mercredi 3 août 2022

Les Américains envahissent Mexico; certains Mexicains veulent qu'ils rentrent chez eux

Du Los Angeles Times :

Les Californiens et autres Américains submergent Mexico. Certains habitants veulent qu’ils rentrent chez eux. Les touristes américains et les travailleurs à distance embourgeoisent certains des quartiers les plus recherchés de Mexico. Un ressac se dessine. […]

 

Gringas à Mexico

Dans les quartiers verdoyants et accessibles à pied tels que Roma, Condesa, Centro et Juárez, les loyers montent en flèche alors que les Américains et d’autres étrangers s’emparent de maisons et que les propriétaires échangent des locataires à long terme contre des voyageurs prêts à payer plus sur Airbnb. Les taquerias, les dépanneurs et les fondas — petits restaurants familiaux — sont remplacés par des studios de Pilates, des bureaux à frais partagés et des cafés élégants faisant la publicité de lattes au lait d’avoine et de rôties à l’avocat.

Et l’anglais — eh bien, il est partout : il retentit dans les supermarchés, les bars à vins naturels et les cours de culture physique dans le parc.

Au Lardo, un restaurant méditerranéen où, chaque soir, les trois quarts des tables sont remplis d’étrangers, un Mexicain en costume bien coupé s’installa au bar, regarda le menu en anglais devant lui et soupira en le rendant : « Un menu en espagnol, s’il vous plaît. »

Certains Chilangos, comme on appelle les locaux, en ont assez.

Récemment, des affiches peu amènes sont apparues dans toute la ville.

Elles sont rédigées en anglais : « Nouveau en ville ? Travailleur à distance ? ». « Tu es un putain de fléau et les locaux te détestent. Pars. »

[…]

Ce sentiment a fait écho aux centaines de réponses qui ont afflué après qu’un jeune Américain a publié ce tweet apparemment anodin : « Rendez-vous service et travaillez à distance depuis Mexico — c’est vraiment magique. »

« S’il vous plaît, ne venez pas », lisait l’une des réponses les plus aimables. « Cette ville devient de plus en plus chère chaque jour en partie à cause de gens comme vous, et vous ne vous en rendez même pas compte ou ne vous en souciez pas. »

Hugo Van der Merwe, 31 ans — un concepteur de jeux vidéo qui a grandi en Floride et en Namibie et a passé les derniers mois à travailler à distance depuis Mexico, Montréal et Bogota en Colombie — a déclaré qu’il comprenait pourquoi les habitants locaux s’irritaient de la présence croissante de « nomades numériques ».

« Il faut distinguer les gens qui veulent en savoir plus sur l’endroit où ils se trouvent et ceux qui l’aiment simplement parce qu’il est bon marché », a-t-il déclaré. « J’ai rencontré un certain nombre de personnes qui ne se soucient pas vraiment d’être au Mexique, elles se soucient juste que ce soit bon marché. »

Des avantages financiers clairs attirent les Américains à Mexico — où le salaire local moyen est de 450 dollars par mois.

Pour le prix d’une chambre à coucher de 2 000 $ à Koreatown [à Los Angeles], un Angeleno peut louer un penthouse à Mexico.

[…] Fernando Bustos Gorozpe, professeur de philosophie et critique culturel, a mis en ligne une vidéo sur son populaire compte TikTok. Il s’y plaint que l’afflux d’étrangers à Mexico « empeste le colonialisme moderne ». Près de 2 000 personnes ont publié des commentaires en signe d’accord.

La pandémie a grandement amplifié cet afflux. Alors qu’une grande partie de l’Europe et de l’Asie ont fermé leurs portes aux Américains en 2020, le Mexique, qui a adopté peu de restrictions COVID-19, était l’un des rares endroits où les gringos étaient les bienvenus. Mais les faits anecdotiques sont convaincants. Au cours des quatre premiers mois de l’année, 1,2 million d’étrangers sont arrivés à l’aéroport de Mexico. […]

Alexandra Demou, qui dirige la société de relocalisation Welcome Home Mexico, a déclaré qu’elle recevait 50 appels par semaine de la part de personnes envisageant de déménager.

Sarah Lupton, originaire de Caroline du Nord de 35 ans, est venue à Mexico l’année dernière, dès qu’elle a reçu son deuxième vaccin COVID-19, a déclaré qu’elle était tombée amoureuse de l’esthétique « romantique, mais dure ». Elle a fini par vendre sa société de production vidéo et s’est installée ici en janvier avec son Shih Tzu. Maintenant, elle apprend l’espagnol, postule pour le permis de résidence et explore une nouvelle voie en tant que coach de vie et de carrière. […]

« Les Américains peuvent venir ici, et ils peuvent tout se permettre et vivre comme des rois et des reines », a déclaré Dan Defossey, un Américain qui a déménagé au Mexique il y a une douzaine d’années et possède un restaurant de barbecue populaire. Mais ils doivent comprendre, a-t-il dit, que « le Mexique n’est pas bon marché pour les Mexicains ».

Omar Euroza, barista dans un café à Roma, a déclaré que le loyer de son appartement dans le centre historique de la ville, un autre endroit où les étrangers affluent, a plus que doublé au cours des cinq dernières années. À proximité, les locataires ont été expulsés alors que des bâtiments entiers sont transformés en appartements haut de gamme.

Une étude récente a montré que les habitants de Mexico dépensent en moyenne 60 % de leurs revenus pour se loger, et près d’un tiers des habitants ont déménagé pendant la pandémie, la majorité parce qu’ils n’avaient pas les moyens de payer le loyer.

Euroza a dit qu’il en avait assez de se sentir comme un étranger dans sa ville. Environ 60 à 70 % de ses clients sont des étrangers, a-t-il déclaré.

« Certaines personnes commandent en anglais et se fâchent quand je ne les comprends pas. » Un chef qui venait de sortir une plaque de biscuits chauds du four secoua la tête. « C’est injuste », ajouta-t-il. « Si nous allons aux États-Unis, nous sommes censés parler anglais. » […]

[Hansbrough] a été frappé par le nombre de travailleurs à distance qui affluent et s’inquiète qu’ils soient différents. La nature de leur travail signifie qu’ils ne doivent pas apprendre l’espagnol ou s’intégrer dans la société mexicaine, a-t-il déclaré. Cela permet une certaine distance qui n’était pas possible il y a quelques années.

« Tant de gens viennent ici et pensent, “Oh, Mexico est si bon marché. Je pourrais déménager ici.” Et ils le font. Ils louent mon Airbnb pendant des mois d’affilée », a-t-il déclaré. « Mais je commence à m’inquiéter. C’est formidable pour les affaires, mais cela me fait aussi un peu peur. »


mardi 2 août 2022

Radio-Canada nous « éduque » : « plus de 800 mille-z esclaves en sol canadien » en 1834

Vos impôts à l’œuvre, radio de la SRC, le 1er août 2022. La SRC sert de nouveau de caisse de résonance à des groupes d’intérêts ethniques (ici d’Ontario) pour répercuter très favorablement leur discours et leurs revendications.

On notera que :

  • La journaliste insiste sur le fait que l’esclavage n’était pas un phénomène marginal au Canada en 1834 contrairement à ce que les gens pensent.
     
  • Elle évoque alors le chiffre lunaire de plus de 800 000 esclaves au Canada en 1834. La journaliste cite ce chiffre d’une traite, y ajoute un « z » non grammatical à la fin de « mille » pour bien indiquer le pluriel : 800 mille-z-[sic] esclaves. En réalité, il y avait peut-être cinquante (50) esclaves au Canada de 1834. Comme l’indique l’Encyclopédie canadienne : « En tant que loi impériale, la Loi sur l’abolition de l’esclavage libère moins de 50 Africains réduits en esclavage en Amérique du Nord britannique. » La population totale du Haut et du Bas-Canada ne dépassait guère plus de 800 000 habitants cette année-là.
  • Tout le reportage fait grand cas de cette célébration, aucune critique sur le fait qu’on exagère depuis quelques années l’importance de cette émancipation au Canada à l’époque, qu’il s’agisse de nos jours d’une récupération politique de la part de minorités qui ne descendent en rien de ces rares esclaves.
  • Le reportage parle de compensation pour les « séquelles » de l’esclavage subi que devrait toucher on ne sait trop qui. Rappelons que l’effet principal de cette abolition fut l’arrivée au Canada de nombreux noirs (en comparaison de la population noire d’avant 1834) provenant des États-Unis. Des milliers de personnes noires, libres ou fugitives, arrivent en sol canadien entre 1834 et le début des années 1860. 
  • Parmi les revendications : beaucoup « d’éducation » (rééducation ?) pour le public qui n’est pas encore assez culpabilisé, l’espoir que la « nouvelle génération » sera « mieux éduquée », l’inclusion de cette histoire des esclaves dans les manuels scolaires.

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lundi 1 août 2022

Les enfants syriens en Turquie délaissent la langue arabe

Des enfants syriens déplacés assistent à un cours dans le camp de Bab al-Salama pour les personnes fuyant la violence en Syrie, à la frontière avec la Turquie, le 27 octobre 2014

La nouvelle génération de réfugiés syriens en Turquie préfère parler turc plutôt qu’arabe afin de ne pas être discriminée.

Des milliers d’enfants syriens fréquentent chaque jour l’école en Turquie aux côtés d’élèves turcs et communiquent dans une langue différente de leur langue maternelle. Cette situation a touché un grand nombre d’élèves syriens, en particulier les jeunes, qui commencent à perdre la capacité d’utiliser la langue arabe.

Le gouvernement turc met en œuvre depuis près de deux ans une politique d’intégration des réfugiés syriens, qui a largement contribué au déclin de la langue arabe parmi les enfants syriens. Les écoles arabes agréées en Turquie coûtent cher, cela oblige la plupart des parents syriens à s’inscrire leurs enfants dans les écoles publiques turques gratuites.

Le 3 octobre 2016, le ministère turc de l’Éducation a publié une décision stipulant l’intégration dans les écoles turques des enfants syriens soumis à la loi sur la protection temporaire, obligeant les élèves qui suivaient les programmes du gouvernement intérimaire de l’opposition syrienne à être transférés dans les écoles publiques turques.

Ainsi, la nouvelle génération syrienne en Turquie maîtrise parfaitement la langue turque, négligeant du même coup sa langue maternelle. Alors que la plupart des enfants syriens sont capables de parler le dialecte syrien, ils n’ont pas les compétences nécessaires pour lire et écrire en arabe littéraire, la forme écrite de l’arabe.

Pendant ce temps, les enfants syriens s’efforcent parfois de maîtriser le turc au détriment de l’arabe, peut-être pour échapper à la discrimination, à la xénophobie et aux brimades, qui ont augmenté dans la société turque au cours des deux dernières années.

Rana Chalhoub, une réfugiée d’Alep, a déclaré à Al-Monitor qu’elle avait cherché refuge en Turquie il y a neuf ans avec ses deux filles, Lama et Sarah, qui étaient alors respectivement en troisième et deuxième année, et avait décidé de les inscrire dans une école turque dans la province de Konya, l’antique Iconium au centre du pays.

« Mes enfants ne savent ni lire ni écrire l’arabe. J’ai du mal à communiquer avec eux maintenant ou à leur expliquer le travail scolaire. Mais tous les parents syriens ici savent que les enfants doivent maîtriser la langue turque pour éviter les brimades des étudiants turcs. C’est pourquoi je préférerais qu’ils ne parlent pas l’arabe à l’école ou en public, car certains Turcs les appelleraient “Souriali”, un sobriquet qui désigne les Syriens d’une manière très humiliante », a-t-elle déclaré.

Chalhoub a ajouté : « Au début, nous étions ravis que nos enfants apprennent une nouvelle langue. Mais ensuite, il y avait un fossé entre les langues, d’autant plus que toutes les matières scolaires et les émissions de télévision sont en turc, et que tout ce qui nous entoure est en turc. Mes filles ont trouvé plus facile d’apprendre leurs cours, surtout depuis qu’elles se sont désintéressées de l’arabe. J’ai essayé de leur lire des histoires en arabe et de leur faire regarder des dessins animés en arabe, mais en vain. »

Les enseignants syriens en Turquie mettent en garde contre les dangers de ne pas pouvoir enseigner l’arabe en Turquie. L’ignorance de la nouvelle génération de sa langue maternelle peut avoir des répercussions sociales et culturelles, ainsi que des problèmes identitaires et un sentiment accru d’aliénation et d’isolement par rapport à la société, qu’il s’agisse de la société arabe dont sont issus les enfants ou de la société turque au sein de laquelle ils se trouvent actuellement.

Un enseignant syrien de Gaziantep (Aïntap en français avant 1920, proche de la Syrie) a déclaré à Al-Monitor sous couvert d’anonymat que la langue arabe avait commencé à s’estomper progressivement avec la fermeture des centres éducatifs syriens temporaires qui enseignaient le programme syrien, et que le problème a été exacerbé par la décision d’intégration du gouvernement turc.

« Tout s’est détérioré lorsque les enseignants syriens n’ont plus été autorisés à donner des cours d’arabe et d’islam. Ce sont maintenant des professeurs turcs qui enseignent maintenant de telles classes », a-t-il déclaré.

Il a noté que la Turquie a commencé à fermer progressivement les centres éducatifs syriens temporaires en 2016 et a expulsé de nombreux enseignants syriens, en particulier après l’arrêt du programme par l’UNICEF en 2021.

Enas al-Khatib, une enseignante de langue arabe basée en Turquie, a déclaré à Al-Monitor qu’elle avait lancé son propre projet pour enseigner la langue arabe aux enfants syriens en ligne et en personne.

« Ce projet était très important pour moi, surtout après la fin de mon contrat avec l’un des instituts privés d’Istanbul. J’avais un poste administratif et je ne pouvais pas croire ce que j’allais entendre. Les étudiants arabes essayaient de parler arabe entre eux et se retrouvaient avec un seul mot arabe dans une phrase complète en turc. C’est pourquoi j’ai décidé de faire quelque chose pour résoudre ce problème », a-t-elle expliqué.

Au début de la pandémie de coronavirus, elle a commencé à enseigner la langue arabe aux enfants en ligne tout en exhortant les parents à encourager les enfants à parler arabe, dans le but de renouer les liens entre les enfants syriens et leur langue maternelle.

Khatib a déclaré : « Mon objectif initial était d’enseigner aux jeunes enfants, car la plupart d’entre eux sont venus en Turquie à un très jeune âge et ont grandi ici en entendant principalement le turc. Ils méprisent la langue arabe et n’ont aucun intérêt à l’apprendre. Oui, c’est leur langue maternelle, mais leur environnement turc et leur haine de la langue arabe les découragent. »

Elle a noté : « J’ai demandé une fois à l’un de mes élèves de 16 ans pourquoi il ne parle pas l’arabe alors qu’il est syrien et que c’est sa langue maternelle. Il m’a dit qu’il avait honte de parler arabe à l’école ou ailleurs parce qu’il ne voulait pas que les Turcs sachent qu’il était syrien pour éviter d’être moqué et intimidé. »

Khatib a ajouté : « C’est ainsi que j’ai appris la principale raison pour laquelle la nouvelle génération ne veut rien avoir à faire avec l’arabe. C’est le discours xénophobe turc contre les Arabes en général et les Syriens en particulier.

Des données récentes du ministère turc de l’Éducation sur le nombre d’enfants syriens scolarisés dans des écoles turques montrent qu’il y a 1,124 million d’enfants syriens en âge scolaire en Turquie ; 65 % d’entre eux, soit 730 000, sont inscrits dans des écoles turques, tandis que les 35 % restants, soit 393 547, ne sont pas inscrits dans des écoles.

Source : Al Monitor

L'anglais intensif au primaire, une mauvaise idée, imposée par Jean Charest

L'anglais intensif au primaire, une bien mauvaise idée, fut imposé par Jean Charest en 2011. Il faut éliminer ce programme de l'école publique et se concentrer sur les bases dont bien sûr le français.

L’anglais intensif soulève les passions dans une école de Lévis, si bien que le Centre de services scolaire des Navigateurs a mis en demeure le conseil d’établissement qui s’est opposé à la proposition de la direction de ne plus offrir le programme à tous les élèves de 6e année. Pour plus de détails.

Critique de 2013 au sujet de cette réforme imposée par le fédéraliste Charest, éditorial d'Antoine Robitaille :

Le projet d’intégrer 400 heures d’anglais intensif pour tous les élèves québécois de la fin du primaire est un cadeau empoisonné de Jean Charest dont le gouvernement Marois devrait se débarrasser plus clairement qu’il ne l’a fait jusqu’à maintenant.

Ce projet a été annoncé dans un discours d’ouverture de février 2011, où l’ancien chef libéral tentait par tous les moyens de relancer son gouvernement usé et impopulaire. Aucune analyse de mise en oeuvre n’avait précédé cette annonce. C’était un truc rhétorique d’un premier ministre cherchant à se donner un héritage politique ; comme cet autre gadget, inséré dans le même discours : les tableaux blancs dits « intelligents » dans toutes les classes. Des mesures simplistes, pour un rendement politique à court terme. Et malavisées.

Comme l’ont bien dit Charles Castonguay et Frédéric Lacroix dans nos pages la semaine dernière, il y a un aspect « fuite en avant » apeurant dans l’idée d’implanter ainsi l’anglais intensif dans toutes les écoles sans exception. Dans la liste de problèmes de l’éducation au Québec, la carence en bilinguisme des jeunes Québécois figure-t-elle en première position ? On peut en douter. Le pourcentage de bilinguisme anglais-français des francophones de 20 à 34 ans à Montréal est estimé à 79 %, notent Castonguay et Lacroix.

Normal, notre ère est celle de l’immersion : Internet, les nouveaux médias et plus globalement l’ère numérique nous plongent directement dans l’anglophonie mondialisée. Aujourd’hui, les systèmes de quotas visant à sauvegarder une certaine diversité culturelle se trouvent souvent sapés. Le rouleau compresseur des industries culturelles écrase tout. La langue quotidienne des jeunes, au Québec, est plus que jamais émaillée d’expressions anglaises. S’ensuit une triste perte de vocabulaire qui fait croître chez eux un sentiment d’étrangeté à l’égard de leur propre langue maternelle, laquelle ne semble jamais assez « cool ». Et au même moment, la moitié du Québec, la grande région de Montréal, est devenue un programme d’immersion en soi. L’anglais s’y apprend comme par osmose.

Avons-nous vraiment besoin d’accentuer des phénomènes massifs en y ajoutant de l’anglais intensif pour tous ? En région, un tel programme peut sans doute aider des élèves à mieux progresser en anglais. Car un certain bilinguisme - a fortiori un multilinguisme - individuel est une richesse, assurément. Mais le bilinguisme collectif et étatique vers lequel nous fait tendre l’anglais intensif universel est à rejeter pour une nation minoritaire comme la nôtre.


Poste à pourvoir à l'Université du Québec à Chicoutimi : annonce unilingue en anglais, « minorités » favorisées




Aucune exigence de parler français...

Santé publique anglaise critiquée pour avoir donné des bloqueurs de puberté alors que la plus célèbre clinique trans ferme

Le National Health Service (NHS) est le système de la santé publique du Royaume-Uni. Il est critiqué pour avoir régulièrement donné des bloqueurs de puberté aux enfants alors que la clinique trans de Tavistock ferme.

Rishi Sunak et Liz Truss, les deux derniers candidats au poste de Premier ministre britannique, disent que l’utilisation de ces médicaments pourrait être restreinte alors qu’on pousse les jeunes à changer de sexe.

Liz Truss et Rishi Sunak se sont engagés à envisager de restreindre l’utilisation des bloqueurs de puberté jeudi soir, craignant que des « traitements qui changent la vie » ne soient administrés aux enfants avant qu’ils ne soient assez âgés pour savoir s’ils souhaitent effectuer une transition médicale.

Les candidats à la direction des conservateurs ont déclaré au Daily Telegraph qu’ils agiraient à la suite de l’annonce que le NHS fermait la clinique transgenre de Tavistock après que le Rapport Cass a conclu qu’elle n’était « pas sûre » pour les enfants.

Le NHS d’Angleterre déplacera plutôt les jeunes dans des centres régionaux qui adopteront une approche plus « holistique » du traitement et examineront si d’autres problèmes de santé mentale pourraient expliquer leur dysphorie de genre.

La Santé publique anglaise s’est également engagée à commencer des recherches urgentes sur l’impact des bloqueurs de puberté à la suite de l’avertissement de la médecin Hilary Cass qui, dans son rapport, a indiqué que les médicaments pourraient provoquer le « recâblage des circuits neuronaux » et affecter les parties du cerveau responsables de la prise de décision et du jugement.

Tous ceux qui reçoivent les médicaments seront désormais soumis à un essai pendant lequel on récoltera des données sur les effets de ces médicaments.

Jeudi soir, Mme Truss a déclaré qu’elle réexaminerait l’utilisation des bloqueurs de puberté si elle emménageait au numéro 10 de Downing Street.

« Je crois passionnément que les adultes devraient avoir la liberté de mener leur vie comme ils l’entendent — mais il est très important que, pendant que les jeunes développent encore leurs capacités de prise de décision, nous les protégions des dommages à long terme », a-t-elle déclaré.

« Nous avons la responsabilité envers les moins de 18 ans de les protéger de décisions irréversibles qui les affecteront pour le reste de leur vie. En tant que Premier ministre, je réexaminerais l’accès aux bloqueurs de puberté ».

L’équipe de M. Sunak a déclaré que l’ancien chancelier ne croyait pas qu’il faille « précipiter les enfants sur une voie médicale irréversible » et estimait qu’ils devraient être « protégés des traitements qui altèrent la vie ».

Ils ont ajouté que M. Sunak était préoccupé après avoir entendu des cliniciens mettre en garde le public contre les dangers des médicaments bloquant la puberté.


Le porte-parole de M. Sunak a déclaré : « Rishi pense que tous les enfants qui remettent en question leur sexe devraient avoir le temps, l’espace et le soutien dont ils ont besoin pour réfléchir à leurs sentiments. Il ne faut pas pousser les enfants à entreprendre des traitements irréversibles et les moins de 18 ans doivent être protégés contre les traitements qui changent leur vie.

« De plus, le NHS doit de toute urgence réévaluer la façon dont il prend soin des enfants atteints de dysphorie de genre, notamment en examinant les résultats de différents modèles de traitement, pour s’assurer qu’ils reçoivent les meilleurs soins possibles. »

Les bloqueurs de puberté empêchent, chez les enfants, l’action des hormones responsables du développement de caractéristiques sexuelles telles que les seins.

Plus de 1 000 jeunes ont été référés aux services d’endocrinologie pour des bloqueurs de puberté par la clinique de services de développement de l’identité de genre de Tavistock.

Des sources ont déclaré que ce nombre aurait été plus élevé si les services de la clinique n’avaient pas été interrompus par la pandémie de Covid.

Depuis 2009, plus de 20 000 jeunes ont été orientés vers le Tavistock. Ces dernières années, il y a eu une forte augmentation des références, avec plus de 5 000 en 2021-22 contre 250 une décennie plus tôt. Beaucoup de ceux qui ont été référés ces dernières années sont toujours sur une liste d’attente.

La décision de fermer le Tavistock est intervenue après que près de deux décennies de préoccupations concernant le traitement dans la seule clinique pour enfants transgenres ont été rassemblées dans un rapport provisoire.

Des craintes ont été exprimées selon lesquelles les médecins étaient « sous pression pour adopter une approche affirmative inconditionnelle » de l’identité de genre en contradiction avec le processus d’évaluation clinique, car ces médecins ignoraient les autres problèmes médicaux ou de santé mentale qu’un enfant peut avoir et qui expliqueraient son mal-être.

Répondant à la fermeture du centre, M. Sunak a déclaré : « Cet examen a mis en lumière des problèmes très graves. En tant que père de deux enfants, je sais qu’il y a d’immenses pressions sur les jeunes, et je suis instinctivement prudent quant aux enfants qui entreprennent un traitement qui change leur vie. »

« Lorsque les cliniciens soulèvent des inquiétudes et que des jeunes se manifestent en disant qu’ils se sont sentis pressés de suivre un traitement, nous devons les écouter. »

Dans une lettre au NHS England, publiée mercredi, la Dr Cass a appelé à la création de centres régionaux avec une « main-d’œuvre multiprofessionnelle pour leur permettre de gérer les besoins holistiques de cette population ».

L’autorité du médicament américaine signale de nouveaux effets secondaires graves aux bloqueurs de puberté

Par Aeurilleurs, au début du mois, la Food and Drug Administration (FDA) américaine, a publié une mise en garde contre les bloqueurs de la puberté connus sous le nom d’agonistes de l’hormone de libération de la gonadotrophine (GnRH) qui, s’ils sont injectés à des enfants, peuvent provoquer un œdeme cérébral, des maux de tête, une vision trouble ou perte de vision, des acouphènes, vertiges et nausées.

La FDA a déclaré que six cas ont été identifiés chez de jeunes filles âgées de 5 à 12 ans qui présentaient une association plausible entre l’utilisation des bloqueurs de la puberté et la pseudo-tumeur cérébrale, que la Mayo Clinic identifie comme une augmentation de la pression à l’intérieur du crâne sans raison évidente. Cette affection est également identifiée comme une hypertension intracrânienne idiopathique dont les symptômes ressemblent à ceux d’une tumeur cérébrale.

Cinq des filles suivaient un traitement pour une puberté précoce centrale et une autre pour des soins transgenres, a indiqué la FDA. Les symptômes sont apparus entre trois et 240 jours après que les filles ont commencé à prendre les bloqueurs de puberté.

Près de deux mois avant la publication de l’avertissement de la FDA, un porte-parole de la FDA a déclaré à Formulary Watch que l’agence considérait les cas comme cliniquement graves et, sur la base de leurs examens, a déterminé que la pseudo-tumeur cérébrale (hypertension intracrânienne idiopathique) devrait être ajoutée comme « un avertissement sur tous les produits agonistes de la GnRH approuvés pour les patients pédiatriques ».

« Bien que le mécanisme par lequel les agonistes de la GnRH peuvent conduire au développement de pseudotumeur cérébrale n’ait pas été élucidé, et que les patients atteints de DPC puissent avoir un risque de base plus élevé de développer une pseudo-tumeur cérébrale par rapport aux enfants sans DPC, ce risque grave associé aux agonistes de la GnRH justifie l’inclusion dans l’étiquetage du produit », a déclaré le porte-parole.

Sources : Daily Telegraph et CBN News

mercredi 27 juillet 2022

Fraude délibérée aurait plombé deux décennies de recherche sur Alzheimer


Les médicaments contre la maladie d’Alzheimer avaient jusqu’à présent un taux d’échec de 99 % dans les essais sur l’homme. L’étude ayant établi le modèle du fondement de la recherche sur la maladie d’Alzheimer au cours des 16 dernières années pourrait non seulement être faux, mais être une fraude délibérée.

Atlantico — Ce mois-ci la recherche contre la maladie d’Alzheimer est chamboulée. Le chercheur qui aurait trouvé l’une des causes les plus importantes du déclin cognitif de la maladie d’Alzheimer aurait falsifié son travail. Alors qu'elle enquête le sujet, la revue Nature appelle les chercheurs à la précaution s’ils doivent utiliser le travail publié en 2006. Comment ces travaux douteux ont-ils vu le jour, selon les allégations ?

Christophe de Jaeger — Les travaux ont été publiés dans l’une des plus grandes revues scientifiques, Nature. Il s’agit d’une recherche sur l’influence de la protéine amyloid-β dans le développement de la maladie d’Alzheimer. Avant chaque publication scientifique, on soumet son travail à des réviseurs et à un comité d’experts, Les experts examinent les travaux proposés à la publication et posent un certain nombre de questions sur les données, les méthodes, les résultats afin d’éclairer le travail. Si les réponses sont satisfaisantes, alors la revue procède à la publication de l’article.

Une fois validé et publié, personne ne peut penser que les données publiées sont volontairement fausses. Parfois, d’autres équipes de scientifiques vont chercher à reproduire les résultats publiés. Soit les résultats vont dans le même sens et cela renforce la crédibilité de la première étude. Soit, et cela arrive [assez souvent, voir les liens ci-dessous], les résultats divergents et à ce moment-là, les différentes équipes essaient de comprendre le pourquoi du comment. Dans le cas présent, il semblerait qu’il ne s’agisse pas d’une erreur ou d’une divergence d’interprétations, mais d’une authentique falsification avec la présentation de figures et d’images volontairement construites et falsifiées d’après les premiers éléments de l’enquête. S’il s’agit vraiment d’une fraude, celle-ci aura des conséquences considérables d’une part sur la crédibilité scientifique en général, mais également sur toutes les équipes qui, ensuite, ont basé leur travail (y compris sur des patients humains) sur ces recherches de 2006.

— À quel point cette fraude aurait-elle ralenti la recherche ? Les médicaments développés se focalisaient-ils tant sur cet oligomère ?

— La publication d’une étude par une revue scientifique vaut reconnaissance. Ainsi, d’autres chercheurs se sont basés sur cette protéine Aβ* 56 qui devait être à l’origine de la maladie d’Alzheimer pour lui chercher un traitement efficace. L’industrie pharmaceutique a emboîté le pas et a donc cherché à détruire cette protéine à travers un certain nombre de médicaments. Des essais cliniques ont étés organisés sans succès. Ces échecs peuvent mieux se comprendre aujourd’hui, si les travaux initiaux étaient falsifiés.

Ces échecs au départ ne sont pas forcément surprenants, car il y a une grande différence entre un cerveau humain et un cerveau de souris, objets des recherches de 2006. Ce qui peut marcher chez la souris peut ne pas marcher chez l’être humain. Mais ici, le problème est bien différent, car il s’apparenterait plus à une fraude qu’à un problème de différence d’espèces. Ces dernières années, les différents laboratoires qui ont tenté de trouver des médicaments destinés à lutter contre cette maladie ont fait fausse route en se disant que leur échec venait d’une différence entre la souris et l’être humain. Ils ont donc persévéré pour trouver la bonne solution pour neutraliser cette protéine Aβ* 56.

Mais si la falsification est avérée, il s’agit également d’un drame humain, car de nombreux patients ont été intégrés dans des protocoles de recherche, en vain. Le problème n’est donc pas seulement théorique, on parle de souffrance humaine, de temps et de ressources de recherches gâchées.

— Pourquoi la recherche contre la maladie d’Alzheimer piétine-t-elle ? 

— Je dirais qu’une des principales raisons est que l’on ignore toujours aujourd’hui la ou les causes de cette maladie. Les hypothèses sont multiples (sensibilité génétique, infection virale, toxicité, etc.) avec une probable intrication de ces différentes causes. Les travaux de Sylvain Lesné publiés en 2006 ont donc d’autant plus intéressé le monde scientifique, car il mettait en évidence une étiologie possible à la maladie. Cela a été un immense espoir et aujourd’hui on revient à la situation antérieure où l’on ne sait pas quelle est la cause de cette maladie. Y a-t-il une susceptibilité génétique, est-ce viral, hormonal ?

— Pourquoi faire une telle fraude ?

— Il peut exister plusieurs explications, à condition que la fraude soit avérée, car pour l’instant, il n’existe qu’une enquête. Par exemple, dans certaines universités, les chercheurs sont obligés de publier un certain nombre d’articles pour qu’ils continuent à avoir leur budget. De ce budget peut dépendre le nombre d’étudiants, les crédits pour acheter du matériel, etc. Un travail négatif ne compte pas. En d’autres termes, aucune revue ne publiera un travail où l’on dit : « nous avons cherché l’implication de la protéine Aβ* 56 dans la maladie d’Alzheimer chez la souris et nous n’avons pas trouvé de lien ». SI donc cette protéine n’était pas impliquée dans le déclin cognitif, le résultat est scientifique, mais il est négatif et aucune revue ne l’aurait publié. C’est la première explication qui peut venir à l’esprit, mais pour avoir le fin mot de l’histoire il faudrait interroger le principal auteur de l’article.

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Une nouvelle étude nous apprend par ailleurs, la même semaine, qu’il n’y aurait aucun lien entre la dépression et la sérotonine. Cette découverte remet en cause l’efficacité de nombreux antidépresseurs.

Comment la science se trompe.... Dans The Economist du 26 octobre, un dossier sur l’évolution du système mondial de recherche scientifique : « How science goes wrong ». On y apprend notamment qu’un nombre important et croissant de publications souffrent de biais statistiques ou défauts méthodologiques qui devraient inciter à la prudence sur les conclusions, quand il ne s’agit pas d’erreurs pures et simples. 

« Des coraux plus résistants à la chaleur » ou des études précédentes peu fiables et alarmistes ?  La menace stéréotypée n’expliquerait pas la différence de résultats entre les sexes en mathématiques (suite) 

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Reproduction d’études marketing — Jusqu’à présent (2022), seules 3 tentatives de réplication sur 34 (8,8 %) en marketing ont réussi sans ambiguïté.

Canulars embarrassants : revues « savantes » dupées par de fausses études adoptant des mots clés à la mode

Dépression : la célèbre « théorie de la sérotonine » remise en cause

Une nouvelle étude affirme qu’il n’y aurait aucun lien entre la dépression et la sérotonine. Cette découverte remet en cause l’efficacité de nombreux antidépresseurs. Contrairement à ce qu’on avait pensé jusqu’à aujourd’hui, un faible taux de sérotonine ne serait pas la seule cause de la dépression.

La sérotonine est une molécule produite par le cerveau pour transmettre l’information dans le système nerveux. Les chercheurs l’ont longtemps tenu responsable de la régulation des humeurs, et donc de la dépression. Mais une méta-analyse de 17 études publiée dans la revue Molecular Psychology ce mercredi 20 juillet vient remettre en cause cette théorie.

Ces chercheurs de l’University College de Londres ont choisi de recenser toutes les études pertinentes sur la sérotonine et la dépression. Ils ont ainsi analysé les cas de plusieurs dizaines de milliers de participants, avec ou sans trouble mental. En comparant leurs niveaux de sérotonine, les scientifiques n’ont pas noté de différence majeure.

De fait, l’équipe affirme qu’il n’y aurait aucune preuve qu’une faible quantité de sérotonine soit à l’origine de la dépression.

L’efficacité des antidépresseurs due à l’effet placebo

Cette découverte est importante, car elle remet en question la pertinence de certains traitements contre la dépression. Les ISRS désignent une classe de médicaments qui cible directement les transporteurs de la sérotonine. Ils sont de loin les antidépresseurs les plus prescrits.

Selon l’étude, leur utilité ne serait pas prouvée. En réalité, on les penserait efficaces « par le biais d’un effet placebo amplifié ou par leur capacité à restreindre ou à atténuer les émotions en général ».

« De nombreuses personnes prennent des antidépresseurs parce qu’elles ont été amenées à croire que leur dépression a une cause biochimique, mais cette nouvelle recherche suggère que cette croyance n’est pas fondée sur des preuves », détaille Joanna Moncrieff, l’auteur principal de l’étude, dans un communiqué de presse.

« Il est grand temps d’informer le public que cette croyance n’est pas fondée sur des bases scientifiques », ajoute la professeure.

Des résultats controversés

Cette analyse a beaucoup fait réagir la communauté scientifique. Certains chercheurs ont notamment souligné le fait que l’étude arrivait à des conclusions hâtives et prématurées.

« Les antidépresseurs sont un traitement efficace (…), qui peut également être prescrit pour toute une gamme de problèmes de santé physique et mentale », a déclaré un porte-parole du Royal College of Psychiatrists au Science Media Centre.

« L’efficacité des antidépresseurs varie selon les personnes, et les raisons en sont complexes. Nous ne recommandons à personne d’arrêter de prendre ses antidépresseurs sur la base de cette étude, et nous encourageons toute personne ayant des inquiétudes concernant son traitement à contacter son médecin. »

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samedi 23 juillet 2022

Ukraine — Sites internet, réseaux sociaux, interfaces de logiciel devront être traduits en ukrainien et cette version doit être présentée en premier

En Ukraine, à partir du 16 juillet 2022, les sites doivent avoir une version de base en ukrainien, qui devrait être présentée par défaut aux utilisateurs ukrainiens.

C’est ce qu’a déclaré le commissaire à la protection de la langue d’État, Taras Krèmine, lors d’un point de presse au Centre des médias Ukraine (Ukrinform) consacré à une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la loi sur la langue d’État et l’introduction d’amendes administratives en cas de violation de celle-ci.

« À partir du 16 juillet, les ressources Internet auront une page d’accueil de base en ukrainien et fourniront aux citoyens ukrainiens des informations socialement importantes dans la langue officielle… En outre, cela s’applique aux représentations Internet, y compris les sites Web, les pages des réseaux sociaux, les organismes administratifs de l’État, les gouvernements locaux, les entreprises, les institutions et les organisations appartenant à l’État et aux municipalités, les médias enregistrés en Ukraine, ainsi que les entités commerciales vendant des biens et des services en Ukraine », a déclaré Krèmine.

L’armée de Kiev chassée de Marioupol, un panneau routier écrit en ukrainien (Маріуполь) et dans sa transcription anglaise (Mariupol) est remplacé par sa version russe (Мариуполь)
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Le commissaire a ajouté que d’autres versions linguistiques des mêmes sites Web et mêmes pages sont permises, mais la version dans la langue d’État ne devrait pas contenir moins d’informations en termes de volume et de contenu que les versions en langue étrangère. Cette version ukrainienne devra être chargée par défaut pour les utilisateurs ukrainiens.

Dans le même temps, cette règle ne s’applique pas aux sites Web de médias publiés exclusivement en tatar de Crimée, en anglais, dans d’autres langues des peuples autochtones d’Ukraine, dans d’autres langues officielles de l’Union européenne [on note l’exclusion du russe, langue très parlée en Ukraine, de cette liste d’exceptions.]

Il a noté que de telles normes législatives renforceront le poids et le statut de la langue ukrainienne en tant que langue d’État et d’appréhender les événements en Ukraine et dans le monde dans la langue d’État.

En outre, Krèmine a noté qu’à partir du 16 juillet, les interfaces utilisateur devraient également être dans la langue officielle — il s’agit de toutes les informations sur les appareils, y compris les appareils ménagers [ce n’est même pas le cas au Québec où la loi 101 exclut tout ce qui est gravé, notamment sur les appareils électroménagers, des obligations d’affichage en français], tout autre appareil ou sur les caractéristiques d’utilisation d’un élément particulier. Le commissaire a ajouté que l’Ukraine communique avec des fabricants de biens de renommée mondiale à ce sujet.

Points saillants de la loi

À l’issue de la période de transition de trois ans, les exigences suivantes de l’article 27 de la loi entreront finalement en vigueur à compter du 16 juillet 2022 :

  • Les interfaces utilisateur des logiciels installés sur les produits commercialisés en Ukraine doivent être en ukrainien et, en termes de volume et de contenu, la version ukrainienne ne doit pas contenir moins d’informations que les versions en langue étrangère de cette interface. Les produits non conformes seront considérés comme défectueux, ce qui pourra engager la responsabilité du consommateur.
  • Les pages Internet (par exemple, les sites Web et les pages de médias sociaux) des médias enregistrés en Ukraine, ainsi que des entreprises qui commercialisent leurs produits/services en Ukraine et sont enregistrées en Ukraine, doivent être en ukrainien. La loi permet d’avoir des pages Internet dans d’autres langues à condition que la version ukrainienne soit disponible par défaut pour les utilisateurs et ne contienne pas moins d’informations que les versions en langue étrangère, en termes de volume et de contenu.
  • Les entités étrangères qui commercialisent leurs produits/services en Ukraine et ont des filiales, des entités affiliées ou des bureaux de représentation en Ukraine doivent s’assurer que le volume et le contenu de la version ukrainienne de leur site Web sont suffisants pour faciliter la navigation des utilisateurs et présenter l’activité commerciale du propriétaire de ces pages sur Internet et que cette version est disponible par défaut pour les utilisateurs.
  • La première violation peut donner lieu un avertissement. Les infractions suivantes  seront punies d’une amende pouvant aller jusqu’à 145 USD (ou jusqu’à 340 USD en cas de récidive dans l’année suivant la dernière infraction). En outre, les dispositions habilitant le commissaire à imposer des amendes pour violation de la loi entreront également en vigueur à compter du 16 juillet 2022. Ainsi, le commissaire sera bientôt doté de nouveaux pouvoirs pour appliquer la loi plus strictement. Les amendes peuvent varier entre 96 USD et 240 USD pour une première infraction et entre 240 USD et 340 USD si elle se répète dans l’année suivant la dernière infraction.

Les lois linguistiques d’Ukraine d’avant le conflit avec la Russie déjà épinglées par Human Rights Watch

Une nouvelle disposition juridique sur l’utilisation de la langue ukrainienne, qui fait partie d’une loi plus large sur la langue d’État, suscite des inquiétudes quant à la protection des langues minoritaires.

La disposition, entrée en vigueur le 16 janvier 2022, est stipulée à l’article 25 de la loi. Elle oblige les médias imprimés enregistrés en Ukraine à publier en ukrainien. Les publications dans d’autres langues doivent également être accompagnées d’une version ukrainienne, équivalente en contenu, volume et méthode d’impression. [Imaginer The Gazette de Montréal obligée de publier une version identique en français avec le même contenu et même tirage que la version anglaise.] De plus, les lieux de distribution tels que les kiosques à journaux doivent avoir au moins contribué à leur contenu en ukrainien.

La loi sur la langue d’État exige que l’ukrainien soit utilisé dans la plupart des aspects de la vie publique. La loi a été adoptée et signée par l’ancien président Petro Porochenko en 2019, alors qu’il quittait ses fonctions, plusieurs dispositions devant entrer en vigueur les années suivantes.

La loi vise à revitaliser la langue ukrainienne et fait partie des efforts du gouvernement pour renforcer l’identité nationale après la chute de l’Union soviétique. Certains responsables l’ont qualifié d’essentiel pour la sécurité nationale de l’Ukraine. Les sondages d’opinion publique indiquent qu’au moins 60 % des Ukrainiens soutiennent certaines dispositions de la loi.

L’article 25, concernant la presse écrite, prévoit des exceptions pour certaines langues minoritaires, l’anglais et les langues officielles de l’UE [pour satisfaire ses minorités roumaines et hongroises ?], mais pas pour le russe. Les autorités ukrainiennes justifient cela en évoquant les ambitions européennes du pays et « le siècle d’opposition des… Ukrainiens en faveur des Russes ». [Il s’agit d’une vision nationaliste de l’Ouest de l’Ukraine, de la Galicie et de la Volhynie. Pour d’autres, le russe était simplement la langue littéraire adoptée par l’immense majorité des gens lettrés, un peu comme le toscan était la langue littéraire commune de l’Italie alors que les « dialectes » italiens comme le piémontais et le sicilien étaient sans doute plus distants que le russe de Moscou ne l’est de l’ukrainien de Zaparojié, de Kharkov ou d’Odessa. Gogol bien qu’Ukrainien n’a écrit qu’en russe.]

HRW se demandait si les garanties accordées aux langues minoritaires sont suffisantes. La Commission de Venise, le principal organe consultatif du Conseil de l’Europe sur les questions constitutionnelles, a déclaré que plusieurs articles de la loi, dont l’article 25, « n’ont pas réussi à trouver un juste équilibre » entre la promotion de la langue ukrainienne et la sauvegarde des droits linguistiques des minorités. Il a déclaré que « l’oppression historique de l’ukrainien… peut expliquer l’adoption de mesures positives visant à promouvoir l’ukrainien, mais cela ne peut justifier de priver la langue russe et ses locuteurs de la protection accordée aux autres langues… »

Selon une étude sociologique de 2002, 44,7 % seulement de la population totale de l’Ukraine parlaient l’ukrainien de façon habituelle, le reste de la population, y compris les ethnies autres que la russe, parlant habituellement le russe4. 

Sources : Ukrinform et HRW

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L’Europe de l’Est en proie à une démographie en chute libre  

Marioupol, les élèves retournent en classe (vidéos), heureux de pouvoir étudier en russe

Lettonie — Vers l’élimination de l’enseignement en russe en 2025 

Moldavie — 88 % des réfugiés ukrainiens choisissent le russe comme langue d’enseignement, 6 % l’ukrainien

Budapest bloque adhésion de l’Ukraine à l’OTAN en raison des lois linguistiques de l’Ukraine (2017)

jeudi 21 juillet 2022

L'imposition de l'ordre du jour « anticolonial » et diversitaire, c'est payant : 90 - 123 K $/an

Chronique de Sophie Durocher parue à ce sujet dans le Journal de Québec.


Notons que les musées sélectionnent déjà des candidats avec ce profil « anticolonial » et « inclusion ». C’est ainsi que l’étudiante en maîtrise en archéologie qui demande à ne plus classifier les squelettes en hommes ou en femmes, Emma Palladino (ci-contre), est déjà « Médiatrice culturelle et coordonatrice [recte : coordonnatrice] de communications » au Musée des métiers d’art du Québec.

Je vous dis souvent que « La diversité, c’est payant ».

Je vous parle régulièrement de ces postes grassement payés, à la direction de la diversité et de l’inclusion, dans le milieu culturel (Téléfilm, ONF, Radio-Canada, etc.).

Eh bien le Musée des Beaux-Arts du Canada, une société d’État fédéral, vient d’ouvrir un poste à pourvoir… et ça remporte la palme en termes de charabia woke.

LE RETOUR DU JEDI

Le 14 juillet, le MBAC a ouvert un poste de « Directeur, Antiracisme et inclusion » qui relèvera de la « Dirigeante principale de la stratégie et de l’inclusion » au sein du « Département de transformation stratégique et inclusion ».

Mais en quoi consistera ce boulot qui nécessite 37 heures de travail par semaine ?

« Appuyer la préparation et la mise en œuvre du plan d’action du MBAC en matière de justice, d’équité, de diversité, d’inclusion et d’accessibilité (JEDI&A) axé sur l’élimination du racisme et de l’oppression ». 

 


 

Diantre ! L’oppression ! En 2022, dans le milieu des musées, il y a non seulement du racisme… mais de l’oppression !

Mais attention ! Ce n’est pas tout ! Ne pensez pas que notre futur « Directeur, Antiracisme et inclusion », relevant de la « Dirigeante principale de la stratégie et de l’inclusion », va se tourner les pouces.

Il ou elle « doit également travailler au sein de l’équipe responsable de la mise en œuvre du cadre d’accessibilité du MBAC et collaborer avec la division Voies autochtones et décolonisation. Cette collaboration doit servir de modèle de pratique inclusive par l’adoption d’une optique intersectionnelle ».

Il ou elle ne se tournera pas les pouces, je vous en passe un papier. Il ou elle « doit également mettre l’accent sur l’élimination du racisme systémique par la détermination d’actions significatives qui abordent tous les obstacles et les désavantages ».

On peut dire qu’il/elle aura du pain sur la planche, Mesdames et Messieurs ! « Ses tâches incluent, sans s’y limiter, l’élaboration de stratégies organisationnelles, de systèmes, de programmes, de mesures, de séances d’éducation et d’ateliers de formation ».

Des ateliers de formation ? Bien sûr ! C’est pour ça que dans les qualités et expériences requises pour le poste, on spécifie que « posséder une expérience en formation de formateurs constitue un atout ».

Pour accomplir sa tâche, « en collaboration avec la haute direction et diverses autres personnes, la personne titulaire du poste doit appuyer et éclairer le processus de prise de décision afin d’améliorer et de renforcer une culture antiraciste fondée sur les principes de justice, d’équité, de diversité, d’inclusion et de changement culturel ».

Ne pensez pas qu’on va engager n’importe qui pour ce poste stratégique, que dis-je névralgique !

Il faut quelqu’un qui possède une « excellente compréhension des théories et des pratiques de lutte contre l’oppression, de décolonisation, de lutte contre le racisme, d’intersectionnalité ou de féminisme intersectionnel ; de 7 à 10 ans d’expérience avec celles-ci ; et la capacité de mettre en pratique ses connaissances ».

Avez-vous remarqué ? Il s’agit d’une offre d’emploi pour le Musée des beaux-arts du Canada, la plus importante collection d’œuvres d’art au pays.

Mais rien dans l’offre ne parle de connaissances en art...

C’EST PAYANT !

Serez-vous la perle rare ? Vous aurez « un salaire compétitif et un régime complet d’avantages sociaux ». Compétitif, c’est un euphémisme. Ce poste est payé de 90 961 $ à 123 067 $ par année.

Eh oui. Il ne faudrait pas que notre direct.eur.tri.ce soit victime d’oppression.

Voir aussi  

Le juteux marché de l’éducation et de la formation diversitaires

Formation à la BBC : il y aurait plus de 150 genres et le diffuseur public doit développer une image « trans »  


Le nombre de cadres « racisés » a augmenté à Radio-Canada, les femmes y représentent 63 % des cadres

Université Laval — Jeunes chercheurs blancs en biologie non handicapés s’abstenir 

Propagande multiculturaliste et diversitaire avec vos impôts  

Canada — programme de financement du logement fondé sur la race

Enseignants — Voyage au cœur de la machine à endoctriner diversitaire  

Universités diversitaires — La bombe Jordan Peterson  

L’Université d’État de Californie considère abandonner les tests standardisés comme critères d’admission

Le Canada, une maison de fous diversitaires ? 

Éducation au Québec — « Mais c’est très colonial que de déterminer des échéanciers et de s’y tenir à tout prix ! »

McGill — discrimination positive en médecine pour les candidats qui « s’identifient comme noirs »

Universités — candidats universitaires en sciences (STIM) doivent promettre de promouvoir la diversité (avec liste de postes de professeur ou d’assistant à pourvoir).

Université anglophone Concordia : « Repérer et contrer le colonialisme en physique contemporaine »

Étude sur les pressions, les sanctions, la discrimination politique et l’autocensure à l’université

Aux racines du wokisme dans les universités. Pourquoi cette crise dans les universités ?

Royaume-Uni — le gouvernement s’attaque à la censure et l’intimidation dans les universités 

La lâcheté de l’université anglophone McGill et son « éducation de qualité » 

Longue confrontation lors d’un cours d’anatomie pour avoir rappelé l’importance biologique des différences sexuelles

Universités : après le mot « nègre » devenu tabou, le bannissement de « femme » et « homme » pour transphobie ? 

Trudeau : le 8 mars, « nous » célébrons les « personnes de diverses identités de genre » [8 mars = journée internationale de la femme…] 

Lockheed Martin—Hommes blancs, mal ; missiles de guerre, bien ? Formation sur le privilège blanc.