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Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
jeudi 29 novembre 2012
Des garderies poursuivent l'État pour concurrence déloyale
Des propriétaires de garderies privées non subventionnées se préparent à déposer une requête en recours collectif contre le ministère de la Famille qu'ils accusent de concurrence déloyale.
Le 12 novembre dernier, le ministère de la Famille a donné le feu vert à la création de 13 000 places en garderies d'État, annoncées en 2011 par le gouvernement Charest, en plus de s'engager à lancer un appel d'offre pour 15 000 places supplémentaires, en février prochain.
Le gouvernement péquiste a indiqué que ces places fortement subventionnées à 7$, seront toutes accordées à de nouveaux CPE (garderies d'État). Cette décision pourrait fort probablement être néfaste pour les 600 garderies privées non subventionnées de la province.
«Malheureusement, nous perdrons des enfants. Nous en perdons aussitôt que les parents ont un appel pour une place à 7$», a exprimé Jaleh Raissi, propriétaire de deux installations privées, situées sur la Rive-Sud de Montréal.
Elle a souligné que dans des établissements non subventionnés, ce sont les parents qui paient 100 % de la note, de 35 $ à 38 $ par jour selon les garderies. « Ils peuvent recevoir un crédit d'impôt du gouvernement couvrant une partie de la somme. Mais plusieurs n'ont rien parce que leurs revenus sont trop élevés », a-t-elle poursuivi.
L'Alliance des garderies privées non subventionnées pilote le projet de recours collectif au nom des propriétaires d'établissements non subventionnées comme Jaleh Raissi. « Nous avons fourni un service pendant de longues années et le gouvernement vient de nous bannir du système », a déclaré Khalid Daher, président de l'Alliance et propriétaire de la garderie Joyeuses Marguerires.
L'homme travaille avec un cabinet d'avocats montréalais pour préparer le dépôt de la requête en recours collectif. Selon lui, la poursuite sera intentée le plus rapidement possible, en 2013.
L'Alliance veut réclamer obtenir des dédommagements en raison des préjudices subis par l'écartement des appels d'offres et la concurrence déloyale du gouvernement. L'annulation de l'appel d'offre en cours et des subventions pour les garderies non subventionnées seront également réclamées.
« Sinon, ce sera la fin pour nos garderies parce que nous allons perdre encore plus d'enfants. Nos taux d'occupation oscillent déjà de 55 % à 66 % », a déploré M. Daher, soulignant que plusieurs propriétaires ont investi de 500 000 $ à plus d'un million dans leur garderie. Le pire, c'est qu'environ 600 garderies privées sont actuellement subventionnées dans la province pour offrir des places à 7 $.
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Québec — chômage des immigrés africains et arabes à 21,3 %
En 2011, le taux de chômage des nouveaux arrivants venus d’Afrique ou du Moyen-Orient s’élevait à 21,3 % alors que celui de travailleurs venus d’Europe se situait à 9,4 %. Au Canada, le taux de chômage atteignait 5,5 %.
Les nouveaux arrivants ont davantage de difficulté à trouver un emploi. Le taux de chômage des immigrants établis au Québec se situait à 12,4 % en 2011 tandis que celui des natifs du Québec atteignait 7,0 %.
Les immigrés gagnaient en moyenne 63 % du salaire moyen des Canadiens en 2006, contre 85 % en 1985.
Au Québec, parmi les immigrants, ceux ayant obtenu leur dernier diplôme au Canada affichent le taux de chômage le plus faible (8,5 % en 2009), soit seulement 0,9 point de plus que celui des natifs.
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mardi 27 novembre 2012
« Éducation préscolaire: le Québec en avance, selon la TD »
Article de La Presse avec ce titre trompeur : « Éducation préscolaire: le Québec en avance, selon la TD ».
Le titre donne l'impression que les enfants du Québec auraient une meilleure éducation préscolaire qu'ailleurs au Canada. Or, il ne s'agit pas de cela. Non, simplement le fait que le gouvernement dépense plus d'argent que les autres gouvernements sur l'éducation préscolaire (indirectement avec l'argent de la péréquation, car le Québec est plus pauvre que les autres provinces).
Pour le reste, l'économiste de la TD interrogé répète ce canard pourtant démonté depuis longtemps par nombre d'économistes sérieux : « Des études montrent que la mise en place du programme a eu des effets positifs, notamment une augmentation du taux d'activité des femmes, qui était autrefois le plus faible et qui est maintenant le plus élevé du Canada, une hausse de la moyenne nationale aux tests normalisés, une augmentation du taux de fécondité. »
À peu près tout est faux ou induit en erreur. Le taux de fécondité a augmenté ailleurs au Canada en même temps qu'au Canada, dans à peu près la même mesure, pire alors que le programme ne fait que s'étendre et coûte de plus en plus cher le taux de fécondité du Québec diminue depuis 3 ans... 2012 devrait voir une nouvelle diminution si l'on se base sur les chiffres des huit derniers mois (400 naissances de moins en huit mois par rapport aux huit premiers mois de 2011 alors que la population ne cesse de croître surtout à cause de l'immigration).
Quant au taux d'activité, ces études sont habituellement, à notre connaissance, celles de Fortin, Godbout et Saint-Cerny mises en pièce par une économiste comme Martin Coiteux dont voici un résumé des objections :
Pourtant, si le gouvernement n'avait pas créé le programme des garderies, l'économie québécoise aurait quand même créé des emplois, tout simplement en utilisant à d'autres fins les quelque 2 milliards de dollars qui sont aujourd'hui consacrés chaque année à ce seul programme.
Combien de ces emplois alternatifs auraient été créés ? Nul ne peut le dire avec certitude. On peut cependant être certain d'une chose : cette création n'aurait pas été nulle. Elle aurait même pu être supérieure à celle induite par le programme des garderies. Il est donc méthodologiquement faux d'affirmer que le programme aurait créé au net 70 000 nouveaux emplois.
[...] on ne trouve aucune accélération de la tendance à la hausse du taux d'emploi dans le cas des femmes québécoises âgées de 25 à 44 ans. Une telle accélération n'a été observée que pour les femmes âgées de 15 à 24 ans, celles-ci étant moins susceptibles que les premières d'utiliser les services de garde.
[...] En somme, le taux d'emploi des femmes âgées de 25 à 44 ans n'a fait que suivre la tendance haussière stable observée simultanément dans trois provinces de l'Atlantique, tandis que celui des femmes âgées de 15 à 24 ans semble avoir réagi au Québec comme dans ces mêmes provinces à une réforme commune de l'assurance-emploi. Comment peut-on alors attribuer 70 000 emplois bruts au seul programme des garderies ?
Voici les graphiques sur lesquels Coiteux s'appuie pour écrire ces derniers paragraphes. Dans chaque cas, la moyenne mobile de 12 mois des données mensuelles est présentée et la source est Statistique Canada.
Taux d'emploi du Québec p/r au Nouveau-Brunswick (1991 à 2011)

Taux d'emploi du Québec p/r en Nouvelle-Écosse (1991 à 2011)

Taux d'emploi du Québec p/r à Terre-Neuve (1991 à 2011)

Selon Coiteux, les similitudes entre le Québec et ces trois provinces de l'Atlantique sont frappantes. Comment attribuer alors à un programme inexistant dans trois d'entre elles toute l'augmentation du taux d'emploi dans une seule d'entre elles ?
Il faut dire que l'économiste interrogé par La Presse avoue être novice dans ce domaine : « C'est la première fois que je m'intéresse à l'éducation préscolaire ».
Mais bon quand il s'agit de se faire plaisir et de satisfaire les groupes de pression organisés par l'État (les féministes, les syndicats, les employés des CPE)... En face, des parents désorganisés, rendus dépendants à l'argent de l'État et aux garderies qui ne coûteraient que 7 $ par jour... (Qui paie, ces garderies qui coûtent plus près de 50 $/jour ?) Il faut raviver la flamme du mythe étatiste quitte à ne pas interroger des personnes qui corrigeraient les faits.
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Québec — Natalité pour six premiers mois de 2012 en léger déclin
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Étude sur les garderies qui se paieraient d'elles-mêmes : la multiplication des pains (l'économiste Martin Coiteux)
Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique
Défendre l’indéfendable… sans succès! (Nathalie Elgrably-Lévy de l'IEDM)
« Le système de garderies à 7 $ est-il payant pour le Québec ? Non. »
« Le Québec, leader en matière de petite enfance »
Pourquoi le patriarcat a de l’avenir
Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)
Pourquoi l’anglais intensif uniquement pour les francophones, partout ?
Lettre ouverte de Frédéric Lacroix - docteur en génie
[...] En permettant à l’implantation de l’anglais intensif obligatoire de continuer parce que cela n’a pas « de conséquences budgétaires » (je pense bien que les commissions scolaires ne seront pas d’accord !), le gouvernement de madame Marois se trouve à normaliser la question de l’anglais intensif et à en faire de facto la nouvelle norme pédagogique, alors que la bilinguisation du primaire de l’école française aurait été impensable il y a seulement quelques années de cela. Les opposants à cette mesure se trouvent dès lors catalogués comme « radicaux » et neutralisés. Et cela par le seul parti théoriquement en faveur du Québec français. De plus, en envoyant un message aussi fort en faveur de l’anglais, le gouvernement se trouve à invalider en amont toutes les mesures favorables au français qui pourraient éventuellement être prises.
Il est encore plus consternant de constater que la mesure d’anglais intensif ne vient ni du MELS, ni des commissions scolaires, ni des parents, mais qu’elle a été soufflée à Jean Charest par la SPEAQ (Société pour la promotion de l’enseignement de l’anglais langue seconde au Québec), un lobby financé généreusement par Heritage Canada. La SPEAQ a rencontré la ministre Lyne Beauchamp le 25 janvier 2011 pour lui « présenter le programme d’anglais intensif ». On sait aussi que « la ministre avait beaucoup de questions » ! Jean Charest a ensuite pris le milieu de l’éducation par surprise en annonçant la mise en place de l’anglais intensif obligatoire souhaité par la SPEAQ lors du discours du trône de février 2011.
L’anglais intensif répond-il même à un besoin réel ? Le dernier recensement indique que le bilinguisme anglais-français des jeunes francophones frôle les 60 % au Québec et est de 78 % à Montréal, ce qui est plus élevé que le bilinguisme des jeunes anglophones. De plus, les données du MELS indiquent que les jeunes francophones réussissent mieux en anglais que les jeunes anglophones en français, mais curieusement, les écoles anglaises sont exemptées du français intensif. Résurrection des écoles passerelles et bilinguisation de l’école française : la seule mesure de la loi 101 qui a eu un effet sur les transferts linguistiques des allophones, soit l’obligation de fréquenter les écoles françaises, se trouve maintenant quasiment vidée de sa substance. [...]
Voir aussi
Deux démographes sur l’avenir du français au Québec
[...] En permettant à l’implantation de l’anglais intensif obligatoire de continuer parce que cela n’a pas « de conséquences budgétaires » (je pense bien que les commissions scolaires ne seront pas d’accord !), le gouvernement de madame Marois se trouve à normaliser la question de l’anglais intensif et à en faire de facto la nouvelle norme pédagogique, alors que la bilinguisation du primaire de l’école française aurait été impensable il y a seulement quelques années de cela. Les opposants à cette mesure se trouvent dès lors catalogués comme « radicaux » et neutralisés. Et cela par le seul parti théoriquement en faveur du Québec français. De plus, en envoyant un message aussi fort en faveur de l’anglais, le gouvernement se trouve à invalider en amont toutes les mesures favorables au français qui pourraient éventuellement être prises.
Il est encore plus consternant de constater que la mesure d’anglais intensif ne vient ni du MELS, ni des commissions scolaires, ni des parents, mais qu’elle a été soufflée à Jean Charest par la SPEAQ (Société pour la promotion de l’enseignement de l’anglais langue seconde au Québec), un lobby financé généreusement par Heritage Canada. La SPEAQ a rencontré la ministre Lyne Beauchamp le 25 janvier 2011 pour lui « présenter le programme d’anglais intensif ». On sait aussi que « la ministre avait beaucoup de questions » ! Jean Charest a ensuite pris le milieu de l’éducation par surprise en annonçant la mise en place de l’anglais intensif obligatoire souhaité par la SPEAQ lors du discours du trône de février 2011.
L’anglais intensif répond-il même à un besoin réel ? Le dernier recensement indique que le bilinguisme anglais-français des jeunes francophones frôle les 60 % au Québec et est de 78 % à Montréal, ce qui est plus élevé que le bilinguisme des jeunes anglophones. De plus, les données du MELS indiquent que les jeunes francophones réussissent mieux en anglais que les jeunes anglophones en français, mais curieusement, les écoles anglaises sont exemptées du français intensif. Résurrection des écoles passerelles et bilinguisation de l’école française : la seule mesure de la loi 101 qui a eu un effet sur les transferts linguistiques des allophones, soit l’obligation de fréquenter les écoles françaises, se trouve maintenant quasiment vidée de sa substance. [...]
Voir aussi
Deux démographes sur l’avenir du français au Québec
Québec — Moins d'anglais au primaire, révision du cours d'histoire (promesse du PQ)
Le français nuit-il au Québec ?
L’enseignement intensif de l’anglais au primaire financé à coup de dizaines de millions de dollars par Ottawa
Réaction contre l'imposition de l'année bilingue aux jeunes écoliers francophones québécois
Québec — la 6e année bilingue pas imposée aux anglophones, mais bien aux francophones et
aux immigrants que l'on prétend franciser
L'ADQ pour que l'État impose plus d'anglais dès la première année du primaire, qu'en dit un linguiste ?
Mythe : « seuls les enfants peuvent apprendre de nouvelles langues avec un haut degré de maîtrise »
Lent déclin du français à Montréal et sa banlieue
Résultats en lecture du français très médiocres, on impose l'anglais intensif de manière « brutale »
Élèves de l'école publique à Montréal : le français perd du terrain depuis 1998 tandis que l'anglais demeure stable
Les francophones bientôt minoritaires à Montréal, légère baisse des francophones dans l'ensemble du Québec
Écoles lavalloises — vague d'immigration, pauvreté et tensions raciales
200 000 immigrants en 4 ans au Québec, bon pour le développement durable !?
L'immigration, le remède imaginaire
samedi 24 novembre 2012
Le sommeil perturbé des adolescents
L'ordinateur, néfaste pour le sommeil de votre adolescent ? C'est un fait, les jeunes ont de plus en plus de mal à lâcher leur écran ou leur console de jeux, avec pour corollaire une fatigue récurrente lors des cours. Et un impact sur leurs résultats scolaires.
Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)
À partir de quand la liberté d'enseignement est-elle devenue un enjeu politique ?
Le professeur Charles L. Glenn, professeur à l’Université de Boston et grand spécialiste de la liberté scolaire dans le monde, explique comment la revendication du libre choix de l’école par les parents est peu à peu montée en puissance en Occident. Elle a été longtemps en conflit latent avec la prétention des élites au pouvoir de remodeler selon leurs conceptions les enfants du peuple. Mais depuis quelques dizaines d’années, la capacité de l’Etat à satisfaire les besoins éducatifs véritables des enfants est fortement mise en question de tous côtés. La tendance est de d’inciter la société civile, le « troisième secteur » à prendre leurs responsabilités en matière éducative. C’est la théorie de « l’appropriation », qui n’a rien à voir avec une quelconque marchandisation de l’école. Par leur implication concrète dans les écoles libres, les citoyens passent du statut d’objet du pouvoir à celui de contributeurs actifs de la société, ce qui correspond à un processus de démocratisation véritable de la vie de la cité.
Traduction d’une tribune libre de Charles Glenn.
Bien que la liberté d’enseignement ait fait l’objet de protections dès le XIXe suite à des combats politiques dans quelques pays – notamment en Belgique, avec le mouvement d’indépendance de 1830, et plus tard aux Pays-Bas avec la mobilisation de Protestants et de Catholiques du « kleyne luyden » [Les petites gens] – la protection de la liberté d’enseignement reste exceptionnelle jusqu’au lendemain de la deuxième Guerre mondiale.
Ce n’est qu’en réaction aux régimes totalitaires du vingtième siècle que la communauté internationale prend conscience de la nécessité de protéger la liberté des familles de choisir une alternative aux écoles publiques. Les régimes communistes et fascistes ont cherché à mettre en œuvre systématiquement ce qui faisait partie implicitement des programmes éducatifs des gouvernements « doucement progressistes » de la fin du dix-neuvième siècle. Ils l’ont fait d’une manière qui a démasqué la volonté des élites de remodeler selon leur conception, par l’éducation, les enfants du peuple.
Le mouvement d’après-guerre de définition des Droits de l’homme a inclus le droit à la liberté d’enseignement : « les États s’engagent à respecter la liberté des parents de choisir pour leurs enfants des établissements autres que ceux des pouvoirs publics […] et de faire assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants, conformément à leurs propres convictions. »
Ce droit est pourtant loin d’être évident, même dans les régimes démocratiques, où les élites « progressistes » peuvent juger qu’il est de leur devoir d’utiliser le système éducatif pour rendre les enfants meilleurs que leurs parents.
Le passage manquant de l’extrait du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels donné ci-dessus – à savoir « qui se conforment aux normes minimales qui peuvent être prescrites ou approuvées par l’État » – donne la possibilité aux gouvernements d’imposer des exigences aux écoles non gouvernementales (écoles privées), exigences qui peuvent conduire à rendre impossible le maintien du caractère propre et des spécificités éducatives en faveur desquelles les parents avaient pourtant fait leur choix.
Il y a clairement une obligation qui pèse sur les gouvernements contemporains de prendre les mesures nécessaires à la protection des enfants tout en faisant en sorte que l’intérêt public soit servi par toutes les acteurs – privés ou publics – du système éducatif.
L’éducation des générations futures est une question d’intérêt public et doit être guidée, dans un système démocratique, par des hypothèses partagées sur le bien commun… dans des limites qui reflètent la nature pluraliste de la société.
L’effort pour respecter le rôle des parents comme premiers éducateurs de leurs enfants et donc pour trouver le juste équilibre entre la liberté et la responsabilité en éducation – pour s’assurer que les objectifs nécessaires de la société soient atteints et que les individus et les groupes vulnérables soient protégés sans tomber dans ce que Kant appelait « le plus grand despotisme concevable » : un gouvernement paternaliste – est précisément le thème de l’ensemble des quatre volumes que nous publions sur le sujet (Cf. Balancing Freedom, Autonomy, and Accountability in Education, Nijmegen: Wolf Legal Publishers).
La période allant de 1900 à 1945 peut être vue, rétrospectivement, comme celle du triomphe de l’école d’État dans la plupart des pays occidentaux. Alors que les écoles catholiques ou les autres écoles privées éduquent des millions d’enfants, elles jouent un rôle secondaire, comme une alternative ou, aux États-Unis et en Australie, comme le lieu réservé à la classe ouvrière immigrée. L’école publique représente alors la pierre angulaire de la société et n’a aucun concurrent sérieux.
L’école d’Etat a commencé à être concurrencée après la Seconde Guerre mondiale et la rivalité s’est accrue en particulier dans les années 1970.
Dans le raisonnement politique qui a été formulé petit à petit dans un certain nombre de pays, des termes tels que « subsidiarité » et « champ de souveraineté » ont commencé à se faire entendre. On a fait valoir que le gouvernement devrait créer activement dans tous les secteurs les conditions du développement d’initiatives entrepreneuriales selon un principe de libre entreprise, au lieu de vouloir occuper lui-même tout l’espace social.
La centralisation excessive a commencé à être considérée comme un problème. Alors que l’État-providence continuait de se développer et les activités du gouvernement de s’étendre à de plus en plus de domaines de la vie, il y avait en même temps un désenchantement croissant à l’égard de la capacité du gouvernement et de sa rationalité bureaucratique de répondre efficacement aux besoins de l’homme.
Dans ce contexte d’insatisfaction, certains ont appelé à un « retrait de l’État », pour « réinventer le gouvernement », en adoptant de nouvelles techniques d’organisation sociale qui conduisent à la prise en main par les gens de leur propre destinée (cf. théorie de l’« empowerment » [l'appropriation, l'autonomisation]) dans des secteurs et des organismes éloignés du centre, et donc à la création d’institutions par les citoyens pour eux-mêmes.
Les autorités publiques de la Finlande à l’Australie, et les régimes politiques de gauche comme de droite, ont cherché des façons de maintenir les acquis apportés par l’État-providence sans avoir gouvernement un monopole public qui fournisse services et prestations. Selon Peter Berger et Richard John Neuhaus :
Ces propositions ne doivent pas être confondues avec la « marchandisation » des services à la personne, dont l’éducation, car ils ne sont pas une manifestation du « capitalisme sauvage ». Ses partisans insistent sur le fait que ce qu’ils demandent, c’est l’utilisation d’un « troisième secteur » composé d’associations volontaires qui ne sont ni gouvernementales ni mercantiles, mais qui relèvent simplement d’association d’intérêt général conclues sur la base du volontariat.
Les réformes proposées visent à renforcer les pouvoirs des citoyens en tant que membres actifs de la société, cherchant à améliorer leur qualité de vie et celle de leurs familles par des actes de choix.
Source
Traduction d’une tribune libre de Charles Glenn.
Bien que la liberté d’enseignement ait fait l’objet de protections dès le XIXe suite à des combats politiques dans quelques pays – notamment en Belgique, avec le mouvement d’indépendance de 1830, et plus tard aux Pays-Bas avec la mobilisation de Protestants et de Catholiques du « kleyne luyden » [Les petites gens] – la protection de la liberté d’enseignement reste exceptionnelle jusqu’au lendemain de la deuxième Guerre mondiale.
Ce n’est qu’en réaction aux régimes totalitaires du vingtième siècle que la communauté internationale prend conscience de la nécessité de protéger la liberté des familles de choisir une alternative aux écoles publiques. Les régimes communistes et fascistes ont cherché à mettre en œuvre systématiquement ce qui faisait partie implicitement des programmes éducatifs des gouvernements « doucement progressistes » de la fin du dix-neuvième siècle. Ils l’ont fait d’une manière qui a démasqué la volonté des élites de remodeler selon leur conception, par l’éducation, les enfants du peuple.
Le mouvement d’après-guerre de définition des Droits de l’homme a inclus le droit à la liberté d’enseignement : « les États s’engagent à respecter la liberté des parents de choisir pour leurs enfants des établissements autres que ceux des pouvoirs publics […] et de faire assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants, conformément à leurs propres convictions. »
Ce droit est pourtant loin d’être évident, même dans les régimes démocratiques, où les élites « progressistes » peuvent juger qu’il est de leur devoir d’utiliser le système éducatif pour rendre les enfants meilleurs que leurs parents.
Le passage manquant de l’extrait du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels donné ci-dessus – à savoir « qui se conforment aux normes minimales qui peuvent être prescrites ou approuvées par l’État » – donne la possibilité aux gouvernements d’imposer des exigences aux écoles non gouvernementales (écoles privées), exigences qui peuvent conduire à rendre impossible le maintien du caractère propre et des spécificités éducatives en faveur desquelles les parents avaient pourtant fait leur choix.
Il y a clairement une obligation qui pèse sur les gouvernements contemporains de prendre les mesures nécessaires à la protection des enfants tout en faisant en sorte que l’intérêt public soit servi par toutes les acteurs – privés ou publics – du système éducatif.
L’éducation des générations futures est une question d’intérêt public et doit être guidée, dans un système démocratique, par des hypothèses partagées sur le bien commun… dans des limites qui reflètent la nature pluraliste de la société.
L’effort pour respecter le rôle des parents comme premiers éducateurs de leurs enfants et donc pour trouver le juste équilibre entre la liberté et la responsabilité en éducation – pour s’assurer que les objectifs nécessaires de la société soient atteints et que les individus et les groupes vulnérables soient protégés sans tomber dans ce que Kant appelait « le plus grand despotisme concevable » : un gouvernement paternaliste – est précisément le thème de l’ensemble des quatre volumes que nous publions sur le sujet (Cf. Balancing Freedom, Autonomy, and Accountability in Education, Nijmegen: Wolf Legal Publishers).
La période allant de 1900 à 1945 peut être vue, rétrospectivement, comme celle du triomphe de l’école d’État dans la plupart des pays occidentaux. Alors que les écoles catholiques ou les autres écoles privées éduquent des millions d’enfants, elles jouent un rôle secondaire, comme une alternative ou, aux États-Unis et en Australie, comme le lieu réservé à la classe ouvrière immigrée. L’école publique représente alors la pierre angulaire de la société et n’a aucun concurrent sérieux.
L’école d’Etat a commencé à être concurrencée après la Seconde Guerre mondiale et la rivalité s’est accrue en particulier dans les années 1970.
Dans le raisonnement politique qui a été formulé petit à petit dans un certain nombre de pays, des termes tels que « subsidiarité » et « champ de souveraineté » ont commencé à se faire entendre. On a fait valoir que le gouvernement devrait créer activement dans tous les secteurs les conditions du développement d’initiatives entrepreneuriales selon un principe de libre entreprise, au lieu de vouloir occuper lui-même tout l’espace social.
La centralisation excessive a commencé à être considérée comme un problème. Alors que l’État-providence continuait de se développer et les activités du gouvernement de s’étendre à de plus en plus de domaines de la vie, il y avait en même temps un désenchantement croissant à l’égard de la capacité du gouvernement et de sa rationalité bureaucratique de répondre efficacement aux besoins de l’homme.
Dans ce contexte d’insatisfaction, certains ont appelé à un « retrait de l’État », pour « réinventer le gouvernement », en adoptant de nouvelles techniques d’organisation sociale qui conduisent à la prise en main par les gens de leur propre destinée (cf. théorie de l’« empowerment » [l'appropriation, l'autonomisation]) dans des secteurs et des organismes éloignés du centre, et donc à la création d’institutions par les citoyens pour eux-mêmes.
Les autorités publiques de la Finlande à l’Australie, et les régimes politiques de gauche comme de droite, ont cherché des façons de maintenir les acquis apportés par l’État-providence sans avoir gouvernement un monopole public qui fournisse services et prestations. Selon Peter Berger et Richard John Neuhaus :
Le projet est que, si ces institutions (créées par la société civile) pouvaient être plus reconnues dans les politiques publiques, les individus se sentiraient davantage « chez eux » dans la société, et l’ordre politique serait mieux compris. Sans processus institutionnels fiables de médiation, l’ordre politique se détache des valeurs et des réalités de la vie individuelle. Privé de son fondement moral, l’ordre politique est « délégitimé. »Selon ces propositions, les citoyens sont conçus en de nouveaux termes par les décideurs politiques qui les percevront non pas comme des objets de l’action gouvernementale, mais plutôt comme des acteurs se caractérisant par la responsabilité, l’autonomie et le choix, et dotés de la ressource et des informations disponibles pour les finalités communes de la société.
Ces propositions ne doivent pas être confondues avec la « marchandisation » des services à la personne, dont l’éducation, car ils ne sont pas une manifestation du « capitalisme sauvage ». Ses partisans insistent sur le fait que ce qu’ils demandent, c’est l’utilisation d’un « troisième secteur » composé d’associations volontaires qui ne sont ni gouvernementales ni mercantiles, mais qui relèvent simplement d’association d’intérêt général conclues sur la base du volontariat.
Les réformes proposées visent à renforcer les pouvoirs des citoyens en tant que membres actifs de la société, cherchant à améliorer leur qualité de vie et celle de leurs familles par des actes de choix.
Source
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mercredi 21 novembre 2012
Qu'est-ce qui leur donne envie aux enfants d'apprendre ?
Si le désir de connaissance et d'apprentissage est naturel à l'enfant, il ne peut fleurir qu'à certaines conditions.
« Il y a quinze ans, quand un élève me disait qu'il n'avait aucune envie de se lancer dans les 100 mètres de course à pied qu'il avait consigne de faire avec sa classe, je le houspillais et lui disais: “Tu le fais quand même!”, avoue Charles Martin-Krumm, enseignant chercheur à l'IUFM [institut universitaire de formation des mâitres] de Bretagne et ancien professeur d'éducation physique dans un collège. Il y a dix ans, poursuit-il, j'utilisais le système récompense-punition : “ Si tu ne cours pas, tu vas avoir zéro !” » Par la suite, échaudé par l'inefficacité de ces méthodes, le professeur a fait autrement : « Je dis à ce garçon que je le comprends, que ça n'est pas marrant de courir sous la pluie, mais que cela, s'il le fait à son rythme, va l'aider à être en forme toute la journée, et bien en phase avec ses copains. »
Empathie, autonomisation et proximité sociale. Telles sont les ressources qu'empruntait donc cet enseignant pour favoriser la motivation de ses élèves. Des stratégies très éloignées de la traditionnelle politique du « bâton et de la carotte » et explorées notamment dans les recherches en psychologie positive, notamment celles réalisées dans l'équipe du professeur Philippe Sarrazin, chercheur de l'université Joseph-Fourier, à Grenoble, qui constate dans l'un des chapitres du Traité de psychologie positive (dirigé par Charles Martin-Krumm et Cyril Tarquinio aux Éditions de Boeck) : « Quand un individu intrinsèquement motivé reçoit des récompenses pour réaliser l'activité, il a progressivement tendance à dissocier ces deux incitateurs du comportement et à considérer la raison externe comme plus prégnante que la raison interne. Autrement dit, il perçoit progressivement qu'il n'est plus “ à l'origine ” de ses actes et que ce qui cause ou régule son comportement est à l'extérieur de lui-même. » Résultat : l'enfant apprend seulement pour recevoir des bons points et non plus pour satisfaire sa curiosité. Celle-ci risque alors de s'épuiser.
Pour « les 5 élèves sur 25 » qui ne marchent plus dans le système punition/récompense, il faut aussi pointer l'utilité de certaines matières dans la vie personnelle des adultes qu'ils deviendront, estime Charles Martin-Krumm : « En philosophie, par exemple, on peut les encourager à faire des choix parmi des romans ou des essais qui leur serviront quand ils auront quitté le lycée. » Autre facteur réellement motivant : changer de regard sur leurs erreurs et leurs échecs. « Pour satisfaire le besoin d'autonomie d'un élève, on lui demandera de trouver lui-même des pistes de correction concernant ses ratages, explique ce professeur. Et on valorisera le processus d'apprentissage par essais/erreurs. » Des méthodes qui vont dans le sens des découvertes de Frédérique Autin ou Jean-Claude Croizet, de l'université de Poitiers et du Cerca (Centre de recherches sur la cognition et l'apprentissage), qui viennent de montrer qu'en permettant à l'enfant d'échouer, on lui évite de se sentir mal face à l'échec et l'on renforce ainsi en lui esprit d'initiative et envie de progresser.
Éviter la compétition qui isole
Il semble désormais évident que la motivation, à la fois puissante source d'efforts et moteur fragile, souvent susceptible de se gripper, ne peut s'épanouir que dans un environnement satisfaisant certains besoins psychologiques de l'enfant. Quels sont ces besoins? Fabien Fenouillet, professeur en psychologie cognitive de l'université de Nanterre Paris Ouest et auteur de Motivation et réussite scolaire(Éd. Dunod), en dénombre notamment trois. En premier lieu, l'autodétermination: «L'intérêt est plus facile à venir lorsque l'enfant a une marge de liberté dans ce qu'il a à accomplir et a l'impression que c'est lui qui a choisi», explique-t-il. Parfois, il faut ainsi en passer d'abord par une motivation extrinsèque (les parents inscrivent leur petit à un cours de piano) avant de déclencher la motivation intrinsèque (le petit pratique le solfège, car il rêve de devenir un jour le pianiste d'un grand orchestre).
Nécessaire aussi, « la conviction chez l'enfant qu'il est en mesure d'affronter avec ses compétences de nouveaux défis et difficultés », ajoute le chercheur. Entendez: si la barre est trop haute, ou si l'on dénigre trop souvent le travail accompli, tout l'intérêt retombe car il faut toujours pouvoir envisager un avenir à son apprentissage. Enfin, troisième donnée incontournable selon Fabien Fenouillet, le fait de se sentir bien dans son groupe.
« L'enfant a besoin de partager ses valeurs dans un réseau amical, explique-t-il. Même s'il y a de la compétition dans l'air, il pourra évoluer avec d'autres petits compétiteurs. » À éviter donc, la compétition qui isole. D'autant plus regrettable qu'elle est l'une des bases du système scolaire actuel.
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« Il y a quinze ans, quand un élève me disait qu'il n'avait aucune envie de se lancer dans les 100 mètres de course à pied qu'il avait consigne de faire avec sa classe, je le houspillais et lui disais: “Tu le fais quand même!”, avoue Charles Martin-Krumm, enseignant chercheur à l'IUFM [institut universitaire de formation des mâitres] de Bretagne et ancien professeur d'éducation physique dans un collège. Il y a dix ans, poursuit-il, j'utilisais le système récompense-punition : “ Si tu ne cours pas, tu vas avoir zéro !” » Par la suite, échaudé par l'inefficacité de ces méthodes, le professeur a fait autrement : « Je dis à ce garçon que je le comprends, que ça n'est pas marrant de courir sous la pluie, mais que cela, s'il le fait à son rythme, va l'aider à être en forme toute la journée, et bien en phase avec ses copains. »
Empathie, autonomisation et proximité sociale. Telles sont les ressources qu'empruntait donc cet enseignant pour favoriser la motivation de ses élèves. Des stratégies très éloignées de la traditionnelle politique du « bâton et de la carotte » et explorées notamment dans les recherches en psychologie positive, notamment celles réalisées dans l'équipe du professeur Philippe Sarrazin, chercheur de l'université Joseph-Fourier, à Grenoble, qui constate dans l'un des chapitres du Traité de psychologie positive (dirigé par Charles Martin-Krumm et Cyril Tarquinio aux Éditions de Boeck) : « Quand un individu intrinsèquement motivé reçoit des récompenses pour réaliser l'activité, il a progressivement tendance à dissocier ces deux incitateurs du comportement et à considérer la raison externe comme plus prégnante que la raison interne. Autrement dit, il perçoit progressivement qu'il n'est plus “ à l'origine ” de ses actes et que ce qui cause ou régule son comportement est à l'extérieur de lui-même. » Résultat : l'enfant apprend seulement pour recevoir des bons points et non plus pour satisfaire sa curiosité. Celle-ci risque alors de s'épuiser.
Pour « les 5 élèves sur 25 » qui ne marchent plus dans le système punition/récompense, il faut aussi pointer l'utilité de certaines matières dans la vie personnelle des adultes qu'ils deviendront, estime Charles Martin-Krumm : « En philosophie, par exemple, on peut les encourager à faire des choix parmi des romans ou des essais qui leur serviront quand ils auront quitté le lycée. » Autre facteur réellement motivant : changer de regard sur leurs erreurs et leurs échecs. « Pour satisfaire le besoin d'autonomie d'un élève, on lui demandera de trouver lui-même des pistes de correction concernant ses ratages, explique ce professeur. Et on valorisera le processus d'apprentissage par essais/erreurs. » Des méthodes qui vont dans le sens des découvertes de Frédérique Autin ou Jean-Claude Croizet, de l'université de Poitiers et du Cerca (Centre de recherches sur la cognition et l'apprentissage), qui viennent de montrer qu'en permettant à l'enfant d'échouer, on lui évite de se sentir mal face à l'échec et l'on renforce ainsi en lui esprit d'initiative et envie de progresser.
Éviter la compétition qui isole
Il semble désormais évident que la motivation, à la fois puissante source d'efforts et moteur fragile, souvent susceptible de se gripper, ne peut s'épanouir que dans un environnement satisfaisant certains besoins psychologiques de l'enfant. Quels sont ces besoins? Fabien Fenouillet, professeur en psychologie cognitive de l'université de Nanterre Paris Ouest et auteur de Motivation et réussite scolaire(Éd. Dunod), en dénombre notamment trois. En premier lieu, l'autodétermination: «L'intérêt est plus facile à venir lorsque l'enfant a une marge de liberté dans ce qu'il a à accomplir et a l'impression que c'est lui qui a choisi», explique-t-il. Parfois, il faut ainsi en passer d'abord par une motivation extrinsèque (les parents inscrivent leur petit à un cours de piano) avant de déclencher la motivation intrinsèque (le petit pratique le solfège, car il rêve de devenir un jour le pianiste d'un grand orchestre).
Nécessaire aussi, « la conviction chez l'enfant qu'il est en mesure d'affronter avec ses compétences de nouveaux défis et difficultés », ajoute le chercheur. Entendez: si la barre est trop haute, ou si l'on dénigre trop souvent le travail accompli, tout l'intérêt retombe car il faut toujours pouvoir envisager un avenir à son apprentissage. Enfin, troisième donnée incontournable selon Fabien Fenouillet, le fait de se sentir bien dans son groupe.
« L'enfant a besoin de partager ses valeurs dans un réseau amical, explique-t-il. Même s'il y a de la compétition dans l'air, il pourra évoluer avec d'autres petits compétiteurs. » À éviter donc, la compétition qui isole. D'autant plus regrettable qu'elle est l'une des bases du système scolaire actuel.
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mardi 20 novembre 2012
Trois fois plus de gens infectés au Québec par les infections transmissibles sexuellement en 15 ans
Malgré toutes les campagnes constantes auprès des jeunes avec les sous du contribuable, les infections de chlamydia et de gonorrhée ont triplé depuis 1997. Les infections transmissibles sexuellement continuent de se propager en flèche au sein de la population québécoise, alors que trois fois plus de gens sont infectés qu'il y a 15 ans. La syphilis enregistre la hausse la plus spectaculaire, alors que 636 cas ont été déclarés en 2011. Peut-être n'est-ce pas sans rapport avec la morale hédoniste transmise par l'éducation québécoise, les gros médias et les campagnes gouvernementales. Voir ci-dessous des comédiens stipendiés par le gouvernement qui invitent à la cantine à « Baiiiiiisez… Aiiiiiimez… Trippppez… »
Avec 19 165 cas déclarés en 2011, l’infection génitale à Chlamydia trachomatis (C. trachomatis) est l’infection transmissible sexuellement (ITS) à déclaration obligatoire la plus fréquente. Les 9 548 cas d’infection génitale à C. trachomatis déclarés chez les jeunes femmes de 15 à 24 ans représentent 50 % de tous les cas de cette infection déclarés en 2011 (19 165 cas). Le nombre total de cas a presque triplé entre 1997 et 2011 et les taux d’incidence ont augmenté chez les deux sexes et dans tous les groupes d’âge.
Le nombre de cas déclarés d’infection gonococcique a plus que triplé entre 1997 et 2011 passant de 555 à 1 883 cas. Depuis 2005, l’augmentation observée est particulièrement marquée, notamment chez les 15 à 29 ans qui comptent parmi les groupes les plus touchés. En 2011, 44 % des cas déclarés l’ont été chez des jeunes de 15 à 24 ans. Cette progression est observée chez les deux sexes, mais l’augmentation la plus importante du taux d’incidence (de 2,3 fois ou 125 %) a été observée chez les femmes de 25 à 29 ans.
Cependant, l’infection gonococcique reste davantage déclarée chez les hommes que les femmes. En 2011, 63 % des cas ont été déclarés chez des hommes.
Le nombre de cas déclarés de syphilis infectieuse est également en rapide progression, étant passé de 9 cas en 1997 à 636 cas en 2011. Chez les jeunes hommes de 15 à 24 ans, le nombre de cas et le taux d’incidence de syphilis infectieuse ont presque triplé entre 2009 (40 cas, 7,9 par 100 000) et 2011 (112 cas, 22,1 par 100 000). Bien que l’infection continue de toucher majoritairement les homosexuels mâles, de plus en plus de cas féminins par transmission hétérosexuelle sont déclarés (16 en 2009, 26 en 2010 et 25 en 2011). Un cas de syphilis congénitale a d’ailleurs été déclaré au début de 2011. En raison de la gravité des conséquences pour le nouveau-né, un seul cas doit être considéré comme un signal d’alarme et représente une faille au niveau de la prévention des infections néonatales au Québec.
L’augmentation de l’incidence des cas déclarés d’ITS bactériennes (infection génitale à Chlamydia trachomatis, infection gonococcique et syphilis infectieuse) révèle une situation préoccupante en raison des complications possibles, notamment l’infertilité tubaire. Cette situation épidémiologique est susceptible de mener à de lourdes conséquences pour la santé reproductive des femmes.
Le programme de surveillance de l’infection par le VIH au Québec a enregistré 6 352 cas, dont 3 291 nouveaux diagnostics, depuis son implantation en avril 2002 jusqu’en décembre 2010.
• Globalement, la tendance du nombre de nouveaux diagnostics est assez stable depuis 2003, oscillant entre 307 et 456 par année. En 2009 et 2010, respectivement, 307 et 318 nouveaux diagnostics ont été déclarés.
• Les « hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH) » dans le jargon gouvernemental (les homos quoi) représentent la catégorie d’exposition la plus fréquemment observée (62,0 % des personnes nouvellement diagnostiquées en 2010). La proportion d’HARSAH (des homos) est en augmentation depuis 2004.
• Les personnes originaires de pays où l’infection par le VIH est fortement endémique comptent pour 15,4 % des nouveaux diagnostics enregistrés en 2010. Cette catégorie d’exposition est la plus importante chez les femmes avec 47,5 % des nouveaux diagnostics. Ces proportions varient peu au cours des années.
• Les utilisateurs de drogues par injection (UDI) comptent pour 4,1 % des nouveaux diagnostics de VIH en 2010, et cette proportion diminue de façon constante depuis le début du programme de surveillance.
Le nombre de cas déclarés d’infection gonococcique a plus que triplé entre 1997 et 2011 passant de 555 à 1 883 cas. Depuis 2005, l’augmentation observée est particulièrement marquée, notamment chez les 15 à 29 ans qui comptent parmi les groupes les plus touchés. En 2011, 44 % des cas déclarés l’ont été chez des jeunes de 15 à 24 ans. Cette progression est observée chez les deux sexes, mais l’augmentation la plus importante du taux d’incidence (de 2,3 fois ou 125 %) a été observée chez les femmes de 25 à 29 ans.
Cependant, l’infection gonococcique reste davantage déclarée chez les hommes que les femmes. En 2011, 63 % des cas ont été déclarés chez des hommes.
Le nombre de cas déclarés de syphilis infectieuse est également en rapide progression, étant passé de 9 cas en 1997 à 636 cas en 2011. Chez les jeunes hommes de 15 à 24 ans, le nombre de cas et le taux d’incidence de syphilis infectieuse ont presque triplé entre 2009 (40 cas, 7,9 par 100 000) et 2011 (112 cas, 22,1 par 100 000). Bien que l’infection continue de toucher majoritairement les homosexuels mâles, de plus en plus de cas féminins par transmission hétérosexuelle sont déclarés (16 en 2009, 26 en 2010 et 25 en 2011). Un cas de syphilis congénitale a d’ailleurs été déclaré au début de 2011. En raison de la gravité des conséquences pour le nouveau-né, un seul cas doit être considéré comme un signal d’alarme et représente une faille au niveau de la prévention des infections néonatales au Québec.
L’augmentation de l’incidence des cas déclarés d’ITS bactériennes (infection génitale à Chlamydia trachomatis, infection gonococcique et syphilis infectieuse) révèle une situation préoccupante en raison des complications possibles, notamment l’infertilité tubaire. Cette situation épidémiologique est susceptible de mener à de lourdes conséquences pour la santé reproductive des femmes.
Le programme de surveillance de l’infection par le VIH au Québec a enregistré 6 352 cas, dont 3 291 nouveaux diagnostics, depuis son implantation en avril 2002 jusqu’en décembre 2010.
• Globalement, la tendance du nombre de nouveaux diagnostics est assez stable depuis 2003, oscillant entre 307 et 456 par année. En 2009 et 2010, respectivement, 307 et 318 nouveaux diagnostics ont été déclarés.
• Les « hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH) » dans le jargon gouvernemental (les homos quoi) représentent la catégorie d’exposition la plus fréquemment observée (62,0 % des personnes nouvellement diagnostiquées en 2010). La proportion d’HARSAH (des homos) est en augmentation depuis 2004.
• Les personnes originaires de pays où l’infection par le VIH est fortement endémique comptent pour 15,4 % des nouveaux diagnostics enregistrés en 2010. Cette catégorie d’exposition est la plus importante chez les femmes avec 47,5 % des nouveaux diagnostics. Ces proportions varient peu au cours des années.
• Les utilisateurs de drogues par injection (UDI) comptent pour 4,1 % des nouveaux diagnostics de VIH en 2010, et cette proportion diminue de façon constante depuis le début du programme de surveillance.
Source
Voir aussi
Enquête sur le surpoids, la consommation de drogues, d'alcool et la sexualité des jeunes Québécois
Comédiens fonctionnaires dans un cégep : Baiiiiiisez… Aiiiiiimez… Trippppez…
Les campagnes de publicité crues du gouvernement du Québec...
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Californie — La proposition n° 30 passe, elle doit assurer le financement des écoles et universités d'État en augmentant les taxes
CALIFORNIE — Les jeunes et les minorités ethniques ont massivement soutenu la proposition № 30 soumis à référendum plus tôt ce mois.
Dans l'ensemble, 54 pour cent des Californiens ont voté pour la proposition № 30, alors que 46 pour cent s'y sont opposés. En approuvant cette mesure, les Californiens ont décidé d'augmenter la taxe californienne sur la vente d'un quart de cent par an pendant quatre ans et d'augmenter l'impôt sur le revenu des particuliers de 3 % pendant sept ans pour les personnes gagnant plus de 250.000 dollars par an (ou 500.000 $/an pour les couples qui remplissent une déclaration fiscale conjointe). Ces hausses devraient renflouer les coffres de l'État de 6 milliards de $ par an. Selon le gouverneur Brown, ces sommes supplémentaires devraient servir à financer l'éducation publique, la sécurité publique et d'autres programmes du gouvernement de l'État.
L'immense majorité (77 %) des électeurs ayant voté pour la proposition 30 disent l'avoir fait pour éviter que les écoles publiques ne subissent des coupes draconiennes Parmi ceux qui se sont opposés à la proposition n° 30, deux raisons semblent l'emporter : quarante-neuf pour cent ont déclaré que l'initiative n'était qu'une « astuce » qui ne garantirait en rien que les écoles soient mieux financées alors que 42 pour cent pensent qu'il s'agit d'« une augmentation de 6 milliards de $ d'impôts alors que les Californiens paient déjà les impôts les plus élevés du pays. »
Jeunes et minorités ethniques ont fait passer la proposition
Près des deux tiers des jeunes électeurs âgés de 18 à 29 ont déclaré avoir voté pour la proposition № 30, alors que seuls 35 pour cent des électeurs dans ce groupe d'âge qui ont déclaré avoir voté contre. Les Latinos ont également largement soutenu la proposition n° 30, avec 58 % en sa faveur. Les électeurs noirs ont soutenu l'initiative à 68 % contre 32 %, alors que les électeurs asiatiques ont également largement favorisé la mesure. Seuls les blancs ont voté en majorité (52 %) contre cette proposition.
Un revirement en 34 ans...
Il y a un siècle, inspirés par les référendums suisses, plusieurs États de l'Ouest ont décidé d'instaurer le processus d'« initiative » ou de « proposition » soumise au peuple lors d'un référendum afin de contrer le pouvoir des lobbies bien argentés et soutenus par les milieux financiers.
L'initiative la plus importante ces dernières années fut la proposition n° 13. Cette proposition, de son nom complet l'Initiative populaire de limitation de la taxation sur la propriété, fut votée lors d'un référendum d'initiative populaire en Californie en 1978. Elle limite les impôts fonciers que l'État peut percevoir. Pour d'aucuns, comme Stephen Moore du Cato Institute, la proposition 13 marque le début de la « révolution conservatrice » américaine. Cette proposition limite à 1 % de la valeur d'un bien foncier l'impôt foncier qui peut être prélevé sur celui-ci.
Son impact en Californie, et en particulier sur ses écoles, a été énorme : elle a fortement limité la croissance des dépenses publiques. C'est ainsi que les dépenses par élève en Californie sont aujourd'hui parmi les plus basses des États-Unis. Pour le New Yorker, les propriétaires âgés et blancs avaient simplement décidé de ne pas payer pour l'éducation d'une population scolaire de plus en plus brune.
Un État de moins en moins blanc
La population blanche de la Californie a diminué depuis 2000 à un rythme sans précédent, hâtant le jour où les Hispaniques constitueront le groupe le plus important de l'État le plus peuplé des États-Unis. La population blanche en Californie a diminué de plus d'un million de personnes en dix ans, une période pendant laquelle la population de l'État augmentait de plus de 3 millions d'habitants pour atteindre 37,35 millions d'habitants.
Si les Hispaniques représentent désormais 37 % de la population, ils ne constituent encore que 22 % de l’électorat, car leur population est jeune et tous les adultes ne sont pas naturalisés (ou même des immigrés légaux).
Les causes du déclin de la population blanche sont multiples. Parmi celles-ci, l'exode des blancs vers les États limitrophes où les impôts sont moindres, l'accès à la propriété plus abordable et la qualité de vie serait meilleure. Breitbar rappelle que les augmentations prévues dans la proposition № 30 ne sont pas les seules qui frapperont les Californiens. De nombreuses municipalités ont également accru la pression fiscale s'exerçant sur leurs administrés. Bien plus, les démocrates de l'État possèdent désormais une « supermajorité » à l'Assemblée législative californienne, ce qui leur permettra facilement d'augmenter les impôts. En effet, la proposition n° 13 en 1978 avait fait inscrire dans la constitution de la Californie que toute augmentation des impôts requérait une majorité des deux tiers dans les deux chambres de l'Assemblée législative. Les démocrates du gouverneur Brown la possèdent aujourd'hui.
Fuite accélérée de la classe moyenne et des blancs
Une étude du Manhattan Institute publiée en septembre accusait une réglementation excessive et des impôts trop élevés de faire fuir près de 225.000 résidents de la Californie par an depuis 1990. Entre 2000 et 2010, l'émigration a entraîné de lourdes pertes de revenus : 5,67 milliards en faveur du Nevada, 4,96 milliards de dollars pour l'Arizona, 4,07 milliards au bénéfice du Texas et 3,85 milliards de dollars pour l'Oregon.
L'étude affirmait également que « si ces tendances se maintenaient la Californie pourrait se retrouver dans une situation similaire à celle de New York et des États de la Ceinture de rouille du Mid-Ouest à la fin du XXe siècle. États qui ont vu stagner ou même décroître leur population pendant des décennies. » Pour Breitbar, tout indique que cet exode des Blancs et de la classe moyenne devrait s'accélérer.
Un rapport du Bureau fédéral du recensement publié récemment indique qu'environ 8,8 millions de personnes en Californie avaient été pauvres pendant la période d'étude allant de 2009 à 2011. Le taux de pauvreté de l'État aurait atteint 23,5 pour cent. Le taux de « l'État doré » est désormais deux fois plus important que celui d'un État traditionnellement pauvre comme la Virginie-Occidentale et sensiblement plus mauvais que les taux de pauvreté du Mississippi, de l'Alabama, de l'Arkansas et du Texas. En 1969, seuls 11,1 pour cent de la population californienne étaient considérés comme pauvres.
Des minorités naturellement démocrates ?
Certains stratèges du Parti républicain pensent que les Hispaniques sont naturellement des républicains parce qu'ils seraient des conservateurs sociaux et moraux. En effet, les Latinos sont en majorité contre le mariage homosexuel, sont pratiquants et valorisent la famille.
Pour certains chroniqueurs, les minorités ethniques bénéficient trop de l'État-providence pour se rallier au message du moins d'État et de la famille traditionnelle des vieux Anglo-saxons. Comme le rappelle Rich Lowry, selon le Bureau du recensement, 50 pour cent de tous les ménages de Latinos nés aux États-Unis avec enfants sont dirigés par des mères célibataires. Environ 40 pour cent de tous les ménages hispaniques nés aux États-Unis reçoivent des prestations d'un important programme d'aide sociale. (Pour les idées reçues sur qui est un conservateur social aux États-Unis lire ce billet.) Les Latinos adoptent un point de vue démocrate vis-à-vis du rôle du gouvernement. Prenons les soins de santé. Un sondage ImpreMedia/Latino Decisions mené à la veille de l'élection présidentielle a révélé que 61 pour cent des Latinos soutiennent Obamacare. Soixante-six pour cent pensent que le gouvernement devrait assurer l'accès à l'assurance maladie. Ce n'est sans doute pas sans rapport avec le fait que 32 pour cent des Latinos non retraités n'ont pas d'assurance maladie, soit deux fois la moyenne nationale.
Pour Mark Steyn, les Républicains se bercent d'illusions et se leurrent : on assiste à une tribalisation croissante des élections en Californie comme aux États-Unis. Le résultat d'un vote est de plus en plus prévisible si l'on connaît l'importance de chaque « race » et sa mobilisation.
Source : du sondage à la sortie des urnes, San José Mercury News, The New Yorker
Voir aussi
Californie — Clivage ethnique important au sujet du financement public des études des illégaux
Californie — Le programme scolaire devra intégrer « la contribution des homosexuels et transsexuels » à l'histoire américaine
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Dans l'ensemble, 54 pour cent des Californiens ont voté pour la proposition № 30, alors que 46 pour cent s'y sont opposés. En approuvant cette mesure, les Californiens ont décidé d'augmenter la taxe californienne sur la vente d'un quart de cent par an pendant quatre ans et d'augmenter l'impôt sur le revenu des particuliers de 3 % pendant sept ans pour les personnes gagnant plus de 250.000 dollars par an (ou 500.000 $/an pour les couples qui remplissent une déclaration fiscale conjointe). Ces hausses devraient renflouer les coffres de l'État de 6 milliards de $ par an. Selon le gouverneur Brown, ces sommes supplémentaires devraient servir à financer l'éducation publique, la sécurité publique et d'autres programmes du gouvernement de l'État.
L'immense majorité (77 %) des électeurs ayant voté pour la proposition 30 disent l'avoir fait pour éviter que les écoles publiques ne subissent des coupes draconiennes Parmi ceux qui se sont opposés à la proposition n° 30, deux raisons semblent l'emporter : quarante-neuf pour cent ont déclaré que l'initiative n'était qu'une « astuce » qui ne garantirait en rien que les écoles soient mieux financées alors que 42 pour cent pensent qu'il s'agit d'« une augmentation de 6 milliards de $ d'impôts alors que les Californiens paient déjà les impôts les plus élevés du pays. »
Jeunes et minorités ethniques ont fait passer la proposition
Près des deux tiers des jeunes électeurs âgés de 18 à 29 ont déclaré avoir voté pour la proposition № 30, alors que seuls 35 pour cent des électeurs dans ce groupe d'âge qui ont déclaré avoir voté contre. Les Latinos ont également largement soutenu la proposition n° 30, avec 58 % en sa faveur. Les électeurs noirs ont soutenu l'initiative à 68 % contre 32 %, alors que les électeurs asiatiques ont également largement favorisé la mesure. Seuls les blancs ont voté en majorité (52 %) contre cette proposition.
Un revirement en 34 ans...
Il y a un siècle, inspirés par les référendums suisses, plusieurs États de l'Ouest ont décidé d'instaurer le processus d'« initiative » ou de « proposition » soumise au peuple lors d'un référendum afin de contrer le pouvoir des lobbies bien argentés et soutenus par les milieux financiers.
L'initiative la plus importante ces dernières années fut la proposition n° 13. Cette proposition, de son nom complet l'Initiative populaire de limitation de la taxation sur la propriété, fut votée lors d'un référendum d'initiative populaire en Californie en 1978. Elle limite les impôts fonciers que l'État peut percevoir. Pour d'aucuns, comme Stephen Moore du Cato Institute, la proposition 13 marque le début de la « révolution conservatrice » américaine. Cette proposition limite à 1 % de la valeur d'un bien foncier l'impôt foncier qui peut être prélevé sur celui-ci.
Son impact en Californie, et en particulier sur ses écoles, a été énorme : elle a fortement limité la croissance des dépenses publiques. C'est ainsi que les dépenses par élève en Californie sont aujourd'hui parmi les plus basses des États-Unis. Pour le New Yorker, les propriétaires âgés et blancs avaient simplement décidé de ne pas payer pour l'éducation d'une population scolaire de plus en plus brune.
Un État de moins en moins blanc
La population blanche de la Californie a diminué depuis 2000 à un rythme sans précédent, hâtant le jour où les Hispaniques constitueront le groupe le plus important de l'État le plus peuplé des États-Unis. La population blanche en Californie a diminué de plus d'un million de personnes en dix ans, une période pendant laquelle la population de l'État augmentait de plus de 3 millions d'habitants pour atteindre 37,35 millions d'habitants.
Si les Hispaniques représentent désormais 37 % de la population, ils ne constituent encore que 22 % de l’électorat, car leur population est jeune et tous les adultes ne sont pas naturalisés (ou même des immigrés légaux).
Les causes du déclin de la population blanche sont multiples. Parmi celles-ci, l'exode des blancs vers les États limitrophes où les impôts sont moindres, l'accès à la propriété plus abordable et la qualité de vie serait meilleure. Breitbar rappelle que les augmentations prévues dans la proposition № 30 ne sont pas les seules qui frapperont les Californiens. De nombreuses municipalités ont également accru la pression fiscale s'exerçant sur leurs administrés. Bien plus, les démocrates de l'État possèdent désormais une « supermajorité » à l'Assemblée législative californienne, ce qui leur permettra facilement d'augmenter les impôts. En effet, la proposition n° 13 en 1978 avait fait inscrire dans la constitution de la Californie que toute augmentation des impôts requérait une majorité des deux tiers dans les deux chambres de l'Assemblée législative. Les démocrates du gouverneur Brown la possèdent aujourd'hui.
Fuite accélérée de la classe moyenne et des blancs
Une étude du Manhattan Institute publiée en septembre accusait une réglementation excessive et des impôts trop élevés de faire fuir près de 225.000 résidents de la Californie par an depuis 1990. Entre 2000 et 2010, l'émigration a entraîné de lourdes pertes de revenus : 5,67 milliards en faveur du Nevada, 4,96 milliards de dollars pour l'Arizona, 4,07 milliards au bénéfice du Texas et 3,85 milliards de dollars pour l'Oregon.
L'étude affirmait également que « si ces tendances se maintenaient la Californie pourrait se retrouver dans une situation similaire à celle de New York et des États de la Ceinture de rouille du Mid-Ouest à la fin du XXe siècle. États qui ont vu stagner ou même décroître leur population pendant des décennies. » Pour Breitbar, tout indique que cet exode des Blancs et de la classe moyenne devrait s'accélérer.
Un rapport du Bureau fédéral du recensement publié récemment indique qu'environ 8,8 millions de personnes en Californie avaient été pauvres pendant la période d'étude allant de 2009 à 2011. Le taux de pauvreté de l'État aurait atteint 23,5 pour cent. Le taux de « l'État doré » est désormais deux fois plus important que celui d'un État traditionnellement pauvre comme la Virginie-Occidentale et sensiblement plus mauvais que les taux de pauvreté du Mississippi, de l'Alabama, de l'Arkansas et du Texas. En 1969, seuls 11,1 pour cent de la population californienne étaient considérés comme pauvres.
Des minorités naturellement démocrates ?
Certains stratèges du Parti républicain pensent que les Hispaniques sont naturellement des républicains parce qu'ils seraient des conservateurs sociaux et moraux. En effet, les Latinos sont en majorité contre le mariage homosexuel, sont pratiquants et valorisent la famille.
Pour certains chroniqueurs, les minorités ethniques bénéficient trop de l'État-providence pour se rallier au message du moins d'État et de la famille traditionnelle des vieux Anglo-saxons. Comme le rappelle Rich Lowry, selon le Bureau du recensement, 50 pour cent de tous les ménages de Latinos nés aux États-Unis avec enfants sont dirigés par des mères célibataires. Environ 40 pour cent de tous les ménages hispaniques nés aux États-Unis reçoivent des prestations d'un important programme d'aide sociale. (Pour les idées reçues sur qui est un conservateur social aux États-Unis lire ce billet.) Les Latinos adoptent un point de vue démocrate vis-à-vis du rôle du gouvernement. Prenons les soins de santé. Un sondage ImpreMedia/Latino Decisions mené à la veille de l'élection présidentielle a révélé que 61 pour cent des Latinos soutiennent Obamacare. Soixante-six pour cent pensent que le gouvernement devrait assurer l'accès à l'assurance maladie. Ce n'est sans doute pas sans rapport avec le fait que 32 pour cent des Latinos non retraités n'ont pas d'assurance maladie, soit deux fois la moyenne nationale.
Pour Mark Steyn, les Républicains se bercent d'illusions et se leurrent : on assiste à une tribalisation croissante des élections en Californie comme aux États-Unis. Le résultat d'un vote est de plus en plus prévisible si l'on connaît l'importance de chaque « race » et sa mobilisation.
Source : du sondage à la sortie des urnes, San José Mercury News, The New Yorker
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