dimanche 7 avril 2019

Enfants éduqués à la maison... adultes bien adaptés?

Un texte de Rachel Arseneault, ergothérapeute

Les familles qui font l’école-maison font souvent l’objet d’idées préconçues en ce qui concerne les résultats d’une telle approche à long terme. Notamment, on s’inquiète de la socialisation de ces jeunes, de leur niveau de connaissance, de leur taux de diplomation, de leur capacité d’intégration dans le système d’éducation et de leurs chances de réussite pour décrocher un emploi par la suite. Les médias ont tendance à véhiculer l’image d’enfants qui grandissent isolés, qui restent dépendants et renfermés parce qu’ils auraient été trop longtemps couvés par leurs parents et qui ne s’ajustent pas bien au stress ou aux contraintes de la vie adulte.


Mais est-ce vraiment le cas ? Et si on demandait aux jeunes et aux adultes eux-mêmes ?

Un sondage informel a été réalisé auprès d’une quarantaine d’adultes de partout au Québec qui ont fait l’école-maison quand ils étaient jeunes. Les témoignages recueillis pourraient vous surprendre ! Écoutons-les...

Les enfants d’école-maison, pas « socialisés » ?

On pourrait penser que les enfants n’ayant jamais fréquenté l’école ne développent pas les qualités interpersonnelles essentielles pour intégrer le système scolaire par la suite. Pourtant, selon l’expérience de ces enfants, l’école à domicile ne se limite pas à remplir des cahiers en restant à la maison… « On peut apprendre ailleurs que dans une salle de classe : dans les musées, en voyage, etc. On apprend le respect des autres et l’ouverture aux différentes cultures. » (Justine Villeneuve, 20 ans)

Les répondants au sondage ont vécu des expériences épanouissantes, riches en contacts sociaux et, de façon générale, ils ont su s’adapter tout à fait adéquatement au milieu scolaire, avec parfois quelques ajustements nécessaires. Ils rapportent avoir eu de la facilité à s’intégrer socialement et à se faire des amis.

« La première fois que j’ai mis les pieds dans une école, c’était pour mon cours de conduite, que je faisais en même temps que ma 1re année à l’université ! Tout ce que je peux dire, c’est que je n’ai eu aucun problème à suivre le reste de la classe, à me faire des amis, etc. » (Kateri Bernier, 26 ans)

Anne Jisca Gaucher, 35 ans, a commencé l’école-maison en 1re secondaire. Elle a dû refaire en survol plusieurs années, car les bases acquises à l’école n’étaient pas solides ou suffisantes. Elle a obtenu de bons résultats ensuite et a pu être admise dans un collège sans problème.

Rachel Mathieu, 19 ans, raconte son cheminement : « À la maison, mes parents m’ont appris à garder une éthique de travail exemplaire, à gérer mon attitude et mes émotions envers les autres et à faire preuve de compassion. Quand je suis entrée à l’école secondaire à l’âge de 13 ans, l’adaptation a été difficile, mais depuis, j’ai une grande facilité à m’adapter à différents contextes et situations. Je vois donc cette étape de ma vie comme un apprentissage qui m’a beaucoup aidée. »

Thomas Couture, 20 ans, a intégré le système d’éducation en 1re secondaire. « J’étais stressé, mais ça s’est bien passé ». Thomas a suivi une formation en électromécanique et travaille maintenant comme technicien en automatisation au travail.

Obtiennent-ils un diplôme ?

Pour la quarantaine de répondants au sondage, les avenues empruntées après leurs études secondaires étaient nombreuses et variées, tout comme les domaines d’études en cours ou les diplômes acquis : attestation d’études collégiales en éducation à l’enfance, baccalauréat en traduction, formation en herboristerie, maîtrise en philosophie, diplôme d’études professionnelles en secrétariat, technique en audioprothèse, doctorat en ostéopathie, baccalauréat en cours au conservatoire de musique, formation continue dans le domaine agricole, baccalauréat en sciences comptables, certificat en sciences sociales, diplôme technique en documentation, certificat en gestion de l’information numérique, technique en gestion de projets en communications graphiques, etc.

Selon le Centre canadien pour l’école-maison (CCHE, 2009), les diplômés de l’école-maison détiennent en plus grande proportion un baccalauréat, une maîtrise ou un doctorat que la population générale.

« Mon expérience d’école-maison m’a permis de développer une immense autonomie d’apprentissage, la confiance en moi et une grande curiosité que je garde encore à ce jour. J’ai obtenu mon baccalauréat en sciences infirmières en mai 2018 et je travaille comme infirmière clinicienne depuis. » (Anne-Marie Légaré, 24 ans)

« J’ai obtenu un diplôme d’études collégiales en sciences de la nature. J’ai ensuite terminé un baccalauréat en mathématiques. Je termine présentement une maîtrise en mathématiques pures, concentration enseignement des mathématiques. Je fais du tutorat en mathématiques depuis 8 ans, je suis également auxiliaire d’enseignement et chargée de cours à l’université et tutrice externe au cégep. » (Amélie Compagna, 27 ans)

Décrocher un emploi après avoir fait l’école-maison ?

Il semble que le fait d’avoir étudié hors du système scolaire ne limite pas les chances pour les jeunes d’école-maison de poursuivre une carrière ni de trouver un emploi, au contraire. Selon certaines études américaines, ces jeunes seraient même recherchés par les employeurs pour leur sens de l’initiative, leur créativité, leur flexibilité et leur esprit d’entrepreneuriat.

« Je suis propriétaire de l’entreprise que j’ai démarrée il y a 4 ans, à l’âge de 17 ans, et je suis auteure de romans que j’espère publier bientôt. J’ai aussi travaillé de façon saisonnière pour différentes entreprises et je n’ai eu aucun problème à m’intégrer dans les équipes et à gérer les différents types de travail. L’éducation à domicile m’a aidée à vaincre mes faiblesses et à apprendre concrètement à gérer les problèmes du quotidien de la vie adulte. » (Rosalie Villeneuve, 21 ans)

« En postsecondaire, j’ai étudié en administration et en traduction. J’ai eu une entreprise de détail pendant quelques années et par la suite je suis devenue professeure d’anglais, langue seconde, à l’école aux adultes. Depuis 2009, je gère une agence de traduction et je suis également productrice maraîchère pour notre ferme en démarrage. » (Rachel Connolly, 38 ans)

« Mon intégration au cégep et à l’université a été très facile. Je suis présentement adjointe administrative de direction dans une entreprise de construction. Je n’ai jamais eu de problème à me trouver un emploi ni à le garder. Mes employeurs ont toujours été très satisfaits de mon travail. » (Esther, 25 ans)

Sont-ils bien préparés à la vie adulte ?

La plupart des adultes questionnés estiment que l’éducation à la maison les a bien préparés à faire face aux exigences de la vie adulte.

Katerine Charbonneau, 35 ans, une femme pétillante de vie, est certainement un exemple de « succès » de l’école-maison. Après avoir fait ses études primaires et secondaires entièrement à la maison, Katerine a passé pour la première fois des examens pour obtenir son diplôme d’études secondaires. Elle a ensuite poursuivi ses études collégiales, puis universitaires, pour compléter son diplôme de médecine familiale en 2011. Elle pratique maintenant comme médecin de famille en Abitibi. « J’ai beaucoup aimé mon expérience d’école-maison. En tant qu’adulte, j’ai conservé comme principe de vie celui d’être un “lifelong learner” (apprenant perpétuel). Mes parents se sont beaucoup investis pour que je devienne une adulte responsable, impliquée et consciencieuse. »

Heidi J., 21 ans, rapporte qu’elle a vraiment aimé faire l’école à la maison. « Ça nous apprend à être organisés et responsables. Il n’y a pas de perte de temps en classe. J’ai appris à cuisiner dès un jeune âge, ce qui a de beaucoup facilité ma transition à la vie d’appartement. »

« J’ai reçu tout ce dont j’avais besoin pour me préparer à la vie adulte avec un bagage plus riche que mes camarades du même âge. Je me considère choyée d’avoir reçu cette éducation ! » (Kimberly Fournier, 27 ans)

L’école-maison, une expérience positive ou non, globalement ?

Pour la très grande majorité des répondants, l’expérience des apprentissages en famille s’est avérée un franc succès. Ils en parlent de façon très positive et ne changeraient rien à leur cheminement ! « L’école-maison m’a permis d’apprendre à mon propre rythme. J’ai adoré ! » (Alex Saumure, 22 ans.) Plusieurs remercient leurs parents de leur avoir permis d’explorer leurs intérêts et d’étudier à leur vitesse. Ils apprécient particulièrement d’avoir pu prendre des initiatives et d’avoir pu s’instruire de façon autodidacte, souvent plus rapidement qu’à l’école. « L’école à la maison m’a permis d’apprendre à aimer apprendre ! » (Thomas Picard, 18 ans)

Félix Gauthier-Mamaril, 24 ans, a intégré le système d’éducation au niveau universitaire et il est détenteur d’une maîtrise en philosophie. Un des points forts de son éducation à la maison a été « l’encadrement intellectuel encourageant une pensée autonome, libre et critique ».

Pour plusieurs jeunes, comme A-L. Godfrey, l’école-maison a été l’occasion de voyager. Manouka Douillard, 19 ans, raconte qu’elle a voyagé énormément avec ses parents et qu’elle est ainsi devenue parfaitement bilingue. S. C., 18 ans, a pu apprendre à lire et à écrire en anglais dès sa première année, ce qu’il considère comme un avantage.

Nicolas Houle, 19 ans, affirme : « Être élevé en dehors du moule m’a ouvert les yeux sur plusieurs aspects de la vie. Si je me fie à mes amis qui ont eu le même parcours que moi, ils sont tous autant satisfaits que moi d’avoir fait l’école-maison. Je crois que cette pratique devrait être favorisée au Québec. »

À la lumière de ces témoignages, il est peut-être temps, comme société, de revoir l’idée que nous nous faisons des enfants éduqués à domicile. C’est un parcours certes différent de celui suivi par la majorité des jeunes Québécois, mais qui gagnerait à être mieux connu pour tous les fruits qu’il porte chez les jeunes qui vivent cette expérience unique!

À la lumière de ces témoignages, il est peut-être temps, comme société, de revoir l’idée que nous nous faisons des enfants éduqués à domicile. C’est un parcours certes différent de celui suivi par la majorité des jeunes Québécois, mais qui gagnerait à être mieux connu pour tous les fruits qu’il porte chez les jeunes qui vivent cette expérience unique!

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samedi 6 avril 2019

Apprenez le latin (2) : l'étymologiste diversitaire fantaisiste

Dans notre série Apprenez le latin :


Raphaël Liogier, né en 1967, est sociologue et philosophe, professeur des universités à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, il a dirigé l’Observatoire du religieux de 2006 à 2014. Il soutient que « l’islamisation est un mythe », que l’islam en France n’a « pas d’intention de s’imposer ». Raphaël Liogier a étudié le lien entre bouddhisme et christianisme. En 1999, il a ainsi publié un Jésus Bouddha d’Occident pour démontrer les liens existants entre la pensée de Bouddha et celle de Jésus de Nazareth, qu’il présente comme « l’héritier de la sagesse de Bouddha », reconnu à la naissance par les rois mages comme un « avatar d’Amitābha » qui aura pour rôle de diffuser la pensée de Siddhartha à l’Occident. Il est professeur invité à l’université Columbia. Cette université qui organise, par son officiel Bureau des Affaires multiculturelles, des conférences réservées aux non-Blancs (voir vidéo en anglais).

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vendredi 5 avril 2019

Instruction à domicile — l'ACPEQ appelle le ministre au dialogue

Communiqué de presse de l’ACPEQ :

L’ACPEQ appelle au dialogue Pour une juste appréciation des connaissances et compétences acquises par nos enfants

Montréal, le 4 avril 2019 – Ces jours-ci, notre nouveau gouvernement a annoncé qu’il souhaite modifier les conditions dans lesquelles se vit l’école-maison. Notre ministre de l’éducation entend combattre les écoles illégales et les lacunes possibles dans l’éducation des enfants à la maison.

Avant toute chose, nous tenons à préciser que l’ACPEQ, comme toutes les autres associations d’école-maison reconnues, a toujours œuvré dans la légalité. Nous avons même participé à la mise en place de la loi actuelle, édictée par le précédent gouvernement. Cette loi est toute neuve ; elle n’a même pas encore un an. Ses premiers résultats ne sont même pas encore connus !

Sur cette question, l’ACPEQ veut clarifier certains malentendus. Il a été dit ces derniers jours dans les médias que les parents n’avaient qu’un peu de français et de mathématiques à enseigner ; c’est inexact. Dès le départ, la loi exige des parents-éducateurs l’enseignement de six matières obligatoires. Pour les enfants âgés de 9 ans ou plus, l’obligation monte à sept matières prédéterminées par la loi. La loi demande aussi aux parents-éducateurs de signifier leur intention d’enseigner par un avis écrit au Ministre et à la commission scolaire, de s’enregistrer au Ministère, puis de soumettre un projet d’apprentissage complet pour chaque enfant. Les parents doivent collaborer avec les responsables du Ministère et apporter des modifications à leur projet si cela leur est demandé. Ensuite, il leur faut produire un bilan de mi-parcours, qui est aussi sujet à approbation. Puis, il leur faut participer à une rencontre de suivi, procéder à une évaluation annuelle pour chacun de leurs enfants et déposer un bilan de fin de parcours. Par ailleurs, en cas de doute, les responsables du Ministère ont le droit d’enquêter plus avant et de mettre en place d’autres interventions. Tout ceci est très éloigné d’un contexte de laisser-aller !

Il a été déjà question lors de l’élaboration de la loi, des examens du ministère. L’ACPEQ, les autres associations d’école-maison ainsi que des chercheurs ont exposé avec précision les limites de cet outil d’évaluation institutionnel dans le contexte de l’enseignement à la maison. L’examen ministériel standard ne sert pas à évaluer objectivement ce qu’un élève sait, ou ce qu’il peut accomplir. Cet outil est conçu en fonction d’un matériel et d’une méthodologie standards. En école-maison, plusieurs parents-éducateurs adaptent leur matériel aux besoins éducatifs de leurs enfants ; la pédagogie et les méthodes utilisées diffèrent souvent de celles observées dans un contexte de groupe. Imposer aux parents-éducateurs un examen conçu pour les écoles équivaut à leur imposer d’utiliser aussi du matériel conçu pour les écoles. Une des forces majeures de l’enseignement à la maison réside dans le choix de pédagogies souples, peu applicables en groupe, mais excellentes en solo. Notre demande d’une évaluation adaptée à notre réalité vise à assurer une juste appréciation des connaissances et compétences vraiment acquises par nos enfants.

Nous comprenons que notre ministre se préoccupe de l’éducation et de la protection des enfants. Nous lui demandons de prendre le temps du dialogue sincère, avec l’ACPEQ et avec toutes les associations qui représentent légitimement ses concitoyens et concitoyennes, les parents-éducateurs québécois, des parents dynamiques et investis pleinement pour le bien de leurs enfants. L’ACPEQ, association chrétienne des parents éducateurs du Québec, œuvre depuis plus de 20 ans auprès des familles — chrétiennes ou non — ayant choisi l’enseignement à la maison. Notre association représente actuellement plus de 400 familles et plus de 1 200 enfants ayant choisi cette voie éducative.

Nous espérons de ce dialogue l’émergence d’une solution permettant de valider l’éducation des enfants sans détruire pour cela la flexibilité et la souplesse éducative qui font l’intérêt de l’enseignement à la maison.

-30 —

Information : Patrice Boileau, Ing., MBA
Porte-parole ACPEQ
patboileau@acpeq.org
1-844-502-2737
COMMUNIQUÉ

Le monde a maintenant plus de grands-parents que de petits-enfants

Pour la première fois dans l’histoire, il y a plus de personnes âgées dans le monde que de jeunes enfants, selon les Nations Unies.

Selon un récent rapport de l’ONU, le nombre de personnes de plus de 65 ans dépassait celui des moins de 5 ans à la fin de 2018.

Il y a aujourd’hui environ 705 millions de personnes de plus de 65 ans sur la planète, tandis que les 0-4 ans sont environ 680 millions.

 Les tendances actuelles indiquent une disparité croissante entre les plus âgés et les plus jeunes d’ici 2050 — il y aura deux personnes de plus de 65 ans pour chaque enfant de 0 à 4 ans.

Cet écart grandissant symbolise une tendance que les démographes suivent depuis des décennies : dans la plupart des pays, nous vivons tous plus longtemps et nous ne faisons pas assez d’enfants.

« Il y aura très peu d’enfants et beaucoup de gens de plus de 65 ans, ce qui rend très difficile la survie de la société au niveau mondial », a déclaré à la BBC Christopher Murray, directeur de l’Institute for Health Metrics and Evaluation à l’Université de Washington.

L’universitaire est également l’auteur d’un article paru en 2018, dans lequel il suggère que près de la moitié des pays du monde est confronté à un « un effondrement de la natalité », ce qui signifie qu’il n’y a pas assez d’enfants pour maintenir une population suffisante.

Grands-parents et petits enfants


« Pensez à toutes les conséquences sociales et économiques profondes pour une société qui compte plus de grands-parents que de petits-enfants », ajoute-t-il.

En 1960, le taux de fécondité dans le monde était de près de cinq enfants par femme, selon la Banque mondiale ; aujourd’hui, il n’est plus que de 2,4.

En même temps, les progrès socio-économiques ont profité à ceux qui viennent au monde. En 1960, les gens vivaient en moyenne un peu plus de 52 ans ; l’espérance de vie actuelle atteint 72 ans en 2017.

Cela signifie que nous vivons tous plus longtemps et exigeons de plus en plus de ressources à mesure que nous vieillissons, ce qui accroît la pression dans des domaines comme les pensions de retraite et les systèmes de santé.

Le problème du vieillissement de la population est plus aigu dans les pays développés. Ils ont tendance à avoir des taux de natalité plus faibles pour un certain nombre de raisons principalement liées à la richesse — les taux de mortalité infantile sont plus faibles, la régulation des naissances est facilement accessible et élever des enfants peut être relativement coûteux.

Les plus de 65 ans représentent près du tiers de la population japonaise ; dans le même temps, les naissances ont diminué.


Dans ces pays, les femmes ont souvent des enfants plus tard dans la vie et ont donc moins d’enfants.

De meilleurs niveaux de vie signifient que les gens « vivent plus longtemps » dans ces pays. Au Japon, par exemple, l’espérance de vie est de 84 ans (le taux national le plus élevé du monde) et les plus de 65 ans représentaient un tiers de la population totale en 2018 — également le pourcentage le plus élevé au monde.


La part de la population japonaise des moins de 5 ans ? Environ 3,85 %, selon l’ONU.

Ce double défi préoccupe les autorités japonaises depuis des décennies et, l’année dernière, le gouvernement a annoncé un relèvement obligatoire de l’âge de la retraite de 65 à 70 ans.

Si cette mesure est mise en œuvre, les travailleurs de ce pays partiront à la retraite plus tard que partout ailleurs dans le monde.

Mais le déséquilibre démographique menace aussi les pays en développement. La Chine a une part beaucoup plus faible de plus de 65 ans (10,6 % de la population) que le Japon, mais grâce aux programmes stricts de planification des naissances mis en œuvre depuis les années 1970.

La deuxième économie mondiale a également un taux de fécondité relativement faible — 1,6 naissance par femme. En Chine continentale, les enfants de moins de 5 ans représentent aujourd’hui moins de 6 % de la population totale. Un nombre important de pays se situent en dessous du taux de remplacement de 2,1 enfants par femme.

Nombre d’enfants et qualité de vie

Les pays africains sont le meilleur exemple d’un dilemme quantité/qualité en termes de taux de natalité : ils dominent les classements mondiaux en termes de fécondité.

Le Niger, par exemple, est le « pays le plus fécond » du monde, avec 7,2 naissances par femme en 2017.

Cependant, ces mêmes pays ont un taux de mortalité infantile élevé — le Niger a un taux de 85 enfants pour 1 000 naissances, l’un des plus élevés au monde.

Taux de remplacement

Pour les démographes, 2,1 est le nombre magique. C’est le taux de fécondité qui est nécessaire pour que les populations se renouvellent.

Cependant, les données les plus récentes de l’ONU montrent que seulement un peu plus de la moitié des pays du monde procréent à ce rythme — 113.

Les chercheurs soulignent également que les pays où la mortalité infantile est plus élevée et l’espérance de vie plus courte ont besoin d’un taux de fécondité de 2,3, un seuil actuellement atteint par seulement 99 pays.

En novembre dernier, le Fonds monétaire international (FMI) a averti que l’économie japonaise pourrait se contracter de plus de 25 % au cours des 40 prochaines années en raison du vieillissement démographique.

« La démographie a un impact sur tous les aspects de notre vie — il suffit de regarder par la fenêtre les gens dans les rues, les maisons, la circulation, la consommation. Tout dépend de la démographie », a déclaré George Leeson, directeur de l’Oxford Institute of Population Ageing.

La technologie contribuera-t-elle à atténuer les effets économiques du vieillissement de la population ? L’avenir nous le dira.


Politique

Il existe cependant un consensus sur le fait que les gouvernements doivent agir pour désamorcer cette « bombe à retardement du vieillissement ». Et ils ont essayé de le faire.

La Chine a revu sa « politique de l’enfant unique » en 2015 et, en 2018, a annoncé la fin des restrictions à la naissance pour l’année prochaine. Selon un éditorial du journal public Le Quotidien du peuple, l’accouchement est une question aussi bien familiale que nationale.

L’assouplissement des restrictions n’a cependant pas été une panacée. La Chine a enregistré 15,2 millions de naissances en 2018, le chiffre le plus bas depuis plus de 60 ans.

Les universitaires chinois attribuent cette baisse au déclin de la population des femmes en âge de procréer et aux familles qui reportent leurs projets d’avoir des enfants pour des raisons financières, en particulier dans les familles dont les femmes plus instruites, hésitent à jouer le rôle traditionnel.

En raison de la diminution du nombre de naissances, de nombreux pays risquent de voir leur population diminuer considérablement.


mercredi 3 avril 2019

Bock-Côté chez les diversitaires : « Vous êtes pour la diversité, quand même ? »



« Vous êtes pour la diversité, quand même ? », demande une chroniqueuse à 4 min 20 s.

Mathieu Bock-Côté répond. Tout à coup, un des axiomes, un des articles de foi, des slogans, des mantras du correctivisme politique est remis en question par l’hérétique verbomoteur. Les fidèles restent bouche bée devant tant d’audace loquace.

Notons que contrairement à ce qu’affirme la jolie et jeune chroniqueuse et le présentateur (Yann Barthès), Zemmour n’est pas invité partout (à 9 min 20 s).

Voir de la part de la gauche radicale opposée à Zemmour  https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/tele-publique-zemmour-non-merci

Zemmour « censuré » à la télé publique ? De fait, le même tuyau nous a été glissé dans l’oreille par la maison Albin Michel, éditeur de Zemmour. Et vérification faite, pour cette nouvelle promo — et à la différence de ses publications précédentes, qui lui avaient valu des invitations sur les chaînes publiques —, le polémiste raciste n’a été invité dans aucune émission de la télévision publique.

Il est donc factuellement faux de prétendre qu’il est invité partout.


La fécondité israélienne (3,1 enfants/femme) contraste avec celle de l'Occident

D’après les prévisions de l’Institut Chorech, 20 millions de personnes vivront en Israël en 2065, ce qui fera alors d’Israël avec 922 habitants au kilomètre carré le pays avec la plus forte densité de population de tous les États membres de l’OCDE.

Par ailleurs, Israël a non seulement le taux de natalité le plus élevé de tous les pays industrialisés, mais il devance même d’un enfant le Mexique avec une moyenne de 3,1 enfants par famille. Rappelons que l’indice synthétique de fécondité du Québec est de 1,59 enfant/femme soit quasiment deux fois moins d’enfants par couple.

Selon les projections démographiques de l’ONU, à partir de 2030 la population des pays membres de l’Union européenne (Royaume-Uni compris) va commencer à décroitre et perdre près de 10 millions d’habitants à l’horizon 2050.

Moins d’actifs c’est la certitude d’une croissance potentielle plus faible même s’il y a des gains de productivité, même si le taux de participation au marché du travail des seniors augmente. C’est aussi, à coup sûr, des problèmes de financement des systèmes des retraites, de santé avec l’alourdissement du coût de la dépendance et l’alourdissement du déficit public, etc. Bref, c’est cheveux blancs, croissance molle et déficit !

Compétition démographique

Mais il y a un facteur aggravant en Europe : la poursuite par les pays membres de leur intérêt particulier dans un espace où pourtant devrait prévaloir l’intérêt commun. On connait déjà la concurrence fiscale et sociale, il faut désormais intégrer une troisième dimension, la concurrence démographique, bien comprise comme étant la capacité prédatrice d’un État à détourner les talents de ses plus proches voisins.

Ce n’est pas de la science-fiction, mais bien ce qui s’est déjà passé avec l’Allemagne. Après la grande récession, il y a eu outre-Rhin un véritable boum démographique lié à l’explosion de l’excédent migratoire sous l’impact de l’arrivée de jeunes issus des pays du Sud ou de l’Est de Europe alors en pleine crise, puis sur la fin des différentes vagues de réfugiés venus de pays en guerre, notamment de Syrie.

Depuis, l’Espagne a retrouvé la croissance et le retour des jeunes exilés de la crise économique est devenu un thème de campagne pour les partis politique.

Il y a donc bien compétition entre les pays avec le risque d’une divergence accrue entre les pays membres. C’est en Europe de l’Est que la situation est la plus critique. Toute chose égale par ailleurs, la Bulgarie est la plus menacée.

Avec 1,6 million de travailleurs en moins elle perdrait près de 36 % de sa force de travail. Parmi les principales économies de la région, la Pologne pourrait perdre près de 8 millions de travailleurs, soit près du tiers de sa force de travail et la Roumanie n’est pas très loin avec une perte de 30 % ni la République tchèque.

En d’autres termes, le départ de jeunes du cru, notamment diplômés, si elle est encouragée par une politique volontariste de l’un des États membres pour attirer les jeunes talents, pourrait être interprété comme une agression.

À l’Ouest, parmi les 5 principales puissances économiques c’est finalement en Espagne, suivie de l’Italie et de l’Allemagne où le problème se pose avec le plus d’acuité. La France et le Royaume-Uni étant en partie préservé.


Pétition en faveur de l'instruction à la maison menacée par le règlement Roberge

Je suis déçue. Je suis fâchée. Je suis consternée.

Pour tout vous dire, je suis indignée par ce dossier qui explose subitement et qui fragilise encore une fois nos vies, nos choix, notre éducation…

M. Jean-François Roberge — ministre de l’Éducation
M. François Legault — Premier ministre du Québec,

       SVP messieurs, je vous prie de faire VOS devoirs.

C’est urgent.

[Signer la pétition]

Mes principaux points à aborder :
1 Démystification : enseignement à la maison
2 Projet de règlement : imposer la passation des épreuves ministérielles
3 Campagne de désinformation : écoles religieuses illégales versus école à la maison
4 Bris de confidentialité de la part du gouvernement



1— Démystification : enseignement à la maison

Vos intentions sont bonnes, M. Roberge. J’en suis convaincue.

Et tout comme l’ensemble des parents-éducateurs qui offrent un apprentissage personnalisé à ses enfants, vous souhaitez certainement favoriser la réussite éducative et renforcer la qualité des apprentissages. Pour ce faire, vous envisagez des modifications au Règlement sur l’enseignement à la maison.

C’est ici que je me proNONce.

En apprenant le dépôt d’un nouveau cadre réglementaire, j’ai fait mes devoirs. En explorant le contenu de cette modification au règlement, j’ai ressenti l’urgent besoin de vous parler. De contribuer à faire mûrir vos réflexions. De vous permettre de faire des choix logiques et soutenus par des faits. Et également, de rétablir une saine information auprès la population générale.

Pour toutes ces raisons, M. Roberge, je vais oser ouvrir nos portes. Ouvrir nos portes sur une partie de notre vie privée, de notre réalité.

Je suis mère de trois enfants. Merveilleux. Uniques. Adorables.

Exigeants aussi. L’un de mes enfants, M. Roberge, a une liste plutôt longue de défis particuliers et de diagnostics émis par des professionnels de la santé et de l’éducation. Allons-y avec quelques-uns seulement. Simplement pour vous donner une petite idée de notre réalité. De SA réalité. De ses défis et de ses obstacles. De son combat, à tous les jours. 24/7.

TDAH sévère avec impulsivité/rigidité cognitive/trouble sévère de l’opposition/anxiété/dyslexie/dysorthographie/atteinte sévère de la mémoire à court terme, troubles des fonctions exécutives…
Et j’en passe. Pour ne pas vous décourager de me lire.

Pour avoir vous-même travaillé 17 ans dans les écoles primaires M. Roberge, je sais que vous comprendrez l’histoire qui suit...

Ce bel enfant, compliqué certes, mais d’une beauté intérieure sans pareil, était assis sur vos bancs d’école jusqu’à l’an dernier.

École primaire et commission scolaire avec qui j’ai toujours collaboré, été présente, impliquée, compréhensive et en mode solutions. Milieu scolaire à qui j’ai demandé des services, des évaluations, de l’aide, du soutien et ce, dès son entrée à l’école parce que les besoins étaient au rendez-vous. J’ai participé aux rencontres, entretenu des liens respectueux avec les divers professionnels, j’ai demandé des suivis. J’ai redemandé des services.

J’ai attendu, j’ai écouté, j’ai demandé, j’ai participé, j’ai patienté. J’ai redemandé, j’ai écrit, j’ai appelé, j’ai recommencé. J’ai demandé plus fort parce que pendant ce temps, M. Roberge, mon enfant, lui, est en SOUFFRANCE. Que dis-je, M. Roberge, je me reprends : sa famille au complet est en souffrance...!

En souffrance parce que les crises démesurées, fréquentes et douloureuses, le débordement de son anxiété, les impacts de son imposante dépréciation de lui-même, de son sentiment gros comme le ciel d’être dont bien différent des autres et d’être si peu intelligent, faisaient partie prenante de sa réalité quotidienne.

Se frapper la tête en se disant que son cerveau est plus pourri que tous les autres…

C’était chaque jour, M. Roberge, que nous vivions cette réalité dramatique, troublante et inacceptable. C’était chaque jour et notamment durant la période des leçons. Mais à tout moment également.

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mardi 2 avril 2019

Vive le latin ! [Rediff]

De Christian Rioux du Devoir (on notera son appréciation des nouveaux cours d'ECR et d'histoire sur lesquels nous partageons son avis). 


Le 11 février dernier [2013] vers midi, l’agence de nouvelles italienne ANSA a été la première à annoncer la démission du pape Benoît XVI. Pourtant, l’agence n’avait accès à aucune source privilégiée. Son arme secrète était une simple journaliste, Giovanna Chirri, qui assistait avec une poignée de collègues à un consistoire réunissant des cardinaux. Contrairement à ses confrères, Giovanna Chirri a immédiatement compris ce qui se passait lorsque le pape annonça en latin qu’il n’était plus apte à exercer ses fonctions. La nouvelle a aussitôt fait le tour du monde et les collègues de Giovanna en furent quittes pour aller réviser leurs déclinaisons.

Nul doute qu’aucun journaliste québécois, y compris votre humble serviteur, n’aurait pu saisir ce scoop au vol. Du moins si l’on se fie à l’état de l’enseignement du latin chez nous, où aucun établissement d’enseignement public secondaire ne l’offre. Après avoir mariné si longtemps dans l’eau bénite, voilà que nous avons oublié jusqu’à l’existence de cette langue qui est au français ce que les mathématiques sont à la physique. À l’exception des écoles privées qui appliquent le programme français, le seul établissement québécois où l’on récite encore rosa, rosam, rosae est le collège Brébeuf. Et l’on nous parlera ensuite de la « démocratisation » du savoir !

Dans notre édition de samedi, un groupe de professeurs de l’Université Laval plaidait pour le retour d’un enseignement des langues anciennes au secondaire. En ces temps d’utilitarisme galopant, ils risquent de passer pour de doux hurluberlus. Et pourtant. Ailleurs dans le monde, notamment en Allemagne et en Italie, le latin a encore droit de cité. Toutes les écoles secondaires de la France, même dans les banlieues les plus reculées, proposent une option latin offerte à tous. En France, 18 % des élèves du secondaire suivent au moins un cours de latin. Plus important encore, les professeurs de français du secondaire, diplômés de lettres classiques, peuvent généralement enseigner le latin et le grec. Comprenez qu’ils ont étudié autre chose que la « communication » et les nouvelles théories pédagogiques à la mode.

***

Comme le soulignent nos rêveurs de l’Université Laval, l’enseignement du latin aurait plusieurs vertus, surtout dans un pays où les programmes de français ont si radicalement expulsé la littérature. La première consisterait à renouer avec les racines gréco-latines de notre civilisation. À lire les programmes actuels d’histoire ainsi que d’éthique et de culture religieuse, on a l’impression que les Amérindiens et l’animisme ont eu plus d’influence sur la culture québécoise que la grande tradition gréco-latine. Ce qui est risible. À feuilleter certains manuels, on croirait même qu’un nouveau clergé, guère plus éclairé que l’ancien, a mis les humanités à l’index au profit de la pensée cool et jetable.

L’autre grande qualité de l’enseignement des langues mortes, c’est de forcer les élèves à l’un des exercices les plus formateurs qui soit : la traduction. Depuis que l’enseignement des langues vivantes est axé sur l’oral, la traduction est pratiquement disparue des écoles. Or, il n’y a rien de plus formateur que de s’interroger, pour traduire la pensée d’un auteur, sur le sens exact d’un mot, son étymologie et sa place dans la phrase. Cette discipline est le fondement même de tout travail sur la langue et, par voie de conséquence, sur les idées. À plus forte raison dans un pays où tant de nos élites parlent deux langues secondes.

Quel Québécois n’est pas admiratif devant la langue ni relâchée ni ampoulée du plus grand de nos chantres populaires, Gilles Vigneault ? Or, qu’on me pardonne l’expression, l’auteur des Gens de mon pays n’est pas sorti de la cuisse de Jupiter. Il a d’abord été professeur de latin et fait toujours des versions latines pour garder la forme.

Dans les années 60, une certaine gauche antiélitiste s’est déchaînée contre l’étude du latin et du grec que le philosophe [sic] Pierre Bourdieu, dans sa haine des « héritiers », qualifiait de « gaspillage ostentatoire ». Il y a longtemps que cette gauche s’est alliée aux néolibéraux pour continuer à dépouiller l’école de la culture humaniste. Les premiers en avaient contre les élites et croyaient servir la cause du peuple en le privant de culture générale. Les seconds rêvaient d’employés compétents et adaptables à l’infini, donc pas trop cultivés. Ce mariage a produit la catastrophe que nous connaissons.

Il ne s’agit pas de redonner au latin la place prépondérante qu’il a eue. Mais, « sans le latin, c’est tout bonnement le « roman familial » du français qui devient illisible », écrivent Hubert Aupetit et Cécilia Suzzoni dans Sans le latin (éd. Mille et une nuits). Ils rappellent aussi que le latin est « le sésame d’un apprentissage ambitieux du français ». Pressés de passer à la « modernité », dans les années 60, nous avons bazardé le latin en même temps que nos « p’tits chars ». Nous voilà, 50 ans plus tard, à rêver d’un tramway pour Montréal. Si la coupe à blanc n’est plus acceptable dans nos forêts, pourquoi le serait-elle à l’école ?

L’école à la maison du professeur idéaliste

À Jean-François Roberge, Ministre québécois de l’Éducation,

Nous faisons l’école à la maison avec nos trois enfants depuis maintenant plus de trois ans. Comme nous sommes un couple binational, nous utilisons des ressources pédagogiques du Canada anglais, du Québec et d’Allemagne. Nous sommes donc en désaccord avec votre projet d’amendement aux règlements concernant l’école à la maison qui nous forcerait à suivre le curriculum québécois.

Après avoir lu votre livre « Et si on réinventait l’école », je ne comprends vraiment pas pourquoi vous vous attaquez à l’école à la maison.

Dans ce livre, vous dressez un portrait catastrophique de l’école publique québécoise. Nous avons aussi l’impression que bien des priorités passent avant celle de « l’élève, un être anonyme trop souvent laissé pour compte dans le dédale des règles et des normes. » À la suite de cette constatation, vous avez entrepris des démarches en politique et nous avons décidé de faire l’école à la maison.

Tout comme vous, nous pensons que la culture générale est négligée à l’école publique et que le vrai apprentissage se passe durant les activités parascolaires. Lorsque vous réinventez l’école, vous décrivez assez bien les motivations et objectifs des parents qui font l’école à la maison.

Le diagnostic de M. Roberge candidat... Ministre, il veut désormais que les parents imitent cette école qui diplôme des « analphabètes » ?


Vous proposez plus de liberté aux directions d’école pour qu’elles développent des projets qui correspondent aux besoins de leurs écoles. Nous demandons plus de liberté pour qu’on puisse suivre les programmes qui correspondent aux besoins de nos enfants.

Vous dénoncez du même souffle la dérive bureaucratique des commissions scolaires. Je vous écris pour limiter le fardeau bureaucratique que vous voulez imposer aux parents qui font l’école à la maison.

J’aimerais donc que le ministre un peu borné laisse la place au professeur idéaliste qui a écrit ce livre. J’ai l’impression qu’on s’entendrait mieux avec lui.

Vincent Chandler,

Professeur,

Université du Québec en Outaouais

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Des parents qui font l’école à la maison veulent échapper aux nouvelles règles que veut leur imposer le gouvernement Legault.

Mardi, l’Association juridique canadienne pour l’école-maison (HSLDA) a appelé le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, à assouplir ou retirer son projet de règlement. Plusieurs membres ont d’ailleurs entrepris dans les derniers jours de sensibiliser les députés de l’Assemblée nationale à leur cause.

La semaine dernière, M. Roberge a présenté un projet de règlement pour obliger l’enseignement d’un contenu minimal en langues, mathématique, sciences et univers social, ainsi que la passation d’examens ministériels.

Il exige aussi que les quelque 5000 petits Québécois scolarisés à la maison se présentent à des rencontres dans le but de permettre un meilleur suivi et un dépistage plus efficace des difficultés d’apprentissage.

Le ministre veut ainsi empêcher l’utilisation de l’école à la maison comme « astuce » pour se soustraire à la Loi sur l’instruction publique.

Il a donné l’exemple de parents qui prétendent faire l’école à la maison mais qui, en réalité, envoient leurs enfants dans une école religieuse, où ils ne suivent pas le programme de formation de l’école québécoise. « C’est inacceptable », avait-il déclaré en point de presse. La logique du ministre-instituteur Roberge n’est pas pas infaillible : le fait qu’ils apprennent le Talmud et l’hébreu le matin dans une yéchiva n’implique en rien qu’ils n’apprennent rien l’après-midi à la maison... En passant, il existe des programme de formation que des parents peuvent considérer comme meilleurs que celui du Québec (voir le bac français ou le bac international) ou mieux adapter à leurs enfants, notamment les surdoués ou ceux au contraire avec des difficultés d’apprentissage. L’ancien instituteur Roberge ne semble voir les choses qu’à travers l’école qu’il connaît et uniquement elle et le programme d'étude québécois.

Le ministre Roberge (à droite) jette un regard vers un parent québécois qui le supplie. La réponse est NON !


Ce qui est inacceptable, répond Manon Fortin, une porte-parole de HSLDA, c’est que le ministre place tous les parents qui font l’école à la maison dans le même « étau ». Elle déplore également que les trois principales associations représentant les parents qui font l’école à domicile n’aient jamais été consultées.

« En voulant imposer des évaluations, on va imposer par le fait-même un curriculum, parce que si on veut se préparer à des examens, on devient restreints et on rentre dans un cadre qui brise la beauté de l’école-maison », a-t-elle déploré lors d’un entretien téléphonique avec La Presse canadienne, mardi.

« La raison pour laquelle les parents font l’école-maison, ce n’est pas pour suivre ce qui se fait à l’école à la lettre. [...] Il y a des parents qui veulent voyager, qui ont des enfants avec des particularités », a-t-elle illustré.

« Je me sens comme si on me force à niveler par le bas, au nom de l’uniformité québécoise, a pour sa part déclaré Mélanie Camirand, une mère-éducatrice, dans un courriel envoyé à La Presse canadienne. Je crois que le ministre Roberge cherche à se faire du capital politique en s’inventant des faux problèmes. »

« Nous savions que la CAQ était comme une épée au-dessus de notre tête. Je vais être contrainte de faire une année sous le régime Roberge, mais à l’été 2020, nous aurons quitté le Québec », a-t-elle pesté.

Par ailleurs, Jean-François Roberge a tort d’affirmer que les règles actuelles sont « largement insuffisantes », selon elles.

Présentement, le projet d’apprentissage de l’enfant scolarisé à la maison doit comporter des activités « variées et stimulantes », dont l’apprentissage de la langue française, d’une autre langue et de la mathématique, ainsi que d’au moins une matière appartenant à chacun des domaines d’apprentissage suivants :

– mathématique, science et technologie ;

– arts ;

– développement de la personne ;

– univers social, dans le cas où l’enfant a atteint l’âge de 9 ans à la date du début de la mise en œuvre du projet d’apprentissage.

Les examens du ministère sont actuellement optionnels. En revanche, les parents doivent fournir au ministère des plans d’apprentissage et des évaluations de leurs enfants.


« Il y a beaucoup de choses qui sont demandées, a insisté Mme Fortin en entrevue. Le parent avise, envoie son projet d’apprentissage, la Direction de l’enseignement à la maison (DEM) le regarde, ensuite le parent envoie un bilan mi-parcours, il y a une rencontre de suivi qui se fait, [...] ensuite un bilan de fin d’année et il y a des évaluations qui sont faites par le parent tout au long de l’année. »

Elle craint que les propos du ministre Roberge ne viennent ternir la réputation de l’école-maison, alors que « les tabous commençaient à tomber », et que les gens se mettent à dire : « “C’est du n’importe quoi. Ses enfants ne sauront rien. ” »


Son association compte bien se faire entendre. Une période de 45 jours est actuellement en cours, durant laquelle toute personne intéressée peut transmettre son avis au ministre sur les modifications proposées. Cette période se termine le 10 mai prochain.

« Le ministre s’est déjà engagé à tenir compte des avis reçus dans l’édiction du règlement. [...] Je ne crois pas qu’un retrait pur et simple du règlement soit une option », a indiqué l’attaché de presse du ministre Roberge, Francis Bouchard.

La porte-parole du Parti libéral du Québec en matière d’éducation, Marwah Rizqy, exige quant à elle la tenue de consultations publiques en commission parlementaire. « Le ministre est très loin de la réalité des gens », a-t-elle martelé, mardi.

Source : Presse canadienne