Affichage des articles dont le libellé est publiques. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est publiques. Afficher tous les articles

mardi 16 septembre 2025

Enseignant montre à ses élèves de 10 et 11 ans des images de l'assassinat de Charlie Kirk

Un enseignant de Toronto a été suspendu après avoir montré à un groupe d’élèves de 5e et 6e année (environ 11 ans)  « une partie d’une vidéo violente » liée à l’assassinat de l’activiste conservateur américain Charlie Kirk.

La directrice de l’école publique Corvette Junior, Jennifer Koptie, a déclaré dans une lettre envoyée vendredi (ci-contre) aux parents que cet incident était « extrêmement troublant et inacceptable ».

Un enseignant du primaire de Toronto relevé de toutes ses fonctions après avoir montré à ses élèves une vidéo liée au meurtre de Charlie Kirk.

Mme Koptie a déclaré que la vidéo avait été montrée aux élèves du programme d’immersion française parce qu’ils avaient des questions « sur un événement tragique survenu récemment aux États-Unis ».

Un porte-parole a refusé de commenter les informations parues dans les médias selon lesquelles les enfants auraient été « forcés » de regarder la vidéo plusieurs fois ou si des commentaires sur M. Kirk avaient été faits.

Le Toronto Sun a cité une source anonyme qui a déclaré que plusieurs élèves avaient été « traumatisés » et en avaient parlé à leurs parents, qui ont à leur tour contacté la direction de l’école. La source a également affirmé que l’enseignant « avait fait un discours à ses élèves sur l’antifascisme, l’antitrans et le fait que Charlie Kirk méritait ce qui lui était arrivé ».

mardi 1 juillet 2025

États-Unis - Pour la Cour suprême, parents ont le droit de retirer leurs enfants des cours scolaires susceptibles de violer leurs croyances


La Cour suprême des États-Unis a statué vendredi qu'un groupe de parents du Maryland avait le droit de retirer leurs enfants des cours scolaires susceptibles de porter atteinte à leurs convictions, dans une affaire centrée sur la liberté religieuse. 

Les juges ont décidé à 6 voix contre 3, selon des lignes idéologiques, dans l'affaire Mahmoud c. Taylor, que les parents pouvaient retirer leurs enfants des cours du système scolaire public du Maryland traitant de l'homosexualité et du transgenre s'ils estimaient que ces thèmes étaient en contradiction avec leurs convictions religieuses.

« Un gouvernement entrave la pratique religieuse des parents lorsqu'il leur impose de soumettre leurs enfants à un enseignement qui représente « une menace très réelle de compromettre » les croyances et pratiques religieuses que les parents souhaitent inculquer », a écrit le juge Samuel Alito au nom de la majorité. « Et un gouvernement ne peut subordonner le bénéfice de l'enseignement public gratuit à l'acceptation par les parents d'un tel enseignement. »

L'affaire trouve son origine dans l'intégration, il y a quelques années, par les écoles publiques du comté de Montgomery, de livres mettant en scène des « personnages lesbiens, gays, bisexuels, transgenres et queer » dans leur programme d'enseignement des langues, de la maternelle à la terminale, ont déclaré les avocats du district scolaire à la Cour suprême.

Les avocats ont déclaré que le district scolaire avait pris cette mesure dans le cadre d'une initiative visant à être « sensible à la culture » et à enseigner des leçons qui encouragent « l'équité, le respect et la civilité ».

Les parents du Maryland qui ont intenté le procès ont déclaré dans leur requête à la haute cour que le conseil scolaire avait introduit dans leurs écoles primaires des livres qui faisaient la promotion des « transitions de genre, des marches des fiertés et des relations amoureuses entre personnes du même sexe dans les cours de récréation ».

Les parents ont déclaré que le conseil scolaire avait initialement autorisé les parents à retirer leurs enfants des cours impliquant ces livres, mais qu'il avait ensuite cessé de le faire.

Ils ont également déclaré que la présence de ces livres créait « une pression indirecte pour renoncer à une pratique religieuse », ce qui constituait une charge suffisante pour violer leurs droits à la liberté religieuse.

La juge de gauche Sonia Sotomayor, rédigeant l'opinion dissidente, a déclaré que le fait d'exposer les élèves à l'existence des personnes LGBTQ ne justifiait pas l'intervention de la Cour suprême. Elle a ajouté qu'elle pensait que la décision de la haute cour ouvrirait la voie à un nombre croissant d'élèves souhaitant se retirer d'un plus grand nombre de cours.

« Il en résultera le chaos dans les écoles publiques de ce pays », a écrit Sotomayor. « Exiger des écoles qu'elles fournissent un préavis et la possibilité de se retirer de chaque programme de cours ou heure du conte susceptible d'impliquer les croyances religieuses d'un parent imposera une charge administrative impossible à supporter pour les écoles. »

Les parents qui ont intenté le procès sont issus de divers horizons religieux. Tamer Mahmoud et Enas Barakat sont musulmans, tandis que d'autres appartiennent à différentes confessions chrétiennes.

Au cours des plaidoiries, le juge Clarence Thomas a interrogé un avocat représentant les écoles du comté de Montgomery pour savoir si les livres étaient simplement présents dans la classe ou s'ils étaient activement présentés aux élèves.

L'avocat a indiqué que les enseignants avaient dispensé cinq fois au cours de l'année scolaire des cours aux élèves portant sur les livres en question.

Rosalind Hanson, membre du groupe conservateur Moms for Liberty, a déclaré à Fox News Digital lors d'une récente interview devant la Cour suprême qu'elle-même et les autres parents qui ont contribué à porter l'affaire devant les tribunaux « n'essayaient pas de modifier le programme scolaire » pour les parents qui acceptaient que leurs enfants soient exposés à ces livres.

« La majorité des États du pays ont déclaré que vous pouvez choisir de ne pas participer à ces questions et sujets très sensibles, en particulier en raison de la composante religieuse, mais aussi en raison de l'adéquation à l'âge », a déclaré Mme Hanson.

La secrétaire au ministère de l'Éducation, Linda McMahon, a salué cette décision comme une victoire pour les « droits parentaux » et une défaite pour les « bureaucrates ».

« Les parents ont le droit de savoir ce que leurs enfants apprennent à l'école et d'exercer leur liberté de religion garantie par le premier amendement pour refuser les cours controversés et idéologiques qui vont à l'encontre des valeurs et des croyances de leur famille », a déclaré Mme McMahon.

dimanche 2 mars 2025

Écoles québécoises : « C’est la démographie, stupide ! »

Texte de Frédéric Lacroix sur son carnet :

Le rapport d’enquête concernant la « Vérification des mesures prévues à la Loi sur la laïcité de l’État » commandé par le ministre de l’Éducation à la suite de plaintes pour non-respect de la Loi dans la foulée des révélations médiatiques sur l’école Bedford et d’autres écoles est maintenant disponible. Dix-sept écoles, situées dans toutes les régions du Québec (de Saguenay à Montréal en passant par Québec, la Rive-Sud et Laval) ont été visées par l’enquête.

Pour quiconque évolue encore mentalement dans les années 90 et s’imagine que le Québec serait une société préservée des conséquences de l’immigration massive, la lecture de ce Rapport est une belle claque en pleine face. Voici, en vrac, des extraits du Rapport :

  1.     Niqab (p. 14) : Des élèves d’écoles du Québec portent maintenant le voile intégral, le Niqab. Le personnel, mis face à ces symboles d’un islam ultra-rigoriste, renonce à exiger de découvrir le visage pour identifier les élèves. Traduction : Le personnel des écoles a peur de certains élèves. Tout le monde est au courant des décapitations de professeurs par des islamistes qui ont eu lieu en France.
  2.     Refus de répondre aux profs masculins (p.14) : « Il a également été porté à l’attention des vérificateurs, sans être corroboré par ces derniers, que certains enseignants masculins ne seraient pas en mesure d’échanger verbalement avec des élèves entièrement voilées, ces dernières ne répondant pas aux enseignants masculins qui les saluent. Ces élèves ne poseraient également aucune question en classe, et ce, malgré le fait que certaines d’entre elles éprouvent des difficultés scolaires »
  3.     Restrictions pour les filles en éducation physique (p.15) : Les jeunes filles portant des tenues islamistes, on le comprend à mi-mot à la lecture du Rapport, sont dispensées ou « accommodées » en éducation physique.
  4.    Confusion liée à la clause grand-père et à la portée trop restreinte de l’interdiction des signes religieux (p.18) : « Cela semble créer une certaine incompréhension au sein du réseau scolaire, auprès des parents et des citoyens. Alors que les enseignants sont visés par l’interdiction de porter un signe religieux dans leur fonction, les aides à la classe et les éducatrices en service de garde, qui sont également régulièrement en contact avec les élèves et en situation d’autorité avec ceux-ci, ne sont pas visées par cette disposition. Il en est de même pour tous les professionnels et autres intervenants présents dans les établissements d’enseignement ».
  5.    Absences massives lors de fêtes religieuses musulmanes, chez les élèves comme chez les enseignants : (p.21) « en raison du nombre élevé de demandes de congés pour certaines fêtes religieuses, qui peut parfois représenter plus du quart du personnel enseignant, par exemple, il n’est pas toujours possible d’assurer ce service de qualité. Afin d’accommoder le plus grand nombre possible de personnes, certains établissements ont parfois recours à des suppléants qui se voient dans l’obligation d’offrir des activités alternatives, comme la projection d’un film, plutôt que le contenu du cours inscrit à l’horaire ». (p.29) « certaines classes voient plus de la moitié de leurs élèves être absents ».
  6.    Imposition de nourriture « halal » à une partie ou à l’ensemble des élèves (p.26) : « Lors des activités sociales, par exemple, une fête en début ou en fin d’année scolaire, les directions d’établissement font le choix d’offrir un menu qui satisfera un maximum d’élèves et d’employés (allergies, halal, etc.) ».
  7.     Changements dans l’enseignement et la dynamique de classe face à la pression de l’islamisme (p.27) : « les témoignages recueillis confirment qu’afin d’éviter de heurter certaines croyances religieuses ou culturelles, des ajustements sont faits par des directions d’établissement et certains enseignants dans le choix du matériel scolaire à utiliser. À titre d’exemple, des enseignants évitent de proposer des romans faisant état de relations amoureuses ou traitant de magie, de sorcellerie, etc. De plus, des sujets d’actualité ne sont pas abordés avec les élèves par certains enseignants, par exemple, le concept d’égalité entre les hommes et les femmes ou l’identité de genre ». (p.28) « certains élèves se bouchent les oreilles lorsque certains sujets sont abordés crée un climat où d’autres élèves, ayant des questionnements sur leur orientation sexuelle, par exemple, évitent de poser des questions ou se sentent mal à l’aise de le faire, de crainte d’être jugés ».
  8.    Affaiblissement du français comme langue commune dans les murs de l’école (p.29) : « des membres du personnel conversent dans une autre langue que le français devant les élèves ».
  9.     Impact du ramadan sur les élèves (p.29) : « des établissements rapportent avoir dû s’interroger sur la pratique du jeûne par de jeunes élèves, parce que des signes de fatigue ou de l’inconfort étaient observés ».

Ce Rapport a le mérite de nous mettre face à une réalité que plusieurs ne veulent pas voir : non seulement nous avons importé l’islamisme, qui vient dans les bagages de l’islam (même si les deux ne se superposent pas entièrement), en choisissant comme critère presque exclusif de sélection des immigrants la connaissance du français et en faisant fi d’autres caractéristiques cruciales pour l’intégration, mais l’ampleur de l’immigration depuis une vingtaine d’années (1,46 million de personnes !) reconfigure complètement notre tissu social et nos écoles. Nous avons maintenant de nombreuses écoles publiques où la majorité des élèves sont issus de l’immigration et où une partie importante du personnel l’est également. Beaucoup d’écoles sont des moins en moins « multiculturelles » et de plus en plus « monoculturelles ». Les élèves de culture « canadienne-française » sont une espèce en voie de disparition partout dans le grand Montréal et dans d’autres villes (comme Québec).

Rappelons qu’en 2023, par exemple, 35 % des élèves des écoles publiques étaient issus de l’immigration (1re et 2e génération). Ceux-ci sont majoritaires dans des dizaines d’écoles et cette tendance connait une accélération exponentielle. 37 % des nouveau-nés au Québec sont issus de l’immigration, une tendance qui s’accélère au point où l’on peut penser que la barre du 50 % sera atteinte d’ici une petite quinzaine d’années. On a envie de s’écrier, en parodiant le conseiller économique de Bill Clinton en 1992, « c’est la démographie, stupide ! ».

Le Rapport nous fait voir que des écoles publiques sont maintenant des « zones de non-droit », des « territoires perdus de la république », où plus aucun parent sain d’esprit ne voudra envoyer ses enfants. Cette dynamique, à mon avis, accélère la fuite vers l’école privée (même chose en France). Pire encore, ce que l’on voit avec « l’ajustement » des programmes d’études, l’imposition de la nourriture halal, le sexisme grandissant (pour ne pas mentionner l’homophobie), etc., c’est que des écoles publiques sont en train de devenir « charia compatibles ». Derrière cela se profile, sans l’ombre d’un doute, l’activisme des Frères musulmans pour qui rendre la société charia-compatible, en commençant par l’école, est la première étape sur la route qui mène au califat.

Si le Rapport fait des recommandations pertinentes (je rajouterais cependant à ces recommandations l’interdiction du port de signes religieux aux élèves) et que je salue le courage de M. Drainville de s’y attaquer, il ne faut pas oublier que toute tentative de simplement gérer les méfaits sans s’attaquer à la racine du problème est vouée à l’échec. Et le fond du problème est l’immigration massive et l’immigration chez nous d’un grand nombre d’islamistes (mais connaissant le français !).

Nous avons besoin, en plus d’une série de mesures renfonçant la laïcité et d’une politique de lutte contre les organisations Fréristes, surtout et de façon urgente, d’un moratoire complet sur l’immigration pour une période prolongée (en plus d’une refonte totale de notre politique migratoire) afin de cesser d’aggraver le problème.

Voir aussi

 Réaction hostile de la part des élèves immigrés à l’arrivée d’élèves « de souche »

 France — 23 % des moins de 35 ans fêtent le ramadan

Montréal — 56 % des élèves y sont issus de l’immigration 

Le mythe de l’école « neutre » 

La solitude des enseignants face à la montée de l’islamisme

vendredi 6 décembre 2024

Démographie et l'islam dans école publique québécoise (Sainte-Maxime à Laval)

« Il y avait des ablutions qui se faisaient dans les toilettes, ils cherchaient des coins isolés dans les corridors pour faire leurs prières. Aussitôt qu’on les arrêtait, la gang nous sautait dessus. […] On se faisait accuser de racisme constamment. »

Pour ce carnet, l'exemple français devrait montrer que l'invocation incantatoire à la « laïcité » de l'État ne changera pas grand-chose sur le fond. Le problème en est un de démographie (il n'y a plus de majorité canadienne-française pour assimiler les masses de jeunes immigrants en ville), de convictions identitaire et religieuse des jeunes immigrés, de vide spirituel présenté par l'école publique et de sourd mépris pour la culture québécoise considérée comme athée, faible et décadente.

Des prières en classe. Des membres du personnel qui se parlent entre eux et s’adressent aux élèves en arabe. Une nouvelle école a été signalée au ministère de l’Éducation pour de possibles accrocs à la loi sur la laïcité : l’école secondaire Saint-Maxime, à Laval. Elle fait actuellement l’objet de « vérifications » du Centre de services scolaire (CSS) de Laval.


L’établissement a aussi été le théâtre de fortes réticences d’élèves aussitôt qu’il est question de sexualité dans les cours ou les activités en milieu scolaire.

mardi 5 novembre 2024

Québec — « Certaines filles ont un pénis et certains garçons ont une vulve », la désinformation dans les écoles publiques

Éducation ou confusion? L’organisme GRIS Montréal a publié un guide pédagogique pour les enseignants du secondaire.

Le guide prétend « expliquer » ce qu’est une fille ou un garçon, mais d’une manière très critiquable. Le GRIS est invité dans les écoles publiques, même quand les parents des élèves s'y opposent explicitement (voir la relation parue dans la Presse récemment ci-dessous dans l'encadré.)

L’image provient de la boîte à outils du guide pédagogique de GRIS Montreal  pour les enseignants (secondaire). Pour François Chapleau, l’identité sexuelle y est dénaturée et dénigrée, la binarité du sexe est rejetée et l’on sème la confusion sur le fait d'être une garçon ou une fille.

Le GRIS se targue d’envoyer 250 bénévoles faire plus 1000 « interventions » par an dans les é coles concernant la diversité sexuelle et les identités de genre...

Entrevue avec François Chapleau, professeur émérite au Département de biologie de l’Université d’Ottawa.

Le 4 juin 2024, les fonctions et pouvoirs de cette structure de gouvernance essentielle au bon fonctionnement de l’école ont carrément été suspendus, tant les tensions étaient vives entre les parents et les enseignants qui y siégeaient. En pleine séance, le président du conseil, Said Soali, ainsi que les trois autres membres parents se sont levés en bloc et ont quitté les lieux, furieux de se voir manquer de respect, selon eux, par les membres du personnel éducatif, d’après nos trois sources.

À la source du conflit : l’invitation à l’école La Voie du Groupe de recherche en Intervention Sociale (GRIS-Montréal), un organisme œuvrant à démystifier la diversité sexuelle et de genre. Ses intervenants bénévoles témoignent de leur vécu en classe, puis répondent aux questions des élèves, du genre : Quand avez-vous su que vous étiez homosexuel ? Comment vos parents ont-ils réagi ?

Depuis des mois, les quatre parents membres du conseil d’établissement de l’école La Voie s’opposaient à cette visite. Dès le 7 novembre 2023, ils avaient refusé d’approuver la planification en éducation à la sexualité proposée par la directrice, en raison de la visite du GRIS-Montréal parmi les activités prévues, selon le procès-verbal de la séance.

La directrice est revenue à la charge à la séance suivante, tenue le 6 février 2024, selon le procès-verbal. Les parents du conseil se sont à nouveau opposés à la visite du GRIS-Montréal dans des classes de 4e secondaire. Ils ont voté pour qu’on retire l’organisme des activités prévues à l’horaire.

Malgré cette résolution, un intervenant du GRIS-Montréal s’est rendu à l’école La Voie, quelques jours plus tard, puisque les enseignants, jouissant d’une autonomie professionnelle, n’ont pas à se faire dicter les outils pédagogiques à employer – ou à éviter – par des parents d’élèves, fussent-ils membres du conseil d’établissement.

Le GRIS-Montréal a même été invité une seconde fois à l’école La Voie, à la fin mai [...]

Voir aussi

Critique de la définition du sexe dans un manuel approuvé par le ministère de l'Éducation du Québec

L'idéologie LGBTQ/trans dans le nouveau cours de culture et citoyenneté québécoise

Le rôle des femmes dans les religions selon le livre ECR d’ERPI pour la 2e secondaire

Canada — cinq femmes anthropologues bannies d'un colloque pour « transphobie »

Pour le gouvernement québécois, le sexe est une catégorie sociale, la biologie abolie (2023, extraits du programme ci-dessous) :

France -- Le ministère n'approuve pas les manuels. « Seul le régime de Vichy s’est permis cela. » (contrairement au Québec...)

Table ronde sur le matériel pédagogique ECR

Conférence du « politburo » du Monopole de l'Éducation du Québec (rencontre avec le personnel du Bureau d'approbation du matériel didactique, BAMD)

ECR — Dix ans plus tard, le ministère considère corriger les manuels qu'il a pourtant approuvés

vendredi 1 novembre 2024

Liban, « Pourquoi les enfants musulmans verraient les enfants chrétiens apprendre et pas eux ? »

Tandis que les écoles publiques accueillent massivement des déplacés et ont dû reporter la rentrée scolaire, les établissements privés - majoritairement chrétiens - ont pu accueillir leurs élèves.


Beyrouth

Dans l’école Saint Vincent de Paul située dans le quartier Clémenceau, à Beyrouth (photo de la cour ci-dessus), un groupe de femmes vêtues de noir est assis sur un banc, le regard dans le vide. De rares bouffées d’air frais agitent le linge qui, sur les fenêtres de l’établissement, sèche au soleil. Il y a là des couvertures, des t-shirts encore tachés et des sous-vêtements. Une dizaine d’enfants jouent dans la cour de récréation tandis que la sonnerie retentit pour rien. Ces enfants n’ont pas fait leur rentrée scolaire début octobre. Près de 880 déplacés ont trouvé refuge dans les salles de classe après que leurs quartiers ont été lourdement bombardés par Israël. À la place des tables, les matelas jonchant le sol accueillent des corps fatigués par l’exil. Au deuxième étage du bâtiment principal, une femme aide son fils à se laver à l’aide du lavabo des toilettes.

« Je suis arrivée de Dahié le 27 septembre et j’ai trouvé l’école ouverte, donc je me suis installé , raconte Mohammed, assis sur un banc de la cour de récréation, ses deux mains massives posées sur ses genoux. On est très bien accueillis ici, ils font tout pour que l’on soit bien». Chaque jour, une dizaine de membres du personnel de l’établissement continue de travailler et épaule les réfugiés. Pour autant, bien qu’ils ne nient pas l’urgence de la situation, ces salariés tiennent les déplacés pour responsables du report de la rentrée des classes.

En raison de la guerre, cet établissement public ne peut pas accueillir ses propres élèves. Quelque 700 écoles publiques libanaises se sont transformées en centres d’hébergement d’urgence pour accueillir une partie des 1,2 million de Libanais qui ont dû fuir leurs lieux d’habitation depuis le 23 septembre, selon les dernières estimations de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Par conséquent, la rentrée scolaire a été reportée au début du mois de novembre. Pour les écoles privées, la situation est différente: le 14 octobre, le ministre de l'Éducation Abbas Halabi a autorisé celles situées en zones sûres à ouvrir leurs portes. Peu d’entre elles accueillent des déplacés. Cette rentrée des classes différenciée cristallise les tensions entre les communautés réfugiées, principalement chiites, et les communautés chrétiennes.

Une rentrée scolaire politique

«Il n’y a quasiment pas d’enfants chiites dans ces écoles privées. Qui a les moyens de payer 2000 dollars par an de frais scolaires ?», s’indigne Hassan Mourad, député sunnite et Président de la commission parlementaire pour l’éducation. Le 26 septembre, cet élu de la Bekaa a dénoncé sur Facebook « les logiques communautaires» de certains acteurs au sujet de l’ouverture des écoles privées. Dans son viseur: le réseau des écoles chrétiennes. « Je n’aime pas parler en ces termes, mais c’est la réalité aujourd’hui. Je ne veux pas qu’il y ait deux Liban. Pourquoi les enfants musulmans verraient les enfants chrétiens apprendre et pas eux ?» S’indigne-t-il. Il déplore les pressions que le ministre de l’Éducation aurait subies de la part du directeur du comité des écoles privées, dirigé par le père Youssef Nasr.

L’intéressé nie ces accusations. Surtout, il refuse de parler de divisions : « Si quelqu’un n’est pas capable d’aller à l’école, il ne peut pas obliger les autres à ne pas y aller non plus », estime celui qui est également secrétaire général des écoles catholiques du Liban. Il appelle à ce que les déplacés soient accueillis dans d’autres lieux que les écoles, même si aucune solution n’a pour l’instant été trouvée par l’État.

Les membres des organisations du secteur éducatif se déchirent au sujet de la marche à suivre dans ce contexte de guerre entre le Hezbollah et Israël . Pour les uns, cette guerre doit mobiliser l’ensemble de la population libanaise. Pour les autres, elle doit épargner ceux qui peuvent l’être, les enfants en particulier. « En réalité, ceux qui réclament la fermeture des écoles privées pendant encore un mois car ce n’est pas leur priorité. Leur priorité, c’est de soutenir la résistance», avance Youssef Nasr.

Dans le secrétariat de l’établissement Saint Vincent de Paul, Élias (dont le prénom a été modifié), un membre du personnel, soupire: « Certains ont choisi cette situation (de guerre, ndlr) , d’autres non et nous ne voulons pas perdre un an à cause de cela». « Nous avons dû débuter les cours en ligne en raison de l’occupation de l’école» , poursuit-il en passant sa main dans ses cheveux grisonnants.

Un système éducatif exsangue

Il estime que 20 à 30 élèves décrochent chaque jour, car le manque d’électricité, de réseau internet et d’ordinateurs au Liban ne leur permet pas d’étudier dans des conditions favorables à l’apprentissage. « Nous avons demandé à tous les acteurs de ce pays, l’État, l’Église, des associations, de trouver une autre solution pour ces réfugiés, mais ça n’a rien changé». Dans le bureau plongé dans une demi-obscurité, seuls les cris des enfants troublent le silence qui a envahi la pièce.

En 2019, le secteur privé assurait plus de 70% de la scolarisation des élèves libanais, un chiffre qui aurait augmenté depuis le début de la crise économique, selon le secrétariat général de l’enseignement catholique. Par ailleurs, un tiers des élèves inscrits dans les écoles chrétiennes sont issus d’autres communautés, selon la même source.

«L’éducation est un secteur vital pour la survie du Liban », fulmine Vincent Gelot, responsable des projets de l’Œuvre d’Orient au Liban et en Syrie. L’association apporte un soutien financier aux écoles privées libanaises. La réouverture de ces établissements est pour l’humanitaire essentielle, afin d’assurer un niveau minimum d’éducation malgré la guerre. «On sort de cinq années calamiteuses avec la révolution de 2019, la crise économique et la pandémie qui a été gérée de façon catastrophique», rappelle-t-il. Selon le ministère de l’éducation, 300.000 enfants libanais, sur 1.2 million, n’étaient plus scolarisés avant le 23 septembre.
 
À Jabboulé, dans le nord de la plaine de la Bekaa, Mère Jocelyne Joumaa, directrice de l’orphelinat Notre Dame du Bon Service témoigne d’une situation humanitaire très difficile : « Avec les bombardements d’hier soir, la panique domine dans la région. Les femmes et leurs enfants viennent se réfugier dans notre couvent. C’est terrible. Notre mission est de témoigner du visage du Christ. »

Depuis le 7 octobre, des dizaines d’écoles privées ont ouvert leurs portes à travers le pays. Le sort des écoles publiques, censées ouvrir dans deux semaines, reste suspendu à la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. Et si celle-ci ne s’arrête pas ? « Le sud du pays vivra comme j’ai vécu en 1982. Nous étions bombardés, et nous n’avons pas pu étudier », augure le député Hassan Mourad.
 
 « L'école en ce moment, ce n'est pas notre priorité ? »

Fatima, huit ans, erre dans cet abri en se languissant de son école, laissée derrière elle, comme sa maison. « L'école et les cahiers de coloriage me manquent », assure-t-elle à l'AFP.

Les hostilités transfrontalières ont débuté il y a un an, après l'ouverture d'un front contre Israël par le Hezbollah, dans la foulée de l'attaque sur le sol israélien de son allié palestinien du Hamas, qui a déclenché la guerre à Gaza. Mais si elles ont été meurtrières, elles n'ont longtemps eu qu'un impact limité sur le fonctionnement des écoles du sud du Liban. Depuis qu'elles ont laissé la place à une guerre ouverte, étendue aux abords de Beyrouth, qui a fait plus de 1 100 morts en deux semaines, selon les autorités, tout a changé.

« Danger sécuritaire », « entraves au mouvement » des élèves et des professeurs... Le ministre de l'Éducation, Abbas al-Halabi, énumère toutes les raisons pour lesquelles son ministère ne « prendra pas le risque » d'organiser la rentrée avant un mois.

« Ça fait deux semaines qu'on dort dans la rue, donc l'école, ce n'est pas notre priorité en ce moment », affirme Salma Salmane, 30 ans, réfugiée dans le centre de Beyrouth avec ses jumelles de sept ans. Jennifer Moorehead, de l'ONG Save the Children, anticipe déjà une année blanche. Avec au moins un mois de scolarisation en moins en 2024-2025, les enfants vont encaisser « un lourd retard sur le programme ».

Sources : AFP, Le Figaro, Œuvre d’Orient, Le Télégramme

samedi 16 mars 2024

Des exemples de prosélytisme musulman dans les écoles publiques montréalaises

Les tenants de la Loi sur la laïcité de l’État pourront maintenant répliquer à leurs adversaires les accusant de combattre un ennemi imaginaire : deux mères montréalaises affirment que des éducatrices voilées ont fait pression sur leurs filles pour qu’elles adoptent elles aussi des pratiques musulmanes. Une preuve, selon elle, que le hidjab n’est pas toujours neutre et conduit parfois au prosélytisme.

Deux mères montréalaises affirment que leurs filles ont subi des pressions pour adopter des pratiques musulmanes.

Dans le cadre de la contestation judiciaire de la loi 21, le groupe féministe Pour le droit des femmes du Québec (PDF Québec) a été autorisé à intervenir et à présenter des témoins. PDF a donc présenté le cas d’Ines Hadj Kacem et de Ferroudja Si Hadj Mohand, deux femmes ayant émigré au Canada qui disent vouloir élever leurs filles dans la plus totale égalité des sexes. Or, elles estiment que l’école publique montréalaise a échoué à cet égard.

    J’ai quitté la Tunisie pour que ma fille puisse grandir dans un milieu respectueux de ses choix et décisions
    — Hadj Kacem
 Dans une déclaration faite sous serment, Mme Hadj Kacem relate que sa fille fréquentant le service de garde de son école primaire d’Hochelaga-Maisonneuve a subi la pression d’éducatrices voilées pour qu’elle remercie Allah à la fin des repas et qu’elle cesse d’avoir recours au traiteur de l’école parce que la nourriture servie n’est pas halal ou contient du porc. Mme Hadj Kacem dit avoir retiré sa fille du service de garde après avoir déposé plusieurs plaintes à la direction.

Libre de ses choix

« J’ai quitté la Tunisie pour que ma fille puisse grandir dans un milieu respectueux de ses choix et décisions », est-il écrit dans la déclaration sous serment. « Or, c’est en fréquentant l’école publique de mon quartier que ma fille subit des pressions pour se comporter comme une “bonne musulmane”. […] J’ai la forte impression que le port d’un signe religieux par des personnes en position d’autorité influence les comportements de ma fille et la fait questionner ses choix et ceux de sa mère. »

Mme Hadj Kacem relate que sa fille subit aussi la pression d’autres écoliers parce qu’elle ne porte pas le voile. Tout cela, note la mère montréalaise, « porte préjudice à ce que nous venions chercher au Québec, soit l’égalité de faits entre les femmes et les hommes ».

Pour sa part, Ferroudja Si Hadj Mohand raconte qu’une éducatrice portant le hidjab aurait interpellé une amie de sa fille de 9 ans parce qu’elle enlevait et remettait son voile islamique dans la cour de l’école de Montréal-Nord qu’elles fréquentent. L’éducatrice lui aurait dit qu’une fois mis, le voile ne devait plus être enlevé. Puis, se tournant vers la fille de Mme Hadj Mohand, elle lui aurait demandé quand elle commencerait à le porter. La jeune fille s’est sentie « gênée » et obligée de répondre « Peut-être au secondaire ».

Un interdit légitime

« Nous avons dû avoir une longue conversation [avec notre fille] pour lui expliquer qu’elle n’était pas obligée de mentir sur sa croyance pour plaire à son éducatrice, témoigne Mme Mohand dans sa déclaration sous serment. Il est très difficile pour mes filles de résister aux pressions de leurs pairs à porter le voile, car elles ne veulent pas déplaire, et il s’agit parfois d’un signe d’appartenance au groupe. »

Les deux femmes ont refusé de parler au Devoir afin que le débat se tienne au tribunal, comme il se doit. L’avocate de PDF Québec, l’ex-présidente du Conseil du statut de la femme Christiane Pelchat, explique que ces deux témoignages sont importants. « Ça démontre que l’interdiction de signes religieux chez certains fonctionnaires est tout à fait légitime et prend en compte le droit des femmes à l’égalité, mais aussi le droit des enfants et des petites filles à l’égalité, au respect de leur liberté religieuse et le droit de ne pas être l’objet de prosélytisme. »
 
Le Mouvement laïque québécois, qui appuie lui aussi la loi 21 et la défend dans le cadre de la même contestation judiciaire, présentera pour sa part le témoignage de Jafaar Bouchilaoun. Ce père d’origine algérienne déplore que l’enseignante de son fils porte un signe religieux, lui qui a connu « l’intégrisme religieux » dans son pays d’origine, raconte son avocat Guillaume Rousseau.

La cause devrait être plaidée sur le fond cet automne. C’est le juge Marc-André Blanchard qui présidera la cause. C’est ce même juge qui, en juin 2018, avait tranché que la loi 62 sur la prestation de services publics à visage découvert du gouvernement libéral de Philippe Couillard pourrait porter un « préjudice irréparable » aux femmes musulmanes.

L’an dernier, le sociologue Gérard Bouchard, qui avait coprésidé la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, avait vilipendé la loi 21 du gouvernement de François Legault. Il avait mis ce dernier au défi de prouver que le port d’un symbole religieux par une enseignante avait un effet négatif sur les élèves.

« Ce qu’on entend souvent durant ce débat, c’est que le seul fait de porter un signe religieux — le hidjab, par exemple — entraîne une forme d’endoctrinement chez les élèves. On entend aussi que ça traumatise certains élèves, ou alors que c’est contraire à l’exercice pédagogique, ou bien que ça compromet le climat de travail dans la classe, etc. », avait lancé M. Bouchard. « Si jamais un seul de ces éléments était prouvé, personnellement, je vous le dis tout de suite, je serais tenté d’appuyer votre projet de loi. »

Source : Le Devoir

mercredi 1 novembre 2023

Québec : la guerre contre l'école privée est une guerre injuste

Ci-dessous un texte de Mathieu Bock-Côté qui rappelle quelques principes de base. Pour ce carnet, il est regrettable que le Parti québécois ait encore cédé à sa volonté étatiste populiste de gauche en cherchant à « conventionner » (nationaliser dans les faits) les écoles dites privées. Notons que les écoles privées, au Québec, le sont en fait très peu : elles doivent notamment enseigner le programme du public, y compris dans leur pédagogie, c’est ce qui a opposé le collège Loyola au Monopole de l’Éducation. La sélection qu'on leur reproche peut-être une excellente chose: s'imagine-t-on une école de musique qui accepte le tout venant ? Enfin, il existera toujours un écrémage ne fût-ce que géographique, les écoles des quartiers cossus regrouperont des enfants de parents nantis. Le public ferait mieux de relever son niveau, ses exigences et sa discipline de manière interne sans vouloir aspirer le privé qui parvient à mieux s’en sortir.

On a reparlé de l’école privée ces derniers jours, dans le cadre du Conseil national du Parti Québécois.  

Et chaque fois, on en parle de la même manière, comme s’il s’agissait d’une institution problème, fondamentalement illégitime, qu’il faudrait mater et faire rentrer dans le rang.

C’est une erreur, et une grave erreur, et cela, encore plus quand l’école publique s’effondre à grande vitesse, et ne parvient plus à transmettre les savoirs élémentaires, et ne sait pas non plus transmettre la culture.

L’école privée se présente alors à la manière d’une bouée de sauvetage.

Comportement

On reproche à l’école privée de sélectionner selon le comportement des élèves et selon leur profil scolaire — autrement dit, selon leurs notes. 

C’est pourtant sa plus grande vertu.

D’abord pour le comportement. Brisons ce tabou : l’école paie cher le prix de l’inclusion à tout prix des élèves à problèmes dans les classes. 

Les élèves turbulents condamnent les professeurs à faire de la discipline à temps plein — une discipline qu’ils n’ont même pas le droit de faire, car s’ils faisaient preuve de la moindre manifestation d’autorité, on les accuserait de brutaliser les élèves.

Dans un monde normal, on mettrait les élèves à problèmes dans une classe à part et on cesserait de les transformer en fardeau pour tous ceux qui veulent enseigner et apprendre calmement.

De même, il est normal que l’école privée sélectionne selon les notes. Elle cherche ainsi à créer un environnement d’excellence.

Bouée de sauvetage

Je précise qu’elle n’est pas parfaite.

Mais elle offre, redisons-le, une bouée de sauvetage alors que le système scolaire public coule devant nous. Il serait immoral de lui compliquer la vie.

J’ajouterais même qu’elle devrait servir d’exemple au public, où tant de professeurs se démènent admirablement, malgré un système éducatif qui les empêche de faire leur métier.

Nous en sommes loin. 

Voir aussi

Effet d’écrémage lié à la liberté scolaire : faible ou déjà présent

Réaction à « Près de 75 % des Québécois contre le financement public des écoles privées »

QS et le PQ s’uniraient contre la « ségrégation scolaire »

« Ségrégation scolaire » : harcèlement scolaire des bons élèves 

Nombre d’élèves en difficulté a près de doubler en 10 ans, coût : 2,3 milliards par an

L’école privée ferait épargner 4452 $ par élève au Trésor public québécois

Éducation : les variables non significatives (notamment les dépenses par élève) et la variable pertinente (la qualité)

 « Les écoles privées, c’est pour les riches »

vendredi 8 octobre 2021

New York supprime les classes réservées aux élèves doués dans les écoles publiques car Blancs et Asiatiques y sont surreprésentés

Le maire démocrate de New York, Bill de Blasio, va réformer les très sélectives, mais aussi ségréguées racialement, classes d’enseignement pour les élèves doués et talentueux de sa ville. Il s’agit d’un changement radical pour le plus grand système scolaire public du pays, qui pourrait constituer l’acte le plus important du maire dans les derniers mois de son mandat.

Le maire Bill de Blasio a résisté à la réforme du programme pour élèves doués et talentueux de la ville de New York pendant près de huit ans. Son échevine de l’éducation, Meisha Porter, à sa droite, l’a persuadé de remanier ce système.

Le programme pour les élèves doués et talentueux du primaire que New York applique depuis plusieurs décennies n’existera plus pour les nouveaux élèves de la maternelle à la rentrée prochaine, et sera d’ici quelques années complètement éliminé, ont déclaré des responsables de la ville au New York Times. 

Les élèves actuellement inscrits dans les classes pour élèves doués deviendront la dernière cohorte du système actuel, qui sera remplacé par un programme proposant un apprentissage accéléré à tous les élèves des dernières années de l’école primaire. 

L’élimination progressive du programme existant supprimera une composante majeure de ce que beaucoup considèrent comme le système éducatif à deux vitesses de la ville, dans lequel un groupe relativement restreint d’élèves, essentiellement blancs et asiatiques, a accès aux écoles les plus performantes, tandis que de nombreux enfants noirs et latinos restent dans des écoles en difficulté. 

Environ 75 pour cent des quelque 16 000 élèves des classes pour élèves doués des écoles primaires de New York sont blancs ou d’origine asiatique. Ces groupes représentent environ 25 pour cent de l’ensemble du système scolaire, qui dessert environ 1 million d’élèves. Pendant des années, ces élèves ont suivi des programmes de maternelle pour enfants doués à la suite d’un test standardisé. 

Le changement présente un défi fâcheux pour M. Eric Adams, lui-même noir, le candidat démocrate à la mairie, qui devrait mettre en œuvre un tout nouveau système éducatif surdoué au cours de sa première année de mandat.

« Eric évaluera le plan et se réserve le droit de mettre en œuvre des politiques basées sur les besoins des élèves et des parents, s’il devait être élu maire », a déclaré Evan Thies, porte-parole de la campagne de M. Adams. « Il est clair que la direction de l’Éducation doit améliorer les résultats des enfants des zones à faible revenu. »

M. Adams a endossé une approche très différente dans le dossier des élèves doués ou talentueux : conserver ces classes, mais en augmenter le nombre dans les quartiers populaires. Bien que cette idée ait été remise en question par certains chercheurs, qui ont déclaré que cela ne changerait pas grand-chose pour l’intégration, elle est populaire auprès de certains parents, y compris les familles noires et latinos qui souhaitent avoir plus choix pour les élèves doués.

Source : New York Times


dimanche 10 septembre 2017

PQ — Couper les vivres aux écoles privées, réduire l'accès aux cégeps anglophones

Le Parti québécois fait du ménage dans son programme politique. Il en revoit des pans importants. S’il prend le pouvoir, il coupera graduellement les vivres aux écoles privées.

Écoles privées

Il diminuerait « de façon significative et graduelle le financement public des écoles privées ». Il investirait « les sommes récupérées dans le système public d’éducation ». C’est ce qu’ont décidé une majorité des 1500 délégués participant au 17e congrès du Parti québécois, à Montréal. La proposition a été portée par l’ex-députée Monique Richard, qui a aussi été présidente de la Centrale des syndicats du Québec de 1999 à 2003.

Ce carnet s’oppose à cette mesure qui est contradictoire avec un plus grand choix pédagogique. Pour ce carnet, il faut faire l’inverse : ouvrir l’enseignement à la concurrence et fournir les moyens à tous les parents (pas uniquement les plus nantis) de placer leurs enfants dans la meilleure école pour leurs enfants. Nous ne sommes pas sûrs que cette mesure d’inspiration étatiste rendra le PQ plus populaire, mais peut-être s’agit-il encore une fois de faire plaisir à une clientèle tentée par le parti d’extrême gauche Québec solidaire (QS) plutôt que celle, plus nombreuse, tentée par la Coalition Avenir-Québec (CAQ) ?

Les cégeps

Au troisième et dernier jour du congrès, le Parti québécois a officiellement retiré ce matin de son programme le projet d’appliquer la loi 101 au réseau collégial. Un « compromis » a été adopté en lieu et place, un compromis qui n’interdit pas formellement l’accès des francophones et des allophones aux cégeps anglophones, mais qui le restreint.

Plutôt que de fermer la porte des cinq cégeps de langue anglaise aux francophones et aux allophones, les délégués péquistes ont « accepté » d’offrir aux cégépiens francophones qui démontrent déjà une bonne maîtrise du français la possibilité « de suivre au cégep un parcours en anglais enrichi qui pourra comporter une session dans un cégep anglophone ». Parallèlement, un gouvernement du PQ inciterait « fortement les étudiants des cégeps anglophones à suivre un parcours de français enrichi comportant une session entière dans un cégep francophone ».

Par contre, les mêmes militants ont exigé qu’un éventuel gouvernement péquiste s’assure « que le financement des cégeps anglophones réponde en priorité aux besoins de la communauté historique anglophone et, par conséquent, qu’il soit graduellement aligné sur le poids démographique proportionnel de cette communauté ».

Les délégués ont aussi décidé d’« instaurer pour les personnes qui n’ont pas droit à l’école anglaise et qui n’ont pas reçu leur instruction primaire et secondaire en français, par exemple parce qu’elles sont au Québec depuis peu, l’obligation de fréquenter un cégep francophone » et d’« étendre à l’éducation des adultes et aux écoles de formation professionnelle les dispositions de loi 101 ».

De bonnes raisons à franciser les cégeps (la fin du secondaire en France)

Tout ceci pourrait s’avérer compliqué à mettre en œuvre, mais nous ne sommes pas opposés à la francisation croissante des cégeps et même des universités au Québec, pour autant que la diversité pédagogique, philosophique et de programme des établissements d’enseignement croisse. Cette diversité peut comprendre bien sûr un renforcement de l’enseignement des langues autres que le français. (Il n’est d’ailleurs pas évident que l’enseignement de l’anglais au Québec soit si déficient chez les jeunes francophones déjà fortement bilingues.) On peut avoir un réseau de cégeps (ce ne sont que les deux dernières années du lycée en France, du Gymnasium en Allemagne, la fin du secondaire donc en Europe) entièrement en français, soumis à la loi 101 et pourtant plus divers au niveau des programmes, du recrutement, des méthodes. Langue et diversité scolaire sont deux notions orthogonales  : il y a une grande diversité scolaire aux États-Unis, uniquement en anglais.


Rappelons que dès que le libre choix linguistique devient possible, c’est par milliers que les francophones filent vers les cégeps anglophones, et ce nombre n’a jamais cessé de croître.

Le nombre d’anglophones qui choisissent un cégep francophone est, lui, ridiculement faible. Cela trahit un manque d’utilité perçue du français par rapport à l’anglais. Aucun parti politique ne semble vouloir renforcer l’utilité du français au Québec, notamment, en francisant davantage les relations des Québécois avec l’État québécois dont la seule langue officielle devrait être l’anglais.

Il y a de bons arguments pour étendre la loi 101 au cégep, même si la mesure est peu prisée dans les médias. Il est établi depuis longtemps que la langue des études supérieures — collégiales et universitaires — influence fortement la principale langue parlée ensuite au travail. L’objection de la limitation de la liberté individuelle oublie que l’enseignement collégial est financé à 100 % par le gouvernement du Québec. Cette limitation de la liberté des adultes (des parents) est acceptée pour l’école primaire et secondaire. Il n’est pas vrai non plus que l’avenir du français est seulement la responsabilité individuelle de chaque francophone, bien que celle-ci soit réelle. Si la responsabilité n’était qu’individuelle, pourquoi avoir jadis adopté la loi 101 ?

Joseph Facal s’interroge : « N’y a-t-il pas déjà assez d’anglais dans l’écosystème des jeunes Québécois francophones d’aujourd’hui ? En passant, ne serait-il pas aussi temps de se pencher sur ces jeunes anglophones ou allophones nés ici, parfaitement incapables de tenir une conversation de base en français, langue qu’ils méprisent souvent ouvertement ? Dans le cas des jeunes issus de l’immigration, je soupçonne que la culture d’origine y est pour beaucoup dans leur anglicisation future ou non. S’ils sont, disons, d’origine latino-américaine, leur francisation est assurée. Si leurs parents viennent de l’Inde ou du Pakistan, leur anglicisation est pratiquement préprogrammée pour des raisons historiques. Le Québec francophone s’aiderait s’il ciblait mieux son immigration. »

Mythe du manque de bilinguisme des francophones québécois

Depuis quelques années on assiste à une véritable obsession d’étudier en anglais au cégep et à l’université découle de deux choses : le mythe, tenace, des francophones prétendument unilingues et que, hors l’anglais, point de salut, même pour des emplois sans contact avec une clientèle hors Québec. Nous avons ainsi connu à Montréal des manutentionnaires sans aucun contact avec des clients étrangers à qui on demandait d’être bilingues pour pouvoir parler aux anglophones unilingues de l’entreprise.

L’enseignement de l’anglais dans les écoles françaises serait déficient, pour apprendre l’anglais, les francophones n’auraient donc d’autres choix que d’étudier en anglais dans un cégep ou une université anglophone. Mais est-ce vrai ?

Aujourd’hui, c’est au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick que 86 % de la population bilingue du pays réside. Le taux élevé de bilinguisme chez les francophones minoritaires (et majoritaires au Québec) y est évidemment pour beaucoup. Tout comme celui des Anglo-Québécois — leur taux de bilinguisme était de 67,8 % en 2011 —, ce qui veut dire quand même dire que même fortement minoritaires au Québec et même 35 ans après l’adoption de la Loi 101, près d’un Anglo-Québécois sur trois ne peut toujours pas soutenir une conversation en français. Ceci s’explique en partie par le bilinguisme de facto du Québec : tous les services essentiels gouvernementaux sont disponibles en anglais (écoles, tribunaux, police et l’administration, le fameux « for English press 9 ») alors que le français serait la seule langue officielle du Québec.

Pour comparaison, rappelons que le taux de bilinguisme chez les francophones hors Québec est de 87 %, alors que

– pendant que le français recule de manière générale dans la grande région de Montréal et sur l’Île, le bilinguisme chez les jeunes Anglo-Québécois demeure élevé, mais a toutefois diminué de 3 points depuis 2001 ;

– la connaissance de l’anglais chez les francophones, quant à elle, continue de progresser. Leur taux global de bilinguisme, toutes régions et toutes tranches d’âge confondues, frôlant les 40 % ;

– chez les immigrants, ils sont même 51 % à dire connaître le français et l’anglais.


Comme le rappelle le mathématicien Charles Castonguay :

« (...) parmi les 20-29 ans au Québec en 2011, 78 % des anglophones se déclaraient bilingues, comparé à 57 % des francophones. Dans la région de Montréal, l’écart se rétrécit encore plus, à 80 et 70 % respectivement. Dans l’île, c’est 78 et 79 %.

Ces jeunes francophones montréalais seraient donc rendus un tantinet plus bilingues que les anglophones — dont on chante sur tous les toits le degré de bilinguisme ! Ils n’ont pourtant reçu ni l’anglais dès la première année ni l’anglais exclusif. L’enseignement normal de l’anglais paraît avoir fonctionné assez bien merci. »

Et ceci alors qu’il serait normal que les francophones dans un Québec vraiment francophone soient moins bilingues que les anglophones, largement minoritaires, vivant au Québec.

En entrevue, M Castonguay rappelle également ceci :

« En 2001, le taux de bilinguisme chez les jeunes adultes anglophones âgés de 20-29 ans au Québec était de 81 %. Autrement dit, dans ce groupe d’âge aussi, on constate un recul de 3 points de pourcentage dans le bilinguisme des jeunes adultes anglo-québécois entre 2001 et 2011. Bref, le recul du bilinguisme que l’on constate chez les jeunes anglophones dans le reste du Canada se retrouve aussi au Québec. À un moindre degré, bien évidemment, mais compte tenu du statut — du moins théorique — du français au Québec, ce recul n’en est pas moins remarquable ».

Bref, lorsqu’on vous entendrez dire qu’au Québec, on « prive » les francophones d’« apprendre » l’anglais vous saurez qu’il s’agit en grande partie d’un mythe. Et si on parlait enfin d’augmenter la qualité et l’utilité du français au Québec.



vendredi 9 décembre 2016

La CAQ veut que la DPJ puisse sévir contre les parents rétifs au Monopole de l'Éducation du Québec

Sébastien Schneeberger
La Coalition avenir Québec (CAQ) propose de donner plus de pouvoirs à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), pour qu’elle puisse débarquer dans les écoles dites clandestines ou illégales et contraindre les enfants qui y sont à fréquenter une école qui respecte le programme scolaire du Monopole de l’Éducation du Québec.

Les députés Jean-François Roberge (ex-instituteur et partisan du programme ECR) et Sébastien Schneeberger ont demandé à l’Assemblée nationale mercredi de profiter du projet de loi 99, qui modifiera la Loi sur la protection de la jeunesse, pour donner des armes supplémentaires à la DPJ. Celle-ci pourrait s’assurer que tous les petits Québécois fréquentent une école conforme aux critères du Ministère (ce que ne vérifie pas en ce moment le ministère de l’Éducation), et mieux enquêter sur ce qu’ils pensent être des cas de « négligence éducationnelle ».

Selon M. Roberge, il faut qu’au Québec, le droit à l’éducation soit traité « sur le même pied que le droit à un toit, le droit d’être vêtu, le droit d’être nourri, le droit d’avoir des soins de santé ».

Nous sommes d’accord avec M. Roberge quant au devoir d’éduquer ses enfants, le problème c’est qui décide du type de l’éducation de ses propres enfants ? Les parents ont-ils encore leur mot à dire ou le gouvernement sera-t-il juge et partie, et même seul juge et partie ? Les parents ont-ils encore le droit à ne pas suivre le programme étatique unique ?

Pour ces deux députés, deux problèmes persistent au Québec depuis plusieurs années :

— Un manque d’encadrement pédagogique pour les jeunes qui font l’école à la maison, comme le soulignait la Protectrice du citoyen dans son rapport de 2015 [M. Roberge ne semble n’en avoir retenu que ce que la presse avait souligné : il faut plus surveiller ces parents originaux, ce rapport était nettement plus riche, on peut par exemple aider les parents avec des ressources supplémentaires sans vouloir à tout prix qu’ils se conforment à une méthodologie ou à une idéologie particulière] ;

— Le statut des écoles clandestines et illégales, où les élèves ne suivent pas le cursus approuvé par le gouvernement.

Selon eux, il est temps de remplir le trou béant qui figure dans la Loi sur la protection de la jeunesse de manière à ce que tout jeune au Québec reçoive une éducation de qualité.

À nouveau, nous sommes d’accord, mais ces deux députés prétendent-ils que les élèves des écoles publiques québécoises reçoivent une éducation de qualité ? Selon quels critères ? Pourquoi tant d’élèves vont-ils au privé ? Pourquoi tant d’élèves finissent-ils leur secondaire avec un si faible bagage culturel ? Qu’en est-il des parents de décrocheurs ? La DPJ interviendra-t-elle aussi ? Ou ces députés ont-ils choisi une cible facile avec les écoles « clandestines » parce qu’elles sont surtout religieuses ?

M. Roberge a affirmé : « En juin dernier, nombre de Québécois [Note du carnet : M. Roberge devrait parler en son nom] espéraient que le problème se réglerait quand la DPJ est débarquée dans une école clandestine [juive] à Montréal. Malheureusement, ils ont été déçus, car rien ne s’est passé. »

En réalité, rien ne prouve que cette école (en fait deux) soit illégale... En effet, les yéchivas — comme les séminaires catholiques — ne sont pas soumises à la loi de l’enseignement... (Lire la décision du juge Dugré.) Le reste fait partie du sensationnalisme facile des médias dès qu’on parle d’écoles dites illégales ou clandestines, ouvertes pourtant depuis plus de 50 ans dans certains cas ! La DPJ est intervenue avec fracas et un intérêt médiatique prévisible dans deux écoles juives de Montréal pour enquêter sur des signalements de négligence. Signalements de la part de qui ? On ne le sait. Quelques semaines plus tard, les dossiers ont été fermés comme à l’accoutumée parce que les enfants n’avaient subi aucuns sévices physiques et se développaient normalement. Les acquis éducationnels des enfants n’ont pas été évalués, les parents ayant certifié que leurs enfants bénéficient de l’école à la maison et qu’ils sont suivis par la commission English Montréal... Ce que les médias avaient déjà rapporté auparavant.

Les juifs hassidiques ont des écoles talmudiques pour les garçons depuis plus de 50 ans à Montréal. Où est le problème ? Quelle est la raison de cette crispation soudaine de la part des politiciens québécois ? Notons que les juifs ne sont pas contre une bonne éducation (certaines de leurs écoles pour filles sont parmi les meilleures au Québec, Beth Rivkah notamment), mais ils sont pour une éducation particulière dont ils veulent conserver l’essence et l’originalité. Qui est M. Roberge pour décider de l’éducation des jeunes garçons juifs ?

Actuellement, la DPJ intervient seulement si un jeune est victime de négligence. Pour M. Roberge, « malheureusement, une scolarisation qui ne respecte pas le programme, qui ne mène pas à un diplôme, ce n’est pas considéré comme de la négligence. On a un problème. En 2016, la non-scolarisation devrait être considérée comme de la négligence. »

Des solutions simples et non liberticides : permettre facilement l’obtention de diplômes par équivalence de compétences, permettre d’autres programmes scolaires que celui du gouvernement ou encore réduire singulièrement les aspects obligatoires dans la scolarité au Québec (en abrogeant par exemple l’obligation de donner le cours ECR). C’est le manque de souplesse du Québec qui crée les écoles « illégales ». C’est ainsi que la Belle Province est l’unique juridiction en Amérique du Nord qui interdise les écoles mennonites conservatrices (principalement pour une question de qualification des enseignants qui doivent être membres de cette église), tous les autres États ou provinces ont réussi à trouver des aménagements qui ne mettent en rien en danger la qualité des écoles de leur ressort. Mais, au Québec, c’est la raideur administrative (aucune dispense !) soutenue par une presse et des députés qui font goulûment la chasse aux écoles « illégales » avec constance.

Que veut la CAQ en faisant intervenir la DPJ ? Que l’État québécois enlève les enfants des juifs hassidiques parce que ceux-ci ont une scolarité qui ne se conforme pas assez au programme pédagogique unique du Québec ?

Ce qui est neuf ce n’est évidemment pas l’éducation des enfants à la maison (des générations de fils de nobles et de bourgeois avaient des précepteurs) ou les écoles non soumises aux diktats de l’État, mais la mainmise croissante de l’État sur l’éducation des enfants. Mainmise qui ne garantit pas la qualité de l’enseignement. Notons que cet État est de plus en plus juge et partie­. Quels parents isolés pourront résister à des contrôles arbitraires, à des pressions de la part des commissions scolaires, de la DPJ armée de pouvoirs répressifs supplémentaires et qui bénéficie d’une certaine immunité ?

Rappelons une évidence : l’immense majorité des parents dans la ligne de mire de la CAQ ne cherchent pas à ce que leurs enfants ne sachent ni lire, ni écrire, ni compter. Ils ne sont pas négligents. Ils font ce choix parce qu’ils considèrent que l’éducation « dans les clous » tracés par le Monopole ou dans une école particulière n’est pas adaptée à leur enfant et cela pour des raisons diverses : parfois parce que l’enfant se sent mal à l’école, il s’en sent exclu ; parfois parce que les parents considèrent que l’éducation de l’école du coin n’est pas de qualité, n’offre pas un programme particulier ; que les enfants y feraient de mauvaises fréquentations (violence, drogues, élèves turbulents, etc.) ou encore que l’école ne respecte pas leurs convictions philosophiques ou religieuses.

Le problème du manque de diplomation est la conséquence même du monopole de l’éducation au Québec : seul l’État diplôme, un seul programme obligatoire est permis. Le monopole crée lui-même cette « négligence » que serait l’absence de diplôme québécois.

Mais, il faudrait d’abord à M. Roberge qu’il démontre que ne pas suivre le programme gouvernemental constitue une négligence : en quoi les garçons juifs orthodoxes ou les enfants mennonites qui n’ont pas de diplômes quand ils sortent de leurs écoles sont-ils victimes de négligence ? Sont-ils en général plus malheureux que les jeunes Québécois qui suivent le programme scolaire ? Seront-ils moins heureux par la suite ? Pour les enfants mennonites, par exemple, M. Roberge, sait-il quoi que ce soit ? A-t-il déjà rendu visite à ceux-ci ? Visiter les fermes de ces parents non munis d’un diplôme dûment estampillé par l’État ? Ces parents ne sont pas pauvres, il risque d’ailleurs d’être surpris... Quels sont les critères objectifs au-delà de préjugés corporatistes qui permettent à M. Roberge, instituteur au primaire jusqu’en 2014, de parler de négligence ?

Certains enfants instruits à la maison s’inscrivent dans des collèges ou universités hors Québec et en sortent diplômés. Ils sont parfois forcés à cet exil par le rigorisme et le manque d’ouverture des établissements québécois. Voir cette liste de 25 collèges ou universités anglophones qui acceptent des enfants instruits à la maison. Notons que le mouvement de l’instruction à domicile aux États-Unis connaît un succès croissant et que les jeunes instruits de la sorte s’en sortent bien, mieux en moyenne que les enfants de l’école publique américaine. Et il n’y a pas d’écart de résultats scolaires notables entre les États américains qui pratiquent le laissez-faire et ceux plus tatillons et autoritaires, pardon ceux qui « offrent [sic] un encadrement pédagogique pour les jeunes qui font l’école à la maison »... (Sur le mot « offrir » qui, en novlangue pédagogique, veut souvent dire plus clairement « imposer sans exception », lire notre lexique.)

Enfin, notons que ne pas suivre le programme du gouvernement québécois au primaire ou au secondaire ne signifie pas aujourd’hui qu’il soit impossible d’être diplômé, même au Québec et malgré les difficultés faites par les administrations scolaires, notamment les cégeps, aux enfants instruits à la maison. D’une part, il est possible de passer certains examens en tant qu’étudiant libre, c’est le cas du baccalauréat français, c’est l’équivalent du DEC québécois. On peut donc étudier à la maison comme on veut et passer l’examen quand on est prêt. Évidemment, à la fin on se conforme au programme choisi pour passer l’examen, mais ce n’est pas le cas pour toutes les années de la scolarisation à domicile. D’autre part, on peut ne pas suivre le programme du gouvernement, passer un examen très facile comme le TENS ou le GED reconnu au niveau international puis s’inscrire à une formation de type technique au Québec pour devenir électricien, mécanicien, etc. Nous connaissons de nombreux exemples de ce type. En quoi les parents de ces jeunes ont-ils été négligents ? Parce qu’ils n’ont pas suivi la voie que privilégie M. Roberge ?

À la lumière de ces éléments, le reste de l’intervention de M. Roberge à l’Assemblée nationale peut mieux se savourer : « On parle de milliers d’enfants qui n’auront jamais un diplôme, parce qu’ils sont victimes de la négligence du gouvernement libéral. À la CAQ, nous avons une solution audacieuse à proposer. Il faut changer la définition de négligence dans la Loi sur la protection de la jeunesse pour que tous les élèves québécois aient accès à une éducation qui respecte le programme et qui mène à l’obtention d’un diplôme ».

De son côté, Sébastien Schneeberger exhorte la ministre responsable de la DPJ à faire preuve de « courage » et à défendre cette idée auprès de ses collègues. Tout comme le ministre de l’Éducation, elle doit s’assurer qu’aucun enfant n’échappe au monopole gouvernemental scolaire québécois. « Nous avons à notre disposition des outils [répressifs], comme la DPJ, mais elle n’a pas toute la latitude pour intervenir. Le gouvernement n’est pas capable d’identifier ni de repérer les jeunes qui ne suivent pas une éducation appropriée [euh, disons plutôt approuvée par le gouvernement]. Résultat : on les laisse tomber. [Une preuve ?] Il faut mettre fin à cette triste réalité. Actuellement, avec le projet de loi 99, la Loi sur la protection de la jeunesse est ouverte. La ministre doit saisir cette occasion et accepter notre proposition », estime le député de Drummond–Bois-Francs.


En chambre, le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx s’est montré ouvert à donner plus de pouvoirs répressifs soit à la DPJ ou au ministère de l’Éducation pour « cibler et intervenir » auprès des enfants qui ne fréquentent pas une école reconnue par le ministère de l’Éducation et à « revoir l’encadrement » de l’école à la maison. « Il y a d’ailleurs un projet de loi qui est en rédaction à cet effet-là. »

La ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, a quant à elle affirmé qu’il « y aura des amendements » au projet de loi 99. Nous adresserons [sic : aborderons, répondrons à] cette question-là. »


Source : Journal des débats à l’Assemblée nationale

Voir aussi

La CAQ n’est pas la seule à faire dans la surenchère dans ce dossier, lire les propos ahurissants d’Agnès Maltais (PQ) : École clandestine « où 22 jeunes filles y recevraient l’enseignement de travaux ménagers »

Aux États-Unis par contre, l’administration Trump sera pour une liberté scolaire renforcée et plus autonome : États-Unis — Trump nomme Betsy Devos à l’éducation

Un État tatillon en éducation est-ce mieux ?


Radio-Canada écrit : « Québec donne plus d’argent pour l’école à la maison », mais ce n’est pas pour aider les parents dans leurs frais, mais pour les surveiller de plus près et payer des fonctionnaires.

Socialisation — Les écoles montréalaises plus violentes que le métro

L’école, havre de socialisation — 13 % des crimes des adolescents y sont commis

L’école infantilise-t-elle les adolescents ?

Canada — De plus en plus d’enfants instruits à la maison

Tribunal reconnaît deux intervenantes de la DPJ coupables, mais la DPJ échappe à toute condamnation, car une clause d’immunité la protège

Le rapport du protecteur du citoyen sur la scolarisation à la maison

Instruction à la maison : comment faire évaluer vos enfants


vendredi 28 octobre 2016

Plusieurs écoles privées religieuses très conservatrices parmi les meilleures au Québec

Le Journal de Québec a publié aujourd’hui la liste des 10 meilleurs établissements publics et privés du Québec, en plus des 5 meilleures institutions de chaque région. Le classement détaillé de quelque 459 écoles secondaires du Québec paraîtra demain, dans un cahier spécial.

Quatre établissements fréquentés uniquement par des filles se retrouvent parmi les 10 des meilleures écoles privées, alors qu’ils n’étaient que deux l’an dernier.

Le Palmarès est dominé par deux institutions qui obtiennent la note parfaite de 10 sur 10 : l’école Pasteur, un collège privé d’inspiration française, et l’école Jeunes musulmans canadiens (JMC). Il s’agit d’une première pour ces deux établissements situés à Montréal.

Dans le réseau public, ce sont les écoles d’éducation internationale et à vocation particulière qui arrivent encore une fois en tête. L’école secondaire située à Saint-Paul-de-Montminy, dans Chaudière-Appalaches, fait de son côté une entrée remarquée parmi les 10 meilleures écoles publiques cette année, un véritable exploit pour cette école située en milieu défavorisé, où aucun élève n’est sélectionné.

Dans la région de Montréal, la première place ex aequo revient à l’école Pasteur, fondée en 1956, située à Cartierville, face à l’hôpital du Sacré-Cœur, l’école accueille quelque 800 élèves au préscolaire, primaire et secondaire. Au préscolaire, l’enseignement y est bilingue. L’apprentissage d’une deuxième langue seconde (espagnol, arabe ou grec) est offert dès la première année du primaire, ainsi qu’au secondaire. L’école définit ses objectifs comme l’« excellence en matière de français, de mathématiques et de sciences ». L’école déclare qu’elle « privilégie une méthode d’enseignement qui allie le meilleur des méthodes traditionnelles et l’utilisation appropriée d’outils technologiques. » Pasteur vise à inculquer aux jeunes le sens de l’effort et la valeur du travail bien accompli, à inciter les jeunes au respect de l’environnement et au respect d’autrui. Elle dit véhiculer des valeurs laïques comme la liberté de pensée, la tolérance et l’esprit critique.

Quant à l’école Jeunes musulmans canadiens (JMC), également première au classement, il s’agit d’un établissement privé où de jeunes musulmans suivraient le même cursus que tous les autres enfants québécois, mais avec en plus un enseignement de l’arabe et de l’islam. Cette école enseigne en français, elle est surtout fréquentée par des filles. Fondée en 2000, JMC demeure la plus grande école musulmane au Québec. C’est une école conservatrice.

« On est fier [...] L’école a fait un vrai développement. On veut former un jeune musulman pour bâtir un Québec et un Canada fort », explique Mohamed Najhi, conseiller pédagogique de l’école Jeunes musulmans canadiens. Ce dernier identifie parmi les facteurs de réussite de son établissement la taille des classes — d’environ 15 étudiants — et la stabilité du corps professoral.


Élèves de JMC recevant leur certificat de distinction au concours Mathematica

L’école Beth Rivkah, un établissement juif conservateur (habad loubavitch) pour jeunes filles dans le quartier Côte-des-Neiges, pointe aussi en quatrième place des écoles privées. Cet établissement a été fondé en 1956, son régime est francophone. Elle accueillait 113 élèves en 2013. Selon le site internet de l’école, « L’école a été fondée pour fournir une éducation complète dans un environnement sûr, sécuritaire et chaleureux aux jeunes filles juives, quels que soient leur appartenance religieuse ou leurs milieux économiques. Aucune élève n’a jamais été refusée en raison de considérations financières. » Selon Charles Sharar, il y avait, en 2003, 287 foyers habad loubavitch à Montréal, pour un total de 1.038 jeunes (0-24 ans). Le taux de fécondité de cette communauté est estimé à 5,1 enfants/femme (il est de 1,6 au Québec et de 1,1 enfant/femme francophone sur l’île de Montréal).


Filles de Beth Rivkah apprenant l’écriture hébraïque


Palmarès des écoles
Cote sur 10
Cote Écoles privées
Écoles publiques
10 Pasteur, Montréal
10 Jeunes musulmans canadiens, Montréal
9,9
École d’éducation internationale, McMasterville
9,9
École d’éducation internationale, Westmount
9,8 Sainte-Anne de Lachine, Montréal
9,8 Beth Rivkah, Montréal
9,8 The Study, Westmount
9.7 Jean-Eudes, Montréal
9,7 Jean-de-Brébeuf, Montréal
9,7 Miss Edgar’s and Miss Cramp’s, Westmount
9,6 Saint-Nom-de-Marie, Montréal
9,5 Notre-Dame, Montréal
9,5 Beaubois, Montréal
9,5
Collège Saint-Louis, Montréal
9,5 Saint-Sacrement, Terrebonne


Comment sont classées les écoles ?

Le Palmarès des écoles secondaires du Québec, réalisé par l’Institut Fraser, classe les écoles secondaires publiques et privées en fonction d’une « cote globale », qui est basée en bonne partie sur les résultats des élèves aux examens ministériels de quatrième et cinquième secondaires de l’année 2014-2015. À cet indicateur s’ajoute, entre autres, l’écart entre les garçons et les filles et la proportion d’élèves qui accusent un retard dans leur parcours scolaire. Les données de l’Institut Fraser font aussi état du pourcentage d’élèves handicapés ou en difficulté d’apprentissage ou d’adaptation (EHDAA) de chaque école, ce qui peut expliquer en partie la performance d’un établissement.

mardi 20 septembre 2016

Angleterre : retour de la sélection dès l’entrée dans le secondaire, disparue depuis 50 ans

Theresa May quand elle était élève d'une grammar school

Le 9 septembre, la nouvelle Première ministre britannique, Theresa May, a annoncé son plan pour bâtir une « Grande-Bretagne réellement méritocratique » qui assure la mobilité sociale « des meilleurs élèves, indépendamment de leur origine. »

Les détails présentés au Parlement trois jours plus tard, comprennent quelques ajustements mineurs, telles que l’ouverture de plus d’écoles religieuses et une plus grande implication des universités et des écoles privées dans l’enseignement prodigué par l’État.

Mais la pièce maîtresse était un grand changement de politique qui enchante certains députés au sein de son Parti conservateur et en consterne d’autres : la fin de l’éducation « générale » commune (comprehensive education) à toutes les écoles publiques et le retour à la sélection à l’entrée de meilleures écoles publiques. Les académies et les « écoles libres », des écoles autonomes introduites ces dernières années et financées notamment par le Trésor public, ne peuvent sélectionner à l’entrée les élèves qui s’y inscrivent.

Le gouvernement désire donc mettre fin à l’interdiction de fonder de nouvelles écoles publiques sélectives (appelées grammar schools) qui sélectionnent les élèves à 11 ans sur la base de leurs résultats scolaires.

À leur apogée, au début des années 1960, les écoles publiques sélectives formaient environ un quart des élèves. Puis, au milieu des années 1960, le gouvernement travailliste a forcé leur conversion en écoles publiques non sélectives. Anthony Crosland, le ministre travailliste de l’Éducation de 1965 à 1967, aurait déclaré à sa femme biographe qu’il allait « détruire toutes les foutues écoles sélectives en Angleterre ». Certaines autorités locales résistèrent. Mais il ne reste plus que 163 grammar schools en Angleterre. Elles ne forment plus que 5 % des élèves anglais. L’Écosse et le Pays de Galles n’en ont plus aucune ; alors que l’Irlande du Nord en a encore de nombreuses.

Nombre de conservateurs se réjouissent de cette mesure. Les écoles publiques sélectives sont considérées comme un ascenseur social grâce auquel les enfants pauvres intelligents peuvent grimper dans la hiérarchie sociale. Les conservateurs doivent aider les désavantagés et soutenir une vision méritocratique de la mobilité sociale, affirme Dominic Raab, un député conservateur en faveur de plus de grammar schools. Les partisans de cette mesure se rappellent avec nostalgie l’époque où les anciens élèves des écoles publiques sélectives se trouvaient à la tête d’entreprises, de la fonction publique et de la politique. Les cinq Premiers ministres de 1964 à 1997 étaient tous issus de grammar schools. C’est également le cas de Mme May alors que ces prédécesseurs avaient été éduqués dans de prestigieuses écoles privées (David Cameron à Eaton et Tony Blair à Fettes College). Aujourd'hui, près de la moitié des ministres de Theresa May sont d’anciens élèves d’écoles publiques non sélectives ; Justine Greening, la nouvelle ministre de l’Éducation en fait partie.

Theresa May justifie cette décision par l'hypocrisie du système actuel : « Depuis trop longtemps nous avons toléré un système éducatif qui empêche l’existence d’établissements sélectifs sacrifiant le potentiel de nos enfants par dogmatisme et par idéologie. La vérité est que nous avons déjà un système de sélection et que celui-ci est basé sur le prix des logements, c’est une sélection par la richesse. »

Des études démontrent que les bons élèves améliorent leurs notes en allant dans les écoles publiques sélectives (grammar schools) plutôt que dans les écoles non sélectives (comprehensive schools). Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Bristol en 2006 a révélé qu’un élève fréquentant une école publique sélective voyait ses points augmenter de 4 niveaux au GCSE, les examens passés à 16 ans en Angleterre. Il s’agit d’un coup de pouce très important, mais il aurait un coût social. Ceux qui ne parviennent pas à entrer dans une grammar school ont des notes moins bonnes qu’en l’absence de réseau d’écoles publiques sélectives. Une explication probable, selon Rebecca Allen de Education Datalab, un groupe de recherche : les écoles sélectives attirent les meilleurs enseignants. Il n’y aurait donc pas d’amélioration globale des résultats dans la population : l’amélioration des meilleurs étant compensée par le retard pris par les moins bons. Pour certains, récompenser le mérite de cette manière pourrait se défendre s’il améliorait la mobilité sociale. Mais cette séparation en écoles sélectives et non sélectives y ferait obstacle. En effet, à 11 ans, les enfants pauvres accusent déjà près de dix mois de retard en termes de scolaire sur leurs pairs selon l’Education Policy Institute, un laboratoire d’idées, ce qui signifie qu’ils sont moins susceptibles de réussir les examens d’entrée des écoles publiques sélectives.

Les partisans de la sélection à l'entrée du secondaire public soutiennent que les écoles sélectives accueillent les meilleurs enseignants parce qu’elles se trouvent dans de belles banlieues vertes et parce qu’elles sont rares, ce qui augmente la concurrence pour le peu de places disponibles. Il faudrait donc que le gouvernement May en implante davantage et dans des zones défavorisées, de déclarer Don Porter de Voix conservatrice, un groupe de pression qui soutient les grammar schools. Cela pourrait améliorer les choses bien que les parents semblent déjà prêts à laisser leurs enfants se déplacer pour fréquenter de bonnes écoles. Un quart des élèves des écoles sélectives proviennent d’une autre autorité locale (district scolaire).

En Irlande du Nord, près de la moitié des enfants continuent de fréquenter les écoles publiques sélectives et on y trouve plus de diplômés avec de bons résultats que dans le reste du Royaume-Uni. En outre, une augmentation du nombre d’élèves en grammar schools en 1989 avait été suivie par une amélioration globale dans les résultats aux examens. Les partisans concluent que plus d’écoles publiques sélectives augmentent le niveau général, les adversaires affirment que si une telle proportion d’enfants bénéficie de l’effet de sélection et d’une plus grande rigueur scolaire, ces traits devraient être des caractéristiques de toutes les écoles.

Si le gouvernement va de l’avant avec cette réforme, il devra faire face à une forte opposition au Parlement. Mais les sondages suggèrent que les électeurs aiment l’idée.

Pour certains chroniqueurs comme ceux de The Economist, il se peut, toutefois, qu’une mesure moins voyante que le retour de la sélection puisse mieux augmenter les résultats dans l’ensemble des écoles. Il s'agit d'une mesure mise en place par le prédécesseur de Mme May, David Cameron. En effet, les écoles ne seront désormais plus classées en fonction de la part des élèves obtenant cinq notes C lors des examens du GCSE passés à 16 ans (ce qui les encourageait à se concentrer sur le milieu de l'échelle des compétences), mais sur le nombre d’élèves qui font aussi bien que prévu étant donné leurs résultats à l’entrée du secondaire. Cela devrait favoriser de meilleurs résultats dans toutes les écoles.

Source : The Economist, Times de Londres.

Voir aussi

Angleterre — Toutes les écoles publiques deviendront des « académies » d'ici 2020 (17 mars 2016)

Angleterre — La révolution des académies et des écoles libres


Les « écoles libres » en Grande-Bretagne : des écoles vraiment autonomes et subventionnées par l'État

« L’avenir de notre école passe par l’autonomie »