mercredi 5 février 2020

Émojis : le drapeau trans (mais pas de drapeau du Québec), un Père Noël asexué

Le drapeau transgenre, un père Noël non genré et le célèbre dodo disparu seront tous ajoutés aux nouveaux émojis qui sortiront en 2020. Ils seront alors disponibles sur les téléphones et pourront être échangés.

Le consortium Unicode a récemment annoncé qu’il a approuvé 117 nouveaux personnages et images (des émojis) et qu’ils seront ajoutés à la version 13.0 d’Unicode.

La liste des nouveaux émojis de la « version 13.0 » comprend également un moustachu avec un voile de mariée, ainsi qu’une femme avec un nœud papillon et trois émojis de personnes (homme, femme, androgyne) qui nourrissent un bébé au biberon.



L’année dernière, un couple homosexuel et des émojis non genrés ont été ajoutés à la bibliothèque des émojis pour « être plus inclusif », mais le lobby LGBTQ2SAI+ s’est alors plaint de l’absence du drapeau transgenre. Le consortium Unicode, basé en Californie, a donc claqué des talons et inclut ce drapeau très marginal.
Le drapeau transgenre...
Ne cherchez cependant pas le drapeau québécois dans les listes des émojis de votre téléphone portable qui prennent souvent en charge des centaines, voire des milliers, d’émojis. Unicode n’a d’abord codé que les drapeaux repris dans une norme internationale (l’ISO 3166­). Cette norme définit un code pour la quasi-totalité des pays du monde, y compris pour certains territoires (îles en général), même non habités de façon permanente. Tous les drapeaux correspondant à l’ISO 3166 sont d’habitude disponibles sur les téléphones cellulaires. Mais voilà, l’ISO 3166 ne comprend pas le drapeau du Québec ni ceux de nombres entités régionales. Devant la demande pressante de Britanniques sportifs, Unicode a étendu le nombre de séquences permises afin de pouvoir coder des sous-entités étatiques comme les nations du Royaume-Uni (l’Écosse, le Pays de Galles et l’Angleterre) présentes dans les compétitions sportives internationales, les États des États-Unis ou les provinces canadiennes.  Ensuite, Unicode s’en lave les mains : c’est aux fabricants de fournir des émojis pour ces sous-régions selon leur bon vouloir. Les seuls émojis d’entités régionales pris en charge par la plupart des téléphones intelligents sont ceux des nations du Royaume-Uni (ci-dessous).


Émojis pour l’Angleterre, l’Écosse et le Pays-de-Galles pris en charge par la majorité des plateformes


S'il n'y a pas de drapeau québécois (ou wallon pour nos lecteurs belges) c'est par manque de volonté de la part des fournisseurs ou de pression de la part des gouvernements et des clients. Visiblement, le lobby trans pèse plus lourd auprès des entreprises comme Google et Apple que le gouvernement ou les usagers québécois.

Il existe bien depuis quelque temps une pétition en ligne qui appelle les grandes plateformes à inclure un drapeau québécois dans leurs émojis et nous vous encourageons à la signer.

Entretemps, les Québécois peuvent peut-être se replier sur le drapeau de la Martinique (qui, elle, a un drapeau pour des raisons administratives propres à l'ISO 3166). À faible définition, votre correspondant pourra croire qu'il s'agit d'un drapeau fleurdelisé.




D’autres ajouts à la liste d'émojis la plus récente (13.0) comprennent le mammouth laineux, le dodo, des personnes qui s’étreignent et un geste de doigt pincé, communément appelé « geste de la main italien » ou « pomme de pin », où le bout des doigts et du pouce se rencontre verticalement pour indiquer le désaccord ou la confusion.

La liste complète des nouveaux émojis sera pris en charge sur la plupart des plateformes au cours du second semestre de cette année.

Des entreprises comme Apple, Google et Microsoft fournissent des versions stylisées de ces émojis.

Stylisations du symbole transgenre, chaque fournisseur (Google, Apple, Microsoft) peut proposer sa stylisation.

Aucune date de sortie n’a été confirmée pour les émojis sur différents systèmes d’exploitation, bien qu’ils soient traditionnellement déployés plus tard dans l’année lorsque de nouvelles versions des logiciels iOS d’Apple et Android de Google sont rendues publiques.

Anglicisation du Québec : nouveau campus anglophone à Montréal

Le cégep [fin du lycée en France] de la Gaspésie et des Îles a pris les grands moyens pour compenser la baisse de son effectif : le collège a ouvert un campus anglophone à Montréal, qui recrute uniquement des étudiants étrangers venus surtout de l’Inde et de la Chine.

Ce cégep anglophone connaît une croissance fulgurante, au point que certains le qualifient de véritable vache à lait : depuis sa fondation en 2015, le nombre d’inscriptions a bondi de 35 étudiants à 2200 étudiants. L’établissement situé dans un bâtiment anonyme du quartier Ahuntsic, au nord de Montréal, accueille deux fois plus d’étudiants que l’ensemble des quatre autres campus du cégep, situés en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine (qui comptent au total 1010 étudiants).

Comme bien des cégeps situés en région, celui de Gaspé a perdu environ 10 % de son effectif depuis une dizaine d’années, conséquence de l’implosion démographique des Québécois de naissance (1,5 enfant/femme soit une contraction de 25 % par génération). Pour maintenir de précieux programmes d’enseignement, le cégep mise sur le recrutement d’étudiants internationaux. Mais il n’est pas facile d’attirer de jeunes étrangers à Gaspé ou aux Îles-de-la-Madeleine, explique Sylvain Vachon. C’est beaucoup plus facile à Montréal. Et il est plus simple de recruter des étudiants maîtrisant l’anglais que le français.

Anglicisation de Montréal


Le Mouvement Québec français (MQF) s’insurge contre la création, sans aucun débat public, d’un autre cégep offrant un enseignement en anglais dans l’île de Montréal. « Ce campus anglophone d’un cégep régional, qui accélère l’anglicisation de la région métropolitaine, n’a pas lieu d’être. On demande au ministre de l’Éducation de faire ses devoirs et de stopper l’hémorragie », dit Maxime Laporte, président du MQF.

Certains cégeps en région sont tellement sous-financés, à cause de la baisse de la population, qu’ils doivent se livrer à une véritable course à la « clientèle » pour survivre, déplore-t-il. Plutôt que de forcer un cégep à enseigner en anglais à des étudiants venus d’Asie, il faut investir des fonds publics pour lui permettre de remplir sa mission régionale en français, fait valoir Maxime Laporte.

« En autorisant l’ouverture de ce campus, le MEES [ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur] a abandonné toute prétention à faire du français la langue d’intégration de ces étudiants internationaux, immigrants au Canada. Le MEES saccage la dynamique linguistique à Montréal et contribue à l’anglicisation des allophones », renchérit Frédéric Lacroix, militant pour la défense du français, dans un texte paru dans le dernier numéro de L’aut’journal.

Il y a fort à craindre que ces étudiants anglophones anglicisent bien Montréal non seulement pendant leurs études, mais qu’un nombre important d’entre eux cherche également à rester au Québec tout en n’apprenant pas le français, ou si peu.

Le campus anglophone montréalais se finance sans aucuns fonds publics, car les étudiants étrangers paient la totalité de leurs frais d’inscription — 7387 $ par semestre ou 14 774 $ par année. Cette somme inclut une assurance maladie privée, car ces jeunes venus d’ailleurs n’ont pas droit à la couverture de la Régie de l’assurance maladie du Québec.

La loi 101, obligeant la scolarisation des immigrants en français, malgré des velléités de la part du PQ par le passé, ne s’applique pas au collégial. Si le Québec, comme le reste de la planète, avait un secondaire jusqu’à 18 ans ou 19 ans, cette anomalie n’existerait pas.