lundi 15 mars 2021

Google et Bing : Couple blanc et inventeur blanc

Saisissez « couple blanc » ou « inventeur blanc » dans la recherche Google. Regardez les photos.

Étrangement, il y a beaucoup de gens qui ne répondent pas à la requête... Cette incohérence n'apparaît pas si l'on cherche « couple noir » ou « inventeur noir ».


Bing ne fait pas mieux que Google, voici ses images pour les « couples blancs »...

Bizarrement, cherchez « criminel blanc » et là l'algorithme ne produit pas ces résultats panachés...

 
 
La recherche de Bing et de Google ne semble pas très au point...

Les ides de mars, le 15 mars en 44 av. J.-C.


Sur l’île de Montréal, chaque étudiant qui étudie en anglais reçoit 56 % de plus de fonds d’immobilisation que celui qui étudie en français

Selon Frédéric Lacroix :

Au Québec, les universités anglophones bénéficient d’un net avantage (d’un facteur quatre en proportion au poids démographique) pour ce qui est des fonds d’immobilisation investis par le gouvernement du Québec. Sur l’île de Montréal, un étudiant « pondéré » qui étudie en anglais bénéficie de 56 % de plus de fonds d’immobilisation qu’un étudiant qui étudie en français.

Un tel écart laisse songeur : pour reprendre une terminologie à la mode, serions-nous en présence d’une discrimination « systémique » envers les universités de langue française au Québec ? Les juristes qui traitent de discrimination concluent à l’existence d’une telle chose dès lors que des effets indirects, même involontaires, entraînent une différence de traitement constante et incapacitante sur la base d’une distinction comme la langue. Ce qui semble bien être le cas ici.

Cette iniquité de répartition des fonds s’ajoute aux iniquités d’attribution des fonds de recherche qui favorisent aussi les universités anglophones ainsi qu’à la politique de déréglementation des droits de scolarité pour les étudiants internationaux, qui bénéficie presque exclusivement aux universités anglaises. Celles-ci récoltaient 65 % des fonds versés par les étudiants internationaux en 2018-2019, soit 68,6 millions pour Concordia et 89 millions pour McGill comparativement à seulement 13 millions pour l’UdeM.

McGill, l’aristocrate de notre réseau universitaire, récolte la somme la plus importante en investissements d’immobilisation de tout le réseau, et ce, depuis au moins vingt ans (les données antérieures n’étant pas accessibles). McGill récolte 68,6 % plus d’argent par EETP pondéré que sa plus proche concurrente l’UdeM.

 

 Immobilisations par EETP pondéré en milliers de dollars (k$) pour 2019-2020 selon l’institution pour l’île de Montréal.

 

Voilà le contexte dans lequel il faut analyser le don que le gouvernement du Québec s’apprête à faire de l’ancien hôpital Royal Victoria à McGill, un projet gargantuesque qui augmentera de façon très importante la surface et les EETP reconnus à McGill (ce qui augmentera ensuite de façon permanente les investissements en immobilisation pour McGill, la propulsant encore plus haut dans le classement). Le gouvernement du Québec s’apprête à consolider la position dominante de l’université la plus riche au Québec.

Rappelons que McGill dispose annuellement de revenus de quelque 1,44 milliard de dollars (dont 236 millions provenant d’Ottawa et 365 millions provenant de droits de scolarité), possède 1,7 milliard de dollars dans sa fondation, et des biens évalués à 4,9 milliards de dollars. Alors que l’Université du Québec dépend à 90 % des fonds versés par le gouvernement et les étudiants du Québec, moins de la moitié du budget de McGill est dépendant de ces deux sources de revenus. McGill est un véritable empire financier.

McGill est également un important propriétaire foncier ; elle dispose de 730 000 mètres carrés d’espaces dont 613 000 mètres carrés reconnus par le MÉES. Même si McGill n’accueille pas le plus important effectif étudiant, elle est l’université possédant le plus vaste campus au Québec. Notons que l’UdeM a 598 000 mètres carrés d’espace reconnu et 122 263 EETP pondérés (4,9 m²/EETP) tandis que McGill a 87 809 EETP pondérés et 613 000 mètres carrés (7 m²/EETP). Que ce soit sous l’angle de l’argent investi par EETP ou sous celui de la surface par EETP, on peut constater que McGill surclasse toutes les autres. Mais cela ne suffit pas encore. Le plan de développement immobilier de McGill, le « Master Plan » qui prévoit les développements immobiliers futurs, est un document comptant… 182 pages ! On notera qu’à la page 95 de ce document, l’ancien hôpital Royal Victoria apparaît d’ores et déjà comme un des campus de McGill (le « Upper Campus East ») alors même que le transfert de cette institution publique à McGill n’est pas encore réalisé.

 

Immobilisations par EETP pondéré en milliers de dollars (k$) pour 2019-2020 selon la langue d’enseignement pour l’île de Montréal.

 

Malgré l’existence de méthodes objectives de normalisation de l’attribution des subventions d’immobilisation par Québec, il semble que la politique de financement des universités actuelle favorise de façon importante les universités anglophones en général et McGill en particulier dans l’attribution de subventions d’immobilisations au Québec.

Il faut noter dans le « Document d’information sur le financement universitaire » produit par l’Université du Québec, il est indiqué que « le fondement de la grille [de pondération des EETP] est partiellement arbitraire étant donné les choix effectués pour la construire ». On ne saurait mieux dire. La grille de pondération semble avoir été construite en intégrant comme base, sans chercher à le corriger, le surfinancement historique de l’université McGill, chose déjà relevée par l’historien Michel Brunet en 1963. Surfinancement qui se perpétue aujourd’hui.

Dans le cas de Concordia et de McGill, ces universités jouissent d’une situation géographique avantageuse, car elles desservent une clientèle urbaine, peu dispersée sur le territoire. Elles sont à même de concentrer leur développement au centre-ville de Montréal où elles possèdent des actifs immobiliers de grande valeur. En surfinançant leur enveloppe d’immobilisations, Québec amplifie leur avantage urbain.

L’étudiant est au cœur de la mission éducative des universités et devrait aussi être au cœur de la politique de financement. Cette politique de financement devrait viser à assurer, autant que faire se peut, des conditions d’études comparables partout sur le territoire québécois afin de donner à chaque étudiant une véritable égalité des chances. Il semble que la complexité et l’opacité de la formule de financement des universités aient fait perdre de vue cet objectif fondamental au MÉES (et aussi au gouvernement du Québec).

Les étudiants qui choisissent de s’inscrire dans une université anglaise au Québec sont favorisés ; ils disposent de plus de fonds d’immobilisation que les autres étudiants. L’on savait déjà que cela était le cas pour le financement provenant du gouvernement fédéral, qui favorise de façon odieuse les universités anglophones. Il est assez surprenant, par contre, que cela soit également le fait du gouvernement du Québec.


Californie — Nouveau programme scolaire recommande de chanter un « mantra d'unité » et autres incantations

Cette semaine, le ministère de l’Éducation de Californie votera sur un nouveau programme d’études ethniques à l’échelle de l’État qui prône la « décolonisation » de la société américaine et élève le symbolisme religieux aztèque — le tout au service d’une idéologie politique de gauche.

Le nouveau programme, appelé Modèle de Programme pour les études ethniques (Ethnic Studies Model Curriculum), vise à étendre une idéologie revendicatrice à l’ensemble du système d’enseignement primaire et secondaire de l’État, qui comprend 10 000 écoles publiques desservant un total de 6 millions d’élèves.

R. Tolteka Cuauhtin, le premier coprésident du programme d’études d’études ethniques, a développé une grande partie du matériel concernant les débuts de l’histoire américaine. Dans son livre Rethinking Ethnic Studies, Cuauhtin soutient que les États-Unis ont été fondés sur un « eurocentrique, suprémaciste blanc (raciste, anti-Noir, anti-indigène), capitaliste (classiste), patriarcal (sexiste et misogyne), hétéropatriarcal (homophobe) et anthropocentrique apporté d’Europe. »

La solution, selon Cuauhtin et le programme d’études ethniques, est de « nommer, parler, résister et transformer la condition néocoloniale eurocentrique hégémonique » dans une posture de « résistance transformationnelle ». Le but ultime est de « décoloniser » la société américaine et d’établir un nouveau régime de « contre-génocide » et de « contre-hégémonie », qui déplacera la culture chrétienne blanche et conduira à la « régénération de la futurité [sic : futurity en anglais, c’est tout aussi jargonneux] épistémique et culturelle indigène ». 

Mantra communautaire des études ethniques

Ce concept religieux s’incarne dans le « mantra communautaire des études ethniques » officiel du programme d’études. 

 

(Si Se Puede) Si Se Puede (x2) Oui, on le peut (espagnol)
Harambe UmojaSynergie, unité (souahéli)
Kemaktzin MochihuaOui, on peut y arriver (nahuatl)
Isaaaaaaaaaang BagsakUne lutte de faite,
beaucoup plus à venir (tagalog)
(Holla Back) We Got Your Back (x2) Nous vous soutenons (afro-américain)
(Amaaandla), AwethuÀ nous le pouvoir,
le pouvoir au peuple (zoulou/xhosa)
(Panche Bé), Panche BéLa racine de la vérité
(maya)
(In Lak Ech), In Lak Ech ! Tu es mon autre moi
(maya)
Tu eres mi otro yo,
You are my other me
Tu es mon autre moi (espagnol)
Tu es mon autre moi (anglais)
Si te hago daño a mi mismo,
I do harm to myself,
Si je te fais du mal à moi-même (espagnol)
Je me fais du mal (anglais)
Si te amo y respeto,
If I love and respect you,
Si je t’aime et te respecte (espagnol)
Si je t’aime et te respecte (anglais)
Me amo y respeto yo,
I love and respect myself.
In Lak Ech!
Je m’aime et me respecte (espagnol)
Je m’aime et me respecte (anglais)
Tu es mon autre moi (maya)
 

Chants, mantras et affirmations autochtones

Le programme recommande que les enseignants conduisent leurs élèves dans une série de chants, mantras et affirmations autochtones, y compris « l’affirmation In Lak Ech », qui fait appel directement aux dieux aztèques. Les élèves applaudissent et chantent d’abord le dieu Tezkatlipoka — que les Aztèques adoraient traditionnellement avec des sacrifices humains et du cannibalisme — lui demandant le pouvoir d’être des « guerriers » pour la « justice sociale ». Ensuite, les étudiants chantent aux dieux Quetzalcoatl, Huitzilopochtli et Xipe Totek, cherchant « des épistémologies de guérison » et « un esprit révolutionnaire ». Huitzilopochtli, en particulier, est la divinité aztèque de la guerre et a inspiré des centaines de milliers de sacrifices humains pendant le règne aztèque. Enfin, le chant atteint son paroxysme avec une demande de « libération, transformation [et] décolonisation », après quoi les élèves crient « Panche beh! Panche beh ! à la poursuite de la “conscience critique” ultime. »

In Lak Ech

Comme l’indique le matériel didactique, cette incantation « s’inspire de l’In Lak Ech (amour, unité, respect mutuel) et de Panche Bé (à la recherche des racines de la vérité) tel qu’élaboré par Roberto Cintli Rodriguez dans Notre Maïs sacré est notre Mère : Indigéneité et Appartenance dans les Amériques. Cependant, ce chant va un peu plus loin dans le Nahui Ollin (Quatre mouvements), tel qu’enseigné par Tupac Enrique Acosta de Tonatierra, et intégré par le professeur d’ELA Curtis Acosta anciennement du Département d’études mexicaines américaines de Tucson Unified School District) ».

Début et fin de l’incantation (nous avons traduit l’anglais en français et laissé l’espagnol)

Tú eres mi otro yo.
Tu es mon autre moi.
Si te hago daño a ti,
Si je te fais du mal,
Me hago daño a mi mismo.
Je me fais du mal.
Si te amo y respeto,
Si je t’aime et te respecte,
Me amo y respeto yo.
Je m’aime et me respecte.
In lak ech, (ressentez de l’empathie)
Panche bé, panche bé panche bé (pensez de manière critique)
Recherche des racines de la vérité, recherche de la vérité sur les racines,
les anciens et nous, les jeunes, (les jeunes), la pensée critique par :
Tezkatlipoka, Tezkatlipoka (bis)

[...]
la création pulsante huitzilopochtli
cause comme la lumière du soleil, la lumière à l’intérieur de nous,
dans la volonté d’agir ce qui apporte…
Xipe Totek, Xipe Totek, (bis)
transformation, libération, éducation, émancipation.
Revitalisation de l’imagination, libération, transformation,
Décolonisation, libération, éducation, émancipation,
changer notre situation dans cette transformation humaine,
la source de force qui nous permet de nous transformer et de nous renouveler.
Nous devons avoir la force de rejeter des opinions naïves ou auto-sabotantes,
ce qui peut nous empêcher de nous retenir plus
que nous ne l’avons jamais imaginé,
formidable quand nous embrassons une conscience créative
nouvelle et améliorée, critique et compatissante
Nous sommes ici pour transformer le monde
dans lequel nous tournons et tournons en spirale,
Rendre grâce tous les jours, Tlazokamati,
Remercier quotidiennement, Tlazokamati,
Guérissant et transformant alors que nous évoluons dans cet univers,
cet univers, de
Hunab Ku, Hunab Ku, (Bis)
Nahui Ollin Lak Ech — Panche Beh,
Études ethniques pour tous,
représentez !!

Un modèle de programme, pour l’instant, à imposer et bonifier pour le L. A. Times

Pour l’instant, le programme est un modèle. Comme le fait remarquer l’éditorialiste du Los Angeles Times, Karin Kleine, le 9 mars : « les districts scolaires seront libres de choisir ce qu’ils veulent dans le programme. » Karin Kleine préconise moins de souplesse : « Après tout, l’État va probablement exiger un semestre d’études ethniques au lycée. […] Plus que tout, j’aimerais qu’il y ait des directives plus définitives pour les écoles. Nous établissons des normes pour la plupart des programmes dans cet état. La souplesse est une bonne chose, mais si nous voulons obliger les étudiants à étudier l’une des questions les plus importantes de leur temps, ne devrait-il pas y avoir certaines normes minimales pour ce qu’ils doivent apprendre ? »

Pour l’éditorialiste, le programme a encore des défauts : « Même en se concentrant, comme il se doit, sur les quatre groupes qui sont historiquement le sujet des études ethniques — Noirs, Latino, Asiatiques et Amérindiens — le programme est mince sur trop de sujets clés ». Si dans cette troisième et finale mouture du programme, « le racisme systémique est maintenant mentionné à quelques reprises, le modèle n’examine pas ce sujet en particulier ni en profondeur. De même, il n’y a plus qu’un murmure sur le privilège des blancs. Alors que ces questions sont aujourd’hui à la base des relations raciales, certains groupes étant privés de nombreux avantages qui permettent aux Blancs d’accéder plus facilement à de bons éducateurs et à de bonnes carrières. »

dimanche 14 mars 2021

Histoire du Canada français — L'hégémonie conservatrice (1867-1896)


Sondage toujours en baisse pour Erin O'Toole après son recentrage et l'élimination de Derek Sloan

À une semaine du congrès du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole ne parvient pas à décoller malgré — où est-ce à cause ? — de son recentrage et de l’élimination d’éléments conservateurs sociaux du Parti conservateur.

Le taux d’approbation d’Erin O’Toole est le plus bas parmi les chefs fédéraux nationaux. Des sondages diffusés au cours des dernières semaines indiquent que les appuis au Parti conservateur du Canada (PCC) stagnent et que les taux d’approbation du chef de l’opposition officielle diminuent depuis janvier. Or, selon les plus récentes projections fédérales Qc125, si des élections avaient lieu cette semaine, le Parti libéral du Canada (PLC) serait le grand favori pour remporter la victoire — et peut-être même rafler une majorité de justesse à la Chambre des communes.

La semaine dernière, la maison Abacus Data a publié ses plus récents chiffres nationaux, qui incluaient les taux d’approbation des chefs fédéraux. À la question : « Avez-vous une impression positive ou négative des chefs fédéraux suivants ? », voici les résultats de l’échantillon complet du sondage :

Parmi les chefs de partis nationaux (donc sans le Bloc québécois), le conservateur Erin O’Toole affiche les pires résultats : 32 % des répondants affirment en avoir une mauvaise impression, contre seulement 20 % d’impression positive — pour un résultat net de –12.

Erin O’Toole est moins populaire auprès des électeurs que le parti qu’il dirige. En effet, le PCC récolterait 30 % d’intentions de vote, mais ils ne sont que 20 % à avoir une impression positive d’Erin O’Toole. Il est également mal aimé de ses propres troupes.

Contrairement aux autres chefs qui récoltent une opinion favorable dans des proportions avoisinant les 80 % auprès des électeurs de leur propre parti, seuls 62 % des électeurs conservateurs affirment avoir une bonne impression d’Erin O’Toole. De plus, seulement 10 % ou moins des électeurs des autres partis sont du même avis. Avec de tels chiffres, il pourrait être bien difficile pour O’Toole d’accroître la coalition conservatrice ou de recruter des électeurs appuyant d’autres partis.

D’autres maisons de sondage ont mesuré des tendances semblables depuis février. Selon les données de l’Institut Angus Reid, le taux net d’approbation du chef conservateur a chuté de sept points en février (–22) par rapport aux chiffres de janvier (–15). Comme pour les données d’Abacus Data, il s’agissait du score le plus bas parmi les chefs fédéraux nationaux.

Par contre, le PCC jouit d’une base électorale solide, probablement la plus fidèle au pays. En effet, parmi toutes les élections générales depuis la création du PCC, le parti n’a obtenu des suffrages sous la barre des 30 % qu’une seule fois — en 2004, lors du tout premier scrutin du parti, avec 29,6 %. 

Nous pensons que cette base est en fait souvent plus à droite (économiquement, moralement ou religieusement) que M. O’Toole. Son recentrage qui avait tellement plu à des commentateurs politiques comme M. Dumont ne semblent pas enthousiasmer ses propres troupes. Il faut dire que M. O’Toole n’adopte pas de véritables thèmes très à droite : rien sur l’immigration, la famille, l’avortement, le pouvoir aux provinces, etc. Ses dernières semaines, il a choisi de se concentrer sur un thème sans danger : critiquer la stratégie Trudeau sur les retards de livraison des vaccins.

 


L’avenir politique d’Erin O’Toole pourrait-il se jouer la semaine prochaine lors du congrès national du Parti conservateur, où des délégués de tout le pays établiront les bases de la plateforme du parti en vue de probables élections en 2021 ? Notons que cette délégation semble avoir été purgée de certains conservateurs sociaux si l’on en croit Derek Sloane qui agit toujours en coulisses après avoir été évincé du parti de façon mesquine et sous un prétexte qui n’a pu grandir M. O’Toole aux yeux des électeurs conservateurs au courant de ces manigances. Il en va sans doute différemment des électeurs progressistes du PCC (les fameux Red Tories), mais ce sont sans doute les plus volages et versatiles : ils peuvent facilement aller se réfugier dans d’autres partis centristes, notamment le Parti libéral.



Billet du 22 février

Il y a un mois, le 20 janvier, Derek Sloan avait été expulsé du Parti conservateur du Canada. Derek Sloan est un conservateur social, chrétien engagé, père de trois enfants métissés.

Mario Dumont, journaliste de Québecor, avait alors salué avec enthousiasme cette éviction : « O’Toole a l’étoffe d’un Premier ministre […] Le chef du Parti conservateur du Canada vient de poser un geste fort en montrant la porte à son député associé aux mouvances complotistes. » L’article de Mario pointait toujours vers ce prétexte ridicule d’un don de 131 $ de la part de quelqu’un qui serait un suprématiste blanc. Le don, sous un nom légèrement modifié, fut accepté par la campagne de Derek Sloan et le parti conservateur (car une partie de l’argent va au parti). Le même donateur sulfureux avait été accepté comme membre du parti sans que cela ne provoque la moindre inquiétude.

Le 20 janvier, même O’Toole n’utilisait plus le paravent du don de 131 $, mais invoqua un « manque de respect envers l’équipe conservatrice [d’O’Toole] pendant plus d’un an » pour expulser Derek Sloan.

Il ne semble pas que cette élimination d’un concurrent conservateur ait augmenté la popularité d’Erin O’Toole. En effet, le chef conservateur a vu son image se dégrader selon le sondage Angus Reid daté de 27 janvier (Federal Politics: Liberals hold lead in vote intention as unfavourable views of CPC leader intensify).

Un mois plus tard, le 22 février, alors que le taux d’approbation de Justin Trudeau tombe maintenant sous le niveau de la majorité, son principal rival politique, le Parti conservateur et chef de l’opposition, Erin O’Toole, continue également de baisser légèrement. O’Toole occupe le poste depuis moins d’un an, mais il est peu aimé des Canadiens. Son taux de favorabilité continue de baisser tandis que la proportion de ceux qui le voient défavorablement continue d’augmenter. La moitié des Canadiens disent maintenant le voir sous un jour négatif.

M. O’Toole a axé ses interventions sur des sujets éminemment centristes :  l’économie, la condamnation de la Chine et sa politique contre les Ouïghours, l’importance des ressources naturelles au Canada, l’organisation défaillante de la vaccination. Il ne parle ni de l’immigration, ni de valeurs morales, ni de l’identité occidentale du Canada, pas plus que du correctivisme politique dans les universités ou les écoles.

Recentrage qui pourrait s’avérer contreproductif

Si cette tendance devait se confirmer, il est permis de penser que le tour de passe-passe d’O’Toole qui s’est transformé en un tour de main de « vrai bleu » (vrai conservateur) en « libéral allégé » à « l’étoffe d’un Premier ministre » n’aboutira qu’à aliéner les conservateurs tout en échouant de convaincre de nouveaux électeurs.

Il faut se rappeler que les conservateurs désabusés peuvent s’abstenir de voter, voter pour le Parti populaire ou voter pour le Bloc québécois au Québec (rappelons qu’Erin O’Toole avait réussi à s’attirer de nombreuses voix du Québec en promettant davantage de pouvoirs aux provinces y compris dans le domaine de l’immigration et de la culture). Quant aux centristes déçus par Trudeau, ils n’ont pas besoin du PCC, de nombreux autres choix électoraux s’offrent à eux.

Le dernier sondage de l’Institut Angus Reid donne aux libéraux une longueur d’avance sur les conservateurs à l’échelle nationale — 34 % de soutien pour les libéraux à 31 % pour les conservateurs. Le NPD a un appui de 20 %, les Verts un soutien de 5 % et le Bloc à 7 % au niveau fédéral.

Au niveau du Québec, le BQ est très compétitif au Québec où il rallie 29 % de soutien, il talonne le PLC qui vogue à 32 % d’appui, le Parti conservateur est troisième à 18 %, talonné par le NPD à 15 %. Les Verts sont loin derrière à 4 %.


 

Québec — 12 750 enfants sont instruits à domicile, étaient 5964 en 2019-2020 et 4968 en 2018-2019

À trois mois de la fin d’une année scolaire atypique, où les classes ont dû fermer et rouvrir au gré des éclosions, des parents avaient choisi dès le début de faire l’école à la maison.

Ils sont 12 750 enfants à faire leur parcours scolaire à domicile pour l’année 2020-2021, comparativement à 5964 enfants pour l’année précédente et 4968 enfants en 2018-2019.

Ce sont les plus récentes données du ministère de l’Éducation qui chapeaute la Direction de l’enseignement à la maison. C’est celle-ci qui encadre depuis 2017 ce modèle d’éducation.

L’enseignement à la maison gagne de plus en plus d’adeptes. Bien qu’encore marginal — à peine 1,3 % des élèves du Québec — c’est tout de même près de 7000 parents de plus qui ont opté pour ce mode d’enseignement pour l’année scolaire en cours, comparativement à l’an dernier.

Plusieurs raisons ont motivé leur choix, notamment la crainte du virus et la recherche d’une forme de stabilité en cette année bien particulière.

De multiples raisons

C’est le cas d’Audrey Forand, qui vit avec son conjoint et leurs deux enfants à Saint-Hippolyte dans les Laurentides.

« Moi, c’est vraiment la COVID qui m’a amenée à prendre cette décision. J’ai toujours trouvé ça intéressant l’école à la maison, mais ça allait bien à l’école, et puis je travaillais. Ce n’était pas dans mes plans de changer. Mais avec la COVID. […]Je trouvais ça inquiétant de l’envoyer à l’école. Je me disais : “Elle est juste en 2e année, il va peut-être falloir qu’elle porte un masque. Est-ce que je vais stresser toute l’année ? Juste se laver les mains, c’est compliqué pour toute une classe.” »

Elle a donc opté pour l’éducation à domicile pour sa fille. Mme Forand donne la majorité des leçons et son conjoint prend le relais pour les cours d’anglais.

Dans le contexte actuel, l’enseignement à la maison s’avère plus simple et occasionne « moins de stress pour toute la famille ».

Sa fille aime la formule. « C’est plus relaxant », lance la jeune élève qui voit ses heures de cours comprimées en deux heures au lieu de journées entières comme ce serait le cas à l’école.

Mme Forand planifie toutefois de retourner sa fille dans le système scolaire en septembre prochain.

Pour Ketsia Lefebvre, qui avait déjà songé à faire l’école à la maison, la pandémie a précipité sa décision lorsqu’elle a d’abord engagé une professeure au printemps dernier afin de donner des leçons de rattrapage à ses enfants pour éviter que le retard se creuse.

Mais ce choix est désormais définitif, du moins pour son garçon : il va poursuivre son parcours scolaire à la maison.

Elle cite les progrès de son fils pour justifier sa décision. Celui-ci a « fait un bond de géant » depuis qu’il bénéficie du soutien d’une tutrice qui lui donne des leçons en petit groupe, fait valoir la mère de famille.

Si bien qu’elle songe à cette option pour sa fille qui se prépare pour l’école secondaire l’an prochain.

Simon Roche dirige Services scolaires. Il remarque que « beaucoup de parents » ont fait appel à son entreprise de tutorat pour trouver un professeur à temps plein pour leur enfant, comparativement à la période prépandémique.


Il souligne que plusieurs ont fait ce choix parce qu’ils avaient peur de la COVID-19.

« Il y a beaucoup de crainte. Il y en a aussi beaucoup qui trouvent que le système d’éducation a certaines lacunes. En ayant un prof à la maison, des fois, ça va plus vite, c’est plus rapide », explique-t-il.

De son côté, la présidente de l’Association québécoise pour l’éducation à la maison (AQED), Marine Dumont, indique que l’intérêt envers l’éducation à domicile s’explique de plusieurs façons.

Selon elle, « les gens ont aussi réalisé que c’était non seulement faisable, mais également le fun de faire l’école à la maison » après y avoir goûté un peu à la fermeture des écoles au printemps dernier.

Source : La Presse Canadienne

Voir aussi 

DPJ utilisée pour harceler les parents-éducateurs à la maison

Front Populaire et Michel Onfray — Les Immigrations (idées reçues, grand remplacement, éviter le naufrage)

Les idées fausses (ou en partie fausses) sur les immigrations

 

La soirée en entier (les premières 50 minutes sont les mêmes que la vidéo ci-dessus)

Commander le numéro en question (cliquer sur l'image ci-dessous)

Le livre de Patrick Stéfanini (issu de la droite sarkozyste) dont parle Céline Pina au début de la vidéo sur les Idées reçues est celui-ci:

Voir aussi

Les Français au Québec : des multiculturalistes progressistes anglomanes ? M. Onfray et A. Cormier-Denis

samedi 13 mars 2021

Zemmour à la ministre féministe : De quoi vous mêlez-vous ? Vous culpabilisez les hommes, vous victimisez et infantilisez les femmes

Zemmour — Quand vous dites il y a une répartition des rôles dans la famille qui n’est pas comme cela devrait être, je me répète : « de quoi vous vous mêlez ? » L’équilibre dans les couples entre les gommes et les femmes cela ne regarde personne. […]

Le quinze pour cent de différence de rémunération est un chiffre faux. C’est un chiffre qui mélange des carottes et des navets. La différence s’explique parce que les femmes font beaucoup plus de temps partiels que les hommes et dans des secteurs qui sont moins payés, c’est-à-dire le social, la santé.

Encore une fois, vous allez me dire, il faut que les femmes aillent dans des secteurs mieux rémunérés, il faut qu’elles soient dans la finance, il faut qu’elles soient ingénieurs.


Et là, de nouveau, je vais vous dire : « de quoi vous vous mêlez ? » Les gens font ce qu’ils veulent. Les femmes choisissent les métiers qu’elles veulent. D’ailleurs, elles sont plutôt meilleures élèves que les garçons. Donc si elles avaient envie de choisir ces secteurs-là, elles le feraient.

Je connais des jeunes femmes qui ont fait des études très brillantes, qui ont commencé dans la finance et qui ont quitté ensuite la finance et ont gagné moins. Parce que le métier ne les intéressait pas. L’ambiance ne les intéressait pas. Donc je vous répète : « de quoi vous vous mêlez ? »

« La charge mentale ». D’abord, on invente des mots. C’est le génie du progressisme en général, c’est qu’il invente des mots et qu’il les impose à la société. C’est le mot de Lénine : « Faites-leur manger le mot, vous le ferez avaler la chose. » C’est une technique de propagande avérée, une technique de propagande communiste avérée que tous les progressistes ont reprise à leur compte : féminicide, charge mentale, écriture inclusive, tous ces mots qui sont en déconnexion avec la vie des gens. C’est cela le problème. Car il y a un fond totalitaire dans le féminisme. Totalitaire, cela veut dire changer la vie des gens. Imposer une vision aux gens. Tout simplement parce que le féminisme pousse à l’indifférenciation : on veut croire que les hommes et les femmes c’est la même chose. Qu’il n’y a pas de différences biologiques, que tout n’est que différences sociales. Or c’est faux.

Vous croyez que les gens n’en parlent pas [de l’affectation des rôles dans le couple] ? Vous croyez que les femmes sont muettes ? Vous croyez qu’elles ne savent pas dire : « tiens, tu pourrais faire cela » ? Je trouve cela dingue.

Vous dites [que cette répartition des rôles dans le couple] : « sans y avoir réfléchi ». Mais c’est faux. C’est faux. La reproduction de modèle, il a du bon le modèle. Le modèle vient d’où Mme Wargon ? Il vient de l’origine des temps. Ce sont les femmes qui portent les enfants.

 [Wargon ressort des lieux communs féministes : pas le droit de vote des femmes, pas de chéquier pour les femmes]

Vous voulez que l’on parle de cela ? Qui avait le droit de vote avant 1848 ? Personne. Qui avait des chéquiers avant les années 60 ? Les ouvriers étaient payés à la journée, voire à la semaine ! C’est Georges Pompidou qui a imposé la mensualisation en 1969… Vous êtes dans un narratif de lieux communs féministes.  [En 1966, seuls 17 % des Français ont un compte-chèques. En 1972, ils sont 62 %. Cette évolution est liée au développement du paiement des salaires par chèque et à l’assouplissement des procédures d’ouverture des guichets de banque (1967).]

Qu’est-ce qui s’est passé ? Vous avez une évolution de la société, c’est-à-dire il y avait le capitalisme du XIXe siècle qui avait besoin d’une structure de famille qui reposait sur l’épargne et de la division des tâches classiques avec un homme qui allait travailler, qui travaillait très dur, qui travaillait 12 heures, 14 heures par jour… Il était favorisé celui-là ? L’ouvrier de Zola dans Germinal ? Est-ce qu’il était favorisé par rapport à sa femme ? Non ! Il travaillait énormément, très dur.  Bien sûr, les deux travaillaient. La femme travaillait aussi, elle travaillait à la maison, parce qu’il y avait une séparation des tâches qui était induite par…

[Wargon interrompt : « elle n’est pas génétique, elle est culturelle. »]

Zemmour reprend — Non, elle est à la fois biologique et culturelle. Elle est biologique parce que les femmes portent les enfants. Elles nourrissent les enfants. Vous voyez, il y a une part de biologie et il y a une part de culturel, comme toujours. […]

[Wargon interrompt à nouveau : « Il est temps de questionner » cet état de fait.]

Zemmour reprend — Mais on ne fait que cela depuis des millions d’années, on questionne…

[Nouvelle interruption… : « On peut le mettre dans le débat ».]

Zemmour reprend Mme Wargon — Vous ne mettez pas dans le débat, vous imposez. Vous culpabilisez les uns et vous victimisez les autres. C’est une vision injuste de la femme. La femme n’est pas une victime. La femme est libre, elle est autonome, elle réfléchit. Et si elle a ce mode de vie, c’est qu’elle le désire. Vous infantilisez les femmes.

[Wargon dit que les femmes sont moins revendicatives dans les négociations, ce n’est pas nécessairement faux, voir Jordan Peterson sur le sujet, mais c’est aussi le revers d’un de leurs atouts : elles sont plus aimables et plus sociables que les hommes, ce qui les sert dans d’autres scénarios.]

Zemmour poursuit — C’est l’erreur d’origine du féminisme. Vous plaquez la lutte des sexes sur la lutte des classes.  [Alors que les femmes sont libres, autonomes, font les études qu’elles veulent.] Mais ce que vous ne comprenez pas c’est que ce n’est pas la lutte des femmes qui a permis cela. Ce sont simplement les conditions économiques [et techniques] qui ont changé. C’est-à-dire que le capitalisme a muté. Il faut que vous lisiez Christopher Lasch, vous comprendrez ce que je veux dire. C’est devenu un capitalisme de consommation qui a besoin de plus de consommateurs. Donc on a mis les femmes dans l’espace public. Deuxièmement, la technologie a libéré les femmes des tâches traditionnelles [faire la lessive à la main prenait ainsi beaucoup de temps]. À partir du moment où la technologie les libérait, les femmes tout naturellement pouvaient aller travailler ailleurs. Il n’y a pas de rivalité. Il n’y a pas de luttes avec les hommes.

[Wargon ressort une scie]

Zemmour  — Dans la magistrature, il n’y a plus que des femmes. Qu’est-ce que vous allez faire, Mme Wargon, vous allez mettre la parité dans la magistrature parce qu’il y a trop de femmes ? Dans l’Éducation nationale, il y a trop de femmes, est-ce que vous allez imposer la parité ? Pourquoi vous ne l’imposez pas là ? Pourquoi vous ne dites pas qu’il y a des contraintes qui empêchent les hommes d’aller dans ces métiers ? Pourquoi vous ne le dites pas ? Ce serait la même chose. Voyez, c’est sans fin votre histoire. Et donc ça ne peut pas tenir. C’est pourquoi je préfère me référer à la liberté des gens, aux choix des gens, je ne prends pas les femmes pour des mineurs, je ne prends pas les femmes pour des enfants. Car c’est ce à quoi revient votre discours. Les femmes sont toujours des enfants et des mineures éternelles, il faut toujours les aider. Ah ! les pauvres, elles sont martyrisées.


Voir aussi  

Famille, autorité, limites, nation : la Désintégration tranquille (cite Lasch et le capitalisme)

Jordan Peterson sur la crise de la masculinité, l’écart salarial, l’imposition des pronoms trans, la gauche radicale

L’État se féminise et se « diversifie » 
 
 
 

Les manuels et programmes d'Histoire nationale du Québec (de 1832 à nos jours)


 

Préconisant une approche à la fois chronologique et thématique qui couvre la période allant de 1832 jusqu’à nos jours, cet ouvrage collectif porte sur la dualité idéologique qui teintera la création des programmes et des manuels scolaires, mais également la querelle des écoles historiographiques de Québec et de Montréal.

Les auteurs présentent la pensée des tenants de la bonne entente avec le conquérant britannique et le Canada anglais ainsi que celle de ceux qui ont une vision plus nationaliste du parcours historique des Québécois, prônant l’affirmation et l’émancipation de la nation.

Un livre profond et accessible sur l’un des volets les plus importants de l’histoire des idéologies au Québec depuis le début de l’enseignement de l’histoire nationale.


L’Histoire nationale du Québec
Entre bon-ententisme et nationalisme, de 1832 à nos jours

sous la direction de Félix Bouvier et Charles-Philippe Courtois
aux éditions du Septentrion
à Québec,
à paraître le 30 mars 2021,
384 pp,
ISBN 978-2-89791-226-0


Préface de Denis Vaugeois

Félix Bouvier et Charles-Philippe Courtois me parlaient depuis des années de leur ambitieux projet de retracer l’évolution des programmes et des manuels d’histoire nationale. Avec ténacité, ils ont gardé le cap, secondés par quelques proches collègues, jusqu’à l’aboutissement que constitue ce monumental ouvrage. Le résultat est étonnant. Il permet de faire un survol original de l’évolution du Québec à partir d’un aspect en bonne partie méconnu, les programmes d’histoire, les manuels scolaires et les idéologies qui les sous-tendent bien souvent.

Ce travail colossal m’a ramené aux difficultés qui ont accompagné les débuts du ministère de l’Éducation (MEQ) dans les années 1960. À mon avis, on les a trop facilement oubliées. Si seulement leurs conséquences s’étaient limitées à cette pagaille interminable entourant les programmes d’histoire, ce serait un moindre mal, mais c’est tout le système scolaire qui a été contaminé. Cette affirmation en surprendra plusieurs ; aussi, je sens le besoin de témoigner du contexte général de l’époque et du cas particulier des programmes d’histoire.

Acteur et témoin

J’ai vécu intensément la naissance du MEQ. J’ai fait partie de la première équipe. J’étais bien préparé. Je n’étais pas arrivé par hasard. Un rapport publié au début des années 1950 par Jean-Marie Beauchemin, secrétaire général de la Fédération des collèges classiques, annonçait des perspectives intéressantes pour les laïcs dans le monde de l’enseignement. J’avais décidé, contre l’avis de plusieurs de mes professeurs, d’y faire carrière. Mes activités de jeunesse m’y avaient préparé et j’avais en outre l’exemple de deux amis qui avaient choisi, l’année précédente, pédagogie-lettres. André Marchand et Paul É. Langlois étaient des pionniers. Ils m’ont beaucoup inspiré.