mardi 10 décembre 2024

Les immigrants en Islande apprennent peu l'islandais

L’Islande compte 20 % d’immigrés dans sa population de 400 000 habitants, dont très peu parlent l’islandais, engendrant des problèmes de « surqualification » (selon l’AFP) pour les adultes et d’échec scolaire pour les enfants tout en fragilisant la cohésion sociale du pays.

Kanyamon Juisikaew, 46 ans, a quitté la Thaïlande il y a six ans pour Reykjavik et s’est mariée avec un Islandais.


« J’aimerais communiquer avec les Islandais lorsque nous sommes en famille, car nous sommes une famille islandaise. Et au travail, lorsque nous avons des réunions, je ne peux pas comprendre », déplore Kanyamom.

Elle vient de sauter le pas et de profiter des cours de langue offerts sur ses heures de travail, une occasion donnée par une poignée d’entreprises et institutions.

De l’autre côté de la table, sa collègue Carolina Rivas espère évoluer dans sa carrière grâce à ces cours.

« C’est très difficile d’étudier après le travail », explique cette Colombienne de 38 ans. « Donc c’est vraiment bien de pouvoir utiliser le temps de travail pour apprendre cette langue qui demande beaucoup de temps ».

L’Islande est le pays de l’OCDE dont la population immigrée a le plus fortement augmenté, passant de 3 % de sa population totale au début des années 2000 à 20 % l’an dernier.

Le pays nordique a fait appel à l’immigration dans les années 2000 pour faire face à l’essor du tourisme et aux emplois de service à faible rémunération.

« On ne peut pas se permettre d’avoir 20 % de la population qui ne parle pas la langue. Le fait qu’une grande partie de la population soit composée de migrants qui ne parlent pas la langue devient donc une question de cohésion sociale pour l’Islande », souligne Thomas Liebig, administrateur responsable de la division des migrations internationales de l’OCDE.

Cette main-d’œuvre, principalement originaire de l’espace économique européen, détient le taux d’emploi le plus élevé de l’OCDE, mais souffre de « surqualification » (comprendre elle occupe des postes modestes parce qu’il lui manque une qualification : la connaissance de la langue nationale).

Dans l’institut de formation Mimir de Reykjavik, des dizaines de personnes passent l’examen d’islandais pour obtenir la nationalité, à côté de salles de classe combles.

« Nous constatons une augmentation annuelle d’environ 20 % des inscriptions » remarque Joanna Dominiczak, directrice des programmes de langue islandaise. « En septembre, nous avons dû arrêter de proposer des cours parce que le financement était terminé. »

À l’instar du pays, l’une des plus grandes chaines de supermarché, Kronan, emploie 25 % de migrants, un défi pour la directrice des ressources humaines Ásta Baerings qui reconnait qu’il est difficile de faire apprendre l’islandais à de nouveaux arrivants qui ne sont pas sûrs de rester dans le pays.

« Ça va dans les deux sens. On doit aussi essayer de traduire tous nos contenus dans ces langues afin de s’assurer que tout fonctionne correctement au travail », défend-elle.

L’entreprise traduira l’année prochaine toutes ses communications en trente langues afin d’aider les 47 nationalités qui travaillent dans ses magasins, tout en proposant une panoplie d’applications et cours en ligne sur la base du volontariat.

Anthony John Saunders a poussé les portes de Kronan en arrivant d’Angleterre après le Brexit et n’a pas quitté les lieux depuis, devenant gérant d’un des magasins.

« En tant qu’anglophone, je pense que l’Islande a été assez facile à intégrer, car tout le monde parle très bien anglais » raconte-t-il.

Le commerçant parle très peu islandais, mais espère progresser grâce à l’appli personnalisable offerte par Kronan qu’il vient d’installer.

« Cela renvoie également la façon dont nous, Islandais, percevons notre propre langue » analyse Yrsa Thöll Gylfadóttir, écrivaine et professeure d’islandais.

« Certains d’entre nous semblent avoir un complexe d’infériorité et ne croient pas que quelqu’un veuille ou puisse apprendre notre langue […] C’est donc aussi notre isolement, notre microlangue et notre micro-environnement qui sont en cause ».

« Les Islandais ont donc souvent recours à l’anglais lorsqu’ils s’adressent à des personnes ayant un accent. »

Canada — 50 % des réfugiés syriens dépendaient encore de l'aide sociale cinq ans après leur arrivée

Une étude menée en 2024 par Statistique Canada révèle des tendances inquiétantes chez les réfugiés syriens qui sont arrivés au Canada en tant que réfugiés pris en charge par le gouvernement (certains sont pris en charge par les particuliers, par exemple les membres de leur famille) dans le cadre du programme de réinstallation du Premier ministre Justin Trudeau.


L'étude, intitulée « Résultats sur le marché du travail à court terme pour les réfugiés désignés par un bureau des visas au titre du Programme mixte », dont les auteurs sont Yasmin Gure et Feng Hou, révèle que les réfugiés pris en charge par le gouvernement ont obtenu certains des pires résultats sur le marché du travail par rapport à d'autres catégories.

Les chercheurs ont souligné que 42,3 % de la cohorte 2014 des réfugiés pris en charge par le gouvernement, âgés de 15 à 54 ans, dépendaient encore de l'aide sociale six ans après leur arrivée au Canada.

La situation s'est aggravée pour les cohortes suivantes, les arrivées de 2015, coïncidant avec le lancement par le gouvernement libéral de l'opération « Réfugiés syriens », montrant une dépendance de 50,4 % à l'égard de l'aide sociale après cinq ans.

Le recours à l'aide sociale était encore plus élevé pour la cohorte de 2016, alors que la relocalisation des Syriens se poursuivait, 69,5 % des réfugiés pris en charge par le gouvernement ayant déclaré avoir recours à l'aide sociale quatre ans après leur arrivée.

Les coûts d'installation des réfugiés pris en charge par le gouvernement sont entièrement couverts par les contribuables, contrairement aux réfugiés parrainés par le secteur privé, dont les parrains assument la responsabilité financière.


En outre, l'étude a révélé que les réfugiés originaires du Moyen-Orient, en particulier l'afflux important de réfugiés syriens, étaient représentés de manière disproportionnée parmi les personnes ayant accès à l'aide sociale. En 2016, 81,6 % de cette catégorie de réfugiés étaient originaires de cette région.

L'identification par l'étude de la région d'origine comme variable clé influençant les taux d'assistance sociale soulève des questions sur les processus de filtrage et de sélection des réfugiés.

En outre, un rapport sur les résultats de la réinstallation d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a montré que la catégorie des réfugiés pris en charge par le gouvernement avait également le taux de participation au marché du travail le plus bas.

Seuls 56 % des réfugiés pris en charge par le gouvernement participaient directement au marché du travail canadien. Le taux de participation directe comprend les personnes qui travaillent, qui cherchent un emploi ou qui commenceront bientôt à travailler.

Voir aussi

Seuls 29 % des femmes syriennes en âge de travailler (30-64 ans) ont un emploi au Danemark. Les autres bénéficient de l'aide sociale. Ce chiffre est étonnamment bas, même pour des immigrés au Danemark. (Voir Tableau 2-5)

Suède — 79 % des réfugiés sont déjà retournés en vacances dans le pays qu'ils ont fui 

Une étude néerlandaise a montré que chaque immigrant syrien coûte aux contribuables entre 157 000 (2e génération) et 480 000 euros (1re génération qui ne retourne pas en Syrie) en moyenne. (voir Tableau 4.3)  Si l'immigrant retourne en Syrie, le coût moyen va de 322 000 euros (pour la 1re génération) et 96 000 euros (2e génération).

Aux Pays-Bas, chaque réfugié africain coûterait en moyenne 600 000 euros à la société

 
 

72 % des Canadiens trouvent que les seuils d'immigration sont trop hauts

 « Malgré » une forte immigration, le niveau de vie au Canada est à la traîne : rapport de la TD

Plus de 3 millions de résident dits non permanents au Canada (dont 588 263 au Québec)

Canada — PIB par habitant devrait baisser pour le 6e trimestre consécutif « malgré » la forte immigration

Le Ministre fédéral de l'Immigration Marc Miller se félicite que les loyers augmentent désormais moins vite : « La décélération des loyers coïncide avec une réduction significative des entrées nettes de résidents non permanents. » Il se disait pourtant en avoir assez, au début de l'année, que les gens rejettent toujours la faute sur les immigrants après les commentaires de Legault sur le logement.

Le PIB réel par habitant poursuit son déclin au Canada, chômage également en hausse, retour aux niveaux de 2017

 


lundi 9 décembre 2024

Javier Milei est-il en train de redresser l’Argentine ?

Galvanisé par les premiers résultats positifs enregistrés au niveau macroéconomique (baisse de l’inflation, excédent fiscal, renforcement de la monnaie nationale), Javier Milei, 54 ans, fête son premier anniversaire au pouvoir dans une conjoncture « très favorable », analyse le politologue Pablo Touzon. En dépit d’une récession qui peine à se dissiper, « l’inflation a été contenue, les mouvements sociaux restent muets et Trump, que Milei soutient depuis le début, vient d’être élu président », détaille ce spécialiste de la politique argentine.

Javier Milei en campagne électorale avec sa tronçonneuse, emblème de la cure d’amaigrissement qu’il veut infliger à l’État argentin


La participation de l’entrepreneur Elon Musk, un proche de Milei, à l’équipe de Trump facilitera d’autant plus les liens entre Washington et Buenos Aires. Fière figure de proue de la nouvelle droite internationale, Milei se positionne comme un interlocuteur prioritaire dans une Amérique latine presque toute entière gouvernée par la gauche. D’autant que les États-Unis incarnent la vision du progrès aux yeux de cet économiste biberonné aux théories des libertariens. Durant le premier débat de la campagne présidentielle en octobre 2023, alors candidat, il avait déclaré : « Si vous me donnez vingt ans, nous serons l’Italie. Si vous m’en donnez trente-cinq, nous deviendrons les États-Unis ».

En croisade contre la gabegie

Un an après son accession au pouvoir, l’Argentine reste l’Argentine. Un pays divisé entre ceux qui l’ont porté au pouvoir, dont le soutien semble indéfectible, et de fervents opposants, eux aussi confortés dans leurs certitudes. Les courbes de popularité montrent que l’économiste ultralibéral était parti de plus bas que ses prédécesseurs en début de mandat, mais que sa cote a augmenté depuis, tutoyant aujourd’hui les 50 % de soutien. L’indice de confiance dans le gouvernement, mesuré par l’Université Torcuato Di Tella, affiche une hausse significative en octobre et situe l’actuel gouvernement à un niveau supérieur aux moyennes observées ces dernières années. « Depuis son arrivée au pouvoir, Milei s’est renforcé, confirme le consultant Roberto Starke, cofondateur de l’agence Infomedia. Il doit toutefois prendre garde à ne pas tomber dans le piège de ceux qui ont le vent en poupe, à savoir l’isolement. Or, son entourage semble plus enclin à saluer sa réussite qu’à lui signaler ses erreurs. En outre, son caractère autoritaire s’est encore accentué au fil des mois de pouvoir. »

De fait, seul capitaine du navire, le président continue sa croisade contre la gabegie à tous les étages. L’université publique et gratuite a été l’un de ses chevaux de bataille. L’institution, qui fait pourtant consensus au sein de la société argentine, ne servirait, selon lui, « à personne d’autre qu’aux enfants des riches et de la classe moyenne supérieure ».

En un an, Milei a gouverné en minorité, jonglant entre une fermeté totale dans les discours et des accords bien menés en coulisses, notamment avec le parti Proposition républicaine (Pro), de l’ex-président de centre droit Mauricio Macri (2015-2019). Vu le poids très relatif au Congrès de son propre parti, La Libertad avanza (seulement 15 % des députés et 9 % des sénateurs), chaque pas a donné lieu à une épreuve de force. Après avoir essentiellement gouverné par décret, Milei compte sur les élections législatives d’octobre 2025, dont les primaires auront lieu le 3 août, pour faciliter l’action du gouvernement sur le terrain législatif.

À quelques mois de ce scrutin déterminant, l’Argentin bombe le torse, sous son costume noir qui a remplacé son blouson en cuir usé de vieux rockeur. À l’épreuve du pouvoir, le personnage tonitruant de la campagne électorale a mis (un peu) d’eau dans son vin. La tronçonneuse, récemment exhibée pour annoncer de prochaines restrictions budgétaires, n’a pas complètement disparu de son arsenal de communication. Mais « une certaine dose de pragmatisme a été insufflée », observe Roberto Starke, soulignant le rôle des proches du président dans les négociations avec la « caste » politique qu’il avait promis de faire imploser. C’est en effet son entourage qui se charge de tisser des liens en dehors du parti gouvernemental : sa sœur, Karina Milei, secrétaire générale de la Présidence, son ministre de l’Économie, Luis Caputo, et le chef du Cabinet ministériel, Guillermo Francos.

193 % d’inflation sur un an !

Élu sur le terreau d’une crise économique abyssale, le gouvernement a fait de la restauration du pouvoir d’achat sa politique sociale numéro un. La route est encore longue. Pas sûr que l’effet de ruissellement suffise à endiguer l’augmentation de la pauvreté, qui touche désormais plus de 50 % de la population. La fin annoncée de la récession serait corroborée par certaines statistiques, telles que la réduction du nombre de salariés pauvres. Selon les calculs du centre de réflexion économique ExQuanti, leur proportion, qui avait augmenté de manière continue depuis fin 2023, vient de baisser de 29,2 % à 26,5 %. Un taux encore trop élevé pour que le gouvernement puisse crier victoire.

En Argentine, plus que jamais, c’est l’économie qui domine les enjeux. Arrivé au pouvoir le 10 décembre 2023, Milei avait pour mandat de contenir l’inflation galopante et d’instaurer un nouvel ordre économique. L’augmentation des prix a été ralentie, puisqu’elle atteint 2,7 % (mensuel) en octobre, mais reste astronomique sur l’ensemble de l’année (193 %). Milei sera jugé à l’aune de ces indicateurs. « Il faut convaincre la société, en particulier les jeunes, de s’engager à changer le pays en faisant confiance à ce projet politique, dit, enthousiaste, Frances Berthet, courtière immobilière chez Cobrokers Real Estate, à Buenos Aires. La première étape, celle de l’ajustement budgétaire, a été la plus dure. Cette année, il devrait y avoir un rééquilibrage des prix et un rebond de la production. Dans le secteur immobilier, sous l’impulsion du retour des crédits, l’activité a déjà repris ! »

Pour Berthet, qui considère le péronisme comme le mal numéro un du pays, Milei peut réussir là où les autres ont échoué — le libéral de centre droit Mauricio Macri (2015-2019) et, avant lui, le péroniste libéral Carlos Menem (1989-1999). Les références aux années 1990, celles de l’ouverture économique, des privatisations massives et du « uno a uno » (la parité entre le dollar et le peso argentin) inspirent les commentateurs. « À cette époque, l’Argentine c’étaient les États-Unis, se souvient Berthet. Les gens étaient pleins d’espoir. Il y avait une pluie d’investissements étrangers, les salaires étaient très élevés, on voyageait de par le monde ! Avec Milei, on a la sensation que c’est à nouveau un changement en profondeur qui s’installe. »

Outre sa remise en question de l’université publique, Milei a adopté une rhétorique visant à déconstruire l’imaginaire « progressiste » des années Kirchner. Le centre culturel Kirchner (CCK) est devenu le palais Liberté Sarmiento. La journée du respect de la diversité culturelle, célébrée le jour de l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique, a repris son nom d’antan : la Fête de la race [hispanique].

Les péronistes K.-O.

Élu pour renverser la table, Milei a mis K.-O. le clan péroniste, qui peine à désigner ses nouveaux chefs et dont une grande partie refuse de s’aligner sur l’ex-présidente Cristina Kirchner. Si le chef de l’État garde pour priorité la stabilisation macroéconomique, son programme social et culturel est tout sauf neutre. Sa « bataille culturelle », Milei la mène notamment à longueur de discours, et au gré de ses fréquents voyages. Une quinzaine, dont la moitié aux États-Unis, de Davos au G20 de Rio, en passant par la Bourse de Wall Street ou l’hémicycle de l’ONU. Les féministes, les écologistes, les « wokes », les socialistes… Avec lui, tous en prennent pour leur grade.

« Milei conserve une attitude contestataire, qui séduit ici, car cela correspond à un profil typiquement argentin, tout en défendant un programme politique global », résume Tobías Belgrano. Cette position clivante, Milei la défend sur le terrain géopolitique, mais aussi en interne. Les employés de l’agence publique d’informations Télam, qu’il a pris en grippe dès son arrivée au pouvoir, en ont fait les frais. « On nous a signifié qu’il ne fallait plus écrire sur les sujets liés à l’agenda 2030 (de développement durable de l’ONU, NDLR), au féminisme, à la marche des fiertés… Il y a un musellement de l’information par le gouvernement, qui nous considérait comme un élément de propagande kirchnériste (en référence à l’ex-présidente, NDLR) », témoigne un journaliste de Télam avec plus de vingt ans d’expérience dans l’agence. Cette source préfère garder l’anonymat pour ne pas « tomber sous le coup de la chasse aux sorcières du pouvoir », déplorant qu’« aujourd’hui, l’enjeu économique clôt tout type de débat. Nous ne pouvons que constater le manque de solidarité à tous les niveaux. Les valeurs se perdent ! »

Dans un pays fondé par des écrivains, la littérature vient naturellement compléter le diagnostic. L’essai « Notre pauvre individualisme », du grand écrivain national Jorge Luis Borges, explique ainsi que l’Argentin, qui « ne s’identifie pas à l’État (…) est un individu, pas un citoyen ». Doit-on trouver là une clef pour comprendre l’électeur de Milei, pourfendeur de l’action étatique ? Il serait ainsi l’incarnation de l’Argentin selon Borges ? « Ces deux positions sont diamétralement opposées, corrige l’écrivain Carlos Gamerro. Borges considère que l’opposition à l’État conduit à la formation de liens solidaires entre les individus. Mais le projet porté par le gouvernement actuel invite seulement à se fédérer dans la désignation d’un ennemi politique. »

Source : Le Figaro

dimanche 8 décembre 2024

Prôner l'absence de barrières pour son pays tout en résidant à l'étranger dans un quartier ultra-sécurisé, isolé dans un entre-soi de millionnaires

« Ma France à moi, c’est une France remplie de mixité où on ne met pas de barrière…», affirme la vedette de la balle au pied Mbappé.

Ledit Kylian Mbappé (il serait français, son prénom ne l'indique pas...) habite une villa de 11 millions € dans le quartier ultra-sécurisé de La Finca à Madrid où il faut pourtant franchir beaucoup de barrières pour y accéder…


samedi 7 décembre 2024

Montréal — Vous êtes blanc ? Vous payerez plus cher ! Au nom de la diversité et de l'inclusion...

MISE À JOUR

L’événement Shake La Cabane, qui devait avoir lieu dimanche après-midi dans le quartier Rosemont et proposait une tarification des billets basée sur la couleur de peau, a été ANNULÉ. L’organisation prétend avoir été bouleversée par des commentaires haineux et menaçants et dit avoir pris cette décision par crainte pour la sécurité des familles et de ses membres. Jouer la victime...



Un évènement prévu cette fin de semaine à Montréal adopte une tarification particulière : les Blancs paient plus cher que les autres.

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse dit qu’il est interdit de discriminer en fonction de la « race », la couleur ou l’origine ethnique d’une personne.


Une telle tarification pourrait « se retourner contre les minorités qu’on veut protéger », estime l’avocat Julius Grey.

L’évènement Shake La Cabane se tiendra dimanche en fin d’après-midi dans le quartier Rosemont. Il est présenté comme un rendez-vous de danse destinés aux familles.

« Cet évènement célèbre la communauté, les connexions, et un passage vers une nouvelle année plus positive », peut-on lire sur la page web de Shake La Cabane (majoritairement en anglais : « Shakers! Ravers! C’est partiii! Join us Dec 8 to shake off the old year and chill into the new with amapiano, Congolese beats & all-ages fun »).

Les prix des billets sont modulés selon la couleur de la peau. Le prix pour un adulte blanc est de 25,83 $, contre 15,18 $ pour un adulte noir, autochtone ou de couleur.

Tarification fondée sur la couleur de peau de l’évènement Shake La Cabane

La fabrique familiale La Cabane, qui sera l’hôte du rendez-vous, se décrit comme « un espace créatif et communautaire intergénérationnel ». Elle est enregistrée comme organisme de bienfaisance.

Dans un message non signé que la Presse de Montréal a reçue, on l'informe que « MTL Shake est organisé indépendamment par un collectif de deux mamans passionnées ». « Leur choix de tarification reflète leur objectif de permettre à un plus grand nombre de familles, particulièrement celles issues de la diversité, de participer à cet évènement. Nous ne gérons pas cet aspect […] », poursuit-on, en nous renvoyant à l’organisatrice.

Celle-ci, Racquel Smith, nous a répondu qu’elle n’avait pas le temps d'accorder d’entrevue à La Presse, redirigeant les journalistes vers une explication fournie sur les réseaux sociaux, où on affirme s’inspirer d’un organisateur d’évènements aux États-Unis ayant introduit ce type de tarification pour « soutenir financièrement les groupes marginalisés de notre communauté : les personnes noires, autochtones et/ou de couleur ».

« Discrimination flagrante »

L’avocat Julius Grey, spécialisé dans la défense des droits de la personne, parle de « discrimination flagrante ».

Je suis complètement en désaccord avec une discrimination, dans un sens ou dans l’autre, et je pense que c’est contraire à la Charte québécoise [des droits et libertés de la personne].

Me Julius Grey, avocat spécialisé dans la défense des droits de la personne

Pour Louis-Philippe Lampron, professeur à la faculté de droit de l’Université Laval, « c’est clair que c’est ce qu’on appelle de la discrimination directe : il y a une distinction de traitement fondée sur une catégorie protégée par le droit à l’égalité. Ce qui s’applique ici, c’est la Charte québécoise ».

Mais, ajoute-t-il, « le deuxième volet de l’article 20 permet que des organismes sans but lucratif, ayant pour vocation de protéger des groupes dans la société, justifient certaines formes de discrimination, pourvu que ce soit rattaché à la raison d’être de l’organisation ».

Louis-Philippe Lampron cite l’exemple d’un parti politique fédéraliste, qui pourrait justifier une discrimination fondée sur les convictions politiques en refusant d’admettre un souverainiste.

« C’est toujours au cas par cas et ça ne permet pas de justifier toute forme de discrimination », ajoute le professeur.

« Un très mauvais exemple »

Julius Grey se demande en quoi le bien-être des Noirs ou des Autochtones est augmenté s’ils ont un prix différent à payer. Imaginerait-on qu’un cinéma fasse la même chose ? illustre-t-il.

« C’est un très mauvais exemple qui pourrait se retourner précisément contre les minorités qu’on veut protéger », dit l’avocat.

À la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), on explique qu’on ne peut pas se prononcer sur ce cas précis « parce qu’il pourrait exister des exceptions dans certains cas ».

[De façon générale,] une pratique de tarification qui distingue les personnes en fonction de leur “race” serait, à première vue, considérée comme discriminatoire au sens de l’article 10 de la Charte des droits et libertés, à moins qu’elle soit explicitement autorisée par une loi.

Cet article, explique la CDPDJ, stipule que « la discrimination fondée sur des motifs tels que la “race”, la couleur, l’origine ethnique ou nationale est interdite ».

D’une manière concrète, une telle tarification soulève des questions. « Comment va-t-on faire pour distinguer des personnes de couleur par rapport à des Blancs ? Sur le terrain, ça risque d’être assez difficile », commente Louis-Philippe Lampron.

Un précédent aux États-Unis

En 2019, l’évènement Afrofuture Fest de Detroit, aux États-Unis, avait suscité la controverse quand il avait décidé de vendre les billets 20 $ pour les « personnes de couleur » et 40 $ pour les Blancs.

Cette différence de prix était censée « fournir aux communautés les plus marginalisées – les personnes de couleur – une chance équitable d’assister aux évènements dans leur propre communauté ».

Après avoir reçu des menaces et vu un des artistes à l’affiche annuler sa participation, les organisateurs avaient adopté une tarification uniforme pour tous.

vendredi 6 décembre 2024

Le gouvernement chinois élargit son programme nataliste

Les démographes estiment que les femmes chinoises ont un enfant chacune en moyenne, ce qui est bien inférieur aux 2,1 enfants nécessaires pour maintenir la population stable.

Fin octobre, le Conseil d’État, le cabinet chinois, a dévoilé un vaste ensemble de mesures natalistes, notamment des crédits d’impôt pour les enfants, davantage de congés de maternité et de paternité et, surtout, un accès plus facile aux prêts immobiliers, une préoccupation majeure pour les familles chinoises. Des recherches menées par Tunye Qiu et Weifeng Liu, de l’Université nationale australienne, ont montré qu’une augmentation de 10 % des prix du logement entraîne en moyenne un retard de 0,73 mois dans le mariage et de 1,8 mois dans la naissance du premier enfant pour les résidents urbains.

He Yafu, un démographe chinois indépendant, note que le Conseil d’État n’a pas encore précisé l’ampleur ou la source de tous les cadeaux qu’il promet, ce qui rend impossible l’évaluation de leur impact probable.

L’argent liquide pour les enfants n’est qu’une partie de la stratégie du gouvernement. Le président chinois, Xi Jinping, estime que pour remédier à la pénurie d’enfants dans le pays, il faut aussi changer de culture. Lors du congrès national quinquennal des femmes en 2023, il a insisté sur l’importance de raconter « de bonnes histoires sur les traditions familiales ». Avec deux divorces pour cinq mariages au cours des trois premiers trimestres de cette année, M. Xi s’inquiète du fait que les jeunes ne partagent pas les bonnes valeurs en matière de « mariage et d’éducation des enfants ».

Le gouvernement fait de son mieux pour inculquer ces valeurs. L’image de la famille à enfant unique qui figurait sur la couverture des manuels scolaires destinés aux enfants de huit et neuf ans a été remplacée par une image montrant une mère enceinte et ses deux enfants. Le programme scolaire est modifié pour mettre l’accent sur les vertus de la famille et du mariage. Le gouvernement a également appelé à la production d’un plus grand nombre d’émissions télévisées vantant les mérites de la maternité.

Les comités de planification familiale implantés dans les communautés locales sont à l’origine d’une grande partie de la campagne nataliste, y compris d’appels téléphoniques insistants s’enquérant des intentions des familles d’avoir ou non des enfants. Connus pour leur application stricte, parfois brutale, de la politique de l’enfant unique entre 1979 et 2015, ces comités de quartier ont une nouvelle mission : tenter de faire en sorte que davantage de femmes tombent enceintes.

Après des décennies d’affirmations non scientifiques visant à dissuader les femmes de procréer — comme le fait que la grossesse réduit l’intelligence d’une femme —, les autorités affirment le contraire. Le 30 octobre, un magazine supervisé par la commission nationale chinoise de la santé a publié un essai sur « les quatre avantages de l’accouchement », notamment l’augmentation des capacités cérébrales et la réduction des risques de cancer et de douleurs menstruelles. En ligne, cet article a suscité une réaction rapide. « Pour mettre les femmes enceintes, le gouvernement invente littéralement tout ce qu’il peut », s’est indigné un internaute.


Le parti joue également les entremetteuses en créant des sites de rencontres et des forums pour les jeunes adultes. Une plateforme de rencontres créée par la Ligue de la jeunesse communiste dans la province du Zhejiang (Tché-Kiang) a enregistré 300 000 nouveaux inscrits en seulement trois mois au début de l’année. Les utilisateurs peuvent participer à des voyages de camping organisés par le parti, à des matchs de football sans contact et à des soirées meurtre-mystère. Des problèmes relationnels ? Le parti s’en occupe également. Des conseillers et des psychologues sont présents pour offrir des conseils.

De nombreux quartiers résidentiels chinois arborent des bannières encourageant la natalité. Les slogans les plus courants promettent une vie épanouie avec trois enfants, notamment parce qu’ils prendront soin de leurs parents lorsqu’ils vieilliront. D’autres, plus menaçants, rappellent aux responsables des villages qu’il est de leur devoir de veiller à ce que chaque foyer ait plus d’un enfant.

Après avoir réussi pendant des décennies à contraindre les femmes à avoir moins d’enfants, le gouvernement chinois s’aperçoit qu’il ne peut pas les obliger à en avoir plus.

Comme l’ont constaté des pays comme Singapour ou la Suède, il est très difficile d’inverser la tendance à la baisse des taux de fécondité.

École — Complément cahier « Françoise David »  — Le massacre de la Polytechnique (rediff)

En février 2009, M. Benoit Dutrizac avait invité à son micro Mme Françoise David pour s'insurger ensemble du concours lancé par Sylvain Bouchard contre la présence de Mme Françoise David sur trois pages dans un cahier d'éthique et de culture religieuse. Aucun autre politicien ne bénéficie du même traitement de faveur. Mme Françoise David est la co-présidente du parti Québec solidaire (1 siège à l'Assemblée nationale). On peut qualifier Québec solidaire de parti résolument à gauche. Benoit Dutrizac n'avait pas hésité à affirmer que Sylvain Bouchard aurait dû se taire alors que sortait au cinéma le film Polytechnique… Il était donc interdit de dénoncer la partialité d'un cahier d'éthique et de culture religieuse écrit par deux auteurs qui se disent féministes et qui font la part belle à une figure de proue du féminisme, alors qu'on commémore sur les grands écrans du Québec la mort de martyrs du féminisme.

Ce massacre par un déséquilibré nommé Marc Lépine (né Gamil Gharbi, fils d'un musulman algérien qui battait sa femme et son fils) sert aujourd'hui à faire taire toute critique vis-à-vis du féminisme, de ses prétentions et empêche toute distance envers l'hagiographie d'une figure du féminisme québécois dans un cahier du programme gouvernemental d'éthique et de culture religieuse devenu récemment obligatoire dès six ans au Québec.

Taux de fécondité du Québec en baisse pour 2024 (prévision) : 1,34 enfant/femme

Statistiques Québec a publié les statistiques des naissances et de décès pour les 9 premiers mois de 2024.

Quelques faits saillants :

  • La population du Québec au 3e trimestre de 2024 est estimée à 9 056 044 alors qu’elle était de 8 848 020 à la même époque en 2023.
  • Le nombre de naissances pour ces 9 mois en 2024 est de 58 200 alors que pour ces mêmes mois il était de 58 300 en 2023, légère chute en dépit d’une hausse de la population.
  • À ce rythme, l’indice synthétique de fécondité devrait baisser de 1,38 en 2023 à 1,34 enfant/femme en 2024.
  • Le nombre de décès pour les 10 premiers mois de 2024 a été de 65 500 et a dépassé de 2250 le chiffre équivalent pour 2023. Le nombre de décès pour les 9 premiers mois de 2024 a été de 58 700, il dépasse donc de 500 personnes le nombre de naissances pour la même période.

Évolution de l'indice synthétique de fécondité (enfant/femme)

Pays  2015 
  2020 
  2022   
2023 
  2024 p 
Belgique 1,69 1,55 1,53 1,47 1,43
Canada 1,60 1,41 1,33 1,26 1,25
Colombie-Britannique 1,38 1,18 1,11 1,00 1,02
France 1,96 1,79 1,79 1,68 1,63
Israël 3,09 2,90 2,89 2,81 2,80
Québec 1,67 1,51 1,48 1,38 1,34
Suisse 1,54 1,46 1,38 1,33 1,29

Démographie et l'islam dans école publique québécoise (Sainte-Maxime à Laval)

« Il y avait des ablutions qui se faisaient dans les toilettes, ils cherchaient des coins isolés dans les corridors pour faire leurs prières. Aussitôt qu’on les arrêtait, la gang nous sautait dessus. […] On se faisait accuser de racisme constamment. »

Pour ce carnet, l'exemple français devrait montrer que l'invocation incantatoire à la « laïcité » de l'État ne changera pas grand-chose sur le fond. Le problème en est un de démographie (il n'y a plus de majorité canadienne-française pour assimiler les masses de jeunes immigrants en ville), de convictions identitaire et religieuse des jeunes immigrés, de vide spirituel présenté par l'école publique et de sourd mépris pour la culture québécoise considérée comme athée, faible et décadente.

Des prières en classe. Des membres du personnel qui se parlent entre eux et s’adressent aux élèves en arabe. Une nouvelle école a été signalée au ministère de l’Éducation pour de possibles accrocs à la loi sur la laïcité : l’école secondaire Saint-Maxime, à Laval. Elle fait actuellement l’objet de « vérifications » du Centre de services scolaire (CSS) de Laval.


L’établissement a aussi été le théâtre de fortes réticences d’élèves aussitôt qu’il est question de sexualité dans les cours ou les activités en milieu scolaire.

Rapport du congrès américain sur la gestion de la pandémie de Covid-19

« Le mensonge donne des fleurs, mais ne donne jamais de fruits. »
 

Cette maxime prend tout son sens à la lumière d’un rapport explosif de 520 pages sur la pandémie de COVID-19 rendu public mercredi par un sous-comité spécial du Congrès américain dirigé par des élus républicains, mais auquel participaient également des démocrates.

Vérité

Après deux ans d’enquête, ce que certains voulaient taire ou maquiller a finalement éclaté au grand jour. Le rapport nous apprend entre autres que:
  • Le virus a probablement été le résultat d’un accident de laboratoire à Wuhan dans le cadre de recherches sur le gain de fonction financées par l’État américain.
  • Les gouvernements américains et chinois, le Dr Fauci et des membres de la communauté scientifique ont tenté de cacher ces faits.
  • L’obligation vaccinale a causé d’importants dommages collatéraux.
  • La recommandation des «6 pieds» de distanciation sociale ne reposait sur aucune base scientifique.
  • Aucune preuve scientifique n’a permis de démontrer que les masques avaient été efficaces pour contrôler la propagation du virus.
  • L’OMS a relayé la propagande du gouvernement chinois.
  • Les confinements ont causé plus de tort que de bien en nuisant à l’économie, en causant des troubles de santé mentale chez les adultes, et en perturbant le développement des enfants et des jeunes adultes.
  • Le gouvernement a mésinformé ses citoyens, notamment en qualifiant la théorie de la fuite de laboratoire de «théorie du complot».
  • Le pouvoir du vaccin a été exagéré.
  • Le vaccin a entraîné chez certains des effets indésirables qui doivent faire l’objet d’une enquête approfondie.
 
«Complotistes»

Encore récemment, ceux qui tenaient de pareils propos étaient dénigrés, ostracisés et qualifiés de «complotistes». Or, ce rapport nous apprend que nombre d'entre eux voyaient clair à bien des égards... Mais ne comptons pas sur leurs accusateurs pour leur présenter des excuses! (La rumeur voudrait que Biden gracie le Dr Fauci après son fils Hunter...)

Chose certaine, la confiance entre les institutions et les citoyens a été brisée.

Or, comme l’indique très justement le rapport, «la confiance se mérite. La responsabilité, la transparence, l’honnêteté et l’intégrité permettront de regagner cette confiance». 
Source : Journal de Québec

Voir aussi