Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
Un conseil scolaire catholique de l’Ontario votera la semaine prochaine sur une motion visant à arborer le drapeau LGBT dans toutes les écoles gérées par le conseil au cours du mois de juin.
La conseillère du conseil scolaire catholique de district de Halton, Brenda Agnew, a donné avis de sa motion intitulée « Soutenir notre communauté scolaire diversifiée » lors d’une réunion du conseil le 6 avril (voir vidéo ci-dessous). Citant le pape François et les points de discussion LGBT sur « l’équité et l’inclusion », la motion appelle le directeur de l’éducation du conseil d’administration, Pat Daly, à :
ordonner à toutes les écoles du HCDSB, y compris le Catholic Education Center, d’arborer le drapeau de la fierté pendant le mois de juin à partir de 2021.
La motion devrait être mise aux voix par le conseil lors de sa prochaine réunion le 20 avril. Avec neuf administrateurs, la motion nécessite cinq votes pour être adoptée. Un vote à égalité entraîne un échec.
Le HCDSB déclare sur son site Web que sa mission est de fournir « l’excellence dans l’éducation catholique en développant des individus centrés sur le Christ capables de transformer la société »…
LifeSiteNews a contacté l’évêque du diocèse de Hamilton — où se trouve le conseil d’administration du HCDSB — pour lui demander si le fait de faire flotter le drapeau LGBT au-dessus des écoles catholiques sous sa direction est compatible avec la foi catholique. LifeSite a également demandé s’il dépouillerait le HCDSB de son étiquette catholique s’il décidait de faire flotter ces drapeaux. Aucune réponse à un appel téléphonique et à deux demandes par courriel n’a été fournie.
Jack Fonseca, de l’organisation pro-vie et profamille Campaign Life Coalition, a déclaré :
Le drapeau arc-en-ciel homosexuel est un symbole politique qui célèbre le péché sexuel et rejette la loi de Dieu. Les militants homosexuels et la société en général l’entendent comme signifiant que la sodomie est moralement acceptable, que le « mariage » homosexuel est un droit et que les chrétiens qui soutiennent l’enseignement biblique sur l’homosexualité devraient être dénoncés et purgés de la société.
Ce drapeau est aussi un signe de conquête sur l’Église catholique, de la même manière qu’un envahisseur plante son drapeau sur un territoire conquis pour affirmer sa domination sur la terre et l’assujettissement des habitants à sa volonté.
En aucun cas, aucune école catholique ne devrait arborer ce symbole politique antichrétien.
Le professeur de sciences politiques Harvey C. Mansfield, classe de 1953, est souvent cité sur le campus comme l’exemple typique du professeur conservateur à Harvard.
Selon Mansfield, ce n’est pas parce que ses opinions possèdent une sorte de « supériorité » par rapport à celles des autres, mais simplement parce qu’un professeur avec ses convictions politiques est « rare » sur le campus de Harvard.
« Chaque fois que vous assistez à un cours, il faut se situer par rapport à ce que dit le professeur », a déclaré Mansfield. « Parce que si le professeur est un libéral, il ne s’en cachera pas. »
« Il y a beaucoup plus de conservateurs parmi les étudiants que parmi les professeurs ou les administrateurs », a-t-il déclaré, ajoutant que ces étudiants viennent le trouver parce qu’il est l’une des rares voix conservatrices à la Faculté des arts et des sciences.
Il n’est pas surprenant que le corps professoral de Harvard penche fortement à gauche du spectre politique. Sur 236 membres de la Faculté des arts et des sciences (FAS) qui ont répondu à un questionnaire sur les tendances politiques dans The Crimson’s 2021 Faculty Survey, seuls sept — 3 % — se disent « plutôt » ou « très conservateurs », comparativement à 183 qui se qualifient de « plutôt » ou « très libéral. »
Les contributions aux partis politiques des membres de la FAS montrent un penchant similaire vers la gauche. Les contributions du corps professoral de la FAS aux démocrates enregistrées auprès de la Commission électorale fédérale sont accessibles au public pour 2017-2020. Elles s’élèvent à 744 143 $, tandis que les dons aux républicains ne se sont élevés qu’à 3010 $, moins que les 5600 $ que les professeurs de la FAS ont versés aux candidats indépendants.
Harvard n’est pas un cas isolé à cet égard, cependant. La représentation conservatrice au sein de la faculté de Yale dépassait à peine celle de Harvard dans une enquête 2017 du Yale Daily News. Sur les 314 répondants, seuls 7 % des professeurs se sont identifiés comme conservateurs.
Le professeur émérite d’informatique Harry R. Lewis, classe de 1968, doyen du Harvard College de 1995 à 2003, a déclaré que la tendance sinistrogyre du milieu universitaire pourrait découler de son objectif de faire progresser des idées nouvelles et parfois radicales, plutôt que de maintenir le statu quo.
« Le plus grand compliment que vous puissiez faire à un professeur est “il a changé la façon dont tout le monde pense dans ce domaine” », a-t-il déclaré. « C’est presque par définition anti-conservateur, car nous accordons une énorme valeur à la création de nouvelles connaissances. » [Note du carnet : Encore faut-il voir si dans les sciences « molles », il s’agit de connaissances brutes, plutôt que de nouvelles opinions ou idéologies.]
Alors que l’Université a fait un effort concerté au cours de la dernière décennie pour promouvoir la diversité de genre et raciale parmi ses professeurs, Harvard n’a fait aucun effort explicite pour renforcer la représentation de tout le spectre idéologique.
Cet article de Frédéric Bastien soulève à nouveau la question de comment sont sélectionnés les membres des comités qui décident des programmes imposés par le Monopole de l’Éducation du Québec. Ils semblent toujours être très à gauche, quel que soit le parti au pouvoir. Cette histoire révèle aussi le manque de ligne idéologique claire de la part de la Coalition Alliance Québec (CAQ) : il gère et ne change pas la donne. Les idéologues de gauche peuvent continuer d’imposer leur idéologie aux jeunes du Québec.
Alors que le Québec est en pleine pandémie, le gouvernement caquiste procède subrepticement à une réforme de l’enseignement de l’histoire au collégial. Celle-ci entend liquider le cours d’histoire de la civilisation occidentale, obligatoire pour les élèves de sciences humaines.
Frédéric Bastien est historien et ancien président de l’Association des professeurs d’histoire des collèges du Québec.
En lieu et place, la CAQ entend le remplacer par un cours d’histoire du monde, lequel omettra notamment l’Antiquité gréco-latine, tout en réduisant grandement la place de l’Occident dans le nouvel enseignement. La nouvelle ministre Danielle McCann doit absolument faire marche arrière.
Un méli-mélo mondialiste
L’enseignement
du cours d’histoire de la civilisation occidentale est en place depuis des années et fonctionne très bien. La raison de la réforme caquiste ne tient donc pas à un problème qui existerait et qu’il faudrait corriger. Celle-ci a plutôt été enclenchée en raison d’un processus de révision qui doit se faire périodiquement. Des fonctionnaires du ministère de l’Éducation ont confié la tâche à un comité de professeurs d’histoire qui, pour des raisons idéologiques, étaient tous contre le cours actuel.
Dès
que l’idée d’abandonner le cours de civilisation occidentale a commencé
à circuler, une majorité de professeurs d’histoire du collégial a exprimé son opposition, notamment lors d’un colloque organisé par l’Association des professeurs d’histoire des collèges du Québec qui s’est tenu à Trois-Rivières en 2018.
Qu’à
cela ne tienne, le Ministère est allé de l’avant, non sans avoir tenu une consultation qui évacuait d’emblée le maintien du cours actuel.
Les
bureaucrates ont profité du fait que le ministre de l’Éducation était trop occupé par la question des commissions scolaires et celle des maternelles 4 ans pour porter la moindre attention à l’enseignement supérieur. Par la suite, c’est la crise de la COVID-19 qui, bien naturellement, a accaparé l’attention de Jean-François Roberge. Tout cela a fait le jeu du petit groupe de professeurs et des bureaucrates qui voulaient en finir avec le cours d’histoire occidentale.
Il
faut comprendre que depuis plusieurs années déjà, il est de bon ton dans le milieu scolaire d’accuser l’Occident de tous les maux, de le critiquer, de lui attribuer les pires tares de l’histoire humaine. Il est difficile de ne pas voir l’influence de cette idéologie dans l’abandon du cours d’histoire de la civilisation occidentale. À quoi bon
s’étudier soi-même si nous sommes si mauvais ? L’heure est à l’expiation et à l’effacement de soi. Mieux vaut donc une histoire en forme de méli-mélo mondialiste qui aura nécessairement pour conséquence de relativiser et de réduire le rôle et la place de l’Occident.
L’héritage judéo-chrétien
Cela
est particulièrement clair par l’abandon de l’étude de l’Antiquité, qui
est centrale dans le cours actuel. L’Occident est d’une part l’héritière de la Grèce antique. Celle-ci nous a permis de développer le
concept de raison, l’utilisation de la logique, notamment grâce à la philosophie, sans compter la démocratie, l’histoire, la littérature et combien d’autres choses encore si importantes. Comme le disait l’ancien premier ministre Lucien Bouchard, qui souhaite le maintien du cours, « Einstein a dû monter sur les épaules de Newton qui a pris le relais d’une suite de prédécesseurs, eux-mêmes héritiers en cascade des pionniers de la Grèce antique. Il en est de même de la philosophie, de la littérature et des arts ».
L’Antiquité
est aussi la période qui voit la naissance du christianisme, lui-même très largement inspiré du judaïsme. Les valeurs morales et le monothéisme du peuple juif ont été adoptés par les Romains quand ils sont devenus chrétiens. Le tout est au cœur de notre héritage et voilà pourquoi on parle de la civilisation judéo-chrétienne.
Héritier
d’Athènes et de Jérusalem, l’Occident a fait de très grandes choses, et
également certaines qui étaient terribles. Il reste que notre bilan est
positif. Nous avons bien réussi par rapport à d’autres, comme en témoigne le fait que des millions de personnes rêvent de migrer vers l’Occident.
À
cet égard, notons que le Québec est une nation occidentale qui n’a jamais reçu autant d’immigrants en provenance de pays non occidentaux.
L’intégration
de ceux-ci est une question essentielle pour notre société. Le cours de
civilisation occidentale aide dans cette tâche en permettant aux étudiants issus de l’immigration récente de mieux comprendre les valeurs
qui sont les nôtres et qui ont fait notre succès. Il permet aussi à tous les élèves de sciences humaines de mieux comprendre notre héritage judéo-chrétien.
Liquider
le cours d’histoire occidentale serait donc une grave erreur. Malheureusement, la nouvelle ministre de l’Éducation, Danielle McCann, est complètement indifférente à la question. François Legault devrait la
rappeler à l’ordre.
« Le réseau collégial anglophone est contingenté et se permet de sélectionner les meilleurs élèves, donc cela envoie le message que “l’anglais est la langue du succès au Québec, la langue du succès au travail”, a déploré Marie-Laurence Desgagné dans son allocution.
Marie-Laurence Desgagné
Elle a rappelé la situation qui prévalait avant l’adoption de la loi 101 par le gouvernement Lévesque en 1977.
“On revient en arrière, à une époque où les patrons parlaient anglais et les travailleurs devraient parler anglais pour les comprendre, où les francophones jouaient un second rôle.”
Les jeunes péquistes demandent d’étendre les dispositions de la loi 101 sur la langue d’enseignement au réseau collégial. En d’autres mots, la fréquentation du cégep en français serait ainsi obligatoire pour les francophones et les jeunes immigrés.
En 2020, 46,1 % des étudiants fréquentaient un établissement anglophone et 53,9 % un établissement francophone sur l’île de Montréal.
Concernant l'intelligence, un jour supplémentaire passé à la garderie par mois est associé à une réduction du quotient intellectuel (QI) de 0,5 %.
Ce phénomène aurait une explication claire : la crèche réduit les interactions en face à face avec les adultes, qui sont essentielles pour le développement cérébral. Les effets sont encore plus prononcés chez les filles — qui sont capables plus tôt de bénéficier de ces interactions — et dans les familles aisées, où la qualité des interactions parents-enfants est meilleure quand elle peut prendre place.
Les lycéens des établissements hors contrat, les écoles privées non subventionnées, en France sont toujours exclus du dispositif exceptionnel du contrôle continu pour le Bac 2021. Les élèves des écoles publiques n’auront donc pas à passer les examens écrits nationaux corrigés par des professeurs extérieurs à leurs écoles. Leurs notes pendant l’année, attribuées par leurs professeurs habituels, suffiront.
Motif pour ce traitement spécial : les enseignants de ces écoles non subventionnées ne sont pas fonctionnaires. C’est non seulement oublier que tous les enseignants des écoles publiques ne sont pas fonctionnaires (merci pour les contractuels…), mais c’est surtout faire peu de cas de la réalité de l’estime dans laquelle sont tenus les professeurs.
On ne leur demande en effet pas leur avis quand il s’agit de remonter les notes des élèves pour tenir compte de la situation sanitaire. Exemple au Lycée Victor Duruy à Paris : la preuve en image. Oui, les notes des élèves sont bien remontées dans les établissements publics. Comment oser parler de justice et d’équité ?
« Privilège blanc », « blanchité », « racisme systémique »… Pour l’auteur de « La Révolution racialiste » (Presses de la Cité), un nouveau régime rééducateur se profile et doit être ardemment combattu.
À ceux qui prendraient les injonctions « diversitaires » du moment pour une vague révolte, le sociologue et essayiste québécois Mathieu Bock-Côté répond sans ambages : « Non, Sire, c’est une révolution. » Après ses explorations sans concession du multiculturalisme et du politiquement correct, le chroniqueur au Figaro complète, dans La Révolution racialiste, un essai dense et incisif, sa trinité anti-woke par le passage au crible de cette tendance croissante qu’ont nos sociétés à caractériser les individus par leur couleur de peau. « Liberté, égalité, racisé. e. s » pourrait être la devise de ces nouveaux sans-culottes, qui invitent l’Occident à expier son « péché blanc ». Bock-Côté, fièrement indépendantiste, est bien placé pour observer (et craindre) un mouvement tout droit venu des États-Unis, inoculé au Québec et qui tente de s’introduire en France. « En temps de révolution, qui est neutre est impuissant », écrivait Victor Hugo. C’est aussi le message de notre auteur — et il est urgent de l’entendre.
Le Point — Qu’est-ce que le « racialisme » ?
Mathieu Bock-Côté — Il s’agit d’une idéologie qui fait de la race le concept fondamental autour duquel construire notre représentation du monde. Il clive les sociétés occidentales entre Blancs et racisés — notre société serait un système producteur de différences raciales dissimulant la suprématie blanche derrière la fiction de l’universalité et racisant les populations minoritaires en les refoulant à la périphérie de la l’ordre social dans une situation de subordination perpétuelle.
Chacun est assigné à sa race : le Blanc doit y consentir pour renoncer à son privilège blanc, le racisé est appelé à en faire un principe de revendication pour inverser le stigmate qui l’a marqué. En fonction de sa position sur le spectre racial, on est soit appelé à l’autocritique pénitentielle, soit transformé en figure messianique. Le racialisme opère un renversement orwellien de notre définition du racisme.
— Comment cela ?
— Celui qui refuse de tenir compte de la couleur de la peau dans l’organisation de la société est accusé de verser dans le daltonisme racial. Son aveuglement permettrait la reproduction des inégalités raciales dissimulées derrière la société libérale — il en serait donc complice. L’universaliste serait le vrai raciste.
Le racialisme assigne chacun à une identité raciale dont il ne peut s’extraire. Plus encore, il fait de la racialisation des appartenances un principe d’émancipation et va même jusqu’à valoriser une forme de ségrégation raciale à prétention positive, comme on le voit avec la multiplication des groupes racisés non mixtes, dont les Blancs sont exclus d’office, à moins de se taire, comme le proposait à la manière d’un accommodement raisonnable Audrey Pulvar récemment.
J’ajoute que le racialisme vient abolir la diversité des nations, des peuples, des cultures, des civilisations, des religions, pour définir les hommes exclusivement par leur couleur de peau. Il déréalise ainsi l’histoire de notre civilisation et la rend inintelligible.
— Vous parlez d’une « révolution » et d’un « basculement dans l’histoire d’une civilisation ». Pourquoi ?
— Les concepts fondamentaux à partir desquels s’est constituée la civilisation occidentale sont aujourd’hui non seulement déconstruits, mais renversés dans leur signification.
Jusqu’ici, l’histoire occidentale serait maudite : c’est d’une conversion quasi religieuse qu’elle aurait besoin. La civilisation occidentale est invitée à renaître à la lumière de la révélation « diversitaires », au nom de laquelle il faudrait reconstruire intégralement l’ordre social, pour l’arracher à l’emprise du racisme systémique.
La légitimé politique reposerait exclusivement dans les revendications des marges identitaires, qu’il ne faudrait jamais critiquer : si un « racisé » se dit victime de racisme, il l’est, et ce serait lui faire violence que de questionner les fondements de son ressenti, de son accusation. Nous ne sommes pas devant un mouvement réformiste formulant des aspirations légitimes, mais devant un mouvement révolutionnaire.
— N’exagérez-vous pas le problème ?
— Une certaine droite bourgeoise veut voir dans tout cela des excentricités propres aux campus américains. Sottises ! La mouvance woke, qui représente l’avant-garde du régime « diversitaire », détermine les paramètres de la vie publique. Cette idéologie est aujourd’hui hégémonique dans l’université, les médias, la musique classique, la pédagogie, les sports, les musées, l’opéra, le cinéma, et même le monde de l’entreprise, comme on le voit dans les départements des ressources humaines. C’est une tâche d’ingénierie sociale et de rééducation psychologique sans fin qui s’annonce.
— Pourquoi cette révolution se produit-elle aujourd’hui, alors que nos sociétés n’ont jamais été aussi peu racistes ?
— Depuis une trentaine d’années, le régime « diversitaire », qui s’est progressivement implanté et qui aujourd’hui se radicalise en se racialisant, a travaillé à reconditionner les populations occidentales en les poussant à construire leur subjectivité sur le mode victimaire. C’est dans cette idéologie que sont socialisées les jeunes générations, laquelle structure fondamentalement leur vision du monde. Certes, les gens issus de l’immigration sont très nombreux à vouloir s’intégrer, mais ils sont mis en procès : qui s’intègre n’est-il pas en train de trahir sa communauté d’origine ? Par ailleurs, sur le plan médiatique, il devient plus payant de se présenter comme une victime de l’ordre « blantriarcal » que de s’intégrer au peuple historique de la société d’accueil.
Brisons aussi un tabou : au fil des dernières décennies, les sociétés occidentales ont accueilli des populations nouvelles bien au-delà de leur capacité d’accueil. Dans ce contexte, l’identité ethnique diasporique transnationale tend à s’imposer, d’autant qu’elle s’accroche à l’univers de référence de l’empire américain. C’est à travers les catégories de cet empire que les populations issues de l’immigration dans le monde occidental en viennent à définir leur propre situation, en s’identifiant systématiquement à la situation tragique des Noirs américains, comme si l’expérience de tous les « racisés » était interchangeable. On voit où conduit une vision du monde qui définit d’abord les groupes humains à partir de la couleur de la peau. Et on en vient paradoxalement à croire que les États-Unis représentent un modèle d’émancipation raciale. C’est absurde !
— Les personnes appartenant à des minorités sont loin d’être toutes en faveur de la « politique identitaire ». Ce mouvement n’est-il pas le fait d’une minorité numérique, blanche ou de couleur ?
— Absolument. Faut-il rappeler qu’une nation n’est pas une race et qu’il est possible de s’intégrer à une culture ? Mais le régime « diversitaire » fait de la mouvance racialiste la seule représentante légitime des populations issues de l’immigration. C’est la mouvance woke qui fixe aujourd’hui les codes de la respectabilité idéologique et qui peut condamner à la peine de mort sociale ceux qui transgressent l’orthodoxie. S’ils veulent réintégrer la cité, ils devront
prêter serment d’allégeance au régime, réciter ses prières, en s’excusant pour leur blanchité, puis en promettant de se mettre à l’écoute des minorités pour se rééduquer et devenir leur allié. De telles scènes sont régulières dans l’actualité nord-américaine.
— L’antiracisme comme nouveau communisme ?
— Le racialisme comme totalitarisme, en fait. Il y a des vagues dans l’histoire du totalitarisme à prétention « progressiste » : 1793-1794, 1917, la fin des années 1960. La tentation totalitaire de la modernité se réactive aujourd’hui. Ce qui la caractérise, c’est l’ambition d’une maîtrise intégrale de l’existence :
ce qui implique la transformation de la société en camp de rééducation à ciel ouvert, à travers une propagande permanente que l’on nomme « campagne de sensibilisation ».
— N’allez-vous pas un peu loin ? Vous parlez d’événements sanglants !
— Je n’ai pas parlé de « régime » mais de « tentation » totalitaire, même si, par ailleurs, à travers les lois contre la « haine » (que l’on en vient à définir comme toute critique résolue du régime « diversitaire »), qui peuvent aller, on vient de le voir, en Écosse, jusqu’à la criminalisation des « propos haineux »
dans la sphère privée, le régime montre jusqu’où il est prêt à aller pour combattre la dissidence. Désormais, les Écossais seront surveillés chez eux par leurs invités et, qui sait, par leurs enfants, éduqués à voir partout des micro-agressions. Comment ne pas y voir une forme de stasification qui, demain,
s’étendra hors de leurs frontières ? La démocratie libérale a de plus en plus l’allure d’un décor vidé de sa substance.
— Vous critiquez le « racisme systémique ». N’y a-t-il pas des cas où les institutions défavorisent de fait les minorités ?
— Le concept de racisme systémique est un ticket d’entrée dans le club de la discussion « raisonnable » sur la diversité : qui le refuse peut même se faire accuser de négationnisme, on l’a vu au Québec. Il repose sur l’assimilation de toute forme de disparité statistique à des manifestations du racisme systémique. Mais disparité ne veut pas dire nécessairement discrimination ! Les facteurs sociaux sont toujours multiples et relatifs. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’injustices, mais ce concept ne permet pas de les aborder intelligemment. Dans la perspective du racisme systémique, la simple existence, au sein d’une société, d’une culture historique créerait un biais raciste défavorable à l’endroit des communautés issues de l’immigration. Pour être véritablement inclusive, elle devrait s’extraire d’elle-même, se purger de son identité.
— N’y a-t-il pas une contradiction entre la fixité de la race — on ne peut pas passer d’une race à l’autre — et la fluidité du genre — on nous dit aujourd’hui que le genre est pure construction sociale ?
— La transidentité de genre est banalisée, mais le passage d’une identité raciale à l’autre n’est pas permise. Alors même que la race n’est que construite socialement, nous dit-on. Au fond d’eux-mêmes, les racialistes en font une identité primordiale. On en trouve plusieurs dans la jeunesse woke pour se demander ainsi si un « racisé » peut avoir une relation avec un Blanc sans que ce soit une forme de trahison raciale. Le racialisme repose en fait sur le principe de l’imperméabilité ethnique et conne chacun dans une case dont il ne peut plus sortir. Plus une société est absolument floue dans un domaine, plus elle a besoin d’être absolument figée dans un autre : c’est le paradoxe qui se présente à nous aujourd’hui.
— La France n’est-elle pas épargnée par ce mouvement ?
— Épargnée, non, mais elle y résiste, à travers ses mœurs, sa manière de vivre, son identité. Les Français ne le voient pas toujours, mais de l’étranger, c’est évident. La presse américaine, notamment le New York Times et le Washington Post, ne le lui pardonne pas. Elle la caricature en URSS écrasant ses minorités.
— Comment arrêter la révolution racialiste ?
— Il n’y a aucun compromis possible avec cette idéologie. Ses concepts viennent en grappe : quand on en prend un, tous suivent. J’ai longtemps eu un côté Michel Sardou : « Si les Ricains n’étaient pas là/Vous seriez tous en Germanie. »
Mais cette période est terminée. Aujourd’hui, les États-Unis sont un empire décadent et l’américanisation mentale est toxique. Quant au Canada, il se perd dans une forme de diversité Potemkine, même si le Québec y tient tête. Il faut entreprendre le démantèlement progressif du régime « diversitaire ». Et ne nous leurrons pas. Il ne suffira pas, devant cette révolution, de brandir de manière désincarnée « l’universel » : c’est à partir de la culture de chaque peuple et de notre patrimoine de civilisation qu’il est possible d’y résister.
Ce n’est d’ailleurs qu’à partir d’un enracinement particulier qu’on peut s’élancer vers l’universel, en France comme ailleurs.
C’est la nouvelle lubie venue de l’Amérique woke : l’enseignement des lettres classiques, comprenez du grec et du latin, serait une machine à « fabriquer du suprématisme blanc »… Il faudrait donc, accrochez-vous bien, « détruire » (sic) ces disciplines. C’était il y a quelques semaines dans le New York Times, à l’occasion d’un grand portrait de Daniel Padilla Peralta, professeur à Princeton. Né à Saint-Domingue, arrivé en situation irrégulière aux États-Unis,
celui-ci est devenu, à la suite d’une passion enfantine pour l’histoire antique, et avec l’aide de quelques mentors touchés par ses talents, historien de la Rome antique dans la célébrissime université. La preuve, s’il en fallait une de plus, que le grec et le latin ne sont pas réservés à une « élite » mais appartiennent à tout le monde, de quelque milieu qu’on vienne. Sauf que le professeur Padilla, parvenu au zénith du monde académique et de son influence, découvre que
l’enseignement des « Classics », comme on les appelle outre-Atlantique, « nuit » — sauf à sa carrière, visiblement. Nuit ? Oui, car cet enseignement aurait servi, au cours des siècles, à « justifier l’esclavagisme, la “science de la race” [race science], le colonialisme, le nazisme et les autres fascismes du XXe siècle ». Méfiez-vous donc : traduire Eschyle ou Homère pourrait vous conduire, sans que vous vous en rendiez compte, à faire le salut hitlérien dans les années qui suivent…
On se pince devant ce qui ressemble à un délire complotiste. Là où le bât blesse, c’est que d’autres professeurs américains emboîtent le pas à Padilla quand il arme très sérieusement que « la production de “blanchité” [whiteness] réside dans la moelle des textes classiques », et qu’il est temps que le grec et le latin « descendent de leur piédestal ». Homère et Cicéron, bientôt « cancellés » ?
Éradicateurs déguisés en progressistes.
Il faudrait balayer, un par un, les arguments avancés par ces éradicateurs déguisés en progressistes. « Blanchité » ? Jamais les anciens Grecs et les
anciens Romains ne se sont dénis comme « blancs », de même que, n’en déplaise aux nostalgiques de la pureté, leurs statues n’ont jamais été d’un marbre immaculé : elles étaient peintes, et de toutes les couleurs. « Suprématisme » ? Certains exaltés qui ont marché sur le Capitole après la défaite de Trump, disent nos épurateurs pour étayer leur thèse, se référaient à la célèbre sentence de Léonidas « Molôn labé » (« Viens et prends-les ») et portaient des
casques grecs… Certes, mais d’autres étaient habillés en chaman ou en supporteur de foot…
Les nazis, rappellent-ils, ont utilisé de nombreuses références antiques. C’est vrai, mais Rosa Luxemburg (1871-1919), aussi. Grande figure communiste, elle avait cofondé la Ligue spartakiste en référence au gladiateur Spartacus, meneur de la plus grande rébellion d’esclaves de la République romaine. Les révolutionnaires français qui mirent fin à l’Ancien Régime connaissaient eux aussi, et sur le bout des doigts, leurs auteurs grecs et latins. Et Albert Camus, auteur du Mythe de Sisyphe, qui portait la culture classique en étendard, peut-il être taxé de fascisme ?
Soyons clairs : il ne s’agit pas de dire que l’Antiquité ne serait que ce soleil brûlant et régénérant auprès duquel Nietzsche appelait à nous réchauffer. Elle a ses nombreuses parts d’ombre, et personne ne le conteste. Oui, l’Antiquité était esclavagiste, mais au même titre que d’autres civilisations anciennes brillantes, qu’elles soient africaines, indiennes ou islamiques. Oui, Aristote a théorisé l’esclavage, mais étudier ses textes, est-ce les plébisciter ? Nos éradicateurs confondent enseignement et endoctrinement.
Ils feraient bien de relire les textes du grand sociologue afro-américain W.E.B. Du Bois (1868-1963) [ci-dessus]. Pour ce précurseur du combat pour les droits civiques des Noirs, il fallait au contraire s’emparer de la culture antique pour lutter contre les thèses esclavagistes, qui contrevenaient aux lumières du philosophe romain Sénèque : « Nous sommes les membres d’un grand corps,
la nature nous a créés parents, nous a créés parents, nous tirant des mêmes principes et pour les mêmes fins. »
Aussi la réduction des classiques gréco-latins à une machine à fabriquer du suprématisme, de la misogynie et des inégalités de toutes sortes dans un Occident obsédé par son déclin et la nostalgie d’une grandeur passée est-elle une grossière erreur… Aujourd’hui, ces textes sont étudiés partout, jusqu’en Chine ou au Japon, qui a construit son propre rapport à l’Antiquité, de l’architecture à la pop culture.
Pour la première fois au Royaume-Uni, une maison de retraite pour la communauté LGBT va ouvrir ses portes en 2021, grâce au soutien de la ville de Londres. Le bâtiment, avec restaurant, bar et terrasse sur le toit, a été dessiné par l’architecte Norman Foster.
C’est une première au Royaume-Uni. Le maire Sadiq Khan a confirmé l’obtention d’un prêt immobilier de 5,7 millions de livres sterling du fonds de logements social (Community Housing Funds), en vue de l’ouverture d’une maison de retraite unique en son genre. Situés dans le quartier de Vauxhall au sud de la Tamise, ces logements accueilleront des retraités de la communauté LGBT.
« Londres est une ville ouverte, diverse, inclusive et je suis ravi de voir ces projets aboutir avec l’aide de ce prêt […] Les séniors méritent de profiter de ces années dans le confort et la sécurité » a déclaré Sadiq Khan.
Les 19 logements, situés dans un immeuble imaginé par l’architecte britannique Norman Foster, seront composés d’une ou deux chambres. La résidence proposera des services haut de gamme avec un espace restaurant-bar, une terrasse sur toit et un jardin suspendu, ainsi que l’accès à des soins sur place 24 h/24 et 7J/7. Les premiers arrivants devraient emménager au milieu de l’été 2021.
Chez Tonic Housing, l’association à but non lucratif qui chapeaute le projet, on s’enthousiasme : « Tonic@Bankhous va créer une offre d’habitat unique qui célèbre l’identité LGBT+ et place la communauté au centre de la maison. Nous allons co-créer des événements et des activités avec des résidents basés sur leurs intérêts, ce qui inclut des collaborations avec d’autres organisations LGBT+ ».
Sécurité et soins adaptés
Stéphane Sauvé est ancien directeur d’Ephad. Il porte un projet similaire à celui de Tonic Housing, « La Maison des solidarités ». « Pendant mes années de direction, j’ai pu observer des discriminations envers la communauté homosexuelle ». Comme cette fois où personne n’a voulu danser avec Madame Martin, « lesbienne décomplexée », lors d’un thé dansant parce qu’elle était « contagieuse ».
« Si, par ignorance, je n’ai jamais été confronté à cette question, ce n’est pas à la fin de ma vie que je vais ouvrir mes chakras. Lorsque l’on a des valeurs morales, ce n’est pas à la fin de sa vie que l’on va changer d’idée », explique Stéphane Sauvé.
Outre la discrimination, la minorité LGBT présente des problèmes de santé à la fois similaires, mais aussi différents du reste du public de maison de retraite. « On le sait grâce aux études américaines. C’est un public avec des comorbidités supérieures, plus de diabète, plus de mécanismes de dépendance, d’anxiété et de dépression. Sans compter sur la partie de cette population atteinte de VIH et les traitements aux hormones chez les trans. On ne sait pas comment ça va vieillir. »
Un accompagnement pour la fin de vie
« J’ai 49 ans, je suis homosexuel, je n’ai pas d’enfants. Je me pose comme tout le monde la question de l’accompagnement », ajoute Stéphane Sauvé. La grande majorité de la communauté LGBT n’a pas d’enfant, et donc d’aidants pour la fin de vie. C’est un public plus isolé. »
Des raisons suffisantes, selon l’ancien directeur, pour balayer de la main les reproches communautaristes. « D’autant que l’environnement LBGT sera convivial aux hétéros ».
Ce n’est pas la première fois qu’un pays accueille ce type de maison de retraite. Des initiatives similaires existent au Canada, en Espagne, aux États-Unis et en Australie. En France, Nice, Lyon, Montreuil, Romainville et Paris ont également manifesté leur intérêt.
« La prévalence de symptômes de dépression chez les doctorants en économie est comparable à celle des populations en prison. »
Commanditée en 2018 par le service de santé de L’Université Harvard, l’étude sur la santé mentale des étudiants diplômés des huit programmes de doctorat en économie parmi les mieux classés des États-Unis (université du Michigan, Princeton, Harvard, Columbia, MIT, Berkeley, San Diego et Yale) est accablante :
Environ 18 % des élèves présentent des symptômes modérés à sévères de dépression et d’anxiété. Le taux national comparable de dépression est de 5,6 % et de 3,4 à 3,6 % pour les personnes âgées de 25 à 34 ans (Kocalevent et coll. [2013]). Une étude de la population allemande a révélé que le taux national comparable d’anxiété était de 5 % (Lowe et al. [2008]).
11 % des élèves ont déclaré avoir eu des pensées suicidaires pendant au moins plusieurs jours au cours des deux dernières semaines.
25 % des étudiants ont, à un moment de leur vie, reçu un diagnostic de problème de santé mentale par un professionnel. 13 % ont été diagnostiqués avant de commencer le programme de doctorat, 12 % ont été diagnostiqués après.
Parmi ceux qui présentent des symptômes de dépression modérés à sévères, seulement 27 % reçoivent actuellement un traitement pour la dépression. 21 % de ceux qui présentent des symptômes d’anxiété modérés à sévères reçoivent un traitement contre l’anxiété, et seulement 27 % de ceux qui ont envisagé de se suicider au cours des 2 dernières semaines reçoivent une forme quelconque de traitement en santé mentale.
La prévalence des symptômes de dépression et d’anxiété chez les étudiants au doctorat en économie est comparable à la prévalence observée dans les populations incarcérées.
La solitude et l’isolement sont des problèmes majeurs. L’étudiant moyen au doctorat en économie se sent beaucoup plus seul et plus isolé qu’un Américain à la retraite.
Les femmes et les étudiants internationaux ont une prévalence plus élevée de problèmes de santé mentale que les hommes et les étudiants américains, respectivement.
Seuls 26 % des étudiants en économie déclarent avoir le sentiment que leur travail est toujours utile ou la plupart du temps, contre 63 % de l’ensemble de la population en âge de travailler. Seuls 19 % des étudiants en économie estiment qu’ils ont la possibilité d’avoir un impact positif sur leur communauté ou leur société, contre 53 % de la population.
Alors que 96 % des élèves déclarent avoir rencontré leur conseiller principal au moins une fois au cours des 2 derniers mois, les élèves rapportent la peur de faire une mauvaise impression, le doute sur la qualité de leurs pensées et idées et le manque de progrès depuis la réunion précédente. les principaux obstacles à des rencontres plus fréquentes avec les conseillers