mardi 2 janvier 2024

M à j : elle démissionne et crie au racisme (Solidarité — Controversée présidente de Harvard maintenue grâce à Obama ?)

La présidente de l'université américaine Harvard, Claudine Gay, a annoncé mardi démissionner, après des accusations de plagiat et une audition tendue au Congrès sur la lutte contre l’antisémitisme dans les campus.

« C’est le cœur lourd, mais avec un profond amour pour Harvard que je vous écris pour vous annoncer que je vais quitter mon poste de présidente », a déclaré Claudine Gay, 53 ans, dans une lettre de démission publiée mardi.

Cette professeure de sciences politiques – devenue en juillet la première présidente noire de l’université Harvard, située près de Boston – était ces dernières semaines sous le feu des critiques. Elle détient ainsi le mandat de présidente le plus court de l'histoire de Harvard.

Elle était visée par des accusations de plagiat liées à ses travaux universitaires et par des critiques liées à ses réponses, lors d’une audition parlementaire sur la lutte contre l’antisémitisme sur les campus. Notons que dans le monde de Harvard (voir ci-dessous), le plagiat de la part d'une présidente d'origine haïtienne devient du « langage dupliqué » pour finit encore plus euphémisé en « faux pas ». Nouveaux exemples de plagiats découverts ces derniers jours.

Depuis l’attaque sanglante du Hamas en Israël le 7 octobre, suivie de représailles meurtrières de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, le conflit déchaîne les passions dans les universités américaines les plus renommées.

Mardi 5 décembre, dans une ambiance tendue, Claudine Gay et ses homologues de l’université de Pennsylvanie et du Massachusetts Institute of Technology, Elizabeth Magill et Sally Kornbluth, avaient répondu cinq heures durant aux questions d’élus de la Chambre des représentants.

Lorsque Mme Stefanik avait demandé si « appeler au génocide des juifs violait le règlement sur le harcèlement à Harvard, oui ou non ? », Mme Gay avait répondu : « Cela peut, en fonction du contexte », avant d’ajouter : « Si c’est dirigé contre une personne. »

Leurs réponses, devenues virales, ont provoqué un tollé jusqu’à la Maison-Blanche, dont un porte-parole, Andrew Bates, a jugé « incroyable que cela doive être dit : les appels au génocide sont monstrueux ».

«Il a été compliqué de voir le doute planer quant à mes engagements à faire face à la haine et à respecter la rigueur académique... et effrayant de faire l'objet d'attaques personnelles et de menaces alimentées par du racisme», a expliqué Claudine Gay dans sa lettre de démission. Vieille technique pour détourner l'attention, inverser les rôles et jouer la victime. Mais le "racisme" explique-t-il pourquoi la présidente de l'Université de Pennsylvanie, Liz Magill, blanche elle, a également démissionné après le même genre de déclarations devant Mme Stefanik ? À moins que ce soit alors du sexisme ?

Claudine Gay est une descendante d'immigrants haïtiens aux États-Unis ; ses parents se sont rencontrés à New York alors qu'ils étaient étudiants.


 

Billet du 28 décembre sur la solidarité ethnique et le soutien actif de Barack Obama

Selon le New York Post, l’ancien président Barack Obama a secrètement fait pression sur les responsables de l’université de Harvard pour qu’ils soutiennent la présidente Claudine Gay, alors qu’elle est poussée à démissionner pour avoir cautionné l’antisémitisme sur le campus de son université et pour avoir commis des plagiats dans la rédaction de sa thèse.

Barack Obama (à gauche), Mme Gay (à droite)

M. Obama, 62 ans, diplômé de la faculté de droit de Harvard en 1991, a demandé en privé à l’université de laisser Mme Gay en poste après son témoignage du 5 décembre devant la commission de l’éducation et du travail de la Chambre des représentants, lors duquel elle a déclaré que les appels au génocide des juifs pouvaient être autorisés par le code de conduite de l’université, selon le « contexte ».

« Il semble que l’on ait demandé aux gens de resserrer les rangs pour préserver la stabilité de l’administration dans son ensemble, y compris sa composition », a déclaré une source au Jewish Insider à propos des efforts dissimulés de l’ancien président.

Le rapport ne précise pas si cet effort s’est poursuivi après que les compétences de Mme Gay ont été remises en question en raison de son témoignage sur des dizaines de cas de plagiat présumés.

Une porte-parole d’Obama n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire. Harvard a refusé de commenter l’affaire auprès de Jewish Insider.

Le sort de Mme Gay est en partie entre les mains de Penny Pritzker, ancienne secrétaire d’État au commerce de Barack Obama, membre d’une grande famille de Chicago — son frère est le gouverneur de l’Illinois J. B. Pritzker — qui est membre de la Harvard Corporation, la plus haute instance dirigeante de l’université, qui a récemment examiné les publications universitaires de la présidente Gay pour y déceler des preuves de plagiat.

Mme Gay a déclaré au Boston Globe : « Je suis convaincue de l’intégrité de mon travail universitaire. Tout au long de ma carrière, j’ai veillé à ce que mes travaux universitaires respectent les normes académiques les plus strictes ».

Harvard a annoncé que des « exemples de duplication de langage sans attribution appropriée » avaient été trouvés dans la thèse de doctorat de M. Gay en 1997, à la suite d’un examen effectué par un sous-comité de quatre personnes de la Corporation.

Le même jour, la commission de l’éducation de la Chambre des représentants a envoyé une lettre à Mme Pritzker pour demander à l’université de lui remettre des documents internes sur sa gestion du scandale, après avoir lancé une enquête antérieure sur l’antisémitisme à Harvard.

« Si une université est prête à fermer les yeux et à ne pas demander des comptes à ses professeurs pour des comportements scientifiques malhonnêtes, elle dévalorise sa mission et la valeur de son enseignement », a écrit la présidente de la commission, la députée Virginia Foxx (R-NC).

« Les étudiants doivent être évalués équitablement, selon des normes connues, et ont le droit de voir que les professeurs le soient aussi. »

Au cours de l’audition, la députée Elise Stefanik (R-NY) a reproché à Mme Gay, à la présidente du Massachusetts Institute of Technology, Sally Kornbluth, et à la présidente de l’Université de Pennsylvanie, Liz Magill, d’avoir refusé de dénoncer les manifestations antisémites qui se déroulaient sur leurs campus.

Chacun a souligné que les discours antisémites — y compris les appels au génocide des Juifs — n’enfreignaient pas nécessairement les politiques universitaires et dépendaient du contexte.

Magill a démissionné une semaine après l’audition, tandis que Gay et Kornbluth sont restés à leur poste.

Mme Pritzker, diplômée de Harvard en 1981, a été nommée senior fellow de la Corporation en 2022 après avoir fait don de 100 millions de dollars à l’université — et elle a dirigé le comité de recherche qui a nommé Mme Gay comme nouvelle présidente de l’école l’année dernière.

Lors de l’annonce de ce choix en décembre 2022, elle a fait l’éloge de Mme Gay en la qualifiant de « dirigeante remarquable profondément dévouée au maintien et à l’amélioration de l’excellence académique de Harvard ».

À la suite de nouvelles allégations de plagiat à l’encontre de la présidente, de nombreux universitaires ont demandé la démission de Claudine Gay, en plus de ceux qui l’ont demandée après son audition au Congrès, notamment un professeur dont la présidente de Harvard aurait copié les travaux.

« Virez Claudine Gay sans délai », a déclaré Carol Swain, professeur de sciences politiques à l’université Vanderbilt, sur X. « Elle peut être relevée de ses fonctions jusqu’à ce que les conditions [de son renvoi] soient négociées. Engagez le meilleur homme ou la meilleure femme qui puisse ramener l’université à la raison ».

Mme Swain a déclaré que Mme Gay avait repris des parties d’un livre qu’elle avait publié en 1993 et d’un article qu’elle avait écrit en 1997 sans les citer.

John McWhorter, chroniqueur au New York Times et professeur de linguistique à l’université de Columbia, a également demandé à Mme Gay de démissionner. Il estime que les plus de 40 cas d’attribution incorrecte dans ses travaux scientifiques « rendent insoutenable son maintien en fonction ».

Mme Pritzker n’a pas encore réagi publiquement à la controverse, mais les membres du conseil d’administration de la Harvard Corporation ont déclaré, le 12 décembre, qu’ils « réaffirmaient » leur soutien à la direction de Mme Gay.

Toutefois, le gestionnaire de fonds spéculatifs et milliardaire Ken Griffin a déclaré au New York Times que Mme Pritzker, qui est juive, avait convenu en privé que la réaction de Harvard à l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre avait été tiède et qu’une déclaration de solidarité avec Israël s’imposait.

Entre-temps, les fidèles partisans de l’école ont suspendu des centaines de millions de dollars de dons en raison de la décision de Mme Gay de soutenir les groupes d’étudiants qui accusent l’État juif des atrocités commises par le Hamas.

Source : New York Post

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lundi 1 janvier 2024

Michel Onfray, mythiste et complotiste sur Jésus

Le philosophe Michel Onfray  vient de publier une Théorie de Jésus (Bouquins) où il réaffirme que Jésus n'a pas existé. Historien, auteur d'une monumentale biographie du Christ, dont Fayard vient de publier une version illustrée, Jean-Christian Petitfils lui répond.

Il y a deux Michel Onfray. D’un côté, l’analyste politique assez fin qui dénonce les abandons de souveraineté de la France au profit de l’envahissante bureaucratie bruxelloise et défend la civilisation judéo-chrétienne, de l’autre, le pourfendeur de l’existence historique de Jésus, qui ne serait qu’un être fictif, symbolique, mythologique (mais violent et antisémite !), de sorte que le christianisme, religion de l’incarnation d’un Dieu fait homme, mort sur la croix pour le salut de l’humanité, s’écroulerait comme un château de cartes. Le premier fait mouche, le second fait un flop et déconsidère le premier !

Reprenant une thèse déjà exposée dans son Traité d’athéologie (Grasset), puis dans Décadence, vie et mort du judéo-christianisme (Flammarion) et dans Anima (Albin Michel), son nouveau livre, Théorie de Jésus, biographie d’une idée, se veut une démolition en règle du Jésus de l’histoire. Cette thèse radicale, ultraminoritaire, qu’on appelle mythiste, n’est pas nouvelle. Elle a été illustrée à la fin du XVIIIe siècle par Volney, au XIXe par David Strauss et Bruno Bauer, puis au début du XXe par Arthur Drews et Paul-Louis Couchoud. Aucun des authentiques chercheurs – universitaires, historiens, biblistes, exégètes ou archéologues -, qu’ils soient chrétiens, juifs, agnostiques ou libres-penseurs, n’y a jamais adhéré. À la vérité, ce qui était déjà une opinion insoutenable au temps des premiers mythistes devient absurde et loufoque au XXIe siècle, alors que des progrès considérables ont été accomplis dans la quête du Jésus de l’histoire.

Des clichés éculés

Ce qui frappe dans les textes d’Onfray, ce sont les clichés éculés, les raccourcis simplificateurs, les accusations caricaturales, c’est la méconnaissance profonde de l’exégèse moderne, qui a montré, par exemple, l’importance du pesher dans la critique néotestamentaire, pratique consistant à actualiser les textes de la Bible ancienne afin d’y lire les paroles et les actes du Christ, c’est aussi l’ignorance totale des dernières découvertes archéologiques en Terre sainte.

Les sources externes, Tacite, Pline le Jeune, Suétone, Flavius Josèphe, auraient-elles été trafiquées par des copistes chrétiens, comme le prétend Onfray, qu’il serait impossible d’y inclure le traité Sanhédrin du Talmud de Babylone, qui nous dit : « La veille de la Pâque, on pendit [à la croix] Yeshû hanotsri [Jésus le Nazaréen] parce qu’il a pratiqué la sorcellerie, a séduit et égaré Israël. » Il aurait été tellement plus facile à ses rédacteurs juifs de réfuter l’existence de ce personnage encombrant ! Même le philosophe platonicien Celse (IIe siècle), impétueux polémiste qui exécrait le Christ, ne contestait nullement son existence historique.

Plus de 500 témoins de la Résurrection

Plus de 500 frères, dit saint Paul, ont été témoins de la résurrection de Jésus. Comment imaginer que de pauvres pêcheurs du lac de Génésareth, troupeau de fuyards apeurés par la mort de leur maître, aient soudainement lâché leurs filets, abandonné femmes et enfants pour parcourir le monde pour un simple mythe, préparé par un “atelier d’écriture” dans l’arrière-salle d’une taverne de Judée ? Saisis par l’éblouissement pascal, brûlant de conviction en témoins rayonnants d’une vérité libératrice, ils ont tout supporté, les quolibets, les insultes, la prison, la torture, la mort même, sans jamais se renier. Meurt-on en martyr pour un hologramme ?


“Jésus”, de Jean-Christian Petitfils, présenté en récit graphique par Vincent Ravalec, Fayard, 320 pages, 28 €.

“Théorie de Jésus. Biographie d’une idée”, de Michel Onfray, Bouquins, 272 pages, 21 €.

 

 

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Sans prendre de gants, l'argentin François efface systématiquement l'héritage du Pape Benoit XVI

François (à gauche) et le pape émérite Benoît XVI lors d’une rencontre, en juin 2017, dans la basilique Saint-Pierre au Vatican.


Le 13 mars 2013, jour de l’élection de François, la succession de Benoît XVI était actée. Le 31 décembre 2022, jour de la mort du pape émérite, sa succession était totalement accomplie. Non que l’épanouissement du pontificat de François ait été empêché par la cohabitation entre les « deux papes » mais une série de décisions drastiques prises par François depuis l’enterrement de son prédécesseur, donnent l’impression que le pontife argentin, aujourd’hui âgé de 87 ans, presse le pas pour imprimer encore plus profondément sa marque. Comme si la mort de Benoît XVI avait libéré son successeur d’un poids qui l’empêchait d’aller jusqu’au bout de ses réformes dont la plus durable serait une nouvelle approche de la doctrine catholique.

Dieu sait que le pontificat de Benoît XVI (2005-2013) fut précisément caractérisé par la clarté de la doctrine. Dans le quotidien Il Giornale de ce vendredi, un important cardinal italien, ancien numéro trois du pape allemand, souhaite à ce titre que ce théologien devienne un « docteur de l’église ». Ils sont seulement trente-sept depuis deux mille ans à siéger dans ce cénacle où ils sont reconnus pour leur apport décisif pour le christianisme. Le cardinal Fernando Filoni, actuellement grand maître de l’ordre du Saint-sépulcre, justifie sa requête pour Benoît XVI : « Sa doctrine, sa science, sa vie ont été vraiment à la lumière d’un enseignement qu’il disait être un “don de Dieu”. Il nous a transmis tout cela et cela a fait un grand bien à l’église. » Il conclut :

« Tous les docteurs de l’église ont été préalablement proclamés saints, mais je crois que la sainteté de vie de cet homme fut claire pour tous. »

Comment François va-t-il recevoir cette idée ? Ce dimanche 31 décembre à 8 heures, il célébrera une messe dans la basilique Saint-pierre en hommage à son prédécesseur qu’il qualifia en 2016 « d’homme droit ». Tout est possible avec ce pape mais les signaux qu’il émet depuis la mort de Benoît XVI ne vont pas dans le sens d’une glorification de ce dernier.

Dès le 28 février 2023, le pape François a commencé par éloigner les personnalités qu’il jugeait trop proches du pontificat précédent. À commencer par Mgr Georg Gänswein, 67 ans, ancien secrétaire personnel de Benoît XVI. Sa fonction officielle de préfet de la Maison pontificale, une sorte de plaque tournante de l’organisation de la vie du pape, a été suspendue. Ce limogeage sans merci du plus proche collaborateur du pape émérite pendant vingt ans est passé par un communiqué de trois lignes, publié par le service de presse du Vatican, une méthode inhabituelle : « Le 28 février 2023, S. Exc. Mgr Georg Gänswein a terminé sa mission de préfet de la Maison pontificale. Le Saint-père a ordonné que Mgr Gänswein revienne à partir du 1er juillet, pour le moment, dans son diocèse d’origine de Fribourg » en Allemagne.

Mgr Gänswein, déjà en disgrâce, avait commis un crime de lèse-majesté. Il avait publié en janvier 2023 un livre de mémoire en plusieurs langues - en français chez Artège, sous le titre Rien d’autre que la vérité - où il révélait les difficultés de la cohabitation entre les deux papes. En particulier sur le dossier de la liturgie, une question capitale pour Benoît XVI. François, selon Gänswein, n’aurait pas pris la peine d’avertir son prédécesseur quand il annula, en juillet 2021, sa réforme liturgique majeure. À savoir la possibilité ouverte en 2007 pour les prêtres qui le désiraient, de dire la messe à titre « extraordinaire » selon l’ancien rituel catholique latin. Mgr Gänswein, qui accompagnait au jour le jour Benoît XVI dans sa retraite, affirme que ce dernier aurait appris la décision de François en lisant L’Osservatore Romano, le quotidien du Saint-Siège. Donc après coup. Le pape émérite, écrivait alors Gänswein, considéra le coup de frein liturgique donné par François comme une « erreur » parce que cette libéralité avait contribué à « pacifier » l’église. François n’a pas du tout apprécié.

Même type de règlement de comptes mené avec détermination en 2023 par le pape François : le fait de couper, arbitrairement et contre toutes règles établies, vivres et logement au cardinal américain Raymond Leo Burke, 75 ans. Ce spécialiste du droit canonique qui a occupé de hautes fonctions au Vatican, était déjà sur la touche parce qu’il est l’un des rares cardinaux à oser émettre publiquement des avis critiques sur le pontificat. Ce qui aurait poussé François à déclarer devant plusieurs cardinaux lors d’une réunion officielle, le 21 novembre dernier : « Le cardinal Burke est mon ennemi, c’est pourquoi je lui retire l’appartement et son salaire. » Une citation reprise par la presse italienne qui ne fut pas démentie sur le fond, d’autant que la mesure se confirme : elle sera effective en février 2024. Par une voie détournée et non officielle, le pape François aurait simplement démenti, non pas la sanction, mais le fait qu’il aurait qualifié Burke « d’ennemi ». Il l’a d’ailleurs reçu ce vendredi 29 décembre. En sortant, le cardinal américain qui aime l’humour, a simplement déclaré : « Vous voyez, je suis toujours vivant ! »

Ennemi ou pas, une autre tête est également tombée sur décret papal, le 11 novembre 2023. Mgr Joseph Strickland, 65 ans, évêque de Tyler au Texas se trouvait être un « ami » proche de Benoît XVI. C’est Peter Seewald, un laïc allemand, biographe du pape émérite qui l’a révélé dans une interview accordée le 27 décembre au site italien La Nuova Bussola Quotidiana disponible en français sur le site Benoît et moi. Seewald va jusqu’à parler de « purge » qui toucherait le « lignage de Benoît XVI ». Le biographe qui a rédigé quatre livres interviews avec Benoît XVI, relate en le citant l’inquiétude du pape en retraite confiée à plusieurs visiteurs sur « le danger d’un glissement de terrain doctrinal ». l’écrivain de conclure : « Immédiatement après la mort de Benoît XVI, les considérations qui étaient encore valables de son vivant ont été abandonnées. Il est devenu normal qu’un homme comme Victor Manuel Fernandez, à qui l’on a rapidement donné un chapeau de cardinal, soit nommé au poste de préfet pour la doctrine de la foi. L’argentin n’est pas qualifié pour cette tâche importante, sauf pour une chose : il est le protégé du pape argentin. Jusqu’à présent, l’aptitude était le principal critère pour ces nominations, mais sous Bergoglio, il semble que ce soit la loyauté à la ligne qui compte. »

Qui est ce cardinal Fernandez qui défraye la chronique depuis son arrivée à Rome le 11 septembre 2023 ? Il est d’abord une fonction. Le préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi est en réalité le vrai numéro deux du pape sous l’angle d’une Église qui revendique être l’église évangélisatrice voulue par le Christ à travers ses apôtres, dont le premier, saint Pierre. Autrement dit le cardinal Fernandez est le gardien de l’enseignement de l’église, du dogme. C’est lui qui, derrière le pape, dit ce qui est « catholique » et ce qui ne l’est pas. Si le cardinal Parolin est le secrétaire d’état du Saint-siège, le premier ministre en charge de faire tourner cette imposante machine administrative à portée mondiale, le cardinal Fernandez, en est le premier ministre de la théologie catholique.

Rien d’étonnant à ce que Jean-Paul II, en 1981, supplia l’archevêque de Munich, un certain Joseph Ratzinger, de venir à Rome pour occuper ce même poste stratégique de préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi (devenu « dicastère » en 2022) qu’il occupa jusqu’à la mort du pape polonais en 2005. C’est un poste clé. Le plus important après la fonction papale.

En plaçant là son ami Victor Manuel Fernandez, François a accompli un acte décisif qui était impossible à réaliser avant la mort de Benoît XVI, puisque à la place de Ratzinger, qui a marqué la théologie catholique dans cette fonction - notamment avec l’encyclique « La splendeur de la vérité » - il place un proche considéré comme « anti-raztinger » sur le plan théologique. Le 1er juillet dernier, François a d’ailleurs assigné à Fernandez une mission explicite par lettre « non de poursuivre d’éventuelles erreurs doctrinales » par une « théologie de bureau » qui travaille selon une « logique froide et dure qui cherche à tout dominer » mais de « montrer un Dieu qui aime, qui pardonne », sans imposer « une seule manière » d’exprimer la théologie et de créer une harmonie « avec les différentes lignes de pensée ».

Depuis son arrivée, le nouveau préfet a pris quasiment seul - ou avec François des décisions spectaculaires, sans s’embarrasser des consultations pourtant prévues par le règlement avec des théologiens. Ces derniers jugeaient collectivement les nouvelles normes avant de les publier. Fernandez a dit non à l’appartenance maçonnique pour un catholique. Il a confirmé l’admission des personnes divorcées-remariées à la communion mais en suivant les règles établies par la conférence épiscopale argentine. Il a dit oui à la possibilité pour un transgenre ou une personne homosexuelle d’être baptisé et d’être parrain ou témoin de mariage. Il a autorisé l’accès à la communion pour les mères célibataires. Il a lancé, avec l’aval du pape, la possibilité de bénir des « couples » homosexuels. Benoît XVI est définitivement enterré.

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samedi 30 décembre 2023

Économiste Banque Scotia : « L’immigration est excessive, point à la ligne », mais pour Justin Trudeau il s'agit de « petits défis »

Un texte de Konrad Yakabuski

Le coût de la vie et la crise du logement sont tout au sommet des préoccupations des électeurs, lesquels sont majoritaires à penser que certaines politiques du gouvernement fédéral aggravent carrément la situation.

« L’immigration est excessive. Point à la ligne », a écrit cette semaine, dans une analyse, l’économiste de la Banque Scotia Derek Holt, après que Statistique Canada eut dévoilé que la population canadienne avait augmenté de 431 000 personnes durant le troisième trimestre de 2023. « Le problème demeure qu’il y a peu ou pas de logements disponibles pour eux et la situation ne fera qu’empirer. »

Le commentaire de M. Holt démontre à quel point le vent a tourné au Canada anglais depuis la pandémie, plus spécialement depuis que le gouvernement Trudeau a choisi de hausser les seuils d’immigration permanente et de laisser ses portes grandes ouvertes aux travailleurs étrangers temporaires et aux étudiants internationaux. Longtemps perçue comme une source de croissance économique, la politique libérale en matière d’immigration est maintenant perçue comme une menace au niveau de vie des Canadiens. Même ceux qui se disent très favorables à l’immigration accusent le gouvernement Trudeau d’avoir perdu le contrôle de la situation.

Depuis un an, la population canadienne a augmenté de 1,25 million de personnes, ou de 3,2 %. Nous sommes maintenant plus de 40,6 millions à habiter ce pays et nous serons plus de 41 millions d’ici la fin du premier trimestre de 2024, sinon avant. Au rythme actuel, la population canadienne augmente plus rapidement que celle de n’importe quel pays à l’extérieur de l’Afrique. Or, si un plus fort taux de natalité explique la hausse rapide de la population africaine, l’immigration internationale compte pour la presque totalité de la croissance démographique ici.

Le Canada a longtemps été un modèle en matière d’immigration. L’instauration dans les années 1960 d’un système de pointage basé sur des critères tels que l’éducation, l’expérience de travail, les compétences professionnelles et la langue a permis au Canada de s’assurer d’accueillir les nouveaux venus les plus susceptibles de contribuer au développement économique du pays. Les volets de la réunification familiale et des réfugiés se sont ajoutés pour compléter une politique d’immigration qui faisait une grande place aux considérations humanitaires, en conformité avec nos engagements internationaux et notre désir collectif de nous montrer généreux envers les moins chanceux de la planète — mais rarement aux dépens de notre capacité d’accueil.

Ce n’est plus le cas. Sous M. Trudeau, les libéraux ont non seulement haussé sans cesse les seuils de l’immigration permanente, pour les porter à des niveaux records — avec pour objectif d’accueillir 500 000 nouveaux immigrants permanents en 2025 —,  ils ont aussi surtout facilité la venue de travailleurs étrangers temporaires et d’étudiants internationaux. Le nombre d’immigrants temporaires au pays a atteint un sommet de plus de 2,5 millions de personnes à la fin du troisième trimestre. Ce nombre a plus que doublé depuis 2021.

Le Québec ne fait pas exception à cette tendance. Plus de 500 000 résidents non permanents vivaient au Québec à la fin du troisième trimestre, une hausse de 46 % en un an. La pénurie de main-d’oeuvre y est pour quelque chose. Beaucoup de restaurants Tim Hortons et McDo­nald’s risqueraient de devoir fermer leurs portes s’ils n’avaient pas recours aux travailleurs étrangers temporaires. Les étudiants internationaux sont aussi devenus une source de main-d’oeuvre à bas salaire pour les employeurs de toutes sortes au pays.

Contrairement à ce que prétendent les libéraux, leur politique d’immigration ne contribue pas au développement économique du Canada. Elle a plutôt tendance à lui nuire. Le produit intérieur brut par habitant — une jauge du niveau de vie des Canadiens — est en baisse depuis cinq trimestres consécutifs. Notre richesse collective augmente moins rapidement que la population, notamment en raison du flux migratoire dans les emplois à bas salaire.

Dans son entrevue de fin d’année à Radio-Canada, M. Trudeau a tout au plus concédé que son gouvernement faisait face à de « petits défis » en matière d’immigration temporaire. Il s’agit très probablement, de sa part, de l’euphémisme de l’année. Le ministre de l’Immigration, Marc Miller, n’a parlé jusqu’ici que de pistes de solution, sans manifester de volonté véritable de prendre enfin les décisions difficiles qui s’imposent.

Source : Le Devoir par Konrad Yakabuski, chroniqueur au Globe and Mail, où il a occupé plusieurs fonctions depuis 1996, dont celle de correspondant politique à Washington durant le premier mandat du président Barack Obama.

vendredi 29 décembre 2023

États-Unis — En 2022, seuls 3,4 % des journalistes se disaient républicains

En 2022, seuls 3,4 % des journalistes se disaient républicains contre 36,4 % de démocrates. Ce chiffre était de 18 % en 2002 et de 25,7% en 1971.



 

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Comment les professeurs se classent eux-mêmes en termes politiques.
Le rapport gauche-droite a augmenté rapidement depuis le milieu des années 90.
(Source : Institut de recherche sur l’enseignement supérieur [HERI]. Les données proviennent d’enquêtes représentatives au niveau national auprès de professeurs aux États-Unis. Graphique de Sam Abrams.)

 

Europe — Plus on est religieux, plus on a d'enfants

Le fait qu’un couple ait ou non des enfants et le nombre d’enfants qu’il a dépendent jusqu’à aujourd’hui de son degré de religiosité. C’est ce que montrent des chercheurs de l’Académie autrichienne des sciences et de l’Université de Vienne dans la revue spécialisée Population, Space and Place. Pour ce faire, elles ont analysé les données d’environ 34 000 personnes âgées de 18 à 45 ans dans huit pays (Autriche, France, Pays-Bas, Suède, Pologne, Russie, Bulgarie et Géorgie). Celles-ci avaient été interrogées en 2002 et 2016 sur leur religiosité, leur désir d’enfant et le nombre effectif d’enfants.

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Des valeurs traditionnelles

Résultat : les chrétiennes autrichiennes âgées de 20 à 29 ans qui assistaient régulièrement à un service religieux souhaitaient en moyenne 2,4 enfants. Le nombre réel d’enfants parmi elles (âgées de 35 à 44 ans) était de 1,8. En comparaison, le nombre d’enfants souhaité par les femmes non pratiquantes était déjà nettement inférieur, avec une moyenne de 1,9. Et dans les faits, elles n’ont eu que 0,9 enfant. Les chrétiennes non pratiquantes se situaient entre ces deux pôles : elles souhaitaient en moyenne 2,1 enfants et en ont eu 1,5. Cette tendance a été observée dans les huit pays étudiés.

Une explication pourrait résider dans les doctrines religieuses pronatalistes : la famille et les enfants ont une grande importance dans les familles religieuses, les rôles des sexes sont plutôt traditionnels, explique la sociologue Caroline Berghammer (Université de Vienne). Dans les pays d’Europe de l’Est, le désir d’enfant est cependant moins souvent réalisé qu’en Occident. Cela pourrait s’expliquer par « des conditions sociales générales telles que l’insécurité économique », selon Isabella Buber-Ennser de l’Institut de démographie de l’ÖAW. 

Source : APA

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Le ministre polonais de la Culture et du Patrimoine national (du nouveau gouvernement libéral) a déclaré avoir entamé la procédure de liquidation des médias d'État en raison de la cessation de leur financement.

« En raison de la décision du Président de la République de Pologne de suspendre le financement des médias publics, j'ai décidé de mettre en liquidation les sociétés Telewizja Polska SA, Polskie Radio SA et l'Agence de presse polonaise SA" - un tel message est apparu mercredi dans la soirée de manière inattendue sur le site du ministère de la Culture. »

Plus de détails (en polonais)


Billet du 20 décembre

Mise à jour du professeur David Engels (qui enseigne à Posnan en Pologne) dans Valeurs actuelles :

Le nouveau gouvernement polonais vient d'occuper par la force la télévision publique et de fermer la chaîne qui a dû cesser toute diffusion. La nouvelle opposition accuse Tusk de violer massivement l'État de droit. Que se passe-t-il ?

Des partisans de Kaczynski et du PiS (Droit et Justice) se rendent au siège de la chaîne publique polonaise TVP pour protester contre les mesures prises par le nouveau gouvernement pro-Union européenne, à Varsovie, Pologne, le mercredi 20 décembre 2023.

La Pologne fournit actuellement un cas d’étude majeur de ce qui se passe lorsqu’un pays conservateur change de gouvernement, qui souhaite le réaligner avec le reste de l’Europe – un memento mori pour la Hongrie. La composition du nouveau gouvernement, dont les postes socio-culturels clés sont tous occupés par des représentants du parti de gauche et d’extrême gauche Lewica, qui ne cachent pas leurs opinions ouvertement anti-chrétiennes et pro-LGBTQ, prouve que les affirmations du gouvernement actuel selon lesquelles il serait la meilleure alternative, même pour les conservateurs, n’étaient qu’un leurre. Mais la guerre culturelle a pris une nouvelle intensité ces derniers jours, lorsque le gouvernement a annoncé dès son entrée en fonction son intention de mettre au pas les médias publics, à commencer par la chaîne TVP.

La nuit dernière, le Premier ministre Tusk a limogé les PDG et les membres du conseil de surveillance non seulement de la chaîne de télévision TVP, mais aussi de la radio polonaise et de l’agence de presse PAP, et a nommé de nouveaux conseils de surveillance qui éliraient de nouveaux administrateurs. Cela s’est fait apparemment sans préavis et donc sans respect des règles en vigueur, comme l’ont rapporté des personnes directement concernées. Le Tribunal constitutionnel polonais conteste la compétence du gouvernement pour procéder à une restructuration aussi soudaine et profonde, mais son autorité n’est que partiellement reconnue par le gouvernement en raison du litige latent sur l’État de droit.

«Le nouveau gouvernement a besoin de la mainmise illégale sur les médias publics pour couper les Polonais de la vérité inconfortable. Par exemple, le consentement du gouvernement Tusk à adopter le pacte européen sur la migration, qui suppose une réinstallation forcée ou des sanctions financières. Défendons la liberté !»

Toutes les branches de la chaîne ont été coupées jusqu’à nouvel ordre

Face à cette évolution, des sympathisants de l’ancienne direction de la TVP, dont des parlementaires, se sont retranchés depuis mardi soir avec une partie du personnel dans le bâtiment principal de la chaîne et ont dû être expulsés de force par les services de sécurité, ce qui a entraîné des blessures chez certaines personnes évacuées manu militari, si l’on en croit les images et les vidéos qui circulent sur le net. La police est également intervenue, d’abord pour protéger les personnes retranchées dans le bâtiment, mais ensuite pour soutenir le gouvernement, selon des témoins de la situation toujours chaotique. Toutes les branches de la chaîne ont été coupées jusqu’à nouvel ordre par décision du gouvernement et ne diffusent que des images fixes. D’ici Noël, la restructuration des principaux médias publics devrait être achevée : une vague de licenciements sans précédent menace. L’opposition (nouvelle) y voit des violations massives de l’État de droit. L’ex-Premier ministre Morawiecki parle dans un message de l’instauration d’une dictature.


C’est la première fois depuis la déclaration de l’état d’urgence dans la phase finale du communisme que la télévision polonaise est empêchée par la force de diffuser. Le gouvernement actuel reproche à son prédécesseur d’avoir systématiquement nommé du personnel sympathisant avec les opinions conservateurs du parti social-chrétien PiS pendant ses huit années au pouvoir, et demande une réforme complète des chaînes publiques afin de garantir à nouveau une couverture « neutre » de l’actualité.

En effet, le PiS n’a pas réussi à créer un réseau d’information conservateur indépendant significatif au cours de ses années de pouvoir, alors que la quasi-totalité des médias privés polonais sont entre les mains de sociétés sympathisant avec l’opposition de gauche-libérale de l’époque. Si la mise au pas de TVP et d’autres médias publics obligeait les journalistes conservateurs à quitter également ce secteur, la diversité d’opinion des grands médias polonais serait de facto anéantie.


Pendant ce temps, le Berliner Zeitung [de centre-gauche] considère qu’une approche autoritaire serait le seul moyen pour Tusk de faire à nouveau de la Pologne un « État de droit » : « C’est le dilemme auquel sera confronté le futur Premier ministre Tusk lorsqu’il prendra ses fonctions : il peut devenir un dirigeant impuissant ou rendre le pays à nouveau démocratique par des moyens non démocratiques. » Un appel à peine voilé à créer, par la force, des faits accomplis pendant que le reste de l’Europe détourne délibérément le regard. 

 

« Pologne : Tusk deviendra-t-il un autocrate pour réformer l'État ? », titre le Berliner Zeitung (81 000 exemplaires vendus par jour en 2021).

Dans Tichys Einblick, David Engels écrit encore : «Le gouvernement Tusk occupe par la force la télévision polonaise. En Allemagne, on se réjouit du démantèlement de la prétendue "chaîne de propagande" polonaise TVP. En réalité, il s'agit d'une action inouïe dans une démocratie occidentale.»


 

Le 19 décembre 2023, Bartłomiej Sienkiewicz, le ministre polonais de la Culture et du Patrimoine national, a démis de leurs fonctions les directeurs des médias d’État et leurs conseils de surveillance, notamment ceux de TVP, et en a nommé de nouveaux à leur place. Cette mesure a suscité des critiques et des accusations d’illégalité de la part des dirigeants révoqués et du parti d’opposition Droit et Justice (PiS), ce qui a entraîné une intervention parlementaire au siège de la société. 

Contexte

Après la victoire de Droit et Justice aux élections législatives polonaises de 2015, TVP a commencé à s’aligner sur les points de vue du gouvernement PiS. Dans la période précédant les élections de 2023, les médias européens ont désigné la TVP comme un organe de propagande du PiS, tandis que l’opposition polonaise l’a qualifiée d’usine à haine. La réforme et la dépolitisation des médias publics sont devenues une promesse de campagne du principal parti d’opposition, la Coalition civique, qui l’a incluse dans sa liste des « 100 promesses concrètes pour les 100 premiers jours du gouvernement ».

Préparation


Après avoir remporté les élections législatives de 2023, la Coalition du 15 octobre, composée de la Coalition civique, de Pologne 2050, du Parti populaire polonais et de La Gauche, a inclus des projets de réforme des médias publics dans son accord de coalition.

Le 14 décembre, invoquant la liberté et l’indépendance journalistiques, une manifestation du club de Varsovie de Gazeta Polska « pour la défense de la liberté des médias » a été organisée devant l’un des bâtiments de la TVP. Des employés de la chaîne publique, ainsi que des politiciens du parti Droit et Justice y ont participé.

 
Le même jour, à la demande d’un groupe de députés du parti Droit et Justice, le Tribunal constitutionnel a interdit toute possibilité de révocation ou de modification du conseil d’administration de la TVP et de la radio polonaise jusqu’à l’audience prévue le 16 janvier 2024. Cette interdiction a toutefois été jugée non contraignante par certains avocats et par le ministère de la Culture et du Patrimoine national lui-même.

Le 19 décembre 2023, la Diète polonaise a adopté une résolution sur le « rétablissement de l’ordre juridique, de l’impartialité et de l’intégrité des médias publics et de l’Agence de presse polonaise » avec 244 voix pour. Plus de 100 députés du parti Droit et Justice n’ont pas participé au vote et se sont rendus au siège de la TVP pour protester contre le changement.

Le même jour, Bartłomiej Sienkiewicz limoge la direction des médias publics, dont la TVP.

Le président polonais Duda considère les mesures prises contre TVP comme illégales
 
Prise de contrôle

Le 20 décembre, Piotr Zemła, le nouveau président du conseil de surveillance de la TVP, arrive au siège de la télévision, rue Woronicza. Il est accueilli par des députés du parti Droit et Justice et des employés de la TVP qui occupent le bâtiment et remettent en question son autorité et la légalité de la décision de changer les autorités de la chaîne. En raison de l’agitation qui règne dans le bâtiment, Joanna Borowiak, une députée du parti Droit et Justice, est hospitalisée. Jacek Sasin a imputé l’incident à « une personne accompagnant le nouveau directeur », tandis que Szymon Hołownia, en sa qualité de maréchal de la Diète, a indiqué qu’il pourrait s’agir d’un employé de la sécurité.

TVP Info a cessé d’émettre à 11 h 18 min 31 s heure d’Europe centrale. Tant sur le réseau diffusion terrestre que sur internet, son signal a été remplacé par celui de TVP 1.
 
TVP 3, TVP Monde et TVP Parlement ont également cessé d’émettre ; les programmes de TVP 3 et TVP Monde ont été remplacés par ceux de TVP 2 et TVP Polonia respectivement, tandis que les programmes de TVP Parlement n’ont été remplacés par ceux d’aucune autre chaîne et cette chaîne ne diffusait plus aucun signal.

Les personnes qui ont tenté de visiter les sites officiels des chaînes concernées ont été redirigées vers le site principal de TVP. Les programmes d’information normalement diffusés sur TVP 1 (Teleexpress, Wiadomości) et TVP 2 (Panorama) ont été remplacés par des images d’interlude affichant les logos des chaînes respectives.

À 12 h 17, Adrian Borecki, journaliste à Wiadomości, interrompt la diffusion de l’émission Agrobiznes sur TVP1 pour informer les téléspectateurs de cette chaîne de la situation. Il a annoncé qu’une édition spéciale de Wiadomości continuerait à être diffusée sur TVP1 à partir de ce moment jusqu’à « la toute fin ». Une demi-minute plus tard, l’émission a été interrompue et remplacée par une séquence d’attente du logo de TVP1.

Peu après 14 heures, Samuel Pereira, le directeur de TVP Info, a lancé un direct sur sa chaîne YouTube. Ce flux présentait l’émission de TVP Info, enregistrée avec la caméra d’un téléphone, qui aurait été diffusée si la chaîne n’avait pas cessé d’émettre. Le flux a été supprimé en moins d’une demi-heure.

Un groupe d’informaticiens de TVP a sécurisé l’accès de la nouvelle direction aux médias sociaux du radiodiffuseur, en retirant le rôle d’administrateur à ses principaux représentants. Le compte X/Twitter de TVP Info, géré personnellement par Samuel Pereira, est resté sous le contrôle de l’ancienne direction malgré les changements intervenus sur d’autres comptes de médias sociaux.

Jarosław Kaczyński, président du parti conservateur Droit et justice (PiS) : « Il n'y a pas de démocratie sans pluralisme médiatique »

À 19 h 30, au lieu de l’émission habituelle Wiadomości, une courte annonce est diffusée sur TVP1 (et, par extension, sur TVP Info) dans laquelle le présentateur Marek Czyż annonce le retour de ce qu’il déclare être des « informations impartiales » Au même moment, d’anciens présentateurs de TVP apparaissent dans une édition spéciale de Wiadomości qui est diffusée depuis le studio de TVP sur Telewizja Republika.

Dans la soirée, la TVP a commencé à envoyer des courriels de licenciement à certains de ses employés.

Réactions

Les membres du parti Droit et Justice ont affirmé que la prise de contrôle avait été effectuée illégalement. Le Conseil national des médias, contrôlé par Droit et Justice, a adopté un point de vue similaire, qualifiant la prise de contrôle d’« attaque contre les médias publics ».

Le gouvernement affirme que la saisie des chaînes a été rendue possible grâce à une lacune législative, le ministre de la Culture ayant pu recourir directement au code des sociétés commerciales.

Le président Andrzej Duda a demandé au Conseil des ministres de respecter l’ordre juridique. Le Premier ministre Donald Tusk a répondu en affirmant que les mesures étaient destinées à rétablir l’ordre juridique et la décence dans la vie publique, conformément aux intentions du président.




Éminent militant transgenre de Philadelphie accusé d'avoir violé deux enfants

Johnathan Kendall Stephens

Un éminent militant transgenre de Philadelphie, parrainé par le procureur de Philadelphie Larry Krasner, financé par Soros, a été accusé d’avoir violé deux enfants. Élu à ce poste en 2017, M. Krasner a été l’un des premiers aux États-Unis à se présenter en tant que « procureur progressiste », comme il se décrit lui-même.

Stephens (cerclé de rouge) siégeait au comité consultatif LGBTQ+ du procureur de Philadelphie
 
Kendall Stephens, 37 ans, ci-devant Johnathan Stephens, a été inculpé de deux chefs de viol, d’attentat à la pudeur, de mise en danger du bien-être d’un enfant, de corruption de mineurs et d’autres charges connexes. Voir le registre du tribunal municipal. Johnathan Steven avait déjà été condamné en 2007 pour agression armée.

Kendall Stephens se dit femme. Il siégeait également au conseil d’administration du Bethany Children’s Home et était ami avec Josh Kruger, le journaliste militant BLM tué par un suspect noir avec lequel il couchait (la famille du suspect affirme que Kruger a rendu leur fils dépendant de la drogue alors qu’il était mineur).


Stevens était ami de Josh Kruger

Détails

La tante de deux jeunes garçons qui auraient été violés par un militant LGBTQ+ à Philadelphie s’exprime sur ces allégations troublantes.

La tante des victimes a parlé en exclusivité à Shaynah Ferreira, de FOX 29, et a demandé à rester anonyme par respect pour sa vie privée et celle de son neveu.

Kendall Stephens est un personnage important de Philadelphie, notamment un activiste transgenre qui siège au conseil consultatif LGBTQ+ du procureur Larry Krasner.

Kendall Stephens est accusé d’avoir violé deux jeunes garçons âgés de 9 et 13 ans pour des faits remontant au mois de septembre.

La tante des deux jeunes garçons s’est ouverte après ce que les documents judiciaires allèguent que Stephens, connu sous le nom de « tante Kendall » par ses neveux, a commis des sévices répétés à leur encontre.

« [Stephens] est un ami de la famille qui est là depuis qu’ils sont nés », a-t-elle déclaré. « Il y avait cette stature de tante dans leur vie et ils pensaient que je ne voulais pas le dire à un adulte parce que je ne voulais pas que quelque chose de mal arrive à Tante Kendall ».

Une déclaration sous serment obtenue par FOX 29 détaille des allégations troublantes de multiples rapports sexuels avec les jeunes garçons.

Les sévices présumés ont été signalés à la police de Philadelphie le 25 septembre 2023.  

La tante a déclaré à FOX 29 que son plus jeune neveu, âgé d’à peine 7 ans, avait signalé les sévices présumés à sa grand-mère et que c’est à ce moment-là que ses deux autres neveux se sont confiés à elle.

« Nous avons pu les faire s’asseoir individuellement et c’est à ce moment-là qu’ils se sont effondrés, ont pleuré et raconté tout ce qui s’était passé », a déclaré la tante. 

Lorsqu’elle et sa mère ont abordé la question avec Stephens, elle s’est souvenue que « [Stephens] n’a pas nié, mais a essayé de retourner l’histoire et de dire que mon neveu avait essayé de l’embrasser en premier… il a 9 ans. Non, il n’a pas essayé ».

Le membre de la famille a déclaré que les conséquences émotionnelles de cette affaire sur sa famille ont été dévastatrices…

« J’ai l’impression qu’elle préparait mes neveux… mes neveux ont vraiment beaucoup souffert. »

Malgré cela, elle affirme que sa famille ne reculera pas dans son combat pour la justice.

« Je ne veux pas que [Stephens] puisse utiliser sa réputation et penser s’en sortir de la sorte, car ce que [Stephens] a fait à mes neveux est incroyable. »

La caution de Stephens a été fixée à 500 000 dollars.


Source : Fox 29 Philadelphie


Majorité d'Américains s'opposent aux soins transgenres pour mineurs et que des hommes qui se disent femmes participent à des sports féminins

Un sondage révèle qu'une majorité d'Américains s'opposent à l'autorisation des chirurgies et hormones transgenres pour les mineurs et aux hommes qui se disent femmes  qui participent à des sports féminins.

Selon un sondage Washington Post-KFF, 68 % des adultes s'opposent à l'accès aux médicaments bloquant la puberté pour les enfants transgenres âgés de 10 à 14 ans et 58 % s'opposent à l'accès aux traitements hormonaux pour les enfants transgenres âgés de 15 à 17 ans.

Plus de 60 % des adultes estiment que les femmes et les filles transgenres ne devraient pas être autorisées à concourir avec d'autres femmes et filles dans les sports de jeunes, de lycéens, d'étudiants et de professionnels.

Ces résultats interviennent alors que les républicains des États du pays ont fait pression en faveur de projets de loi visant à restreindre l'accès des mineurs aux traitements transgenres  et à interdire aux hommes qui se disent femmes de concourir dans des équipes sportives féminines.

Selon le Movement Advancement Project (MAP), qui suit l'évolution de la législation des États concernant la communauté LGBTQ, des interdictions ou des restrictions concernant l'accès des mineurs à des traitements transgenres ont été mises en œuvre dans 18 États.

Dans 21 États, la législation interdit aux étudiants athlètes transgenres de participer à des sports qui correspondent au sexe qu'ils prétendent avoir, selon le MAP.

La majorité des adultes interrogés dans le cadre du sondage, soit 57 %, déclarent que le genre d'une personne est déterminé par le sexe qui lui a été assigné à la naissance, tandis que 43 % affirment qu'il peut être différent du sexe qui lui a été assigné à la naissance.

Les personnes appartenant au groupe d'âge le plus jeune, de 18 à 34 ans, étaient les plus susceptibles de dire que le genre peut être différent du sexe assigné à la naissance, mais 53 % de ce groupe ont déclaré que ce n'était pas le cas.