dimanche 7 février 2021

Cour supérieure du Québec : vers l'effacement des concepts immémoriels comme le sexe, le père et la mère ? (m à j)

Mise à jour dimanche 7 février

Radio-Canada (vos impôts à l’œuvre) se félicite de ce jugement, car cette décision donne espoir aux personnes transgenres. En tous cas, pour les activistes transgenres.

L’article de Radio-Canada ne voit aucun problème à cette décision, n’interroge aucun opposant. Au contraire, il donne la parole à des personnes qui représentent une minorité (les « sans citoyenneté ») au sein d’une minuscule minorité (« les trans ») qui se félicite d’effacer ainsi des concepts immémoriels (« père », « mère ») universels.

Aussi la société gouvernementale tient-elle plutôt à nous apprendre que « Le fait que les personnes sans citoyenneté puissent maintenant changer de genre sans avoir à attendre est “une véritable bouffée d’oxygène” ».

[Pour le militantisme de Radio-Canada la semaine passée, voir par exemple Radio-Canada renvoie dos-à-dos histoire factuelle « blanche » et tradition orale indienne.]

Billet originel du 5 septembre

Un jugement fort troublant a été rendu en anglais le 28 janvier par la Cour supérieure du Québec de Montréal, qui porte un coup dur à la notion légale de sexe. Des mots comme femme et homme, mère et père, sont jugés discriminatoires envers les personnes non-binaires.

Plusieurs articles du Code civil sont invalidés en raison de la présence des mots « sexe », « mère », « père ». Même si les articles du Code civil permettent déjà d’interpréter ces mots en fonction de l’identité de genre plutôt que du sexe biologique, même si le procureur général propose de remplacer, sur demande, les mots mère et père par « filiation » (alinéa [177]), même s’il s’est engagé à délivrer des certificats de naissance ne comportant pas de désignation de sexe, les articles du Code civil seraient néanmoins inconstitutionnels, car ils rendraient invisibles les personnes non-binaires qui ne s’identifient ni comme femme ni comme homme, ou les deux.

Ainsi, ce jugement tend à faire disparaitre la binarité des sexes du registre de l’état civil. Or, si les catégories hommes/femmes n’existent plus, le principe même d’égalité des sexes devient caduc. Comment continuer, dans ces conditions, à défendre les droits des femmes basés sur le sexe ? Qu’advient-il des sports féminins, des toilettes, vestiaires ou refuges non mixtes ? Que deviennent les prisons pour femmes ? Comment continuer à promouvoir l’équité en matière d’emploi ou à combattre les violences faites aux femmes ?

Tout cela pour satisfaire une infime minorité militante. L’affaire avait été portée en justice par le Centre de lutte contre l’oppression des genres (son logo est reproduit ci-contre), un organisme indépendant, financé par les étudiants et étudiantes de l’Université de Concordia, la deuxième université anglophone de Montréal.

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samedi 6 février 2021

Rémi Brague : « L’opposition entre loi de Dieu et loi de la République a-t-elle un sens ? »

Le philosophe et théologien analyse la déclaration du ministre de l’Intérieur selon qui « la loi de la République est supérieure à la loi de Dieu ». Rémi Brague est membre de l’Institut, normalien, agrégé de philosophie et professeur émérite de philosophie à l’université Panthéon-Sorbonne, Rémi Brague est notamment l’auteur d’Europe, la voie romaine (3e édition, Folio essais, 1999) et Le Règne de l’homme. Genèse et échec du projet moderne (Gallimard, 2015). Il s’entretient ci-dessous dans les colonnes du Figaro.

« Pour les chrétiens, Dieu parle par la conscience, inscrite dans la nature de l’homme, que Dieu a créé animal rationnel », explique Rémi Brague.

LE FIGARO. — Évoquant le projet de loi « confortant les principes républicains », le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré : « Nous ne pouvons pas discuter avec des gens qui refusent d’écrire sur un papier que la loi de la République est supérieure à la loi de Dieu. » Dire que la loi de la République est supérieure à la loi de Dieu a-t-il un sens ? Cette distinction elle-même est-elle pertinente ?

Rémi BRAGUE. — De toute façon, ce qui compte n’est pas ce que l’on écrit, et que l’on pourra toujours traiter de « chiffon de papier » une fois en situation de force. Ni les belles paroles, où l’on pourra toujours soupçonner un double langage. Ce qui est important, c’est ce que l’on pense dans son for intérieur.

Si l’on suppose que deux lois sont face à face, l’une de la République, l’autre de Dieu, il est bien clair que la première ne fera pas le poids. Aucune loi humaine ne tient devant une loi divine. Votée par un Parlement régulièrement élu dans une démocratie civilisée ou imposée par le plus cruel des tyrans, peu importe.

Reste la question essentielle : quel genre de divinité entre en jeu et comment légifère-t-elle ? Pour les chrétiens, Dieu parle par la conscience, inscrite dans la nature de l’homme, que Dieu a créé animal rationnel. Rousseau appelait la conscience « instinct divin, immortelle et céleste voix ». Il faut prendre ces mots tout à fait au sérieux. Il me faut ici mettre en garde contre une façon galvaudée d’en appeler à sa « conscience ». Souvent, on la confond avec le caprice irréfléchi. Dire que seule sa conscience doit décider, c’est souvent une façon de dire : « Mêlez-vous de vos affaires ! Je fais ce que je veux ! » Quelle naïveté, d’ailleurs. La plupart du temps, est-ce bien moi qui veux ce que je crois vouloir ?

La conscience doit s’éduquer, un peu comme le goût. Le gourmet a appris à distinguer un grand cru d’un médiocre vin de table. L’alcoolique, lui, ne fera pas la différence, du moment que cela soûle. De même, la délicatesse de la conscience s’acquiert. Par l’exemple des parents, quand ils sont à la hauteur. Par la fréquentation des honnêtes gens. Par la grande littérature. Mais, en dernière analyse, c’est toujours moi qui déciderai de me former et d’acquérir une conscience exigeante ou, au contraire, de m’abandonner aux influences de mille facteurs : les souvenirs de pouponnière, la coutume, la pub, la mode, le politiquement correct, etc.

— Quand Antigone décide de braver les lois de Créon pour enterrer son frère, ne place-t-elle pas les droits de la conscience au-dessus de ceux des hommes ?

— Cela ne fait pas de mal de retourner aux sources de temps en temps, et, en l’occurrence, de relire Sophocle. Dans Antigone, l’héroïne vient d’enterrer son frère, considéré comme rebelle à la cité. Le chef, son oncle Créon, avait ordonné de punir le coupable en abandonnant son cadavre aux fauves et aux rapaces. Arrêtée, elle ne fait pas appel à sa conscience. La notion de « conscience » n’est pas clairement dégagée dans la pensée grecque. Le mot grec dont on s’est servi plus tard pour la désigner ne signifie pas la conscience morale, mais la conscience psychologique, celle dont il est question quand on dit « perdre conscience ».

Antigone oppose aux décrets de Créon non pas la conscience, mais des lois venant des dieux et « à chaque fois vivantes ». Ce qui montre leur divinité, c’est, ce qui est paradoxal pour nous, formés dans une religion de révélation, que « nul n’a jamais su d’où elles étaient apparues » (vers 456-457). Pour les Grecs, le divin est évident, aussi manifeste que l’Olympe, et sans origine. Ainsi, les rumeurs sont des déesses parce que personne ne les a mises en circulation. Ces lois divines, non écrites, priment sur toutes les décisions humaines.

— Dans l’Évangile, le Christ déclare qu’il faut rendre à César ce qui est à César. Faut-il en déduire l’obéissance des chrétiens aux lois en toutes circonstances ?

— Le passage des Évangiles où se trouve la formule (Matthieu 22, 21 et parallèles) est souvent mal compris. On s’imagine que César, le pouvoir politique, serait parfaitement indépendant de Dieu. Or, il en dépend comme tout le reste de la Création, ni plus ni moins. Il n’a pas de domaine réservé à l’intérieur duquel il pourrait n’en faire qu’à sa tête. Nul « sécularisme » là-dedans. Dieu est présent dans le domaine politique comme partout ailleurs.

Seulement, là aussi, il faut se demander de quelle façon Il s’invite chez César. Pour le christianisme, il est là d’abord dans la loi morale. Dans la Bible, Abraham craint que les Amalécites n’aient aucune « crainte de Dieu » (Genèse 20, 11) et ne le tuent pour lui prendre sa femme. La « crainte de Dieu » n’est autre ici que la common decency d’Orwell, ce qui « ne se fait pas ».

Il faut obéir aux lois tant qu’elles assurent la plus élémentaire justice, et donc l’ordre public et la paix civile. Saint Paul faisait prier pour l’empereur. C’était alors Néron, qui allait d’ailleurs le faire décapiter. Mais César est soumis à la loi morale. S’il la transgresse, on a le droit, et même le devoir, d’abord de le lui rappeler, ensuite de lui désobéir. Cela a coûté cher à pas mal de gens qui ont osé le faire, en Allemagne nazie et ailleurs.

— Dans le souci de combattre l’islamisme, n’en vient-on pas à sacraliser de façon presque mimétique la République ?

— Effectivement, on a l’impression que la « laïcité », qui était à l’origine une solution de compromis, due à la situation française pendant la IIIe République, puis qui est devenue un principe, voire une « valeur », risque de devenir l’objet d’une sorte de religion. Cela fait sourire. D’abord, parce que la laïcité devait justement empêcher la religion d’empiéter sur des domaines où elle n’est pas à sa place, où elle corrompt et se corrompt elle-même. Ensuite, parce que les efforts pour sacraliser artificiellement des principes anémiques, qu’on va opposer à un sacré qui est, lui, virulent, sont quelque peu ridicules. Enfin, parce que ce n’est pas le régime républicain qui est menacé aujourd’hui, mais bien la France, avec toute son histoire.


Les jeunes attirés par la droite, parce qu'ils rejettent le wokisme, le correctivisme politique et le pharisianisme

Bill Maher est un journaliste américain très marqué à gauche. Il anime depuis 2003 l’émission politique Real Time with Bill Maher diffusée chaque semaine sur la chaîne de télévision HBO. Il est connu pour ses prises de position polémiques, progressistes et violemment conformistes dans son athéisme militant. Nous présentons ci-dessous un extrait de son émission où il aborde la question de 44 écoles débaptisées à San Francisco. Un tiers de toutes les écoles publiques. (Voir Passé historique blanc : San Francisco débaptise 44 écoles.)

Lors de l’émission de vendredi de « Real Time » sur HBO, l’animateur Bill Maher a réagi (voir vidéo en anglais ci-dessous) : « [Rebaptiser ces écoles] n’améliore la vie de personne. Faire disparaître le nom d’une personne parce qu’elle n’a pas remplacé en 1984 le bon drapeau est de l’affichage de vertu, du pharisianisme. Je ne dis pas que ce n’est pas un problème important, je dis que lorsque vous ne parvenez pas à éteindre les incendies [en Californie] ni à construire des maisons, vous donnez l’impression de ne passer votre temps qu’à cela. Une grande partie du pays se dit que ce qui obsède la gauche, ce n’est pas le progrès réel, mais ce non-sens. »

Un invité, Matt Welch, rappelle que « 50 000 élèves [des écoles publiques] de San Francisco n’ont pas mis un pied dans une école depuis 329 jours. C’est épouvantable. Comme district scolaire, ils ont essentiellement une tâche : instruire les enfants. Ils ne font pas ce travail. [Les syndicats d’enseignants et l’administration refusent.] Et qui souffre de cette absence d’instruction ? Les enfants issus de milieux défavorisés et des minorités ethniques. Et plutôt que de consacrer tout leur temps et tout l’argent dans ce seul but […] ils s’adonnent à ce pharisianisme de mauvais aloi à l’aide de Wikipédia » pour trouver des péchés aux gens qui ont donné leur nom à des écoles, comme Paul Revere ou Abraham Lincoln.

Une autre invitée, Charlotte Atler, ajoute qu’une des seules choses qui fait que les jeunes sont attirés par la droite, c’est leur rejet de ce correctivisme politique, ce pharisianisme, de cet affichage vertueux. Ce n’est pas parce qu’ils ne croient pas dans le changement climatique, ce n’est pas à cause des impôts, ajoute-t-elle. Ces affirmations sont confortées par des sondages, voir Pourquoi la culture, et non l’économie, détermine la politique américaine et États-Unis — Le vote républicain caché : les diplômés opposés au politiquement correct.

Matt Welch mentionne ensuite le fait qu’un journaliste du New York Times vient d’être renvoyé parce qu’il avait employé le « mot en N. », non pas comme une insulte, mais dans un article consacré au langage raciste. Il s’agit d’un vétéran du NYT, il a fait son autocritique devant les membres de la cellule du parti, pardon de la rédaction. Lire plus de détails ici.

Matt Welch rappelle la théorie de la « zéro tolérance ». La droite considère ce genre de licenciement à la moindre erreur de la folie, associe le New York Times et la gauche à cette folie. Pour M. Welch, il s’agit d’un message séduisant.

Pour Bill Maher, il s’agit d’un trouble générationnel. « Qu’est-ce qui se passe avec les millénariaux [génération Y] ? On dirait que rien n’est assez bon pour eux. Lincoln n’est pas assez bon pour vous ? Mais [juron] pourquoi ? D’où cela vient-il ? » 

Charlotte Atler a quelques hypothèses. Par exemple, la tolérance zéro, le « une faute et tu sors ». On retrouve cela dans la manière dont les millénariaux ont été élevés, dans les années 80 et 90. C’est à cette époque qu’on a commencé à parler d’intimidation à l’école et qu’on y instaura la tolérance zéro. Si un écolier de 9 ans se battait à la récré, poussait quelqu’un de la balançoire ou traitait un autre écolier de tous les noms, il pouvait être renvoyé après cette unique faute. Cette idée qu’il faut imposer une punition draconienne à ce qui semble être une incartade aurait été imposée par les baby-boomeurs parce qu’ils craignaient que leur précieuse progéniture pût vivre quelque moment désagréable.

Jonathan Haidt et Gregg Lukianoff dans The Coddling of the American Mind attribuent cette paranoïa notamment au fait que les médias ont commencé à parler nettement plus souvent d’enlèvements d’enfants dans les années 80. En 1982, les cartons de lait ont commencé à arborer les portraits d’enfants disparus. En conséquence, pour Haidt et Lukianoff, de nombreux parents ont décidé de restreindre la liberté de leurs enfants, à tenir les rênes plus serrées et sont devenus plus anxieux par rapport à la sécurité de leur descendance. Pour ce carnet, on néglige aussi trop souvent, la contraction démographique qui a commencé à se faire ressentir dans les années 80 et 90 : les enfants devenaient rares et d’autant plus précieux, car rien ne prouve que les enfants aient commencé à disparaître en plus grand nombre dans les années 80.


vendredi 5 février 2021

Covid-19 : baisse radicale des cas en Inde depuis plusieurs mois malgré levée des restrictions

Le nombre de nouvelles contaminations en Inde atteint environ 10 000 par jour, ce qui est très peu rapporté à la population indienne de 1,35 milliard d’habitants. Plus de 20 % de la population indienne et près de la moitié des habitants de la Nouvelle-Delhi présentent désormais des anticorps à la Covid-19.

Des élèves lors de la prière d’assemblée après la réouverture des écoles après dix mois de fermeture en raison de l’épidémie de Covid-19, à Hyderabad (État du Télangana), le 1er février 2021.

La situation sanitaire dans le sous-continent s’est très nettement améliorée depuis plusieurs semaines. Alors que, en septembre 2020, l’Inde avait enregistré un record mondial d’infections, avec plus de 100 000 cas quotidiens, le pays ne comptait plus que 8 600 nouveaux cas lundi 1er février, le chiffre le plus bas depuis huit mois, et 11 000 mercredi 3 février, ce qui est très peu pour le deuxième pays le plus peuplé de la planète, avec 1,3 milliard d’habitants. Quatorze États n’ont déclaré aucun mort du Covid-19 au cours des vingt-quatre dernières heures. Le Kérala reste en revanche un fort foyer épidémique.

Cette amélioration intervient alors que dans la plupart des régions, les restrictions imposées au début de l’épidémie ont été levées progressivement dès l’été pour tenter de relancer l’activité économique, très affectée par le confinement national décidé par le Premier ministre, Narendra Modi, le 24 mars 2020, durant deux mois. La vie a repris très vite son cours, avec des rues et des marchés bondés, de grands rassemblements religieux. Quelques interdits ont été maintenus, comme les liaisons aériennes internationales et les écoles restées fermées pendant une année.

Depuis quelques jours, les établissements scolaires accueillent de nouveau les élèves, sauf à Bombay et au Maharachtra, la région la plus touchée par l’épidémie.

Pas de rebond malgré les fêtes

À la Nouvelle-Delhi, qui avait connu un fort rebond en novembre au moment de Divali, la fête annuelle des hindous, et de l’arrivée de la pollution hivernale, le nombre de nouveaux cas quotidiens est tombé en dessous de 200 et les immenses rassemblements de paysans du Pendjab et de l’Haryana, aux portes de New Delhi, depuis plus de deux mois, qui laissaient craindre le pire, n’ont pas entraîné de rebond. Plusieurs dizaines de milliers d’hommes, pour beaucoup âgés, sont entassés dans des conditions précaires, sans aucune protection contre le virus, ni masque ni gel hydroalcoolique et encore moins de distanciation, pour protester contre les réformes agraires du gouvernement. Ils ont souffert du froid, mais ont été épargnés par le Covid-19.

Plus de 20 % de la population a contracté le virus

Selon la troisième enquête sérologique menée par le Conseil indien de la recherche médicale, plus d’un cinquième de la population adulte de l’Inde a été infecté par Covid-19 à la mi-décembre. Les données publiées sur la séroprévalence chez les personnes âgées de 10 à 18 ans étaient de 25,3 %. 

Les données publiées reflètent la prévalence des anticorps, preuve qu’une personne a contracté la Covid-19. La troisième enquête a révélé une augmentation significative de la prévalence chez les adultes pour passer de 7,1 % lors de la deuxième enquête en août à 21,4 % pour l’ensemble de la population indienne. 

Lors de la première enquête menée en avril, seul 0,7 % de prévalence avait été détectée.

La troisième enquête s’est déroulée du 17 décembre au 8 janvier dans les mêmes 700 villages de 70 districts de 21 États où les premier et deuxième cycles ont été menés en avril et août. Parmi les travailleurs de la santé, la séroprévalence était de 25,7 %, avec 26,6 % parmi les médecins et les infirmières. Le gouvernement a souligné qu’une grande partie de la population est toujours vulnérable et qu’il ne faut pas baisser la garde, car l’immunité collective ne peut être présumée avoir été atteinte. Les autorités ont ajouté qu’il fallait adopter un comportement approprié face à la Covid. Actuellement, le nombre total de cas actifs en Inde est tombé à 160 000. Au cours des trois dernières semaines, 47 districts à travers le pays n’ont signalé aucun nouveau cas, 251 n’ont déploré aucun décès pendant cette période. L’enquête a porté sur 28 589 personnes âgées de plus de 10 ans et 7 171 travailleurs de la santé. La prévalence dans les bidonvilles était la plus élevée avec 31,7 %, suivie de 26,2 % dans les autres zones urbaines et de 19,1 % dans les zones rurales. La prévalence était légèrement plus élevée chez les femmes à 22,7 %, contre 20,3 % chez les hommes.

La majorité des habitants de Delhi déjà exposés au virus

À la Nouvelle Dehli, en Inde, les habitants semblent avoir développé une immunité collective au Covid-19. Dans les rues de la ville, le tumulte de la foule a fait son retour : les contaminations ont diminué de 80 % en cinq mois. Dans cet hôpital de la capitale, les lits Covid se vident de jour en jour. Au plus fort de l’épidémie, 550 malades ont été accueillis en même temps, et ils ne sont plus que 16. Une salle de soins intensifs est désormais vide.

Ce constat est surprenant alors que le pays, surpeuplé, a du mal à appliquer les gestes barrières. Une chercheuse a mené une vaste enquête sérologique dans la capitale pour tenter de comprendre ce phénomène. « Ce qu’on a observé, c’est que 56 % des personnes présentaient des anticorps dans leur sang, ça veut dire que plus de 50 % de la population a déjà été exposée au virus, dans une certaine mesure nous sommes immunisés au virus », explique le docteur Pragya Sharma.

Traitement, y compris des asymptomatiques

 
La lutte contre la Covid 19 s’accompagne d’un bras important thérapeutique. Des traitements à base de zinc, d’ivermectine ou d’hydroxychloroquine sont distribués à la population, y compris aux asymptomatiques.
C’est dans ce contexte que l’administrateur de Lucknow (ville du Nord de l’Inde avec 3,5 millions d’habitants) va mettre en place des kiosques pour la distribution de comprimés d’ivermectine L’ivermectine, un médicament vermifuge, peut être utilisé comme médicament de soutien pour les patients Covid-19 isolés à domicile et leurs contacts, selon les médecins.

L’administration du district de Lucknow installera environ 40 kiosques à travers la ville pour assurer la distribution gratuite de comprimés d’ivermectine chez les patients asymptomatiques de Covid-19. Les responsables ont déclaré que les kiosques seraient installés à l’aéroport, aux gares routières de la ville, aux gares ferroviaires, etc.

Vaccins : 300 millions de doses du Spoutnik V

L’Inde produira environ 300 millions de doses de vaccins russes contre le coronavirus Spoutnik V en 2021, aurait déclaré un responsable russe, près de trois fois le nombre précédemment annoncé. En effet, des accords de licence dans ce sens ont été signés avec davantage de fabricants indiens.

La Russie a vendu 100 millions de doses de vaccin à l’Inde, qui faisait également partie des pays qui ont accepté de produire du Spoutnik V sur son territoire.

La Russie teste déjà les premiers échantillons de Spoutnik V qui ont été produits en Inde, a annoncé récemment l’ambassade russe à New Delhi sur Twitter.

« En Inde, nous avons des accords avec quatre grands fabricants », a déclaré Dmitriev, le directeur du Fonds d’investissement direct russe (RDIF) à Rossiya 24 TV, selon l’agence de presse TASS.

Sources : Le Monde, France Télévisions, Hindustan Times, Reuters, Times of India


jeudi 4 février 2021

Le taux de natalité du Québec devrait atteindre son niveau le plus bas historique en 2020

Les chiffres des naissances lors des onze premiers mois de l’année 2020 sont désormais disponibles ce jeudi 4 février. Ils confirment la contraction au niveau des naissances et des mariages et l’augmentation de la mortalité (dont les chiffres sont eux disponibles pour toute l'année de 2020).

En novembre 2020, il est donc né 6 250 enfants au Québec par rapport à 6 750 en 2019 (-7 %) et à 7 441 en 2012 (-16 %).

Si l’on s’en tient aux chiffres des 11 premiers mois (75 500 naissances) et que l’on calcule le taux de natalité (le nombre de naissances par an pour 1000 habitants), on obtient un taux de natalité prévisionnel de 9,61 pour 2020. Chiffre qui risque de baisser encore si la tendance se maintient. Il devrait probablement naître 2500 enfants en moins en 2020 par rapport en 2019.

À 9,61 enfants pour 1000 habitants, ce chiffre dépasse le précédent taux de natalité le plus bas (9,7 en 2002 peu après que la prime à la naissance avait été supprimée pour être remplacée par la mise sur pied bien plus coûteuse du réseau de garderies moins nataliste et donc plus acceptable pour les féministes). Le Québec devrait donc atteindre en 2020 son taux de natalité le plus bas historique.

On notera que la Suède a également publié les chiffres des naissances pour les 11 premiers mois de 2020. Il y est né 105 034 enfants de janvier à fin novembre 2020, alors qu'en 2019 ce nombre était de 106 447. La chute pour les 11 premiers mois de 2020 par rapport à ceux de 2019 en Suède est donc de 1,3 %, à comparer à une baisse de 2,5 % pour le Québec.



Billet originel du 12 janvier

Les chiffres des naissances lors des dix premiers mois de l’année 2020 sont désormais disponibles ce mercredi (avec un certain retard). Ils confirment la contraction au niveau des naissances et des mariages et l’augmentation de la mortalité (dont les chiffres sont eux disponibles pour les 11 premiers mois de 2020).

En octobre 2020, il est donc né 6.700 enfants au Québec par rapport à 7.150 en 2019 (-6,3 %) et à 7.832 en 2012 (-14,5 %). 

Quant aux mariages en octobre 2010, ils sont passés de 2.150 en 2019 à 1.250 2020. Les 2e et 3e trimestres avaient connu des baisses encore plus importantes. En effet, alors qu’au deuxième trimestre 2019 5.200 mariages avaient été célébrés seuls 1.600 l’avaient été en 2020, pour le troisième trimestre les chiffres étaient de 10.800 noces pour 2019 et 4.750 pour 2020.

Si l’on s’en tient aux chiffres des 10 premiers mois et que l’on calcule le taux de natalité (le nombre de naissances pour 1000 habitants), on obtient un taux de natalité prévisionnel de 9,69 pour 2020. Chiffre qui risque de baisser encore si la tendance se maintient. 

À 9,69 enfants pour 1000 habitants, ce chiffre dépasse le précédent taux de natalité le plus bas (9,7 en 2002 peu après que la prime à la naissance avait été supprimée pour être remplacée par la mise sur pied bien plus coûteuse du réseau de garderies moins nataliste et donc plus acceptable pour les féministes). Le Québec devrait donc atteindre en 2020 son taux de natalité le plus bas historique.

 


Billet originel du 2 décembre

L’Institut de la statistique du Québec a publié le nombre de naissances pour les 9 premiers mois de 2020. Rapportés à la population du Québec, ils sont les chiffres les plus bas au niveau de l’histoire du Québec.

Le nombre des naissances en 2020 (révisables, mais globalement corrects) est donc de :

  • 20 100 pour le premier trimestre,
  • 20 750 pour le deuxième,
  • 21 700 pour le troisième.

Quand on compare ces chiffres (toujours révisables) avec ceux de l’année passée :

  • 19 500 pour le premier trimestre,
  • 21 150 pour le deuxième,
  • 22 900 pour le troisième,

on note que la baisse se concentre sur les deuxième et troisième trimestres. Tout porte à croire que cette baisse se confirmera au dernier trimestre. En effet, le nombre de mariages est également en très forte baisse au Québec (8600 pour les 9 premiers mois de 2020, comparés à 18 200 pour les mêmes mois en 2019). En outre, si l’on se fie aux chiffres européens, la baisse des projets de mariage en 2020 s’accompagne de la baisse de projets d’avoir un enfant pour cette même année. Voir La population italienne passe sous les 60 millions, la gestion de la pandémie aggrave ce déclin.

Si l’on s’en tient aux chiffres des 9 premiers mois et que l’on calcule un taux de natalité (le nombre de naissances pour 1000 habitants), on obtient un taux de natalité prévisionnel de 9,73 pour 2020. Chiffre qui risque de baisser si la tendance se maintient. À 9,73 enfants pour 1000 habitants, ce chiffre rejoint le précédent taux de natalité le plus bas (9,7 en 2002 peu après que la prime à la naissance avait été supprimée pour être remplacée par la mise sur pied bien plus coûteuse du réseau de garderies moins nataliste et donc plus acceptable pour les féministes). Le Québec devrait donc atteindre en 2020 un nouveau nadir démographique.

L’indice de fécondité (le nombre d’enfants par femme) devrait probablement passer sous les 1,5 enfant/femme en 2020 pour l’ensemble de la population québécoise. Le nombre d’enfants par femme pour les francophones de naissance est habituellement légèrement plus bas (-0,1) que cet indice global pour le Québec. En effet, les Amérindiens et certaines communautés ethniques immigrées ont un indice de fécondité supérieur à la moyenne.

Le graphique ci-dessous présente le taux de natalité (en ‰) depuis 1971.

La Chine voudrait que l'école virilise les garçons

Voici quelque temps que le gouvernement chinois a fait part de son inquiétude quant au fait que les modèles masculins les plus populaires du pays ne sont plus des figures athlétiques fortes comme les « héros de l’armée ». Même le président Xi Jinping (Hsi Tsin-p’ing), un passionné de football (soccer) bien connu, cherche depuis longtemps à former davantage de vedettes dans le sport.

Ainsi, la semaine dernière, le ministère de l’Éducation a publié un avis dont le titre ne laissait aucun doute sur son objectif.

La proposition visant à empêcher la « féminisation des adolescents de sexe masculin » a appelé les écoles à réformer complètement leurs programmes d’éducation physique et à renforcer leur recrutement d’enseignants dans cette discipline.

Le texte conseille de recruter des athlètes retraités et des personnes issues de milieux sportifs — et de « développer vigoureusement » des sports particuliers comme le football et d’« accorder plus d’attention à la culture de la masculinité des élèves ».

C’est une impulsion décisive dans un pays où les médias ne promeuvent que des vedettes « socialement responsables », d’une propreté irréprochable.

En mai dernier déjà, un délégué du principal organe consultatif chinois, Si Zefu (Sseu Tsö-fou), a déclaré que beaucoup de jeunes hommes chinois étaient devenus « faibles, timides et complexés ».

Il existe une tendance chez les jeunes hommes chinois à la « féminisation », a-t-il affirmé, qui « mettrait inévitablement en danger la survie et le développement de la nation chinoise » à moins qu’elle ne soit « efficacement gérée ».

Si Zefu (Sseu Tsö-fou) a notamment mis en cause l’environnement familial, la plupart des garçons chinois étant élevés par leur mère ou leur grand-mère. Il a également noté que l’attrait croissant de certaines célébrités masculines dans la variété signifiait que de nombreux enfants « ne voulaient plus être des “héros de l’armée” ».

Aussi a-t-il suggéré que les écoles devraient jouer un plus grand rôle pour garantir aux jeunes Chinois une éducation équilibrée.

Il est à noter que le football est spécifiquement inclus dans la proposition du Ministère de l’Éducation.

Des groupes comme TF Boys sont extrêmement populaires, mais les médias demandent s’ils sont de bons modèles virils
 
Cela ne devrait pas surprendre. Le président Xi (Hsi) a précédemment évoqué ses espoirs que le pays devienne une « superpuissance mondiale du football » d’ici 2050.

Mais les tentatives répétées pour essayer d’améliorer le niveau du football chinois ont échoué et ont été ridiculisées comme une tâche apparemment impossible. Ce fut la réponse de Marcello Lippi, entraîneur de l’Italie championne de la Coupe de monde de football en 2006, quand il démissionna il y a deux ans de son poste d’entraîneur de l’équipe nationale de football de Chine.

Pendant ce temps, le gouvernement a entrepris ces derniers mois d’introduire et de promouvoir de nouveaux modèles pour les jeunes Chinois.

En ce qui concerne les femmes, la pandémie de Covid-19 a été une bonne occasion de démontrer le rôle important des femmes en tant que travailleuses sociales et médicales de première ligne.

Et les réalisations de la Chine dans l’espace l’année dernière ont été une excellente occasion de promouvoir des personnalités comme Zhou Chengyu (Tcheou Tch’eng-yu), devenue une sensation virale comme la plus jeune commandante de l’espace, à l’âge de 24 ans.

Mais comme Si Zefu (Sseu Tsö-fou) l’a laissé entendre l’année dernière, pour les jeunes Chinois, l’attrait de l’armée, de la police ou des pompiers forts et intrépides s’étiole.

Le phénomène des « petites viandes fraîches » (小鲜肉, jeunes garçons efféminés) continue d’être un succès avéré, mais les jeunes célébrités masculines font l’objet d’une surveillance accrue et ont du mal à s’écarter du jeune propre sur soi et bien sous tous rapports.



Sources : BBC, Ministère de l’Éducation chinois, Commission du développement et de la réforme.


Luc Ferry : la « pensée 68 » était globalement favorable à la pédophilie

Pour le philosophe Luc Ferry, dans les pages du Figaro de Paris, an a oublié que la « pensée 68 » était globalement favorable à la pédérastie, qu’elle approuvait les délires de René Schérer et Guy Hocquenghem qui publient, en 1976, Co-ire.

Je comprends bien que les anciens soixante-huitards tentent aujourd’hui de dédouaner Mai 68 des dérives incestueuses et pédophiles dont l’actualité de ces derniers jours est hélas remplie. Reste que la vérité historique oblige à dire que c’est bien malgré tout dans le sillage du joyeux mois de mai et avec la bénédiction des autorités philosophiques les plus représentatives du gauchisme culturel de l’époque, que la pédophilie reçut les lettres de noblesse qu’elle avait perdues depuis Platon.

Quand paraissent au milieu des années 1970, dans Libération [page de Libé prônant la pédophilie avec image très crue] et dans Le Monde, des pétitions faisant l’éloge de la pédérastie, signées par des intellectuels comme Foucault, Sartre, Beauvoir, Deleuze, Barthes ou Chatelet, refuser d’y adhérer c’était prendre le risque de s’exclure du club des « vrais intellectuels », c’est-à-dire des intellectuels de gauche, « forcément de gauche », castristes, maoïstes, trotskistes ou, au minimum, communistes. On a oublié que la « pensée 68 » était globalement favorable à la pédérastie, qu’elle approuvait les délires de René Schérer et Guy Hocquenghem qui publient, en 1976, Co-ire (en latin : « aller ensemble » ou « se joindre », « coït » en est la troisième personne du singulier…), un ouvrage agrémenté d’une pléiade de photos d’enfants nus qui faisait l’éloge du « rapt » : l’enfant n’étant pas la propriété privée des parents (petite référence à Marx), tout adulte a le droit, et même de devoir, ainsi plaidaient-ils, de l’enlever pour éveiller cette sexualité que la bourgeoisie occulte. [Le même duo publia aussi L’Éloge du métis.]

Couverture de Co-ire.

Schérer expliquait comment l’éducation bourgeoise sombrait dans la « perversité » qui consiste à ne faire aucune place à la pédérastie Schérer, l’un des fondateurs de l’université de Vincennes, soutenu bien entendu par Deleuze, Châtelet, Lyotard, Foucault, Badiou et consorts, bref, par ce que la « pensée 68 » comptait alors de plus tapageur, expliquait comment l’éducation bourgeoise en vigueur dans nos établissements scolaires sombrait dans la « perversité » qui consiste à ne faire aucune place à la pédérastie : « Nous posons en principe, écrivait-il, que la relation pédagogique est essentiellement perverse, non parce qu’elle s’accompagnerait des rapports pédérastiques entre maîtres et élèves, mais précisément parce qu’elle les dénie et les exclut. » Oui, vous avez bien lu : la perversion consiste à exclure la pédérastie dans l’éducation tant scolaire que familiale !

On objectera que la pédophilie sévit dans tous les milieux et on aura raison, à ceci près que je ne connais aucune idéologie qui en fasse l’apologie en dehors de celle-là.

Aussi étrange que cela nous paraisse aujourd’hui, dans ce milieu et à cette époque, on pensait comme ça, de sorte qu’il fut pendant longtemps plus risqué d’y critiquer la pédophilie que d’en faire l’apologie. Ces prestigieux professeurs s’étaient emparés des thèses de Freud sur la sexualité infantile pour en tirer la conclusion absurde qu’il était du devoir des adultes de l’éveiller. Comme il était en outre « interdit d’interdire », il n’y avait plus à se gêner.

Aujourd’hui, les derniers signataires [vivants] de ces pétitions reconnaissent que « c’était une connerie ». Soit. Mais quand j’ai publié La Pensée 68 avec Alain Renaut en 1985, un livre qui critiquait les soubassements philosophiques de ces appels délirants à la transgression tous azimuts, ils étaient, eux ou leurs proches, les premiers à nous insulter. Pendant près d’un an, je n’ai pas pu faire une conférence en public, pas même à l’École normale rue d’Ulm où je dirigeais pourtant un centre de recherche sur l’idéalisme allemand, parce que des disciples de Foucault nous attendaient, non pas avec des excuses, mais avec des battes de base-ball !

Au début des années 1980 encore, quand je publiais un livre sur l’idée républicaine et soutenais l’héritage du général de Gaulle face à mes « amis » soixante-huitards qui le traitaient à longueur de journée de « fasciste », je passais pour le roi des blaireaux. On m’expliquait que je n’avais rien compris, que je passais à côté du formidable mouvement d’émancipation inspiré par les idées de Castro, Mao ou Trotski. C’est pour répondre à cette gauche arrogante alors au pouvoir, tellement fière de ses réseaux et de ses positions sociales, tellement sûre d’être du bon côté et d’incarner la conscience morale, que je me suis résolu à écrire La Pensée 68.

Pascal assurait qu’il y a toujours une part de vérité, fût-elle infime, dans les opinions même les plus fausses. Tout n’était sans doute pas à rejeter dans l’héritage de Mai, en quoi j’admire ceux qui, comme Camille Kouchner, sans renier ce que certains idéaux d’émancipation pouvaient avoir de séduisant, ont aujourd’hui le courage de briser le silence à l’endroit exact où il devait l’être.

Voir aussi

La gauche intellectuelle progressiste et la pédophilie, retour sur une histoire trouble

Canada — La pédophilie  : une orientation sexuelle comme l’hétérosexualité pour des experts

Juger la vie privée de Simone de Beauvoir  (Elle a eu une relation avec une élève de 15 ans qui lui aurait valu son congédiement du lycée Molière à la fin des années 30. On relate aussi ses relations amoureuses avec des jeunes femmes qui étaient aussi ses étudiantes, qu’elle « rabattait » ensuite vers son compagnon Jean-Paul Sartre. En 2008, la Britannique Carole Seymour-Jones, auteure du livre A Dangerous Liaison, décrivait le comportement de Beauvoir comme un « abus d’enfant » se rapprochant de la « pédophilie ». En 2015, dans Simone de Beauvoir et les femmes, Marie-Jo Bonnet qualifiait de « contrat pervers » le modus operandi entre Beauvoir et Sartre. Le blogueur du Journal de Montréal Normand Lester accuse quant à lui Beauvoir d’être une « prédatrice sexuelle ».)

La révolution sexuelle des années 60, la pédophilie et les prêtres modernes

Le pape Benoît XVI : révolution sexuelle, relativisme moral, absence de Dieu et rejet de la Tradition à l’origine de la crise des abus sexuels

Famille, autorité, limites, nation : la Désintégration tranquille

Allemagne — Garçons orphelins sous la tutelle de pédophiles

Grande-Bretagne — 83 suspects de pédophilie… dans le football

L’affaire Bruce/Brenda/David Reimer c. la théorie du genre

France — Des animateurs et professeurs soupçonnés de pédophilie mutés et non suspendus

Pédophilie — Un rapport sur l’affaire Jimmy Savile révèle que la hiérarchie (de la BBC) savait

Pédophilie en Grande-Bretagne : que fait la hiérarchie ?

Pédophilie — Autre scandale dissimulé par la hiérarchie ?

Complicité de la hiérarchie de l’institution pour dissimuler de nombreux cas de pédophilie

États-Unis — Pédophilie dans une école primaire

Canada — La pédophilie : une orientation sexuelle comme l’hétérosexualité pour des experts

Scouts Canada s’excuse des cas de pédophilie qui auraient pu survenir

Pédophilie dans l’enseignement

États-Unis — pédophilie et sévices sexuels dans les écoles américaines

École laïque et républicaine — Enseignants pédophiles, on n’en parle que depuis récemment

Deux poids, deux mesures ? (artistes pédophiles excusés par des journaleux)

Mark Steyn : Penn State’s institutional wickedness (avec des détails scandaleux)

France — Enseignant condamné pour pédophilie autorisé à enseigner par sa hiérarchie

Révélations de pédophilie sur Claude Jutra : le milieu du cinéma québécois serait sous le choc

En milieu sportif, les garçons deux fois plus harcelés sexuellement que les filles
 

 

mardi 2 février 2021

Les grandes orientations d'Éric Duhaime en matière d’éducation

Éric Duhaime se présente à la présidence du Parti conservateur du Québec, voici ses grandes orientations en matière d’éducation :

  • Implanter un système de bon d’études au primaire et au secondaire au Québec (Conforme à la résolution 42 du programme du PCQ)
  • Exiger que les cégeps et universités aient un respect scrupuleux de la liberté d’expression sur leurs campus.
  • Exiger que les écoles primaires et secondaires mettent résolument l’accent sur les apprentissages de base et que les élèves ne soient pas soumis dans les classes à de la propagande idéologique.
  • Pour l’abolition du cours éthique et culture religieuse.
  • Pour des écoles primaires et secondaires publiques autonomes.
  • Pour contrer le décrochage scolaire, favoriser au maximum les écoles à vocation particulière (ce qui sera d’autant plus facile que ces écoles seront autonomes) ainsi que les programmes de sport-étude, art-étude, codage-étude, etc.
  • Je chargerai mon comité de réévaluer notre politique prônant l’abolition de la formation préuniversitaire dans les cégeps (contraire à la Résolution 44 du programme du PCQ)
  • Contre le projet d’agrandissement du Cégep Dawson.
  • Pour la liberté des étudiants de l’enseignement supérieur d’adhérer ou non à une association étudiante. (conforme à la Résolution 46 du programme du PCQ).
  • Le droit de grève des étudiants n’existe pas : un étudiant n’a aucunement le droit d’empêcher un autre étudiant d’assister à ses cours.
  • Pour l’augmentation de la qualité de l’enseignement des langues, maternelles et secondes, à tous les niveaux d’apprentissage. Un élève diplômé d’une école secondaire québécoise devrait avoir une excellente maîtrise du français (même s’il a étudié dans une école anglophone), être bilingue français-anglais et être en processus d’apprentissage d’une troisième langue. ​

Ce carnet approuve plusieurs de ces propositions comme le système de chèque scolaire ou l’insistance sur les matières de base et non la propagande idéologique, la bonne connaissance du français, certaines mesures perdront assez vite de leur pertinence (c’est ainsi qu’appeler à l’abolition ECR est de peu de conséquences alors que le Monopole de l’Éducation du Québec a indiqué que ce programme devrait prochainement être remplacé par un autre cours dont on peut craindre qu’il reste idéologique), nous ne sommes pas non plus d’accord que tous les jeunes francophones doivent devenir bilingues (enfin, cela dépend du niveau de compétence demandé) et nous ne voyons rien pour libérer les programmes scolaires et laisser plus de choix pédagogique aux écoles et aux parents, libérer le recrutement des enseignants ou l’instruction à la maison (la DPJ s’implique de plus en plus dans ce dossier, il s’agit souvent d’une arme de pression de la part du ministère de l’Éducation). 

La fin du monopole scolaire n’est pas proche (les écoles privées ne peuvent choisir leur programme par exemple, voir la saga Loyola et le cours ECR), même avec Éric Duhaime, bien que ses propositions doivent globalement être saluées.


lundi 1 février 2021

Covid-19 : étude affirme que confinement et fermeture des commerces ont peu d'utilité une fois mesures plus douces prises

Scène de rue de Montréal confinée 


 

 

 

C’est un véritable pavé dans la mare. Alors que les gouvernements, sous la pression de certaines voix du monde médical et médiatique, réfléchissent à l’opportunité de nouvelles mesures restrictives, une étude, parue le 5 janvier dans « European Journal of Clinical Investigation », une revue scientifique de notoriété moyenne, est en train d’enflammer les réseaux sociaux — sinon dans le grand public, du moins dans la petite communauté des épidémiologistes, virologues et autres experts de la pandémie.

Ce qui lui donne tout son poids, c’est qu’elle est signée du Pr John Ioannidis, un ponte de l’épidémiologie à Stanford, dont les travaux font autorité (il est même l’un des scientifiques les plus cités au monde).

Or, que suggère l’étude qu’il vient de faire paraître ? Que le confinement et la fermeture des entreprises et commerces n’apportent rien de plus, en termes de baisse du nombre de cas de contaminations, que les simples mesures barrières du type port du masque, lavage des mains et distanciation sociale.

L’étude souligne que le confinement et la fermeture des lieux culturels, bars et restaurants n’ont été d’aucune utilité significative. Il n’aurait pas eu d’impacts sur le nombre de cas de contaminations et cela pourrait même être l’inverse. L’effet escompté par le confinement n’est pas là, selon cette étude, comme le révèlent les chiffres analysés par l’équipe de John Ioannidis.

Le confinement a favorisé les contaminations à l’intérieur des foyers.

Pour arriver à ces conclusions, l’équipe de John Ioannidis a mis en place un protocole. Parmi les 10 pays analysés par l’équipe : la France. Les scientifiques ont mis le nombre de contaminations dans l’hexagone — à partir du moment où le confinement a été déclaré — et les entreprises fermées, en face de celles de pays où le confinement n’a pas été prononcé. Comme cela a été le cas en Suède ou en Corée du Sud. Le résultat est sans appel. L’effet des mesures restrictives n’a presque pas apporté d’avantages en termes de contaminations.

Au contraire, même. Selon les chiffres collectés et analysés par John Ioannidis et son équipe, les deux confinements qu’a connus la France (17 mars-11 mai, 30 octobre-15 décembre), en favorisant les contaminations à l’intérieur d’un même foyer, n’auraient fait qu’aggraver un peu plus le bilan de l’épidémie — sans parler des innombrables effets collatéraux (économiques et sanitaires) de ces mises sous cloche. Des conclusions qui ne font évidemment pas consensus, très tant s’en faut, mais qui n’en constituent pas moins une pièce supplémentaire à verser au dossier.

En revanche, ce qui est certain, c’est que le confinement coûte très cher à l’économie française. Selon Capital qui se fait l’écho de l’AFP, un confinement d’un mois amputerait le produit intérieur brut d’environ un point (1 %). Ce serait 20 milliards que la France perdrait en l’espace de quatre semaines de restrictions strictes, avec la fermeture des entreprises.

« Des réductions similaires de la croissance des cas [de Covid-19] peuvent être obtenues avec des interventions moins restrictives » que le confinement, conclut l’étude.

Qui est John IOANNIDIS ?

C’est un professeur de Stanford, il est comme je vous le disais une sorte de terreur du monde de la science ; il avait déjà lancé un gros pavé dans la mare il y a presque 10 ans en publiant dans la revue PLOS Medecine un article qui s’intitulait « Pourquoi la plupart des découvertes publiées sont fausses ». Article consulté depuis plus d’un million de fois.

Il reprend aujourd’hui une partie de ces arguments pour attaquer de front le système de publication de la recherche scientifique — vous savez, ce système régi par la règle tacite dont je vous ai déjà parlé ici « publish or perish », publier ou périr, qui entraîne les chercheurs dans une surenchère de publications s’ils veulent obtenir reconnaissance, promotion et crédits pour leur laboratoire.

Que dit John IOANNIDIS ? Il dénombre déjà, entre 1996 et 2011 plus de 25 millions d’études publiées ; à comparer au très faible nombre d’avancées scientifiques concrètes et matérielles qui sont, elles, beaucoup moins fréquentes…

Et il explique que, dans cette course à la publication, eh bien de très nombreuses études sont tout simplement fausses : qu’il s’agisse de « faux positifs », c’est-à-dire de résultats biaisés par le protocole de recherche, de résultats impossibles à reproduire, d’échantillons de tests trop petits, donc pas significatifs, voire carrément de malhonnêteté intellectuelle.

Selon lui, dans son secteur de recherche, la biomédecine, jusqu’à 85 % des investissements faits dans ce secteur le sont à pure perte, soit un total de plus de 200 milliards de dollars jetés par la fenêtre.

Il dénonce, également, la technique dite « du salami », qui consiste à découper une seule recherche en plusieurs « tranches », et à proposer chacune de ces tranches à plusieurs revues, de façons à pouvoir attester de plusieurs publications, alors qu’il n’y a qu’une seule étude.

Le tout, à cause de ce système, ce cercle vicieux qui fait que les chercheurs sont poussés à la publication par leur laboratoire, par les investisseurs, dans un secteur dominé par la cooptation, le népotisme et le sexisme… bref, vous voyez, il n’y va pas de main molle comme disait ma grand-mère auvergnate.

Mais ce qui est intéressant, c’est que IOANNIDIS ne se contente pas de critiquer le système. Il propose plusieurs pistes pour le réformer. Un système assez radical, un barème qui attribuerait des points — positifs pour les études qui ont pu être reproduites ou qui se sont traduites par des avancées concrètes, négatifs pour les autres. Et c’est ce barème qui présiderait à l’attribution, ou non, d’avancement de carrière et de postes prestigieux.

Source : France Culture

À ce sujet lire : Comment publier un article scientifique en 2020

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Bobard — Selon le Wall Street Journal la Suède abandonne son modèle et met désormais en place des restrictions obligatoires

Comparaison les taux d'hospitalisations par million d'habitants entre la Floride (peu de restrictions) et la Californie et New York (fortes restrictions)


 

 

L'UdeM cherche à ouvrir ses portes à plus d'étudiants noirs en médecine


MONTRÉAL — L’Université de Montréal (UdeM) veut plus d’étudiants noirs en médecine dans ses salles de classe.

L’objectif ultime est de contribuer à ce que le corps médical représente bien la population, certes, mais aussi d’offrir de meilleurs soins aux diverses communautés noires, espèrent les instigateurs des travaux de recherche et d’un grand forum citoyen qui doivent apporter des pistes de solution pour changer les choses — une première au Québec, disent-ils.

À l’origine de ces initiatives se trouve un constat : seuls de 1,5 % à 3 % des étudiants en médecine sont noirs. [Comment l’U de M sait-elle qui est noir par opposition à métis, hispanique, etc. ?]

Est-ce que parce qu’ils sont peu nombreux au Québec ? Le Dr Jean-Michel Leduc rejette cette hypothèse : les jeunes noirs de 15 à 24 ans, — le groupe dont font partie ceux qui sont généralement à l’âge de déposer une demande d’admission à l’université — représentent 8,4 % de la population à Montréal, signale celui qui est professeur et chercheur au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie.

« C’est la minorité visible la plus sous-représentée, dit le médecin qui est aussi responsable du comité équité et diversité au programme de médecine de l’UdeM. C’est le plus frappant ».

« Quand j’étais en première année de médecine, nous n’étions que six sur 300 », renchérit Nadège Zanre, une étudiante noire qui est actuellement résidante en obstétrique.

« Ça m’a un peu choquée », ajoute la Québécoise originaire du Burkina Faso, qui étudie à l’UdeM.

L’alternative est simple : soit ils ne sont pas nombreux à poser leur candidature, ou s’ils le font, ils ne sont pas retenus.

Pourquoi ? La réponse n’est pas simple [on pourrait croire cependant qu’il est simple de connaître la proportion de candidats noirs retenus et si c’est leurs résultats qui les excluent ou si ce n’est pas le cas, alors si c’est plus compliqué], d’où les travaux lancés par l’UdeM, à l’instar de ceux qu’elle a déjà réalisés pour les étudiants autochtones. L’institution d’enseignement organise aussi un forum le 14 avril — en collaboration avec l’Association médicale des personnes de race noire du Québec (AMPRNQ) — auquel s’est jointe l’Université McGill. Son but est de déterminer les contours des pistes de solution et de formuler des recommandations pour un plan d’action.

C’est la base, estime Édouard Kouassi, le président de l’AMPRNQ, aussi membre du comité équité et diversité de la Faculté de médecine.

« Il faut une volonté politique clairement exprimée, dit-il, et des politiques en place pour encourager cette représentativité ». Car là où il y en a une, « ça marche ». Un tel projet existe à l’Université de Toronto et a connu un succès « flamboyant », opine M. Leduc.

« C’est une question de responsabilité sociale importante pour nous de former des gens représentatifs de la population », ajoute ce dernier.

D’autres facultés vont participer au Forum, pharmacie, sciences infirmières, optométrie, etc. Discussions et partage de connaissances sont au rendez-vous.

« C’est une très belle initiative », juge M. Kouassi, surtout que les communautés ont été impliquées dès le départ.

Solutions à examiner

En médecine, le Dr Leduc reconnaît que la fameuse « cote R » joue encore un grand rôle dans la sélection des étudiants, et que celle-ci est le « reflet d’un parcours qui peut avoir été semé d’embûches », et qui reflète souvent le statut socio-économique des étudiants. Historiquement, les facultés de médecine étaient remplies d’étudiants blancs, bien nantis. [Comprendre les blancs issus de milieux défavorisés sont eux aussi sous-représentés… Que va faire l’école de médecine pour mieux les représenter ? Un plan d’action, car c’est choquant, etc. ?] Car lorsque l’on regarde les autres outils de sélection, dit-il, comme l’entrevue ou les tests de jugement, « on ne remarque pas de différence ».

Si la capacité d’apprentissage est essentielle pour les études ardues de médecine, d’autres qualités sont aussi requises, comme la capacité d’écoute, la résilience, l’empathie, énumère-t-il.

Les solutions pourraient être de diversifier les outils de sélection, d’accompagner les candidats dès qu’ils postulent ou d’avoir plus de diversité dans les comités d’admission et d’entrevues.

Nadège Zanre se souvient de cette journée : dans la salle d’attente, elle était la seule candidate noire pour son entrevue d’admission. Et ses intervieweurs étaient tous blancs. Elle n’a pas perçu de biais chez eux, mais s’est « sentie à part ».

Le curriculum pourrait aussi être examiné, pour qu’il soit exempt de préjugés, mais aussi afin qu’il reflète bien la réalité des personnes noires.

Les maladies de peau ne se présentent pas de la même façon chez les personnes noires que chez les blancs — elles sont d’ailleurs sous-diagnostiquées chez elles. Et certaines pathologies touchent davantage les personnes noires, comme la drépanocytose, fait valoir M. Kouassi. Il faut que les médecins soient bien au fait de ces différences. Et puis, une diversité d’étudiants va amener une diversité des connaissances qui sont partagées en classe, ce qui va bénéficier à tous ces futurs médecins.

Mme Zanre parle de ses patientes, dont une qui l’a particulièrement marquée : la femme d’origine haïtienne, sur le point d’accoucher, a éclaté en sanglots en lui confiant que cela la rassurait « d’avoir une personne comme elle » dans la salle.

« Je ne sais pas pourquoi ça l’a apaisée, mais je sais que ça l’a fait. Pour cette raison-là, je me suis dit qu’il est vraiment important qu’il y ait des Noirs en médecine ».

Pour qu’au moins la population québécoise soit représentée dans ses médecins et que le traitement des patients soit complet, explique-t-elle.