mercredi 10 septembre 2025

France — « L’État profond a fait main basse sur l’Éducation nationale »

Dans son nouveau livre *, l’enseignant et essayiste Joachim Le Floch-Imad dévoile les causes profondes de la faillite de l’école selon lui et déplore la démission des dirigeants politiques successifs face à l’État dans l’État que constitue désormais l’Éducation nationale. Joachim Le Floch-Imad est diplômé de Sciences Po et de la Sorbonne, Joachim Le Floch-Imad est enseignant et essayiste. Il est l’auteur, au Cerf, de Tolstoï, une vie philosophique (Prix Brantôme de la biographie historique 2024).

— La régression éducative nous précipitera dans la tiers-mondisation », écrivez-vous. N’est-ce pas alarmiste ? En quoi la crise de l’école est-elle un défi existentiel ? Notre économie vaudra demain ce que vaut notre école aujourd’hui, tant en matière de gains de productivité que d’innovation et de croissance. Selon les économistes E. Hanushek et L. Wößmann, 25 points Pisa en plus représentent 30 % de PIB supplémentaires à l’horizon 2100. Cela devrait nous inquiéter, alors que la moitié des collégiens ne maîtrise pas les compétences élémentaires en français et que le niveau en mathématiques des écoliers se situe, selon Timss, entre le Kazakhstan et le Monténégro.

— Le délitement éducatif ne fait pas qu’appauvrir la France : il la défait. De la capacité de l’école à transmettre les savoirs dépend en effet le maintien de la paix civile, la barbarie des actes s’inscrivant dans le vide de la pensée. Se joue également la survie d’un modèle de citoyenneté, d’une culture et d’une langue. Peut-on « faire nation » lorsque la moitié des 16-24 ans ignore en quelle année a débuté la Révolution française ? La France qui veut rester la France doit comprendre qu’aucune cause n’importe plus que celle de l’école.

— Vous attribuez la responsabilité de cette crise aux élites coupables d’« un suicide assisté ». Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?

— Nous ne sommes pas gouvernés par une élite, mais par une caste qui s’en donne le nom sans en assumer les devoirs. En discours, celle-ci rivalise de slogans pour expliquer que l’école est « la mère des batailles ». En actes, le courage, le sens de l’intérêt général et le souci du long terme font défaut, si bien que les ministres abdiquent très tôt et sont relégués à un rôle de gestionnaire ou de communicant. Sans cap, l’école navigue quant à elle à vue, au gré d’effets d’annonce et de propositions de façade sur des sujets aussi périphériques que les rythmes scolaires, l’éducation à la sexualité ou l’écocitoyenneté. Le retrait du politique crée une brèche dans laquelle s’engouffre l’administration de la Rue de Grenelle, avec ses « experts », lobbys et syndicats qui édulcorent les réformes, voire refusent de les mettre en œuvre.

— Quel est cet État dans l’État qui aurait fait « main basse sur l’Éducation nationale » ?

— L’État dans l’État, immuable et indépendant des gouvernements, constitue moins un bloc qu’une coalition. Il y a d’abord les tenants des pédagogies constructivistes qui voient l’école comme une contre-société libertaire. Leur credo est celui de l’Éducation nouvelle et de son pionnier Roger Cousinet : « Il faut que le maître cesse d’enseigner pour que les élèves commencent à apprendre. » Cette idéologie infuse à tous les échelons, de l’administration centrale aux rectorats en passant par l’Inspection générale.

Je pense en outre à l’omniprésence des syndicats, malgré une faible représentativité, et à leurs responsables, qui sortent de leurs prérogatives et défient l’autorité du ministre. Les illustrations ne manquent pas, de la prise en otage des copies du bac sous Blanquer au refus d’appliquer le « choc des savoirs » et l’interdiction de l’abaya, en passant par le mouvement des « désobéisseurs » sous Darcos et les consignes de vote proextrême gauche aux élections législatives. S’y ajoutent ces associations agréées qui importent leur militantisme dans les classes et les instances où l’on décide des programmes. SOS Méditerranée, La Ligue des droits de l’homme, l’Observatoire des inégalités, CoExist : la liste est longue.

Il y a enfin le pouvoir des juges constitutionnels et administratifs, ainsi que de Bercy qui traite l’école comme une variable d’ajustement, au prix d’efforts budgétaires mal ciblés. On réduit les dépenses nécessaires et on arrose le désert quand des économies s’imposent, à l’université, par exemple, où l’échec massif en premier cycle coûte 543 millions par an.

— Vous parlez d’« État profond ». Ne craignez-vous pas le procès en « populisme » et en « complotisme » ?

— La priorité est moins de traquer le « populisme » que de défendre les plus modestes qui n’ont que l’école pour s’élever. Notre classe dirigeante s’en désintéresse, car elle se sait à l’abri du naufrage, sa reproduction sociale étant assurée grâce au hors contrat [privé non subventionné], au contournement de la carte scolaire [inscrire l'enfant ailleurs que dans les écoles publiques proches de sa résidence] et à la scolarisation à l’étranger. Le problème n’est pas que l’on cherche le meilleur pour ses enfants, mais que l’on organise l’enseignement de l’ignorance pour ceux des autres. La notion d’État profond renvoie à l’impuissance politique, un mal souvent pointé en matière économique, judiciaire et migratoire, et qui frappe tout autant l’éducation. La cohorte de ministres corsetés en témoigne. Même Anne Genetet a dit s’être heurtée, Rue de Grenelle, à une administration avançant seule et prenant des décisions politiques.

— Vous expliquez que ce coup d’État a été rendu possible par la démission des hommes politiques…

—  Notre impuissance éducative est consentie, et même fabriquée — à force de renoncements, d’amateurisme et d’aveuglement. Le politique, ayant consenti à son effacement, n’est plus qu’un contre-pouvoir, un figurant parmi d’autres. Briser cet engrenage pour rétablir la souveraineté populaire sera l’enjeu majeur de l’élection présidentielle à venir.

— De Gaulle concluait déjà « qu’aucune institution ne peut être vraiment réformée si ses membres n’y consentent pas, à moins de faire table rase par la dictature ou par la révolution ». Ne serait-il pas plus simple de « raser la Rue de Grenelle », selon le mot de Jacques Julliard ?

— Il faut surtout rendre à chacun ses attributions naturelles : le politique fixe le cap et l’administration l’exécute. L’Éducation nationale n’est pas ingouvernable, mais mal gouvernée, du fait notamment de sa bureaucratie pléthorique. 20 % de la dépense totale des établissements est allouée à des personnels non enseignants, un record qui justifie des coupes dans le millefeuille administratif, les emplois de bureau semi-fictifs et les comités Théodule (Conseil scientifique de l’Éducation nationale, Conseil d’évaluation de l’école, etc.). Il est de même urgent de supprimer les INSPÉ (ex-IUFM) où l’on apprend aux professeurs à ne rien apprendre, avec des formations toujours plus idéologiques : « Guérir de “l’hégémonie hétérosexuelle” », « La nature a-t-elle un genre ? », « Queeriser le curriculum ». Cette thérapie de choc ne signifie pas la privatisation. La France a trop souffert des guerres scolaires pour en raviver le spectre. Si le Titanic se dirige vers l’iceberg, mieux vaut en changer le cap plutôt que d’inviter chacun à affréter son canot de sauvetage.

— Les racines de la crise de l’école sont lointaines. Emmanuel Macron n’a-t-il pas néanmoins aggravé cette crise ?

— Emmanuel Macron n’est pas l’initiateur du désastre éducatif, mais son accompagnateur. Dans la mesure où il avait décrit l’école comme son « domaine réservé », il porte l’entière responsabilité de la noirceur à laquelle elle est en proie. La valse des contre-ordres et des ministres — sept en trois ans — constitue le symptôme le plus éloquent de son manque de volonté politique. « Le pays vit pour l’administration, et non l’administration pour le pays », déplorait Emmanuel Macron en 2016 dans Révolution. Force est de constater pourtant que l’administration de l’Éducation nationale n’a jamais été aussi puissante ni autonome qu’à la fin de son second quinquennat. La révolution attendra. Le redressement de l’école aussi !

— Si vous étiez ministre de l’Éducation nationale, quelle mesure prendriez-vous d’emblée ?

— Notre école a besoin d’idéaux régulateurs clairs et de politiques publiques ambitieuses : recentrage sur les fondamentaux et la culture générale au détriment des sciences de l’éducation et de l’approche par compétences ; réécriture des programmes ; reconstruction de la valeur certificative des examens ; orientation plus précoce et revalorisation de la voie technique ; passage au collège modulaire ; remise à plat de la politique d’éducation prioritaire ; revalorisation des professeurs ; resanctuarisation et impunité zéro pour les élèves violents et les parents démissionnaires. Ce virage à 180 degrés implique de nettoyer les écuries d’Augias et de libérer le politique de l’emprise de la technostructure. Des rotations ciblées seront nécessaires aux postes clés, tant chez les directeurs d’administration qu’au sein de l’Inspection générale et des recteurs, dont certains profils donnent à frémir. Au besoin de cohérence dans les nominations s’ajoute celui de sanctionner ceux qui violent le devoir de « loyauté » et de « neutralité » auquel les textes officiels astreignent les agents publics. Ce changement de méthode fera grand bruit. Vu l’abîme dans lequel se trouve l’école, il est néanmoins illusoire d’imaginer la sauver sans vagues.

— Croyez-vous le sursaut possible ?

— Oui. L’histoire de France prouve notre capacité à surmonter l’esprit de défaite et à rebâtir sur les ruines. Du Portugal à l’Estonie, en passant par la Pologne ou le Maroc, bien des pays ont su redresser leur école via des décisions de bon sens. À nous de nous en inspirer pour trouver le remède à nos malheurs et la force de résister à nos déconstructeurs. Les trésors de dévouement dont sont capables nos enseignants me donnent envie d’y croire. Aussi longue que soit la nuit, l’aurore demeure inéluctable.


Source : Figaro Magazine



Main basse sur l’Éducation nationale : Enquête sur un suicide assisté

de Joachim Le Floch-Imad
paru le 21 août 2025,
aux éditions du Cerf,
à Paris,
274 pages
ISBN-10 : 2 204 157 759
ISBN-13 : 978-2204157759


mardi 9 septembre 2025

10 septembre 1725 — Rameau assiste à la visite de deux chefs indiens de Nouvelle-France, il s'en inspire pour écrire les Indes Galantes

Lors d’une représentation le 10 mars 1736, Rameau présente un nouvel acte (« une entrée ») à son opéra-ballet Les Indes galantes. Ce nouvel acte présente une histoire qui se déroule dans une forêt de la Nouvelle-France ou de Louisiane sous le régime français. Les « Sauvages » y tiennent le beau rôle, les prétendants européens de la belle Indienne Zima sont tournés en ridicule (l’un trop jaloux, l’autre trop volage). Non, décidément, le jeune prétendant indien de Zima, Adario, aime le plus simplement. La forêt nord-américaine est également un havre de paix où « jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs ». Les deux prétendants européens de Zima sont à l’arrière de la scène dans la vidéo ci-dessous. Ils sont tout essoufflés après quelques pas de danse, alors qu’Adario reste frais et fringant.




Rameau a assisté aux danses de deux chefs indiens de la Louisiane sur la scène du théâtre des Italiens à Paris en septembre 1725. Toutefois, la chorégraphie de la vidéo ci-dessus est bien moderne. La diction aussi d’ailleurs (pour une prononciation plus archaïque de ce rondeau, voir ici).

On trouvera ci-dessous la description de la danse de Deux Sauvages exécutée pour la première fois le lundi 10 septembre 1725 sur le Théâtre des Italiens. Ce texte fut publié pour la première fois dans le Mercure du mois de septembre 1725, puis dans le Parfaict Dictionnaire (1767).

Les Comédiens Italiens, avant leur départ pour Fontainebleau, donnèrent sur leur Théâtre une nouveauté des plus singulières. Deux Sauvages venus depuis peu de la Louisiane, grands & bien faits, âgés d’environ vingt-cinq ans, dansèrent trois sortes de danses, ensemble & séparément, & d’une manière à ne pas laisser douter qu’ils n’aient appris les pas & les sauts qu’ils font, très loin de Paris. Ce qu’ils prétendent figurer est sans doute fort aisé à entendre dans leur pays, mais ici rien n’est plus difficile à pénétrer : voici ce que nous en avons pu apprendre.

Le premier Danseur représentait un Chef de sa Nation, vêtu un peu plus modestement qu’on ne l’est à la Louisiane, mais en sorte que le nu du corps paraissait assez. Il avait sur la tête une espèce de couronne, pas riche, mais fort ample, ornée de plumes de différentes couleurs. L’autre n’avait rien qui le distinguât d’un simple guerrier. Le premier fit entendre à celui-ci, par sa façon de danser, & par ses attitudes cadencées, qu’il venait proposer la paix, & présenta le calumet ou étendart à son ennemi. Ensuite, ils dansèrent ensemble la danse de la paix. La seconde danse appelée la guerre, exprime une assemblée de Sauvages, où l’on prend le parti de faire la guerre à tel ou à tel peuple, & on en voit toutes les horreurs. Ceux qui sont de ce sentiment opinent en venant se mêler à la danse. Dans la troisième le guerrier va d’abord à la découverte de l’ennemi, armé d’un arc & d’un carquois garni de flèches, pendant que l’autre assis par terre bat du tambour, ou espèce de timbale pas plus gros que la forme d’un chapeau. Après avoir découvert l’ennemi, le Sauvage revient en donner avis à son Chef. Il imite ensuite le combat, dans lequel il suppose avoir défait l’ennemi. Après quoi ils dansent ensemble la danse de la Victoire.

Version de chambre par l'Orchestre baroque de Slovénie :

Version ba-rock par Dmitry Ivanchey, homme orchestre :

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Si l'histoire de France et de l'Europe est singulièrement absente des écoles québécoises, les prières autochtones et le rapprochement délibéré entre l’écologisme et la spiritualité autochtone (en partie fantasmée) sont bien présents dans le matériel scolaire québécois. Ici une prière amérindienne à la Terre-Mère, illustration du manuel d’ECR Près de moi, publié par les éditions CEC, destiné à la 2de année du premier cycle du primaire, manuel B, p. 60

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(Suite d’une autre prière amérindienne à la Terre-Mère, illustration du manuel d’ECR Près de moi, publié par les éditions CEC, destiné à la 2de année du premier cycle du primaire, manuel B, p. 61)

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Illustration du manuel d’ECR Mélodie, publié par Modulo, destiné au 1er cycle du primaire, manuel B, p. 8


lundi 8 septembre 2025

États-Unis — une réfugiée ukrainienne poignardée à mort dans le tramway, lourd silence médiatique

Le meurtre d'une réfugiée ukrainienne de 23 ans, poignardée dans le tramway, suscite une vive polémique aux États-Unis. De nombreuses voix dénoncent le silence des grands médias nationaux. Elon Musk et plusieurs figures conservatrices accusent la presse et les responsables démocrates de minimiser le drame.

 

Iryna Zarutska (à gauche), 23 ans, réfugiée ukrainienne installée en Caroline du Nord, a été attaquée par derrière, égorgée et tuée lors d'une attaque au couteau dans le tramway de Charlotte par un homme au lourd dossier judiciaire.

Iryna Zarutska avait fui la guerre en Ukraine pour trouver refuge aux États-Unis. La jeune femme de 23 ans a été poignardée à mort le 22 août dernier dans un train à Charlotte, en Caroline du Nord, par un sans-abri au lourd passé judiciaire. La diffusion d’images de vidéosurveillance de l’agression a suscité une vague d’indignation, doublée d’une polémique sur l’absence de relais par les grands médias américains.

Selon The Telegraph, Iryna Zarutska venait de terminer son service dans une pizzeria lorsqu’elle a pris le tram ce soir-là. Sur les images rendues publiques par la régie locale des transports, on la voit s’installer en uniforme de travail, assise devant l’agresseur présumé, Decarlos Brown Jr., 34 ans. Quelques minutes plus tard, l’homme, décrit comme souffrant de troubles psychiatriques et déjà condamné à plusieurs (14 apparemment) reprises, sort un couteau pliant et lui assène trois coups à la gorge. La victime s’effondre sur son siège .La vidéosurveillance de la Charlotte Area Transit System (CATS) a montré qu'il n'y avait aucune interaction préalable entre Brown et Iryna avant l'attaque, ce qui renforce l'hypothèse d'un acte « aléatoire ».

Toujours d’après le quotidien, l’assaillant a été filmé en train d’errer ensuite dans la rame, retirant son coton ouaté (sweat/kangourou) à capuche ensanglanté avant de quitter le train. Le couteau a été retrouvé près du quai. Brown a été inculpé pour meurtre au premier degré. D’après la chaîne WSOC-TV, il avait déjà purgé une peine de cinq ans de prison pour vol à main armée et faisait l’objet de multiples arrestations depuis 2011.

Affaire similaire passée sous silence, la victime et le tueur ne cochant pas les bonnes cases ?

Occultation dans les médias de grand chemin

Si le drame a été largement couvert par les médias locaux, plusieurs personnalités conservatrices dénoncent le silence des grands titres nationaux. « Si Iryna était noire et son tueur blanc, les médias parleraient sans arrêt », a écrit sur X le podcasteur Benny Johnson.

Même ton du côté du New York Post, qui parle d’un « silence assourdissant » de la part des dirigeants démocrates et de la presse nationale. Elon Musk a partagé un message affirmant qu’aucun article n’avait été publié sur ce sujet par des médias comme le New York Times, le Washington Post, CNN ou la BBC. Le président du Salvador Nayib Bukele a également réagi en écrivant : « Vous ne détestez pas assez les médias ».
   

Capture d'écran de la vidéo de la mise à mort d'Iryna Zarutska

Certains internautes ont comparé l’affaire au meurtre de George Floyd. Pour rappel, cet Afro-Américain au lourd casier judiciaire de 46 ans est mort en mai 2020 à Minneapolis après qu’un policier a maintenu son genou sur son cou pendant plus de neuf minutes, un drame qui avait déclenché des manifestations mondiales contre les violences policières et le racisme. « George Floyd a eu un cercueil doré et une indignation internationale pendant des années. Iryna Zarutska sera oubliée en quelques jours », s'est indigné le youtubeur conservateur Kangmin Lee.


Iryna Zarutska aurait compris le silence médiatique entourant sa mort violente. Dans son modeste logement, elle avait consciencieusement griffonné « Black Lives Matter » et « I can't breathe » sur son tableau blanc. Elle faisait partie de ces immigrants à l'ancienne qui s'assimilaient tellement qu'ils en adoptaient vite les délires bien-pensants de l'Amérique libérale. Aujourd'hui, nombre d'immigrants modernes (non européens) semblent plutôt vouloir que de leur pays d'accueil s'assimile à eux.

« Je l'ai eue cette blanche »

Hommages et recueillement à Charlotte

À Charlotte, l’émotion reste vive. « Nous avons perdu non seulement une employée exceptionnelle, mais une véritable amie », a écrit la pizzeria Zepeddie’s, où travaillait la victime, sur Instagram. Une cagnotte en ligne lancée par ses proches a déjà permis de collecter près de 46 000 dollars pour sa famille.

La maire démocrate Vi Lyles a salué « les médias et membres de la communauté » qui ont choisi de ne pas relayer les images du meurtre, par respect pour la famille. Une prise de position critiquée par plusieurs élus républicains locaux, qui y voient un manque de fermeté face à l’insécurité.

Iryna Zarutska était née le 22 mai 2002 à Kyiv, en Ukraine. Elle a fui la guerre en Ukraine en août 2022 avec sa mère Anna, sa sœur Valeriia et son frère Bohdan, pour chercher une vie plus sûre aux États-Unis. Installée à Charlotte, en Caroline du Nord, elle s'était rapidement adaptée à sa nouvelle vie, devenant fluent en anglais en peu de temps. Iryna était une artiste talentueuse, diplômée du Synergy College de Kyiv en art et restauration. Elle aimait sculpter, concevoir des vêtements originaux et partager ses créations avec ses proches. Passionnée par les animaux, elle s’occupait souvent des animaux de ses voisins et rêvait de devenir assistante vétérinaire. Elle travaillait également dans une pizzeria, Zepeddie’s, où elle était appréciée comme une employée et amie précieuse.

Une campagne GoFundMe a été lancée par sa famille, recueillant près de 96 000 dollars pour aider à couvrir les frais imprévus. Sa mort a suscité une vague d’émotion, avec des hommages soulignant sa gentillesse, son sourire rayonnant et son esprit créatif. Iryna laisse derrière elle ses parents, sa sœur, son frère, son partenaire Stas Nikulytsia, ainsi que de nombreux proches et amis.

Statistiques

Selon le rapport unifié sur les crimes du FBI en 2019, parmi les victimes d’homicides, 54,7 % étaient noires, 42,3 % blanches et les homicides de blancs par des noirs étaient effectivement 2,3 fois plus fréquents que l’inverse (566 contre 246) alors que les Noirs sont une petit minorité de la population (environ 13%). Le taux d’infraction par habitant (per capita offending rates) qui mesure le nombre d’infractions commises par des membres d’un groupe par 1 000 personnes de ce groupe (contre un groupe cible) est de 11,6 (pour les Noirs contre Blancs) par rapport à 0,38 (Blancs contre Noirs) ce qui donne un taux d’environ 31 contre 1.

Source : JDD

Images très dures de l'attaque. La jeune femme est stupéfaite, porte ses mains à son visage, sanglote, se vide lentement de son sang, puis s'effondre silencieusement de son siège vers le sol tandis que personne ne se soucie d'elle.

La dérive du Royaume-uni vers une police politique

Texte de Mathieu Bock-Côté dans le Figaro.

L’histoire des derniers siècles nous a amenés à croire que les Britanniques avaient une passion particulière pour les libertés. Mais l’histoire des dernières années, et plus encore des derniers mois, nous oblige à constater qu’ils y sont devenus indifférents, peut-être même hostiles.

La séquence hallucinante mettant en scène bien malgré lui Graham Linehan nous en convaincra. Le 1er septembre, l’humoriste irlandais, s’est posé à Heathrow, au Royaume-uni, et fut à sa grande surprise accueilli par cinq policiers armés, qui l’amenèrent au poste, avant de l’emprisonner et de l’interroger plusieurs heures. On lui reprochait trois tweets, parus en avril, et décrétés haineux, où il s’en prenait vertement, avec un humour « trash », à l’idéologie transgenre, postulant qu’il suffit pour un individu de se proclamer d’un genre, sans égard pour son sexe biologique, pour être reconnu ainsi.

Cette autoproclamation serait même à inscrire dans le registre de la vérité - qui s’opposera à cette thèse sera dans le « faux ». Il conjuguera donc la haine et la désinformation, en plus de mettre en danger la vie des trans, qui seraient pour cela condamnés à évoluer dans un environnement toxique, il inciterait à l’agression contre eux, ou les pousserait au suicide. Au cœur de cette théorie, on trouve une révolution anthropologique, vécue comme une révélation religieuse, absolument indiscutable. Au terme de son interrogatoire, Linehan fut remis en liberté, à condition toutefois de ne pas publier sur X. Comment ne pas y voir une censure ?


Plusieurs ont vu le Royaume-uni confirmer là sa dérive vers l’état policier. Cette impression n’est pas sans lien avec le plus vaste contexte qui a vu les autorités britanniques, à l’automne 2024, réprimer férocement des hommes ordinaires coupables eux aussi d’avoir publié des tweets trop virulents contre l’immigration massive et ses conséquences. Le Royaume-uni marquait là sa volonté de punir sévèrement ceux qu’il faut bien considérer comme des délinquants idéologiques transgressant les principes que le régime diversitaire juge non négociables.

L’épisode est à bien des égards indissociable de la récente polémique autour du drapeau dans ce pays. On l’a vu, de nombreux Britanniques revendiquent le droit de hisser les couleurs du Royaume-uni, et même de l’Angleterre, sous le signe de la protestation patriotique, et même nationaliste, pour peu qu’on ne connote pas négativement ce terme. Encore une fois, les forces de l’ordre sont intervenues pour sanctionner cette manifestation politique que le régime diversitaire assimile de plus en plus à la haine.

Naturellement, l’état de droit, comme il aime se présenter, formule ces interdictions et ces sanctions dans des termes généraux, indirects, qui lui permettent de sanctionner les déviants en laissant croire qu’il a seulement le souci de l’ordre public. Ce qui permet ensuite d’affirmer publiquement que tel homme ou telle femme n’ont pas été arrêtés parce qu’ils brandissaient le drapeau du pays mais parce qu’ils manifestaient sans en avoir le droit, par exemple. De même, les manifestations d’opposition à l’immigration massive sont systématiquement caractérisées par la plupart des grands médias comme racistes et haineuses.

Nos sociétés, et le Royaume-uni ne fait pas exception, sont aujourd’hui marqués par une criminalité conquérante, et il peut sembler étonnant de consacrer les ressources de la police et de la justice à la lutte contre les mauvaises pensées des uns et des autres, alors que la sécurité au quotidien de la population est compromise. Mais ce ne l’est qu’à condition d’oublier ce qui est le propre d’un régime idéocratique, d’abord occupé à maintenir le dogme sur lequel il repose. Quand la diabolisation et la peur de la mort sociale ne suffisent plus, il n’hésite pas à se radicaliser, à pénaliser tout simplement les propos qu’il réprouve, le délit d’opinion se présentant ici comme un délit de blasphème.

Il n’hésite même pas à se couvrir de ridicule, comme on l’a vu en avril 2005, quand le gouvernement britannique a refusé de laisser entrer sur son territoire Renaud Camus. Sa présence avait été déclarée « non propice à l’intérêt public ». On pensera ce qu’on veut de l’écrivain, associé pour le grand public au thème du « grand remplacement », mais on pourra difficilement ne pas s’amuser de ce refus quand on sait que le même pays accueille régulièrement, et sans souci, les prêcheurs islamistes les plus fanatiques.

Le régime diversitaire se sait contesté, et se radicalise. Ce n’est plus l’immigration massive qui fait scandale, mais le fait de s’y opposer, et le régime diversitaire, partout, se donne les moyens de mater les rebelles qui le défient, lui et ses dogmes. Le Royaume-uni n’est peut-être que le miroir grossissant de ce qui arrive partout en Europe occidentale où la police se voit assigner une fonction de plus en plus ouvertement politique.



Canada — Près de la moitié des étudiants à l'université cachent activement leurs véritables convictions

Près de la moitié des étudiants universitaires canadiens cachent activement leurs véritables opinions par crainte de sanctions ou de mauvais traitements, selon une nouvelle enquête exhaustive publiée mercredi par la Fondation Aristote.

Sur les 760 étudiants universitaires interrogés, 48,1 % ont exprimé leur réticence à révéler leurs opinions sur une « question politique controversée ». L'enquête a révélé que 27,5 % des étudiants étaient quelque peu réticents et 20,6 % très réticents.

Et ce n'était pas parce que les étudiants étaient particulièrement réservés ou timides lors des discussions en classe. Lorsqu'on a demandé aux répondants s'ils pouvaient donner leur avis sur une question « non controversée », 93,4 % ont répondu que cela ne posait aucun problème.

« Notre étude nous amène inévitablement à reconnaître que les discussions en classe sur des sujets controversés dans les campus universitaires ne reflètent pas la diversité réelle des opinions des étudiants dans la salle de classe », ont écrit les chercheurs du groupe de réflexion basé à Calgary.

Et la peur de s'exprimer variait considérablement en fonction de l'identité de l'étudiant. Certains groupes ont décrit des environnements universitaires dans lesquels pratiquement toutes leurs opinions ou points de vue pouvaient être exprimés sans conséquence.

D'autres ont déclaré que les campus étaient devenus des lieux où le fait de ne pas exercer une autocensure appropriée pouvait entraîner une baisse des notes, l'opprobre de leurs pairs ou même une enquête des autorités du campus.


« Les libéraux [progressistes, de gauche] se sentent fondamentalement libres de dire tout ce qu'ils veulent sur n'importe quel sujet, quelles qu'en soient les conséquences — ce n'est pas une exagération — tandis que les modérés, les conservateurs et les libertariens ont le sentiment qu'ils doivent s'autocensurer radicalement s'ils veulent éviter les conséquences de leurs convictions », a écrit David Hunt, directeur de recherche de la Fondation Aristote, dans un courriel adressé au National Post. 

Il a ajouté : « Nous savions que les étudiants s'autocensuraient et que certains d'entre eux avaient le sentiment que leurs opinions n'étaient pas les bienvenues dans les discussions en classe... mais les données étaient encore plus accablantes que prévu. »

Cela était particulièrement vrai lorsque les résultats d'Aristotle ont été ventilés en fonction du genre auto-identifié des répondants.

Les répondants qui se sont identifiés comme « non binaires » ou comme appartenant à un troisième genre non spécifié ont exprimé plus de confiance que tout autre groupe pour exprimer leurs opinions sans craindre de réprimande ou de sanction.

Dans l'une des questions de l'enquête, les répondants devaient imaginer un scénario dans lequel ils discutaient d'une « question controversée liée au genre » en classe et s'abstenaient d'exprimer leur opinion par crainte d'être dénoncés aux autorités du campus pour un acte présumé de haine ou de discrimination.

Parmi les répondants non binaires et du troisième genre, 87,1 % se sont dits convaincus que cela ne s'appliquerait jamais à eux.

Les répondants masculins et féminins se sont montrés beaucoup plus prudents. Seuls 31,4 % des hommes et 47,7 % des femmes ont déclaré pouvoir s'attendre à dire la vérité sans risquer d'avoir des ennuis.

Une disparité similaire a été observée lorsque les répondants ont été interrogés sur la possibilité que leurs opinions sur le genre leur valent une note inférieure. Parmi les répondants non binaires et de troisième genre, 71 % ont déclaré que cela ne les inquiétait pas, contre seulement 32,7 % des hommes et 48,8 % des femmes.

L'autocensure variait également considérablement entre les groupes raciaux.

Les ethnies qui se sont dites les plus à l'aise pour « s'exprimer lors d'une discussion en classe » étaient les étudiants qui s'identifiaient comme étant originaires du Moyen-Orient ou autochtones. Seuls 27 % des étudiants originaires du Moyen-Orient ont indiqué une certaine réticence à exprimer leur opinion sur une question controversée, contre 31 % des étudiants autochtones.

À l'autre extrémité du spectre se trouvaient les étudiants blancs et hispaniques. Cinquante pour cent des étudiants hispaniques et 46 % des étudiants blancs ont déclaré préférer rester en dehors des discussions en classe sur des sujets brûlants.

L'une des sources d'inspiration du rapport Aristotle est l'indice annuel Campus Freedom Index publié par le Justice Centre for Constitutional Freedoms. Cet indice se concentre souvent sur les cas de discours hétérodoxes ou conservateurs réprimés dans les universités canadiennes, comme le refus d'autoriser l'utilisation des installations du campus pour des discours anti-avortement.

Cependant, l'enquête Aristotle a révélé de manière surprenante que les opinions modérées ou conservatrices représentent désormais la pluralité (une majorité relative) des opinions politiques des étudiants sur les campus canadiens.


Parmi les personnes interrogées, 38,7 % ont déclaré avoir des opinions « modérées », « conservatrices » ou « libertaires ». Ce chiffre contraste avec les 37 % qui ont déclaré avoir des opinions plutôt libérales. Les 24,2 % restants ont déclaré ne pas s'intéresser à la politique ou ne pas vouloir répondre.

Et ce, malgré le fait que les répondants à l'enquête Aristotle étaient en grande majorité des personnes non blanches et des femmes, deux groupes qui ont toujours eu des opinions politiques plutôt de gauche. Seuls 47,8 % des répondants étaient blancs et 28,9 % étaient des hommes (63,2 % étaient des femmes).

Bien que les modérés et les conservateurs représentent désormais la majorité des étudiants universitaires du pays, l'enquête Aristotle a révélé qu'ils se sentaient les plus menacés en raison de leurs opinions politiques.

Parmi les étudiants se déclarant « très conservateurs », 85 % ont déclaré craindre d'obtenir de moins bonnes notes s'ils révélaient leurs convictions.

Parmi les étudiants « très libéraux », trois quarts ont déclaré ne pas être « du tout » préoccupés par le fait que la libre expression de leurs opinions puisse leur causer des problèmes. Seuls 17 % des modérés ont déclaré ne pas être préoccupés.

L'enquête a révélé que 46,2 % des étudiants ont déclaré avoir été maltraités ou traités injustement en raison de leurs opinions politiques et 6,6 % ont déclaré être pris pour cible plus d'une fois par semaine.

La disparité dans la perception de la liberté d'exprimer ses opinions parmi les étudiants ayant des opinions divergentes ne se limite pas aux opinions politiques, mais a également été observée dans d'autres domaines tels que la religion. 

Bien que les étudiants religieux soient deux fois plus nombreux que les étudiants non religieux, ce sont ces derniers qui se sentent nettement plus à l'aise dans les salles de cours universitaires pour discuter de questions controversées liées à la foi et à la religion.
Les données révèlent des préoccupations particulières concernant l'expérience des étudiants catholiques, musulmans et juifs, ces derniers faisant état de mauvais traitements considérables au cours de leur expérience universitaire.  

En revanche, 90 % des agnostiques, 86,6 % des athées et 75,5 % des étudiants qui ont choisi de ne pas divulguer leur appartenance religieuse ont déclaré n'avoir jamais été maltraités ou traités injustement, en tant qu'étudiants universitaires, en raison de leurs opinions sur la religion. En d'autres termes, un étudiant agnostique ou athée de notre population étudiée est six fois plus susceptible qu'un étudiant juif de déclarer n'avoir jamais été maltraité ou traité injustement en raison de ses opinions religieuses. Aucun participant agnostique, athée ou « préférant ne pas se prononcer » à notre étude n'a déclaré subir des mauvais traitements quotidiens.  

La Fondation Aristote pour les politiques publiques a interrogé 760 étudiants de 34 universités à travers le Canada à l'aide d'un questionnaire basé sur l'enquête Campus Expression de la Heterodox Academy.


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mercredi 3 septembre 2025

États-Unis — Guerre contre l'IA woke

« Le peuple américain ne veut pas que les modèles d’IA soient imprégnés de la folie marxiste woke », a déclaré le président Donald Trump en juillet, juste avant de signer une série de décrets, dont l’un visait apparemment à empêcher les modèles d’intelligence artificielle (IA) de laver le cerveau des utilisateurs avec de la propagande gauchiste.  

M. Trump n’est pas le seul à s’inquiéter du fait que les grands modèles linguistiques (LLM) tels que ChatGPT d’OpenAI et Gemini de Google, qui ressemblent souvent à des oracles de vérité (même lorsqu’ils débitent des énormités), cachent des préjugés.

Le décret présidentiel de M. Trump, intitulé « Empêcher l’IA woke dans le gouvernement fédéral », s’appuie sur des exemples choquants pour étayer son argumentation. En tête de liste figure le moment où, début 2024, Google a dévoilé une fonctionnalité de génération d’images qui représentait les papes et les Vikings comme ayant la peau noire.

Des études suggèrent que la plupart des LLM, même Grok, penchent à gauche ; les modèles chinois et russes reflètent également les préjugés des systèmes qui les ont engendrés.

Partout dans le monde, les gouvernements s’inquiètent des différents types de préjugés dans l’IA. Il s’agit notamment de la discrimination fondée sur le sexe et la race, comme dans l’Union européenne (UE), de l’accès inégal aux modèles dans les langues nationales, comme au Japon et en Asie du Sud-Est, et de l’importation des normes culturelles occidentales, qui suscite une inquiétude généralisée. Mais comme M. Trump, de nombreux universitaires se sont concentrés sur les préjugés idéologiques et politiques.

Il est facile de trouver des exemples d’IA « woke ». Ce que les universitaires tentent de faire, c’est de prouver à quel point ces biais sont systématiques. La manière la plus évidente d’y parvenir est de demander à un LLM de répondre par oui ou par non à une série de questions qui révéleraient son orientation politique, telles que « Un gouvernement devrait-il restreindre les propos que certains trouvent offensants ? ». Mais cette méthode n’est pas optimale, car peu de gens utiliseraient l’IA de cette manière. Les chercheurs doivent donc trouver des alternatives plus réalistes.

Une approche utilisée par David Rozado, de l’Otago Polytechnic en Nouvelle-Zélande, consiste à mesurer la similitude entre le langage utilisé par les LLM et celui utilisé par les législateurs républicains et démocrates aux États-Unis (par exemple, « budget équilibré » et « immigrants illégaux » pour les premiers, et « soins abordables » et « violence par arme à feu » pour les seconds). Il a constaté que lorsqu’on leur demande des propositions politiques, les LLM utilisent presque toujours un langage plus proche de celui des démocrates. Seul un LLM spécialement conçu, qu’il a appelé « GPT de droite », penchait en faveur des républicains (voir graphique 1 ci-contre).

Une autre approche consiste à évaluer la manière dont les utilisateurs perçoivent l’orientation politique d’un modèle. Des chercheurs du Dartmouth College et de l’université de Stanford ont demandé à différents LLM de répondre à des questions telles que « Le gouvernement américain devrait-il augmenter les impôts des riches ou les maintenir à leur niveau actuel ? ». Ils ont ensuite demandé à des Américains d’évaluer les réponses en fonction de leur orientation politique (voir graphique 2). Ils ont constaté que « presque tous les principaux modèles sont considérés comme étant de gauche, même par les répondants démocrates ».

Certains universitaires adoptent une approche plus globale. Maarten Buyl et Tijl De Bie, de l’université de Gand en Belgique, ont mené une étude lors de laquelle on posait des questions à des LLM de différentes régions et dans différentes langues leur demandant d’évaluer des milliers de personnalités politiques couvrant un large éventail de points de vue idéologiques. Ils ont conclu que dans la plupart des cas, les LLM reflètent l’idéologie de leurs créateurs. Les modèles russes, par exemple, étaient généralement plus positifs à l’égard des personnes critiques envers l’Union européenne. Les modèles en langue chinoise étaient beaucoup plus négatifs à l’égard des politiciens hongkongais et taïwanais critiques envers la Chine.


 

mardi 2 septembre 2025

2 septembre 1604 : Champlain part découvrir ce qui pourrait être le « pays de Norembergue ».

Dugua de Mons charge Champlain d’une nouvelle mission d’exploration, cette fois au sud de l’embouchure de la rivière Sainte-Croix, « le long de la côte de Norembègue ».

Le 2 septembre, accompagné par deux indigènes qui lui servent de guides et par douze matelots, Champlain part sur une patache, un navire de dix-sept à dix-huit tonneaux idéal pour l’exploration.

Voyages de explorateurs français (1604-1606) sur la côte nord-est  américaine actuelle

Son exploration dure près d’un mois où longeant la côte vers le sud, il dépasse des iles qu’il dénomme «  îles rangées ». Au-delà, il atteint une ile à laquelle il donne le nom de « île des Monts-Déserts » parce qu’elle n’est que rochers dénudés sur ses hauteurs avec bois de pins, sapins et bouleaux.  Champlain et son équipage manquent perdre leur embarcation - mais facilement colmatable - qui frôle une petite pointe de rocher à fleur d’eau (barre rocheuse actuelle d’Otter Point dans le Maine). 

Le lendemain, ils atteignent l’île Au Haut qu’ils contournent pour entrer dans la rivière Pentagouët (actuelle rivière Penobscot) et parviennent à une chute (au lieu actuelle de la ville de Bangor). C’est à cet endroit que Champlain atteint le point de latitude de quarante-trois ou quarante-quatre degrés que nombreux pilotes et cartographes (explorateurs Giovanni da Verrazano, David Ingram par exemple) que ça ne ressemble en rien de ce qu’ils disent avoir vus et doit constater qu’ils n’ont jamais pénétré en ces lieux et auraient raconté ce que d’autres leur auraient dit sans même y être allés non plus eux-mêmes. 

Champlain découvre quelques cabanes inutilisées et c’est sur une bande de terre à la croisée de la rivière Kenduskeag qui rejoint celle de Penobscot qu’il rencontre les chefs abénaquis, Bessabez et Cabahis, et obtient d’eux une alliance  pour « autoriser les Français à « habiter leur terre » et à « leur montrer comment la cultiver », afin de ne plus mener une « vie aussi misérable ». Ils font ensuite échanges de présents. 

Le lendemain, Champlain redescend vers la côte sud, en direction de la rivière Kennebec accompagné une partie du trajet par le chef abénaquis Cabahis. Mais il ne se rend pas plus loin que Pemaquid dans la baie de Muscongus: ses guides (des Etchemins de l’Est) l’abandonnent car ils ne veulent pas aller traverser le territoire dans cette rivière où résident des Etchemins de l’Ouest qui sont alliés à leurs ennemis Almouchiquois. 

Champlain, déçu, rentre dès lors à l’île Sainte-Croix. 

Source : Société d'histoire Sieur de Champlain

Les programmes discriminatoires (DEI) restent très répandus dans le recrutement universitaire aux États-Unis malgré les interdictions

Selon une analyse réalisée par la Heterodox Academy, les programmes discriminatoires (DEI) restent très répandus dans le recrutement universitaire malgré les interdictions présidentielles. Le président Donald Trump a signé plusieurs décrets visant la DEI, dont un en janvier exigeant que le ministre de la Justice et le secrétaire à l'Éducation identifient les enquêtes civiles potentielles en matière de conformité parmi les établissements d'enseignement supérieur disposant d'une dotation supérieure à 1 milliard de dollars et, en conséquence, élaborent des plans d'action visant à « dissuader les programmes ou principes DEI qui constituent une discrimination ou des préférences illégales ».

Une responsable de l'université de l'Iowa a été filmée en train de se vanter d'avoir contourné l'interdiction de discrimination DEI dans une vidéo.


L'analyse, publiée en juillet par l'organisation non partisane, a examiné plus de 10 000 offres d'emploi dans l'enseignement supérieur pour le cycle de recrutement 2024-2025 aux États-Unis. 

Principales conclusions
  • 22,3 % des plus de 10 000 offres d'emploi dans l'enseignement supérieur américain pour le cycle de recrutement 2024-2025 exigeaient des déclarations DEI ou d'autres documents liés à la DEI, les établissements privés (28,6 %) les exigeant à un taux plus élevé que les établissements publics (19,0 %). 
  • Les établissements délivrant des diplômes de licence arrivaient en tête de toutes les classifications Carnegie en termes de taux de demande de déclarations DEI dans leurs offres d'emploi pour le corps enseignant (42,8 %). 
  • Les offres d'emploi dans les domaines des STEM (25,5 %) exigeaient des déclarations DEI à des taux comparables à ceux des sciences humaines (23,5 %) et des sciences sociales (24,8 %), remettant en question l'idée selon laquelle les préoccupations DEI se limitent à certaines disciplines.
  •  Les demandes de déclaration DEI prennent des formes très variées : dans les États qui interdisent l'utilisation de déclarations DEI dans le recrutement de professeurs dans les établissements publics, il semble que certains établissements publics se soient adaptés en demandant aux candidats de fournir des informations relatives à la DEI dans leurs lettres de motivation, leurs philosophies d'enseignement et d'autres documents de candidature. 
  • Seules 15,6 % des offres d'emploi demandant des déclarations DEI mentionnent des concepts de diversité des points de vue, ce qui suggère que la plupart des demandes de déclarations DEI se concentrent sur la diversité démographique plutôt que sur la diversité intellectuelle ou idéologique.
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lundi 1 septembre 2025

États-Unis — La révolution de l'IA va-t-elle d'abord pénaliser les États démocrates ?

Texte de Joel Kotkin, chercheur présidentiel en urbanisme futuriste à l'université Chapman et chercheur principal au Civitas Institute de l'université du Texas à Austin, paru sur Unherd.

« La première marche de la vie professionnelle est en train de disparaître pour de nombreux nouveaux diplômés », affirme un récent rapport du magazine Fortune. En conséquence, les PDG avertissent que les emplois de débutants sont en voie d'extinction, les stages et les débouchés pour les diplômés universitaires se raréfiant.

Bien sûr, tout le monde ne ressentira pas cet impact de la même manière. Au sommet de la pyramide se trouvent les investisseurs, les entrepreneurs et les programmeurs d'élite qui touchent désormais des salaires équivalents à ceux des athlètes professionnels. Mais l'intelligence artificielle, alimentée par d'énormes injections de capitaux provenant de Wall Street, menace de supprimer de nombreux emplois dans le domaine des logiciels, ainsi que des postes professionnels haut de gamme impliquant des analyses routinières.

Les jeunes en sont parfaitement conscients. Dans le cours que je donne avec Marshall Koplansky à l'université Chapman, plusieurs étudiants ont prédit que les emplois qu'ils occupent actuellement disparaîtront bientôt. Parmi eux se trouvaient un concepteur de jeux, deux responsables des ressources humaines et un responsable de la fabrication et de l'entreposage. Mes collègues ingénieurs font état d'une tendance similaire. Si les perspectives restent bonnes pour les ingénieurs en mécanique et en chimie, ainsi que pour ceux qui conçoivent des robots, elles sont beaucoup moins certaines pour les étudiants en informatique.

Malgré les profits colossaux des plus grandes entreprises technologiques, les outils de programmation IA ont permis des licenciements massifs dans des entreprises telles qu'Amazon, Intel, Meta et Microsoft. Malgré les profits en forte hausse des plus grandes entreprises technologiques, les outils de programmation IA ont permis des licenciements massifs dans des entreprises telles qu'Amazon, Intel, Meta et Microsoft. 

Aujourd'hui, parmi les diplômés universitaires âgés de 22 à 27 ans, les diplômés en informatique et en génie informatique connaissent certains des taux de chômage les plus élevés, selon un rapport de la Banque fédérale de réserve de New York.

En réponse, de nombreuses entreprises se concentrent désormais sur la création de produits tangibles plutôt que sur le simple transfert d'algorithmes à des fins commerciales ou la génération de davantage de médias sociaux. Dans les secteurs de l'aérospatiale et de la défense, par exemple, l'IA n'est pas considérée comme une fin en soi, mais comme un outil. Elle est un moyen d'améliorer la créativité et la productivité humaines plutôt que de les remplacer. « Le logiciel n'est pas dans une position idéale avec l'IA », m'a confié Delian Asparouhov, qui dirige une entreprise spécialisée dans la fabrication spatiale. « Aujourd'hui, les gens se tournent vers les techniques lourdes. La conception et la construction de vaisseaux spatiaux ont toujours besoin de main-d'œuvre humaine. »

Cela pourrait poser des problèmes aux universités d'élite, mais représente un avantage majeur pour les écoles qui enseignent les compétences pratiques dont les entreprises ont réellement besoin. Jusqu'à présent, ces débouchés sont largement concentrées dans les États rouges [républicains] et mauves [États indécis] du Midwest et du Sud, les régions les plus axées sur la relocalisation de la fabrication et d'autres industries depuis l'étranger.

Les mentalités évoluent parallèlement à ces changements économiques. Une enquête récente a révélé qu'environ 83 % de la génération Z [nés entre la fin des années 1990 et le début des années 2010] estime qu'apprendre un métier technique spécialisé peut être un meilleur moyen d'assurer sa sécurité économique que d'aller à l'université, y compris 90 % de ceux qui possèdent déjà un diplôme universitaire. En effet, alors que les inscriptions à l'université ont chuté entre 2020 et 2023, celles dans les écoles techniques ont augmenté de 10 %. Ces changements suggèrent que, à mesure que les compétences pratiques gagnent en valeur, les régions qui les proposent sont susceptibles d'attirer à la     fois des talents et des emplois.

La Californie perd déjà des emplois dans le secteur des technologies de pointe au profit de nouveaux acteurs au Texas et dans le sud des États-Unis. Entre 2022 et 2023, le Texas a été en tête du pays en termes de création d'emplois dans le secteur des technologies, tandis que la Californie est restée largement stable. La Floride arrive en deuxième position, la Géorgie, le Tennessee et la Caroline du Nord enregistrant également des gains importants. Pour l'avenir, la CompTIA (Computing Technology Association) prévoit que le Texas, le Mississippi, le Tennessee et la Caroline du Sud connaîtront la croissance la plus rapide dans le secteur des technologies au cours de la prochaine décennie.

Le fossé entre les États bleus [démocrates] et rouges [républicains] pourrait se creuser avec l'IA, compte tenu de sa demande croissante en électricité abordable. Les prix élevés de l'énergie en Californie, les plus élevés du pays, sont l'une des raisons pour lesquelles les entreprises qui construisent des serveurs d'IA, des puces avancées et du matériel quantique, telles que Nvidia, Samsung et Taiwan Semiconductor, sont implantées dans des États riches en énergie comme le Texas. Parallèlement, le nouvel essor énergétique de la Pennsylvanie est largement considéré comme une occasion idéale d'étendre à la fois sa base technologique et industrielle. Par exemple, en 2022, Shell a investi 6 milliards de dollars dans un craqueur d'éthane à Monaca, en Pennsylvanie, afin de convertir le gaz naturel abondant de la région en plastiques.

L'intelligence artificielle remodèle le paysage économique, récompensant les régions qui disposent d'une énergie abordable, de compétences pratiques et d'une volonté de fabriquer des produits tangibles. Alors que les coûts élevés et la croissance stagnante de la Californie poussent les emplois technologiques vers le Texas, le Sud et la Pennsylvanie, les gagnants seront probablement les États qui combinent infrastructures, talents et approche pragmatique de l'industrie. La question ne porte plus seulement sur l'innovation, mais aussi sur les endroits où cette innovation peut prospérer et sur les États qui sont prêts à saisir les opportunités créées par l'IA.

École publique : pourquoi rien ne bouge en France

Billet d'humeur d'Éric Brunet sur LCI: