Affichage des articles dont le libellé est mineurs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est mineurs. Afficher tous les articles

dimanche 8 mars 2026

Mineurs rétribués au Royaume-Uni pour prendre des bloqueurs de puberté

En avril débutera au Royaume-Uni la première étude randomisée sur le rapport bénéfice/risque des bloqueurs de puberté (cf. Le Royaume-Uni lance la première étude randomisée sur les effets des bloqueurs de puberté sur le cerveau). Cette étude a été demandée après la publication du rapport Cass, le 10 avril 2024, qui faisait état de « preuves insuffisantes » quant à l’efficacité de ces traitements – aboutissant à leur interdiction (cf. Bloqueurs de puberté : des données « insuffisantes » ; Changement de genre chez les mineurs : le gouvernement britannique interdit les bloqueurs de puberté). Commandée par le secrétaire à la Santé Wes Streeting, l’essai portera sur 226 enfants et adolescents de moins de 16 ans qui se considèrent comme transgenres

Les jeunes cobayes rétribués en chèques cadeaux


En échange de leur participation, les adolescents devraient recevoir des bons d’achat émis par l’entreprise Love2shop d’une valeur de 500 livres (573 euros) qu’ils pourront dépenser chez Asos, Nike, The Perfume shop ou encore Pizza Hut. En effet, au cours des deux années que devrait durer l’étude, certains participants seront soumis à 15 tests sur l’évolution de leurs capacités cognitives, rétribués par un bon d’achat d’une valeur de 30 livres chacun, et des IRM rétribués par des bons de 15 livres. D’autres se verront accorder un chèque cadeau de 15 livres pour chaque examen de densité osseuse et examen sanguin (cf. « Soin d’affirmation de genre » : une formulation dangereuse).

Une expérimentation pourtant dangereuse

La députée Claire Coutinho, secrétaire d’Etat pour l’Egalité du cabinet fantôme[1], dénonce le fait que « cette étude inflige à des enfants en bonne santé un protocole de soins qui risque de les rendre définitivement infertiles. Il n’y a pas d’âge minimum pour y participer et il nous a été confirmé que des enfants atteints d’autisme ou de troubles cognitifs faisaient également partie de l’essai » (cf. Autisme et genre : associations et praticiens alertent ; Genre : la « transition médicale » associée à une augmentation des suicides de mineurs).

Il a été démontré que les bloqueurs de puberté, sans avoir prouvé leur efficacité dans l’amélioration de la santé mentale, avaient pour effet de renforcer la perception d’un enfant qui déclare être transgenre (cf. Changement de genre chez les mineurs : l’impact des traitements hormonaux sur la dépression et le suicide reste inconnu). Ces traitements ont par ailleurs des effets néfastes pour le développement de son cerveau et la fertilité future.

Une intrusion dans l’intimité des mineurs

Les jeunes cobayes seront soumis à une évaluation régulière du fonctionnement de leur cerveau, cœur et système circulatoire. Les jeunes filles sont prévenues du fait qu’une grossesse les excluraient du protocole. Elles seront soumises à des tests réguliers et sont encouragées à utiliser des contraceptifs non-hormonaux. Les enfants et adolescents âgés de plus de 12 ans devront répondre à un questionnaire à propos de leur orientation sexuelle et de leurs éventuelles relations amoureuses et sexuelles.

L’annonce de l’étude randomisée a suscité une vive opposition de la part de personnalités transpartisanes et de centaines de médecins, à laquelle s’ajoutent une action en justice et une pétition signée par plus de 142.000 personnes.

Complément du 23/02/2026 : L’essai clinique a été suspendu après que l’autorité britannique de surveillance des médicaments a soulevé des « questions de sécurité ». L’Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA) devrait s’entretenir la semaine prochaine avec le King’s College de Londres, dont les chercheurs mènent l’essai, afin de répondre à ces préoccupations, a déclaré le gouvernement.

[1] Sorte de « gouvernement bis » qui réunit les députés les plus influents du principal parti de l’opposition parlementaire

Sources de la synthèse de presse : The Telegraph, Michael Searles (12/02/26) ; BBC, Amy Walker et Alison Holt (21/02/2026)

dimanche 15 décembre 2024

Les enfants cobayes de la révolution trans

Texte de Mathieu Bock-côté par ce samedi dans le Figaro.

Ils sont nombreux à confesser leur surprise devant les révélations concernant le rapport ayant fuité dans Le Figaro sur la transition de genre de la Haute Autorité de santé (HAS). Car la HAS entend la rendre accessible à tous, même aux mineurs de 16 ans, sans exprimer la moindre prudence, alors qu’ailleurs en Occident, se dévoile une vive inquiétude à ce sujet. Rappelons l’esprit et les grandes lignes de ces révélations.

Mais faisons d’abord un détour. L’idéologie du genre s’est concentrée ces derniers temps sur la transition « sociale » en expliquant qu’il suffisait pour une femme de se dire homme pour que la société soit obligée de la considérer comme tel. C’est ce qui a poussé le planning familial à soutenir en 2022 qu’un homme pouvait être enceint. C’est aussi dans cet esprit qu’on a vu se multiplier les non-binaires, prétendant se dérober au féminin comme au masculin, ou alors les embrasser ensemble.

Mais nous venons de franchir une étape. C’est désormais la société dans son ensemble qui doit se reprogrammer pour faciliter non plus la transition « sociale », mais la reconstruction médicale des trans. Le personnel de santé est ainsi invité à accueillir le jeune trans en utilisant les pronoms qu’il exige - un homme biologique se prenant pour une femme devra ainsi se faire appeler «elle». L’inverse s’imposera aussi. D’aucune manière, on ne devra se demander si ce désir de changer de sexe n’est pas le signe d’un trouble psychiatrique ou psychique - la dissociation entre l’identité de genre et le corps sexué est ainsi légitimée par le corps médical.

Le système de santé est ensuite poussé à engager le plus rapidement possible la thérapie hormonale engageant le «changement de sexe», puis les opérations chirurgicales qui le rendront absolument définitif. Ces opérations devront être accessibles aux mineurs de 16 ans. Par ailleurs, les parents qui remettraient en question la transition de genre de leur enfant, et qui refuseraient de l’accompagner, pourraient être accusés de maltraitance parentale, et voir à terme leur autorité parentale remise en question, et même abolie. L’État, à terme, se donnera le droit d’arracher leurs enfants aux parents trop conservateurs, trop traditionnels. La déconstruction de la famille culmine ici.
La mouvance trans est parvenue à créer un dispositif technomédical autoréférentiel où ses militants se citent les uns les autres pour produire un « savoir » orientant ensuite le système de santé
La première chose qui frappe, ici, est la pénétration de la théorie du genre dans les instances censées produire l’expertise médicale. Le néolyssenkisme triomphe. La mouvance trans est parvenue à créer un dispositif techno-médical autoréférentiel où ses militants se citent les uns les autres pour produire un « savoir » orientant ensuite le système de santé. Cet entrisme s’accompagne souvent d’une stratégie de harcèlement des médecins pour voir lesquels se soumettent à cette idéologie et lesquelles s’y refusent, ce qui justifiera ensuite leur dénonciation pour transphobie.

La banalisation de la notion d’identité de genre a pour fonction d’empêcher de se demander pourquoi tant de jeunes, aujourd’hui, en viennent à se croire étrangers à leur corps. La vérité existentielle d’un être se trouverait dans son « ressenti de genre », et non pas dans son corps sexué, désormais traité comme une carcasse charnelle encombrante et le résidu réactionnaire d’une phase antérieure de l’humanité, avant la révélation constructiviste, expliquant que la biologie comme la nature sont désormais des catégories périmées. On parle ainsi non plus de chirurgies de changement de sexe mais de « réassignation sexuelle », pour modeler un corps jugé traître, ou du moins réfractaire, à l’esprit flottant qu’on croit porter en soi.

On touche ici les programmes d’éducation à la sexualité à l’école. Les enfants subissant la propagande du genre auront plus de chance de se retrouver un jour devant un médecin du genre ayant la mission de piloter leur transition. Si cet adolescent doute soudainement des bienfaits de la démarche dans laquelle il s’est engagé, une association de militants trans présentés comme des experts par l’état lui dira de ne pas avoir peur. La diffusion accélérée du fantasme voulant qu’on puisse naître dans le mauvais corps est le symptôme d’une perte du rapport au réel et d’un effondrement psychique à l’échelle d’une civilisation.

La modernité porte en elle une tentation démiurgique et rêve d’une humanité informe qu’elle pourra modeler selon son bon désir, dans une rationalité utopique, qui culmine toujours dans une logique totalitaire. La médecine doit fabriquer un homme nouveau, dénaturalisé, modifié aux hormones et au scalpel, persuadé désormais de s’autoengendrer. Nous sommes devant les enfants cobayes de la révolution trans.

Voir aussi
 
 
 
 
 
 
 

mardi 23 mai 2023

Norvège rejoint Suède, Finlande, Royaume-Uni, Kentucky, Texas et Floride en interdisant la stérilisation, la castration et les mastectomies sur les mineurs

La semaine dernière, le Comité norvégien d’enquête sur les soins de santé a annoncé qu’il allait réviser ses lignes directrices actuelles concernant les soins dits « d’affirmation du genre » pour les mineurs, car il ne les considère plus comme fondées sur des preuves. Le conseil a également reconnu que le nombre croissant d’adolescentes qui s’identifient comme des hommes après la puberté reste sous-étudié.

Selon les lignes directrices actualisées proposées, l’utilisation de bloqueurs de puberté, d’hormones de sexe opposé et de chirurgie liée à la transition serait limitée aux contextes de recherche et ne serait plus proposée dans des contextes cliniques. La Norvège rejoint la Finlande, la Suède et le Royaume-Uni dans l’introduction d’une plus grande protection des enfants. Aux États-Unis, huit États ont jusqu’à présent interdit les soins affirmatifs aux personnes de moins de 18 ans, le Tennessee étant le dernier à avoir adopté une telle législation.

Il est bon que davantage d’organisations professionnelles reconnaissent la nature expérimentale de cette approche chez les enfants. Un certain nombre d’études montrent que la plupart des enfants souffrant de dysphorie de genre se sentent à l’aise dans leur corps à la puberté et que ceux qui souhaitent effectuer une transition soudaine après la puberté peuvent être victimes d’une contagion sociale. Ces études ont été rejetées parce qu’elles ne correspondent pas au discours militant préféré.

Selon la Dr Debra Soh, ce discours militant, cependant, va continuer à s’effondrer. Un article récent publié dans la revue universitaire Archives of Sexual Behavior explique comment l’effet placebo n’a pas été suffisamment pris en compte dans l’interprétation des nouvelles découvertes en faveur de la transition chez les enfants. Bien que le terme « effet placebo » fasse généralement référence à la réaction d’un patient à une intervention inefficace, il peut également décrire les effets psychologiques et physiques bénéfiques associés à un traitement, par opposition au traitement lui-même.

Par exemple, la participation à une étude permet souvent d’accorder une attention particulière à un patient et de s’attendre à ce que son état (par exemple, la dysphorie de genre) s’améliore. Si cela peut être positif dans un contexte thérapeutique, les chercheurs ne devraient pas souhaiter que les résultats de l’étude soient confondus, car l’objectif de la recherche est de déterminer objectivement si un traitement est efficace ou non. Cela est particulièrement important lorsqu’il s’agit d’évaluer des interventions qui peuvent avoir des conséquences sur la fertilité, le fonctionnement sexuel futur et la santé à long terme d’une jeune personne.