dimanche 7 mars 2021

L'école sans ordinateur pour les enfants de la Big Tech

On connait la méfiance des grandes de la Technologie pour l’utilisation des ordinateurs dans l’éducation de leurs jeunes enfants. (Voir Steve Jobs décriait l’éducation américaine, la paralysie des syndicats d’enseignants, était pour les bons scolaires, Les Steve Jobs de ce monde ne veulent pas d’une école haute technologie et Bill Gates : l’informatique peu utilisée à la maison).

Le dessinateur libano-suisse Chapatte a mis en images des scènes de sa visite à une des écoles Waldorf fréquentées par les enfants de la Big Tech.

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samedi 6 mars 2021

Étude sur les pressions, les sanctions, la discrimination politique et l'autocensure à l'université

Une nouvelle étude qui explore les préjugés politiques dans le milieu universitaire sur une décennie démontre que « la majorité des universitaires conservateurs vivent dans un environnement hostile à leurs convictions dans les universités américaines, canadiennes et britanniques ».

L’étude, intitulée La liberté universitaire en crise : punition, discrimination politique et autocensure, rédigée par le Dr Eric Kaufmann, professeur de politique au Birkbeck College, Université de Londres, a été publiée lundi. Elle fait près de 200 pages.

Dans les 100 meilleures universités américaines, l’étude révèle que 73 % des universitaires sont progressistes ou de gauche, 22 % n’ont aucune affiliation politique et seulement 5 % environ sont conservateurs.

Selon Kaufmann, l’étude est la première du genre à enquêter sur la discrimination politique et l’autoritarisme dans le milieu universitaire en sondant des professeurs et des étudiants diplômés des facultés de sciences sociales et humaines (SSH) dans des universités aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. Ses découvertes constituent « des données concrètes sur l’absence de diversité des points de vue (dans les universités) et la présence de discrimination à l’encontre des universitaires conservateurs ou de ceux qui critiquent la théorie du genre ». 

Les 5 premières colonnes se réfèrent à des scénarios hypothétiques dans lesquels on demande aux répondants s’ils soutiendraient une campagne visant à licencier un membre du personnel qui serait arrivé aux conclusions respectives dans leur recherche. Ainsi, si un collègue publiait une recherche qui conclut que la diversité est globalement négative (bleu foncé) 7 % des universitaires américains (US) seraient en faveur de son éviction alors que 12 % des doctorants américains et canadiens le seraient. 30 % des doctorants britanniques (dernier groupe) seraient en faveur de licencier un universitaire dont la recherche conclurait que davantage de femmes et de minorités aboutit à un résultat négatif (colonne jaune). La dernière barre (en vert) représente le pourcentage dans le groupe qui soutient au moins une des cinq campagnes d’expulsion proposées : ainsi 20 % des universitaires canadiens seraient en faveur de l’expulsion d’un confrère qui aboutirait à l’une des cinq conclusions « controversées ». Entre parenthèses, la taille de l’échantillon. Exclut les universitaires en sciences et technologies.

Dans trois pays anglophones, une part importante des universitaires font preuve de discrimination à l’égard des conservateurs en matière d’embauche, de promotion, de subventions et de publications. 

La proportion de ceux qui admettent ouvertement discriminer pour des raisons politiques ne représente qu’environ un tiers à la moitié du total révélé (réel), mais même en se limitant à une discrimination ouvertement admise, comme dans la figure ci-dessous, plus de 20 % des universitaires et environ 30 % des doctorants admettent ouvertement qu’ils discrimineraient contre une demande de subventions provenant d’une personne marquée à droite. Si l'on tient compte de la dissimulation, cela signifie qu’entre un tiers et la moitié des évaluateurs sont politiquement biaisés, ce qui fait qu’un conservateur avoué à au moins 80 % de risques d’être victime de discrimination face à un panel de quatre évaluateurs choisis au hasard. En revanche, les publications, les demandes de subventions ou de promotions issues d’universitaires de gauche bénéficient d’une discrimination politique en leur faveur.

Remarque : comprend les universitaires STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques). Basé sur une question directe plutôt que sur une technique de liste cachée.
 

Plus de 4 universitaires américains et canadiens sur 10 n’embaucheraient pas de partisan de Trump, et 1 universitaire britannique sur 3 n’embaucherait pas de partisan du Brexit.

Les universitaires féministes critiques de la théorie du genre semblent subir encore plus de discrimination que les conservateurs. Seuls 28 % des universitaires américains et canadiens se sentiraient à l’aise de déjeuner avec une personne qui s’oppose à l’idée que les femmes transgenres accèdent aux refuges pour femmes.

La plupart des professeurs ne soutiennent pas la culture du bâillon (cancel culture) sous ses formes les plus autoritaires. Seul 1 universitaire sur 10 soutient le licenciement de professeurs dits « controversés ». Néanmoins, si la plupart ne soutiennent pas cette censure, beaucoup ne s’y pas opposent et demeurent cois.

Remarque : SSH fait référence aux sciences sociales et humaines. Taille de l’échantillon entre parenthèses. Part des STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) dans les réponses au sondage : universitaires des États-Unis et du Canada : 10 % ; Envoi courriel au Royaume-Uni : zéro ; RU YouGov SSH : zéro ; Royaume-Uni YouGov Tous : 53 % ; Doctorants britanniques : 55 % ; Doctorants nord-américains : 63 %.
 
Les universitaires de droite subissent un haut niveau d’autoritarisme institutionnel et de pression des pairs. Aux États-Unis, plus d’un tiers des universitaires et doctorants conservateurs ont été menacés de mesures disciplinaires pour leurs opinions, tandis que 70 % des universitaires conservateurs rapportent un climat au sein de leur faculté hostile à leurs convictions.

Dans les sciences sociales et humaines, plus de 9 universitaires soutenant Trump sur 10 et 8 universitaires soutenant le Brexit sur 10 affirment qu’ils ne se sentiraient pas à l’aise d’exprimer leur point de vue à un collègue. Plus de la moitié des universitaires conservateurs nord-américains et britanniques admettent qu’ils se censurent dans leur recherche et leur enseignement.

Les jeunes universitaires et doctorants, en particulier aux États-Unis, sont nettement plus disposés que les universitaires plus âgés à soutenir le licenciement des universitaires censément controversés, ce qui indique que le problème de l’autoritarisme progressiste est susceptible de s’aggraver dans les années à venir.

Pour la Grande-Bretagne. Source : données UK YouGov Profiles, consultées le 19 avril 2020 ; Enquête d’YouGov mise en correspondance avec les données des profils. Taille de l’échantillon entre parenthèses

Un climat hostile contribue à dissuader les étudiants diplômés conservateurs de poursuivre une carrière universitaire. Les étudiants diplômés conservateurs et libéraux diffèrent beaucoup plus dans leurs perceptions de l’adéquation de leur politique au milieu universitaire que sur les questions liées à la rémunération des universitaires, la nature du travail qui les coupe du monde extérieur et d’autres aspects de la profession.

Pour Kaufmann, le gouvernement pourrait prendre les devants et appliquer avec vigueur la loi aux universités en sanctionnant les établissements qui enfreignent à plusieurs reprises la liberté de pensée ou d’expression des universitaires tout en donnant aux plaignants un moyen de faire appel au sein de leurs universités auprès d’un médiateur indépendant.

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Aux racines du wokisme dans les universités. Pourquoi cette crise dans les universités ?

Royaume-Uni — le gouvernement s’attaque à la censure et l’intimidation dans les universités



vendredi 5 mars 2021

Analyse des demandes d'assurance maladie : COVID-19 a un impact profond sur la santé mentale des jeunes

La pandémie COVID-19 a eu un impact profond sur la santé mentale, en particulier sur celle des jeunes.

FAIR Health est une organisation à but non lucratif indépendante des États-Unis qui recueille des données reliées aux réclamations auprès des sociétés d’assurance-maladie privée. Elle gère la plus grande base de données de demandes de réclamations d’assurance-maladie.

En définissant la population pédiatrique comme des personnes âgées de 0 à 22 ans et en se concentrant sur les groupes d’âge de 13 à 18 ans et de 19 à 22 ans, FAIR Health a étudié les effets de la pandémie sur la santé mentale des enfants aux États-Unis. Pour ce faire, FAIR Health a analysé les données de sa base de données de plus de 32 milliards de dossiers de réclamations de soins de santé privés, en suivant les changements mois par mois de janvier à novembre 2020 par rapport aux mêmes mois en 2019. Les aspects de la santé mentale pédiatrique étudiés incluent la santé mentale globale, l’automutilation intentionnelle, les surdoses et les troubles liés à l’usage de substances, les principaux diagnostics de santé mentale, les raisons des visites aux urgences et les variations d’État par État.

Parmi les principales constatations :

Santé mentale globale

• En mars et avril 2020, le pourcentage de réclamations pour soins de santé mentale pour les personnes âgées de 13 à 18 ans par rapport à toutes les réclamations liées à la santé ont environ doublé en comparaison avec les mêmes mois de l’année précédente. Toutes les réclamations médicales (y compris les réclamations de santé mentale), cependant, ont diminué d’environ de moitié. Cette tendance à l’augmentation des réclamations pour santé mentale et à la diminution des réclamations médicales en général s’est poursuivie jusqu’en novembre 2020, bien que dans une moindre mesure.

• Une tendance similaire a été observée pour les personnes âgées de 19 à 22 ans, bien que les changements aient été plus faibles. En général, le groupe d’âge des 19-22 ans présentait des tendances en matière de santé mentale similaires, mais moins prononcées que celles du groupe d’âge 13-18 ans.


 Automutilation intentionnelle

• Les réclamations pour automutilation intentionnelle en pourcentage de toutes les réclamations médicales dans le groupe d’âge 13-18 ans ont augmenté de 90,71 % en mars 2020 par rapport à mars 2019. L’augmentation était encore plus importante en comparant avril 2020 à avril 2019, doublant presque (99,83 pour cent).

• En comparant août 2019 à août 2020 dans le Nord-Est, pour la tranche d’âge de 13 à 18 ans, il y a eu une augmentation de 333,93 % des lignes de réclamation pour automutilation intentionnelle en pourcentage de toutes les lignes de réclamation médicale, un taux plus élevé que dans toute autre région au cours de n’importe quel mois étudié pour ce groupe d’âge.

Surdoses et troubles liés à l’usage de drogues

• Pour le groupe d’âge 13-18 ans, les réclamations pour surdoses ont augmenté de 94,91 % en pourcentage par rapport à toutes les réclamations médicales en mars 2020 et de 119,31 % en avril 2020 par rapport aux mêmes mois de l’année précédente. Les réclamations pour les troubles toxicomanes ont également augmenté en pourcentage par rapport à toutes les réclamations médicales en mars (64,64 %) et avril (62,69 %) 2020 par rapport aux mois correspondants en 2019.

Diagnostics de santé mentale

• Pour la tranche d’âge de 6 à 12 ans, du printemps à novembre 2020, les réclamations pour trouble obsessionnel-compulsif et tics ont augmenté en termes de pourcentage de toutes les réclamations médicales par rapport à leur niveau des mois correspondants de 2019.

• Pour le groupe d’âge de 13 à 18 ans, en avril 2020, les réclamations pour trouble d’anxiété généralisée ont augmenté de 93,6 % en termes de pourcentage de toutes les réclamations médicales par rapport à avril 2019, tandis que les réclamations pour trouble dépressif majeur ont augmenté de 83,9 % et les lignes de réclamation pour troubles de l’adaptation de 89,7 %.

Source


Longue confrontation lors d’un cours d’anatomie pour avoir rappelé l’importance biologique des différences sexuelles

Un cours universitaire de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) a tourné au vinaigre il y a une semaine, un cours d’anatomie auquel assistaient plusieurs étudiants en visioconférence.

La chroniqueuse du 98.5 Sabrina Rivet raconte ce qui s'est passé alors que la professeure de biologie expliquait l’influence des chromosomes, les hormones, les cellules et les organes qui sont propres à un genre, donc soit à l'homme ou à la femme.

Elle disait que tous ces aspects pouvaient influencer l’identité d'une personne et son orientation sexuelle.

« Une étudiante a interrompu la classe pour donner son point de vue sur la matière; elle disait être mal à l’aise par rapport au contenu. La jeune fille avançait que l’identité de genre et que l’orientation sexuelle n'avaient pas d’origine biologique et que c’était des construits sociaux, que ça ne viendrait pas de l'intérieur de nous. », raconte Sabrina Rivet.

Elle ajoute : « Plusieurs étudiants ont décrit la scène comme étant une confrontation; l'étudiante tutoyait carrément la prof [...] Après 20 minutes de débats envenimés en classe, la prof a décrété une pause et ensuite le retour a été très difficile. Pour l’instant, on ne sait pas encore si l’étudiante en question a porté plainte dans cette affaire. »

Source

Voir aussi 

Biologie — L'expression de 6 500 différences génétiques distinguent l'homme de la femme

Méta-étude — Différences entre les sexes dans les préférences des enfants en matière de jouets 

Plusieurs grandes études : l'égalité juridique des sexes renforce les différences sexuelles  

Le paradoxe de l'égalité entre les sexes c. la théorie du genre 

Universités : après le mot « nègre » devenu tabou, le bannissement de « femme » et « homme » pour transphobie ?

 

 

 

Implosion démographique : y remédier en renouant avec des valeurs qui privilégient descendance et transmission

L’épidémie de covid-19 a accentué la chute de la natalité dans de nombreux pays occidentaux. Pour le docteur en géographie Laurent Chalard, dans les colonnes du Figaro, le meilleur moyen d’y remédier, est de retrouver un système de valeurs qui considère la descendance comme un objectif de transmission d’un héritage et non plus comme une charge matérielle.

Sur le plan économique, la chute des naissances obère les perspectives de main-d’œuvre disponible à terme, contribuant à un recours systématique à l’immigration pour compenser les générations qui ne sont pas nées, et elle exerce des tensions sur le financement des retraites du fait d’une dégradation continue du rapport entre le nombre d’actifs cotisants et d’inactifs percevant des pensions, à l’origine de politiques impopulaires d’allongement de l’âge de départ à la retraite.

Sur le plan géopolitique, élément moins mis en avant auprès du grand public, mais sérieusement pris en compte au sein des cercles de pouvoir dans le cadre de leur représentation du monde et de ses rapports de force, la dénatalité entraîne un recul de la part de l’Occident dans la population mondiale, susceptible de se traduire sur le plan politique, même s’il n’existe pas un déterminisme absolu, comme le montre le cas d’Israël, à la puissance incontestable malgré son nanisme démographique.

La France n’échappe pas à la règle générale, connaissant une dénatalité depuis la fin des Trente Glorieuses et le passage de l’indice de fécondité sous le seuil de remplacement des générations (2,1 enfants par femme) en 1975, qui n’a jamais été atteint depuis, mais elle se singularisait, jusqu’à très récemment, parmi les pays développés par une situation beaucoup moins dégradée qu’ailleurs.

La France n’a plus l’assurance de voir ses besoins futurs en main-d’œuvre couverts alors que son poids géopolitique dans le monde pourrait continuer de se réduire.

En effet, au cours des années 2000, la remontée régulière de la natalité avait permis à la France de voir s’éloigner le spectre du déclin démographique, lui assurant une croissance certaine de sa population dans un contexte d’excédent migratoire. En conséquence, à l’exception de certaines niches de métiers, il ne se posait guère d’interrogations concernant la couverture des besoins en main-d’œuvre dans les prochaines décennies, contrairement à nos voisins européens, comme l’Allemagne ou l’Italie, où la question était sensible.

Or, depuis une dizaine d’années, le nombre de naissances est reparti à la baisse dans l’hexagone, ce qui sous-entend que le « baby -krach » lié à la Covid-19 arrive au plus mauvais moment puisque la natalité était déjà à son plus faible niveau depuis 1945. Il s’ensuit que la France risque de subir, au moins temporairement, un phénomène de classes d’âge creuses, sa croissance démographique se rapprochant de zéro, et n’a désormais plus l’assurance de voir ses besoins futurs en main-d’œuvre couverts alors que son poids géopolitique dans le monde pourrait continuer de se réduire.

Face à cette situation, qui ne peut guère être considérée comme positive, au moins sur le plan économique, la puissance à l’international n’étant pas forcément une fin en soi, il conviendrait de trouver des moyens pour tenter de redresser la fécondité hexagonale, en gardant en tête qu’il n’existe aucune solution miracle, le seul État développé ayant vu sa fécondité rebondir étant Israël grâce, entre autres, à la surfécondité des populations religieuses ultra-orthodoxes dans un contexte spécifique de « guerre démographique » avec les Palestiniens, non reproductible ailleurs [N’y a-t-il pas une sorte de guerre, ou du moins de rivalité démographique au Québec alors que les Canadiens français vont y devenir minoritaires dans les prochaines décennies ?].

À l’heure actuelle, les politiques privilégiées en Europe pour stimuler la natalité relèvent essentiellement d’aides à l’accompagnement de la maternité et de la petite enfance, c’est-à-dire de soutiens financiers directs ou indirects pour les familles ayant plusieurs enfants et/ou la mise en place de structures d’accueil permettant aux mères de continuer de travailler tout en élevant leur progéniture.

Ces mesures apparaissent, au premier abord, comme relativement efficaces, dans le sens que les pays avec les politiques familiales les plus incitatives (comme la France ou la Suède) affichent, en règle générale, des indices de fécondité plus élevés que ceux où ces politiques sont inexistantes ou peu développées.

Le gouvernement français se devrait donc de réfléchir à l’adoption de nouvelles dispositions dans le domaine, à travers, entre autres, l’instauration d’une prime territorialisée à la natalité pour les intercommunalités présentant un déficit naturel considérable, comme, par exemple, la Communauté d’Agglomération Montluçon Communauté, où les 539 enfants nés en 2017 ne permettent pas de contrebalancer les 775 décès qui ont eu lieu la même année.

Le modèle consumériste conduit indirectement à la sous-fécondité, l’enfant étant jugé comme un produit de consommation au coût particulièrement élevé.

Cependant, si leur utilité s’avère indiscutable, il n’en demeure pas moins que les politiques familiales demeurent insuffisantes par rapport à l’objectif, une fécondité proche du seuil de remplacement des générations dans la durée.

[Pour le Québec, ajoutons que les mesures comme les CPE visent peut-être davantage à  assurer le travail des femmes qu’une hausse de la natalité. On a ainsi exclu la possibilité d’accorder une allocation pour la garde à tous les parents qu’ils pourraient utiliser selon leur bon vouloir (conserver l’argent et garder eux-mêmes leurs enfants ou l’utiliser pour les faire garder par des tiers) parce que cela pouvait encourager les femmes à rester à la maison ce qui déplaisait souverainement aux féministes. En 1982, Claire Bonenfant, présidente du Conseil de la femme lors d’un gouvernement péquiste précédent, avait ainsi demandé, au sujet d’une politique aux timides conséquences natalistes : « Cette politique sera-t-elle une politique nataliste déguisée cherchant à nous retourner aux berceaux et aux fourneaux ou bien se présente-t-elle comme une politique de justice sociale ? » Politique nataliste étant un terme péjoratif pour cette dame.]

Cette situation qui peut paraître désespérante s’explique simplement par le fait que les politiques familiales menées depuis plus de quarante ans ne s’attaquent pas à la racine première de la sous-fécondité des populations des régions riches : la perception de l’enfant comme étant une charge financière et/ou matérielle et non comme le moyen de la transmission d’une culture héritée des générations qui nous ont précédés afin qu’elle se perpétue dans le futur.

En conséquence, dans l’optique d’espérer une remontée importante de la fécondité, il faudrait changer totalement les mentalités et le mode de fonctionnement de nos sociétés. D’une certaine manière, le modèle capitaliste consumériste et hyperindividualiste, dominant à notre époque, conduit indirectement à la sous-fécondité, l’enfant étant jugé comme un produit de consommation parmi d’autres au coût particulièrement élevé.

Tant que nous ne proposerons pas un schéma de valeurs dans lequel assurer sa descendance constitue un objectif primordial des individus primant sur les aspects matérialistes, on pourra imaginer toutes les politiques familiales possibles et imaginables, elles ne permettront pas de résoudre le problème.

[Nous pensons que cette priorité et ce changement de valeurs devraient aussi s’appliquer à l’État et à sa politique : valoriser la famille à l’école, dans la production culturelle, aider la natalité de toutes les classes sociales et pas uniquement les moins riches. L’allocation familiale, notamment, devrait être indépendante du revenu familial. Il faudrait ajouter une prime territorialisée de naissance pour les zones à faible natalité et à faible immigration.]

Voir aussi 

Le Québec prend un coup de vieux, aucune mesure d’aide à la naissance malgré un désir d’enfants ?   

Les familles occidentales veulent en moyenne, cela varie d’un pays à l’autre, un peu moins d’un enfant de plus qu’elles n’auront. On parle en termes techniques de « déficit important entre descendance idéale déclarée et descendance réelle ». C’est ainsi que les Françaises ont moins d’enfants que ce qu’elles souhaiteraient idéalement et ça fait plusieurs décennies que ça dure. À l’heure actuelle, si elles avaient le nombre d’enfants qu’elles disent vouloir idéalement, l’indice conjoncturel de fécondité serait de ~2,4 enfants par femme au lieu de ~1,9 enfant par femme. Voir https://ifstudies.org/blog/the-global-fertility-gap. Une des raisons de cet écart entre le nombre idéal d’enfants voulu et le nombre obtenu : le coût lié à l’accueil d’un enfant supplémentaire. 

Les Canadiens français deviendraient minoritaires au Québec en 2042 (étude)

Les francophones bientôt minoritaires à Montréal, légère baisse des francophones dans l'ensemble du Québec  

Deux fois plus de dépressions chez les femmes qu'il y a 40 ans. Rançon de la « libération » de la femme ? (Peu de Hollandaises travaillent à plein temps, elles se disent très heureuses)

Épidémie de détresse chez les enfants en CPE et chez les enfants de familles nanties

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Lien avéré entre les femmes qui travaillent hors du foyer et l’obésité de leurs enfants

Étude — Le divorce affecte grandement la santé mentale des enfants.


jeudi 4 mars 2021

Instruction à la maison : progrès en Alberta et Colombie-Britannique, recul au Québec

Nous reproduisons ci-dessous un extrait d’une lettre envoyée aux donateurs du Centre canadien pour l’éducation à la maison :

Vivre en plein milieu d’une pandémie peut certainement poser tout un défi. Certains pensent que, durant la pandémie, la vie des familles faisant l’école-maison a simplement continué sans interruption. Ce n’est pas du tout le cas ! On s’imagine parfois, à tort, que faire l’école-maison signifie ne jamais quitter la maison. En réalité, nombre d’entre nous passons régulièrement du temps avec d’autres, que ce soit dans le contexte d’une coopérative école-maison ou bien à travers le sport, les sorties ou les événements spéciaux.

Nombre de familles nous ont fait part de leur déception de voir les écoles ouvrir tandis que les coops n’avaient pas la permission de fonctionner en mode présentiel à cause des restrictions provinciales. Notre équipe du CCHE est en communication avec les décideurs au niveau provincial depuis plusieurs mois dans le but de développer des options pour permettre aux familles faisant l’école-maison d’être engagées dans des activités éducatives en groupe. Nous sommes heureux de vous informer que deux provinces, soit la Colombie-Britannique et l’Alberta, ont fait des concessions pour permettre aux groupes de se rencontrer à des fins éducatives en dehors des salles de classes traditionnelles ! Ceci est un développement positif. Nous espérons que les autres provinces reconnaîtront ceci et adopteront des mesures similaires.

Toutefois, en plus des défis posés par le confinement, les familles qui éduquent à domicile au Québec sont confrontées à une pression accrue ainsi qu’à une augmentation des exigences de rapport de la part du Ministère de l’éducation provincial. Notre équipe juridique au CCHE travaille présentement avec le Ministère afin de s’assurer que les familles soient traitées de manière équitable et que le gouvernement du Québec n’outrepasse pas son autorité en vertu de la loi. 

[Le Monopole de l’Éducation veut forcer les parents éducateurs à se conforter de plus en plus strictement au programme et aux méthodes du seul Ministère. Une autre association, l’AQED, émet des doutes quand le Ministère québécois prétend que les familles éducatrices sont satisfaites du nouveau règlement gouvernemental.]

[…] Nous sommes là pour défendre les intérêts des familles faisant l’école-maison. Nous continuerons de vous tenir au courant de tout le travail en cours au CCHE. Si vous avez des questions ou des suggestions, n’hésitez pas à nous contacter en répondant à ce courriel.

Cordialement,

Peter Stock
Directeur général
Centre Canadien pour l’Éducation à la Maison
CCHE
www.cche.ca/fr
courriel: francais<arrobe>cche.ca

Voir aussi 

AQED : « Éducation à domicile — Le nouveau projet de règlement est très mal avisé »

DPJ utilisée pour harceler les parents-éducateurs à la maison

DPJ utilisée pour harceler les parents-éducateurs à la maison

Sous l’égide de l’instituteur Roberge, dont on ne peut mettre en doute la ténacité et la confiance en soi, les parents éducateurs du Québec sont soumis depuis près d’un an à de très fortes pressions de la part du Monopole de l’Éducation du Québec. Celui-ci utilise l’arme de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) pour faire plier les parents. Ces pressions n’ont aucunement l’objet d’éviter la maltraitance d’enfants, à moins que de ne pas appliquer fidèlement la pédagogie et le programme de M. Roberge soit de la maltraitance… 
 
Nous connaissons personnellement trois familles qui ont décidé de quitter le Québec à la suite de ces pressions par la DPJ, l’une d’entre elles possédait une petite entreprise prospère en Estrie, elle est depuis vendue.

Dans le cadre de ces tracas causés par le Monopole de l’Éducation du Québec et par la DPJ, l’Association québécoise pour l’éducation à domicile (AQED) informe ses membres :

L’AQED travaille sans relâche pour ses membres ! Nous tenons à vous garder informés des efforts faits pour vous défendre auprès de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). La liberté des familles est constamment mise à l’épreuve et nous devons continuer à travailler pour éviter que des familles ne soient harcelées par la DPJ sans raison autre que parce qu’elles font l’éducation à domicile.

À quoi ces interventions peuvent-elles ressembler ? Voici le résumé d’une situation qui s’est déroulée au début du mois, lors de laquelle l’AQED est intervenue pour soutenir une de ses membres.

Une représentante de la DPJ dans une région a contacté l’AQED pour avoir des renseignements au sujet d’une famille. Nous leur avons bien spécifié que l’AQED est un organisme communautaire et que la loi ne nous oblige pas à communiquer quelque renseignement que ce soit.

À la suite d’échanges téléphoniques, notre conseillère juridique a rectifié plusieurs faits avec cette représentante de la DPJ.

  • La famille n’a rien à se reprocher puisqu’elle a envoyé son avis à la Direction de l’enseignement à la maison (DEM) dans les 10 jours suivant le retrait de l’école. Elle a présenté à la DPJ son avis de réception, ce qui est le seul document dont la DPJ a besoin pour évaluer si la famille fait vraiment l’éducation à domicile.
  • La famille peut présenter son projet d’apprentissage (PA), mais ce n’est pas au travailleur social de le juger ou de l’évaluer. La DEM est le seul département gouvernemental compétent pour déterminer la conformité du PA. La DPJ n’est pas un organisme compétent pour évaluer le contenu du PA : sa compétence et son mandat étant d’évaluer si un enfant est en situation de compromission seulement.

Les travailleurs sociaux et la DPJ ont parfois une faible connaissance de l’éducation à domicile et nous prenons des moyens pour les sensibiliser et les informer de vos droits et vos réalités. C’est donc une des nombreuses excellentes raisons de devenir membre de l’AQED, l’association étant constamment présente pour défendre et représenter ses membres.

Merci de votre confiance !


Les tribunaux décréteront-ils que la Fête des mères et celle des pères sont offensantes?

Nous avons reçu ce communiqué de presse.

MONTRÉAL, le 4 mars 2021/CNW Telbec/—Le Conseil des leaders religieux de Montréal-Nord et le groupe UVVC s’unissent pour demander au procureur général d’en appeler du jugement de la Cour supérieure du Québec qui demande au gouvernement d’enlever les mots père, mère, homme et femme de notre vocabulaire courant et des registres de l’état civil.

Nos organisations partenaires regroupent des parents, des responsables d’églises de communautés de foi chrétienne et autres, ainsi que des leaders professionnels évoluant dans différentes sphères de la société québécoise. Nos membres ont été fortement ébranlés par la récente décision de la Cour supérieure du Québec.

Nous nous interrogeons sur la décision de ne plus utiliser des mots dont les référents non subjectifs font partie de nos habitudes langagières depuis toujours, aussi bien que de l’éducation de nos enfants et de nos petits-enfants. Cette décision qui aurait un impact majeur dans notre société constituerait, d’après nous, une atteinte brutale à nos droits et à notre liberté d’expression.

Nous croyons aux valeurs fondamentales qui ont permis à la société québécoise, durant plusieurs générations, de surmonter des crises, d’éduquer des hommes et des femmes capables de se développer, de s’épanouir et de former des familles. Nous croyons que nous pouvons nous exprimer librement et en tout respect pour tous, et que les mots père, mère, homme et femme sont des vocables de base dans toute société, la nôtre, en l’occurrence, qui est devenue une nation forte, grâce à nos pères et mères. D’ailleurs, comment les appeler autrement ?

En tant que citoyens, parents et leaders solidement implantés dans la société québécoise, nous sommes vivement alarmés par ce jugement et nous demandons au gouvernement d’en appeler de cette décision de la Cour supérieure du Québec, et ce, pour le bien-être de notre société entière et pour la stabilité affective de nos enfants et petits-enfants.

À défaut d’en interjeter appel, quelle garantie nous reste-t-il qu’il ne sera pas interdit, dans un avenir rapproché, de mettre fin à des célébrations qui mettent en valeur le rôle éducatif et affectif des pères et des mères du Québec vis-à-vis leurs enfants ? Et si les mots fille et garçon étaient les prochains mots à extraire de notre vocabulaire ? C’est pourquoi nous conjurons nos élus de nous appuyer en demandant au ministre de la Justice d’en appeler de ce jugement.

Cosignataires

Éric Lanthier, vice-président d’UVVC et aumônier

Serge Célestin, Président du Conseil des leaders religieux de Montréal-Nord et pasteur

SOURCE UVVC

Renseignements : RENSEIGNEMENTS AUX MÉDIAS : Éric Lanthier, 819.968-9994

Liens connexes

https://www.uvvc.ca/index.html

Voir aussi 

Italie — Plus de fête des Pères à cause d'une enfant élevée par ses deux « mamans » 

Mort à papa ! Mort à maman !

Jordan Peterson sur Trudeau et son « peoplekind » et les danses père-fille annulées 

 

Cartes de la fête des Pères interdites dans les écoles écossaises



Pour le philosophe Alain Badiou : « le mot communisme a été corrompu par le pouvoir d’État »

Recension du dernier (espérons) livre éponyme d’Alain Badiou par Éric Zemmour. Pour le chroniqueur du Figaro, cet ouvrage est un plaidoyer pro domo par le plus célèbre des philosophes marxistes vivants. Entre humanisme irréaliste et jargon mathématique abscons.

C’est une drôle d’histoire belge. Des lycéens de ce pays reçoivent Alain Badiou. Le philosophe leur parle de communisme, de vérité, d’amour, de poésie, de mathématiques, de Platon, de Socrate, d’Aristote, de Spinoza, de Hegel, de Marx, de Sartre. Il en sort un opuscule que l’éditeur énamouré présente comme « une boussole fiable afin de s’orienter dans le fantastique foisonnement » de son œuvre.

Ladite boussole marque toujours le même nord : le communisme. S’il ne doit en rester qu’un, Badiou sera celui-là. Il n’en démord pas, enrôlant Platon dans son combat égalitariste millénaire dont il veut faire la quintessence de la « Vérité ».

Badiou, dans un raccourci audacieux, met un signe égal entre vérité, universalisme, égalitarisme, internationalisme, communisme : « Le Communisme (est l’) idée de sortie du Néolithique, de sortie des six mille ans qui l’ont précédé. Il n’y a aucune raison d’abandonner cette tradition sous prétexte qu’à un moment donné elle a tenté une expérience qui a échoué. »

« L’espoir de la jeunesse »

Il n’y a aucune raison : la famine organisée en Ukraine, le Goulag, les procès de Moscou, etc., Badiou reprend comme si de rien n’était la thèse du « bilan globalement positif ». D’un côté, l’éducation et la santé, de l’autre le totalitarisme et les persécutions : « Il faut soutenir la thèse que le mot communisme a été corrompu par le pouvoir d’État […] Lénine avait vu cela dès 1920. […] Anxieux empli de doutes où il va jusqu’à dire que somme toute l’État bolchevique ne vaut pas mieux que l’État tsariste. »

À le lire, on songe à ce qui adviendrait si un philosophe venait devant des lycéens français et leur disait tout uniment : « L’idée fasciste fut l’espoir de la jeunesse. Le national-socialisme a été corrompu par le pouvoir d’État. Hitler avait vu cela dès 1934. Anxieux, empli de doutes, dans son nid d’Aigle, où il va jusqu’à dire que l’État nazi ne vaut pas mieux que l’État bismarckien. Après tout, le nazisme c’est aussi les croisières pour les ouvriers et la Volkswagen Coccinelle (la voiture du peuple !) pour tous. Il nous faut donc être fidèles à cette espérance. »

Mais Badiou ne plaisante pas. Il est en mission commandée. Il est là pour « corrompre la jeunesse » : c’est lui-même qui le dit, reprenant la célèbre accusation portée contre Socrate. Une jeunesse qu’il est facile de « corrompre » avec des idéaux généreux d’égalité et d’universalisme. Quand il se contente d’ânonner de grandes déclarations de principes, on voit bien que le communiste n’est d’abord qu’un « chrétien impatient ». Ou plutôt un hérétique qui ne respecte pas l’enseignement de Jésus : « Mon royaume n’est pas de ce monde. » C’est dans cette hérésie que tout bascule. Mais Badiou sent bien que la jeunesse risque de lui échapper. Il a vu que son communisme orthodoxe est dépassé sur sa gauche par « deux évolutions contemporaines : un relativisme culturel qui ne laisse plus de place à la notion de vérité universelle (…), des doctrines qui affirment la supériorité des actions sur les pensées ».

« L’immigration, arme du capitalisme »

Notre marxiste orthodoxe a vu le danger, celui d’un gauchisme mâtiné d’islamisme et de féminisme, et leurs fameuses luttes « intersectionnelles » qui le jetteraient, lui aussi, dans les poubelles de l’histoire du mâle blanc de plus de 50 ans, comme un vulgaire Aragon, sifflé par les jeunes rebelles de Mai 68. Mais il ne sait pas comment combattre ce danger. Il l’aggrave au contraire avec ses pétitions de principe égalitaristes et universalistes, faisant de l’attitude favorable aux migrants, l’alpha et l’oméga d’un antifascisme d’opérette.

On a envie de lui rappeler que le secrétaire général du Parti communiste, Georges Marchais, avait, en 1980, réclamé avec vigueur l’arrêt de l’immigration, illégale, mais aussi légale. À l’époque, les communistes tentaient — pour la dernière fois — de protéger la classe ouvrière française de la destruction programmée par un capitalisme qui s’apprêtait à faire le grand saut de la mondialisation. Les communistes avaient encore en tête la leçon de Marx sur « l’immigration, arme du capitalisme » pour faire baisser les salaires et diviser la classe ouvrière.

Mais nos jeunes lycéens belges, pas plus que la plupart de leurs homologues français d’ailleurs, ne savent plus qui est Georges Marchais.

Badiou non plus ne veut plus le connaître. Le passé pas plus que le réel ne semblent l’intéresser. La dernière partie de l’ouvrage voit notre philosophe s’envoler dans les hautes sphères abstraites et absconses d’une philosophie qu’il « situe entre les mathématiques et la poésie ». À le lire, on voit bien les mathématiques, mais pas vraiment la poésie. Il use d’un incompréhensible charabia mathématique qui m’a ramené soudain en classe de sixième quand des pervers narcissiques dits pédagogues de l’Éducation nationale expérimentaient sur ma pauvre cervelle leurs théories sur les ensembles : « L’inexistant est donc proprement le point de non-apparaître d’une multiplicité dans un monde, point qui est relatif au transcendantal de ce monde. […] L’universalité ontologique ne garantit pas à elle seule l’absoluité des vérités. Le relativiste peut toujours dire que ce n’est que la garantie d’une circulation possible d’une œuvre à support générique d’un monde à un autre, voire l’implosion impériale d’une généricité locale à des mondes culturels disparates. »

Content de lui

On relit plusieurs fois pour essayer de comprendre. On se frotte les yeux, on est perdu. Les formules mathématiques s’enchaînent aux phrases alambiquées. Badiou, citant Sartre, nous avait pourtant dit qu’il voulait être fidèle à ses ancêtres, Voltaire, Rousseau et les philosophes de la Révolution française. On avait pourtant eu l’impression que ceux-ci écrivaient dans une langue limpide, élégante, compréhensible de tous. On rit en imaginant la tête des lycéens belges devant l’abscons jargon mathématisé de notre philosophe.

Mais s’il a perdu en route la plupart de ses lecteurs et auditeurs, Badiou n’a jamais été aussi content de lui, car il a « trouvé le chemin d’une absolutisation des œuvres de vérité, dont j’ai déjà démontré, allant et venant entre philosophie et mathématiques, qu’elles étaient à la fois singulières et universelles, et dont il ne restait plus qu’à montrer qu’elles peuvent être également absolues. Ce que je crois avoir fait. Je l’ai fait à un âge suffisamment avancé pour que cette réussite soit vraiment réconfortante ! Permettez-moi de finir sur cette orgueilleuse assertion ! »

Il faut imaginer Badiou heureux.

ALAIN BADIOU 

par Alain Badiou,
publié aux PUF,
le 3 février 2021,
à Paris,
162 pp.,
ISBN-10 : 2 130 827 063

Voir aussi

Le communisme, cette religion profane