Le député fédéral franco-ontarien Francis Drouin a traité deux militants pour la protection du français du Québec de « plein de marde ».
Entrevue avec Frédéric Lacroix, membre du Collectif pour le Cégep français.
Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
Le député fédéral franco-ontarien Francis Drouin a traité deux militants pour la protection du français du Québec de « plein de marde ».
Entrevue avec Frédéric Lacroix, membre du Collectif pour le Cégep français.
En 2023, le Québec a enregistré une des plus faibles fécondités de son histoire. L’espérance de vie stagne quant à elle au niveau atteint avant la pandémie. Dans ce contexte, l’accroissement naturel de la population, soit la différence entre les naissances et les décès, a été pratiquement nul. L’arrivée d’un nombre record de migrants internationaux a toutefois généré une forte croissance démographique, en plus d’occasionner un ralentissement ponctuel du vieillissement de la population. Au terme de l’année 2023, le Québec compte près de 9 millions d’habitants et d’habitantes.
En 2023, 77 950 bébés sont nés au Québec, soit une baisse de 3 % par rapport à 2022 (80 700) et le nombre le plus faible depuis 2005.
L’indice de fécondité chute de manière importante pour s’établir à 1,38 enfant par femme en 2023, comparativement à 1,48 en 2022. La fécondité se maintient tout juste au-dessus du creux historique de 1,36 enregistré en 1987. La chute de la dernière année s’inscrit dans une tendance à la baisse observée depuis une quinzaine d’années.
La baisse de la fécondité n’est pas unique au Québec. Elle s’observe également au Canada et dans plusieurs autres pays développés. À l’échelle canadienne, la fécondité du Québec est supérieure à celle de la majorité des autres provinces.
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En 2023, la fécondité des Québécoises a diminué dans tous les groupes d’âge sauf chez les femmes de 40 ans et plus. L’âge moyen à la maternité poursuit sa hausse et s’établit à 31,3 ans.
Le nombre de décès au Québec en 2023 est estimé à 77 550, une légère baisse par rapport aux 78 400 décès de 2022. Cela ramène l’espérance de vie de la population québécoise à 82,5 ans en 2023, un niveau semblable à celui observé avant la pandémie. Les femmes peuvent espérer vivre jusqu’à 84,3 ans et les hommes jusqu’à 80,7 ans, selon les conditions observées en 2023. Même si l’espérance de vie est plutôt stagnante au Québec depuis 2016, elle reste parmi les plus élevées au monde.
On observe une hausse de la mortalité chez les 25-44 ans au cours de la période 2020-2023, qui s’explique principalement par la hausse des décès par surdose. La hausse de la mortalité à ces âges est toutefois moins forte au Québec que dans le reste du Canada ou qu’aux États-Unis.
En 2023, l’ensemble des échanges migratoires avec l’extérieur du Québec (internationaux et interprovinciaux) ont engendré un gain total d’environ 217 600 personnes, ce qui surpasse nettement le précédent sommet enregistré en 2022 (environ 150 700 personnes).
Au prorata de la population, le gain de population attribuable aux migrations externes se chiffre à 2,5 % en 2023, soit un gain d’une ampleur jamais atteinte depuis au moins 1972. Dans le reste du Canada, l’accroissement migratoire est encore plus élevé, soit de 3,3 %, du jamais vu pour un pays de l’OCDE depuis au moins 1950.
En 2023, le Québec a accueilli 52 800 immigrants et immigrantes à titre de résidents permanents, et a surtout connu une augmentation inédite de 174 200 résidents non permanents (principalement des travailleurs étrangers temporaires, des étudiants internationaux et des demandeurs d’asile). En contrepartie, l’émigration nette vers l’étranger (– 5 200 personnes) et le solde des échanges migratoires avec les autres provinces (– 4 200 personnes) n’ont entraîné que des pertes limitées.
Plus du tiers des personnes immigrantes proviennent de la France, du Cameroun et de la Chine
En 2023, le Québec a accueilli 11 % de l’ensemble des personnes admises au Canada comme résidents permanents.
La France arrive en tête des pays d’origine de celles admises au Québec (13 %), devant le Cameroun (12 %) et la Chine (11 %). Suivent l’Algérie, le Maroc, la Tunisie et Haïti, d’où proviennent entre 4 % et 5 % des personnes immigrantes.
Plus de 560 000 résidents non permanents étaient présents au Québec au 1er janvier 2024
La forte augmentation du nombre de résidents non permanents enregistrée en 2023 porte leur effectif total à 560 200 personnes au 1er janvier 2024. À cette date, le Québec était le lieu de résidence de 54 % des demandeurs d’asile présents au Canada, de 19 % des travailleurs temporaires, de 11 % des étudiants internationaux et de 15 % de ceux étant titulaires tant d’un permis de travail que d’un permis d’études, selon les estimations de Statistique Canada basées sur les données administratives d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.
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| L'« accroissement démographique » est un quasi synonyme d'immigration, vu le faible niveau des naissances et donc du solde naturel. |
Voir aussi
Le 5 avril 1669 — Jean-Talon finance des mesures natalistes
Le Québec a ainsi perdu quelque 5 % de tous ses emplois à temps plein en 5 mois (1er décembre 2023)
67 % des Canadiens considèrent que les cibles d’immigration sont trop élevées (novembre 2023)
La hausse de l’immigration alimente la hausse des loyers (novembre 2023)
D’après les chiffres officiels, les hommes blancs ont très peu de chance d’être embauchés dans l’administration centrale publique du Canada. L’administration publique centrale (APC) comprend les ministères et les organismes figurant aux annexes I et IV de la Loi sur la gestion des finances publiques (LGFP) comme l’Agence des services frontaliers du Canada ou la Commission de l’immigration et du statut de réfugié L’APC compte environ 70 ministères, organismes et commissions, et le Conseil du Trésor est l’employeur de cette partie de la fonction publique. Il s’agit d’un sous-ensemble de la fonction publique fédérale (FPF) qui inclut également des organismes comme le Bureau du vérificateur général du Canada, Agence Parcs Canada, Agence du Revenu du Canada.
En date de mars 2023, la taille de l’APC avait augmenté de 17 278 pour atteindre un total de 253 411 employés. Le nombre d’employésNote en bas de page 5 qui s’identifient comme appartenant à un ou plusieurs groupes visés par l’équité en matière d’emploi avait augmenté de 14 792, ce qui représente un total de 176 441 employés et 69,6 % de l’effectif de l’APC. 




Le budget fédéral de 2024 rappelle quelques mesures en cours et à venir :
Interférence et missionnariat dans les pays étrangers
En février 2019, le Canada a annoncé son nouveau programme d’aide internationale pour les personnes LGBTQI+ visant à faire progresser les droits de la personne et à maximiser les retombées socioéconomiques pour les personnes de la communauté LGBTQI+ dans les pays en développement. Dans le cadre de ce programme, le gouvernement accorde un financement de 30 millions de dollars sur cinq ans et de 10 millions de dollars par année par la suite.
En 2021-2022 et 2022-2023, le programme d’aide internationale pour les personnes de la communauté LGBTQI+ a financé six projets qui ont aidé à soutenir la défense des droits de la personne dans 33 pays :
Mexican American girl goes to study in Argentina, shocked at all the white people who “look like Europeans” instead of American whites.
— Richard Hanania (@RichardHanania) May 1, 2024
Our society funds “education” abroad for people who can’t even be bothered to look at the Wikipedia page of the place they’re visiting. pic.twitter.com/c5Tw3kMT60
Culture Shock Studying Abroad in Argentina as a Mexican American
— Iberian America (@Iberianamerica) May 1, 2024
🇲🇽 🇺🇸 🇦🇷 pic.twitter.com/i3f0VpEo9I
Un plan visant à « rapprocher » les services français et anglais de Radio-Canada occupe actuellement la haute direction du diffuseur public. La programmation pourrait être touchée par cet effort de convergence, ce
qui fait craindre pour l’autonomie des services français. Le service anglais (la CBC) a une réputation d’être nettement plus à gauche (plus woke, voir notamment ci-dessous la controverse sur l’usage du mot nègre) que Radio-Canada. La CBC est aussi nettement moins regardée que Radio-Canada (5,8 % des téléspectateurs anglophones par rapport à 24,8 % des francophones aux heures de grande écoute). Certains voient dans cette mesure une ruse pour empêcher le Parti conservateur du Canada d’arrêter le financement que de la CBC, comme son chef Pierre Poilièvre le propose. Le Parti conservateur mène dans les sondages de près de 20 points sur le Parti libéral de Justin Trudeau. Cette volonté d’homogénéité de la part d’un organisme qui chante sans cesse les vertus de la diversité (sexuelle, raciale, religieuse) est assez étonnante.
Ce « plan de transformation » sera présenté au conseil d’administration à l’automne. Il s’agirait entre autres de réunir les directions de CBC et de Radio-Canada afin de faire face à la « concurrence des géants numériques ». La programmation pourrait être touchée par cet effort de convergence, ce qui fait craindre pour l’autonomie des services français. Une source bien au fait du dossier qui a requis l’anonymat a confirmé l’existence de ce plan au journal la Presse.
Marco Dubé, vice-président et chef de la transformation à Radio-Canada, a été mandaté par le conseil d’administration pour piloter le dossier. « Le diffuseur public veut demeurer pertinent à long terme et le C.A. a demandé une réflexion sur comment on pouvait se transformer pour poursuivre notre transition vers le numérique », explique-t-il dans une entrevue pendant laquelle il a confirmé la volonté de la haute direction de rassembler des ressources de CBC et Radio-Canada.
En juin dernier, Catherine Tait, présidente-directrice générale du diffuseur, a vu son mandat renouvelé pour une période réduite de 18 mois, soit jusqu’en janvier 2025, dans un contexte délicat, marqué notamment par des tensions entre CBC et Radio-Canada et le départ surprise, en octobre dernier, du vice-président principal des Services français, Michel Bissonnette.
Le conseil d’administration de la Société est présidé par Michael Goldbloom, tandis que Catherine Tait y siège. Marco Dubé, considéré par plusieurs comme le « dauphin » de la patronne sortante de CBC/Radio-Canada, a tour à tour été journaliste, directeur général des Services régionaux et chef de cabinet de la PDG.
Un rapprochement entre les programmations française et anglaise est-il dans les cartons ? « Pas nécessairement », répond-il. « CBC et Radio-Canada jouent des rôles très particuliers chacun dans leur marché respectif. Radio-Canada joue un rôle très spécifique auprès des francophones. On doit préserver ça à tout prix et on va prendre les moyens pour le faire. »
« Pas nécessairement », mais l’idée n’est pas écartée ? « C’est le prochain PDG qui va décider de ces grandes questions-là, mais il y a vraiment derrière [notre réflexion] une utilisation judicieuse des fonds publics, et les Canadiens s’attendent à ce qu’on utilise l’argent de manière efficace. Ils s’attendent à avoir une qualité de programmation en français et en anglais, mais ils s’attendent aussi à ce qu’on soit une organisation qui ne dédouble pas les ressources juste pour le plaisir de dédoubler les ressources. C’est un peu ça qu’on regarde présentement et qu’on regardait il y a déjà plusieurs années. »
Empêcher la fin du financement public de la seule CBC ?
En décembre 2023, la ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, avait annoncé la création d’un comité d’experts pour assurer la « pérennité » du diffuseur public. Cette initiative n’est pas liée à la « réflexion » lancée par le conseil d’administration, selon nos informations.
Toutes deux s’inscrivent néanmoins dans le même contexte, soit d’importantes pertes de revenus au sein du diffuseur public et la menace d’un définancement de CBC dans l’éventualité de l’élection du Parti conservateur aux prochaines élections fédérales.
Lors de sa campagne à la direction, Pierre Poilievre a martelé son intention de couper les vivres aux services anglais de la société d’État. Le chef conservateur, qui brandit encore aujourd’hui le slogan « Defund the CBC », a toutefois précisé qu’il comptait épargner la minorité francophone desservie par Radio-Canada.
Laisser tomber une seule moitié du diffuseur public nécessiterait des modifications législatives : un rapprochement entre les deux entités rendrait le plan conservateur encore plus difficile à mettre en œuvre. « Certains prétendent qu’on essaie d’empêcher Poilievre de démanteler CBC » en la raccordant à Radio-Canada, explique M. Saulnier.
« Ce n’est pas ça du tout », assure le chef de la transformation, Marco Dubé. Pas plus qu’il ne s’agit d’un legs que souhaite laisser la présidente-directrice générale Catherine Tait avant son départ, précise-t-il.
Les services français et anglais du diffuseur public mettent déjà en commun bon nombre de ressources. « C’est impossible d’imaginer Radio-Canada sans la présence de CBC, parce qu’on partage nos infrastructures, nos édifices, la technologie, les équipements, et même pour tout ce qui est de l’administration, des finances. Tout ça, c’est partagé. On est une seule entreprise, sauf pour la programmation [et] les nouvelles », avait expliqué la PDG lors d’un comité parlementaire à la fin du mois de janvier dernier.
Selon Alain Saulnier, Catherine Tait épouse la vision « one company » (une seule entreprise) d’Hubert Lacroix, président-directeur général de CBC/Radio-Canada de 2008 à 2017.
En décembre 2023, la décision de la haute direction de réduire de façon égalitaire le nombre de postes dans les services français et anglais avait causé la polémique, alors que la performance de Radio-Canada est nettement supérieure à celle de CBC, eu égard à leur marché respectif.
La question de l’autonomie des services français avait déjà refait surface en 2022 : le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes avait ordonné au diffuseur public de s’excuser après qu’un chroniqueur radio avait prononcé quatre fois en ondes le titre d’un essai de Pierre Vallières, Nègres blancs d’Amérique. La manière de réagir et de répondre au blâme de l’organisme public — qui a été annulé par la Cour d’appel fédérale en juin 2023 — a engendré un bras de fer tendu entre les directions de Radio-Canada et de CBC.
Alain Saulnier, qui est également spécialiste des médias, s’inquiète grandement d’une possible fusion des directions responsables des contenus. « Depuis 1970, on défend jalousement l’autonomie des services français à Radio-Canada, explique-t-il. Raymond David [ancien vice-président des services français de Radio-Canada] a obtenu cette indépendance [en 1968] parce qu’il jugeait essentiel de développer une programmation qui soit sensible à la réalité québécoise et à la réalité des francophones du pays. »
C’est ce que M. Saulnier craint de voir s’effriter.
| 125 millions | Déficit prévu de CBC/Radio-Canada pour l’exercice 2024-2025 avant l’annonce d’un nouveau financement de l’État. Quelque 800 postes étaient en jeu, soit 10 % de l’effectif. |
| 346 | Réduction de l’effectif à CBC/Radio-Canada depuis le mois de décembre dernier. L’entreprise s’est départie de 141 employés et a éliminé 205 postes vacants. Davantage de mises à pied sont écartées pour l’année en cours. |
| 1,42 milliard | Financement de CBC/Radio-Canada en 2024-2025, contre 1,3 milliard l’année précédente, selon des documents du ministère du Patrimoine canadien. |
| 42 millions | Versement d’aide supplémentaire à CBC/Radio-Canada pour l’année en cours, selon le budget fédéral déposé le 16 avril dernier. |
Source : La Presse, SRC, CBC