lundi 22 février 2021

Sondage toujours en baisse pour Erin O'Toole après son recentrage et l'élimination de Derek Sloan

Il y a un mois, le 20 janvier, Derek Sloan avait été expulsé du Parti conservateur du Canada. Derek Sloan est un conservateur social, chrétien engagé, père de trois enfants métissés.

Mario Dumont, journaliste de Québecor, avait alors salué avec enthousiasme cette éviction : « O’Toole a l’étoffe d’un Premier ministre […] Le chef du Parti conservateur du Canada vient de poser un geste fort en montrant la porte à son député associé aux mouvances complotistes. » L’article de Mario pointait toujours vers ce prétexte ridicule d’un don de 131 $ de la part de quelqu’un qui serait un suprématiste blanc. Le don, sous un nom légèrement modifié, fut accepté par la campagne de Derek Sloan et le parti conservateur (car une partie de l’argent va au parti). Le même donateur sulfureux avait été accepté comme membre du parti sans que cela ne provoque la moindre inquiétude.

Le 20 janvier, même O’Toole n’utilisait plus le paravent du don de 131 $, mais invoqua un « manque de respect envers l’équipe conservatrice [d’O’Toole] pendant plus d’un an » pour expulser Derek Sloan.

Il ne semble pas que cette élimination d’un concurrent conservateur ait augmenté la popularité d’Erin O’Toole. En effet, le chef conservateur a vu son image se dégrader selon le sondage Angus Reid daté de 27 janvier (Federal Politics: Liberals hold lead in vote intention as unfavourable views of CPC leader intensify).

Un mois plus tard, le 22 février, alors que le taux d’approbation de Justin Trudeau tombe maintenant sous le niveau de la majorité, son principal rival politique, le Parti conservateur et chef de l’opposition, Erin O’Toole, continue également de baisser légèrement. O’Toole occupe le poste depuis moins d’un an, mais il est peu aimé des Canadiens. Son taux de favorabilité continue de baisser tandis que la proportion de ceux qui le voient défavorablement continue d’augmenter. La moitié des Canadiens disent maintenant le voir sous un jour négatif.

M. O’Toole a axé ses interventions sur des sujets éminemment centristes :  l’économie, la condamnation de la Chine et sa politique contre les Ouïghours, l’importance des ressources naturelles au Canada, l’organisation défaillante de la vaccination. Il ne parle ni de l’immigration, ni de valeurs morales,  ni de l’identité occidentale du Canada, pas plus que du correctivisme politique dans les universités ou les écoles.

Recentrage qui pourrait s’avérer contreproductif

Si cette tendance devait se confirmer, il est permis de penser que le tour de passe-passe d’O’Toole qui s’est transformé en un tour de main de « vrai bleu » (vrai conservateur) en « libéral allégé » à « l’étoffe d’un Premier ministre » n’aboutira qu’à aliéner les conservateurs tout en échouant de convaincre de nouveaux électeurs.

Il faut se rappeler que les conservateurs désabusés peuvent s’abstenir de voter, voter pour le Parti populaire ou voter pour le Bloc québécois au Québec (rappelons qu’Erin O’Toole avait réussi à s’attirer de nombreuses voix du Québec en promettant davantage de pouvoirs aux provinces y compris dans le domaine de l’immigration et de la culture). Quant aux centristes déçus par Trudeau, ils n’ont pas besoin du PCC, de nombreux autres choix électoraux s’offrent à eux.

Le dernier sondage de l’Institut Angus Reid donne aux libéraux une longueur d’avance sur les conservateurs à l’échelle nationale — 34 % de soutien pour les libéraux à 31 % pour les conservateurs. Le NPD a un appui de 20 %, les Verts un soutien de 5 % et le Bloc à 7 % au niveau fédéral.

Au niveau du Québec, le BQ est très compétitif au Québec où il rallie 29 % de soutien, il talonne le PLC qui vogue à 32 % d’appui, le Parti conservateur est troisième à 18 %, talonné par le NPD à 15 %. Les Verts sont loin derrière à 4 %.


 

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