lundi 28 novembre 2022

Angleterre — L'endoctrinement scolaire crée une jeunesse woke - et les conservateurs se taisent

Un texte d’Eric Kaufmann, chercheur principal au Policy Exchange et professeur de politique à Birkbeck, Université de Londres, paru dans le Telegraph de Londres.

Les moins de 26 ans sont de plus en plus sous l’emprise du socialisme culturel. Ne pas s’y attaquer produit une génération fortement à gauche.


La Grande-Bretagne devient de plus en plus illibérale et antipatriotique à mesure que les jeunes d’aujourd’hui, de plus en plus woke, deviennent des électeurs.

Ce que j’appelle le socialisme culturel — le désir de créer des résultats égaux et de protéger les groupes identitaires minoritaires contre les vexations psychologiques — a trop souvent la priorité pour la génération Z et la génération Y sur les valeurs britanniques historiques telles que la liberté d’expression, la vérité objective et l’attachement aux réalisations historiques de la nation. Contrairement aux contes de fées que se racontent les politiciens conservateurs, ces jeunes ne changeront pas d’avis à mesure qu’ils franchiront des étapes de la vie comme prendre un emploi, posséder une maison ou avoir des enfants. La révolution woke est culturelle, pas matérielle.

Considérez les conclusions de mes récents rapports du Policy Exchange sur la politique des jeunes Britanniques et l’opinion publique sur les questions relatives à la guerre culturelle. Parmi les répondants à un sondage âgés de moins de 26 ans, davantage étaient opposés plutôt que favorables à la défense par le vice-chancelier de l’Université de Sussex de la liberté universitaire de la philosophe critique de la théorie du genre Kathleen Stockt traquée par une foule d’activistes trans sur le campus. Ce groupe d’âge est également partagé entre ceux qui veulent que JK Rowling ne soit plus publiée par son éditeur et ceux qui pensent qu’elle devrait rester, ou entre ceux qui veulent que la statue de Churchill soit enlevée ou qu’elle reste sur la place du Parlement. En revanche, les plus de 50 ans soutiennent Rowling et Churchill avec une marge écrasante de 85 contre 5.

Les jeunes sont influencés par les médias sociaux, mais les écoles jouent un rôle important dans le renforcement des croyances woke. Une nette majorité d’écoliers britanniques sont endoctrinés avec des idées culturelles socialistes. Parmi les jeunes de 18 ans que j’ai échantillonnés, 63 % ont appris ou entendu parler par un adulte à l’école au moins un des trois concepts dérivés de la théorie critique de la race : « privilèges blancs », « préjugés inconscients » ou « racisme systémique ». Si nous incluons des idées féministes radicales telles que le « patriarcat » ou l’idée qu’il existe plus de deux genres, ce chiffre monte à 78 %. Ceux qui en ont appris davantage sur ces théories de justice sociale critique (CSJ) sont plus susceptibles de favoriser le politiquement correct comme moyen de protéger les groupes défavorisés, plutôt que de considérer le correctivisme politique comme un étouffoir de la liberté d’expression.

Les jeunes qui ne sont pas d’accord avec l’orthodoxie le font à leurs risques et périls, et le programme d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) les oblige à se censurer. Une majorité de jeunes de droite qui ont déclaré avoir appris au moins trois des cinq concepts CSJ ​​craignaient d’être expulsés ou punis pour avoir exprimé leurs opinions. Près de la moitié des employés de droite de moins de 35 ans qui ont suivi une formation sur la diversité craignent d’être licenciés ou de perdre leur réputation.

La pression des pairs est souvent immense, s’ajoutant aux sanctions institutionnelles. La grande majorité des jeunes soutiennent Remain [Rester dans l’Union européenne], et seulement un tiers des jeunes partisans de cette option disent qu’ils sortiraient avec un partisan du Brexit. Ceux qui font de la discrimination dans leurs fréquentations sont également beaucoup plus susceptibles de faire de la discrimination à l’embauche. Quatre-vingts pour cent des partisans de Rester [dans l’Union européenne] qui disent qu’ils seraient « très mal à l’aise » de sortir avec un partisan du Brexit disent, toutes choses étant égales par ailleurs, qu’ils préféreraient embaucher un partisan de Rester [dans l’UE] à un partisan du Brexit.

Comme le remarque Ed West dans son livre Small Men on the Wrong Side of History, il existe une puissante culture jeune anti-conservatrice reproduite dans les médias et le système éducatif et qui bénéficie d’un élan de deux décennies. Ce point de vue est devenu plus strident chez les moins de 25 ans alors que la politique se moralise et prend des proportions de lutte cosmique entre le bien et le mal. Il n’est donc guère étonnant que les élections de 2019 aient révélé un écart partisan sans précédent de 43 points entre les habitudes de vote des plus de 65 ans et celles des moins de 25 ans.

Il ne s’agit pas d’une « rente générationnelle » qui ne parvient pas à atteindre les objectifs matériels de la classe moyenne comme la propriété d’une maison ou une famille. Ni la propriété d’un logement ni l’état matrimonial ne changent beaucoup les attitudes envers la liberté d’expression ou le passé britannique lorsque vous considérez l’éducation, l’âge ainsi que d’autres facteurs. Bien qu’il soit prouvé que les gens se déplacent de 20 points vers la droite au cours de leur vie, cela est loin d’être suffisant pour compenser le déficit actuel des conservateurs parmi les moins de 35 ans. Des stratèges conservateurs complaisants qui pensent que les jeunes d’aujourd’hui reviendront comme par magie au bercail une fois qu’ils paieront des impôts, souscriront à une hypothèque ou fonderont une famille vont avoir un réveil brutal quand, en deux décennies, ils deviendront un parti d’opposition naturel comme les conservateurs du Canada. [Un parti qui attend pendant de longues années une alternance, comme par lassitude de l’électorat envers le parti naturel du pouvoir, la gauche.]

Mon travail montre que le public s’oppose au wokisme par une marge de plus de deux contre un sur 25 questions, et ces questions divisent la gauche tout en unissant la droite. Pourtant, les conservateurs semblent incapables de lutter contre la propagation du socialisme culturel dans les écoles, la santé publique, la police et la fonction publique. Les députés conservateurs manquent à la fois de conviction et de courage pour agir, contrairement à leurs homologues républicains américains comme Ron DeSantis. Trop nombreux sont les libéraux d’affaires qui prêchent le dynamisme économique et se soucient peu de la culture et des traditions du pays. Cela se reflète dans le chiffre sans précédent de la migration nette de plus d’un demi-million [en 2021-2022] et dans l’inattention soutenue pendant des années au flux de demandeurs d’asile traversant la Manche.  

[Au cours de l’année se terminant en juin 2022 : 1,1 million de personnes ont migré vers le Royaume-Uni et 560 000 personnes en ont émigré, laissant une migration nette de 504 000 personnes. L’ONS [Office de la Statistique] a déclaré que les chiffres de l’immigration et de la migration nette, qui n’incluent pas ceux qui arrivent par des routes clandestines telles que sur de petits bateaux à travers la Manche, étaient les plus élevés depuis qu’il a commencé à collecter des statistiques sur la migration en 1964. Le record précédent pour la migration nette était juste plus de 330 000 en 2015.] Ceci malgré les promesses du parti dit conservateur de juguler l’immigration, une des raisons avancées pour réclamer le Brexit.]

Si la plupart des Britanniques ne croient plus à la liberté d’expression ou à la raison scientifique et considèrent notre passé comme un cauchemar raciste, il ne s’agit pas d’un sujet mineur dans la « guerre culturelle ». Cela mine l’essence même de la civilisation britannique.

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dimanche 27 novembre 2022

Les illusions perdues et la conversion au nucléaire de Greta Thunberg

Pour Bruno Alomar, économiste et professeur à Sciences-po, la conversion de l’icône du climat au nucléaire est la preuve que le réel finit toujours par renverser l’idéologie :

L’Europe gelée, victime collatérale consentante, du Grand Jeu américain contre la Russie ?

« Enfin Greta adouba l’énergie nucléaire », serions-nous tentés de nous écrier pour saluer la jeune Greta Thunberg, égérie de l’écologie politique, qui a déclaré le 11 octobre à la télévision allemande qu’il serait sans doute préférable de prolonger les activités des centrales nucléaires plutôt que de rouvrir des centrales à charbon. Voilà le nucléaire civil sauvé ! Les autorités politiques nationales et européennes n’ont plus qu’à obtempérer. D’ailleurs la Suède l’a bien compris, qui a annoncé la construction de nouveaux réacteurs nucléaires quelques jours après ces déclarations.

Le propre du réel, est que, tout ou tard, il renverse l’idéologie

Disons-le sans ambages : la façon dont les médias, le monde politique, en un mot l’Occident s’en laisse compter par une jeune fille — dirions-nous une gamine ? — inexpérimentée ne lui fait pas honneur. Et si de beaux esprits citeront avec emphase le rôle de l’enfant du conte d’Andersen qui ose seul dire que le « roi est nu », il faut plutôt voir dans les fureurs de Mademoiselle Thunberg une lointaine réminiscence de ces enfants destructeurs que le Moyen-Âge et la Renaissance ont connus, qu’il s’agisse des pastoureaux ravageant la France ou des séides de Savonarole brûlant les œuvres d’art dans la Florence du Quattrocento.

Le propre du réel, est que, tout ou tard, il renverse l’idéologie. Alors que le réel frappe à notre porte, beaucoup de certitudes tombent, et pas seulement celles de Mlle Thunberg. Trois exemples l’attestent. Les écologistes ont entraîné le monde dans une transition si rapide qu’elle est pour partie ratée.

Le premier, tient donc à l’énergie. L’idéologie environnementale a causé des dégâts immenses et durables. Car au mépris des réalités, les écologistes ont entraîné le monde dans une transition si rapide qu’elle est pour partie ratée. Comprenons-nous bien : le développement d’alternatives aux énergies fossiles, une utilisation mesurée des ressources sont indispensables. L’UE a d’ailleurs plaidé en ce sens dès 2000. Mais tout est question de mesure, de cette mesure dont Nietzsche disait qu’elle est le plus sûr acquis de l’expérience, et dont les écologistes radicaux sont à l’évidence dénués… quel que soit leur âge.

Le second tient à la question de la défense. Durant des années, bercée de l’illusion des dividendes de la paix, se croyant si moderne que seule elle avait compris que le doux commerce allait mettre fin aux conflictualités, l’Europe a regardé avec suspicion les questions militaires. Il était temps d’en finir — si besoin en les privant de financement — avec ces entreprises que l’on condamnait tels les « marchands de canons » de l’entre-deux-guerres. Et puis la guerre en Ukraine survint. Et dans un mouvement de panique, après avoir stigmatisé les entreprises de défense, l’on — c’est-à-dire financiers, journalistes, politiques — s’est souvenu que, peut-être, il était nécessaire de savoir se défendre. Que l’industrie de défense c’était aussi non seulement des emplois, non seulement de l’innovation, mais bien plus encore la colonne vertébrale de cette réindustrialisation qui est devenue un nouveau mantra.

L’Union européenne ne pèse plus rien
 
Obsédée par la réduction des émissions de CO2, l’Union européenne n’a pu que constater qu’elle n’était pas suivie dans sa croisade. Son isolement, désormais acté, risque de nous coûter cher.
 
Sans surprise, la COP-27 est une déception pour les militants du climat, mais une réussite pour l’Égypte et d’autres pays africains et quelques autres qui ont fait pression pour défendre leurs intérêts. L’Union européenne, leader des COP, a été, comme l’année dernière à Glasgow, désavouée par la majorité des pays.
 
Il n’y a toujours pas d’« augmentation des ambitions » pour réduire les émissions mondiales de CO2. La COP-27 a finalement admis que tenter de les atténuer est une chimère. Depuis la COP-1, les émissions ont augmenté de 59 % et, sans la crise du Covid, elles auraient augmenté de 65 %. L’Union européenne peut encore penser qu’elle est le leader mondial, elle ne l’était déjà plus, et la rencontre de Charm el-Cheikh l’a confirmé.

Les négociateurs de l’Union n’ont pas apprécié, paraît-il, la façon dont les tractations ont été menées par la présidence égyptienne. Mais comment le pays hôte pourrait-il s’opposer à l’utilisation des combustibles fossiles alors que, grâce à de nouveaux gisements de gaz naturel dans la mer du Levant, il est non seulement en train de devenir autosuffisant, mais il va devenir un exportateur de gaz ?

​Ce ne sera guère mieux l’année prochaine, puisque la COP-28 se tiendra aux Émirats arabes unis, un pays qui doit sa prospérité au pétrole et au gaz au point d’avoir choisi de faire figurer sur son drapeau la couleur noire, pour l’« or noir ». L’année prochaine, l’Union européenne sera de nouveau désavouée.
 
​On voudrait nous faire croire que cette COP a posé les bases de la justice climatique, car on a annoncé la création d’un fonds d’aide aux pays les plus pauvres pour compenser les « pertes et dommages » causés par le développement de la prospérité et de la qualité de vie dans les pays de l’OCDE. Seule l’idée a été adoptée, tout le reste est à définir. Mais déjà la France a proposé d’organiser une réunion à Paris pour convaincre les potentiels donateurs, sans doute aussi pour tenter de contrer la forte influence russe et chinoise en Afrique.

La COP-27 aura surtout servi à montrer à l’UE que les pays africains ont l’intention de se développer et que cela ne se fera qu’en augmentant les émissions de CO2.
 
C’est lors de la COP de Cancún, en 2010, que les 100 milliards de dollars par an d’un fonds vert avaient été promis pour que les pays en croissance puissent acheter des éoliennes dans les pays riches. En vain puisque, entre 2011 et 2021, les éoliennes et les panneaux solaires n’ont répondu qu’à 20 % de la croissance de la demande énergétique, si bien que l’écart entre les énergies fossiles et les énergies renouvelables se creuse. Mais on ne change pas une équipe qui perd ! 
 
Heureusement, comme le montrent des travaux de plus en plus nombreux, il n’y a pas d’urgence climatique. Il faut économiser avec mesure et s'adapter.

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L’expérience allemande des énergies renouvelables est terminée

Une fois en Amérique Nord, l’empreinte carbone d’un immigré est multipliée par plus de trois (3) 

Écologie — Évolution de la recherche « acheter du bois de chauffage » en Allemagne

« J’ai arrêté de payer » : la fronde des Britanniques face à l’explosion de leur facture d’énergie  

« Écologie » — Forêt millénaire allemande détruite pour faire place à des éoliennes 

L’Ontario perd des terres agricoles à un rythme effréné à cause de la croissance démographique 

Pour une écologie scientifique et non politique 

Bureau de l’environnement de l’ONU en 1989 : Plusieurs pays risquent de disparaître sous les flots

AFP — Ours polaire « symbole du réchauffement climatique » aperçu en Gaspésie

 « L’écologie politique consiste en une offensive contre l’Occident »

Catastrophisme — la SRC et le palais de Buckingham sous eau

Le Canada se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète… Est-ce grave ? [détails sur la hausse du niveau de la mer sur les côtes canadiennes et québécoises]

Facebook censure Bjorn Lomborg pour avoir écrit que la hausse des températures sauve 166 000 vies/an (un fait) 

« 340 millions menacés par la hausse du niveau de la mer en 2050 », quand les gros médias prennent l’eau    

« Des coraux plus résistants à la chaleur » ou des études précédentes peu fiables et alarmistes ?

samedi 26 novembre 2022

« Tradition franque » d'hommes libres contre esclavage traditionnel méditerranéen y compris européen

Le commerce des hommes fut très développé en terres chrétiennes au Moyen Âge et jusqu’au XVIe siècle. Une réalité jusqu’ici négligée. Recension de l’ouvrage Maîtres et esclaves en Méditerranée de Claude Hocquet parue dans le Figaro Littéraire.

De nombreux ouvrages ont traité la question de l’esclavage. Le mérite de l’enquête de l’historien Jean-Claude Hocquet est de reprendre entièrement ce dossier et de souligner son importance trop souvent négligée autour de la Méditerranée. Car l’ancienne Mare Nostrum, probablement marquée par l’héritage antique, est une des rives où l’esclavage fut le plus diffus, du côté oriental, ce qu’on savait, l’islam ne se démarquant pas des sociétés antiques sauf sur une exception (il ne reconnaît pas l’esclavage pour dettes), mais aussi du côté occidental, ce qui reste assez ignoré.

Allégorie de la victoire de Lépante du roi d’Espagne Philippe II (et de ses alliés) contre les Ottomans en 1571. Tableau du Titien. En bas à gauche, un combattant turc réduit en esclavage.

Remettant en question les études de certains historiens de la Méditerranée, tout en s’inscrivant dans la lignée de Braudel, l’auteur nous fait découvrir une face très sombre de l’esclavage méditerranéen, qui était au Moyen Âge bien plus répandu qu’on ne saurait l’imaginer. On le retrouve non seulement dans les terres d’Afrique — puisque les Arabes furent d’importants marchands d’esclaves de cette époque — mais aussi dans les terres chrétiennes, ce qui offre une perspective nouvelle sur un dossier généralement sous-estimé, voire ignoré : la pratique de l’esclavage dans l’Europe chrétienne.

Le christianisme n’a pas mis fin au Moyen Âge à l’esclavage, même si, finalement, son message (la fameuse Épître aux Galates) a pu être décisif. Mais il n’a pas empêché, au moins jusqu’au XVIe siècle, le recours aux esclaves. Cet usage s’était répandu un peu partout dans les villes commerçantes de Venise, Gênes, Naples, Barcelone ou Valence, ce que l’auteur appelle les « cités esclavagistes de premier plan ». Toutes les terres méditerranéennes ont été frappées par cette pratique de l’esclavage, y compris des terres qui seront ensuite annexées à la couronne de France, comme le comté de Provence.

Mais le royaume de France se distingue des autres nations chrétiennes méditerranéennes et, pour une fois, « l’exception française » ne se contente pas d’être une simple posture. La justice du royaume des Lys affirme qu’il n’y a point d’esclave en terre de France. On cite souvent l’ordonnance de Louis X le Hutin (« chacun doit naître franc »). Mais l’auteur, qui ne la mentionne pas, insiste plutôt sur les procès qui ont eu lieu entre les possesseurs d’esclaves et la justice à partir du XVe siècle. Même si tous ces principes mettent un certain temps avant de s’établir. La Provence, avant d’être annexée à la couronne, a connu, précise l’auteur, un régime esclavagiste proche de celui en vigueur en Ligurie et en Catalogne.

France, mère de la liberté

Que vont devenir ces esclaves lorsque le comté est annexé à la France ? Il va y avoir de nombreuses actions en justice, car beaucoup de Provençaux exploitent des esclaves (on parle bien d’esclaves et non simplement de serfs). L’autorité royale semble vouloir combattre de telles pratiques. Ce sont les traditions « franques » d’un peuple libre qui servent de fondement à ce refus. Les élites se pensent alors issues des forêts de Germanie où dominait la liberté. En 1571, des esclaves « maures » qu’un marchand normand tentait de vendre après les avoir achetés sur les côtes barbaresques furent libérés par le Parlement de Guyenne, qui affirma : « La France, mère de la liberté, ne permet aucun esclavage. »

Cette tradition culturelle a profondément inspiré les élites de l’époque qui étaient fort attachées à cet esprit. Lors du siège de Metz, un général espagnol demandait au duc de Guise qu’il lui livre un esclave turc, et le grand défenseur de la Ligue le lui refusa, affirmant que c’est « le privilège de la France de temps immémorial, quand ce serait le plus barbare et étranger du monde, ayant mis seulement le pied dans la terre de France, il est aussitôt libre et hors de tout esclavage ». Évidemment, ce généreux discours ne vaudra, comme chacun sait, que pour la terre française. Il en sera bien autrement dans les colonies. L’auteur ne parle pas de la traite atlantique, mais il revient sur toutes les singularités de cet esclavage méditerranéen, il se demande pourquoi l’esclavage médiéval et moderne a ignoré les grandes révoltes d’esclaves à la Spartacus qui avaient émaillé l’histoire antique. Il disserte aussi sur les positions parfois équivoques des papes. Bref, autant de questions qui font l’intérêt d’un sujet à la fois dramatique et bien plus complexe qu’on ne l’a longtemps cru.


Maîtres et esclaves en Méditerranée,

de Jean-Claude Hocquet
paru le 20 octobre 2022,
aux éditions du CNRS,
330 pages,
ISBN-13 : 978-2271132994

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Radio-Canada nous « éduque » : « plus de 800 mille-z esclaves en sol canadien » en 1834

« La traite arabo-musulmane est volontairement occultée dans les mémoires de l’esclavage » 

Un million d’esclaves européens chez les Barbaresques 

Le génocide voilé (traite négrière musulmane)  

Histoire — la traite esclavagiste a-t-elle permis le décollage économique de l’Occident ?

 
Manuel d’histoire québécois approuvé par le Ministère (1) — chrétiens intolérants, Saint-Louis précurseur des nazis, pas de critique de l’islam tolérant pour sa part

« “Connais-toi toi-même”, ce proverbe africain », selon le plus grand syndicat d’enseignants américain

 

vendredi 25 novembre 2022

Selon le président de l'Association des enseignants allemands, la forte immigration explique les mauvais résultats scolaires allemands

Pourquoi les écoles allemandes se comparent-elles si mal aux autres écoles dans le monde (30e place selon un classement international) ? Une étude récente de l’Institut de recherche économique (Université de Munich) montre que 23,8 % de tous les étudiants « n’acquièrent aucune compétence de base qui devrait être enseignée à l’école ».


Le président de l’Association des enseignants allemands, Heinz-Peter Meidinger (68 ans), s’adresse sans détour au quotidien populaire Bild : « Une raison décisive de la baisse des performances dans les écoles primaires est la proportion d’élèves issus de l’immigration, qui a augmenté de plus de 50 pour cent au cours des 10 dernières années. » Selon Meidinger, « plus leur proportion est élevée, plus le niveau est faible, au moins dans l’ensemble — cela a été démontré par les études PISA d’accompagnement. »

Meidinger a également souligné : « Si une grande partie de la classe n’est plus du tout en mesure de suivre l’enseignement, l’enseignant doit bien sûr abaisser les objectifs. Le niveau de performance des enfants non issus de l’immigration diminue alors également ».

Pour Meidinger, la ministre fédérale de l’éducation Bettina Stark-Watzinger (54 ans, FDP) est « une reine sans fief, car la politique scolaire proprement dite est décidée par les régions (Länder) ».

En ce qui concerne les 200 000 étudiants ukrainiens dans le pays, Meidinger s’est également montré sceptique quant à savoir « si une intégration permanente et réussie dans le système scolaire allemand sera possible si les conditions ne s’améliorent pas ».

La ministre Stark-Watzinger reconnaît la faiblesse de niveau, a-t-elle déclaré au Bild, au vu des mauvaises performances des écoles allemandes : « Cette évolution est alarmante et montre clairement le grand besoin d’action. Nous avons besoin d’écoles modernes, de plus d’enseignants et de plus d’enseignement numérique. »

Stark-Watzinger a souligné qu’avec le programme « bon démarrage », elle souhaitait « y mettre le paquet » afin d’assurer à long terme de meilleures chances de formation en Allemagne.

Source

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Allemagne — part des moins de 6 ans issus de l’immigration 

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Hôpital pour enfants de Toronto : politique pour aide médicale à mourir destinée aux enfants sans autorisation préalable des parents

Dans une revue médicale prestigieuse, des médecins de l’Hospital Sick Children de Toronto ont établi des politiques et des procédures pour administrer l’aide médicale à mourir aux enfants [euthanasier/les aider à se suicider], y compris dans les cas où les parents ne seraient informés qu’après le décès de l’enfant. 


L’article paraît à peine trois mois avant que le Conseil canadien des académies ne rende compte au Parlement du consensus médical sur l’extension de l’euthanasie volontaire dans des circonstances actuellement interdites par la loi. Le Conseil canadien des académies cherche spécifiquement à étendre la prétendue aide à mourir aux patients de moins de 18 ans, aux patients psychiatriques et aux patients qui ont exprimé une préférence pour l’euthanasie avant d’être rendus incapables de le faire pour cause d’Alzheimer ou d’une autre maladie.

L’article du 21 septembre rédigé par des médecins, des administrateurs et des éthiciens de Sick Kids a été publié dans J Med Ethics du British Medical Journal et soutenu par le Joint Centre for Bioethics de l’Université de Toronto.

Dans un organigramme qui décrit comment une mort médicalement provoquée se produirait à l’hôpital pour enfants malades de Toronto, les auteurs Carey DeMichelis, Randi Zlotnik Shaul et Adam Rapoport ne mentionnent pas de conversation avec la famille ou les parents sur la façon dont l’enfant mourra jusqu’à ce que le décès se produise pendant la « période de réflexion ».

La confidentialité des patients régit la décision d’inclure ou non les parents dans une décision concernant une mort assistée, ont déclaré les auteurs. Si des mineurs mentalement aptes de moins de 18 ans stipulent qu’ils ne souhaitent pas que leurs parents soient impliqués, les médecins et les infirmières doivent respecter la volonté des patients.

« Habituellement, la famille est intimement impliquée dans ce processus de prise de décision (de fin de vie) », écrivent-ils. « Si, toutefois, un patient mentalement apte indique explicitement qu’il ne veut pas que les membres de sa famille soient impliqués dans sa prise de décision, bien que les prestataires de soins de santé puissent encourager le patient à reconsidérer et à impliquer sa famille, en fin de compte, les souhaits des patients aptes en matière de confidentialité doit être respecté. »

La politique proposée pour Sick Kids soutient qu’il n’y a pas de distinction éthique significative entre un patient choisissant de refuser un traitement pénible et acceptant une mort inévitable par rapport aux patients qui choisissent de mourir par injection chimique avant que la maladie n’entraîne la mort. Légalement, l’Ontario n’exige pas que les parents participent à la décision d’un mineur capable de refuser d’autres traitements. Par conséquent, il n’y a aucune raison légale d’exiger la participation des parents à une mort assistée, selon la politique de Sick Kids.

La bioéthicienne Bridget Campion a déclaré qu’elle n’était ni surprise ni choquée par l’article.

« Le fait est que l’aide médicale à mourir est désormais légale. Et c’est légal dans de nombreux endroits du monde », a déclaré le chercheur, conférencier et auteur à l’Institut catholique canadien de bioéthique. « Maintenant que c’est légal, de nombreux pratiquants disent : “Comment faisons-nous cela ?” Je ne suis pas du tout surprise. »

Les opposants au suicide assisté concentrent leurs efforts sur la protection de l’objection de conscience, a-t-elle déclaré, tant pour les cliniciens à titre particulier que les établissements de soins de santé confessionnels.

« Il est difficile de savoir que faire dans les circonstances. C’est désormais légal », a-t-elle déclaré. « À mon avis, si nous nous engageons à construire une culture de la vie, oubliez la législation. Il est trop tard, ce temps est révolu. Il faut absolument que nous nous assurions que certaines choses restent en place — qu’on puisse encore prodiguer des soins de santé conformes à la doctrine catholique, qu’on puisse s’opposer par objection de conscience. Mais, pour moi, la chose la plus importante est “d’accord, comment construisons-nous une culture de la vie ? Comment construisons-nous une culture de soins ? » Si nous pouvons faire cela et faire en sorte que les gens ne veulent pas d’aide médicale à mourir, alors nous aurons réalisé une bonne chose.”

Comme d’autres bioéthiciens catholiques, Campion trouve l’argument du suicide assisté basé sur les droits et l’autonomie du patient simpliste et trop étroit. La politique de Sick Kids semble ne pas tenir compte des droits ou des valeurs collectives, car elle est axée sur l’autonomie du patient.

“Ces jours-ci, ce à quoi je pense, c’est que nous avons tendance à considérer la médecine comme une chose très privée — entre le patient et le clinicien”, a-t-elle déclaré.

“Nous devons également penser aux communautés de santé, aux communautés de bien-être.”

Source

Rappel du philosophe non croyant Luc Ferry sur les raisons de l’Église catholique de s’opposer à l’euthanasie et “au suicide assisté”

Immigration — Les Français durcissent le ton

La position des Français en matière d’immigration tend à se durcir. C’est ce que montre un sondage Odoxa Backbone Consulting [Bienvenue en France!], réalisé en exclusivité pour Le Figaro. Alors que doit débuter au mois de décembre un débat au Parlement sur le sujet, l’opinion publique opte de plus en plus pour un freinage de la politique d’accueil du pays.

«Il y a trop d’immigrés en France.» En quatre ans, ce constat s’est progressivement installé au sein de la population. Aujourd’hui, pas moins de 72% des citoyens le partagent, soit 9 points de plus qu’en 2018. Sans surprise, cela concerne en très grande partie les sympathisants du Rassemblement national (97 %), ceux des Républicains (82%) mais aussi de Renaissance [parti de Macron] (66%). Tous n’appellent pas pour autant à fermer drastiquement les frontières, et certains (30%) estiment même qu’il faut continuer d’accueillir les réfugiés. Mais ils sont de plus en plus minoritaires.
 
Des migrants se tiennent à bord d'un bateau dans la ville de Paleochora, au sud-ouest de l'île de Crète, le 22 novembre.

Mauvaise opinion

Dans ce contexte, la politique migratoire d’Emmanuel Macron est elle aussi observée avec sévérité : 7 Français sur 10 ont ainsi une mauvaise opinion de l’action menée, et chacun y va de sa critique. Pour la gauche, c’est un manque de générosité.


Pour la droite, c’est un laxisme démesuré

La décision récente de l’exécutif d’accueillir le navire Ocean Viking à Toulon n’a pas non plus aidé à redorer le blason du gouvernement. Cet accueil a même vivement divisé les Français, lesquels pensent, pour 53 % d’entre eux, que ce choix était une erreur, contre 46% le saluant. Les plus réfractaires sont une fois de plus du côté des sympathisants du RN (93 %) et des Républicains, dans une moindre mesure (62%). Sans surprise là aussi, les sympathisants de gauche se sont plutôt réjouis de ce revirement, qu’il s’agisse des Insoumis et des socialistes (73%) ou des écologistes (62 %).

Dans ce contexte, les mesures du projet de loi immigration sont particulièrement attendues. Certaines d’entre elles, comme le durcissement des mesures d’expulsion des étrangers en situation irrégulière, sont même largement approuvées (85 %). C’est aussi le cas de l’amélioration de l’insertion professionnelle des travailleurs étrangers, qui convainc 66% des sondés. Enfin, pour 8 Français sur 10, il convient d’inscrire les étrangers menacés d’expulsion au fichier des personnes recherchées, pour rendre les obligations de quitter le territoire français (OQTF) plus efficaces. Un débat tragiquement relancé au mois d’octobre, après le meurtre de la petite Lola par une étrangère en situation irrégulière. 

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mercredi 23 novembre 2022

Haine — le tueur du club LGBTQ se dit « non binaire », veut qu'on utilise « they » comme pronom, né dans une famille décomposée

L’homme qui a ouvert le feu dans une boîte LGBTQ+ de Colorado Springs, dans l’ouest des États-Unis, et qui a fait cinq morts dans la nuit de samedi à dimanche pourrait être poursuivi pour meurtres et pour crimes motivés par la haine.

Des membres de la communauté LGBTQ+ se sont réunis devant l’établissement pour rendre hommage aux victimes.
 
Ce tragique incident a été immédiatement récupéré par les militants LGBTQ+, les politiciens qui s’y associent, ainsi que les médias de grand chemin progressistes comme l’Agence France Presse (AFP) et Radio-Canada.

C’est ainsi que l’AFP (repris par Radio-Canada) écrivait :

Le président Joe Biden a appelé lundi le gouverneur du Colorado Jared Polis, premier gouverneur ouvertement homosexuel élu aux États-Unis, qui s’était déclaré « horrifié et anéanti ».

Cette attaque survient six ans après la pire tuerie qu’ait connue la communauté LGBTQ+ aux États-Unis lorsqu’un Américain d’origine afghane [fort consommateur de littérature djihadiste…] avait tué 49 personnes dans une boîte gay d’Orlando, en Floride.

Elle s’inscrit dans un contexte de tensions politiques autour des questions transgenres, notamment pendant la campagne des élections américaines de mi-mandat. [Comprendre la protection des enfants contre des mutilations de « changement de sexe », voir La Floride protège les enfants du mouvement trans]

« Lorsque les politiques et les experts continuent à faire circuler des clichés, des insultes et de la désinformation à propos de la communauté trans et LGBTQ+, voilà le résultat », a fustigé dimanche Brianna Titone, première législatrice transgenre élue à la Chambre des représentants du Colorado.

L’ennui avec cette instrumentalisation pavlovienne des forces « progressistes », c’est que le tueur serait un membre de cette même communauté LGBTQ… si l’on en croit l’avocat de la défense du tueur présumé. Voir image ci-dessous. Il est également l’enfant d’une famille dysfonctionnelle.


Le tireur du club LGBTQ+ du Colorado, Anderson Lee Aldrich, a précédemment changé de nom et s’identifie désormais comme non binaire, en utilisant les pronoms ils/eux.

Aldrich, 22 ans, est soupçonné d’avoir tué cinq personnes et d’en avoir blessé d’autres au Club Q samedi. Entre-temps, il a été révélé que leur père est une vedette du porno qui s’appelle « Dick [B*te] Delaware ».

Le nom à la naissance du suspect est Nicholas Franklin Brink. Il l’a changé en Anderson Lee Aldrich en 2016 dans une demande signée par sa mère, sa grand-mère biologique et son beau-grand-père.

Dans un dossier judiciaire, les défenseurs publics d’Aldrich ont déclaré que leur client n’était pas binaire et utilisait des pronoms ils/eux, se référant au client comme « “Mx”. Anderson Aldrich ».

Selon la demande, qui a été signée alors qu’Aldrich s’identifiait encore comme un homme, le changement de nom visait à « se protéger et à protéger son avenir de tout lien » avec son père biologique, Aaron Brink.

Dans la vidéo filmée lors de sa comparution devant une juge, Anderson Aldrich, affalé dans un fauteuil, s’exprimait avec lenteur d’une petite voix atone à l’aide de monosyllabes. Tucker Carlson de Fox News s’est demandé si l’on pouvait poser la question du rôle potentiel de substances illicites.


(Lien vers la même vidéo sur Rumble, censurée en France à cause de Macron et Cie)

Tucker Carlson dénonce l'instrumentalisation éhontée et mensongère du massacre par les médias « progressistes »

Famille décomposée, père acteur de porno au dossier de police chargé

Aaron Brink aurait quitté la mère d’Aldrich quand Anderson était bébé, avant de se lancer dans la MMA et le porno, sous le pseudonyme de « Dick [B*te] Delaware ».

Il est également apparu devant la caméra dans les émissions de téléréalité Divorce Court and Intervention en 2009, lorsque sa fiancée a tenté de lui faire cesser de consommer du crystal meth, selon le New York Post.

Brink a de longs antécédents criminels, y compris des condamnations pour voies de fait contre la mère du tireur présumé, Laura Voepel, avant et après la naissance du suspect, selon les dossiers des tribunaux d’État et fédéraux.

Une condamnation pour délit de coups et blessures en 2002 en Californie a abouti à une ordonnance de protection qui interdisait initialement au père, Aaron F. Brink, de contacter le suspect ou sa mère, sauf par l’intermédiaire d’un avocat, mais a ensuite été modifiée pour permettre des visites surveillées avec l’enfant.

Le père a également été condamné à deux ans et demi de détention pour importation de marijuana. Alors qu’il était en liberté surveillée, il a violé ses conditions en testant positif aux stéroïdes illégaux, selon les archives publiques.

Brink a participé à des sports de combat MMA, au sein de l’UFC et d’autres compétitions de combat, avec 29 victoires et 27 défaites à son tableau.

Il a été encouragé à faire du porno par un producteur de combats de lutte MMA lors d’une fête et a commencé à jouer dans des films en 2002. Il est retourné dans l’industrie pour adultes en 2019 après une longue interruption. 

Il y a quelques jours un autre bar LGBTQ attaqué à plusieurs reprises

Il y a quelques jours, à New York, un autre bar LGBTQ a été attaqué. Immédiatement, la même scie sur la preuve que ces attaques illustrent la haine qui menace « la communauté » a fait le tour des médias. Quelques citations d’un article de NBC ci-dessous.

Erik Bottcher, conseiller municipal homosexuel de New York, a qualifié les incidents de « crimes de haine » dans un tweet dimanche et a exhorté toute personne disposant d’informations permettant d’identifier l’auteur à contacter le NYPD Hate Crime Task Force. 

« L’épidémie de violence anti-LGBTQ+ est nationale », a également tweeté dimanche Mark Levine, le président de l’arrondissement de Manhattan. « Un bar gay bien connu du côté ouest de Manhattan a été attaqué à plusieurs reprises ces dernières semaines. Nous ne pouvons pas supporter cela. »

Mais il y a un pépin : le suspect, Sean Kuilan, identifié grâce à des vidéos de surveillance, affirme être un homosexuel lui-même et n’avoir agi que pour venger autrui. La police n’a pas retenu la haine comme le motif de ces attaques.

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Carence de crimes haineux, il faut les inventer ?

La croisade des LGBT contre la liberté d’expression et les distinctions linguistiques immémoriales

Enfants élevés par des couples homos deux fois plus susceptibles d’être déprimés et obèses 

Étude suédoise : les « mariés » de même sexe sont trois fois plus susceptibles de commettre un suicide

Étude suggère des risques pour les enfants élevés par des couples homosexuels


Québec adopte des critères « diversitaires » pour l'octroi de bourses d'étudiants en maîtrise et doctorat

Un texte de Patrick Moreau, paru en tribune libre dans le Devoir. L’auteur est professeur de littérature à Montréal, rédacteur en chef de la revue Argument et essayiste. Il a notamment publié Ces mots qui pensent à notre place (Liber, 2017) et La prose d’Alain Grandbois. Ou lire et relire Les voyages de Marco Polo (Nota bene, 2019). Rappelons que certains prétendent que le gouvernement québécois de la CAQ est « conservateur ».

Depuis l’année passée, les Fonds de recherche du Québec (FRQ) ont modifié les critères qui leur servent à évaluer les dossiers de demandes de bourses déposés par des étudiants qui se lancent dans une maîtrise ou un doctorat. Jusque-là, les critères pris en compte par l’organisme subventionnaire étaient essentiellement des critères d’excellence : parcours universitaire, notes obtenues, prix et récompenses. À ces premiers critères s’en ajoutaient d’autres, destinés à évaluer la valeur du projet de recherche présenté : originalité et pertinence, méthodologie, etc. Tous ces critères tendaient donc à une évaluation des qualités du chercheur et du projet de recherche pour lequel celui-ci demandait le soutien des FRQ.


 

Seulement voilà, depuis le printemps 2021 s’est ajoutée à ces éléments la prise en compte d’une autre série de critères réunis sous la rubrique « mobilisation sociale ». Or, ceux-ci renvoient davantage à une évaluation politique des différents projets qu’à une évaluation de leur qualité. Il y est question notamment de « capacité d’engagement » et de « prise en considération des objectifs de développement durable des Nations unies, dont l’équité, la diversité et l’inclusion ».

Lors de leur demande de bourse, les candidats doivent donc expliquer en quoi leur projet de recherche constitue « une participation citoyenne » et contribue d’une manière ou d’une autre à cette « mobilisation sociale » qui vise l’atteinte d’objectifs de « développement durable » ou d’« inclusion ».

Ces nouveaux critères laissent craindre que les FRQ ne confondent recherche scientifique et militantisme. Le document explicatif qui accompagne l’énoncé de ces nouveaux critères semble d’ailleurs confirmer une telle crainte puisqu’à titre d’exemples de projets de recherche qui y satisferaient, il énumère : « Effets de la pollution sur la santé », « Autonomisation des femmes autochtones », ou encore « Logement abordable et santé mentale ». En dehors de ces sujets « sociaux » ou « écologistes », en eux-mêmes parfaitement louables, on comprend qu’il sera évidemment plus difficile pour des chercheurs qui se penchent sur des phénomènes astronomiques, la physique quantique ou bien l’histoire de la philosophie de justifier une telle contribution au développement durable.

Ainsi, un seul exemple de recherche en littérature est donné dans le document explicatif susmentionné ; il s’agit de « La vie littéraire au Québec », thème qui correspondrait à l’« Objectif de développement durable 11 : Villes et communautés durables ». Encore apprend-on que l’on doit cette correspondance un peu tirée par les cheveux au seul fait que les FRQ accordent de leur propre chef « une portée élargie » à cet ODD 11 « en y intégrant le patrimoine immatériel en s’appuyant sur la Convention du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO ».

On est soulagé de savoir que, grâce à ce tour de passe-passe, il sera encore possible, au Québec, de soutenir des recherches qui portent sur l’art, la littérature ou l’histoire québécoises.

Mais qu’en sera-t-il de celles portant sur la philosophie d’Aristote, la littérature française ? On devine sans trop de peine le genre de contorsions intellectuelles auxquelles on contraindra certains chercheurs qui seront sommés d’établir un lien entre leur sujet de recherche et l’un ou l’autre des ODD de l’ONU. À moins qu’afin de satisfaire aux exigences des ODD 5 (Inégalités entre les sexes) ou 10 (Inégalités réduites), ils ne se voient tous obligés de réorienter leurs recherches vers l’homophobie chez Aristote ou le sexisme des classiques — sujets en eux-mêmes pertinents, sauf à devenir un nouveau genre d’obligation morale.

De plus, ces critères ne concernent pas seulement les projets de recherche pour lesquels est demandé un soutien financier, mais le demandeur lui-même, qui doit expliquer comment il met « sa pensée, sa parole et son action au service d’une cause collective ». On exige donc de lui qu’il prouve non seulement qu’il est apte à produire une recherche de qualité, mais aussi à quel point il est « progressiste ».

Car là encore, les exemples donnés par les FRQ confirment une conception très orientée de ce que leurs responsables considèrent comme un « engagement » louable et légitime. On y trouve ainsi : « Vous faites partie d’un groupe ou d’un comité qui vise à favoriser l’équité, la diversité et l’inclusion » ; « Vous réalisez des balados pour encourager les saines habitudes de vie » ; ou encore « Vous participez au nettoyage des berges ». Le but est clair : il s’agit pour les candidats de montrer patte blanche. De montrer qu’ils communient aux idéaux du « progressisme » contemporain afin d’éviter que se glisse parmi eux un vilain climatosceptique, un odieux réactionnaire, ou bien alors un de ces « esprits forts » réfractaires à toute idéologie politique, surtout si celle-ci est imposée.

Mais est-ce vraiment à un organisme subventionnaire qui dispose de fonds publics d’imposer ses préférences idéologiques ? Surtout, n’est-il pas intolérable qu’un tel organisme public s’arroge le droit de juger de la vie privée et des opinions des personnes qui réclament son aide ? Car le choix de participer aux activités d’un organisme de bienfaisance comme celui de s’engager en faveur d’une cause quelconque relève bel et bien de la liberté individuelle.

Les FRQ ne devraient avoir à juger que des projets de recherche qui leur sont soumis, et en aucun cas de l’« engagement » des personnes qui les soumettent. Leur fonction est de sélectionner de futurs chercheurs et non des citoyens modèles.

dimanche 20 novembre 2022

Chute de la natalité et hausse du vieillissement historiques en Espagne

La natalité en Espagne préoccupe. Le nombre de naissances recensées n’a jamais été aussi bas depuis 1941.

C’est désormais un fait : en Espagne il y a davantage de personnes qui meurent que de nouvelles naissances. Un déséquilibre continu qui préoccupe l’équilibre du pays : les spécialistes estiment que durant les 50 prochaines années, la population (autochtone) sera de plus en plus faible.

113 364 décès de plus que de naissances en 2021

Selon les chiffres de l’Institut national espagnol de statistiques (INE), le taux de natalité espagnol ne cesse de baisser depuis 2010, avec une chute plus importante à partir de 2015. 

En effet, depuis 2015, le pays subit une perte progressive de population causée par un taux de natalité de plus en plus bas et une mortalité plus élevée. Une tendance qui a été aggravée par la pandémie de Covid.  Les dernières statistiques de l’INE avec des données de 2021 révèlent une certaine baisse du nombre de décès, qui a diminué de 8,7 % par rapport à l’année précédente, même si, avec 450 744 décès, ce chiffre se place au second rang du nombre de décès depuis que l’Institut de la Statistique enregistre ce nombre. Les décès ont dépassé les naissances de 113 364. Le  taux de fécondité en Espagne est de 1,19 enfant/femme. Le taux de remplacement de la population est généralement établi à 2,1 enfants/femme.

Nombre de naissances depuis 1941 (la population de l’Espagne était alors de 26 millions de personnes, en 2021 elle était de 47,4 millions)
Une génération sans enfants

Les naissances sont inégalement réparties sur le territoire : les zones les plus rurales et moins habitées recensent peu de naissances, et il y a en revanche davantage de nouveau-nés le long du littoral méditerranéen.

Deux principales raisons expliquent le phénomène. Il y a d’une part une baisse de la volonté d’avoir des enfants pour toute une génération : de nombreux Espagnols autour de la trentaine expliquent ne pas ressentir le besoin de devenir parents ; ils préfèrent leur carrière professionnelle, mais se disent aussi satisfaits de leur vie sociale sans enfants. L’État providence rassure et éloigne le spectre d’une vieillesse sans descendance. D’autre part, ceux qui souhaiteraient avoir des enfants deviennent parents de plus en plus tard, ou jamais, à cause du contexte économique du pays : les projets de grossesse sont reportés pour des raisons financières, par peur de l’avenir, de l’instabilité et du manque de perspectives professionnelles.

Un problème d’équilibre national

Les données de l’INE font état de 337 380 naissances l’année dernière, soit 1,15 % de moins que l’année 2020. Il s’agit du chiffre le plus bas depuis qu’il existe des registres de la natalité dans le pays. La baisse de la natalité et les progrès de la médecine transforment la population espagnole en une population vieillissante, pour laquelle des problèmes de pensions sont à venir. Le système de retraite espagnol va devoir affronter un souci de taille : plus de 30 % de la population appartient à la génération dite du baby-boom. Ces travailleurs seront tous à la retraite d’ici moins de vingt ans. Or, la génération qui devra permettre de payer leurs pensions de retraite est celle dite des millénariaux, qui représentent tout juste 16 % de la population, deux fois moins nombreuse donc.

Pour le gouvernement de gauche espagnol, il s’agit d’un « problème arithmétique à résoudre » pour les prochaines décennies. Le ministre de la Sécurité sociale José Luis Escrivá a expliqué que la prochaine génération, qui sera moindre, « va obliger à renforcer le système de retraite durant les vingt prochaines années ». Les experts estiment que le déséquilibre le plus important sera atteint en 2050, puis la situation devrait s’adoucir avec des coûts qu’il sera à nouveau possible d’assumer une fois la génération nombreuse des baby-boomers disparue. Plusieurs solutions sont à l’étude pour pouvoir passer ces deux décennies compliquées, notamment des modifications du système de calcul des retraites, l’augmentation des bases de cotisation, et la promotion de la retraite partielle ou de la « retraite active », entre autres.

Taux de vieillissement en forte hausse

Les chiffres du vieillissement de la population espagnole sont une année de plus étonnamment élevés. Selon les dernières données de l’Institut national de la statistique INE, l’Espagne a enregistré en 2022 un nouveau taux de vieillissement maximal de 133,5 %, autrement dit on compte 133 personnes âgées de plus de 64 ans pour 100 personnes de moins de 16 ans.

Évolution de l’indice de vieillissement de l’Espagne de 1999 (en bas) à 2022 (en haut)
 
Ce chiffre représente la plus forte croissance depuis 1999, soit 4,4 points de pourcentage, compte tenu du fait que l’année dernière, il était de 129,1 %. En d’autres termes, l’Espagne n’a pas autant vieilli en 23 ans.
 
Nationalité des mères
 
En 2020, 262 982 (77,5 %) bébés sont nés de mères de nationalité espagnole (y compris les immigrés naturalisés), 25 861 (7,6 %) de mères de nationalité africaine (y compris l'Afrique du Nord), 23 395 (6,9 %) de mères de nationalité américaine ( Amérique du Nord et du Sud), 20 089 (5,9 %) aux mères de nationalité européenne (pays européens et non membres de l'UE) et 6 751 (2,0 %) aux mères de nationalité asiatique.
 

 Sources : INE, El Mundo, El Diario

 

Voir aussi 

Espagne : la natalité à son plus bas niveau

En Espagne, la natalité baisse, le nombre d’écoles aussi

La guerre d’Espagne sans légendes  

Espagne — Vox veut permettre aux parents d’avoir leur mot à dire en éducation