vendredi 10 février 2023

Gauche ou droite ? Un tableau « pédagogique » simpliste distribué aux élèves fait débat

 Le cégep [première et terminale en France] Garneau à Québec serait en train d’enquêter sur un tableau soumis aux élèves de science politique.

Le tableau, distribué dans un cours de sciences politiques, définit et compare les concepts de gauche et de droite selon différents thèmes: Humain, Société, Culture, Histoire, Économie et Politique.

Selon ce tableau, l’humain de droite est défini comme étant «égoïste, irrationnel, esclave de ses pulsions et de ses instincts», alors que l’humain de gauche serait «altruiste, rationnel, maître de lui-même».

De la même manière, la société de droite est une société «basée sur la compétition et la hiérarchie, avec la valorisation des élites», quand la société de gauche est «basée sur la coopération, l’égalité et l’équité, ainsi que la valorisation de tous, y compris minorités et marginaux». 

Le même tableau prétend que la gauche lutte contre le racisme alors que la droite prône le racisme... 

Lire à ce sujet : Citations ethniquement incorrectes de Karl Marx, Voltaire, cet inconnu, ce mythe, ce sectaire, Le côté sombre des Lumières et La vision pessimiste de l’homme développée par les Lumières.

Il s'agit au mieux d'une vision d'une certaine gauche (égalitariste, contemporaine, utopiste) et d'une certaine droite (réactionnaire, élitiste, mais pas de la « droite » libérale par exemple). Le nazisme  se revendiquait socialiste. Est-ce que le populisme anti-immigration et sa dénonciation de la mainmise par une prétendue élite cosmopolite est de gauche (voir affirmations 18 à 21 ci-dessous) ?

 

Pour Mario Dumont,

ce tableau-ci est une caricature. Une farce. Mais pas une farce naïve et sympathique. Ce tableau constitue une grossière et honteuse tentative d’endoctrinement pour des jeunes qui en sont à leurs premiers contacts avec la politique. [...] Une vision angélique et utopique dans la colonne de gauche. Des préjugés, des faussetés et des clichés malveillants à droite.

Toute personne informée sait que le monde n’est pas aussi simple. La plupart des démocraties du monde balancent entre la droite et la gauche. Même si je penche plutôt à droite, je crois qu’il y a quelque chose de sain dans cette alternance.

Détourner la mission

Un cours de science politique devrait apprendre aux jeunes à réfléchir, à comprendre les deux côtés. Un tel cours devrait les rendre curieux d’en lire davantage, d’écouter ce que proposent la gauche et la droite ici et ailleurs.

L’exercice auquel on se livre dans ce tableau porte un nom : l’endoctrinement. Il y a le Bien et le Mal. Et l’étudiant a la chance d’avoir un prof, un sage, un prophète, qui lui pointe du doigt le Bien et qui le met en garde contre le Mal.

C’est honteux. Le contraire de l’enseignement. Un motif de congédiement immédiat dans un établissement sérieux. »

Le tableau (qui fait 4 pages) :



L'écologie est-elle une valeur de gauche (affirmation 27) ?
 
Entre la naissance de l’écologie comme science en 1866, sous la houlette du biologiste allemand Ernst Haeckel, et sa mutation en idéologie de la contre-culture en 1968, la page serait restée blanche. Il a fallu Luc Ferry et son Nouvel ordre écologique, qui dénonçait, en 1992, les dangers de l'écologie profonde et son refus de tout anthropocentrisme, pour rappeler qu’entre ces deux dates, le nazisme avait fait franchir à l’écologie une étape décisive en en faisant une réalité politique.
 
Carte postale des années 30 : Adolf Hitler, l'ami des animaux


Le pluralisme des idées (affirmation 4) est-il vraiment une idée de gauche ? De toute la gauche ?

Dix février 1763 — Signature du traité de Paris

Le traité de Paris de 1763 met fin à la guerre de Sept Ans et réconcilie brièvement, après trois ans de négociations, la France et la Grande-Bretagne. Les préliminaires sont signés le 3 novembre 1762 à Fontainebleau. Le traité définitif est signé le 10 février 1763. Il entérine des pertes énormes pour la France : l’Amérique française et son influence sur une bonne partie des Indes orientales.

Aux termes de ce traité, en Europe :
  • La France restitue Minorque qu’elle avait prise le 29 juin 1756.
  • Elle évacue les territoires des alliés de l’Angleterre en Allemagne, ainsi que les territoires du Hanovre, propriété personnelle du roi de Grande-Bretagne.
  • La Grande-Bretagne rend Belle-Île à la France, prise en 1761.
C’est le statu quo en Europe.
    Liste des forts français établis en Amérique du Nord. Au moment où les Anglais s’emparent de 300 navires marchands français, sans déclaration de guerre préalable, et déclenchent ainsi la guerre de Sept Ans (1756-1763), la partie sud de la Nouvelle-Écosse est déjà anglaise et les Acadiens viennent d’en être expulsés (1755).

    En Amérique :

    • La Grande-Bretagne obtient de la France l’île Royale, l’île Saint-Jean (actuelle île du Prince-Édouard), l’Acadie, et le Canada, y compris le bassin des Grands Lacs et la rive gauche du Mississippi. La France abandonne également certaines îles des Antilles (Saint-Vincent, la Dominique, Grenade et Tobago).
    • Conformément à la capitulation conditionnelle de 1760, la Grande-Bretagne garantit une liberté de religion limitée aux Canadiens.
    • L’Espagne reçoit l’ouest du Mississippi, donc la Louisiane (Nouvelle-France), et le delta et La Nouvelle-Orléans. Notons que l’Espagne restituera la Louisiane occidentale à la France en 1800. Trois ans plus tard, ce vaste territoire fera l’objet de la « Vente de la Louisiane » entre Napoléon Bonaparte et Thomas Jefferson. Il est maintenant recouvert par treize États des États-Unis.
    • L’Espagne cède, quant à elle, la Floride à la Grande-Bretagne.
    • La France conserve des droits de pêche à Terre-Neuve et dans le golfe du Saint-Laurent.
    • Et en retour, elle acquiert Saint-Pierre-et-Miquelon et recouvre la plupart de ses îles à sucre (Martinique, Guadeloupe et surtout Saint-Domingue).
    Carte des positions franco-britanniques à la veille de la guerre de Sept Ans dans le nord-est de l’Amérique du Nord

    Dans le reste du monde :

    • La France cède son empire des Indes aux Anglais, ne conservant que ses cinq petits comptoirs de Pondichéry, Kârikâl, Mahé, Yanaon et Chandernagor. 
    • En Afrique, elle est autorisée à garder son poste de traite des esclaves sur l’île de Gorée (Sénégal) mais elle cède Saint-Louis du Sénégal.

    Les possessions (rouge clair) et territoires alliés (rose) de la France en Inde avant la guerre de Sept Ans, elles rivalisent aisément avec celles de l’Angleterre (vert)

    La fascination de la France pour l’Europe continentale

    Le recul colonial de la France au XVIIIe siècle a tenu à l’affaiblissement progressif de sa marine lié à un manque d’investissement et la priorité donnée à la guerre continentale européenne.

    Vers 1680, la France de Louis XIV pouvait aligner, grâce à Colbert et son fils Seigneulay, une flotte de guerre d’environ 200 navires, sans compter la flotte marchande. Ce fut l’âge d’or de la « Royale ». Elle faisait la loi sur les océans et les mers avoisinant son territoire et soutenait un empire colonial qui se développait régulièrement.

    Cinquante ans plus tard, la France ne dispose déjà plus que d’une flotte de guerre de 50 à 80 navires tandis que la Navy britannique compte 200 unités. C’est le résultat du désintérêt porté à la guerre maritime et du recentrage de l’effort militaire sur la guerre continentale. C’est aussi le résultat du traité de La Haye avec l’Angleterre négocié par l’abbé Dubois en 1718, sous la Régence. Cette politique pacifiste a été poursuivie à la majorité du roi Louis XV par son Premier ministre, le cardinal Fleury.

    Sur mer, en l’absence de guerre déclarée, la rivalité franco-anglaise se traduit par la guerre de course, mais les corsaires français, à l’exception de figures légendaires comme René Duguay-Trouin, sont bien en peine de suppléer aux insuffisances de la « Royale ».

    Lorsqu’éclate la guerre de Sept Ans, la Grande-Bretagne compense ses faiblesses militaires en tirant parti de sa supériorité navale. Celle-ci lui permet d’envoyer au Canada des troupes relativement nombreuses pour attaquer les unités françaises. C’est ainsi que survient le désastreux traité de Paris. Dans les années qui suivent, les responsables de la marine française tentent de se ressaisir, notamment avec le plan de réforme de 1763 du comte Charles-Henri d’Estaing. Sous les ordres de l’amiral de Grasse, la « Royale » allait s’illustrer vingt ans plus tard dans le soutien aux insurgés américains. Leur indépendance apparaît comme une revanche sur le traité de Paris.

    L’aspect linguistique du traité

    Fait à noter, le mot Canada disparut des textes juridiques officiels, comme si la Grande-Bretagne avait voulu rompre tout lien avec le passé du pays. À partir du traité de Paris, et jusqu’en 1791, le Canada, réduit désormais à la seule vallée du Saint-Laurent, sera officiellement appelé Province of Quebec (province de Québec). De plus, dans l’usage officiel, les autorités britanniques parleront plutôt de « nouveaux sujets » plutôt que d’utiliser le terme Canadiens, par opposition aux « anciens sujets » de Sa Majesté. Dans la vie quotidienne, le titre de Canadien demeurera durant les décennies suivantes l’apanage des descendants des Français, les autres étant désignés comme « les Anglais ».

    Le traité de Paris a été rédigé en français, alors la langue de la diplomatie internationale. C’est donc un document officiel rédigé en français qui a fait du Canada une colonie britannique. Voici ce qu’on peut lire dans un article séparé (art. 2) au sujet de la langue :

    Article 2

    Il a été convenu et arrêté que la langue française, employée dans tous les Exemplaires du présent Traité, ne formera point un Exemple, qui puisse être allégué, ni tiré à conséquence, ni porter préjudice, en aucune manière, à aucune des Puissances contractantes ; Et que l’on se conformera, à l’avenir, à ce qui a été observé, et doit être observé, à l’égard, et de la Part, des Puissances, qui sont en usage, et en Possession, de donner, et de recevoir, des Exemplaires, de semblables Traités, en une autre langue que la française.

    Comme c’était la coutume à l’époque, le traité déclarait que le seul document légal était en français. Il n’accordait aucun droit linguistique aux habitants des colonies conquises, mais cette question n’inquiétait alors personne. Le français était l’outil de communication privilégié entre les nations d’Europe et il était parlé par toute l’élite anglaise. Non seulement le général Jeffrey Amherst le parlait, mais également, comme tous les gens de leur classe sociale, James Murray, Thomas Gage, Ralph Burton, Frederik Haldimand (un Suisse francophone), etc., qui allaient diriger la colonie.

    Le traité de Paris, un succès diplomatique pour les Français ?

    Soulignons que, pour beaucoup de Français, la perte de la Nouvelle-France et du Canada n’était pas perçue comme une tragédie nationale. Pour certains, le commerce avec les Antilles paraissait préférable. Pour Étienne-François de Choiseul (1719-1785), alors secrétaire d’État à la Guerre et à la Marine, le traité de Paris de 1763 constituait même un « succès diplomatique ». Le ministre se consolait d’autant plus facilement que, pour lui, la cession du Canada constituait une véritable « bombe à retardement » pour l’Empire britannique. Lors de la signature du traité de Paris, Choiseul aurait déclaré à son entourage à propos des Anglais : « Nous les tenons ! » Se voulant prophétique, il précisa : « Il n’y aura que la révolution d’Amérique qui arrivera, mais que nous ne verrons vraisemblablement point, qui remettra l’Angleterre dans l’état de faiblesse où elle ne sera plus à craindre en Europe. » Pour Choiseul, c’est la peur de la puissance militaire canadienne qui faisait tenir les Treize Colonies américaines dans le giron britannique. Le traité de Paris de 1763 pouvait faire éclater l’empire colonial anglais. Pour sa part, James Murray, l’un des principaux acteurs anglais de la Conquête, répondit en juin 1760 à un officier français (Malartic) qui lui demandait si les Anglais allaient conserver le Canada :

    Si nous sommes sages, nous ne le garderons pas. Il faut que la Nouvelle-Angleterre ait un frein à ronger et nous lui en donnerons un qui l’occupera en ne gardant pas ce pays-ci.

    Mais ce fut l’avis contraire de Benjamin Franklin qui l’emporta. En 1760, il convainquit les ministres britanniques que jamais les Treize Colonies ne se ligueraient contre « leur propre nation » et qu’il faudrait plutôt que la mère patrie se comporte de façon très hostile pour envisager un tel scénario invraisemblable, par exemple en remettant le Canada à la France. La Révolution américaine éclatera quand même en 1775, soit douze ans plus tard !

    Cette future discorde entre Anglais et Américains était le prix de consolation de Choiseul. Encore qu’il avait su réserver pour la France l’accès à deux richesses importantes : le poisson et le sucre, soit l’accès aux Côtes françaises de Terre-Neuve (grâce sans doute à une action d'éclat en 1762 : la prise de Terre-Neuve) et la possession des « îles à sucre », dont Saint-Domingue qui assurera environ 40 % de la production sucrière mondiale et plus de la moitié de celle du café. Et ne parlons pas du bois d’ébène ! En somme, malgré le traité de Paris, la France s’engage, en stricts termes économiques, dans la période la plus productive de toute l’époque coloniale de l’Ancien Régime.

    Texte du traité de Paris de 1763

    jeudi 9 février 2023

    Le français menacé par l’anglais à Bruxelles ?

    La langue française est-elle menacée par la toute-puissance de l’anglais ? C’est la théorie soutenue par Jean-Paul Nassaux, historien et politologue, dans la revue française Les Cahiers de psychologie politique. Cet article intitulé « Le recul de la francophonie », engagé mais abondamment sourcé, s’est intéressé à la situation de la langue de Molière dans les instances européennes, dans le monde académique mais aussi, en particulier, à Bruxelles.

    Cet auteur, qui collabore par ailleurs avec le Crisp (Centre de recherche et d’information socio-politiques), plaide pour « un rééquilibrage linguistique où de grandes langues intermédiaires, dont le français, ne sont pas écrasées ».

    S’exprimer en français à Bruxelles deviendra-t-il « de plus en plus comme parler wallon », ainsi que l’a prophétisé le philosophe Philippe Van Parijs ?

    M. Nassaux juge incertain l’avenir de la langue française. « Il peut prendre la forme d’un basculement vers une position de simple langue vernaculaire ou se présenter sous un jour plus favorable avec la préservation d’un statut de langue mondiale. » S’exprimer en français deviendra-t-il « de plus en plus comme parler wallon », ainsi que l’a prophétisé le philosophe Philippe Van Parijs ?

    « Organismes rebaptisés en anglais »

    Sur le cas de notre capitale, le politologue estime qu’« on assiste à une forme de renoncement francophone », citant l’influence des milieux économiques, naturellement convertis à l’anglais, mais aussi des politiques. « On peut situer un tournant politique lors du changement de ministre -Président à la Région de Bruxelles-Capitale, Rudi Vervoort, socialiste, succédant à un autre socialiste, Charles Picqué (mai 2013), souligne Jean-Paul Nassaux. Le gouvernement régional a rebaptisé une série d’organismes publics d’un nom anglais, aux dépens de leur double appellation française et néerlandaise. La Société de développement régional de Bruxelles (SDRB) est ainsi devenue Citydev. brussels ; l’Agence bruxelloise pour l’entreprise (ABE), Impulse. brussels ; le Port de Bruxelles, Port of Brussels ; talent. brussels, perspective. brussels, etc. »

    Le cabinet Vervoort précise que ce choix témoigne « d’un souci de simplification et de compréhension pour les citoyens ». « SDRB ou GOMB, c’est moins compréhensible que Citydev. » L’argument peut s’entendre. [Bof, il suffit de donner des noms plus courts et plus parlants en français à la place de sigles abscons.]

    Jean-Paul Nassaux pointe par ailleurs les différences idéologiques entre les communautés, jugeant que « la Flandre, très majoritairement à droite, entend s’engager résolument dans les modifications structurelles prescrites par le néolibéralisme alors que la Wallonie, plus marquée à gauche, oppose une certaine résistance à une telle évolution ». De cette différence de visions découleraient bien des conséquences puisque « la propagation du néolibéralisme s’accompagne d’une expansion de l’anglais qui expulse progressivement les autres langues de diverses sphères de la vie sociale ».

    Ce politologue et historien relève encore que, depuis 2000, un « nouveau mouvement bruxellois » s’est développé en mettant l’accent sur le multilinguisme, plutôt que le bilinguisme. Or, selon M. Nassaux, « l’insistance répétée à mettre l’accent sur la multiculturalité bruxelloise peut être comprise comme une façon de minimiser le caractère francophone de Bruxelles ».

    Féliciter les Congolais (nombreux à Bruxelles) en anglais alors que leur langue nationale officielle est le français… Pascal Smet est un politicien socialiste flamand. Il est, depuis le 18 juillet 2019, secrétaire d’État bruxellois à l’urbanisme.

     « Une stratégie de certains Flamands »

    Charles Picqué, ex-ministre -Président bruxellois, prolonge l’analyse. « L’usage exagéré de l’anglais peut aussi être une stratégie chez certains Flamands. Certains se disent : “On ne peut flamandiser cette ville, mais alors on va la défranciser”, souligne-t-il. J’ai par exemple été très étonné de voir, dans les textes préparatoires de “Bruxelles 2030, Capitale de la culture”, évoqués les mérites du multilinguisme de notre capitale. Or, ce multilinguisme a pour vocation et comme résultat d’affaiblir le français. Il faut être attentif à garder un équilibre sur la question de l’identité bruxelloise. »

    Les revendications flamandes sont toutefois loin d’apparaître comme centrales dans le chef de ministres bruxellois. « Non, nous ne renonçons pas à la francophonie au profit de l’anglais, réagit la porte-parole de Rudi Vervoort. Bruxelles est une région bilingue à vocation internationale. Et lorsqu’on parle de promotion du multilinguisme aujourd’hui, c’est toujours d’abord la promotion du bilinguisme français/néerlandais, avant les autres langues, dont l’anglais, dans l’éducation ou l’apprentissage des langues. » [Mais pas dans l’affichage ou les noms d’entreprises ou de politiques, visiblement…] 

    Source : La Libre (Belgique).

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     Ne dites plus « Journées du Patrimoine », mais « Heritage Days » : « Un nouveau nom pour une dynamique plus inclusive »

    Fonctionnaire de l’Union européenne : « Le français est une langue de merde qui doit disparaître »

    Belgique — l’islamisme au quotidien à Bruxelles, rongée par le trafic de drogues et la violence

    Belgique : le Musée des beaux-arts (« Bozar ») célèbre en anglais uniquement la naissance de Ludwig van Beethoven avec un Beethoven noir… (formation d’un mythe diversitaire) [Bozar parce que Beaux-Arts ferait trop français ? Et que Fine art en anglais ne marchait pas ?] 

    Et l’angliche des eurocrates, c’est pour bientôt la sortie ?

     

    Ontario — Exclu de son école catholique pour avoir dit qu’il n’y avait que deux genres, il est ensuite arrêté par la police

    Un élève du secondaire de l’Ontario n’est plus autorisé à fréquenter son école catholique pour le reste de l’année parce qu’il a exprimé la conviction que Dieu n’a créé que deux sexes. De son côté, l’école affirme que sa présence serait « préjudiciable au bien-être physique et mental » d’étudiants transgenres. L’école l’a, par la suite, fait arrêter par police.

    Josh Alexander, 16 ans, n’a pas été autorisé à fréquenter l’école secondaire catholique St. Joseph de Renfrew, en Ontario, depuis novembre dernier, lorsqu’il a organisé une manifestation en faveur du droit des filles à bénéficier de toilettes non mixtes après que deux filles se sont confiées à lui qu’elles n’étaient pas à l’aise de partager des espaces avec des étudiants de sexe masculin qui se disent transgenres.

    Alexander avait également exprimé sa conviction qu’il n’y avait que deux sexes immuables lors d’une discussion en classe de droit, affirmant que les hommes devaient se servir de toilettes pour hommes et que les femmes celles pour femmes parce que leur « identité » ne changeait pas leur sexe biologique. 


    Vidéo Rumble (en anglais). Rumble est censuré en France.

    « Il était question d’étudiants masculins utilisant des toilettes féminines, de dysphorie de genre et d’allaitement masculin. Tout le monde partageait ses opinions sur le sujet, tous les élèves qui le souhaitaient participaient, y compris le professeur », a déclaré Alexander.

    « J’ai dit qu’il n’y avait que deux genres, que l’on naissait homme ou femme, et cela m’a valu des problèmes. Et j’ai dit que le genre ne l’emporte pas sur la biologie. »

     Cela, a-t-il confié au Post Millennial, était considéré comme « offensant » et « intimidant » parce qu’il y avait un élève transgenre dans la classe.

    L’élève de 11e année a d’abord été suspendu, mais après la fin de sa suspension, le directeur a pris la décision de l’« exclure » pour le reste de l’année. Les deux reviennent au même, mais une exclusion n’est techniquement pas disciplinaire.

    « Ils usent d’une nuance lexicale pour dire qu’ils ne me disciplinent pas et qu’il s’agit simplement d’une forme d’exclusion pour protéger les autres étudiants », a expliqué Alexander. Cependant, tant qu’il reste exclu, il ne peut s’inscrire à aucun autre programme d’éducation.

    « Je ne peux suivre aucune autre forme d’enseignement, car tant que je suis inscrit au conseil scolaire catholique, je n’ai pas le droit de m’inscrire ailleurs », a-t-il déclaré. « Donc, je suis inscrit, mais je ne suis pas autorisé à aller à l’école. Donc, en ce moment, je ne reçois aucune instruction. »



    Lundi, Alexander est retourné en classe et a été rapidement accueilli par le directeur adjoint, arrêté par deux policiers locaux et accusé d’intrusion. Le désormais ancien élève de l’école secondaire catholique St. Joseph’s a déclaré au National Post dans une interview qu’il avait fait des commentaires lors d’une discussion en classe sur le genre.

    Un avocat représentant Alexander a déclaré que l’école ne le laissera plus assister aux cours tant qu’il n’acceptera pas « de cesser d’utiliser l’ancien prénom d’un étudiant transgenre et de ne plus participer à deux cours de l’après-midi, car ces cours sont suivis par deux étudiants transgenres qui désapprouvent les croyances religieuses de Josh ». 

    Alexander a déclaré au National Post qu’il n’avait jamais utilisé l’ancien prénom d’un autre élève après sa transition. Quant aux étudiants transgenres qui désapprouvent les croyances religieuses d’Alexander, ils devraient peut-être réfléchir au fait qu’ils fréquentent une école catholique, ou du moins une école qui se dit catholique.

    Sources : Toronto Sun et Post Millenial

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    Enfants transgenres: «Des enfants sains prennent des traitements qui ont des effets secondaires parfois irréversibles et à long terme délétères: c’est un scandale sanitaire», alerte la pédopsychiatre Caroline Eliacheff. Ci-dessous.

    mercredi 8 février 2023

    Pulsion de mort — Konbini promeut une vidéo d'une jeune femme de 23 ans qui s'est fait stériliser


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    Indice de fécondité dans le monde (2010, 2015, 2020 et début 2021)

    France — un déclin délibéré

    Rémi Brague : « l’islamisme est bel et bien “un islam” »

    Rémi Brague est membre de l’institut de France, normalien, agrégé de philosophie et professeur émérite de philosophie à l’université Panthéon-sorbonne. À l’occasion de la sortie de son ouvrage le plus récent, Sur l’islam, Le Figaro s’est entretenu avec le professeur Brague.

    — La plupart du temps, le débat contemporain sur l’islam distingue islam et islamisme, comme si beaucoup d’observateurs ou de chercheurs s’interdisaient de procéder à l’examen critique des textes. Votre livre, au contraire, scrute les textes et refuse d’établir une frontière entre islam et islamisme. Pourquoi ce choix ?

    Rémi BRAGUE. — « Islamisme » était au XIXe siècle une façon anodine de désigner ce que nous appelons maintenant « islam ». C’était un « -isme » de plus à côté du judaïsme, du christianisme, et même de l’hindouisme, mot qui n’a aucun sens pour un hindou. « Islam » est un meilleur mot, parce que c’est celui que les musulmans utilisent, à la différence, par exemple, de « mahométisme », qui est choquant pour eux. Pour moi, ce que nous appelons maintenant « islamisme » n’est pas « l’islam », tout l’islam. Le français a la chance d’avoir deux articles, défini et indéfini. Je dis donc, en revanche, que l’islamisme est bel et bien « un islam ». Et un islam que je n’ai aucune raison de rejeter au-dehors. Qui serais-je, d’ailleurs, pour me permettre de l’exclure ? Ses partisans se considèrent eux-mêmes comme de bons musulmans, voire comme de meilleurs musulmans que les autres, qu’ils accusent d’une tiédeur capitularde. Et leur islam ressemble beaucoup à celui que pratiquait Mahomet lui-même, tel que nous le présente la biographie la plus ancienne que nous possédons de lui. C’est en tout cas ce que les gens du prétendu « État islamique en Irak et en Syrie » (Daech) ne manquaient pas de rétorquer aux critiques qui leur venaient d’al-Azhar et d’ailleurs. Il fallait donc regarder du plus près possible les textes faisant autorité auxquels se sont référés les musulmans à travers les siècles.

    — Vous avez choisi d’ouvrir votre livre par un chapitre consacré au terme « islamophobie ». En quoi ce terme alimente-t-il la confusion ?

    — Je dois bien avouer m’être un peu « lâché » dans ledit chapitre inaugural, voire m’y être soulagé. L’usage répétitif du mot « islamophobie » a en effet le don de m’exaspérer. Il permet de tout mélanger, alors que les philosophes aiment distinguer : confondre la religion avec ceux qui la professent, confondre le système dogmatique et juridique de cette religion avec la civilisation qu’il a marquée, voire dominée, mettre dans le même sac (en l’occurrence une poubelle) le racisme bête (si j’ose ce pléonasme) envers les immigrés et l’étude historico-critique des textes sacrés sur lesquels repose la religion, etc. Il interdit tout dialogue, puisqu’une « phobie » est toujours une forme de dérangement mental, et l’on ne perd pas son temps à discuter avec un aliéné. Enfin, le brandir comme une arme, ce que l’on fait le plus souvent, témoigne d’une mentalité paternaliste, quasiment néocolonialiste. On sous-entend que les musulmans seraient trop bêtes ou trop « princesse au petit pois » pour accepter un regard ne serait-ce qu’un peu distant sur leur religion.

    — Vous-même vous expliquez, en préambule, que vous avez longtemps eu une connaissance très superficielle de l’islam teintée de lieux communs et de préjugés bienveillants. Quels sont les préjugés que vous avez dû déconstruire ?

    — Effectivement, ce qu’on nous enseignait à Langues’O, où l’enseignant était d’ailleurs parfaitement compétent, était la façon traditionnelle de présenter l’islam et d’en raconter les débuts. Et si j’y étais entré avec l’intention d’y apprendre un peu d’arabe, c’était essentiellement pour lire un juif, Maïmonide, qui avait écrit son chef-d’œuvre en cette langue. Et ensuite, un peu par hasard, j’ai été amené à enseigner à la Sorbonne sur les philosophes d’expression arabe et de tradition aristotélicienne, ceux qu’on appelle les falâsifa. Donc, je n’avais pas du tout l’intention de devenir islamologue. C’est le contact de mes étudiants, qui étaient à peu près tous musulmans, qui m’a poussé à me documenter un peu plus sérieusement. D’où trente ans de travail.

    Je n’aime pas trop le mot « préjugé », que l’on comprend la plupart du temps comme négatif, au sens de « préventions ». C’est pourquoi j’ai dû le qualifier en ajoutant l’adjectif « bienveillant ». Disons que je voyais dans l’islam une sorte de christianisme avec deux ou trois choses en plus, deux ou trois choses en moins. Ou en tout cas une « religion d’Abraham », dans le pire des cas une « hérésie chrétienne ». Or, j’ai peu à peu pris conscience de ce que l’islam est radicalement différent des deux religions bibliques. Je voudrais justement aider à comprendre l’islam tel qu’il se comprend lui-même, et cesser de le voir à travers les lunettes chrétiennes que nous chaussons tous sans le savoir, du pratiquant le plus pieux au bouffeur de curés le plus enragé… Pour ce faire, il était sensé de se concentrer sur les siècles pendant lesquels l’islam était à l’abri des contaminations venues de la chrétienté, donc sur ce que nous appelons « Moyen Âge » avec une nuance un peu condescendante. Cette période, l’islam la considère au contraire comme son apogée. Et les musulmans d’aujourd’hui, de toutes tendances, ne cessent de s’y référer, de rééditer les œuvres d’auteurs des siècles IXe à XIIIe, sans parler, bien entendu, de la lecture du Coran et de la mémorisation des hadiths.

    — Au-delà de la théorie islamique, il y a la pratique de l’islam qui peut être très différente selon les individus. L’étude des pratiques n’est-elle finalement pas tout aussi éclairante pour comprendre les musulmans dans leur diversité que l’étude approfondie des textes. Que répondez-vous à ceux qui estiment que la focalisation sur certains versets du Coran conduit à une forme d’« essentialisation » des musulmans ? 

    — Je leur répondrai, car je m’attends à ce genre d’objection, que je ne parle nullement des musulmans, nullement de ce qu’ils font, mais uniquement de ce qui fait qu’ils le sont. Pour comprendre les musulmans dans leur diversité, l’étude des pratiques n’est pas seulement tout aussi éclairante que l’étude des textes, elle l’est même beaucoup plus, ne serait-ce que par ce que la grande majorité des musulmans pratiquants ne connaît pas grand-chose du Coran : souvent les sourates I et CXII, guère plus, et quelques hadiths. Quant à la connaissance de leur propre religion, d’ailleurs, bien des chrétiens sont logés à la même enseigne… Sur l’islam vécu dans tel ou tel coin du monde islamisé, nous disposons de beaucoup de monographies en style ethnographique, dont certaines sont des classiques. Seulement, ce n’était pas mon sujet. Pas question donc d’essentialiser les musulmans de chair et d’os, formule d’ailleurs bouffonne. En revanche, il s’agissait de chercher quelque chose comme l’essence de l’islam, de la même façon que l’on a cherché l’essence du christianisme (Feuerbach, Harnack) ou l’essence du judaïsme (Leo Baeck). Se focaliser sur certains versets du Coran est plus ou moins légitime. On y trouve à peu près tout et le contraire de tout. Mais on ne peut pas citer les versets à la carte, suivant ses intentions ou ses interlocuteurs. Il faut tenir compte de la théorie de l’abrogation, qui stipule que, de deux versets dont les injonctions se contredisent, c’est celui qui est censé avoir été révélé plus tard qui l’emporte sur un ou des verset(s) antérieur(s).

    — L’une des thèses de votre livre est que l’islam n’est pas une religion au sens où nous l’entendons. Qu’entendez-vous par-là ? En quoi l’islam se distingue-t-il du christianisme ou du judaïsme ?

    — Notre représentation de ce que doit être une religion est profondément marquée par le christianisme qui est ou fut la religion normative de l’occident catholique et de l’orient orthodoxe. Pour nous, il existe des pratiques qui sont religieuses : la prière, le sacrifice, le jeûne, le pèlerinage, les sacrements ; et à côté des pratiques profanes comme manger, faire sa toilette, s’habiller. Pour l’islam, et c’est ce que nous avons bien du mal à comprendre, ne pas manger certaines viandes, ne pas se raser la barbe, porter certains vêtements, peut faire partie intégrante de la religion. Demander aux musulmans de renoncer à certaines pratiques tout en prétendant respecter leur religion, c’est un marché de dupe pour les deux parties contractantes.

    — Beaucoup affirment que l’islam ne distingue pas le religieux du politique. Selon vous, ce qui n’est pas distingué dans l’islam, c’est l’ensemble des normes qui règlent la vie humaine, la politique n’étant finalement qu’une petite partie du système de normes…

    — C’est en effet une idée répandue, et que l’on trouve chez les plus grands esprits. Elle n’est pas totalement fausse, mais elle est partielle. La politique n’est qu’une espèce du genre « gouvernement », à savoir l’art de gouverner la cité. Mais il y a aussi l’art de se gouverner soi-même comme individu, ce que nous appelons « éthique » ; il y a l’art de gouverner la maisonnée, les rapports entre époux, de parents à enfants, de dirigeants à subordonnés, ce que les Anciens et les médiévaux appelaient « économie » le mot a changé de sens avec la modernité. L’islam revendique la totalité de ces dimensions du « gouvernement » et il prétend tenir de Dieu la bonne façon de le faire.

    — Le fait que l’islam n’ait pas de magistère reconnu et que le Coran soit considéré comme la parole directe de Dieu complique-t-il l’équation ?

    — En effet, l’islam considère que le Coran a été dicté par Dieu, par l’intermédiaire d’un ange, au Prophète qui l’a restitué sans y apporter quelque ajout et sans en retrancher quoi que ce soit. Ce sont là deux faces d’un seul et même fait. C’est parce que l’islam croit que le Coran a été dicté par Dieu qu’il n’a pas besoin d’un magistère.

    — Votre livre aborde la question des apports de la civilisation islamique à la culture européenne ? Quels sont-ils ?

    —  Loin de moi l’intention de nier que cette civilisation n’ait rien produit, ou que la culture européenne ne lui ait rien pris. C’est le contraire qui est vrai. Pour le philosophe que je suis, il est clair que Thomas d’Aquin a utilisé les commentaires d’Averroès sur Aristote, même s’il a critiqué l’explication qu’il donnait du rôle de l’intellect — qui est un des points les plus obscurs du Traité de l’âme, d’Aristote. Il est clair aussi que Duns Scot a emprunté à Avicenne, et il a soin de le clamer, les conceptions de base de sa doctrine de l’être. Un historien des mathématiques (dont l’astronomie faisait alors partie) vous dirait mieux que moi ce que des Européens comme Gerbert d’Aurillac, qui devait devenir le pape Sylvestre II, ou Fibonacci, voire Copernic, ont appris de musulmans. Un historien de la médecine vous rappellerait que les œuvres de Rhazès et d’Avicenne, encore lui, ont été des manuels utilisés jusqu’au XVIIe siècle. Dans d’autres domaines, les choses sont moins sûres. Par exemple, l’influence de certains thèmes de la poésie arabe sur la conception de l’amour courtois chez les troubadours est probable, mais non encore incontestable. Je ne conteste donc pas les faits, qui sont évidents. Ce que je n’aime pas, en revanche, c’est l’emploi de certains termes. À commencer par le vôtre, les « apports ». Personne n’a apporté quoi que ce soit comme un livreur de pizzas. Ce sont bien plutôt les récepteurs qui ont pris ce dont ils sentaient le besoin. Cela va parfois jusqu’au ridicule, comme chez cette historienne, d’ailleurs fort estimable par ailleurs, que je cite, et qui écrivait sans rire que l’Espagne musulmane (al-Andalous) avait « généreusement donné de soi-même aux autres ». Quel pélican ! J’aime encore moins le vocabulaire de la « dette », qui n’a de sens que lorsque le créancier se prive momentanément de ce qu’il prête au débiteur. Or les choses de l’esprit ne subissent aucune déperdition quand elles sont transmises. Et le comble est atteint quand l’objet supposé donné n’est rien de moins que la « rationalité », laquelle est censée voyager comme une valise…

    — Vous expliquez que l’islam est un code rigide et, à vous lire, on comprend qu’une partie de la loi islamique est incompatible avec la culture, les mœurs, et même une partie des lois des sociétés européennes. Dans ce contexte, comment intégrer les millions de musulmans qui vivent en Europe ?


    J’éviterais pour ma part l’adjectif « rigide », qui sonne péjoratif, et le remplacerais volontiers par « précis » ou « rigoureux ». Ce qui est incompatible avec la culture européenne et, par conséquence indirecte, avec les lois n’est pas tellement une partie de la loi islamique. Celle-ci est d’ailleurs variée, selon les quatre écoles du sunnisme, plus le chiisme. Ce qui fait vraiment problème, à mon sens, est déjà la question de l’origine même des normes. Pour la tradition juridique européenne, les lois se fondent sur la raison humaine, certes éclairée par la conscience, que les croyants considèrent comme la voix de Dieu. Pour l’islam, le seul législateur légitime est Dieu, tel qu’il parle dans Son Livre.

    Votre dernière question n’est guère de mon ressort et relève plutôt de la politique. Beaucoup de choses dépendent de la façon dont les musulmans se situent par rapport à leur propre islam.

    Sur l’islam
    par Rémi Brague,
    publié le 9 février 2023,
    chez Gallimard,
    à Paris,
    400 pp.
    ISBN-10 : 2 072 855 500
    ISBN-13 : 978-2072855504

    Démographie — en 30 ans, la Moldavie a perdu 40 % de sa population

    La Moldavie est-elle un pays en voie d’extinction ? Démographiquement parlant, les chiffres sont alarmants. L’exode reste une stratégie de survie face à la pauvreté, dans un cercle vicieux amplifié par la guerre et la crise économique actuelles.

    Le Bureau moldave des statistiques a publié le 29 janvier le nombre réel d’habitants vivant en Moldavie, calculé selon une nouvelle méthodologie améliorée. Cette étude révèle un chiffre alarmant de seulement 2,6 millions de personnes. En 1990, 4 335 360 personnes vivaient Moldavie, selon le recensement de l’époque. Il s’agit donc d’une impressionnante chute de 40 % de la population en 30 ans, une crise démographique sans précédent, plus importante que pendant les années de famine et les déportations staliniennes.

    Le nombre d’étudiants moldaves s’effondre alors que les jeunes fuient le pays

    Le nombre d’étudiants fréquentant l’université en Moldavie est passé de 128 000 à 59 600 au cours des 15 dernières années, selon une étude présentée par l’analyste économique Veaceaslav Ionita de l’ONG basée à Chisinau, IDIS Viitorul. En 2019, le nombre a encore chuté à seulement 56 000.

    Selon Ionita, en 2006-2007, il y avait 39 étudiants pour mille habitants, ce qui est maintenant tombé à 22,6 étudiants pour mille habitants.

    « La forte baisse du taux de natalité et la migration continue ont conduit à ce que nous n’avons pas aujourd’hui », a déclaré Ionita.

    En 2010, on comptait près de 424 000 jeunes d’âge universitaire, âgés de 19 à 24 ans ; maintenant, il n’y en a plus que 245 000, soit une baisse de près de 50 % en un peu plus d’une décennie.

    Le deuxième facteur négatif, a-t-il dit, est la fuite massive des jeunes vers l’étranger.

    Il a déclaré que pour la plupart des 245 000 jeunes moldaves âgés de 19 à 24 ans, seuls 146 000 sont réellement dans le pays — les 88 000 autres sont partis à l’étranger. Chaque année, a-t-il dit, 4 500 jeunes d’âge universitaire quittent le pays.

    En 2010, la part des jeunes âgés de 19 à 24 ans représentait près de 12 % de la population totale. Aujourd’hui, cette part est de 6 %. D’ici 2025, la part pourrait n’être que de 5 %.

    « On ne voit plus les jeunes dans les villages. La population âgée reste, mais les jeunes ne rentrent plus à la maison », a déclaré l’analyste économique.

    Dimitri Cernica, porte-parole de l’Association européenne des étudiants AEGEE-Chisinau, a déclaré à BIRN que les jeunes étudiants quittent la Moldavie pour de meilleures études et perspectives d’emploi.

    « Beaucoup d’étudiants veulent un diplôme européen reconnu, ce que nos universités en Moldavie ne peuvent pas offrir. Beaucoup espèrent étudier à l’étranger, car, après avoir obtenu leur diplôme à l’étranger, ils peuvent y rester et trouver un emploi mieux rémunéré dans des communautés de pays plus développés », a-t-il déclaré.

    lundi 6 février 2023

    Fonds publics américains utilisés pour amener des immigrants au chemin Roxham

    Des fonds publics américains utilisés pour payer des billets d'autocar afin d’amener des immigrants irréguliers au chemin Roxham au Québec ?

    C’est ce qu’affirme ce matin le New York Post. 

    La Ville de New York finance le transport des immigrants voulant aller au chemin Roxham, point de passage irrégulier où les candidats « réfugiés » sont accueillis par les gendarmes du Canada.

    Face à la crise humanitaire qui touche la plus grande ville américaine, des titres de transport gratuits sont distribués aux migrants, y compris à ceux souhaitant aller au Canada. 

    « Notre objectif est d’aider les demandeurs d’asile qui souhaitent se déplacer vers un autre endroit », confirme une porte-parole de la Ville de New York à Radio-Canada.

    Depuis plusieurs mois, la Ville de New York ferait face à une « crise » sans précédent.

     

    Un taxi devant les installations canadiennes près du chemin Roxham.
    La plupart des « demandeurs d'asile » qui se rendent jusqu'au chemin Roxham au Québec arrivent dans la ville américaine de Plattsburgh, souvent en autocar. Puis craignant pour leur vie sans doute, ils paient un taxi pour les déposer à la frontière canadienne.

     

    Pour protester contre le manque de contrôle des frontières par l’administration Biden, plusieurs États républicains envoient chaque semaine, par différents moyens de transports, des centaines de personnes arrivées par le Mexique vers le nord-est du pays. Et les centres new-yorkais d’aide aux migrants, récemment ouverts, sont débordés.

    La Ville de New York, dirigée par le démocrate Eric Adams, a donc pris la décision « d’aider [ces gens] à rejoindre leur destination finale » [la plus généreuse en aides sociales ?], même si celle-ci n’est pas New York, explique l’attachée de presse Kate Smart.

    « Les Américains doivent se bidonner »

    Le député bloquiste Alexis Brunelle a été stupéfait d’apprendre l’existence du stratagème rapporté dans l’article du quotidien new-yorkais.

    « Les Américains doivent se bidonner quand ils entendent le Canada dire qu’il négocie pour moderniser l’Entente sur les tiers pays sûrs. À quel point ils doivent rire quand on se demande pourquoi les négociations traînent depuis six ans. Les Américains ridiculisent le gouvernement fédéral », a-t-il tonné en Chambre.

     Voir aussi 

    Immigration irrégulière par Roxham — uniquement en aide de dernier recours, il en coûte 20 millions par mois à Québec

    Prof Michael Barutciski et le chemin Roxham : Trudeau ne comprend pas comment le droit international et national s’applique aux demandeurs d’asile  

    « Choisir entre l’État-providence et l’ouverture des frontières » 

    Canada — Les « réfugiés » concurrencent durement les citoyens les plus défavorisés 

    Québec — 90 900 étrangers (et non 50 000) s’y sont établis en 1 an

    Le Parti conservateur du Canada courtise les immigrés et pense que l’immigration de masse est une solution 

    Québec — Nombre de naissances continue de baisser et les décès sont repartis à la hausse

     

    Frais médicaux : un juge colombien utilise ChatGPT pour rendre une décision

    En Colombie, un juge a révélé avoir utilisé le dialogueur ChatGPT pour préparer une décision dans une affaire de droits médicaux concernant un enfant.

    En l’espèce, il s’agissait d’une demande d’exonération de frais médicaux pour un enfant autiste, « compte tenu des revenus limités de ses parents ».

    « En posant des questions à l’application, nous ne cessons pas d’être des juges, des êtres pensants », s’est défendu le juge Juan Manuel Padilla. Il a finalement statué en faveur de l’enfant.

    Pour le magistrat, « ChatGPT effectue des services auparavant fournis par un secrétaire ». Et il le fait « de manière organisée, simple et structurée ». Ce qui pourrait, selon lui, « améliorer les temps de réponse » du système judiciaire.

    Mais pour le professeur Juan David Gutierrez, expert en réglementation et gouvernance de l’intelligence artificielle à l’université de Rosario, « il n’est certainement pas responsable ou éthique » d’utiliser ChatGPT comme l’a fait le juge Padilla. Il explique qu’après avoir posé les mêmes questions que le juge au chatbot, il a obtenu des réponses différentes[1]. OpenAI, la société à l’origine de ChatGPT, a prévenu que son outil pouvait faire des « erreurs ».

    [1] Le juge Padilla a déclaré avoir demandé à ChatGPT « Les mineurs autistes sont-ils exonérés du paiement des frais de leurs thérapies ? », « entre autres questions ». Ce à quoi le robot aurait répondu : « Oui, c’est exact. Selon la réglementation en vigueur en Colombie, les mineurs diagnostiqués autistes sont exonérés de frais pour leurs thérapies. »

    Source : TechXplore avec AFP (02/II/2023)

    Voir aussi

    Sous le capot de ChaGPT, point de magie. Mais surtout, peu d'ingéniosité. Pour une bonne part, du labeur payé chichement à la tâche, et du moissonnage de données à une échelle encore jamais vue.

    ChatGPT, un rimailleur progressiste  

    ChatGPT, l’intelligence artificielle qui inquiète les profs : « Elle réussit l’examen d’entrée pour les ingénieurs ! »

    Débat — La science au service de l'homme ? (Euthanasie,contraception, IA, éthique)

    Suisse : pas de dépénalisation de l’avortement

    En Suisse, la commission des affaires juridiques du Conseil National s’est opposée la semaine dernière à la dépénalisation de l’avortement.

    Par 14 voix contre 11, la motion de la conseillère verte Léonore Porchet a été rejetée. Le Code pénal continuera à régler la question de l’avortement et il n’y aura pas de loi spécifique.

    L’Organisation mondiale de la santé recommande une dépénalisation totale de l’avortement et son retrait de toutes les lois pénales ou criminelles (cf. Avortement en Allemagne : le code pénal abrogé). Mais, selon la commission, il n’est pas nécessaire d’agir pour dépénaliser. A sa connaissance, il n’y a plus eu de poursuites pénales liées à un avortement depuis une vingtaine d’années en Suisse.

    L’avortement reste donc une affaire pénale et non une question de santé dans le pays. Les femmes peuvent mettre fin à leur grossesse pendant 12 semaines (cf. Suisse : les chiffres 2021 de l’avortement). Ce délai n’est pas remis en question.

    Source : Swissinfo (03/II/2023) via Généthique