lundi 16 novembre 2020

Sondage — Seuls 17 % des Canadiens interrogés d'accord avec l'importation de 1,2 millions d'immigrants en 3 ans

Ottawa a récemment annoncé qu’il vise à importer 1,2 million d’immigrants dans les trois prochaines années. Soit deux fois la population de la ville de Québec en trois ans…

Les Canadiens sont peu enthousiastes. Gageons que cela ne changera sans doute rien à la résolution de Justin Trudeau.

Seuls 17 % des Canadiens interrogés disent que le pays devrait accepter plus d’immigrants en 2021 que l’année dernière, selon un sondage du Nanos Research Group réalisé pour Bloomberg News. La plupart des Canadiens ne sont pas très enthousiasmés par les nouveaux objectifs « ambitieux » annoncés par Justin Trudeau.

« Nous sommes confrontés à un taux de chômage de 9 % à 10 % — plus d’un million de Canadiens sont sans emploi », a déclaré la députée conservatrice Raquel Dancho dans une interview, ajoutant que les logements abordables sont également rares. « Où ces gens vont-ils travailler ? Où ces gens vont-ils vivre ? »

La fermeture des frontières et les restrictions de voyage liées à la pandémie ont ralenti l’immigration cette année et le pays est en passe d’atteindre seulement 60 % de son objectif de 2020 d’accueillir 341 000 nouveaux immigrants.

Raquel Dancho, la principale porte-parole des conservateurs sur la question, a déclaré que son parti est pro-immigration, mais pense que le gouvernement libéral de nouveaux objectifs était « sourd » à la situation, car « il ne prenait pas en compte les inquiétudes quant à pouvoir recruter autant de nouveaux travailleurs ». L’enquête Nanos auprès de 1 000 Canadiens a été menée entre le 28 octobre et le 1er novembre par téléphone et en ligne.

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Chine — Plus besoin de faire des études aux États-Unis


Pendant longtemps, pour les jeunes en Chine il fallait étudier au moins un semestre aux États-Unis. Depuis la pandémie du coronavirus, cependant, de plus en plus de gens se désintéressent de l’étranger.

Wang Wenquan étudie le marketing à Chang-haï (Shanghai). Ses cheveux sont séparés d’une raie décontractée, son oreille gauche est ornée d’une petite boucle d’oreille et il porte des lunettes branchées argentées surdimensionnées. Il voulait depuis des années aller aux États-Unis pour passer un semestre à l’étranger.

Mais « pour diverses raisons », il a annulé ses projets américains, dit le jeune étudiant de 23 ans. Principalement à cause de la Covid-19 qui a particulièrement frappé les États-Unis. « Je ne pense pas que ce qu’il dit et fait résoudra vraiment les problèmes liés à la pandémie — contrairement à ce qu’il prétend », dit Wang. Par « il » Wang vise le président américain Donald Trump.

En Chine, la crise du coronavirus est largement maîtrisée

En Chine, pays d’origine de la Covid-19, les autorités ont largement arrêté la propagation du virus ces derniers mois. La vie quotidienne est redevenue normale dans de nombreux domaines de la vie. Les Chinois regardent avec d’autant plus d’étonnement ces jours-ci les États-Unis où la situation ne semble pas s’améliorer.

L’étudiant en marketing Wang est surtout préoccupé par le fait que les préjugés, le ressentiment et, dans certains cas, la xénophobie ouverte à l’égard des Chinois aux États-Unis ont récemment augmenté de manière significative : « À la suite de la pandémie, Trump a érigé de nombreux obstacles à l’encontre des étudiants chinois. Certains ont même dû quitter les États-Unis sur le champ », dit-il. « Si je devais voyager en Amérique maintenant, j’y ressentirais l’opposition des gens. Cela affecte bien sûr la vie quotidienne et ma sécurité. Alors… je n’ai pas envie de déménager aux États-Unis. »

« Avant, on pensait que tout était mieux ailleurs »

« Je pense qu’il est tout à fait possible que de plus en plus de jeunes Chinois restent dans leur propre pays au lieu d’aller étudier pendant un certain temps à l’étranger », déclare la conseillère en orientation Guan Yan, qui travaille pour l’Université d’Édimbourg à Chang-haï. Elle a constaté qu’en Chine, l’intérêt pour les études à l’étranger avait sensiblement diminué au cours des derniers mois — un renversement complet de la tendance des dernières années.

« C’est fortement lié avec la confiance de plus en plus grande de la Chine en elle-même et aussi avec le fait que les dirigeants chinois ont maîtrisé la crise du Coronavirus — malgré certains aspects négatifs qui subsistent », dit-elle. « De nombreux étudiants chinois et leurs parents pensent désormais : nous avons visité d’autres pays et continents, mais cela ne nous a pas particulièrement impressionnés. Auparavant, ils pensaient que tout allait mieux à l’étranger. Aujourd’hui, ils sont plutôt déçus. »

Le nationalisme croissant de la Chine est dirigé contre Trump

La conseillère en études Guan estime que les médias d’État en Chine sont également, dans une certaine mesure, responsables de cette tendance. Ils ont souvent brossé un tableau de la situation à l’étranger bien plus sombre et plus chaotique que la réalité.

L’étudiant en marketing Wang Wenquan de Chang-haï a en tout cas perdu toute envie de séjourner aux États-Unis. « Il y a un conflit ethnique aux États-Unis et beaucoup de gens ont des armes. C’est dangereux », dit-il. « Sous l’impulsion de Donald Trump, de plus en plus d’Américains deviennent xénophobes envers des gens comme moi. »

Le conseiller en études Guan Yan pense qu’il est inquiétant que les jeunes en Chine semblent de plus en plus se désintéresser des pays étrangers. « C’est une tendance qui m’inquiète », dit-elle. « Bien que ce problème n’affecte pas seulement la Chine. Après tout, la pensée nationaliste progresse dans le monde entier. »

Source : ARD (télévision publique allemande)

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