Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
Le maire démocrate de New York, Bill de Blasio, va réformer les très sélectives, mais aussi ségréguées racialement, classes d’enseignement pour les élèves doués et talentueux de sa ville. Il s’agit d’un changement radical pour le plus grand système scolaire public du pays, qui pourrait constituer l’acte le plus important du maire dans les derniers mois de son mandat.
Le maire Bill de Blasio a résisté à la réforme du programme pour élèves doués et talentueux de la ville de New York pendant près de huit ans.Son échevine de l’éducation, Meisha Porter, à sa droite, l’a persuadé de remanier ce système.
Le programme pour les élèves doués et talentueux du primaire que New York applique depuis plusieurs décennies n’existera plus pour les nouveaux élèves de la maternelle à la rentrée prochaine, et sera d’ici quelques années complètement éliminé, ont déclaré des responsables de la ville au New York Times.
Les élèves actuellement inscrits dans les classes pour élèves doués deviendront la dernière cohorte du système actuel, qui sera remplacé par un programme proposant un apprentissage accéléré à tous les élèves des dernières années de l’école primaire.
L’élimination progressive du programme existant supprimera une composante majeure de ce que beaucoup considèrent comme le système éducatif à deux vitesses de la ville, dans lequel un groupe relativement restreint d’élèves, essentiellement blancs et asiatiques, a accès aux écoles les plus performantes, tandis que de nombreux enfants noirs et latinos restent dans des écoles en difficulté.
Environ 75 pour cent des quelque 16 000 élèves des classes pour élèves doués des écoles primaires de New York sont blancs ou d’origine asiatique. Ces groupes représentent environ 25 pour cent de l’ensemble du système scolaire, qui dessert environ 1 million d’élèves. Pendant des années, ces élèves ont suivi des programmes de maternelle pour enfants doués à la suite d’un test standardisé.
Le changement présente un défi fâcheux pour M. Eric Adams, lui-même noir, le candidat démocrate à la mairie, qui devrait mettre en œuvre un tout nouveau système éducatif surdoué au cours de sa première année de mandat.
« Eric évaluera le plan et se réserve le droit de mettre en œuvre des politiques basées sur les besoins des élèves et des parents, s’il devait être élu maire », a déclaré Evan Thies, porte-parole de la campagne de M. Adams. « Il est clair que la direction de l’Éducation doit améliorer les résultats des enfants des zones à faible revenu. »
M. Adams a endossé une approche très différente dans le dossier des élèves doués ou talentueux : conserver ces classes, mais en augmenter le nombre dans les quartiers populaires. Bien que cette idée ait été remise en question par certains chercheurs, qui ont déclaré que cela ne changerait pas grand-chose pour l’intégration, elle est populaire auprès de certains parents, y compris les familles noires et latinos qui souhaitent avoir plus choix pour les élèves doués.
Aujourd’hui, les ministres de la Justice de l’UE ont discuté des conclusions du Conseil sur la stratégie de la Commission européenne en matière « de droits de l’enfant ». Le ministre polonais de la Justice Zbigniew Ziobro avait décidé de mettre son veto.
La ministre hongroise de la Justice, Judit Varga, a pris la même décision et a rejoint le veto polonais. « Comme certains États membres ont insisté jusqu’à la dernière minute pour autoriser l’entrée
de militants LGBTQ dans nos écoles, nous avons dû exercer notre droit de veto avec mon collègue polonais », a-t-il souligné.
S’opposer à la violence contre les enfants ou à la prostitution enfantine, ou garantir les droits des enfants ayant des besoins éducatifs spéciaux ou des handicaps, y compris
rejeter toute forme de discrimination, toutes ces choses n’étaient pas plus importantes pour eux que de « garantir des droits supplémentaires aux lobbies LGBTQ », a écrit le ministre, qualifiant les événements d’incroyables.
« Nous ne céderons pas aux pressions du lobby LGBTQ. »
Suprématie de la Constitution polonaise sur le droit de l’Union européenne
Le tribunal constitutionnel polonais a décidé, jeudi 7 octobre, que certains articles des Traités européens sont incompatibles avec sa Constitution nationale et sapent la souveraineté du pays. « Des organes européens agissent au-delà de leurs compétences », a ainsi déclaré la présidente du Tribunal Julia Przylebska.
La présidente a ensuite énuméré une série d’articles des Traités qui sont, selon ses juges, en contradiction avec la loi suprême polonaise, et a dénoncé « l’ingérence de la Cour de justice de l’UE dans le système juridique polonais ».
La plus haute instance juridique du pays, qui avait reporté sa décision quatre fois d’affilée, affirme ainsi la primauté du droit polonais sur le droit européen,
Sources : Le Monde, Reuters et Magyar Hirlap (quotidien hongrois, circulation de 37 000 exemplaires par jour)
Hervé Rolland, président de la Fondation pour l’École, est interrogé dans Famille chrétienne :
— Alors que vous étiez directeur général d’une grande multinationale, vous venez de prendre la présidence de la Fondation pour l’école, pourquoi cet engagement ?
— Dans mon métier, j’étais en « bout de chaîne » de l’éducatif, et je rencontre beaucoup de jeunes ingénieurs diplômés. Or ces dernières années, je suis frappé par leurs lacunes en français et en culture générale, ils ont tous des « trous dans la raquette ». J’ai ainsi pris conscience, dans mon quotidien, des problèmes de l’éducation dont j’entendais avant parler de loin. Je me suis dit qu’il était temps de m’engager et d’agir grâce à cette fondation, reconnue d’utilité publique. L’éducation est un bien commun, au même titre que l’art ou la culture, il en va de la responsabilité sociale de la nation, il faut tous s’y mettre !
— Comment agit concrètement la Fondation pour l’école ?
— Nous apportons des aides financières ou organisationnelles aux écoles indépendantes qui sont 1 600 aujourd’hui en France. Adaptées, spécialisées ou innovantes, ces écoles dites « hors contrat » (mais toutes déclarées et bien plus contrôlées que la moyenne !) ne touchent pas un centime de l’État ni des mairies. Pourtant, elles répondent à des besoins spécifiques, par exemple pour des enfants dyslexiques, harcelés, à haut potentiel ou porteurs d’un handicap. Il faut les aider par tous les moyens, mais pas n’importe comment. Aussi, nous finançons des actions spécifiques, uniquement sur devis : un agrandissement, un préau, un achat de livres… En 2020, nous avons aidé financièrement 198 écoles pour un montant de 3,5 millions d’euros. Nous formons des maîtres par un cursus de deux ans reconnu au RNCP (1) et nos formations professionnelles sont certifiées Qualiopi. Par ailleurs, nous partageons les bonnes pratiques des écoles entre elles, notamment grâce au salon Libsco dont la seconde édition a lieu le 16 octobre.
— Comment financez-vous vos actions ?
— Nous vivons à 100 % grâce aux dons privés et aux legs, c’est pourquoi nous invitons tous ceux qui pensent que l’éducation est notre bien commun à être généreux ! Il y a urgence à sauver l’éducation pour les générations futures, et la Fondation pour l’école est un bon moyen d’y parvenir. Chaque euro est dépensé de manière concrète, les établissements aidés par notre fondation sont à but non lucratif, et s’engagent à respecter notre Charte des écoles (rester à taille humaine, éducation à la solidarité véritable, croissance globale de la personne, etc.). Et si nous ne bénéficions d’aucune aide publique, nous sommes néanmoins devenus le premier interlocuteur de l’État et des services de l’Éducation nationale en matière d’écoles indépendantes, et il n’est pas rare que nos interlocuteurs reconnaissent la qualité de notre travail. Aujourd’hui, les écoles indépendantes scolarisent près de 85 000 élèves, il est donc important de les aider et de les soutenir, ce que la Fondation pour l’école accomplit au quotidien, grâce à la générosité de personnes privées.
(1) Répertoire national des certifications professionnelles.
Le Bloc québécois a décidé de se faire entendre. Il y a urgence. Le BQ, donc, demande au gouvernement fédéral de reculer sur l'exemption à la vaccination obligatoire contre la COVID-19 de ses fonctionnaires pour des motifs religieux.
Martin Champoux, porte-parole du Bloc québécois en matière de laïcité [de laïcisme plutôt], veut que les libéraux écartent toute exemption pour motifs religieux. Selon lui, la santé publique ne doit pas être compromise par des croyances personnelles.
Les gens ont-ils encore le droit d'avoir une opinion distincte de celle exprimée par l'État quant à ce que l'on veut leur injecter ? Et si les gens sont déjà immunisés parce qu'ils ont attrapé le virus plus tôt, doivent-ils quand même obéir aux désirs des bureaucrates fédéraux ? Quid s'ils sont en bonne santé et jeunes et donc peu susceptible de souffrir de la Covid ? Pourquoi cette intolérance de la part de Trudeau et de son allié le BQ ? Sommes-nous devant la peste bubonique qu'il faille, toute affaire cessante, appuyer les exemptions pour objection de conscience ? En quoi est-ce une priorité pour le BQ ?
« Alors que le gouvernement [Trudeau] propose des mesures sanitaires extraordinaires basées sur la science [le passeport vaccinal n'est pas une mesure basée sur la science puisque les vaccinés peuvent contaminer d'autres gens!], ce grave manque de cohérence porterait lourdement atteinte à la cohésion sociale. Ottawa doit reculer et réserver l'exemption à la vaccination obligatoire aux personnes qui ne peuvent se conformer aux règles pour des raisons de santé », a déclaré M. Champoux par voie de communiqué.
Le vaccin d'AstraZeneca suspendu pour les moins de 55 ans [Le Soleil 29 mars 2021 : « Après avoir clamé sur tous les fronts que le vaccin d’AstraZeneca est
efficace et sécuritaire, les autorités fédérales et provinciales en suspendent maintenant l’utilisation pour les personnes de moins de 55 ans. »]
Du Dr Martin Blacher, médecin français spécialiste en santé publique : «Ce passe sanitaire est une hérésie car ce sont les vaccinés qui contaminent les non-vaccinés »
Comparez à l'enseignant d'art dramatique Trudeau :
À la fin de l’année universitaire 2020-21, les femmes représentaient 59,5 % des étudiants américains, un chiffre historique selon les données d’inscription du National Student Clearinghouse, un groupe de recherche à but non lucratif. Alors que les femmes ne représentent que 49 % de la population d’âge universitaire aux États-Unis, selon le Census Bureau.
Les universités des États-Unis comptaient 1,5 million d’étudiants de moins qu’il y a cinq ans. Les hommes représentaient 71 % de cette baisse.
Cet écart, qui existe pour les programmes postsecondaires de deux et quatre ans, s’est lentement creusé depuis 40 ans. L’écart se creuse encore quand vient le temps d’obtenir le diplôme : après six années d’études collégiales, 65 % des femmes aux États-Unis qui ont commencé un programme postsecondaire de quatre ans en 2012 ont obtenu des diplômes en 2018, alors que seuls 59 % des hommes au cours de la même période l’obtiennent, selon le département américain de l’Éducation.
Au cours des prochaines années, deux femmes obtiendront un diplôme universitaire pour chaque homme, si la tendance se poursuit, de déclarer Douglas Shapiro, directeur général du centre de recherche du National Student Clearinghouse.
La disparité des inscriptions entre les sexes dans les universités publiques est la plus importante que dans les universités privées, où la proportion de femmes au cours de l’année scolaire 2020-21 est passée à une moyenne de 61 %, un record, selon les données du Clearinghouse.
À l'Université Baylor, où le corps étudiant de premier cycle est composé à 60 % de femmes, le taux d'admission des hommes l'année dernière était de 7 points de pourcentage supérieur à celui des femmes. Chaque élève doit répondre aux normes d'admission de Baylor pour être admis, a déclaré Jessica King Gereghty, vice-présidente adjointe de la stratégie d'inscription et de l'innovation de l'école. La composition du corps estudiantin, cependant, est équilibrée selon plusieurs variables, y compris le sexe, a-t-elle déclaré. [Sous-entendu pour avantager les filles ?]
La race et le sexe ne peuvent être pris en compte comme critère d’admission dans les universités publiques de Californie. La proportion d’étudiants de premier cycle de sexe masculin à l’UCLA est tombée à 41 % au semestre d’automne 2020, alors qu’elle était encore de 45 % à l’automne 2013. Au cours de la même période, les inscriptions au premier cycle ont augmenté de près de 3 000 étudiants. Parmi ces places, neuf sur dix sont allées à des femmes.
« Les candidats masculins ne sont pas moins compétitifs que les candidates féminines », déclare Youlonda Copeland-Morgan, vice-prévôt de l’UCLA, mais moins d’hommes s'inscrivent.
L’écart entre les sexes au collège est omniprésent, quels que soient la race, le lieu d’origine ou la classe socioéconomique d’origine. Pour la plupart, les hommes blancs — autrefois le groupe prédominant sur les campus américains — ne détiennent plus un avantage statistique dans les taux d’inscription, a déclaré M. Mortenson, du Pell Institute. Les taux de scolarisation des hommes blancs pauvres et de la classe ouvrière sont inférieurs à ceux des jeunes hommes noirs, latinos et asiatiques issus des mêmes milieux économiques, selon une analyse des données de recensement par le Pell Institute pour le Wall Street Journal.
À l'occasion de la publication de son rapport annuel de gestion, Élections Québec présente 40 recommandations pour faire évoluer les lois électorales afin de mieux servir les électrices et les électeurs ainsi que les autres acteurs de la démocratie québécoise, parmi lesquelles:
Parce que l'éducation à la démocratie peut inciter les électrices et les électeurs de demain à exercer une citoyenneté active et responsable, Élections Québec recommande d'inclure une compétence relative au développement de la citoyenneté démocratique dans le programme Éthique et culture religieuse révisé;
Face aux enjeux de recrutement de personnel et par souci d'efficacité, Élections Québec propose de confier le recrutement de l'ensemble du personnel électoral aux directrices et directeurs du scrutin, d'abolir le poste de préposée ou préposé à la liste électorale et de permettre l'embauche de personnel électoral dès l'âge de 16 ans;
Une décision du tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique octroie une compensation de 30 000 $ à une personne transsexuelle congédiée pour avoir demandé que ses employeurs et collègues utilisent les pronoms « ils » et « eux » au pluriel quand ses collègues lui adressent la parole.
Le restaurant Buono Osteria (photo ci-contre) de Gibsons se voit également obligé d’imposer une formation militante « en droits de la personne à tous ses employés ».
L’entreprise est également obligée par le tribunal de modifier ses procédures pour y faire figurer le « droit » de tous les employés qu’on s’adresse à eux avec les pronoms qu’ils décident d’imposer quand on parle d’eux.
Il doit donc « mettre en place une politique sur l’utilisation des pronoms et une formation obligatoire pour le personnel et les gestionnaires sur la diversité, l’équité et l’inclusion ».
L’ancien serveur veut en effet qu’on le désigne avec les pronoms « ils » et « eux » : en anglais « they/them ».
Le patron de l’établissement a ensuite décidé de renvoyer Jessie Nelson, ce qui a conduit le serveur à porter plainte.
Le 25 septembre, The Lancet, une revue médicale de premier plan, twittait sa couverture : « Historiquement, l’anatomie et la physiologie des corps dotés de vagins ont été négligées ». Exit les femmes, les voilà circonscrites à leurs seules fonctions reproductives : des corps avec des vagins. Devant les réactions, le rédacteur en chef, Richard Horton, a dû présenter des excuses « pour avoir donné l’impression que nous avons déshumanisé et marginalisé les femmes »[1]. Cependant il a tenu à « souligner en même temps que la santé des transgenres est une dimension importante des soins de santé modernes, mais qui reste négligée ».
Les recommandations du corps médical
Mais l’événement n’est ni nouveau ni isolé. En 2016, la British Medical Association recommandait à son personnel d’utiliser le terme « personnes enceintes » au lieu de femmes enceintes[2]. Et en février de l’année dernière, les sages-femmes du Brighton and Sussex University Hospitals Trust ont été invitées à employer des termes tels que « lait de poitrine » au lieu de lait maternel[3]. En effet, le terme anglais fait référence aux seins et « certains hommes transgenres qui accouchent et allaitent leurs enfants » ressentiraient « une profonde détresse lorsqu’on leur rappelle qu’ils le font avec leurs seins », a-t-on expliqué aux sages-femmes.
Un nouveau combat politique ?
Dans le champ politique, le programme d’Europe Écologie Les Verts pour les prochaines élections présidentielles a remplacé le mot femme par « personne en capacité de porter un enfant »[4]. Avec un but, celui de promouvoir la “PMA pour toutes” aux hommes transgenres, des femmes devenues hommes à l’état civil.
Une écologie qui promeut un féminisme sans la femme, une médecine qui la réduit à un « corps avec un vagin » … Les mots ne devraient-ils pas être le prochain combat des féministes ? (cf. La novlangue à la conquête de la bioéthique ?). On peut douter que ce soit l’écriture inclusive qui lui redonnera sa place.
Une révolution culturelle est en marche. Elle ne vient pas de Chine, mais des États-Unis. Et elle est tout aussi dévastatrice.
Les « guerriers de la justice sociale » sont nos nouveaux gardes rouges. L’Oréal proscrit les termes « blanc » et « blanchissement » de ses catalogues, Évian présente ses excuses pour avoir fait sa promotion en plein ramadan, Lego annule ses publicités représentant des policiers en solidarité avec Black Lives Matter… Qui peut encore prétendre que le woke demeure un folklore pour campus nord-américains ?
Une révolution culturelle est en marche. Elle est née dans les départements de women's studies, black studies, queer studies des prestigieuses universités américaines. Elle a donné lieu à une « politique des identités » qui impose une radicalisation néfaste au Parti démocrate. Elle a pris la place du vieux fond protestant en déclin. En polarisant la société selon des clivages ethniques, elle menace les États-Unis d’une guerre civile. Avons-nous vraiment envie d’importer dans notre République laïque cette manière de dresser les Noirs contre les Blancs, les femmes contre les hommes, les homosexuels contre les hétéros… ?
En baby-boomer défendant les idéaux universalistes et émancipateurs des sixties, Brice Couturier interpelle la génération des millénariaux : votre hyper-susceptibilité, votre narcissisme victimaire vous poussent à censurer et à interdire. Notre génération a voulu élargir le champ des possibles. Vous êtes en train de le rétrécir. À notre détriment à tous…
Bruce Couturier qui est un « libéral » (progressiste, libertaire, soixante-huitard) de la vieille école répond aux questions (parfois pénibles, mais si modernes) de France Culture :
Brice Couturier : « La gauche woke est manichéenne, intolérante et avide de censure »
En baby-boomer assumé, défendant les idéaux universalistes et émancipateurs de sa jeunesse, Brice Couturier enquête dans OK millennials! sur « la génération woke ». Entretien publié dans le Figaro Magazine.
LE FIGARO. — Votre essai se présente comme l’enquête d’un baby-boomer sur les mythes de la génération « woke ». Mais pour commencer, qu’est-ce que la « génération woke » ?
BRICE COUTURIER. — En gros, les personnes qui ont aujourd’hui entre 20 et 40 ans. Mon livre porte essentiellement sur l’Amérique du Nord et le monde anglo-saxon parce que c’est aux États-Unis qu’il faut situer le départ de feu de cette espèce d’incendie intellectuel. Mais on connaît la chanson : que le feu parte des universités d’Evergreen ou de Berkeley, plutôt que de Pékin, de Cuba, de Moscou… ou même de Berlin, comme autrefois, c’est toujours le même bois mort qui, chez nous, s’enflamme. Ce ne sont, dira-t-on, que des modes intellectuelles. Mais elles façonnent l’esprit d’une génération, tout au long de son histoire. Voyez la mienne, avec le mythe de Mai 68…
Selon vous, une « révolution culturelle » est en marche. D’où vient-elle ? Comment se manifeste-t-elle ?
Oui, c’est une révolution culturelle. De la même ampleur que celle qui, dans les années 1960, a coûté la vie à des millions de Chinois — et qui a eu d’énormes répercussions, en Occident, sur ma propre génération… Mon livre est une enquête intellectuelle sur les manifestations actuelles du mouvement « woke » et sur les étapes qui ont mené à un renversement cul par-dessus tête de tout ce qui faisait la culture de l’Occident démocratique et libéral. Cela a commencé par une « déconstruction » de toutes les idées admises et des institutions établies. On les a décrites comme des « constructions sociales », arbitraires et exclusivement destinées à conforter le pouvoir des hommes blancs, bourgeois et hétérosexuels.
Après avoir ainsi « déconstruit » les fondements mêmes de notre culture, est venu le temps d’une reconstruction sur des bases identitaires : on étudie (et on invente) des cultures féminine, noire, homosexuelle, etc. Et chacun est renvoyé à son identité particulière, enfermé dans sa case et mis au service d’un combat spécifique. L’idée d’universel est dénoncée comme un mythe. La rationalité, comme une manipulation au service du colonialisme. L’objectivité, comme une illusion raciste. Dans un troisième temps, font leur apparition les « guerriers de la justice sociale ». Revanchards, manichéens, intolérants, avides d’interdits et de censure, ils sont devenus la terreur des campus, les moines-soldats d’une religion nouvelle.
N’exagérez-vous pas la force de ce mouvement qui demeure ultraminoritaire en France ? Ne devrait-on pas l’ignorer ou le traiter sous l’angle de la dérision ?
Non, parce que c’est exactement ce qui s’est passé aux États-Unis. À l’époque du « politiquement correct », dans les années 1980-1990, tout le monde ricanait : remplacer chairman (président) par chairperson et sourd par « différemment entendant », de telles absurdités ne sortiront jamais des facs, se disaient les gens. Ils avaient tort : les anciens étudiants sont devenus professeurs, éditorialistes, hauts fonctionnaires, cadres supérieurs du privé…
Et ils ont progressivement imposé à une majorité très réticente des mots nouveaux (le genre, l’équité raciale, l’adjectif queer, l’expression « masculinité toxique », etc.), derrière lesquels il y a toute une idéologie. Et là-bas, elle est en train d’être imposée, dans les grandes sociétés, à coups de séminaires obligatoires sur la « diversité » et l’« inclusion ». Pour les membres des classes dirigeantes et fortunées, cela permet de se positionner à gauche à peu de frais, tout en conservant l’avantage de salaires très élevés… C’est pourquoi les classes populaires se tournent, pour se venger, vers des leaders populistes.
Les professeurs, dans de nombreuses universités, sont soumis à des rituels humiliants, comme celui consistant à confesser leurs « privilèges » de Blancs au début de l’année universitaire. Ils sont surveillés et parfois mis en cause par toute une bureaucratie « diversitaire » dont les procédures ne respectent aucune des règles exigées par la justice en démocratie. Il règne à présent, aux États-Unis, une atmosphère de chasse aux sorcières digne de l’époque de La Lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne. Je donne des exemples. Des tas de gens perdent leur job et sont mis au ban de la société pour une blague mal comprise lors d’une soirée arrosée, ou pour un vieux twitt, retrouvé par des chasseurs de sorcières professionnels. Et surtout pour « pensée incorrecte », refus de se conformer aux rituels idéologiques obligatoires. C’est orwellien.
On voudrait nous faire honte de voyager en avion ou de manger de la viande. Et en raison de leur prétendue « toxicité », les hommes devraient être « déconstruits » !
Brice Couturier
Le titre OK millennials! sonne comme une réponse à l’expression « OK boomer ». Vous êtes-vous senti directement visé ?
Oui, dans un sens précis : je me réclame de certains des idéaux des sixties, comme l’émancipation individuelle, l’universalisme, la laïcité, la tolérance, l’ouverture d’esprit… Et voilà que nous arrive une génération d’idéologues qui entend, au nom du « respect », restreindre le champ des possibles, limiter, censurer. Ma génération a réclamé des cours de sexologie. Eux, c’est la collapsologie.
Signe des temps. Au nom d’une vision d’apocalypse, promue par sainte Greta Thunberg, on voudrait nous faire honte de voyager en avion ou de manger de la viande. Et en raison de la prétendue « toxicité » de la masculinité, les hommes devraient être « déconstruits » ! Sur les réseaux sociaux, les wokes croient me clouer le bec avec leur mantra « OK Boomer ». Il signifie : tu es vieux, dépassé, tu ne mérites pas qu’on t’oppose des arguments. Je rétorque : « OK millennials! » Et j’ai voulu montrer au public français, peu conscient en général de la gravité de ce qui nous menace, de quoi il retourne au juste. Afin que les gens puissent identifier l’origine des discours dont on commence à les abreuver dans certains médias.
Ne craignez-vous pas de passer pour un vieux grincheux avec ce livre ?
Tant pis ! Je ne supporte plus de voir les idéaux de ma jeunesse, comme l’antiracisme, le féminisme, altérés et dénaturés. Nous étions colour-blind (indifférents aux couleurs de peau), comme le prêchait Martin Luther King. Eux ne voient que ça, la couleur, le genre, l’orientation sexuelle. Ils font de leurs « identités » des politiques. Chacune défendant ses intérêts au détriment des autres et donc de la société tout entière. Nous étions égalitaristes. Eux classent les gens selon tout un système hiérarchique, leur fameuse « intersectionnalité » : au sommet, il y a les transsexuels — au détriment des féministes historiques —, puis viennent les femmes noires homosexuelles… et, tout en bas, les hommes blancs hétérosexuels. Nous nous battions pour l’égalité des droits ; eux pour des droits spécifiques aux communautés.
Des marxistes aux conservateurs en passant par les libéraux dans mon genre, nous avons tous en commun une culture qui devrait nous permettre de résister à l’esprit woke
Brice Couturier
Plus sérieusement, n’êtes-vous pas devenu conservateur avec le temps ?
Dans le combat anti-woke, tel qu’il est mené actuellement dans les pays anglo-saxons, il y a, certes, des conservateurs, comme la jeune essayiste noire Candace Owens, l’essayiste Christopher Caldwell, Heather Mac Donald ou le Britannique Douglas Murray. Mais ils sont épaulés par de grandes figures du centre gauche libéral, telles que le romancier Bret Easton Ellis, l’universitaire Mark Lilla, la journaliste Bari Weiss — démissionnaire du New York Times —, Helen Pluckrose ou Todd Gitlin, qui fut l’un des leaders du mouvement étudiant américain des sixties. Ils se battent ensemble pour la rationalité, les Lumières, le bon sens et le respect des faits.
Des marxistes aux conservateurs en passant par les libéraux dans mon genre, nous avons tous en commun une culture — héritée des Lumières — qui devrait nous permettre de résister à l’esprit woke. Or, il est en train de débarquer sur nos rivages. Voyez, du côté Vert, Sandrine Rousseau, Alice Coffin et consorts… Et Sciences Po baigne déjà dans ce jus.
D’une certaine manière, la génération woke n’est-elle pas l’héritière et le fruit de la génération du baby-boom et de ses dérives ? La gauche soixante-huitarde a été la première à parler de déconstruction, puis la gauche morale, à travers SOS Racisme, est la première à rompre avec notre modèle républicain universaliste en prônant le « droit à la différence »… Bref, les millénaux ne sont-ils pas tout simplement les enfants rebelles des baby-boomers ?
Vous avez raison : au sein du mouvement antiraciste, dans les années 1980, il y avait à la fois ceux qui revendiquaient le droit à la différence, mais aussi ceux qui réclamaient le droit à l’indifférence. Ces derniers brandissaient les idéaux républicains, ils exigeaient leur juste place dans la société et ne voulaient pas renverser la société au nom de leur « différence ». Il en va de même avec le mariage homosexuel : pour les uns, il s’agit de normaliser la situation des couples stables du même sexe, pour d’autres, de miner de l’intérieur l’institution du mariage.
Je cite, dans mon livre, des propos ignobles tenus par certains militants gay à l’encontre de Pete Buttigieg, candidat aux primaires démocrates en 2020. Marié avec un instituteur, menant une vie parfaitement respectable, il a été, pour cette raison, ridiculisé en tant que pseudo-gay. Pas assez queer.
La grande différence entre la génération woke et les précédentes, est-ce finalement son côté victimaire ?
J’ai ouvert mon livre sur les traits psychosociologiques qu’on peut repérer dans cette génération. Elle a été trop couvée par ses parents. Beaucoup se considèrent comme des petits flocons de neige : ils ressentent la moindre contrariété comme une épouvantable blessure narcissique. Ils confondent la douleur physique et les « blessures symboliques ». Ils exigent qu’on les protège des idées qui leur déplaisent. L’essentiel de leurs relations sociales passant par le numérique, le face-à-face interpersonnel leur est souvent pénible. En outre, je le montre, chiffres à l’appui, c’est une génération qui est tentée politiquement par l’autoritarisme.
La gauche woke se présente comme « progressiste » ; y voyez-vous au contraire une résurgence du puritanisme ?
Mais ce n’est nullement contradictoire. Et c’est sans doute le plus troublant. La jeunesse est théoriquement l’âge où l’on fait des expériences, où l’on teste ses limites. Cette génération, au contraire, exige des protections, des bornes strictes à ce qu’on peut dire et faire. Elle prohibe l’érotisme et tient le désir pour un péché. Aux États-Unis, les relations hommes-femmes tournent à la guerre des sexes. C’est d’une tristesse !
Selon vous, cette idéologie peut nous conduire à la guerre civile. Pourquoi ?
La démocratie est fondée sur le dialogue raisonnable entre intérêts divergents et idées différentes. Elle exige un sens du compromis. Elle postule l’existence d’un intérêt collectif supérieur aux intérêts particuliers. Mais les identités, elles, ne sont pas négociables. Et l’idée que les wokes se font de la société est celle d’un jeu à somme nulle, où ce qui est gagné par les uns l’est nécessairement au détriment des autres. À l’horizon, ce qui menace, c’est une espèce de guerre raciale. Qui veut de cela dans notre pays ?
Ruquier sur le service public (financé par les Français) stigmatise Zemmour-le-virus : la tentation totalitaire par la gauche caviar.
Mathieu Bock-Côté répond au sujet du « virus » Zemmour : « Laurent Ruquier nous rappelle les heures les plus sombres, il fascise l’adversaire en utilisant le vocabulaire du fascisme », le 4 octobre 2021, CNews.
Une épidémie, le virus Zemmour progresse, Ruquier s'emporte contre Zemmour à la télé gouvernementale: