiblement plus faible. Dans le même temps, les femmes nées à l'étranger étaient à l'origine de 33,3 % des naissances en Espagne, alors qu'elles ne représentaient pas un tiers de la population : ces enfants entraînent des dépenses collectives immédiates supplémentaires, notamment d'éducation et de santé, avant de pouvoir contribuer à leur tour aux recettes publiques. Enfin, selon l'Institut national de statistique espagnol (INE), le taux de condamnation des étrangers adultes atteignait 15,7 pour 1 000 habitants en 2024, contre 6,2 pour les Espagnols, soit 2,5 fois plus, ce qui implique également des coûts supplémentaires de police, de justice et, dans les cas concernés, d'incarcération. Ces trois constats — salaires plus faibles, part disproportionnée des naissances et taux de condamnation plus élevé — vont à l'encontre de l'idée que l'immigration aurait nécessairement amélioré les comptes publics. Ils ne suffisent pas à calculer son solde budgétaire net, mais ils montrent pourquoi une comparaison limitée aux recettes fiscales immédiates (comme certains le font), sans imputer les dépenses collectives ni tenir compte des droits futurs à la retraite et aux soins, risque de présenter un bilan artificiellement favorable. Source des salaires espagnols ; source des salaires étrangers ; source des naissances.

L'Espagne s'est ainsi profondément transformée — sans que l'on y ait beaucoup réfléchi aux conséquences.

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Trump suspend huit géants de la tech du programme d’accès à la résidence permanente

L’administration Trump a suspendu huit entreprises technologiques, dont Microsoft, Adobe et la française Capgemini, du programme Perm, qui permet aux employeurs de parrainer des travailleurs étrangers pour l’obtention d’une carte verte. Washington leur reproche de privilégier la main-d’œuvre étrangère au détriment des salariés américains. JD Vance (ci-contre) a notamment accusé Microsoft d’avoir licencié 6 000 Américains tout en obtenant 6 300 visas H-1B et 3 000 cartes vertes. 

L’entreprise conteste cette interprétation et affirme que 80 % de ses quelque 6 000 demandes de visas H-1B déposées au cours du dernier exercice visaient à prolonger ou à modifier le statut d’employés déjà en poste. Cette mesure s’inscrit dans la politique de Donald Trump visant à réduire le recours aux travailleurs étrangers, y compris hautement qualifiés. Le dispositif H-1B a accueilli plus de 350 000 bénéficiaires au cours de la dernière année, dont environ 70 % sont originaires d’Inde. L’informatique constitue le principal secteur d’emploi de ces travailleurs, et les huit plus importants demandeurs de certifications Perm au 30 juin 2026 étaient tous des entreprises technologiques. Plusieurs grands groupes, dont Apple, Intel, Oracle, Amazon, Nvidia et Google, ne sont toutefois pas concernés par les restrictions annoncées.

Moindre capacité de concentration, moindre aptitude à fournir un effort intellectuel soutenu

Dans son nou­veau livre « Homo occi­den­ta­lis », coécrit avec le psy­cho­logue et psy­cha­na­lyste Ruben Rabi­no­vitch, Jérôme Four­quet décrit une véri­table bas­cule anthro­po­lo­gique et psy­chique de l’occi­dent. Les récentes mobi­li­sa­tions lycéennes peuvent être lues, dans une cer­taine mesure, comme une illus­tra­tion de cette trans­for­ma­tion. Extrait d'un article de Jérôme Fourquet paru dans le Figaro.

[...] ces moindres capa­ci­tés de concen­tra­tion nous semblent typiques des carac­té­ris­tiques du fonc­tion­ne­ment psy­chique de l’homo occi­den­ta­lis, et notam­ment de ses plus jeunes repré­sen­tants. Avant même l’appa­ri­tion des réseaux sociaux et l’omni­pré­sence des écrans, les pays occi­den­taux sont pro­gres­si­ve­ment ren­trés à par­tir des années 1960 dans ce que nous appe­lons avec Ruben Rabi­no­vitch le nou­veau régime psy­chique.

Alors que l’ancien régime psy­chique, engen­dré par la société tra­di­tion­nelle au fonc­tion­ne­ment très ver­ti­cal, pro­dui­sait des indi­vi­dus ayant été for­ma­tés (pour le meilleur et pour le pire) dès le plus jeune âge à se confor­mer à la règle et à l’auto­rité, à cana­li­ser leur impul­si­vité et à concen­trer leur atten­tion pour four­nir un effort ou un tra­vail intel­lec­tuel sou­tenu, une telle dis­ci­pline psy­chique semble beau­coup plus dif­fi­cile à suivre pour les indi­vi­dus évo­luant dans le nou­veau régime psy­chique, régnant dans nos socié­tés libé­rales contem­po­raines. 

Ce chan­ge­ment de para­digme s’observe au quo­ti­dien dans les salles de classe. Alors qu’en 1973 58% des ensei­gnants du secon­daire décla­raient n’avoir «pas du tout de mal » à main­te­nir un mini­mum de dis­ci­pline parmi leurs élèves, cette pro­por­tion n’était plus que de 25 % en 2021. Cette moindre faculté de concen­tra­tion et cette moindre apti­tude à fixer son atten­tion, par exemple sur un texte, n’affectent pas que les plus jeunes (comme en témoigne le recul de la pra­tique de la lec­ture dans l’ensemble de la popu­la­tion), mais c’est dans ces géné­ra­tions que ces phé­no­mènes sont les plus mar­qués. 

Ces jeunes géné­ra­tions voient leur atten­tion sol­li­ci­tée en per­ma­nence par le défilé d’un flot inin­ter­rompu de vidéos et d’images et par les noti­fi­ca­tions de leur écran de télé­phone. En une géné­ra­tion (le pre­mier iphone arrive sur le mar­ché en 2007), une véri­table addic­tion au télé­phone s’est déve­lop­pée. Ces jeunes indi­vi­dus sont deve­nus dépen­dants, au sens toxi­co­lo­gique du terme, à leur écran et le sevrage est qua­si­ment impos­sible. On notera d’ailleurs que l’inter­dic­tion des télé­phones por­tables dans les lycées, mesure ins­tau­rée en cette ren­trée, figure en bonne place parmi les thèmes abor­dés par les jeunes sur la pla­te­forme mise en place par le minis­tère pour recueillir leurs doléances.

Mais les lycéens évo­luent éga­le­ment dans une société où les loi­sirs sont gran­de­ment valo­ri­sés au détri­ment du temps d’étude. Il y a quelques années, Aca­do­mia, entre­prise dominante dans le sec­teur du sou­tien sco­laire, avait ainsi dif­fusé une cam­pagne de publi­cité à des­ti­na­tion des parents, mon­trant des familles jouant ensemble et ayant pour slo­gan «Vous avez mieux à par­ta­ger en famille que les devoirs. »

Dans le nou­veau régime psy­chique, ce n’est pas uni­que­ment le rap­port aux devoirs à la mai­son qui a changé, mais éga­le­ment les méthodes d’ensei­gne­ment en classe. Alors que, sous l’ancien régime psy­chique, l’élève était sou­mis à des exer­cices exi­geants (cal­cul men­tal et dic­tées à un rythme sou­tenu au pri­maire, pro­blèmes aux énon­cés com­plexes et lec­tures d’œuvres com­plètes dans le secon­daire) ainsi qu’à des pra­tiques contrai­gnantes (appren­tis­sage par cœur), le degré d’exi­gence est désor­mais moindre. Tout se passe comme si l’ins­ti­tu­tion sco­laire avait consi­déré au fil du temps qu’on ne pou­vait plus astreindre les nou­velles géné­ra­tions d’élèves aux mêmes stan­dards et qu’il fal­lait davan­tage leur per­mettre d’expri­mer leur créa­ti­vité et leur sen­si­bi­lité, plu­tôt que d’être dans une approche trop ver­ti­cale et direc­tive. On retrouve là une marque de fabrique du nou­veau régime psy­chique, qui accorde une grande impor­tance à la sub­jec­ti­vité et au confort indi­vi­duels au détri­ment de la trans­mis­sion exi­geante d’un héri­tage col­lec­tif.

Quels sont les résul­tats de cette approche péda­go­gique et de ce nou­veau rap­port à l’ensei­gne­ment, qui se sont pro­gres­si­ve­ment déployés au cours des der­nières décen­nies? 
 
Les don­nées de l’enquête Pisa, réa­li­sée auprès d’élèves de 15 à 16 ans - soit pré­ci­sé­ment l’âge de bon nombre de lycéens mobi­li­sés -, sont par­ti­cu­liè­re­ment par­lantes. Le 8 sep­tembre der­nier, soit dix jours seule­ment avant que ne débute la mobi­li­sa­tion (au lycée Saint-Exupéry de Cré­teil), les conclu­sions de l’enquête Pisa de 2025 étaient ren­dues publiques. Elles indi­quaient la pour­suite du décro­chage du niveau moyen des ado­les­cents dans les trois dis­ci­plines éva­luées : sciences, mathé­ma­tiques et com­pré­hen­sion de l’écrit. On dis­pose sur ces deux der­nières matières d’un com­pa­ra­tif depuis 2000, et, comme le montrent les courbes sui­vantes, la chute sur vingt-cinq ans est spec­ta­cu­laire. 



Comme on l’a vu, les mau­vaises condi­tions de tra­vail dans cer­tains éta­blis­se­ments et le fonc­tion­ne­ment de Par­cour­sup [site web destiné à recueillir et gérer les vœux d'affectation des futurs étudiants à l'université] sont les prin­ci­paux moteurs de la mobi­li­sa­tion lycéenne. Mais les doutes sur la valeur réelle de leur futur bac et sur leur niveau sco­laire véri­table par­ti­cipent éga­le­ment du désar­roi et de l’inquié­tude d’une par­tie de ces jeunes. 

L’enquête LEC (pour lire, écrire, comp­ter) est moins connue que Pisa, mais tout aussi pré­cieuse pour objec­ti­ver les évo­lu­tions de long terme. Pilo­tée par la Direc­tion de l’éva­lua­tion, de la pros­pec­tive et de la per­for­mance du minis­tère de l’édu­ca­tion natio­nale, cette enquête est réa­li­sée depuis 1987 auprès d’élèves de CM2. La der­nière livrai­son date de 2021, et nous dis­po­sons donc d’un champ d’obser­va­tion s’éta­lant sur plus de trente ans. Les résul­tats de l’enquête LEC sont congruents avec ceux de Pisa, mais ils nous montrent que le décro­chage est inter­venu dès les années 1990 et dès l’école élé­men­taire. La chute du niveau sco­laire est donc dura­ble­ment ins­tal­lée et prend sa source dès les pre­mières années d’appren­tis­sage. 


Ainsi, en cal­cul, par exemple, le score moyen des élèves de CM2 s’éta­blis­sait à 250 points en 1987, contre seule­ment 175 en 2021. De manière très concrète, quand 74 % des élèves de CM2 réus­sis­saient l’exer­cice sur les divi­sions en 1987, ils n’étaient plus que 37 % en 2017, le taux de réus­site ayant été divisé par deux en trente ans… Pour ce qui est de l’ortho­graphe, le recul est plus spec­ta­cu­laire encore. La même dic­tée de 67 mots, « sans dif­fi­culté par­ti­cu­lière » d’après les res­pon­sables de l’enquête LEC, est admi­nis­trée à chaque nou­velle édi­tion de l’étude. En 1987, la pro­por­tion d’élèves effec­tuant 15 fautes ou plus (ce qui est beau­coup au regard de la lon­gueur du texte, qui fait seule­ment 10 lignes) était d’un tiers. Trente-quatre ans plus tard, c’est la quasi-tota­lité de la classe d’âge (90,5 %) qui affiche une aussi piètre per­for­mance.

[Moins résistants à la frustration et moins maîtres de leurs pulsions]

Paral­lè­le­ment à l’atta­che­ment vis­cé­ral à la liberté de choix dont nous avons parlé pré­cé­dem­ment, toute une par­tie des indi­vi­dus évo­luant dans ce nou­veau régime psy­chique, et notam­ment les plus jeunes, entre­tiennent un rap­port dif­fé­rent à l’auto­rité et aux figures qui l’incarnent. Et ils se montrent éga­le­ment beaucoup moins résis­tants à la frus­tra­tion et moins en capa­cité de cana­li­ser leurs pul­sions. Et si l’absence de réponse poli­tique au som­met de l’état au début du mou­ve­ment et l’envoi en nombre d’effec­tifs de police non spé­cia­li­sés dans le main­tien de l’ordre aux abords des lycées ont tendu la situa­tion et ampli­fié la mobi­li­sa­tion et la déter­mi­na­tion des lycéens, ces carac­té­ris­tiques de la nou­velle psy­ché col­lec­tive expliquent que la mobi­li­sa­tion ait très vite été mar­quée par des épi­sodes de vio­lences. [À nuancer quand on voit la composition particulière des émeutiers violents] Comme lors des pré­cé­dents mou­ve­ments de contes­ta­tion juvé­nile, les affron­te­ments ont d’abord tra­di­tion­nel­le­ment opposé une par­tie des mani­fes­tants aux forces de l’ordre. Mais le degré de vio­lence (notam­ment du fait de l’usage récur­rent des désor­mais célèbres mor­tiers d’arti­fice) a monté de plu­sieurs crans. À la date du 7 octobre, soit un peu moins de trois semaines après le début du mou­ve­ment, pas moins de 761 poli­ciers et gen­darmes, ainsi que 215 mani­fes­tants avaient été bles­sés. Si ce mou­ve­ment se dis­tingue déjà par son lourd bilan, il se sin­gu­la­rise éga­le­ment par la nature des per­sonnes ayant été visées par les vio­lences. En effet, à ce jour, 65 per­son­nels de l’édu­ca­tion natio­nale ont été agres­sés. De tels actes ne s’étaient jamais pro­duits jusqu’ici, pas même en Mai 68, période durant laquelle les repères et les inter­dits tra­di­tion­nels étaient encore en place.

Ces scènes de pro­vi­seurs et d’ensei­gnants (mais aussi de pom­piers), moles­tés, voire tabas­sés, par de jeunes mani­fes­tants, illus­trent que des ver­rous ont sauté. [Ces verrous avaient sauté dans les banlieues immigrées depuis longtemps, les représentants de l'État français y étaient déjà agressés, les bâtiments officiels saccagés.] L’auto­rité sym­bo­lique, dont ces pro­fes­sions béné­fi­ciaient sous l’ancien régime psy­chique, ne dis­suade mani­fes­te­ment plus cer­tains émeu­tiers de s’en prendre à eux désor­mais. Ces agres­sions dans les lycées en marge de la mobi­li­sa­tion ne sont que la pointe émer­gée d’un phé­no­mène beau­coup plus répandu dans toute la société. Par un effet de conco­mi­tance des temps, la RATP a par exemple déployé en cette ren­trée une vaste cam­pagne d’affi­chage sur son réseau pour rap­pe­ler les peines encou­rues en cas d’agres­sions phy­siques ou menaces et cra­chats sur ses agents. Non seule­ment ces totems d’immu­nité dont béné­fi­ciaient cer­taines pro­fes­sions ne sont plus recon­nus, ni res­pec­tés, mais, paral­lè­le­ment, la pro­pen­sion à cana­li­ser son agres­si­vité a été net­te­ment abais­sée. Alors que, sous l’ancien régime psy­chique, l’indi­vidu avait été condi­tionné dès le plus jeune âge à gérer sa frus­tra­tion, à prendre son mal en patience et à maî­tri­ser ses pul­sions, cette apti­tude ne va plus de soi chez cer­tains, qui se laissent débor­der par leurs affects. Des expres­sions du lan­gage cou­rant comme «péter un câble» ou « péter un plomb » tra­duisent bien cette confi­gu­ra­tion psy­chique nou­velle en don­nant à voir l’image d’une sur­charge qui doit être immé­dia­te­ment éva­cuée, car l’indi­vidu ne par­vient plus à l’absor­ber et à y faire face. Lorsqu’un jeune impli­qué dans l’agres­sion du poli­cier à Bel­fort explique qu’il ne sait pas ce qui lui a pris et qu’il a « été pris par l’adré­na­line », on retrouve typi­que­ment cette dif­fi­culté à conte­nir ses affects et ses pul­sions. 

Cela ne signi­fie pas que la vio­lence est nou­velle. Elle a tou­jours existé, notam­ment dans les mobi­li­sa­tions sociales. Mais dans ses tra­vaux sur ce qu’il appe­lait le « pro­ces­sus de civi­li­sa­tion », Nor­bert Elias avait mon­tré com­ment, de manière sécu­laire, les socié­tés occi­den­tales avaient tra­vaillé à cana­li­ser la vio­lence et à domes­ti­quer les pul­sions. Aujourd’hui, cer­taines de ces forces de rap­pel sont appa­rem­ment beau­coup moins effi­caces et les butées et les ver­rous sautent beau­coup plus faci­le­ment. Cette confi­gu­ra­tion psy­chique nou­velle et cette moindre capa­cité à maî­tri­ser son agres­si­vité s’accom­pagnent dans une par­tie des géné­ra­tions les plus jeunes d’une légi­ti­ma­tion ration­nelle et assu­mée du recours à la vio­lence. 21 % des membres de la Gen Z (nés entre 1997 et 2010), soit la géné­ra­tion qui est actuel­le­ment mobi­li­sée, consi­dèrent ainsi que, dans cer­taines cir­cons­tances, la vio­lence contre des per­sonnes est un moyen accep­table de défendre ses idées.



Cette opi­nion est deux fois moins répan­due parmi les per­sonnes nées avant le début des années 1960 et qui furent donc très majo­ri­tai­re­ment condi­tion­nées sous l’ancien régime psy­chique. Ce chan­ge­ment de rap­port à la vio­lence et cette moindre capa­cité à cana­li­ser ses pul­sions expliquent l’impres­sion­nant bilan humain et maté­riel constaté au cours de ces semaines de mobi­li­sa­tion.

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Pour Éric Zemmour, les violences autour des lycées sont un avant-goût du chaos que l’alliance entre l’extrême gauche et la racaille prépare en France. L'impunité est le carburant de l'émeute. La justice doit frapper ces délinquants là où ça fait mal : au portefeuille et en mettant ceux qui détruisent et tabassent en prison.

Jeunes « belges » manifestent contre les réformes et veulent faire passer un message aux autorités.

samedi 10 octobre 2026

Diplômes dévalués, honneur en jeu : d'où vient l'attrait des idées progressistes chez certaines élites déclassées ?

« Surproduction d'élites déclassées + culture française de l'honneur = situation explosive. »

C'est l'équation esquissée dans une conversation de Transmission (ci-dessous) avec Philippe d'Iribarne, économiste, anthropologue et ingénieur des Mines.

En France, le rang professionnel ne se contente pas de déterminer le revenu : il met l'honneur en jeu. Le diplôme a remplacé le titre de noblesse tout en conservant sa fonction distinctive. Il consacre le mérite et nourrit l'attente d'une position sociale à la hauteur des efforts consentis.

Pourtant, l'élargissement de l'accès aux études supérieures ne s'accompagne pas d'une multiplication équivalente des emplois prestigieux. Il en résulte des diplômés dont les titres ne leur procurent ni le statut ni la reconnaissance espérés.

Que devient, dès lors, le besoin de distinction lorsque le statut professionnel ne suffit plus à le satisfaire ?

Il peut se déplacer vers le terrain idéologique. Faute de pouvoir se distinguer par le revenu, les responsabilités ou le prestige du métier, certains diplômés trouvent dans les idées progressistes une autre forme de supériorité : celle de la conscience morale, de l'avant-garde intellectuelle et du combat contre un ordre social jugé injuste ou dépassé.


La contestation des hiérarchies établies devient alors, paradoxalement, un moyen de se singulariser. On ne possède peut-être pas le statut auquel on aspirait, mais on peut se considérer comme plus éclairé que ceux qui le détiennent. À la distinction professionnelle se substitue une distinction morale.

Nul besoin de réduire les convictions progressistes à une frustration sociale pour examiner cette hypothèse : chez certains diplômés déçus par leur trajectoire, l'adhésion à des idées radicales peut procurer une reconnaissance symbolique que la société ne leur accorde plus sur le plan professionnel.

Les travaux de Peter Turchin sur la surproduction des élites éclairent le risque politique : lorsqu'une société forme davantage de prétendants aux positions prestigieuses qu'elle ne peut en absorber, une partie d'entre eux peut se retourner contre l'ordre établi.

La France cumulerait ainsi deux facteurs de tension : la dévaluation des titres scolaires et une culture où le rang professionnel engage profondément l'honneur personnel. La frustration qui en résulte peut nourrir la contestation politique, voire la radicalisation.

Quand on ne peut plus devenir l'élite par sa position, reste-t-il à certains la possibilité de le devenir par leurs idées ?

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Comment l'inflation des diplômes est devenue un problème économique… et politique

IA : Ne faites plus d’études - Olivier Babeau

États-Unis : les diplômés les plus progressistes sont aussi les plus mal payés

États-Unis — Prime au diplôme universitaire décroît alors que le président Biden renfloue les étudiants 

Céline Alvarez - Pourquoi il faut apprendre à lire en maternelle

 L'apprentissage précoce de la lecture constitue un levier majeur pour réduire les inégalités scolaires.

Céline Alvarez vous présente son ouvrage Pourquoi il faut apprendre à lire en maternelle aux éditions Les Arènes. Entretien avec Sylvie Hazebroucq.



Fondé sur la recherche scientifique, cet entretien aborde la nécessité d'initier la lecture dès la maternelle. La langue française, particulièrement opaque, exige un temps d'assimilation étendu. Compresser cet apprentissage sur la seule année de CP accentue les inégalités sociales en faisant reposer la réussite sur le cadre familial.

Pour surmonter ces obstacles, la démarche présentée par Céline Alvarez repose sur l'association directe des sons aux lettres, l'usage de lettres mobiles et l'établissement d'un code de base simplifié. Cette méthode enclenche une boucle vertueuse d'auto-apprentissage, consolide la confiance de l'enfant et renforce le langage oral et écrit. Accorder ce temps précieux dès le plus jeune âge garantit un socle solide pour toute la scolarité.

00:00 - Parcours et motivations de Céline Alvarez
03:32 - Opacité de la langue française et question du temps
08:58 - Impact sur les inégalités scolaires
14:50 - Priorité au son de la lettre
20:55 - La boucle vertueuse de l'auto-apprentissage
30:27 - Historique de la langue et opacité orthographique
44:02 - Pratique des lettres mobiles et code de b


jeudi 8 octobre 2026

Amérique latine — La Machine migratoire grippée

En tarissant presque l'immigration illégale vers les États-Unis, Donald Trump a transformé l'Amérique latine

Au cours des 50 dernières années, au moins 23 millions de personnes nées en Amérique latine ont migré vers les États-Unis.  Aucun pays au monde n'avait jamais attiré un courant migratoire aussi massif et aussi constant — un mouvement qui a encore pris de l'ampleur après la pandémie de covid-19. Les gouvernements comme les populations d'Amérique latine s'y étaient habitués, tout comme à l'argent que ces nouveaux résidents aux États-Unis renvoyaient au pays.


Puis Donald Trump est revenu au pouvoir. Sur l'année achevée en juillet 2026, le service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis a recensé 137 000 « rencontres » entre ses agents et des migrants à la frontière sud. Soit une chute de 94 % par rapport à la même période en 2024, qui en avait compté 2,4 millions. Le bouchon du Darién [la jungle quasi impénétrable entre la Colombie et le Panama, seul passage terrestre entre les deux Amériques] raconte la même histoire : sur la même période, les traversées y ont baissé de 99,9 %. Au Costa Rica, le nombre de migrants se dirigeant vers le nord est tombé à presque zéro, tandis que celui des migrants repartant vers le sud a bondi (voir graphique ci-dessous). Le couloir migratoire le plus fréquenté au monde s'est tu. Une partie de la flambée de l'après-covid — seul autre moment de la dernière décennie où la migration avait ralenti — allait de toute façon retomber. Mais ce changement est presque entièrement dû à M. Trump. Les migrants ont réagi au fait qu'il avait mis fin aux voies légales permettant de demander l'asile, renforcé les contrôles, accéléré les expulsions et clairement fait savoir qu'ils n'étaient pas les bienvenus.

Le Mexique fut longtemps à la fois une étape sur la route des États-Unis et le principal pays d'origine des migrants. Or le pays est devenu une destination pour d'autres migrants, explique Luciana Gandini, de l'UNAM [l'Université nationale autonome du Mexique, la plus grande du pays, située à Mexico]. Beaucoup séjournent à Casa Tochan [un foyer d'accueil pour migrants à Mexico] depuis bien plus d'un an. 

Des Cubains, qui traversaient auparavant le Mexique pour gagner les États-Unis, s'y installent. Les demandes d'asile cubaines au Mexique sont passées de 17 884 en 2024 à 34 662 en 2025.

La chute de la natalité mexicaine redessine la donne migratoire

Selon l'enquête intercensitaire 2025 de l'INEGI, l'institut national mexicain de la statistique, le Mexique comptait environ 130,4 millions d'habitants dans les logements particuliers (130,9 millions au total), soit une hausse d'environ 3,5 % depuis 2020 — mais à un rythme qui continue de ralentir, de l'ordre de 0,7 % par an. En outre, la fécondité s'est effondrée : l'indicateur conjoncturel est tombé à 1,2 enfant par femme en 2024 (1,23 selon certains décomptes de l'enquête), après 1,6 en 2020-2022 et 1,9 en 2019 — très loin du seuil de remplacement, fixé autour de 2,1.

À ce niveau, comparable à celui de l'Europe du Sud ou de l'Asie de l'Est, les grandes cohortes de jeunes qui ont alimenté l'émigration vers les États-Unis depuis les années 1970-2000 ne se reconstituent plus. La population continuera certes de croître quelque temps par inertie démographique — l'âge médian n'est encore que de 32 ans —, mais les entrées dans l'âge actif vont se contracter au cours des prochaines décennies. Le Mexique, dont le solde migratoire net vers les États-Unis avait déjà fortement diminué avant les récents pics de transit, ne disposera bientôt plus du même réservoir de main-d'œuvre excédentaire. Il affrontera au contraire un vieillissement rapide et des tensions sur son propre marché du travail. L'immigration mexicaine directe vers les États-Unis perd ainsi son principal moteur structurel.

Les autres grandes économies proches des États-Unis connaissent aussi un afflux. Les demandes d'asile de Haïtiens au Canada sont passées de 8 124 en 2024 à 18 027 en 2025. Les demandes cubaines au Brésil ont grimpé de 22 000 à 42 000. Certains petits pays enregistrent des hausses proportionnellement encore plus fortes : l'Uruguay a accueilli un record de 15 000 Cubains en 2025, soit le triple de l'année précédente.

Les migrants ne rentrent plus au Costa Rica pour aller au Mexique puis les États-Unis. Ils en reviennent.

En réaction, beaucoup de gouvernements latino-américains durcissent leurs propres frontières. Abelardo de la Espriella, le nouveau président colombien de droite, a ordonné des descentes pour expulser les immigrants en situation irrégulière. Le pays compte au moins un demi-million de Vénézuéliens en situation irrégulière. En mars, le président chilien José Antonio Kast [chef de file de la droite, élu fin 2025] s'est rendu dans le nord quelques jours après son investiture et a prononcé un discours pendant qu'on creusait derrière lui une tranchée profonde le long de la frontière péruvienne.

La plupart de ceux qui envisageaient de tenter les États-Unis restent désormais simplement sur place, chez eux ou là où ils se sont retrouvés en chemin. La perspective de mieux gagner sa vie aux États-Unis ne semble plus valoir le risque accru d'être refoulé à la frontière ou expulsé. Luis Alvarado, 41 ans, a quitté le Venezuela avec l'intention de travailler quelques années aux États-Unis. Arrivé au Panama, il a appris que la frontière avait été fermée : « J'ai décidé de ne pas prendre le risque », dit-il. « Ça semblait une mauvaise idée dès que Trump est passé à l'action », confie Carlos, un migrant colombien. Il était parvenu jusqu'à Monterrey [grande ville industrielle du nord du Mexique] avant de faire demi-tour.

Les transferts d'argent comptent aussi. Le Dialogue interaméricain, un groupe de réflexion basé à Washington, estime à un peu moins de 150 milliards de dollars par an les envois de fonds [des expatriés transfèrent à leur famille restée au pays] partant des États-Unis vers l'Amérique latine. Jusqu'ici, les transferts ont continué d'affluer dans l'ensemble. Les transferts vers l'Amérique centrale ont augmenté d'un cinquième en 2025, à 55,4 milliards de dollars ; le Honduras seul en a reçu près de 6 milliards au premier semestre 2026, en hausse de 14 %. Mais Manuel Orozco, du Dialogue interaméricain, pense que cette hausse s'explique par des migrants qui renvoient plus d'argent que d'habitude, dans la crainte d'être expulsés.

Cela ne pourra pas durer éternellement. Les envois de fonds approchent d'un « seuil », estime M. Orozco. Le nombre de transactions baisse déjà. Et le Mexique, qui compte plus d'émigrés installés aux États-Unis que tout autre pays, a vu la valeur de ses transferts reculer : les Mexicains ont renvoyé 61,8 milliards de dollars en 2025, en baisse de 4,6 % par rapport à 2024 — première chute annuelle depuis 2013 et plus forte baisse depuis 16 ans. Si cette tendance s'étend à toute la région, elle fera mal. Selon la Banque mondiale, l'argent envoyé au pays représente 19 % du PIB au Guatemala, 28 % au Salvador et plus de 30 % au Honduras.

Le tableau économique n'est toutefois pas entièrement sombre. Certains pays tiennent à garder davantage de leurs habitants — et à en accueillir d'autres. L'Amérique latine vieillit vite, avec une fécondité trop basse pour maintenir sa population. S'ils travaillent, les migrants et ceux qui reviennent au pays peuvent atténuer les pénuries de main-d'œuvre et soulager les finances publiques. Mais l'intégration se révèle délicate : beaucoup ont besoin d'aide pour leurs papiers, un logement ou un soutien psychologique.

Le ralentissement migratoire pourrait aussi avoir des conséquences politiques. Les départs massifs ont longtemps servi de soupape dans les pays répressifs comme Cuba, le Nicaragua ou le Venezuela. Ceux qui partent sont souvent jeunes, énergiques et relativement aisés — le type même des personnes les mieux placées pour contester efficacement le pouvoir en manifestant. « Sans émigration, vous aurez une forme de protestation sociale », dit M. Orozco.

Le freinage imposé par M. Trump pourrait n'être qu'une parenthèse. « Tout cela est temporaire », juge un responsable des Nations unies dans la région, selon qui les migrants repartiront vers les États-Unis dès qu'ils le pourront. Il cite une communauté de migrants haïtiens arrivés à Tijuana [ville du nord du Mexique, juste en face de la Californie] entre 2014 et 2016, et qui s'y était bien intégrée — leurs enfants étaient mexicains. Ils sont pourtant repartis presque du jour au lendemain quand, en 2021, Joe Biden, alors président, a renouvelé le statut de protection des Haïtiens aux États-Unis [un régime fédéral qui protège certains migrants de l'expulsion]. Les États-Unis continuent d'offrir des perspectives économiques que nul autre pays ne peut égaler, explique Marcus González, un Salvadorien qui se trouve à Mexico après avoir été expulsé des États-Unis en décembre. Mais comme la communauté y est déjà très implantée, l'écho des nouvelles opportunités aux États-Unis circule vite.

Les migrants, de leur côté, rechignent à rentrer simplement au pays. Le Venezuela en apporte l'illustration la plus nette : depuis que le dictateur du pays, Nicolás Maduro, a été capturé par les forces spéciales américaines en janvier, peu de Vénézuéliens sont rentrés. Une enquête menée en février et mars auprès de Vénézuéliens de l'étranger révèle que seuls 45 % envisageraient de revenir, même si la situation s'améliorait. « Il faudra des années pour que ça aille mieux », dit Alexander, un Vénézuélien de 59 ans installé à Mexico.

Le nombre de personnes se dirigeant vers les États-Unis remonte depuis mai. À Casa Tochan, on voit arriver ces derniers temps davantage de monde — surtout des Honduriens — bien décidé à poursuivre vers le nord. M. Orozco prévoit environ 415 000 entrées irrégulières aux États-Unis cette année, soit 2 % de plus que l'an dernier, tout en restant loin derrière les 750 000 de 2019. À terme, il prévoit que le nombre se stabilisera autour de 600 000, tout en notant qu'une crise pourrait faire flamber les chiffres.

Ce rebond ne ressemblerait en rien au boom migratoire de 2021 à 2023, quand les agents frontaliers appréhendaient 2 millions de personnes par an à la frontière sud. Aucun démocrate susceptible de succéder à M. Trump ne serait probablement disposé à reprendre l'approche laxiste de M. Biden en matière de sécurité frontalière. Mais la migration, rappelle Mme Gandini (UNAM), n'est pas un phénomène unilatéral. Certains de ceux qui se sont installés, ont trouvé du travail et fondé une famille au Mexique y resteront probablement, quoi qu'il arrive. D'autres, notamment ceux dont la famille se trouve aux États-Unis, partiront dès qu'ils le pourront. M. Trump est parvenu à étrangler un important couloir migratoire. Mais les forces qui poussent les êtres humains à franchir les frontières lui survivront — et finiront sans doute par reprendre le dessus, déclare The Economist de Londres.


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mercredi 7 octobre 2026

« Comment les universités belges se sont laissé gagner par l’idéologie progressiste »

Texte d'Alain Destexhe paru dans le FigaroVox. Entre la récitation du Coran devant les professeurs de la Katholieke Universiteit Leuven et les mesures prises par l’université de Gand contre un de ses chercheurs, les universités cèdent à l’idéologie progressiste, au détriment de la liberté académique, estime le sénateur honoraire belge. Alain Destexhe est médecin, ex-secrétaire général de MSF, sénateur honoraire belge, et fondateur du parti belge Libéraux Démocrates. Dernier livre paru Mayotte : comment l’immigration détruit une société (Éditions Texquis, 2025).

Les universités belges sont de plus en plus contaminées par l’idéologie progressiste. Le 16 septembre, à l’occasion de la rentrée universitaire, le Coran a retenti [lors de la messe] dans l’église Saint-Pierre de Louvain devant les professeurs de la Katholieke Universiteit Leuven (KUL), la plus ancienne université catholique au monde, fondée en 1425. Cette scène illustre  une étrange maladie de l’Occident  : considérer son propre héritage comme un problème – un péché ? – dont il faudrait sans cesse s’excuser, tandis que l’affirmation d’autres identités serait une vertu. Le principe de l’inclusion désormais brandi par la KUL, la meilleure du pays, aboutit ainsi à l’effacement de son caractère catholique. À force de vouloir embrasser toutes les identités, elle n’assume plus la sienne.


Quelques semaines plus tôt, l’Université de Gand (UGent) s’était trouvée au cœur d’une autre polémique, tout aussi révélatrice, celle de la liberté académique. Elle accueillait comme postdoctorant le chercheur américain Nathan Cofnas, celui qui avait accusé de plagiat  Jason Arday, le plus jeune professeur noir de l’histoire de Cambridge, icône des médias britanniques. D’autres révélations montrèrent que son parcours officiel relevait de la mythomanie. Le scandale prit une ampleur nationale. Arday démissionna de Cambridge, puis se suicida. Cofnas fut alors accusé d’être responsable de sa mort, notamment lors d’une manifestation à Trafalgar Square, où son nom fut jeté en pâture à la foule, comme dans les «Deux Minutes de la Haine» de 1984.

L’UGent, qui aurait dû protéger son chercheur, le suspendit en raison aussi de ses travaux antérieurs portant sur l’hérédité, des thèses controversées, mais jamais vraiment réfutées. Après des pressions du monde entier pour défendre sa liberté de chercheur – jusqu’à l’intervention de l’ambassadeur américain – la suspension fut levée, mais il demeure soumis à des mesures restrictives absurdes comme l’interdiction de se rendre sur le campus et d’enseigner ! Son contrat ne sera vraisemblablement pas renouvelé. Au lieu d’être félicité, Nathan Cofnas fut diabolisé. Il a pourtant rendu service à Cambridge et à l’ensemble du monde universitaire en démontrant l’aberration  des politiques de DEI  (Diversité, Équité, Inclusion) qui avaient promu Jason Arday en raison de sa couleur de peau au détriment d’autres plus qualifiés.

Les décisions de l’UGent ont été prises par Petra De Sutter, rectrice depuis 2025, personne  transgenre , ancienne sénatrice, puis vice-première ministre Groen (écologiste), militante de longue date des droits LGBT, qui n’avait quasiment plus rien publié depuis dix ans. Qu’une université prestigieuse – deuxième belge et 98e mondiale au classement de Shanghai – ait choisi un profil politique militant minoritaire pour la diriger, dans une Flandre politiquement ancrée à droite, montre l’écart entre l’institution et la société dont elle est issue.

L’Université libre de Bruxelles (ULB) a, elle, depuis longtemps renoncé au libre examen, son principe fondateur. Elle s’est complètement discréditée en choisissant  Rima Hassan  [d'origine palestienne, c'est une politicienne de gauche, députée au Parlement européen] comme marraine de la promotion de droit 2025. Enfin, récemment à Liège, un professeur réputé et médiatique, Damien Ernst, a été violemment entarté en plein cours par le Vrai Comité (Populaire) d’Éthique de l’ULiège (sic). Au-delà de l’accusation de fascisme pour sa collaboration scientifique avec Thales dans le domaine de la défense, l’action, largement relayée, visait à menacer tout professeur qui se risquerait à sortir de la doxa imposée par les étudiants gauchistes.

Depuis  le 7 octobre 2023 , toutes les universités belges ont vu se succéder occupations de bâtiments et campagnes de boycott d’Israël. Les étudiants y ont imposé une grille de lecture unique du conflit israélo-palestinien, peu contestée par les autorités universitaires. Le pogrom du 7 octobre et le rôle du Hamas sont devenus secondaires. Israël, et souvent les Juifs, sont devenus des sujets collectifs de culpabilité. En avril 2026, trois universités flamandes (Anvers, Gand et la Vrije Universiteit Brussel) ont porté cette logique à son comble en décernant un doctorat honoris causa conjoint à Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale de l’ONU. Elles ont ainsi conféré une légitimité académique à une figure militante, malgré de nombreuses protestations. Gand honore Albanese, l’activiste propalestinienne, mais sanctionne Cofnas, le chercheur !

Dans toutes les universités, le palestinisme s’inscrit dans la  convergence des luttes. Climat, LGBTQ, anticapitalisme, décolonialisme, boycott d’Israël voire antisémitisme font partie de la lutte antifasciste. Le discours militant mélange génocide, sionisme, énergies fossiles… comme s’il s’agissait d’une seule et même cause et dénonce des « systèmes d’oppression ». Petra De Sutter, militante transgenre et figure propalestinienne, véritable égérie médiatique, incarne cette fusion réussie au sommet de l’Université de Gand, comme un modèle à suivre en Occident. L’avenir de la jeunesse belge est entre de bonnes mains !

[Si l'on regroupe l'ensemble du territoire belge, les projections et modèles sociologiques estiment que les jeunes de confession musulmane représentent environ 12 % à 15 % de la population totale des moins de 25 ans en Belgique.]

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L'icône diversitaire de Cambridge dans la tourmente pour plagiat et affabulations

Jason Arday ou comment duper les universités occidentales rongées par la culpabilité

Malgré le scandale, l'autobiographie de l'ex-professeur vedette de Cambridge devrait être publiée ce mois (d'août 2026)