lundi 9 février 2026

Canada — des milliards pour l’assurance maladie des soi-disants « réfugiés »

Le programme permettant aux demandeurs d’asile de bénéficier gratuitement de n’importe quel service de santé au pays a coûté 2,6 milliards de dollars aux contribuables canadiens depuis une dizaine d’années.

Les personnes qui demandent l’asile au Canada reçoivent à leur arrivée au pays un «document d’identité du demandeur d’asile» surnommé poétiquement «papier brun» (à cause de sa couleur).

Ce formulaire leur donne accès à tout type de service de santé, sans distinction, dans le cadre du «Programme fédéral de santé intérimaire» (PFSI). Outre les soins de base, ils peuvent par exemple bénéficier de services dentaires urgents, de soutien psychologique et obtenir des médicaments sur ordonnance sans avoir à débourser quoi que ce soit.

Il n’y a pas si longtemps, les coûts de ce programme étaient somme toute assez raisonnables. 
En 2023, des centaines de personnes ont demandé à l'asile à l'aéroport Pearson, puis se sont retrouvées dans des églises de la région, dans des refuges municipaux ou dans la rue.

Pour 2016-2017, on parle d’environ 66,3 M$, alors qu’un peu plus de 84 300 personnes avaient obtenu des services de santé avec leur papier brun. Cela représente à peu près 786$ par tête de pipe.

Mais l’augmentation fulgurante du nombre de demandeurs d’asile et de réfugiés a radicalement changé la donne. Les remboursements frôlaient l’an dernier les 824 M$ (+1142%), pour 404 387 bénéficiaires (+379%), soit 2037$ par personne (+159%)!
Difficile à gérer

Naturellement, le programme est devenu par le fait même beaucoup plus lourd et difficile à gérer pour le gouvernement.

À preuve, les frais de gestion du PFSI n’ont cessé d’augmenter pendant cette même période, passant de 293 465$ à plus de 2 M$.

Suivant la même tendance, les coûts associés au traitement des réclamations ont atteint 32,9 M$ l’an dernier, alors qu’ils étaient de 3,7 M$ il y a dix ans.

Point de bascule

C’était devenu trop cher, même pour le gouvernement libéral, ce qui n’est pas peu dire.

Le lendemain de la publication de ces chiffres dans un document déposé à la Chambre des communes à la fin janvier, le ministère de l’Immigration a discrètement annoncé les modalités du nouveau système de «copaiement» dont la mise en place a été prévue dans son dernier budget.

À compter du mois de mai, les bénéficiaires du PFSI devront payer 4$ pour chaque médicament «délivré ou renouvelé» grâce à leur papier brun. Ils devront aussi payer 30% du coût des «services de santé supplémentaires admissibles», comme les soins dentaires, ophtalmologiques, le soutien psychologique et les appareils fonctionnels.

Les soins médicaux de base continueront d’être couverts en totalité.


Évolution des coûts du programme d’assurance maladie des demandeurs d’asile


2016–2017: 66,3 M$

2017-2018: 95 M$

2018-2019: 136,4 M$

2019-2020: 198,9 M$

2020-2021: 198,2 M$

2021-2022: 256,5 M$

2022-2023: 344,9 M$

2023-2024: 541,4 M$

2024-2025: 823,9 M$

Total 2016-2025: 2,6 G$

Sources: Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, Le Journal de Montréal

Étude Ifop — Les adolescents français se droitisent, avec un rôle nuancé des jeunes issus de l’immigration

Une étude Ifop réalisée en février 2026 auprès de 1 028 adolescents de 15 à 17 ans, représentatifs de la France métropolitaine, révèle un basculement politique majeur chez la jeunesse : 56 % se positionnent désormais plutôt à droite, contre 44 % à gauche. Ce renversement par rapport à 1994 (où les 15-18 ans étaient 54 % à gauche et 46 % à droite) marque une nette « dégauchisation ».

François Kraus, directeur du pôle Politique/Actualités à l’Ifop et auteur de l’étude, précise qu’il ne s’agit pas d’une explosion soudaine vers la droite, mais surtout d’un recul marqué du sentiment d’appartenance à la gauche. « Les jeunes qui se situent à gauche restent à peu près au même niveau numérique, mais ceux qui se déclarent explicitement de gauche sont de moins en moins nombreux », explique-t-il. Une lycéenne interrogée résume ce désintérêt : « On ne se retrouve plus dans ce paysage politique qui a tendance à vieillir. »

Cette évolution est très genrée : les garçons portent l’essentiel de la droitisation (64 % à droite contre 36 % à gauche), tandis que les filles restent majoritairement à gauche (53 %). Cet écart de 28 points témoigne d’une polarisation précoce par le genre, bien avant l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Sur le plan des valeurs, les 15-17 ans combinent un libéralisme sociétal (plus progressistes que leurs aînés sur l’IVG et l’homosexualité) avec un conservatisme marqué sur d’autres sujets : 58 % jugent « inacceptable » la critique des religions. Leurs principales peurs pour l’avenir restent concrètes : la guerre et l’insécurité dominent largement.

L’étude met aussi en évidence une montée forte de l’individualisme : désintérêt pour les partis traditionnels, indifférence aux clivages idéologiques classiques, recentrage sur la sphère privée (famille, amitié, argent). Le refus du sacrifice collectif s’accentue : seuls 23 % des adolescents se disent prêts à risquer leur vie pour défendre la France en cas d’invasion (contre 41 % en 1984). Cette proportion chute à 5 % chez les jeunes d’extrême gauche.

Le rôle des jeunes musulmans et des enfants d’immigration : conservatisme culturel vs faible attachement national

L’étude n’offre pas de croisement direct entre origine immigrée et positionnement gauche/droite, mais elle utilise la religion comme indicateur indirect, notamment pour les jeunes musulmans (souvent issus de l’immigration maghrébine ou subsaharienne). Ceux-ci influencent la tendance globale de manière ambivalente.

D’un côté, ils renforcent un conservatisme culturel qui alimente certains aspects de la droitisation (valeurs d’ordre, respect des traditions, rejet de certaines évolutions sociétales) :

  • 92 % des jeunes musulmans jugent inacceptable la critique des religions (contre 58 % pour l’ensemble et 76 % chez les catholiques pratiquants).
  • Sur les droits LGBT : 49 % considèrent les relations homosexuelles inacceptables (contre 7 % chez les sans-religion), et 57 % rejettent le changement de genre (contre 21 % chez les sans-religion).

Ce conservatisme moral, plus prononcé dans les milieux populaires (où les enfants d’immigration sont surreprésentés), contribue à freiner les avancées progressistes et à valoriser des thèmes d’autorité et de tradition, souvent associés à la droite en France.

D’un autre côté, les jeunes musulmans affichent un faible attachement national qui pourrait contrebalancer ou limiter la droitisation sur les aspects patriotiques et identitaires :

Seulement 13 % se disent prêts à défendre la France militairement (contre 23 % pour l’ensemble des adolescents), un chiffre proche de celui des extrême-gauche (5 %).

Ce détachement (lié à des facteurs socio-économiques, discriminatoires ou culturels) s’aligne plutôt sur des positions internationalistes ou de gauche traditionnelle, même si le conservatisme religieux les éloigne des valeurs sociétales de la gauche contemporaine.

Pour les autres enfants d’immigration non musulmans (par exemple d’origine subsaharienne chrétienne ou d’Asie), l’étude ne fournit pas de données spécifiques. Les clivages observés sont davantage religieux et socio-économiques que strictement ethniques.

En résumé, la « Bof génération » (comme la surnomme l’Ifop) se caractérise par une droitisation globale portée surtout par les garçons, un individualisme croissant et des inquiétudes sécuritaires.

Les enfants d’immigration, via le prisme musulman, accentuent le conservatisme culturel (renforçant indirectement certains marqueurs droitiers), mais leur faible patriotisme freine potentiellement les glissements nationalistes. L’étude souligne ainsi une jeunesse fragmentée, où genre, religion et classe sociale redessinent les clivages plus que jamais.


dimanche 8 février 2026

Chine — de moins en moins de candidats à la maîtrise, de plus en plus au concours de la fonction publique

En 2024, M. Wang, préparateur aux concours d’entrée en master, a vu ses effectifs chuter de moitié. Pensant d’abord à un problème personnel, il a découvert que le phénomène touchait tout le secteur. En revanche, une simple annonce pour préparer au concours national de la fonction publique lui a valu des centaines de réponses et une classe remplie d’étudiants brillants, dont certains venus de Hong Kong. Pour lui, « le vent a tourné ».

Les candidats font la queue au centre d'examen de l'université forestière de Nanjing pour passer l'épreuve écrite du concours de la fonction publique.

Les choix des jeunes diplômés chinois évoluent nettement. Entre 2023 et 2026, le nombre d’inscrits aux concours d’entrée en maîtrise est passé de 4,7 à 3,4 millions. À l’inverse, les candidatures au concours national de la fonction publique ont plus que doublé entre 2021 et 2026, atteignant 3,7 millions, un record. Pour la première fois, ce concours attire davantage que les études de maîtrise.

La maîtrise permet en théorie d’améliorer son capital humain tout en retardant l’entrée sur le marché du travail. La fonction publique, elle, offre un avantage immédiat : la stabilité de l’emploi. Stella Zhou, 24 ans, a suivi trois mois de préparation intensive, de 9 heures à 21 heures, en enchaînant des milliers de questions d’entraînement. La concurrence est toutefois féroce : environ 20 % des candidats sont admis en maîtrise, contre à peine 1 % pour la fonction publique nationale, où 38 000 postes sont proposés. Beaucoup tentent aussi des concours provinciaux ou municipaux en solution de repli.

Cette ruée vers la sécurité s’explique par la morosité du marché du travail. Après un stage dans une petite entreprise où les salaires étaient versés en retard, Mme Ma, étudiante en droit, a décidé de viser l’administration, comme 80 % de sa promotion. Autrefois jugés monotones en période de forte croissance, les emplois publics sont aujourd’hui prisés. Mme Zhou a même refusé une offre annuelle de 300 000 yuans (43 000 dollars) chez JD.com pour tenter sa chance dans la fonction publique. La certitude l’emporte sur la rémunération.

Pendant la politique « zéro covid » (2020-2022), de nombreux étudiants s’étaient réfugiés en maîtrise pour différer leur recherche d’emploi. Mais les rendements de ces études semblent diminuer : au printemps 2024, 44,4 % des diplômés de maîtrise avaient reçu une offre d’emploi, soit légèrement moins que les titulaires d’une licence et nettement moins que les diplômés de filières professionnelles. Craignant une dégradation supplémentaire du marché du travail, beaucoup préfèrent affronter dès maintenant la concurrence.

La baisse d’intérêt pour les maîtrises et l’attrait croissant pour la fonction publique sont ainsi les deux faces d’une même réalité : une économie (relativement) affaiblie. 

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vendredi 6 février 2026

Éducation nationale : enquête sur un suicide assisté

Chute du niveau, mépris de la transmission, explosion des violences, entrisme militant, crise des vocations. Où va l'école ? Les réformes se succèdent. L'effondrement se poursuit. Comment l'expliquer ? Quelle est la responsabilité de l'État profond ? L'Éducation nationale peut-elle encore être réformée ? Et à quelle fin ? Voici l'autopsie d'un chaos annoncé. Voici comment sauver notre école. La « crise de l'école » est d'abord et avant tout une crise du politique, affirme Joachim Le Floch-Imad. Dépourvus de vision, de courage et de sens du temps long, les ministres de l'Éducation nationale abdiquent aussitôt nommés, lorsqu'ils n'aggravent pas la situation. Pendant ce temps, un État dans l'État, mêlant bureaucrates installés, experts autoproclamés, syndicats, associations et lobbies, en profite pour prendre le pouvoir et imposer des choix éducatifs aux antipodes des besoins réels des élèves et des attentes des Français. Interrogeant enseignants et hauts fonctionnaires, scrutant réformes et contre-réformes, confrontant rapports et directives, Joachim Le Floch-Imad dévoile l'envers du décor et décrypte les mécanismes de la ruine. Comment enrayer et renverser cette catastrophe nationale ?

Diplômé de Sciences Po et de la Sorbonne, Joachim Le Floch-Imad est enseignant et essayiste. Il est l'auteur, au Cerf, de Tolstoï, une vie philosophique (Prix Brantôme de la biographie historique 2024).

Main basse sur l'Éducation nationale: 
Enquête sur un suicide,
par Joachim Le Floch-Imad,
paru le  ‎ 21 août 2025,
aux éditions  du Cerf,
à Paris,
274 pp,
ISBN-10 ‏ : ‎ 2204157759
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2204157759 

 



« Beaucoup de jeunes filles [russes] viendraient, grandes, minces» : quand l'ancien premier ministre israélien discutait de « la qualité » de l’immigration avec Epstein

L’enregistrement audio d’Éhoud Barak discutant avec Jeffrey Epstein d’un projet d’immigration massive d’un million de Russes vers Israël a refait surface fin janvier 2026, dans le cadre d’une nouvelle vague de documents déclassifiés par le Département de la Justice américain en application de l’Epstein Files Transparency Act. Cette bande, datant vraisemblablement du début de l’année 2013 (Barak y indique avoir 71 ans, ce qui correspond à sa naissance en 1942), a suscité une vive controverse en Israël et à l’étranger. Elle ravive à la fois les débats sur la démographie israélienne, sur l’identité juive de l’État et sur la nature des relations entretenues par l’ancien Premier ministre avec le financier américain.

Dans la conversation, Éhoud Barak exprime explicitement son inquiétude face à la dynamique démographique arabe en Israël et dans les territoires palestiniens. Il explique avoir déclaré à Vladimir Poutine que « ce dont nous avons besoin, c’est d’un million de Russes supplémentaires » afin de « changer Israël de manière dramatique ».

Contrairement aux grandes vagues d’immigration des premières années de l’État d'Israël — notamment celles du début des années 1950 en provenance des pays arabes et d’Afrique du Nord, organisées dans un contexte de sauvetage collectif et d’urgence existentielle pour le jeune État, sans capacité réelle de sélection — il affirme qu’Israël pourrait aujourd’hui exercer un contrôle plus strict et « contrôler la qualité beaucoup plus efficacement ».

L’un des passages les plus commentés concerne son évocation de « jeunes filles russes grandes et minces » parmi les profils susceptibles d’émigrer, formulation largement perçue comme révélatrice d’une logique ethnique ou du moins sélective assumée. Il évoque également la possibilité d’assouplir les règles de conversion au judaïsme — en limitant le monopole du rabbinat orthodoxe — afin de faciliter l’intégration d’un afflux massif d’immigrants, y compris pour ceux qui ne sont pas juifs selon la Halakha mais éligibles à la Loi du Retour. La Halakha ne reconnaît pas comme juif des gens dont la mère n’est pas juive. En revanche, la Loi du Retour israélienne élargit le droit d’immigration : elle inclut les descendants d’un grand-parent juif et le conjoint d’un juif, même si ces personnes ne sont pas juives selon la Halakha.

Selon Éhoud Barak, la « pression sociale », notamment sur la deuxième génération, conduirait progressivement à une adaptation culturelle et religieuse.

La discussion, qui se déroule dans un cadre privé (Larry Summers est mentionné comme présent), révèle une conception explicitement instrumentale de l’immigration : un levier démographique destiné à consolider la majorité juive face à une natalité arabe plus élevée, tout en renforçant le poids d’une population laïque, éduquée et intégrée à l’économie moderne, susceptible de contrebalancer l’influence croissante des milieux ultra-orthodoxes (haredim).

Il semble qu’à l’époque, le plan d’Éhoud Barak se soit frayé un chemin jusqu’à Moscou. En effet, en réaction à la publication de l’enregistrement, le rabbin Pinchas Goldschmidt s’est dit mercredi sur X « très heureux que, lorsque j’étais grand rabbin de Moscou, nous ayons mis fin à cette initiative folle ». « Je ne savais pas que cela en avait été discuté avec Epstein », a-t-il ajouté.

Benyamin Netanyahou a qualifié cet enregistrement sonore de « révélation stupéfiante » sur le réseau social X jeudi. L’actuel Premier ministre d’Israël en a profité pour adresser une pique à son lointain prédécesseur : « Lorsque la gauche et son messie Éhoud Barak ne parviennent pas à remporter les élections, ils essaient de remplacer le peuple. »

Éhoud Barak (né Éhoud Brog le 12 février 1942 au kibboutz Michmar HaCharon, en Palestine mandataire, aujourd'hui Israël) est issu d'une famille achkénaze d'Europe de l'Est, avec des racines lituaniennes et polonaises. Ses parents, pionniers sionistes, ont immigré en Palestine dans les années 1930 et ont été parmi les fondateurs du kibboutz où il est né.

La réalité de l’immigration ex-soviétique depuis la fin des années 1980

Depuis 1989, Israël a accueilli environ 1,2 à 1,3 million d’immigrants originaires de l’ex-URSS (Russie, Ukraine, Biélorussie, États baltes, etc.). La vague des années 1990 a été la plus massive (près d’un million de personnes en une décennie) et a profondément transformé le pays : apport scientifique et technologique majeur, contribution significative aux secteurs médical, militaire et universitaire, influence culturelle durable. L’intégration socio-économique, initialement difficile, est aujourd’hui considérée comme globalement réussie.

En revanche, la composition religieuse des flux a évolué.

Dans les années 1990, la grande majorité des arrivants étaient reconnus comme juifs selon la Halakha (les estimations varient, généralement entre 85 % et plus de 90 % selon les années et les sources).

À partir des années 2000, cette proportion diminue nettement.

Dans les années 2010-2020, seuls 30 à 40 % des nouveaux immigrants issus de l’ex-URSS sont reconnus comme juifs selon la définition rabbinique orthodoxe.

En 2020, environ 70 % des immigrants en provenance de l’ex-URSS ne sont pas juifs au sens halachique, tout en étant éligibles à la Loi du Retour (ascendance juive jusqu’au grand-parent, conjoint juif, etc.).

Après l’invasion de l’Ukraine en 2022, les flux augmentent fortement (environ 70 000 arrivées cette année-là), avec une majorité de non-halachiques.

En 2025, le nombre total d’immigrants baisse sensiblement, mais l’effet démographique cumulé demeure significatif : les immigrants ex-soviétiques et leurs descendants constituent aujourd’hui une composante majeure — souvent estimée autour de 15 à 20 % de la population juive israélienne.

Intégration et religiosité : la deuxième génération


Éhoud Barak mise, dans l’enregistrement, sur un mécanisme d’intégration rapide par la pression sociale et sur une évolution identitaire au sein de la deuxième génération.

Intégration civique et culturelle.

Les enfants nés en Israël ou arrivés très jeunes (générations 1,5 et 2) sont majoritairement intégrés : hébreu langue dominante, service militaire quasi généralisé, insertion professionnelle élevée, mariages fréquents avec des Israéliens non russophones. Ils se définissent souvent d’abord comme israéliens, même s’ils conservent une identité culturelle familiale partiellement russophone.

Religiosité.
Les données disponibles (notamment Pew Research 2016, toujours cité) montrent un décalage intergénérationnel.

Première génération : environ 80 % se définissent comme laïcs (hiloni), avec une observance faible.

Deuxième génération : la proportion se déclarant strictement laïque diminue (environ 55-60 %), la croyance en Dieu est plus élevée que chez les parents, et certaines pratiques rituelles sont davantage observées.

La part se définissant comme haredi ou religieuse augmente légèrement, mais reste minoritaire.

Il ne s’agit pas d’une « judaïsation » massive au sens orthodoxe. La tendance est plutôt celle d’une intégration nationale avec une religiosité modérée, souvent culturelle ou traditionnelle.

Par ailleurs, parmi les immigrants non reconnus comme juifs selon la Halakha — devenus majoritaires dans certaines vagues récentes — beaucoup ne se convertissent pas. Ils vivent dans une situation juridique et identitaire intermédiaire : citoyens israéliens, intégrés socialement, mais exclus du mariage religieux juif et d’une pleine reconnaissance rabbinique.

Conclusion

Le projet évoqué par Éhoud Barak — un million d’immigrants supplémentaires sélectionnés selon des critères démographiques et socioculturels — n’a jamais donné lieu à un programme officiel structuré. Aucune réforme majeure du système de conversion n’a été adoptée depuis 2013.

Cependant, indépendamment de cette stratégie explicite, l’immigration ex-soviétique a bel et bien contribué au maintien d’une majorité juive en Israël dans un contexte de rivalité démographique avec la population arabe israélienne et palestinienne.

L’effet observé est principalement civique et national plutôt que religieux. L’intégration est réelle, mais elle ne s’est pas traduite par une transformation religieuse profonde à grande échelle.

L’enregistrement met ainsi en lumière une vision stratégique de la démographie comme instrument politique. La controverse actuelle ne porte pas seulement sur les formulations employées — jugées par certains crues ou ethnicistes — mais sur la légitimité même d’une politique démographique pensée comme outil d’ingénierie nationale.

jeudi 5 février 2026

Loi 9 sur la laïcité (lutte à l'entrisme islamiste à l'école publique) : école privée protestante menacée de fermeture

Le projet de loi 9 sur la laïcité dans le milieu scolaire, déposé par le gouvernement Legault, trouve directement son origine dans une série de controverses survenues au cours des dernières années dans certaines écoles publiques, où des cas d’entrisme islamiste ont été dénoncés par des enseignants, des parents et des organismes citoyens. Des établissements primaires publiques de Montréal — notamment Bedford, Saint-Pascal-Baylon (Côte-des-Neiges) et Bienville (Saint-Michel) — ainsi que l’école secondaire La Voie, à Côte-des-Neiges, ont fait l’objet de plaintes, d’enquêtes administratives ou de signalements concernant l'entrisme islamique, à savoir des pressions religieuses, la contestation de contenus pédagogiques (égalité hommes-femmes, sexualité, sciences) et des atteintes au principe de neutralité religieuse de l’État.

Selon le gouvernement, ces dérives observées dans le réseau public, associées à des courants islamistes militants, justifient un resserrement du cadre légal afin de réaffirmer le caractère strictement laïque de l’école québécoise.

Une école privée protestante de Québec, L’École L’Eau‑Vive, pourrait devoir fermer ses portes si le projet de loi 9, qui renforce les exigences de la laïcité dans le système éducatif québécois, la prive de ses subventions provinciales. Établie depuis 25 ans sur l’avenue Chauveau, l’école accueille environ 580 élèves et est, selon sa direction, la seule de la grande région de Québec dans une situation aussi précaire. La direction a présenté un mémoire de 70 pages à l’Assemblée nationale pour tenter de convaincre les législateurs de l’exclure des nouvelles règles.

Le projet de loi, défendu par le gouvernement, conditionne désormais le financement public à l’absence de toute pratique ou enseignement religieux pendant les heures de cours et interdit la sélection d’élèves ou d’enseignants selon leur foi. Les écoles visées auraient trois ans pour se conformer à ces nouvelles exigences. L’École L’Eau‑Vive affirme déjà ne pas offrir d’enseignement religieux pendant les matières obligatoires et ne pas faire de sélection selon la religion de ses élèves, mais elle consacre une petite portion de son horaire à un enseignement chrétien évangélique facultatif.

Actuellement, la subvention provinciale couvre près de la moitié des frais de scolarité. Si elle était supprimée, la direction estime que les coûts pour les familles — aujourd’hui d’environ 3 800 $ par élève — pourraient tripler, rendant l’école économiquement intenable et excluant de facto la majorité des parents. L’école soutient que sa mission éducative et sa cohérence avec les valeurs familiales et québécoises légitimes justifient sa survie.

Dans son mémoire, l’établissement souligne qu’il respecte déjà le régime pédagogique et qu’aucune plainte ni dérive n’a été signalée. Il déplore que le projet de loi risque d’exclure des écoles confessionnelles qui respectent les règles, faute de distinction claire entre pratiques religieuses coercitives et activités spirituelles facultatives.

Comme souvent dans ces débats sur la laïcité au Québec, ce sont une fois de plus les établissements chrétiens qui écopent en premier : écoles privées protestantes comme L’Eau-Vive aujourd’hui, ou auparavant l’école catholique anglophone Loyola à Montréal, lourdement affectée par les réformes liées au programme Éthique et culture religieuse (ECR) imposé par l’État. Cette approche semble frapper plus durement les communautés chrétiennes historiques, bien intégrées et peu prosélytes dans le cadre scolaire, alors qu’elle change peu de chose à la dynamique plus large d’islamisation perçue de la société québécoise. Celle-ci relève avant tout d’une réalité migratoire et démographique : l’immigration massive combinée au faible taux de natalité chez les Québécois de souche (parents nés au Québec) modifie progressivement le paysage culturel et religieux, indépendamment des règles appliquées aux écoles privées confessionnelles chrétiennes.

mercredi 4 février 2026

Wokisme, culture de l’annulation : conséquences de la féminisation croissante de la place publique ?

La montée du « wokisme » et de la culture de l’annulation est le plus souvent analysée comme un phénomène idéologique, lié aux luttes identitaires ou à l’héritage des théories critiques. Une lecture complémentaire, développée par l’essayiste américaine Helen Andrews (ci-contre), propose un angle différent : ces évolutions pourraient être liées à la féminisation croissante des institutions et de la place publique.

Selon Andrews, la féminisation ne se limite pas à l’augmentation du nombre de femmes dans les postes de responsabilité. Elle implique un changement culturel et normatif : les institutions privilégient désormais des valeurs telles que l’empathie, la protection des vulnérables, la recherche du consensus et la prudence émotionnelle. Dans cette optique, le wokisme et la culture de l’annulation ne seraient pas seulement des mouvements idéologiques, mais aussi la conséquence d’une transformation structurelle du débat public, où les comportements traditionnellement associés au « féminin » dominent les dynamiques sociales et institutionnelles.

Cette lecture résonne avec d’autres analyses conservatrices ou libérales américaines. Steven Douthat a souligné que certaines transformations culturelles, y compris dans les universités et les médias, traduisent une hiérarchisation de la moralité sur la rationalité, renforçant des dynamiques de surveillance sociale et de censure morale. Jonathan Haidt, psychologue social, relie le phénomène à un déséquilibre entre différentes formes de motivation morale : l'importance excessive  du soin et de la loyauté (associés par certains à des traits « féminins ») au détriment de la justice et de la liberté, ce qui peut expliquer les excès de la culture de l’annulation. Charles Murray observe que la domination de certains profils psychologiques dans les institutions peut produire des effets inattendus sur les normes de performance et de compétence. Enfin, Jordan Peterson met en avant les conséquences pratiques d’un excès de prudence émotionnelle et de conformisme moral : lorsque les institutions valorisent la sensibilité morale avant tout, elles tendent à décourager la confrontation d’idées et la prise de risque intellectuelle, deux éléments essentiels à la production de connaissances et au débat démocratique.

Les conséquences de la féminisation selon Helen Andrews

Dénatalité : «Les vraies raisons ne sont pas économiques»

La psychologue clinicienne Marie-Estelle Dupont, qui anime « Et si on parlait » sur Europe 1, du lundi au samedi à 15 heures, pointe les obstacles non identifiés à la maternité.




La défécondité repose sur l'absence de valeur accordée à la transmission de la vie. 

Il est parfaitement normal que certains traumatismes, notamment l’inceste, dissuadent à jamais d’enfanter. Mais il est en revanche profondément malsain d’ériger en vérité politique l’idée que la maternité serait un asservissement. Ce n’est qu’un point de vue. J’éduque trois enfants, et le mien est évidemment tout autre. Pour moi, la maternité est un accomplissement, en dépit de l’immense fatigue liée au fait de devoir travailler à temps plein… Car ce n’est pas le bébé le problème, mais le système dans lequel on devient mère, et l’isolement des couples. C’est la perte des liens intergénérationnels, l’éloignement géographique ou l’indifférence à l’autre dans les grandes villes…


Et rien ne s’arrange. À l’heure des solidarités affichées et de la tolérance inclusive, la vérité est bien sinistre : cours d’école interdites, wagons sans enfants (plutôt que wagons réservés aux tout-petits avec un environnement adapté à leur taille et à leurs besoins), secrétariats médicaux que vous appelez après un test de grossesse et qui vous demandent directement si c’est pour un avortement…

Les vraies raisons de la défécondité ne sont pas économiques. Même s’il est évident que mes parents ont assumé quatre enfants avec un seul salaire, alors qu’un couple qui travaille peine désormais à loger correctement deux ou trois enfants dans une grande ville. Mais l’argument cache l’immense arnaque de la modernité. Celle qui fait croire aux femmes qu’elles seront libres, épanouies, émancipées en étant célibataires, puissantes économiquement et sans descendance.

Il n’est d’existence sans liens, et l’on nous vend pourtant l’autonomie comme l’alpha et l’omega du bonheur… Nous savons pourtant que la vie n’a de saveur que par les relations. Les bébés carencés se laissent dépérir ; les vieillards isolés souffrent de syndromes de glissement ; les adultes trop longtemps seuls dépriment et s’angoissent… En imposant une anthropologie matérialiste et individualiste, la modernité a perdu l’homme en le coupant de sa nature véritable. Celle à partir de laquelle, seulement, il peut à la fois s’accomplir et être heureux. Or c’est parce que l’on sent l’immense valeur de l’existence, et son sens, que l’on enfante.

Cela ne veut pas dire qu’une femme ne saurait être heureuse sans être mère ou sans être mariée. En revanche, cela signifie qu’une société qui crée des espaces interdits aux enfants et ne présente l’interdépendance dans le couple que sous l’angle du risque d’emprise perçoit uniquement le lien familial sous l’angle de la soumission/domination, de la charge logistique, de la frustration. Une société qui se presse de donner 2 000 euros par mois et par enfant aux crèches, mais seulement 400 aux parents qui souhaitent prendre un congé parental, est une société qui pousse une vision erronée de ce qu’est l’homme.
 
Tant de choses participent du découragement… La précarité de l’amour, la difficulté à s’engager ou la banalisation du divorce… Les conditions effarantes d’accueil du jeune enfant, les maltraitances systémiques de crèches dans lesquelles un adulte doit assumer seul huit enfants, le silence assourdissant des féministes quant aux besoins des femmes qui viennent d’accoucher et cicatrisent encore après avoir mis au monde ceux qui paieront les retraites des militants du « no kids ». La santé mentale de l’adulte repose sur un attachement sécurisant, apaisant. Et on s’étonne que ça aille mal ? La culpabilisation permanente des parents qui souhaitent exercer leur autorité parentale comme bon leur semble, l’infantilisation des adultes, l’autonomisation à marche forcée de tout-petits séparés de leur figure d’attachement des journées entières. Et j’ajouterais même la surmédicalisation de la grossesse, accompagnée d’intrusions parfois fort violentes d’obstétriciens dans le corps de la parturiente… 

    « Pour donner la vie, il faut espérer, avoir confiance » 

Pour donner la vie, il faut espérer. Avoir confiance, a minima, en soi, dans son couple et dans le monde à venir. Ce n’est pas, rappelle Olivier Rey dans son essai récent Défécondité, l’argument économique qui prime. C’est cette absence d’espérance, de valeur accordée à la transmission de la vie. Mais c’est aussi cette maltraitance systémique du bébé et de sa mère, cette dépréciation de la vie, cette domestication de l’amour.


Aujourd’hui, avoir un enfant est perçu comme trop risqué. Parce qu’en lieu et place de l’espérance en un bien commun et désirable, nous avons été biberonnés au narratif de crise. Crise économique, migratoire, géopolitique, institutionnelle, sanitaire, écologique. Ce monde en crise n’est-il pas avant tout un monde en espérance d’enfants qui nous réconcilient avec une vie qui se désincarne et se désenchante à force d’être domestiquée ? 


lundi 2 février 2026

La Remigration : un projet fou ou le seul moyen de sauver l'Europe ?

Le terme de « Remigration » s’impose de plus en plus dans le débat public, tantôt proposé comme réponse à l’immigration et à ses effets démographiques, tantôt dénoncé comme un projet inacceptable. 

Il convient donc, désormais, de dépasser les caricatures et de pousser la réflexion plus avant. 

C’est pourquoi l’Autrichien Martin Sellner a écrit un livre sur la Remigration exclusivement afin d’expliquer consciencieusement la nature de ce projet et de répondre aux objections les plus courantes. 

Entretemps en Espagne :

Irene Montero, ancienne ministre espagnole de l'Égalité et dirigeante du parti Podemos, appelle de ses vœux le remplacement des Espagnols de souche :

« Je demande aux personnes migrantes et racisées, s'il vous plaît ne nous laissez pas  seules [au féminin] avec ces tous ces fascistes. Il va de soi que nous voulons que vous votiez. Bien sûr que oui. Nous [vous] avons obtenu des papiers, la régularisation. Et maintenant il s'agit d'obtenir la nationalité ou de changer la loi pour que vous puissiez voter.

Espérons-le. La théorie du remplacement ? Si seulement nous pouvions balayer de ce pays ces fachos et racistes à l'aide de migrants, de travailleurs. 

Bien sûr que je soutiens la théorie du remplacement, j'espère que nous pourrons débarrasser ce pays des fascistes et des racistes grâce aux immigrants. »

Par ailleurs, le gouvernement espagnol a conclu un accord avec Podemos en vue de lancer une régularisation exceptionnelle des personnes migrantes présentes sur le territoire avant le 31 décembre 2025. L’annonce a été faite ce lundi par Irene Montero, candidate du parti aux prochaines élections, qui estime que cette mesure pourrait bénéficier à plus de 500 000 personnes.

La régularisation doit être approuvée ce mardi par le Conseil des ministres et entrera en vigueur par décret royal, sans examen préalable par le Congrès des députés. Elle concernera les personnes en mesure de justifier d’au moins cinq mois de présence en Espagne, notamment au moyen d’un empadronamiento, d’un rapport médical, d’un contrat de location ou de justificatifs attestant de l’accès à des services essentiels. L’admission à la procédure entraînera automatiquement l’octroi d’une autorisation provisoire de résidence et de travail d’une durée d’un an, ainsi que la suspension des procédures d’expulsion engagées pour des motifs administratifs.

Lors d’un événement intitulé Regularización con derechos, Irene Montero a déclaré : « Le racisme, camarades, se combat par les droits. (…) Nous, nous donnons des papiers. Podemos est parvenu à un accord avec le PSOE afin que le gouvernement approuve immédiatement une régularisation extraordinaire des personnes migrantes », selon des propos rapportés par eldiario.es

Cette régularisation vise à débloquer une initiative législative populaire soutenue par plus de 700 000 signatures, restée paralysée au Congrès en raison de divergences entre les partenaires de la majorité, notamment Junts et les formations de gauche. Le recours au décret permet au gouvernement de contourner ces blocages parlementaires.

La régularisation s’inscrit dans une revendication défendue de longue date par les formations de l’extrême gauche et par des collectifs militants pro-migrants, relayée notamment par une initiative législative populaire ayant recueilli plus de 700 000 signatures. Faute d’accord politique, cette initiative est restée bloquée au Congrès pendant plusieurs mois, révélant l’absence de consensus au sein même de la majorité parlementaire issue de l’investiture de Pedro Sánchez.

Face à ces blocages, l’exécutif a opté pour un décret royal, permettant l’entrée en vigueur de la mesure sans débat parlementaire préalable. Ce choix procédural, s’il garantit une mise en œuvre rapide, fragilise toutefois la légitimité politique du dispositif et alimente les critiques sur un contournement du pouvoir législatif dans un domaine structurant de l’action publique.

L’opposition conservatrice, en particulier le Parti populaire, dénonce une décision unilatérale aux effets potentiellement incitatifs sur l’immigration irrégulière et remet en cause la capacité de l’administration à absorber un afflux massif de demandes. Le PP plaide pour une régularisation strictement conditionnée à l’emploi et à l’insertion économique, position partagée par certains acteurs centristes et régionalistes. Le Parti nationaliste basque (PNV) s’est également montré réservé, privilégiant une approche plus restrictive et ciblée.

Du côté des partis régionalistes, Junts continue de subordonner toute réforme d’ampleur à un transfert de compétences migratoires à la Catalogne. L’accord conclu entre Podemos et le gouvernement central, en dehors de ce cadre, risque ainsi de raviver les tensions avec les partenaires indépendantistes, déjà critiques d’une recentralisation des décisions stratégiques.

dimanche 1 février 2026

En 2023, près de 3% des Français ont consommé de la cocaïne. C'est 10 fois plus qu'il y a 30 ans

«Le marché de la cocaïne supplante voire dépasse celui du cannabis. En 2023, près de 3% des Français ont consommé de la cocaïne au moins une fois dans l'année. C'est 10 fois plus qu'il y a 30 ans.»

L'émission au complet :