samedi 3 novembre 2012

États-Unis — Diplômés et surendettés




Aux États-Unis, financer ses études en empruntant de fortes sommes d’argent sur plusieurs décennies est une pratique courante. Mais aujourd’hui, ce système est en panne. Le montant de la dette cumulée des étudiants américains a atteint 1000 milliards de dollars. Un chiffre supérieur à l’encours des cartes de crédit et des prêts automobiles. Pour les économistes, il s’agit ni plus ni moins d’une bulle financière. Une bulle qui menace d’éclater, comme en 2008 pour les prêts pourris (subprime). Le schéma est simple : les jeunes diplômés peinent à trouver un emploi à cause de la crise économique, et ne peuvent plus rembourser leurs traites. Pour l’État américain, c’est un désastre qui s’annonce : des citoyens surendettés sont autant de consommateurs qui n’achètent plus.

Si le reportage est intéressant, on peut, toutefois, regretter le manque d'analyse et des causes en jeu. Si Sallie Mae prête aussi facilement aux étudiants n'est-ce pas parce que ces prêts sont garantis par le gouvernement fédéral pour des raisons politiques ? Car, pour lui, il faut augmenter le nombre de diplômés, peu importe leur faculté à payer aujourd'hui ou même demain. Une banque sans ces garanties seraient nettement plus prudentes. Notons que cette masse de prêts garantis par l'État fédéral n'est pas sans effet sur le prix demandé par les universités : elles savent que les étudiants paieront, enfin l'État fédéral dans un premier temps. En outre, la dette liée aux prêts étudiants ne peut être effacée en se déclarant en faillite, contrairement aux prêts de consommation ou à une hypothèque. La dette étudiante doit toujours être remboursée. Ce fut aussi une décision politique. Tout cela encourage les banques à prêter facilement à des étudiants qui ne pourront peut-être pas rembourser leurs prêts.

Ce n'est pas sans rapport avec l'effet délétère des prêts hypothécaires octroyés à des gens insolvables. Rappelons que le Community Reinvestment Act (CRA) avait limité le pouvoir des institutions financières de refuser des prêts (ce point est sujet à controverse). Cette loi a été votée en 1977 sous le démocrate Jimmy Carter, elle a été modifiée et élargie en 1997 sous le gouvernement démocrate de Bill Clinton.

Le Ministère du Logement et du Développement urbain (DHUD) a imposé des cibles aux institutions financières de façon à ce que la clientèle moins fortunée ait accès au crédit hypothécaire. Ainsi, par exemple, en 2005, 52 % des hypothèques rachetées par Freddie Mac et Fannie Mae devaient provenir de ménage gagnant moins que le revenu médian de leur région et 22 % de ces prêts devaient être accordés à des ménages gagnant moins de 60 % du revenu médian. C'était une mesure d'accession à la propriété pour une clientèle traditionnelle du parti démocrate.

Quand la crise des prêts suboptimaux (subprimes) est survenue, le CRA existe depuis trente ans et est à l'origine de prêts d'un montant total d'un billion (mille milliards) de dollars. Ces prêts ont permis à de nombreux ménages pas forcément solvables de devenir propriétaires. Le CRA ne s'applique qu'aux banques assurées au niveau fédéral. Mais un établissement bancaire peut demander et obtenir une garantie de ses dépôts par l'État (Federal Deposit Insurance Corporation) s'il s'engage en contrepartie à prêter à des personnes à revenus modestes, auxquelles de tels prêts ne seraient sans cela pas accordés aux termes du CRA.

Voir aussi

Subprime politicians (Thomas Sowell)

La bulle universitaire aux États-Unis va-t-elle crever ?

Recension de Economic Facts and Fallacies de Thomas Sowell

Mark Steyn et l'université américaine

Pauline Marois et l'école obligatoire





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Plus aucune organisation catholique britannique n'offre une aide à l'adoption : victoire de l'ultra-minorité


La plus haute juridiction administrative du Royaume-Uni, l'« Upper Tribunal », vient de rejeter l'appel de la dernière organisation d'adoption catholique contre l'obligation de fournir ses services aux couples homosexuels.

L'association caritative « Catholic Care » demandait simplement la possibilité d'inscrire dans ses statuts son refus de proposer des enfants à l'adoption pour des couples homosexuels, demande définitivement refusée au terme d'une procédure de cinq ans qui du même coup, met fin à cette activité de l'organisation.

« Catholic Care » aidait des enfants à trouver un foyer depuis 1865, date de sa fondation. Elle était la dernière organisation caritative catholique à rendre encore ce service, que toutes les autres ont finalement abandonné compte tenu de la loi sur l'égalité, « Equality Act », qui interdit toute « discrimination » en fonction de l'« orientation sexuelle ».

Cette loi, adoptée en 2010, a aggravé les contraintes déjà existantes mais comporte une « exemption » pour les organisations caritatives autorisées à pratiquer des « discriminations sexuelles » lorsqu'elles constituent un « moyen proportionné pour atteindre un but légitime ».

« Catholic Care » s'était donc fondée depuis lors sur la possibilité de cette exemption pour obtenir le droit de poursuivre son activité conformément à ses principes moraux, invoquant notamment le « caractère primordial » des intérêts de l'enfants, dont la défense constitue un « but légitime ». Son représentant avait également invoqué le fait que l'organisme ne recevrait plus de subventions de l'Église catholique si son droit de ne pas servir les couples homosexuels n'était pas reconnu : un manque à gagner évident pour les enfants à placer. Le juge chargé du dossier s'est contenté de préciser que les décisions des juridictions inférieures avaient été conformes au droit. Et ainsi l'ultra-minorité constituée par quelques homosexuels militants prive bien des enfants – sur les 50 000 qui sont en attente de placement au Royaume-Uni – d'un service d'aide à l'adoption qui fonctionne bien depuis 150 ans…

Thomas entre Pauline Moreno et Debra Lobel, ses mères, qui affirment qu'il n'a pas subi de pressions dans sa décision de devenir une fille... Voir l'article

Au Canada, les couples homosexuels (pas nécessairement mariés) ne formaient que 0,8 % de l'ensemble des couples (mariés ou non) au Canada. Seuls 9,4 % des couples homosexuels avaient des enfants à la maison, soit 6.410 couples homosexuels avec enfants comparés à 4.102.880 couples hétérosexuels avec enfants. Les couples homosexuels avec enfants au Canada représentent donc 0,15 % des couples avec enfants. L'ultraminorité.


Source

Voir aussi

Catholic Care loses its 5 year legal battle

Mariage homosexuel, homoparentalité et adoption : ce que l'on oublie souvent de dire. Essai de Gilles Bernheim, grand rabbin de France

Garçon gardé par un couple de lesbiennes subit un traitement hormonal pour bloquer sa puberté

Étude suggère des risques pour les enfants élevés par des couples homosexuels

La multiparentalité « progresse »

Deux lesbiennes « trahies » par le père homosexuel qui veut voir son fils après un mariage de complaisance

REAL Women s'oppose à l'ingérence du gouvernement québécois dans les écoles primaires

École québécoise : l'homoparentalité expliquée aux enfants du primaire par l'État

Homosexualité et « homoparentalité », les études existent .




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Suède — Petite victoire pour des enfants instruits à la maison, mais la persécution continue

Le rabbin Namdar
Le rabbin Namdar
La famille Namdar, représentants du mouvement 'Habad-Loubavitch, a déclaré qu'ils étaient déterminés à se battre pour leur droit de donner à leurs enfants une éducation juive.

« Je suis reconnaissant à D.u pour la perspicacité et la sensibilité des juges qui ont  statué comme ils l’ont fait avec respect et gratitude en faveur de la liberté religieuse et qui nous permet de la sorte d'offrir à nos enfants le genre d'éducation juive et de jüdischkeit [judéité] que nous désirons leur transmettre » a déclaré le rabbin Alexander Namdar au Service de nouvelles loubavitch le 17 octobre.

Les autorités suédoises avaient menacé la famille Namdar en janvier 2012 d’amendes répétées pour chaque jour que leurs enfants ne fréquenteraient pas l'école locale suédoise. La famille s'est rendue au tribunal pour contester la décision de la municipalité de Gothembourg (Göteborg) qui visait à les obliger à se conformer à la loi scolaire suédoise qui stipule que l’instruction à la maison n'est autorisée que dans des « circonstances exceptionnelles » et en aucun cas pour se conformer aux opinions philosophiques ou religieuses d'une famille. Toutefois, le juge affecté à cette cause a déterminé que la famille faisait du bon travail et que la Suède devait respecter les convictions de la famille.

« Situation spéciale »

« Une partie de cette décision déclare que cette famille est dans une situation très particulière en ce qui concerne leur liberté religieuse », a déclaré le juge Per Olof Dahlin, l'un des trois juges qui ont statué sur l'affaire.

« Il existe un risque de harcèlement (pour les enfants), et nous avons considéré qu'ils ont été instruits auparavant à la maison et en ligne (pendant plusieurs années) », a ajouté le juge, soulignant que de nombreux enfants de la famille s’en sortent extrêmement bien dans le monde, certains continuent même leurs études et visent l’obtention de diplômes supérieurs. « Si vous considérez tous ces éléments ensemble, nous avons considéré que les circonstances exceptionnelles prévues dans la loi étaient réunies. »

« Bien que la victoire des Namdar soit une bonne nouvelle, elle ne marque pas la fin des persécutions pour de nombreuses autres familles en Suède », a déclaré Michael Donnelly, directeur des relations internationales de la HSLDA. Il a ajouté qu'une seule victoire — bien qu’elle soit remarquable et utile à cette famille — ne change rien au sort de dizaines d'autres familles persécutées et des centaines, voire des milliers, d'autres personnes qui voudraient instruire leurs enfants chez eux.

Exil vers la liberté

La famille Himmelstrand exilée en Finlande
La semaine dernière encore, Rohus, l’association suédoise pour l’instruction à la maison a payé une amende exorbitante pour l'un de ses membres qui avaient osé instruire ses enfants à la maison. L'amende aurait ruiné la famille qui a depuis fui le pays pour vivre librement ailleurs en Europe. Pour que cessent les persécutions, en vue du refus récent de la Cour suprême suédoise d’entendre des parents faisant appel dans des cas tout aussi impérieux, il faut que le parlement suédois, le Rikstag, modifie la loi.

Le 1er octobre, les appels de la famille Himmelstrand, maintenant réfugiée en Finlande, et de la famille Angerstigs, qui instruit ses enfants à Uppsala, en Suède, ont été rejetés par le plus haut tribunal de la Suède. La HSLDA a travaillé avec ces familles et envisage une action en justice contre la Suède pour faire valoir leurs droits et demander justice pour tous ceux qui souhaitent instruire leurs enfants. La famille Himmelstrand a été contrainte de quitter son pays natal pour éviter que son enfant ne soit « pris en charge par l'État » comme Domenic Johansson, enlevé à sa famille par l'État.

Jonas Himmelstrand, président de Rohus en exil, affirme que la décision est limitée quant à son effet, même s’il faut s’en féliciter.

Voir aussi

Suède – Père veut instruire son enfant à la maison : « un fanatique des droits de l'homme » selon les autorités

Garderie asexuée en Suède

« Le système de garderie universel en Suède forme des enfants moins instruits »

Marie Geiss-Galimard : « Pour les Allemands, les enfants sont la propriété de l’État »

Allemagne — Mère de douze enfants emprisonnée : elle refuse pour ses enfants le cours d'éducation sexuelle au primaire

Parents allemands demandent l’asile au Canada

École à la maison : les familles fuient l’Allemagne

Cour suprême : Enfant envoyé par un juge en garderie pour le « socialiser » après que seuls les experts de la DPJ ont pu témoigner (Québec)




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Canada — Liberté d'expression et d'opinion menacée dans les universités

Il fut une époque où ceux qui se nomment en toute modestie « progressistes » étaient pour la liberté d'expression dans les universités, parfois même pour une opposition musclée à l'idéologie dominante.

Aujourd'hui que leur idéologie est dominante dans les médias, les écoles et les universités, il en va autrement. C'est ce qui ressort d'une étude effectuée par le Centre de justice pour les libertés constitutionnelles qui s'est penchée sur les politiques et surtout les actions de 35 universités canadiennes qu'ils s'agissent de leur administration ou de leurs associations étudiantes.


L'Index de liberté sur les campus, long de 15 pages, est basé sur un rapport de 188 pages, L'État de la libre expression sur les campus en 2012, qui fournit une analyse détaillée des politiques et des actions de chacune des 35 universités analysées.

Les universités suivantes ont obtenu un « F » pour leurs actions:

• l'Université McMaster et l'Université Wilfrid Laurier ont interdit l'expression « apartheid israélien ».

• L'Université McGill a interdit à un cercle juif d'appeler un événement «Israël Une-Partie» [Israel A-Party] et lui a ordonné de plutôt l'appeler « Une partie pour Israël ».

• L'Université de l'Île du Prince-Édouard a interdit la publication d'un numéro du journal du campus Cadre parce qu'il contenait des images du prophète Mahomet.

• L'Université York a forcé l'annulation d'une conférence du spécialiste des affaires proche-orientales Daniel Pipes, en facturant l'étudiant qui parrainait l’évènement des frais de sécurité exorbitants qu'il n'a pu acquitter.


•  L'Université d'Ottawa a menacé la journaliste américaine Ann Coulter de sanctions au civil et au pénal si elle osait exprimer son opinion de manière incorrecte lors d'une conférence, ensuite l'université n'a pas fourni de sécurité adéquate pour l’évènement  ce qui a permis à de bruyants manifestants  de forcer son annulation.


• L'Université Carleton a fait arrêter et menotter des membres de son cercle pro-vie du club menotté et les a accusés « d'intrusion » pour avoir tenté d'exprimer leurs opinions sur le campus.

• L'Université Dalhousie a annulé des conférences prévues sur son campus où participaient le « trop controversé » Jared Taylor et le député britannique George Galloway.

• L'Université Simon Fraser et l'Université de Calgary ont sciemment fermé les yeux sur l'obstruction physique faite aux affiches pro-vie présentes sur le campus : leur service de sécurité s'est borné à observer passivement alors que l'expression pacifique d'une opinion était rendue inutile et dénuée de sens par des brutes qui ont caché les affiches par des draps et des couvertures afin de censurer un message qui leur déplaisait.

• L'Université de Western Ontario, l'Université de Toronto et l'Université Carleton ont exigé que leur cercle pro-vie n'exprime l'opinion de ses membres que dans une pièce isolée afin de ne pas offenser les passants avec un message jugée impopulaire, tout en permettant à tous les autres cercles estudiantins d'afficher leurs messages dans des zones très passantes de leur campus.


L'Université de Calgary décide de protéger ses étudiants contre des images qu'elle considère choquantes... 


• L'Université Saint Mary a forcé l'annulation d'une conférence pro-vie en ne fournissant pas une sécurité adéquate pour permettre aux personnes présentes d'entendre ladite conférence.

• L'Université Concordia a toléré la perturbation d'une conférence pendant laquelle le candidat à la présidence de l'université, Alan Shepard, devait prendre la parole. L'université a également refusé d'accueillir sur le campus l'ancien Premier ministre israélien Éhoud Barak, prétextant des problèmes de sécurité.

Exemples d'associations étudiantes qui ont reçu un « F » pour leurs politiques, leurs actions, ou les deux :

• Les associations étudiantes des universités Carleton et Memorial (Terre-Neuve) ont refusé d'agréer le cercle pro-vie de leur campus, sur l'unique base des croyances de ces cercles.

• Les associations étudiantes des universités de la Saskatchewan, de Victoria, de Calgary, de   Western Ontario, de Guelph, McGill et Lakehead ont interdit du campus différents groupes pro-vie à différents moments ces dernières années. Parfois, ces clubs ne sont à nouveau agréés qu'à l'expresse condition qu'ils s'autocensurent alors que de telles restrictions ne sont imposées à aucun  autre cercle universitaire.

• La politique anti-discriminatoire [sic] de la Carleton University Students 'Association (CUSA) prévoit qu'« aucune ressource, aucun local, aucun financement de la CUSA ne sera alloué » à un large éventail de groupes, y compris la Heritage Foundation, un groupe de réflexion conservateur éminent et respecté aux États-Unis.

• Le comité sur l'équité de l'Association des étudiants de l'Université McGill (AEUM) a le pouvoir de supprimer le financement d'un cercle si ce comité décide que l'action ou les opinions dudit cercle contreviennent à sa politique d'équité formulée de manière vague et en termes larges.

« Ces résultats confirment ce que de nombreux observateurs ont observé depuis longtemps: l'enseignement supérieur au Canada manque à son devoir de favoriser le libre examen, la réflexion critique et honnête et la quête de la vérité », a déclaré le co-auteur du rapport, Michael Kennedy.

« Les universités justifient leur censure pour des raisons de sûreté et de sécurité, elles pensent que les gens ont un droit à ne pas être offensés par ce qu'ils voient ou entendent sur ​​un campus, et croient qu'elles doivent se plier aux menaces de potentiels manifestants violents en censurant des opinions impopulaires », a déclaré le co-auteur John Carpay, président du Centre de justice pour les libertés constitutionnelles.

Le rapport se concentre plus particulièrement sur les universités anglophones, nous reproduisons toutefois ci-dessous quelques extraits du rapport portant sur deux universités francophones du Québec :

vendredi 2 novembre 2012

Chine — Exclusion des migrants internes des universités prestigieuses

Parmi les nombreux défis que les nouveaux dirigeants chinois seront appelés à relever quand ils rentreront en fonction à la mi-novembre, il en est un qui consistera à octroyer aux migrants chinois et à leurs familles les mêmes droits que les citadins. Récemment à Pékin, la simple évocation que les enfants des ruraux ou des migrants d’autres villes puissent passer les examens des universités de la capitale a déclenché un débat féroce et de vifs échanges publics entre groupes rivaux.

Le cœur du problème réside dans la carte de séjour (ou le livret de famille) appelé hukou (户口 prononcé houkoou).

Le gouvernement chinois a mis en place, à la fin des années 1950, un système très restrictif pour contrôler les flux migratoires. Initialement, ce permis de résidence interdisait à toute personne née dans une ville de travailler et de vivre dans une autre, à moins d'obtenir un nouveau hukou, avalisant le changement de résidence. Seul le hukou urbain permet de vivre et de travailler en ville, d'y scolariser son enfant et d'y bénéficier d'une assurance médicale ou d'indemnités de licenciement. Aujourd'hui, malgré des assouplissements, l'obtention d'un permis de résidence urbain reste très difficile. Les grandes villes maintiennent en effet un dispositif discriminatoire à l'encontre des travailleurs migrants, les mingong, qu'elles ne souhaitent pas voir s'installer à leur périphérie. Un moyen pour les villes de contrôler la très forte poussée migratoire que le boom économique provoque.

Pékin a une forte population immigrée, elle abrite également de nombreuses écoles et universités publiques prestigieuses. La ville ne désire pas en faciliter l’accès aux gens dépourvus de la carte de séjour pour Pékin. Même les écoles privées destinées aux enfants de migrants ruraux sont systématiquement rasées par les autorités de la ville. Une sorte d'apartheid est à l'œuvre.

Déjà, en 2008, Lingling, élève de dernière année au cégep (terminale en France) à Pékin, avait tenté de se suicider par empoisonnement. Excellente élève, mais sans papier de résidence pékinois du fait d’une complexe situation familiale, elle ne pouvait s’inscrire au fameux gaokao, le baccalauréat chinois qui conditionne l’entrée à l’université. Lingling était une des nombreuses victimes du système du hukou, le carnet de famille stipulant, le lieu de résidence de tout citoyen chinois. Ce document administratif est un outil de contrôle des flux migratoires : nul n’est supposé habiter ailleurs que le lieu dicté par son hukou. Ce système fait des 200 millions de migrants internes à la Chine, des citoyens de seconde zone ; l’accès aux logements sociaux, école, santé, transports, supposent le bon hukou. Il divise les citoyens chinois en urbains et ruraux : en avoir ou pas.

Même s'ils sont nés dans la capitale, les enfants hérite du hukou d'une ou l'autre de leurs parents. Pour les enfants nés de «gens d’ailleurs», les « horsains », comme on nomme les gens dépourvus du hukou de Pékin, il est devenu quasiment impossible de passer les examens d’entrée aux universités pékinois, car ils doivent passer ceux-ci dans la région indiquée dans le hukou de leurs parents.

Peu importe s’il s’agit d’un lointain patelin que ces enfants n’ont jamais visité ou qu’ils n’y connaissent personne. Pire, le programme des examens d’entrée varie d'un endroit à l'autre. Les enfants doivent donc généralement quitter la maison et s’inscrire dans les écoles secondaires années où ils finiront par passer l'examen d’entrée à l’université. Ceux qui quittent Pékin pour passer l’examen d’entrée universitaire (le gaokao) ont peu de chance de pouvoir fréquenter une université dans la capitale, puisque les universités pékinoises allouent un nombre disproportionné de places aux titulaires de hukou de Pékin.

Les autorités ont fait allusion à des changements prochains. En août 2012, le gouvernement central a demandé aux administrations locales de produire des «plans concrets» d'ici la fin de l'année pour permettre aux étudiants de se présenter au gaokao de leur lieu de résidence plutôt que celui indiqué sur leur hukou. Toutefois, leurs parents sont sceptiques, car la directive demande aux gouvernements locaux de trouver des moyens pour empêcher toute migration liée au gaokao : c’est-à-dire empêcher tout déménagement dans une nouvelle ville afin d’améliorer ses chances d'entrer dans les universités de cette nouvelle ville. La directive sous-entend que les villes peuvent continuer de discriminer envers les étudiants horsains qui souhaitent passer l'examen d’entrée. Elles peuvent exiger une preuve d'emploi de leurs parents, de leurs paiements d'impôts et de leurs contributions à une mutuelle locale. De nombreux migrants ne disposent pas de tels documents. « Cela ne devrait pas dépendre de ce que les parents peuvent prouver», dit une mère en colère, qui, avec plusieurs dizaines de parents outrés s’est rendue à la commission de l'éducation de Pékin afin de manifester en faveur d’exigences moins strictes.

Voir aussi

Émeute des travailleurs migrants

La Chine reconsidère l’« apartheid » paysan (BBC en anglais)








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Une école homo en projet à Toronto

Le conseil scolaire du district de Toronto étudie l'ouverture d'un lycée pour les élèves qui se disent homos. Une première consultation s'est tenue dans une ville où les écoles alternatives sont de plus nombreuses, avec des résultats mitigés.

« Une école pour les homo à Toronto ?», s'interrogent ces jours-ci les médias de la Ville Reine. Des étudiants et des professeurs de la communauté homosexuelle de Toronto ont mené une première consultation pour étudier l'ouverture d'une école homosexuelle.

Ce lycée accueillerait des élèves qui se disent homosexuels âgés de 14 ans à 17 ans. Les deux instigateurs du projet sont un professeur et conseiller du conseil scolaire du district de Toronto, Javier Davila et un étudiant torontois, Fan Wu. Si les contours d'une telle école demeurent encore flous, celle-ci recevrait des élèves, des professeurs et des personnels administratifs homosexuels.

« Il y a un réel manque d'éducation et un besoin pour une école qui encourage l'esprit critique, particulièrement dans les domaines du sexe et de la diversité sexuelle », prétend Fan Wu au magazine Torontois Xtra. Outre la mise en valeur d'une « culture homosexuelle » dans un Canada anglais où les librairies et les bibliothèques ont déjà des rayons de littérature dite homo, les promoteurs du projet estiment que de nombreux étudiants se sentent rejetés ou se disent persécutés et qu'une telle école ferait office de refuge. Rappelons cependant que les causes d'intimidation sont multiples et que l'intimidation sur la base du sexe des personnes (pas nécessairement uniquement parce qu'une personne est homosexuelle donc) arrive loin derrière les brimades sur le physique, les notes, l'origine culturelle et linguistique.

Polémiques

Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer un programme ségrégationniste alors que la coterie LGBTQ2S a réussi à imposer des « cercles homo-hétéro » jusque dans les écoles catholiques de la province. Le pasteur Charles McVety, du Canada Christian College, s'est indigné lors d'une entrevue au Toronto Sun : « C'est scandaleux, mais je ne suis pas surpris. Les homosexuels ont déjà fait redéfinir la notion de mariage... Cette école est de la ségrégation ». Les critiques des opposants ont assez peu portées sur le fond, mais essentiellement sur l'utilité d'avoir une telle école financée avec l'argent des contribuables. « Laissons la communauté homo fonder son école avec ses propres dollars », a proposé le pasteur McVety.

La communauté homosexuelle semble elle-même assez divisée. Si le conseil scolaire s'est gardé de mettre de l'huile sur le feu ou de prendre position et de dévoiler un échéancier, la Ville Reine est habituée aux écoles alternatives. Le conseil scolaire du district de Toronto a donné son feu vert il y a quelques années aux premières écoles axées sur la culture noire.

Dans ces établissements où se trouvent des jeunes noirs en situation d'échec scolaire, les professeurs tentent de motiver les écoliers en leur apprenant, dans toutes les matières, quelle a été la contribution des noirs à la société canadienne. Le succès est mitigé. Si l'école élémentaire pour noirs fonctionne à pleine capacité, l'école secondaire n'a accueilli que six élèves à la rentrée. Cet échec a relancé le débat sur le besoin d'avoir une telle école et il a donné de l'eau au moulin des opposants à l'école homo.




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mercredi 31 octobre 2012

Revalorisation des enseignants : d'abord par la liberté, pas nécessairement par le salaire

[En France] Une grande loi de refondation de l’école est annoncée pour la fin de l’année civile. Nul doute qu’aucune refondation véritable ne sera possible sans la revalorisation préalable de la condition enseignante.

C’est un fait : le prestige et le statut social des professeurs sont profondément dégradés dans notre pays. La figure du professeur n’inspire plus ni aux élèves ni à leurs parents le respect sacro-saint qui s’attachait à elle il y a quelques décennies. L’actualité, avec son lot désormais habituel de violences contre les professeurs, en apporte chaque semaine la triste preuve. Mais il ne suffit pas de déplorer cette situation ; encore faut-il en comprendre l’origine.

Ce n’est pas fondamentalement le salaire des professeurs qui pose problème : les pays nordiques ne paient pas plus leurs professeurs et pourtant ces derniers jouissent d’un prestige social incontesté. Nous faisons l’hypothèse que sa cause principale est tout simplement l’impuissance dramatique des professeurs. Impuissance à obtenir le renvoi ou la sanction d’un élève qui leur a manqué de respect ou qui perturbe le cours ; impuissance à obtenir le redoublement d’élèves qui n’ont pas le niveau requis pour passer dans la classe supérieure.

Impuissance qui s’accompagne du déni de ce qu’une saine conception de leur métier devrait faire considérer comme leurs droits imprescriptibles : déni de leur droit de choisir leurs méthodes pédagogiques (sauf à accepter d’être mal notés et mal vus dans la salle des professeurs) ; déni de leur droit à choisir les œuvres qu’ils étudient ou à définir librement, sinon les programmes, du moins les progressions pédagogiques (car c’est réglé par la Rue de Grenelle à coup de publication au Bulletin officiel) ; obligation de participer à des projets transversaux souvent chronophages et peu rigoureux dans leurs méthodes comme dans leurs objectifs ; déni de leur droit à constituer des groupes de niveau pour permettre à chaque enfant d’avancer à son rythme sans retarder ou être retardé par les autres…

Dans de telles conditions, comment s’étonner que les professeurs soient si malheureux ? Le plus triste est d’entendre ceux-là mêmes qui ont sapé l’autorité légitime des professeurs par la mise en place du carcan que nous venons de décrire se lamenter de la situation. Ainsi en est-il de Philippe Meirieu, qui écrit, dans l’ouvrage collectif Vocation enseignant, qu’« un monde qui ne fait pas sa place aux enseignants est un monde perdu ». Mais on peut légitimement douter de la capacité de cet indéboulonnable “expert” à apporter des solutions ! « Dieu, disait Bossuet, se rit des hommes qui déplorent les conséquences dont ils chérissent les causes. »

En rupture avec cette inconséquence, il y a un moyen simple de sortir par le haut du problème de la désespérance des professeurs : il s’agit rien de moins que de leur rendre la liberté ! On le sait encore trop peu, mais il existe des professeurs qui choisissent librement leur école, leur pédagogie, leurs méthodes, leurs manuels scolaires, des professeurs qui sont soutenus par la direction de leur établissement en matière disciplinaire, que ce soit pour sanctionner ou pour récompenser, des professeurs qui jouissent de la considération des parents comme des enfants. Sur une autre planète ? À l’étranger ? Non! En France, dans les écoles indépendantes !

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La multiparentalité « progresse »

Communiqué du Collectif pour l'enfant :

Pour protéger les familles construites autour d'un mariage entre homosexuels, le royaume néerlandais va examiner les possibilités juridiques de reconnaître officiellement trois personnes ou plus comme parents d'un même enfant. Pour refléter « la situation des familles modernes », indique Liesbeth van Tongeren, députée du parti écologiste, « un enfant devrait pouvoir avoir plus de deux parents officiels ».

L'avant-projet français sur le mariage et l'adoption par les personnes de même sexe ne prévoit que l'adoption par deux personnes, ou l'adoption de l'enfant du conjoint ce qui limite le nombre de parents à deux.

Pourtant, puisque la biologie, qui désigne les parents au nombre de deux, est laissée de côté, il n'y a plus aucune raison de limiter le nombre des parents à deux.

Au Canada en Ontario, la cour d'appel de l'Ontario a déjà reconnu trois parents à un enfant, dans une affaire où deux femmes avaient décidé d'avoir un enfant avec l'assistance d'un ami. La Cour a déclaré la partenaire de la mère comme parent de l'enfant, au même titre que la mère et le père biologique, désignant la seconde femme comme « une » mère de l'enfant.

La législature de l'État Californien a pour sa part voté une loi permettant la reconnaissance d'un troisième parent dans les cas où plus de deux personnes répondent aux critères légaux de ce qu'est un « parent ». Cette loi a été bloquée par le véto du gouverneur de Californie, mais elle prévoyait qu'un tribunal californien puisse reconnaître légalement comme parents tous les adultes qui se considèrent comme tels et s'investissent auprès d'un enfant.





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samedi 27 octobre 2012

L'ex-ministre Jacques Brassard horrifié — « Les verts au pouvoir » : « stupéfiant », « aberrant »

En déclarant que, désormais, les Verts étaient au pouvoir à Québec, le nouveau Ministre de l’environnement, Daniel Breton, ne faisait pas que se péter les bretelles, il énonçait un fait. Une vérité qui ne pouvait surprendre que les inattentifs. Car il était évident, et depuis un bon moment, que Pauline Marois s’était entourée d’une garde rapprochée écolo radicale et que cette dernière ne pouvait qu’occuper une place centrale dans le nouveau gouvernement.

Mais le pire est survenu : une verdoyante pur jus, Martine Ouellet, titulaire du ministère économique le plus important de l’État, celui des ressources naturelles. C’est, je l’avoue, la nomination qui m’a le plus …horrifié. C’est comme confier au renard la surveillance du poulailler en croyant qu’il va inciter les poules à pondre! Stupéfiant!

La ministre militante écologiste Martine Ouellet 
Et Madame la Ministre a commencé très rapidement à faire de ravages. Sa déclaration sur les gaz de schiste est exemplaire de sa rigidité idéologique. Ainsi donc, elle ne voit pas le jour ou des technologies sécuritaires permettront l’exploitation des gaz de schiste. Aberrant!

Il y a des milliers de puits aux États-Unis qui produisent du gaz de schiste à partir d’une technologie mise au point depuis des décennies, la fracturation hydraulique, et cela sans dommages environnementaux majeurs. La Grande Peur des bien-pensants écolos, soit la contamination de la nappe phréatique, n’est d’aucune façon une réalité dans les États américains on l’on exploite ce type de gaz. Sinon, ça se saurait!

Les États-Unis, grâce à cette production de gaz de schiste, ont considérablement accru le niveau de leur indépendance énergétique. Et c’est sans compter les effets économiques bénéfiques en matière d’investissements et de création d’emplois. Dans l’Amérique que le Messie Obama a menée à la ruine, c’est le secteur gazier qui est, à toutes fins utiles, le seul qui connait la croissance et qui crée de la richesse.

Nous aussi, au Québec, nous pourrions connaître un développement économique utile et avantageux en permettant, dans des conditions sécuritaires (ce qui est tout à fait possible dans l’état technologique actuel), l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste.

Mais on ne le fait pas et on ne le fera pas parce qu’on s’est laissé baratiner et désinformer par les chamans «enverdeurs» et «environnementeurs», plus soucieux de faire triompher leur aversion quasi-religieuse pour les hydrocarbures (dont la combustion a le malencontreux effet de produire du CO2, ce gaz diabolique, symbole exécrable du capitalisme industriel) plutôt que de permettre une amélioration significative de la situation économique des Québécois.

Madame la Ministre n’est, parait-il, pas contre cependant l’exploitation du pétrole dans le golfe St-Laurent. Va-t-elle se contenter de ne pas être contre…ou va-t-elle poser des gestes concrets pour favoriser activement l’exploration et l’exploitation du site très prometteur dénommé Old Harry ?  [Note du carnet : Que Terre-Neuve a bien décidé d'exploiter activement, elle.] Si, par ailleurs, elle n’est pas simplement passive, elle aura alors à se tenir debout face aux cohortes verdoyantes (ses amis et ses compagnons de lutte) qui vont se déchaîner contre toute forme d’exploitation pétrolière sous terre aussi bien qu’en mer. J’ai bien peur qu’elle va brandir très vite le drapeau blanc, celui de la capitulation honteuse.

Or donc, le Vert sont au pouvoir. Ce qui était prévisible (ils l’étaient déjà du temps des libéraux) quand on sait que toute la classe politique au Québec (ou presque) est envoûtée et subjuguée par le clergé écolo. En fait, nos politiciens meurent de trouille dès qu’un groupuscule vert sort ses pancartes et éructe ses slogans. Ils font dans leur froc et ils s’agenouillent.

Dans ces conditions, il n’est guère surprenant de voir la nouvelle Première Ministre confier à une écolo pure et dure un ministère qui devrait normalement jouer un rôle essentiel en matière de création de richesse.

Je crains que Mme Ouellet n’ait pas fini de faire des dégâts.

Jacques Brassard
(16 octobre 2012)


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