mardi 27 juillet 2021

Canada — Nombre provisoire de décès et surmortalité, janvier 2020 à avril 2021

Selon Statistique Canada :

« Bien que l’on observe parfois que la surmortalité correspond au nombre de décès attribuables à la COVID-19, les données révèlent que les répercussions indirectes de la pandémie ont également une incidence significative sur les décès en surnombre enregistrés au Canada, en particulier chez la population canadienne plus jeune. L’ensemble de données provisoires récemment mis à jour est publié aujourd’hui. Selon cet ensemble, tiré de la Base canadienne de données sur les décès de la Statistique de l’état civil, qui porte sur la période allant de la fin mars 2020 au début avril 2021, environ 62 203 décès ont été déclarés parmi la population canadienne de 0 à 64 ans. Cela représente 5 535 décès de plus par rapport au nombre auquel on aurait pu s’attendre s’il n’y avait pas eu de pandémie, après avoir tenu compte des changements dans la population, comme le vieillissement. Au cours de la même période, 1 380 décès attribuables à la COVID-19 ont déclarés chez les personnes de moins de 65 ans, ce qui laisse croire que les décès en surnombre sont [5535 - 1380 = 4155], en grande partie, liés à d’autres facteurs, comme l’augmentation du nombre de décès attribuables à la consommation d’alcool ou de drogues, dont les intoxications involontaires (accidentelles) ainsi que les maladies et les problèmes de santé liés à la consommation d’alcool.

[…]

Les décès causés par une intoxication accidentelle atteignent un nouveau sommet pendant la pandémie

Afin de mieux comprendre la surmortalité qui n’est pas directement attribuable à la COVID-19, on a examiné les tendances de la mortalité relativement à des causes de décès précises. Des préoccupations ont été soulevées quant au fait que le nombre de décès liés à certaines causes non attribuables à la COVID-19 aurait pu augmenter par rapport au nombre auquel on pouvait s’attendre s’il n’y avait pas eu pandémie. Les tendances de la mortalité liées à une intoxication accidentelle ont davantage attiré l’attention, car des données probantes ont révélé qu’en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique, la consommation d’alcool et d’autres drogues a augmenté en 2020 par rapport aux années précédentes, à un moment où la disponibilité et l’accessibilité des programmes de réduction des méfaits, des services de consommation supervisée et des services de soutien en personne pour la consommation d’alcool et d’autres drogues peuvent avoir été perturbées pendant la pandémie. Les décès causés par une intoxication accidentelle peuvent survenir dans des circonstances différentes, par exemple les personnes qui consomment des substances dans un but récréatif, de même que celles qui ingèrent par erreur d’une trop grande quantité de médicaments sur ordonnance ou en vente libre.

Selon les données provisoires reçues à date des provinces et des territoires, il y a eu 3 770 décès causés par une intoxication accidentelle en 2020, par rapport à 3 240 en 2019. Des augmentations appréciables ont été observées en Ontario (2 235 par rapport à 1 550) et en Alberta (920 par rapport à 715). Les renseignements sur la cause de décès dans les données provisoires représentent moins de 70 décès par surdose en Colombie-Britannique, mais un rapport sur les décès liés à la toxicité des drogues illicites publié par le Service des coroners de la Colombie-Britannique a fait état d’une augmentation fulgurante des décès en 2020 par rapport à 2019.

À l’échelle nationale (à l’exclusion de la Colombie-Britannique et du Yukon), les taux de mortalité annuels pour les décès causés par une intoxication accidentelle de 2000 à 2020 ont généralement augmenté au fil du temps. En 2017, au plus fort de la crise des opioïdes, le taux de mortalité annuel était de 10,2 décès pour 100 000 personnes (3 230 décès). Il s’agit du taux le plus élevé observé avant 2020. Selon les données provisoires, le taux de mortalité en 2020 s’est établi à 11,3 décès pour 100 000 personnes (3 705 décès).

Les intoxications accidentelles comprennent les surdoses accidentelles de diverses drogues illégales, de médicaments sur ordonnance et en vente libre et d’alcool, ainsi que les intoxications par des solvants et des pesticides. La catégorie de substances la plus fréquente a affiché une augmentation du taux de mortalité, qui est passé de 4,7 décès pour 100 000 personnes (1 470 décès) en 2017 à 5,3 décès pour 100 000 personnes (1 745 décès) en 2020. Cette catégorie comprend les opioïdes, les stupéfiants et les hallucinogènes. De même, le taux de mortalité attribuable à la catégorie qui comprend les surdoses de médicaments non précisés et les surdoses liées à une combinaison de médicaments a augmenté pour passer de 3,9 décès pour 100 000 personnes (1 235 décès) en 2017 à 4,6 décès pour 100 000 personnes (1 510 décès) en 2020. Ensemble, ces deux catégories ont représenté 88 % des intoxications accidentelles en 2020.

Selon les données pour l’Ontario, le nombre provisoire de décès attribuables à des intoxications accidentelles a fortement augmenté par rapport aux nombres observés au cours des mois qui ont précédé la pandémie ; 605 décès sont survenus entre avril et juin 2020 par rapport à 475 entre janvier et mars 2020. Au cours des mêmes périodes en 2019, 475 décès ont été enregistrés pour chacune des périodes de trois mois. Pour le reste de l’année 2020, 1 155 décès ont été causés par des intoxications accidentelles par rapport à 600 pour la même période en 2019. Parmi les différents facteurs possibles ayant contribué à cette augmentation figure possiblement le fait que l’Ontario ait déclaré l’état d’urgence en réponse à la pandémie de COVID-19 le 17 mars 2020. Pendant la période où l’état d’urgence était en place, les installations et les services pour soutenir la réduction des méfaits liés à la consommation de substances, les services de [conseil] en personne et les services de soutien, comme les cliniques de traitement et les sites de consommation surveillés, ont dû réduire leur capacité ou fermer. Une tendance à la hausse similaire a été observée en Alberta.

L’augmentation des décès par surdose touche la population canadienne plus jeune

Parmi les personnes de 0 à 44 ans, le nombre de décès attribuables à des intoxications accidentelles en 2020 a augmenté pour passer de 1 605 (8,9 décès pour 100 000 personnes) en 2019 et de 1 830 (10,4 décès pour 100 000 personnes) en 2017 (au plus fort de la crise des opioïdes) à 2 125 (11,6 décès pour 100 000 personnes). De même, une augmentation du nombre de décès liés à des intoxications accidentelles a été enregistrée chez les personnes de 45 à 64 ans en 2020 (1 395 décès, ou 15,9 décès pour 100 000 personnes) par rapport à 2019 (1 145 décès, ou 13,1 décès pour 100 000 personnes) et à 2017 (1 195 décès, ou 13,6 décès pour 100 000 personnes).

Comme on l’observe dans la population en général, ces augmentations des intoxications accidentelles se caractérisent par une augmentation du nombre de décès liés à une intoxication accidentelle par des stupéfiants, des opioïdes et hallucinogènes, ainsi qu’aux intoxications accidentelles par de multiples drogues, autres médicaments et substances non précisés. Les taux de mortalité chez les hommes des deux groupes d’âge (0 à 44 ans et 45 à 64 ans) et chez les femmes de 0 à 44 ans ont dépassé les niveaux élevés de 2017. Selon les données provisoires, les taux de mortalité par intoxication accidentelle au sein de la population canadienne de 65 ans et plus ont diminué par rapport à ceux observés en 2019.

Les décès causés par l’alcool augmentent en 2020 [dans] la population canadienne plus jeune

En 2020, le nombre et le taux de décès causés par l’alcool ont augmenté chez les personnes de moins de 65 ans. Chez les personnes de 0 à 44 ans, le nombre de décès causés par l’alcool a augmenté pour passer de 325 (1,6 décès pour 100 000 personnes) en 2019 à 480 (2,3 décès pour 100 000 personnes) en 2020. Les personnes de 45 à 64 ans ont également affiché une augmentation du nombre de décès causés par l’alcool en 2020 (1 790, ou 17,7 décès pour 100 000 personnes) par rapport à 2019 (1 525, ou 15,0 décès pour 100 000 personnes). Les décès causés par l’alcool comprennent les décès attribuables à un certain nombre de maladies et de problèmes de santé liés à la consommation chronique d’alcool, mais ne comprennent pas les décès accidentels, comme les accidents de la route, où l’alcool est considéré comme un facteur contributif.

Ces augmentations sont observées tant chez les hommes que chez les femmes, et elles semblent être attribuables à l’augmentation du nombre de décès causés par la maladie alcoolique du foie ainsi qu’aux troubles mentaux et comportementaux liés à la consommation d’alcool (p. ex. l’abus d’alcool, le syndrome de dépendance alcoolique, le sevrage alcoolique, entre autres).

Comme dans le cas des décès attribuables à une intoxication accidentelle, les perturbations survenues à l’échelle des programmes de soutien et de services de réduction de la consommation d’alcool peuvent aussi avoir contribué à la hausse des décès causés par l’alcool pendant la pandémie. Par exemple, les possibilités d’avoir accès à des groupes de soutien en personne peuvent avoir diminué en raison des mesures de distanciation physique, tandis que les répercussions économiques, sociales et psychologiques de la pandémie et des mesures de santé publique connexes peuvent avoir eu une incidence négative sur la consommation d’alcool chez certaines personnes.

À mesure que la pandémie évolue et que le nombre d’infections à la COVID-19 diminue, la dynamique de la mortalité au Canada fera aussi l’objet de changement. Certaines causes de décès pourraient enregistrer une diminution en 2020 par rapport aux années précédentes. Par exemple, la baisse de la circulation routière, les changements dans les comportements habituels et la réduction de l’activité grippale à la suite des mesures prises pour lutter contre la propagation du virus à l’origine de la COVID-19 peuvent avoir entraîné une diminution du nombre de décès en raison des ajustements apportés au mode de vie. En outre, il est possible que des fluctuations soient observées dans les tendances de mortalité relativement à certains problèmes de santé qui auraient pu être touchés par des changements perçus ou réels dans l’accès aux services de santé, en ce qui a trait à la prévention d’un diagnostic et de traitement de problèmes de santé critiques. Afin de mieux comprendre l’évolution des répercussions de la pandémie sur la mortalité au Canada, Statistique Canada continuera de collaborer avec les bureaux de l’état civil partout au Canada pour fournir régulièrement des renseignements opportuns sur la surmortalité, les causes de décès et les comorbidités, au fur et à mesure qu’ils seront accessibles.

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lundi 26 juillet 2021

France — Fin de la liberté d'instruire ses enfants à la maison sauf stricte et subjective autorisation gouvernementale

Communiqué de presse en date du 23 juillet 2021 de La Fondation pour l’école auprès du Conseil constitutionnel Interdiction du régime de l’Instruction en famille.

Le 23 juillet 2021

 

Communiqué de presse

Interdiction du régime de l’Instruction en famille

La Fondation pour l’école dépose un mémoire
auprès du Conseil constitutionnel

télécharger le communiqué de presse

 

Lors de son vote du 23 juillet 2021, l’Assemblée nationale a définitivement adopté la loi confortant le respect des principes de la République.

Cette adoption a pour conséquence la suppression du régime déclaratif de l’instruction en famille (IEF) institué depuis fort longtemps et pourtant garanti par la Déclaration universelle des droits de l’homme[1].

Il est dorénavant remplacé par un régime d’autorisation préalable, soumis à des conditions aussi strictes que subjectives, privant de facto 62.398 enfants[2] d’un mode d’instruction parfaitement légal et régulièrement contrôlé par les services de l’État.

Comme elle l’avait annoncé précédemment, la Fondation ne peut se résoudre à la suppression d’une telle liberté fondamentale, et entamera donc lundi 26 juillet une procédure dite de « la porte étroite » auprès du Conseil constitutionnel.

 

Rappelons que cette adoption du 23 juillet s’est faite au mépris des nombreuses alertes et objections de la part de nos institutions. Ainsi :

  • un premier avis du Conseil d’État sur cette loi, modifié in extremis sur pression du gouvernement[3], s’est prononcé en nette défaveur de la suppression de l’IEF en décembre 2020 ;
  • la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), après avoir auditionné la Fondation pour l’école, at rendu un avis défavorable le 28 janvier 2021[4] sur le projet de loi ;
  • le Sénat, où la Fondation a également été auditionnée, a supprimé l’interdiction de l’IEF lors de son examen du 19 mars 2021[5] et a fait part de ses plus vives inquiétudes sur la dimension liberticide d’une telle loi ;
  • les travaux de la Commission mixte paritaire n’ont, par la suite, pas abouti ;
  • le Sénat avait ensuite renouvelé ses inquiétudes devant la volonté manifeste des députés d’un passage en force, et leur refus réitéré de tenir compte des dispositifs alternatifs proposés[6].

Rappelons également que :

  • l’étude d’impact du projet de loi remis par le Gouvernement n’a fourni aucun chiffre permettant de démontrer les dérives séparatistes massives prétendument issues de l’IEF ;
  • la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) a refusé de rendre publics et de communiquer à l’Assemblée deux rapports émis sur le sujet, obligeant ainsi les députés à voter « dans le noir »[7].

Ainsi, l’Assemblée nationale aura méprisé tous les avis rendus par les différentes institutions républicaines… au nom du respect des principes de la République : l’ironie de la situation n’échappera à personne.

Face à ce déni démocratique avéré, la Fondation pour l’école, associée aux collectifs L’école est la maison[8] et Liberté éducation[9], déposra une « contribution extérieure » communément appelée « porte étroite » auprès du Conseil constitutionnel, par l’intermédiaire de son avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation, Maître Guillaume Valdelièvre.

Cette procédure vise à rétablir l’IEF telle qu’elle était inscrite dans la loi française. Elle a également pour objectif de s’opposer aux nouveaux contrôles et sanctions visant les établissements scolaires indépendants (dits hors contrat). Face à ces attaques particulièrement graves de nos libertés fondamentales, nous attendons du Conseil constitutionnel qu’il réponde rapidement et favorablement à nos demandes en déclarant ces atteintes aux libertés d’instruction et d’enseignement comme étant contraires à la Constitution.

Il est inconcevable que la liberté de 67 millions de français soit ainsi piétinée par les dérives de quelques-uns[10].

 


Contacts :              Titiane Salleron, responsable juridique, titiane.salleron@fondationpourlecole.org, 07 67 11 46 55

Diane Roy, responsable de la communication, diane.roy@fondationpourlecole.org, 07 56 27 46 75


[1] Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948, article 26 alinéa 3 : https://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/

[2] https://www.liberteeducation.com/quelques-chiffres-sur-lecole-a-la-maison/

[3] https://www.lefigaro.fr/actualite-france/suppression-de-l-instruction-en-famille-comment-le-conseil-d-etat-a-declare-son-inconstitutionnalite-avant-de-se-retracter-20210601

[4] https://www.cncdh.fr/sites/default/files/a_-_2021_-_1_-_pjl_principes_de_la_republique_janv_2021.pdf

[5] http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20210329/cult.html

[6] https://www.senat.fr/amendements/2020-2021/734/jeu_complet.html

[7] https://association-unie.fr/petition-nous-voulons-les-rapports-de-la-dgesco/

[8] https://lecoleestlamaison.blogspot.com/

[9] https://www.liberteeducation.com/

[10] Vademecum sur l’IEF de l’Éducation nationale, page 38 : « Les cas d’enfants exposés à un risque de radicalisation et repérés à l’occasion du contrôle de l’instruction au domicile familial sont exceptionnels. ». En 2019, 179 enfants suivis en CPRAF (cellule de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles) pour des motifs de radicalisation étaient effectivement déscolarisés ou instruits en famille.


Culte du progrès, croyance au sens de l'histoire, volonté de transformation : tentations totalitaires au cœur des sociétés occidentales

Ryszard Legutko a vécu une partie de son existence dans la Pologne communiste. Professeur de philosophie et éditeur d’une revue clandestine, il a expérimenté le fonctionnement d’un régime totalitaire dans ses aspects les plus concrets. Après la chute du mur et le retour de la liberté, il fut stupéfait de voir les ex-communistes s’adapter bien mieux que les anciens dissidents à la démocratie libérale et aux affaires. Il voulut comprendre les raisons de cette étonnante compatibilité.
 
En étudiant dans les détails les évolutions récentes de la démocratie libérale, il a découvert qu’elle partage en fait de nombreux traits inquiétants avec le communisme. Culte du « progrès », certitude qu’il existe un « sens de l’Histoire », volonté de transformer la société en luttant contre les adversaires de « l’émancipation et de l’égalité », soumission du suffrage populaire à des instances élitaires non élues, et aboutissement dans les deux cas, derrière le discours de la tolérance, à l’incapacité à tolérer aucune opinion contraire.
 
À l’heure où, dans les démocraties occidentales, nombre d’électeurs sentent qu’ils ne sont plus vraiment maîtres de leurs choix politiques et qu’ils doivent même censurer leurs propres opinions, cet ouvrage permet, en remontant le fil des changements récents, d’identifier clairement les erreurs commises et les solutions pour les réparer.

Professeur de philosophie, ancien ministre de l’Éducation en Pologne et député européen, il a répondu ci-dessous aux questions d’Anne-Laure Debaecker de Valeurs Actuelles.

Anne-Laure Debaecker. — Votre étude porte sur un sujet peu abordé : les similitudes entre les régimes démocratiques et communistes. Qu’est-ce qui vous a poussé à entreprendre cette enquête ?

Ryszard Antoni Legutko. — Plusieurs choses m’y ont poussé. La première impulsion était une observation selon laquelle les anciens communistes, après l’effondrement du régime, se sont non seulement transformés du jour au lendemain en démocrates libéraux exemplaires, mais ils ont aussi été accueillis comme des partenaires et amis fiables par les démocrates libéraux, alors que les conservateurs des partis postcommunistes étaient considérés de façon assez hostile.

Puis, lorsque je me suis engagé dans la politique européenne, j’ai découvert à ma grande consternation que le pluralisme politique était une imposture. Le pouvoir est entre les mains d’un courant politique résolument de gauche et les soi-disant partis conservateurs ne sont plus conservateurs et ont accepté l’ordre du jour de gauche. Pour donner un exemple, le mariage homosexuel a été introduit par les socialistes en France, par les conservateurs en Grande-Bretagne et par les chrétiens-démocrates en Allemagne. Il y a une hégémonie politique et idéologique et quiconque s’oppose au courant dominant est ostracisé, intimidé et parfois puni par la loi. Nous voyons l’émergence de la censure et le politiquement correct est en train de devenir féroce. Il ne s’agit pas seulement du fanatisme de groupes marginaux, mais de la position officielle du courant dominant, c’est-à-dire un large spectre allant de la gauche à la soi-disant droite. Ce politiquement correct n’aurait pas émergé dans un environnement social véritablement diversifié.

— Certains pourraient vous rétorquer qu’il n’y a pas de comparaison possible entre un régime autoritaire et liberticide tel que le communisme et le régime démocratique, garant des libertés…

— Bien sûr, il existe d’énormes différences, mais ce qui est choquant, c’est qu’il y ait tant de similitudes et que leur nombre augmente. N’oublions pas que les communistes avaient toutes sortes de libertés dans leurs Constitutions. La question n’est pas de savoir ce qui est officiellement déclaré, mais plutôt ce qui se produit réellement. Les droits de l’homme et les libertés fièrement brandies, qui sont pratiquement devenus la religion politique de la civilisation occidentale, n’ont pas beaucoup aidé et ont parfois exacerbé la situation.

Prenez la liberté d’expression. Sous la pression des néomarxistes, des féministes et autres, est apparu le terme de « discours de haine », dont le sens est pour le moins obscur. Mais ce concept a été repris et utilisé comme un bâton pour punir et intimider tous ceux qui ne sont pas d’accord. Regardez le nombre de délits possibles que la démocratie libérale a engendrés. L’un des paradoxes de nos jours est que plus on accorde généreusement des droits aux nouveaux groupes de victimes, moins on peut dire de choses en Amérique et en Europe. Il est devenu beaucoup plus facile que par le passé d’être accusé de violer les droits de quelqu’un, de faire une remarque irrespectueuse, d’avoir des tendances racistes, homophobes, misogynes, transphobes, sexistes, phallocentriques ou autres offenses.

La société prétendument accablée par tous ces crimes devient un endroit de plus en plus dangereux, semblable à un champ de mines où chaque mouvement est risqué. Tout comme il est fortement déconseillé de gesticuler sur un champ de mines, il est tout aussi prudent de ne pas dire des choses qui sont peu orthodoxes, potentiellement répréhensibles, trop dissidentes pour ce qui est politiquement acceptable. La logique politique est irréfutable, quel que soit le système, qu’il soit européen ou soviétique, communiste ou libéral démocrate : plus il y a de victimes, plus il y a de péchés ; plus il y a de péchés, plus il y a d’auteurs ; plus il y a de péchés et plus d’agresseurs, plus il y a d’autocontrôle et d’autosurveillance…

— « D’une certaine manière, la démocratie libérale constitue une mystification idéologique plus insidieuse que le communisme. » Pourquoi ?

— C’est un canular idéologique insidieux parce qu’il est basé sur une mystification ou même sur un mensonge. Ses adhérents affirment qu’ils défendent la liberté, le pluralisme et la tolérance alors qu’en fait, ils font le contraire. Certes, le libéralisme se rapporte étymologiquement à la liberté (libertas en latin signifie liberté), mais il n’a jamais été question de liberté. Tout d’abord, le libéralisme concernait une ingénierie sociale globale. On constate que les programmes libéraux postulent une restructuration de tout selon un modèle libéral. Aucune institution n’est considérée comme pleinement légitime si elle ne répond pas aux critères libéraux.

La présence puissante du libéralisme a abouti à l’acceptation presque universelle de son présupposé majeur, à savoir que la charge de la preuve incombe à ceux qui défendent les institutions existantes et non à ceux qui les attaquent. Face à l’action des groupes qui veulent révolutionner nos institutions Black Lives Matter aux États-Unis, groupes féministes et homosexuels, la réaction est timide. Même la famille n’est pas défendue parce que l’hypothèse largement acceptée est que ceux qui subvertissent les institutions au nom d’un programme libéral ont raison, mais que ceux qui les défendent sont du côté des perdants. Le libéralisme ne consiste donc pas à « vivre et laisser vivre », mais à imposer un ordre libéral qui embrasse la totalité de la vie sociale.

— Vous qui avez pu en voir les arcanes, quel rôle joue l’Union européenne ?

— L’Union européenne est l’incarnation des maux de notre temps. Quelles que soient les raisons de l’intégration communautaire dans le passé, l’Union est aujourd’hui une catastrophe. Elle se transforme en un monolithe politique et idéologique qui veut imposer son agenda aux sociétés européennes. Elle ne tient pas compte de toutes les règles que l’Europe a élaborées au long de son histoire et qui ont plus ou moins été respectées dans les États-nations. Sa structure de pouvoir n’est pas claire et personne ne sait vraiment qui prend les décisions, il n’y a donc aucune responsabilité. Elle ignore la séparation des pouvoirs et viole systématiquement les traités.

Les responsables peuvent s’en tirer parce que dans toutes les institutions de l’Union européenne, il y a la même coalition politique et idéologique des forces libérales de gauche, qui font avancer impitoyablement leurs projets. Elle est imprégnée de malhonnêteté et d’hypocrisie, car deux systèmes politiques de pouvoir coexistent en elle l’un qui est écrit dans les traités, et l’autre qui résulte de la structure réelle du pouvoir. En raison de sa légitimité démocratique limitée, l’Union a perdu tous les mécanismes de contrôle. En tant que membre du Parlement européen, je peux dire que, depuis l’époque du communisme, je n’ai jamais vu autant de doubles standards, d’arbitraire et de jeux déloyaux en politique.

— De quelle façon la démocratie libérale produit-elle de la politisation ?

— La démocratie a toujours été politique, car elle rassemble des personnes plus actives que tout autre système. Mais le problème est qu’en démocratie il y a une tendance à tout démocratiser, même les domaines de notre vie qui sont essentiellement non démocratiques comme l’art, les universités ou les familles. Mais tout démocratiser peut être dangereux. Si vous démocratisez l’art, par exemple en abolissant le canon littéraire, alors vous barbarisez la culture. Quand on observe la tendance à abolir le canon littéraire aux États-Unis, on peut voir qu’il n’a apporté que la destruction. Si vous rejetez Homère parce qu’il était politiquement incorrect, vous perdez une occasion d’apprendre quelque chose et de développer votre sensibilité culturelle. En d’autres termes, vous serez stupide et resterez stupide. Il en va de même pour la démocratisation dans toutes les institutions non démocratiques.

Alexis de Tocqueville avait raison de prédire que la démocratie omniprésente et l’égalitarisme engendreraient une nouvelle forme de tyrannie. À notre époque, l’Union européenne est un bon exemple de la manière dont la démocratie peut créer des structures quasi tyranniques. Avec le libéralisme, c’est différent. Le libéralisme a conduit à l’individualisation, et par conséquent à transformer les gens en particuliers. Mais l’aspect politique était toujours là, le libéralisme proclamant son opposition aux despotismes et s’engageant à lutter pour les droits et à s’opposer aux tendances despotiques. En conséquence, les préoccupations privées de l’homme libéral se sont politisées. La révolution sexuelle a conduit à la politisation du sexe, c’est-à-dire à la politisation de l’un des aspects les plus privés de notre vie. Puis les féministes ont pris le relais et ont dit ouvertement que le domaine privé était politique. Ainsi, ce qui se passe dans notre chambre est devenu un élément central des réglementations politiques, idéologiques et juridiques. Les libéraux américains sont allés encore plus loin, déclarant que les toilettes étaient politiques. Je me demande ce qui sera politisé ensuite.

— À ce sujet, la Pologne a récemment été montrée du doigt, notamment en raison de ses positions sur l’avortement. Qu’est-ce que cela révèle à vos yeux ?

— Cela valide mon analyse sur le monopole du courant dominant et son programme. La Pologne est l’un des rares pays de l’Union européenne où l’avortement n’est pas autorisé à l’exception de deux cas quand la vie de la femme est en danger et en cas de viol ou d’inceste. Dans d’autres pays, il existe de grands groupes qui s’opposent à l’avortement, mais ils n’ont pas la parole sur la place publique tous les médias et toutes les institutions sont favorables à l’avortement. Dans certains pays, dissuader une femme de se faire avorter est puni par la loi. Théoriquement, les questions de vie et de mort relèvent des réglementations nationales, mais en pratique, c’est différent, comme l’a montré la fureur avec laquelle la Pologne a été attaquée par les institutions européennes et les organisations internationales.

Le fanatisme des groupes et des institutions pro-avortement et la disponibilité généralisée et facile de l’avortement indiquent un changement de sensibilité morale des sociétés occidentales. Le droit de se sentir à l’aise a démoli le sentiment d’obligation. Lorsqu’une grossesse interfère avec le droit de la femme (ou de l’homme) de se sentir à l’aise, elle peut être interrompue et le sentiment d’obligation envers l’enfant à naître ne compte plus. Le besoin de se sentir à l’aise à tout prix a rendu la vie et la mort légères et, finalement, sans importance.

— La démocratie veut diriger le monde dans une seule direction : la sienne. En effet, on nous répète régulièrement que la démocratie est le moins détestable des régimes. Qu’est-ce que cela vous inspire ? Existe-t-il, en réalité, d’autres choix ?

— La réponse est assez simple, du moins en théorie un régime mixte, c’est-à-dire un système qui préserve les institutions non démocratiques en tant que partie intégrante et précieuse de toute la construction politique. Ce n’est pas une spéculation farfelue. Jusqu’à récemment, la plupart des pays d’Europe occidentale étaient des régimes mixtes. Même les États-Unis n’ont pas été fondés en tant que démocratie, mais en tant que république [à l’instar de Rome, d’où les Capitoles, les sénateurs, l’aigle, l’Ordre de Cincinnatus, l’architecture officielle très classique, l’élection indirecte du président par le collège électoral, etc.], ce qui signifiait aussi un système mixte. Il est difficile de dire quand tout a commencé à changer. Sans aucun doute, le changement s’est accéléré avec la révolution sexuelle de 1968 et son attaque contre tout l’édifice, convaincue que la démocratie et les droits sont une solution à tout. Maintenant que le mal est fait, il est difficile de reconstruire un sens de la hiérarchie dans les domaines de la société où des hiérarchies sont nécessaires, mais je pense que ce n’est pas impossible. Il faut avoir une image claire du problème et de l’alternative à la situation existante. Commençons par défendre les domaines qui sont basés sur la hiérarchie : la famille, l’art, l’éducation, la religion, la morale classique et la métaphysique classique. Si nous y parvenons, la politique reculera et nos sociétés se diversifieront à nouveau.

Le Diable dans la démocratie,
tentations totalitaires au cœur des sociétés libres,
de Ryszard Antoni Legutko,
paru le 24 février 2021,
chez L’Artilleur,
368 pages,
ISBN-10 : 2 810 010 080
ISBN-13 : 978-2810010080
22 €.

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dimanche 25 juillet 2021

Fonctionnaire de l'Union européenne : « Le français est une langue de merde qui doit disparaître »

Anecdote hallucinante de Jean Quatremer au sujet d'un fonctionnaire à la Commission européenne de Bruxelles, fonctionnaire de nationalité française : 
 
 « Le français est une langue de merde qui doit disparaître ».
 
 

McGill — discrimination positive en médecine pour les candidats qui « s'identifient comme noirs »

Nous en avions déjà parlé en février, on assiste à la mise en place de politiques de discrimination raciale dans les universités québécoises. Voir L’UdeM cherche à ouvrir ses portes à plus d’étudiants noirs en médecine. Ces études coûtent très cher aux contribuables québécois et le programme est contingenté. Si certains sont avantagés parce que noirs, qui perd sa chance d’étudier en médecine ?

Voici donc que McGill emboîte le pas et crée une nouvelle catégorie de candidats réservée aux gens « qui s’identifient comme Noirs ». Pour les candidats noirs à l’année préparatoire en médecine (Med-P),  McGill demande une cote R (la note de rendement) minimale de 34,5 (niveau collégial). Dans les cégeps anglophones de Montréal, près d’un finissant sur 12 (8 %) a plus de 34.

À titre de référence :

  • Nombre de places disponibles (noirs et non noirs) pour le programme prévues pour l’automne 2021 : 71
  • Nombre moyen de postulants : 870
  • Nombre moyen de candidats interviewés : 305
  • La cote R moyenne des candidats interviewés : 37,20 

Notez la note moyenne des gens qui sont interviewés, mais pas nécessairement reçus. Elle est supérieure à la note pour les candidats « qui s’identifient comme noirs ».

Une bonne note au collège (pour les candidats non discriminés) ne garantit pas d’être reçu. Voir ce qu’en disait le Devoir en mars 2021 :

Un « parcours du combattant », une « jungle » où le plus fort gagne : le processus d’admission dans une douzaine de programmes universitaires contingentés, dont la médecine, donne lieu à une rude concurrence.

« C’est ridicule à quel point c’est rendu compétitif pour entrer dans certains programmes. La pression est énorme sur les étudiants. Ça crée une grande panique », dit Liviu Danila, étudiant de première année en médecine à l’Université Laval. 

Liviu Danila peut témoigner des hauts et des bas du processus d’admission en médecine : malgré une moyenne générale de 90 % (une cote R de 35), il a échoué à ses deux premières tentatives d’être admis dans le programme. Il a été recalé une fois aux mini-entrevues multiples, une étape cruciale pour les candidats à la médecine (étape annulée depuis mars 2020 à cause de la pandémie), et une autre fois au test en ligne CASPer, destiné à évaluer le jugement des candidats.

Les procédures de sélection des étudiants dans les programmes universitaires contingentés sont de plus en plus complexes. Et anxiogènes. Il n’est pas rare que les aspirants médecins, pharmaciens ou dentistes doivent s’y prendre à plusieurs reprises pour être admis dans le programme convoité. Liviu Danila a ainsi étudié trois ans à l’université, en kinésiologie et en nutrition, avant d’être admis en médecine. Ça coûte cher, trois ans d’études universitaires utilisées comme tremplin pour une autre formation.

Le coût émotif est aussi lourd : « J’ai vécu une période très sombre après mon deuxième refus en médecine, raconte Liviu Danila. J’ai failli lâcher. Le rêve de ma vie, c’est de devenir médecin psychiatre. Mes parents m’ont toujours dit : “Si tu travailles fort, tu auras tout ce que tu veux.” Ça n’a pas toujours fonctionné pour moi. J’ai étudié comme un fou au cégep, mais je me suis planté deux fois dans le processus d’admission. »


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Surfinancement des établissements anglophones au Québec 

La lâcheté de l’université anglophone McGill et son « éducation de qualité » 

Sur l’île de Montréal, chaque étudiant qui étudie en anglais reçoit 56 % de plus de fonds d’immobilisation que celui qui étudie en français  

Étude sur les pressions, les sanctions, la discrimination politique et l’autocensure à l’université  

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Police du correctivisme — étudiant de McGill doit s’excuser pour « microagression » (2014)

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samedi 24 juillet 2021

Co-fondateur de Wikipédia : je ne fais plus confiance au site que j'ai créé

Si vous êtes jamais allé sur Internet, il est fort probable que vous ayez déjà consulté Wikipédia. C’est le cinquième plus grand site Web au monde, attirant près de 6,1 milliards de lecteurs par mois et sert d’aide-mémoire pour presque tous les sujets dans le monde. L’influence de l’encyclopédie en ligne est si grande qu’elle est le plus grand et « le plus lu ouvrage de référence de l’histoire », avec pas moins de 56 millions d’éditions.

Mais la vérité sur ce fournisseur d’informations censément neutres est un peu plus complexe. Historiquement, Wikipédia a été écrit et surveillé par une communauté de bénévoles qui collaboraient et arbitraient les conflits entre des présentations concurrentes soumises par des rédacteurs, eux aussi bénévoles.

Cet arbitrage entre les idées, cette bataille d’idées selon le cofondateur de Wikipédia Larry Sanger, qui avaient lieu sur la plate-forme Wikipédia a constitué un élément crucial dans la promesse de neutralité de l’encyclopédie. Selon Sanger, cet engagement de neutralité a été abandonné après 2009. Dans les années qui ont suivi, sur des questions allant de la Covid à Joe Biden, elle est devenue de plus en plus partisane, épousant principalement un point de vue politiquement correct qui confine de plus en plus à la « propagande ». C’est, dit Sanger, la raison pour laquelle il a quitté l’organisation Wikipédia en 2007, le décrivant comme « irréparable ».


La traduction automatique est disponible (lancez la vidéo, appuyez sur la molette en bas à droite de la vidéo, puis Sous-titres, puis Traduire automatiquement et enfin choisir français).

Sur le parti pris de gauche de Wikipédia :

Il est impossible de citer le Daily Mail [journal populaire de droite]. Vous ne pouvez pas non plus citer Fox News sur des questions sociopolitiques. C’est interdit. Alors qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que, si une controverse n’est pas reprise par les grands médias de centre-gauche, elle n’apparaîtra pas plus sur Wikipédia.

LARRY SANGER

Sur la Covid :

Si vous regardez les articles de Wikipédia, vous pouvez simplement voir comment ils répètent simplement le point de vue du Conseil économique mondial, du Forum économique mondial, de l’Organisation mondiale de la santé, du CDC et de divers autres porte-parole de l’ordre établi comme Fauci — les articles de Wikipédia emboîtent le pas de ces sources autorisées… On fait respecter au niveau mondial un certain point de vue, ce qui est étonnant pour moi, étonnant pour un libertaire ou un conservateur épris de liberté.

LARRY SANGER

Dans quels autres domaines que la politique. cette vision de l’ordre établi se manifeste-t-elle ?

La médecine orientale est essentiellement appelée charlatanisme de manière dédaigneuse, assez critique, etc. C’est fait, apparemment sans aucun scrupule. Ensuite, en ce qui concerne le christianisme, l’angle adopté sur le christianisme est libéral et on le trouverait dans les principales confessions protestantes et le catholicisme libéral par opposition au point de vue de type fondamentaliste qui croit en la Bible.

LARRY SANGER

Comment les entrées Wikipédia sont-elles déformées :

Il existe des sociétés comme Wiki PR, où des rédacteurs et des éditeurs rémunérés se connectent à Wikipédia et en modifient les articles. Il existe peut-être un moyen de faire fonctionner un tel système, mais pas si on ne connaît pas le nom de ces personnes payées n — elles sont en fait censées s’identifier par leur nom et déclarer « nous représentons cette entreprise » s’ils sont officiellement enregistrés auprès d’une sorte de société qui rédige des articles sur Wikipédia. Mais ils ne sont pas forcés de le faire.

LARRY SANGER

Pourquoi cela se produit-il ?

Parce qu’il y a beaucoup d’influence. Wikipédia est maintenant connu de tous pour avoir beaucoup d’influence dans le monde. Il on assiste donc à un jeu très important, sale et complexe qui se joue dans les coulisses pour faire dire à l’article ce que quelqu’un veut qu’il dise.

LARRY SANGER

Sur le rachat par la Big Tech

Nous avons fait confiance à des médias comme Facebook, Twitter et YouTube avec nos données, et leur avons essentiellement permis de conquérir le monde des médias. C’est notre liberté et notre vie privée que nous leur avons confiées et qu’ils ne pourraient, en gros, pas nous faire taire. Mais ils nous ont, en substance, poignardés dans le dos.

LARRY SANGER

Pourquoi la neutralité est-elle importante ?

On a besoin des outils pour réfléchir à un problème… Lorsque nous essayons d’obtenir des informations de base pour comprendre un sujet, nous ne voulons pas nous laisser guider par le nez, n’est-ce pas ? Nous sommes des individus libres qui veulent nous faire notre propre opinion.

LARRY SANGER

Détruire l’autonomie intellectuelle pour assurer l’avènement de l’utopie progressiste ?

Exemples d’articles partiaux de Wikipédia relevé par Larry Sanger. L’analyse est du cofondateur de Wikipédia.

Les scandales autour de Biden et de sa famille

Le président Biden a fait face à deux scandales potentiellement dévastateurs qui ont éclaté lors des élections de 2020. Il a facilement échappé à ces scandales. L’un concernait l’Ukraine et l’autre les relations commerciales louches que Hunter et son père auraient eues avec une société contrôlée par le gouvernement chinois. La question qui divisait les républicains et les démocrates ici, évidemment, était la suivante : y avait-il des preuves d’actes répréhensibles ? Tous les républicains au niveau national ne pensaient pas que les scandales valaient la peine d’être évoqués, mais certains l’ont certainement fait et une grande partie de la base républicaine en a parlé. Les démocrates, quant à eux, ont essentiellement serré les rangs, ont refusé d’évoquer ces scandales potentiels et refuser de discuter des problèmes soulevés. Lorsqu’ils l’ont fait, ils ont généralement simplement tout nié en bloc.

Un traitement neutre de ces nombreuses accusations déroutantes ne devrait pas laisser l’impression que Biden était coupable de quoi que ce soit. Mais cela ne le disculperait pas non plus de toutes les charges portées contre lui. Au contraire, un traitement impartial présenterait suffisamment de détails quant aux les accusations et aux prétendues preuves en ne laissant rien d’important de côté ; puis il présenterait en détail comment Biden a été défendu par les démocrates et ses alliés. C’est le moins qu’on puisse s’attendre à trouver dans un traitement neutre sur des scandales. Est-ce là ce qu’on lit sur Wikipédia ?

Le scandale de la famille Biden en Ukraine

Pas du tout. On peut consulter quelques articles pertinents, d’abord sur le scandale ukrainien. Dans la section « Campagne électorale » de l’article de Wikipédia sur Biden, il y a deux paragraphes expliquant les allégations (les notes de bas de page et les liens ont été supprimés de cette citation) :

En septembre 2019, on a signalé que Trump avait fait pression sur le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour qu’il enquête sur les actes répréhensibles présumés de Biden et de son fils Hunter Biden. Malgré ces allégations, en septembre 2019, aucune preuve n’avait été produite d’actes répréhensibles de la part des Biden. Les médias ont largement interprété cette pression pour enquêter sur les Biden comme une tentative de nuire aux chances de Biden de remporter la présidence, entraînant un scandale politique et la destitution de Trump par la Chambre des représentants.

À partir de 2019, Trump et ses alliés ont faussement accusé Biden d’avoir fait limoger le procureur général ukrainien Viktor Chokine parce qu’il était censé mener une enquête sur Burisma Holdings, qui employait Hunter Biden. Biden a été accusé d’avoir retenu 1 milliard de dollars d’aide à l’Ukraine dans cet effort. En 2015, Biden a fait pression sur le parlement ukrainien pour retirer Chokine parce que les États-Unis, l’Union européenne et d’autres organisations internationales considéraient Chokine comme corrompu et inefficace, et en particulier parce que Chokine n’enquêtait pas avec assurance sur Burisma. La retenue de l’aide d’un milliard de dollars faisait partie de cette politique officielle.

Il s’agit, bien sûr et de façon patente, de blanchir unilatéralement Biden sur toute la ligne. Ces paragraphes dédaigneux ne permettent pas de comprendre les accusations portées contre Biden ; on y mentionne la suspension de l’aide par Biden, mais le contexte et les explications essentielles à l’affaire sont omis.

Quiconque connaît passablement le dossier sait que les accusations vont bien au-delà de ce qui est décrit par Wikipédia. Il n’y a rien ici sur le fait que la société ukrainienne de gaz naturel Burisma a payé au fils de Joe Biden, Hunter, environ 600 000 $ par an de 2014 à 2019 pour siéger au conseil d’administration, alors que celui-ci n’avait aucune expérience dans l’industrie, mais bénéficier uniquement d’être le fils du vice-président des États-Unis. Wikipédia a même la témérité d’affirmer que « Trump et ses alliés ont faussement accusé Biden d’avoir fait limoger le procureur général ukrainien Viktor Chokine, parce qu’il aurait censément mené une enquête sur Burisma Holdings, qui employait Hunter Biden ». Bien que la raison pour laquelle Biden a demandé le renvoi de Chokine ait été contestée, on ne peut nier que Biden ait exigé ce limogeage. C’est, en effet, Joe Biden lui-même qui l’a révélé — avec force fanfaronnades et rires — dans une vidéo célèbre d’une interview devant le Council on Foreign Relations. La vidéo, bien sûr, n’est pas tellement mentionnée par Wikipédia. Il n’y a pas non plus de mention à l’ordinateur portable de Hunter Biden qui avait défrayé la chronique et des preuves accablantes qu’il contient. 

Wikipédia a bien un article entier intitulé — et le titre en annonce le parti pris flagrant — « Théorie du complot Biden-Ukraine ». Il commence ainsi :

La théorie du complot Biden-Ukraine [en gras dans l’original] est une série d’affirmations non prouvées centrées sur la fausse allégation selon laquelle, alors que Joe Biden était vice-président des États-Unis, il s’est livré à des activités de corruption liées à l’emploi de son fils, Hunter Biden, embauché par de la compagnie gazière ukrainienne Burisma.

Il y a, bien sûr, un grand nombre de personnes qui pensent que les affirmations ne sont pas « fausses » et qu’ils ne s’agit pas d’une simple « théorie du complot ». Leur point de vue n’est pas présenté, mais rejeté d’emblée. L’article sombre à partir de là pour virer au règlement de comptes Trump, Rudy Giuliani et le New York Post, sans jamais vraiment exposer en détail les allégations contre les Biden. Wikipédia propose quelques détails supplémentaires dans une section de l’article de Hunter Biden — un point positif — mais là encore l’article se lit comme un mémoire tendancieux écrit par les propres avocats de la famille Biden. 

 

La famille Biden (Hunter et Joe en bout de table) en Chine

Les affaires chinoises de la famille Biden

À ce stade, les défenseurs de Wikipédia pourraient bien se rabattre sur leur idée que seules les « sources fiables » devraient et sont autorisées, et, fort à propos, aucune source fiable ne s’est penchée longuement sur la vidéo où Biden se vante du limogeage ou à l’ordinateur portable du fils Hunter mentionnés ci-dessus. 

« Ah !, pourriez-vous faire remarquer, mais on en parla beaucoup pendant un certain temps. Et Wikipédia a décidé, après examen, qu’il y avait une absence de source fiable. Et alors ? » La raison en est que les sources qui fournissent une couverture grand public des points de vue conservateurs, notamment Fox News, The New York Post et le Daily Mail (Royaume-Uni), ainsi que pratiquement toutes les nouvelles sources médiatiques conservatrices, qui sont aujourd’hui les seuls médias qui font des reportages sur de nombreuses sujets importants (mais peu politiquement corrects) ont tous été ajoutés à une liste de sources « déconseillées » quand elles traitent de l’actualité politique. Il ne s’agit pas d’une plaisanterie ni d’une exagération. Les sources favorables aux républicains, y compris les plus courantes, ne peuvent tout simplement pas être utilisées sur Wikipédia, même pas pour expliquer un point de vue républicain. [Larry Sanger en discute en détail dans la dernière section de cet article.]

Le scandale chinois de Biden est similaire. Il est traité de la même manière dans Wikipédia que celui sur l’Ukraine. Dans ce cas-ci, Hunter était directeur d’une coentreprise alliant une société américaine, Rosemont Seneca, dont Hunter était un partenaire, et Bohai Capital, une société d’investissements contrôlée par le gouvernement chinois. La coentreprise s’appelait BHR. Selon le témoignage explosif de Tony Bobulinski, un conseiller chevronné et partenaire d’affaires engagé par les Biden pour la gestion de certaines opérations en Chine, Hunter s’est arrangé pour que Jonathan Li, le PDG de Bohai Capital, « serre la main » de son père. Joe Biden était, selon Bobulinski, directement impliqué dans les transactions.  Le désormais président Joe Biden a toujours nié avoir quoi que ce soit à voir avec les négociations commerciales de son fils.

Interdire Fox News (ainsi que le Daily Mail et le New York Post) en tant que source relève du bon sens, prétend Wikipédia.
 

Outre l’entretien de Bobulinski, de nombreuses preuves provenant de l’ordinateur portable de Hunter Biden mentionné ci-dessus étayent ces accusations. Notamment un courriel qui indique que les frères Hunter et Jim Biden, ainsi que « le grand gars » — Bobulinski l’a identifié comme le désormais président Joe Biden — se verraient chacun attribuer des actions dans une entreprise commerciale avec le géant chinois de l’énergie CEFC.

Est-ce qu’on retrouve certaines de ces informations sur le scandale chinois de Biden, même manipulées et tendancieuses, dans l’article de Wikipédia sur Joe Biden ? Non. Au moment d’écrire ces lignes, cet article ne contient pas un seul mot sur les accords chinois, Rosemont Seneca, Tony Bobulinski, l’ordinateur portable ou le CEFC. « Mais, diriez-vous, ne peut-on trouver des informations ailleurs sur Wikipédia à ce sujet ? » Oui, un peu. La majeure partie se trouve à nouveau dans l’article sur Hunter Biden qui dresse un portrait aussi élogieux que possible de Hunter, malheureuse victime des « fausses accusations » de Trump (ces mots précis et méprisants sont bien utilisés dans l’article Wikipédia).

Encore une fois, l’histoire est bien plus complexe que l’article de Wikipédia ne le fait croire. Le fait est que les scandales liés aux Biden divisent profondément le peuple américain. Une ressource idéologiquement neutre expliquerait les arguments et accusations de chaque camp de manière complète et équitable. Elle laisserait au lecteur le soin de se faire sa propre opinion. Est-ce ce que fait Wikipédia ? Non. Wikipédia est clairement partial. Vous pourriez sans doute soutenir que c’est le seul côté légitime ; mais c’est aussi ce que les idéologues disent le plus souvent de leurs opinions. Ce que vous ne sauriez affirmer sérieusement c’est que le traitement par Wikipédia des scandales liés à Biden est neutre. Wikipédia prend grossièrement parti.

Voir aussi

Article de Larry Sanger sur la partialité croissante de Wikipédia avec exemples (en anglais)

Joe Biden — pour que les enfants de 8 ans puissent décider d’être transgenres

Biden signe décret qui permet aux étudiants nés hommes de concourir chez les femmes s’ils se sentent femmes

 

Biden se vante d’avoir été arrêté pour intrusion illégale dans le Capitole à 21 ans

Capitole, la police prête à coopérer pacifiquement ? « Restez pacifiques et calmes » (vidéo) 

 

Joe Biden en colère quand on l’interroge sur ses conflits d’intérêts

Éric Zemmour : « Quand Joe Biden et le pape François jouent contre les évêques américains »

Cabinet de Joe Biden regorge de catholiques en rupture avec l’enseignement catholique sur des questions fondamentales 


La Grande Purge : Rumble poursuit Google/YouTube, Telegram gagne 25 millions d’abonnés en 3 jours, GoDaddy (partenaire d’Amazon) ferme site, Parler hors ligne (sans hébergeur) poursuit Amazon

Viktor Orbán annonce un référendum sur la loi de protection de l’enfance

Hongrie – Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán s’est adressé au pays ce mercredi 21 juillet pour annoncer — par une vidéo sur son compte Facebook — la tenue prochaine d’un référendum au sujet de la loi de protection des mineurs, aussi appelée loi antipédophiles ou loi anti-LGBT par certains de ses détracteurs. Cette annonce fait suite à un chantage de la part de la Commission européenne à propos de cette loi que les instances européennes considèrent comme discriminatoires vis-à-vis du mouvement LGBT.

Bruxelles veut obliger la Hongrie à accepter la propagande LGBT dans les écoles

« Bruxelles a clairement attaqué la Hongrie ces dernières semaines à propos de la loi sur la protection de l’enfance », a ainsi expliqué le chef du gouvernement. « Les lois hongroises n’autorisent pas la propagande sexuelle dans les jardins d’enfants, les écoles, les télévisions et les publicités. […]

Bruxelles réclame désormais une modification de la loi sur l’instruction publique et des règles de protection de l’enfance […] Ils se plaignent que ce qui est déjà établi en Europe occidentale ne soit pas possible ici. Là-bas, les activistes LGBTQ vont dans les jardins d’enfants et les écoles et font l’éducation sexuelle. Ils veulent la même chose ici, alors les bureaucrates de Bruxelles menacent, ils lancent des procédures d’infraction, ils abusent de leur pouvoir ».

Un référendum pour dire non à la propagande LGBT à destination des mineurs

En conséquence, « le gouvernement [hongrois] lance un référendum sur cinq questions » :

  • Êtes-vous favorable à la tenue d’exposés traitant d’orientation sexuelle dans l’enseignement public, sans accord parental, à destination des mineurs ?
  • Soutenez-vous la promotion des traitements de changement de sexe auprès des mineurs ?
  • Êtes-vous favorable à ce que les traitements de changement de sexe soient accessibles aux mineurs ?
  • Êtes-vous favorable à ce que les mineurs soient exposés, sans restriction, à du contenu multimédia de nature sexuelle influençant leur développement personnel ?
  • Êtes-vous favorable à ce que des contenus multimédias parlant de changement de sexe soient montrés aux mineurs ?

Viktor Orbán a conclu son intervention de la manière suivante :

« Je vous demande donc que nous disions ensemble non à ces questions, comme nous l’avons fait, il y a cinq ans, lorsque Bruxelles a voulu forcer la Hongrie à accepter les immigrés ».

Selon le Premier ministre hongrois, à l’époque, « un référendum et une volonté commune ont arrêté Bruxelles. Nous avons réussi une fois et nous réussirons à nouveau, ensemble ».

Source : Visegrad Post.


États-Unis — Tentatives de suicide chez les filles baissent quand les écoles ferment

En juin, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis ont finalement publié des données qui indiquent qu’à partir de février 2021, le nombre de tentatives de suicide présumées avait considérablement augmenté chez les filles âgées de 12 à 17 ans aux États-Unis par rapport à 2019.

Le taux de tentatives de suicide semble avoir été inversement lié aux fermetures d’écoles. C’est-à-dire que lorsque les écoles ont fermé, les tentatives de suicide présumées ont en fait diminué. Lorsque les écoles ont rouvert, les tentatives de suicide présumées ont monté en flèche.

Le taux de tentatives de suicide semble avoir été inversement proportionnel au nombre de fermetures d’écoles.

La figure ci-dessous illustre cette association. Lorsque Covid-19 a éclaté sur le sol américain en mars 2020, les écoles ont fermé en masse. Juste au moment où cela s’est produit, les tentatives de suicide chez les adolescentes ont chuté. Davantage d’écoles ont ouvert à l’automne, les tentatives de suicide ont alors augmenté. Alors que les écoles fermaient pour les vacances d’hiver, les tentatives de suicide ont plongé un temps. La partie 2021 du graphique est particulièrement surprenante. Alors que le pourcentage d’écoles ouvertes avoisinait 75 % de la normale, le nombre de tentatives de suicide a soudainement augmenté.


Alors qu’on n’a observé aucune augmentation des tentatives de suicide présumées parmi les garçons adolescents pendant que les tentatives augmentaient chez les filles, on observa en mars 2020 une association entre les fermetures d’écoles et une diminution des tentatives de suicide a également tant pour les garçons que chez les filles.

Il faut se garder de trop vite conclure, car cette association ne nous enseigne rien sur la causalité de ce phénomène.

On note toutefois que la baisse initiale des tentatives de suicide chez les filles au début de la pandémie aux États-Unis en mars 2020 n’avait en rien atteint le niveau le plus bas de tous les temps. En fait, les tentatives de suicide chez les adolescentes ont chuté à des taux similaires à ceux observés à l’été 2019. Ce n’est pas inattendu. Les taux de mortalité par suicide (pour lesquels on dispose des décennies de données fiables) chez les adolescents et les jeunes adultes chutent de manière prévisible pendant les mois d’été, ainsi qu’en décembre, c’est-à-dire aux moments où les écoles sont le moins chargées. Ce graphique illustrerait une apparente corrélation inverse entre les fermetures d’écoles et les comportements suicidaires, en rien unique à la pandémie de Covid-19.


jeudi 22 juillet 2021

Cinquante églises incendiées ou vandalisées, timide réaction du PM Trudeau qui organise un sommet sur l'islamophobie (m à j)

 

La présidente de la British Columbia Civil Liberties Association — l’un des groupes de défense des droits civiques les plus importants du pays — a quitté son emploi à la suite du tollé causé par un de ses billets sur les réseaux sociaux où elle soutenait la vague d’incendies d’églises catholiques.

Fin juin, Harsha Walia avait réagi sur Twitter à un reportage de Vice sur les églises catholiques qui avaient été incendiées après la découverte de centaines de tombes anonymes près d’anciens pensionnats.

« Brûlez tout », avait alors écrit Harsha Walia.

Vendredi, la British Columbia Civil Liberties Association a annoncé que Walia avait démissionné et que le conseil d’administration avait accepté sa démission « avec regrets ».

Dans une autre lettre, le conseil d’administration a déclaré, à la suite du gazouillis de Walia, que l’organisation était confrontée à « un racisme et une misogynie inexcusables et à des menaces pour la sécurité physique et mentale ».

« Nous avons été confrontés à une vague de commentaires haineux, alimentés par le fait que notre directrice générale est une leader racisée. »

Entretemps, Justin Trudeau a convoqué un sommet national sur l'islamophobie...  et son gouvernement libéral lancera à destination des blancs une campagne sur le racisme.

Plus de détails ci-dessous…


Mise à jour du 8 juillet

Une dizaine d’églises ont été incendiées, certaines simplement endommagées, d’autres rasées par le feu. D’autres sanctuaires, plus nombreux encore, — principalement catholiques, mais pas exclusivement — ont été vandalisés au cours des dernières semaines. 

Le Premier ministre Justin Trudeau affirme que c’est « compréhensible ».

Il est vrai que Trudeau fils a également déclaré qu’incendier et détruire des églises étaient « inacceptables et répréhensibles », mais en ajoutant dans le même souffle que la chose était également « compréhensible » le Premier ministre mine sa condamnation très tardive.

Il a fallu attendre le 2 juillet, près de trois semaines après le début de cette série d’attaques contre les églises, pour que le chef du Parti libéral du Canada se fende d’une condamnation de ces incendies accompagnée de moult compréhensions pour ces actes violents et d’attaques indirectes contre les congrégations religieuses tenues pour responsables. Un des premiers incendies criminels liés à la découverte de tombes anonymes sur les sites de pensionnats autochtones eut lieu le 12 juin aux Six nations de la rivière Grand près de Brantford en Ontario.

Le 12 juillet, un incendie a endommagé une église anglicane sur les Six Nations de la rivière Grand.

Depuis lors, plusieurs églises catholiques, un certain nombre de paroisses anglicanes et des églises évangéliques au service des communautés d’immigrants africains et vietnamiens ont été ciblées. Il est évident que si des actes similaires avaient visé des mosquées ou d’autres lieux de culte non chrétiens, Trudeau aurait tweeté au quart de tour, multiplié les déclarations graves et sombres et dénoncé ces attaques comme des crimes haineux inexcusables.

Au lieu de cela, même lorsqu’on lui a demandé, Trudeau n’a pu se résoudre à parler d’actes haineux et ses condamnations semblent toujours accompagnées par des « oui, mais ».

« Il est inacceptable et injuste que des actes de vandalisme et des incendies criminels aient lieu à travers le pays, y compris contre les églises catholiques », a déclaré Trudeau vendredi.

C’est une dénonciation plutôt molle, mollesse aggravée par l’ajout que ces incendies et vandalismes sont compréhensibles.

« Je comprends la colère qui règne contre le gouvernement fédéral, contre des institutions comme l’Église catholique. C’est réel et c’est tout à fait compréhensible, compte tenu de l’histoire honteuse dont nous sommes tous de plus en plus conscients et dont nous nous engageons à faire mieux en tant que Canadiens », a déclaré Trudeau.

Les auteurs de ce carnet (en tant que « Canadiens ») ne se sentent pas du tout responsables de la politique fédérale qui imposa la fréquentation de ces pensionnats aux enfants d’autochtones, et ceci dans des conditions objectives inacceptables. Conditions dénoncées dans des rapports remis au gouvernement fédéral qui furent ignorés. Ottawa sous-finança ces pensionnats de manière chronique. Voir la section Inspections « embarrassantes » ignorées par le gouvernement fédéral d’Ottawa.

Trudeau n’est pas le seul responsable fédéral à trouver tout cela compréhensible. Son ancien conseiller principal, Gerald Butts, a tweeté mardi que « on peut comprendre » que des gens incendient des églises.

Le tweet, publié le 6 juillet en réponse à Terry Glavin de groupe du National Post (centre droit), laisse entendre que même si l’incendie d’églises n’est peut-être pas « sympa », c’est « compréhensible », en raison des tombes anonymes découvertes récemment aux abords d’anciens pensionnats exploités par le gouvernement canadien et des congrégations religieuses.

Les commentaires de Butts ne concordent pas avec ceux des anciens des pensionnaires de ces établissements en Colombie-Britannique, qui ont explicitement appelé à la fin de l’incendie des églises.

Un groupe d’ex-pensionnaires qui a parlé à Global News a déclaré que le vandalisme et les incendies criminels qui se sont multipliés au Canada au cours des dernières semaines ont conduit à davantage de conflits et de dépression pour ceux qui ont survécu aux écoles.

« Nous ne répandons pas la haine, nous aimons les gens, nous ne détruisons pas les lieux religieux des autres », a déclaré Jenn Allan-Riley, dont la mère a fréquenté des pensionnats.

« Nous demandons aux personnes qui allument ces incendies d’arrêter maintenant. »

«  Brûler des églises n’est pas être solidaire de nous, les Autochtones. »

Le chef national des Premières Nations, Perry Bellegarde, a déclaré qu’il pouvait comprendre « la frustration, la colère, la blessure et la douleur… Mais brûler les choses n’est pas notre façon de faire. » 

Pour sa part, Harsha Walia, la directrice de l’Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique a déclaré « Brûler-les toutes » alors qu’elle commentait l’incendie de deux nouvelles églises catholiques. Malgré la controverse qu’a suscitée cette déclaration, Mme Walia est toujours directrice de cet organe militant très en pointe dans la défense des minorités ethniques et des Amérindiens.



 

 


Billet originel du 30 juin

Les pompiers ont été appelés pour lutter contre un incendie qui s’était déclaré dans une église catholique au nord d’Edmonton vers 3 heures du matin ce mercredi 30 juin.

À 6 heures du matin, les équipes étaient toujours sur les lieux pour éteindre les points chauds à la paroisse Saint-Jean-Baptiste, mais l’église catholique romaine de la rue principale de Morinville était déjà gravement endommagée alors que les services de lutte contre les incendies des localités voisines avaient été appelés à l’aide. Morinville se situe à environ 30 kilomètres au nord-ouest de la capitale de l’Alberta.

« L’incendie avait déjà pleinement envahi le sous-sol lorsque les premières équipes de pompiers sont arrivées ici. Ils sont entrés dans le bâtiment, mais l’intérieur de l’église s’était déjà effondré, ils ont donc reculé et leur intervention est devenue défensive ou extérieure », a déclaré Iain Bushell à CTV News Edmonton.

Au total, une cinquantaine de pompiers étaient sur place. Ils se sont reposés par rotations pendant l’intervention en prévision des températures élevées annoncées pour plus tard dans la journée.

« Triste comme l’enfer »

De l’autre côté de la rue, les riverains ont vu un siècle d’histoire s’effondrer sous leurs yeux.

L’église fut achevée en 1907 et accueillit sa première messe le 1er janvier 1908.

L’église et la ville portent le nom du père Jean-Baptiste Morin, qui conduisit plusieurs familles francophones vers la région de Morinville depuis le Québec en 1891.

« Je ne pense pas que je pourrai vraiment croire que c’est passé jusqu’à ce que la fumée s’estompe. Jusqu’à ce que tout soit terminé. C’est vraiment le cas. C’est le centre de cette communauté », a commenté Angela Meyer.

Un autre habitant de Morinville, Roger Morin, s’est marié à l’église il y a 42 ans le 30 juin. Sa femme est décédée d’un cancer plus tôt en 2021.

« J’ai déjà subi une perte très importante dans ma vie, et tout cela en fait partie », a-t-il déclaré.

« Je ne sais vraiment pas comment me sentir. Je me sens juste triste. Triste comme l’enfer. »

Le Premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, a condamné ce qui, selon lui, semblait être « un autre crime haineux violent ciblant la communauté catholique. L’église centenaire de Saint-Jean-Baptiste était le cœur de Morinville et un élément clé de l’histoire et de la vie spirituelle de la communauté francophone de l’Alberta. »

Incendie suspect

Les autorités n’ont pas déclaré comment l’incendie a été déclenché, mais la Gendarmerie royale (GRC) qualifie l’incendie de suspect.

De nombreuses églises incendiées récemment

Cinq églises en Colombie-Britannique ont été le théâtre d’incendies. La GRC pense que l’un des deux incendies dans des églises de la région de Calgary a été délibérément allumé. Une statue à l’extérieur de l’église catholique polonaise d’Edmonton a été vandalisée avec de la peinture rouge.

« Le moment est certainement mal choisi étant donné ce qui se passe dans le pays en ce moment et le fait qu’il s’agisse d’une église catholique, mais encore une fois, je vais laisser l’enquêteur sur les incendies s’en occuper correctement », s’est contenté de dire Bushell.


Aucune condamnation de ces actes incendiaires par le PM Trudeau

À notre connaissance, le Premier ministre Justin Trudeau n’a pas abordé cette vague d’incendies, ces représailles et cette haine, visant l’Église catholique. Rappelons que c’est le gouvernement fédéral (y compris le père de Justin Trudeau) et non l’église catholique qui a imposé l’obligation aux enfants autochtones de fréquenter les pensionnats autochtones et que c’est ce gouvernement fédéral qui n’a pas fourni les moyens nécessaires pour assurer des conditions dignes de séjour… Enfin, l’Église catholique n’a en rien été la seule à tenir de tels pensionnats, d’autres confessions en ont également tenu.

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