jeudi 5 février 2026

Loi 9 sur la laïcité (lutte à l'entrisme islamiste à l'école publique) : école privée protestante menacée de fermeture

Le projet de loi 9 sur la laïcité dans le milieu scolaire, déposé par le gouvernement Legault, trouve directement son origine dans une série de controverses survenues au cours des dernières années dans certaines écoles publiques, où des cas d’entrisme islamiste ont été dénoncés par des enseignants, des parents et des organismes citoyens. Des établissements primaires publiques de Montréal — notamment Bedford, Saint-Pascal-Baylon (Côte-des-Neiges) et Bienville (Saint-Michel) — ainsi que l’école secondaire La Voie, à Côte-des-Neiges, ont fait l’objet de plaintes, d’enquêtes administratives ou de signalements concernant l'entrisme islamique, à savoir des pressions religieuses, la contestation de contenus pédagogiques (égalité hommes-femmes, sexualité, sciences) et des atteintes au principe de neutralité religieuse de l’État.

Selon le gouvernement, ces dérives observées dans le réseau public, associées à des courants islamistes militants, justifient un resserrement du cadre légal afin de réaffirmer le caractère strictement laïque de l’école québécoise.

Une école privée protestante de Québec, L’École L’Eau‑Vive, pourrait devoir fermer ses portes si le projet de loi 9, qui renforce les exigences de la laïcité dans le système éducatif québécois, la prive de ses subventions provinciales. Établie depuis 25 ans sur l’avenue Chauveau, l’école accueille environ 580 élèves et est, selon sa direction, la seule de la grande région de Québec dans une situation aussi précaire. La direction a présenté un mémoire de 70 pages à l’Assemblée nationale pour tenter de convaincre les législateurs de l’exclure des nouvelles règles.

Le projet de loi, défendu par le gouvernement, conditionne désormais le financement public à l’absence de toute pratique ou enseignement religieux pendant les heures de cours et interdit la sélection d’élèves ou d’enseignants selon leur foi. Les écoles visées auraient trois ans pour se conformer à ces nouvelles exigences. L’École L’Eau‑Vive affirme déjà ne pas offrir d’enseignement religieux pendant les matières obligatoires et ne pas faire de sélection selon la religion de ses élèves, mais elle consacre une petite portion de son horaire à un enseignement chrétien évangélique facultatif.

Actuellement, la subvention provinciale couvre près de la moitié des frais de scolarité. Si elle était supprimée, la direction estime que les coûts pour les familles — aujourd’hui d’environ 3 800 $ par élève — pourraient tripler, rendant l’école économiquement intenable et excluant de facto la majorité des parents. L’école soutient que sa mission éducative et sa cohérence avec les valeurs familiales et québécoises légitimes justifient sa survie.

Dans son mémoire, l’établissement souligne qu’il respecte déjà le régime pédagogique et qu’aucune plainte ni dérive n’a été signalée. Il déplore que le projet de loi risque d’exclure des écoles confessionnelles qui respectent les règles, faute de distinction claire entre pratiques religieuses coercitives et activités spirituelles facultatives.

Comme souvent dans ces débats sur la laïcité au Québec, ce sont une fois de plus les établissements chrétiens qui écopent en premier : écoles privées protestantes comme L’Eau-Vive aujourd’hui, ou auparavant l’école catholique anglophone Loyola à Montréal, lourdement affectée par les réformes liées au programme Éthique et culture religieuse (ECR) imposé par l’État. Cette approche semble frapper plus durement les communautés chrétiennes historiques, bien intégrées et peu prosélytes dans le cadre scolaire, alors qu’elle change peu de chose à la dynamique plus large d’islamisation perçue de la société québécoise. Celle-ci relève avant tout d’une réalité migratoire et démographique : l’immigration massive combinée au faible taux de natalité chez les Québécois de souche (parents nés au Québec) modifie progressivement le paysage culturel et religieux, indépendamment des règles appliquées aux écoles privées confessionnelles chrétiennes.

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