Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
Selon l’évaluation nationale Cedre Sciences 2024 publiée par la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale), les résultats des élèves de troisième (dernière année du collège, correspondant à des élèves âgés d’environ 14 à 15 ans) poursuivent leur dégradation. Le résultat moyen passe de 250 points en 2013 à 238 en 2018, puis à 232 en 2024.
Mais derrière cette baisse globale se dessine une réalité plus préoccupante : le recul se concentre fortement sur les « bons élèves ».
Le rapport officiel met en évidence un net glissement des élèves des groupes de haute performance vers des groupes plus faibles. Voici les principaux chiffres :
Évolution des résultats en sciences (Cedre, élèves de 3e — 14-15 ans)
Année
Résultat moyen
Élèves les plus faibles (groupes <1 + 1)
Élèves les plus performants (groupes 4 + 5)
Dont groupe 5 (les meilleurs)
2013
250
15 %
26,1 %
9,2 %
2018
238
22 % (+7 pts)
19,9 %
5,3 %
2024
232
25 % (+10 pts depuis 2013)
16,8 %
4,4 %
La part des meilleurs élèves (groupe 5) a été divisée par près de deux en onze ans. Le groupe 4 (deuxième niveau de performance) a, lui aussi, reculé de 3 points entre 2018 et 2024, passant de 15 % à 12,4 %. À l’inverse, la proportion d’élèves en difficulté progresse nettement, passant de 15 % à 25 % sur la période.
La DEPP constate ce phénomène sans en proposer d’explication : elle évoque simplement un « glissement du pourcentage d’élèves des groupes de performance élevée vers des groupes de performance plus faible ». Le décrochage est plus marqué chez les garçons que chez les filles, dans le public que dans le privé, dans les collèges socialement défavorisés que dans ceux dits « privilégiés ».
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Cette évolution, observée au fil des évaluations successives depuis 2007, soulève des interrogations quant à l’organisation de l’enseignement des sciences (SVT, physique-chimie, technologie) en fin de collège : réduction des horaires, hétérogénéité accrue des classes après la suppression des groupes de niveau, ou encore évolution des pratiques pédagogiques sont régulièrement avancées par les enseignants, sans que le rapport officiel ne tranche.
Un signal fort, donc, pour un enseignement des sciences qui semble perdre en exigence et en efficacité auprès des élèves les plus performants. La France, qui plaçait autrefois la barre haut en sciences au collège, voit aujourd’hui le sommet de sa hiérarchie scolaire s’éroder.
Les cinq kilomètres de tunnel aux murs couverts de dessins et tags qui relient les différents bâtiments de l’université Laval, dans la ville de Québec, ont de quoi intriguer les étudiants internationaux à leur arrivée. « Cela nous permet de nous déplacer plus rapidement d’un endroit à l’autre sans subir les températures qui peuvent parfois descendre jusqu’à - 20 °C. Certains y font même leur footing ! », explique Augustin, jeune Français de 21 ans.
Sur 180 hectares, le site dispose de bien d’autres atouts pour compenser la rigueur de l’hiver québécois. Comme ces infrastructures sportives de haut niveau : plusieurs piscines, dont un bassin olympique, deux patinoires, de nombreux gymnases, ainsi que des terrains extérieurs de beach-volley, encore enneigés en ce début de printemps.
Tous ces attraits ne suffisent plus, pourtant, à attirer les jeunes du monde entier. En 2024-2025, l’université Laval a enregistré une chute de 66 % des demandes d’inscription émanant de candidats étrangers, et une baisse de 30 % parmi les Français. Une tendance qui se confirme dans beaucoup d’établissements supérieurs canadiens. En cause : le durcissement de la politique fédérale en matière d’immigration étudiante. Depuis 2024, Ottawa a fortement réduit le nombre de permis d’études délivrés. Seuls 155 000 nouveaux étudiants étrangers pourraient obtenir ce précieux sésame cette année, deux fois moins qu’en 2025.
Ainsi, le 8 avril, Neoma Business School [malgré son nom un
établissement hexagonal] signait un nouvel accord de trois ans avec
l’Ecole d’éducation permanente de l’université McGill (drapée de couleurs automnales ci-dessus)
« Ce coup de frein n’est pas lié à une diminution de nos quotas puisque notre propre capacité d’accueil reste inchangée. Mais le message négatif envoyé a tendance à dissuader les familles de se tourner vers nous », déplore Frank Pons, doyen de la Faculté des sciences de l’administration de l’université Laval.
Pourquoi le Canada, jusqu’ici perçu comme une terre d’accueil pour des milliers de jeunes étrangers, donne-t-il aujourd’hui l’impression de faire machine arrière ? « Il y a eu de nombreux abus, principalement de la part des collèges communautaires [NDLR : des formations pré-universitaires ou techniques] qui ont fait venir des étudiants internationaux en masse. Cet afflux a provoqué des situations d’engorgement sur certains territoires très localisés, compliquant l’accès au logement ou aux services de santé. Il aurait mieux valu se concentrer sur des opérations ciblées contre ces dérives », explique Christian Blanchette, recteur de l’université du Québec à Trois-Rivières.
Or la réponse nationale portée par les autorités canadiennes a bouleversé tout le secteur, y compris les universités les plus prestigieuses. Le fait que bon nombre d’élèves, échaudés par le signal envoyé par Ottawa, préfèrent se tourner vers d’autres destinations, représente pour elles un manque à gagner significatif. Ce désamour pourrait aussi, à terme, affecter la recherche. « Nous avons besoin des doctorants venus du monde entier puisque ces derniers représentent la moitié de nos effectifs », s’inquiète encore Christian Blanchette.
Face à cette situation, les autorités tentent de corriger le tir. Le 30 mars, la ministre québécoise de l’Enseignement supérieur, Martine Biron, a rencontré son homologue français Philippe Baptiste afin de réaffirmer la solidité des liens unissant la province canadienne et la France depuis plus de soixante ans. Pour les jeunes Français, venir étudier au pays de l’érable comporte bien des avantages. Au Québec, contrairement à leurs homologues étrangers, ils bénéficient de droits de scolarité préférentiels. Des frais généralement compris entre 6 000 et 13 000 euros par an au niveau licence.
Autre atout majeur : l’environnement montréalais [comprendre l'influence indue de l'anglais dans la métropole québécoise]. La ville conjugue les codes d’une grande métropole nord-américaine et une forte identité francophone. « Les jeunes Français viennent y perfectionner leur anglais [au frais du contribuable québécois!] tout en sachant qu’ils arriveront toujours à se faire comprendre. La législation leur permet d’ailleurs de composer leurs examens en français s’ils le souhaitent », insiste Anne-Marie Croteau, doyenne de l’école de gestion John-Molson [anglophone] rattachée à l’université Concordia [anglophone], dont les deux campus attirent chaque année plus de 8 700 étudiants internationaux, soit près de 20 % de ses effectifs.
HEC Montréal, affilié à l’université de Montréal, figure également parmi les établissements les plus attractifs de la ville grâce à sa grande bibliothèque, la qualité de ses espaces de travail ouverts sur une forêt urbaine et sa salle des marchés équipée de logiciels de trading professionnels. Pour relancer la mobilité entre les deux nations, les universités québécoises misent plus que jamais sur le renforcement de leurs partenariats avec la France. Ainsi, le 8 avril, Neoma Business School [malgré son nom un établissement hexagonal] signait un nouvel accord de trois ans avec l’Ecole d’éducation permanente de l’université McGill, son département de formation continue. A partir de l’automne 2026, un groupe de Français pourra s’y rendre pour un semestre. Déjà liée à HEC Montréal, Concordia et l’université Laval, l’école de commerce tricolore renforce ainsi son ancrage québécois.
« Ce pays reste une destination très prisée de nos étudiants, notamment pour son avance sur les sujets technologiques, l’IA, ainsi que les secteurs de l’audiovisuel, du jeu vidéo, du digital et des loisirs. Mais aussi parce que Montréal et Québec sont des villes où il fait bon vivre », souligne sa directrice générale Delphine Manceau.
Au point que certains choisissent de prolonger l’aventure au-delà leurs études. Emma Guiard, ancienne élève de Neoma, a passé deux ans à l’université Concordia dans le cadre du programme Cesem, un cursus postbac en quatre ans. « Mon objectif initial était d’enchaîner sur un master à Paris. Mais, l’an dernier, j’ai accepté un job d’hôtesse d’accueil chez Tiffany & Co à Montréal pendant la période de Noël », raconte-t-elle. Quelques mois plus tard, son ancienne responsable la recontacte et lui propose un poste de directrice des opérations. « Le fait d’avoir un double diplôme est clairement un avantage pour trouver un emploi », souligne la jeune femme, qui voit des opportunités sur place en dépit, ces dernières années, du tour de vis du gouvernement sur les conditions d’octroi des permis de séjour post-études.
Enfin, les universités québécoises ont beau clamer que les étudiants sont toujours les bienvenus, les candidats se heurtent aussi à d’importantes complexités administratives depuis le tournant de 2024. Justine Bourgeois, admise en sciences politiques à l’université [anglophone!] McGill de Montréal, à la rentrée dernière, en a eu des sueurs froides. « Je n’ai reçu mon visa que le 20 août, soit une semaine avant le début des cours. M’étant déjà rendue sur place avec un visa touristique, j’ai dû faire un aller-retour entre Montréal et Paris et repasser la frontière pour récupérer le bon document à la douane », explique-t-elle.
Son cas est loin d’être isolé. Au sein des bâtiments du XIXe siècle en pierre grise, bon nombre de ses camarades français évoquent des délais à rallonge. Toutefois, comme eux, la jeune étudiante s’est vite intégrée, une fois les formalités réglées : « Je suis là au moins pour trois ans, jusqu’à l’obtention de mon bachelor mais je n’exclus pas de rester par la suite ! » À condition qu’Ottawa ne durcisse pas encore le ton d’ici là.
Petit abécédaire rédigé par Valeurs actuelles sur Mathieu Bock-Côté qualifié d'homme incarné, nuancé et subtil, adversaire résolu du politiquement correct, tel qu'il se donne à voir dans ses échanges passionnants avec Laurent Dandrieu dans le livre d'entretien récemment publié Le Pessimiste joyeux (Fayard, 272 pages). 30 octobre 1995
Pour moi, l'indépendance [du Québec] allait de soi. La journée du référendum, nous sommes persuadés de l'emporter - les sondages des derniers jours le laissaient croire. Et quand on perd, le soir, après une longue soirée référendaire, je ressens une forme d'effondrement mental : ce qui devait arriver n'était pas advenu, le Québec ne devenait pas un pays.
Banquet
J'ai toujours aimé la figure du banquet. J'aime tout ce qui est excessif, ce qui déborde, ce qui ne rentre pas dans les cases. J'aime que partout la vie déborde, or le régime n'aime pas ce qui déborde. C'est pourquoi il y a aujourd'hui une guerre contre l'alcool, une guerre contre ci, une guerre contre ça. Plus que la santé publique, ce qui guide cela implicitement, c'est l'idéal d'une existence normalisée. Toute forme de spiritualité un tant soit peu radicale va être traitée sur le mode sectaire. Tout tempérament plus conquérant va être vu comme extrémiste [… ]. Le banquet est l'ultime forme de résistance, parce que ça rassemble tout : l'excès, la fête, la conversation brillante et, en même temps, les chants paillards. Et aussi cette relation égalitaire, exceptionnelle, qu'est l'amitié. Et encore aussi la figure du désir pour l'autre sexe.
Dieu
Sur le plan politique, il n'importe pas de savoir si on croit en Dieu ou non, il importe de savoir si on se prend pour Dieu ou non. Or, les modernes ont la tentation de se prendre pour Dieu. Mais l'homme n'est pas créateur du monde. Il peut l'aménager, l'améliorer, le transformer, le magnifier, le détruire, mais il ne le crée pas. S'il veut le créer, ou le recréer, il est condamné à l'anéantir : c'est la malédiction de l'homme-démiurge.
Diversité
La diversité, avant d'être une richesse, comme ils disent (et c'en est une pour le patronat qui cherche une main-d'œuvre à bas salaire, c'en est une pour les partis de gauche qui croient trouver là un électorat de substitution, c'en est une pour les racistes anti-blancs qui rêvent d'un multiculturalisme agressif pour débarrasser l'Occident de ses vieux peuples), est un projet. Le progressisme tel qu'il se transforme au cours des années 1950 et 1960 entend détraditionaliser les sociétés occidentales, les décoloniser de l'intérieur, si l'on veut, en faisant tomber la figure de l'homme blanc hétérosexuel, et tout l'univers symbolique qu'on lui associait.
Do you speak English ?
On ne m'entendra jamais dire un mot d'anglais au Québec. Et si on insiste vraiment : « But don't you speak English ? » « Never at home ! » Je parle anglais, je le lis chaque jour, je l'écris correctement, mais je refuse de le parler au Québec. Jamais, vous ne m'entendrez parler anglais dans mon propre pays - c'est une belle langue, c'en est une grande, mais chez moi, c'en est d'abord une qui s'impose dans un rapport néocolonial.
Droite/gauche
Je ne sens pas le besoin de me dire de droite comme la gauche se dit de gauche. La gauche s'autoproclame gauche, puis renvoie à droite tout ce qu'elle n'aime pas. Je n'ai pas vraiment envie de rentrer dans son jeu. Ceux qui se couchent, elle les assimile au centre. Ceux qui chouinent sans la combattre vraiment, elle les nomme droite. Ceux qui lui tiennent vraiment tête, elle les nomme extrême droite. Et ceux qui se retrouvent à droite sont généralement malheureux de l'être. Ils auraient préféré être ailleurs. De là la droite complexée, la seule tolérée, à la différence de la droite décomplexée, qui est une droite désinhibée, ayant oublié d'être honteuse.
Finkielkraut (Alain)
J'ai une admiration infinie pour Alain Finkielkraut, et beaucoup d'affection aussi ; je lui dois énormément - nous sommes nombreux dans cette position, d'ailleurs. Fink a une belle formule : « On ne pense pas par soi-même de soi-même. » Je dirais, de ce point de vue, que j'ai appris à penser par moi-même en bonne partie grâce à lui, à la fois parce qu'il traduisait philosophiquement certaines de mes intuitions les plus profondes, mais aussi parce qu'il nous mettait sur la piste d'auteurs appelés à marquer profondément l'esprit de ceux qui les lisaient vraiment.
Flaque
Le progressisme prétend nous délivrer de tout, couche après couche, couche culturelle, couche sociale, couche ethnique, couche religieuse, pour faire de nous des individus absolument libres, sans détermination. À terme, nous condamnant au modèle de l'identité fluide, il nous conduit à la flaque finale.
Fraise
Je me souviens d'une balade, aux îles de la Madeleine, dans le golfe du Saint-Laurent [à 915 km à l'est de Montréal à vol d'oiseau]. Au loin, je vois une grande croix plantée dans le sol, au sommet d'une colline. Je décide de m'y rendre, je marche une trentaine de minutes, j'y arrive. Et d'un coup, je m'agenouille, et à ce moment, je me sens terriblement ridicule. Parce qu'une part de moi dit : "Tu fais ce que tu as à faire, devant la Croix, on s'agenouille, c'est d'ailleurs dans cette position qu'il faut la contempler. " Mais l'autre partie dit : "Arrête de te faire croire des choses ; tu sais très bien que tu as la densité spirituelle d'une fraise!"
Le chef du Parti Québécois promet des mesures dans les domaines du logement, du coût de la vie et de la lutte contre l'infertilité pour contrer la baisse des naissances au Québec lors des prochaines élections cet automne. Le Parti Québécois mène dans les sondages.
Ces mesures d'aide aux familles ont attiré la critique du diffuseur gouvernemental lors de l’émission Tout peut arriver diffusée le 25 avril et animée par Marie-Louise Arseneault. Xavier Brouillette, professeur de philosophie, y critique sévèrement les mesures
pro-familles, y voyant un risque pour la planète et un impératif productiviste capitaliste. L'animatrice acquiesce aux propos en sortant une scie surannée (« contrôle des utérus »).
Analyse « marxiste » radio-canadienne de la famille, des mères et de la natalité. Extrait de « Tout peut arriver » à Radio-Canada (SRC) du 25 avril, émission animée par Marie-Louise Arseneault qui opine du chef devant les théories de Xavier Brouillette qui critique durement… pic.twitter.com/78Emw2YrVW
Notons que Guillaume Rousseau, également présent dans le studio, tente d'apporter une nuance : il faut distinguer les politiques qui poussent à avoir plus d'enfants qu'ils n'en auraient voulu et celles qui permettent aux gens d'avoir simplement le nombre d'enfants qu'ils désirent. On sait, par ailleurs, que les gens veulent plus d'enfants qu'ils n'en auront.
Mais Xavier Brouillette campe sur ses positions : il faut se demander ce qui motive ce désir d’augmenter la population. M. Brouillette ne semble pas envisager que ces mesures ne sont pas conçues pour augmenter la population, mais de satisfaire des désirs légitimes et d'éviter l'implosion démographique des « natifs » (l'indice de fécondité est de 1,33 enfant/femme au Québec), car il est impossible d'intégrer des jeunes immigrants quand il n'y a plus assez de jeunes Québécois pure-laine.
Notons la timidité de Rousseau face à l’affirmation décomplexée de Brouillette. Rousseau ne cherche pas à changer les mentalités : il se contente de suggérer que chacun puisse avoir le petit nombre d’enfants qu’il souhaite (un peu plus de 2 enfants/femme). Brouillette, en revanche, n’a pas ces scrupules : il prône l’acceptation de la décroissance démographique. La gauche ne rechigne pas à transformer les mentalités, ce qui constitue d’ailleurs une part de ce qu'elle considère comme son ministère moral.
On aimerait également savoir si M. Brouillette est contre toute immigration pour éviter l'augmentation de la population et ainsi sauver la planète (les immigrés consomment nettement plus d'énergie au Québec boréal que dans leur pays d'origine : souvent entre 2 et 10 fois plus, selon le pays de départ et le mode de vie.)
Les propos de Xavier Brouillette et consorts ont attiré une réponse unanime : aider les familles à ne pas renoncer aux enfants qu'elles désirent ce n'est pas être extrémiste.
C'est le cas de Marwah Rizqy, députée de Saint-Laurent :
Comme Mme Rizqy l'indique, ce souci est transpartisan : le ministre Bernard Drainville de la CAQ au pouvoir, Éric Duhaime du Parti conservateur du Québec et M. Paul St-Pierre Plamondon du Parti Québécois sont également sensibles à cette question cruciale.
Le chroniqueur Mathieu Bock-Côté a lancé depuis Paris :
« ti-clin » c'est un « petit ahuri » ou « petit insignifiant »
Réaction intéressante du directeur de Cardus pour le Québec :
Hot take conceptuelle:
Le problème avec l'analyse marxiste ici présente c'est qu'elle ne peut pas considérer le travail autrement qu'à l'intérieur du cadre marxiste d'aliénation.
Bref: si une femme fait un travail elle est par définition aliénée. D'abord économiquement, car… pic.twitter.com/aHlSa4KDFQ
Rappelons que les féministes de gauche québécoises ont soutenu l'abandon en 1998 d'une politique d'aide universelle à la naissance pour la remplacer par une politique nettement plus chère et sélective de garderies subventionnées. La ministre de la Famille et de l'Enfance de l'époque, Nicole Léger (PQ), avait alors qualifié ce programme d'allocation à la naissance « d'échec lamentable ». Le diagnostic peu nuancé de la ministre Léger s'expliquait sans doute par des réticences fréquentes exprimées par le Conseil de la femme à toute politique nataliste efficace. En 1982, Claire Bonenfant, la très féministe présidente du Conseil de la Femme, s'était ainsi interrogée, au sujet d'une politique avec de timides conséquences natalistes : « Cette politique sera-t-elle une politique nataliste déguisée cherchant à nous retourner aux berceaux et aux fourneaux ou bien se présente-t-elle comme une politique de justice sociale ? »
Lorsqu’une personne s’installe au Canada ou au Québec, sa consommation d’énergie augmente généralement par rapport à celle qu’elle avait dans son pays d’origine. Cette hausse peut être significative : souvent entre 2 et 10 fois plus, selon le pays de départ et le mode de vie.
Plusieurs facteurs expliquent cette augmentation : le climat froid, qui nécessite un chauffage important, la grande superficie du pays, qui implique des déplacements plus longs, et un niveau de vie globalement élevé, avec une utilisation plus intensive de l’électricité et des appareils ménagers.
Comparaison par pays d’origine
Voici quelques exemples de consommation d’énergie par habitant, en kWh par an, pour le pays d’origine et pour le Canada/Québec. Les données proviennent de Our World in Data et de l'Energy Institute.
Pays d’origine
Consommation moyenne (kWh/an)
Consommation au Canada/Québec (kWh/an)
Facteur multiplicateur
Inde
~7 700
~83 000
×10,8
Chine
~34 100
~83 000
×2,4
France
~36 800
~83 000
×2,25
Philippines
~10 000
~83 000
×8,3
Algérie
~15 000
~83 000
×5,5
Haïti
~5 000
~83 000
×16,6
Analyse
Ces chiffres montrent que l’augmentation de consommation énergétique n’est pas liée à l’origine culturelle ou ethnique des immigrants, mais résulte avant tout du climat, de la taille du pays et des habitudes locales de consommation. Même pour des pays à consommation déjà élevée, comme la France ou la Chine, l’augmentation reste notable.
Il est également important de souligner que le mix énergétique québécois, principalement basé sur l’hydroélectricité, atténue l’impact environnemental de cette consommation plus élevée.
En résumé, l’installation d’un immigrant au Canada ou au Québec implique généralement une consommation d’énergie beaucoup plus importante qu’au pays d’origine, souvent plusieurs dizaines de milliers de kWh supplémentaires par an.
Devenue virale, la vidéo montre un couple d’hommes ricanant face à leur nourrisson en pleurs, qui réclame de voir sa maman, en réponse à la question de savoir lequel de ses deux papas il préfère. Des associations conservatrices américaines s’appuient sur cette vidéo pour demander l’abolition de la gestation pour autrui.
C’est ce qui s’appelle un «bad buzz». Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux et devenue virale, mais au détriment de son auteur, un nourrisson de quelques mois est filmé dans les bras de son père par le compagnon de ce dernier. L’enfant est né d’une gestation pour autrui et les deux hommes sont ses «parents d’intention». Celui des deux qui tient le bébé s’amuse à l’interroger en rigolant : «Tu veux qui ? ’Dadda’ ou ’Pap’ ?» demande-t-il alors que l’enfant manifeste par des signes d’impatience qu’il est lassé de jouer dans ses bras. «Ma... Mamma», bredouille le bébé qui se met à pleurer. Les deux hommes éclatent alors de rire : «Non, pas maman !» lui répond, en ricanant, celui qui le tient dans ses bras. Il repose alors sa question. L’enfant insiste et continue de répondre «Mamma», augmentant encore l’hilarité des deux hommes, qui rétorquent de plus belle : «Non, il n’y a pas de maman !» lance l’un en riant ; «certainement pas» , crie l’autre.
L’homme qui poste la vidéo est un chanteur et compositeur de musique country, qui a remporté plusieurs Grammy Awards. Cet habitant de Nashville dans le Tennessee, nommé Shane McAnally, partage régulièrement auprès de ses 140.000 abonnés le quotidien de sa famille, afin de militer pour l’acceptation de l’homoparentalité dans la société américaine, et évoque régulièrement dans les médias son engagement pour la cause LGBT au sein du milieu de la musique country, réputé conservateur. Lui et son mari Michael Baum élèvent ensemble deux adolescents jumeaux, Dylan et Dash, et viennent d’accueillir un troisième enfant né d’une mère porteuse en Californie : Texson Ray, qu’ils surnomment «Tex». «Nous l’avons aimé instantanément dès que nous l’avons découvert», confiait Shane McAnally au magazine People, qui a consacré un article à l’arrivée du bébé dans sa famille, ajoutant : «Il est absolument parfait à tout point de vue» .
«Un bébé homophobe»
Sur son compte Instagram, le père de famille partage tantôt des extraits d’un one-man-show où il fait rire l’assistance en racontant des anecdotes amusantes sur les «problèmes d’un père homosexuel» au quotidien, tantôt des photos ou des vidéos de moments de vie familiale. Il montre ainsi la rencontre des jumeaux avec le petit bébé, quelques jours après la naissance, à la maternité où il est né. Il n’est nulle part fait mention de la mère porteuse, qui n’est pas même mentionnée dans les publications, ni même remerciée. En revanche, plusieurs publications à visée humoristique consistent à mettre en scène le désarroi du nourrisson à l’idée de ne pas être élevé par sa mère.
Ainsi sur une photo où l’enfant est photographié en gros plan alors qu’il semble manifestement avoir du chagrin, Shane McAnally commente en légende : «On vient de lui annoncer qu’il a deux papas» . Sur une autre vidéo, baptisée «Un bébé homophobe âgé de seulement 6 semaines» , les deux hommes s’amusent à montrer une supposée grimace qu’effectue leur nourrisson au moment où ils lui annoncent à nouveau qu’il a deux papas.
Si jusqu’à présent la plupart de ces publications suscitaient des commentaires attendris ou amusés des internautes, cette fois la dernière vidéo dans laquelle les deux hommes ricanent devant leur fils appelant sa maman a déclenché de très vives désapprobations. «Comment peut-on rire de cela ?» commente un internaute ; «Ça me brise le cœur», écrit un autre ; «Espérons qu’un fonctionnaire des services de protection de l’enfance va sauver ce bébé» poursuit un troisième. «Les enfants méritent mieux que cela», a commenté l’association conservatrice «Concerned Women», qui milite pour l’abrogation de la gestation pour autrui aux États-Unis.
Laurent Dandrieu réagit au pape Léon XIV qui défend le droit des pays de contrôler leurs frontières : « La question migratoire est moins une obsession pour le pape Léon XIV que pour son prédécesseur ».
Laurent Dandrieu réagit au pape Léon XIV qui défend le droit des pays de contrôler leurs frontières : «La question migratoire est moins une obsession pour le pape Léon XIV que pour son prédécesseur», dans #PunchlineWE
L'émission au complet (segment avec Laurent Dandrieu commence vers 1 h 05):
Lors de son homélie au Cameroun, le pape Léon XIV a encouragé les jeunes à NE PAS ÉMIGRER, mais à rester pour contribuer au développement de leur pays.
🔴 L'encouragement de #LéonXIV aux jeunes Camerounais tentés par l'émigration : « Je vous invite à répondre par un désir ardent de servir votre pays ! »#PapeauCameroun 🇨🇲
Dans l'émission Libre à Vous, l'écrivain de gauche Erik Orsenna, né en 1947 et ancien conseiller de François Mitterrand, propose que «la vieille France» soit «irriguée» par l'Afrique, rebaptisant le phénomène « grande irrigation » au lieu de « grand remplacement ».
Orsenna conditionne cette idée au développement réussi des pays africains, dans un échange détendu avec la présentatrice Guyonne de Montjou, illustré par un extrait vidéo de l'interview.
«La vieille France devrait être irriguée par l’Afrique... c’est d’ailleurs ce qui va se passer. Ce n’est pas le grand remplacement, c’est la grande irrigation», souhaite Erik Orsenna dans Libre à Vous présentée par @GuyonneM. pic.twitter.com/tRLwsEY8by
Pour Laurent Dandrieu, journaliste à Valeurs actuelles, « La grande irrigation » d'Orsenna, c'est la version 2026 de l'immigration c'est « une chance pour la France » de Bernard Stasi en 1984. « Durant ces 42 ans, tout le monde a vu que ça ne marchait pas, sauf Orsenna et cette intelligentsia qui s'accroche à ses erreurs chéries qui nous conduisent à l'abîme. »
Exposition coloniale de 1931
Erick Orsenna se trompe sur les chiffres de l'Exposition coloniale de 1931 dans le bois de Vincennes. La France n'était pas peuplée de 31 millions d'habitants mais de 41 millions.
L’Exposition coloniale internationale s’est tenue du 6 mai au 15 novembre 1931 dans le bois de Vincennes (porte Dorée), à Paris.
Chiffres officiels de fréquentation
33 489 902 entrées (billets payants vendus en 193 jours d’ouverture).
Environ 8 millions de visiteurs uniques (estimation : chaque personne achetait en moyenne 4 à 5 billets, car beaucoup revenaient plusieurs fois).
Répartition estimée des visiteurs
Selon les rapports de l’époque et la Préfecture de police (reprise dans les sources historiques) :
4 millions de Parisiens
3 millions de provinciaux
1 million d’étrangers
Soit environ 7 millions de Français (Parisiens + provinciaux) sur les 8 millions de visiteurs uniques. Les étrangers représentaient donc environ 12-15 % du public.
Population de la France métropolitaine à l’époque
Recensement officiel du 8 mars 1931 (résultats publiés au Journal officiel) : 41 834 923 habitants au total en France métropolitaine (dont 38 944 000 Français et 2 890 923 étrangers).
Inauguration de l'exposition le 6 mai par Gaston Doumèrgue et le maréchal Liautey
Le programme Emplois d’été Canada soutient chaque année des dizaines de milliers de jeunes âgés de 15 à 30 ans en finançant des subventions salariales aux employeurs (principalement organismes sans but lucratif, secteur public et petites entreprises privées).
Chiffres récents des jeunes soutenus :
En 2025 :Plus de 75 000 emplois créés pour les jeunes (le programme a dépassé son objectif initial de 70 000, avec environ 71 200 à 76 000 postes selon les sources officielles).
Pour 2026 (année en cours) : Le gouvernement annonce jusqu’à 100 000 possibilités d’emploi offertes via le programme, avec plus de 100 000 postes affichés sur le Guichet-Emplois. Cela fait partie d’un investissement plus large visant environ 175 000 perspectives d’emploi et de développement de compétences pour les jeunes au total cette année.
Sur plusieurs années, le programme a financé plus de 460 000 à 600 000 emplois pour les jeunes depuis 2019 (selon les bilans cumulés).
Discrimination anti-blanc hétéro
Le programme met l’accent sur les groupes prioritaires selon le gouvernement fédéral (jeunes Autochtones, Noirs, racialisés, 2ELGBTQI+, en situation de handicap, etc.).
Combien de blancs, mâles, hétéros soutenus par EEC ?
D’après les données les plus récentes publiées dans l’aperçu du programme Emplois d’été Canada (avril 2026) : Genre 63 % des participants s’identifient comme femmes ou comme un genre autre que masculin. → Les hommes représentent donc environ 37 %.
Autochtones et non blancs 8 % des participants sont Autochtones. 25 % sont issus de groupes racialisés. → Environ 67 % ne sont ni Autochtones ni racialisés (les catégories étant présentées séparément, sans recoupement significatif dans ces statistiques globales). Nombre d'hommes non autochtones et non racisés (« blancs »)
37 % × 67 % ≈ 24,8 %
Il s'agit d'une estimation.
Non hétéro
Aucune donnée publique détaillée ne précise la proportion de participants s’identifiant comme 2ELGBTQI+ dans ce programme, contrairement à d’autres variables comme le genre, l’identité autochtone, la racialisation ou le handicap.
Dans la population canadienne des 15–30 ans, les estimations disponibles situent cette proportion autour de 12 à 20 %. Étant donné que le programme accorde une attention particulière à certains groupes sous-représentés, il est plausible que leur part parmi les participants soit au moins comparable, voire supérieure, à cette moyenne.
En retenant une hypothèse prudente de 15 à 20 %, la proportion de participants non concernés par ce critère se situerait entre 80 et 85 %.
Estimation de la proportion d'hommes blancs hétéros 24,8 % × 80–85 % ≈ 20–21 %
Ainsi, en combinant ces trois dimensions de manière approximative, la proportion de participants correspondant simultanément à ces caractéristiques se situerait autour de 20 %, peut-être moins.
Il convient toutefois de souligner que ce type de calcul repose sur une approche multiplicative simplifiée : les variables ne sont pas totalement indépendantes et les données publiques ne permettent pas de croisement précis entre tous les critères. L’estimation donne donc un ordre de grandeur indicatif plutôt qu’une mesure exacte.
Capitale du Canada-Uni depuis 1843, Montréal abrite le siège du gouvernement. Le Parlement se situe alors sur l’actuelle Place d’Youville, dans le Vieux-Montréal. Lord Elgin, gouverneur du Canada-Uni, vient de donner son accord à la proposition des députés pour indemniser les habitants du Bas-Canada ayant subi des pertes matérielles lors des rébellions de 1837-1838.
Certains que cela confirme la domination politique des Canadiens français, les anglophones voient rouge ! À l’initiative du journal The Gazette, une manifestation est organisée le 25 avril 1849 sur le Champ-de-Mars. Réunissant plus de 1 500 personnes, le « cortège » gagne finalement le Parlement. On assiste alors à des jets de pierres sur le bâtiment et d’œufs pourris sur les députés… Puis l’incendie se déclare soudainement. Il détruira totalement l’édifice. Sur 25 000 livres, archives et documents, seuls 200 seront sauvés des flammes. L’historien François-Xavier Garneau parle de notre « désastre d’Alexandrie », faisant référence à la disparition de l’antique bibliothèque d’Alexandrie, en Égypte.
En 2011, des fouilles archéologiques importantes ont permis de trouver nombre de vestiges liés à cet événement.
La colère des incendiaires
Les excès de colère qui mèneront à l’incendie du Parlement sont dus à des circonstances bien particulières. D’abord, après avoir instauré le Canada Corn Act (Loi sur les céréales) en 1843 qui garantissait sur les marchés britanniques un tarif favorable à la farine et au blé canadien, l’Angleterre met fin à sa politique protectionniste en 1846, résultat de l’effervescence économique en Europe. La réaction de la classe marchande de Montréal (presque exclusivement britannique) est forte et négative : on craint l’abandon de l’Angleterre et l'on propose même l’annexion aux États-Unis. Le parti de la classe marchande montréalaise, les Tories, favorise des liens étroits avec la couronne britannique. Depuis la Conquête, le pouvoir politique était exercé par le gouverneur général et le conseil exécutif, où les Tories sont bien présents. Forts des liens étroits qu’ils entretenaient avec ce dernier, plusieurs Tories s’y voyaient nommés. L’avènement de l’Acte d’Union en 1840 et de la responsabilité ministérielle en 1848 brisent cette suprématie. L’alliance entre les réformistes du Haut-Canada et ceux du Bas-Canada les a mis en minorité. Plus encore, les décisions et les lois votées et adoptées à la chambre d’assemblée n’auront plus à recevoir l’assentiment du gouverneur pour entrer en vigueur.
Louis-Hippolyte Lafontaine
Lorsque le gouverneur du Canada-Uni, lord Elgin, donne son accord au projet de loi d’indemnisation, il met bien malgré lui le feu aux poudres. Ce projet de loi d’indemnisation visait à indemniser les habitants du Bas-Canada ayant subi des pertes matérielles lors des rébellions de 1837-38. Il s’agit d’une loi qui s'inspire d'une mesure semblable votée au Haut-Canada et elle se fonde sur un rapport de réclamations approuvé en principe en 1846. La Fontaine voit en ce projet un moyen symbolique de panser les blessures de la rébellion et de reconnaître les droits des Canadiens français à l’égalité dans les deux Canadas. Déjà échaudés, les Tories voient l’acceptation de ce projet de loi comme une confirmation de la domination politique des Canadiens français. Tout cela est, pour eux, intolérable.
Ainsi donc, à la demande du journal The Gazette, plus de 1 500 personnes se réunissent sur le Champ-de-Mars en ce début de soirée du 25 avril 1849. Le ton employé par les orateurs est menaçant. On y parle de trahison du gouverneur Elgin, d’une domination politique canadienne-française, de l’abandon de l’Angleterre. On rejette le projet de loi sur l’indemnisation, car, selon les Tories, il vise à aider les assassins d’hier : les Rebels de 1837-38. Bien qu’une loi semblable ait été votée et adoptée au Haut-Canada quelques années plus tôt dans le calme, la situation à Montréal s’envenime d’heure en heure. Au bout d’un moment, la foule réunie au Champ-de-Mars prend bruyamment la direction du Parlement par la rue Saint-Paul. Les résidents effrayés préfèrent la quiétude de leur demeure à la colère des Tories qui emplissent les rues. Sitôt arrivés devant le Parlement, les Tories et leurs sympathisants se joignent aux chahuteurs qui lancent déjà des pierres sur le bâtiment. Plusieurs émeutiers iront jusqu’à entrer dans la Parlement pour poursuivre le saccage. Les députés de l’assemblée tentent de sortir à la dérobée. Peine perdue, on leur lance des œufs pourris (le même traitement a été réservé à lord Elgin plus tôt cette journée-là), certains seront même pris à partie par les émeutiers.
La disgrâce de la Grande-Bretagne consommée !
Le Canada vendu et abandonné !
La loi sur les pertes de la rébellion approuvée !!
Œufs pourris lancés sur le gouverneur !!!
The Gazette, 25 avril 1849
Cet après-midi, il circulait une rumeur en ville que le gouverneur général se rendrait à la Chambre et donnerait sanction à certains projets de loi ; mais on ne pouvait pas supposer que le projet de loi sur l’indemnisation des pertes de la rébellion serait du nombre.
Honteux du rôle qu’il allait jouer, et espérant en imposer au sentiment public, lord Elgin vint ramper dans la Chambre une heure après le temps marqué et, quand on put croire qu’il avait changé d’intentions, il se montra dans la Chambre du Conseil législatif. Après la lecture de plusieurs projets de loi de peu d’importance, le greffier lut d’un ton qui n’annonçait pas le désir d’attirer l’attention du public :
LE PROJET DE LOI SUR LES PERTES DE LA RÉBELLION.
Et, à la honte éternelle de la Grande-Bretagne,
LA RÉBELLION EST LA LOI DU SOL.
Le bruit de ce fait a été accueilli par des cris de rage et des battements de pieds. Plusieurs autres projets de loi ont reçu la sanction royale après cela, mais les galeries se vidèrent par dégoût, « murmurant et maugréant tout haut et tout bas » des malédictions qui auront effet quelque autre jour.
Les personnes qui s’étaient assemblées dans les environs, apprenant ce qui venait de se passer, éclatèrent en hurlements, cris de rage et d’indignation contre le « dernier gouverneur du Canada ». Quand lord Elgin (il ne mérite plus le titre d’Excellence) reparut dans les rues en sortant de la Chambre du Conseil, il fut reçu par les sifflets, les grognements et les cris d’indignation de la foule. On lui lança des œufs pourris, et lui et ses aides de camp furent arrosés de cette liqueur savoureuse, et sa voiture fut couverte du contenu dégoûtant des œufs et de boue. Quand la provision d’œufs fut épuisée, on se servit de pierres pour saluer le départ du carrosse, et il fut emmené au galop au milieu des malédictions de ses compatriotes.
LE DÉBUT DE LA FIN
Anglo-Saxons, vous devez vivre pour l’avenir ; votre sang et votre race seront désormais votre loi suprême, si vous êtes vrais à vous-mêmes. Vous serez Anglais, « dussiez-vous n’être plus Britanniques ». À qui va et quelle est votre allégeance maintenant ? Que chacun réponde en son âme et conscience.
Le pantin pompeux doit être rappelé ou chassé par le mépris universel du peuple.
Dans le langage de Guillaume IV, « LE CANADA EST PERDU ET LIVRÉ ». LA FOULE DOIT S’ASSEMBLER SUR LA PLACE D’ARMES, CE SOIR, À HUIT HEURES.
AU COMBAT, C’EST LE MOMENT !
Et soudainement, l’incendie se déclare : on voit la fumée sortir des fenêtres. L’incendie prend rapidement des proportions inquiétantes. On refuse l’accès aux pompiers et ceux qui parviennent à passer voient leurs boyaux d’arrosage sectionnés. De plus, l’armée n’intervient pas. Le marché Sainte-Anne et le Parlement du Canada qu’il abrite sont complètement démolis, ses bibliothèques brûlées. La journée du 25 avril 1849 se termine sur une note inquiétante : après avoir incendié le Parlement, les émeutiers partent à la chasse aux réformistes. On déménage temporairement le Parlement au marché Bonsecours, puis dans un théâtre de la rue Notre-Dame. Début novembre, la capitale est transférée à Toronto.
L’année 1849 a été qualifiée d’année de la terreur à Montréal. L’incendie du Parlement y est, bien sûr, pour quelque chose. Cependant, l’incendie et l’agitation du 25 avril ne constituent qu’une amorce à ce qui aurait pu devenir une guerre civile si les Réformistes avaient usé des mêmes moyens que les Tories. Ces derniers saccagent plusieurs résidences et commerces appartenant aux réformistes. Plusieurs d’entre eux se dirigent dans le faubourg Sainte-Antoine avec la ferme intention d’aller saccager et incendier la demeure du Premier ministre La Fontaine. Ce dernier est absent, mais des gens armés montent la garde. Près de 200 personnes franchissent les grilles menant à la résidence. Les coups de feu stoppent les ardeurs des émeutiers qui rebroussent chemin avec, sur les bras, un jeune homme atteint mortellement. Pour venger la mort du jeune homme, les émeutiers mettent le feu à l’hôtel Cyrus, lieu de l’enquête sur la mort du jeune homme, sur la place Jacques-Cartier. Cet incendie a lieu le 16 août et n’est qu’un parmi de nombreux à avoir été déclenchés au cours de l’été. Dans ces temps difficiles, on note également plusieurs décès reliés aux émeutes : la jeune Anne McDonnell est morte dans le feu qui a complètement détruit le magasin de chaussures de M. P. Murray, situé au coin des rues Notre-Dame et Saint-Gabriel. L’arrivée de l’automne ramène un calme relatif dans la ville maintenant dépouillée de son titre de capitale.
Les années 1850 sont des années de prospérité économique qui changeront le visage de Montréal. Elle n’est plus la capitale du Canada-Uni, mais elle demeure la ville économique et industrielle la plus importante du pays pour près d’un siècle à venir.
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