dimanche 21 janvier 2024

Histoire — le 21 janvier 1793, les langues à l’Assemblée du Bas-Canada


Trente ans après la Conquête, le Bas-Canada se dote pour la première fois d’un parlement avec des représentants élus. La première séance se tient exactement le 17 décembre 1792. Et déjà surgit un débat qui anime toujours le Québec : dans quelle langue seront enregistrés les procès-verbaux de la chambre ? La polémique linguistique du Québec vient de naître.


À l’évidence, les députés francophones optent sans ambiguïté pour le français alors que les Britanniques tiennent à confirmer l’appartenance du Canada à la couronne en faisant prévaloir l’anglais. Les joutes oratoires seront vives. La presse se fera le relai de chaque camp. Le 21 janvier 1793, les députés conviennent que les textes seront rédigés dans les deux langues et placés sur un même pied d’égalité. Ainsi, tout projet de loi devra être présenté en anglais et en français dès la première lecture.

« McGill français »

Sur les 50 députés qui forment la première Assemblée, 16 sont anglophones, dont le marchand de fourrures James McGill, un des hommes d’affaires les plus riches de Montréal. Les francophones sont majoritaires, mais leur pouvoir est limité. Toutes les décisions de la Chambre sont soumises au droit de véto du Conseil législatif, dont les membres, nommés par le gouverneur, sont presque tous britanniques.

À sa mort, James McGill lègue un domaine et une somme d’argent qui permettront la fondation, en 1821, de l’université qui porte son nom. Cet établissement deviendra, aux yeux de bien des nationalistes, un symbole du pouvoir disproportionné de l’élite anglo-saxonne dans la société québécoise.

Le 28 mars 1969, 10 000 personnes marchent jusqu’aux portes de l’université pour réclamer sa francisation. C’est la manifestation « McGill français », moment marquant d’une époque où de nombreux Québécois pressent l’État d’agir pour donner le contrôle de l’économie à la majorité francophone et assurer la prédominance du français. Les lois linguistiques se succéderont bientôt : la Loi pour promouvoir la langue française au Québec (loi 63), en 1969, la Loi sur la langue officielle (loi 22), en 1974, et la Charte de la langue française (loi 101), en 1977.

Le tableau de la discorde

Entre 1910 et 1913, le peintre Charles Huot réalise une toile représentant cette séance du 21 janvier 1793. Ce tableau trône aujourd’hui dans le Salon bleu de l’Assemblée nationale. Un détail du tableau attire particulièrement l’attention et traduit certaines intentions de l’auteur. Dans la fenêtre en haut à droite, Charles Huot a dessiné la château Saint-Louis (siège du pouvoir sous le régime français) alors qu’en réalité on devrait y voir les jardins du Séminaire. C’était sans doute là un clin d’œil de l’artiste à ses convictions nationalistes et francophones.

Localisation du Bas-Canada (en vert) : la colonie exista sur le plan légal et politique de 1791 jusqu'à la mise en vigueur en février 1841 de l'Acte d'Union, adopté le 23 juillet 1840.


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samedi 20 janvier 2024

Suite au rejet de son appel, Jordan Peterson prêt à perdre sa licence de psychologue plutôt que se soumettre à une rééducation woke (m à j)

On a reproché à Jordan Peterson d'avoir déclaré qu'une des couvertures de Sport Illustrated mettant en vedette une femme « forte et ronde » n'était pas belle.

Cette couverture faisait partie de la volonté de la part du magazine de s'ouvrir à la diversité des corps.

Voilà que Sports Illustrated a annoncé vendredi qu'il licenciait la plupart, sinon la totalité, de son personnel syndiqué. L’avis est venu des membres du syndicat du magazine qui l’ont partagé sur les réseaux sociaux.

Le transgenre Kim Petras en couverture du numéro « maillot de bain » 2023

L’année dernière, le magazine a été plongé dans un scandale après que certains aient affirmé que la rédaction utilisait l’intelligence artificielle pour produire certains de ses articles, sous le nom de faux auteurs.

En décembre, le PDG Ross Levinsohn a été licencié par le conseil d’administration. Le président des opérations et chef de l’exploitation Andrew Kraft, le président des médias Rob Barrett et l’avocate de la société, Julie Fenster, ont également été licenciés.

Le périodique, publié depuis 1954, également perdu de vue son public principal en mettant la photo d'un transgenre en couverture de leur célèbre édition « maillots de bain », à commencer par Leyna Bloom en 2021 et Kim Petras (ci-dessus) en 2023. Sport Illustrated a également commencé à utiliser des modèles cliniquement obèses dans sa très populaire édition annuelle « maillots de bain » (ci-dessous, celle corpulente de 2022), publiée depuis 1964. Tout cela n'est pas sans rappeler le faux pas transgenre de Bud Light à la suite d'une volonté de se conformer à la doxa diversitaire.  Faux pas très coûteux pour la brasserie.




Billet du 17 janvier

Un tribunal de l’Ontario a rejeté l’appel de Jordan Peterson d’une décision antérieure qui donnait raison à l’Ordre des psychologues de l’Ontario.

Jordan Peterson affirme que « la guerre vient à peine de commencer » après avoir échoué dans sa tentative visant à faire interdire par les tribunaux la décision de l’Ordre des psychologues de l’Ontario de l’obliger à suivre une formation corrective sur les médias sociaux.

Mardi, un groupe de trois juges de la Cour d’appel de l’Ontario a rejeté la demande d’autorisation d’appel de M. Peterson contre une décision antérieure de la Cour divisionnaire de l’Ontario. Aucun motif n’a été donné, ce qui est habituel pour la cour d’appel.

« Un tribunal supérieur au Canada a décidé que l’Ordre des psychologues de l’Ontario avait le droit de me condamner à un camp de rééducation. Il n’y a plus d’autres voies légales qui s’offrent à moi maintenant », a écrit Peterson sur X. « Le choix est de capituler devant les petits bureaucrates et la foule en colère ou de perdre ma licence professionnelle ».

M. Peterson a déclaré que l’université avait « gagné cette manche », mais que la guerre n’était pas terminée.

« Il n’y a rien que vous puissiez me prendre que je ne sois pas prêt à perdre », a-t-il écrit. « Alors, faites attention. Sérieusement. Vous êtes prévenus. »

Howard Levitt, qui représentait le célèbre psychologue et auteur de livres à succès, a déclaré qu’ils n’étaient pas en mesure d’interjeter appel.

« Je pense que cela va permettre aux organismes de réglementation d’être plus agressifs », a déclaré M. Levitt, avocat spécialisé dans le droit du travail à Toronto et chroniqueur au Financial Post.

Dans un autre gazouillis, posté mercredi matin, M. Peterson a déclaré qu’il souhaitait que « l’ensemble des sous-fifres actuels de l’Ordre des psychologues s’excusent publiquement et démissionnent ». Il a lancé un sondage sur X afin que ses partisans puissent parier sur le fait que cela se produira ou que son permis d’exercer la psychologie sera suspendu. 

Comment les médias traitent le collège catholique Stanislas (seuls les témoignages à charge sont retenus)

Geoffroy Lejeune sur l'enquête du Journal du dimanche sur le traitement médiatique concernant l'établissement Stanislas : « On a découvert la manière dont certains médias, publics et privés, ont décidé de mettre une cible sur Stanislas et détruire Stanislas et sa réputation ».

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Mise au point de Charlotte d’Ornellas sur les attaques contre Stanislas:

Étude — Les bloqueurs de puberté administrés aux enfants risquent d'abaisser leur quotient intellectuel

Les puissants « bloqueurs de puberté » administrés à des centaines de jeunes gens qui ne savent pas exactement quel est leur sexe risquent de faire baisser leur quotient intellectuel, a mis en garde un éminent expert scientifique.

Dans une étude alarmante, Sallie Baxendale (ci-contre), professeur de neuropsychologie clinique à l’University College London, a appelé à des recherches « urgentes » sur l’impact de ces médicaments sur les fonctions cérébrales des enfants.

L’année dernière, le NHS England a cessé de prescrire systématiquement ces médicaments, qui stoppent les changements corporels de la puberté, après qu’une étude accablante a révélé que le traitement pouvait interrompre le processus de maturation du cerveau.

Mais les cliniques privées spécialisées dans les troubles de l’identité sexuelle continuent de prescrire des suppresseurs de puberté aux moins de 16 ans au Royaume-Uni, et les activistes transgenres insistent sur l’innocuité de ces médicaments.

Aujourd’hui, le professeur Baxendale a présenté des preuves de « l’impact préjudiciable » de ces médicaments controversés sur le quotient intellectuel des jeunes.

Sallie Baxendale, professeur de neuropsychologie clinique à l’University College London, demande que des recherches soient menées d’urgence sur l’impact des médicaments sur les fonctions cérébrales des enfants. Sallie Baxendale, professeur de neuropsychologie clinique à l’University College London, a demandé des recherches « urgentes » sur l’impact des médicaments sur les fonctions cérébrales des enfants.

De puissants médicaments « bloqueurs de puberté » administrés à des centaines de jeunes gens désorientés quant à leur sexe risquent d’abaisser considérablement leur QI

Les puissants médicaments « bloqueurs de puberté » administrés à des centaines de jeunes gens qui ne savent pas trop à quoi s’en tenir sur leur sexe risquent de faire baisser considérablement leur QI.

Une étude portant sur 25 jeunes filles traitées avec des bloqueurs de puberté a révélé une baisse moyenne de sept points de leur QI. Une patiente a subi une « perte significative » de 15 points ou plus, a déclaré le professeur Baxendale. Les jeunes filles souffraient toutes d’une « puberté précoce » qui les conduisait à l’âge adulte avant l’heure.

« Les jeunes et leurs familles ne sont pas en mesure de donner un consentement véritablement éclairé pour ces traitements, car leurs médecins ne peuvent pas leur dire quels seront les effets à long terme sur leur développement cognitif », a déclaré le professeur Baxendale.

Stephanie Davies-Arai, de Transgender Trend, qui a fait campagne contre la prescription de bloqueurs de puberté aux jeunes, a déclaré : « Aucune étude appropriée à long terme n’a jamais été réalisée pour prouver leur innocuité.

C’est un mythe que les bloqueurs sont “réversibles” lorsqu’ils sont administrés au moment de la puberté naturelle. Ils empêchent une période critique de croissance et de développement cognitif ».
 

Points clés de l’étude
  1. L’adolescence est une période critique du développement neurologique et la puberté joue un rôle essentiel dans ces processus neuro-développementaux.
  2. La suppression de la puberté a un impact sur la structure du cerveau et le développement des fonctions sociales et cognitives chez les mammifères ; les effets sont complexes et souvent spécifiques au sexe.
  3. Aucune étude humaine n’a exploré systématiquement l’impact neuropsychologique de la suppression de la puberté chez les adolescents transgenres avec une base de référence et un suivi adéquats.
  4. Des études animales, des rapports de cas uniques et des études sur l’impact des bloqueurs de puberté chez les enfants présentant une puberté précoce indiquent que ces traitements peuvent être associés à des réductions du QI.
  5. L’impact de la suppression de la puberté sur les mesures des fonctions neuropsychologiques devrait être une priorité urgente pour les recherches futures.

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vendredi 19 janvier 2024

Les faits migratoires sont têtus (Justin « La Science » contre les chiffres, les faits et le réel)

Texte de Hélène Buzzetti paru dans Le Droit.

Vous souvenez-vous de la campagne électorale de 2015? Justin Trudeau (ci-contre) promettait qu’une fois élu, contrairement au premier ministre sortant Stephen Harper, il baserait ses décisions sur la science et sur les faits. Huit ans plus tard, force est de constater que lui et ses libéraux font dans le dossier de l’immigration ce qu’ils reprochaient aux conservateurs de faire dans celui des changements climatiques: ils décident en fonction de leur idéologie. Les répercussions néfastes de leur approche se font maintenant sentir partout.

L’étude publiée cette semaine par la Banque Nationale est assassine. «Le Canada est pris dans un piège démographique», concluent les deux auteurs, une situation qu’on associe d’habitude aux pays en voie de développement. La croissance démographique est si «extrême» qu’elle n’est plus arrimée à la capacité d’absorption de l’économie. Résultat: notre richesse par habitant diminue.

Ce rapport ne devrait pas nous étonner. Cela fait quelques années déjà que des économistes sonnent l’alarme à propos des ambitions démographiques de Justin Trudeau. Jusqu’à récemment, on les écoutait à peine, même s’ils donnaient raison à ces Québécois qui, pour des raisons d’abord identitaires, prônaient un ralentissement de la cadence. On disait de ces derniers qu’ils étaient, au mieux, des nationalistes d’arrière-garde, au pire, de dangereux xénophobes. À la faveur d’une crise du logement qui frappe partout au Canada, le ton du débat a changé du tout au tout.

Même dans les officines à Ottawa, on voyait venir la crise. Comme on l’a appris la semaine dernière, des fonctionnaires ont averti leurs patrons dès 2022 qu’il y avait un désarrimage entre le nombre de nouveaux arrivants et la construction de logements. «Les hausses rapides exercent de la pression sur le réseau de la santé et le logement abordable», ont-ils écrit.

Qu’a fait le gouvernement Trudeau? Il a ignoré cet avis, choisissant de hausser les seuils d’immigration encore deux ans. Ce n’est que lorsqu’ils atteindront 500 000, en 2025, qu’on les plafonnera. Quant aux travailleurs temporaires et étudiants étrangers, il n’y a aucun plan à date pour en réduire le nombre. Pourtant, celui-ci a explosé au cours des dernières années au point que ces deux catégories comptent pour environ la moitié de toutes les arrivées.

Vrai, Justin Trudeau a évoqué mardi une réforme à ce niveau. «Ce sont ces groupes-là qu’il va falloir remettre un petit peu sous contrôle», a-t-il dit. Si les propositions concrètes tardent, c’est qu’Ottawa sait qu’il fera face à beaucoup d’opposition: des entreprises, qui comptent sur les travailleurs temporaires pour pallier à la pénurie de main-d’œuvre, mais aussi des universités et des provinces qui les (sous-)financent.

Les universités se financent désormais avec les étudiants étrangers à qui elles imposent des frais faramineux. En 2022, la vérificatrice générale de l’Ontario avait constaté qu’ils versent 45% de tous les frais de scolarité payés dans la province bien qu’ils ne représentent que 17% des cohortes. Il s’est développé au Canada une industrie des visas étudiants, devenus une voie alternative d’immigration. Les universités ont agi ainsi pour compenser l’insuffisance des subventions gouvernementales. Pas étonnant que les provinces n’aient pas envie de faire le ménage! L’été dernier, Québec avait protesté quand Ottawa avait évoqué la première fois un plafonnement. Le Bloc québécois reprend cette position, affirmant que «le fédéral se trompe carrément de cible».

Des impacts partout

L’impact de cette immigration de plus en plus débridée se fait sentir à plusieurs niveaux.

— En logement. Pour résumer le torrent de chiffres, retenons ceux-ci: au cours des deux dernières années, la population canadienne a augmenté de 2 millions de personnes, mais il ne s’est construit que 500 000 logements. Au Québec seulement, il s’est ajouté 345 000 personnes, mais 96 000 logements. Comme le souligne l’étude de la Banque Nationale, on a historiquement construit au Canada un logement pour chaque 1,8 personne additionnelle. Ce ratio est maintenant de 1 pour 4,2 et ce, dans un contexte où on vit davantage en solo. Ce n’est pas demain la veille que le coût des loyers va diminuer…

— En éducation. Depuis juin 2022, il s’est ouvert pas moins de 450 nouvelles classes de francisation au Québec. (Il y en avait 704, nous dit-on en coulisses, et François Legault soutient dans sa lettre qu’il y en a maintenant 1150.) En calculant environ 20 classes par école, c’est l’équivalent d’ouvrir une vingtaine d’écoles en un an et demi!

Nous sortons à peine d’un important conflit de travail. Les enseignants les plus remontés étaient ceux de la FAE, qui ont mené une grève générale illimitée. Au coeur de leurs revendications: la composition de la classe. La FAE représente tous les centres scolaires francophones de Montréal et Laval où se concentrent les nouveaux arrivants. On est en droit de penser que cet afflux massif de nouveaux élèves ayant des besoins légitimes d’adaptation explique en partie l’alourdissement de la tâche enseignante. D’ailleurs, un des «gains» obtenus est l’ajout de ressources supplémentaires, ou une prime de 8000$, quand un certain ratio d’élèves en francisation ou avec un plan d’intervention est dépassé.

— En aide sociale. En 2022 et 2023, le nombre de prestataires d’aide sociale a augmenté au Québec pour une première fois en plus de 10 ans. Québec estime que 16% des prestataires sont maintenant des demandeurs d’asile, à qui Ottawa tarde à délivrer un permis de travail. Malgré la fermeture du chemin Roxham en mars, le nombre de demandeurs n’a pas fléchi. Les gens arrivent maintenant par l’aéroport. Le principal pays source? Le Mexique. Le gouvernement Trudeau avait aboli le visa pour les Mexicains, et ce, malgré l’avis contraire de ses fonctionnaires.

Les coûts pour accueillir ces demandeurs ont augmenté à l’avenant et voilà que Québec est en guerre avec Ottawa pour se faire rembourser 470 millions. Toronto n’est pas en reste. La mairesse Olivia Chow, veuve de Jack Layton et néodémocrate assumée, réclame pour sa ville 250 millions à défaut de quoi elle menace d’ajouter «une ponction pour impact fédéral» de 6% sur le compte de taxes de ses citoyens. Comme les taxes foncières augmenteront déjà de 10,5% cette année, on comprend que les députés libéraux fédéraux de Toronto tremblent à l’idée de devenir la cible du mécontentement.

[— En énergie. Le Québec a connu une croissance record avec une augmentation de 2,3% de sa population en une seule année. Ces nouveaux habitants doivent être chauffés, pourvus en électricité. Cela met à mal le réseau d'Hydro-Québec dont les surplus énergétique ont fondu. Le bloc patrimonial d'énergie (vendu à un tarif avantageux) doit être partagé avec d'avantages de consommateurs. Hydro Québec devra donc fournir plus d'énergie plus cher, achetée à d'autres producteurs ou issue de nouvelles installations plus onéreuses que les vieux barrages. Hydro-Québec a la plus petite marge de manœuvre de tous les producteurs d’électricité en Amérique pour cet hiver, selon un rapport. Il faut donc s'attendre à ce que nous payons tous plus cher notre énergie « grâce » à cet accroissement rapide de la population immigrée, légale ou illégale.]

[
— En santé. Une forte augmentation de gens, augmente d'autant les besoins en santé. C'est ainsi que l'Association des hôpitaux de l'Ontario met en garde contre les "pics démographiques" qui ajoutent à la "pression soutenue" ressentie par les salles d'urgence de la province. Dans un communiqué publié mercredi, le groupe a déclaré que l'augmentation rapide de la population de l'Ontario est liée à des temps d'attente croissants et à des niveaux élevés d'occupation des hôpitaux dans le cadre de la circulation de maladies respiratoires endémiques.]

[— En industrie et en science. Le détournement des capitaux canadiens vers le secteur du logement et des autres  infrastructures d'accueil mène à moins d'investissements dans l'automatisation, dans la recherche et développement et, à terme, à une moindre productivité du Canada. Ce qui expliquerait le retard pris par le Canada par rapport aux États-Unis et au recul de son PIB réel par habitant.


]

Des discours qui évoluent

Le chef conservateur, Pierre Poilievre, a pris acte du changement de climat. Il promet d’arrimer les seuils d’immigration au nombre de logements construits l’année précédente. C’est un changement de ton de sa part. Pendant la chefferie de 2022, il s’était dit en accord avec les seuils libéraux. En décembre dernier, quand il a diffusé son «documentaire» de 16 minutes sur le logement, il n’avait pas mentionné une seule fois l’immigration.

Ceci dit, son plan est loin d’être clair. On ignore si cet arrimage concernerait seulement l’immigration permanente ou l’immigration temporaire aussi. Comme toujours, son équipe a refusé de fournir des détails. S’il parle des deux catégories, alors il envisage une réduction drastique d’environ les deux tiers.

Un des économistes de la Banque Nationale a proposé de confier l’établissement des seuils d’immigration à un comité de sages. Cela n’a pas raison d’être. La fonction publique est justement là pour fournir aux politiciens les faits sur lesquels se baser. Il n’en tient qu’aux élus de les écouter. Mais quand on sait que le Parti libéral du Canada récolte ses meilleurs scores électoraux auprès des électeurs immigrants, on comprend que c’est sur un autre type de faits que Justin Trudeau se base.

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L'impuissance  de François Legault qui quémande, qui supplie Trudeau (vidéo, Mathieu Bock-Côté)

Banque Nationale : « Le Canada est pris dans un piège démographique »

Immigration : Trudeau a mis le Canada et le Québec dans le pétrin

67 % des Canadiens considèrent que les cibles d’immigration sont trop élevées (novembre 2023) 

Marc Miller (ministre de l'Immigration) avec Justin Trudeau en 1990 à 0:55 (ils sont copains depuis Brébeuf) dans cette vidéo

Population chinoise chute pour la 2e année consécutive, avec un taux de natalité historiquement bas

Résumé

  • La population de la Chine a diminué de 0,15 % en glissement annuel en 2023
  • Le taux de natalité est au plus bas, le taux de mortalité au plus haut depuis 1974
  • Le nombre total de nouvelles naissances diminue de 5,7 % pour atteindre 9,02 millions
  • Le nombre total de décès augmente de 6,6 % à 11,1 millions

La population chinoise a baissé pour la deuxième année consécutive en 2023, en raison d’un taux de natalité historiquement bas et d’une vague de décès dus au COVID-19 lors de la levée des mesures de confinement strictes, ce qui a accéléré un ralentissement qui aura des effets profonds à long terme sur le potentiel de croissance de l’économie.

Le Bureau national des statistiques a déclaré que le nombre total d’habitants en Chine avait diminué de 2,08 millions, soit 0,15 %, pour atteindre 1,409 milliard en 2023.

Ce chiffre est bien supérieur à la baisse de 850 000 habitants enregistrée en 2022, laquelle était la première depuis 1961, lors de la Grande Famine de l’ère Mao Tsé-Toung (Zedong).

Au début de l’année dernière, la Chine a connu une flambée spectaculaire du COVID à l’échelle nationale, après trois années de dépistage rigoureux et de mesures de quarantaine qui ont permis de contenir le virus jusqu’à ce que les autorités lèvent brusquement les restrictions en décembre 2022.

L’année dernière, le nombre total de décès a augmenté de 6,6 % pour atteindre 11,1 millions, le taux de mortalité atteignant son niveau le plus élevé depuis 1974, pendant la révolution culturelle.

Les nouvelles naissances ont chuté de 5,7 % pour atteindre 9,02 millions et le taux de natalité a atteint un nadir de 6,39 naissances pour 1 000 habitants, alors qu’il était encore de 6,77 naissances en 2022.

Les naissances dans le pays sont en chute libre depuis des décennies en raison de la politique de l’enfant unique mise en œuvre de 1980 à 2015 et de l’urbanisation rapide au cours de cette période. À l’instar des essors économiques antérieurs du Japon et de la Corée du Sud, d’importantes populations ont quitté les fermes rurales chinoises pour s’installer dans les villes, où il est plus coûteux d’avoir des enfants. Ainsi, le taux de natalité du Japon était de 6,3 pour 1 000 habitants en 2022, tandis que celui de la Corée du Sud était de 4,9.

« Comme nous l’avons observé à maintes reprises dans d’autres pays à faible taux de fécondité, il est souvent très difficile d’inverser la tendance à la baisse de la fécondité », a déclaré à Reuters Zhou Yun, démographe à l’université du Michigan.

Le chômage des jeunes a atteint un niveau record, les salaires de nombreux cols blancs ont baissé et la crise du secteur immobilier, où sont stockés plus des deux tiers des richesses des ménages, s’est intensifiée, ce qui a encore entamé l’envie de faire des enfants en Chine en 2023.
 
Ces nouvelles données renforcent les inquiétudes selon lesquelles les perspectives de croissance de la deuxième économie mondiale s’amenuisent en raison de la diminution du nombre de travailleurs et de consommateurs, tandis que l’augmentation des coûts des soins aux personnes âgées et des prestations de retraite pèse de plus en plus sur les gouvernements locaux endettés.

L’année dernière, l’Inde a dépassé la Chine comme pays le plus peuplé du monde, selon les estimations des Nations unies, ce qui a alimenté le débat sur les mérites de la délocalisation de certaines chaînes d’approvisionnement basées en Chine vers d’autres marchés, en particulier à mesure que les tensions géopolitiques augmentent entre Pékin et Washington.

À long terme, les experts de l’ONU prévoient que la population chinoise diminuera de 109 millions d’ici à 2050, soit plus du triple de la baisse prévue dans leurs précédentes prévisions en 2019.
 
La population chinoise âgée de 60 ans et plus a atteint 296,97 millions en 2023, soit environ 21,1 % de la population totale, contre 280,04 millions en 2022.


Problèmes de pension

Le taux chinois de 7,87 décès pour 1 000 habitants en 2023 était plus élevé que le taux de 7,37 décès en 2022.

La population du pays en âge de prendre sa retraite, c’est-à-dire âgée de 60 ans et plus, devrait passer de 280 millions de personnes actuellement à plus de 400 millions d’ici 2035, soit plus que l’ensemble de la population des États-Unis.

L’Académie chinoise des sciences, organisme public, estime que le système de retraite sera à court d’argent d’ici à 2035.

Zhu Guoping, un agriculteur de 57 ans de la province du Gansou (Gansu), dans le nord-ouest du pays, a déclaré que son revenu annuel d’environ 20 000 yuans (3 783,98 dollars canadiens, 2576 euros) ne laissait à sa famille que de maigres économies.

Il recevra une pension mensuelle de 160 yuans lorsqu’il aura 60 ans, soit l’équivalent de 30,2 $ canadiens ou 20,6 euros.

« L’argent n’est vraiment pas suffisant », a déclaré M. Zhu. « Peut-être que nos enfants [au pluriel ?] pourront nous apporter un peu de soutien à l’avenir. »

Moins de bébés

Les frais élevés de garde d’enfants et d’éducation dissuadent de nombreux couples chinois d’avoir des enfants, tandis que l’incertitude du marché de l’emploi décourage les femmes d’interrompre leur carrière.

Selon des démographes, la discrimination fondée sur le sexe et les attentes traditionnelles selon lesquelles les femmes assument le rôle de gardienne de la famille exacerbent le problème.

Le président Xi Jinping a déclaré l’année dernière que les femmes devraient raconter « de bonnes histoires de traditions familiales », ajoutant qu’il était nécessaire de « cultiver activement une nouvelle culture du mariage et de la procréation », qu’il a liée au développement national.

Les gouvernements locaux ont annoncé diverses mesures visant à encourager les naissances, notamment des déductions fiscales, des congés de maternité plus longs et des subventions au logement.

Mais nombre de ces politiques n’ont pas été mises en œuvre en raison de l’insuffisance des fonds et du manque de motivation des gouvernements locaux, a déclaré un institut politique de Pékin, qui préconise plutôt la mise en place d’un système unifié de subventions familiales à l’échelle du pays.

Wang Weidong, 36 ans, qui réside à Pékin et travaille dans une société Internet, a déclaré que sa femme et lui hésitaient à avoir un deuxième enfant.

« Les gens n’auront pas d’enfant à cause de ces incitations. Les incitations sont secondaires, elles ne sont pas à l’origine du problème. Je pense donc qu’il est plus difficile d’inverser cette tendance », a déclaré M. Wang.

Source : Reuters


jeudi 18 janvier 2024

École privée : sortir de l’hypocrisie

Anne Coffinier, présidente de Créer son école, évoque dans une tribune du Point l’urgence de « relever l’école publique » et l’hypocrisie quant au choix de l’enseignement privé.

 

À peine arrivée à son poste, la toute nouvelle ministre Amélie Oudéa-Castéra se voit reprocher de scolariser ses fils à l'école Stanislas, célèbre établissement privé du 6e arrondissement de Paris. Il faut dire que la ministre n'y est pas allée de main morte dans la justification de ses choix. L'identité de l'établissement (qui vient de faire l'objet d'un rapport de l'inspection après un article assassin de Mediapart) est tout sauf anodine.

Les débuts de Pap Ndiaye avaient été perturbés par le même « problème ». Il s'agissait dans son cas de l'école Alsacienne, cette institution d'élite qui forma… Gabriel Attal. Quant à Jean-Michel Blanquer, ancien de « Stan », n'avait-il pas lui aussi confié sa progéniture à un établissement privé, comme presque tous ses prédécesseurs ?

École publique : « quintessence de l'attachement à la République »

Pourquoi s'en offusquer et persister à voir là une trahison du peuple par les élites politiques ? Tout simplement parce qu'on fait en France de l'attachement à l'école publique la quintessence de l'attachement à la République. On se laisse même aller à faire un signe « égal » entre public et « école de la République », ce qui revient à exclure de la République les familles qui font le choix du privé. Comme l'Église tolère les « homos honteux », la République tolère les hommes et femmes politiques qui préfèrent l'école privée, pourvu qu'ils le cachent. Pas question pour eux d'assumer et de faire leur coming out scolaire : moins ils pratiquent l'école dite républicaine et plus ils doivent donner des gages de leur attachement à l'école publique.

Cette schizophrénie bien française conduit ceux des hommes politiques qui choisissent le privé pour leurs enfants à toujours plus d'efforts pour en freiner l'essor et en interdire l'accès aux classes populaires. Espérons que la nouvelle ministre ne tombera précisément pas dans le piège de pourfendre l'école privée pour mieux prouver sa foi inconditionnelle en l'école publique, après la polémique qui a accompagné sa prise de poste.

« En finir avec l'hypocrisie »

Nous tenons en réalité aujourd'hui l'occasion d'en finir avec l'hypocrisie. Il est évident qu'une large majorité des parents confieraient leurs enfants à l'école privée s'ils en avaient les moyens. Parce que la discipline y est meilleure, les professeurs moins absents, les parents plus investis parce qu'ils payent… les fréquentations choisies, les enfants fauteurs de troubles exclus de l'établissement le cas échéant, et les élèves pas assez brillants impitoyablement exclus des écoles dites d'élite.

Autrement dit, si les parents préfèrent le privé aujourd'hui, c'est parce que l'exigence et l'ambition qu'on y trouve sont annonciatrices de la dureté du monde professionnel à laquelle devrait précisément préparer l'école. Les élites cherchent aussi à doter leurs enfants d'un utile réseau social. Le plus jeune ministre de la Ve République n'a-t-il pas fait « l'Alsa » comme les enfants de Pap Ndiaye ? Si la droite opte plutôt pour Stanislas, Saint-Jean de Passy ou Franklin, les partisans d'Emmanuel Macron préfèrent en effet l'école Alsacienne ou Jeannine-Manuel. Dans tous les cas, c'est le privé qui gagne et qui fait gagner. A fortiori à l'heure où l'école publique a décroché. L'humiliation de la France dans les tests Pisa en apporte la preuve, année après année. Et le président de la République lui-même l'a reconnu dans son discours du 25 août 2022 devant les recteurs : « l'école de la République n'est plus à la hauteur ».


L'urgence de relever l'école publique

Le véritable scandale n'est donc pas qu'une ministre, fût-elle chargée de l'Éducation, scolarise ses enfants dans le privé. C'est plutôt que l'on abandonne les pauvres, les immigrés que l'on prétend « intégrer » et les non-initiés à une école publique dont le président lui-même constate qu'elle ne fonctionne plus. Relever l'école publique doit être l'urgence des urgences. Pas seulement en principe, mais en fait. En attendant les effets d'une politique qui serait enfin courageuse en la matière, la scolarisation dans des écoles non publiques est plus que légitime et doit même être encouragée. Elle devrait être financée par l'État tant qu'il n'est pas capable de fournir à la population une école publique digne de ce nom. Et partout où les évaluations repèrent une défaillance de l'école publique, les parents devraient pouvoir avoir le choix d'une alternative financée par l'État.

Qu'est-ce sinon que « l'égalité des chances » ? À quoi bon avoir constitutionnalisé le droit pour chaque enfant à l'égal accès à l'instruction ? Ce n'est pas parce que le même article 13 du préambule de la Constitution de 1946 déclare que « l'organisation de l'enseignement public gratuit et laïc à tous les degrés est un devoir de l'État », qu'il est justifié de vilipender et de culpabiliser les parents choisissant une école privée. L'heure est décidément venue de financer le libre choix de l'école par les parents, pour qu'il cesse d'être le privilège des nantis et des initiés. Afin qu'il ne reproduise pas les inégalités sociales, on prendra soin de créer des structures gratuites aidant les parents à choisir au mieux de l'intérêt de leurs enfants.

Condorcet l'avait brillamment exposé en son temps : l'école publique a besoin d'être stimulée par une autre école, si l'on ne veut pas qu'elle se sclérose. La prophétie s'est, hélas, réalisée. À force de fausser la concurrence entre l'école publique et l'école privée, rendue artificiellement payante et en accès limité faute de places disponibles, l'école publique a été privée de cette nécessaire stimulation qui aurait pu la pousser à l'excellence. Preuve en est que, dans l'ouest de la France, où presque la moitié des enfants sont scolarisés à l'école privée, le niveau général du public est plus élevé, car il est contraint à se dépasser pour garder ses élèves.

Alors, si 2024 était la sortie de l'hypocrisie ? Si cette nouvelle année était placée sous le signe du respect de la liberté du choix de l'école par les familles ? On commencerait l'année en faisant faire un considérable bond en avant à l'égalité des chances.


Anne Coffinier, présidente de Créer son école.

Voir aussi

Condorcet (mort le 29 mars 1794) : L’éducation publique doit-elle se borner à l’instruction ?

Condorcet : « Il faut donc que la puissance publique se borne à régler l’instruction, en abandonnant aux familles le reste de l’éducation. »

mercredi 17 janvier 2024

L'euthanasie a représenté 4,1 % de tous les décès au Canada et 6,6 % au Québec

En 2022, 13 241 cas d'aide médicale à mourir ont été déclarés au Canada, ce qui représente 4,1 % de tous les décès dans le pays. 

Nombre total de décès attribuables à l'aide médicale à mourir au Canada, 2016 à 2022
 
Ce diagramme à barres ci-dessus indique le nombre total de décès attribuables à l'aide médicale à mourir déclarés pour chaque année, de 2016 à 2022.
Année      Décès attribuables
à l'euthanasie
2016     1 018
2017     2 838
2018     4 493
2019     5 665
2020     7 611
2021     10 092
2022     13 241

Les plus fortes augmentations d'une année à l'autre ont été enregistrées au Québec (45,5 %), en Alberta (40,7 %), à Terre-Neuve-et-Labrador (38,5 %), en Ontario (26,8 %) et en Colombie-Britannique (23,9 %).  

Pourcentage du total des décès attribuables à l'euthanasie par administration, 2019 à 2022


Ce graphique linéaire illustre le pourcentage du nombre total de décès attribuables à l'aide médicale à mourir dans chaque province au cours des quatre dernières années (2019, 2020, 2021, 2022) par rapport au pourcentage général des décès attribuables à l'aide médicale à mourir au Canada en 2022.

 Administration 
  Pourcentage 
de décès
2019
     Pourcentage
de décès
2020
     Pourcentage
de décès
2021
     Pourcentage
de décès
2022
T.-N.-L. 0,4% 0,9% 1,2% 1,5%
Î.-P.-É. 1,4% 2,7% 3,0% 3,0%
N.-É. 1,5% 1,9% 2,5% 2,5%
N.-B. 1,8% 2,1% 2,7% 2,9%
Québec 2,4% 3,1% 4,7% 6,6%
Ont. 1,7% 2,1% 2,7% 3,2%
Man. 1,6% 1,8% 2,1% 1,8%
Sask. 1,0% 1,6% 2,3% 2,3%
Alb. 1,4% 1,9% 2,0% 2,6%
C.-B. 3,3% 3,8% 4,8% 5,5%
Canada S. O. S. O. S. O. 4,1%


Un système d'immigration qui appauvrit le pays ? Oui, les libéraux l'ont fait.

Un texte d’opinion de Tony Keller (ci-contre) publié hier dans le Globe and Mail.

Ce ne sont que des mathématiques. Et le résultat de l’équation est un nombre négatif.

Grâce à la politique du gouvernement Trudeau consistant à offrir un nombre virtuellement illimité de visas d’étudiant et de permis de travail temporaire à des étrangers, la population du Canada a augmenté à un rythme record l’année dernière — cinq fois et demie plus vite que la moyenne des pays développés. Une conséquence bien connue a été la pression à la hausse sur les coûts du logement, en particulier au bas de l’échelle, dans les logements locatifs. Une conséquence moins remarquée a été la baisse du produit intérieur brut par habitant.

Il a chuté pendant cinq trimestres consécutifs. Lorsque les chiffres du quatrième trimestre 2023 seront publiés, il est presque certain qu’il s’agira de six trimestres négatifs.

Ottawa a précipité le pays dans un piège appelé « piège démographique ». C’est la conclusion de l’économiste en chef de la Banque Nationale du Canada, Stéfane Marion. Le piège démographique est une situation malheureuse que connaissent les pays pauvres ayant un taux de natalité très élevé. Ce phénomène était inconnu dans les pays développés. C’est pourtant ce qui se passe aujourd’hui au Canada.

La croissance démographique du Canada par le biais de l’immigration a été si forte qu’elle a dépassé l’épargne du pays et sa capacité à investir dans de nouveaux biens d’équipement. En clair, le nombre de convives invités à dîner augmente plus vite que notre capacité à acheter les ingrédients et à les préparer. Il en résulte une diminution de la part du dîner distribué à Canadien, une baisse du PIB par habitant et une baisse du niveau de vie.

Ce n’est pas parce que l’immigration est, par nature, une mauvaise chose. Si elle est bien gérée, c’est une bonne chose. Et le Canada avait l’habitude de bien gérer l’immigration. Mais le gouvernement Trudeau s’est obstiné à gérer l’immigration de façon très, très mauvaise. Il élabore une politique pour un monde imaginaire où les communiqués de presse pieux priment, mais pas les performances économiques. Admirez les résultats.

Il est concevable de concevoir un modèle d’immigration dont le bilan serait largement positif. Mais ce n’est pas le cas du Canada aujourd’hui.

Au cours des quatre trimestres précédant l’automne 2023, le Canada a ajouté plus de 1,2 million de personnes. Au cours du dernier de ces trimestres, le pays a ajouté 430 000 personnes. Le boom démographique s’accélère, il ne ralentit pas. La plupart des nouveaux arrivants sont des travailleurs temporaires. Certains ont été recrutés à l’étranger, principalement pour des emplois mal rémunérés. D’autres arrivent dans le cadre de l’explosion du programme de visas pour étudiants, qui est devenu une voie vers la citoyenneté pour le prix d’une année ou deux de frais de scolarité, souvent dans des pseudo-écoles que même le ministre fédéral de l’immigration, Marc Miller, qualifie d’« usines à chiots ».

Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Trudeau a presque doublé le nombre de résidents permanents accueillis par le Canada, qui était d’environ un quart de million de personnes par an à la fin du gouvernement Harper. Mais ce n’est pas le chiffre le plus important. Il existe une filière d’immigration parallèle qui a pris beaucoup plus d’ampleur que le système traditionnel. À l’automne dernier, le Canada comptait plus de 2,5 millions de résidents temporaires, soit une augmentation de plus de 1 000 % depuis le début du siècle.

L’immigration canadienne a longtemps été un modèle pour le monde entier. Elle reposait sur la sélectivité du système de points. La plupart des immigrants étaient sélectionnés pour leur niveau d’éducation et de compétences supérieur à la moyenne ; l’objectif était d’accueillir des immigrants plus éduqués, qui gagneraient des salaires plus élevés que le Canadien moyen. Cela tendrait à augmenter le PIB par habitant. Tout le monde y gagnait.

À la place, on a mis en place un système destiné à faciliter l’arrivée, par le biais de visas temporaires, d’un nombre pratiquement illimité de travailleurs peu qualifiés, pour occuper des emplois mal rémunérés. Même aujourd’hui, alors que le chômage est en hausse.

Si c’est ce que veulent vraiment les libéraux, qu’ils le fassent. Mais les choix ont des conséquences. Un système d’immigration visant à attirer un grand nombre de travailleurs peu qualifiés, plutôt qu’un petit nombre d’immigrants très qualifiés, peut permettre d’obtenir facilement un repas Uber Eats à n’importe quelle heure de la journée. Mais il ne favorise pas une économie à forte productivité, à salaires élevés et à faibles inégalités. C’est tout le contraire qui se produit.

 Demander aux universités et aux établissements d’enseignement supérieur du Canada (en particulier ceux de l’Ontario, où, entre 2000 et 2022, le nombre d’étudiants étrangers a presque décuplé pour atteindre 412 000) d’augmenter leurs revenus en vendant des permis de travail et une chance d’obtenir la citoyenneté n’est pas non plus sans conséquences.

Elle a permis à des provinces comme l’Ontario de réduire le soutien des contribuables à l’enseignement supérieur. Mais elle a conduit à un boom démographique sans précédent, composé de personnes qui, dans de nombreux cas, ne reçoivent pas beaucoup d’éducation et dont l’inscription n’est en tout état de cause qu’un moyen d’obtenir un permis de travail et l’espoir d’obtenir la citoyenneté. Ce phénomène pervertit une partie du système éducatif, tout en réduisant la richesse nationale.

Un autre résultat probable de la politique actuelle ? Un phénomène qui agite depuis longtemps les politiques des États-Unis et de l’Europe, mais auquel le Canada n’a jamais eu à faire face : une importante population de non-citoyens qui n’ont pas l’intention de partir, quel que soit leur statut juridique.

Le gouvernement Trudeau est en mesure de régler tout cela, mais alors que les problèmes se sont multipliés, il a choisi sa voie habituelle : l’inaction. Il s’est contenté de brasser de l’air et d’utiliser Twitter, sans rien faire. Le week-end dernier, M. Miller a donné une série d’interviews télévisées, menaçant de faire quelque chose d’indéfini « au cours du premier trimestre ou du premier semestre » de cette année. Peut-être.

                 Source : Globe and Mail

Liens connexes

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Immigration : Trudeau a mis le Canada et le Québec dans le pétrin

67 % des Canadiens considèrent que les cibles d’immigration sont trop élevées (novembre 2023) 

Marc Miller (ministre de l'Immigration) avec Justin Trudeau en 1990 à 0:55 (ils sont copains depuis Brébeuf) dans cette vidéo

mardi 16 janvier 2024

L’Algérie ferme les portes de 42 églises

L’INDEX mondial de persécution des chrétiens considère que l’Algérie est, avec le Laos, le pays du monde où « la persécution » antichrétienne aurait «le plus augmenté » en 2023. Le rapport parle de « la fin d’un rêve » dans un pays qui a « longtemps fait figure d’exception au Maghreb avec ses grandes églises de chrétiens » convertis de l’islam, « se réunissant librement ».

Ces églises étaient même « reconnues » comme membres de l’église protestante d’Algérie (EPA), qui regroupe les Églises protestantes et évangéliques. Une organisation dont les statuts d’association religieuse furent dûment enregistrés par les autorités algériennes en 1974.


Que s’est-il passé? « Ce rêve pour ces chrétiens d’arrière-plan musulman (convertis de l’islam, NDLR) touche à sa fin, alors que la campagne de fermeture des églises de L’EPA, entamée en 2017, atteint son point culminant : il ne reste plus que 4 églises ouvertes sur 46 », assure l’association Portes ouvertes, qui a publié l’index. Sans compter que «d’autres églises indépendantes ont dû également fermer sous la pression des autorités ». Cette « répression des autorités s’illustre aussi par la condamnation d’une vingtaine de chrétiens à des peines de prison, pour prosélytisme ou participation à des cérémonies religieuses non autorisées », continue l’index.

« Nous sommes des dizaines de milliers »

L’un de ces chrétiens condamnés est intervenu à distance, depuis l’Algérie, lors de la présentation à Paris le 16 janvier. Il s’agit de Yousse Ourahmane, vice-président de l’église protestante d’Algérie, converti au christianisme il y a quarante ans. Le 2 juillet 2023, il a été condamné à deux ans de prison et à 100000 dinars d’amende pour avoir organisé des activités religieuses non autorisées. Il a fait appel et sera fixé au printemps.

« Nous subissons depuis 2018 une très sévère persécution, explique-t-il. L’État algérien a beaucoup de mal à accepter des chrétiens comme nous, de sources algériennes, convertis de l’islam. Nous sommes des dizaines de milliers. La communauté est très importante, surtout en Kabylie.»

Concrètement, «l’état a trouvé les moyens d’introduire des lois de façon à nous rendre la vie très difficile. Il est par exemple très complexe de renouveler l’agrément dont bénéficie l’association religieuse Église protestante d’Algérie dont nous bénéficions depuis 1974. »

Il cite également « une cinquantaine d’affaires de justice depuis 1978, des amendes de millions et de millions de dinars et l’emprisonnement de beaucoup de frères et sœurs chrétiens. L’un d’eux vient de sortir, il a été condamné à cinq ans de prison. »

Concernant les fermetures d’églises, Yousse Ourahmane assure «essayer par tous les moyens de correspondre avec l’état algérien pour remplir toutes les conditions demandées, mais, malheureusement, la majorité des églises sont fermées ».

Conclusion de l’index : « Pour ces chrétiens, c’est la fin de la liberté de se réunir pour un culte. Dans les années à venir, ces convertis vont probablement devoir se retrouver en secret. »

Voir aussi

Algérie : des églises fermées…la communauté chrétienne indignée

Algérie: Les chrétiens manifestent après la fermeture de trois églises (2019)