mardi 2 novembre 2021

Feuilleton « L’École de la vie »  : « On a un fantasme total de l’extrême droite »

Pour Valeurs actuelles, Didier Lemaire, ex-professeur de philosophie à Trappes, a bien voulu se pencher sur la série « L’École de la vie », diffusée sur France 2 depuis le mois d’avril. La saison 5, vivement critiquée sur Twitter pour son très idéologique scénario, confronte notamment le héros, le professeur d’histoire Vincent Picard, à un élève très critique à l’égard de la repentance coloniale, parce que secrètement radicalisé par les thèses de l’extrême droite. L’élève finira d’ailleurs par rejoindre un groupe néonazi et tenter de poignarder un élève d’origine maghrébine. Alors, fantasme ou réalité ?

Médiocre, mais révélateur

Contacté par téléphone, Didier Lemaire confie d’emblée « la souffrance » qu’il a eue à visionner cette série à la fois « d’une incroyable médiocrité » et « intéressante à analyser ». Le professeur de philosophie, actuellement en disponibilité après la polémique autour de Trappes, tient d’abord à se pencher sur le titre de la série, « L’École de la vie », « qui exprime déjà une première confusion, puisqu’il laisse entendre que l’école serait le lieu d’apprentissage de la vie par l’expérience et la pratique, alors que l’école est justement l’inverse, un lieu de transmission du savoir par les livres et l’écrit ». Et d’ajouter : « Philosophiquement, on apprend à vivre… par la vie », tout simplement.

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Autre confusion entretenue par la série : l’absence de frontière entre le monde des adultes — « eux-mêmes totalement immatures » — et le monde des élèves. « Cet effacement des âges, cette absence de frontière entre ces deux mondes, rend l’acte de transmission — par nature vertical — impossible. On nage en plein pédagogisme », explique-t-il, avant de pointer le contenu des cours d’histoire du professeur Vincent Picard. « Il n’y a pas d’enseignement dans ses cours, mais seulement des débats — dont le but est de convaincre son adversaire et non pas d’acquérir une connaissance — ou des ateliers vidéo, comme si la dimension scientifique de la matière était totalement évacuée. »

Le bien de gauche remplace le vrai

 

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Plus exactement, relate Didier Lemaire, en référence à l’enseignement sur la colonisation, « dans les cours de Vincent Picard, le bien remplace le vrai, puisque tout est jugement de valeur, dénaturant ainsi la dimension scientifique de sa discipline ». Ce qui n’est, là encore, absolument pas la vocation de l’histoire, « qui consiste à comprendre le passé, avec les normes des hommes du passé, et non pas à condamner le passé avec les normes du présent ». Et d’ajouter, non sans humour : « C’est comme si je faisais de l’astrologie pendant mes cours de philosophie. » Au fond, précise-t-il, « Vincent Picard ne se comporte pas comme un professeur, mais comme un prêtre ou un idéologue. Il dit ce qui est bien et ce qui est mal ».

 

Dans sa longue carrière de professeur, Didier Lemaire raconte avoir croisé ce style d’enseignants, « qui prennent leurs représentations idéologiques pour le bien moral » ; une confusion « classique de la gauche française », qui confond par exemple « l’antiracisme universaliste, nécessaire pour protéger l’humanité de chaque personne » et « l’antiracisme racialiste, qui est la sacralisation d’une communauté ou d’une identité fantasmée ».

Même critique sévère sur le choix de représenter la radicalisation d’un élève, non pas vers l’islamisme, comme ce fut le cas dans les classes de Didier Lemaire et dans de nombreuses villes de France, mais vers l’extrême droite. « On a un fantasme total de l’extrême droite », analyse l’ex-professeur de Trappes, pour qui le néo-nazisme est un danger mineur en France. Lui-même d’ailleurs, durant ses 30 années d’enseignement, n’a pas connu d’élèves tombant dans cette idéologie, mais reconnait avoir émis plusieurs signalements pour radicalisation islamiste.

L’école rêvée des gauchistes

Ce qui lui fait dire, entre autres : « Si je devais noter le scénario sur l’échelle du réel, ce serait proche du 0. Ce n’est que la réalité vue à travers un prisme idéologique. Cette série est une dystopie sur l’école rêvée des gauchistes, proche de ce qui se faisait dans les écoles de l’Union soviétique », où Didier Lemaire s’était rendu au cours de sa scolarité pour apprendre le russe, en pleine Guerre froide. « Il y avait la même absence de distance entre les élèves et leurs professeurs. Tout le monde semblait appartenir à la même famille. »

Ce qui nous amène à la dernière remarque, centrale dans la critique de Didier Lemaire : l’amour. « Lorsque l’on regarde cette série, on a l’impression que le lycée est un lieu de relations affectives et amicales, tant dans la vie scolaire, qu’entre les professeurs et leurs élèves ». Il précise : « Les personnages, complètement infantiles, ne cherchent dans l’amour qu’à combler leurs propres failles. C’est le cas par exemple du héros, qui vient de perdre son épouse, et la femme du parc, qui s’est fait plaquer après avoir accouché. » D’ailleurs, s’étonne-t-il encore, « tout le monde est victime : la fille Zoé est victime de sa mère précaire, qui est victime de son mari, qui ne verse pas la pension, etc. ». Même Alex, qui incarne le mal en se radicalisant, est lui aussi victime du manque d’attention de ses parents, qui oublient son anniversaire. Au fond, « Alex est peut-être le seul personnage sympathique de ce film même s’il s’égare complètement, parce que c’est le seul à remettre les choses en question ».

Pour conclure, « la morale de l’histoire serait que le but de l’enseignement c’est d’être aimé de ses élèves, et même de pouvoir leur exposer ses propres failles. Or, qu’il soit aimé ou non, le seul objectif d’un enseignant doit être de faire grandir ses élèves par la connaissance et l’usage de la raison. Il m’est arrivé dans ma carrière de garder des liens amicaux avec des élèves, une fois qu’ils ont grandi, mais ce n’est pas un objectif pédagogique ! »

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Marginalisation des enfants croyants par le ministre de l’Éducation du Québec

Nous reproduisons ci-dessous une lettre d’opinion avec 7 cosignataires, envoyée hier aux médias francophones principaux et catholiques du Québec ainsi qu’à l’AECQ et au ministre Jean-François Roberge.

Le ministre Jean-François Roberge a annoncé un nouveau programme québécois qui remplacera l’ancien programme d’Éthique et culture religieuse (ECR). Il se nomme Culture et citoyenneté québécoise. Il reposera sur trois axes : la culture, la citoyenneté québécoise, le dialogue et la pensée critique. Aujourd’hui, le ministère de l’Éducation va loin, en évacuant tout contenu religieux du nouveau programme. Le ministère maintient aussi l’obligation aux enfants de tout âge de fréquenter ce cours, que ce soit à l’école publique ou privée.

Plus qu’avant, une nouvelle génération de parents aura à gérer la transmission directe à l’école de valeurs qui risquent d’être en contradiction avec leurs propres valeurs familiales et/ou religieuses. Plus qu’avant, les enfants qui ont une appartenance religieuse se sentiront mis à l’écart. Des milliers de parents s’étaient opposé au programme ECR pour plusieurs raisons. Ils ont contesté la perte du choix entre des cours de religion ou de morale. Mais ils étaient particulièrement indignés et choqués par l’obligation de fréquenter un cours qui ne respecte toujours pas leurs convictions. La cause des parents contre ECR a été portée jusqu’en Cour suprême du Canada, appuyée par la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) et par l’Association des parents catholiques du Québec (APCQ) ainsi que par l’Association des communautés chrétiennes orthodoxes du Grand Montréal (ACCOM) et par la Ligue catholique des droits humains (LCDH). 

Depuis ce temps, les parents se sont vus privés de leurs droits de regard et de décision en tant que premiers éducateurs de leurs enfants, autant par la Cour que par le gouvernement. Avec ce nouveau programme, cet abus de pouvoir va perdurer. Dans le programme ECR, la présentation de croyances religieuses et morales contraires à leurs valeurs familiales et la remise en question systématique de leurs enseignements ont profondément bouleversé les parents. Ces derniers se sont retrouvés dans la position fâcheuse et non méritée d’avoir à gérer des contenus qu’ils considéraient comme nuisibles à leurs enfants. Ils appréhendaient l’impact de l’école sur le système de valeurs de leurs enfants et sur leur adhérence religieuse. Cet impact s’est fait sentir et se fera sentir de nouveau, dans la classe, à travers les échanges en groupe, les exercices à faire, les lectures, les visites et les rencontres non autorisées par les parents, les films et les vidéos. 

Ce nouveau cours, tel qu’il est annoncé, axé sur les valeurs à la mode et qui évacue les bases chrétiennes de la pensée critique, morale et religieuse posera un défi encore plus grand aux parents. Pourtant, les parents restent, il faut le rappeler, responsables légalement de leurs enfants ! Que l’État s’accapare le choix des valeurs que les enfants absorberont, demeure une injustice flagrante ! Les familles auront de nouveau à en vivre les conséquences sur une base quotidienne !

L’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ), dans son communiqué du 25 octobre 2021, se dit inquiète et dénonce ce nouveau programme à cause de l’évacuation des contenus religieux, de la marginalisation des croyants de toutes confessions et du risque d’augmentation des préjudices à leur égard.

Comme annoncé, ce nouveau cours n’inclut pas l’impact déterminant du catholicisme sur l’histoire du Québec. De plus, il ignore l’importance de la religion dans la vie des élèves, sabotant ainsi les efforts parentaux de donner à leurs enfants un sens à la vie et une appartenance à une communauté de foi.

Aussi, un des objectifs du nouveau programme est de se positionner « face à des enjeux socioculturels ». L’Église catholique a une longue histoire de réflexion continue sur ce sujet. Mais la référence à l’Église ne fait pas partie des contenus envisagés par le ministre. Alors, quelles seront les bases de cette nouvelle identité québécoise que le ministère veut former auprès des enfants ?

De plus, l’AECQ regrette que le nouveau cours ne reconnaisse pas « la complémentarité de l’éthique et de la culture religieuse pour le Québec ». Au contraire, le ministre a souligné que cela va à l’encontre des valeurs québécoises de définir son identité à partir de son appartenance religieuse. (Voir le Journal de Montréal, le 25 octobre 2021, p.3). Pourtant, la majorité de la population québécoise inclut la religion dans sa définition et sa pratique. Le ministre semble croire qu’il est le dépositaire des valeurs québécoises. Mais celles-ci sont multiples et complexes et comprennent une dimension religieuse. Les valeurs morales ancrées dans les traditions religieuses sont souvent en opposition aux valeurs promues par les politiques et la société civile.

Plus qu’avant, le ministère se sert de sa position de force pour façonner le profil socioculturel du Québec selon SES valeurs. Plus qu’avant il évacue la liberté de religion dans la « Belle province ». À quand la reconnaissance du devoir des parents et le respect de leur responsabilité dans l’éducation de leurs enfants ? À quand une liberté de choix dans les programmes scolaires ? À quand les parents chrétiens auront-ils le droit de recevoir un cours selon leur culture religieuse, leurs croyances et leurs convictions ?

Le 1er novembre 2021

Jean Morse-Chevrier, Présidente de l’APCQ (de 2004 à 2013)
Jocelyne St-Cyr, Présidente de l’APCQ (de 1989 à 2004)
Diane Joyal, Présidente de l’APCQ (de 2013 à 2016)
Jean-Léon Laffitte, Président de l’APCQ
Antoine Malek, Ancien président de l’ACCOM
Raouf Ayas pour le Rassemblement des chrétiens du Moyen-Orient
Sylvain Lamontagne, dernier président de la CLÉ
Nicholas Newman, MD, grand-parent

-30 —

Source : Jean Morse-Chevrier, 819-661-7140, chevrier<arrobe>sympatico.ca


L'ambassadeur de France en Suède : « La France est un pays musulman »

Invité sur la chaîne nationale suédoise SVT, l’ambassadeur de France en Suède avait déclaré en 2020 : « La France est un pays musulman, l’islam est la seconde religion en France, nous avons entre 4 et 8 millions de musulmans ».

 

Le 25 septembre en 2020, Étienne de Gonneville, l’ambassadeur de France en Suède, était interviewé sur la chaîne nationale suédoise SVT, au sujet des événements qui ont suivi l’assassinat de Samuel Paty. « Y’a-t-il un risque que la situation tourne au conflit entre la France et le monde musulman ? », l’a ainsi interrogé le présentateur. L’homme politique a alors répondu à la négative, expliquant : « La France est un pays musulman, l’islam est la seconde religion en France, nous avons entre 4 et 8 millions de musulmans ».

Étienne de Gonneville a ensuite appelé à ne pas mélanger le terrorisme et l’islam. « C’est le piège que les islamistes ont tendu pour que nous tombions dedans. (…) Al-Qaïda et sa propagande utilisent les caricatures de Charlie Hebdo pour détourner la conversation de ce qui est en fait le terrorisme vers autre chose », a-t-il déclaré.

Source : La Dépêche


lundi 1 novembre 2021

Bjorn Lomborg : « Le changement climatique n’est pas la fin du monde »

Comme Michael Shellenberger, Bjorn Lomborg, statisticien danois, considère qu’il existe des problèmes plus prioritaires que le réchauffement climatique. Bjorn Lomborg, fondateur du réseau pensant le Copenhagen Consensus Center, s’interroge sur un discours alarmiste et contre-productif. Chroniqueur au Wall Sreet Journal, il est résolument confiant dans les capacités d’innovation de l’humanité. Il a accordé un entretien à l’hebdomadaire français Le Point

 


Le Point — Vous estimez que la peur du changement climatique est exagérée. Pourquoi ?

Bjorn Lomborg. — Le changement climatique ne représente qu’une infime partie des centres d’intérêt du Copenhagen Consensus Center. En son sein, nous cherchons à savoir comment utiliser les ressources collectives au mieux, pour le plus grand bénéfice de l’humanité. Or il s’avère qu’il existe de nombreux autres domaines dans lesquels on peut faire beaucoup de bien par dollar dépensé. Les maladies infectieuses, la nutrition des jeunes enfants, la santé maternelle et néonatale… Par exemple, chaque année, 1,5 million de personnes meurent de la tuberculose. Pourquoi n’en parlons-nous pas davantage ? Nous ne devrions pas nous concentrer uniquement sur le réchauffement de la planète.

Je suis spécialiste en sciences sociales : je prends pour argent comptant ce que les spécialistes des sciences naturelles nous disent, à savoir que le réchauffement climatique est réel, qu’il est dû à l’homme et aux gaz à effet de serre, et qu’il aura un certain nombre d’effets négatifs significatifs. Mais, face à ces faits, je pose la question suivante : quel sera son véritable impact ? Par exemple, on prévoit que le niveau des mers augmentera de 0,5 à 1 mètre d’ici la fin du siècle. Dans le monde, 187 millions de personnes vivent sur des terres situées à moins d’un mètre du niveau moyen ou élevé de la mer. On entend régulièrement dire que 187 millions de personnes vont devoir déménager d’ici la fin du siècle, ou même que 187 millions de personnes vont se noyer. C’est faux. Tout d’abord, elles ne se noieront pas, car elles auront quatre-vingts ans pour se préparer. Surtout, en disant cela, nous faisons comme si aucune nation n’allait construire davantage de défenses maritimes. Or, à mesure que le niveau de la mer va augmenter, la plupart des sociétés vont évidemment mieux s’en protéger. En tenant compte de l’enrichissement à venir de nos sociétés, peut-être qu’environ 300 000 personnes, selon mes calculs, devront se déplacer, sur une population d’environ 9 milliards d’individus. C’est un résultat très différent : l’un est une catastrophe, l’autre est un problème. C’est pourquoi j’estime que le changement climatique n’est pas la fin du monde.

– Le problème migratoire sera aggravé par d’autres problèmes : plus le monde se réchauffe, moins il y a de lieux adaptés à la vie humaine…

– Il y a certainement un ensemble de défis à affronter. Mais rappelez-vous qu’en 1900, par exemple, les gens avaient une vision pessimiste de l’avenir. Entre-temps, l’humanité a développé énormément de solutions, que personne ne prévoyait, comme les antibiotiques ou Internet. De même, nous faisons l’erreur de ne pas prendre en compte le fait qu’à la fin du siècle, selon la plupart des scénarios, nous vivrons plus longtemps, nous serons mieux éduqués, et nous aurons des revenus plus élevés. Les gens devront se déplacer, mais seront mieux lotis à presque tous les égards.

Bjorn Lomborg
— Selon les projections économiques, le changement climatique aura également un impact sur le PIB…

– Le seul économiste spécialiste du climat à avoir reçu le prix Nobel d’économie, William Nordhaus, estime que d’ici la fin du siècle, si nous ne faisons rien, le coût du changement climatique se situera entre 3 et 4 % du PIB. N’oubliez pas que d’ici là, notre PIB par personne sera bien plus important qu’il ne l’est aujourd’hui. Cela signifie que nous serons mieux lotis, mais seulement un peu moins que si le réchauffement climatique n’existait pas. Une histoire très différente de celle selon laquelle « nous allons tous mourir ».

– Des boucles de rétroaction non linéaires — quand des conséquences environnementales néfastes rétroagissent sur leurs causes, ce qui accroît le phénomène — pourraient avoir des effets fort néfastes. Il est donc rationnel de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter une situation très improbable, mais à haut risque : que la Terre devienne inhabitable.

– Tout à fait. L’économiste et lauréat du prix Nobel Thomas Schelling a été l’un des premiers à faire cette remarque en 1992. Mais vous ne pouvez pas vous contenter de souligner l’existence d’une probabilité non nulle que quelque chose de terrible se produise pour justifier qu’on la traite en priorité sur les autres. Pourquoi alors ne pas en faire davantage pour prévenir une guerre nucléaire, le bioterrorisme, la gelée grise ou les risques liés à l’intelligence artificielle ? Il existe un nombre presque infini de risques qui pourraient potentiellement éradiquer l’humanité et contre lesquels nous pourrions dépenser une quantité infinie d’argent. Or nous ne le faisons pas. Un exemple : à la fin des années 1990, des scientifiques ont commencé à repérer dans l’espace des objets géocroiseurs — des astéroïdes qui pouvaient frapper la Terre et éradiquer l’humanité. La Nasa avait la possibilité de cartographier la plupart d’entre eux, mais le Congrès américain a refusé de dépenser les sommes nécessaires. Au lieu de vouloir sauver l’humanité en nous concentrant sur un seul sujet, il vaut donc mieux nous assurer qu’à l’avenir nos enfants et petits-enfants soient plus prospères et savants et se tirent seuls d’affaire.

– Vous soulignez aussi certains impacts positifs du changement climatique. Quels sont-ils ?

– Dans l’ensemble, le réchauffement climatique a bien plus d’impacts négatifs que positifs [Il n’est pas évident que ce bilan soit négatif dans des pays très froids comme le Québec.] Pour autant, ceux-ci existent : ainsi le monde est devenu beaucoup plus vert au cours des trente dernières années grâce aux émissions de CO2. On n’en parle jamais ! Ou encore, aujourd’hui, il y a environ neuf fois plus de décès dus au froid qu’à la chaleur. Mais, avec l’augmentation des températures, il y a plus de morts causées par le froid évitées que de morts supplémentaires provoquées par la chaleur, même si cette tendance risque à terme de s’inverser.

– Si l’on vous suit, il faut s’attaquer au changement climatique avec prudence. Que recommandez-vous ?

–  À la fin des années 2010, les Nations unies ont constaté que ces années avaient été une « décennie perdue » à cause d’opportunités manquées. Il était impossible de savoir, concluaient-elles dans un rapport, si les actions entreprises depuis 2005 avaient eu un effet. Malgré quinze ans de discussions dans diverses conférences, la situation semblait figée. Il est évident que certains pays, durant cette période, se sont décarbonés, mais, dans le même temps, la Chine s’est enrichie et a émis bien plus de carbone. Cela suggère que la méthode actuelle, de surcroît fort coûteuse, n’est pas la bonne. Que faire alors ? Pour commencer, examiner le coût des effets du changement climatique et le comparer à celui de la politique environnementale à mettre en œuvre : c’est ce que fait l’économie du climat. On devrait imposer une taxe carbone faible, mais croissante sur toutes les émissions de gaz à effet de serre, de préférence au niveau mondial, afin de réduire les pires effets du réchauffement. Mais cela ne sera pas suffisant. C’est pourquoi nous avons aussi besoin d’innovation. Nous essayons de résoudre un problème significatif avec une méthode qui n’a jamais fonctionné auparavant : demander à nos congénères de vivre avec moins. En regard, nous avons toujours, historiquement, répondu aux défis qui se posaient à nous par l’innovation. Dans les années 1960, lorsque nous nous sommes inquiétés de la pénurie de nourriture en Afrique et en Asie du Sud, on a lancé la « révolution verte ». Nous devrions faire de même pour l’énergie.

– Certaines solutions innovantes peuvent créer des problèmes pires que les avantages qu’elles apportent. Prenez, par exemple, la géo-ingénierie [l’ensemble des techniques et pratiques mises en œuvre ou projetées dans une visée corrective à grande échelle d’effets de la pression anthropique sur l’environnement, NDLR].

– Tout ce que nous pourrons faire pour réduire les émissions aura forcément un impact négatif. Cependant, je n’ai jamais prôné la géo-ingénierie, car elle est potentiellement dangereuse. J’estime, en revanche, que nous devrions mener des recherches pour savoir si elle est ou non une option envisageable. Plus largement, il est réaliste de penser que les grandes découvertes prendront du temps : elles se produiront plutôt au cours du prochain demi-siècle.

– Vous avez été souvent pris pour cible par des experts qui vous reprochent de faire un mauvais usage des modèles scientifiques. Quelle est votre réponse ?

–  Je prends ces critiques au sérieux. Pour autant, je suis rarement critiqué pour utiliser de bons ou de mauvais modèles, mais parce qu’on n’apprécie pas mes conclusions politiques. On m’accuse de sous-estimer le coût du changement climatique, mais je cite en réalité la seule personne à avoir obtenu le prix Nobel d’économie pour ce travail. Certes, il est peu probable qu’une seule personne ait cerné l’ensemble du domaine de manière absolument correcte, mais il est légitime, lorsque tant de militants veulent dépenser des milliers de milliards d’euros pour lutter contre le changement climatique, d’évaluer avec soin son ampleur et ses conséquences.

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La Norvège défend l’environnement et les hydrocarbures… avec l'argent du pétrole et du gaz

Alors que le Premier ministre du Québec, François Legault, se vante d’interdire toute exploration et exploitation des hydrocarbures au Québec (voir le gisement Old Harry), la Norvège  joue résolument sur les deux tableaux : l’environnement (elle bénéficie d'un fort secteur hydroélectrique comme le Québec) et le pétrole pour maximiser ses chances de profiter de la conjoncture.


 

Le professeur Alejandro Varela pousse la porte de la salle et jette un œil. Il grimace. « Il y en a quatre qui ne viennent plus », dit-il. Il salue son collègue installé sous un écran géant noirci de formules mathématiques. Le cours de géophysique est désert. Seuls trois étudiants y participent, deux Italiens et un Ghanéen. Ils recopient les équations énoncées en anglais par l’enseignant. Celui-ci parle à voix basse, mais chacun l’entend dans cet amphi oublié conçu pour une centaine de personnes. « On sera bientôt plus nombreux que nos élèves », souffle Alejandro, Vénézuélien de 47 ans, titulaire d’un doctorat de géologie obtenu au Texas, employé depuis plus de dix ans à Stavanger, berceau de l’industrie pétrolière norvégienne. L’université est l’une des meilleures du pays, mais, pour lui, la rentrée s’annonce catastrophique. Les maîtrises spécialisées dans les hydrocarbures n’attirent que 35 postulants. Trois fois moins qu’il y a cinq ans ! Pourtant, il se démène. Il a rebaptisé sa discipline : plus question d’y faire apparaître « pétrole » ou « gaz », seules les « sciences de la Terre » y sont mentionnées. Mais rien ne bouge. « On nous a prévenus qu’il fallait remonter les courbes, sinon on risque de fermer le département », poursuit Alejandro.

Le désamour s’explique : sensibles [sensibilisés] à l’urgence climatique, les jeunes boudent les métiers polluants. Sauf qu’il frappe un lieu emblématique. C’est ici, sur les côtes de Stavanger, que l’ex-compagnie américaine Esso a entrepris, en 1966, ses premiers forages. Et que la folie de l’or noir a suivi, avec la découverte du gisement géant Ekofisk et la ruée des multinationales. C’est aussi ici que se bâtit la richesse d’un pays de 5,3 millions d’habitants, devenu le premier producteur de pétrole d’Europe de l’Ouest et le troisième exportateur mondial de gaz, derrière la Russie et le Qatar. Un demi-siècle plus tard, Stavanger et ses 140 000 âmes ont oublié les boîtes de sardines décorées de leur Viking moustachu, jadis l’unique ressource du coin. Le baril a transformé la vie des habitants des petites maisons de bois colorées. Le salaire moyen avoisine les 10 000 euros [14 300 $ canadiens] mensuels, et le sandwich aux crevettes roses, les 15 euros [21,4 $ canadiens]. Alors, au fond du fjord, derrière les façades de verre de l’université, les malheurs d’Alejandro illustrent le dilemme norvégien : comment défendre son statut de champion des hydrocarbures face au défi écologique ? Côté pile, tout va bien. La Norvège affiche de grandes ambitions environnementales : 70 % des voitures vendues sont électriques ; les véhicules essence ou diesel disparaîtront des catalogues en 2025 ; 93 % de l’électricité provient des barrages, et le chauffage au fioul est banni depuis l’an passé. Quant aux taxes sur les émissions de CO2, le pays prévoit de les quadrupler à l’horizon 2030. Objectif ? Atteindre la neutralité carbone en 2050, conformément à l’accord sur le climat.

Côté face, c’est plus compliqué. Les autorités protègent les puits, pourtant responsables d’un tiers des émissions. Pas question de fermer les robinets : la manne représente 14 % du PIB, plus de 40 % des exportations et près de 200 000 emplois. Et qu’importe si l’Agence internationale de l’énergie préconise l’arrêt immédiat des développements de nouveaux gisements afin de respecter les critères de 2050. Certes, la classe politique s’accorde à penser que l’ère pétrolière s’achèvera un jour, mais ce jour appartient à un horizon lointain.

Tentation. À la chambre de commerce de Stavanger, un homme incarne la procrastination norvégienne : Ulf Rosenberg, une carrière consacrée à l’énergie, influent conseiller de la ville et tromboniste à ses heures perdues. Il déplie une carte constellée de pastilles noires. On y dénombre 37 champs récemment découverts — y compris en mer de Barents, la nouvelle province pétrolière et gazière arctique — et prêts à jaillir au cours des deux prochaines années. « Il y en a pour au moins 30 milliards d’euros d’investissements, affirme-t-il, enthousiaste, 45 milliards en comptant large. » Il désigne deux pépites sous-marines, l’une toute au nord, Wisting, l’autre à l’ouest, Noaka : « Si les autres ont des réserves de 100 millions de barils, ces deux-là peuvent en atteindre 500 millions. » Abandonner le pétrole et le gaz ? « Pourquoi ? Vous voulez dépendre de Poutine et de l’Algérie ? » répond-il. Avant d’ajouter, se voulant rassurant : « On n’augmente pas nos investissements, ils restent stables. »

Et ce n’est pas le nouveau gouvernement travailliste issu des élections de septembre qui entend freiner le rythme. « On se concentrera sur les petits champs », a tout de même précisé le Premier ministre Jonas Gahr Store, un francophile, ancien de Sciences Po Paris. Un engagement qui laisse perplexe. « Ils ont besoin d’une grosse découverte pour maintenir l’activité, alors ils accorderont de nouvelles licences d’exploration », regrette l’expert Jon Evang, de l’Institut Zero, organisme chargé de conseiller la nouvelle équipe au pouvoir sur la stratégie environnementale. « Ce n’est plus “fore, bébé, fore”, poursuit-il en reprenant le credo des lobbys pétroliers, mais “fore encore un petit peu plus”. » 

Autre symptôme du malaise : la lenteur avec laquelle le pays procède à la fermeture de sa dernière mine de charbon, dans l’archipel arctique du Svalbard. Une échéance fixée à 2023 vient enfin de tomber. Mais, d’ici là, l’exploitant a reçu l’autorisation de gonfler sa production. Résultat, sur la scène politique, les positions se crispent. Le nouveau gouvernement a échoué à rallier le Parti socialiste de gauche, pourtant candidat à la coalition. « On demandait la fin de l’exploration, mais ils veulent encore produire pendant vingt à vingt-cinq ans », souligne la députée Kari Elisabeth Kaski, 34 ans, connue pour avoir arraché, il y a deux ans, l’interdiction des projets de forage au large des îles Lofoten, où se trouve la plus grande barrière de corail en eaux froides. « Il va falloir que l’on pousse au Parlement en menaçant de ne pas voter le budget. »

Statu quo. En face, les partisans du statu quo soignent leurs arguments. Et usent d’une tactique : jouer sur les deux tableaux. Oui, il faut continuer, mais en participant à la transition verte, affirment-ils. À Stavanger, au siège de la compagnie nationale Equinor (ex-Statoil), détenue à 70 % par l’État, les professions de foi écologiques s’enchaînent. L’énergie éolienne ? Une capacité de 12 à 16 gigawatts, essentiellement en mer, arrivera sur le marché d’ici à 2030, soit l’équivalent de 13 réacteurs nucléaires. L’hydrogène ? Des projets se développent dans le nord de l’Angleterre et en Allemagne. La capture et le stockage de dioxyde de carbone ? Un partenariat voit le jour avec Shell et Total. « Mais on veut que tout cela soit profitable, nuance Philippe Mathieu, un Français chargé de la stratégie du groupe. Et, pour assurer le financement, nous avons besoin de l’argent généré par nos activités d’hydrocarbures. »

Du coup, l’affaire risque de traîner. Le plan d’Equinor prévoit qu’en 2030 la moitié des investissements ira aux énergies renouvelables. On en est loin. Pour l’heure, 5 % leur sont alloués.

[…]

[L]e pays peut compter sur un fabuleux trésor : son fonds souverain — le plus élevé du monde —, estimé à 1 162 milliards d’euros, alimenté par les taxes pétrolières et prospérant via ses placements en actions auprès de 8 800 entreprises, au point de détenir 1,5 % de la capitalisation boursière de la planète. Une simple remontée des cours et ses réserves gonflent de 100 milliards d’euros ! Or ce magot — quatre fois le PIB du pays —, destiné à payer les retraites des futures générations, personne n’entend y toucher. Il réconforte. « Après la guerre, on était le pays le plus pauvre d’Europe, explique Ingrid, venue d’Oslo en famille visiter le musée du pétrole à Stavanger. On tient à notre niveau de vie. » Puis, se tournant vers son fils qui s’extrait d’une capsule sous-marine exposée : « Tu te souviens des intérêts dégagés cette année par notre fonds ? » « Plus de 10 % », répond-il sans hésiter.

À Oslo, le ministre du Climat et de l’Environnement, Espen Barth Eide, est, lui, catégorique. « Si demain la production pétrolière s’interrompt, cela n’empêchera pas le fonds d’augmenter, même lentement. » Mais, là encore, on le pare d’une identité verte pour masquer ses origines fossiles. « Nous souhaitons qu’il investisse dans des firmes engagées dans une stratégie zéro carbone », poursuit le ministre. Un bas de laine gorgé d’or noir qui sert à donner des leçons de vertu. Ainsi va le paradoxe norvégien… « Bien sûr qu’on a une responsabilité morale, admet l’ex-vice-ministre de l’Énergie Tony Christian Tiller, 40 ans, fier de se rendre en bus à son bureau. D’ailleurs, nos taxes sur le carbone remontent aux années 1990, quand d’autres subventionnaient encore leurs industries fossiles. »

[…]

Pétrole : 1er producteur en Europe
Les plus grands producteurs de pétrole brut en 2019, en millions de barils par jour


Gaz : 3e exportateur mondial
Exportations nettes de gaz naturel en 2019, en milliards de mètres cubes


(Source : BP Statistical Review of World Energy 2020.)

Le pétrole brut et le gaz naturel représentent 42 % de la valeur totale des exportations norvégiennes de marchandises en 2020.

Source : Le Point

Voir aussi 

The Guardian : nous avions tort au sujet du pic pétrolier (2012) 

Quarante-neuf prédictions écoapocalyptiques qui ne se sont jamais réalisées  

Côte d'Ivoire : « Découverte majeure » de pétrole et de gaz naturel (2021)

Alaska : gisement géant de 1,2 milliard de barils (168 millions de tonnes de brut) (2017)

Chine : découverte du plus grand gisement de pétrole de schiste jamais découvert (2021)

Turquie : découverte de 405 milliards de mètres cubes de gaz naturel en mer Noire (2021)

Abou Dhabi : 22 milliards de barils de pétrole non conventionnel récupérables ont été découverts (2020)

Mexique : l'une des dix « découvertes [de pétrole] les plus importantes au monde au cours des 15 dernières années » (2018)

Bahrein : découverte du plus grand champ pétrolier jamais découvert sur le territoire (2018)

« Urgence climatique » — Le point de rupture à nouveau reporté ? (Pas grave, les gens oublient)

Greta La Science Thunberg devant le Congrès : « Même avec 1 ° C, un nombre inacceptable de vies perdues »

Climat et élèves en grève : « On ne veut pas mourir dans 10 ans » (m-à-j)

Allemagne — les élèves qui ne manifestent pas pour le climat « ont un problème ».

Québec — consommation d’antidépresseurs a augmenté de 68 % chez jeunes filles au cours des 5 dernières années
 

Les États-Unis bientôt premier producteur de pétrole grâce aux schistes... Que fait le Québec ?

 

États-Unis — 34% des étudiants blancs ont menti sur leur race pour être admis ou bénéficier d'aides

Résumé :

  • 34 % des Américains blancs qui ont fait une demande d’admission dans une université américaine admettent avoir menti quant à leur appartenance à une minorité raciale.
  • 48 % des gens ayant menti ont déclaré être amérindiens (« autochtones américains »).
  • Les trois quarts des blancs ayant prétendu appartenir à une minorité raciale ont été acceptés par les universités auxquelles ils avaient menti.

Chaque année, des candidats à l’université remplissent des dossiers d’admission, dans l’espoir que leurs notes, leurs activités extrascolaires et leurs lettres de recommandation leur permettront de se démarquer et d’être acceptés dans l’établissement de leur choix.

Cependant, certains candidats falsifient leur race afin de profiter des politiques diversitaires ou obtenir des aides financières plus importantes.

Intelligent.com a demandé à 1 250 candidats blancs âgés de 16 ans et plus s’ils avaient menti dans leur dossier de candidature en indiquant qu’ils appartenaient à une minorité raciale.

34 % des Américains blancs qui ont fait une demande d’admission dans une université américaine admettent avoir menti

 
L’enquête indique que 34 % des Américains blancs ayant fait une demande d’inscription à l’université ont faussement déclaré dans leur dossier qu’ils appartenaient à une minorité raciale.

La première raison pour laquelle les candidats ont feint appartenir à une minorité est d’améliorer leurs chances d’être admis (81 %). Cinquante pour cent l’ont fait pour bénéficier d’aides financières destinées aux minorités.

Les hommes sont trois fois plus tendance que les femmes de mentir sur leur race dans une demande d’admission à l’université. Quarante-huit pour cent des hommes interrogés ont déclaré appartenir à une minorité dans leur demande d’admission à l’université, contre seulement 16 % des femmes.

Le mensonge varie également selon les groupes d’âge, 43 % des personnes âgées de 35 à 44 ans et 41 % des 16-24 ans admettent avoir simulé leur appartenance à une minorité raciale lors de leur candidature à l’université.

Ces taux sont plus faibles pour les 25-34 ans (31 %), les 45-54 ans (28 %) et les 54 ans et plus (13 %).


 Le statut d’amérindien est la minorité la plus souvent revendiquée

Près de la moitié des répondants qui ont menti sur leur appartenance à une minorité (48 %) se sont identifiés comme Amérindiens dans leur demande.

13 % ont déclaré être Latino, 10 % ont déclaré être Noirs et 9 % ont déclaré être Asiatiques ou Insulaires du Pacifique.

Deux fois plus d’hommes que de femmes ont déclaré être d’origine amérindienne sur leur demande (54 % contre 24 %). En outre, une femme sur quatre (24 %) a déclaré être latina. Les femmes sont également deux fois plus susceptibles que les hommes de prétendre être noires (18 % contre 8 %).

Selon Kristen Scatton, rédactrice en chef d’Intelligent.com, la prévalence des candidats qui prétendent avoir des ancêtres amérindiens est peut-être due au fait que, pour de nombreux Américains, un petit pourcentage de leur ADN provient d’une tribu amérindienne. [Les Américains d’origine africaine ont environ 1,0 % d’haplotypes amérindiens (de sang indien) et ceux d’Europe occidentale environ 0,1 % ou 0,2 %.]

« Les candidats à l’université qui tentent de rehausser leur candidature en prétendant appartenir à une minorité raciale peuvent s’appuyer sur l’idée que de nombreux Américains d’origine européenne ont un peu d’ADN amérindien dans leur lignée », explique M. Scatton. « Toutefois, les recherches ont montré que ce n’est pas si fréquent, en particulier chez les Américains blancs. Mais les candidats misent sur le fait qu’aucune université ne va leur demander de fournir un échantillon d’ADN pour vérifier. »

Plus de 3/4 des étudiants blancs ayant simulé leur appartenance à une minorité ont été acceptés

En outre, 77 % des blancs qui ont prétendu appartenir à une minorité raciale dans leur dossier de candidature ont été acceptés par les universités auxquels ils ou elles ont menti.

Bien que d’autres facteurs aient pu avoir joué un rôle dans leur admission, 85 % des candidats de première année ayant indiqué avoir menti pensent que leur prétendue appartenance à une minorité raciale a facilité leur admission par l’université de leur choix. [...]

Source : Intelligent

Voir aussi

Presque Noir : L'histoire vraie de comment j'ai été reçu en faculté de médecine en prétendant être noir (Almost Black: The True Story of How I Got Into Medical School By Pretending to Be Black) est le récit de Vijay Jojo Chokal-Ingam, d'extraction indo-pakistanaise. Il y relate comment il a été reçu dans une des meilleures écoles de médecine des États-Unis en prétendant être noir malgré ses notes nettement inférieures à la moyenne des candidats reçus.

  • 352 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 1483576043
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-1483576046

samedi 30 octobre 2021

Discours woke dans un feuilleton métissé très regardé de la chaîne privée TF1

Extrait d’un épisode de Demain nous appartient (DNA). Il s’agit d’un feuilleton télévisé français produit par Telfrance et Telsete et créé par Frédéric Chansel, Laure de Colbert, Nicolas Durand-Zouky, Éline Le Fur, Fabienne Lesieur et Jean-Marc Taba. Il est diffusé quotidiennement du lundi au vendredi depuis le 17 juillet 2017 en France sur TF1. Il est également diffusé en Belgique (sur La Une) ainsi qu’en Suisse romande sur RTS Un. Au Québec, il a été diffusé du 27 août 2018 à février 2019 sur Séries+. Le feuilleton est désormais diffusé sur TV 5 en Amérique du Nord. Le 26 août 2021, Demain nous appartient a atteint la barre du millième épisode.

Le record de part de marché de cette saison date du 30 juin 2021, il s’établit à 23,2 %, soit 2 970 000 téléspectateurs.

L’histoire tourne autour des habitants de la ville de Sète (Hérault), en France, au bord de la mer Méditerranée et de l’étang de Thau. Leur vie est rythmée par les rivalités familiales, romances et scènes de la vie quotidienne, parfois comiques, mais aussi par des intrigues mêlant enquêtes policières, secrets et trahisons. Le feuilleton reprendrait des thématiques sociétales actuelles, comme les violences conjugales, la mère adolescente, la communauté LGBT+ ou encore les familles recomposées.

 

En réalité, le programme du collège et du lycée en France aborde déjà des personnalités et civilisations non occidentales : civilisations égyptienne, sud-américaine, indiennes, chinoises, arabes....


Climat: pourquoi l’apocalypse n’aura pas lieu

Les discours alarmistes sur le climat, l’environnement ou la biodiversité sont faux. Les chemins que nos pays sont censés suivre pour échapper à la prétendue catastrophe sont des impasses. À condition de ne pas se renier, l’humanité a toutes les cartes en main pour faire face aux défis qui sont les siens. Telle est la thèse d’Apocalypse zéro, le succès de librairie de Michael Shellenberger.

Militant de la cause écologique, parti à 25 ans travailler aux côtés des paysans pauvres d’Amérique du Sud, nommé « héros de l’environnement » par le magazine Time en 2008, Michael Shellenberger dirige aujourd’hui une association de défense de la nature qui promeut ouvertement l’énergie nucléaire. Son livre, qui s’est classé en tête des ventes aux États-Unis et qui est aujourd’hui publié en français, revient sur son parcours, sa prise de conscience de ce que l’écologie radicale se fourvoyait et sur toutes les raisons qu’il y a de croire au « potentiel positif de l’humanité ». En une douzaine de chapitres précis, factuels et très vivants, il explique surtout pourquoi les choses vont beaucoup mieux que ce que certains s’évertuent à nous faire croire.

Extraits.

Bien des discours que l’on inculque aux gens sur l’environnement, y compris le climat, sont faux, et il est primordial de les rectifier. J’ai décidé d’écrire Apocalypse zéro parce que j’en avais assez des exagérations, de l’alarmisme et de l’extrémisme qui sont les ennemis d’un environnementalisme positif, humaniste et rationnel. […]

Cet ouvrage entend explorer comment et pourquoi tant d’entre nous en sont venus à confondre des problèmes environnementaux importants, mais gérables avec la fin du monde, et pourquoi les commentateurs les plus catastrophistes sur les questions écologiques ont tendance à s’opposer aux solutions les meilleures et les plus évidentes pour les résoudre.

En cours de route, nous comprendrons comment les humains ne détruisent pas seulement la nature, mais la sauvent. À travers des histoires d’individus du monde entier, des espèces et des environnements qu’ils ont sauvés, nous verrons à quel point les progrès environnementaux, énergétiques et économiques se conjuguent, dans le monde réel, en un processus unique.

[Des milliards de victimes ?]

Quand un ouragan frappe la Floride, il peut ne tuer personne, mais quand ce même ouragan frappe Haïti, des milliers de personnes peuvent mourir instantanément par noyade ou plus tard du fait d’épidémies de maladies comme le choléra. La différence est que la Floride se trouve dans un pays riche avec des bâtiments et des routes résistants aux intempéries, un système de prévision météo et de gestion des urgences sophistiqué. Haïti, en revanche, est un pays pauvre qui manque d’infrastructures et d’équipements modernes.

« Considérez que depuis 1940 aux États-Unis, 3 322 personnes sont décédées du fait des 118 ouragans qui ont touché terre », écrit [le politologue américain Roger] Pielke. Quand « un tsunami a frappé l’Asie du Sud-Est en 2004, plus de 225 000 personnes sont décédées ».

Quiconque croit que le changement climatique pourrait tuer des milliards de gens et provoquer l’effondrement de civilisations sera peut-être surpris de découvrir qu’aucun des rapports du GIEC ne contient le moindre scénario apocalyptique. Aucun rapport du GIEC ne dit que des pays développés comme les États-Unis deviendront un « enfer climatique » semblable au Congo. Nos systèmes de protection anti-inondations, nos réseaux électriques et nos infrastructures routières continueront à fonctionner même à des niveaux de réchauffement potentiellement extrêmes.

[Quand les forêts brûlent, les militants n’y voient que du feu]

Le paysage que nous considérons aujourd’hui comme un décor naturel agréable, soit une prairie herbeuse entourée d’une forêt et traversée d’une rivière, est souvent un paysage façonné par les hommes pour chasser le gibier en quête d’eau potable. Le déboisement d’un bosquet incendié pour créer une prairie dans laquelle on abattait aisément des animaux est l’un des plus fréquents usages du feu par les chasseurs-cueilleurs du monde entier. Les prairies des forêts de l’est de l’Amérique du Nord auraient disparu si elles n’avaient pas été brûlées annuellement par les Indiens pendant cinq millénaires. […]

Partout sur la planète, la déforestation par le feu a donné naissance à l’agriculture en fertilisant les sols, en favorisant la prolifération des baies, noisettes, céréales et autres cultures utiles. Aujourd’hui, de nombreuses espèces d’arbres ont besoin du feu pour que leurs graines deviennent des arbres. Le feu est également essentiel, comme on l’a vu en Californie ou en Australie, pour éliminer la biomasse ligneuse du sol forestier.

En bref, le feu et la déforestation pour la production de viande sont des facteurs essentiels de ce qui a fait de nous des êtres humains. La seule raison plausible pour laquelle [Paulo] Adario [le responsable de Greenpeace Brésil], [le top-modèle brésilien Gisele] Bündchen et d’autres écologistes jugent si choquante la production de viande en Amazonie est qu’ils ne savent rien de cette histoire. »

[Le plastique a sauvé les tortues]

La grande majorité des déchets plastiques présents dans le milieu marin provient de sources terrestres, déchets abandonnés, matériaux de fabrication ou déchets associés à des activités récréatives côtières. Le reste se compose de débris intraocéaniques comme les filets et les lignes de pêche. Filets et lignes de pêche représentent la moitié de tous les déchets du tristement célèbre vortex de déchets du Pacifique nord. […]

Entre 2007 et 2013, une équipe de neuf scientifiques a lancé vingt-quatre expéditions à travers le monde pour tenter d’évaluer la quantité totale de plastiques présents dans la mer. Ils se sont rendus sur l’ensemble des cinq gyres subtropicaux, ces courants circulaires océaniques qui piègent les déchets plastiques. […]

Les scientifiques ont semblé stupéfiés par ce qu’ils ont découvert : « Le poids global de la pollution plastique à la surface de la mer, toutes catégories de tailles confondues, ne représente que 0,1 % de la production annuelle mondiale. » Encore plus étonnant, ils ont trouvé cent fois moins de micro-plastiques qu’ils ne s’attendaient à en découvrir. […]

En Californie, l’interdiction des sacs plastiques a entraîné leur remplacement par des sacs en papier et d’autres sacs plus épais, ce qui aggrave les émissions de carbone en raison d’une fabrication très énergivore. Les sacs en papier devraient être réutilisés quarante-trois fois pour avoir un impact moindre sur l’environnement. En outre les sacs plastiques ne constituent que 0,8 % des déchets plastiques dans les océans. Les bouteilles en verre peuvent être plus agréables à boire, mais leur fabrication et leur recyclage nécessitent aussi davantage d’énergie. […]

Et parce que les bioplastiques proviennent de cultures plutôt que de sous-produits (résines) de l’industrie pétrolière et gazière, ils ont un impact plus important sur l’utilisation des sols, tout comme les biocarburants — de l’éthanol de maïs aux États-Unis à l’huile de palme en Indonésie et Malaisie […].

Pour les pays pauvres, créer des infrastructures modernes pour la distribution de l’énergie, le traitement des eaux usées et des eaux de crue sera une priorité plus urgente que les déchets plastiques, tout comme ce fut le cas pour les États-Unis et la Chine avant eux. L’absence d’un système de collecte et de gestion des déchets humains par le biais de canalisations, égouts et systèmes d’épuration représente une menace bien plus grave pour la santé humaine.

[Des usines, des usines et encore des usines !]

En Ouganda, j’ai eu une conversation avec une femme d’âge moyen qui travaillait à notre écolodge, où nous sommes allés observer des gorilles une seconde fois. Je lui ai dit que seulement deux Américains sur cent travaillent dans l’agriculture — alors que deux Ougandais sur trois sont des agriculteurs.

« Comment pouvez-vous faire pousser suffisamment de nourriture ? m’a-t-elle demandé.

— Avec de très grosses machines », ai-je répondu. […]

S’il est vrai que quelques pays riches en pétrole comme l’Arabie saoudite ont atteint un niveau de vie très élevé sans s’être jamais industrialisés, presque tous les autres pays développés du monde, Grande-Bretagne, États-Unis, Japon, Corée du Sud et Chine, ont transformé leur économie en misant sur l’industrie. […]

Aujourd’hui, les économistes soulignent trois raisons pour lesquelles le système manufacturier, par opposition à d’autres secteurs de l’économie, a permis aux pays pauvres de devenir riches.

D’abord, les pays pauvres peuvent devenir aussi efficaces que les pays riches dans la fabrication de certains produits, et même les surpasser. […] Ensuite, les produits fabriqués en usine sont faciles à exporter. Cela permet aux pays en développement de fabriquer des produits qu’ils n’ont pas encore les moyens d’acheter, et d’acheter des objets qu’ils ne sont pas encore capables de fabriquer eux-mêmes. Même quand d’autres secteurs économiques sont dysfonctionnels en raison de niveaux élevés de corruption dans l’administration ou pour d’autres motifs, l’histoire montre que les usines peuvent continuer à être productives et, de fait, stimuler la croissance économique.

Enfin, les usines nécessitent une abondante main-d’œuvre, ce qui leur permet d’absorber un grand nombre de petits paysans non qualifiés. […] Contrairement à ce que, avec d’autres, j’ai longtemps cru, les effets positifs de l’industrie textile l’emportent sur les effets négatifs. Nous devrions donc ressentir de la fierté, non de la culpabilité, lorsque nous achetons des produits fabriqués par des personnes comme Suparti [une ouvrière indonésienne que l’auteur a rencontrée, NDLR].

[À manger pour tous — même de la viande !]

La superficie totale des terres dévolues par l’humanité à la production de viande a culminé en 2000. Depuis lors, selon la FAO, les terres consacrées à l’élevage sur l’ensemble de la planète ont reculé d’environ 1 400 000 kilomètres carrés, une superficie qui représente 80 % de l’Alaska [soit près de 84 % du Québec ou près de deux fois et demie la France métropolitaine, NDLR]. Tout ceci s’est produit sans révolution végétarienne. Aujourd’hui, seuls 2 à 4 % des Américains sont végétariens ou végétaliens. […]

Cela est dû en partie à la substitution du poulet au bœuf. Un gramme de protéines de bœuf nécessite deux fois plus d’énergie sous forme d’aliments pour animaux qu’un gramme de porc, et huit fois plus qu’un gramme de poulet. Mais c’est surtout dû à l’efficacité. Entre 1925, date à laquelle les États-Unis ont commencé à produire des poulets en intérieur, et 2017, les éleveurs ont réduit de plus de moitié le temps d’alimentation tout en faisant plus que doubler le poids des poulets.

La production de viande a pratiquement doublé aux États-Unis depuis le début des années 1960, et pourtant les émissions de gaz à effet de serre dues au bétail ont baissé de 11 % durant la même période. […]

Les pays pauvres comme le Congo ont absolument besoin de fournir davantage de protéines à leur peuple et d’augmenter la productivité de leurs élevages afin d’alléger la pression qui s’exerce sur les habitats des espèces menacées. […] La production de viande la plus performante en Amérique du Nord nécessite vingt fois moins de terres que la production de viande la plus performante d’Afrique. Remplacer le gibier par des viandes modernes comme le poulet, le porc et le bœuf nécessiterait moins de 1 % du total des terres agricoles de la planète.

[Vraie et fausse lumière]

En Ouganda, Helen et moi avons séjourné dans un écogîte équipé de panneaux solaires et de batteries. Mais après une seule journée de temps nuageux, nous avions épuisé les batteries du gîte en chargeant nos ordinateurs portables, appareils photo, téléphones portables et autres appareils. Quand nous avons dit au gérant du lodge que nous avions besoin de plus d’électricité, il a fait ce que font les petites entreprises en Afrique subsaharienne, il a allumé un générateur au diesel. […]

Considérez le projet de stockage électrique le plus célèbre de Tesla, un centre de batteries au lithium installé en Australie, capable de délivrer 129 mégawattheures. Il fournit suffisamment d’énergie de secours pour alimenter 7 500 foyers pendant quatre heures. Mais il y a neuf millions de foyers en Australie, et 8 760 heures dans une année. L’un des plus grands centres de stockage de batteries au lithium au monde se trouve à Escondido en Californie. Mais il ne peut stocker assez d’énergie que pour environ 24 000 foyers américains pendant quatre heures. Il y a environ 134 millions de foyers aux États-Unis. Pour alimenter l’ensemble des logements, entreprises et usines américaines en électricité pendant quatre heures, nous aurions besoin de 15 900 centres de stockage d’une taille comparable à celui d’Escondido pour un coût de 894 milliards de dollars. […]

Un village indien a fait la une des journaux du monde entier après sa révolte contre les panneaux solaires et la batterie à « micro-réseau » que Greenpeace avait créée comme modèle supposé de saut technologique pour les populations les plus pauvres du monde. L’électricité, peu fiable, était coûteuse. « Nous voulons de la vraie électricité, ont scandé des villageois à un politicien de l’État, pas de la fausse ! »

[Le vert est tellement chic !]

Fin juillet [2019], Google avait rassemblé en Sicile des célébrités et des militants pour le climat afin de discuter des modalités concrètes de leur soutien à la cause. […] Cette réunion sicilienne s’est tenue au Verdura, un complexe cinq étoiles plus vaste que la Principauté de Monaco, abritant six courts de tennis, trois terrains de golf, quatre piscines et un terrain de football. Malgré cet hébergement dans un domaine de très grand luxe, de nombreux participants ont préféré séjourner sur des superyachts amarrés au large, d’où ils étaient acheminés en Maserati sur le lieu de l’évènement. Le premier soir, quarante jets privés avaient atterri sur le domaine […].

[Comme l’avait déclaré] une personne présente, au Sun, un tabloïd britannique, « ils ne semblent tout simplement pas conscients des énormes quantités de combustibles fossiles qu’ils brûlent. Ils débarquent avec des entourages inutiles dans des hélicoptères ou des voitures rapides, puis font des prêches pour sauver le monde ». […] Le problème n’était pas que les célébrités affichaient leur mode de vie très énergivore. Le problème était qu’ils faisaient la morale à des gens qui l’étaient très peu.

[La catastrophe médiatique]

Les médias d’information méritent également d’être blâmés pour avoir présenté faussement l’évolution climatique et d’autres problèmes environnementaux comme apocalyptiques, et pour ne pas les avoir replacés dans leur contexte mondial, historique et économique. Les entreprises médiatiques de premier plan exagèrent le changement climatique au moins depuis les années 1980. Et […] des publications de haut niveau comme le New York Times et le New Yorker ressassent sans la moindre distance critique une doctrine malthusienne réfutée depuis plus d’un demi-siècle.

Mais c’est dans ce que ne disent pas ou du moins pas clairement leurs résumés et communiqués de presse que le GIEC et d’autres organismes scientifiques sont les plus trompeurs. Ils ne disent pas clairement que le nombre de morts liés aux catastrophes naturelles a considérablement diminué et devrait encore décliner avec une adaptation continue. Ils ne disent pas clairement que l’accumulation de bois de chauffage et la construction d’habitations à proximité des zones boisées comptent plus que le changement climatique pour déterminer la gravité et l’impact des incendies dans bien des nombreuses régions du globe. Et ils ne disent pas clairement que les engrais, les tracteurs et l’irrigation importent plus que le changement climatique pour déterminer les rendements des cultures. […]

Même si je peux partager la tristesse et la solitude sous-jacentes à la colère et la peur du changement climatique, de la déforestation et de l’extinction des espèces, je constate que cette vision est erronée, basée sur des angoisses sans fondement, des idéologies déresponsabilisantes et des déformations de la réalité. […] L’image promue par les écologistes apocalyptiques est inexacte et déshumanisante : les humains ne sont pas en train de détruire la nature à force d’irréflexion. […]

Les médias d’information, les rédacteurs en chef et les journalistes pourraient se demander si leur exploitation constamment sensationnaliste des problèmes environnementaux est cohérente avec leur engagement professionnel d’équité et d’exactitude, tout comme avec leur engagement personnel d’exercer une influence positive dans le monde. Même si je suis sceptique sur le fait que des écolos déguisés en journalistes soient susceptibles de changer leur façon de faire leur travail, j’ai bon espoir que la concurrence extérieure aux médias traditionnels, rendue possible par les médias sociaux, insufflera une nouvelle compétitivité dans ce journalisme écologiste et en rehaussera les normes.

En guise de conclusion…

Je crois que si les spécialistes de l’environnement, les journalistes et les militants passaient plus de temps à discuter avec les gens qui vivent en Indonésie ou au Congo de leur combat quotidien, ils seraient moins prompts à s’obnubiler sur la fin du monde, et moins enclins à paniquer devant chaque nouveau problème environnemental.


Apocalypse zéro,
Pourquoi la fin du monde n’est pas pour demain
de Michael Shellenberger,
paru le 27 octobre 2021,
À l’Artilleur,
à Paris
528 pages,
ISBN-10 : 2 810 010 900
ISBN-13 : 978-2810010905

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La Presse élimine un texte du docteur René Lavigueur contre la vaccination des enfants publié la veille (m à j)

Devant le tollé suscité par la disparition sans explication de cet article, La Presse s’est expliquée. Cette lettre contiendrait des « faussetés et des demi-vérités ». Il est bon d’en débattre. De nombreux articles des gros médias subventionnés sont aussi tendancieux et peuvent également induire en erreur (mais bien sûr pour la bonne cause, ce sont de nobles demi-vérités). 

Nous ne voyons pas pourquoi des erreurs devraient aboutir sur la disparition d’un texte déjà publié et sa censure insidieuse : il faut réfuter les erreurs, en débattre, pas faire taire.

Le lecteur n’ayant pas accès à la lettre censurée ne peut pas juger pour voir si le censeur ne se concentre pas que sur les aspects douteux il est vrai, mais mineurs du texte ; tout en ne répondant pas à des aspects soulevés par l’auteur qui méritent réponse. Les critiques ne semblent pas avoir répondu à une question pourtant centrale : comment justifier la vaccination des jeunes enfants qui ne sont pas à risques de la Covid-19 ?

La Presse (ou un autre organe de presse) publiera-t-elle la réponse du Dr Lavigueur à ces articles qui le traite de désinformateur ? On peut en douter.

Une chose est sûre la censure est efficace au Québec (le nombre de médias est très petit, ils sont sous perfusion), pour notre bien collectif bien sûr.

En France, les choses vont autrement voir sur le sujet le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste à l’hôpital Hôtel Dieu, pourtant pro-vaccins, très sceptique par rapport à la vaccination des enfants contre la Covid-19. Voir vidéo ci-dessous (mais c'est sur une radio privée qui ne vit pas de subventions).

Aussi : Dernières nouvelles sur la Covid-19 (résumés de plusieurs études).




Billet du 27 octobre 


L’article ci-dessous du docteur René Lavigueur sceptique par rapport à la vaccination des enfants a été publié dans La Presse d’hier, puis retiré cette nuit de leur site. Sans explication...

À quoi ressemble la page de l'article (écran 8) aujourd'hui

VACCINATION DES ENFANTS

LES DILEMMES D’UN MÉDECIN DE FAMILLE EN TEMPS DE COVID-19

RENÉ LAVIGUEUR

MÉDECIN, SAINTE-ANNE-DES-MONTS

Médecin de famille, je suis doublement vacciné et mon témoignage apporte l’éclairage d’un homme de terrain aux prises avec les dilemmes quotidiens particuliers qu’occasionne la crise du coronavirus.

À quoi ressemblait l'article hier

La pensée unique et la peur qu’ont entraînées 19 mois de campagne médiatique ont divisé cruellement et inutilement les familles, les professionnels, bref la société tout entière. Cette pensée interdit toute discussion et tout débat par peur de représailles.

UN CODE DE DÉONTOLOGIE MIS À MAL

Le médecin de famille est soumis à un code de déontologie qui comprend des articles visant la protection du public et le respect du droit des patients à un consentement libre et éclairé.

Je suis, en tant que médecin de famille, placé devant des choix déchirants lorsque l’application de ces principes entre en conflit avec la gestion politique de cette pandémie, gestion préconisée par les autorités de santé publique et soutenue par le Collège des médecins du Québec. Toute ma pratique s’est articulée autour d’un souci constant : celui de ne pas nuire. Mon allégeance première est envers la mère, l’enfant et toute personne qui sollicite mon aide. On me consulte donc au sujet de la vaccination des enfants, de la sécurité du vaccin, de l’obligation vaccinale, des complications du vaccin.

Je constate au quotidien, tout comme les psychologues et les travailleurs sociaux, les dommages non seulement de la COVID-19, mais aussi de sa gestion.

Pour respecter le droit de mes patients à un consentement éclairé, voici ce que je crois devoir leur dire concernant la vaccination des enfants :

« Acceptez-vous que votre enfant reçoive le vaccin à ARN messager ? Ce vaccin est différent de tous les vaccins que vous connaissez. Ce vaccin comporte une balance risques/bénéfices incertaine chez les enfants en bonne santé et sans facteurs de risque. Le fabricant ignore les effets à long terme de son produit. L’Organisation mondiale de la santé ne le recommande pas et il n’est pas encore approuvé par la Food and Drug Administration aux États-Unis, ni par Santé Canada pour les 5 à 11 ans. Il est offert aux enfants dans l’espoir de contribuer à limiter la contamination des personnes âgées et/ou vulnérables par la COVID-19. Acceptez-vous que votre enfant reçoive ce vaccin ? »

On aurait pu ajouter que la mortalité chez les enfants âgés de 0 à 9 ans est nulle depuis le début de la pandémie (données de l’INSPQ). La balance risques/bénéfices est donc a priori difficile à défendre pour cette tranche d’âge, tout comme chez les jeunes en général.

J’aimerais bien pouvoir dire cela librement, sans risque de représailles. Le médecin, comme les parents, devrait pouvoir défendre le « principe de précaution » et la prudence en ce qui concerne la santé des enfants.

Les vaccinés, tout comme les non-vaccinés, peuvent héberger et transmettre le virus. Les enfants sont de mauvais propagateurs du virus dans la communauté. Alors, comment justifier la vaccination imposée aux enfants ?

Il y a un grave problème éthique à forcer la vaccination chez des enfants sains dans le but hypothétique d’en faire profiter un autre segment de la population (les personnes âgées avec comorbidités). Les enfants n’ont-ils pas déjà assez souffert ? Pourquoi risquer de compromettre davantage leur santé ?

Les parents ont eu le choix douloureux de signer l’autorisation vaccinale de leurs enfants ou de les condamner à l’exclusion et au rejet. C’est donc une vaccination obligatoire, mais qui ne s’affiche pas comme telle. Or, notre code de déontologie impose un « consentement libre » pour toute décision, c’est-à-dire sans pression, menace ou contrainte. Comment puis-je conseiller le parent inquiet qui ne veut pas que son enfant soit marginalisé ? Que gagne-t-on avec cette vaccination ? Pourquoi punir l’enfant non vacciné ?

UN VACCIN QUI ÉCHAPPE À TOUTE SURVEILLANCE

Je traite des adultes avec des séquelles graves à la suite de l’administration de ce vaccin. Pour une population de 11 300 habitants, j’ai déjà signalé à la Santé publique deux décès, des cas d’ACV, de paralysie de Bell, de saignements menstruels, de palpitations et de fatigue extrême consécutifs à l’administration des vaccins.

Des milliers de morts, des dizaines de milliers d’effets secondaires graves dus au vaccin sont rapportés à travers le monde. Pourquoi ignorer, au Québec, les risques associés à ces vaccins ? Si le fabricant n’est responsable de rien, s’il a pu négocier une immunité judiciaire, alors qui sera responsable des dommages bien réels de ces vaccins ?

 

Voir aussi 

 

Pfizer : laissez-nous vacciner vos enfants pour évaluer efficacité et danger

Pr Peyromaure : je suis scandalisé par le débat sur la vaccination des plus jeunes... c’est une folie...   

Annonces du Premier ministre Legault de ce jour (vaccination des 5 à 11 ans!)

L'Ontario, la Suède et le Danemark suspendent le vaccin anti-Covid de Moderna pour certains jeunes (m à j : Finlande et Islande aussi)  

Canada — Université menace ses étudiants en ligne de suspension s'ils ne sont pas vaccinés, mis en demeure par des avocats, elle recule   

Grande-Bretagne — les avantages de la vaccination de tous les enfants et jeunes de moins de 18 ans ne l'emportent pas sur les risques

Étude — Plus de risques d'événement cardiaque indésirable après 2e dose du vaccin chez les garçons que d'infection à la Covid sur 120 jours  

Vaccins : le doute est-il encore permis ?  

Une étude révèle que l'immunité naturelle serait supérieure à la vaccination  

Trudeau : les non-vaccinés assis à côté de vaccinés mettent ces derniers en danger 

Stéphan Bureau blâmé par l'ombudsman de la radio gouvernementale pour son entrevue avec Didier Raoult 

Le vaccin d'AstraZeneca suspendu pour les moins de 55 ans [Le Soleil 29 mars 2021 : « Après avoir clamé sur tous les fronts que le vaccin d’AstraZeneca est efficace et sécuritaire, les autorités fédérales et provinciales en suspendent maintenant l’utilisation pour les personnes de moins de 55 ans. »] 

«Un nombre important de cas d'échec du vaccin Janssen a été rapporté, avec notamment des formes graves (décès, réanimation) ainsi qu'une surreprésentation des patients vaccinés par Janssen en réanimation dans deux CHU» (Centres Hospitaliers Universitaires), à Marseille (sud) et Tours (ouest), note l'ANSM dans son rapport périodique de surveillance des vaccins.