Affichage des articles dont le libellé est Roumanie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Roumanie. Afficher tous les articles

dimanche 22 décembre 2024

La Roumanie (après la Géorgie) : « laboratoire de la post-démocratie »

1ere partie:

2e partie

La Roumanie, laboratoire de la post-démocratie, texte de Bock-Côté paru dans Le Figaro le 21 décembre 2024.

Le 24 novembre, les Roumains, à la surprise générale, conduisaient au second tour de leur élection présidentielle Calin Georgescu, un candidat antisystème, classé à l’« extrême droite » par les médias occidentaux, et surtout accusé de se désolidariser partiellement de la guerre en Ukraine (il était pour cela accusé d’être prorusse), qui obtenait 23% des voix. Mais la plus grande surprise vint le 6 décembre, quand la Cour constitutionnelle roumaine décida d’annuler le second tour de l’élection, qui devait se tenir deux jours plus tard.

L’argument avancé par la Cour constitutionnelle avait de quoi surprendre. Même si aucune fraude ne semblait identifiable, le processus électoral aurait été déréglé par la Russie, à travers une manipulation du réseau social Tiktok, en favorisant par ses algorithmes Georgescu. C’est à tout le moins ce qu’affirmèrent les services de renseignements roumains. C’est dans cet esprit que la Commission européenne a annoncé le 17 décembre une procédure contre Tiktok, dans l’esprit du Digital Services Act. Ursula von der Leyen s’en est félicitée, au nom de la « protection de nos démocraties ». Dans la presse occidentale, le récit de la salutaire annulation d’une élection piratée s’est vite imposé.

Pour peu qu’on situe cette annulation électorale à l’échelle de la dernière décennie, elle ne surprendra pas vraiment. En 2016, la victoire surprise du Brexit avait désemparé la nomenklatura européenne. Elle avait voulu y voir le fruit d’une manipulation indirecte du référendum par Cambridge Analytica. Une semblable explication fut mobilisée quelques mois plus tard, avec la première victoire de Trump, fruit apparemment d’une opération russe. Un récit commençait à s’imprimer dans le débat public : les peuples qui votent mal, c’est-à-dire qui se dérobent aux injonctions idéologiques de l’oligarchie, le font parce qu’ils sont manipulés de l’extérieur. S’ils étaient correctement informés, ils seraient vaccinés contre le dérapage populiste.

Ce serait un parti rival de Georgescu, le PNL, qui aurait effectué le battage médiatique sur TikTok, pas la Russie...

C’est dans ce contexte qu’on a vu se développer une volonté explicite de contrôler les réseaux sociaux, qui avaient permis aux préférences populaires de prendre forme à l’extérieur des filtres et des pratiques d’encadrement du système médiatique officiel. D’ailleurs, en janvier 2024, à Davos, Ursula von der Leyen a déclaré que la désinformation était le premier péril de notre temps. On a toutefois compris assez rapidement que l’oligarchie nomme désinformation toute mise en récit de l’actualité qui contredit le grand récit mondialiste et diversitaire. Toute mise en récit qui heurte l’idéologie dominante sera jugée désinformatrice et haineuse.

D’ailleurs, l’argument utilisé pour annuler l’élection roumaine ressemble beaucoup à l’argument utilisé pour délégitimer la récente victoire de Donald Trump, qui serait due essentiellement à la force de frappe de X et au rôle joué par Elon Musk dans la campagne. Il est toutefois plus facile d’annuler une élection dans les Carpates que sur les rives du Potomac. De ce point de vue, l’annulation de l’élection en Roumanie a valeur de test, et ce pays s’est transformé en laboratoire d’une gouvernance postdémocratique, sous la tutelle européiste. On y verra aussi un rappel à l’ordre.

Car telle est la question : une fois que le peuple a mal voté malgré des consignes claires, que faire ? Comme le racontait dans ses Mémoires Boris Johnson, les élites britanniques ont tout fait pour que le vote pour le Brexit soit privé de conséquences concrètes. De même, la radicalisation du front républicain aux dernières élections législatives françaises correspondait à un détournement interne et à une reprise en main du système électoral par un cartel de partis voulant à tout prix empêcher l’arrivée au pouvoir du camp national. La logique du cordon sanitaire appliquée en Allemagne conjuguée aux menaces d’interdiction de l’afd est de même nature.

Nous assistons partout en Occident à la radicalisation des techniques de neutralisation des mécanismes démocratiques. Le système, pour peu qu’on le nomme ainsi, ne se cache plus. En Roumanie, il a voulu faire un exemple, et rien n’interdit de croire qu’il frappera encore, en cas de nouvelles victoires populistes. La comparaison entre L’UE et L’URSS s’impose à nouveau. Tout comme au temps de la doctrine Brejnev, les pays y appartenant sont autonomes dans la mesure où ils ne s’éloignent pas d’un certain périmètre idéologique, qui se rétrécit (multiculturalisme, immigrationnisme, néoféminisme, gouvernement des juges, etc.) et qui se réclame de l’état de droit. De même, on ne se désolidarise pas, même à la marge, de la vision stratégique de l’otan, comme on ne sortait pas du pacte de Varsovie.

Confessons néanmoins notre perplexité. Ailleurs, on présenterait de telles manœuvres comme un coup d’État. En Europe, on veut y voir aujourd’hui une entreprise de sauvetage de la démocratie.


mercredi 30 novembre 2022

Population allemande : -1,5 million d'Allemands, + 4,3 millions d'immigrants en 8 ans

Depuis 2014, le nombre de citoyens allemands a baissé de 1,5 million, mais le nombre d'immigrants venus s'installer en Allemagne a lui augmenté de 4,3 millions. Ce qui a fait gagner au pays près de 2,9 millions d'habitants en 8 ans. 

La population en Allemagne a augmenté depuis 2014, mais la proportion de personnes en âge de travailler a diminué. Cette évolution a été affaiblie par l'immigration, comme le rapporte l'Office fédéral de la statistique (Destatis). Au 30 juin 2022, 2 882 000 personnes de plus vivaient en Allemagne qu'à la fin de 2014. Cette augmentation est principalement due à la migration des réfugiés en lien avec la guerre et la violence en Syrie, en Afghanistan et en Irak en 2015/2016 et après le conflit en Ukraine. Mais il y a aussi des afflux réguliers en provenance d'autres États de l'Europe de l'Est tels que la Roumanie, la Bulgarie et la Pologne. Ainsi, entre le 31 décembre 2014 et le 30 juin 2022, le nombre de personnes de nationalité étrangère a augmenté (+4 341 000).


jeudi 19 mai 2016

Histoire — 1914

Yves-Marie Adeline nous plonge dans l'incroyable succession d'événements de l'année 1914 : le début de la première guerre mondiale et le commencement des bouleversements qui changeront pour toujours la France, l'Europe et le monde. Une fresque passionnante !



jeudi 14 mai 2015

En Turquie et en Roumanie, les enfants seraient plus heureux

Écolières turques entre Van et Doğubeyazıt (Bazîd)
Le premier sondage mené à grande échelle auprès d’enfants révèlerait que les écoliers les plus heureux vivaient en Turquie et en Colombie — les plus malheureux étant en Corée du Sud et en Afrique du Sud. Les plus lettrés se trouvent en Estonie et les plus sportifs en Pologne.

Les enfants âgés de 10 à 12 ans seraient les plus heureux en Turquie et en Roumanie, tandis que ceux de Corée du Sud et d’Afrique du Sud seraient les moins satisfaits de leur sort, annonce une équipe de chercheurs qui a présenté le premier rapport du genre au Parlement européen. « Ce rapport est le résultat de plusieurs années d’un travail dans le cadre duquel nous avons tenté de comprendre comment les enfants voyaient leur vie et leur bien-être. Nous avons montré que de telles études pouvaient être menées et nous voudrions remercier 53.000 personnes de 16 pays du monde qui y ont participé. Les conclusions sont à prendre en compte par tous les politiciens préoccupés par l’avenir des futures générations », a déclaré Acher Ben-Arieh de l’université hébraïque de Jérusalem.

Avec plusieurs dizaines d’autres sociologues et assistants volontaires, il a participé à la collaboration internationale ISCWeB pour tenter de découvrir ce qui préoccupait les enfants et quels problèmes ils éprouvaient. Ce projet avait été commandé par la fondation Klaus Jacobs et le Parlement européen.

Les chercheurs ont interrogé des dizaines de milliers d’enfants et leurs parents en Europe, mais aussi en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud et au Proche-Orient.

L’étude a révélé que dans l’ensemble les enfants avaient une vision positive de leur vie et ne voyaient pas de grands ou sérieux problèmes, cependant l’écart parmi les écoliers très heureux ou très malheureux s’est avéré très important.


Par exemple, plus de 70 % des enfants turcs, roumains et colombiens voient leur enfance très positive en lui donnant la note maximale – 10/10, tandis que seulement 40 % des écoliers sud-coréens ont donné cette note. La Corée du Sud et l’Afrique du Sud sont également « en tête » du classement négatif – plus de 7 % des enfants ont mis une note très basse à leur enfance, soit le double, voire le triple par rapport à d’autres pays.

Il est à noter que « l’angoisse » de l’adolescence touche uniquement les enfants des pays d’Europe – tous les autres écoliers des autres coins de la planète n’éprouvent pas de mécontentement croissant envers leur vie et l’avenir en grandissant. Autre particularité intéressante de l’Europe : un enfant sur dix, notamment dans les pays du Nord, vit dans une famille divorcée ou dans deux maisons à la fois. Environ 5-17 % d’entre eux sont nés en dehors de l’UE.

Hormis le bonheur des enfants, les auteurs du rapport ont cherché à savoir dans quels pays les enfants étaient les plus sportifs et les plus assidus à l’école. D’après les chercheurs, les écoliers polonais sont les plus nombreux à pratiquer le sport de rue et le sport professionnel, alors que les enfants estoniens sont ceux qui apprennent le plus, lisent le plus de livres et utilisent internet le plus activement.


Source


Voir aussi

L’école infantilise-t-elle les adolescents ? (la crise de l'adolescence, une spécificité occidentale?)

Les enfants religieux seraient plus heureux

Une étude souligne les effets néfastes du cannabis sur le cerveau des adolescents

Curiosité du jour : augmenter de 25 % les notes des finissants sud-africains ?

Afrique du Sud – Pour la sixième année de suite, le taux de réussite aux examens de fin d'études secondaires diminue

Corée du Sud — Les 5 prochaines années seront capitales pour résoudre la crise démographique

Corée du Sud : la surchauffe éducative, l'implosion démographique

Corée du Sud — les garderies en anglais sont du gaspillage et néfastes au développement de votre enfant

Corée du Sud — la course à la réussite

lundi 4 juillet 2011

Roumanie — La « génération Google » recalée au bac après une surveillance renforcée

Evenimentul Zilei
4 juillet 2011
« La vraie valeur de la génération “Google”: un carnage au baccalauréat », déplore Evenimentul Zilei. Plus de 100 000 élèves, soit la moitié de ceux qui ont participé à l'examen de fin d'études secondaires, ont été recalés. C’est le pire résultat depuis la révolution il y a 21 ans.  

« Qui est coupable? », s'interroge le quotidien, qui désigne à la fois le ministère de l'Education, les professeurs et les élèves.

Les parents ont protesté contre les sujets trop difficiles, mais ils ont aussi dénoncé « le style policier » pratiqué pendant les épreuves, car des caméras vidéo ont été installées dans toutes les salles d’examen.  

« Le niveau des élèves a baissé de manière dramatique ces cinq dernières années », disent les professeurs, qui incriminent le changement de valeurs et le fait que la nouvelle génération ignore l’essence des choses importantes, comme la satisfaction de l'apprentissage. De leur côté, les inspecteurs considèrent que les résultats reflètent le niveau de préparation des élèves.




Traduction PressEurop, merci Josick