dimanche 12 septembre 2021

Le courage face au mensonge (Alexandre Soljénitsyne)

Dans cette vidéo, nous nous pencherons sur deux petits textes politiques du grand écrivain Alexandre Soljénitsyne à partir desquels il nous encourage à ne plus nous soumettre au mensonge. Le refus du mensonge est en effet, selon lui, la clef de toute libération spirituelle et morale.

Le 11 septembre 2001, quand l'État espion était encore si jeune


samedi 11 septembre 2021

En Chine, une puce collée sur des uniformes scolaires

« Les élèves de l’école primaire Fenghuang peuvent accéder à l’établissement sans avoir à scanner leur carte ou leur visage [via un système de reconnaissance faciale] », annonce avec enthousiasme sur Wechat Zhuhai Tequ Bao, journal de la ville de Zhuhai, dans le sud-est de la Chine. « Les capteurs d’identification installés à l’entrée de l’école détectent la puce intégrée dans le col de l’uniforme scolaire » au moment où l’élève entre dans l’établissement, dévoile le journal.

Grâce à cette invention, des informations sur la trajectoire des élèves ou le temps qu’ils passent dans telle ou telle zone seront collectées puis transférées sur une plateforme d’information à disposition de la direction de l’école, des professeurs et des parents d’élèves.

« Cette technologie est le fruit de la recherche commune avec une société de technologie de l’information, après avoir étudié certaines failles de la gestion scolaire », indique Yan Wengui, le directeur de l’école, en montrant non sans une certaine fierté la puce intégrée au col de chemise des élèves.

Un autre atout de cet « uniforme numérique », avance le journal, est la possibilité pour les parents et leur enfant de communiquer par messagerie. Les enfants n’étant pas autorisés à utiliser leurs téléphones portables, « les uniformes numériques leur permettent désormais d’échanger avec leurs parents » au moyen de tablettes installées dans les couloirs de l’établissement. « Cela diminue considérablement la charge de travail des enseignants, parfois considérés comme des “messagers” », argumente le directeur.

L’article vante les mérites d’un dispositif qui renforcerait la sécurité dans l’école, soulignant que « lorsqu’un élève apparaît dans une zone dangereuse, comme sur le toit d’un immeuble, ou près du local électrique, le système envoie une alerte aux enseignants et aux parents ».

Un « bracelet électronique »

Sous cet article publié sur le compte du journal sur l’application Wechat, seuls les commentaires positifs sont affichés, comme celui d’un internaute qui souhaite que cet uniforme numérique soit généralisé à toutes les écoles de Zhuhai.

Mais sur Weibo, autre réseau social dominant en Chine, un internaute s’emporte, évoquant une « honte » et comparant le dispositif aux « bracelets électroniques » habituellement réservés aux délinquants et criminels. « Cette surveillance en temps réel équivaut aux bracelets électroniques pour les prisonniers », dénonce aussi un article d’Aboluo Wang, site d’information sino-américain.

Source : Courrier International


L'ex-ministre libérale noire Yolande James devient la directrice générale de la « diversité » à Radio-Canada

Nous avions manqué cette nouvelle.

L’ancienne ministre libérale québécoise Yolande James a été nommée directrice générale de la diversité et de l’inclusion à Radio-Canada, le 2 juin 2021.

Elle est entrée en poste le lundi 7 juin.

Dans ce rôle nouvellement créé, Yolande James « contribuera à l’atteinte des objectifs du diffuseur public en ce qui concerne le recrutement, la promotion et le développement des talents en matière de diversité, autant en programmation que dans les effectifs ».

Autrement dit : embaucher davantage de Noirs et de membres de minorités visibles, notamment au micro ou devant la caméra.

Elle agira comme « leader en matière d’inclusion et de mobilisation » pour Radio-Canada. C’est-à-dire qu’elle accompagnera les divers départements de la boîte dans leurs projets liés à l’inclusion et la diversité. De plus, elle va « développer et renforcer les liens de Radio-Canada avec les communautés ».

Yolande James « arrive à un moment critique à Radio-Canada », estime Michel Bissonnette. « Nous avons l’ambition de faire évoluer notre culture interne pour la rendre plus ouverte et inclusive ».

Avocate médiatrice, Yolande James est devenue en 2004 la première femme noire élue à l’Assemblée nationale du Québec. Elle a été ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles dans le gouvernement de Jean Charest, puis ministre de la Famille.

Depuis 2014, elle est commentatrice sur les ondes de Radio-Canada et de CBC. Elle cessera d’occuper ce rôle à son entrée en poste.

Voir aussi 

Pétition en faveur de la liberté de choix des garderies et CPE (Yolande James aux commandes)

Québec vu de France — garderies sans religion ou mort économique (Yolande James aux commandes)

 

 

« Rechristianisation » des écoles en Hongrie

Après les persécutions de l’époque communiste, le gouvernement de Victor Orban encourage la concurrence dans le domaine de l’enseignement. Il facilite donc la création d’écoles privées. On assiste à une « rechristianisation » des écoles en Hongrie.

La télé publique française n’aime pas.

Voir aussi

Entretien de Victor Orban sur Fox News (transcription et sous-titrage en français)

Viktor Orbán annonce un référendum sur la loi de protection de l’enfance

vendredi 10 septembre 2021

Commission scolaire English-Montréal : Le Québec n’est pas une nation

La CSEM presse Trudeau d'invalider le Projet de loi 96, qui enchâssera la nation québécoise et la nation québécoise et l'importance du français dans la constitution
 
En pleine campagne électorale, la Commission scolaire English-Montréal souhaite que la Cour suprême se prononce sur la légalité de la réforme de la langue française du gouvernement Legault. Elle nie par ailleurs le fait que le Québec soit une nation. 
 
L’organisme demande au fédéral de renvoyer le projet de loi 96 « à la Cour suprême du Canada ». 
 
Dans un document, la CSEM explique pourquoi elle fait cette requête. « Voici la question que nous devons poser encore et encore : pourquoi la protection de la langue française nécessite-t-elle de suspendre de façon générale les droits de la personne ? » soutient la commission scolaire, qui fait le procès du projet de loi piloté par le ministre Simon Jolin-Barrette. 
 
La pièce législative donne de « vastes mesures de perquisition et de saisie, des restrictions sur ceux et celles qui auront le droit de recevoir des services gouvernementaux dans la langue de leur choix, un plafond sur l’inscription aux cégeps anglophones, et une définition plus étroite des personnes se qualifiant comme membre de la communauté anglophone du Québec », déplore-t-on. 
 
Mais ce qui semble particulièrement irriter les élus scolaires de la CSEM, c’est la modification à la Constitution proposée par le gouvernement Legault. Elle lui reproche de « réécrire unilatéralement la constitution pour reconnaître le Québec comme une nation où la seule langue est le français ». 
 
La CSEM s’appuie sur un professeur de McGill à la retraite, Jon G. Bradley, pour affirmer que le Québec « n’est pas une nation et ne l’a jamais été ». « Ce n’est pas parce qu’on se prête une identité qu’elle devient nôtre, et l’intelligentsia québécoise utilise délibérément le mot “nation” de manière à évoquer une réalité qui n’existe que dans son propre mirage. 
 
Le seul mot précis à utiliser pour définir la réalité du Québec est “province” », écrit la CSEM. « Nous devons insister pour que le Québec soit toujours désigné comme une “province” », peut-on lire dans le document. 
 
Mettre de la pression
 
Pour le constitutionnaliste Patrick Taillon, qui a proposé au gouvernement de modifier unilatéralement la Constitution, la CSEM cherche à « mettre de la pression ».
 
« Ils ne peuvent pas contester eux-mêmes le projet de loi tant qu’il n’est pas adopté, alors ils demandent au gouvernement fédéral d’intervenir », explique-t-il. 
 
Il s’agit d’une manœuvre rarement utilisée, mais qui marque l’imaginaire. Pensons au renvoi relatif à la sécession du Québec en 1998, note Patrick Taillon, qui est également professeur à l’Université Laval. 
 

Douglas Murray : « nos politiques doivent penser aux conséquences à terme de l’immigration »

Douglas Murray
L’auteur de « L’Étrange Suicide de l’Europe », vaste enquête sur les vagues migratoires successives qui ont touché les pays d’Europe occidentale, alerte sur les conséquences du retrait des Américains d’Afghanistan. Une crise migratoire comparable à celle de 2015 est, selon lui, possible. Quoi qu’il arrive, les migrants continueront certainement à vouloir venir en Europe, assure le journaliste et essayiste britannique.

Après la crise migratoire de 2015, votre livre L’É­trange Suicide de l’Europe mettait en garde contre les conséquences des vagues migratoires successives. Le retour des talibans à Kaboul pourrait-il avoir les mêmes conséquences que la crise syrienne de 2015 ?

— Bien sûr. Il est probable que nous assisterons à un premier mouvement de véritables réfugiés, puis à un mouvement d’autres personnes se prétendant afghanes, puis enfin à un mouvement d’un autre groupe de migrants derrière elles, de toutes origines et sans doute assez nombreuses. L’Europe doit renforcer ses législations et son bras armé pour faire avec soin les distinctions qui s’imposent, chose que nous n’avons pas faite en 2015. Nous verrons dans les prochains mois si nos responsables politiques ont tiré des leçons du passé.

Y a-t-il un risque terroriste ? Plus largement, y a-t-il selon vous un lien entre insécurité et immigration ?

— Le risque de terrorisme est présent, évidemment. Notamment à cause des centaines de milliers d’armes laissées par les forces américaines lors de leur retraite ignominieuse et précipitée du pays. Il y aura certainement une insécurité supplémentaire due à une minorité parmi le grand nombre qui souhaitera à nouveau venir en Europe. Mais la menace beaucoup plus grande à mon avis n’est pas celle de la sécurité immédiate, mais celle de la sécurité de nos sociétés à long terme. Ceux qui s’opposent aux mouvements massifs de personnes vers l’Europe se concentrent souvent sur le point du terrorisme, car c’est à bien des égards l’argument le plus facile à faire valoir. Tout le monde s’oppose au terrorisme. Mais la question plus large, non violente et plus pertinente, est celle du long terme. Le sujet qui semble plus difficile à affronter pour les décideurs politiques européens, c’est celui sur lequel j’ai passé des années à essayer de les alerter : comprendre que les migrants continueront certainement à vouloir venir en Europe au cours des prochaines décennies. Il est malheureusement très peu probable que le niveau de vie et les libertés sociales de l’Afrique subsaharienne ou du Moyen-Orient rattrapent les nôtres dans les prochaines années. Mon opinion est que l’Europe ne peut pas être le point de rassemblement de tous les réfugiés et demandeurs d’asile du monde. Nous le sommes devenus en partie par accident géographique et en raison de notre réussite économique et sociétale. Mais aussi et surtout parce que nos dirigeants politiques ne réfléchissent pas assez clairement aux conséquences à long terme des migrations de masse. Ils repoussent toujours ce sujet. Ils s’en débarrassent systématiquement, même lorsqu’ils en parlent très fort sur le moment.

Qu’est-ce qui a changé depuis ? Les dirigeants européens ont-ils évolué ?

— Peut-être. De toute évidence, un certain nombre de personnalités européennes comme Matteo Salvini tiennent une ligne forte. Le gouvernement autrichien n’a pas hésité à dire qu’il empêcherait toute répétition de 2015 à ses frontières. Plus significatif, ou plus surprenant, sont les discours de Berlin et de Bruxelles en ce moment. Ce qui est ressorti de la récente réunion des ministres européens peut procurer un petit optimisme, qui sera sans doute déçu en temps voulu. Mais cela suggère qu’ils sont au moins conscients que nous ne pourrons pas tolérer de nouveau ce qui s’est passé en 2015. Très souvent, les politiciens n’admettent pas leurs erreurs, mais on comprend qu’ils savent qu’ils en ont fait une quand la deuxième fois ils ne refont pas la même bêtise. Nous verrons bien.

Comment honorer notre tradition d’asile sans créer un appel d’air ?

— Je suis tout à fait favorable à la possibilité de donner asile aux personnes qui ont aidé et soutenu nos efforts en Afghanistan. Il est vital pour notre réputation, en dehors de tout autre chose, que nous ne soyons pas seulement loyaux envers nos amis, mais que nous soyons perçus comme étant loyaux envers nos amis. Au-delà de cela, il y a une vérité que nous ne voulons pas admettre qui est que notre politique d’asile est, en elle-même, une fiction polie. Elle repose sur le mythe que, face à la loi européenne, tous les demandeurs n’obtiendront pas satisfaction. Les voyages modernes ont érodé cette fiction, mais notre politique ne s’est pas adaptée à la réalité. Par exemple, nous pourrions vouloir donner l’asile à chaque femme qui se verra désormais interdire l’accès à l’éducation en Afghanistan. Mais pouvons-nous le faire ? Bien sûr que non. Pourtant, nous le prétendons, et ce que je déteste le plus dans cette prétention, c’est que nous pourrions en fait résoudre beaucoup plus de problèmes si nous la laissions de côté. Je n’aime pas non plus le fait qu’on ait dévoyé le droit d’asile en filière d’immigration qui consiste essentiellement à donner un sanctuaire à quiconque parvient à rejoindre l’Europe.

Le premier ministre britannique a annoncé un droit de séjour illimité pour les Afghans évacués depuis le 13 août et ayant travaillé pour le Royaume-Uni. Peut-il combiner cet accueil avec une politique d’immigration ferme ?

— Certainement pas. La Grande-Bretagne a déjà pris un engagement massif envers le peuple de Hongkong. Ce qui pourrait amener des centaines de milliers de résidents de Hongkong à déménager au Royaume-Uni. Je ne pense pas que nous puissions continuer à faire cela. Si noble que soit le but. Nous sommes tous, dans le monde moderne, coincés dans la pensée désastreuse que je décris dans mon livre, et nous avons besoin d’une nouvelle génération de penseurs et de politiciens pour nous sortir de la situation dans laquelle nous nous sommes retrouvés. Le gouvernement britannique aura de sérieux problèmes avec son électorat s’il continue dans cette voie. Boris Johnson en particulier est en réalité très favorable à la migration de masse, mais il fait parfois des effets de manches anti-immigration quand il pense que cela l’aidera. Pourtant, il semble inquiet d’être perçu comme anti-immigration de masse. Et si vous êtes arrivé au pouvoir en promouvant une politique et que vous en menez une autre, vous ne pouvez guère vous attendre à la loyauté de vos électeurs. Mais c’est la tragédie constante du Parti conservateur. Il exige la loyauté des électeurs envers lesquels il ne montre aucune loyauté ou affection particulière en retour.

Le Brexit a-t-il permis à la Grande-Bretagne de reprendre le contrôle de ses frontières ?

— Dans une large mesure, oui. Nous pouvons maintenant faire nos propres erreurs. La plus grosse est de ne pas avoir un meilleur arrangement avec la France sur la route de la Manche. Cela n’a aucun sens que le Royaume-Uni paie les Français pour surveiller leurs propres plages. Mais nous savons tous que des deux côtés, ce sujet est un objet de mise en scène politique.

Au-delà de la question des réfugiés afghans et d’une éventuelle vague migratoire, l’Europe doit-elle revoir sa politique d’immigration légale ?

— Nous devons d’urgence reconnaître que nous ne pouvons pas être le seul endroit sur terre qui accueille tous ceux qui veulent une vie meilleure. Ce qui n’empêche pas de continuer à être ce que nous sommes. Ces dernières années, le mouvement migratoire a été trop rapide, trop intense et de nature trop éloignée de ce que nous sommes. Nous le savons tous, et nous savons que ce flux massif ne peut pas continuer. Mais on y pense mal,sans stratégie de long terme.

Une enquête de France Stratégie révélait récemment que la proportion d’enfants immigrés ou d’enfants d’immigrés d’origine non européenne a fortement augmenté au cours des trois dernières décennies dans plusieurs grandes villes de France, au point d’être parfois majoritaire. Sommes-nous à l’heure des bouleversements démographiques ? Quelles sont les conséquences ?

— C’est un changement massif - peut-être le plus important - de notre vie. Et pourtant, quiconque l’identifie, le dénonce ou même simplement le regrette, est qualifié de théoricien du complot ou de fanatique. Donc on n’avance pas. Parce que nous ne sommes pas autorisés à agir en quoi que ce soit sur des faits que, pourtant, tout le monde connaît, voire expérimente. La liste des responsables politiques français qui ont été ostracisés en la matière est aussi longue que celle que du Royaume-Uni.

Qu’est-ce qui est en jeu ?

—  Je crains que toute notre culture, je dis bien absolument TOUT, soit en jeu. J’aimerais que nous restions semblables à ce que nous étions et que nous puissions continuer à développer ce qui nous a rendus grands, ce qui donne envie au monde de venir ici. Mais je crains qu’il ne soit trop tard. Nos politiciens font de l’Europe un carrefour de rassemblement pour le monde entier. Une sorte de vaste ONU, où la Chine resterait pour les Chinois, l’Inde pour les Indiens, mais où l’Europe, elle, serait ouverte à tous. Il y a des avantages à un tel mélange s’il demeure limité dans le temps et de faible ampleur. Mais à long terme et dans de telles proportions, je pense que c’est une erreur, une très grande erreur. Tout est en jeu, pourtant on prétend à la fois que ça n’a pas d’importance et que c’est trop gros pour changer. Nous ne leurrons que nous-mêmes. ■

Source : Le Figaro Magazine

jeudi 9 septembre 2021

La Chine bannit les hommes « efféminés » de la télévision

Désormais, les hommes « efféminés » sont bannis de la télévision chinoise. 

Après plusieurs scandales liés à des vedettes chinoises, l’Administration nationale de la radio et de la télévision a décidé que les chaînes de télévision et les plateformes en ligne « ne diffuseraient plus de programmes qui développent l’idolâtrie ou des émissions de variétés et de téléréalité ». 

Des critères de sélection des acteurs seront à privilégier, comme la bonne conduite politique et morale.

Certains formats d’émissions et des concours de talents ont également été arrêtés. Le régulateur s’est engagé à promouvoir ce qu’il appelle « une image plus masculine des hommes » et critique notamment le maquillage de certaines célébrités masculines.

Tandis que les programmes qui font la promotion de la culture traditionnelle et la culture socialiste avancée, ou encore qui favorisent le patriotisme, seront encouragés. Il s’agit de recentrer la jeunesse sur la vision du Parti communiste.

Ce n’est pas la première fois que l’on assiste à une prise de position comme celle-ci : en 2019, des boucles d’oreilles, des tatouages et des queues-de-cheval de certaines célébrités avaient été floutés à l’écran de télévision.

Comptes bloqués sur les réseaux sociaux

Feng Xiaoyi n’a plus qu’à ranger son pyjama de soie et son rouge à lèvres au placard. Ce coquet blogueur au visage fardé était devenu une vedette éphémère sur la toile chinoise, en commentant ses goûts culinaires d’une voix haut perchée grâce à des vidéos virales sur Douyin, la version chinoise de TikTok. Depuis le 31 août, la puissante plateforme a bloqué le compte du jeune homme, après une cascade de commentaires dénonçant son look « efféminé ». 

La jeune pousse pékinoise Bythedance, fondatrice de TikTok, a devancé le couperet d’autorités lancées dans une spectaculaire campagne de « rectification » dans le secteur du divertissement. Il s’agit d’une nouvelle étape de la reprise en main idéologique de la société chinoise sous la houlette du président Xi Jinping. « Il faut fermement interdire le style des idoles efféminées », a décrété le pouvoir, le 2 septembre, accélérant son offensive contre les « célébrités vulgaires », accusées de dissiper une jeunesse qui doit renouer avec les fondamentaux austères du « socialisme » cher au dirigeant le plus autoritaire depuis Mao.

L’Administration nationale de la radio et de la télévision a dévoilé une stratégie en huit points bannissant les émissions formant des idoles, notamment de téléréalité et toute celle « qui n’ont pas une position politique correcte », c’est-à-dire déviant de la ligne du Parti. Le régulateur appelle à établir des critères de beauté « corrects » et à bannir les hommes « efféminés », passant à l’action, après des semaines de mise en garde implicites lancées à l’industrie du spectacle. La « disparition » en ligne depuis fin août de l’actrice vedette Zhao Wei était interprétée également comme un avertissement par les professionnels du secteur, qui avaient déjà assisté avec stupeur à la chute de la super vedette Fan Bingbing, en 2018, pour des motifs de fraude fiscale. Cette fois, Pékin ne prend plus de gants, et dégaine le drapeau de la « moralité » pour « nettoyer » l’antenne et la toile.

« Idoles » du Net dans le collimateur

De multiples célébrités bourgeonnent chaque jour sur le plus grand marché en ligne du monde, arborant souvent des allures inspirées de la K-pop coréenne ou de codes venus d’Occident, et drainent des millions de jeunes admirateurs chinois. Après les dissidents, les avocats, les universitaires, ces « idoles » du net sont à leur tour dans le collimateur du Parti qui veut reprendre en main la jeunesse. L’influence de ces vedettes à l’apparence souvent androgyne est perçue comme un facteur d’affaiblissement de la vigueur de la seconde puissance mondiale, alors que celle-ci subit le vieillissement de sa population en plein bras de fer stratégique avec les États-Unis.

Si nous continuons à nous appuyer sur le grand capital, à nous soumettre au divertissement américain et à laisser nos jeunes générations perdre leur dureté et leur ­virilité, nous nous effondrerons comme l’URSS

Li Guangman, un commentateur sur WeChat

« Si nous continuons à nous appuyer sur le grand capital, à nous soumettre au divertissement américain et à laisser nos jeunes générations perdre leur dureté et leur virilité, nous nous effondrerons comme l’URSS », prévient un mystérieux commentateur, Li Guangman, dans un billet devenu viral sur WeChat. 
 
Redresser la natalité, louer le modèle traditionnel de la famille
 
Ce Cassandre aux atours maoïstes a été repris par les grands médias officiels, du Quotidien du peuple à l’agence Xinhua (Chine nouvelle), signalant l’approbation du pouvoir rouge. Alors que le taux de natalité est en berne, comme l’a confirmé le dernier recensement de la population publié au printemps, Pékin multiplie les injonctions aux jeunes pour qu’ils se mettent en couple et enfantent, tressant les louanges d’un modèle traditionnel, tout en assouplissant la politique de l’enfant unique. Mais ces appels peineraient à convaincre une jeunesse découvrant les joies de la nouvelle prospérité, et effrayée par le coût de l’éducation d’un rejeton, ce qui pousse le Parti à s’attaquer à la racine du mal selon lui : la culture du divertissement. L’offensive contre la communauté homosexuelle, dénoncée comme un frein à la natalité, reprend également de la force ces dernières semaines.

Dénonçant les strass et les paillettes, la deuxième puissance mondiale exhorte sa population à embrasser « vigoureusement l’excellence de la culture traditionnelle chinoise et la culture socialiste avancée », en tournant le dos au consumérisme galopant de ses métropoles depuis le décollage économique de la fin du siècle dernier. Cette frugalité est dans la droite ligne du communisme spartiate cher au président Xi, qui, adolescent, forgea son caractère dans une grotte pouilleuse du Shaanxi [Chen-si], où il effectua plusieurs années de « rééducation à la campagne » durant la Révolution culturelle. Une expérience fondatrice pour ce fils d’un compagnon de route de Mao, devenu un chantre du retour aux sources révolutionnaires, tout en remettant au goût du jour les adages confucéens. Le dirigeant exhorte les cadres à « s’endurcir » pour remporter la « lutte » face aux « forces hostiles » occidentales pilotées par Washington.

Le nouvel oukase de Pékin a déclenché un flot de commentaires, souvent critiques, sur la messagerie Weibo. « On veut nous ramener à la dynastie Qing », persifle un internaute, en se référant à la dernière dynastie impériale chinoise qui régna du XVIIe siècle au début du XXe. Si le quotidien Global Times applaudit ces « mesures de nettoyage », d’autres s’inquiètent de cette nouvelle restriction à la liberté individuelle franchissant désormais la frontière de l’intime. « Ils définissent ce qui est beau et ce qui est moche. Ils imposent une seule forme de beauté, c’est ça qui est affreux », ajoute un internaute. « Tout est interdit ! Pas de cheveux teints, pas de clou dans l’oreille, pas de séries sud-coréennes ou américaines… Nous revenons à l’ère féodale », enrage un commentateur sur le Twitter chinois.

La Chine veut censurer les émissions « vulgaires » comme les télé-crochets

Lasse de voir des émissions de divertissement ne véhiculant pas une « énergie positive », Pékin entend sévir contre certaines chaînes.

Les émissions de rencontre de partenaires et les émissions de chant sont-elles vulgaires ? Apparemment oui, pour la Chine.

L’agence de presse Xinhua (porte-parole du parti communiste et considérée par Reporters Sans Frontières comme « la plus grande agence de propagande du monde ») révèle que le gouvernement aimerait faire interdire ces émissions « dérangeantes ».

D’après Xinhua, le rôle de la télé est de transmettre de « l’énergie positive » et d’avoir un but éducatif. Et si la plupart des émissions diffusées sont considérées comme correctes, quelques-unes ne respectent pas les critères de base. Ainsi, celles-ci « subiront de plus en plus de contrôles et celles qui sont vulgaires et nuisibles seront examinées […] jusqu’à être totalement interdites ».

L’agence Reuters rappelle que, par le passé, ce sont les télé-crochets et les émissions de rencontres amoureuses qui ont le plus provoqué la colère du pays. Les premières parce qu’elles attisent (trop) les émotions et les secondes parce qu’elles promeuvent la luxure.

Les Chinois devront donc se contenter d’internet pour profiter des divertissements de ce type.

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Chine — Xi Jinping s’impose dans les programmes scolaires pour consolider son pouvoir

Le dirigeant chinois veut formater la pensée des élèves avant le congrès de 2022, mais le projet n’est pas sans risques.

Rentrée austère pour les écoliers chinois. Désormais privés de jeux vidéo pendant la semaine, les élèves vont devoir en plus potasser la « pensée de Xi Jinping ». L’apprentissage des doctes paroles du président chinois est désormais obligatoire dès l’école primaire, dès cette rentrée.  

« Cher camarade, tu es prié d’apprendre par cœur les phrases d’or de grand-père Xi Jinping, qui sont pleines de sens profond et méritent d’être savourées » annonce l’introduction d’un nouveau manuel destiné aux élèves de 10 ans, truffé de photos du président, et que Le Figaro s’est empressé de commander. Xi gagne ici un nouveau surnom affectueux, pour mieux amadouer les écoliers, relève espérée du Parti communiste chinois (PCC) qui a fêté son centenaire en fanfare le 1er juillet. Dès la première page, le grand homme trône en costume Mao martial à la tribune de la place Tiananmen, saluant la foule d’un sourire débonnaire.

« La pensée de Xi Jinping sur le socialisme aux caractéristiques chinoises » a été ajoutée aux programmes des écoles primaires, et du secondaire à raison d’une session par semaine pour les classes concernées, a annoncé le ministère de l’Éducation, le 24 août. Une nouvelle relayée mezza voce par les médias officiels, comme si cette nouvelle étape dans l’établissement d’un culte de la personnalité risquait de froisser certains parents dont la plupart découvriront cette nouveauté dans les prochains jours. Les élèves doivent « consciencieusement étudier la pensée de Xi pour maîtriser la vérité et écrire un chapitre glorieux de la lutte incessante pour le bien du peuple », explique un manuel destiné aux collégiens. Cette réforme vise à « mouler l’âme des jeunes élèves », a justifié Gu Yuehua, vice-directrice pour l’éducation de la prospère province du Jiangsu.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2013, la « patrie » est entrée dans une « nouvelle ère » de renaissance, expliquent les manuels. Après avoir mis en valeur le « rêve » chinois, slogan du président, le deuxième chapitre rappelle que « le Parti est la clé du succès de la Chine », pilier central de la vision de Xi. Bien sûr, le pays est une « démocratie », mais la priorité est « la sécurité nationale », explique le manuel, et chaque citoyen doit se mobiliser pour la défendre au quotidien, dans un contexte d’affrontement stratégique sans merci avec les États-Unis. Les écoliers sont ainsi appelés à pointer du doigt les traîtres, à l’image des volontaires de quartier qui quadrillent le district de Xicheng à Pékin pour dénoncer les comportements suspects.

Il s’agit d’un nouveau seuil franchi dans la personnalisation du pouvoir en Chine, un an avant le crucial congrès du Parti de 2022 qui doit propulser le dirigeant de 68 ans vers un troisième mandat sans ­partage, à l’encontre des règles ­suivies par ses prédécesseurs. « Tout converge vers la préparation du congrès. L’entrée dans les manuels vise à imposer un autoritarisme personnel », décrypte un universitaire pékinois, qui souhaite garder l’anonymat.

À l’heure de la Révolution culturelle, les jeunes Chinois avaient dû apprendre par cœur les citations du Petit Livre rouge de Mao, et depuis la répression de Tiananmen, ils ont droit à d’énergiques cours « d’éducation patriotique » mais aucun successeur du « Grand Timonier », de Deng Xiaoping à Hu Jintao, n’avait osé s’imposer dans le corpus obligatoire des écoles du pays le plus peuplé du monde. 

« Xi est le premier leader depuis Mao à utiliser sa propre image pour imposer son pouvoir » juge Rana Mitter, sinologue à l’université d’Oxford.

« La pensée de Xi Jinping sur le socialisme » a été intégrée dans la Constitution en 2018 à l’issue du précédent congrès, et est devenue omniprésente dans les discours des officiels et dans les institutions, les cadres étant appelés à l’étudier assidûment. Dix-huit centres de recherche consacrés à l’étude de ce texte ont été récemment fondés couvrant l’ensemble des sujets stratégiques allant de la diplomatie à l’écologie, accentuant l’omniprésence de ce « prince rouge », fils d’un compagnon de route de Mao.

Après avoir imposé sa ligne au sein du Parti lors de son premier mandat, Xi affiche son objectif de reprise en main idéologique sur l’ensemble de la société, et sur le long terme. L’université mise au pas, Xi s’attaque aux écoles secondaires et primaires. « Il s’agit d’une campagne de “rectification” de l’éducation, avec pour objectif de créer des masses vouées au système », juge Alex Payette, fondateur du cabinet d’analyses Cercius. Une supervision accrue du secteur de l’éducation est entrée en vigueur le 1er septembre, pour s’assurer que la ligne du Parti est enseignée correctement dans les classes.

Sans surprise, aucune critique directe n’a filtré, depuis l’annonce de la réforme, dans un pays cadenassé par la censure. Mais l’entrée de Xi dans les écoles n’est pas sans risque pour le dirigeant, dans une Chine toujours hantée par les drames de l’ère maoïste. Les parents sont d’abord préoccupés par le succès de leur rejeton dans un contexte socio-économique qui s’assombrit. « Ils préfèrent que leur enfant étudie les maths que l’idéologie. L’éducation patriotique a été un succès, mais s’affirmer fier d’être chinois ne signifie pas qu’on veut se ranger au garde-à-vous derrière une personne. Cela pourrait être contreproductif », pointe William Callahan, spécialiste de l’éducation en Chine à la London School of Economics.

L’interdiction des jeux vidéo pour les mineurs en semaine, et limitée à une heure le week-end, décrété fin août s’inscrit également dans une reprise en main des esprits sans précédent depuis des décennies. « Xi veut imposer un culte de la personnalité, mais la société a changé », pointe Alex Payette, qui prédit des retours de bâton.

Source : Le Figaro

Éric Zemmour: extraits de son nouveau livre La France n’a pas dit son dernier mot

Médiatiquement, Éric Zemmour est sans doute aujourd’hui le seul éditorialiste à se payer le luxe d’enchaîner des émissions qui, habituellement, exigent la primeur des interventions. Après France Télévisions samedi, chez Ruquier (ci-dessous).


Zemmour enchaînera lundi 13 avec Pascal Praud (CNews) puis RTL (Alba Ventura) et RMC-BFMTV (Jean-Jacques Bourdin). Et encore, ce n’est que la première semaine de sortie de son livre. En parallèle, l’auteur va multiplier les week-ends, les rencontres avec ses lecteurs en province (il commencera par Nice et Toulon, avant Nantes), mais aussi à l’étranger (un déplacement à Budapest est programmé). 


Pascal Praud en  a lu quelques pages ce jeudi soir (heure de Paris), notamment sur le nouveau décalogue de la religion moderne :




Éric Zemmour révèle dans son livre à paraître la semaine prochaine sa conversation avec Macron 

Après l’énorme succès éditorial de son ouvrage Le Suicide français, « j’étais convaincu d’avoir gagné à moi tout seul la ­bataille des idées. J’avais seulement oublié que je n’avais pas gagné la guerre. J’avais oublié que le propre de l’idéologie est de se radicaliser au rythme où le réel la désavoue », écrit Éric Zemmour en introduction de son dernier livre. « Je me ­réjouissais d’une consécration sur le front médiatique, voire intellectuel, et je ne m’apercevais pas que mes troupes avaient été enfoncées. J’étais devenu ce “polémiste d’extrême droite multicondamné” dont on ne veut plus prononcer le nom. »

La solution lui a été soufflée par son fils : « Le diagnostic, tu l’as fait depuis longtemps. Maintenant, il faut agir. » La première étape est donc la publication de ce livre qui ­emprunte aux Choses vues de Victor Hugo. « Longtemps mon livre s’est appelé Choses tues, reconnaît l’auteur. J’ai voulu imiter Victor Hugo, car je suis devenu un acteur de cette histoire. » C’est aussi une façon pour lui de tourner la page de ses années de journalisme, quitte à brûler ses vaisseaux. À plusieurs reprises, il relate ses conversations avec Marine Le Pen ou Xavier ­Bertrand, qui ne lui pardonneront sans doute pas cette trahison du « off ». Xavier Bertrand : « Je sais bien que je n’ai pas le ­niveau. Mais plus personne ne l’a aujourd’hui. La présidentielle, ce n’est pas un examen, c’est un concours. C’est le niveau des autres qui compte. » ­Marine Le Pen sur la prési­dentielle : « Éric, tu vas faire 3 % et tu ne vas pas ­m’empêcher d’être au second tour. Mais tu m’empêcheras d’arriver en tête. »

Éric Zemmour raconte aussi pour la première fois sa conversation avec Emmanuel Macron. Après son agression verbale filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, le président de la République l’a appelé. Pendant plus de ­quarante-cinq minutes, les deux hommes vont échanger sur les « racailles », la République, les banlieues et l’islam. « Je lui dis qu’il y a toujours des individus bons ou méchants, peu ­importe, mais je crois aux inconscients collectifs qui nous ­dirigent, et l’inconscient collectif de ces populations musulmanes est de coloniser l’ancien colonisateur, de dominer ­l’infidèle au nom d’Allah. » À ces mots, selon l’auteur, ­Emmanuel Macron lui aurait concédé avoir « raison sur ce point », mais que « s’il parle comme moi, on va à la guerre ­civile ; je lui dis qu’on va de toute façon à la guerre civile si on continue la politique qu’il suit ». Le plus savoureux de cet échange reste le moment où Éric Zemmour lui parle de son projet : « Je lui dis : j’ai un plan si vous voulez, il y a de nombreuses mesures à prendre. » Il me coupe : « Ça m’intéresse. » Et à la fin de la conversation, le chef de l’État le relance : « Au fait, votre plan, faites-moi une note. » Je fais mine de ne pas comprendre : « Quel plan ? » Il enchaîne, amusé de m’avoir bousculé : « Mais voyons, votre plan sur l’immigration, mon secrétariat vous contactera. »

Bien sûr, Éric Zemmour n’en fera rien. Il ne veut pas brûler ses cartouches trop vite. Les garde-t-il pour une candi­dature à l’élection présidentielle ? Éric Zemmour se refuse à l’évoquer. Trop tôt. Trop d’incertitudes encore aujourd’hui. Ne vaut-il mieux pas attendre l’automne quand les Républicains choisiront leur candidat ? Rien ne sert de se presser et de céder à la pression médiatique. Pour autant, l’organisation se met en place. Des maires ­reçoivent des demandes de parrainages pour valider sa candidature ; des experts rédigent des notes ; des financiers sont sollicités, quand ce ne sont pas eux qui prennent les ­devants. De ce point de vue, ceux qui travaillent avec lui ­racontent leur sidération de voir des expatriés, qui avaient soutenu Emmanuel Macron en 2017, chercher à le joindre pour lui proposer de l’aider financièrement s’il se lance. C’est le cas du trésorier des « Amis d’Éric Zemmour », Nicolas Zysermann, en poste dans un groupe de construction navale. Zyserman s’était engagé lors de la dernière présidentielle pour… Emmanuel Macron ! Il était plus précisément le référent des Jeunes avec Macron à l’Université Concordia de Montréal, selon les courriels internes révélés par WikiLeaks.

Si Zemmour assure vouloir rassembler les Français autour de ce qu’il appelle « les 5 I : identité, immigration, indépendance, instruction, industrie », c’est bien autour de l’immigration que tourne l’essentiel de son propos. « Notre peuple, par référendum, doit décider de sa composition et de son avenir, écrit l’éditorialiste. Il doit pouvoir décider de la fin du regroupement familial, de la suppression du droit du sol, de l’encadrement strict du droit d’asile, sans qu’une oligarchie de juges français et européens l’en empêche. » Face à la « guerre de civilisations menée sur notre sol », Éric Zemmour ne s’embarrasse pas de pudeurs de gazelles et veut « tout faire pour éloigner ces envahisseurs prédateurs loin de nous : expulsion systématique des étrangers pénalement condamnés (25 % des détenus) ; déchéance de nationalité française pour les individus binationaux condamnés pour un crime ou pour une succession de délits, reprise en main par l’État des “zones de non-droit” ».



 

En appelant à une « renaissance » et une « reconquête française » dans son livre, La France n’a pas dit son dernier mot, l’essayiste admet qu’il ne peut plus se contenter de décrire ce qu’il voit, mais qu’il lui faut agir pour « sauver » le pays. Extraits.

« On n’attire pas les mouches avec du vinaigre »

8 janvier 2007

Son sourire reste accroché un long moment. Il est content de son bon mot. Il observe un instant sur mon visage l’effet produit. Le rôle de cynique qui rit et se joue de tout est sans doute un de ceux qu’il préfère tenir. J’ai retrouvé Alain Minc chez Marius et Janette, un chic restaurant de poisson, avenue George-V. […] Je marque un point décisif en me moquant des discours du candidat Sarkozy qui, sous la plume d’Henri Guaino, multiplie avec lyrisme les références à de Gaulle, Malraux, Jaurès, à la grandeur de la nation, à l’unité du peuple français. Ainsi Sarkozy aurait renié Minc ? Il aurait rejoint la cohorte des « sous-doués » du nationalisme ? J’insiste, je brocarde, je plastronne. Il me laisse venir, me laisse triompher.

Et soudain, d’un coup, d’un seul, il me porte l’estocade : « Oh, vous savez, tout cela, ce ne sont que des mots pour gagner la présidentielle. On n’attire pas les mouches avec du vinaigre. Le seul point important : Sarko a annoncé qu’un minitraité institutionnel sur l’Europe sera adopté par le Parlement après son élection. On y mettra tout ce que le référendum de 2005 a rejeté et le tour sera joué. » La phrase, tirée à bout portant, m’a étendu au sol comme un oiseau mort. Mon bar en croûte de sel ne passe plus ; je me tais, le regard absent. Vaincu. Minc n’en finit pas de sourire. Le sourire du vainqueur.

• Du chiffre au nombre

17 février 2008

Quand on les pousse dans leurs retranchements, nos sophistes distinguent entre l’est de l’Europe, ou la nation a émergé avant l’État, et l’ouest de l’Europe, et surtout de la France, ou c’est l’État qui a fondé la nation, d’abord les quarante rois qui ont fait la France, puis la République, et qui ont accouché d’un peuple de citoyens. Distinguo pour le coup un brin manichéen, qui mériterait d’être nuancé, mais qui n’est pas faux sur l’essentiel. Et c’est justement là où la France se retrouve en grand danger. Depuis une quarantaine d’années, la communauté de citoyens se désagrège sous les coups portés d’une société des individus qui ne veulent connaître que leurs droits, et aucun devoir, et ne voient l’État que comme un distributeur de services et de lois pour satisfaire leurs moindres caprices. Des individus sans racines et sans histoire, qui se rêvent « citoyens du monde » détachés de tout ancrage national. Ils ne connaissent ni territoire ni peuple. Ils se côtoient sans se fondre dans un ensemble unifié et cohérent. Ils appellent « république » cette société des individus qui n’a plus rien à voir avec la République des citoyens. C’est dans ce vide abyssal que sont venues se loger des diasporas islamiques, de plus en plus nombreuses, liées par les notions archaïques de famille, de clan, de religion, et qui importent ces archaïsmes au sein d’une postmodernité aveugle qui ne veut voir en eux que des individus isolés. Les plus habiles représentants de ces diasporas ont bien compris l’usage qu’ils pouvaient faire de ce libéralisme pour dynamiter les restes de l’État-nation et de la République, s’émanciper de sa tutelle devenue débile, et imposer a sa place, dans des enclaves étrangères, la loi archaïque d’Allah.

La Seine–Saint-Denis est l’emblème de ce grand remplacement qui n’existe pas. Ce département est le cœur historique de la France, avec la basilique Saint-Denis, ou reposent les tombeaux de nos rois. On recense aujourd’hui dans ce département que deux tiers des naissances viennent d’au moins un parent né à l’étranger et que plus de 60 % des jeunes de moins de 18 ans sont d’origine étrangère. Dans la liste des dix prénoms les plus donnés aux enfants, tous sont musulmans (Mohamed) ou affiliés (Ryan, Ines). Un rapport parlementaire avait signalé en mai 2018 que « l’État ignore le nombre d’habitants » qui résident en Seine–Saint-Denis, que le nombre d’étrangers clandestins, alimenté par l’aéroport Charles-de-Gaulle, tout proche, y est inconnu : « 150 000, 250 000, voire 400 000, soit entre 8 % et 20 % de la population du département. » En Seine–Saint-Denis, 40 % de la population a moins de 29 ans, et 26,1 % de ces jeunes sont au chômage, chiffre qui monte à 40 % dans de nombreuses cités. […]

Ces enclaves étrangères vivent sous le règne d’Allah et des caïds de la drogue qui assurent l’ordre et la vie de tous les jours

Éric Zemmour

Le paysage urbain de la Seine–Saint-Denis est dévasté, les petits commerces traditionnels des villages français ont disparu pour laisser place aux grandes surfaces à l’extérieur des villes, et aux commerces estampillés hallal (boucheries, mais aussi librairies ou encore kebabs), sans oublier les agences de la Western Union, qui transfèrent le produit des allocations sociales françaises ou des divers trafics vers les familles restées au bled. La plupart des cafés sont réservés aux hommes par une loi non écrite, mais appliquée avec rigueur, les femmes voilées, de plus en plus nombreuses, y compris celles vêtues du niqab les couvrant de la tête aux pieds, prohibés par la loi du 11 octobre 2010, interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public que personne n’ose faire respecter, les hommes se rendent à la mosquée en djellaba. Cette colonisation religieuse entraîne une colonisation visuelle qui entraîne une colonisation des âmes. C’est le but. […]

Ces enclaves étrangères vivent sous le règne d’Allah et des caïds de la drogue qui assurent l’ordre et la vie de tous les jours. Après le massacre du Bataclan, en novembre 2015, un commando du Raid, pourchassant un des djihadistes jusque dans son repaire de Saint-Denis, eut la surprise de subir, pendant leur siège, les insultes, voire les coups, de badauds et de voisins solidaires des djihadistes fuyards.

[…] Cette situation paradoxale et explosive — un département riche avec des habitants pauvres — n’a pas empêché le président Emmanuel Macron de comparer la Seine–Saint-Denis à la « Californie sans la mer » ! Plus lucide, et en même temps bien plus lâche, son prédécesseur François Hollande avait confié à des journalistes, quelques années plus tôt : « Tout cela finira par une partition. »

• L’aveu

3 mai 2010

On ôte les micros accrochés à nos vestes et on se passe de fraîches lingettes sur nos visages pour nettoyer les restes de maquillage. C’est la fin de l’émission « Ce soir ou jamais ». À la demande de Frédéric Taddeï, j’y ai défendu mon Mélancolie française. Un de mes contradicteurs s’approche de moi, afin de poursuivre la conversation. Le ton est moins guindé, et le tutoiement s’immisce peu à peu. Il s’appelle Pascal Blanchard. Au cours du débat, on l’a présenté comme historien, spécialiste de la période coloniale. Notre affrontement a été rude à l’antenne, et personne ne renonce à ses idées une fois les lumières éteintes. Avant de me quitter, Blanchard se penche vers moi, et me lance en aparté, d’un air triomphant : « Tu pourras dire ce que tu veux. On s’en fout, on gagnera, on tient les programmes scolaires. »

• Impuissance d’État

23 mai 2011

Claude Guéant est un hôte empressé et sympathique. La discussion court sur ses anciens patrons (Pasqua et Sarkozy) et sur la situation politique à la veille de la présidentielle de 2012. Quand je lui rappelle d’un ton de reproche que le nombre d’entrées légales a atteint sous son ministère les 200 000 étrangers par an quand, dix ans plus tôt, sous Jean-Pierre Chevènement, elles ne grimpaient qu’à 100 000, Guéant, d’un air gêné d’enfant impuissant derrière ses épaisses lunettes de bon élève, me confie : « Vous savez, avec tous les droits accordés aux étrangers, le ministre de l’Intérieur ne peut réduire les flux que de 10 %. »

• La guerre des trains a bien eu lieu

30 janvier 2012

J’ai connu Guillaume Pepy rue Saint-Guillaume, il y a plus de trente ans. Nous n’étions pas amis, même pas « copains », mais nous avions une amie commune. On s’est perdu de vue. À son entrée à l’ENA. […] Pepy m’a appelé après qu’il a entendu une de mes chroniques sur RTL concernant la SNCF. Il veut « rétablir certaines vérités ». Je me rends volontiers au siège de sa maison, dans un immeuble moderne et laid, situé derrière la gare Montparnasse. Son bureau est froid et sans charme, mais nos retrouvailles sont chaleureuses. Il goûte sa posture de patron de gauche converti aux rigueurs de la gestion entrepreneuriale ; d’ancien socialiste qui lutte contre le laxisme syndical. Et puis, soudain, alors que je lui rappelle timidement les souffrances des banlieusards pris dans « l’enfer des transports », il me lâche tout à trac : « Tu sais, le dernier a avoir mis de l’argent dans le RER, c’est Pompidou. La gauche a tout mis sur le TGV pour permettre à la gauche caviar de descendre dans le Luberon. »

Il me regarde de son unique œil qui frise pour mieux observer l’effet produit. Je le sens joyeux de son aveu qui sonne comme une condamnation des siens et de lui-même. Comme soulagé par cette confession imprévue.

• Mamie Trump

6 décembre 2016

Je l’ai laissée attendre dans le hall du Figaro un long moment, mais elle me sourit sans un reproche quand j’arrive enfin, me faisant honte de ma goujaterie. C’est une vieille dame apprêtée avec soin. Elle ressemble à ces Américaines des années 1950, avec bigoudis dans les cheveux au volant d’une grosse voiture. Elle est française pourtant, mais a longtemps été mariée à un riche américain. Elle m’explique qu’elle était responsable des sections féminines pour l’élection de Trump. Elle l’appelle drôlement « le Donald ».

Cela fait des mois qu’on a étudié la situation en France. On a bien vu les différences avec l’Amérique. On a tout compris. Le Trump français, c’est vous

La responsable des sections féminines pour l’élection de Trump

Elle a un message à me délivrer et est pressée de s’exécuter. Je m’assois en face d’elle sur le canapé sans dossier. Elle débite son discours de son ton aigu auquel j’ai décidément du mal à m’habituer : « Voilà, il faudrait en France la même chose que chez nous. Il vous faudrait le même que le Donald pour donner un grand coup de balai. Cela fait des mois qu’on y pense. On a cherché en France parmi les grands patrons qui pourraient tenir le rôle qu’a tenu le Donald. Mais on n’en a pas trouvé. »

Je m’apprête a lui asséner des banalités sur le rapport différent que nous entretenons en France avec l’argent, les patrons, le capitalisme, mais aussi la politique, la littérature, lorsqu’elle me coupe de sa voix stridente : « Cela fait des mois qu’on a étudié la situation en France. On a bien vu les différences avec l’Amérique. On a tout compris. Le Trump français, c’est vous. »

• Le copain de Dany

13 mai 2019

J’ai la nuque raide et douloureuse. La climatisation excessive m’a transformé en automate. Trois heures de débat sur l’Europe m’ont chauffé l’esprit, mais glacé le corps. Je m’empresse de ceindre mon cou d’une écharpe que mon fils me donne sans un mot. Daniel Cohn-Bendit me tend, sans me regarder, le torse déjà tourné vers la sortie, une main aussi froide que la soufflerie du studio de LCI. David Pujadas me tape sur l’épaule en guise de remerciement. Je m’apprête à partir lorsqu’un grand gaillard se plante devant moi. Je le reconnais aussitôt : C’est Romain Goupil. Il est venu dans les bagages de Dany, son vieux complice de Mai 68. Il n’a plus le lumineux visage d’ange qu’il arborait à l’époque, mais son physique massif en impose encore. Il m’interpelle abruptement d’une voix vibrante de colère : « Tu auras beau dire, tu auras beau faire, on a gagné. La France, c’est fini. »

« Oui malheureusement. L’islam va tirer les marrons du feu. »

« C’est vrai, mais on s’en fout. »

• La guerre à Macron

13 mai 2019

Longtemps j’ai pensé que Macron était un Sarkozy en moins vulgaire ; pour la première fois, je comprends qu’il n’est qu’un Hollande en mieux vêtu. « Nous sommes en guerre… Nous sommes en guerre… Nous sommes en guerre… » Six fois dit et répété. Sans craindre l’emphase ni le ridicule. La même anaphore belliqueuse que l’Autre, qu’il avait pourtant juré de n’imiter en rien, et même de prendre comme repoussoir absolu. « Nous sommes en guerre. » Hollande l’avait proclamé devant le Congrès, réuni à Versailles après les sanglants attentats du Bataclan en novembre 2015. Macron retrouvait cette inspiration cinq ans plus tard, face à un virus. Des deux, Macron était le plus grotesque. Au moins, les djihadistes étaient-ils des soldats, certes d’une guerre asymétrique, mais qui tuaient et risquaient leur peau ; et on sait désormais que Hollande a donné l’ordre aux services spéciaux d’exécuter chacun des membres du commando : actes de guerre s’il en est.

Voir aussi 

Brève — La France n’a pas dit son dernier mot : Éric Zemmour publie un nouveau livre en septembre.