lundi 15 janvier 2024

Montréal — Médecin radié trois mois pour avoir « mégenré  » une femme qui se dit homme

Un médecin de Montréal vient de se voir imposer une période de radiation de trois mois pour avoir adopté « une attitude inappropriée et irrespectueuse » envers une patiente trans qui le consultait pour obtenir un traitement hormonal. Le Dr Raymond Brière a répété à la patiente qu’elle était biologiquement une femme « en dépit des demandes explicites de ce dernier de le désigner en utilisant le genre masculin ».

Le Conseil de discipline reproche également au Dr Brière d’avoir mis fin au suivi médical de la patiente sans la diriger vers un confrère, comme souhaité.

Le Dr Brière, qui a obtenu son droit de pratique en 1980, a pratiqué la médecine familiale aux Îles-de-la-Madeleine, à Rimouski et à Kuujjuaq avant de venir à Montréal, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Il y suit entre 700 et 900 patients, principalement vulnérables.

Il était le médecin de famille de la patiente en question depuis 2018. Cette dernière le consultait environ une fois par année.
 
Enregistré à son insu

Le 17 mai 2022, la patiente consulte le Dr Brière pour se faire prescrire un traitement hormonal. À l’insu de son médecin, elle enregistre la consultation sur son téléphone cellulaire.

Dès le début de la rencontre, la patiente indique au Dr Brière qu’elle a commencé une transition sociale depuis un an et qu’elle a changé de pronom. Elle dit être un « homme trans » et veut « passer à la prochaine étape de sa transformation qui est la prise d’hormone », peut-on lire dans la décision du Conseil de discipline.

La patiente indique au Dr Brière s’être amplement renseignée sur le processus de transformation auprès de diverses associations s’adressant aux personnes transgenres.

Le Dr Brière a « peu d’expérience avec les personnes trans et n’assume le suivi médical d’aucun autre patient ayant une identité de genre différente ou non hétérosexuelle », est-il écrit. Durant la consultation, le médecin pose différentes questions à sa patiente. Cette dernière détaille ses intentions d’y aller doucement dans le processus de transition. Elle précise aussi être suivie par un psychologue.

À un moment, le Dr Brière mentionne que la prise d’hormone mâle peut entraîner des comportements agressifs. La patiente répond que ces affirmations semblent basées sur des stéréotypes. Le Dr Brière affirme que certaines femmes prennent du gel de testostérone « pour mieux diriger un conseil d’administration et communiquer le message non verbal suivant : ‟Heille, les boys, c’est moi la patronne ! » »

« La patiente réagit en soulignant […] que sa situation de personne trans se distingue des femmes qui utilisent la testostérone pour affirmer leur autorité », est-il écrit dans la décision.

À un moment, le Dr Brière dit « qu’il n’a jamais prescrit d’hormones à une personne qui veut ‟se transformer en monsieur » ». Il affirme qu’un collègue du CLSC suit des patients désirant une transformation de genre et propose à la patiente de l’y diriger, ce que cette dernière finira par accepter.

À la page 188 du Totalitarisme sans le goulag de @mbockcote (source).

« Vous étiez une femme, chère madame »

Durant la consultation, la patiente mentionne vouloir utiliser un gel de testostérone « pour favoriser une transformation lente et progressive de son corps ».

Le Dr Brière explique que, pour une femme, les gels peuvent être appliqués à l’aide d’une pompe. Le patient indique qu’elle refuse d’utiliser une pompe. Le médecin insiste. Le patient rappelle alors au Dr Brière qu’elle est « un homme trans ». Le médecin réplique qu’elle est « génétiquement une femme ». Le patient réitère qu’elle se considère comme « un homme trans ». Le Dr Brière répond que « si une analyse chromosomique est réalisée, il sera démontré que ses chromosomes sont porteurs des gènes XX et non XY ». Le patient répète qu’elle est un homme trans. Le médecin dit : « Oui, ça, c’est dans votre cerveau. »

La tension continue de monter. Patiente et médecin se reprochent tour à tour d’être « sur la défensive ». À un moment, la patiente accuse le Dr Brière d’avoir des « opinions toutes faites ». Le Dr Brière s’impatiente et répond que « c’est parce que votre cercle, c’est la vérité absolue ».

La patiente reproche au médecin son comportement agressant. Le médecin, sous le coup de l’émotion, demande à la patiente de quitter son bureau en disant « ne pas avoir de leçon à recevoir d’une patiente ».

La patiente indique à nouveau qu’elle est « un patient ». Le Dr Brière répond : « Une patiente jusqu’à ce jour, vous étiez une femme, chère madame. »

La patiente répétera qu’elle est « un patient » et le médecin lui affirmera qu’elle est « biologiquement une femme ».

Avant de partir, la patiente demandera d’obtenir la référence pour une consultation avec le collègue du Dr Brière, ce que ce dernier refusera. Le médecin affirmera aussi ne plus vouloir l’avoir comme patiente pour cause de rupture de confiance.

Pas de confiance mutuelle

La patiente a déposé une plainte au commissaire local aux plaintes du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal en alléguant que l’intimé a fait preuve de discrimination et d’agressivité. Le médecin examinateur chargé de cette enquête a conclu à « un problème au niveau de la qualité de la relation professionnelle et un manque de respect envers le patient », mais a exclu tout comportement discriminatoire. Insatisfaite de cette réponse, la patiente a présenté une demande d’enquête au Bureau du syndic du Collège des médecins.

Le Dr Brière a finalement plaidé coupable aux deux chefs d’infraction qui pesaient sur lui. Il a toutefois indiqué que « l’attitude du patient, qui se présente au rendez-vous du 17 mai 2022 en enregistrant la rencontre et en ayant une certaine méfiance à le consulter pour convenir d’un plan de traitement d’hormones masculinisantes, dénote au mieux, une problématique ou l’inexistence de la confiance mutuelle nécessaire à la relation professionnelle ».

Dans sa décision, le Conseil de discipline rappelle toutefois que « c’est au médecin qu’incombe l’obligation de chercher à établir et à maintenir avec son patient une relation de confiance mutuelle et non à ce dernier ».

Le Conseil ajoute que si un patient « estime que son identité de genre ne correspond pas au sexe figurant à son acte de naissance, il peut demander qu’on le désigne par l’identité qu’il exprime. La rencontre médicale doit alors se dérouler dans le respect de cette identité de genre ».

La mégère mégenrée ? Non, elle n’aurait pas été difficile

Selon le Conseil, l’écoute de l’enregistrement effectué par le patient permet de voir que cette dernière a eu une attitude respectueuse avec le médecin. « Rien n’indique que le patient [la patiente] est ‟difficile », c’est-à-dire exigeant, tatillon, scrupuleux ou angoissé. Au contraire, il [elle] reste calme et écoute l’intimé la plupart du temps. »

Pour le Conseil, l’écoute de l’enregistrement « soulève des préoccupations au niveau des qualités personnelles » du Dr Brière « comme la capacité d’humilité à reconnaître ses limites, d’écoute, d’empathie, d’introspection et de conscience de ses biais cognitifs ainsi que la maîtrise des émotions ». 
 
Deux périodes de radiation de trois mois et de deux mois, à purger de façon concurrente, ont été imposées pour les deux chefs d’infraction qui pesaient sur le Dr Brière.

Réaction politique

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a affirmé « À la limite, le Collège des médecins aurait pu blâmer le médecin et l’inviter à appeler ces patients comme ils veulent. Mais pas le suspendre ! Si vous pensez que la femme voulant devenir un homme s’est mal senti quand il se fait appeler madame, imaginez comment se sentent les centaines de patients qui devront attendre 3 mois de plus avant de voir leur médecin… Le ministre de la Santé, @cdube_sante  doit dénoncer cette décision et rappeler que la priorité est d’avoir plus de soins, pas moins. »

Voir aussi

 La présentation sélective et tronquée des faits par Isabelle Hachey (dont la dernière partie revient sur ces événements en suivant la description qui en est faite par le Conseil de discipline qui adopte toute la terminologie militante « genriste »).


4 commentaires:

Pierre M. a dit…

Cette sanction est digne des maoïstes, on a même obligé le médecin qui s'en tient à sa spécialité (la biologie) a faire son autocritique. #polqc.

Anonyme a dit…

La mégère mégenrée

Anonyme a dit…

Mais où s'en va le monde! 🤦‍♀️

Raoul W. a dit…

Droit de pratique en 1980, on parle de quelqu’un de ~70 ans.

Si j’étais lui, il n’y aurait plus de service au numéro que vous avez composé