dimanche 28 mai 2023

En 20 ans, les enfants sont devenus nettement moins attentifs et plus anxieux

Quand on demande aux professionnels ce qui a le plus changé chez les enfants en 20 ans, certains répondent l’inattention, d’autres l’anxiété. Ce sont les deux réponses les plus courantes.

« L’inattention, c’est fou, 50 % de mon temps de travail, c’est de réveiller les élèves. Écoutes-tu ? Je suis obligée de leur dire de m’écouter. La moitié de la classe n’est pas là », raconte l’enseignante Martine Leduc, qui compte une trentaine d’années d’expérience. Sa stratégie : marcher constamment dans la classe dans l’espoir que son mouvement garde les esprits éveillés.
[…]


« Les jeunes ne bougent plus ! Ils arrivent à l’école avec un surplus d’énergie. C’est rendu qu’il faut leur faire prendre [faire] des marches pendant les périodes, leur donner des objets à manipuler, des pédaliers dans les locaux d’expulsion. Tu leur demandes ce qu’ils ont fait pendant la fin de semaine et ils n’ont rien fait. Ils l’ont passée sur leur téléphone, dans leur chambre, à chiller [se détendre, relaxer, paresser, buller] sur les réseaux sociaux », raconte Stéphane Garneau.

Ce « technicien en éducation spécialisée » (TES) qui travaille avec des jeunes de première secondaire depuis plus de 20 ans est abasourdi de voir à quel point les jeunes peinent à rester assis dans une classe. C’est vrai que les rues pleines d’enfants qui se dépensent se font rares.

Ce changement s’est fait sentir jusque dans les magasins de jouets, raconte l’acheteuse d’expérience Céline Grenier. « Il y a 20 ans, quand l’été arrivait, on avait des présentoirs dans les magasins avec plein de jeux pour l’extérieur, pour plusieurs enfants. Du badminton, des ballons, des cordes à danser [sauter], des fusils à eau, des trucs pour regarder les insectes. On ne voit presque plus ça. »

Tous les jouets de fabulation, ceux qui permettent à l’enfant de faire semblant, comme les déguisements et les outils en plastique, ont aussi perdu beaucoup d’intérêt.

C’est bien dommage, car ils stimulent la créativité, le langage, la motricité fine aussi. Et, surprise : « la motricité fine est directement liée aux compétences en lecture et en mathématiques »
, avertit Linda Pagani, chercheuse au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine de l’Université de Montréal spécialisée dans le développement du cerveau de l’enfant.

Les troubles d’apprentissage comme la dyslexie et la dysorthographie sont d’ailleurs « en augmentation, mais il ne faut pas croire qu’il y a une sorte d’épidémie », soutient le président de l’Ordre des orthophonistes, Paul-André Gallant. À son avis, si les besoins des élèves ne sont pas comblés même s’il y a deux fois plus d’orthophonistes au Québec qu’il y a 20 ans, c’est parce qu’on diagnostique mieux. 

[Cela reste à démontrer, on note ainsi une baisse des capacités en France dans de grandes enquêtes générales échelonnées sur plus de 40 ans. Voir France — L’inquiétant niveau de français des bacheliers. Pourquoi les élèves français ont un niveau si médiocre... « dégringolade observée pour une même dictée soumise à 33 ans de distance : le manque d’heures de français, les élèves français passent en effet 800 heures de moins (de 12 à 16 ans) à étudier le français qu’en 1976 ». Très forte chute des résultats en lecture pour les élèves québécois francophones entre 2007 et 2010. France — Malgré un budget de l’éducation publique en hausse constante, l’enseignement privé remporte la mise.]

Le pédiatre Gilles Julien s’inquiète particulièrement du bond important des troubles anxieux. « Pas de l’anxiété de base comme avoir mal au ventre avant un examen », précise-t-il.

Pour le neuropsychologue Benoît Hammarrenger, il ne fait pas de doute qu’il s’agit du changement « le plus significatif » qui soit. « L’absence d’anxiété, c’est quand on a réussi à surmonter un obstacle et qu’on s’est senti bon. Pour construire ce sentiment d’efficacité, il nous faut des preuves qu’on est capable de franchir un obstacle, de le surmonter, détaille-t-il. On peut donc penser que les jeunes n’ont pas eu beaucoup de difficultés. »

En protégeant de bonne foi ses enfants, on les empêche de s’outiller pour composer avec les coups durs. On les fragilise. « Beaucoup de parents ne veulent pas que leurs enfants vivent des malaises. Alors ils lèvent le drapeau facilement. Ils ne veulent pas qu’ils vivent des échecs. Ils nivellent le terrain devant eux », illustre la psychoéducatrice Brigitte Alarie, qui travaille dans une clinique de pédopsychiatrie à Trois-Rivières.

« Aujourd’hui, c’est rare que je voie des enfants heureux. C’est fou, hein ? Je leur demande s’ils sont heureux, ils répondent ‟bof »… C’est d’une lourdeur… », conclut le Dr Julien.

Source  La Presse de Montréal

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vendredi 26 mai 2023

La Chine lance un programme national pour encourager les mariages et les naissances

Craignant un effondrement démographique, la Chine lance un nouveau programme national visant à « créer une nouvelle culture du mariage et de la procréation » au sein de sa population.


Le projet pronataliste a été annoncé par le média d’État Global Times, qui a déclaré qu’il était destiné à coïncider avec la Journée internationale des familles après que l’Organisation des Nations Unies ait exprimé leur inquiétude quant à la baisse de la fécondité et aux « changements démographiques ».

Les Nations Unies ont déclaré la chose suivante :

[le projet] Se concentrera sur des tâches telles que la promotion du mariage et la naissance d’enfants à un âge approprié, l’encouragement des parents à partager les responsabilités en matière d’éducation des enfants et la réduction des “prix de la mariée” élevés et d’autres coutumes désuètes.

La référence au « prix élevé de la mariée » est une coutume chinoise selon laquelle la famille du marié offre à la famille de la mariée une importante contribution financière appelée « caili ».

En Chine, les jeunes femmes sont désormais invitées à signer des engagements dans lesquels elles promettent de ne pas exiger de « caili » de la part du marié.

Le vice-président de l’Association chinoise de planification familiale, Yao Ying, a déclaré à propos de cette politique :

La Chine devrait prendre des mesures innovantes et proactives pour favoriser des atmosphères propices à la procréation et contribuer à faire avancer la modernisation chinoise avec le soutien d’un développement de haute qualité de la population.

Selon les projections actuelles, la population de la Chine devrait passer sous la barre du milliard d’habitants d’ici 2080 et sous les 800 millions d’ici 2100.

Le démographe He Yafu a déclaré au Global Times :

La société doit guider davantage les jeunes sur le concept du mariage et de l’accouchement, et encourager les jeunes à se marier et à avoir des enfants.

Les autorités municipales chinoises s’efforcent d’organiser dans tout le pays des événements de type « salon de l’emploi » au cours desquels elles distribuent rapidement et facilement des licences de mariage afin d’encourager les couples à se marier et à avoir des enfants, compte tenu de la charge financière que cela représente pour eux.

La nouvelle politique chinoise est très éloignée de la fameuse politique de l’enfant unique, introduite en 1980 pour freiner la croissance démographique, mais qui a pris fin en 2016.

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Aucun écho dans les médias québécois, aucune demande de politique nataliste, de changement de valeurs : Forte baisse de la fécondité au Québec en 2022 : 1,49 enfant/femme (-7,7 % pour les « langue maternelle français »)

Corée du Sud — Les naissances atteignent un nouveau minimum historique en mars (2023)

Au Royaume-Uni, le Dr Paul Morland prévient que les enfants britanniques blancs risquent de devenir une minorité dans les écoles primaires d’ici 2060.

En ce qui concerne la rapidité du déclin, des démographes d’Oxford et d’autres travaux plus récents se sont penchés sur la situation en 2060, où nous aurons peut-être 50 à 60 % de personnes se définissant comme des Britanniques de race blanche

Mais bien sûr, à ce moment-là, si vous regardez l’école primaire, les enfants d’âge scolaire ou les habitants des grandes villes, il s’agira d’une minorité et d’une minorité en déclin. 

Malgré les promesses du parti conservateur de réduire l’immigration, plus d’un million de nouveaux migrants devraient entrer en Grande-Bretagne avant les prochaines élections générales.

L’été dernier, le solde migratoire vers le Royaume-Uni a déjà atteint un nouveau record annuel de 504.000 personnes.

Corée du Sud — Les naissances atteignent un nouveau minimum historique en mars (2023)

Le nombre de bébés nés en Corée du Sud est tombé au plus bas niveau historique en mars, selon les données de Statistique Corée (KOSTAT), illustrant la crise démographique que connaît la quatrième économie d’Asie.
 


Seuls 21 138 bébés sont nés en mars, en baisse de 8,1 % par rapport au même mois de l’année dernière, selon les données. Il s’agit du plus faible chiffre pour un mois de mars depuis que l’agence de statistiques a commencé à compiler des données connexes en 1981. Le nombre de bébés nés au pays du Matin-Clair a baissé en glissement annuel pour le 88e mois d’affilée.

Le faible taux de natalité est un vrai fléau dans la société sud-coréenne alors que les jeunes générations retardent ou renoncent à avoir des enfants en raison, selon l’agence Yonhap, des prix élevés de l’immobilier et des incertitudes économiques. Le taux de fécondité du pays, le nombre moyen d’enfants qu’une femme porte au cours de sa vie, s’est élevé à seulement 0,81 au premier trimestre de 2023, en baisse de 0,06 par rapport à la même période de l’année dernière.

Des experts prévoient que le taux devrait continuer à baisser à l’avenir compte tenu du fait que davantage de bébés naissent généralement en début d’année. Le taux est beaucoup plus faible que le niveau de remplacement de 2,1 qui permettrait au pays de maintenir stable la population à 51,5 millions d’habitants.

Les décès ont continué à dépasser les naissances, une tendance qui se poursuit depuis 2020. Le nombre de décès s’est élevé à 28 922 en mars, une baisse de 35,2 % par rapport à l’année dernière, selon les données publiées, entraînant une diminution naturelle de 7 784. Le recul du nombre de décès est intervenu sur fond d’impact allégé de la pandémie de nouveau coronavirus (Covid-19).

Le nombre de mariages a bondi de 18,8 % sur un an à 18 192, alors que les couples qui ont reporté leur mariage se sont mariés après la levée des restrictions antivirus. Les divorces ont augmenté de 4,7 % à 8 255 au cours de la période en question.

jeudi 25 mai 2023

Québec — Le quart des enseignants non légalement qualifiés en 2020-2021

Près de 30 000 enseignants, soit le quart des effectifs, ont enseigné dans les écoles québécoises sans être légalement qualifié, rapporte la vérificatrice générale du Québec, qui s’inquiète de la pénurie de main-d’œuvre sur la réussite éducative des enfants.
 
Pour la plupart d’entre eux, le ministère de l’Éducation ne sait même pas quelle est leur formation.

Il y a beaucoup plus d’enseignants non légalement qualifiés que ce que l’on croyait. Une nouvelle analyse du Vérificateur général du Québec révèle qu’il y en a près de 30 000, soit le quart de la force de travail du secteur public.
 
Ces 30 000 travailleurs sont « principalement des suppléants » qui ont « travaillé l’équivalent de 8,3 % des jours totaux travaillés ». L’absence de stabilité a des conséquences : « plusieurs élèves subissent des changements d’enseignants répétés, ce qui nuit à leur réussite scolaire selon diverses études », note Mme Leclerc.

L’explosion du nombre d’enseignants non légalement qualifiés témoigne de la pénurie de main-d’œuvre qui affecte le réseau scolaire. Mais on en sait peu sur ces travailleurs. « Parmi les 3778 détenteurs d’une tolérance d’engagement, les trois quarts détenaient un baccalauréat ou une maîtrise dans une discipline autre que l’enseignement », note la vérificatrice.

« Quant aux 26 743 enseignants sans autorisation, le MEQ ne dispose d’aucune information sur leur profil scolaire », note Mme Leclerc.

Car le ministère de l’Éducation ignore beaucoup de choses. La VG a d’ailleurs rédigé une liste de tout ce qu’il ne sait pas.
 

Ce que le ministère de l’Éducation ne sait pas

  •     Le nombre total de postes déjà pourvus et à pourvoir (réguliers à temps plein et à temps partiel)
  •     Le nombre d’enseignants actifs non légalement qualifiés et leur profil scolaire
  •     Le nombre moyen d’enseignants nécessaires pour pourvoir un poste
  •     Le nombre moyen d’élèves par classe
  •     Les prévisions du nombre de postes d’enseignants à pourvoir dans l’avenir
  •     Le taux de rétention, de roulement et d’absentéisme
  •     Les départs à la retraite
  •     Les démissions et les raisons de celles-ci

Immigration, la politique ferme du Danemark social-démocrate

Journal télévisé de France 2 du lundi 22 mai 2023


« Si on veut être de gauche il faut avoir une politique stricte sur l’immigration, parce que ce sont toujours les classes populaires qui payent le fardeau de l’intégration des immigrés » répond le ministre danois social-démocrate à l'émission française (très politiquement correcte) Quotidien.

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 Au Danemark, la maîtrise des flux migratoires fait consensus 

« Choisir entre l’État-providence et l’ouverture des frontières »

Pierre Brochand : « Pourquoi l'immigration est l'enjeu central de notre vie publique 

 

mercredi 24 mai 2023

GlobalNews demande l'aide du gouvernement pour, notamment, financer la diffusion de nouvelles locales en anglais à Montréal

Les propriétaires de Global News réclament davantage de fonds publics alors que leur entreprise de presse est menacée d’un effondrement financier imminent.

Selon le Blacklock’s Reporter, bien que Corus Entertainment Inc. ait bénéficié de millions de dollars de fonds publics, son vice-président directeur a déclaré à la commission sénatoriale des transports et des communications que son entreprise de presse était « au bord du gouffre ».

« L’information est un secteur difficile. Traditionnellement, nous avons compensé nos pertes dans le domaine de l’information par des programmes de divertissement plus rentables, mais cette stratégie n’est plus viable », a déclaré Troy Reeb.

« Notre capacité à fournir des informations locales basées sur les faits dans de grandes parties du pays, sur de petits marchés, dans des endroits comme la communauté minoritaire de langue anglaise à Montréal, tout cela est au bord du gouffre. »

M. Reeb a demandé au gouvernement Trudeau de prendre des « mesures pour soutenir l’information ».

« Le statu quo n’est pas viable. L’avenir de toute une industrie canadienne est en jeu », a déclaré M. Reeb.

« C’est un secteur qui perd de l’argent à la télévision et qui est subventionné par les programmes de divertissement. Ce sont ces subventions croisées qui ne peuvent plus être accordées à l’information et nous ne pouvons supporter qu’un nombre limité de fardeaux ».

M. Reeb s’est également plaint des « concurrents qui viennent prendre de l’audience » ainsi que des entreprises de médias sociaux.

« Nous avons tous ces autres quotas, redevances, exigences en matière de contenu canadien, exigences en matière de production indépendante, etc., etc., et en même temps, nous avons des concurrents étrangers qui viennent prendre l’audience en même temps que Facebook et Google prennent les dollars de la publicité », a déclaré M. Reeb.

« Netflix et Amazon nous font concurrence pour les audiences et en prennent plus que jamais. Les mêmes studios américains qui nous concédaient des licences de contenu pour la télévision canadienne contournent maintenant les diffuseurs canadiens pour les amener directement aux Canadiens eux-mêmes. »  

Au cours des cinq dernières années, Corus Entertainment Inc. a perdu près de 80 % de la valeur de ses actions à la Bourse de Toronto.

Avec le soutien des entreprises de médias traditionnelles, le gouvernement Trudeau fait actuellement passer son projet de loi C-11 sur la réglementation de l’internet, qui vise notamment à soutenir les entreprises de médias traditionnelles en obligeant les géants des médias sociaux à payer pour leur contenu.

Forte baisse de la fécondité au Québec en 2022 : 1,49 enfant/femme (-7,7 % pour les « langue maternelle français »)

L’indice synthétique de fécondité au Québec a diminué pour s’établir à 1,49 enfant par femme en 2022. Il passe ainsi en dessous du seuil de 1,5 enfant par femme pour la première fois depuis 2002. Au cours des années récentes, un maximum de 1,73 enfant par femme a été atteint en 2008 et en 2009. Depuis, la tendance est à la baisse. La plus faible fécondité enregistrée au Québec a été de 1,36 en 1987.
 

Le tiers des bébés ont au moins un parent né à l’étranger  

Le nombre de nouveau-nés ayant au moins un parent né à l’extérieur du Canada a augmenté en 2022, tandis que le nombre de naissances issues de deux parents nés au Canada a diminué. Dans l’ensemble, 34 % des bébés nés au Québec dans la dernière année ont au moins un parent né dans un autre pays. Cette proportion tend à augmenter au fil du temps ; elle était de 21 % en 2000.
 
 En 2022, les principaux pays de naissance des mères nées à l’étranger sont, en ordre, Haïti, l’Algérie, la France et le Maroc. Ce sont les mêmes pays pour les pères, mais dans un ordre différent : Haïti, suivi de la France, puis de l’Algérie et du Maroc.
 
La fécondité dans les régions : Montréal et Laval très peu féconds
La fécondité est particulièrement faible à Montréal, soit de 1,23 enfant par femme. Compte tenu du poids démographique important de cette région, sa faible fécondité influe grandement sur l’indice du Québec.

Dans la majorité des autres régions, la fécondité se situe entre 1,5 et 1,7 enfant par femme. Parmi les régions qui affichent les plus fortes fécondités du Québec, on retrouve l’Abitibi-Témiscamingue (1,74), la Chaudière-Appalaches (1,79), le Centre-du-Québec (1,79) et la Côte-Nord (1,86). Le Nord-du-Québec (à forte composante autochtone) se situe quant à lui loin devant les autres, avec un indice synthétique de fécondité de plus de 2,6 enfants par femme en 2022.

La fécondité a diminué dans toutes les régions en 2022, à l’exception de la Côte-Nord (lui aussi avec une forte proportion d’Amérindiens : les Montagnais) qui a enregistré une faible hausse. À l’instar de ce qui s’observe dans l’ensemble du Québec, la plupart des autres régions affichent un de leurs indices de fécondité les plus bas des dernières années. Soulignons que la fécondité de Montréal est la seule qui diminue d’année en année, et ce, depuis 2015, creusant ainsi l’écart entre cette région et les autres.

Natalité selon la langue maternelle

La natalité n’a baissé en 2022 que pour deux groupes : les francophones et les anglophones. Ceux qui déclarent d’autres langues maternelles (y compris ceux qui déclarent deux langues maternelles comprenant le français ou l’anglais) ont vu leur natalité monter.

La baisse est de 7,672 % pour la catégorie langue maternelle « français » (passant de 62 214 naissances en 2021 à 57 441 en 2022), la chute n’est que de 2,873 % pour la catégorie langue maternelle « anglais » (passant de 8 876  naissances en 2021 à 8 621 en 2022).

 

 
Après un fort rebond en 2021, l’espérance de vie revient au niveau de 2020

Le nombre de décès est estimé à 78 400 en 2022, soit 12 % de plus qu’en 2021 (69 900 décès). Cette hausse exceptionnelle peut être associée à différents facteurs, dont la reprise de la circulation d’autres virus respiratoires au sein de la population.

La hausse du nombre de décès en 2022 s’est traduite par une baisse de l’espérance de vie de 9 mois par rapport à 2021. Après être revenue à son niveau prépandémique en 2021, l’espérance de vie s’abaisse donc à 82,3 ans en 2022 (84,1 ans chez les femmes et 80,5 ans chez les hommes), des niveaux semblables à ceux de 2020. Malgré cette baisse, la durée de vie moyenne des Québécoises et Québécois reste parmi les plus élevées au monde.

Depuis le début de la pandémie jusqu’à décembre 2022, on estime que la surmortalité, soit l’écart entre les nombres de décès observés et ceux attendus normalement, est de 5,6 % au Québec.

Voir aussi

« La modernité vous rend stérile »

Québec — Le taux de natalité serait de 9,3 ‰ en 2022, une baisse de 6 % par rapport à 2021

 

mardi 23 mai 2023

Ukraine — Les ravages de la « guerre d’usure »

Le bilan des pertes russes et ukrainiennes est l’un des secrets les mieux gardés de cette guerre, dont c’est un paramètre majeur. La question de leur « acceptabilité » dans les deux sociétés l’est tout autant. 
 
Cimetière en Ukraine, chaque tombe de soldat tombé est ornée d’un drapeau

Entre 40 et 60 % des premiers militaires ukrainiens que nous avons formés sur le sol français en 2022 ne répondent plus, lâche une bonne source. « Nous pensons que la plupart se taisent parce qu’ils sont déjà morts au combat. » Les formateurs français ayant noué des liens avec leurs élèves ukrainiens en sont réduits à des supputations. Car interroger les autorités militaires de Kiev à ce sujet déclenche leur colère, racontent ceux qui s’y sont risqués. Le bilan des pertes ukrainiennes reste le secret le mieux gardé du président Volodymyr Zelensky, même si, d’après tous les indicateurs périphériques disponibles, il ne fait aucun doute que le nombre des morts et des blessés a explosé depuis la fin de l’été. On vient, par exemple, d’apprendre que le nombre des étudiants avait bondi de 82 % en quelques mois, car ce statut permet d’échapper aux mobilisations qui s’enchaînent.

Au fil de la dizaine d’appels à servir le drapeau bleu et jaune réalisés depuis le début de la guerre, les résultats ont beaucoup baissé. Malgré les renforts, les rangs des unités se sont éclaircis. Les neuf brigades reconstituées avec l’aide de l’OTAN en vue de la future offensive du printemps alignent entre 2 500 et 3 000 hommes, quand les standards otaniens oscillent entre 5 000 et 8 000. Lorsqu’ils sont loin des journalistes et des communicants, les opérationnels ukrainiens dressent pour leurs interlocuteurs étrangers un tableau militaire plus conforme aux informations brutes qui proviennent du front qu’aux éléments de langage colportés sans nuance par les chaînes d’info occidentales. Dans le Donbass, pendant tout l’hiver, confirment-ils, leurs hommes ont subi la pression russe. Les unités au contact étaient en permanence dans la position « du faible au fort » en raison de la « supériorité absolue de leurs feux ».
 
 
Trois fois plus d’artillerie russe

Ces témoignages recoupent les calculs des rapports de force effectués par les militaires français. Selon eux, au Donbass, les Russes disposeraient d’environ trois fois plus de tubes d’artillerie que les Ukrainiens. Qui, de surcroît, pâtissent d’un autre handicap, de notoriété publique : les stocks de leurs alliés ont fondu et leur capacité industrielle est lente à remonter en puissance. Actuellement, quand les attaquants russes tirent en moyenne 15 000 coups par jour, les défenseurs ukrainiens répliquent par 5 000 coups. Comme la majorité des morts et des blessés de cette guerre est causée par l’artillerie, certains spécialistes contestent que les pertes soient équivalentes dans les deux camps comme l’affirment les officiels américains. Qui viennent de réviser leurs estimations. En janvier, ils annonçaient environ 100 000 morts et blessés de part et d’autre. Début mai, ils évoquent « au moins 200 000 et peut-être 250 000 morts et tués ». C’est une confirmation que la guerre des tranchées est particulièrement meurtrière. À Bakhmout, chaque camp assure étriller l’autre.

« Oui, les Ukrainiens ont moins de canons, mais leurs modèles sont beaucoup plus performants et leurs servants les utilisent mieux », rétorquent les partisans du bilan « équilibré », en référence aux Caesar français et aux Himars américains livrés à Kiev. Ceux qui minimisent les effets de ces armes (« trop peu nombreuses ») avancent que les Ukrainiens auraient perdu au cours des huit derniers mois a minima deux fois plus d’hommes que les Russes. Les ratios se seraient donc inversés par rapport au début de la guerre, où les attaquants, en position d’infériorité tactique et numérique, ont eu beaucoup plus de tués et de blessés, notamment parmi leurs forces spéciales et leurs officiers, habitués à commander au feu.

[Notons aussi que « ces derniers mois, les systèmes [Himars] ont été rendus de moins en moins efficaces par le blocage intensif des Russes, ont indiqué à CNN cinq sources américaines, britanniques et ukrainiennes » et « Ces derniers mois, la Russie a contrecarré plus fréquemment les systèmes de roquettes mobiles de fabrication américaine en Ukraine, en utilisant des brouilleurs électroniques pour désactiver le système de ciblage guidé par GPS et faire en sorte que les roquettes manquent leur cible, ont déclaré à CNN plusieurs personnes informées de la question.» Asia Times de Hong Kong qui cite Forbes et le Royal United Services Institute de Londres : « La Russie gagne la guerre électronique en Ukraine. Les capacités de guerre électronique de la Russie ont décimé les drones ukrainiens »]


Les derniers chiffres des pertes communiqués par Moscou, en septembre 2022, étaient à l’évidence sous-évalués : 5 900 morts, 3 800 blessés. Cependant, les autorités ne cherchent pas vraiment à dissimuler le coût humain de leur guerre. Elles incitent d’ailleurs la population à rendre hommage à ses « héros ». L’antenne russe de la BBC, en partenariat avec un média indépendant, a pu éplucher les listes nécrologiques publiques et visiter les cimetières pour s’en faire une idée plus précise. À la fin février, ses journalistes ont confirmé la mort certaine d’environ 15 500 soldats et en ont déduit une fourchette de 45 000 à 60 000 blessés (selon le ratio militaire : un mort pour trois ou quatre blessés). Le total recoupe la première estimation américaine.
 


Profondeur stratégique…


Dans cette « guerre d’attrition » (d’épuisement du potentiel humain et matériel ennemi, en langage militaire [simplement  « guerre d'usure » en français, attrition est le terme anglais]), la Russie dispose d’un avantage majeur sur l’Ukraine. Son réservoir de population est trois fois et demie plus important (143 millions d’habitants [146 selon Rosstat] contre 41 millions [en 2021, probablement proches de 30 millions en 2023]). Toutefois, la question de l’« acceptabilité » de morts est sans doute plus sensible chez les Russes, qui ne se battent pas directement pour défendre leurs frontières et leurs terres et ne sont pas dos au mur, comme les Ukrainiens. Tant que l’appel au volontariat, à des conditions financièrement très attractives, suffira pour combler les rangs, Vladimir Poutine s’en contentera sûrement et les généraux devront adapter leur stratégie en conséquence. Devant le Congrès des États-Unis, début mai, le général Christopher Cavoli, qui commande les troupes américaines en Europe et est, à ce titre, chef militaire de l’OTAN, a douché l’enthousiasme d’un élu se félicitant de la dernière estimation des pertes russes communiquée par le Pentagone : « Une grande partie de l’armée russe n’a pas été affectée par ce conflit. »

Source : Valeurs actuelles
Voir aussi
 
 
Soldat de Kiev : « Il sort son téléphone et parcourt une série de photos : "Tué... tué... tué... tué... tué... tué... blessé. . . . Maintenant, je dois m'habituer à d'autres personnes. C'est comme si je repartais à zéro." » [Reportage dans les tranchées kiéviennes par le New Yorker (en anglais)]

L'Ukraine a envoyé des hommes pauvres et peu entraînés dans le hachoir à viande de Bakhmout afin de conserver ses meilleures forces pour la contre-offensive promise. Un homme a déclaré au Wall Street Journal qu'il n'avait jamais tenu une arme avant d'être envoyé au combat. 
 

France — Catholicisme en forte perte de vitesse, les sans religion, protestants évangéliques et musulmans augmentent

L’enquête Trajectoires et origines de l’Insee rendue publique en avril est une précieuse source d’informations sur l’évolution des religions en France. La Croix résume : « L’historien Guillaume Cuchet en liste quelques-unes : chute du catholicisme, montée des évangéliques et de l’identitarisme juif. »  Étrangement ce résumé omet l’augmentation rapide du nombre de musulmans (de 2 % à 9 % en 12 ans…).
 

Selon la nouvelle étude Trajectoire et origines de l’Insee, les catholiques déclarés en France sont passés de 43 % à 25 % en douze ans.
 
Une information chassant l’autre, on ne s’est guère attardé sur les enseignements religieux de l’enquête Trajectoires et origines de l’Insee, dite TEO 2, qui portent sur des données datant de 2019-2020 et qui a été rendue publique en avril. La comparaison avec les données issues de TEO 1 de 2007-2008 est pourtant instructive.

Le premier constat est que les choses évoluent très rapidement depuis douze ans. C’est d’autant plus sensible que l’enquête porte sur les 18-59 ans et pas sur la totalité de la population, c’est-à-dire des personnes nées après 1960, ligne de partage des eaux désormais bien repérée par les historiens. On a affaire à des générations sans grand passé religieux ou issues de l’immigration disponibles pour de profondes réorganisations.

Déclin du catholicisme
 
Les grandes tendances déjà perceptibles dans TEO 1 s’accentuent. La seule vraie nouveauté est la croissance spectaculaire des protestants évangéliques. On peut en distinguer cinq principales. La première est la hausse des sans-religion déclarés qui passent de 45 à 53 %. Avec eux, on est dans un processus classique de « sortie de la religion » tel que le décrivent depuis le XIXe les théoriciens de la sécularisation, d’Auguste Comte à Marcel Gauchet.

La deuxième est le déclin du catholicisme, qui passe de 43 à 25 %, soit une quasi-division par deux en douze ans. La « crise des abus sexuels dans l’Église » a amplifié la tendance mais ne l’a pas créée. Ce n’est plus de déclin qu’il faut parler mais d’effondrement, et nul ne peut dire à quel niveau se fera la stabilisation.

Anciens catholiques : pourquoi quittent-ils l’Église ?
 
La troisième est la forte montée des « autres chrétiens », de 2,5 à 9 %, surtout des protestants évangéliques. C’est la plus forte progression depuis TEO 1. La quatrième est la progression des musulmans, qui passent de 8 à 11 %, moins par conversions d’éléments extérieurs que par reproduction de l’identité et de la ferveur à l’intérieur du monde musulman. 26 % des femmes portent le voile.

Le judaïsme, la religion la plus identitaire
 
La cinquième tendance est le caractère de plus en plus identitaire et fervent du judaïsme. C’est même, à bien des égards, la religion la plus « identitaire » de France, si l’on en croit l’enquête. Les succès de librairies spirituels de la rabbin libérale Delphine Horvilleur ne doivent pas donner le change de ce point de vue sur les tendances dominantes du groupe. 
 
Le bouddhisme enfin reste stable, à 0,5 % des Français.

L’enquête délivre par ailleurs des enseignements instructifs sur les moteurs du changement religieux en France. L’immigration joue un rôle croissant, à la fois parce qu’elle reste massive (plus de 10 % d’immigrés) et parce que le groupe central de la société française sans ascendance migratoire, souvent d’origine catholique, est de plus en plus sécularisé. Elle recompose puissamment la religion qui reste. Le point n’est pas sans importance pour comprendre les impressions collectives qui accompagnent le processus : un grand nombre de Français regardent d’assez loin ces recompositions qui leur paraissent secondaires, liées à l’immigration et ne modifiant pas le sens de leur histoire qui continue de se ramener, bien souvent, à la sortie du catholicisme.

Transmission

Deuxième facteur important, le taux de reproduction spirituelle des groupes, c’est-à-dire leur capacité à transmettre leurs convictions à la génération suivante. Il est lié à la dimension identitaire de la religion et à la ferveur. Le meilleur est celui de l’islam (91 %), le moins bon celui du catholicisme (67 %), mais celui des évangéliques (69 %) est plus près des seconds que des premiers. Les Églises évangéliques sont aussi des Églises dont on sort, ce qui rend d’autant plus spectaculaire leur progression.

Le troisième facteur est l’efficacité du prosélytisme, c’est-à-dire la capacité à faire des convertis. Elle est surtout évangélique, l’islam ayant tendance à se spécialiser dans la reconversion identitaire de populations d’origine musulmane. La croissance des évangéliques est aussi liée à l’immigration parce que les zones de départ, en Afrique par exemple, ont été touchées par la révolution évangélique de ces dernières décennies et que les migrants arrivent déjà convertis. Le dernier facteur est l’inégale dynamique démographique des groupes, notamment à la deuxième génération, avant l’alignement tendanciel de la troisième sur les standards hexagonaux.

Déclassement annoncé

De toutes ces tendances, il ressort que le paysage religieux français au sens de répartition des cultes déclarés, qui n’avait guère bougé dans ses grandes lignes depuis le XVIIe siècle et qui avait résisté à la Révolution française, à la révolution industrielle, aux deux guerres mondiales, à l’effondrement de la pratique depuis les années 1960, est en train de changer profondément sous nos yeux. En 1872, dans le dernier recensement public à avoir comporté officiellement une rubrique religieuse, plus de 97 % des Français avaient répondu qu’ils étaient catholiques romains et on en était encore pratiquement là au début des années 1960.

Dans TEO 2, ils ne sont plus que 25 % à le dire, et la réduction n’est pas terminée. Dans ces conditions, il n’est pas sûr que le catholicisme reste encore longtemps la première religion du pays. À terme, il pourrait passer au deuxième, voire au troisième rang des religions en France. Un déclassement annoncé qui, étrangement, suscite peu de commentaires dans l’Église, comme si les évêques, sonnés par la crise des abus sexuels, ne savaient plus qu’assister, muets et impuissants, à l’effondrement.
 
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Norvège rejoint Suède, Finlande, Royaume-Uni, Kentucky, Texas et Floride en interdisant la stérilisation, la castration et les mastectomies sur les mineurs

La semaine dernière, le Comité norvégien d’enquête sur les soins de santé a annoncé qu’il allait réviser ses lignes directrices actuelles concernant les soins dits « d’affirmation du genre » pour les mineurs, car il ne les considère plus comme fondées sur des preuves. Le conseil a également reconnu que le nombre croissant d’adolescentes qui s’identifient comme des hommes après la puberté reste sous-étudié.

Selon les lignes directrices actualisées proposées, l’utilisation de bloqueurs de puberté, d’hormones de sexe opposé et de chirurgie liée à la transition serait limitée aux contextes de recherche et ne serait plus proposée dans des contextes cliniques. La Norvège rejoint la Finlande, la Suède et le Royaume-Uni dans l’introduction d’une plus grande protection des enfants. Aux États-Unis, huit États ont jusqu’à présent interdit les soins affirmatifs aux personnes de moins de 18 ans, le Tennessee étant le dernier à avoir adopté une telle législation.

Il est bon que davantage d’organisations professionnelles reconnaissent la nature expérimentale de cette approche chez les enfants. Un certain nombre d’études montrent que la plupart des enfants souffrant de dysphorie de genre se sentent à l’aise dans leur corps à la puberté et que ceux qui souhaitent effectuer une transition soudaine après la puberté peuvent être victimes d’une contagion sociale. Ces études ont été rejetées parce qu’elles ne correspondent pas au discours militant préféré.

Selon la Dr Debra Soh, ce discours militant, cependant, va continuer à s’effondrer. Un article récent publié dans la revue universitaire Archives of Sexual Behavior explique comment l’effet placebo n’a pas été suffisamment pris en compte dans l’interprétation des nouvelles découvertes en faveur de la transition chez les enfants. Bien que le terme « effet placebo » fasse généralement référence à la réaction d’un patient à une intervention inefficace, il peut également décrire les effets psychologiques et physiques bénéfiques associés à un traitement, par opposition au traitement lui-même.

Par exemple, la participation à une étude permet souvent d’accorder une attention particulière à un patient et de s’attendre à ce que son état (par exemple, la dysphorie de genre) s’améliore. Si cela peut être positif dans un contexte thérapeutique, les chercheurs ne devraient pas souhaiter que les résultats de l’étude soient confondus, car l’objectif de la recherche est de déterminer objectivement si un traitement est efficace ou non. Cela est particulièrement important lorsqu’il s’agit d’évaluer des interventions qui peuvent avoir des conséquences sur la fertilité, le fonctionnement sexuel futur et la santé à long terme d’une jeune personne.