vendredi 27 décembre 2019

La tare de l'État-providence c'est qu'éventuellement les autres finissent toujours par manquer (rediff)

Dans le sillage du dernier recensement en l’Angleterre et au pays de Galles où l’on voit la proportion de croyants musulmans doubler en dix ans, cet article de Mark Steyn semble opportun :

Notre lecture aujourd’hui est tirée de l’Évangile selon saint Luc. Non, non, pas la crèche, les bergers, les mages, rien de tout cela, mais l’autre naissance :
« Mais l’ange lui dit : Ne crains point, Zacharie, car ta prière a été exaucée, et ta femme Élisabeth te donnera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. »

Marie et Élisabeth
On ne se penche guère sur cette histoire de Noël, mais elle est là — Luc 1:13, une partie de ce que Luc aurait appelé la trame de fond, s’il avait été un scénariste plutôt qu’un médecin. Parmi les quatre évangiles, seuls deux se soucient de raconter l’histoire de la naissance du Christ et seul Luc commence par deux grossesses. Zacharie est surpris par sa paternité imminente — « car je suis vieux et ma femme est avancée en âge ». Et pourtant, une vieille femme stérile conçoit et, au sixième mois de la grossesse d’Élisabeth, l’ange rend visite à sa cousine Marie et lui dit qu’elle aussi va concevoir. Si vous lisez Luc, la naissance virginale semble un prolongement logique du premier miracle — la grossesse d’une vieille dame. L’évangéliste médecin n’avait aucune difficulté à accepter les deux. Pour Matthieu, la naissance de Jésus est le miracle ; pour Luc on a l’impression que toute naissance – toute vie — est en quelque sorte miraculeuse et don de Dieu.

Nous vivons maintenant dans le monde d’Élisabeth — et pas seulement parce que la technique est devenue miraculeuse et permet aux femmes cinquantenaires ou sexagénaires de devenir mères, mais dans un sens plus fondamental. Le problème avec l’Occident avancé n’est pas qu’il soit ruiné, mais qu’il est vieux et stérile. Ce qui explique pourquoi il est fauché. Prenez la Grèce, elle est devenue l’exemple type de l’insolvabilité d’un État : « les États-Unis prennent le même chemin que la Grèce si nous ne changeons pas de cap ». La Grèce aurait donc des difficultés budgétaires, un manque de revenus, quelque chose dans le genre, n’est-ce pas ? À première vue, oui. Mais le problème sous-jacent est plus profond : la Grèce a un des taux de fécondité les plus bas de la planète. En Grèce, 100 grands-parents ont 42 petits-enfants – un arbre généalogique à l’envers. Dans un État social démocratique où les travailleurs dans les professions « dangereuses » (tels que, euh, la coiffure [à cause des produits dangereux liés à la teinture des cheveux]) prennent leur retraite à 50 ans [c’est le cas en Grèce pour ces professions], il n’y a plus assez de jeunes pour payer votre retraite pendant 30 ans. Et il y a peu de chances qu’il y en ait à nouveau assez.

Regardons cela sous un autre angle : les banques sont un mécanisme par lequel les personnes âgées en possession de capital prêtent celui-ci à de jeunes gens énergiques et imaginatifs. Le monde occidental a renversé ce concept. Si 100 barbons parviennent à accumuler des « billiards » de dollars de dette, est-il raisonnable de penser que 42 jeunes seront jamais en mesure de rembourser cette somme ? Comme Angela Merkel l’avait souligné en 2009, il était hors de question pour l’Allemagne d’adopter un stimulus à la Obama pour la simple raison que les créanciers étrangers de l’Allemagne savent qu’il n’y a tout simplement plus assez de jeunes Allemands pour rembourser ce stimulus. La « puissance » économique du continent a la plus forte proportion de femmes sans enfant en Europe : une Fräulein sur trois a totalement abandonné l’idée de maternité. « La population allemande en âge de travailler risque de diminuer de 30 pour cent au cours des prochaines décennies », d’expliquer Steffen Kröhnert de l’Institut de Berlin pour le développement de la population. « Les campagnes verront une baisse massive de leur population et certains villages disparaîtront tout simplement. »

Si la tare du socialisme est, comme le disait Mme Thatcher, qu’éventuellement, l’argent des autres finit toujours par manquer, alors une grande partie de l’Ouest est passé à l’étape suivante : les autres manquent désormais, point final. La Grèce est un pays avec de moins en moins de clients et de moins en moins de travailleurs, mais de plus en plus de retraités et un gouvernement toujours plus important. Comment faire croître une économie dans un marché qui implose ? Le monde développé, comme Élisabeth, est stérile. Collectivement stérile, je m’empresse d’ajouter. Individuellement, il est composé de millions de femmes fécondes, qui décident à dessein de n’avoir aucun enfant ou un unique enfant sur mesure à 39 ans. En Italie, la patrie de l’Église, le taux de fécondité est d’environ 1,2 ou 1,3 enfant par couple – soit environ la moitié du « taux de remplacement ». La population du Japon, de l’Allemagne et de la Russie se contractent. Cinquante pour cent des femmes japonaises nées dans les années 70 n’ont pas d’enfant. Entre 1990 et 2000, le pourcentage de femmes espagnoles sans enfant à 30 ans a presque doublé, passant d’un peu plus de 30 pour cent à un peu moins de 60 pour cent. En Suède, en Finlande, en Autriche, en Suisse, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, 20 pour cent des femmes de 40 ans n’ont pas d’enfant. Dans un récent sondage où on leur demandait quel serait le nombre « idéal » d’enfants, 16,6 pour cent des Allemands ont répondu « aucun ». Nous vivons dans le monde de Zacharie et d’Élisabeth – de notre plein gré.

Natalité et mortalité allemandes
Source: dpa. Jusqu'en 1990, les données incluent la RDA. Les chiffres sont exprimés en milliers. * = données provisoires.

L’Amérique n’est pas dans une situation aussi périlleuse que l’Europe – pas pour l’instant. Mais son rendez-vous avec l’apocalypse financière a aussi des racines démographiques : les baby-boomers n’ont pas eu assez d’enfants pour garantir la solvabilité du système de protection sociale mis en place au milieu du XXe siècle et qui reposait sur un taux de natalité du milieu du XXe siècle. La « décennie du moi » s’est transformée en « le quart de siècle du moi » et au-delà. Les « moi » ont pris de la bouteille, mais ils n’ont jamais saisi qu’il se pourrait qu’ils aient un jour besoin d’un peu plus d’« eux » qui continuent de contribuer au trésor public.

Pendant la majeure partie de l’histoire de l’humanité, les sociétés qui ont réussi ont privilégié le long terme : c’est pourquoi des millions de gens ont des enfants, construisent des maisons, plantent des arbres, fondent des entreprises, font des testaments, bâtissent de belles églises dans des villages ordinaires, se battent et, si nécessaire, meurent pour leur pays. Une nation, une société, une communauté est un pacte entre le passé, le présent et l’avenir, où les citoyens, pour reprendre les mots de Tom Wolfe, à l’aube de la « décennie du moi », « se considèrent, même inconsciemment, comme faisant partie d’une longue lignée. »

Une grande partie du monde développé ne se projette plus dans le long terme. Vous n’avez pas besoin de consentir des sacrifices matériels : l’État s’occupe de tout cela. Vous n’avez pas besoin d’avoir des enfants. Et vous n’avez certainement pas besoin de mourir pour le roi et la patrie. Mais une société où il n’y a plus de raison de se sacrifier est également une société qui n’a plus de but dans la vie : la lignée s’arrête.

Si vous croyez en Dieu, l’argument utilitaire pour la religion semble insuffisant et réducteur : « Ce sont des histoires utiles dont nous nous berçons », comme un pasteur congrégationaliste peureux m’a un jour décrit la Bible. Mais, si le christianisme n’est qu’une histoire « utile », n’est-elle pas plus rationnelle que le solipsisme d’un monde sans foi ? Les hyper-rationalistes devrait au moins être en mesure de comprendre que le « rationalisme » postchrétien a condamné une grande partie de la chrétienté à un modèle d’entreprise tout à fait irrationnel : un système pyramidal la pointe en bas. Luc, un homme de foi et un homme de science, aurait pu voir où cela mène.

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dimanche 22 décembre 2019

Merci l'école citoyenne et laïque !


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L’enseignement « non factuel » des changements climatiques et « l’utilisation d’un certain personnage d’une manière iconographique », en l’occurrence Greta Thunberg (ci-contre) aurait mis le feu aux poudres en septembre entre un père de famille et la direction de l'école de son enfant à l’école primaire Christmas Park de Beaconsfield (oui, c'est au Québec).


« Un professeur en particulier n’était pas capable de séparer ses positions idéologiques de ses responsabilités à l’égard des enfants, dit Anthony Wilson. J’étais en désaccord avec la manière dont elle enseignait. » Il estime toutefois que ce différend n’est qu’un détail et que c’est l’impossibilité de discuter avec le directeur depuis qu’il est entré en poste qui est le nœud du problème.

Peu après qu’il a porté plainte contre le directeur de l’école en novembre, dit-il, on lui a interdit l’accès à l’établissement. Anthony Wilson a tenté de faire renverser la décision de l’école avalisée par la Commission scolaire Lester-B.-Pearson en « sollicitant la commission scolaire », puis en lui adressant une mise en demeure, sans succès. L’avocat s’est donc tourné vers les tribunaux.

À la suite de cette mésentente avec la direction de cette école de Beaconsfield, dans l’ouest de Montréal, ce père s’est adressé aux tribunaux pour obtenir le droit de participer aux activités de Noël de ses deux enfants, dont un petit-déjeuner et un récital.

La Cour supérieure a imposé vendredi dernier une injonction provisoire pour permettre à Anthony Wilson de se rendre à l’école primaire pour « participer, assister et accompagner ses enfants aux activités parascolaires du 13, 18 et 20 décembre ».

Depuis la fin de novembre, il était interdit à l’homme, un avocat, de se rendre à l’école Christmas Park, sauf pour reconduire et récupérer ses enfants.

« Cette décision découle d’une suite d’échanges entre M. Wilson, une institutrice et le directeur de l’école qui concerne le contenu éducatif d’un certain cours avec lequel M. Wilson n’est pas d’accord », lit-on dans la décision du tribunal.

La Commission scolaire Lester-B.-Pearson alléguait qu’Anthony Wilson avait fait « usage d’un langage grossier et de menaces adressées au directeur de l’école ».

Image du spectacle pour le mois de l'histoire des Noirs à l'école primaire Christmas Park en mars 2019

Il assure ne jamais avoir été violent à l’égard des enseignants ou de la direction. « J’ai eu des conversations au téléphone avec le directeur qui n’étaient pas des conversations gentilles. Ce n’est pas le genre de conversations qu’on aimerait avoir avec un directeur », dit Anthony Wilson.

Le juge Lukasz Granosik estime dans son jugement que la commission scolaire n’a pas su faire la preuve que la « santé et la sécurité » de son personnel étaient menacées si le père de deux enfants se présentait aux activités de Noël, qui se déroulent en présence de nombreuses personnes.

Le tribunal, ajoute-t-il, ne peut se satisfaire « de quelques courriels des institutrices qui refusent de rencontrer M. Wilson en suivi éducatif – ce qui est troublant quand on pense à leur imputabilité dans le cadre de l’enseignement public – et de l’allégation du directeur de l’école à ce sujet que ses employés seraient “inconfortables” à voir seul le demandeur ». Par contre, il juge que l’absence de M. Wilson causerait un préjudice à ses enfants.

« Qu’il s’agisse de la soirée cinéma, du petit-déjeuner ou encore du récital, les enfants doivent pouvoir être accompagnés ou assistés par leur père. Ces événements sont uniques, constituent des moments privilégiés. »
— Extrait du jugement

La commission scolaire proposait au tribunal qu’un autre parent accompagne les enfants ou que ceux-ci ne participent pas aux activités. Le juge a rejeté cette proposition. « Il s’agit de décisions éminemment personnelles sur lesquelles ni l’école, ni la commission scolaire, ni les enseignants n’ont à dire », tranche le juge Granosik.

 « J’espère qu’ils ont appris la leçon, dit-il à propos de la commission scolaire. Ils disent qu’ils ont le droit en vertu de la loi d’exclure n’importe qui de leur propriété privée pour n’importe quoi », dit Anthony Wilson. « C’est un argument ridicule, j’espère que d’autres parents n’auront pas peur s’ils reçoivent ce type de menace. », d'ajouter le père de famille.

La direction de l’école Christmas Park et la Commission scolaire Lester-B.-Pearson n’ont pas répondu à nos demandes d’entrevue mercredi.

Source

L'Australie a-t-elle vraiment battu des records de chaleur ?

La nouvelle a fait les manchettes des médias de grand chemin subventionnés : il n’avait jamais fait aussi chaud en Australie. C’est incontestable et incontesté. C’est du moins ce qu’on lit dans nos régions.


En Australie, par contre, il en va autrement. Un débat s’est engagé à ce sujet sur Sky News (voir les vidéos en anglais ci-dessous) et dans les colonnes de The Australian (tirage de 814 000 exemplaires papier, 2 394 000 avec l’internet).

La scientifique australienne Jennifer Marohasy (ci-contre) a contesté la méthodologie qui sous-tend les déclarations du Bureau de météorologie australien selon lesquelles l’Australie a connu ses deux journées les plus chaudes jamais enregistrées cette semaine.

Le bureau a déclaré jeudi que son analyse préliminaire des données d’environ 700 stations météorologiques à travers le pays indiquait que mercredi 18 décembre était le jour le plus chaud jamais enregistré en Australie, avec une température diurne maximale moyenne nationale atteignant 41,9 °C.

C’était un degré supérieur au précédent record de 40,9 °C établi mardi, qui avait lui-même battu la barre des 40,3 °C atteinte en janvier 2013.

Ces valeurs historiques annoncées par le bureau cette semaine sont préliminaires, mais elles sont habituellement confirmées dans les trois jours une fois le contrôle de qualité effectué. Une porte-parole du Bureau de météorologie a déclaré que le Bureau n’annoncerait probablement pas de changement significatif.

« Il ne devrait pas y avoir d’écart entre le classement préliminaire et celui définitif, car les records ont été atteints par des marges relativement importantes », a-t-elle déclaré.

Mais, alors qu’une grande partie de l’Australie souffrait de températures extrêmes mercredi, que les feux de brousse détruisaient des maisons en Nouvelle-Galles-du-Sud et que Sydney était de nouveau étouffé par la fumée des feux de brousse, certains se sont demandé si la chaleur généralisée était vraiment sans précédent.



La Dre Marohasy, critique de longue date de certains calculs du bureau, a déclaré que la méthodologie derrière le calcul était « totalement erronée ».

Elle a critiqué les révisions apportées aux mesures historiques, qui, selon elle, ont abaissé les températures moyennes enregistrées dans le passé, et a déclaré que la qualité de la plupart des données historiques du bureau avait été compromise par des tentatives d’homogénéisation des informations et d’ajustements pour les changements de techniques de mesure.

« Ils continuent de les ajuster et à refroidir le passé », a déclara la Dre Marohasy.

«
Plus les données sont traitées ou transformées, plus elles s’éloignent de la réalité. »

La Dre Marohasy a noté que la température la plus élevée enregistrée par un thermomètre placé dans un abri météo (également appelé abri Stevenson, ci-contre) était de 51,6 °C à Bourke en 1909, ainsi que lors de la chaleur extrême dans l’État de Victoria qui précéda les feux de brousse du Vendredi noir de 1939.


D’autres enregistrements historiques indiquent des températures similaires ou plus élevées ailleurs en Australie avant cette date, bien qu’elle ait déclaré que certaines de ces mesures auraient été affectées par l’utilisation de thermomètres dans des supports Glashier (ouverts sur l’avant contrairement aux abris Stevenson), ce qui rend la comparaison des mesures difficile.

« Nous avons eu quelques semaines chaudes et je sympathise vraiment avec les gens qui luttent contre les feux de brousse. Mais rien de tout cela n’est en fait sans précédent si vous regardez les chiffres historiques. »

 Les relevés des températures les plus hautes à Bourke en 1909 (avant son « homogénéisation »), 125 °F = 51,6 °C
Confirmée dans le résumé mensuel de janvier 1909, plus de détails sur cette « disparition » ici.

La Dre Marohasy critique non seulement l’« homogénéisation » des valeurs historiques qui éliminent des valeurs extrêmes et affectent donc les moyennes maximales, mais elle critique aussi l'impact du remplacement des thermomètres au mercure par le Bureau de Météorologie par des sondes électronique qui peuvent enregistrer une bonne température de 0,4 degré plus chaude pour des conditions identiques. Elle ajoute : « Non seulement le Bureau ne fournit aucune information sur la façon dont la sonde électronique a été calibrée, mais comme je l’ai expliqué au scientifique en chef, il y a aussi le problème lié à la moyenne calculée ».

Elle ajoute : « Il existe une grande variabilité naturelle de la température de l’air (en particulier lors des journées chaudes et ensoleillées dans les régions intérieures), qui était atténuée dans une certaine mesure par l’inertie des thermomètres à mercure. Afin d’assurer une certaine équivalence entre les mesures des thermomètres à mercure et des sondes électroniques, il est courant de faire la moyenne des lectures faites chaque seconde par les sondes électroniques sur une période d’une minute, ou dans le cas de l’US National Weather Service, sur la moyenne des lectures chaque seconde sur plus de 5 minutes. [...] On pourrait conclure que le système actuel est susceptible de générer de nouveaux jours chauds record pour le même temps, en raison de la sensibilité accrue de l’équipement de mesure et de l’absence de lissage. Pour être claire, la lecture instantanée la plus élevée est maintenant enregistrée comme la température maximale pour ce jour pour les 563 stations météorologiques automatiques à travers l’Australie qui mesurent les températures de l’air de surface. »

À cela, il faut ajouter la tendance à refroidir le passé. C’est ainsi que le 1er janvier 1910, la température maximale enregistrée au bureau de poste de Darwin était de 34,2 degrés Celsius. Il y a quelques années, le Bureau a changé cette valeur à 33,8 degrés Celsius, refroidissant la température enregistrée de 0,4 degré. Lors de sa dernière révision de l’histoire climatique de Darwin, la température de ce jour a encore été réduite et n’est plus que de 32,8 degrés.

Le journaliste de l’édition de fin de semaine de The Australian, Graham Lloyd, a demandé au Bureau pourquoi il avait apporté de tels changements. Un porte-parole cité dans le journal répond comme suit :

« Dans le cas de Darwin, un ajustement à la baisse des enregistrements plus anciens est appliqué pour tenir compte des différences entre les sites plus anciens et le site actuel, et des différences entre les thermomètres plus anciens et le capteur automatisé actuel. En d’autres termes, les ajustements estiment à quoi ressembleraient les températures historiques si elles étaient enregistrées avec l’équipement d’aujourd’hui sur le site actuel. »

Pourtant, rappelle la Dre Marohasy, le Bureau avait déjà fourni la même raison il y a à peine six ans pour réduire la température au 1er janvier 1910 de « seulement » 0,4 degré. Ni l’équipement ni le site n’ont changé depuis la publication de la version 1 d’ACORN-SAT en 2012. Pourtant, un autre degré a été raboté aux mesures de température historiques.


Les températures maximales quotidiennes pour le début de 1910, comme indiquées dans les trois ensembles de données différents pour Darwin. Les valeurs brutes (« raw ») acceptées jusqu’en 2012 ont été révisées deux fois à la baisse en six ans (ACORN-V1 et ACORN-V2)

Selon cette critique des mesures du Bureau, celle-ci limite également les valeurs basses qui peuvent être enregistrées. C’est ainsi que des stations météorologiques en haute altitude ont été fermées. Elle ajoute : « Ainsi, les 700 stations météorologiques utilisées pour calculer le jour le plus chaud mercredi peuvent être plus chaudes depuis la fermeture des stations dans les endroits les plus froids du pays. En juin et juillet 2017, des conditions de blizzard se sont abattues dans les Alpes australiennes, mais nous ne saurons jamais à quel point il a fait froid. Parce qu’un lecteur de carte MSI1 a empêché l’équipement — capable d’enregistrer jusqu’à moins 60 — d’enregistrer une valeur en dessous de moins 10 à Thredbo et probablement aussi à de nombreux autres endroits. Il est également impossible de savoir à quel point cet hiver dernier a été froid par rapport à 1994, car la station météo de Charlotte Pass a été fermée en mars 2015 — elle n’est plus opérationnelle. »

Pour la Dre Marohasy, comme elle l’écrivait dans le Spectator, le Bureau de météorologie n’est vraiment pas à la hauteur de sa mission.

L’auteure et climatosceptique Joanne Nova, quant à elle, évoque les récits d’une vague de chaleur en janvier 1896.

« Les rapports publiés dans les journaux de l’époque ont montré que les températures en janvier, avant toutes nos émissions de CO2, variaient de 44 °C à 51 °C dans tout le pays. Des centaines de personnes sont mortes d’apoplexie due à la chaleur », a-t-elle déclaré.

« Des trains d’urgence ont été dépêchés dans l’intérieur de la Nouvelle-Galles-du-Sud pour évacuer les gens de la chaleur insupportable à une époque où personne n’avait de climatiseur ni de réfrigérateur ou encore de congélateur. Les chevaux tombaient dans la rue. »






ECR — Élève : à Noël on fête la naissance de Jésus, enseignant : c'est faux (rediff)

Interrogé par la Presse en 2018, le très prudent Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal, déclare au sujet du très controversé cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) : « Être neutre, c'est impossible : on parle toujours à partir d'un certain point de vue. La mère d'un enfant de 8 ans m'a rapporté que son professeur avait demandé à la classe ce qu'on fêtait à Noël. L'enfant a répondu « la naissance de Jésus ». Le professeur a répondu que ce n'était pas vrai, parce qu'il ne voulait pas que ce soit considéré comme un fait. Le respect, ça aurait été de répondre « les chrétiens croient qu'à Noël, on fête la naissance de Jésus. »

1) Les chrétiens ne croient pas fêter la naissance de Jésus, ils la fêtent.

2) C'est autre chose de dire que l'on est sûr que Jésus est né un 25 décembre de notre calendrier grégorien. En fait, l'Église catholique n'insiste pas sur la coïncidence de la naissance de Jésus et de notre calendrier. Benoît XVI rappelait encore récemment que le moine Denys le Petit s'était sans doute trompé quant à l'année de naissance de Jésus. C'est sans importance, on peut célébrer une naissance à une autre date qu'à la date anniversaire précise. On le fait bien pour la Reine d'Angleterre... Il semble que le 25 décembre ait été choisi pour tomber neuf mois plus tard que l'Annonciation (25 mars). Irénée de Lyon (v.130-202) considérait que la conception de Jésus le 25 mars coïncidait avec la date de la Passion. (Au passage, la date du 25 décembre n'est probablement pas plus un recyclage des Saturnales que du Dies natalis solis invicti malgré ce qu'on lit fréquemment à cette époque).

3) Que voulait dire le professeur exactement par « que ce soit considéré comme un fait » ? Que la date n'est pas sûre ? Pas de problème alors. Ou est-ce qu'il voulait dire que la naissance de Jésus n'est pas un fait, comme ce professeur de cégep qui affirmait que Jésus n'avait jamais existé ?

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samedi 21 décembre 2019

Noël: une fête dérangeante

Chronique de Denise Bombardier dans le Journal de Québec.

Il y a environ trente ans, je fus invitée à participer à une émission pour diffusion à Noël à la radio de Radio-Canada.

J’y suis allée sans hésiter croyant me retrouver dans une ambiance nostalgique où nous aurions l’occasion de réfléchir sur le sens de cette fête religieuse dans le Québec en voie de laïcisation.

L’émission était enregistrée et en studio j’ai vite découvert le pot aux roses. Les animateurs, se croyant affranchis, dirigeaient les échanges entre invités sur des thèmes aussi plombés que le suicide, la dépression, la sexualité et bien sûr le système capitaliste. Ces échanges étaient ponctués par des chansons, toutes déprimantes. Pas un chant de Noël.

Au bout d’une vingtaine de minutes de cette atmosphère délétère, j’ai quitté le studio non sans avoir interpellé les animateurs qui, eux, croyaient sans doute préparer un scandale médiatique qui les propulserait à l’antenne de la radio enfin libérée des « niaiseries » à caractère religieux.

J’ai décidé alors d’en informer la direction. Après avoir écouté le « chef d’œuvre » iconoclaste, un responsable en a annulé la diffusion.

Cette anecdote vécue, la romancière que je suis ne pourrait pas l’inventer. Car il est évident que les personnes qui ont baigné dans la culture chrétienne traversent rarement Noël et le jour de l’An dans l’indifférence.

D’abord, Noël raconte la naissance d’un enfant, ce qui nous ramène inévitablement à notre propre enfance. La nostalgie fait alors son œuvre. Une enfance malheureuse renvoie au malheur comme une enfance heureuse également. Car à l’âge adulte, qui peut prétendre à une vie sans souci, sans angoisses et sans échecs. Le bonheur à vif est par définition fugace. Et la lucidité fait aussi son œuvre. Il vaut mieux écouter Édith Piaf chanter « la vie en rose » que de croire qu’on peut la vivre au quotidien.

Et bien sûr Noël est une fête religieuse. L’Enfant dont il est question est Dieu pour les chrétiens. Nous sommes alors renvoyés à la foi de notre enfance, parfois à la perte de cette foi à l’âge adulte ou à l’absence de croyances religieuses chez plusieurs. Cela pose problème.

Au Québec, à la grande surprise de nombreux observateurs, une majorité de gens se déclarent encore croyants. Mais l’objet de leur foi n’est plus incarné uniquement par l’image du Dieu auquel la grande majorité adhérait autrefois. Comment définir sa foi dans notre culture catholique alors qu’elle était enrobée d’une moralité rigoriste, faite de péchés, d’interdits et de culpabilité ?

Noël est devenu une épreuve moins spirituelle que psychologique pour les Québécois de souche, orphelins des cérémonies liturgiques où la lumière des cierges, l’odeur de l’encens et les chants solennels, remplis d’espérance, émouvaient les cœurs des petits et des grands.

Le déni de nos racines religieuses ne mène qu’au refoulement identitaire. Tous les diktats de la foi religieuse, par contre, étouffent le désir de parvenir à concilier les croyances enfantines et l’angoisse de l’adulte devant la mort. Autrement dit, Noël est une épreuve pour tous où brille pour certains une lumière d’espérance.

Joyeux Noël et bonne année à tous.

« Il y a un retour de la censure »

François-Bernard Huyghe, politologue, essayiste français et auteur de ce livre « L’art de la guerre idéologique » (édition du Cerf) est l’invité d’André Bercoff sur Sud Radio. Pour lui, il y a un retour de la censure.




Présentation de l’éditeur du livre

Pourquoi les convictions des « élites » ne séduisent-elles plus les masses ? Comment une guerre idéologique, que les libéraux avaient l’habitude de remporter, a finalement basculé ? En quoi les nouvelles technologies ont-elles été les premiers outils de ce renversement ?

Pour comprendre ce phénomène à l’œuvre, François-Bernard Huyghe part d’un constat : la gestion économique de droite alliée à des références morales de gauche se heurtent au mécontentement populaire. Ce qui ne serait rien si ce couple ne menait à l’effondrement de la crédibilité des appareils politiques, culturels et médiatiques. C’est donc une « crise de la séduction » à laquelle nous assistons. Les promoteurs de « la société ouverte » ont accumulé des erreurs qui ont non seulement conduit à leur effacement, mais ont aussi détruit un logiciel idéologique qu’il leur faudra, à terme, renouveler.

Diagnostic lucide et sans concession, ce livre expose les moyens mis en œuvre par les deux camps idéologiques pour imposer leur hégémonie.

Docteur d’État, directeur de recherche à l’Iris, médiologue, spécialiste de l’influence, François-Bernard Huyghe est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages parmi lesquels La soft-idéologie, Maîtres du faire croire, ou encore Fake news.

Extrait du livre

Pendant une période qui suit la chute du Mur, beaucoup se persuadent, sinon comme Fukuyama, que l’Histoire est finie, du moins que toute opposition à la société ouverte est obsolète et qu’un modèle l’a emporté. Reste à liquider les dernières poches de résistance archaïques. Il faut aussi quelques interventions militaires (Golfe, ex-Yougoslavie…) pour aider les peuples à se libérer. Mais le sens de l’Histoire semble affaire assurée. Le démenti vient vite.

Nous avons vécu le soulagement postmoderne : chute de l’empire soviétique et déclin des doctrines conquérantes. Nous avons connu la « mélancolie démocratique », l’ennui de ne plus avoir d’ennemi. Nous avons cru à l’enchantement des technologies de l’information, remède à l’incertitude et au conflit. Puis nous avons déchanté. Ce que d’autres appelaient domination de la pensée unique se révéla n’être ni unique ni dominante. Elle se heurtait à une double contestation.

La première était « archaïque », identitaire, djihadiste, notamment. Après le 11 Septembre et la fin de la mondialisation heureuse, le spectre de la démocratisation tragique. Ce sera la guerre à la Terreur qui programme l’extension par la force, d’un modèle occidental. Le « tsunami démocratique » était censé gagner le monde depuis le Proche-Orient, comme pensaient les néoconservateurs, théoriciens de la Bonne Puissance. Elle a échoué que ce soit son volet militaire, guerre préemptive contre les États voyous, changements de régime… Elle a échoué dans son volet politique : démocratiser le Grand Moyen-Orient, assécher les sources du terrorisme qui sont les tyrannies et l’obscurantisme. Elle a échoué en termes de contagion des idées.

Quand se révèle la dimension du péril djihadiste, le premier réflexe est d’ailleurs d’en nier le projet pourtant explicite et argumenté. D’où la pauvreté de l’explication alternative par les Occidentaux : c’est un problème d’extrémisme violent ou de radicalisation. Des gens qui passent leur temps à dire qu’ils combattent pour réaliser un ordre divin, donneraient un alibi à leurs appétits de violence. Ils tomberaient dans le djihad comme on tombe dans l’alcoolisme, la délinquance ou la drogue, pour des raisons socio-économiques que nos systèmes régulent mal. La pauvreté de l’explication en révèle surtout sur ceux qui l’emploient.

Avec le djihad, la pensée unique libérale a rencontré l’altérité absolue. Elle refuse le fondement même d’une démocratie, condamné par la prééminence de la parole divine. Elle inverse l’idéal d’une expansion illimitée de l’individu, de ses jouissances et de ses droits et impose l’obéissance absolue et de dévouement illimité à la communauté. D’où l’extraordinaire inefficacité des arguments anti-djihadistes : c’est méchant, ce n’est pas vraiment dans le Coran, tu risques ta vie, tu t’épanouirais bien mieux chez nous après un petit stage, etc.

Au cours des premières années du millénaire, il faut aussi rappeler qu’il y a des milliards de Chinois, Russes, Indiens, Brésiliens, etc. qui ne désirent se soumettre ni au modèle ni au soft power [l’influence] occidental : l’enchaînement automatique libéralisme économique, État de droit, société ouverte, libéralisme culturel ne fonctionne pas. Ou ne séduit plus. Car il se produit une scission interne : les classes inférieures ou périphériques votant Trump aux États-Unis ou illibéral en Europe n’y croient plus. La soft-idéologie aura duré une génération. Le monopole du modèle occidental moins encore.

Les questions oubliées ressurgissent : l’identité, l’autorité, la protection. Face à cela, la pensée dominante a produit de nouvelles grilles d’explication et le macronisme en est le meilleur exemple. Son contenu positif n’est pas très différent de celui que professent la plupart des partis de gouvernement occidentaux : libéralisme économique et sociétal, européisme, transition écologique, rééquilibrage de l’État providence, libre-échangisme. Stratégiquement, le discours du « et en même temps » a très bien fonctionné pour rassembler droite traditionnelle et droite branchée, plus une gauche moderniste récupérable. Mais le macronisme est surtout remarquable par sa capacité d’évoquer les dangers contre lesquels il serait la seule protection : populismes, ambitions géopolitiques étrangères, idées extrémistes, tendance illibérales, etc.

La nouvelle vulgate distingue deux camps, ouverts modernes versus radicalisés et loi des temps contre anti-pensée. L’idéologie est assimilée à un passé qui revient (autoritarisme, stalinisme, nationalisme) et à un inconscient qui remonte. Le retour de…, les thèses qui « oseraient » s’exprimer, et ceux qui « lèveraient un tabou ».

L’idéologue aujourd’hui, c’est l’anti. La montée d’idées anti-libérales, anti-européennes, anti-mondialistes, anti-système suscite des réflexes de défense. Leur succès ne s’expliquerait pas par le brio de ses théoriciens, par les intérêts objectifs de ceux qui y adhèrent, par des fractures sociales ou culturelles ou par des expériences historiques. L’incompréhension du Système est incompréhensible. Elle traduit un anachronisme, un inconscient ou une allergie à la vérité.



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Réflexions sur l'antichristianisme primaire en Occident

La chronique de Mathieu Bock-Côté dans le Figaro sur l’antichristianisme primaire en Occident.

L’agression contre une crèche vivante à Toulouse le 14 décembre dernier avait quelque chose de sidérant. On a compris qu’elle était le fait de militants radicaux déambulant à la fin d’une manifestation qui n’ont pu cacher leur hostilité devant cette expression de la religion populaire. Le catholicisme suscite apparemment chez eux une aversion irrépressible. « Stop aux fachos ! ». Le slogan lancé par ces manifestants apparemment anticapitalistes, aussi stupide soit-il, est révélateur de l’empoisonnement idéologique du vocabulaire politique par des termes n’ayant plus aucun rapport avec la réalité. L’homme de notre temps, lorsqu’il veut maudire quelque chose, est-il capable de ne pas la réduire au fascisme ?

 
Les agressions contre les crèches ne sont pas rares, après la crèche vivante de Toulouse, celle de Dijon vandalisée deux fois en quelques jours

Que l’attaque ait été préméditée ou non ne change rien à l’hostilité affichée à l’endroit de ceux qui témoignaient paisiblement leur foi, même si plusieurs médias ont voulu relativiser l’agression, en expliquant qu’elle n’avait pas vraiment eu lieu ou qu’elle ne serait finalement qu’un fâcheux incident. Comme d’habitude. Soyons toutefois sans crainte : s’il fallait un jour que des hooligans troublent les prières de rue musulmanes, on décréterait assurément la République en danger et les cortèges citoyens défileraient à Paris en disant « plus jamais ça », avec la classe politique au premier rang. Nous aurions alors droit aux discours les plus emportés sur le vivre-ensemble à sauver.

De même, le vandalisme contre les églises régulièrement rapporté ne semble pas émouvoir exagérément les médias, qui n’y voient généralement qu’une série de faits divers sans signification politique. On l’explique rarement, sinon jamais, par la haine, un sentiment apparemment réservé aux populations majoritaires, dans leurs rapports avec les minorités, toujours victimes de la société où elles se sont installées. Il est difficile de ne pas voir là une forme singulière d’asymétrie symbolique. Le moindre commentaire critique à l’endroit de l’islam est théâtralisé et transformé en scandale médiatique, alors que le procès systématique du catholicisme est banalisé.

Une statue de la Vierge Marie en bronze, d’un poids de quelque 200 kg de d’une taille de 1,75 m, a été volée dans une niche d’un mur de l’église catholique Sainte-Marie-Madeleine de Göteborg au tout début du mois de décembre. On l’a retrouvé le 5 décembre, mais brisée en six morceau dans un lieu de stockage près d’un transformateur.

Si l’antichristianisme ne prend pas toujours une forme aussi brutale, il semble toutefois bien imprégné dans le discours public dominant. On l’a encore vu dans une étrange publicité de Monoprix qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux cette semaine. À l’approche des fêtes de fin d’année, formule qui se substitue de plus en plus aux fêtes de Noël, l’entreprise invitait ses clients à réveillonner en s’affranchissant de la « tradition », qui ne tiendrait pas suffisamment compte de la diversité des situations familiales et qui nous enfermerait dans un calendrier usé, déphasé et désuet.



Étrange formulation, qui présente la tradition à la manière d’une contrainte symbolique dont les hommes de notre temps devraient s’affranchir pour vivre enfin libres. Le pragmatisme commercial masque ici une forme de relativisme déconstructeur. Que des publicitaires aient pu imaginer une telle manière de vendre leurs produits en dit beaucoup sur l’image qu’ils se font de la société française. Un jour, on en trouvera pour vouloir effacer toutes les références chrétiennes du calendrier, pour éviter qu’il ne soit discriminatoire envers ceux qui ne s’y reconnaissent pas. Pourquoi s’entêter à fêter Noël le 25 décembre ? Et pourquoi continuer de confondre l’an zéro avec la naissance du Christ ?

Ces manifestations d’antichristianisme primaire ont bien moins à voir avec la poursuite de la laïcité, dont nul ne contestera la nécessité pour reconstituer un monde commun dans une société fragmentée, qu’avec une forme d’aversion décomplexée à l’endroit de tout ce qui ressemble d’une manière ou d’une autre aux symboles historiques distinctifs de la civilisation occidentale. On prétend construire une société inclusive ouverte à toutes les croyances : en fait, on prépare un monde vide, hostile à son héritage, devenu étranger à lui-même.

Faut-il vraiment rappeler que le catholicisme, en France [et au Québec], n’est pas qu’une religion mais la matrice d’une civilisation ? Et si l’État doit sans le moindre doute être neutre devant les convictions de chacun, il ne saurait l’être par rapport à l’identité historique qui le fonde, à moins de consentir à sa désincarnation. On pourrait consacrer un long développement pour rappeler cette évidence mais il suffit de rappeler la portée symbolique de l’incendie de Notre-Dame de Paris en avril dernier pour s’en convaincre. Qu’il soit devenu audacieux de mentionner les racines chrétiennes de la France a quelque chose d’absurde.

L’antichristianisme primaire si complaisamment ignoré par les médias n’est peut-être rien d’autre qu’un autre symptôme de cette passion morbide bien singulière qu’est la haine de soi. Comme si une société progressait en s’effaçant. Comme si elle s’humanisait en se dénoyautant. Comme si elle grandissait en se déracinant.

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Unanimité, signe d'une erreur potentielle ?

Le sociologue Christian Morel, auteur de plusieurs ouvrages sur les décisions absurdes et comment la division du travail et la technocratie en crée sans doute davantage, le rappelle :

Dans le Talmud, il est question d’un tribunal, le Sanhédrin. Composé de 23 juges, il intervient en matière pénale avec une règle fort étrange à première vue : si les 23 magistrats décident la condamnation à mort d’un accusé, donc à l’unanimité, l’accusé est automatiquement acquitté. Parce que les sages juifs de l’Antiquité se sont dit : « Si tout le monde est d’accord, c’est qu’il n’y a pas eu véritablement discussion, donc que l’erreur n’est pas loin. »

C’est en quelque sorte comparable au principe de l’avocat du diable, présent dans la religion catholique pour la béatification de saints, mais aujourd’hui utilisé pour éviter les décisions absurdes.

Lorsque les Israéliens ont failli perdre la guerre du Kippour parce que le renseignement militaire a dysfonctionné, ils ont créé au sein même de l’armée israélienne un bureau des avocats du diable composé de deux colonels chargés de porter un regard critique sur les informations qui venaient du terrain et les analyses qui en étaient faites pour voir si on ne s’était pas fourvoyé. Au fond, exercer le contradictoire réduit le risque d’erreur.

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Divergences au sommet de l'Église catholique

Extraits d’un article de Constance Colonna-Cesari dans Marianne, magazine en rien de droite, avec quelques corrections éditoriales et des remarques supplémentaires.

À quelques jours des fêtes et de son traditionnel discours de Noël, le premier pape issu du continent américain doit faire face à une vague d’attaques sans précédent.

[Alors que la fréquentation du culte est demeurée constante dans les églises protestantes, celle de la messe s'est effondrée sous le pape argentin. Pour plus de détails, voir Religion — baisse de la fréquentation de la messe sous le pape François, stabilité chez les protestants.


]


Alors que les finances du Vatican sont en berne, ses positions en faveur des migrants, sa volonté de dialogue avec l’islam et son discours antilibéral lui valent la haine tenace d’une partie de l’épiscopat.

Jorge Mario Bergoglio, qui a soufflé ses 83 bougies le 17 décembre 2019, subit des attaques comme jamais aucun pape avant lui. Et la fatigue commence à se lire sur son visage. Triste Noël, que rien n’évoque à Rome, mis à part le sapin et la crèche récemment installés sur le parvis de Saint-Pierre. Au moins n’ont-ils pas été facturés 300 000 €, comme il y a quelques années !

C’est ce qu’avait révélé un certain Mgr Vigano, alors un inconnu. Il ne l’est plus depuis que, au mois d’août 2018, cet ancien nonce apostolique aux États-Unis a fait paraître une lettre ouverte, véritable bombe contre le pontife élu concernant sa campagne de « tolérance zéro » anticorruption et antipédophilie. Carlo Maria Viganò y dénonçait la responsabilité supposée du pape dans la protection du cardinal McCarrick, ancien archevêque de Washington, en affirmant l’avoir informé, en personne, des innombrables abus et harcèlements commis par ce prélat sur de jeunes séminaristes ainsi que sur deux mineurs.

Selon Jean-Pierre Dickès, « Le 4 octobre au Vatican, le pape a fait organiser un raout avec des Indiens de l’Amazonie ; il y fit une déclaration à la fois syncrétiste (toutes les religions méritent d’exister : air connu depuis la réunion à la mosquée du Caire) et panthéiste (Dieu est dans tout, c’est le culte à Gaïa). Après que François ait planté un chêne, les cardinaux se sont regroupés pour faire leurs dévotions d’adoration à la déesse Pachamama avec les Indiens, quelques Blancs et un moine ».

Voix hostiles

Conclusion de son « J’accuse ! » : une demande de démission de François, démarche sans précédent ! McCarrick sera réduit à l’état laïque, mais trop tard. Les fonds de Legatus, de la Fondation Centesimus annus, de la Papal Foundation, richissimes organismes caritatifs américains, n’arrivent plus au Saint-Siège : un déficit de plusieurs centaines de millions d’euros, soit 50 % de recettes en moins, avec pour conséquence la soudaine paralysie de certains secteurs clés de l’activité de l’Église.

Quant à l’affaire de détournement des dons des fidèles ayant débouché, début octobre, sur l’arrestation, à la secrétairerie d’État du Vatican (la plus haute instance du gouvernement central de l’Église), de cinq personnes soupçonnées d’opaques placements spéculatifs, elle tombe mal elle aussi. Quoi que le pape en dise, notamment lorsqu’il précise que, pour la première fois, cela ne vient pas de l’extérieur, mais que l’enquête a été diligentée de l’intérieur : cette unique ligne de défense ne peut suffire à redorer ni son blason ni les finances de son État…

L’argent est le nerf de cette guerre anti-François, mais pas seulement. Frondes doctrinales, menaces de schisme, accusations d’hérésie, voire d’apostasie, instrumentalisation effrénée des scandales de pédophilie, tout est désormais bon pour tirer sur le pape argentin. Ainsi, sur la scène politique italienne, Matteo Salvini, le dirigeant de la Ligue, l’attaque sans relâche, un chapelet à la main, ou revêtu d’un tee-shirt au slogan clair comme de l’eau bénite : « Mon pape, c’est Benoît ! »

Pour Matteo Salvini, chef de file de la droite italienne, son pape est Benoît.



Difficile de ne pas entendre toutes ces voix hostiles. Elles portent loin et font mal. Même le cardinal Parolin, le secrétaire d’État du Vatican, l’a reconnu implicitement, en le déplorant, lors d’une audience à une délégation de chefs d’entreprise français, fin novembre. On dénaturerait le message du pontife, s’est-il désolé. C’est ce que répète aussi Mgr Duffé, le secrétaire du dicastère (l’équivalent d’un ministère) pour le Développement humain intégral, officieusement le nouveau centre de gravité du pontificat, puisque c’est là que se déploie cette double priorité de l’accueil des migrants et de l’écologie. 

Priorité du pape François : les immigrants, en grande partie musulmans



[...]

Benjamin Harnwell est l’associé anglais de Steve Bannon (ex-conseiller de Trump et figure de la droite américaine), pour lequel François est l’ennemi juré. À deux pas de Rome, il a fondé Dignitatis Humanae, un réseau pensant conservateur dans lequel gravitait jusqu’à peu le cardinal américain Raymond Burke, l’opposant numéro un du pape à la curie. À cet institut est adossé le projet de fondation d’une école de formation des élites populistes européennes dans la chartreuse médiévale de Trisulti, à une centaine de kilomètres à l’est de Rome, dans le Latium, où réside Harnwell. Ce dernier, tout comme Bannon, est en croisade pour la défense de la vie et de la famille, et la sauvegarde des fondements de l’Occident judéo-chrétien. « Salvini a raison : l’Italie aux Italiens », tonne cet Anglais qui a voté pour le Brexit. Parmi ses pires griefs : le combat pontifical en faveur des migrants, son dialogue avec l’islam ou ses préoccupations écologiques, mais aussi les attaques de François contre « l’économie qui tue », un discours antilibéral irrecevable pour les Anglo-Saxons. « L’Église doit s’occuper de sauver les âmes, pas se mêler de politique, dit-il. Le pape se trompe sur le capitalisme, sur le climat et sur l’islam, qu’il continue de regarder comme s’il s’agissait d’une religion pacifique ! » Autre voix largement relayée, celle de Roberto de Mattei, l’historien à la tête de la Fondation Lepante, un mouvement de reconquête catholique abrité dans une église des premiers siècles sur le mont Aventin. Pour ce leader d’opinion de la galaxie traditionaliste, François menace depuis le début de son règne l’avenir de l’Église et celui de l’Europe. [Europe que le pape François n'aime pas selon Odon Vallet, voir vidéo ci-dessous.]





Menace de schisme

[...  Le] dernier acte [du pape], le Document sur la fraternité, un engagement signé en février 2019 aux Émirats arabes unis entre le pape et le recteur de l’université Al-Azhar du Caire, plaidoyer pour un dialogue islamo-chrétien plus ouvert que jamais, engagerait l’Église trop loin. « Moi, catholique militant romain, je ne veux pas d’un schisme, mais je le vois pourtant venir », avertit le professeur, dont les voyages aux États-Unis se multiplient. À l’unisson des évêques de ce pays, ou de l’archevêque d’Astana, au Kazakhstan, Roberto de Mattei égrène la longue série d’hérésies pontificales, dont celle contenue dans l’exhortation apostolique Amoris laetitia de 2016 consacrée à l’amour dans la famille : selon lui, un premier coup de canif au magistère de l’Église et aux sacrements du mariage. C’est à sa suite que quatre cardinaux de la curie, dont Burke, avaient émis des dubia (« doutes »), puis des correctio, soit, en d’autres termes, une menace de schisme.

Le récent synode sur l’Amazonie a réactivé toutes les inquiétudes dans ce camp de l’Église. Ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, remercié en 2017, le cardinal allemand Gerhard Ludwig Müller en parle avec d’autant plus de réticence que ce sont les fonds de l’Église allemande qui ont financé l’événement, en mettant à son agenda la question de l’ordination possible dans cette région d’hommes mariés (viri probati) comme celle de femmes diacres. Cela, afin d’ouvrir une brèche visant à introduire ces sujets sensibles dans le propre synode de l’Église allemande, prévu pour débuter en janvier. Une Église allemande décidément bien trop audacieuse et progressiste pour Müller, ancien gardien du dogme.

Les statuettes de la Pachamama, installées dans une église de Rome pour les représentants amazoniens du synode, puis dans les jardins du Vatican, et enfin dans la basilique Saint-Pierre, avant d’être volées par un jeune et fervent catholique autrichien, qui s’est filmé en les jetant dans le Tibre, ont créé un ramdam sur Internet. Pour Roberto de Mattei, intervenant dans une vidéo défendant l’acte de l’Autrichien, cette adoration idolâtre d’un autre culte admise sous la coupole de Saint-Pierre relève de l’apostasie… [plus de détails ici].

La fin de règne de François pourrait être agitée alors que le prochain conclave se fomente déjà et que de puissants lobbys médiatico-financiers américains y travaillent avec beaucoup de moyens. Baptisé « Red Hat report », leur projet promet une campagne à l’américaine, avec investigations et révélations des moindres éventuelles « casseroles » de tout cardinal de la ligne « bergoglienne » ayant un profil de papabile. Pour cette Amérique [...] la plus va-t-en-guerre contre François, le pape péroniste, sinon même marxiste, il serait bon que son successeur soit ouvertement pro-vie, moins pro-homo, qu’il ne se mêle ni des questions migratoires ni du réchauffement climatique et qu’il arrête de dialoguer avec l’islam. [...]

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