mercredi 5 septembre 2007

L’obligation de scolarisation par l’État est-elle toujours bénéfique?


Extrait du livre Dumbing us Down (« Nous abrutir ») de John Taylor Gatto, professeur de l’année de l’État de New York (1991) :
« Notre système d’éducation obligatoire, invention de l’État de Massachusetts, date des années 1850. Il fut combattu – parfois les armes à la main – par près de 80 % de la population du Massachusetts, le dernier réduit de Barnstable au cap Cod ne rendit ses enfants que dans les années 1880 quand la milice occupa la région et les enfants furent conduits sous garde armée à l’école.

Considérons maintenant ce fait curieux : le bureau du Sénateur Ted Kennedy a récemment publié un communiqué indiquant que le taux d’alphabétisme au Massachusetts avant l’imposition de l’éducation obligatoire était proche de 98 % et que, par la suite, ce chiffre n’a jamais excédé récemment 91 %, niveau où il se stagne en 1990. » (p. 22 de l'édition de 2005, publiée chez New Society Publishers)
Gatto souligne également l'existence d'un lectorat important avide de lire en l'absence de toute scolarisation publique obligatoire :
« Le livre de Thomas Paine Le Sens commun (1776) se vendit à 600 000 exemplaires sur une population [totale des États-Unis] de 3 000 000 dont 20 % étaient des esclaves et 50 % des serviteurs sous contrat. Les colons américains étaient-ils des génies ? Non, la vérité est qu’apprendre à lire, écrire et compter peut se faire en aussi peu qu’une centaine d’heures pour autant que l’élève soit enthousiaste et avide d’apprendre. Le truc, c’est d’attendre que quelqu’un demande et d’alors foncer pendant que l’élève est enthousiaste. » (p. 12, édition 2005)
Ces chiffres sont corroborés par plusieurs témoignages cités dans Public Schools, Public Menace de Joe Turtel :
« En 1765, John Adams écrivait qu’« un Américain de naissance, plus particulièrement en Nouvelle-Angleterre, qui ne sait ni lire ni écrire est un phénomène aussi rare qu’une comète. » Jacob Duché, aumônier du Congrès en 1772, disait de ses compatriotes : « Presque tous savent lire. » Daniel Webster confirma que l’instruction en famille avait eu comme résultat l’alphabétisation quasi complète de la population quand il déclara « un adolescent de quinze ans, quel que soit son sexe, qui ne sait ni lire ni écrire, est très difficile à trouver. » Au début des années 1800, l’entrepreneur et économiste français Pierre Samuel du Pont de Nemours [...] vint en Amérique et se pencha sur l’éducation ici. Il découvrit que la plupart des jeunes Américains savaient lire, écrire et compter et que les Américains de tout âge pouvaient lire la Bible et le faisaient. Il évaluait que moins de 4 Américains sur 1000 ne savaient pas écrire de manière claire et lisible. »

mardi 4 septembre 2007

Le monopole, c’est tellement mieux!

C’est toujours avec intérêt que nous lisons dans Le Journal de Montréal les articles provocateurs portant dans leur version papier des surtitres comme « Croyances » (pas religion, ni foi, mais « croyances »). D'emblée quelques extraits de cet article exemplaire qui s'intitule en toute objectivité « En Ontario, on enseigne n'importe quoi » :
Alors que c'est tolérance zéro pour les écoles illégales au Québec, les communautés religieuses en Ontario peuvent enseigner n'importe quoi à leurs enfants sans avoir à rendre de comptes.
Rappelons que ces écoles ne sont illégales au Québec que par le fait de règles restrictives uniques au Québec et par le monopole que s’arroge le Ministère de l'Éducation (MELS) du Québec et non à cause d'activités illicites ou criminelles qui se produiraient dans ces écoles. En matière d’activités illicites (« taxages », drogues fumées dans l'enceinte des écoles, etc.) le réseau public du Québec serait d’ailleurs mal placé pour faire la leçon.
Une communauté mennonite établie à Roxton Falls, en Montérégie, a d'ailleurs temporairement déménagé en Ontario, après s'être fait fermer son école par le ministère québécois de l'Éducation.
Les 11 élèves y recevaient un enseignement particulier basé sur les croyances du groupe religieux
En réalité, cet enseignement est bien connu et utilisé ailleurs au Canada, même dans les provinces comme le Manitoba où il y a bien inspection de ces écoles.
et dispensé par les membres de la communauté.
Pour autant que leur école n'est pas financée par l'État et qu'ils n'offrent pas le diplôme ontarien, les membres du groupe religieux ne risquent plus d'être importunés en Ontario.
Le journaliste du Journal de Montréal semble regretter cette liberté et le fait que l'État « n'importune pas » les parents en Ontario.
«Ils peuvent enseigner ce qu'ils veulent. Ce sont des entreprises privées. Les professeurs n'ont pas à être autorisés par le ministère, comme c'est le cas dans le réseau public», indique Michelle Despault, attachée de presse de la ministre ontarienne de l'Éducation, Kathleen Wynne.
Secteur privé non subventionné en pleine croissance en Ontario cf. Qui choisit l'école privée en Ontario ?
En attendant de convaincre le ministère de l'Éducation de revoir sa décision, les mennonites établis près de Granby ont été accueillis par des communautés soeurs dans les Cantons-de-l'Ouest, en Ontario, à environ 150 km de Montréal. »
Le journaliste est mal renseigné, il ne s'agit que d'une seule communauté sœur.
Endoctrinement des jeunes
Notez l'absence de guillemets ou de point d'interrogation dans ce sous-titre. Subtil glissement du « n’importe quoi » dans le titre à l’« endoctrinement » du sous-titre ! Finaud plumitif !
Contrairement au Québec, aucune législation [sic : n’] oblige en Ontario les jeunes à suivre le programme du ministère.
« C'est malheureux, on ne sait pas ce qui est enseigné dans ces écoles. C’est parfois de l'endoctrinement », explique Gilles Arpin, vice-président du Conseil scolaire de district du centre-sud-ouest.
Sagace amalgame. Est-ce que le folliculaire veut nous faire entendre que les mennonites endoctrinent leurs enfants ? Que toutes les écoles religieuses endoctrinent ?
Membre d'une organisation de promotion de la laïcité dans les écoles de l'Ontario,
Voilà un interlocuteur impartial en la matière ! Promoteur de la laïcité même dans les écoles privées non subventionnées ? Pour l’interdiction des écoles religieuses privées donc ?
ce dernier affirme qu'environ 53 000 jeunes fréquentent en Ontario des écoles religieuses qui échappent au contrôle du ministère.
En quoi cette liberté par rapport à l’État gêne-t-elle cet activiste ? L'argent public n'y est pas dépensé ! Pas même les impôts que paient diligemment ces parents qui envoient leurs enfants à des écoles privées non subventionnées... Les enfants qui en sortent sont-ils analphabètes, ignares ? Mal intégrés dans leur environnement ? Non, trois fois non. D'ailleurs, les enfants mennonites de Roxton Falls réfugiés en Ontario passeront les examens intitulés Canadian Tests of Basic Skills (CTBS) et leurs aînés qui les ont déjà passés y ont, semble-t-il, de bons résultats. Le journaliste a-t-il même demandé à quelqu’un si ces élèves, pourtant l'objet de son article, passaient des examens ? Si oui, pourquoi n’en parle-t-il pas ? Parce qu’il fallait faire passer les jeunes mennonites pour des enfants incultes à qui « on apprend n'importe quoi » et qui sont « endoctrinés » par une secte ? Il fallait donc faire simple et dans la caricature.

En réalité, ces enfants mennonites conservateurs ne connaissent quasiment pas de décrochage, ni d’usage de drogue ou de violence. Comparez aux grands succès des écoles du Monopole : 40 % de garçons décrocheurs à Montréal et 40 % des adolescents qui utilisent du cannabis parfois même en classe. Les parents mennonites sont impliqués dans l’administration de leur école – souvent un gage de succès – et comme les autres parents d’écoles privées payantes en Ontario ils apprécient que l’école forme aussi correctement le caractère (voir l’étude de l’institut Fraser) de leurs enfants qui sont connus pour leur serviabilité, leur politesse et leur non-violence. Ah, mais les institutrices mennonites ont-elles fait leur long quota de psychopédagogie prescrit par Québec, je vous le demande !? Voilà ce qui est important ! Comme si un diplôme garantissait l'enthousiasme, la patience et le sens de la pédagogie !

L'auteur de ce médiocre article ne comprend pas que la qualité naît de la concurrence et que l’école n'a pas besoin d'encore plus de surveillance, plus de syndicats, plus de restrictions, plus d'interventions, mais qu'il faut au contraire une désétatisation : la séparation de l’école et de l’État. Qu’on lui laisse faire enfin l’expérience de la liberté !

Tiens, au fait, comment se fait-il que cet entrefilet ne mentionne personne pour défendre ces écoles de plus en plus populaires en Ontario ? Équitable et impartial : deux concepts absents chez cet articlier apôtre du monopole laïque.

Québec : 40 % des élèves du secondaire se droguent

Les statistiques sont éloquentes : les élèves des écoles secondaires du Québec fument de plus en plus de cannabis. En 1991, 11 % des adolescents disaient avoir déjà essayé le cannabis au cours de l'année. Cette proportion est passée à 25 % en 1996, à 34 % en 2002 pour finalement s'approcher du 40 % en 2004, un bond de près de 300 % en 13 ans. Ce n'est pas le hasard qui a mené la police de Gatineau à effectuer trois descentes près des écoles secondaires en l'espace de deux semaines, récemment.

La police et les établissements scolaires veulent lancer un message clair aux jeunes : la drogue et les études ne font pas bon ménage. Le dernier sondage de la Direction de la santé publique de l’Outaouais indique que 36 % des adeptes du cannabis consomment avant de se rendre à l'école ou même pendant la journée de classe.

« Quand un élève est rendu à consommer à l'école, c'est qu'il y a un véritable problème. Ça arrive que l'on doive aller chercher des élèves en salle de classe parce qu'ils ont les yeux vitreux », souligne Claude Beaulieu, directeur à la polyvalente Nicolas-Gatineau.

« Nous avons un noyau de 10 % à 15 % de fumeurs de cigarettes irréductibles. Généralement, ce sont les mêmes qui ont des problèmes de consommation de marijuana. Nous prenons tous les moyens possibles pour les inciter à arrêter de fumer. C'est pourquoi nous avons un programme de 12 semaines en collaboration avec le pavillon Jellinek pour les suivre convenablement. Présentement, nous avons une quinzaine d'étudiants qui font partie de ce projet », ajoute M. Beaulieu.

Le niveau de THC introduit dans le cannabis est passé d'environ 2 % il y a 20 ans à 20 % de nos jours.

40 % des jeunes de 11 à 15 ans en consomment !

Les résultats d'une étude rendue publique en 2004 par l'Agence de santé publique du Canada soutiennent que si les jeunes Canadiens de 11 à 15 ans sont moins nombreux à fumer la cigarette, un plus grand nombre consomme du cannabis (marijuana).

Menée en 2002 par des universitaires ontariens, l'étude démontre que les adolescents canadiens comptent parmi les plus grands consommateurs de marijuana au monde.

En se basant sur les réponses des quelque 7 000 élèves de 11 à 15 ans qui ont participé à l'étude, la proportion ce ceux-ci à avoir fumé du cannabis pendant l'année précédente était de 40 %, soit 37 % chez les filles et 43 % chez les garçons. Parmi les 35 pays où des études semblables ont été menées, le Canada arrive bon premier, suivi de la Suisse, avec 37 %.

La proportion de Canadiens qui admettent consommer du cannabis a presque doublé en 13 ans et le taux le plus élevé s'observe chez les adolescents, selon une nouvelle étude fondée sur les données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes.

Télécharger le fichier de l'étude

Rappel : 40% des garçons à Montréal quittent l'école sans diplôme

Le gouvernement du Québec s'est fixé l'objectif de voir 80 % des jeunes Québécois obtenir leur diplôme d'études secondaires d'ici 2010. Espérons que cela ne sera fera pas au détriment de la qualité. On est cependant encore loin du compte, si l'on se fie à de nouvelles statistiques du Carrefour de lutte au décrochage scolaire.

Les chiffres concernant l'ensemble des écoles publiques de l'île de Montréal montrent en effet que 40 % des garçons et 28,4 % des filles quittent l'école sans diplôme, 7 ans après leur entrée au secondaire.

La situation est encore pire dans les milieux les plus défavorisés, soit les quartiers Saint-Michel, Montréal-Nord, Hochelaga-Maisonneuve, Petite-Bourgogne et Saint-Laurent-Ouest. Les taux de jeunes décrocheurs sans diplôme passent à 60 % pour les garçons et 50 % pour les filles dans ces secteurs.

lundi 3 septembre 2007

Le Québec, un modèle d'intolérance

Article intéressant du Journal de Montréal du 3 septembre 2007 sur les libertés scolaire et religieuse (ou plutôt sur le manque de libertés) au Québec :
« Mécontents du fait que Québec refuse d'accommoder une communauté mennonite qui souhaite gérer une école où l'on enseigne que la femme ne peut s'épanouir en dehors du mariage et de la maternité, des activistes religieux estiment que la société québécoise est un modèle d'intolérance.

[Incidemment ceci n'est pas tout à fait exact, les mennonites s'opposent à la vision moderne colportée par les programmes scolaires officiels qui laissent fortement entendre que la femme doit s'épanouir en dehors du foyer et ne peut s'accomplir que par une carrière autonome en renonçant parfois à la maternité. Ce n'est pas la même chose que de dire que les mennonites préconisent que toutes les femmes doivent être mères, car certaines femmes mennonites ne sont pas mariées et elles sont pourtant des membres à part entière de leurs communautés.]

Répressive, arrogante, fermée, intolérante sont quelques-uns des qualificatifs qui désignent désormais la société québécoise sur plusieurs sites d'information américains.

Le Québec a même figuré la semaine dernière dans le palmarès des libertés religieuses menacées du Becket Fund for religious liberty, une organisation proche des Nations unies.

Fermée car non conforme

En novembre 2006, le ministère de l'Éducation, après inspection, a décidé de fermer l'école fondée par la communauté mennonite de Roxton Falls, à une centaine de kilomètres de Montréal, car elle n'était pas conforme aux exigences du ministère. [conformité qui n'a rien à voir avec la qualité de ce type d'école acceptée ailleurs au Canada]

Les 11 élèves de l'école, âgés de 6 à 13 ans, recevaient en effet un enseignement particulier basé sur les croyances mennonites et donné par des membres de la communauté.

Les mennonites estiment en effet que le programme officiel ne correspond pas à leur vision du monde et qu'il entre en conflit avec leurs croyances religieuses.

Par exemple, ils trouvent que les romans imposés valorisent des comportements immoraux, que l'avortement semble une chose normale, ils condamnent la valorisation de l'érotisme dans l'art et ils réprouvent la théorie de Darwin.

Solidarité religieuse

La nouvelle a trouvé écho dans les autres groupes religieux et la grogne s'est installée.

L'avocat de l'Alliance évangéliste du Canada, Donald Hutchinson, a même envoyé une lettre à la ministre Courchesne pour lui demander de respecter les convictions des mennonites et d'attendre que la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables soit terminée.

Devant le refus du ministère, les familles concernées, cinq sur une quinzaine que compte la communauté, menacent de quitter le Québec pour l'Ontario [ou le Nouveau-Brunswick], où le gouvernement est plus conciliant.

Actuellement, tous les élèves qui devaient faire leur rentrée dans la petite école sont désormais en Ontario.

« Les familles ont déjà loué des appartements, mais ils n'ont pas mis leur ferme en vente, nous apprend Tina Andreis , mennonite et mère de 4 enfants. Ils ne veulent pas partir, mais s'il n'y a aucun moyen de s'entendre, ils vont quitter. »

C'est l'impasse

Le ministère de l'Éducation ne cédera pas. Les mennonites non plus.

Une rencontre entre les représentants de la communauté mennonite et les fonctionnaires du ministère de l'Éducation a eu lieu samedi, mais elle n'a pas permis de régler le conflit. Selon Keith Wedel, mennonite présent à la rencontre, la situation n'a pas changé.

« Le ministère ne peut pas accepter une école qui ne répond pas aux normes, dit Jean-Parcal Bernier, attaché de presse de la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne. Tant que les éléments de base ne seront pas appliqués, le ministère ne cédera pas. »

Laisser les parents décider

La situation énerve Patrick Andreis, un non-mennonite marié à une mennonite et très impliqué dans les revendications de la communauté de sa ville. « Chaque fois que le ministère dit qu'il dialogue, il répète la même chose, dit-il. Mon avis est que le gouvernement a un monopole sur l'éducation et qu'il s'occupe de choses qui ne sont pas de son ressort. » Selon lui, le ministère devrait laisser les parents décider de l'enseignement qu'ils veulent donner à leurs enfants sans imposer un programme qui peut choquer leurs croyances.

Une seconde rencontre entre le ministère et la communauté devrait avoir lieu cette semaine. »
On remarquera avec intérêt la manière dont le ministère de l'Éducation envisage le « dialogue » et « l’accompagnement » : le ministère ne cédera pas tant qu'on aura pas fait ce qu'il demande (en termes orwelliens : « Tant que les éléments de base ne seront pas appliqués »).

Le Québec est laïque, la liberté individuelle y est la valeur absolue

En exergue, dans le numéro du 15 septembre 2007 de l’Actualité, à la page 40, le traducteur Éric Poirier déclare en gros caractères (22 points typographiques):
« Ceux qui dominent dans notre société sont laïques. Et, au Québec, la liberté individuelle est absolue. »
M. Poirier, qui regrette par ailleurs l’emprise grandissante de l’anglais au Québec, justifiait ainsi sa confiance dans l’avenir « laïque » du Québec, il ne craint pas les « intégristes [qui] mènent un combat d’arrière-garde. »

Cette déclaration semble assez représentative d’une frange de la population québécoise qui s’exprime souvent dans les médias. Si on peut bien comprendre ce qu’est une institution laïque (elle ne favorise aucune religion, elle incarne la séparation de l’État et de la religion d’ailleurs préconisée par le Christ), qu’est-ce qu’une personne laïque ? Une personne qui ne favorise aucune religion ? Un athée ou un agnostique pour être clair ? Pourquoi cet euphémisme de « laïque »  qui paraît neutre et bienveillant en première analyse ?

Il est vrai que la société québécoise est dominée par ces areligieux (sans qu’ils ne représentent nécessairement la population), mais il y a un pas à conclure ensuite, comme s’il s’agissait d’une conséquence logique, que la liberté individuelle est absolue au Québec. C’est bien évidemment faux puisque les libertés religieuses ne sont pas respectées comme l’exemple des mennonites de Roxton Falls l’a montré à l’envi, ce qui a d’ailleurs mérité au Québec une place au palmarès des libertés religieuses menacées (International Religious Freedom News).

Enfin, ces « laïques » se sont-ils jamais demandé si leurs valeurs hédonistes et progressistes ne sont pas responsables du manque de conscience linguistique de la part de nombreux francophones  que certains « laïques », comme M. Poirier, regrettent amèrement ? Car, enfin, le matérialisme ambiant s’accorde bien avec l’anglais qui rapporte plus en Amérique du Nord que le français. De même l’hédonisme des « laïques » n’explique-t-il pas en partie la dénatalité québécoise (la maternité enchaîne pour eux les femmes au foyer) qui mine la force du français au Québec ? Rappelons que les Américains blancs non hispaniques, « intégristes » et « laïques » confondus, ont nettement plus d’enfants (1,84 enfant/femme en 2004 et 2005) que les Québécois, toute ethnie confondue, qui n’ont que 1,5 enfant/femme en 2004 y compris les Amérindiennes et les immigrantes plus fécondes que les Québécoises de naissance. Pire, les États américains les plus conservateurs et les plus religieux ont encore plus d’enfants que les États démocrates ! Et tout cela sans politique familiale ni garderies ruineuses dont l'incidence sur la natalité est minime si tant est qu'elle soit même observable. Les areligieux québécois devraient vraiment se poser la question de savoir si leurs « valeurs laïques » ne conduisent pas au lent déclin de la spécificité de la société québécoise en Amérique du Nord : sa langue et non son progressisme commun à une bonne partie des villes anglophones du Nord-est du continent. Incidemment, la Nouvelle-Angleterre progressiste voisine du Québec a également un des taux de fécondité les plus bas des États-Unis (1,5 enfant/femme), tiens comme le Québec!

dimanche 2 septembre 2007

Écoles indépendantes : largeur d'esprit de la Saskatchewan

On verra ci-dessous comme il est facile de devenir enseignant en Saskatchewan dans une école dite indépendante (comprendre non subventionnée). L’extrait ci-dessous est extrait de The Independent Schools Regulations publiées par le gouvernement de la Saskatchewan, dont nous n’avons pas trouvé de traduction officielle. Nous fournissons donc ici notre traduction officieuse.
« Critères d’embauche des enseignants
10 (1) Toute école indépendante inscrite ne peut embaucher que des enseignants du secteur indépendant :
  (a) qui sont des enseignants diplômés ou
  (b) qui détiennent une lettre d’admissibilité.
(2) Une école indépendante inscrite a le droit de n’embaucher que des enseignants qui partagent la foi et les coutumes du propriétaire ou du directeur de ladite école indépendante.
15 mars 91 cE-0.1 Reg 11 s10.

[…]

Lettre d’admissibilité
12 (1) Le conseil d’une école religieuse indépendante inscrite peut faire la demande au ministre, sur un formulaire prévu à cet effet par le ministre, d’une lettre d’admissibilité à enseigner en faveur d’une personne que le conseil a l’intention d’embaucher en tant qu’enseignant du secteur indépendant.
(2) Sous réserve du paragraphe (4), le ministre peut délivrer à un enseignant du secteur indépendant une lettre d’admissibilité à enseigner dans une école religieuse indépendante aux conditions que le ministre juge appropriées.
(3) Sous réserve du paragraphe (4), il n’existe pas de condition minimale à l’obtention de ladite lettre d’admissibilité à enseigner.
(4) Le ministre peut refuser de délivrer une lettre d’admissibilité à enseigner à quiconque
  (a) a vu son diplôme d’enseignant suspendu ou révoqué par une administration scolaire canadienne, ou
  (b) a été condamnée en vertu du Code criminel du Canada, tel qu’amendé périodiquement, d’un crime sexuel ou de tout autre délit mettant en cause un mineur d’âge.
(5) Le refus d’émettre une lettre d’admissibilité à enseigner par le ministre, s’accompagne de la part du ministre :
  (a) d’une lettre informant de ce refus le conseil de l’école indépendante inscrite qui avait fait la demande, et
  (b) d’une explication écrite justifiant la non-délivrance envoyée au conseil de ladite école indépendante inscrite.
15 Mar 91 cE-0.1 Reg 11 s12. »
Et voilà, une fois l’école religieuse inscrite et les professeurs admissibles (ce qui ne pose pas de problème habituellement s’il s’agit de personnes désignées par ces écoles religieuses), l’école indépendante peut fonctionner légalement. Elle ne bénéficiera pas de subventions, mais elle pourra choisir son programme et ses enseignants sans devoir se plier à des critères vétilleux que certains groupes religieux trouvent même contraires à leurs croyances. Personne en Saskatchewan ne semble se plaindre de cette législation libérale.

vendredi 31 août 2007

Fermer des écoles pour imposer des « valeurs » communes ?

La lecture du journal des débats de l’Assemblée nationale est instructive, il faut le reconnaître.

M. Fournier, le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport en novembre 2006, s’est exprimé en chambre assez longuement sur les enfants des écoles dites « illégales » comme l'école juive orthodoxe Taldos Yakov Yosef, à Outremont, qui avait défrayé la chronique quelque temps auparavant.

Selon le ministre de l’époque, il faut que les « parents comprennent combien il est important pour [leurs enfants] de faire partie de la société, de connaître l'ensemble des valeurs de cette société-là et de les partager avec tout le monde. » Connaître et partager... Et si les parents ne veulent pas que leurs enfants partagent les « valeurs » des fonctionnaires québécois ? Il faudra malgré tout les imposer aux enfants ?

Lors de ce débat, le ministre ne fait nulle part explicitement mention à une formation solide dans les matières de base comme les langues, les mathématiques, la géographie, des notions de physique, etc. En revanche, il revient plusieurs fois sur le fait que les jeunes qui fréquentent ces écoles religieuses n’ont pas « la possibilité de se développer pour l'ensemble de leur vie ».

Est-ce à dire que les juifs, les mennonites, les évangéliques, les catholiques qui ne sont pas passés par l’école laïque québécoise – notamment parce qu’ils n’ont immigré au Québec qu’après leur scolarité, instruction qu’ils veulent d’ailleurs donner à leurs enfants – sont aujourd’hui des citoyens québécois incapables « de se développer pour l'ensemble de leur vie » au sein de la société québécoise ?

La première JIPLI aura lieu le 15 septembre 2007



Les principaux objectifs de cette manifestation sont :

    - d'informer l'ensemble de la population de cette liberté fondamentale qu'est l'enseignement libre et plus particulièrement l'instruction en famille;
    - de mettre en lumière la difficulté croissante pour la réalisation de ce choix;
    - de mieux connaître et de respecter davantage les familles ayant choisi cette liberté.

Pour organiser une manifestation, des animations, obtenir une affiche, contactez JIPLI.

jeudi 30 août 2007

Les élèves apprendraient mieux sans ordinateur

Extrait d'un article un peu hérétique du Daily Telegraph de 2005, déterré par un bulletin reçu par courriel.
« Moins les élèves utilisent les ordinateurs à l'école et à la maison, mieux ils réussissent les tests internationaux de lecture, rédaction et mathématiques, indique aujourd’hui la plus grande étude réalisée sur ce sujet.

Celle-ci soulève des interrogations quant à la décision du gouvernement, annoncée par Gordon Brown la semaine dernière, de dépenser encore 1,5 milliard de livres (3,2 milliards de dollars canadiens) pour des ordinateurs dans les écoles, en plus des 2 500 000 000 £ déjà dépensés (5,3 milliards de dollars).

M. Brown a déclaré : « L'enseignement et la révolution éducative ne sont font plus à l’aide de tableaux noirs et de craie, mais avec des ordinateurs et des tableaux blancs électroniques. »

Toutefois, l'étude publiée par la Société royale d’économie indique que « Malgré les nombreuses affirmations de politiciens et de fournisseurs de logiciels, il n’existe pas de preuve à ce stade que l’utilisation d'ordinateurs à l'école améliore considérablement l’apprentissage des élèves dans les matières de base comme les mathématiques ou la lecture. » Au contraire, plus les élèves utilisent l’ordinateur, plus leurs résultats dans ces domaines sont mauvais, ont indiqué Thomas Fuchs et Ludger Wossmann de l'université de Munich. Leur rapport souligne également que le fait de pouvoir se servir d’un ordinateur au travail – une des justifications pour consacrer tant de temps à l’enseignement de l’informatique – n’avait pas plus d’impact sur la probabilité de trouver un emploi ou sur le niveau des salaires que le fait de pouvoir se servir d’un téléphone ou d’un crayon.

Les chercheurs ont analysé les résultats et le profil socioéconomique des familles de 100 000 élèves de 15 ans dans 31 pays qui avaient participé à l'étude PISA (Programme international sur le suivi des acquis des élèves) de l’an 2000 menée par l’OCDE. À la satisfaction du gouvernement britannique et de beaucoup d’autres, PISA avait conclu que, plus les élèves utilisaient un ordinateur, plus leurs résultats étaient bons. PISA suggérait même que ceux qui avaient plus d’un ordinateur chez eux avaient un an d’avance sur ceux qui n’en avaient aucun.

L’étude de la Société royale d’économie décrit cette conclusion comme « hautement trompeuse » car l’accès à un ordinateur à la maison est lié à d’autres caractéristiques socioéconomiques, tout comme la présence d’ordinateurs à l’école est fortement corrélée à l’accès à d’autres ressources.

Après l’élimination de ces influences, la corrélation entre l’utilisation d’un ordinateur et les résultats en mathématiques et en lecture se réduit à zéro, ce qui démontre comment « des interprétations hardies peuvent mener à des conclusions visiblement fausses ».

Plus les élèves avaient accès à des ordinateurs à la maison, plus leurs résultats étaient bas, en partie parce qu’ils étaient détournés de leurs devoirs.

Les élèves font moins bien dans les écoles généreusement équipées d’ordinateurs, apparemment parce que l'instruction informatisée a remplacé des formes plus efficaces d'enseignement. »
Malheureusement, cet article ne précise pas ce que faisaient ces adolescents avec les ordinateurs mis à leur disposition, ni — si les logiciels en question étaient didactiques — quelle méthode d'enseignement ces logiciels avaient adoptée.

Personnellement, nous avons de l’expérience avec des enfants éduqués à la maison qui n’ont accès qu'à un ordinateur dépourvu d'accès internet et qui ne peut servir, pendant la journée, qu’à visionner des logiciels et des DVD éducatifs d'accompagnement (comme Planète maths) et nous n’avons eu qu’à nous féliciter de ces aides à l'enseignement.