jeudi 27 août 2026

L’Italie propose de limiter le nombre d’enfants issus de l’immigration dans les classes

Le gouvernement italien de Giorgia Meloni a proposé de plafonner à 30 % la proportion d’enfants issus de l’immigration dans les classes italiennes.

Cette proposition a été présentée par Giuseppe Valditara, le ministre de l’Éducation, qui souhaite également interdire le port de la burqa à l’école.

La coalition conservatrice souhaite aussi rendre obligatoires les cours d’italien pour les parents d’enfants issus de l’immigration, dans le cadre de mesures visant à favoriser l’intégration et à éviter la formation de ghettos culturels.

Les parents qui ne scolarisent pas leurs enfants pourraient faire l’objet de poursuites et être condamnés à une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux ans.

« Il est fondamental qu’il n’y ait pas un pourcentage trop élevé d’enfants étrangers dans une classe, car cela signifie qu’ils auront plus de mal à apprendre l’italien et les valeurs de notre communauté », a déclaré le ministre.

« Je proposerai de rendre obligatoire l’apprentissage de l’italien pour les parents dont les enfants rencontrent des difficultés scolaires. »

Le ministre Giuseppe Valditara prévoit une nouvelle circulaire pour renforcer une directive de 2010 déjà existante. Les Uffici scolastici territoriali devront coordonner la répartition des élèves étrangers — surtout ceux qui maîtrisent mal l’italien — dans les classes du même établissement et dans les écoles de proximité (« scuole di vicinato » / « scuole di prossimità »). 

Valditara a précisé explicitement qu’on ne pourra pas envoyer un élève « à plusieurs kilomètres de chez lui ». Il insiste plutôt sur le fait que le vrai levier est ailleurs : les politiques résidentielles des communes, pour éviter la formation de « ghettos ». 

« Il est fondamental qu’un parent connaisse notre langue et communique avec les enseignants ; trop de parents d’enfants étrangers ne se présentent pas à l’école, alors que c’est important. »

Il a précisé que le taux d’absentéisme chez les enfants issus de l’immigration s’élevait à 26 %, contre 6 % chez les enfants italiens.

Ces propositions seront débattues lors d’une conférence à l’automne, qui réunira des enseignants, des syndicats, des conseils d’élèves et des responsables politiques, a indiqué M. Valditara.

L’Italie « accueille les migrants », a-t-il déclaré, mais ceux-ci doivent comprendre « l’identité et les valeurs » du pays.

La démographie italienne a évolué au cours des dernières décennies sous l’effet de l’immigration, passant d’une population uqsiment exclusivement blanche et d’origine italienne à une société multiculturelle.

On compte aujourd’hui 930 000 enfants non italiens dans les écoles du pays, soit près de 12 % de l’effectif total. Ce chiffre est en hausse par rapport aux 3,5 % enregistrés il y a deux décennies.

Dans certaines écoles, cette proportion est bien plus élevée, notamment dans le nord du pays, où une économie relativement florissante tend à attirer davantage de familles immigrées.

Environ 43 % des enfants issus de l’immigration viennent d’Europe, principalement de Roumanie, d’Albanie, d’Ukraine et de Moldavie. Environ 32 % proviennent de pays africains, principalement du Maroc, d’Égypte, de Tunisie, du Nigeria et du Sénégal.

Un cinquième vient d’Asie, principalement du Bangladesh, de Chine, d’Inde, des Philippines et du Pakistan. Un peu plus de 8 % viennent d’Amérique latine, principalement d’Équateur et du Pérou.

Un syndicat qualifie la proposition de « myope »

L’emprisonnement des parents qui n’envoient pas leurs enfants à l’école a été qualifié de « myope » par la FLC-CGIL, un syndicat d’enseignants.

« Rendre l’enseignement de l’italien obligatoire pour les parents d’enfants issus de l’immigration n’est pas de l’intégration : c’est une sanction imposée par décret, qui risque de produire exactement l’effet inverse. Rendre cet apprentissage obligatoire ne rapprochera pas les familles des écoles : cela ne fera que les criminaliser », a déclaré le syndicat.

Les détracteurs affirment que le gouvernement adopte des positions de plus en plus intransigeantes sur des questions comme l’immigration et l’identité, dans le but de devancer un nouveau parti d’extrême droite fondé plus tôt cette année par Roberto Vannacci, un ancien commandant des forces spéciales de l’armée italienne.

« Avenir national », le parti de M. Vannacci, recueille plus de 7 % des suffrages au niveau national, selon les sondages. Il a éclipsé la popularité de la Ligue, l’un des trois partis de la coalition au pouvoir.

M. Vannacci, qui a servi en Afghanistan et en Irak, a dévoilé cette semaine davantage de détails sur le programme de son parti, appelant au déploiement de troupes dans les rues des villes italiennes pour maintenir la sécurité et à l’enseignement des valeurs militaires dans les écoles.

Il souhaite l’interdiction des bloqueurs de puberté et du changement de sexe chez les adolescents, ainsi qu’un accès restreint à l’avortement.

Les unions civiles entre couples homosexuels seraient interdites, et son parti mènerait une politique très controversée de « remigration », consistant à renvoyer les migrants dans leur pays d’origine.

Alessandro Zan, député du Parti démocrate (centre-gauche) et membre de l’opposition, a déclaré que ce programme « frôlait le nazisme ».

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