dimanche 8 août 2021

Québec — Renouer le fil de l’histoire après la Révolution tranquille (m à j)

Pour complèter la recension par Christian Rioux de l'opuscule de Carl Bergeron, ajoutons une critique vidéo et un entretien avec l'auteur Carl Bergeron.


Recension, parue dans Le Devoir, par Christian Rioux du plus récent ouvrage paru de Carl Bergeron : La Grande Marie ou le luxe de sainteté.

Que serait la France sans Jeanne d’Arc ? Ce mythe absolu d’une simple bergère qui, plusieurs siècles avant le féminisme, prit la tête des armées du royaume et fit couronner Charles VII à Reims. On a beau relire les pages des meilleurs historiens, de Michelet à Jacques Le Goff en passant par Régine Pernoud, pour vérifier si tout cela est bien advenu, force est de constater que certains personnages sont plus grands que nature et que la réalité dépasse parfois la fiction.

C’est avec ce même ravissement jubilatoire que l’écrivain Carl Bergeron s’est attelé à déterrer l’une des grandes figures de notre histoire. Celle qu’il appelle « la Grande Marie » (La Grande Marie. Ou le luxe de sainteté, éditions Médiaspaul) et qui n’est autre que Marie de l’Incarnation.

Disons-le d’entrée de jeu, il faut tout un culot pour écrire un tel livre à une époque où le dénigrement de notre histoire est devenu un sport national. Comme cela arrive souvent, l’actualité s’est chargée de lui donner une résonance encore plus grande. Alors que l’on brûle des églises dans l’ouest du pays et que certains décrivent nos missionnaires comme les auteurs de « tueries de masse », Bergeron n’a pas craint de se laisser porter par la prose envoûtante de Marie Guyart.

Il ne le fait ni en juge chargé de départager les bons des méchants ni pour se réfugier dans un passé mythique. Il le fait en écrivain soucieux de pénétrer la manière même dont cette femme de tête qui affronta tous les périls pouvait se percevoir. Or, sa découverte est fascinante.

Non seulement la Correspondance de Marie de l’Incarnation est-elle une œuvre littéraire de la trempe des Confessions de saint Augustin et du Château intérieur de Thérèse d’Ávila, dit-il, il n’en tient qu’à nous de redécouvrir dans cette œuvre de véritables pépites dignes d’une contemporaine.

Les pays colonisés sont ainsi faits qu’ils ignorent leur histoire et ce qu’elle cache de grandeur. Marie de l’Incarnation aura eu le défaut d’être rattachée à ce qu’elle décrit déjà comme un « païs flotant et incertain », oscillant « depuis le commencement entre l’apparition et la disparition », ajoute Bergeron.

Personne n’a donc lu une seule syllabe de ces Correspondances à l’école. À l’exception d’obscurs universitaires, dit l’auteur, qui se sont empressés de l’apprêter à leurs sauces : les littéraires en faisant un précurseur de l’écriture de l’intime ; les psychologues auscultant ses frustrations sexuelles, certains n’hésitant pas à la décrire comme une folle.

Bergeron, lui, prend le parti de redécouvrir dans cette œuvre ce que Jean Le Moyne appelait le « luxe de sainteté », fruit d’une époque où tout n’était pas jugé à l’aune du matérialisme ambiant. Ce faisant, il ne fait pas seulement œuvre d’exégète, il veut nous forcer à redécouvrir une époque que la Révolution tranquille a effacée de nos mémoires tant elle avait été mythifiée depuis un siècle pour servir de refuge à l’impuissance des Canadiens français.

Mais, nous dit Bergeron, ces « examens critiques courageux » ont aussi provoqué « des excès qui flirtaient avec la haine de soi ». Une haine qui atteint aujourd’hui des sommets dans les mouvements antiracistes et décoloniaux pour lesquels toute l’histoire de l’Occident doit être passée par pertes et profits.

En écrivain souverain, Bergeron s’octroie donc ce luxe de redécouvrir avec un œil nouveau une œuvre dont « des peuples moins légers » auraient pu faire, dit-il, « la pierre d’angle » de leur patrimoine. À commencer par cette belle langue du XVIIe siècle qui ravissait La Rochefoucauld et qui nous offre des descriptions fines et truculentes.

Après avoir été des grenouilles de bénitier, les Québécois trouvent le moyen d’être aujourd’hui férocement anticléricaux tout en couvant un messianisme débridé. Heureusement, Carl Bergeron arrive à point pour nous forcer à sortir de cette posture qui ne fait que tirer sur des ambulances. Il nous oblige à regarder l’épistolière telle qu’en elle-même comme un sujet plus grand que nature. Un personnage qui, par sa traversée épique où elle frôle les icebergs, sa remontée du fleuve escortée par des Innus, sa connaissance de plusieurs langues autochtones et son combat contre les éléments, vaut bien des héros d’Alexandre Dumas.

L’écrivain renoue ainsi à sa façon avec la vision d’un historien comme Maurice Séguin, qui voyait dans la Nouvelle-France le seul moment de notre histoire où l’habitant de ce pays a pu agir non pas en dominé, mais « par soi ». Le seul où les Canadiens « n’étaient pas égarés dans leur siècle », écrira son collègue Guy Frégault.

On ne fonde pas de pays sans puiser dans l’histoire. Avec ce livre, Carl Bergeron nous force à renouer le fil d’un passé honni. Non plus comme une mythologie compensatoire, mais comme une inspiration pour ce pays « qui déjoue tous les calculs », disait déjà la Grande Marie.

Être Français, c’est vibrer au sacre de Reims et à la fête de la Fédération, selon Marc Bloch. De Marie de l’Incarnation à Gaston Miron, Bergeron veut nous réconcilier avec nous-mêmes. Et avec une histoire qui, dit-il, malgré les trahisons et les défaites, n’a jamais été aussi excitante.

 


La Grande Marie ou le luxe de sainteté,
par Carl Bergeron,
paru en mai 2021,
aux éditions Médiaspaul,
à Montréal
80 pp,
ISBN : 9 782 897 603 182 (2 897 603 186)

samedi 7 août 2021

Publicité Covid-19 — le gouvernement québécois a dépensé trois fois plus que le fédéral dans le Canada entier

Les dépenses en publicités liées à la COVID par le gouvernement Legault sont très importantes.

Les contrats de publicité comprennent-ils une clause où les médias (mis à mal par la concurrence des GAFAM) s’engagent à promouvoir ou à ne pas critiquer les mesures sanitaires du gouvernement Legault ?

Comment se fait-il que le gouvernement du Québec dépense, à lui seul, trois fois plus que le Canada en entier ?

Le gouvernement Legault paie-t-il actuellement beaucoup plus cher que n’importe quel autre annonceur ? S’agit-il de s’acheter l’absence de critique dans les médias ?


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France — Mettre fin à un enseignement de l’histoire instrumentalisée à des fins idéologiques

L’étude par thèmes participe de la vaste déconstruction en cours de la nation française.

Pour passionner les jeunes Français au passé de leur pays, rien de tel que de revenir à l’enseignement chronologique de l’histoire de France. C’est à cette condition qu’ils redécouvriront le génie de leur nation. Une tribune libre de Jean-Michel Castaing paru dans Causeur. J-M. Castaing a intégré l'administration des Finances après des études universitaires et des études de théologie Il est l’auteur de « Pour sortir du nihilisme » (Salvator, 2012).

L’histoire instrumentalisée à des fins idéologiques

Depuis des décennies, les gourous de l’Éducation nationale ont décidé d’enseigner l’histoire à nos enfants d’après des « matières thématiques » au détriment de la chronologie des événements. C’est ainsi que les élèves ont été confrontés à des sujets d’étude universitaires avant même de savoir maîtriser le français…

Courbes, statistiques, tableaux, documents administratifs : qui peut se passionner longtemps pour des objets d’enseignement aussi desséchants ? Ou bien le professeur comparera la royauté capétienne avec une dynastie africaine en survolant allégrement les siècles et les continents… Dans ce cas, l’arrière-pensée idéologique se lit comme un palimpseste dans le projet pédagogique cousu de fil blanc. L’histoire de France devient dès lors un simple prétexte pour formater subliminalement les cerveaux juvéniles dans le « sens de l’histoire »…

Les objections à l’enseignement chronologique sont toujours les mêmes : il s’agirait désormais de façonner des citoyens du monde, d’ouvrir les esprits, d’éviter le repli sur soi, de « sensibiliser » les jeunes aux autres cultures, de leur faire comprendre que la France s’est construite avec des apports extérieurs, ainsi que le débite religieusement le professeur au Collège de France Patrick Boucheron, grand pourfendeur de l’histoire identitaire avec son Histoire mondiale de la France (2017). Mais qui est dupe d’une telle entreprise et ne perçoit pas dans cette rhétorique la marque d’une idéologie multiculturaliste ?


Surtout, cette histoire thématique est trop abstraite pour intéresser les jeunes. Quant à l’enseignement de l’histoire de France au travers du prime des problématiques actuelles (sexisme, racisme, colonialisme, esclavage), ses visées sont trop grossières pour pouvoir passer en contrebande bien longtemps. Visées malhonnêtes aussi parce que cet enseignement orienté fait peser tout le poids de la charge sur l’Occident, alors que toutes les civilisations ont été colonisatrices, esclavagistes, sexistes, patriarcales. À l’escroquerie intellectuelle se joint une partialité née du ressentiment et d’une volonté d’en découdre avec le passé qui sont tout sauf scientifiques.

Se situer dans le temps

Les raisons d’en revenir à une histoire chronologique sont nombreuses. La première réside dans la facilité qu’elle offre aux jeunes de se situer dans le temps. Le présentisme actuel (le fait de ne plus vivre que dans l’instant présent et d’avoir perdu la notion de l’épaisseur historique des êtres et des choses) n’est pas propice à développer en eux la conscience de leur appartenance à un devenir qui court sur des siècles. Résultat : les jeunes Français ignorent d’où ils viennent et par conséquence qui ils sont. Pire, le magistère du « politiquement correct » leur fait un crime de cultiver leur identité, comme si le nec plus ultra du progrès résidait dans une existence d’ectoplasme sans racine ni attachement charnel à une patrie et à ses mœurs et dans l’élan de se faire hara-kiri afin de laisser toute place à l’Autre…

Face à ce rouleau compresseur débilitant et annihilateur, le retour en grâce de l’histoire chronologique permettrait aux élèves de se situer dans une continuité historique de destinée, de renouer avec le sens de la profondeur temporelle de leur pays, de leur apprendre qu’ils sont les enfants d’une généalogie et non les fruits d’une génération spontanée. Les jeunes Français, en situant saint Louis et Louis XVI dans le temps, n’auraient aucune chance de les confondre. La confusion dans les esprits commence en effet par celle des représentations du passé. De plus, un récit chronologique favorise l’intelligibilité de l’histoire. À l’inverse, son étude par « thèmes » brouille les cartes, atomise le devenir et finalement ne donne plus les moyens de faire la différence entre Charlemagne, Napoléon et Hitler…

Mieux comprendre la genèse et la spécificité de la France

L’histoire chronologique, en inscrivant notre époque dans une succession temporelle d’événements et de grands hommes, aide l’élève à se réapproprier le récit national. Il comprend mieux de la sorte le génie français. Car la France n’a pas été créée par les principes abstraits de 1789 et ne se réduit pas aux « valeurs de la République ».

Elle vient de plus loin : de la colonisation romaine, de la conversion de Clovis, du génie unificateur de Charlemagne, de la patience capétienne à « agrandir le pré carré » du domaine royal. Le récit chronologique dresse ainsi le panorama d’un pays qui s’est construit par la volonté de monarques successifs. La France est une œuvre politique avant d’être une « ethnie » ou une « race ».

Or, cette spécificité, seul le déroulé des événements permet de l’appréhender.

Cultiver la mémoire et la curiosité

De plus, l’histoire chronologique suscite davantage la curiosité qu’une histoire thématique abstraite. Il est plus ludique d’apprendre les batailles, les hauts faits d’un règne, les intrigues de cour que les tableaux de statistiques ! Les tableaux, les chiffres, les courbes, les termes abstraits, ça ne se retient pas. La mémoire se construit, se cultive avec des hommes, des récits, des passions, des amours, des renversements de situation, des volontés, des grands hommes. Comment comprendre la détestation dont Marie-Antoinette fut l’objet si on n’a pas appris que la lutte contre la maison d’Autriche a été l’invariant de la politique étrangère de la France depuis Richelieu avant d’être remise en cause sous Louis XV ?

De plus, l’élève est assez grand pour se rendre compte que la guerre au Moyen-Âge ou à la Renaissance, du temps de François 1er, est différente de celle des Temps Modernes, celle de 14-18 ou de 39-45. Au rebours de ce que pensent les pédagogistes, la chronologie n’abolit pas l’intelligence… Elle donne au contraire la possibilité de mieux appréhender l’évolution des mœurs, des pratiques politiques, de la guerre et de la paix. Par contraste, l’étude par thèmes brouille les repères et fait tout mélanger en n’orientant plus ni dans le temps ni dans l’espace.

Un signe du nihilisme contemporain

Enfin, le rejet de l’histoire chronologique est un signe – parmi d’autres – de la prégnance du nihilisme dans les esprits. Les grands hommes, les grands événements, les grandes découvertes, les grands desseins poursuivis par-delà les générations, tout cela est passé par-dessus bord. Seules subsistent dans le récit les vilenies, les atrocités et la domination de l’Occident honni. D’après les nouveaux maîtres de l’histoire, la nôtre est soit criminelle, soit aussi triviale qu’un livre de comptes. Dans tous les cas, ne surnage plus que le rien, le sordide ou le mal. Il est temps d’en finir avec cette histoire-repentance et de renouer avec la trame des événements et des grands hommes dont nous n’avons pas à rougir, sans faire l’impasse toutefois sur les ombres ni la condition précaire des classes populaires.

L’intelligence collective aura tout à gagner à ces retrouvailles avec notre génie. Nous devons bien cela à nos enfants, hypnotisés par leurs Iphones et qui se demandent ce qu’ils ont en commun les uns avec les autres, hormis leur addiction numérique… La France ne s’est pas faite en un jour. Le récit chronologique de notre roman national, loin d’être un bourrage de crâne ou une entreprise de franchouillardise étroite et obtuse, constitue au contraire la meilleure initiation au génie français. Car le génie, que ce soit celui des individus ou des nations, se développe toujours avec le temps, dans la durée. Et comment les jeunes en prendraient-ils conscience si l’enseignement de l’histoire leur occulte la dimension temporelle de celui de notre nation ?

Source : Causeur


vendredi 6 août 2021

Artiste imposteur : il se prétend amérindien et « survivant des pensionnats »

Il se dit membre des Premières Nations et survivant de la rafle [sic !] des années 1960. Pourtant, Morris Blanchard (ci-dessous), célèbre artiste originaire de Kingston, en Ontario, ne serait rien de tout cela, si l’on en croit sa propre famille et certaines de ses connaissances. Plusieurs dénoncent une usurpation d’identité autochtone.

 
Il reste que Morris Blanchard a passé sa carrière artistique à peindre des tableaux en s’inspirant des traditions autochtones. À Kingston [en Ontario, Frontenac ou Cataracoui sous le régime français], ses œuvres sont présentes partout. Elles ont d’ailleurs fait l’objet d’un livre à colorier pour enfants, que l’on peut trouver sur les étagères des librairies du pays.

Celui qui prétend être anichinabé est allé jusqu’à se faire appeler « Onagottay », un patronyme ojibwé. Il affirme également depuis des décennies avoir survécu à la rafle des années 60. Au fil des années, M. Blanchard a cumulé de nombreux prix et obtenu des subventions d’institutions publiques, dont celles de la Municipalité de Kingston et de l’Université Queen’s.

En tant qu’« ancien », M. Blanchard continue d’enseigner la langue ojibwée dans le cadre d’un programme local de préservation des langues autochtones. Mais celles et ceux qui le connaissent, y compris son ex-femme et son frère, ont déclaré qu’il n’est pas un Autochtone.

« Notre famille est blanche », assure Allen Blanchard, l’un des frères de Morris Blanchard. Il décrit les racines de sa famille comme étant principalement norvégiennes, anglaises et, dans une moindre mesure, françaises.

D’après ce que j’ai compris, ma mère m’a dit que nous avions un tout petit peu d’Autochtone en nous, mais je n’ai jamais compris ce qu’elle voulait dire par là.

Allen Blanchard, frère de Morris Blanchard

Morris Blanchard n’a pas souhaité s’expliquer.

Selon son frère, il est toutefois le seul membre de sa famille à s’identifier comme un Autochtone.

Les interrogations concernant l’origine autochtone de Morris Blanchard font suite à l’examen des affirmations d’une poignée d’autres personnalités de la région de Kingston, liées à l’Université Queen’s.

CBC News a commencé à enquêter sur cet artiste après la publication en juin dernier d’une lettre ouverte, signée par une centaine d’universitaires, demandant à l’établissement d’examiner les dommages potentiels d’une fausse représentation identitaire parmi le corps enseignant, le personnel et les associés.

Durant la dernière année, M. Blanchard a fait référence plusieurs fois à son prétendu héritage autochtone et au fait qu’il aurait survécu à la rafle [re-sic] des années 60, au cours de laquelle des Autochtones ont été arrachés à leurs parents et placés dans des familles d’accueil non autochtones.

« J’ai grandi dans un mode de vie traditionnel, anichinabé, et j’ai été élevé dans la nature », a déclaré l’artiste dans un balado.

« Je suis un survivant et je ne lis ni n’écris l’anglais, et j’évolue dans un mode de vie traditionnel », a-t-il maintes fois répété, mais ces affirmations sont contredites par son frère Allen. Dans de nombreux articles et notes biographiques, M. Blanchard a été présenté comme étant un Ojibwé, Métis, Pied-Noir, Navajo, Français et Norvégien.

« Onagottay est originaire du Lac des Bois, en Ontario [près du Manitoba], et a grandi en apprenant la langue et la culture de son peuple », peut-on lire dans un texte en ligne du Département de psychologie de l’Université Queen’s.

Dans ce même article, Blanchard est décrit comme « un membre du clan de l’aigle… un homme-médecin » et « un membre de la loge Midewiwin, où les anciens lui enseignent les méthodes de guérison sacrées, y compris les médicaments traditionnels et leurs usages ».

Morris Blanchard est présent lors d’un événement au Kingston Indigenous Languages Nest, une organisation qui fait la promotion de l’enseignement et de l’apprentissage des langues et de la culture autochtones.

Une publication sur Facebook consacrée à Blanchard pour faire la promotion d’un événement à Kingston indique qu’il a été arraché de sa maison à l’âge de quatre ans « pour aller vivre dans une ferme dont les propriétaires étaient des catholiques ».

D’après un autre article d’un magazine consultable sur le web, l’artiste « a échappé au pensionnat. Il a ensuite été caché chez son grand-père qui s’est occupé de son éducation pendant 17 ans ».

Les vidéos mettant en scène M. Blanchard le montrent souvent vêtu d’un manteau en daim à franges, parlant ojibwé et partageant des connaissances autochtones.

Son frère Allen Blanchard a déclaré que la famille est en fait originaire d’Atikokan, une petite localité rurale au nord-ouest de l’Ontario. Les enfants ont passé un an auprès d’une famille d’accueil, mais, toujours selon son frère, l’artiste est retourné vivre avec ses parents au moins jusqu’à la fin de son adolescence.

Une grande partie de ce que Morris sait de la vie et de la culture autochtones provient de son temps passé avec les membres de la Première Nation [des Sauteaux] de Rivière La Seine [en Ontario près du Manitoba], ajoute son ex-femme Alice Cupp. Celle-ci précise avoir été mariée à l’artiste pendant près de 10 ans dans les années 1980.

« Les médicaments et les valeurs traditionnelles qu’il utilise, il les a appris des gens d’ici à Fort Frances, en particulier de mon grand-père et de mon oncle », soutient Mme Cupp, qui est membre de la Première Nation de Rivière La Seine.

CBC News a contacté les représentants des Premières Nations de la région du lac des Bois et des environs, d’où Blanchard prétend être originaire. Chacun d’entre eux a confirmé que l’homme n’était pas un membre inscrit de leur communauté.

L’Université Queen’s dans le viseur

Au début de l’année, le nom de Morris Blanchard a fait l’objet d’une dénonciation anonyme, qui affirmait que lui et six autres personnes blanches liées à l’Université Queen’s se présentaient comme membres des Premières Nations.

Deux universitaires amérindiens ont depuis écrit une lettre de suivi — distincte de la lettre ouverte — pour exprimer leurs inquiétudes à propos de M. Blanchard en raison de son travail sur l’enseignement des langues et de la culture amérindiennes.

La lettre demande à l’établissement de suspendre immédiatement sa relation avec l’artiste et d’enquêter sur toutes les personnes dont les noms sont inscrits dans la dénonciation.

Geraldine King, une universitaire anichinabée qui a coécrit la lettre, a décrit les comportements de M. Blanchard comme « une forme perverse de colonialisme de peuplement ».

« On nous a déjà tout pris, et puis il y a ce traumatisme qui est lié à la terre et au déplacement. Tout ce qui nous reste, c’est ce traumatisme et ces histoires d’horreur », a-t-elle déclaré.

L’Université Queen’s assure dans une déclaration qu’elle prend « très au sérieux » les inquiétudes exprimées au sujet de M. Blanchard et qu’elle a « entamé à l’interne un important processus de révision en ce qui concerne l’identité autochtone ».

Elle note qu’elle n’a présentement aucun lien avec l’artiste et qu’il « n’est pas et n’a jamais été un employé de l’université ».

Source : SRC 

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Silence des championnes quand on leur demande de commenter ce « jour historique » (était Un premier haltérophile qui se dit femme pourrait participer aux JO chez les femmes)

L’haltérophile néo-zélandais Laurel Hubbard (43 ans) qui se dit femme et qui a participé aux Olympiades de Tokyo n’a pas terminé l’épreuve des femmes de plus de 87 kg à laquelle il était inscrit. Voir le tableau des résultats ci-dessous.

 Lors d’une conférence de presse qui a suivi cette épreuve, les médaillées, mesdames Li Wenwen, Emily Campbell et Sarah Robles, ont toutes refusé de répondre à un journaliste qui leur demandait de réagir à « l’événement historique » qu’était pour lui la participation de l’haltérophile transgenre (né mâle) Laurel Hubbard à une épreuve féminine.

 

Le Néozélandais avait 43 ans. Qu’arrivera-t-il quand un homme de 23 ans en forme se dira femme et gagnera une médaille chez les femmes ?

 


Billet originel du 7 mai 2021

L’haltérophile néo-zélandais Laurel Hubbard, qui a participé dans sa jeunesse à des compétitions masculines, pourrait devenir le premier sportif transgenre à disputer les Jeux olympiques, l’été prochain, à Tokyo.

Le Comité national olympique de Nouvelle-Zélande (NZOC) « est en mesure de confirmer qu’avec les systèmes de qualification révisés par les fédérations internationales, plusieurs haltérophiles néo-zélandais, dont l’athlète transgenre Laurel Hubbard (ci-dessous), devraient obtenir une place pour les JO de Tokyo », a-t-il indiqué jeudi.


 

L’haltérophile de 43 ans, inscrit à ses débuts sous son prénom de naissance masculin, a été en 2018 le premier sportif transgenre à participer aux Jeux du Commonwealth chez les femmes, à Gold Coast, en Australie, où il s’était blessé au coude.

Laurel Hubbard, actuellement 16e mondiale dans la catégorie des plus de 87 kg, répond aux critères de qualification pour les Jeux de Tokyo, qui veulent notamment que son taux de testostérone soit maintenu en dessous de 10 nanomoles par litre pendant une période d’au moins 12 mois.

Cette règle établie par le Comité international olympique (CIO) est également suivie par la Fédération internationale d’haltérophilie (IWF).

La sélection néo-zélandaise en haltérophilie n’a pas encore été annoncée, mais des officiels ont mentionné que Hubbard avait de bonnes chances de répondre aux critères de qualification simplifiés par l’IWF en raison de la pandémie de COVID-19. L’haltérophile a toujours reçu un soutien appuyé du NZOC, mais sa présence aux JO de Tokyo ne devrait pas manquer de relancer le débat sur la participation des sportifs transgenres.

 

Si, pour certains, elle répond tout simplement aux critères fixés par le CIO, pour d’autres, Hubbard bénéficie d’un avantage indu par rapport aux autres sportives nées femmes.

« Elle s’est conformée aux exigences du CIO et elle a prouvé qu’elle était une femme. Donc, il faut lui donner sa chance et lui permettre de continuer », expliquait sans rire en 2018 Paul Coffa, secrétaire général de la Fédération océanienne d’haltérophilie, pour défendre sa participation aux Jeux du Commonwealth.

La Fédération australienne d’haltérophilie avait de son côté tenté de lui interdire d’y participer, estimant que la musculature et la puissance que Hubbard avait développées quand il concourait encore chez les hommes lui conféraient un avantage physique, indépendamment de son taux de testostérone.

Étrangement aucune femme qui se dit homme ne semble concourir chez les hommes.

Source : AFP


lundi 2 août 2021

Wokisme avec vos impôts — Télé-Québec présente « Décoloniser l’histoire »

Dans la foulée du Jour de l’Émancipation, nouvelle fête décrétée par le fédéral, on apprend que Télé-Québec diffusera dès le 10 août la websérie documentaire Décoloniser l’histoire, présentant 10 chapitres « méconnus » de l’histoire canadienne et québécoise, animée par Vanessa Destiné (d’origine haïtienne qui « défend un féminisme intersectionnel »), Maïtée Labrecque-Saganash (« militante crie » de mère canadienne française) et Youssef Shoufan (d’origine syrienne né à Damas en 1987).

Cette série subventionnée par vos impôts sera présentée du point de vue de personnes autochtones et racisées. Le tout sera diffusé sur le site web de Télé-Québec ainsi que sur son application.

La websérie produite par Picbois abordera entre autres, dans des épisodes de huit minutes, l’histoire des pensionnats autochtones, le destin des travailleurs chinois des chemins de fer, la plus grande émeute étudiante au Canada à l’université anglophone (!) Concordia, ainsi que la vie de Mary Two-Axe Early ou celle de Sam Rabinovitch.

Quelques remarques :

Décoloniser l’histoire est un terme très politiquement chargé. Il s’agit de culpabiliser et par là de délégitimer la présence européenne, d’éliminer au moins symboliquement la prééminence de la colonisation occidentale et de s’attaquer à de prétendus privilèges économiques des blancs en prônant la discrimination positive qui favorisera les « racisés ». La présence européenne étant délégitimée, comment ces descendants européens pourront-ils s'opposer à l'immigration de masse venue d'ailleurs ? C’est un mouvement qui se nourrit des tensions et du ressentiment communautaires. Il n’est pas limité à l’Amérique du Nord, mais il atteint tous les pays peuplés par des Européens. C’est ainsi qu’il existe un mouvement « décolonial » en France qui, dans les termes de Mathieu Bock-Côté, « considère que la France achèvera son processus de décolonisation lorsque les Français seront étrangers chez eux. Les indigénistes croient qu’ils ont désormais, grâce à l’immigration massive, une base sociale qu’ils veulent mobiliser quitte à la contraindre par l’intimidation idéologique pour faire une démonstration de force. Cette mouvance cherche explicitement à construire une conscience raciale révolutionnaire et croit son heure arrivée, devant des élites ébaubies, qui ne comprennent pas que l’antiracisme indigéniste est un racisme antiblanc revendiqué. »

Il est ironique que des immigrants comme Vanessa Destiné et Youssef Shoufan [Choufane] parlent de décoloniser l’histoire du Québec, alors qu’ils sont eux-mêmes des colons modernes. C’est là que l’on comprend qu’il ne s’agit nullement de réparer des torts historiques, mais d’utiliser une histoire biaisée pour promouvoir les racisés, qu’ils soient récemment immigrés ou non, à force de culpabilisations de la majorité européenne.

La société de productions Picbois est coutumière des « documentaires » très « engagés », très « progressistes ». On trouve parmi ses autres productions :

  • « Citoyens du futur [qui] donne la parole à un groupe de jeunes cégépiens environnementalistes et engagés. »
  • « Briser le code révèle comment les personnes racisées et autochtones en sont venues à adopter des attitudes et des comportements pour se fondre dans la majorité québécoise sans déranger.
  • « Les Brutes, deux filles de la génération Y à l’esprit vif, un brin baveuses, qui jettent un regard drôle et irrévérencieux sur des sujets dans l’air du temps » dont nous avions déjà parlé dans Vos impôts à l’œuvre : Télé-Québec et le féminisme extrémiste. En voici une capsule.

  • « Debouttes ! est un documentaire sonore de 48 minutes réalisé par Jenny Cartwright qui relate un pan important et oublié de l’histoire du Québec. En 1971, des membres du Front de libération des Femmes du Québec (FLF) ».
  • « Bagages est un documentaire réalisé avec des jeunes immigrants de l’école secondaire Paul-Gérin-Lajoie-d’Outremont. Ce film donne la parole et la scène à des jeunes de 12 à 17 ans, nouvellement arrivés à Montréal, il y a moins de deux ans. »
  • etc.

Le mouvement décolonial croît de pair avec une immigration non occidentale croissante. L’augmentation rapide de cette immigration qui ne parvient pas à s’assimiler est une des conditions nécessaires à l’apparition de la culture victimaire selon Bradley Campbell et Jason Manning : « Pour qu’il y ait une discrimination réelle ou apparente, il faut une base sur laquelle distinguer facilement oppresseurs et opprimés. La race, notamment, est un facteur de distinction évident. On peut ainsi aisément répartir les rôles entre “dominants” et “dominés” ! » Voir L’essor de la culture victimaire.

Télé-Québec est une société de diffusion détenue par le gouvernement du Québec, son siège social est situé à Montréal dont la mission devrait principalement être tournée vers le Québec (les travailleurs chinois du chemin de fer en Colombie-Britannique !?)

Au sujet de la « plus grande émeute étudiante » mentionnée comme un des épisodes, les causes du conflit à l’Université Sir-George-Williams (devenue Concordia) remontent à 1968, lorsque six étudiants antillais anglophones ont accusé Perry Anderson, professeur de biologie, de discrimination parce qu’ils avaient eu de mauvaises notes à un examen. Les émeutes se conclurent par 2 millions $ de dégâts (13 millions $ en tenant compte de l’inflation) par les étudiants « racisés » et « afrodescendants ». Le professeur accusé de racisme par six étudiants noirs anglophones fut déclaré innocent. La commission d’audience chargée de l’affaire a estimé qu’« il n’y avait aucune preuve pour étayer les accusations générales de racisme ». 

Télé-Québec devrait promouvoir la vision historique de la grande majorité des Québécois (les « Canadiens français ») et non faire la promotion d’une vision radicale racialisée qui mine la société québécoise. 

Que fait la Coalition Avenir Québec au pouvoir, parti censément nationaliste ? La CAQ sait-elle même ce qui se trame à Télé-Québec, ce qui s’y diffuse avec l’argent du contribuable ? A-t-elle un corpus et les outils intellectuels nécessaires pour répondre à ce travail de sape  ? Ou alors, coalition disparate,  la CAQ désire-t-elle surtout ne pas aborder le sujet, son aile patronale poussant à une immigration importante, la loi sur la laïcité devant suffire à satisfaire les identitaires Québécois ? Un os que ces vieux Canadiens français devront se contenter de ronger.


Voir aussi

« Nous irons dans les écoles pour entamer un dialogue » sur le racisme systémique au Québec

Et si la diversité diminuait la confiance ?

Étude — Baisse de « solidarité » corrélée à l'augmentation du nombre d'étrangers

 

« Jour de l'Émancipation » et le Québec

Réjouissances à Toronto pour le Jour de l’Émancipation
 
Le site du diffuseur étatique (la SRC) nous apprend que « Le Jour de l’émancipation et ses célébrations, marquant la loi de 1834 sur l’abolition de l’esclavage dans l’Empire britannique, sont officiellement reconnus pour la première fois cette année par Ottawa. La date du 1er août était toutefois commémorée par la communauté afro-canadienne depuis des décennies, et ce, bien avant la Confédération. »

Pour mieux comprendre l’importance ou non de cette célébration et sa pertinence pour le Québec, posons-nous deux questions : l’esclavage existait-il encore au Québec (alors le Bas-Canada) en 1834 et combien d’esclaves « afro-canadiens » y avait-il en Nouvelle-France puis au Bas-Canada ?

L’esclavage existait-il encore au Québec (alors le Bas-Canada) en 1834 ?

Non. En pratique, il n’existait plus depuis la fin du XVIIIe siècle.

En effet, le juge en chef au Bas-Canada, Sir James Monk, rendit une série de décisions judiciaires à la fin des années 1790 qui minèrent la capacité de contraindre les esclaves à servir leurs maîtres ; tout en  n’abolissant pas techniquement l’esclavage, elles l’ont rendu inoffensif. En conséquence, les esclaves ont commencé à fuir leurs maîtres au sein de la province. Cela se produisit plusieurs années avant que l’Assemblée législative n’agisse dans le Haut-Canada pour limiter l’esclavage. La décision était fondée sur un point de procédure : la loi existante autorisait le placement des esclaves dans des maisons de correction, mais pas en prison ; or le Bas-Canada était dépourvu de maison de correction ! Toutefois, Monk ajouta que « l’esclavage n’existait pas dans les provinces et [qu’il avertissait] les propriétaires qu’il appliquerait cette interprétation de la loi à tous les procès ultérieurs. » Dans des décisions ultérieures et en l’absence de législation spécifique, l’interprétation de Monk a été retenue, y compris après la mise en place de maisons de correction. Dans un examen ultérieur de cette interprétation, l’administrateur du Bas-Canada, Sir James Kempt, refusa une demande du gouvernement américain de renvoyer un esclave évadé. Il ajouta : « L’état d’esclavage n’est pas reconnu par la loi du Canada. Chaque esclave qui vient donc dans la province est immédiatement libre, qu’il ait été amené sous la contrainte ou qu’il y soit entré de son propre gré. »

Rapidement informés, les esclaves désertèrent leurs maîtres qui n’avaient plus aucune prise sur eux. Dans le Haut-Canada, une loi protégea les droits acquis des maîtres pendant une autre génération.

Le 14 septembre 1799, Marguerite Boucher de Boucherville veuve de Luc de la Corne vendit un esclave noir de neuf ans à Joseph Campeau. Il s’agissait de la dernière vente d’esclave au Canada.

Combien d’esclaves « afro-canadiens » en Nouvelle-France puis au Bas-Canada ?

À Montréal, les esclaves noirs ont constitué au maximum environ 0,1 % de la population de la ville de 1760 à 1840.

Rappelons d’abord qu’aucun bateau négrier n’accosta jamais dans la vallée du Saint-Laurent pendant le régime français.

L’historien Marcel Trudel nous apprend dans son ouvrage Deux siècles d’esclavage au Québec que les deux tiers des 4 200 esclaves connus sur toute la période de la Nouvelle-France et jusqu’en 1800 étaient des Amérindiens et non des noirs. Tous sauf deux provenaient de nations lointaines, notamment celle des Panis établis au Missouri, d’où le nom de « panis » devenu un nom commun pour désigner tous ces esclaves. Il s’agissait le plus souvent de prisonniers de guerre remis aux Français par des tribus indiennes alliées. Ce chiffre est d’ailleurs peut-être exagéré, car on est en droit de se demander si ces prisonniers de guerre retenus doivent être comptés parmi les « esclaves » puisque leur servitude s’éteignait après un certain temps. La Grande Paix de Montréal de 1701, par exemple, prévoyait que tous les prisonniers de guerre autochtones seraient rendus à leurs nations d’origine.

Les panis servaient en tant que domestiques, plus rarement comme ouvriers, guides, trappeurs ou voyageurs engagés dans la traite des fourrures, la durée de leur servitude variant beaucoup. 

L’absence de plantations et l’agriculture de subsistance qu’on pratiquait en Nouvelle-France puis au Bas-Canada ne nécessitaient pas le travail forcé d’esclaves ; le besoin en main-d’œuvre à bon marché était assuré par une descendance nombreuse. Contrairement aux colonies américaines, 77,2 % des esclaves dans la vallée du Saint-Laurent vivaient dans des villes et y travaillaient pour des familles bourgeoises en tant que domestiques.

Il y eut sans doute moins de 600 panis dans tout le territoire de la Nouvelle-France (y compris l’Ouest américain) à n’importe quel moment. La pratique de l’esclavage ne dépassa pas quatre-vingts ans sous le Régime français, soit de 1680 environ à 1759.

Un des premiers esclaves noirs vendus en Nouvelle-France le fut par un amérindien. Le chef agnier Joseph Brant (ci-contre), chef des Six nations alliées aux Anglais pendant la guerre d’Indépendance des États-Unis, vint s’établir près du Lac Ontario avec les 40 esclaves noirs qu’il avait capturés pendant cette guerre.

Dans son magnum opus, L’esclavage et les noirs à Montréal, Frank Mackey recense 500 esclaves noirs à Montréal de 1760 à 1840 — il n’y en a jamais eu plus de 60 en même temps. Soit environ 0,1 % de la population de la ville. Les esclaves noirs valaient le double des panis. Mackey mentionne le cas d’un noir libre ayant lui-même un esclave noir.

Sous le régime français et le début du régime anglais, écrit Mackey, la condition des esclaves était « exempte des caractéristiques très dures que nous associons aux systèmes esclavagistes ailleurs ». Dans son livre Les Noirs à Montréal, Dorothy-W. Williams ajoute : « Compte tenu de leur état de domestique, de leur coût élevé et de la difficulté à s’en procurer [puisque aucun bateau négrier n'accostait au Bas-Canada], la plupart des esclaves africains bénéficient d’un traitement indulgent tout simplement parce qu’on veut les garder longtemps à son service. »

Un phénomène très marginal au Québec, récemment politisé

Il y eut donc des esclaves en Nouvelle-France et au Québec. Cependant, l’esclavage plus particulièrement des noirs, phénomène au demeurant intéressant pour un historien, y fut toujours marginal. Il n’eut que peu d’impacts économiques et de conséquences démographiques.

L’intérêt soudain pour cet aspect secondaire de l’histoire du Québec ne peut se comprendre qu’à l’aune de l’immigration de masse récente qui a radicalement changé la composition ethnique du Québec et du Canada, d’une américanisation du Canada qui pense devoir imiter les États-Unis et l’importance croissante du mouvement « décolonialiste » dans le débat public. 

Cette pensée décoloniale veut déblanchir l’imaginaire des sociétés occidentales et culpabiliser ses populations blanches pour tailler une plus grande place à des personnes le plus souvent issues de l’immigration relativement récente. Il s’agit à nos yeux d’un moyen simple et efficace (devant le manque de riposte des héritiers occidentaux) pour accroître les avantages d’abord symboliques, ensuite économiques, pour les nouveaux venus « racisés ».

Ce ne sont en effet pas les descendants des panis ou des rares esclaves noirs de Montréal émancipés au début du XIXe siècle qui manifestent leur enthousiasme pour cette nouvelle fête nationale (si tant est que ces personnes existent ou s’identifient ainsi), mais plutôt des personnes issues de l’immigration récente. Ironiquement, certains de ces racisés pourraient bien être des descendants d’esclavagistes, car les trafiquants d’esclaves n’étaient pas rares parmi les Maghrébins et les Africains (voir la vidéo ci-dessous).

Voir aussi

 

Histoire du Québec : multiculturalisme expiatoire, esclavage et colonisation américaine d’esprits incultes

Timbre d’un inconnu émis par Postes Canada pour le mois de l’Histoire des Noirs (commémoration importée des États-Unis) [bas du billet]

Histoire moderne racisée — « Les Haïtiens ont éduqué les Québécois »

« Tyrannie des minorités » avec le changement de population en Occident « Les revendications deviendront de plus en plus stridentes » (Statue de Cervantés vandalisée, il a été esclave des Barbaresques pendant 5 ans) 

Radio-Canada renvoie dos à dos histoire factuelle « blanche » et tradition orale indienne

États-Unis — Toutes les anciennes statues y passeront-elles ?

Un million d’esclaves européens chez les Barbaresques

Le génocide voilé (traite négrière musulmane)

Histoire — la traite esclavagiste a-t-elle permis le décollage économique de l’Occident ?

France — La « droite » de Sarkozy au pouvoir, l’archéo-gauche décide toujours des programmes scolaires

Colbert et le Code noir, la vérité historique

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« “Connais-toi toi-même”, ce proverbe africain », selon le plus grand syndicat d’enseignants américain

« La traite arabo-musulmane est volontairement occultée dans les mémoires de l’esclavage » 

Belgique : le Musée des beaux-arts (« Bozar ») célèbre la naissance de Ludwig van Beethoven avec un Beethoven noir…

 

dimanche 1 août 2021

Élèves de 10 ans ne doivent pas révèler à leurs parents les questions posées en matière d'identification de genre

Une classe de quatrième année (9/10 ans) du Minnesota a été soumise à une question sur « l’équité » en matière de race et de genre. Une institutrice aurait dit aux enfants de ne pas parler à leurs parents des questions qui leur étaient posées même s’ils ne les comprenaient pas.

L’enquête a été menée à l’école intermédiaire Riverview du district scolaire de Sartell-St. Stephen au Minnesota par l’Equity Alliance of Minnesota.

L’élève Hayley Yasgar s’est adressée à un conseil scolaire le 19 juillet et leur a dit qu’elle se sentait « très nerveuse et mal à l’aise » lorsque son institutrice lui a demandé de ne pas parler du questionnaire à sa mère.

Dans une vidéo de la réunion publiée par Alpha News, elle a également déclaré qu’elle était obligée de répondre à toutes les questions même si elle ne les comprenait pas.

Une des questions du questionnaire demandait : « Vous identifiez-vous actuellement comme une femme, homme, transgenre (les personnes transgenres ont une identité de genre ou une expression de genre qui diffère du sexe qui leur a été assigné. Par exemple, elles sont nées de sexe masculin, mais s’identifient maintenant comme femme) ou autre chose ? Voir une copie de cette question ci-dessous :

 
Un jeune garçon de la classe de Hayley a demandé à son institutrice si sa mère pouvait lui expliquer la question.

L’enseignante a refusé la demande de l’élève en lui disant qu’il ne pouvait pas demander à sa mère et que la classe ne devait pas répéter les questions à leurs parents.

Hayley a relaté lors du conseil scolaire “à quel point cela la rendait mal à l’aise et nerveuse” alors qu’elle expliquait que “sa mère lui dit toujours qu’elle peut tout lui dire, mais lui dit également qu’elle pouvait également faire confiance à [ses] enseignants”.

Hayley Yasgar et sa mère Kelsey Yasgar

Elle a déclaré “qu’on lui ait dit de cacher cela à [sa] mère la mettait très mal à l’aise, comme si [elle] faisait quelque chose de mal”.



Brève — Le latin sera enseigné dans 40 écoles publiques anglaises afin de rendre la matière moins « élitiste »

Un programme d’excellence latine de 4 millions de livres sterling verra la langue proposée à 40 écoles britanniques.

Le secrétaire à l’Éducation, Gavin Williamson, a déclaré qu’un nouveau programme garantirait que le sujet n’était pas « pour quelques privilégiés ». Le programme d’excellence en latin de 4 millions de livres sterling du ministère de l’Éducation verra la langue ancienne offerte à 40 écoles publiques en Angleterre dans le cadre d’un projet pilote de quatre ans, selon le Daily Telegraph.

Le personnel sera formé et doté de ressources pour enseigner aux élèves de 11 à 16 ans.

Gavin Williamson a déclaré : « Nous savons que le latin a la réputation d’être un sujet élitiste ».

Il a ajouté : « Mais le sujet peut apporter tant d’avantages aux jeunes ».

 

Romanes eunt domus, leçon de latin en Judée (Monthy Python)

Voir aussi 

« Les langues anciennes nous permettent de former une pensée et ainsi de commencer à dire non »

Herī des Beatuli, apprendre le latin par la chanson (Yesterday des Beatles et autres « classiques »)

États-Unis — Princeton supprime l’obligation de faire du latin ou du grec pour les études classiques

Le grec et le latin, nouvelles cibles des « wokes » 

Ces historiens américains et canadiens de l’Antiquité qui haïssent l’Antiquité… gréco-latine 

La haine de la culture à l’école des « compétences » 

Lettres classiques — beaucoup d’élèves ne connaissent plus la patience 

Vive le latin ! 

Oxford réorganise les études classiques pour réduire inégalités entre hommes et femmes 

France — Valoriser le latin et le grec, auprès de tous 

Les Français veulent le retour à l’uniforme et la promotion du latin et du grec