samedi 17 août 2024

États-Unis — Dieu et les notes, les élèves pieux obtiennent de meilleurs résultats.

La religion fait son retour dans les écoles publiques américaines, et les républicains mènent la charge. En avril, Ron DeSantis, gouverneur de Floride, a signé un projet de loi autorisant la présence du clergé dans les écoles publiques (le Texas et la Louisiane ont adopté des lois similaires). En juin, la Louisiane a adopté une loi exigeant que les Dix Commandements soient affichés dans toutes les salles de classe des écoles publiques. Une semaine plus tard, le superintendant de l'Oklahoma a ordonné à toutes les écoles publiques d'enseigner la Bible.

L'Amérique est très religieuse par rapport à d'autres pays riches. En 2018, une étude de Pew, un institut de sondage, a révélé que 53 % des Américains déclarent que la religion est importante dans leur vie, alors que seuls 27 % des Canadiens, 22 % des Espagnols et 10 % des Britanniques sont de cet avis. Mais le tableau est contrasté. Les républicains sont beaucoup plus susceptibles que les démocrates de s'identifier à la religion (61 % contre 37 %). Les États du Sud sont aussi généralement plus religieux que les autres. Alors que 77 % des adultes de l'Alabama et du Mississippi se déclarent très religieux, ce n'est le cas que d'un tiers des adultes du New Hampshire et du Massachusetts.

Il n'est donc pas surprenant que la pression en faveur de l'introduction de la religion à l'école provienne principalement des États du Sud dirigés par les républicains. De nombreuses personnes, profondément sceptiques à l'égard de la religion dans les écoles publiques, s'y opposent. La Cour suprême a généralement statué en faveur de la séparation de l'Église et de l'État, à quelques exceptions près.

Parmi les arguments avancés, on a tendance à oublier les preuves de l'impact de la religion sur les résultats scolaires. Les recherches montrent que les élèves religieux réussissent mieux à l'école. Les élèves pieux ont de meilleures notes, sont plus assidus et font plus d'années d'études supérieures.

Peut-être la crainte de Dieu motive-t-elle ces élèves studieux et pieux. « Certains enfants croient vraiment que Dieu les observe, que Dieu intervient dans leur vie ou qu'Il les juge d'une manière ou d'une autre “, explique Ilana Horwitz, professeur adjoint à l'université de Tulane et auteur de « God, Grades, and Graduation » (Dieu, les notes et les diplômes). « Cela incite les enfants à se comporter d'une manière qu'ils pensent être agréable à Dieu ». Selon le Dr Horwitz, un enfant qui va régulièrement à l'église sera également surveillé par un plus grand nombre d'adultes au sein de la communauté. Il y réfléchira peut-être à deux fois avant de voler à l'étalage ou de sécher l'école. Des études montrent que les enfants plus religieux boivent et consomment moins de drogues et ont moins de partenaires sexuels que leurs camarades.

« Beaucoup de communautés religieuses sont des communautés d'apprentissage », explique Michael Wear, fondateur du Centre for Christianity and Public Life, une organisation à but non lucratif, et ancien collaborateur du président Barack Obama à la Maison Blanche. « Elles lisent ensemble, dialoguent ensemble et acquièrent toutes sortes de compétences. »

Les récalcitrants, comme ceux qui intentent des procès pour empêcher la mise en œuvre de ces nouvelles lois dans les écoles, considèrent peut-être ces résultats comme des indicateurs de la solidité des familles et des sociétés. Les parents qui peuvent assister à des offices hebdomadaires ou enseigner Dieu à leurs enfants sont peut-être tout simplement plus stables. Pourtant, une étude de l'université de Stanford et de l'université de Caroline du Nord à Chapel Hill a montré que, même au sein d'une famille, l'enfant le plus croyant obtient les meilleurs résultats à l'école.

Bien que les études universitaires semblent confirmer l'impact positif de la religiosité sur les résultats scolaires, certaines lacunes subsistent. Tout d'abord, les athées obtiennent également de meilleurs résultats scolaires que les personnes légèrement croyantes. Alors que les élèves religieux semblent être motivés par Dieu, les athées semblent être motivés par la recherche de la connaissance ou le plaisir de la polémique et de la contradiction. Deuxièmement, la religion n'entraîne de meilleurs résultats que pour certaines personnes. La religiosité est surtout utile aux enfants de la classe ouvrière et de la classe moyenne. Les enfants pauvres ont trop d'obstacles à surmonter, explique le Dr Horwitz, et les enfants riches réussiront probablement bien malgré tout. Enfin, les enfants religieux obtiennent de moins bons résultats dans un domaine : l'obtention d'un diplôme dans une université très sélective. Ils ont tendance à accorder la priorité à leur famille et à leur communauté ; la poursuite d'une éducation prétendument d'élite est moins importante pour eux.

Source partielle : The Economist

vendredi 16 août 2024

La population amish a augmenté de 125 % depuis 2000 (m à j 2024)

La population Amish nord-américaine a augmenté d’environ 223 000 depuis 2000, passant d’environ 177 910 en 2000 à 400 910 en 2024, soit une augmentation de 125 %.

Population amish en 2024 (2023) :

- Population : 400 910 (384 290)
- Croissance de la population : +16 620 (+10 670)
- Taux de croissance annuel : +4,52% (+2,85%)
- Districts/assemblées: 3 038 (2 914)
- États-Unis : 394 720 (378 190)
- Canada : 6 190 (6 100)
- Bolivie : 95 (90)


Billet du 5 août 2022

Tendances de croissance, 2000-2022. La population Amish nord-américaine a augmenté d’environ 195 710 depuis 2000, passant d’environ 177 910 en 2000 à 373 620 en 2022, soit une augmentation de 110 %. La population Amish double environ tous les 20 ans. Depuis 2000, le nombre de districts est passé de 1 335 à 2 827, soit une augmentation de 1 492 districts. La même période a vu un gain net de 303 colonies, y compris des colonies dans six nouveaux États (Colorado, Nebraska, Nouveau-Mexique, Dakota du Sud, Vermont et Wyoming) et trois nouvelles provinces (Manitoba, Nouveau-Brunswick et Île-du-Prince-Édouard).

Raisons de la croissance démographique. Les principaux moteurs de la croissance sont des familles nucléaires importantes (cinq enfants ou plus en moyenne) et un taux de rétention moyen (enfants amish qui rejoignent l’église en tant que jeunes adultes) de 85 % ou plus. Quelques étrangers ont rejoint les amishs, mais la croissance provient presque entièrement de la communauté amish.

Raisons de la création de nouvelles colonies. Les amish établissent de nouvelles colonies pour diverses raisons, notamment le désir de : 

  1. terres agricoles fertiles à des prix raisonnables, 
  2. travail non agricole dans des professions menuelles spécialisées, 
  3. isolement rural propice à leur mode de vie familial traditionnel, 
  4. des environnements sociaux et physiques (climat, gouvernements, services, économie) propices à leur mode de vie, 
  5. la proximité de la famille ou d’autres groupes religieux amish similaires, et 
  6. un moyen de résoudre les conflits doctrinaux ou au sein de la communauté.

La croissance de la population amish a connu un fort dynamisme qui contraste singulièrement avec les populations blanches « modernes » sécularisées qui se contractent rapidement (cette contraction sera visible quand la génération du baby boom commencera à mourir). C’est notamment le cas des Canadiens français qui, avec 1,5 enfant en moyenne par femme, voient chaque génération diminuer de plus de 25 %.
 
À ce rythme, les amish devraient atteindre le million d’adeptes (adultes et enfants) vers 2060. Il est peu probable qu’ils s’établissent au Québec puisque les politiques scolaires y sont opposées aux écoles de type amish : les amish n’enseignent pas les programmes modernes, leurs enseignants ne vont pas à l’université. Voir le traitement que Québec a réservé aux mennonites pourtant plus modernistes (les mennonites ont des voitures, des téléphones cellulaires, l’internet, mais ils refusent d'envoyer leurs enfants dans des écoles dont ils ne maîtrisent ni le recrutement ni le programme).

Source : Amish Population Profile, 2022

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Nouvelle-Zélande, les immigrants paieront bientôt en grande partie pour que leurs enfants apprennent l'anglais


Une grande partie des fonds nécessaires pour aider les enfants dont l'anglais est la deuxième langue sera bientôt payée par les immigrants eux-mêmes, par le biais d'une forte augmentation des frais d'immigration.

La ministre de l'immigration néozélandaise, Erica Stanford, a annoncé ce mois-ci une augmentation des droits et taxes d'immigration à partir d'octobre.

Les chiffres du ministère des Affaires, de l'Innovation et de l'Emploi (MBIE), qui chapeaute le département de l'immigration, montrent que cette augmentation contribuera à réduire les coûts pour l'État, qui s'élèvent à 108,3 millions de dollars par an.

Près de la moitié - 50,3 millions de dollars - servira à couvrir 80 % du programme d'anglais pour les locuteurs d'autres langues (ESOL). Le reste des 62,9 millions de dollars que coûte chaque année le programme scolaire restera à la charge de l'État.

M. Stanford a déclaré que l'augmentation des frais de scolarité s'inscrivait dans le cadre des projets du gouvernement visant à créer un système d'immigration « utilisateur-payeur » afin de le rendre plus viable.

« Jusqu'à présent, notre système d'immigration a été largement subventionné par les contribuables. Les changements que nous apportons déplacent les coûts vers ceux qui bénéficient du système ».

Mme Stanford a déclaré à 1News que, dans le cadre de ses autres fonctions de ministre de I'Éducation, elle est quotidiennement informée de l'afflux d'enfants ayant besoin d'une aide à l'apprentissage de l'anglais.

« Il n'est que juste que nous utilisions les frais et les prélèvements du fonds pour l'immigration.

L'école Forrest Hill d'Auckland est l'une de celles qui ont connu une forte augmentation du nombre d'inscriptions d'enfants du monde entier, avec plus de 20 ethnies représentées.

Marshia Geminiano, professeur d'anglais langue seconde, explique que ses classes sont devenues plus chargées, au point qu'elle n'est pas toujours en mesure d'accueillir tous ceux qui ont besoin de suivre ses cours.

« Nous devons limiter le nombre d'enfants dans la classe, ce qui désavantage d'autres enfants qui ont besoin de soutien.»

Angela White, directrice adjointe, a déclaré que pour garantir leur réussite dans le cadre général, il est nécessaire de mettre en place un processus de financement plus souple et des ressources de formation des enseignants spécialisés dans l'enseignement de l'anglais langue étrangère.

Source

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Canada — L'immigration ne rajeunira pas de manière significative la population active de demain

Les niveaux d’immigration futurs influencent la taille et la composition ethnoculturelle de la population active mais assez peu sa structure vieillissante. En d'autres termes, la population canadienne (québécoise) va croître, sa composante « de souche » sera de plus en plus minoritaire, mais sa population continuera de vieillir et la proportion de sa population active de diminuer au même rythme, peu ou prou, que l'on cesse toute immigration ou continue au même rythme rapide qu'aujourd'hui.

Depuis les années 1970, le rapport entre le nombre d’entrants et de sortants potentiels de la population active n’a fait que décliner. À la fin des années 1990, on comptait 4 fois plus de personnes âgées de 15 à 29 ans dans la population canadienne – le bassin d’entrants potentiels dans la population active – que de personnes dans la population active âgées de 55 ans et plus (les sortants potentiels), ce qui alimentait la croissance de la population active. En 2021, ce rapport avait diminué à moins de 2 entrants par sortant (graphique ci-dessous). Parmi les principaux facteurs expliquant cette baisse, il y a bien sûr l’arrivée en grand nombre des baby-boomers à l’âge de 55 ans, puis la hausse constante des taux d’activité parmi la population âgée de 55 ans et plus (en particulier chez les femmes). Par ailleurs, la faible fécondité observée depuis les dernières décennies se répercute également sur le nombre de personnes en âge d’entrer dans la population active.


Selon les résultats des projections, le rapport entre le nombre d’entrants et de sortants déclinerait légèrement au cours des prochaines années et bien qu’il y aurait un peu plus de jeunes susceptibles de faire leur entrée sur le marché du travail que de personnes susceptibles de le quitter, la croissance de la population active serait peu alimentée par le remplacement des cohortes. Les résultats révèlent également que les bouleversements observés dans la structure par âge de la population active au cours des 25 dernières années, en raison de l’arrivée à 55 ans de l’ensemble des baby-boomers, tireraient à leur fin et qu’un nouvel équilibre serait atteint.

On remarque, par ailleurs, que ce rapport semble être peu influencé par le niveau d’immigration (faible, moyen, fort). Ainsi, une immigration plus ou moins forte n’a pas pour conséquence de faire augmenter ou diminuer le rapport entre le nombre d’entrants et de sortants potentiels de la population active. Cela signifie que l’immigration n’est pas un levier important pouvant influencer la croissance de la population active sur la base du renouvellement des cohortes comme cela était le cas par le passé, où le rapport entre le nombre d’entrants et de sortants était beaucoup plus élevé. Seule une hausse importante et soutenue de la fécondité permettrait cela. En fait, les immigrants viennent gonfler les rangs de la population active canadienne en s’y joignant dans la force de l’âge. Ils participent donc au renouvellement de la population active, ce qui transforme davantage sa composition ethnoculturelle que sa structure par âge surtout si les apports migratoires annuels sont constants dans le temps.

La forte croissance démographique imposée par le gouvernement Trudeau au Canada par des apports migratoires importants comporte son lot de défis. Certes, elle fait croître la taille de la population active mais exerce un impact limité sur le taux global d’activité et sur le processus du vieillissement et du renouvellement de la population active. Au-delà des impacts purement démographiques, les apports migratoires exercent également des pressions sur l’offre de logements, la construction d’infrastructure ainsi que sur la prestation de services à la population. 

En 2023, la proportion de personnes nées à l’étranger au sein de la population active canadienne était de 32,1 %, ce qui représente tout près de trois personnes faisant partie de la population active sur 10. Le graphique 5 montre que l’évolution de cette proportion est fortement influencée par le nombre d’immigrants et de résidents non-permanents qui seraient admis au Canada dans les prochaines années.


Ainsi, en admettant 500 000 immigrants permanents par année d’ici 2041, la part des personnes nées à l’étranger au sein de la population active augmenterait constamment pour atteindre 43,8 % en 2041. Cette même proportion atteindrait 37,4 % si 250 000 immigrants permanents étaient admis, et 49,0 % si 750 000 immigrants permanents étaient admis annuellement. À l’inverse un arrêt complet de l’immigration temporaire et permanente dès 2024 aurait pour conséquence que la proportion de personnes nées à l’étranger diminuerait lentement d’ici 2041 pour atteindre 29,2 % en fin de projection, soit tout près du niveau observé au Recensement de 2021.

Source : Statistique Canada

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jeudi 15 août 2024

Étude — Les écrans causeraient plus de colères chez les 3 à 5 ans

Une étude révèle que plus les tout-petits passent du temps sur un écran, plus ils risquent de faire des crises de colère.


Les conséquences nocives des écrans chez les tout-petits se précisent : plus un enfant passe de temps devant une tablette ou un cellulaire, plus il risque de faire des crises de colère, ce qui contribue à augmenter encore plus son temps d’écran, un cercle vicieux qui peut compromettre son entrée à l’école.

Voilà les résultats d’une nouvelle étude menée par la professeure Caroline Fitzpatrick, de l’université de Sherbrooke, et son équipe auprès d’enfants de 5 ans et moins, dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue scientifique JAMA Pediatrics.

Les chercheurs ont découvert que les enfants de 3 ans qui utilisent une tablette sont plus susceptibles de manifester de la colère et de la frustration un an plus tard.

La difficulté à maîtriser leurs émotions contribuerait par la suite à l’augmentation du temps passé devant un écran à l’âge de 5 ans, puisque les parents pourraient avoir tendance à leur refiler une tablette ou un cellulaire pour les calmer.

PRÉVISIBLE

Il s’agit de résultats préoccupants, mais qui ne sont néanmoins pas étonnants, indique Mme Fitzpatrick.

« À l’âge de 3 ans, les enfants sont très sensibles à leur environnement. Ils ont besoin d’interactions, d’apprendre comment réguler leurs émotions, et le temps passé sur la tablette ne leur permet pas de pratiquer ces habiletés-là », explique-t-elle.

Les parents pourraient devenir moins patients devant les accès de colère de leurs enfants, ce qui pourrait expliquer que le temps rivé à l’écran augmente par la suite.

Or, le recours à la tablette pour calmer un enfant ne lui permet pas de développer des mécanismes pour gérer lui-même ses frustrations, comme de nommer ses émotions ou de parvenir à se changer les idées, explique la chercheuse.

COMMENCER L’ÉCOLE DU BON PIED

L’utilisation des écrans est cruciale dans la vie de jeunes enfants puisqu’elle peut avoir un impact sur la réussite scolaire.

La capacité à bien gérer ses émotions est un « élément clé » d’une entrée à l’école réussie, indique Mme Fitzpatrick.

Ces résultats de recherche viennent confirmer un phénomène observé depuis déjà plusieurs années par des enseignantes de maternelle ou du début du primaire qui affirment devoir gérer un nombre grandissant de crises dans leur classe.

À la maison, la chercheuse recommande aux parents de limiter le plus possible l’utilisation des écrans chez les tout-petits et de se doter de règles familiales claires.

Les parents doivent aussi donner l’exemple lorsqu’ils sont en présence de leur enfant, ajoute-t-elle.

Cette étude portait spécifiquement sur l’utilisation des tablettes, mais les résultats peuvent être facilement extrapolés aux cellulaires, puisque les deux appareils partagent plusieurs caractéristiques.

« On peut les trimballer partout avec nous, on les utilise pour aider les enfants à patienter au resto ou dans la voiture, ils peuvent se connecter à internet, si bien que les contenus sont disponibles en quantité illimitée », souligne-t-elle.


Sources : Le Journal de Quebec, Université de Sherbrooke

Immigration en Angleterre : le discours d'Enoch Powell

Depuis la fin du mois de juillet, l’Angleterre connaît des convulsions et des troubles importants. À la suite du meurtre odieux de trois enfants, des manifestations hostiles à l’immigration de masse se sont organisées spontanément un peu partout dans le pays avec une ampleur qu’on avait rarement vue jusqu’alors. En réaction, les autorités britanniques ont réagi avec une grande fermeté, rejetant uniquement la faute sur la fameuse « extrême-droite ».

Cette actualité brûlante est l’occasion de redécouvrir les prédictions visionnaires d’Enoch Powell, la plus grande figure de la vie politique anglaise d’après-guerre. Le 20 avril 1968, dans un discours célèbre que la postérité qualifiera de « Discours des fleuves de sang », cet esprit brillant mettait en garde ses contemporains devant la menace d’une immigration de peuplement qui allait irrémédiablement changer le visage de son pays s’il ne réagissait pas à temps. À ses yeux, seule la « re-emigration » (remigration) pouvait sauver la culture de son pays et désamorcer l’escalade dans la violence.

Sondages sur l’immigration et sur le discours d’Enoch Powell

Un sondage réalisé l’année dernière par la British Election Study a révélé que parmi les membres de la catégorie sociale A (cadres supérieurs et professions libérales), 23 % souhaitaient une nette diminution de l’immigration, contre 42 % des membres de la catégorie E, qui occupent des emplois subalternes ou vivent d’allocations. Pourtant, il n’y a guère de signes indiquant qu’il existe une élite aux opinions clairement libérales, si l’on entend par là les personnes occupant des emplois d’élite. Tous les groupes de la classe moyenne, A, B et C1, pensent de la même manière.

Les Blancs de la classe ouvrière sont plus opposés, mais il y a un hic. Le groupe C2, composé de travailleurs manuels qualifiés, est plus opposé à l’immigration que les personnes du groupe D (travailleurs manuels semi-qualifiés et non qualifiés). Cela correspond à un sondage réalisé par Ipsos après les élections générales du 4 juillet, qui a révélé que les personnes du groupe C2 étaient les plus susceptibles d’avoir voté en faveur du parti Reform UK. Les travailleurs manuels qualifiés pourraient se sentir plus menacés par les immigrants parce qu’ils ont plus à perdre.

Si la classe sociale façonne les attitudes de manière complexe, l’âge le fait de manière puissante et fiable. Tous les groupes d’âge sont plus opposés à l’immigration que les plus jeunes. Les différences sont énormes : les personnes âgées de plus de 65 ans sont plus de trois fois plus susceptibles de souhaiter une diminution de l’immigration que les jeunes de 18 à 25 ans. L’âge peut expliquer une partie de la répartition par classe : le groupe social E est plus âgé que les autres.

Après qu’Enoch Powell, député conservateur, s’est insurgé contre l’immigration dans son discours sur les « rivières de sang » en 1968, de nombreux Britanniques de la classe ouvrière ont défilé pour le soutenir, les dockers et les découpeurs de viande londoniens se distinguant tout particulièrement. Puis des sondages d’opinion sont apparus, montrant une tendance étonnante. L’un d’eux, réalisé par NOP, révèle que 67 % des personnes appartenant aux groupes sociaux A, B et C1, 71 % des personnes appartenant au groupe C2 et 63 % des personnes appartenant aux groupes D et E étaient d’accord avec ses opinions. Powell avait séduit presque tout le monde, même si ce sont surtout les groupes sociaux les moins favorisés qui ont manifesté dans la rue pour soutenir Enoch Powell alors que ce sont les groupes sociaux les plus favorisés qui approuvaient le plus ces thèses.

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Dernières nouvelles de l’Angleterre par Mark Steyn

 
 
 
 

mercredi 14 août 2024

Dernières nouvelles de l'Angleterre par Mark Steyn (m. à j. condamnations)

La dernière agression au couteau d’une fillette anglaise — âgée de onze ans — a été rapportée principalement parce que la figure héroïque qui s’est interposée pour désarmer le « coutelier » (une expression récente, mais désormais habituelle à Fleet Street) était un courageux musulman du nom d’Abdoullah.

La police sur la scène du crime (Leicester Square à Londres)

Tant mieux pour lui, même si le message sous-jacent, peu subtil, des reportages était le suivant : « Vous avez pigé, bande d’islamophobes ? Nous avons besoin d’immigrés pour faire le travail que les Britanniques ne veulent pas faire — comme sauver la petite fille des coups de couteau assénés par d’autres immigrés que nous avons laissés entrer. » La prochaine fois que vous commanderez un macchiato décaféiné et qu’une agression à l’arme blanche se produira, vous feriez mieux d’espérer qu’il y ait un Abdallah à l’esprit civique sur place, car il n’y a assurément rien qui ressemble à un Londonien parmi les baristas et les vendeurs du West End.

Il s’avère que le coupable est un certain « Ioan Pintaru » sans domicile fixe. Avec ce nom, son domicile a dû être fixé à un moment donné en Roumanie ou dans les environs. Mais c’est ce qu’il y a de bien avec toute cette « diversité » dynamique : les indigènes sont ramenés à la portion congrue. Héros mahométan, méchant balkanique : aucun Anglo-Celte n’a besoin d’être associé à cette histoire de la nouvelle Cité sans voiles — sauf la victime, bien sûr.

À la réflexion, on ne peut même pas l’affirmer avec certitude : le pauvre enfant pourrait être tadjik ou bhoutanais. Londres a désormais atteint les sommets exquis et raréfiés de la diversité, où l’on trouve de tout, sauf des Londoniens.

Quelque part dans Le Prisonnier de Windsor, je cite la célèbre phrase de Metternich selon laquelle les Balkans commencent dans la Landstraße. [Une rue de Vienne. Au XIXe siècle, c’était le point de départ des routes menant vers la Hongrie et les Balkans].

Dans la grande ville mondiale de Sadiq Khan, les Balkans et le dar al-Islam commencent dès Leicester Square.  Cela semble être une manœuvre judicieuse.

Mais ce qui m’a le plus frappé, plus que le héros de la fête, c’est que des petites filles et leurs mères peuvent désormais être poignardées en plein jour au cœur de la ville touristique de Londres. Ce n’est pas la même chose que de rentrer chez soi tard le soir dans une rue sombre d’un quartier malfamé.
Leicester Square est l’une des adresses les plus célèbres au monde.
Elle figure dans les chansons :

Goodbye, Piccadilly!
Adieu, Leicester Square !
La route est très longue jusqu’à Tipperary…


En fait, elle n’est plus aussi longue que naguère. Le comté de Tipperary compte aujourd’hui plusieurs mosquées et centres culturels islamiques. Le contraste établi dans la chanson entre la grande métropole et la petite ville des grands-parents de l’auteur ne s’applique donc plus : il faut s’éloigner beaucoup plus de Leicester Square pour se libérer de la « diversité ».

280 « demandeurs d'asile » implantés sous la protection de la police irlandaise dans un petit village de 200 âmes dans le comté de Tipperary.


Sur GB News, Matt Goodwin a déclaré que les Blancs britanniques de souche deviendraient une minorité de la population d’ici 2070 :

J’aurai quitté ce bas monde depuis longtemps d’ici là, mais je parierais que le Rubicon sera franchi bien avant 2070. 

Dire simplement à haute voix ce que l’on pense tout bas :  « La population britannique blanche a diminué de 600 000 personnes, tandis que la population minoritaire a augmenté de 1,2 million.
Alors oui, les gars, nous gagnons. »

Il faudrait être extrêmement optimiste pour parier que la Grande-Bretagne a encore quarante-six ans devant elle.

Cela devrait faire les grands titres — le suicide des nations qui ont construit le monde moderne. Comme je l’ai dit à Steve Paikin à la télévision canadienne il y a plus de quinze ans, c’est la plus grande histoire de notre temps : si vous êtes écrivain, pourquoi ne voudriez-vous pas écrire sur ce sujet ? On me demandait souvent d’étoffer les scripts de comédies musicales remises au goût du jour, ce que j’aimais bien, surtout si on le compare à la rédaction d’articles sur des écolières poignardées. Mais il n’y aura plus de comédies musicales dans le West End de demain, ni de Noël Coward, ni de rock classique, ni de mille autres choses. Parce que les nouveaux Londoniens ne les aiment pas. Parce que lorsqu’on perd son avenir, on perd aussi son passé. Alors, autant écrire sur la plus grande histoire de notre temps, celle qui déterminera les autres que nous pourrons écrire.

Pourtant, seize ans après mon observation à M. Paikin, les autorités préfèrent toujours que « la plus grande histoire de notre temps » ne soit pas racontée. Il y a une semaine, j’écrivais :

Starmer n’est pas, comme on l’a suggéré, simplement « insensible à ce qui se passe ». Il profite de l’occasion, comme Washington l’a fait pour le 6 — Janvier [les condamnations sévères des émeutiers] et comme Justin l’a fait pour les camionneurs canadiens [gel de leurs comptes bancaires sans procès ni décision judiciaire].
Vous savez ce que cela a donné pour les mamies respectueuses de la loi lors de leur premier voyage dans la capitale américaine, ou pour les donateurs des Prairies qui avaient déboursé 50 dollars par carte de crédit pour le convoi d’Ottawa. Et vous savez à quel point les protestations publiques [du camp conservateur] ont été étouffées dans les deux pays depuis lors. Les pleins pouvoirs du « système d’espionnage » britannique — l’État panoptique fonctionnant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 — sont sur le point de s’abattre sur les masses méprisées. Parce que le 6 — Janvier concernait une élection douteuse et que les camionneurs protestaient contre les confinements et les mandats de vaccination, mais qu’un retour en arrière contre l’immigration de masse constitue une menace pour le fondement absolument inviolable de la politique de l’uniparti [voter pour la droite ou la gauche, vous votez toujours pour le même parti qui met en œuvre les mêmes politiques, l’uniparti.]
Et c’est ce qui s’est produit une semaine plus tard. Brendan O’Neill :
Je crains que la justice ne se transforme en une sorte de vengeance. Qu’il ne s’agisse pas seulement de la loi et de l’ordre, mais aussi d’une sorte de vengeance centriste contre les classes inférieures. Ai-je tort ?
Il cite quelques exemples :
Stacey Vint, de Middlesbrough, a été condamnée à 20 mois de prison pour avoir poussé une poubelle à roulettes sur une rangée de policiers anti-émeutes avant de se retrouver à plat ventre sur le sol. C’est une idiote, c’est clair. C’est peut-être aussi une vilaine personne, je ne sais pas. Mais près de deux ans de prison pour une tentative ratée d’attaque avec une poubelle contre des policiers lourdement armés ? Admettez-le, c’est un peu fort.
Ou que dire du couple homosexuel de Hartlepool, dont le principal crime, pour autant que je sache, a été de « danser et de gesticuler devant une rangée de policiers » ? Ils se sont également débattus lors de leur arrestation. Ils ont tous deux été condamnés à 26 mois de prison. Ne revenons pas sur le débat de la « police à deux vitesses », dont nous avons tous été abreuvés, mais il est bon de rappeler que l’homme au couteau qui a terrorisé le personnel d’un supermarché cachère à Golders Green en janvier, en exigeant de connaître leur opinion sur « Israël et la Palestine », a été condamné à une peine avec sursis.
Le Royaume-Uni, comme je le dis toujours, est le pays où tout est régi par la police, sauf le crime. À Scotland Yard et dans les autres services de police britanniques, les condamnations pour viols et vols signalés sont à des niveaux statistiquement indétectables. En revanche, les troupes de Starmer savent traquer les crimes de pensée avec une efficacité impitoyable. Le couple homo de Hartlepool est un exemple instructif de la hiérarchie émergente des groupes identitaires. Ils revenaient du bingo, peut-être un peu trop éméchés, lorsqu’ils sont tombés sur une « émeute » d’extrême droite :
C’est à ce moment-là qu’il a perçu un « brouillard rouge » et qu’il est intervenu pour défendre Mailen. Il a été filmé en train d’agiter un doigt en direction des policiers et de leur crier : « Je paie votre salaire ».

Il a également refusé de reculer et un chien policier a été lancé sur lui, l’animal s’est accroché à sa fesse et a failli lui arracher son short, ce qui, selon Mme Masters, [procureur de la Couronne], « a eu pour effet de disperser la foule ».
Et ne croyez pas qu’il faille danser en caleçon et commettre le crime de crier « Je paie votre salaire ». Le simple fait d’être un spectateur léthargique suffit amplement. De Belfast :
Vous vous verrez refuser la libération sous caution même si vous n’avez fait que regarder les émeutes depuis le bord de la rue, prévient un juge.

[Mise à jour, l'Obs fournit des statistiques et d'autres exemples de condamnations draconiennes :

Une cinquantaine de mineurs ont été inculpés. Mais tous les âges sont concernés : un homme de 69 ans a été accusé de vandalisme à Liverpool. Afin d’enrayer la violence, le gouvernement a promis une réponse judiciaire ferme et rapide et les forces de l’ordre ont procédé à plus de 1 000 arrestations et plus de 500 inculpations.

Impliquant enfants, adolescents et personnes âgées, les comparutions et les condamnations qui suivent désormais dans les tribunaux révèlent les profils très variés des émeutiers, que le Premier ministre Keir Starmer a qualifiés de « bande de voyous ».

Près de 70 peines ont été prononcées, quasiment toutes de prison ferme : 26 mois pour un homme qui avait jeté un aspirateur à travers une fenêtre, trois ans pour un autre qui s’était emparé de la matraque d’un policier, etc.

Elles laissent entrevoir des problèmes profonds affectant les populations défavorisées du Royaume-Uni, au-delà de la responsabilité des groupuscules d’extrême droite mis en cause par la police, tel la Ligue de défense anglaise [inexistante depuis une bonne décennie selon son fondateur Tommy Robinson réfugié à l'étranger], un mouvement islamophobe créé par des hooligans.

Dans la petite salle du tribunal de Basingstoke, une adolescente de 13 ans tient la main de sa mère au moment de plaider coupable : elle fait partie des centaines d’émeutiers traduits en justice pour les violences racistes et islamophobes qui ont secoué le Royaume-Uni.

La collégienne, vêtue d’un pull couleur crème et d’un short cycliste, apprend par la voix du procureur qu’elle risque la prison pour avoir donné des coups de poing et de pied sur la porte d’un hôtel accueillant des demandeurs d’asile le 31 juillet dans la ville voisine d’Aldershot, dans le sud de l’Angleterre. […]

La famille de Kieron Gatenby, 19 ans, a éclaté en sanglots au tribunal au moment de sa condamnation à 16 mois de détention dans un établissement pour jeunes délinquants, après avoir été filmé en train de jeter un oeuf au cours des émeutes à Hartlepool (nord-est). Son avocat a affirmé que le jeune homme n’avait jamais exprimé d’idées racistes mais qu’il avait « été entraîné dans une vague de folie ».
]

Ils vous apprennent une leçon : entrez gentiment dans la nuit euro-arabe [allusion en anglais aux mille et une nuits], sinon…

Ce faisant, ils s’assurent que de nombreuses autres écolières poignardées se retrouveront sur le bûcher funéraire de la Grande-Bretagne.

Sur cette question, les politiciens, les policiers et les juges ont manqué à leur devoir envers la population. Si la protestation pacifique (« regarder les émeutes depuis le bord de la rue ») n’est pas autorisée, il ne reste plus que l’autre type de protestation.


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mardi 13 août 2024

Le sport à l'école primaire a un effet positif sur la réussite scolaire selon une étude

Selon une étude, on peut établir des liens entre la pratique d’un sport entre 6 et 10 ans et la réussite scolaire au secondaire, jusqu’à l’âge de 17 ans.


L’activité physique chez les jeunes n’est pas seulement bénéfique pour leur santé. La pratique d’un sport au primaire permet également de mieux réussir à l’école, et ce, jusqu’à la fin du secondaire, révèle une étude de l’Université de Montréal et du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, publiée cette semaine.

Prédire les chances de réussite scolaire grâce au sport

« Nous avons obtenu des résultats convaincants qui démontrent que la pratique d’un sport de la maternelle à la quatrième année a un effet positif sur tous les indicateurs de réussite scolaire jusqu’à la fin du secondaire », dit Linda Pagani, professeure de psychoéducation à l’Université de Montréal et coauteure de l’étude. L’équipe a suivi 746 filles et 721 garçons nés en 1997 ou 1998 en utilisant les données de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec de l’Institut de la statistique du Québec. Ils ont ainsi pu établir des liens entre la pratique d’un sport entre 6 et 10 ans et la réussite scolaire au secondaire, jusqu’à l’âge de 17 ans. Et ce, tant chez les filles que chez les garçons.

Des adolescents plus engagés et motivés

Les chercheurs ne se sont pas contentés d’analyser l’effet du sport sur les résultats scolaires des jeunes. « On a pris en compte plusieurs indicateurs de réussite », dit Mme Pagani. Non seulement les enfants qui pratiquaient régulièrement un sport obtenaient de meilleures notes, mais ils étaient aussi moins susceptibles d’abandonner l’école en dernière année du secondaire par rapport à ceux qui faisaient peu ou pas de sport. De plus, ils attachaient davantage d’importance à leurs résultats scolaires, étaient plus engagés envers leur école et nourrissaient des aspirations plus élevées quant à la poursuite de leurs études au cégep et à l’université. D’autres études avaient d’ailleurs déjà démontré que la forme cardiorespiratoire et la force musculaire étaient associées à de meilleurs résultats scolaires chez les adolescents.


« [Le sport] vient également stimuler le cerveau, les fonctions exécutives, qui sont très importantes pour les performances scolaires et le désir de s’engager à l’école », explique Kianouch Harandian, coauteure de l’étude.

Les filles qui pratiquaient régulièrement un sport à l’école primaire avaient un risque de redoubler une classe à l’adolescence réduit de 21 % par rapport à celles qui ne pratiquaient pas de sport de manière régulière. Pour les garçons, ce risque était réduit de 16 %.

Un environnement stimulant

« Le sport, surtout avec un entraîneur, crée un environnement stimulant et des opportunités sociales que l’enfant conserve dans les années qui suivent. Ça vient également stimuler le cerveau, les fonctions exécutives, qui sont très importantes pour les performances académiques et le désir de s’engager à l’école », explique Kianoush Harandian, coauteure de l’étude et étudiante au doctorat en psychoéducation à l’Université de Montréal. Pour être considérés comme faisant partie du groupe sportif, les jeunes devaient pratiquer régulièrement une activité physique avec un entraîneur, comme la danse, les arts martiaux ou le soccer, et poursuivre cette activité de façon constante pendant plusieurs années.

Des avantages considérables

« On voit que les parents impliquent de plus en plus les filles dans les sports comme le soccer, la ringuette et le basketball, observe la professeure Linda Pagani. C’est intéressant parce qu’on est en train de donner autant d’occasions aux jeunes filles qu’aux garçons d’expérimenter les sports et leurs défis. » Les chercheurs ont également observé que les filles qui pratiquaient régulièrement des sports durant leur enfance bénéficiaient d’avantages considérables dans leurs moyennes en cours de langue, comme le français et l’anglais. Selon eux, non seulement l’engagement dans le sport pendant l’enfance contribue à la réussite scolaire à l’adolescence, mais il pourrait augmenter les chances de réussite économique et personnelle à l’âge adulte.

L'immigration explique-t-elle que les conservateurs fédéraux sont au coude à coude avec le Bloc québécois ?


Selon le dernier sondage Abacus, 25 % des Canadiens placent l’immigration parmi leurs trois principales préoccupations, ce qui est considérable compte tenu du large éventail de défis auxquels le pays est confronté.

Cette préoccupation est encore plus prononcée chez les partisans actuels du Parti conservateur, 36 % d’entre eux considérant l’immigration comme un problème majeur. Ceux qui sont prêts à voter pour les conservateurs sont également 16 points plus susceptibles de citer l’immigration comme un problème majeur que ceux qui ne sont pas prêts à voter pour les conservateurs.

Mais les chiffres les plus frappants proviennent du Québec, où 35 % des personnes interrogées considèrent l’immigration comme une priorité absolue. Cela fait du Québec la région la plus préoccupée par l’immigration, dépassant même les bastions typiquement conservateurs de l’Ouest canadien.
    
En revanche, seuls 20 % des répondants du Canada atlantique et 21 % des Britanno-Colombiens considèrent l’immigration comme une question urgente, ce qui souligne les disparités régionales dans la manière dont ce sujet est perçu à travers le pays.

Au-delà de l’importance de la question, ceux qui s’intéressent à la question pensent majoritairement que les conservateurs s’en occuperaient le mieux. 54 % d’entre eux pensent que le PCC serait le meilleur, suivi par le CPP (10 %), le PLC (7 %) et le NPD (4 %). 19 % sont incertains.


L’impact politique au Québec

Mais ce qui est fascinant et pourquoi j’attire l’attention sur cette question, c’est que les données des sondages révèlent un contraste frappant dans les intentions de vote entre les Québécois qui accordent la priorité à l’immigration et ceux qui ne l’accordent pas.

Parmi les 35 % de Québécois qui considèrent l’immigration comme une question prioritaire, 47 % expriment leur soutien au PCC, suivi par 27 % pour le Bloc Québécois (BQ) et 18 % pour le Parti libéral du Canada (PLC).

Il s’agit d’une grande différence par rapport au reste de l’électorat québécois (qui n’accorde pas la priorité à l’immigration), où le BQ mène avec 32 %, le PLC suit avec 27 %, et le PCC est en queue de peloton avec 22 %. Il s’agit d’un écart de 25 points pour les conservateurs et d’une indication claire que les opinions sur l’immigration peuvent avoir un impact sur le soutien au Québec.
    
Cela suggère que la position des conservateurs sur l’immigration résonne fortement avec un segment substantiel des électeurs québécois et c’est la raison pour laquelle Pierre Poilièvre a de nouveau soulevé la question la semaine dernière. Les données indiquent que l’immigration n’est pas seulement une question secondaire, mais une force motrice potentielle derrière le réalignement politique au Québec.

Voici un aperçu de la couverture médiatique des déclarations des conservateurs sur l’immigration au cours de l’année écoulée :
Il s’agit de promesses et de promesses récentes, rappelons que Poilièvre n’avait aucune objection aux taux faramineux d’immigration il y a deux ans Pierre Poilièvre ne s’opposait pas en 2022 à l’augmentation de l’immigration annuelle à plus de 400 000 par an. Enthousiasme qui s’est amoindri publiquement depuis un an voir Chute de 5 % dans les intentions de vote pour Poilièvre, forte augmentation des gens opposés à l’immigration de masse alors que l’inflation diminue (son message anti-inflation est depuis moins porteur).

Pourquoi l’immigration résonne au Québec

L’importance de la question de l’immigration au Québec n’est pas tout à fait surprenante. Le Québec possède une identité culturelle et linguistique distincte, et les préoccupations liées à la préservation de cette identité ont longtemps influencé sa politique. Les changements démographiques de la province, associés aux débats sur la laïcité et l’intégration, ont fait de l’immigration une question particulièrement sensible et à fort enjeu.

Le parti conservateur a exploité ces préoccupations, se positionnant comme le défenseur de l’identité unique du Québec contre les menaces perçues d’une immigration accrue. Ce message semble gagner du terrain, d’autant plus que les autres partis s’efforcent de répondre à ces préoccupations d’une manière qui trouve un écho auprès des électeurs québécois.
    
Conclusion

Selon David Coletto d’Abacus Data, si l’immigration continue d’être une question prioritaire pour les Québécois, les conservateurs pourraient voir leur soutien augmenter de manière significative dans la province, même si leur position sur d’autres questions pourrait rebuter les Québécois.

Cela marquerait un changement notable dans le paysage politique du Québec, où le PCC a toujours eu du mal à s’implanter. Cependant, cela suggère également un électorat plus polarisé, où l’immigration devient un sujet de discorde qui pourrait aggraver les divisions non seulement au Québec, mais aussi dans tout le Canada.

À l’approche des prochaines élections fédérales, selon David Coletto sera crucial d’observer comment l’immigration est débattue et comment elle influence le comportement des électeurs. Pour les conservateurs, l’immigration pourrait être la question qui leur permet de percer au Québec, surtout lorsqu’ils tentent de se distinguer du Bloc Québécois et de faire valoir qu’un gouvernement conservateur peut réellement mettre en œuvre une politique alors que le BQ ne peut que l’influencer.

Voir aussi

Canada — Les employeurs continuent de faire appel à des travailleurs étrangers faiblement rémunérés, malgré la hausse du chômage.

La PM « conservatrice » de l’Alberta, Danielle Smith, veut doubler sa population d’ici 25 ans

Canada — le taux de chômage des immigrants récents à 12,6 % en juillet 2024 (6,4 % pour la population générale), le taux du chômage des jeunes grimpe également rapidement

 

samedi 10 août 2024

Le Canada en 2024


La mairesse de Toronto Olivia Chow (au centre) au festival Caribana 2024. Olivia Chow est née le 24 mars 1957 à Hong Kong, a été une enseignante et femme politique de gauche (NPD)