jeudi 11 novembre 2021

Les cégeps anglophones sont devenus des cégeps allophones

Des cégeps anglophones accueillent désormais une majorité d’étudiants allophones. Cette anglicisation des nouveaux arrivants préoccupe certains élus caquistes, qui plaident à l’interne pour imposer la loi 101 aux cégeps, après avoir entendu les craintes des démographes.

Au cégep Vanier, dans le nord de Montréal, 52 % de la clientèle était allophone en 2020, selon des données provisoires. 

Lui aussi dans la métropole, le Collège Marianopolis compte 53 % d’étudiants qui n’ont ni le français ni l’anglais comme langue maternelle.  

Les allophones forment également une majorité dans le populeux cégep Dawson, même si c’est dans une moindre proportion, avec 41,6 %.  

En fait, la part d’étudiants allophones dans le réseau collégial de langue anglaise est en progression depuis l’an 2000, passant de 30 % à 38 % cette année. 

Lieu d’anglicisation 

Pour le démographe de l’Institut national de la recherche scientifique qui a compilé les données obtenues par notre Bureau parlementaire, le réseau collégial anglais participe à l’anglicisation des allophones.  

« Les allophones, c’est un groupe très hétérogène, avec beaucoup de langues maternelles, et ils se rejoignent avec une langue commune qui est l’anglais, souligne Patrick Sabourin. Dans ce sens-là, le cégep anglais est une espèce de lieu de socialisation où le point commun est la langue anglaise. »  

Débat à la CAQ 

La question d’étendre la loi 101 aux cégeps fait d’ailleurs à nouveau l’objet de débats au sein de la Coalition Avenir Québec (CAQ), selon nos informations, au moment où débutera bientôt l’étude article par article du projet de loi sur la langue du ministre Simon Jolin-Barrette

Le Premier ministre avait fermé la porte avant le dépôt du projet de loi 96, mais il devra trancher à nouveau sur cette idée d’interdire l’accès aux cégeps en anglais aux jeunes francophones et allophones, souligne une source.

Plusieurs intervenants entendus récemment en commission parlementaire ont convaincu certains députés du gouvernement de la nécessité d’aller plus loin.  

Les démographes ont notamment souligné que le projet de loi ne permettra pas de renverser le déclin du français, tandis que le sociologue Guy Rocher a mis son poids dans la balance en faveur de la loi 101 dans les cégeps.  

Une « aile économique » est toutefois plus sensible aux arguments du monde des affaires, qui craint un impact du projet de loi 96 sur l’attrait et l’intégration des immigrants, selon nos sources. 

 

Langue maternelle parlée dans les principaux cégeps anglophones  

2018  

  • Français : 26 %     
  • Anglais : 37 %     
  • Autres : 37 %        

2019  

  • Français : 26 %     
  • Anglais : 35 %     
  • Autres : 39 %        

2020  

  • Français : 26 %     
  • Anglais : 36 %     
  • Autres : 38 %        

Cégeps répertoriés : John Abott, Dawson, Vanier, Marianapolis, Champlain


Source : Journal de Québec

France : décrets d’application de la loi sur l’école à la maison : carton rouge pour le ministère

Communiqué de Liberté éducation :


Le jour même de la déclaration télévisée du Président de la République qui a déclaré que « La France est une grande puissance éducative », les décrets d’application de la loi revenant à interdire l’instruction en famille, qui se développe pourtant au niveau mondial, ont fuité dans la presse.

Une fois de plus, les associations nationales de l’instruction en famille, regroupées en interassociation, n’ont pas été consultées. Ces associations, dont la nôtre, Liberté éducation, qui compte désormais plus de 1000 familles adhérentes sur tout le territoire national, avaient demandé au Ministère, lors de leur audition du 5 octobre dernier, d’être associées à la rédaction des décrets d’application, compte tenu de leur expérience de terrain, depuis de longues années.

Comme nous l’avions indiqué ici, nous avions essuyé une fin de non-recevoir du ministère de l’Éducation nationale. La Direction générale de l’éducation scolaire (Dgesco) s’était bornée, suite à l’article du journal Le Monde du 28 septembre indiquant une forte croissance de l’école à la maison à la rentrée 2022, à nous promettre la publication, après les vacances de la Toussaint, des chiffres réels du nombre d’enfants instruits en famille depuis le mois de septembre, chiffres toujours inconnus à ce jour.

Aujourd’hui, les décrets d’application ont fuité dans la presse et montrent que les engagements pris par le Ministère ne sont absolument pas respectés. Nos avocats étudient en ce moment même comment attaquer ces décrets, qui, comme nous le craignions au moment du vote de la loi, dépassent largement le cadre prévu initialement. Nos associations envisagent également d’autres actions pour que cette liberté fondamentale des parents, premiers éducateurs de leur enfant, droit garanti par la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen, soit un minimum respectée.

Par ces décrets d’application découverts par voie de presse, le ministère de l’Éducation nationale affiche au grand jour ses difficultés à comprendre un phénomène mondial en forte expansion et son incapacité à dialoguer avec ses premiers interlocuteurs naturels que sont nos associations. Un mépris pour une liberté qui existe en France depuis plus de 140 ans, sanctuarisée par Jules Ferry en 1882, et que de nombreux autres pays dans le monde encouragent de plus en plus.

Parmi les nombreux points de ces décrets qui posent problème, citons la question des enfants harcelés (700 000 par an), que les parents pouvaient jusqu’ici retirer de l’école à tout moment pour leur faire l’école à la maison. Désormais, il faudra, selon ces décrets, obtenir « une attestation du directeur de l’établissement d’enseignement public ou privé dans lequel est inscrit l’enfant » ainsi que tout document utile établissant « que son intégrité “y est menacée” ! In fine, il s’agit d’une autorisation d’autorisation, et qui risque d’être difficile à obtenir quand on sait qu’un certain nombre d’enfants harcelés sont déscolarisés pour une instruction en famille contre l’avis du chef d’établissement, qui sera ici juge et partie.

De plus, le fait qu’une commission ad hoc examinera les recours en cas de refus d’autorisation de pratiquer cette liberté fondamentale n’est pas sans nous inquiéter, car cela aura pour effet de rallonger les délais en cas de contentieux. Or ce contentieux risque de s’avérer très volumineux, au regard de ces décrets et du risque d’arbitraire induit par des motifs d’autorisation manifestement beaucoup trop restrictifs. Par ailleurs, le fait pour les familles de devoir justifier chaque année d’un projet pédagogique va générer beaucoup de stress chez les parents avec un grand nombre de pièces justificatives à fournir avant le 31 mai de l’année précédant une rentrée en instruction en famille, et une autorisation délivrée — dans les meilleurs des cas — au cœur de l’été.

Rappelons enfin que dans l’esprit des hautes sphères du ministère, faire l’école à la maison est du séparatisme en soi. Une des nombreuses autres idées reçues sur cette pratique est qu’il existerait un problème de socialisation pour les enfants instruits en famille, un a priori pourtant réfuté par la totalité des chercheurs en sciences sociales sur la question, comme le démontre l’enquête de notre secrétaire général et de son épouse, L’école à la maison, une liberté fondamentale.

Enfin, concernant la radicalisation, les derniers rapports Dgesco n’en font pas état (seulement 32 enfants rescolarisés pour la dernière période prise en compte, soit 0,09 % des enfants, et non pour une question de radicalisme). De même, comme l’ont rapporté nos deux auteurs dans ce livre, les plus éminents chercheurs en radicalisation, y compris au sein du Ministère de l’Intérieur à travers son Institut des Hautes Études, n’ont aucun chiffre sur le sujet, la mesure d’Emmanuel Macron dans son discours des Mureaux n’était donc fondée que sur du vent.


Cégépiens : « Aujourd’hui, une phrase sur trois dite par un jeune est en anglais. »

Trois cégépiens (Zoé Lamontagne, Raffaëlle Marini-Lafond et Matthis Roberge) s’adressent au gouvernement de François Legault.


Le gouvernement s’apprête à adopter une nouvelle loi visant à protéger le français au Québec. Si celle-ci part d’une bonne intention, elle ne s’attaque pas aux véritables causes du déclin du français. Pour mieux comprendre comment on peut avoir un réel impact sur le français, il faut regarder ce qui se passe actuellement chez les jeunes. En effet, la réalité des jeunes cohortes d’aujourd’hui sera celle du Québec de demain.

Aujourd’hui, une phrase sur trois dite par un jeune est en anglais. Les deux autres phrases sont prononcées dans un français pauvre, sans vocabulaire. Les jeunes ne peuvent écrire sans faire de fautes grossières, que leurs enseignants n’osent ou ne sont plus en mesure de corriger. Les jeunes ont du mal à exprimer une idée clairement, mais s’en soucient de moins en moins, encouragés en cela par les médias et la publicité dans une sorte de nouvelle normalité.

Ce constat semble exagéré et vous avez raison : il ne concerne probablement que 80 % des membres de notre génération.

[...]


 

Le français ne survivra pas au Québec sans une masse critique francophone qui maîtrise, respecte et aime sa langue, et qui communique sa fierté aux nouveaux arrivants et aux anglophones. Toute loi qui tenterait de préserver le français au Québec sans qu’en parallèle soit mise en place une dynamique qui crée l’intérêt et la motivation pour la langue française ne pourra générer de résultats positifs, pas plus qu’un pansement ne peut guérir un membre gangréné.

Nous vous faisons quelques suggestions pour renverser la spirale destructrice dans laquelle se trouve le français au Québec :

  • Utiliser les heures gagnées par l’abolition du cours d’ECR pour renforcer l’apprentissage du français. La maîtrise de la langue est le meilleur moyen de renforcer l’esprit critique, la fierté et l’estime de soi des Québécois.
  • Donner le goût de la lecture dès le plus jeune âge par de courts textes, à lire à la maison avec leurs parents et à discuter en classe. Mobiliser les parents pour encourager la lecture et les sensibiliser à réduire le temps alloué à l’utilisation des téléphones portables et des réseaux sociaux.
  • Au secondaire, ouvrir les horizons des Québécois par la lecture d’œuvres francophones hors Québec. Il n’y a pas de honte à lire des auteurs français qui sont à la racine de notre littérature nationale. Au cégep, cesser de donner à lire des romans écrits en joual, qui devraient rester une curiosité. Toutes les littératures du monde font une différence entre la langue parlée et la langue écrite, pourquoi en serait-il autrement au Québec ?
  • Renforcer les rangs des enseignants en recrutant à l’étranger des professeurs francophones ou francophiles et maîtrisant le français. Renforçons aussi les compétences linguistiques du corps enseignant actuel.
  • Réunir les médias parlés et écrits et poser la question de leur rôle pour donner envie aux francophones de bien parler leur langue et aux nouveaux arrivants de l’apprendre et la pratiquer. Donner un mandat de renforcement des capacités linguistiques à l’Office québécois de la langue française qui pourrait travailler avec les médias et les publicistes sur une base volontaire. Il est sûrement possible de préserver la qualité de la langue tout en entretenant une spécificité québécoise.

Sans de telles mesures, nous pensons que la réalité linguistique du Québec dans 20 ans aura beaucoup changé. Vous en serez témoin, Monsieur le Premier Ministre.



États-Unis — Des profs lancent une université afin de lutter contre l’idéologie woke dans l’enseignement supérieur

Ses membres fondateurs entendent lutter contre la censure dans les facultés américaines.

« Nous ne pouvons pas attendre des universités qu’elles se réparent elles-mêmes. Alors, nous en créons une nouvelle » ; « Le système de l’enseignement supérieur est cassé » ; « Une université dédiée à la liberté de penser »… Aux États-Unis, un groupe de chercheurs, d’enseignants et de militants ont décidé de lancer leur propre université. Une manière de lutter contre une idéologie qui, selon eux, gangrène l’enseignement supérieur et même les plus prestigieuses institutions : celle qui impose la « censure » et empêche « la liberté de penser ».

Notons qu’il existe déjà d’autres universités « antiwoke » aux États-Unis, telles que Hillsdale (1400 étudiants), l’Université Brigham Young ou celle de Cedarville. Il existe même un palmarès des universités les plus conservatrices aux États-Unis. Cette nouvelle université semble plutôt se positionner au centre, sera libérale, voire progressiste à l’ancienne, mais résolument anti-woke.

Ainsi, l’établissement sera baptisé « l’Université d’Austin » et se situera dans l’état du Texas. Il ne dispense pas de diplômes pour l’instant, précisent ses fondateurs. Mais un enseignement sera organisé dès l’été prochain dans le cadre d’un programme baptisé « Forbidden Courses » (« les cours interdits », littéralement), est-il indiqué sur le site web de la faculté. Il sera proposé « aux meilleurs étudiants d’autres établissements » qui pourront ainsi assister à « une discussion animée autour des questions les plus provocatrices et menant souvent à une forme de censure ou d’autocensure dans la plupart des universités ». Selon le président de cette toute nouvelle université, Pano Kanelos, cet enseignement réunira des professeurs de tous les bords politiques afin « d’aider les étudiants à forger leurs propres opinions et idées », précise-t-il au New York Times.

« L’Université d’Austin est une université d’arts libéraux qui se consacre à la liberté de la recherche, la liberté de conscience et la discussion civilisée », lit-on encore sur le site. « Afin de garantir ces principes, l’université est farouchement indépendante tant financièrement, intellectuellement que politiquement. » Privée et pas encore accréditée, l’université d’Austin entend développer plusieurs masters en entrepreneuriat et leadership dès l’automne 2022 puis, un an plus tard, un master en politiques, histoire, éducation et service public.


 « L’université n’est plus le lieu où la curiosité prospère »

Les futurs étudiants suivront des cours en présentiel (séminaires, conférences, sessions d’études en effectifs réduits). En classe, « chaque opinion sera écoutée » et « devra être appuyée par des faits ». À l’automne 2024 sera lancé un premier cycle universitaire, ouvert aux étudiants qui viennent de sortir du lycée. Au cours des deux premières années, les étudiants « suivront un cursus en lettres, en sciences sociales et humaines. »

Pano Kanelos, indique au New York Times que l’idée a surgi après plusieurs échanges, notamment avec Bari Weiss. Cette journaliste s’est fait connaître pour avoir quitté le prestigieux journal américain après avoir été harcelée. La raison ? Elle ne pensait pas « comme il faut », indique-t-elle. Parmi les membres fondateurs se trouve Peter Boghossian, professeur de philosophie qui a démissionné de son poste à l’université de Portland après avoir été lui aussi harcelé. Au Figaro Étudiant, il témoignait : « L’université n’est plus le lieu où la curiosité intellectuelle prospère, c’est désormais le lieu où elle meurt. »

Enfin, qu’en est-il du financement d’un tel projet ? « Nous avons réuni l’argent nécessaire pour lancer l’université. Mais nous sommes en train de rassembler 250 millions de dollars, ce qui nous permettra de devenir une université polyvalente », est-il indiqué sur le site de l’établissement. De plus, ses membres fondateurs indiquent développer un « nouveau modèle financier » qui leur permettra de « diminuer les frais de scolarité en évitant de dépenser excessivement dans l’administration ». La majorité des ressources, est-il précisé sur le site, seront investies dans le programme académique de l’établissement. « J’aimerais que le coût de la scolarité soit en dessous de 30 000 dollars par année », confie Pano Kanelos au New York Times. 

Voir aussi 

Virginie — Victoire surprise d'un républicain en faveur du droit de regard des parents dans l'éducation de leurs enfants

Les jeunes attirés par la droite, parce qu’ils rejettent le wokisme, le correctivisme politique et le pharisianisme 

États-Unis — Princeton supprime l’obligation de faire du latin ou du grec pour les études classiques  

États-Unis — Suicide du professeur Mike Adams, harcelé et menacé sur les réseaux sociaux par des progressistes

Insister sur Pythagore et π perpétuerait le « privilège immérité » des Blancs

Pendant le Grand Réveil woke, l'écart des résultats en maths et en lecture entre les élèves noirs et blancs a cru de 20 % 

Patriarcat blanc : plus grande proportion de femmes racisées fréquentent désormais l'université que les jeunes hommes blancs

États-Unis — Pas de réduction de l’écart scolaire en maths et lecture entre les groupes ethniques

L'Université Evergreen (États-Unis) et les dérives du progressisme militant  (vidéo)

Le wokisme : des protestants puritains athées 

Le wokisme, hérésie du progressisme et produit du nihilisme fait moralisme

 

 

 

Selon une étude, Instagram favorise les troubles de l’image corporelle chez un tiers des ados

Les études internes de Facebook récemment divulguées au sujet des méfaits d’Instagram sur la santé mentale des jeunes font part d’une information que beaucoup considèrent comme particulièrement consternante. Pour une adolescente sur trois, son utilisation aggrave les problèmes d’image corporelle. Cette statistique, dévoilée par le Wall Street Journal, ne me surprend pas. Quand j’étais au collège, j’étais l’une d’elles.

Un jour, alors que je faisais machinalement défiler mon fil Instagram, je me suis arrêtée entre deux photos de chiens et de couchers de soleil pour lire plus attentivement un post en particulier. Un compte de mise en forme donnait un conseil tout simple pour perdre du poids : il suffisait de ne jamais manger lorsqu’on n’avait pas faim.

Ayant alors du mal à accepter les changements de mon corps, il m’avait semblé que ce billet proposait la solution dont j’avais désespérément besoin. Lorsque je n’avais pas faim à l’heure des repas, je me lamentais sur les kilos que j’allais prendre si je mangeais. Aussi, pour éviter ce problème, je diminuais mes portions un peu plus chaque semaine et m’autorisais rarement à manger si j’avais faim entre les repas. Je me pesais plusieurs fois par jour, ignorant ma faim si l’aiguille de la balance ne bougeait pas. En quelques mois, mon poids était descendu dangereusement bas, et mon comportement était devenu suffisamment inquiétant pour qu’on me diagnostique une anorexie.

Même lorsque j’ai commencé à aller mieux, je n’ai pu me résoudre à dire à mes amis ce que je traversais. Ayant tout de même besoin de sentir que je n’étais pas seule, je me suis tournée à la place vers Instagram. Sur ce réseau même qui avait déclenché mes troubles alimentaires, j’ai passé des heures à parcourir des dizaines de comptes, la plupart tenus par des adolescentes, où nous partagions nos expériences de guérison et nous soutenions mutuellement. Il suffisait de chercher un mot-dièse sur les troubles de l’alimentation pour obtenir un éventail de repas (trop) soigneusement composés, de récits de mauvais jours et de photos de corps squelettiques.

Je me sentais liée aux filles qui se cachaient derrière ces comptes d’une manière dont je ne pouvais l’être avec mes amies, avec mon groupe de soutien hors ligne ou mon psychiatre. Toutefois, les descriptions sans filtre de leurs troubles alimentaires ont peut-être plus nui à ma guérison qu’elles ne m’ont aidée. Seule dans ma chambre, sans personne réelle vers qui me tourner, je n’étais pas prête à affronter la peur et le désespoir que je ressentais lorsque je revivais par procuration les expériences des autres, si similaires aux miennes. Pourtant, j’avais l’impression qu’Instagram m’apportait un plus grand soutien que les médecins qui n’avaient pas vécu de troubles alimentaires — ce qui me dissuadait de suivre sérieusement mon traitement.

Plus inquiétant encore, les billets de « guérison » banalisaient les pensées et les comportements dangereux. Mon corps ne me semblait plus si malade que cela lorsque je le comparais à celui des jeunes filles qui devaient être hospitalisées. Quand chaque photo de nourriture que je voyais sur Instagram était accompagnée de la description de la tourmente émotionnelle qui couvait en dessous, je ne pouvais pas m’imaginer remanger un jour un vrai repas sans être interrompue par la voix de mon trouble alimentaire.

Ce que j’ai vécu n’est pas rare. Comme le prouvent les documents de Facebook qui ont fuité, Instagram augmente les problèmes d’image corporelle chez 32 % de jeunes filles qui se sentent mal dans leur peau. Pas moins de 40 % des personnes qui utilisent Instagram et déclarent se sentir peu attirantes rapportent qu’Instagram est à l’origine de ce sentiment. Ces résultats corrélationnels fondés sur des données rapportées par l’entreprise elle-même ne constituent pas une étude rigoureuse à même de prouver la relation de cause à effet. Mais, si des vies sont en jeu, il serait irresponsable de ne pas s’en préoccuper sérieusement.

Source


mercredi 10 novembre 2021

Maîtrise du français dans l’enseignement supérieur

D'ici la fin de l'année, la ministre de l'Éducation supérieure, Danielle McCann, doit recevoir le diagnostic qu'elle a demandé à un comité d'experts sur la maîtrise du français au cégep et à l'université. Mais sans l'attendre, des tuteurs rendent compte des problèmes élémentaires qui concernent de plus en plus d'étudiants.

Québec — Des parents saisissent les tribunaux au nom de leurs enfants non vaccinés


Un regroupement de plus de 100 familles s’adresse aux tribunaux pour faire valoir les droits des enfants non vaccinés qui ne peuvent pas pratiquer de sport ou d’activité physique en dehors de leur programme scolaire habituel. Les demandeurs invoquent une atteinte aux droits et libertés fondamentales de leurs enfants.

Le décret 1173-2021, adopté par Québec le 1er septembre dernier, interdit notamment aux enfants âgés de 13 ans et plus qui ne sont pas adéquatement protégés contre la COVID-19 de pratiquer tout sport ou activité physique de groupe en dehors du programme régulier.

Cela signifie que les adolescents non vaccinés ne peuvent pas participer aux compétitions sportives, aux ligues ou aux tournois.

Atteinte aux droits et libertés

Les demandeurs soumettent que le décret gouvernemental « porte atteinte de façon injustifiée à plusieurs droits et libertés fondamentaux de leurs enfants, et disent qu’il doit donc être déclaré inapplicable en partie à leur égard », peut-on lire dans la demande de pourvoi en contrôle judiciaire déposée le 3 novembre au palais de justice de Montréal.

Plus précisément, ils entendent faire valoir l’atteinte à la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté de la personne, la sécurité/sûreté et intégrité de la personne, l’égalité, la dignité et la vie privée.

Selon le regroupement de parents, appelé « Tous unis pour nos ados », les mesures prévues par le décret sont arbitraires, ont une portée excessive, sont imprécises et ont un effet disproportionné.

Entre autres, la poursuite met de l’avant le fait que toute personne peut contracter la maladie, qu’elle soit vaccinée ou non, et que les enfants ont très peu de chance d’avoir des symptômes graves liés à la COVID-19.

De plus, on souligne une incohérence entre les mesures décrétées et l’objectif du gouvernement. Par exemple, les adolescents qui font partie d’un programme sport-études peuvent se côtoyer toute la journée, alors que cela n’est plus possible dès qu’ils sortent du cadre strict du programme régulier (pratique après les classes, compétitions, tournois), indique-t-on dans le document judiciaire.

« Deux catégories d’enfants »

Le regroupement « Tous unis pour nos ados » demande au tribunal de déclarer que les personnes mineures ne peuvent être discriminées en raison de leur statut vaccinal pour toute activité scolaire, parascolaire ou sportive.

Sans quoi, cela serait « injuste, immoral et illégal de créer deux catégories d’enfants dans le milieu scolaire et sportif », fait-on valoir dans la poursuite.

« Le préjudice subi par les adolescents non vaccinés est important et risque d’avoir des conséquences qui les suivront toute leur vie, alors que le bénéfice qu’en retire la collectivité est minime ou impossible à mesurer », ajoute-t-on.

Source : Métro


mardi 9 novembre 2021

Nigéria : 38 millions d'habitants en 1950, 190 millions en 2018, 400 millions en 2050 ?

Philippe Juvin, maire de La Garenne-Colombes, assurait dans un débat récent que « le Nigeria dans quelques années sera un pays qui aura plus d’habitants que les États-Unis ».

« Aujourd’hui [l’immigration], ce n’est rien par rapport à ce que nous verrons dans dix, vingt ou trente ans. Ce que je souhaite, c’est que nous prenions à bras-le-corps et très rapidement cette affaire, et notamment la contraception au Nigeria en débloquant un grand plan de développement d’infrastructures en Afrique. Je veux stabiliser les populations dans leur pays d’origine », ajoutait-il. 

Foule se presse dans une rue du quartier central des affaires de Lagos, la capitale commerciale du Nigeria, avant Noël, le 23 décembre 2016.

Qu’en est-il ? Le Nigeria comptera-t-il plus d’habitants que les États-Unis ?

Comme de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, le Nigeria a en effet connu une transition démographique. En 1950, 38 millions de Nigérians peuplaient le pays contre 190 millions en 2018, ce qui fait le pays le plus peuplé du continent, loin devant l’Éthiopie et ses 115 millions d’habitants. « La mortalité des enfants a beaucoup baissé, passant de 200 enfants morts avant leur premier anniversaire pour 1000 naissances dans les années 50 à un ratio de 50/1000 aujourd’hui. C’est une baisse sensible, mais la mortalité infantile reste élevée par rapport à des pays d’Europe. La fécondité atteint, quant à elle, environ cinq enfants par femme. Un chiffre en baisse ; il y a 40 ans, ce taux s’élevait à sept enfants », décrypte pour le Figaro Gilles Pison, professeur au muséum d’histoire naturelle et chercheur associé à l’Institut national d’études démographiques (INED).

Si une projection démographique est par nature difficile, un accroissement important de la population nigériane semble hautement probable. Un rapport de l’Organisation des Nations unies prévoit que ce pays d’Afrique de l’Ouest concentrera le deuxième plus grand taux de croissance démographique en 2050, avec une population qui devrait, selon les estimations moyennes, atteindre près de 400 millions d’habitants, et 700 d’ici à la fin du siècle. Selon l’INED, les États-Unis en 2050 compteront 380 000 habitants et 433.000 à la fin du siècle. Le Nigeria comptera donc plus d’habitants que les États-Unis. Philippe Juvin aura donc probablement raison, même si, bien sûr, la date exacte du croisement des courbes démographiques n’est pas connue.

D’autant que la population nigériane est particulièrement jeune : en 2020, 54,1 % de ses habitants sont âgés de 0 à 19 ans, 43,1 de 20 à 64 ans avec un âge moyen de la maternité autour de 29 ans. « Même si la fécondité continue de baisser dans les prochaines années, le Nigeria ne peut échapper à une augmentation de sa population. Néanmoins l’accroissement de la population a atteint un maximum de 2,5 % à 3 % par an ces dernières décennies et devrait diminuer », analyse Gilles Pison.

Cette croissance démographique intervient dans un contexte régional particulier. Le rapport de l’ONU ajoute que la population de l’Afrique subsaharienne dans son ensemble devrait doubler d’ici 2050 (en augmentation de 99 %). Cette vaste zone demeure la région du Sud dont la croissance démographique est la plus rapide, en moyenne 2,7 % par an, contre 1,8 % en Afrique du Nord. Ce taux tend néanmoins à stagner. « Au Nigeria, la baisse de fécondité concerne surtout les femmes urbaines, de niveau secondaire et plus, et appartenant au quintile le plus riche », affirme le rapport. (L’urbanisation a toujours diminué la natalité même quand la population était peu instruite.)

Cet accroissement démographique pourrait également augmenter les flux migratoires. « Deux tiers des migrations impliquant des Africains subsahariens se font à l’intérieur de l’Afrique », rappelle néanmoins Gilles Pison. « Les flux devraient potentiellement augmenter vers l’Europe, tout en restant modestes par rapport à la totalité des migrations en provenance du Nigeria », conclut Gilles Pison.

En résumé, le Nigeria comptera donc bien plus d’habitants que les États-Unis. Son accroissement démographique est comparable à celui des autres pays de l’Afrique de l’Ouest — environ 2,5 % par an. Là encore, comme l’affirme Philippe Juvin, il pourrait engendrer une hausse des flux migratoires à destination de l’Europe.

Source : Le Figaro


Bjorn Lomborg : Le changement climatique N'est PAS la fin du monde (vidéo sous-titrée)

Alors que le sommet COP26 se réunit pour deux prochaines semaines à Glasgow, nous pouvons tous nous attendre à être bombardés de scénarios de catastrophe, remplis d'histoires sur la disparition imminente de notre espèce. Au cours des deux derniers jours, nous avons eu droit à Boris Johnson qui nous avertit qu'il était "minuit moins une" et le prince Charles qui affirme qu'il s'agit "littéralement du saloon de la dernière chance". Et bien sûr, Greta Thunberg a déjà fait quelques apparitions de son côté, accusant les politiques de « faire semblant de prendre notre avenir au sérieux » pour conclure que la COP26 ne « nous mènera nulle part ».

Bjorn Lomborg a un point de vue différent. Son dernier livre, Fausse alarme : comment la panique climatique nous coûte des milliards, nuit aux pauvres et échoue à réparer la planète ("False Alarm: how climate change panic costs us trillions, hurts the poor, and fails to fix the planet") expose comment selon lui, bien que le changement climatique soit un problème réel et qu'il soit principalement causé par l'homme, la panique et l'alarmisme sont contre-productifs.

[Nous ne sommes pas d'accord avec tous les points abordés par Bjorn Lomborg, cependant il est instructif de l'écouter pour comprendre à quel point les médias nous présentent les choses d'une façon partiale dans ce dossier.] 

 Voir aussi 

Bjorn Lomborg : « Le changement climatique n’est pas la fin du monde » (article écrit)

La Norvège défend le pétrole et l’environnement… avec l’argent du pétrole et du gaz  

Climat : pourquoi l’apocalypse n’aura pas lieu

Écologie — Soyez écolo, mangez de la viande ! (m à j)  

Les 6 derniers mois en Antarctique ont été les plus froids jamais enregistrés  

Belgique — écoles comme centres d’organisation des manifs écologistes  

Catastrophisme — la SRC et le palais de Buckingham sous eau  

Facebook censure Bjorn Lomborg pour avoir écrit que la hausse des températures sauve 166 000 vies/an   

Sixième rapport du GIEC : et si on passait à autre chose, l’adaptation  

Écologie — Non, le ciel ne nous tombera pas sur la tête !  

Climat — contrairement aux prévisions, aucune accélération à la hausse du niveau de la mer

Écologie — Augmentation de la biomasse et des surfaces boisées à l’échelle planétaire

Climat — Le point de rupture à nouveau reporté ? (La date de l’Armageddon climatique se déplace au fur et à mesure…)

« Impartialité » — Les journalistes font éclater leur joie à la signature de la 21 COP dans la salle de presse

En 1839, on se félicitait, on se vantait même du réchauffement des climats froids  

Noël et la jeunesse « conscientisée » (par qui ?)  

Climat désormais 11e préoccupation sur 12 aux États-Unis  

Bjorn Lomborg : les climato-alarmistes nous mettent en danger avec de fausses données  

Le climat change, mais ce n’est pas la fin du monde, ni même le principal problème écologique  

Écologisme occidental : « Les riches sont sommés de ne plus faire d’enfants »  

Inquiets pour la planète contre inquiets pour leur patrie  

Père se plaint de l’enseignement « non factuel » des changements climatiques, il doit ensuite s’adresser au tribunal 

L’Australie a-t-elle vraiment battu des records de chaleur ? 

Climat/Météo — Les catastrophes naturelles moins coûteuses et moins mortelles en 2019  

Climat — « L’Occident est fatigué et déprimé »

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lundi 8 novembre 2021

Écart salarial entre les sexes : démontage de la « vérification des faits » faite par une chaîne d'« informations » télé

L’équipe de décodage d’Éric Zemmour a réfuté sur Twitter la vérification des faits partiale et bâclée, le déchiffrage à la manque que la chaîne BFM-TV a fait de ses propos sur l’écart salarial entre les hommes et les femmes. Nous avons regroupé ci-dessous plusieurs gazouillis de cette réfutation. Une fois de plus les « fact-checkers » comme on dit à Paris se révèlent être les gardiens de la doxa, les matons de Panurge qui répètent les idées reçues de la rectitude politique et démontrent qu’ils sont incapables d’interpréter l’étude qu’ils citent.

Dimanche matin dans l’Émission BFM Politique, Éric Zemmour a corrigé Hedwige Chevrillon qui, reprenant une formule qui a beaucoup tourné sur les réseaux sociaux, prétend que les femmes travailleraient gratuitement depuis le 3 novembre (voir la vidéo ci-dessous).

Nous allons examiner cela d’un peu plus près.

BFM s’est tout d’abord empressé de monter en épingle ce sujet, pour affirmer que Éric Zemmour niait les inégalités salariales entre les hommes et les femmes. Or, non seulement il n’a rien dit de tel, mais ce qu’il a expliqué sur BFM Politique est juste.


L’analyse bâclée de BFM-TV

Revenons d’abord sur cette théorie, selon laquelle les femmes travailleraient gratuitement depuis le #3Novembre9H22. Cette théorie est reprise partout, y compris par le service public, comme en témoigne cet article de franceinfotv.

Cette théorie se fonde sur une étude de l’INSEE sur les écarts de rémunération homme-femme. En ramenant les salaires à un équivalent temps plein, l’INSEE affirme que l’écart salarial en France est de 16,8 % entre les hommes et les femmes.

insee.fr/fr/statistique… 

 

Comme le note l’INSEE, il existe de fortes différences de temps de travail entre hommes et femmes, notamment parce que les femmes sont bien plus souvent à temps partiel que les hommes (insee.fr/fr/statistique…), d’où un écart qui passe de 28,5 % à 16,8 % en équivalent temps plein. 


Mais cela ne signifie évidemment pas qu’à travail égal une femme gagne 16,8 % de moins qu’un homme ! En effet, comme l’INSEE l’explique, cet écart s’explique principalement par le fait que les hommes et les femmes n’occupent pas les mêmes emplois dans les mêmes secteurs.

En effet, les hommes et les femmes sont très inégalement répartis entre les secteurs et, au sein d’un même secteur, entre les postes. On peut aisément s’en convaincre en comparant les professions les plus courantes chez les hommes et les femmes.


Les professions occupées davantage par les hommes ont tendance à être mieux rémunérées que celles où les femmes sont surreprésentées, ce qui explique l’existence d’un écart important, mais ce n’est pas le cas quand on compare hommes et femmes qui occupent le même poste !

Quand on ajuste l’écart statistiquement pour tenir compte de cela, d’après la même étude de l’INSEE, il se réduit à 5,3 % dans le secteur privé, ce qui est très loin du chiffre que tous les médias répètent et que les journalistes de BFMTV ont repris face à Éric Zemmour.

Mais comme l’INSEE le note, ça ne veut pas dire que cet écart résiduel est dû à de la discrimination ! En effet, il peut exister des différences hommes/femmes non observées qui affectent leurs rémunérations, de sorte que l’écart aurait été différent si on avait pu les observer.

En théorie, ces différences non observées pourraient augmenter l’écart comme le réduire, mais en pratique les études portant sur des entreprises/secteurs particuliers, ce qui permet des données plus fines, trouvent systématiquement que ça le réduit voire qu’il disparaît.

Par exemple, cette étude sur les chauffeurs Uber montre que les hommes gagnent 7 % de plus que les femmes, mais que cet écart s’explique entièrement par des différences de comportements entre chauffeurs masculins et féminins.  https://www.nber.org/papers/w24732

On peut aussi citer cette étude sur l’écart salarial chez des avocats aux États-Unis, qui trouve que prendre en compte la productivité, ce que l’INSEE ne peut pas faire dans son étude sur l’ensemble des salariés, réduit encore davantage l’écart.

journals.uchicago.edu/doi/abs/10.108…

Enfin, on peut citer cette étude sur les conducteurs de bus et de train, qui trouve un écart salarial de 11 % qui peut intégralement s’expliquer par le fait que les femmes ont une préférence pour la flexibilité dans les horaires.

De plus, l’INSEE a apparemment obtenu cet écart de résiduel de 5,3 % en prenant le logarithme du salaire en équivalent temps plein comme variable dépendante dans une régression, mais cette méthode ne tient pas compte de l’impact des différences de temps de travail correctement.

En effet, cette méthode revient à supposer que le salaire augmente de façon linéaire avec le temps de travail, mais en réalité il augmente plus rapidement, car les gens rechignent davantage à travailler plus quand ils travaillent déjà beaucoup que quand ils travaillent peu !

Par exemple, si vous travaillez 2 fois plus, vous ne serez pas seulement payé 2 fois plus mais plus de 2 fois plus. Or, en utilisant cette méthodologie, l’INSEE fait implicitement l’hypothèse que vous ne serez payé que 2 fois plus.

Le rôle de ce phénomène dans l’écart salarial hommes-femmes est pourtant connu dans la littérature scientifique et l’INSEE aurait pu estimer la relation non linéaire entre temps de travail et salaire pour en tenir compte.

Economist Claudia Goldin investigates what causes the gender wage gap, and what doesn’t.

https://www.harvardmagazine.com/2016/05/reassessing-the-gender-wage-gap

C’est même pire que ça, car non seulement le salaire à un instant t est une fonction non linéaire du temps de travail à l’instant t, mais il a été montré que la *croissance* du salaire dépendait (de façon non linéaire) du temps de travail aujourd’hui. jstor.org/stable/10.1086…
 

Or, la méthodologie de l’INSEE ne permet pas non plus de tenir compte de cela, puisqu’elle ne prend en compte (incorrectement comme nous l’avons vu) que l’impact du temps de travail à l’instant t sur le salaire à l’instant t.

Par conséquent, non seulement on ne peut pas supposer que l’écart résiduel de 5,3 % est dû à la discrimination et on a même d’excellentes raisons de penser qu’il se réduirait si on pouvait tenir compte des caractéristiques non observées, mais il est déjà surestimé au départ.

Pour résumer, l’écart salarial entre hommes et femmes n’a sans doute pas grand-chose à voir avec la discrimination par les employeurs, mais s’explique intégralement ou quasi intégralement par les différences de temps de travail, de secteurs et de postes.

Cette réalité peut être le fruit d’un choix personnel, mais résulte sans doute aussi d’une obligation pour un nombre toujours plus grand de femmes, notamment les mères célibataires, mais pas seulement, qui doivent supporter des doubles journées travail/enfants à charge.

L’exemple des conducteurs de bus et de train cité plus haut n’est d’ailleurs pas innocent à cet égard : si les femmes ont une préférence pour un emploi du temps plus flexible, c’est sans doute en partie parce qu’elles ont plus d’obligations en dehors du travail que les hommes !

Surtout, si des inégalités subsistent, c’est que les responsables politiques n’ont toujours pas su conduire les politiques publiques qui doivent permettre aux femmes de rester libres de leurs choix pour concilier vie professionnelle et vie familiale.

Le véritable débat est là, mais comme les associations féministes et les médias reprennent tous en chœur cet élément de langage démagogique du #3Novembre9h22, il n’aura malheureusement pas lieu…

 


Liens connexes

Voir aussi ce qu’en disait le grand économiste Thomas Sowell, ce n’est pas les lois des féministes qui expliquent l’augmentation des salaires des femmes depuis les années 70....

Le salaire des jeunes Anglaises dépasse celui des jeunes Anglais. C’est à partir de 30 ans que cela s’inverse.

Cliquer sur le graphique ci-dessus pour l’agrandir.


Wall Street Journal : « Il n’y a pas d’écart salarial hommes-femmes »

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